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vendredi 26 décembre 2025

Joyeux Noël ou joyeux solstice d’hiver ?

 Air France souhaite de belles fêtes.




Emirates un joyeux Noël



lundi 22 décembre 2025

La laïcité étriquée contribue à vider la France de sa substance

Le 120e anniversaire de la loi de 1905 est l’occasion de rappeler qu’une conception étriquée de la laïcité contribue à vider la France de sa substance affirme Laurent Dandrieu dans ce texte paru dans Valeurs actuelles. 

Il a beaucoup été question, la semaine dernière, de laïcité, à l’occasion du 120e anniversaire de la loi séparant les Églises et l’État: une loi qui fait figure aujourd’hui de vache sacrée, mais dont la commémoration n’en a pas moins révélé des divergences profondes. Ceux qui la laïcité reste le pilier central et intangible de la République se divisent entre partisans d’une application libérale ou intransigeante; pour certains, elle laisse encore trop de place aux religions dans l’espace public, pour d’autres, elle ne serait plus que l’alibi d’une islamophobie agressive ; certains, enfin, y voient au contraire un rempart bien faible contre l’islamisme, arguant qu’on ne contient pas une idéologie conquérante avec un principe de neutralité.

Ces derniers ont raison sur au moins un point : c’est que la religion n’est pas qu’une question cultuelle et que toute religion porte avec elle une dimension culturelle. La réflexion française [note du carnet: dans la francophonie plus généralement] sur la laïcité est trop souvent une réflexion idéologique, abstraite, qui fait l’impasse sur cette empreinte culturelle du catholicisme et donc sur sa dimension identitaire — surtout depuis que le progressisme est parvenu à faire de l’identité le gros mot absolu, diabolisant cette notion comme un concentré de révisionnisme, de fascisme, de racisme et de colonialisme. 

Beaucoup voient la laïcité comme une relégation de la religion à la sphère privée — comme si la foi était un gadget qu’on allume à la maison et qu’on éteint dès qu’on sort de chez soi. Beaucoup croient, en jugulant l’expression publique de la foi, chasser du même mouvement le christianisme de la société — comme s’il n’avait pas modelé, des siècles durant, nos villes, notre patrimoine, notre culture, notre langage, nos paysages mêmes. D’où les querelles incessantes sur les crèches, les calvaires et les clochers, les spectacles qui évoquent les racines chrétiennes de la France, la possibilité pour les écoles privées d’intégrer dans leur éducation une dimension chrétienne ou la simple mention, par tel ou tel politique, de sa foi personnelle

Le maire de Béziers, Robert Ménard, a inauguré sa deuxième crèche de Noël depuis son élection, objet régulier d'attaques en justice au nom d'un principe de laïcité étriquée

Avec, sur le versant gauche de la laïcité, une intransigeance vis-à-vis du catholicisme qui se marie avec une grande mansuétude envers l’islam. Quand le sociologue Jean Baubérot, gardien du temple de la laïcité, déclare dans Libération du 9 décembre que « la loi de 1905, ce ne devait pas être une loi de combat. Nous en sommes pourtant là », il faut entendre que le combat lui semblait naturel tant qu’il visait les chrétiens, mais qu’il lui paraît illégitime quand il prétend imposer aux musulmans les mêmes contraintes…

Or, il ne faut pas se lasser de le rappeler après de Gaulle, « la République est laïque, mais la France est chrétienne »Vouloir effacer cette évidence, c’est vouloir vider la France de sa substance, en faire une coquille vide ouverte à toutes les ingénieries politiques, idéologiques ou démographiques. C’est vouloir effacer l’identité profonde, charnelle et spirituelle de la France, et prétendre la remplacer par un principe désincarné. Comme le rappelle le philosophe Pierre Manent dans Situation de la France (Desclée De Brouwer), « La laïcité est un dispositif de gouvernement qui n’épuise pas le sens de la vie commune, et qui d’ailleurs en donne une représentation abstraite et fort pauvre. On n’habite pas une séparation ».

La nature civilisationnelle ayant horreur du vide, le vide ainsi créé par une laïcité qui serait une négation de notre identité chrétienne aura vocation à être comblé par une identité de remplacement : la seule qui candidate à ce remplacement est pour l’heure celle, créolisée, proposée par Jean-Luc Mélenchon, qui n’est que le paravent hypocrite d’une France islamisée.

Mais ce n’est pas seulement pour faire barrage à cette identité de remplacement que la France doit retrouver le moyen de combiner une laïcité apaisée avec le respect de son identité chrétienne : c’est avant tout parce que c’est le seul moyen pour elle de rester fidèle à sa vocation. C’est sous l’égide du christianisme que la France a modelé sa culture ; c’est sous le regard de la chrétienté que la France a composé la partition unique qu’elle a fait entendre au monde. Ce n’est qu’en restant fidèle à cette partition et à ses racines chrétiennes qu’elle conservera un rôle à jouer dans le concert des nations.

Combiner une laïcité apaisée avec le respect de son identité chrétienne est le seul moyen pour la France de rester fidèle à sa vocation.

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jeudi 27 novembre 2025

Bruxelles opte pour une crèche de Noël en tissus et sans visage: « Un mélange inclusif pour que tout le monde s'y retrouve » (m à j)

Mise à jour du 29 novembre

La crèche de la Grand-Place fait de nouveau parler d’elle. Après plusieurs jours de polémique autour de son esthétique, un nouvel incident est venu s’ajouter au débat. Selon la RTBF, le petit Jésus de l’installation a été vandalisé, la figurine a été décapitée et l’auteur des faits est parti avec la tête.

La crèche contemporaine, intitulée Les Étoffes de la Nativité, utilise des silhouettes textiles dont les visages sont constitués de boules de tissu. C’est précisément cette boule de chiffon, qui servait de tête au petit Jésus, qui a été arrachée et emportée.

