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samedi 20 décembre 2025

Pourquoi l'Angleterre, berceau du multiculturalisme, fait-elle officiellement marche arrière ?

Alors que les Anglais sont de plus en plus hostiles envers l'immigration, le gouvernement de Keir Starmer décide de les apaiser en pondant une réforme digne des partis dits « d'esstrême-droite ».

Pourquoi l'Angleterre, berceau du multiculturalisme, fait-elle officiellement marche arrière ?

Décryptage


lundi 5 août 2024

Jeremy Stubbs : « Le multiculturalisme à l’anglaise est mort il y a très longtemps »

Lors de l’émission Punchline Eté du 05/08/2024, Jeremy Stubbs, spécialiste du Royaume-Uni et directeur adjoint de la rédaction de Causeur, était présent sur le plateau. Il a évoqué les émeutes au Royaume-Uni : «Le multiculturalisme à l’anglaise est mort il y a très longtemps».


Pour le dire crûment, le multiculturalisme à l'anglaise est mort il y a très longtemps. Et son arrêt de mort a été signé par des dirigeants successifs du pays. Je vous donne un exemple. En 2004-2005, il y a eu justement dans la région du nord-ouest de l'Angleterre des émeutes anti-immigration à l'époque, aussi violentes qu'aujourd'hui. Tony Blair, le travailliste qui était premier ministre, a commandé cinq rapports dans la suite de ces événements. Chaque rapport disait le multiculturalisme est mort, il ne marche pas.

D'ailleurs, il n'a jamais été une politique officielle.

Et je dirais même que, en fait, que ce soit en France ou au Royaume-Uni, les gens arrivent, ils s'installent, les choses s'arrangent sur le terrain et quand ça se passe bien, l'État arrive pour dire, voilà, notre politique a bien marché.

Et quand ça se passe mal, comme en ce moment, l'État dit, ah oui, mais vous ne suivez pas notre politique.

Que ce soit en France, on a l'universalisme, en Angleterre, on a le pseudo-multiculturalisme. À la fin, ce sont des mots que les États mettent sur leur impuissance.

mercredi 10 juillet 2024

Canada — Justice plus laxiste pour les personnes noires recommandée

En vue d’apporter des changements au système de justice pénale canadien, le ministère de la Justice a récemment publié un rapport portant sur une stratégie en matière de justice pour les personnes noires⁠.

Produit par « neuf experts et dirigeants des communautés noires », ce document nous apprend dans l’introduction que notre système judiciaire a été conçu pour nuire aux personnes noires — rien de moins — et demande au bas mot l’instauration d’un système de justice à géométrie variable. Le citoyen ordinaire est-il bien conscient de ce que mijote son ministère de la Justice ?

La prémisse du rapport, qui s’appuie sur l’omniprésence du « racisme systémique », est que le système de justice actuel serait vicié de bas en haut par le racisme anti-noir.

Son origine dans une histoire coloniale et esclavagiste [l’esclavage qui concerna peu de gens fut aboli en 1834 au Canada et s’appliqua en Nouvelle-France surtout à des Indiens prisonniers de guerre] fournirait l’explication ultime par exemple de la « surreprésentation » des personnes noires dans les prisons.

Le système de justice « ayant été conçu pour nous nuire », affirme sans sourciller le groupe à l’origine du rapport, il doit être déconstruit et reconstruit de manière « afrocentrique », un principe qui « place les personnes et les communautés noires au centre de l’élaboration des politiques et des stratégies ». Si le gouvernement va de l’avant avec cette vision de la justice, assistera-t-on bientôt à une vague de demandes provenant de différentes communautés ethniques qui s’estiment également lésées ?

Des recommandations décoiffantes

Le rapport cible cinq secteurs prioritaires sur lesquels agir, dont le premier vise la désincarcération de certains détenus. En plus de demander au gouvernement de réduire de 50 % les taux actuels d’incarcération des personnes noires et des Autochtones « relativement à leur proportion dans la population » d’ici 2034, les « experts » indiquent que le Canada devrait également « remettre en liberté les personnes actuellement en détention ». Quels types de délinquants bénéficieraient de cette mesure ? Fraudeurs, vendeurs de drogues, proxénètes, meurtriers ? Le document ne précise pas ce « détail ».

Plus de 114 recommandations ont ainsi été soumises au gouvernement. En voici une liste non exhaustive :

  • étudier les possibilités de réparations pour les personnes noires en raison de l’esclavage , de la ségrégation et des lois racistes ;
  • ajouter les délinquants noirs à l’alinéa 718.2e) du Code criminel — cet alinéa oblige les tribunaux à s’attarder aux circonstances propres aux délinquants autochtones dans le cadre d’une peine ;
  • lancer et maintenir un programme d’allégement de la dette d’études pour les personnes noires qui étudient en droit, qui comprend des taux d’intérêt plus bas, des périodes de remboursement plus longues, l’annulation de dettes et d’autres programmes d’allégement de la dette ;
  • fournir du soutien aux familles des personnes noires incarcérées. Leur fournir, par exemple, une aide financière pour le transport et la nourriture et des subventions pour l’hébergement pour faciliter les nuitées. Ce financement devrait également couvrir les frais de garde d’enfants afin que les personnes incarcérées puissent rester en contact avec leur famille ;
  • créer des programmes pour les prisonniers noirs qui sont adaptés à la culture des personnes noires et tiennent compte de leurs traumatismes.

En somme, le groupe d’« experts » recommande au gouvernement de « reconnaître les personnes noires comme un groupe distinct » et d’agir en conséquence en adoptant une loi. Les centaines de milliers de membres desdites communautés noires savent-ils qu’ils sont représentés par « neuf experts et dirigeants » autoproclamés qui exigent de telles réformes en leur nom ?

Des réactions unanimes

Bien que le rapport, accueilli favorablement par le ministre de la Justice⁠, ait été publié en pleine saison estivale, après la fin des séances parlementaires — est-ce là une stratégie pour passer sous silence la publication de ce document controversé auprès des élus ? —, les réactions négatives ne se sont pas fait attendre sous la publication du compte officiel du Ministère sur le réseau social X.

De nombreux citoyens se sont en effet insurgés contre ce système à deux vitesses qui risque d’être mis en place.

Plusieurs ne sont pas convaincus de l’impact causal de l’héritage esclavagiste du Canada, sachant que la très grande majorité des Canadiens noirs sont issus d’une immigration assez récente ou sont nés ici dans les 50 dernières années (selon Statistique Canada, ils étaient 34 400 en 1971 alors qu’ils sont maintenant 1,5 million).

Ainsi, le temps est venu de se demander sérieusement si nous sommes prêts en tant que société à assumer les conséquences pratiques de la « reconnaissance du racisme systémique » : soit, en fin de compte, la fragmentation de l’État destiné dans cette logique à se morceler en autant de mini-États qu’il y a de communautés ethniques sur le territoire canadien.

     Source : La Presse

Voir aussi

Logements réservés aux minorités ethniques : « C'est pas discriminatoire. C'est fait pour des clientèles ciblées »

 
 
 

 


samedi 6 juillet 2024

Défilé LGBTQ2SAI+ de Toronto annulé : les pro-Palestiniens avaient-ils plus de points diversitaires ?


Multiculturalisme canadien. Un partisan LGBTQ2SAI+ emplumé use de violence contre un manifestant pro-palestinien masqué lors du prétendu « Défilé de la fierté » de Toronto, le dimanche 30 juin 2024. Pour la deuxième année consécutive, le gouvernement fédéral avait offert jusqu'à 1,5 million de dollars aux organisations de la Fierté à travers le Canada pour financer des mesures de sécurité renforcées, « dans un contexte de montée continue de la haine anti-LGBTQ2S+ ».

Des manifestants pro-palestiniens ont forcé l’annulation du défilé de la fierté dimanche soir après avoir perturbé l’événement LGBTQ2SAI+ à mi-parcours sur la rue Yonge.

Le compte X de la Fierté Toronto a publié une mise à jour vers 18 h 38, indiquant que le reste du défilé avait été annulé, bien que la foire (kermesse) et les scènes de rue restaient ouvertes.

samedi 7 octobre 2023

Ministère du Patrimoine canadien : octobre, « mois canadien de l'histoire islamique » avec la controversée Elghawaby

La femme musulmane vue par le gouvernement fédéral (une seule « en cheveux », sans foulard, toutes les autres voilées et même une en niqab).


 
Billet du 2 octobre 
 
On parle bien du patrimoine canadien... Qui remonte à combien d'années ? Un mois au complet. dévolu au patrimoine islamique et présentée par la très controversée Elghawaby. Ne craignez rien : il n'y a pas de mois du patrimoine chrétien ou catholique.

