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mercredi 4 septembre 2024

Le nouveau cours Culture et citoyenneté québécoise reproduit les tares du cours Éthique et culture religieuse (ECR)

Un texte de Mathieu Bock-Côté paru dans le Journal de Québec :

Pascal Bérubé vient de sonner l’alarme: le nouveau cours Culture et citoyenneté québécoise, qui a pris le relais du cours Éthique et culture religieuse (ECR), semble reproduire ses tares.

On s’en souvient, le cours ECR est devenu un objet de polémique permanent lorsqu’on a compris qu’il avait surtout pour fonction d’imposer une propagande multiculturaliste aux étudiants québécois.

Ce cours poussait les jeunes Québécois à embrasser aveuglément les accommodements raisonnables, et à dédaigner leur propre culture.

D’ailleurs, ses théoriciens et concepteurs le reconnaissaient sans gêne: ils voulaient fragiliser la culture québécoise pour la rendre plus ouverte à la «diversité».

Idéologues

Autrement dit, à défaut de convaincre les adultes de la vertu de l’idéal diversitaire, on allait l’imposer aux enfants, plus facilement manipulables.

Je suis de ceux qui ont applaudi la disparition d’ECR.

Je note toutefois que dans le discours public, c’est la trop grande place accordée dans ce cours à la religion qui motivait son rejet. On lui reprochait d’avoir une vision sans nuance, trop positive, presque bigote, du fait religieux.

Si je rappelle tout cela, c’est que cela n’est pas sans lien avec les problèmes du cours qui l’a remplacé.

Certes, on a congédié les excès religieux du cours Culture et citoyenneté québécoise. [Le cours ECR supprimé était foncièrement relativiste en matière religieuse, mettant sur un pied d'égalité, les contes de Noël [Le Noël des souris dans un des manuels], les légendes autochtones, l'islam et le christianisme.

Pour l’avocat Me Mark Phillips qui a plaidé en Cour suprême sur le sujet, ECR est tout sauf un cours d’histoire des religions. En réalité, le programme ECR interdit de donner un tel cours :

Ainsi, le programme ECR interdit de présenter les religions de manière séquentielle et linéaire, mais prescrit qu’elles doivent être présentées en juxtaposition entre elles et avec des êtres mythiques et surnaturels. Ce qui ne veut pas dire, en passant, que tous les professeurs suivent ces prescriptions.
]


Mais on y a globalement recyclé tout le contenu idéologique d’ECR, tout en l’adaptant aux temps présents.

On y a même fourgué la fameuse référence à la discrimination «systémique» à laquelle François Legault s’était courageusement opposé en 2020 – on parlait alors de racisme systémique.

De même, il sert à normaliser des concepts absurdes comme celui du sexe assigné à la naissance, comme si un médecin, à la naissance de l’enfant, ne constatait pas son sexe, mais le décrétait arbitrairement. Ce nouveau cours normalise la théorie du genre.


Pour ce manuel de CCQ, le sexe est assigné à la naissance et associé à un genre. Cahier d'apprentissage de 1re secondaire, éditions CEC, 2024, à Anjou (Québec)

En fait, nous dit à sa façon Bérubé, le cours Culture et citoyenneté québécoise vire dans le wokisme.

Ce qui nous rappelle une chose simple: le ministère de l’Éducation, au Québec, mais ailleurs aussi en Occident, ne cherche pas à transmettre une culture et un patrimoine de civilisation.

Il veut faire de l’école le laboratoire à partir duquel construire une société multiculturaliste, néo-socialiste, écologiste radicale, honteuse d’être occidentale.

Les enfants sont ici des cobayes. Autrement dit, les idéologues du ministère, alliés aux idéologues déguisés en savants universitaires, se contrefichent de ce que veut le gouvernement du Québec. Ils ont construit un cours qui permet la poursuite d’ECR par d’autres moyens.

Le ministère de l’Éducation mène une politique qui n’a jamais été approuvée par la population et ses élus. C’est le cas d’autres ministères aussi.


Technocratie

On doit aussi nommer les agences bureaucratiques de l’État, comme la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, qui maquillent derrière la promotion des «droits» la promotion de l’idéologie diversitaire, en plus d’imaginer des discriminations partout.

Les Québécois, avec leurs impôts, paient d’immenses structures technocratiques qui se sont donné pour mission de les endoctriner.

D’un point de vue démocratique, il serait indispensable de sortir de ce piège.

[Il faudrait déjà simplement rendre ce cours optionnel... et rendre la liberté aux écoles surtout celles privées...]

Voir aussi
 

dimanche 1 septembre 2024

Culture et citoyenneté québécoise - Ce que l'APCQ veut que vous sachiez sur ce cours

L'idéologie du genre serait enseignée au Québec de la maternelle au secondaire 5 à partir du mois d'août 2024. 

 
 
Description des auteurs de la vidéo : «Cette entrevue avec le président de l'APCQ, Jean-Léon Laffitte, permet de mettre en lumière plusieurs informations et incohérences jamais présentées dans les médias québécois de masse sur le cours CCQ. Nous abordons aussi les racines de l'idéologie du genre, le rôle de l'UNESCO dans sa diffusion mondiale, les études qui l'appuient et s'y opposent, le contenu du cours CCQ, l'objectif caché qu'il semble poursuivre, l’utilisation de menaces d'enquête parentale et de signalement à la DPJ par l'État envers tout parents qui tenteront de retirer leurs enfants du cours, et l'inutilité de la Charte Canadienne des Droits et Libertés à les protéger. Nous constatons la tendance des gouvernements et média libéraux occidentaux à fermer les yeux sur les évidences scientifiques et à brimer la liberté d'expression. Nous apprendrons enfin comment l'Angleterre - qui a aussi agit de la sorte - est maintenant en train de faire demi-tour et de retirer l'idéologie du genre du curriculum de ses écoles.

1-Étude sur le suicide des personnes transgenre :
https://www.genethique.org/les-chirur...

2-Sur le fait qu'il n'y a pas d'études probantes et fiables sur les effets bénéfiques des bloqueurs de puberté et la prise d'hormones :

https://www.genethique.org/bloqueurs-...
https://www.genethique.org/transition..

»

Voir aussi
 
 
 
 
Aucune étude fondée sur les preuves démontre le bénéfice d’affirmer la transition de genre d’un mineur sur l’argument du risque suicidaire

Angleterre — La chirurgie transgenre a endommagé mon corps pour toujours — « ce n’est pas une chirurgie sûre »

Étude — Plus on est « progressiste », plus idéaliserait-on ou nierait-on la réalité ?

mercredi 25 avril 2018

Pétition pour amender le nouveau programme québécois d'éducation à la sexualité (m-à-j)

Une association de parents inquiets du nouveau programme obligatoire (et unique) du gouvernement québécois a lancé une pétition en ligne après avoir rassemblé plus de 3000 signatures sur des formulaires papier. Plus de 9240 Québécois ont signé cette pétition à ce jour (25 avril 2018). Le Journal de Montréal et TVA Nouvelles ont évoqué cette pétition aujourd'hui.





Pour signer la pétition, allez ici.
Pétition pour amender le nouveau programme québécois d’éducation à la sexualité
ATTENDU QUE le Gouvernement du Québec compte introduire, en Septembre 2017, un nouveau programme d’éducation à la sexualité, à caractère explicite et obligatoire, débutant dès la maternelle et ce, sans possibilité de droit de retrait de l’élève;
ATTENDU QUE ce programme ne s’inscrira pas à l’intérieur d’un cours spécifique, mais sera intégré dans la grille horaire des matières déjà existantes;
ATTENDU QUE ce programme est silencieux quant à la méthode d’enseignement à utiliser, permettant à quiconque de l’enseigner, en fonction de leurs interprétations personnelles, opinions subjectives, et choix de techniques « innovatrices »;
ATTENDU QUE ce programme est ni neutre ni impartial, et qu’il porte atteinte aux droits des parents à fournir à leurs enfants une éducation sexuelle compatible avec leurs valeurs familiales, croyances et mœurs;
ATTENDU QUE ce programme fait la promotion de l’ « exploration de nouvelles valeurs et normes en matière de sexualité, au-delà de celles de la famille » (Apprentissages en éducation à la sexualité au secondaire, page 3);
ATTENDU QUE ce programme ne fournit aucune flexibilité permettant de s’adapter aux besoins ou au développement propre à chaque enfant;
ATTENDU QUE ce programme fait présentement l’objet d’un projet pilote dans des écoles situées principalement en dehors de la région de Montréal, représentant ainsi inadéquatement la diversité culturelle et religieuse de la société québécoise;
Pour ces motifs, NOUS, soussignés, demandons au gouvernement du Québec ainsi qu’au Ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, de retarder l’implantation du nouveau programme d’éducation à la sexualité et d’y apporter les amendements suivants;
1) Réviser le contenu du programme afin d’y refléter la diversité des valeurs, croyances, cultures, et religions de la société québécoise pluraliste;
2) Introduire l’éducation à la sexualité à l’intérieur d’un cours spécifique, inscrit dans une plage horaire définie, et qui n’affecterait d’aucune façon le temps alloué à l’enseignement des autres matières;
3) Exiger que les personnes appelées à enseigner le contenu du programme soient des professionnels certifiés en la matière;
4) Informer les parents par écrit, avant qu'un tel cours soit donné, du contenu et thèmes d'apprentissage, en spécifiant la date et l’heure auxquels ils seront enseignés, par qui, où, utilisant quels matériel et outils pédagogiques, et permettre l’accès aux parents à ce matériel et outils pédagogiques;
5) Permettre aux parents d’exercer le droit de retrait de leur enfant pour le cours, ou pour l’un de ses thèmes, par simple avis écrit, et ce sans devoir justifier quelconque motif ou rencontrer quelconque critère, tel droit existant dans d’autres juridictions canadiennes et américaines, et prévoir un cheminement ou une activité alternative pour cet élève;  
(Références:
Voir aussi

Éducation à la sexualité : pourquoi aucune école pilote dans la ville de Montréal ?