Contactée par nos confrères, la Ville de Bruxelles confirme l’incident. “C’est la boule de chiffon qui faisait office de tête du petit Jésus qui a été volée. On est en train de la remplacer”, indique Victor Kanyanzira, porte-parole du bourgmestre Philippe Close.


Billet du 27 novembre



La crèche traditionnelle de Noël a été remplacée par des poupées sans visages censées représenter le « mélange de toutes les couleurs de peau ». Un choix qui ne fait pas l’unanimité. 

Exit les santons traditionnels. Cette année, pour la  crèche  de la Grand-Place, la ville de  Bruxelles  a choisi d’installer des poupées de chiffons… sans visages. Marie et Joseph sont bien là. Même l’Enfant Jésus et  les rois mages  ont pris un peu d’avance. Mais à la place des faces souriantes tournées vers la mangeoire, une surface plane faite d’assemblages de tissus gris, rouge, beige, noir et brun. Un choix de la créatrice Victoria-Maria, rapporte  La Libre. Le journal belge cite même un membre de l’organisation, qui explique que cet assemblage de couleurs hétérogènes traduit « un mélange inclusif de toutes les couleurs de peau, pour que tout le monde s’y retrouve ».

Sauf que ce choix ne fait pas l’unanimité, tant s’en faut : plusieurs internautes ont manifesté leur désapprobation sur les réseaux sociaux. « On touche le fond… et on continue de creuser », a tweeté le footballeur du LOSC et international belge Thomas Meunier. 

« Admirez la crèche “inclusive” de Bruxelles, capitale de l’Europe », s’est désolée une internaute. D’autres soulignent que cette représentation rappelle la charia, la loi islamique, qui interdit de représenter les visages humains. « Pour l’instant, Joseph n’a qu’une femme. La burka sera pour l’an prochain », ironise un autre internaute. « Noël charia compatible sur la Grand-Place à Bruxelles », a tweeté Florence Bergeaud-Blackler, docteur en anthropologie et présidente du Cerif (Centre européen de recherche et d’information sur le frérisme).
Du marché de Noël aux « Plaisirs d’hiver »

La Ville de Bruxelles aurait décidé de se séparer de son ancienne crèche, car celle-ci serait devenue trop vétuste et difficile à transporter, rapporte la presse belge. La Libre assure également que les autorités de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule, la cathédrale de Bruxelles, ont été associées à la démarche et ont validé le projet. Cette nouvelle version de la Nativité du Christ, réalisée avec l’Atelier By Souveraine, de Forest, devrait être en place a minima pour les cinq prochaines années. Dans cette nouvelle crèche inclusive intitulée « Étoffes de la Nativité », les personnages sont même vêtus de tissus fins de stock et de matières recyclées ! Le tout, présenté sur le « Plaisirs d’hiver » : c’est ainsi que les autorités ont rebaptisé le marché de Noël de la ville. L’artiste prévoit de réaliser une conférence de presse ce vendredi pour expliquer sa démarche, rapporte La Libre.

Des polémiques impliquant des figures sans visage ont déjà éclaté par le passé. En janvier 2022, un  documentaire « Zone interdite»  sur le séparatisme lié à l’islam radical,  notamment à Roubaix  (Nord) diffusé sur M6 avait fait grand bruit : il montrait des boutiques où des poupées sans visage étaient vendues. « Seul Allah crée », expliquait une vendeuse. À Lyon cet été, l’inauguration d’une fresque dans les parties communes de la tour d’une cité de Villeurbanne avait fait polémique. On y voyait une  fillette voilée et un personnage sans visage.

lundi 23 décembre 2024

Le Noël tourmenté des chrétiens d'Orient

Dans un Proche-Orient troublé par les guerres et l’incertitude politique, la crise économique frappe sans distinction toutes les communautés et, selon Le Figaro Magazine, les convie à une solidarité active, mâtinée de ferveur religieuse. Reportage auprès des chrétiens du Liban et de Syrie qui vivent Noël, entre peur et espoir, comme une nouvelle naissance.

En Syrie, l’humour est un trésor national ; une étincelle qui s’allume dans les conversations de rue ou de salon, en toutes circonstances

Bachar est parti ! Bon débarras ! Nous sommes libres ! s’exclame un robuste gaillard en écartant les bras. Nous pouvons enfin discuter de politique en public, mais… nous n’avons rien à en dire ! » L’hilarité secoue les corps engourdis de ceux qui font la queue devant la boulangerie dans le matin frais de Damas. Ouf, l’humour syrien est resté intact. C’est un trésor national ; une étincelle qui s’allume dans les conversations de rue ou de salon. L’incertitude du nouveau pouvoir, la guerre, les crises ne l’ont pas abîmé. Le regard plongeant dans la longue rue qui mène à la mosquée des Omeyyades, Alsan reprend : « Nous devons renoncer à nous venger. Les criminels du régime sont déjà hantés par leur mauvaise conscience. Un jour, nous ferons justice. La priorité, c’est de reconstruire notre économie en ruine », poursuit ce chrétien, père de quatre enfants, mécanicien sans clients.

Le muezzin chante, les cloches d’une église voisine tintent. Quelques coups de feu s’entendent au loin, rafales d’enthousiasme ou règlements de comptes : personne ne réagit. Ces dernières semaines, une ferveur inédite habite le pays. Les rassemblements ne sont plus réprimés par les armes, les enfants, les femmes, les vieillards se prennent en photo sur les ronds-points, avec des drapeaux, des rebelles, des kalachnikovs, dans toutes les positions, voilées ou pas, en jean mince ou en treillis.