Le 26 janvier 2023, le Premier ministre Justin Trudeau nommait la controversée Elghawaby première représentante spéciale du Canada dans la lutte contre l'islamophobie pour un mandat de quatre ans. Son bureau dispose d'un budget de 5,6 millions de dollars pour couvrir les cinq premières années d'activités. Le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC) a qualifié sa nomination de « moment historique pour les musulmans du Canada ». 


Cette nomination provoque cependant une controverse en raison du passé journalistique de Mme Elghawaby qui avait publié en 2019, via le Ottawa Citizen, un article où elle déclarait « racistes » les Québécois en général ainsi que d’autres publications, particulièrement un gazouillis de mai 2021, lorsqu'elle avait écrit « Je vais vomir » sur Twitter en réaction à une lettre d’opinion du professeur de philosophie de l’université de Toronto Joseph Heath, qui faisait remarquer que les Canadiens français avaient été le plus grand groupe au pays à avoir subi le colonialisme britannique.

Plusieurs groupes réclament sa démission ou son renvoi, notamment le Mouvement laïque québécois, ainsi qu'un groupe de plus de 200 signataires, comprenant Nadia El-Mabrouk, présidente du Rassemblement pour la laïcité, et la militante Ensaf Haïdar, femme de Raïf Badawi qui déclarèrent « refuser d'être associées à une communauté musulmane représentée par des personnes qui adhèrent à une vision intégriste de l'Islam. » Le ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, lui avait demandé de retirer ses propos, le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilièvre, avait pour sa part réclamé le retrait d’Amira Elghawaby, enfin le ministre responsable de la Laïcité, Jean-François Roberge, avait déclaré lundi que Mme Elghawaby « n’a fait que tenter de justifier ses propos odieux » au cours des derniers jours. Lire la réaction de Jean-François Lisée à l'époque.

Calendrier liturgique du Canada multiculturaliste

  1. Mois de l’histoire des Noirs (février).
  2. Mois de l’histoire irlandaise (mars). 
  3. Mois du patrimoine sikh au Canada (avril)
  4. Mois de l’histoire asiatique (mai). 
  5. Mois de l'histoire juive (mai) .
  6. Mois du patrimoine autochtone (juin).
  7. Mois de la fierté LGBTQ+ (juin).
  8. Mois du patrimoine italien (juin). 
  9. Mois du patrimoine portugais (juin).
  10. Mois du patrimoine philippin (juin).
  11. Mois du patrimoine ukrainien (septembre).
  12. Mois de l'Histoire des femmes (octobre) .
  13. Mois de l’histoire hispanique (octobre).
  14. Mois du patrimoine islamique (octobre). 
  15. Mois du patrimoine allemand (octobre).

lundi 20 février 2023

Réécriture de l'histoire au Manitoba : Louis Riel le multiculturaliste

Louis Riel (22 octobre 1844 – 16 novembre 1885) est un homme politique canadien-français, chef du peuple métis dans les Prairies canadiennes et fondateur de la province du Manitoba. Louis Riel est l’aîné d’une famille de 11 enfants. Son père (Louis Riel aussi) était né à l’Île-à-la-Crosse (Saskatchewan). Sa mère (Julie Lagimodière) était pour sa part née à Saint-Boniface (Manitoba). On dit qu’il avait un huitième de sang indien, sa grand-mère paternelle étant une Métisse franco-chipewyanne. Il quitte Saint-Boniface dès ses 13 ans pour faire ses études au collège des Sulpiciens de Montréal distant de 2000 km du Manitoba. Riel y effectue de bonnes études, mais n’est guère touché par la vocation religieuse. Perturbé par la mort de son père, qui survient en 1864, Riel a alors 20 ans, il quitte le séminaire et travaille quelque temps comme clerc d’avocat avant de revenir en 1868 dans sa région natale. 

Il a dirigé deux mouvements de résistance contre le gouvernement canadien dans le but de protéger les droits et la culture des Métis, alors que l’influence canadienne-anglaise se faisait de plus en plus sentir dans les Territoires du Nord-Ouest. La première révolte est la rébellion de la rivière Rouge, de 1869 à 1870.

À la veille de 1869, la colonie de la Rivière-Rouge qui s’est essentiellement organisée autour de la paroisse de Saint-Boniface, à l’emplacement actuel de la ville de Winnipeg, regroupe une majorité d’habitants Métis franco-canadiens qui forment un groupe distinct et majoritaire qui fait usage de la langue française et qui est de confession catholique. C’est l’arrivée des arpenteurs du Dominion, au cours de l’été suivant, qui est le point de départ de l’organisation de la résistance métisse au plan d’annexion du gouvernement canadien. À la tête de cette résistance se trouve le Métis Louis Riel.

Le gouvernement provisoire, établi par Louis Riel, négocie finalement l’entrée de la province du Manitoba dans la Confédération canadienne. Une Liste des droits est rédigée dont les articles de la dernière version seront repris, pour l’essentiel, dans l’Acte du Manitoba. De cette Liste des droits, retenons qu’elle comporte trois points importants : elle revendique le statut provincial pour le territoire concerné — ce dernier, qui deviendra la province du Manitoba ; en outre, elle demande des écoles séparées selon les confessions religieuses catholique et protestante ; enfin, elle réclame l’égalité du français et de l’anglais tant sur le plan institutionnel que scolaire. La province du Manitoba, qui voit le jour le 15 juillet 1870, est donc officiellement bilingue.

Les Métis subissent l’offensive de la minorité ontarienne venue de l’Est et désireuse de prendre possession des terres agricoles de la colonie, un jeune Orangiste, Thomas Scott, est fait prisonnier et est exécuté. Louis Riel, en tant que chef du gouvernement, sera tenu pour responsable de cet acte : recherché pour meurtre, il sera contraint à l’exil aux États-Unis et il ne reviendra sur le devant de la scène de l’histoire canadienne qu’en 1884 lors de la rébellion métisse en Saskatchewan. La province voisine du Manitoba.

Durant cette période, il est élu à trois reprises à la Chambre des communes du Canada, bien qu’il n’ait jamais pu occuper son siège. 

À l’été 1884, l’évêque Grandin présente au Premier ministre Macdonald les revendications des Métis : que les Territoires du Nord-Ouest, qui sont gouvernés par un conseil nommé par le gouvernement fédéral, deviennent une province avec un gouvernement doté de responsabilités complètes ; que les Métis reçoivent les titres de propriété intégrale de leurs terres ; qu’on arpente ces terres selon le système de partage des terres des Métis, qui divise le territoire en lots avec un accès à la rivière (il s’agit du système hérité du régime français : les fameux rangs) ; et que Louis Riel soit reconnu comme dirigeant en étant nommé au conseil territorial ou au Sénat canadien.

En décembre 1884, Louis Riel rédige une nouvelle liste de réclamations, qui suit les mêmes principes, mais sur un ton plus urgent. La réponse du gouvernement arrive en janvier 1885 : on ne négociera pas avec Riel. C’est la seconde rébellion.

À l’issue de celle-ci, Louis Riel sera pendu en 1885. Le Premier ministre de l’époque, John Macdonald, salua sa condamnation pour « trahison » en ces termes :

« Il (Riel) mourra même si tous les chiens du Québec aboient en sa faveur. »

Or voici qu’en la Journée Louis Riel, l’Assemblée législative du Manitoba annexe en anglais uniquement Louis Riel, partisan des droits des métis francophones et catholiques qui s’opposait à l’émigration d’orangistes spoliateurs, comme figure titulaire d’un monde  qui embrasse toutes les cultures. Louis Riel, figure tutélaire du Canada multiculturaliste ? Louis Riel qui ne lutta pas pour les droits de toutes les cultures à venir au Manitoba, mais pour que les métis autochtones puissent continuer à vivre comme avant... Ce Louis Riel historique-là ? Louis Riel qui aima tellement le nouveau Manitoba sous l'emprise britannique, ses arpenteurs, ses colons et son anglais imposés, qu'il s'en enfuit pour s'établir loin de ceux-ci en Saskatchewan avant de leur y livrer bataille à Batoche ?

Quant Louis Riel Day, cette journée de congé instaurée par la Province du Manitoba en 2008 a été placée sous le signe de l’esprit métis par la volonté d’écoliers manitobains qui avaient soumis le nom de Louis Riel. (11 écoles sur 114 écoles participantes.)