Québec — Le nouveau programme d’éducation sexuelle prônerait l’exploration sexuelle...?

L'éducation à la sexualité imposée à la maternelle

Projet pilote d'éducation sexuelle : aucune exemption du cours ne sera tolérée

Pape condamne les écoles qui enseignent qu'on peut choisir de devenir homme ou femme

Malgré l’éducation sexuelle, recrudescence des maladies vénériennes en Suède

« L’éducation sexuelle : une autre intrusion de l’État »

Enfants élevés par des couples homos deux fois plus susceptibles d'être déprimés et obèses

Étude suédoise : les « mariés » de même sexe sont trois fois plus susceptibles de commettre un suicide

mardi 25 mai 2010

« Je me sens porteur d’une certaine mission »
(rediffusion)

« Je me trouve extrêmement privilégié en ce moment, comme étudiant, d’être dans une époque qui est aussi charnière [...], d’en débattre, de discuter d'un cours comme celui-là et de devoir défendre ces visées-là, je me sens porteur d’une certaine mission », c’est en ces termes que s’exprime Marc-Olivier Toupin dans la séquence d’ouverture d’un reportage de Radio Canada.

Ce reportage est consacré au regard que portent sur le nouveau cours d'Éthique et de culture religieuse ceux qui devront l'enseigner à tous les enfants du Québec. Reportage bien sûr partial : il n'y aura aucune réplique aux opinions exprimées par les étudiants missionnaires alors que Radio Canada leur permet de répliquer aux propos des parents largement (76 %) opposés à l’absence de choix dans ce domaine et à ceux de M. Mario Dumont. On attendra en vain de la part de Radio Canada un reportage aussi complaisant et aussi long consacré aux regards de ceux qui sont opposés à ce nouveau programme imposé par le Monopole de l’Éducation.

Écoutez le reportage



Amusante, cette personne anonyme qui parle si longuement et qui nous décrit l’école comme lieu de savoir et non de croyances, sous entendu un savoir objectif, rien que du scientifique. Comme si l’éthique était un savoir objectif, même dans le meilleur des cas. Ne parlons pas de la forme adoptée dans un cours imposé dès l'âge de six ans ! Rappelons que l’éthique traite de savoir comment « bien agir », ce bien ne peut qu’être subjectif pour des gens qui chassent le religieux et le transcendant. Quant à l'aspect « culture religieuse », il sera le fruit d’une sélection qui, à nouveau, même dans les meilleures circonstances, ne peut qu'être subjective. Quelle place donner à cette doctrine, à ce fait historique, à cette légende amérindienne ? Pas une place proportionnelle au poids démographique des communautés religieuses actuelles au Québec, apparemment. Il y avait en 2001 moins de 1,6 % de musulmans, pratiquants et non pratiquants au Québec. Parlera-t-on de l'islam pendant 1,6 % du temps ? Et le judaïsme, la spiritualité amérindienne, chacun 1 ou 2 % ?

Selon un des étudiants interrogés « le danger pour le primaire, c’est pas que le cours se donne mal c’est que le cours ne se donne pas ». On apprend ainsi, un peu par la bande, ce qui se passera probablement dans les écoles primaires confessionnelles opposées à ce cours : grâce à la liberté pédagogique des professeurs qui trouveront sans doute qu’il leur manque du temps pour compléter l’enseignement du français ou des mathématiques, la matière ne sera probablement pas enseignée dans les faits, « faute de temps ». Nous avions posé la question ici au professeur Proulx en prenant l’exemple des mennonites de Roxton Falls, mais nous n’avions pas eu de réponse si ce n’est que les mennonites pouvaient se tourner vers les tribunaux s'ils n'étaient pas d'accord, alors que les mennonites conservateurs ne traînent personne devant les tribunaux. Comme le prof. Proulx, partisan de ce cours de culture religieuse, ne peut ignorer ce point fondamental de la doctrine mennonite, cette réponse était pour le moins surprenante. Il est possible que les partisans de ce cours obligatoire, comme le professeur Proulx, se soucient peu dans les faits des écoles primaires confessionnelles et qu’ils cherchent surtout à imposer ce programme à l’immense majorité des jeunes Québécois inscrits dans les autres écoles.

Il faut bien avouer à l’écoute de ces futurs enseignants qu’il est heureux que le plus grand danger ne soit pas que ce cours soit mal donné, car ces futurs professeurs sont parfois difficiles à suivre. Ainsi ce petit passage consacré à ce qui serait l’objectif du cours selon un de ceux-ci : « Ce cours-là est pas un cours où le jeune va être exposé à différentes visions du monde [bien sûr que si] et on va lui demander de choisir cette identité-là, choisis ton identité dans cette panoplie-là, non pas du tout ça va être de définir son identité ensemble et individuellement ? » Définir ensemble son identité ? Est-ce à dire d’être soumis à la pression du groupe et de se définir à travers « le dialogue » ?

Notez l’a priori relativiste d’un des étudiants : « L’important là-dedans c’est d’aller chercher un vocabulaire commun pour pouvoir dialoguer, dans le fond quand qué qu’on va regarder la culture religieuse, c’est pas pour trouver la meilleure voie, qu’est-ce qui est plus grand qu’un autre. Bon. Peu importe... C’est aller chercher qu’est-ce qui nous unit. Qu’est-ce qui est commun ? C’est seulement aller chercher un vocabulaire commun pour pouvoir dialoguer. » D'une part, ne pas s'intéresser à la meilleure voie semble quand même une lacune dans un cours consacré à l'éthique ou au « comment bien agir ». Mais on a compris, cette recherche du bien agir se fera dans le volet éthique, pas dans la partie descriptive des cultures religieuses. Dans cette partie-là, le but serait de rapprocher, de montrer que tant de choses nous unissent, de favoriser le dialogue, etc. Ou comme le disait le prof. Rousseau, partisan du nouveau cours, que les chrétiens prient en fin de compte le même Dieu que les musulmans. C’est bien ça ?

Et c’est cela « le savoir » selon ces enseignants missionnaires ? Uniquement ce qui rapproche, mais pas ce qui distingue ? Parce que cela pourrait empêcher le « dialogue »? Écouter à ce sujet ce qu’Alain Besançon disait sur le sujet : « Le rapport à Dieu des musulmans est radicalement différent de celui des chrétiens. » Quand on entend discourir les futurs enseignants de ce cours, on peut craindre qu'ils ne seront pas à la hauteur, que ce cours sera bâclé et qu'on ne fera passer qu’une bouillie pour chats relativiste.

Radio Canada nous soumet encore aux motivations d’une étudiante de 26 ans, partisane du nouveau cours obligatoire, et qui a visiblement conçu un ressentiment du fait d’avoir été obligée d’assister dans son enfance au cours de religion traditionnel. Elle devrait pouvoir comprendre ceux qui s’opposent au caractère obligatoire du nouveau cours. Mais non, apparemment pas. Elle déclare au micro comme elle a été « horripilée » par le cours de religion qui n’était qu’apprentissage par cœur et dogmatisme : il ne faut pas voler, il ne faut pas tuer. Sans jamais donner les raisons. On aurait alors voulu savoir en quoi le programme d’Éthique et de culture religieuse expliquera mieux aux enfants ces commandements qu’un cours de religion chrétienne bien enseigné et qui donnera des raisons. On ne le saura pas, Radio Canada a jugé bon de ne pas creuser.

« Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé. »
Nicolas Sarkozy
Discours au Latran
Jeudi 20 décembre 2007

mercredi 3 février 2010

Manifeste des partisans « des grandes orientations du Québec moderne »

Le Centre de recherche en éthique de l'Université de Montréal, très actif dans la promotion du programme ECR, héberge le manifeste des partisans d'un Québec « pluraliste » qui défendent l'imposition du programme unique ECR par l'État (on n'est pas à une contradiction près dans ces milieux qui pensent pour nous). Il a également été publié dans Le Devoir de ce jour.

Rien de bien neuf, sauf qu'ils fournissent eux-mêmes la clé de lecture de leur manifeste prévisible : « Force est de constater qu’ils y projettent leurs propres préférences, postulant qu’elles font l’objet d’un vaste consensus. » Ces partisans semblent prétendre être l'incarnation du sens de l'histoire et « des grandes orientations du Québec moderne », bref de ces merveilles imposées d'en haut au Québec depuis quelques décennies. Car il ne faut pas s'y tromper : sans leur volontarisme, les hochets idéologiques de ces gens qui disent incarner la modernité ouverte et généreuse n'auraient pas été imposés à tous les Québécois et à leurs enfants. Sans ces universitaires fort actifs sur la scène politico-éducative et sans leur vision prétendument « pluraliste », il n'y aurait eu sans doute aucun besoin de poursuite en justice de la part de deux parents pour essayer de voir leurs choix éducatifs respecter.

Parmi les initiateurs de ce texte, on retrouve les pères du programme gouvernemental unique d'ECR : Luc Bégin, expert-conseil auprès du monopole de l'Éducation pour le programme Éthique et culture religieuse, Georges Leroux qui s'est décrit comme jacobin quand à titre de témoin gouvernemental il est venu défendre l'imposition de ce cours à tous, et Daniel Weinstock qui s'est dit en faveur de la charia en Ontario.