FLEUR D’ORANGER

Chaque matin, au lever du jour, une soixantaine de fidèles se pressent vers la messe de l’une des églises du quartier de Tabbalé. Devant, un menuisier funéraire au visage blanchi astique un cercueil. Les effluves de fleur d’oranger de la boulangerie voisine flottent dans la rue. « Dommage de mourir sans avoir vu la Syrie renaître, marmonne-t-il en nettoyant la croix qui surmonte la planche de bois. Ces quinze dernières années ont été une descente en enfer pour nous tous. Pas d’argent, pas de paix, pas d’espoir. » Les morts dont on a retrouvé les restes dans les charniers autour des prisons vont désormais pouvoir être enterrés. Le combat pour la liberté ou la justice qui les a tués semble enfin avoir porté ses fruits. « C’est un signe, clame un paroissien melkite à l’air rusé. Bachar a fui le jour où Notre-Dame de Paris rouvrait, et où on fêtait l’Immaculée Conception. »

Lors de l’Angélus, récité depuis la chapelle de la Casa Santa Marta et retransmis sur les écrans géants de la place Saint-Pierre, le pape François a de nouveau parlé de Gaza : « Je pense avec douleur à tant de cruauté, aux enfants mitraillés, aux bombardements d’écoles et d’hôpitaux »

ÈRE NOUVELLE

Près du grand sapin de Noël illuminé entre deux coupures de courant, trois jeunes garçons s’exclament : « Bachar s’est envolé ! Bachar s’est envolé ! » en mimant des ailes avec leurs bras. Le soulagement qui se perçoit depuis deux semaines dans le pays augure une renaissance propre à l’esprit de Noël. Dans ce pays épuisé par treize ans de guerre civile, hanté par la disparition de près de 150 000 personnes, la mort de 500 000 autres et le départ de 6 millions de Syriens en exil, une timide dynamique point. Après un demi-siècle de tyrannie politique, sous le soleil hivernal orangé qui éclairait déjà Jésus de Nazareth, né à 225 kilomètres de là, une ère s’ouvre. « Bachar est parti avec sa famille en emportant tout l’argent de notre pays. Il nous a trahis. C’est un médiocre », marmonne Maha, en baissant la voix par réflexe quand elle aborde un sujet politique. Dans la rue qui mène au sanctuaire de la conversion de saint Paul, les murs ont-ils toujours des oreilles ?

Bombardé par les Israéliens…

Une famille ressort de sa voiture pour nous parler. Le fils, chirurgien-dentiste âgé de 27 ans, se rend à la messe chaque jour. Il professe sa foi devant ses parents et sa sœur, dont les grands yeux noirs sont maquillés de khôl : « Nous sommes entre les mains de Dieu. Plus que jamais. On ne pense pas à demain. Il faut lui faire confiance, lui seul sait où nous mener. » Les quatre membres de cette famille prennent soin, dans leurs réponses, d’associer leur sort de chrétiens à celui de leurs amis musulmans. C’est une ascèse, et un pli hérité du régime laïc qui plaçait l’adhésion à la nation au-dessus de l’appartenance religieuse. Ici, depuis un demi-siècle, les écoles ont intégré des élèves de toutes les confessions, permettant aux générations de se familiariser entre elles. Les congrégations chrétiennes ont contribué à ce legs que la Syrie partage avec le Liban voisin : financées par leur ordre et par des associations d’Église, comme l’Œuvre d’Orient, les écoles sont restées abordables et ouvertes au plus grand nombre d’élèves musulmans. En Syrie, depuis la nationalisation de l’enseignement en 1969 par Hafez el-Assad, on dénombre encore une trentaine d’écoles privées confessionnelles chrétiennes. Depuis quinze ans, toutefois, le niveau scolaire s’est effondré et de nombreux enfants sont déscolarisés. Au Liban, le taux est inverse : 320 écoles chrétiennes scolarisent 20 % des élèves libanais.

BAB TOUMA DÉSERTÉ

Abandonné par ses résidents chrétiens dès les premiers jours de la guerre civile, le quartier de Bab Touma, considéré comme l’un des plus charmants et pittoresques de la capitale, où culminent une dizaine de clochers, est vide. Certaines écoles n’ont pas rouvert, faute d’élèves. Les commerçants, dépourvus de clients et d’électricité, ont restreint leur activité : touristes, étudiants, visiteurs qui affluaient au début du siècle ont disparu, livrant les ruelles aux chats. Les résidents sont partis s’installer au Canada, en Autriche, en Australie, en France. Certains ont vendu leur maison. Ces dernières années, la rumeur courait que les palais traditionnels de Bab Charqi et de Bab Touma avaient été bradés à de riches Iraniens, alliés du régime de Bachar el-Assad. Au détour d’un encorbellement, on entend des chants s’échapper d’un couvent des sœurs de Mère Teresa. Là, des effluves d’encens indiquent une chapelle animée. Les portes de l’église melkite ferment après la liturgie : ici, des irréductibles prient Jésus sans trêve depuis près de deux mille ans. Derrière le sanctuaire de saint Paul, une sœur franciscaine qui a vécu dans les camps de réfugiés d’Idlib accueille les familles arrivées de province dans son hostellerie. Celles-ci viennent chercher leurs proches dans les cellules de Saydnaya et dans les hôpitaux avoisinant les sinistres prisons ou bien pour suivre des traitements médicaux auprès d’un spécialiste. « L’islam de Syrie, c’est le meilleur de tous, constate-t-elle. Les musulmans d’ici sont habitués à vivre avec tout le monde. À Idlib, ils provenaient de beaucoup de pays, et ils se battaient entre eux. » Le moteur d’un avion vrombit au-dessus de la capitale. Dans le sanctuaire, Nicolas ne cache pas son effroi. Rien n’apaise ses inquiétudes de bombardements israéliens comme celles concernant le sort des minorités kurdes, alaouites, chrétiennes : « Habibi, qu’est-ce qui nous attend ? De quoi l’avenir est-il fait ? » gémit-il.

dimanche 22 décembre 2024

Noël dans 30 ans, enfin laïque, bio, tolérant et morne ?