Selon l’hebdomadaire franco-manitobain, La Liberté, « les décideurs politiques ont très judicieusement choisi de respecter leur intuition. Peut-être parce qu’ils ont choisi de mettre leur confiance dans les voix de l’avenir ; sûrement parce que les milieux politiques savent fort bien que la pendaison pour haute trahison du chef métis en 1885 relevait de l’assassinat politique. »

L’ancien juge en chef de la Cour d’appel du Manitoba Alfred Monnin (1920-2013) n’hésitait pas à dire que le procès de Louis Riel représentait un moment sombre dans l’histoire judiciaire du Canada. Le scandale qui s’est joué au tribunal à Regina a engendré un scandale encore plus honteux, puisqu’il a légitimé la falsification de l’histoire. En effet les thuriféraires du Dominion du Canada, convaincus que les peuples autochtones étaient de toute façon voués à la disparition, se sont fait un devoir de dépeindre Louis Riel sous les traits d’un traître, doublé d’un illuminé. Pendant trop longtemps, des générations d’écoliers ont dû entendre ces mensonges.

L’instauration de la Journée Louis Riel a bien sûr contribué à faire réfléchir les Manitobains d’un certain âge prisonniers d’une fausse idée de l’homme qui a joué un rôle central dans la naissance du Manitoba. Pourtant, même si la valeur symbolique accordée au troisième lundi de février est énorme, surtout si l’on chausse les souliers des vieux Métis, la réhabilitation de Louis Riel n’est pas complète.

Paulette Duguay, la présidente de l’Union nationale métisse Saint — Joseph du Manitoba, le soulignait dans une lettre à La Liberté publiée dans l’édition du 18 au 24 novembre 2015. Il importe d’avoir à l’esprit que l’Union nationale métisse est de très loin la plus ancienne organisation métisse au Canada. Elle a été fondée dès 1887, pour rallier les Métis après la pendaison de leur chef. Depuis toujours, les membres de cette organisation entretiennent la volonté d’obtenir un jour la totale réhabilitation de celui qu’ils considèrent comme « l’un des Pères de la Confédération, un homme lésé, un défenseur de son peuple et un protecteur des droits des minorités au Canada ». (En 1992, le Parlement canadien a reconnu à l’unanimité Louis Riel comme le fondateur du Manitoba.)

Paulette Duguay a inscrit son plaidoyer en faveur de Louis Riel dans la perspective du 150e anniversaire de la Confédération après avoir rappelé qu’en 2013 les juges de la Cour suprême du Canada ont tenté, à leur manière, de rectifier le verdict de 1885 en déclarant que « le gouvernement fédéral n’avait pas donné une suite honorable aux promesses de terres faites aux Métis dans la Loi qui a créé le Manitoba ».

Voir aussi

22 janvier 1890 : le français aboli comme langue officielle et d’enseignement au Manitoba

Réécriture de l'histoire au Manitoba : Louis Riel le multiculturaliste

Comment Hollywood (Cecil B. DeMille) en 1940 voyait Louis Riel, les métis, la rébellion de 1885 et la prairie de la Saskatchewan...Après la rébellion de la rivière Rouge de 1869-70, nombre de Métis se déplacèrent du Manitoba vers la Saskatchewan pour fonder la colonie de Batoche. Mais des colons anglophones commencèrent à arriver d'Ontario, imposant — comme au Manitoba — la distribution des terres selon le système de concessions carrées « à l'anglaise » plutôt que d'après le système seigneurial de la Nouvelle-France de bandes perpendiculaires à la rivière (les rangs) que les Métis avaient hérité de leurs ancêtres canadiens français.

« Unir plutôt que diviser » ou comment imposer un monopole en jouant sur les sentiments

samedi 30 octobre 2021

Discours woke dans un feuilleton métissé très regardé de la chaîne privée TF1

Extrait d’un épisode de Demain nous appartient (DNA). Il s’agit d’un feuilleton télévisé français produit par Telfrance et Telsete et créé par Frédéric Chansel, Laure de Colbert, Nicolas Durand-Zouky, Éline Le Fur, Fabienne Lesieur et Jean-Marc Taba. Il est diffusé quotidiennement du lundi au vendredi depuis le 17 juillet 2017 en France sur TF1. Il est également diffusé en Belgique (sur La Une) ainsi qu’en Suisse romande sur RTS Un. Au Québec, il a été diffusé du 27 août 2018 à février 2019 sur Séries+. Le feuilleton est désormais diffusé sur TV 5 en Amérique du Nord. Le 26 août 2021, Demain nous appartient a atteint la barre du millième épisode.

Le record de part de marché de cette saison date du 30 juin 2021, il s’établit à 23,2 %, soit 2 970 000 téléspectateurs.

L’histoire tourne autour des habitants de la ville de Sète (Hérault), en France, au bord de la mer Méditerranée et de l’étang de Thau. Leur vie est rythmée par les rivalités familiales, romances et scènes de la vie quotidienne, parfois comiques, mais aussi par des intrigues mêlant enquêtes policières, secrets et trahisons. Le feuilleton reprendrait des thématiques sociétales actuelles, comme les violences conjugales, la mère adolescente, la communauté LGBT+ ou encore les familles recomposées.

 

En réalité, le programme du collège et du lycée en France aborde déjà des personnalités et civilisations non occidentales : civilisations égyptienne, sud-américaine, indiennes, chinoises, arabes....


samedi 24 juillet 2021

Co-fondateur de Wikipédia : je ne fais plus confiance au site que j'ai créé

Si vous êtes jamais allé sur Internet, il est fort probable que vous ayez déjà consulté Wikipédia. C’est le cinquième plus grand site Web au monde, attirant près de 6,1 milliards de lecteurs par mois et sert d’aide-mémoire pour presque tous les sujets dans le monde. L’influence de l’encyclopédie en ligne est si grande qu’elle est le plus grand et « le plus lu ouvrage de référence de l’histoire », avec pas moins de 56 millions d’éditions.

Mais la vérité sur ce fournisseur d’informations censément neutres est un peu plus complexe. Historiquement, Wikipédia a été écrit et surveillé par une communauté de bénévoles qui collaboraient et arbitraient les conflits entre des présentations concurrentes soumises par des rédacteurs, eux aussi bénévoles.

Cet arbitrage entre les idées, cette bataille d’idées selon le cofondateur de Wikipédia Larry Sanger, qui avaient lieu sur la plate-forme Wikipédia a constitué un élément crucial dans la promesse de neutralité de l’encyclopédie. Selon Sanger, cet engagement de neutralité a été abandonné après 2009. Dans les années qui ont suivi, sur des questions allant de la Covid à Joe Biden, elle est devenue de plus en plus partisane, épousant principalement un point de vue politiquement correct qui confine de plus en plus à la « propagande ». C’est, dit Sanger, la raison pour laquelle il a quitté l’organisation Wikipédia en 2007, le décrivant comme « irréparable ».


La traduction automatique est disponible (lancez la vidéo, appuyez sur la molette en bas à droite de la vidéo, puis Sous-titres, puis Traduire automatiquement et enfin choisir français).

Sur le parti pris de gauche de Wikipédia :

Il est impossible de citer le Daily Mail [journal populaire de droite]. Vous ne pouvez pas non plus citer Fox News sur des questions sociopolitiques. C’est interdit. Alors qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie que, si une controverse n’est pas reprise par les grands médias de centre-gauche, elle n’apparaîtra pas plus sur Wikipédia.

LARRY SANGER

Sur la Covid :

Si vous regardez les articles de Wikipédia, vous pouvez simplement voir comment ils répètent simplement le point de vue du Conseil économique mondial, du Forum économique mondial, de l’Organisation mondiale de la santé, du CDC et de divers autres porte-parole de l’ordre établi comme Fauci — les articles de Wikipédia emboîtent le pas de ces sources autorisées… On fait respecter au niveau mondial un certain point de vue, ce qui est étonnant pour moi, étonnant pour un libertaire ou un conservateur épris de liberté.

LARRY SANGER

Dans quels autres domaines que la politique. cette vision de l’ordre établi se manifeste-t-elle ?

La médecine orientale est essentiellement appelée charlatanisme de manière dédaigneuse, assez critique, etc. C’est fait, apparemment sans aucun scrupule. Ensuite, en ce qui concerne le christianisme, l’angle adopté sur le christianisme est libéral et on le trouverait dans les principales confessions protestantes et le catholicisme libéral par opposition au point de vue de type fondamentaliste qui croit en la Bible.

LARRY SANGER

Comment les entrées Wikipédia sont-elles déformées :

Il existe des sociétés comme Wiki PR, où des rédacteurs et des éditeurs rémunérés se connectent à Wikipédia et en modifient les articles. Il existe peut-être un moyen de faire fonctionner un tel système, mais pas si on ne connaît pas le nom de ces personnes payées n — elles sont en fait censées s’identifier par leur nom et déclarer « nous représentons cette entreprise » s’ils sont officiellement enregistrés auprès d’une sorte de société qui rédige des articles sur Wikipédia. Mais ils ne sont pas forcés de le faire.