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mercredi 6 janvier 2010

L'école laboratoire

L'ex-ministre Jacques Brassard revient sur l'imposition du cours ECR :
Je ne peux m’empêcher de commenter de nouveau le cours Éthique et Culture religieuse, imposé à toutes les écoles du Québec (publiques et privées). J’y reviens parce que les pouvoirs publics, la bureaucratie et les intellos progressistes font preuve d’un mépris offensant et d’une arrogance prétentieuse à l’endroit des parents qui résistent à la transformation de l’école québécoise en un laboratoire de détraquement identitaire et de lessivage multiculturel. « Onze années, écrit Charles-Philippe Courtois, de conditionnement idéologique aux enfants québécois ».

Tous ces parents qui se lèvent à travers le Québec sont indignés parce qu’on leur a enlevé un droit fondamental, pourtant inscrit dans la charte des droits, celui d’avoir le choix, pour leurs enfants, au sein de l’école, entre un enseignement religieux et un enseignement moral. La classe politique et la technocratie de l’éléphantesque ministère de l’éducation ne cessaient pourtant de leur garantir le caractère inaltérable des droits enchâssés dans les chartes. Mais un beau jour de 2005, tout d’un coup, en catimini, le Parlement a effacé le droit au libre choix en matière de religion. Volatilisé! On comprend l’irritation et la colère des parents d’avoir été ainsi dupés et mystifiés. On le serait à moins!

Quatre-vingts pour cent des parents souhaitaient le maintien du libre choix. Et ils choisissaient très majoritairement pour leurs enfants l’enseignement religieux chrétien. Vous connaissez l’argument pour discréditer ce choix massif : la majorité ne pratiquait pas ! Et alors ? Si, même en ne fréquentant pas l’église, les parents optaient malgré tout pour l’enseignement catholique, c’était sans doute qu’ils avaient la conviction (où l’intuition) que l’héritage judéo-chrétien constituaient à leurs yeux une dimension majeure de notre identité nationale et qu’il était impérieux d’en assurer la passation à leur progéniture. Où est le scandale ? Qu’y a-t-il de rétrograde et d’anachronique de vouloir que l’école serve de relais à la transmission, aux jeunes générations, du patrimoine culturel et éthico-religieux de la nation ? C’est ce que font tous les peuples de la terre qui veulent que se perpétue leur identité à travers les âges.

Ce cours obligatoire d’éthique et de culture religieuse est une espèce de fricassée multireligieuse (six religions entrent dans la recette) que l’on fait ingurgiter à des enfants dans le but manifeste de relativiser l’héritage judéo-chrétien de la nation québécoise. En fait, officiellement, les objectifs du cours, selon ses concepteurs, consistent à promouvoir le dialogue inter-culturel et la tolérance, ce que les intellos technocrates appellent le « vivre-ensemble ». Mais ce qu’il y a derrière ces objectifs honorables, c’est la conviction que, pour établir le dialogue avec d’autres communautés (encouragées, elles, à conserver leurs identités), il faut amoindrir, dévaluer et rabougrir la substance identitaire du peuple québécois. C’est comme si, pour être tolérant à l’égard d’un autre différent de soi, il fallait à tout prix anéantir sa personnalité. Et c’est comme si, également, la tolérance et le respect d’autrui ne faisaient pas partie du patrimoine des valeurs judéo-chrétiennes.

J’illustre mon propos. La « spiritualité autochtone » est une des six religions du cours. Selon le recensement de 2001, il n’y a que 0,01 % de la population québécoise qui la pratiquent. Et pourtant, 20 % des pages des manuels approuvés sont consacrés à cette « spiritualité ». On se demande bien pourquoi. Extrait du manuel : Pilip, le Micmac, fait sa prière et remercie la Terre, notre Mère, et aussi l’Esprit des Plantes et des Animaux. Et voilà l’exercice recommandé : que pourrais-tu faire pour prendre soin de la Terre? Manifestement, il y a là un effort, sans commune mesure avec l’importance du nombre de pratiquants de la « spiritualité » indienne, pour imposer l'écologisme comme nouvelle religion universelle. Pour les technocrates et les intellos qui ont concocté ce cours, il semble évident, considérant que les diverses religions divisent le monde et entravent le « vivre-ensemble », qu’il faille les remplacer toutes par une nouvelle religion planétaire selon laquelle la Terre Mère, martyrisée par les méchants humains, doit être sauvée par un étatisme, éclairé certes, mais contraignant et punitif.

Je vous le dis, quand je constate que le multiculturalisme, une idéologie qui prône le maintien de la pluralité d’identités dans la société, imprègne tout le système scolaire; et quand je vois le précieux dépôt des valeurs judéo-chrétiennes (patrimoine fondamental de la civilisation occidentale) être réduit à la portion congrue dans nos école par le biais d'un cours bric-à-brac de culture religieuse; et quand je mesure l’ignorance insondable de notre histoire chez les jeunes québécois; et quand je prend acte que la défense de notre langue nationale est de plus en plus molasse, je ne peux m’empêcher de penser qu’en se coupant de ses racines et de son patrimoine identitaire, le peuple québécois est un peuple en perdition.







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lundi 7 septembre 2009

ÉCR — Un dur revers pour notre culture

Maxime Schinck
Tribune libre de Vigile

Pour plusieurs, la Révolution tranquille a amorcé l’irréversible déclin du catholicisme au sein de la société québécoise. Tranquillement, l’État coupa les liens qui le rattachaient à l’Église et reprit à sa charge les fonctions, telles que l’éducation, qui étaient jusqu’alors occupées par elle. Plus tard, l’État récupéra les certificats de naissance et ultimement déconfessionnalisa les commissions scolaires.

Il y a un an, on mit un terme à la liberté de choix entre un cours de religion chrétienne, catholique ou protestante, et un cours de morale pour imposer un cours unique à tous : le cours d’Éthique et de culture religieuse. Les parents, catholiques, athées ou autres, qui le contestaient viennent d’être déboutés en cour. Il n’y a donc plus de moyens légaux de se soustraire à ce cours – à moins bien sûr qu’un tribunal de niveau supérieur n’en juge autrement…

Depuis 1960, il est largement accepté que l’ancienne définition de l’identité canadienne-française, française ET catholique, n’est plus applicable. Rappelons-nous que le chanoine Groulx disait à une autre époque que « nous serons catholiques ou ne serons rien » ! Depuis les années 60, il est tout à fait normal d’être Québécois et athée ou bien encore d’être un Québécois d’une autre confession que le christianisme.

L’identité catholique en est-elle réduite pour autant qu’à des groupuscules sectaires ? Difficile de le croire, considérant que la majorité des parents continuait d’envoyer leurs enfants dans les cours d’Enseignement moral et religieux catholiques, lorsque c’était encore possible. N’oublions pas qu’il y a encore plus de 80 % des Québécois qui se disent catholiques, qu’ils soient pratiquants ou non.

Bien entendu, vous ne croiserez plus un Québécois dans la rue qui vous dirait « Bonjour. Je suis un catholique » comme d’autres pourraient dire « Bonjour. Je suis un musulman » ou « Bonjour. Je suis un juif hassidim ». L’identité catholique des Québécois a été relayée – pour le mieux – au second plan, laissant toute la place à l’identité nationale centrée sur la langue française. Cette identité chrétienne n’a donc plus la même importance qu’il y a 50 ans, mais elle existe toujours, faisant des soubresauts de temps en temps dans l’actualité.

Les Québécois ne mourront pas s’ils ne sont plus catholiques, mais ce serait malheureux qu’ils perdent inutilement une partie de leur identité. En ce sens, j’encourage les parents qui ont porté la cause du cours d’Éthique et culture religieuse devant la Cour supérieure à continuer le combat auprès de la Cour d’appel. La liberté de conscience et de religion, garantie dans tout pays démocratique et libéral, ne saurait pleinement exister sans une liberté de choix en ce qui concerne l’enseignement religieux dans nos écoles.

jeudi 27 août 2009

L’école infantilise-t-elle les adolescents ?

Le professeur Robert Epstein, ex-rédacteur en chef de Psychology Today, a écrit un livre qui fait beaucoup de bruit aux États-Unis : The Case Against Adolescence: Rediscovering the Adult in Every Teen (Quill Driver Books, 2007).

Selon Epstein, la socialisation est le processus grâce auquel on apprend à s'intégrer à une communauté. La question qui se pose alors est de savoir à quelle communauté nous voulons que nos enfants s’intègrent. Beaucoup de parents se disent que l’école est cruciale pour assurer la socialisation de leurs enfants. Selon Epstein la réponse est un retentissant non, car les adolescents ne devraient pas être « parqués » avec leurs congénères en permanence. En tant que parents et société, nous voulons qu’ils s’intègrent à la communauté à laquelle ils appartiendront toute leur vie. Ils doivent apprendre à devenir adultes. À l’heure actuelle, ils apprennent pour ainsi dire tout ce qu’ils savent de leurs amis et des médias qui leur sont destinés. Cette situation est absurde, selon l’ancien rédacteur en chef de Psychology Today, plus particulièrement parce que les adolescents dans notre société sont fortement influencés par des médias frivoles et l’industrie de la mode.