À force de gommer les différences, de multiplier les règlements et d’aplanir les cultures, voilà à quoi pourrait ressembler Noël dans trente ans...

par Marc Fourny

L’horreur des Noëls nordiques d’antan : patriarcaux, traditionnels, familiaux et religieux.
 
La famille attablée autour d’un foie gras prometteur, le sapin qui clignote, un feu ronflant dans la cheminée, les santons de Provence au garde-à-vous dans du papier rocher en attendant la naissance du petit Jésus... L’image d’Épinal d’un Noël bientôt révolu ? En exagérant un peu, et avec une pointe d’ironie, on pourrait supposer qu’on n’en est plus très loin, surtout si l’État, qui se mêle de tout sauf de l’essentiel, continue à nous casser les pieds.

À quoi pourrait bien ressembler Noël dans trente ans ? Disparue la crèche, cette manifestation gothique, dangereuse et tendancieuse, au nom de la laïcité et du « vivre ensemble ». Même les églises n’oseront plus la dresser sur les parvis pour éviter toute polémique. Seuls les plus fervents catholiques, comme jadis sous la Révolution, oseront perpétuer encore la tradition au fond de leur salon. Le sapin ? Il est en plastique, interdiction de couper de vrais arbres, et tout juste toléré : pas d’étoile au sommet, qui pourrait rappeler celle de Bethléem, plus d’anges, ces créatures fantasques issues de textes sacrés, encore moins de guirlandes clignotantes, car les écologistes ont si bien œuvré qu’il est désormais interdit, pour cause d’économies de bout de chandelle — c’est le cas de le dire —, d’utiliser ces serpentins électriques. Sans compter le sacro-saint principe de précaution qui a été brandi pour éviter tout risque d’incendie.

La messe de minuit désertée

Et la messe de minuit ? Cela fait belle lurette qu’on la déserte : il n’y a plus un curé à trente kilomètres à la ronde, on ne va pas brûler de l’essence pour aller se geler dans des édifices mal entretenus, faute de moyens et de fidèles. On pourra toujours regarder la cérémonie du Vatican retransmise en direct sur la Toile, car voilà bien longtemps qu’aucune chaîne de France n’a plus l’audace de la programmer sur son antenne. Et pour ceux qui sont adeptes des carillons qui bourdonnent, tant pis : les clochers sont sommés de rester silencieux pour ne pas choquer les autres confessions.


Messe de minuit

Heureusement, il reste les agapes, ce réveillon qui réveille les papilles et resserre, pour un temps, la famille dispersée. Mais, là encore, tout a changé : le foie gras est désormais interdit, le Sud-Ouest s’est définitivement reconverti dans le chocolat bio, l’État a finalement cédé face au combat mené par les défenseurs de la cause animale. Personne n’ose peler des clémentines et des oranges sur la majeure partie du territoire français depuis qu’on est tenu de manger local sous peine d’amende. Quant à la bûche de Noël, elle n’est plus à la mode : elle avait un côté chrétien dérangeant et rappelait avec trop de perversité l’agonie de nos forêts décimées...

« Il est né, le divin enfant », bien trop clivant

Au petit matin, les enfants se précipitent autour d’une cheminée décorative qui ne crépite plus depuis maintenant vingt ans : on n’a plus le droit de faire des feux de bois, trop polluants. Les chorales de circonstance entonnent encore timidement quelques chants, mais surtout pas « Il est né, le divin enfant » ou « Douce Nuit », bien trop clivant, on se reporte à la rigueur sur « Vive le vent » ou « Mon beau sapin ». La Manécanterie des Petits Chanteurs à la croix de bois, rebaptisée à la hâte, a revu tout son répertoire et laissé les aubes au vestiaire. Saint Nicolas n’a plus le droit de cité à Strasbourg — un évêque qui distribue des bonbons, ça va pas la tête ? — et le père Noël se fait rarissime : ce vieillard autoritaire finissait par traumatiser les enfants, les psychologues ont fini par avoir sa peau. Sans compter que ses amples vêtements pouvaient cacher une bombe : bien trop dangereux pour un rassemblement, le costume est désormais proscrit dans les lieux publics.

L’horreur des Noëls nordiques d’antan (suite)


Bref, Noël pourrait ressembler demain à une grande fête collective où seuls subsistent les cadeaux que l’on s’offre avec excitation autour d’une date symbolique, avec le vague souvenir qu’il s’agit d’un anniversaire. De qui déjà ? Chut, dire son prénom, c’est politiquement incorrect. Allez, joyeux Noël — pardon, joyeux décembre ! — quand même...

Source : Le Point



vendredi 22 décembre 2023

Italie — Loi « Pas touche à la crèche à l'école » alors qu'une école remplace Jésus par coucou

Une proposition de loi présentée par la sénatrice Lavinia Mennuni de Fratelli d’Italia, le parti de Giorgia Meloni, vise à défendre la tradition de la crèche dans les écoles, ou du moins dans celles où il est de tradition d’en présenter une.

La mesure, explique le sénateur, stipule qu’il est interdit « d’empêcher les initiatives promues par les parents, les élèves ou les organes scolaires compétents de poursuivre les activités liées aux célébrations traditionnelles de Noël et de la Pâque chrétienne », telles que « la crèche, les pièces de théâtre et d’autres événements ». L’objectif est de « rappeler leur signification profonde en termes d’humanité et leur relation avec l’identité nationale italienne ». Les contrevenants feront l’objet de « procédures disciplinaires conformément aux règles ». 
 