LARRY SANGER

Pourquoi cela se produit-il ?

Parce qu’il y a beaucoup d’influence. Wikipédia est maintenant connu de tous pour avoir beaucoup d’influence dans le monde. Il on assiste donc à un jeu très important, sale et complexe qui se joue dans les coulisses pour faire dire à l’article ce que quelqu’un veut qu’il dise.

LARRY SANGER

Sur le rachat par la Big Tech

Nous avons fait confiance à des médias comme Facebook, Twitter et YouTube avec nos données, et leur avons essentiellement permis de conquérir le monde des médias. C’est notre liberté et notre vie privée que nous leur avons confiées et qu’ils ne pourraient, en gros, pas nous faire taire. Mais ils nous ont, en substance, poignardés dans le dos.

LARRY SANGER

Pourquoi la neutralité est-elle importante ?

On a besoin des outils pour réfléchir à un problème… Lorsque nous essayons d’obtenir des informations de base pour comprendre un sujet, nous ne voulons pas nous laisser guider par le nez, n’est-ce pas ? Nous sommes des individus libres qui veulent nous faire notre propre opinion.

LARRY SANGER

Détruire l’autonomie intellectuelle pour assurer l’avènement de l’utopie progressiste ?

Exemples d’articles partiaux de Wikipédia relevé par Larry Sanger. L’analyse est du cofondateur de Wikipédia.

Les scandales autour de Biden et de sa famille

Le président Biden a fait face à deux scandales potentiellement dévastateurs qui ont éclaté lors des élections de 2020. Il a facilement échappé à ces scandales. L’un concernait l’Ukraine et l’autre les relations commerciales louches que Hunter et son père auraient eues avec une société contrôlée par le gouvernement chinois. La question qui divisait les républicains et les démocrates ici, évidemment, était la suivante : y avait-il des preuves d’actes répréhensibles ? Tous les républicains au niveau national ne pensaient pas que les scandales valaient la peine d’être évoqués, mais certains l’ont certainement fait et une grande partie de la base républicaine en a parlé. Les démocrates, quant à eux, ont essentiellement serré les rangs, ont refusé d’évoquer ces scandales potentiels et refuser de discuter des problèmes soulevés. Lorsqu’ils l’ont fait, ils ont généralement simplement tout nié en bloc.

Un traitement neutre de ces nombreuses accusations déroutantes ne devrait pas laisser l’impression que Biden était coupable de quoi que ce soit. Mais cela ne le disculperait pas non plus de toutes les charges portées contre lui. Au contraire, un traitement impartial présenterait suffisamment de détails quant aux les accusations et aux prétendues preuves en ne laissant rien d’important de côté ; puis il présenterait en détail comment Biden a été défendu par les démocrates et ses alliés. C’est le moins qu’on puisse s’attendre à trouver dans un traitement neutre sur des scandales. Est-ce là ce qu’on lit sur Wikipédia ?

Le scandale de la famille Biden en Ukraine

Pas du tout. On peut consulter quelques articles pertinents, d’abord sur le scandale ukrainien. Dans la section « Campagne électorale » de l’article de Wikipédia sur Biden, il y a deux paragraphes expliquant les allégations (les notes de bas de page et les liens ont été supprimés de cette citation) :

En septembre 2019, on a signalé que Trump avait fait pression sur le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour qu’il enquête sur les actes répréhensibles présumés de Biden et de son fils Hunter Biden. Malgré ces allégations, en septembre 2019, aucune preuve n’avait été produite d’actes répréhensibles de la part des Biden. Les médias ont largement interprété cette pression pour enquêter sur les Biden comme une tentative de nuire aux chances de Biden de remporter la présidence, entraînant un scandale politique et la destitution de Trump par la Chambre des représentants.

À partir de 2019, Trump et ses alliés ont faussement accusé Biden d’avoir fait limoger le procureur général ukrainien Viktor Chokine parce qu’il était censé mener une enquête sur Burisma Holdings, qui employait Hunter Biden. Biden a été accusé d’avoir retenu 1 milliard de dollars d’aide à l’Ukraine dans cet effort. En 2015, Biden a fait pression sur le parlement ukrainien pour retirer Chokine parce que les États-Unis, l’Union européenne et d’autres organisations internationales considéraient Chokine comme corrompu et inefficace, et en particulier parce que Chokine n’enquêtait pas avec assurance sur Burisma. La retenue de l’aide d’un milliard de dollars faisait partie de cette politique officielle.

Il s’agit, bien sûr et de façon patente, de blanchir unilatéralement Biden sur toute la ligne. Ces paragraphes dédaigneux ne permettent pas de comprendre les accusations portées contre Biden ; on y mentionne la suspension de l’aide par Biden, mais le contexte et les explications essentielles à l’affaire sont omis.

Quiconque connaît passablement le dossier sait que les accusations vont bien au-delà de ce qui est décrit par Wikipédia. Il n’y a rien ici sur le fait que la société ukrainienne de gaz naturel Burisma a payé au fils de Joe Biden, Hunter, environ 600 000 $ par an de 2014 à 2019 pour siéger au conseil d’administration, alors que celui-ci n’avait aucune expérience dans l’industrie, mais bénéficier uniquement d’être le fils du vice-président des États-Unis. Wikipédia a même la témérité d’affirmer que « Trump et ses alliés ont faussement accusé Biden d’avoir fait limoger le procureur général ukrainien Viktor Chokine, parce qu’il aurait censément mené une enquête sur Burisma Holdings, qui employait Hunter Biden ». Bien que la raison pour laquelle Biden a demandé le renvoi de Chokine ait été contestée, on ne peut nier que Biden ait exigé ce limogeage. C’est, en effet, Joe Biden lui-même qui l’a révélé — avec force fanfaronnades et rires — dans une vidéo célèbre d’une interview devant le Council on Foreign Relations. La vidéo, bien sûr, n’est pas tellement mentionnée par Wikipédia. Il n’y a pas non plus de mention à l’ordinateur portable de Hunter Biden qui avait défrayé la chronique et des preuves accablantes qu’il contient. 

Wikipédia a bien un article entier intitulé — et le titre en annonce le parti pris flagrant — « Théorie du complot Biden-Ukraine ». Il commence ainsi :

La théorie du complot Biden-Ukraine [en gras dans l’original] est une série d’affirmations non prouvées centrées sur la fausse allégation selon laquelle, alors que Joe Biden était vice-président des États-Unis, il s’est livré à des activités de corruption liées à l’emploi de son fils, Hunter Biden, embauché par de la compagnie gazière ukrainienne Burisma.

Il y a, bien sûr, un grand nombre de personnes qui pensent que les affirmations ne sont pas « fausses » et qu’ils ne s’agit pas d’une simple « théorie du complot ». Leur point de vue n’est pas présenté, mais rejeté d’emblée. L’article sombre à partir de là pour virer au règlement de comptes Trump, Rudy Giuliani et le New York Post, sans jamais vraiment exposer en détail les allégations contre les Biden. Wikipédia propose quelques détails supplémentaires dans une section de l’article de Hunter Biden — un point positif — mais là encore l’article se lit comme un mémoire tendancieux écrit par les propres avocats de la famille Biden. 

 

La famille Biden (Hunter et Joe en bout de table) en Chine

Les affaires chinoises de la famille Biden

À ce stade, les défenseurs de Wikipédia pourraient bien se rabattre sur leur idée que seules les « sources fiables » devraient et sont autorisées, et, fort à propos, aucune source fiable ne s’est penchée longuement sur la vidéo où Biden se vante du limogeage ou à l’ordinateur portable du fils Hunter mentionnés ci-dessus. 

« Ah !, pourriez-vous faire remarquer, mais on en parla beaucoup pendant un certain temps. Et Wikipédia a décidé, après examen, qu’il y avait une absence de source fiable. Et alors ? » La raison en est que les sources qui fournissent une couverture grand public des points de vue conservateurs, notamment Fox News, The New York Post et le Daily Mail (Royaume-Uni), ainsi que pratiquement toutes les nouvelles sources médiatiques conservatrices, qui sont aujourd’hui les seuls médias qui font des reportages sur de nombreuses sujets importants (mais peu politiquement corrects) ont tous été ajoutés à une liste de sources « déconseillées » quand elles traitent de l’actualité politique. Il ne s’agit pas d’une plaisanterie ni d’une exagération. Les sources favorables aux républicains, y compris les plus courantes, ne peuvent tout simplement pas être utilisées sur Wikipédia, même pas pour expliquer un point de vue républicain. [Larry Sanger en discute en détail dans la dernière section de cet article.]