Alors que, dans l’histoire de l’humanité ou de nombreuses sociétés traditionnelles dans le monde aujourd’hui, les adolescents passent la plus grande partie de leur temps à apprendre comment devenir des adultes, dans nos sociétés modernes ils passent la majorité de leur temps à essayer de se séparer des adultes. Les anthropologues auraient ainsi identifié plus de cent sociétés contemporaines où la crise de l’adolescence est totalement absente. La plupart de ces sociétés n’ont même pas de terme pour désigner l’adolescence. Dans ces sociétés préindustrielles, les jeunes ne sont en contact avec leurs paires que pendant 4 heures par semaine, alors qu’aux États-Unis ils le sont 65 heures par semaine. Une étude anthropologique à long terme menée par l’université Harvard dans les années quatre-vingt a démontré que les troubles reliés à l’adolescence apparaissent quelques années après que des sociétés adoptent le modèle scolaire occidental et sont exposées aux médias occidentaux.

Epstein identifie quatre failles héritées de la Révolution industrielle dont les établissements scolaires souffriraient. Failles qui trouveraient leur fondement dans des idées qui pouvaient se justifier il y a un siècle, mais qui n’ont plus leur place dans un monde en changement constant. Monde qui nécessite une éducation répartie tout au long de la vie et dans lequel la chose la plus importante à apprendre aux jeunes est l’amour de l’étude et de l’apprentissage.

Premièrement, bien que des voitures puissent être construites à la demande, il est absurde d’enseigner aux gens qui ne sont pas prêts à apprendre.

Deuxièmement, bien que l’éducation de masse fût une idée séduisante pour l’époque qui a inventé la production de masse, celle-ci fait du tort à la majorité des étudiants. Ceux-ci apprennent différemment, ont des compétences différentes. Un apprentissage efficace – c'est-à-dire un apprentissage bénéfique pour tous les élèves – doit être individualisé et son rythme adapté à l’étudiant.

Troisièmement, bien qu’on puisse penser qu’il est efficace de concentrer toute la connaissance essentielle dans les vingt premières années de la vie, le résultat net de cette méthode est que nous apprenons à la majorité des élèves à détester l’école alors que, dans notre monde en état de changements constants, il faut d’abord que les jeunes apprennent à aimer l’étude et la découverte.

Enfin, selon Epstein, alors que les premières lois d’obligation scolaire au Massachusetts, étaient fondées sur la compétence (elles permettaient la dispense de fréquentation, si on démontrait que l’on connaissait déjà la matière), le système actuel oblige tous les jeunes à fréquenter l’école quelle que soit leur compétence. Pire, le système n’encourage pas les jeunes à maîtriser rapidement la matière et n’offre peu ou pas d’options utiles aux jeunes qui décrochent et quittent l’école.

Il y a un siècle, il n’y avait pas moyen, selon le professeur américain, de répondre à ces préoccupations, mais aujourd’hui, grâce aux ordinateurs et à l’internet, des outils apparaissent qui permettront à tous les jeunes de maîtriser les savoirs essentiels à leur propre rythme et de le faire à n’importe quel moment de leur vie. La classe continuera sans doute d’exister, mais il s’agira d’un endroit où des étudiants très motivés étudient de manière intense et non plus d’un poste sur la chaîne de montage.

Dans ce sens, pour le docteur Epstein, l’éducation à domicile peut être une solution idéale pour certains élèves, car elle permet un enseignement individualisé et une distance par rapport à la culture destinée aux adolescents. L’éducation à domicile expose les adolescents à des contacts plus enrichissants avec les adultes, leurs parents. Elle permet également une maturation plus rapide. Toutes ces choses sont envisageables avec l’éducation à domicile, alors qu’elles ne sont pas avec la plupart des systèmes scolaires traditionnels. Mais l’éducation à domicile n’est pas la réponse à tous les problèmes. En réalité, aucune forme unique de scolarité n’est appropriée pour tous les jeunes tout le temps. L’éducation à domicile fait, d’ailleurs, toujours partie du système rigide de scolarité obligatoire et prolongée. Elle est toujours régie par des lois sur l’instruction dans chaque État et son programme est fixé, en grande partie, par le système public.

Le docteur Epstein préconise une plus grande liberté en termes d’éducation, une plus grande insertion des jeunes dans la société adulte en limitant l’âge obligatoire d’instruction selon les compétences des adolescents. En effet, d’abondantes données montrent que, lorsqu’on donne aux jeunes des responsabilités importantes et qu’ils sont au contact d’adultes qui les enrichissent, ces jeunes se montrent à la hauteur et leur « for intérieur adulte » apparaît.

L’ensemble de ces problèmes amène Robert Epstein à des conclusions très originales : les troubles socioémotionnels que connaissent beaucoup de jeunes aux États-Unis sont une création de la culture contemporaine. Ces troubles sont produits par l’infantilisation des jeunes et leur isolation des adultes. La scolarité moderne et les restrictions qui frappent le travail des adolescents sont des reliques de la Révolution industrielle qui ne sont plus de mise aujourd’hui. L’exploitation à grande échelle dans les usines a disparu depuis belle lurette dans nos pays, nous avons maintenant d’autres moyens d’éduquer toute la population sur une base individuelle.

Epstein propose que l’on donne plus de libertés aux jeunes adultes (dans certains cas dès 13 ans) : travailler, se marier, devenir propriétaires, signer des contrats, se lancer en affaires, vivre de manière indépendante — de bénéficier de tous les droits, privilèges et devoir des adultes. Cette liberté devrait être octroyée sur la base d’un test de compétences individuel. Pour certains, cela voudra dire qu’ils devront passer plus de temps à l’école alors qu’il occupe en même temps un emploi, pour d’autres cela pourrait vouloir dire, selon Epstein, qu’à 15 ans ils pourraient lancer leur société informatique. D’autres deviendraient apprentis et commenceraient dès lors leur vie adulte. Pour Epstein, il suffit de développer les tests de compétence pour déterminer les droits que les jeune auraient à un âge donné, tout comme on passe un examen pour obtenir son permis de conduire.

Si l’on peut être d’accord avec l’analyse du docteur Epstein quant aux problèmes induits à l’adolescence par les lois restrictives en matière de travail des adolescents ou de scolarité obligatoire toujours plus tardive, on peut se demander si le problème n’est pas apparu avec la massification des études supérieures. L’État encourage fortement les jeunes à aller à l’université et à suivre une formation (à la limite n’importe laquelle). Ce mythe du diplôme supérieur prolonge ainsi l’infantilisation jusqu’à un âge très avancé pour un large secteur de la population des jeunes adultes. Notons que cette scolarité encouragée par l’État jusqu’à, souvent, 23 ou 24 ans a également un impact non négligeable sur la démographie des pays qui repoussent ainsi sans cesse le début de la vie adulte.

Certaines solutions proposées par le docteur Epstein semblent être marquées au coin du bon sens : il faut résister à toute tentative des gouvernements à sans cesse reporter l’âge de la scolarité obligatoire, il faut permettre une multitude de parcours scolaires dont la scolarisation à domicile ou des études plus courtes pour les enfants doués ou précoces, valoriser le statut d’apprenti, etc. D’autres sont plus inquiétantes en ce qu’elles constituent une attaque directe contre les droits des parents et constituent une recette parfaite pour une implication encore plus grande de la part des gouvernements déjà trop présents dans le domaine familial et éducatif. En effet, qui va faire passer ces tests de compétence si ce n’est l’État ? Et dès que l’État aura décidé que votre jeune ado de 13 ans est « compétent » et peut s’émanciper, qui perdra de son influence ? Pas l’État, mais bien les parents. Ceci reviendra donc à donner un droit d’ingérence supplémentaire à l’État qui pourra dire aux parents qu’ils n’ont plus droit de regard sur la vie de leur fils ou leur fille de 13 ans parce que l’État a déclaré leur enfant adulte ou l'a émancipé.

mardi 25 août 2009

Plus de 100 000 $ pour défendre le droit de décider de l'éducation morale de ses enfants

L'inénarrable Jean-Philippe Pineault revient sur le programme d'éthique et de culture religieuse, cette fois-ci dans un article relativement professionnel.
Les commissions scolaires du Québec ont systématiquement refusé toutes les demandes d’exemption au cours controversé d’éthique et culture religieuse, au point que des parents, furieux, ont l’intention de retenir leurs enfants à la maison pour protester lors de la prochaine rentrée scolaire, a appris RueFrontenac.com.

Depuis la mise en place du cours l'an dernier, pas moins de 1742 demandes d'exemption ont été adressées à l’une ou l’autre des commissions scolaires du territoire québécois. Chaque fois, les parents ont été déboutés.

« Les exemptions sont vraiment refusées en bloc. Ils nous disent que nos motifs ne sont pas valables », déplore Suzanne Lavallée, une mère de quatre enfants qui a choisi de transporter le débat devant les tribunaux.
On aimerait avoir la citation complète de Mme Lavallée.
La résidante de Drummondville est à l'origine d'une action en Cour supérieure dont le dénouement est très attendu par les parents qui refusent que leurs enfants assistent au cours d'éthique et culture religieuse. Insatisfaite qu'on ait refusé sa demande d'exemption, la mère de famille a embauché un avocat
Deux ! Mes Jean-Yves Côté et Jean-Pierre Bélisle.
pour faire valoir ses droits.

« Si on perd, ça va être très grave, à mon avis. Les parents ont un droit de regard sur ce que les enfants apprennent à l'école. C'est trop important », clame Mme Lavallée, qui a englouti environ 100 000 $ jusqu'à maintenant dans les procédures judiciaires.
Ayant communiqué avec Mme Lavallée, nous pouvons affirmer qu'il s'agit de plus de 100 000 dollars.

Plus de cent mille dollars pour défendre le droit à décider de la formation morale et religieuse de ses enfants. C'est cela le Québec ! Il est vrai que le professeur Georges Leroux, fervent apologue du cours ECR, a avoué que la conception qui sous-tend l'imposition du pluralisme normatif, comme il le nomme, et le programme ECR est jacobine.