Crèche des enfants de l’Institut polyvalent Schweitzer à Termoli (Molise, sur l’Adriatique)
 
La réponse de chefs d’établissement

Selon le président Antonello Giannelli de l’association nationale des directeurs d’école : « Nous devons certes tenir compte des traditions du pays, mais les imposer par la loi est déplacé. Cependant, il y aura un moyen, dans le débat parlementaire, d’évaluer ce qu’il faut faire ». En résumé, les chefs d’établissement jugent inacceptable l’idée de vouloir protéger les crèches par une mesure qui prévoit, entre autres, des sanctions pour les responsables en cas de non-respect de la loi.

Jésus devient Coucou dans une pièce de Noël

Ce projet de loi est présenté alors qu’une polémique enfle sur les réseaux sociaux et aux nouvelles (par exemple le 20 heures de la chaîne TG5). Une pièce de Noël d’une école d’Agna, dans la province de Padoue (nord-est de l’Italie) qui a fait disparaître Jésus et l’a transformé en « Coucou » dans le texte, suscite une vive controverse en Vénétie, y compris parmi les hommes politiques. Le président de cette région, Luca Zaia, est également intervenu, déclarant : « L’inclusion doit reconnaître l’identité dans le respect mutuel ».

Sur les réseaux sociaux, le texte de la pièce de théâtre de Noël de l’école Agna a été diffusé avec des modifications et la suppression de références catholiques. Dans le détail, le changement le plus évident est celui concernant la phrase « Jésus est sur le point de naître », qui a été remplacée par « d’en haut fait le coucou ». Un autre changement concerne la phrase « où les anges préparent le Noël de Jésus », qui a été remplacée par « tous ensemble préparent une fête dans le ciel bleu ». D’autres changements ont été apportés et les mots « anges » ont été remplacés. Enfin, la phrase « heureux de jouer avec Jésus » est devenue « heureux de jouer et de faire la fête ».

Un autre texte a été modifié, il s'agit d'une chanson intitulée « Un don, un cadeau ». Dans le texte original, on trouve ce passage : « Les dons sont des choses que Dieu donne avec plaisir ». Un trait de plume et le texte est devenu : « Les dons sont des choses que nous recevons tous avec plaisir ».

Les deux chansons, paroles et musique, sont de Jose Angel Ramirez, le professeur de musique de l'école, qui n'a pas bien pris l'incident. Interrogé, comme l'ont rapporté plusieurs journaux en ligne, il a déclaré qu'il avait été « bouleversé » par ces changements et qu'il n'était au courant de rien. Il ne l'a appris qu'aujourd'hui, le jour où les enfants devaient présenter le spectacle de Noël. Le spectacle a toutefois connu un certain nombre de défections, car le changement opéré par les enseignants a suscité la colère de nombreux parents, et certains ont décidé, en signe de protestation, de garder leurs enfants à la maison et de ne pas les laisser participer au spectacle.

Le président Luca Zaia commente : « La modification artificielle d’une chanson de Noël au nom d’un désir théorique d’inclusion et de respect est une grave erreur : penser promouvoir l’acceptation en supprimant les références à notre religion, à notre identité, à la culture qui caractérise la région de la Vénétie depuis des siècles et des siècles est un geste que nous ne pouvons pas accepter ».

Le texte de l'école d'Agna remanié

« Tout d’abord, souligne Zaia, rappelons qu’il ne s’agit pas d’une prière, mais d’un chant. L’imposition d’une prière à des enfants d’une autre confession pourrait certes être subie comme une contrainte. Mais il s’agit d’un texte musical, avec un caractère identitaire. Incompréhensible, nous sommes dans un pays où l’on défend à juste titre tout produit artistique et intellectuel, même dans ses contenus les plus virulents, mais dans ce cas on permet d’intervenir sur une chanson en la modifiant et en la déformant de cette manière, au nom du “politiquement correct” : toute une communauté s’interroge sur la raison de ce choix. J’ai l’impression que cela va trop loin, et cela de la part d’une personne qui a fait de la tolérance un choix de vie ».

Et enfin : « Je me souviens aussi que, et c’est bien d’être étudié par de nombreux théoriciens d’une laïcité dogmatique, même dans l’Islam, Jésus est reconnu comme l’une des figures centrales, l’un des prophètes — conclut le Président de la Vénétie. Le message de paix de Noël n’est certainement pas une menace ou un obstacle à la rencontre entre les différentes cultures. Pas plus que les symboles chrétiens qui résument l’identité de notre peuple et de nos communautés, une identité qui est le fruit de notre histoire et qui va au-delà de l’aspect purement religieux. Si nous cachons nos véritables racines, nous ne rendons service à personne : ni aux Vénitiens de toujours ni aux nouveaux Vénitiens ».

Alberto Stefani, député et secrétaire régional de la Ligue (parti politique au pouvoir), poursuit : « Les enseignants d’une école primaire ont décidé de censurer Noël de cette manière, en éliminant toute référence à la foi chrétienne et à la Nativité dans la pièce de théâtre de l’école. Un choix qui laisse pour le moins perplexe et qui a suscité l’ire, tout à fait compréhensible, de nombreux parents. Il est vraiment inconcevable que quelqu’un puisse interpréter une pièce de théâtre de Noël comme offensante ou même perturbatrice et irrespectueuse. Nier ou cacher Jésus n’est pas un progrès, c’est un manque de respect pour la culture de notre pays ».

Laura Cestari de Polesana, conseillère régionale de la Ligue, est intervenue sur l’affaire : « Le mot “Jésus” est synonyme de paix, d’amour et de respect des autres. Mais le concept de respect est tout à fait différent de celui de “peur”. Notre histoire chrétienne est faite de traditions et de coutumes qui font partie intégrante de notre société. Des valeurs dont nous sommes fiers », a déclaré M. Cestari.