Le scandale chinois de Biden est similaire. Il est traité de la même manière dans Wikipédia que celui sur l’Ukraine. Dans ce cas-ci, Hunter était directeur d’une coentreprise alliant une société américaine, Rosemont Seneca, dont Hunter était un partenaire, et Bohai Capital, une société d’investissements contrôlée par le gouvernement chinois. La coentreprise s’appelait BHR. Selon le témoignage explosif de Tony Bobulinski, un conseiller chevronné et partenaire d’affaires engagé par les Biden pour la gestion de certaines opérations en Chine, Hunter s’est arrangé pour que Jonathan Li, le PDG de Bohai Capital, « serre la main » de son père. Joe Biden était, selon Bobulinski, directement impliqué dans les transactions.  Le désormais président Joe Biden a toujours nié avoir quoi que ce soit à voir avec les négociations commerciales de son fils.

Interdire Fox News (ainsi que le Daily Mail et le New York Post) en tant que source relève du bon sens, prétend Wikipédia.
 

Outre l’entretien de Bobulinski, de nombreuses preuves provenant de l’ordinateur portable de Hunter Biden mentionné ci-dessus étayent ces accusations. Notamment un courriel qui indique que les frères Hunter et Jim Biden, ainsi que « le grand gars » — Bobulinski l’a identifié comme le désormais président Joe Biden — se verraient chacun attribuer des actions dans une entreprise commerciale avec le géant chinois de l’énergie CEFC.

Est-ce qu’on retrouve certaines de ces informations sur le scandale chinois de Biden, même manipulées et tendancieuses, dans l’article de Wikipédia sur Joe Biden ? Non. Au moment d’écrire ces lignes, cet article ne contient pas un seul mot sur les accords chinois, Rosemont Seneca, Tony Bobulinski, l’ordinateur portable ou le CEFC. « Mais, diriez-vous, ne peut-on trouver des informations ailleurs sur Wikipédia à ce sujet ? » Oui, un peu. La majeure partie se trouve à nouveau dans l’article sur Hunter Biden qui dresse un portrait aussi élogieux que possible de Hunter, malheureuse victime des « fausses accusations » de Trump (ces mots précis et méprisants sont bien utilisés dans l’article Wikipédia).

Encore une fois, l’histoire est bien plus complexe que l’article de Wikipédia ne le fait croire. Le fait est que les scandales liés aux Biden divisent profondément le peuple américain. Une ressource idéologiquement neutre expliquerait les arguments et accusations de chaque camp de manière complète et équitable. Elle laisserait au lecteur le soin de se faire sa propre opinion. Est-ce ce que fait Wikipédia ? Non. Wikipédia est clairement partial. Vous pourriez sans doute soutenir que c’est le seul côté légitime ; mais c’est aussi ce que les idéologues disent le plus souvent de leurs opinions. Ce que vous ne sauriez affirmer sérieusement c’est que le traitement par Wikipédia des scandales liés à Biden est neutre. Wikipédia prend grossièrement parti.

Voir aussi

Article de Larry Sanger sur la partialité croissante de Wikipédia avec exemples (en anglais)

Joe Biden — pour que les enfants de 8 ans puissent décider d’être transgenres

Biden signe décret qui permet aux étudiants nés hommes de concourir chez les femmes s’ils se sentent femmes

 

Biden se vante d’avoir été arrêté pour intrusion illégale dans le Capitole à 21 ans

Capitole, la police prête à coopérer pacifiquement ? « Restez pacifiques et calmes » (vidéo) 

 

Joe Biden en colère quand on l’interroge sur ses conflits d’intérêts

Éric Zemmour : « Quand Joe Biden et le pape François jouent contre les évêques américains »

Cabinet de Joe Biden regorge de catholiques en rupture avec l’enseignement catholique sur des questions fondamentales 


La Grande Purge : Rumble poursuit Google/YouTube, Telegram gagne 25 millions d’abonnés en 3 jours, GoDaddy (partenaire d’Amazon) ferme site, Parler hors ligne (sans hébergeur) poursuit Amazon 

Le cas de Bret Weinstein (PhD en biologie, ancien professeur d'Evergreen college) et de l'article qui lui est consacré sur Wikipédia

vendredi 25 juin 2021

Sondage envers la diversité ethnique : les diversitaires voient plus de racisme que les minorités ethniques

Le Canada est-il raciste ? Angus Reid, en collaboration avec l’Université de la Colombie-Britannique, a mené un sondage en ligne du 11 au 17 mai 2021 auprès d’un échantillon aléatoire représentatif de 1 984 adultes canadiens pour en savoir plus. 


Les Amérindiens et les minorités visibles les plus enclins à croire qu’il existe des races supérieures

Seuls 11 % des personnes interrogées qui se sont identifiées comme étant de race blanche ont déclaré que certaines races étaient « naturellement supérieures », contre 89 % qui ont déclaré que toutes les races étaient égales.

Parmi les répondants autochtones, 13 % pensent que certaines races étaient supérieures alors que ce nombre grimpe à 18 % parmi ceux identifiés comme des minorités visibles.

34 % des Canadiens pensent que le Canada est raciste

Sur la question de savoir si le Canada est un pays raciste, 34 % des Canadiens étaient d’accord avec cette affirmation. Cela se répartit en 36 % des répondants autochtones, 32 % des répondants caucasiens et 42 % des minorités visibles.

Parmi les partisans des partis politiques, les électeurs néo-démocrates étaient les plus susceptibles de dire que le Canada est raciste à 55 %, suivis des électeurs verts à 54 %, des libéraux à 38 %, des conservateurs à 18 %. Les électeurs du Bloc québécois ferment la marche: seuls 13 % d’entre eux pensent que le Canada est raciste.

Les Saskatchewanais étaient les plus susceptibles de considérer le Canada comme un pays raciste à 44 %, suivis de l’Ontario et de la Colombie-Britannique à 40 %, tandis que les Québécois étaient les moins susceptibles de considérer le pays comme raciste à 24 %.


Les diversitaires voient plus de racisme que les minorités ethniques

Le sondage a également réparti les participants dans l’un des quatre groupes sur la question de la diversité ethnique : opposés, prudents, consentants et enthousiastes.


Ce qui est intéressant, c’est que les enthousiastes (les diversitaires convaincus) voient nettement plus de racisme au Canada que les minorités visibles qui y habitent.

Interrogés sur le racisme envers les minorités visibles par la police, 37 % de ceux qui se disent faire partie d’une minorité visible ont déclaré que la police avait des préjugés injustes ou était raciste à leur égard, alors que 83 % des diversitaires enthousiastes pensent que la police est raciste.

37 % des Québécois peu chaleureux envers les musulmans

Dans le cadre de cette étude approfondie — dans les semaines qui ont précédé la tragédie de London — l’Institut Angus Reid a demandé aux Canadiens ce qu’ils ressentaient envers les personnes qui composent certaines des minorités les plus visibles de ce pays. Interrogés pour savoir s’ils se sentaient « chaleureux » ou « froids » envers les Canadiens noirs, chinois ou asiatiques, sud-asiatiques ou musulmans, la majorité exprime de la sympathie envers chacun de ces groupes. Il est toutefois significatif qu’au moins un répondant sur quatre (25 %) déclare être « plus froid que chaud » ou « froid » envers les Canadiens musulmans. C’est le groupe qui attire le moins de sympathie.

Les plus enclins à se sentir ainsi sont les hommes de plus de 55 ans (42 %) et les répondants vivant au Québec (37 %). En effet, une bonne moitié des anciens électeurs du Bloc québécois (51 %) et une quasi-pluralité d’électeurs du PCC aux dernières élections fédérales (38 %) expriment également ce sentiment.


 

Les quatre attitudes vis-à-vis de la diversité

Enthousiastes

  • La moitié des femmes de 18 à 34 ans sont des militantes ;
  • Proportion la plus élevée se trouve en Ontario (28 %), au Canada atlantique (27 %) et en Colombie-Britannique (26 %), la plus basse au Québec (20 %) ;
  • Les trois quarts disent que le Canada est un pays raciste ;
  • La moitié (47 %) disent qu’ils entendent souvent les autres faire des commentaires racistes ;
  • Unanime (99 %) que la diversité fait du Canada un meilleur pays ;
  • Seuls 4 % des électeurs du BQ en 2019 font partie de ce groupe, 51 % pour les électeurs du NDP, 34 % pour le PLC et 5 % pour le PCC. 
  • Les autochtones sont les moins enthousiastes (18 %), suivis des blancs (24 %) alors que les minorités visibles sont les emballées (31 %).