Plus de cent mille dollars pour s'entendre dire par les procureurs du Monopole de l'Éducation au procès — après des mois de demandes d'exemption pour leur fils aîné — que de toute façon l'école en question ne donnait pas le cours ECR cette année en Secondaire V, car en 2008-2009 il n'était pas obligatoire. Cela alors que, jamais lors de la demande d'exemption, puis le passage devant les commissaires scolaires, pendant les deux interrogatoires avant le procès, jamais on n'indiqua la chose aux parents. Ceci alors que le bulletin de cet aîné désignait le cours d'éthique implantée dans cette école comme le cours « ECR »...

Plus de cent mille dollars pour voir son fils aîné paniqué tomber dans les pommes lors du procès. Il faut dire que sa mère avait été cuisinée sous ses yeux pendant des heures par des procureurs peu amènes et que lors des longs interrogatoires précédant le procès ces mêmes procureurs avaient déjà mis mal à l'aise ce jeune homme par des questions personnelles répétées.
Richard Descarie, un autre parent qui conteste le cours, estime que le ministère de l’Éducation met beaucoup de pression sur les commissions scolaires pour qu’elles refusent les demandes d’exemption. « On pense que le Ministère est intervenu », dit-il.

Beaucoup de rendez-vous chez le dentiste à prévoir...

Furieux que le ministère de l'Éducation force leurs enfants à assister au cours d'éducation et culture religieuse, des parents ont carrément l'intention de retenir à la maison leur progéniture lors de la prochaine rentrée scolaire.

« Mon enfant [le cadet] va sûrement avoir beaucoup de rendez-vous chez le dentiste et chez le médecin », affirme Suzanne Lavallée.

Marie-Josée Croteau, présidente de la Coalition pour la liberté en éducation (CLE), un groupe formé de parents qui contestent [l'imposition du] le cours, assure que bon nombre d'entre eux vont retenir leur[sic] enfants à la maison si on leur refuse l'exemption demandée.

« C'est certain qu'il va y avoir beaucoup de parents qui retenaient leurs enfants pendant la dernière année scolaire qui vont continuer à le faire », pense-t-elle.

« Il y a beaucoup de parents aussi qui s’organisent pour que leurs enfants n’aillent pas au cours, mais ils gardent ça secret plutôt que de se battre avec les commissions scolaires. Ils s'arrangent avec le directeur de l'école pour que les jeunes fassent autre chose pendant cette période-là », explique Mme Croteau.

Pas des « freaks »

Les parents qui contestent le cours d'éthique et culture religieuse se défendent d'être des « freaks » de Dieu.

« On a vécu l'inquisition. Ils ont voulu me faire passer pour une mère contrôlante. Je ne suis pas une fanatique ou une hurluberlue. On est des gens alertes, informés, et on a des principes, comme la démocratie », fait valoir Suzanne Lavallée, une infirmière de formation qui est maintenant maman à la maison à temps plein.

Cette dernière avoue être catholique et pratiquante, mais dit ne pas forcer ses enfants à assister à la messe. « Ils viennent à l'occasion », indique-t-elle.

Sujet sensible

Coordonnateur de la rédaction du cours d’éthique et culture religieuse, Denis Watters dit comprendre l’émotivité de certains parents à l’égard du cours, mais juge que celui-ci est malgré tout essentiel en 2009. « C’est sûr que c’est un sujet qui touche les cordes sensibles des Québécois. C’est légitime qu’ils puissent contester, mais je demande s’ils savent réellement ce qu’est le cours »
Assez typique : les parents et philosophes (5 témoins experts rien qu'aux deux procès) sont des grands émotifs qui n'ont pas compris, peut-être sont-ils même irrationnels.
, plaide ce père de quatre enfants qui détient un doctorat en enseignement religieux au Québec.
Vous voyez, les parents eux sont au mieux infirmières... Évidemment, M. Pineault, ni aucun plumitif des gros médias francophones au Québec n'ont interrogé le parent dans l'autre procès, celui de Loyola. Il faut dire que M. Zucchi est professeur d'université à McGill et qu'il s'est penché sur l'immigration au Canada. Difficile de le faire passer pour un ignare intolérant. Ne l'interrogeons pas.
« Il n’y a pas de perspective confessionnelle dans ce cours.
M. Watters joue sur les mots, ce n'est pas un cours catholique ou musulman, cela n'empêche en rien qu'il ait un effet sur les conceptions morales, philosophiques ou religieuses des enfants otages de ce programme gouvernemental pendant 11 ans.
C’est, comme son nom le dit, de la culture religieuse. On veut que les jeunes du Québec soient plus ouverts à ce qui les entoure ».
C'est déjà très discutable : pourquoi les jeunes doivent-ils êtres ouverts — plutôt que connaître — à ce qui les entoure ? Il y a des choses qui les entourent que l'on peut désapprouver. Enfin, il n'est pas vrai que l'on introduit le jeune à ce qui l'entoure : on lui parlera beaucoup, par exemple, des spiritualités autochtones totalement absentes de la vie de l'immense majorité des jeunes Québécois. Il en va de même de certaines questions morales, plus tard, sur l'homoparentalité par exemple. Phénomène totalement marginal mais qui est important pour ceux qui veulent en parler dans le cours, entendre non les parents, mais des éducateurs et des lobbyistes.
, fait valoir M. Watters. Ce dernier défend d’ailleurs son cours de certaines critiques qui affirment que l’enseignement vise à transmettre sept religions aux élèves, créant ainsi de la confusion dans leur esprit. « On veut initier le jeune aux différentes réalités.
Revenons à sa première formulation : « rendre ouvert » « aux différentes réalités » morales et religieuses.
C’est comme d’être capable de dire bonjour dans sept langues différentes. On n’oublie pas pour autant notre langue maternelle », dit-il. Denis Watters a d’ailleurs produit un petit guide ECR-101, pour répondre aux questions des parents sur le programme d’éthique et culture religieuse.
Petit guide du même niveau que cette « explication » : 11 ans pour apprendre à dire « bonjour » dans 7 langues ? L'apprentissage est nettement plus long et profond — 11 ans — et porte sur une matière nettement plus prégnante et importante en termes religieux, moraux et philosophiques que des rudiments de courtoisie touristique.

À nouveau, on essaie de prétendre que le cours est inoffensif, mais on nous dit en même temps qu'il est obligatoire et crucial pour former des citoyens complets, avant qu'ils ne reproduisent les « préjugés » de leurs parents. C'est bien évidemment qu'on espère qu'il aura plus d'effets que le simple apprentissage de quelques mots dans une langue étrangère.

lundi 25 mai 2009

Georges Leroux – le pluraliste jacobin (1 sur 2)

Si M. Jacques Pettigrew avait visiblement comme mission d’aseptiser le cours ECR lors du procès de Drummondville, le rôle dévolu à Georges Leroux était de montrer que les motifs invoqués par les parents ne tenaient pas la route..

Nous ne sommes pas sûrs qu’il ait réussi, même si ce professeur retraité de philosophie dégage une très grande assurance et qu’il ait pu parler en dernier sur les griefs concernant le cours et ainsi donner l’impression d’avoir une réponse concluante sur les différents sujets.

Georges Leroux aime à discuter de choses philosophiques, lors des suspensions de séance on le voyait aborder des membres du public pour leur demander ce qu’ils pensaient du procès, du pluralisme, quel organisme ils représentaient. Ce professeur de philosophie possède un bagou certain : la greffière qui se trouvait assise devant lui était suspendue à ses paroles, captivées par l’éloquence d’un grand sexagénaire chenu et débonnaire. Il est vrai que cela change des disputes conjugales un peu mesquines auxquelles les tribunaux québécois passent désormais une bonne partie de leur temps.

Georges Leroux est un professeur retraité de l’UQAM, spécialiste en philosophie grecque. Il a fait partie d’un groupe de 15 experts qui conseillait les concepteurs du cours ECR. M. Leroux a publié un livre apologétique en faveur du cours d’éthique et de culture religieuse et donné plusieurs conférences défendant son imposition. Il a aussi fait partie du groupe de conseillers de la Commission Bouchard-Taylor.

Nous présentons d’abord ci-dessous le contre-interrogatoire du professeur Leroux par Me Jean-Yves Côté avocat des parents qui cherchent à faire exempter leur enfant du cours gouvernemental d’éthique et de culture religieuse.

C’est le seul contre-interrogatoire de Me Côté, d’abord hésitant, haletant légèrement. Il prendra petit à petit confiance et sa voix prendra plus d’autorité.

Les passages transcrits du témoignage de M. Georges Leroix sont légèrement en retrait et bordés à gauche d’un mince filet noir.

La prétendue priorité au christianisme

Mercredi 13 mai, 17 h 32
Me Côté – Vous avez évoqué la priorité [dans le programme ECR] donnée aux religions monothéistes, dont le christianisme…

M. Leroux – Je vous corrige tout de suite, parce que c’est ça l’enjeu que j’ai essayé d’expliquer à M. le juge. Si on avait dit « aux religions monothéistes», mon souhait aurait été satisfait parce que l’islam prétend accomplir le monothéiste, mais bon… On n’y est pas parvenu, alors la priorité c’est au christianisme et au judaïsme.

Me Côté – … et je comprends que dans l’ordre de la conception du programme, c’était une préoccupation qui vous animait.

M. Leroux – Ah, complètement.

Me Côté – Parfait.