Je ne comprends donc pas pourquoi, dans une école d’Agna, il y a des curés qui, par crainte d’offenser qui que ce soit, remplacent le mot « Jésus » par « Coucou ». C’est le monde à l’envers : les imams prônent la guerre contre l’infidèle, et nous, par peur de manquer de respect à quelqu’un, nous effaçons notre histoire. Une folie incompréhensible qui menace d’effacer les valeurs de notre société ».

mardi 19 décembre 2023

En 1913 : « Jouets modernes d’enfants : doit-on privilégier l’instruction au détriment de la distraction ? »

À l’occasion de la Noël 1913, un chroniqueur du Petit Journal s’interroge sur le bien-fondé de l’engouement pour les jouets « scientifiques », ces derniers prenant désormais le pas sur les joujoux plus classiques. Instruire ou divertir : faut-il choisir pour le bien de l’enfant ?

Leibnitz disait : « Les hommes n’ont jamais montré tant de sagacité que dans l’invention des jeux ». Cette observation du philosophe se vérifie tous les ans à l’époque de Noël. Allez plutôt faire un tour dans les grands magasins, au rayon des joujoux : vous serez émerveillés de l’ingéniosité dépensée par les inventeurs et les fabricants de jouets nouveaux, affirme Jean Lecoq dans l’édition du 23 décembre 1913 du Petit Journal.

S’il est vrai que, depuis que le monde est monde, l’homme n’a cessé de se mettre la cervelle à l’envers pour amuser l’enfant, jamais il ne dépensa, dans ce but, autant d’imagination qu’aujourd’hui. Reste à savoir, d’ailleurs, si le but est atteint. Les petits enfants d’à présent, avec les joujoux compliqués et les jouets scientifiques qui ont pour effet de les instruire bien plus que de les distraire, sont-ils plus heureux que ne le fussent les gamins du temps jadis avec leurs poupées de carton et leurs soldats de plomb ? s’interroge le chroniqueur.

C’est douteux, poursuit-il. L’enfant n’a pas besoin d’un joujou animé : il se charge bien de l’animer lui-même par sa propre imagination. Dès que l’enfant joue, il vit dans un rêve. Or, les jouets scientifiques et les jouets précieux ne peuvent que troubler ce rêve. Ils étonnent l’enfant, ils ne l’amusent pas.

Lors de la dernière exposition des jouets anciens, reprend le journaliste qui, rappelons-le, s’exprime en 1913, on constata que les jouets communs étaient fort rares, et qu’on ne pouvait guère trouver que des jouets d’un grand prix. À ceux qui s’en étonnaient, M. Léo Claretie, l’organisateur de cette exposition, donnait cette explication toute naturelle :

« Le joujou bon marché d’autrefois a été détruit parce qu’il a servi. Nous ne le connaissons qu’en peinture. Les seuls jouets qui aient été conservés sont les jouets coûteux. » C’est-à-dire les jouets qui n’ont pas rempli leur but.

Il n’est donc pas besoin que les jouets soient très beaux. L’essentiel est qu’ils favorisent les jeux de l’imagination de l’enfant. Il n’est pas besoin non plus qu’ils le fassent réfléchir. L’enfant a bien le temps de faire connaissance avec les réalités de la science. Laissez le jouer d’abord, vous le ferez étudier après. Les jouets qui ont pour but d’exercer son raisonnement ne sont pas des jouets. « Rien n’est moins raisonnable que de vouloir que les enfants le soient ». Qui a dit cela ? C’est Jean-Jacques. Et il me semble qu’il n’a rien dit de plus sensé, conclut Jean Lecoq.

samedi 16 décembre 2023

Origine et histoire de la Bûche de Noël

La bûche étant traditionnelle, nous avons reproduit ce récit traditionnel de son origine (inspiré de « La nuit de Noël dans tous les pays » paru en 1912)

La bûche de Noël réunissait autrefois tous les habitants de la maison, tous les hôtes du logis, parents et domestiques, autour du foyer familial. La bénédiction de la bûche avec les cérémonies traditionnelles dont elle se parait n’était que la bénédiction du feu, au moment où les rigueurs de la saison le rendent plus utile que jamais.

Cet usage existait surtout dans les pays du Nord. C’était la fête du feu, le Licht des anciens Germains, le Yule Log [en anglo-saxon, le Julekubbe ou Julblock en Scandinavie, Bloc na Nollaig (le Bloc de Noël) en Irlande], le feu d’Yule des forêts druidiques, auquel les premiers chrétiens ont substitué cette fête de sainte Luce dont le nom, inscrit le 13 décembre au calendrier et venant du latin lux, lucis, rappelle encore la lumière.

 
Tradition de la grande bûche de Noël. Dessin de Léon Lhermitte
paru dans Le Monde illustré du 1er janvier 1884


Il est tout naturel qu’on mette en honneur, au 25 décembre, au cœur de l’hiver, le morceau de bois sec et résineux qui promet de chauds rayonnements aux membres raidis sous la bise. Mais, souvent, cette coutume était un impôt en nature, payé au seigneur par son vassal. À la Noël, on apportait du bois ; à Pâques, des œufs ou des agneaux ; à l’Assomption, du blé ; à la Toussaint, du vin ou de l’huile.

Il arrivait aussi, quelquefois, que les pauvres gens ne pouvant se procurer des bûches convenables pour la veillée de Noël, se les fissent donner. « Beaucoup de religieux et de paysans, dit Léopold Bellisle, recevaient pour leurs feux des fêtes de Noël un arbre ou une grosse bûche nommée tréfouet ». Le tréfeu, le tréfouet que l’on retrouve sous le même nom en Normandie, en Lorraine, en Bourgogne, en Berry, etc., c’est, nous apprend le commentaire du Dictionnaire de Jean de Garlande, la grosse bûche qui devait, suivant la tradition, durer pendant les trois jours de fête. De là, du reste, son nom : tréfeu, en latin tres foci, trois feux.