Consentants

  •  Les femmes des groupes d’âge de 35 à 54 ans et de 55 ans et plus se retrouvent le plus souvent dans ce groupe ;
  • Proportion la plus élevée également observée en Ontario, au Canada atlantique et en Colombie-Britannique — 29 % pour ces trois régions, 26 % au Québec ;
  • Un électeur libéral sur trois en 2019 (33 %) est d’accord, tout comme 28 % des anciens néo-démocrates, 24 % des électeurs du BQ et 17 % du PCC ;
  • 86 % déclarent que les personnes qui ne voient pas la discrimination raciale là où elle existe constituent un problème plus grave que les personnes qui la perçoivent dans des domaines où elle n’existe pas.

Prudents

  • Les hommes dans les groupes d’âge de 35 à 54 ans et de 55 ans et plus se trouvent le plus souvent dans ce groupe ;
  • L’Alberta (28 %), le Manitoba (27 %) et le Québec (27 %) détiennent la plus forte proportion de genre de cette inclination ;
  • Un électeur du Bloc québécois sur trois est prudent, tout comme 29 % des électeurs conservateurs ;
  • La moitié (55 %) déclarent que les perceptions de la discrimination raciale là où elle n’existe pas vraiment est un problème plus important que les personnes qui ne la voient pas ;
  • Un sur cinq (20 %) préférerait avoir des voisins de la même race.

Opposés

  • Les hommes sont deux fois plus susceptibles d’appartenir à ce groupe (34 %) que les femmes (17 %) ;
  • Deux hommes sur cinq âgés de 55 ans et plus font partie de ce groupe ;
  • Proportion la plus élevée trouvée en Saskatchewan (38 %), suivie de l’Alberta (32 %) et du Québec (28 %) ;
  • La moitié des électeurs du PCC (48 %) sont des détracteurs de la diversité ethnique, alors que c’est le cas de 39 % des électeurs du Bloc québécois en 2019 ;
  • Presque à l’unanimité (94 %) considère pour dire que le Canada n’est pas un pays raciste ;
  • Plus de deux sur cinq (44 %) contestent que la diversité ethnique fait du Canada un meilleur pays ;
  • Un tiers (34 %) a l’impression d’être traité comme un étranger dans son propre pays ;
  • Les autochtones sont les plus rétifs à la diversité ethnique (31 %), suivis des blancs (26 %) alors que les minorités visibles sont les moins opposées (seuls 20 % y sont opposés).

jeudi 8 avril 2021

Progressisme, diversité... quelle idéologie derrière Netflix ?

Si la célèbre plateforme de vidéos à la demande par abonnement se dit soucieuse de montrer le monde tel qu'il est, dans toute sa diversité, le catalogue Netflix semble pourtant particulièrement orienté.

La série Pose sur Netflix est une plongée dans le New York des années 80, elle raconte les multiples discriminations subies par des travailleuses du sexe, transsexuelles et noires essayant tant bien que mal de s'intégrer dans cette «société hétéronormative et cisgenre», dixit Konbini.

Le temps des barricades révolu, le feu de la révolte se répand désormais à coups de mots-croisillons (mots dièses/hashtags). Sur Twitter, on énonce, on dénonce, on appelle au boycott aussi. Et cette année-là, en 2018, les conservateurs américains prirent Netflix en grippe avec le mot-dièse : #boycottNetflix, une façon d'exprimer leur indignation face au virage bleu (la couleur des démocrates aux États-Unis) qu'a selon eux enclenché la marque au logo rouge, ces dernières années. Dans leur viseur : les sympathies affichées par le PDG fondateur, Reed Hastings, à l'égard du parti démocrate, des prises de position contre Donald Trump, la levée de fonds de Ted Sarandos, le directeur des contenus de l'entreprise, pour Barack Obama lors de sa deuxième campagne électorale, un juteux contrat signé avec les Obama pour développer une série de contenus autour du couple, et l'arrivée au conseil de direction d'une ancienne conseillère de l'ex-locataire de la Maison Blanche. La goutte d'eau pour la droite conservatrice. Sur les réseaux sociaux, elle interpelle les dirigeants de la plateforme de vidéos en ligne ; les tweets indignés pleuvent par dizaines de milliers dans l'espoir de voir des internautes renoncer à leur abonnement... avec le succès que l'on connaît. L'insolente réussite de Netflix se poursuit, au point que les chiffres de l'année 2020 sont si impressionnants qu'ils ne nous disent rien. Pour paraphraser l'espion OSS 117 dans le film de Michel Hazanavicius, vous voyez ce que ça fait 204 millions d'abonnés dans le monde (+37 millions en un an), 6,6 milliards de dollars de chiffre d'affaires et 542 millions de dollars de bénéfice ?  [Il faut se méfier pourtant des chiffres d'audience que Netflix publie... et 2020 est une année exceptionnelle sans la concurrence des cinémas et les confinements qui ont enfermé tant de gens.]

Racisme systémique, destruction du patriarcat et féminisme intersectionnel

Par-delà cette série d'événements, le contenu des productions ulcère une frange plutôt conservatrice de la population. Les séries et les films valoriseraient avec une bienveillance doucereuse les concepts en vogue au sein d'une partie de la gauche, comme le féminisme intersectionnel ou le «racisme systémique», ou s'emploieraient à «détruire le patriarcat». C'est le cas du film «Moxie», l'histoire d'une ado timide de 16 ans qui publie une revue anonyme dénonçant le sexisme dans son établissement scolaire, dont les réseaux sociaux de l'entreprise ont fait la promotion début février. Faut-il y voir le fantasme de réactionnaires zélés qui verraient du «gauchisme partout» ou alors, le monde selon Netflix est-il vraiment empreint de progressisme ? Une chose est sûre, les adeptes de fictions aux thématiques ouvertement progressistes en ont pour leur argent, et les médias ne s'y trompent pas.

Le magazine féminin belge L'Officiel a listé «six séries pour s'éduquer/lutter contre le racisme systémique», le défunt site Buzzfeed a noté «16 séries à regarder sur Netflix quand vous en avez marre du patriarcat» et Konbini a recensé «dix séries pour comprendre le racisme systémique» (actant ainsi l'idée selon laquelle il existerait un racisme inhérent à notre société) - parmi lesquelles «Pose», série qui coche toutes les cases de l'idéologie dominante au sein de l'aile gauche du parti démocrate américain. Elle se déroule dans le New York des années 1980 et raconte les multiples discriminations subies par des travailleuses du sexe, transsexuelles et noires essayant tant bien que mal de s'intégrer dans cette «société hétéronormative et cisgenre», dixit Konbini, qui en tire cette conclusion: «Pose nous dit une chose primordiale : black trans lives matter». Une fois la série visionnée, l'algorithme dirige d'ailleurs le spectateur vers d'autres productions similaires, à l'image d'un documentaire-enquête sur les «identités trans», ou la série «Dear white people». Le synopsis: Samantha White, une étudiante afro-américaine profite de son temps de parole dans une émission de radio de son campus pour s'en prendre aux comportements racistes dans son établissement où ses camarades s'adonnent au «blackface» (le fait de se grimer en noir), s'attirant ainsi la haine et la rancœur des blancs. On voudrait donner du grain à moudre aux pourfendeurs de Netflix qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

L'identité, préoccupation occidentale numéro un

Concernant les productions «original Netflix» (les productions maison), la balance entre progressisme et «anti-progressisme» est loin d'être parfaitement étalonnée, celle-ci a tendance à pencher du premier côté avec le risque pour ses dirigeants de voir le plateau mal calibré leur sauter au visage. Évidemment, ces exemples ne suffisent pas à dépeindre l'intégralité du catalogue proposé. On trouve de tout sur Netflix y compris des longs métrages accusés de faire la part belle aux idées plus traditionnelles, à condition de mettre la main dessus. «Une ode américaine», le dernier film de Ron Howard, retrace par exemple le destin des invisibles, les oubliés de l'Amérique périphérique. Pour les séries, il faut chercher du côté des fictions israéliennes, à l'image d'Homeland, qui se sont imposées dans le monde entier. La clé de leur succès: elles abordent le retour du religieux et la question de l'identité devenue lancinante dans toutes les sociétés occidentales dont Pascal Bruckner ou Alain Finkielkraut font régulièrement écho dans leurs ouvrages. En 2014, Mekimi relatait l'histoire d'une jeune femme de gauche, de Tel Aviv, présentatrice télé brillante d'une émission idiote, qui quitte cette vie face caméra pour mener une vie de juive orthodoxe avec l'homme qu'elle aime. L'année passée, en 2020, Unorthodox racontait l'émancipation et la fuite à Berlin d'une jeune Juive ultraorthodoxe américaine. Plus récemment, Les Shtisel a connu un engouement indéniable. Le speech de la troisième saison ne paye pas de mine: une grossesse cachée, un mariage blanc, et un amour contrarié. Des péripéties dignes de n'importe quel feuilleton à l'eau de rose, mais sa force repose sur le fait qu'elle évoque le quotidien du milieu juif ultraorthodoxe.