[…]
Les noms du divin : où est Jésus, le Christ ?
17 h 33

Me Côté – Je vous réfère au programme du primaire (P-19), à la page 328. Je vais laisser le temps à M. le juge et à mes collègues de s’y rendre.

M. Leroux – Oui.

Me Côté – Dans la case, le carré vert, le premier en haut à gauche…

M. Leroux – Les noms du divin.

Me Côté – … des paroles et des écrits. Le carré gris commence par « Les noms du divin ». Pourriez-vous…

M. Leroux – Commenter ?

Me Côté – …non, pas vraiment. C’est un contre-interrogatoire. Est-ce que le nom de Jésus s’y trouve ?

M. Leroux – Il ne s’y trouve pas en tant que tel…

Me Côté – Est-ce que le nom de Christ s’y trouve ?

Me Boucher – Excusez-moi, M. le juge.

Me Côté – Ça se répond par oui ou par non.

M. Leroux – Non, non, il n’y est pas.

Me Côté – Parfait. Reconnaissez-vous que, pour les chrétiens, le Christ a la nature divine ?

M. Leroux – Oui. Nous avons… Seigneur qui est la traduction française on pourrait dire, mais on ne va pas entrer là-dedans.

[Heureusement, car 1) Seigneur est passe-partout et s’applique aussi, par exemple, au Dieu de l’Ancien Testament 2) Christ ne veut pas dire Seigneur, mais Oint ou Messie, quant à Jésus c’est un prénom juif qui signifie « Dieu sauve »].
Me Côté – Je comprends aussi que vous aviez évoqué cette priorité donnée au christianisme, mais bon votre rapport ayant été au niveau conceptuel, vous n’avez pas pu examiner si cette noble intention avait été concrétisée.

M. Leroux – Ce sont des exemples.
[Les choses pourraient donc être pires dans les manuels et en classe ?]
Me Côté – Oui.

M. Leroux – Et donc, il s’agit de donner en gros, un exemple par tradition.
[Donc égalité ou prédominance du christianisme ?]
Il n’y a pas dans le passage que vous me soumettez, un souci d’exhaustivité théologique. Cela va de soi.
[Exact, on ne mentionne pas plus l’Esprit-Saint…]

Très forte présence des spiritualités autochtones
Me Côté – D’accord. Dans le manuel Près de moi qui a été produit sous la cote P-22, cette priorité au christianisme – c’est peut-être une question injuste car vous nous avez dit d’une façon fort honnête que vous ne vous étiez pas penché sur les manuels –

M. Leroux – Je ne le connais pas.

Me Côté – néanmoins ce manuel a une importance particulière pour le litige là …

M. Leroux – Oui.

Me Côté – Si je vous disais que, pour les diverses religions, il y a 13 pages consacrées au christianisme, 4 ou 5 pages au judaïsme, 3 pages à l’islam et 10 pages aux spiritualités autochtones. Donc le rapport 10 pages spiritualités autochtones et 13 pages au christianisme, est-ce que cela traduit l’intention des concepteurs du programme, est-ce que c’est conforme à l’intention des concepteurs…

Me Jacob – Je vais m’objecter à la question, M. le juge, parce que le témoin a commencé par dire qu’il ne connaît pas ce document…

[Objection rejetée, M. Leroux comme philosophe et comme personne ayant participé à la conception du programme peut facilement répondre.]

M. Leroux – Votre question est très claire. Si je devais apprécier le rapport du volume des pages, il faudrait pour cela évidemment que je regarde ce qu’il y a dans ces pages. Et voici la raison pourquoi je vous dis cela, j’ai une hypothèse sur ce que vous venez de dire : il se trouve qu’à notre époque il y a un croisement très important entre les spiritualités amérindiennes et l’éthique environnementale et, en général, le respect de la nature. Et je fais l’hypothèse, sans avoir examiné ce manuel, mais si vous le souhaitez je pourrais le faire, je fais l’hypothèse que le volume en apparence inflationniste de pages consacrées – parce que la page qui m’est donnée ici c’est « la nature à notre service » et ainsi de suite – que vous me donnez, si j’ai bien compris, comme un exemple de spiritualité amérindienne ?
[En partie vrai, mais il y a aussi deux récits de naissance autochtones sur 5 récits de naissance, par croisement avec l'éthique écologiste ?]
Me Côté – Oui.

Le juge Dubois – À quelle page ?

M. Leroux – Je suis à la page 62, 63. Alors « les autochtones remercient l’esprit des plantes » et ainsi de suite. Alors, on a là le symptôme, ou enfin le signe plus exactement, on a là le symptôme de ce qui se passe actuellement, de ce croisement. Je fais l’hypothèse que c’est ce qui se passe à d’autres pages de ce manuel. Mais sur ces pages-là, c’est évident.

Me Côté – Diriez-vous…

M. Leroux – Est-ce que vous me comprenez ?

Me Côté – Oui, tout à fait. Diriez-vous que c’est une deuxième vie pour le bon sauvage de Rousseau ?

M. Leroux – Une deuxième vie ?

Me Côté – Oui, il y avait cette notion des Européens du XVIIIe siècle qui idéalisaient l’Amérindien? Est-ce qu’on revient vers cela sur un plan philosophique ?

M. Leroux – Hmm. Ça exigerait un long développement, mais je refuserais de dire que c’est une deuxième vie. Lorsque vous avez cité Rousseau et l’idéal du bon sauvage. L’idéal du bon sauvage est ce dont nous voulons nous défaire. Nous voulons nous défaire du stéréotype de l’Amérindien idéalisé que nous avons par ailleurs exclu de nos sociétés. Donc, nous voulons le rencontrer dans sa vérité. Dans ce qu’il a cru véritablement et non pas dans ce que Rousseau a prétendu qu’il croyait. C’est-à-dire, vous savez la dispute de Rousseau où l’on voit ces enfants…Vous connaissez tous ces textes-là. Alors, c’est sûr que, par ailleurs, la spiritualité amérindienne revient, fait retour de façon très importante dans l’éthique écologique.
[« Ce qu’il a cru vraiment »… Il n'est justement pas évident que cette « utopie dans le tipi » omniprésente dans les manuels représente la réalité, pas plus que l'autochtone du XVIIIe siècle ait été un « écologiste » comme nous l'imaginons au XXIe siècle ; en tout cas nous avons des témoignages qui tendraient à démontrer le contraire. Mais ils sont occultés dans les livres d'enseignement où l'image de l'autochtone est irréprochable selon notre morale politiquement correcte d'aujourd'hui.]
Me Côté – Diriez-vous que les spiritualités autochtones qui occupent une place beaucoup plus grande dans les manuels d’ECR que la proportion des gens qui professe ces spiritualités – selon les rapports de Statistiques Canada c’est 0,01 % au Québec des gens qui se réclament des traditions autochtones – est-ce qu’il y a une instrumentalisation des spiritualités autochtones mises au service d’une nouvelle idéologie écologiste ?
Nostra culpa, nostra maxima culpa : juifs et indiens que nous avons tous tués
M. Leroux – Je refuserais absolument le recours à un argument comme celui que vous venez de proposer, à savoir le rapport entre le nombre d’adhérents et l’importance de la confession.
[Euh, mais refuseriez-vous le recours à l’instrumentalisation ?]
Le judaïsme n’est représenté dans le monde que par douze (12) millions de personnes, nous les avons tous tués comme les autochtones et donc nous avons un devoir, non seulement de fidélité et de mémoire envers les autochtones, comme envers les juifs, mais nous avons aussi un devoir de respect infini de leurs croyances même s’il n’en restait qu’un seul.

Me Côté – Oui, enfin, ma question portait davantage sur la récupération…

M. Leroux – Non, j’ai compris, mais

Me Coté – ... mais comme j’ai peu de temps…

[... débat sur le kirpan...]
Refus catégorique d'exemption afin d'enfin assurer le vivre ensemble

17 h 47

Me Côté, lisant un extrait texte de M. Leroux – « Certains groupes voudront peut-être en [du cours ECR] retirer leurs enfants ce qui toucherait à son universalité, mais ce serait une erreur et le législateur, soucieux de la culture publique commune, ne devrait pas sur ce chapitre s’engager sur le chemin de l’accommodement. Personne ne devrait pouvoir s’y soustraire, car l’introduction du pluralisme et en général la sensibilisation aux vertus de la démocratie qui est un des objectifs principaux de ce programme n’auraient plus de sens si on introduit un régime d’exception. » (dans Tricoté serré au métissé serré ?, Presses de l’université Laval, 2008, pp. 282-283)

Ma question : Est-ce que vous maintenez toujours que personne ne devrait pouvoir se soustraire au programme ECR ?

M. Leroux – Oui, c’est ma position. C’est la dernière ligne qui est importante, c’est-à-dire…

Me Côté – Je voulais simplement savoir ça

M. Leroux – Okay.

M. Boucher – M. le juge, le témoin…

Le juge Dubois – On va le laisser compléter sa phrase.
Oui, ma position est jacobine
M. Leroux – Mais j’apprécie la remarque que vous avez mise. Est-ce vous qui avez mis « jacobin » [en regard du passage cité par Me Côté] ?

Me Côté – Non, mais normalement, dans un contre-interrogatoire le témoin ne pose pas de questions.

M. Leroux – Mais c’est parce que c’est une position jacobine.

Me Côté – Vous le reconnaissez ?

M. Leroux – Oui, je le reconnais, mais on en discutera un autre jour…

Me Côté – Non, non, non.

Le juge Dubois – Je suis intéressé à connaître votre réponse, vous avez commencé à pouvoir répondre, mais maître vous introduit sur ce plancher.