Partout, même dans les plus humbles chaumières, on veillait autour de larges foyers où flambait la souche de hêtre ou de chêne, avec ses bosses et ses creux, avec ses lierres et ses mousses. La porte restait grande ouverte aux pauvres gens qui venaient demander un gîte pour la nuit. On leur versait en abondance le vin, la bière ou le cidre, suivant les contrées, et une place leur était accordée à la table de famille. On attendait ainsi la Messe de minuit.

Qu’on se représente les immenses cheminées d’autrefois : sous leur manteau pouvait s’abriter une famille tout entière, parents, enfants, serviteurs, sans compter les chiens fidèles et les chats frileux. Une bonne vieille grand-mère contait des histoires qu’elle interrompait seulement pour frapper la bûche avec sa pelle à feu et en faire jaillir le plus possible d’étincelles, en disant : « Bonne année, bonnes récoltes, autant de gerbes et de gerbillons ».

La bûche de Noël était un usage très répandu dans presque toutes les provinces de notre vieille France. Voici, d’après Cornandet, le cérémonial que l’on suivait dans la plupart des familles : « Dès que la dernière heure du jour s’était fondue dans l’ombre de la nuit, tous les chrétiens avaient grand soin d’éteindre leurs foyers, puis allaient en foule allumer des brandons à la lampe qui brûlait dans l’église, en l’honneur de Jésus. Un prêtre bénissait les brandons que l’on allait promener dans les champs. Ces brandons portaient le seul feu qui régnait dans le village. C’était le feu bénit et régénéré qui devait jeter de jeunes étincelles sur l’âtre ranimé.

« Cependant, le père de famille, accompagné de ses enfants et de ses serviteurs, allait à l’endroit du logis où, l’année précédente, ils avaient mis en réserve les restes de la bûche. Ils apportaient solennellement ces tisons ; l’aïeul les déposait dans le foyer et tout le monde se mettant à genoux, récitait le Pater, tandis que deux forts valets de ferme ou deux garçons apportaient la bûche nouvelle.

« Cette bûche était toujours la plus grosse qu’on pût trouver ; c’était la plus grosse partie du tronc de l’arbre, ou même la souche, on appelait cela la coque de Noël. Le gâteau allongé en forme de bûche que l’on donnait aux enfants le jour de Noël portait encore au début du XXe siècle dans certaines provinces le nom de coquille ou petite bûche, en patois, le cogneu ou cougnou. (Il se pourrait que le terme signifie coin [cuneus en latin] ou coin en fer [pour fendre le bois], voire berceau. L’étymologie en est disputée.)

Cougnou belge

« On mettait le feu à cette coque et les petits enfants allaient prier dans un coin de la chambre, la face tournée contre le mur, afin, leur disait-on, que la souche leur fît des présents ; et tandis qu’ils priaient l’Enfant-Jésus de leur accorder la sagesse, on mettait au bout de la bûche des fruits confits, des noix et des bonbons. À onze heures, tous les jeux, tous les plaisirs cessaient. Dès les premiers tintements de la cloche, on se mettait en devoir d’aller à la messe, on s’y rendait en longues files avec des torches à la main. Avant et après la messe, tous les assistants chantaient des Noëls, et on revenait au logis se chauffer à la bûche et faire le réveillon dans un joyeux repas. »

Dans la Semaine religieuse du diocèse de Langres du 23 décembre 1905, un vieil auteur, Marchetti, expose le sens religieux de ces pratiques : « La bûche de Noël, dit-il, représente Jésus-Christ qui s’est comparé lui-même au bois vert. Dès lors, continue notre auteur, l’iniquité étant appelée, dans le quatrième Livre des Proverbes le vin et la boisson des impies, il semble que le vin répandu par le chef de famille sur cette bûche signifiait la multitude de nos iniquités que le Père Éternel a répandues sur son Fils dans le mystère de l’Incarnation, pour être consumées avec lui dans la charité, dont il a brûlé durant le cours de sa vie mortelle ».

Le gâteau

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la bûche de Noël, dessert de réveillon par excellence, n’est pas une tradition qui remonte aux fins fonds des origines de la gastronomie française. La méprise vient du fait que la bûche, la vraie, la bonne grosse bûche de bois sec que l’on mettait dans l’âtre le soir de Noël du temps où il y avait encore une cheminée dans tous les foyers existe, elle, depuis le Moyen-Âge.

La tradition de la grosse bûche de bois perdura jusqu’à la fin du XIXe tant que les gens avaient un âtre dans leur maison. Quand ces foyers disparurent dans la plupart des maisons, la tradition des bûche de bois disparut avec ceux-ci.

L’invention de la bûche pâtissière remonte à la même époque : au XIXe siècle, sans que personne ne sache vraiment qui en a la paternité, les sources multiples se contredisant. Certaines évoquent sa création vers 1834 par un apprenti pâtissier de Saint-Germain-des-Prés. D’autres estiment que la bûche de Noël est née à Lyon dans les années 1860 dans la cuisine du chocolatier Felix Bonnat. Une autre piste mène à Pierre Lacam, glacier du prince Charles III de Monaco, qui l’aurait conçue en 1898.

Toujours est-il que la bûche en tant que pâtisserie n’a commencé à se populariser qu’après la Libération, dans les années 1945-1950. C’est surtout une tradition des pays francophones.

Au Québec, il faut attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale avant que la bûche connaisse le succès, « avec notamment l’immigration de pâtissiers, des savoir-faire et des échanges culinaires entre le Québec et la France », souligne M. Jean-Pierre Lemasson, professeur associé au Département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM.