Polarisation des esprits

Doit-en conclure qu'un consommateur assidu de contenus Netflix se transformera en électeur de Benoît Hamon et collera des affiches d'Alexandria Ocasio-Cortez, l'élue démocrate au Congrès américain et icône de la gauche dans sa chambre ? Non. La raison tient en une expression: l'apprentissage automatique, une technologie d'intelligence artificielle au nom barbare qui analyse de façon très poussée le comportement de l'utilisateur. L'algorithme l'incitera à regarder telle ou telle vidéo en changeant la vignette de présentation par exemple avec une image d'une scène spécifique, et lui proposera à celui qui ne cherche pas des contenus progressistes d'autres vidéos plus proches de ses valeurs, de sa conception du monde, à la manière de Facebook et sa bulle d'algorithmes qui laisse penser qu'une majorité d'êtres humains sur la planète partagent les mêmes opinions que vous. Chacun conforte ainsi ses propres positions. Dans son livre, Jérôme Fourquet pointait très justement du doigt notre société en voie d'«archipélisation». Nous y sommes, et Netflix n'y est pas étranger.

Source : Le Figaro

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lundi 5 avril 2021

Trudeau accusé de «tendance anti-chrétienne» après avoir omis de nommer «Pâques» dans son message

Justin Trudeau a été la cible de critiques sur les réseaux sociaux après qu’il a désigné le congé de Pâques tout simplement par une « longue fin de semaine » sans mentionner par son nom la célébration la plus importante pour les chrétiens.

En ce congé pascal terni par le Covid-19, le Premier ministre canadien a suscité la polémique après avoir omis de mentionner l’événement religieux dans son adresse sur son compte Twitter :

« C’est le début d’une longue fin de semaine, et je sais que, pour bien des gens, c’est une occasion de passer du temps en famille. Mais en raison de la hausse du nombre de cas de COVID-19 partout au pays, on va devoir faire les choses différemment encore cette année », a-t-il gazouillé, avant de conclure que les célébrations de l’année prochaine seraient « plus joyeuses ».

Deux jours plus tard, le 4 avril, après avoir essuyé de nombreuses critiques, Trudeau a mentionné Pâques :

L’année passée Justin Trudeau n’avait pas hésité à présenter ses vœux lors du ramadan dès le début de cette période importante pour les musulmans.

Ainsi que la fin du ramadan :

De même pour les sikhs :


Ou les Juifs:



jeudi 22 octobre 2020

Extraits de La Grande Déraison; Race, genre, identité de Douglas Murray

« La politique de l’identité » est-elle en train de combler le vide laissé par l’effondrement des grands récits dans les sociétés postmodernes ? C’est la thèse que défend Douglas Murray dans son livre La Grande Déraison (Éditions L’Artilleur).

L’obsession des « minorités intersectionnelles » pour la « race », le « genre » et l’« identité » lui paraît potentiellement destructrice pour les sociétés occidentales. « On dresse les gays contre les hétéros, les Noirs contre les Blancs, les femmes contre les hommes », déplore le journaliste et essayiste britannique. C’est en Occident que la situation des minorités est la plus enviable au monde, rappelle-t-il, et c’est paradoxalement la victoire des grandes causes égalitaires qui, selon lui, provoque une surenchère de revendications aussi contradictoires que dangereuses. 

Douglas Murray est un homosexuel revendiqué de l'école libérale classique. 

Succès de librairie en Angleterre, La Grande Déraison paraît en français ce jeudi. En voici quelques extraits:

NAISSANCE D’UNE NOUVELLE IDÉOLOGIE

Nous vivons une époque de grande déraison collective. En public comme en privé, sur internet, dans la vie en général, le comportement des gens est de plus en plus irrationnel, fébrile, grégaire et tout simplement désagréable. On en voit les effets, omniprésents dans l’actualité. Mais bien que nous en observions partout les symptômes, les racines de ce phénomène nous échappent encore. L’origine même de cette situation est rarement reconnue. […] Elle tient au simple fait que nous avons traversé une période de plus d’un quart de siècle au cours de laquelle tous nos grands récits se sont effondrés. Un à un, ils ont été récusés, devenus trop impopulaires pour être défendus ou impossibles à conserver. […] Il était inévitable qu’un nouveau discours vienne occuper le terrain ainsi déserté. Les citoyens des prospères démocraties occidentales actuelles ne pouvaient être les premiers dans l’histoire du monde à ne disposer d’aucune explication sur l’aventure humaine, ni d’aucune vision globale capable de donner un sens à leur existence. 

La réponse qui s’est imposée ces dernières années consiste à s’engager dans de nouvelles batailles, des campagnes toujours plus féroces et des exigences de créneaux qui se multiplient sans cesse ; à dégager du sens en livrant une guerre sans relâche à quiconque semble apporter la mauvaise réponse. Ces guerres sont conduites de façon systématique et inspirées par une visée directrice. Elles obéissent à une stratégie d’ensemble, dont l’objectif est grandiose. Cet objectif – inconscient pour certains, réfléchi chez d’autres – consiste à instaurer dans nos sociétés une nouvelle métaphysique, ou si l’on veut une nouvelle religion. L’attraction qu’exerce cette nouvelle vision du monde est désormais flagrante. On ne voit pas très bien comment une génération qui ne peut accumuler de capital éprouverait une grande passion pour le capitalisme. À l’inverse, il n’est guère difficile de saisir pourquoi une génération convaincue qu’elle ne sera peut-être jamais propriétaire de son logement éprouve une forte attirance pour un système d’opinions qui promet de résoudre toutes les injustices, non seulement celles que subissent ses partisans, mais à l’échelle de la planète. L’interprétation du monde au prisme de la « justice sociale » de la « politique des identités » et de « l’intersectionnalité» est probablement l’effort le plus audacieux et le plus exhaustif, depuis la fin de la guerre froide, pour bâtir une nouvelle idéologie.

OÙ MÈNE LA « POLITIQUE DES IDENTITÉS »

Le concept d’« intersectionnalité » nous invite à passer le reste de notre vie à tenter de résoudre toutes les revendications identitaires et victimaires, les nôtres et celles d’autrui, puis à réviser notre organisation sociale en fonction d’un système compensatoire dicté par la hiérarchie, sans cesse mouvante, que nous découvrirons. Un tel système n’est pas seulement inapplicable, il a en outre pour conséquence de nous rendre fou car il formule des exigences impossibles et nous assigne des buts inatteignables. Aujourd’hui, «l’intersectionnalité» a migré hors des départements de sciences humaines où elle avait pris naissance. Elle est désormais prise au sérieux par une génération de jeunes gens et s’est infiltrée dans les législations sur l’embauche (notamment par le biais des «engagements en faveur de la diversité ») dans l’ensemble des grandes entreprises et des administrations. Une nouvelle dialectique a été mise sur pied pour forcer les citoyens à adopter ces convictions.

Et elles ont été intégrées à une vitesse stupéfiante. Comme l’a souligné l’économiste et écrivain Eric Weinstein (et comme le révèle une recherche sur Google Books) des expressions comme « LGBTQ», «privilège blanc» et «transphobie», inconnues il y a peu, sont passées dans l’usage courant. Tout se passe comme si ces cinq dernières années, la nouvelle métaphysique, une fois son système rodé, avait étendu au grand public son emprise intimidante. Cette expansion a brillamment réussi. […]

Cette forme de prosélytisme dogmatique et vengeur risque tôt ou tard de saper et même de provoquer l’effondrement de toute la culture progressiste. Après tout, il n’est pas certain que les populations majoritaires continueront à accepter des revendications qu’on les somme d’accepter et supporteront longtemps d’être muselées par les qualificatifs qu’on leur assène lorsqu’elles s’y refusent. 

Les failles de cette nouvelle théorie [et justification] de l’existence doivent être identifiées car les souffrances que ce train «intersectionnel» va continuer à provoquer s’il poursuit sur la même voie sont immenses. [Selon cette doctrine], les femmes sont peut-être meilleures que les hommes, les gens peuvent devenir blancs mais pas noirs et chacun peut à son gré changer de sexe. 