M. Leroux – Ma raison principale est une raison sociale et politique. Le programme étant déconfessionnalisé, nous sommes dans une structure d’enseignement public et même nos écoles privées y sont soumises, or nous sortons d’un régime d’exception, c’est-à-dire où il y a eu toute sorte d’options et d’exceptions et nous visons le vivre ensemble.
[C'est assez peu convaincant : une heure d'option morale ou religieuse par semaine empêcherait le vivre ensemble des élèves ? Mais la fuite des élèves vers des écoles privées confessionnelles pour bénéficier de cette formation confessionnelle qu'ils ne trouvent plus à l'école publique serait d'aucun effet sur « le vivre ensemble » conçu comme une même taille pour tous tout le temps ? Ce n'est pas très crédible.]
Donc, je pense que le législateur ne devrait pas s’engager sur le chemin de l’accommodement parce que, si nous créons ce régime d’exception nous allons re-reproduire les conditions qui pendant trente années ont empêchés nos enseignements normatifs d’être efficaces.
[Les enseignements normatifs (les cours de morale ou de religion) n'auraient pas été efficaces par le passé parce que tous les élèves n’étaient pas soumis au même cours. Et quand il n'y avait que le cours de religion chrétienne ? Ce n'était pas le même cours, avec nettement plus de transmission normative que dans le cours ECR !? Il est difficile de suivre M. Leroux ici.]

Monsieur Leroux maintiendra le caractère jacobin de sa position, il ajoutera d'ailleurs un peu plus tard « Donc c’est plus jacobin que vous ne pensez ! »

L'érosion de l'autorité parentale
17 h 58

Me Côté, citant un extrait d’une conférence de M. Leroux – « La notion même de parent ou de fonction parentale n'est plus soutenue par nos lois, qui l'ont réduite à la qualité du pourvoi ou de la subsistance. […]Nous tournons donc en rond, à la recherche d'une autre autorité ».

Extraits de la conférence « Autorité et la confiance – Enjeux pour l'école privée aujourd'hui du 6 mai 2005 »

Vous faites donc le constat d’une érosion de l’autorité parentale, est-ce exact ?

M. Leroux – Oui, je ne suis pas le seul à le faire. Est-ce que je peux répondre ?

Le juge Dubois – Oui, certainement.

M. Leroux – Je suis très heureux que vous citiez ce texte dont je suis très fier et qui fait partie d’un livre que je vais faire paraître bientôt. Ce texte émarge à une réflexion sur notre capacité de renouveler le modèle de l’autorité aujourd’hui. Par exemple, dans nos écoles, les « maîtres », les enseignants n’ont pas toujours la capacité « d’imposer » des modèles. On peut parler de culture, on peut parler de toutes sortes de choses. Quand j’ai écrit ce texte, je me suis posé la question de savoir où étaient exactement les raisons historiques de l’érosion dans la transmission des normes. Et comme je vois que vous avez beaucoup étudié mes écrits, je veux que vous sachiez que ce texte est absolument indissociable d’un autre que j’ai écrit sur les transmissions canoniques. C’est-à-dire sur le fait, et cela aussi je l’ai vu avec mes enfants, même un collège comme les jésuites où j’ai étudié n’a plus aucun souci de la transmission canonique. Je ne sais pas si je suis clair quand j’utilise le mot « canon », canon de la culture occidentale veut dire répertoire des sources fondamentales de nos cultures.
[« Maîtres», monsieur Leroux n'a pas vraiment pas suivi les dernières réformes du système éducatif québécois où le maître est devenu un animateur d'auto-apprenants. On se demande aussi comment M. Leroux peut être en faveur du régime pédagogique québécois et son imposition, alors que celui-ci assure précisément très mal la transmission des canons de la culture occidentale !]

La transmission du canon occidental
[Approbation de Me Côté quant à la transmission déficiente]

M. Leroux – …alors j’ai discuté avec mes amis jésuites autant que j’ai pu, mais moi j’en avais assez d’avoir des textes de Rolling Stones, traduits du magazine américain Rolling Stones, dans les classes de français. Je voulais Pascal, je voulais.., bon d’accord je ne suis pas un homme de mon temps, on a compris. Mais, il reste que ça m’a amené sur un chemin qui est très difficile parce que le chemin c’est… où est l’autorité et quel est le pouvoir – et c’est votre question – de l’autorité parentale. D’abord, on doit le constater, c’est une analyse qui demanderait beaucoup de détails, que l’autorité parentale sur les matières canoniques s’est beaucoup érodée et donc beaucoup de parents ne manifestent pas un grand intérêt pour ces questions-là. La deuxième chose c’est que nous sommes dans une situation – et là je pense que comme philosophe et comme intellectuel, M. le juge, on a un devoir, c’est-à-dire que nous devons nous tenter de penser la régénération de l’autorité dans notre société.

Quelle est-elle ? Quelle va-t-elle être ? Alors ce texte porte là-dessus.

Me Côté – Si vous aviez une nouvelle section, dans votre expertise, qui traiterait de l’autorité parentale est-ce que les idées qui sont exprimées dans ce texte pourraient s’y insérer avec bonheur ?

M. Leroux – Bin. Oui et non.

Me Côté – On peut peut-être aller à la deuxième page avant de vous prononcer là-dessus.

Le juge Dubois – Vous avez dit « oui et non », pourquoi ?

M. Leroux – Oui, parce que j’ai un intérêt fondamental pour la transmission canonique, bon. Non, parce que dans le programme éthique et culture religieuse, bien entendu la transmission canonique est en cause, mais beaucoup plus. Alors, je ne sais pas si l’autorité parentale dans le cas qui nous intéresse ici, éthique et culture religieuse, concerne beaucoup que la transmission canonique. On se comprend.

Me Côté – Si on va à la deuxième page, vous y évoquez le rôle des parents et vous dites ceci : « Le rôle des parents doit être entièrement repensé […] l'école peut redonner aux parents une part de leur autorité perdue. » Et donc toujours le constat de l’érosion de l’autorité parentale et ce constat vous amène aux observations suivantes à la fin de la page : « 'est la déstructuration de l'autorité parentale qui a contribué le plus à déstructurer l'autorité éducative : il y a une part de vérité dans cela ». Et vous ajoutez : « Je cite souvent cette phrase de Platon, au moment où il définit la démocratie : c'est le régime où les fils peuvent insulter les pères. Et bien sûr aussi les élèves leurs maîtres ». Il reste que est-ce que vous feriez le même constat ?

M. Leroux – Ah, certainement. Mais le rapport entre cette analyse – on se comprend – de l’autorité parentale – comment dire ? – au programme [ECR] est substantiellement différent du rapport de cette analyse à la question de la transmission canonique, comme j’ai essayé de l’expliquer. Par exemple, ici, je ne me prononce aucunement sur la question des valeurs morales, je me prononce principalement sur des questions de transmission, parce que je m’intéresse à la constitution des corpus, aux exemples littéraires et ainsi de suite. Si vous demandiez, diriez-vous la même chose pour la question des valeurs morales, peut-être que je nuancerais, sans doute je dirais sensiblement la même chose. Mais je ne pourrais pas dire, par exemple, la même analyse parce que, voyez-vous, ce qu’on peut attendre d’une école sur le plan canonique est beaucoup plus détaillé et précis que ce qu’on peut en attendre sur le plan normatif.

Là je suis tenté de dire quelque chose de plus, M. le juge, vous m’arrêterez si vous trouvez que je suis trop long. Certaine société ont fait ce choix : c’est-à-dire que la France en particulier a fait ce choix qui est le suivant – et c’est un choix très ancien qui remonte au moins au premier collège des jésuites au XVIIe à La Flèche [en 1604], par exemple, où a étudié Descartes – c’est l’idée suivante. C’est que si nous voulons transmettre des valeurs aux jeunes nous allons les transmettre dans un rapport mimétique au répertoire canonique. Dit autrement, si vous voulez que vos jeunes deviennent vertueux en français vous allez leur faire lire pascal, vous allez leur faire lire Montaigne et ainsi de suite. Ça, c’est l’éducation que j’ai connue et moi j’ai l’habitude de dire à mes enfants qu’il y a plus distance entre l’éducation qu’ils ont eue qu’entre moi et un prince de la Renaissance, parce que j’ai eu cette éducation exactement comme Descartes, quand je lis Descartes c’est exactement la même que j’ai eue.

Alors quel est le point ici que je veux faire ? C’est que certaines sociétés comme la France ont de longues dates de ne pas investir directement [dans les écoles publiques] l’éducation « morale » de leurs jeunes, parce qu’ils font suffisamment confiance à la culture canonique sur le plan mimétique. Leurs valeurs, en d’autres mots, sont toutes dans leur littérature et dans leur histoire. Donc c’est quoi de faire un cours d’éthique et de culture religieuse pour eux autres, ils enseignent ça les guerres de religion, ils enseignent tout. Ils lisent Montaigne, ils lisent Pascal. Je m’excuse de toujours revenir à ces deux-là, mais il y en a bien d’autres. On se comprend.

Nous nous n’avons pas fait ce choix-là. Alors…

Me Côté – Nous, c’est qui ?

M. Leroux – Le Québec.

Me Côté – Le Québec, c’est qui ?

M. Leroux – La société civile.

Me Côté – Est-ce que mes clients en font partie ?

M. Leroux – Mais bien sûr

[18 h 07—18 h 08, Discussion sur la manière dont la loi imposant ce « choix du Québec » a été votée, le juge exclut la question]
Qui recueille l'autorité parentale perdue, risque de fascisme
18 h 09

Me Côté – Pour clore sur le texte sur la notion d’autorité parentale, cette érosion que vous constatez de l’autorité parentale, cette autorité qui est perdue des parents, elle va où sur le plan social ? Vous reconnaissez que les enfants, ça prend une autorité, qui se trouve à recueillir ou à être investi de cette autorité qui est perdue par les parents ?

M. Leroux – C’est sérieux votre question là. Euh. Les meilleurs philosophes qui se sont intéressés à ces questions, je pense à mon collègue Alain Renaud de Sorbonne et quelques autres, parmi eux, il y en plusieurs qui font un constat que l’on peut appeler civilisationnel. C’est-à-dire qu’ils jugent que notre société, c’est-à-dire la société occidentale, est entrée dans un processus d’érosion qui est irréversible. Alain Renaud a appelé son livre symptomatiquement « La Fin de l’autorité ». Moi, je ne partage pas ce constat là. J’essaie de proposer un processus de relève par lequel les personnes, principalement les parents, qui ont souci de l’éducation de leurs enfants doivent trouver – et au Québec on est très avancé là-dessus – dans l’école et en particulier dans les conseils d’établissement des lieux où ils peuvent faire valoir leurs préoccupations éducatives puisque nous avons une démocratie scolaire qui nous le permet. Et donc, créer une nouvelle autorité.
[Sans rire ! Le cours ECR est imposé à tous… Les commissions scolaires, un palier de décision indépendant en théorie, sont désormais inféodées au Ministère de l’Éducation comme on l’a vu dans l’envoi par une demi-douzaine de CS des mêmes lettres de refus à quelques mots près après que la ministre ait déclaré quel était son bon vouloir en la question : « pas d'exemptions ». Notons aussi qu’au Québec, où règnerait une démocratie scolaire, même les écoles privées sont soumises aux décisions du Monopole de l’Éducation… On peut faire les mêmes critiques au sujet du programme d’histoire tout autant critiqué que le cours ECR et qui est imposé dans toutes les écoles, même privées, malgré « la démocratie scolaire » très avancée du Québec selon M. Leroux.]
J’ai beaucoup d’idées sur cela qui n’intéressent pas nécessairement les gens qui sont ici. Mais je pense, en d’autres mots, qu’il est possible que nous assistions dans une société qui est démocratique et forte à une régénérescence, mais ce n’est pas un constat qui est partagé par tous. En particulier chez les philosophes.

Me Coté – Est-ce que … euh…

M. Leroux – L’autre groupe de philosophes, comme vous le savez, prévoit le fascisme.

Me Côté – Bon. Écoutez…

M. Leroux – C’est que c’est assez dur, là.

Me Côté – C’est que la question que je vous pose c’est : est-ce que cette autorité, cette érosion d’autorité parentale que vous constatez, que vous décrivez dans cet article, est-ce que celui qui va se trouver à recueillir l’autorité perdue par les parents, est-ce que celui qui est appelé à voir son autorité croître ce n’est pas l’État dans un raisonnement comme celui-là ?

M. Leroux – Ce qui est délesté par les familles ne peut pas ne pas être recueilli par l’État, car l’État a mandat et mission d’instruire et de socialiser tous les jeunes et donc nous allons vers des défis éducatifs qui sont chaque jour plus grands.
[Hmm. Mais est-ce que, dans le cas présent, les parents Lavallée se délestent de leur autorité parentale ou n’est-ce pas plutôt l’État qui s’interpose ?]
Ça j’ai fait cela dans un texte que je vous soumettrai si vous le souhaitez quand j’ai fait le bilan des quarante ans du rapport Parent. Un très très long texte, interminable, parce que c’est difficile de comprendre quarante ans après le rapport Parent nous avons répondu à la mission de la démocratisation. Avons-nous répondu à la mission de la démocratisation ? Et serons-nous capables d’opérer cette relève. Si c’est ça votre question, actuellement c’est sûr que c’est un défi au Québec qui est très très considérable.

[L’État confronté à l’anomie des jeunes, il doit faire quelque chose, mais selon M. Leroux l’État ne dirait pas aux parents ne vous occupez plus de vos enfants.]
Le pluralisme normatif imposé aux écoles, une conviction philosophique
18 h 13

Me Côté – Je veux vous faire revenir à l’expression « pluralisme normatif ».

M. Leroux – Oui.

Me Côté – Il y a deux composantes à l’expression : pluralisme, je ne veux pas vous faire revenir sur votre interrogatoire, c’est donc cette conception qui est mise de l’avant dans le programme ECR ? La notion de pluralisme normatif.

M. Leroux – Oui.

Me Côté – Parfait. C’est une conviction philosophique ?

M. Leroux – Oui.

Me Côté – Et je présume que c’est votre conviction philosophique ?

M. Leroux – Oui. C’est la conviction philosophique majoritaire de la philosophie contemporaine.

Me Côté – D’accord. Y aurait-il lieu… Enfin, je comprends le pluralisme c’est le constat qu’il y a une diversité.

M. Leroux – Oui, exact.

Me Côté – Je le qualifierais si vous me permettez l’expression de « pluralisme de facto ».

M. Leroux – Oui, ça me va.

Me Côté – Là, j’aimerais, toujours dans le latin, proposer une autre expression : « pluralisme de iure ».

M. Leroux – Oui.

Me Côté – Donc pluralisme qui découle de la loi. Est-ce qu’avec le programme ECR, obligatoire pour tous, auquel aucun ne peut se soustraire, est-ce qu’on ne passe pas du pluralisme de facto, qui est un fait, à un pluralisme imposé par la loi, un pluralisme de iure ?

M. Leroux – Non. Je vous laisse cette doctrine-là, si vous voulez l’élaborer. Elle pourrait avoir de l’avenir c’est-à-dire à l’intérieur, par exemple, de la théorie juridique elle-même ou de la philosophie du droit, elle a même actuellement – je vous le signale – un statut à l’intérieur de la philosophie du droit puisque nous avons dans le droit lui-même le conflit des droits positifs qui est arbitré par le droit universel, c’est les travaux de la grande juriste française Mireille Delmas-Marty. Bon, elle a donc elle-même dit que le pluralisme juridique était un problème, que les avocats, les juristes devaient résoudre.
[Il n’est pas clair ici si M. Leroux comprend par « pluralisme de iure » le concept invoqué par Me Côté et des documents comme Dominus Jesus.]
Mais le concept que je mets de l’avant n’est pas un pluralisme de iure. Je dis que le pluralisme est normatif c’est-à-dire il devient pour nous une norme au sens moral du terme, nous ne devons pas considérer le pluralisme, comme un obstacle, j’ai dit une tare sociale – vous comprenez ? – une difficulté, quelque chose en d’autres mots que nous devrions dépasser et vaincre. Nous devrons, au contraire, considérer, et c’est dans le « nous devons » que nous considérons le mot normatif, nous devons considérer le pluralisme comme une richesse des sociétés démocratiques. Car les conceptions de la vie bonne et juste, quand elles ne sont pas résolues et arbitrées rationnellement, contribuent au débat de nos sociétés. J’irais même jusqu’à dire que, sur certains débats très cruciaux, comme par exemple les débats sur, disons, des enjeux moraux très substantiels, et bien il est préférable dans l’état actuel de notre société que la diversité des opinions soit non seulement représentée, mais stimulée et nourrie. Il faut faire en sorte, en d’autres mots, que les arguments les plus contradictoires puissent être mis en présence de sorte que les consensus que nous obtiendrons soient universalisés.
[Tout cela est bien joli, mais en quoi venir témoigner, comme M. Leroux, pour l'imposition d'un cours gouvernemental particulier, pour l'imposition de sa conviction philosophique particulière à tous les enfants du Québec stimule et nourrit la diversité d'opinions en matière d'enseignement moral et religieux ?]
Et là aussi, je me sépare de ce que dit mon ami Guy Durand

[Brouhaha chez les procureurs, le juge demande à ce que le témoin complète sa pensée.]
La vérité définie par le consensus social ou des « universaux » atteints par le dialogue et la raison ? Absence de place pour la révélation.
…c’est que Guy Durand me reproche, et je comprends très bien ce qu’il veut me dire, il me dit « la vérité selon Leroux va résulter du consensus obtenu socialement », pas la vérité, jamais, jamais, jamais. Les consensus obtenus socialement sont ce que le philosophe John Rawls appelle les consensus par recoupement, on veut à un moment proposer une législation à un moment donné, on ne peut pas obtenir une valeur reconnue universellement tout le temps.
[Il n'est pas du tout évident que l'élève l'auto-apprenant du secondaire engagé dans une délibération afin de trouver une « solution commune » correcte à des problèmes éthiques/moraux qui lui seront soumis en classe fera la différence entre « réponse correcte » par consensus et « réponse correcte » vraie parce qu'elle correspond à un universel éthique atteint par la raison et le dialogue en dehors de toute révélation auquel croit M. Leroux, mais pas nécessairement l'adolescent, ni d'ailleurs l'auteur de ces lignes.]
Dans le cas de l’avortement, c’est assez clair, et il y en a beaucoup. Il y a des pays où la peine de mort est même en discussion. Mais, une des choses qui m’occupent dans le moment c’est le suicide assisté, c’est très très intéressant, les opinions là-dessus sont d’une telle diversité. Voyez-vous ce que je veux dire par là ? La normativité de la différence devient pour nous une utopie à poursuivre. La vérité va peut-être nous apparaître un moment donné et pour certains elle existe déjà dans la mesure où ils ont des convictions de foi qui imposent par exemple une certaine conception des choses.
Fin du contre-interrogatoire

Suite : Georges Leroux – le pluraliste messianique (2 sur 2).