Tout individu qui refuse ce schéma est un oppresseur. Et absolument tout doit être politisé. Il y a là assez de contradictions et de confusions pour emplir une existence entière. Et pas seulement sur des points de détail, mais du fait de fondements érigés en absolus. 

Que doivent faire les hommes et les femmes, homosexuels ou hétérosexuels, des affirmations d’experts qui entendent attribuer aux enfants des sexes différents de ceux qui leur ont été attribués à la naissance ? Pourquoi une jeune femme aux caractéristiques de garçon manqué devrait-elle être considérée comme une transsexuelle à opérer pour en faire un homme ? Pourquoi un petit garçon qui aime se déguiser en princesse devrait-il être un transsexuel à féminiser d’urgence ? 

Les experts en matière de genre et leurs convictions sur ceux qu’ils comparent à des « tartelettes» dans le mauvais emballage, trahissent peut-être des capacités interprétatives complètement déficientes. On estime qu’environ 80 % des enfants chez qui on diagnostique ce qu’on appelle aujourd’hui une dysphorie de genre constatent que ce problème se résout de lui-même pendant la puberté. […] C’est-à-dire qu’ils finissent par se sentir à l’aise avec le sexe biologique auquel on les a assignés depuis la naissance. 

Contrairement à ce que prétendent les militants progressistes, ces catégories, en fait, interagissent négativement entre elles. La matrice de l’oppression n’est pas un grand Rubik’s Cube qui attendrait que chaque carré en soit correctement disposé par les sociologues. Il s’agit d’un catalogue d’exigences qui ne sont pas compatibles, et certainement pas sous cette forme.

LE DÉSIR INDIVIDUEL DOIT-IL PRIMER SUR TOUT ?

Toutes les époques qui ont précédé la nôtre ont accompli ou permis des actes qui nous semblent moralement sidérants. Donc, à moins que nous ayons des raisons de penser que les hommes d’aujourd’hui sont plus raisonnables, moralement meilleurs ou plus sages qu’à toute autre époque, il est raisonnable de supposer que certains actes et comportements actuels – peut-être tout imbus de vertu morale – feront un jour pousser des hauts cris à nos descendants qui s’exclameront, scandalisés : «Mais comment ont-ils pu… ?».  

Il est intéressant de se demander quels sont les angles morts de notre époque. Certains de nos actes (et lesquels…?) seront-ils jugés par les générations futures aussi sévèrement que nous estimons aujourd’hui scandaleuse la traite des esclaves ou l’emploi d’enfants comme ramoneurs sous le règne de la reine Victoria ? 

Prenons le cas de Nathan Verhelst, décédé en Belgique en septembre 2013. Nathan était né fille et ses parents lui avaient donné le nom de Nancy. Celle-ci a grandi dans une famille de garçons et a toujours eu le sentiment que ses parents lui préféraient ses trois frères. Nancy qui s’est sentie rejetée par ses parents pendant toute son enfance s’est mise à penser que les choses iraient mieux si elle était un homme. En 2009, à l’approche de la quarantaine, elle a commencé à suivre une hormonothérapie. Peu de temps après, elle a subi une double mastectomie, puis une série d’interventions chirurgicales destinées à la doter d’un pénis. Au total, elle a subi trois opérations majeures de changement de sexe entre 2009 et 2012. À la fin de ce processus, « Nathan », comme il s’appelait désormais, a réagi aux résultats : «J’étais prêt à célébrer ma nouvelle naissance. Mais quand je me regardais dans le miroir, je me dégoûtais moi-même. Mes nouveaux seins ne correspondaient pas à mes attentes et mon nouveau pénis présentait des symptômes de rejet. » Toutes les opérations subies par Verhelst avaient laissé d’importantes cicatrices et il était d’évidence profondément malheureux dans son nouveau corps. La nouvelle vie que Nathan avait tant espérée ne s’était pas concrétisée, et il ne tarda pas à sombrer dans la dépression. En septembre 2013, à l’âge de 44 ans, soit un an seulement après sa dernière opération de changement de sexe, Nathan Verhelst fut euthanasié par l’État. «Je ne veux pas être un monstre», déclarait-il juste avant sa mort. 

Il n’est pas difficile d’imaginer la stupéfaction que pourrait inspirer cette histoire aux générations futures. «Les services de santé belges ont donc essayé de transformer une femme en homme, et ayant échoué ils l’ont ensuite tué(e) ? » Le plus difficile à comprendre est peut-être le fait que ce meurtre, comme les opérations qui l’ont précédé, a été perpétré non dans un esprit de malveillance ou de cruauté, mais par pure bonté. Le cas de Verhelst est certes inhabituel à bien des égards. Mais il vaut la peine de s’y attarder, précisément parce que certaines des questions qu’il soulève suscitent bien peu de réflexions. Que signifie le mot trans ? Qui est trans ? Qu’est-ce qui fait qu’une personne est trans ? Sommes-nous sûrs de l’existence d’une telle catégorie ? Et si oui, sommes-nous certains qu’il est toujours possible d’essayer de faire migrer physiquement quelqu’un d’un sexe à l’autre ? Est-ce même la meilleure façon de faire face à l’énigme d’un désir comme celui-ci ?

ARRÊTONS LE CONCOURS DES OPPRIMÉS !

Peut-être qu’au lieu de chercher à voir l’oppression partout, nous pourrions commencer à sortir du labyrinthe en listant les divers «groupes de victimes » qui ne sont pas opprimés et s’avèrent même avantagés ? 

Des études ont ainsi montré que les rémunérations des gays et lesbiennes surpassent, en moyenne, celles de leurs homologues hétéros. [voir lien ci-dessous] On peut citer plusieurs raisons, notamment le fait que la plupart d’entre eux n’auront pas d’enfants et peuvent donc multiplier les heures supplémentaires, ce qui est bénéfique pour eux et leur employeur. Est-ce un avantage pour les homosexuels ? Jusqu’à quel point les hétérosexuels peuvent-ils se prétendre injustement désavantagés au travail ? Les gays doivent-ils se mettre en retrait pour offrir à leurs contemporains hétérosexuels de meilleures opportunités professionnelles ?

Ces dernières années, les disparités de revenus entre les groupes raciaux ont été systématiquement utilisées comme leviers. Bien que l’on répète souvent que le revenu médian des Hispano-Américains est inférieur à celui des Noirs et que le revenu des Noirs est inférieur à celui des Blancs, on ne s’intéresse jamais vraiment aux Asiatiques, le groupe qui enfonce tous les autres. Le revenu médian des hommes asiatiques aux États-Unis est toujours plus élevé que celui de tous les autres groupes, y compris les Américains blancs. Doit-on tenter de faire baisser ce chiffre en rognant les revenus des Asiatiques de quelques points ?

Ou doit-on essayer de sortir de cette obsession pathologique en traitant les gens comme des individus possédant des aptitudes différentes et en n’essayant pas d’imposer des quotas égalitaires à chaque entreprise ou institution ? Les revendications les plus radicales ayant toujours gain de cause, les gens ont tendance à les croire et à prendre leurs sombres scénarios pour argent comptant. Un sondage réalisé en 2018 révélait ainsi que la plupart des Britanniques (sept sur dix) croyaient les femmes moins bien payées que les hommes à travail équivalent. L’«écart de rémunération entre les sexes » qui existe bel et bien concerne les revenus moyens à l’échelle d’une vie, compte tenu des différences entre hommes et femmes induites par la carrière, l’éducation des enfants et les choix de vie. Mais « l’écart de rémunération » est devenu un sujet de discussion si brûlant dans les médias et les réseaux sociaux que la plupart des gens l’ont interprété comme preuve d’un écart qui n’existe pas sous la forme qu’on leur a fait accroire. Depuis 1970 au Royaume-Uni, et 1963 aux États-Unis, il est illégal de moins bien payer une femme qu’un homme pour effectuer la même tâche. Pour citer un seul effet de cette méprise, dans ce même sondage, alors même que sept personnes sur dix pensaient que les femmes étaient moins payées que les hommes pour effectuer exactement le même travail, un pourcentage quasi identique (67 %) estimait que le féminisme était allé trop loin ou aussi loin qu’il devait. Cette constatation pourrait bien résumer la confusion qui règne aujourd’hui. Nous voyons l’oppression là où elle n’existe pas et nous n’avons aucune idée de la meilleure façon d’y réagir.

La grande déraison
Race, genre, identité
par Douglas Murray
paru le 21 octobre 2020
aux Éditions du Toucan
dans la collection de l’Artilleur
à Paris,
416 pages
Genre : Essais
ISBN-10 : 2810009880
ISBN-13 : 978-2810009886

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