À preuve : dans ses recherches, M. Lemasson a constaté l’absence totale de bûche dans La Nouvelle Cuisinière canadienne, le premier livre de recettes publié au pays en 1840. Il y a cependant beaucoup de poudings et de gâteaux d’inspiration britannique...

Bûche de Noël traditionnelle au beurre

Pour ceux que les détails folkloriques intéressent, on trouvera ci-dessous une description des traditions de la bûche (de bois) de Noël dans ce qu’elle offrait de particulier en Berry, en Normandie, en Provence et en Bretagne.

mercredi 29 novembre 2023

Noël est discriminatoire systémiquement selon la Commission canadienne des droits

Les députés de tous les partis politiques ont fait front commun mercredi pour dénoncer la Commission canadienne des droits de la personne, qui affirme que Noël est une fête discriminatoire à l’égard des minorités religieuses.  


 
«Honnêtement, au Québec, on va continuer de fêter Noël et on s’excusera pas de fêter Noël au Québec!» a pesté le ministre Simon Jolin-Barrette, après un vote des parlementaires québécois.

Les élus de l’Assemblée nationale se sont portés à la défense de la Fête de la nativité et ont adopté à l’unanimité une motion dénonçant l’organisme fédéral, qui estime que les jours fériés liés au christianisme comme Noël et Pâques représentent un exemple évident de «discrimination religieuse systémique». Plus encore, la Commission juge que cette «discrimination à l’égard des minorités religieuses au Canada est ancrée dans l’histoire du colonialisme au Canada».

Une motion envoyée au père Noël

Les politiciens de toutes les formations politiques ont tenu à affirmer haut et fort mercredi que Noël est une «tradition» célébrée au Québec depuis plusieurs générations. Ils ont d’ailleurs invité tous les Québécois «à s’unir» durant la période des Fêtes.

Ironiquement, la motion a été envoyée non seulement au Parlement d’Ottawa et à la Commission canadienne des droits de la personne, mais aussi au père Noël.

Noël n’est pas raciste

Le ministre responsable de la lutte contre le racisme, Christopher Skeete, n’a pas mâché ses mots lui non plus pour décrier la position de l’organisme de surveillance des droits de la personne au niveau fédéral.

«La Commission essaie de dire aux Canadiens et par extension aux Québécois que Noël, c’est raciste. Moi, je ne le pense pas et je pense que les Québécois sont avec moi», a-t-il lancé, au sortir du Salon bleu.

dimanche 25 décembre 2022

Comment les wokes ont volé Noël...

 
(la plateforme Rumble est censurée en France, pays de la liberté, parce qu'elle retransmettait la chaîne RT, ordre du gouvernement Macron) 
 
 
(nous avons donc ajouté cette même vidéo sur Odysee, qui nous croyons n'est pas pour l'instant complètement censurée en France)

samedi 24 décembre 2022

« Au Wokistan, Noël dérange et pose de graves problèmes existentiels »

Une simulation du sapin de verre et d’acier place Pey-Berland, à Bordeaux, réalisée par l’artiste Arnaud Lapierre.

Pour une « communication inclusive », la Commission européenne a proscrit des mots comme « Noël ». Revenant sur de multiples exemples similaires dans les villes écologistes, Anne-Sophie Chazaud montre que les élus progressistes s’évertuent à déconstruire cette fête traditionnelle. Anne-Sophie Chazaud est chercheuse et essayiste, auteur de Liberté d’inexpression, des formes contemporaines de la censure (éditions de l’Artilleur, 2020).

Se pencher sur les inepties foisonnantes et non dénuées d’inventivité produites par la plupart des élus écologistes (lesquels se préoccupent en réalité bien peu d’écologie), c’est un peu comme goûter avec émerveillement et gourmandise aux joies quotidiennes d’un calendrier de l’avent : à chaque jour son petit plaisir, sa petite décision ridicule, sa volonté pathétique de provoquer, son désir infantile de choquer le bourgeois (et le populo tant honni), son obsession à déconstruire les codes et les repères traditionnels, en particulier lorsqu’ils ont trait à l’ancrage historique chrétien (horresco referens !) de la France (rien que des gros mots !). Et les déclarations ou décisions grotesques se succédaient ainsi en une sorte de concours secret que semblaient se livrer ces édiles, concours dont le vulgum pecus ignorait les règles obscures et dont le prix du gagnant était peut-être un Clitoris d’Or — en pâte à sel — fabriqué grâce aux dons de sorcellerie de Dame Sandrine Rousseau, qui sait…

La conquête accidentelle [par les écologistes] pour cause de Covid de seulement 8 villes (sur 42) de plus de 100 000 habitants avec un taux d’abstention record de 56 % et une légitimité plus que ténue (en raison même des circonstances dans lesquelles s’est déroulé ce processus électoral, entre confinement et peur panique) a néanmoins fait pousser des ailes à ces exécutifs locaux qui, aussitôt aux manettes, ont donné le ton sur un mode bien peu rassembleur et volontiers idéologique, où l’arrogance le dispute bien souvent à la simple bêtise, lesquelles nuisent du reste toutes deux à la cause environnementale à laquelle chaque être humain normal ne peut qu’être sensible.

Il y eut par exemple l’empressement à se jeter sur l’écriture inclusive, ce charabia en réalité excluant pour tous ceux qui connaissent des difficultés de lecture et cognitives (mais qu’à cela ne tienne puisqu’il ne s’agit là de rien d’autre que d’un signe extérieur de richesse culturelle témoignant du désir malsain d’insécuriser la langue), il y eut les déclarations loufoques sur la 5G (servant, comme chacun sait, selon l’inénarrable maire de Grenoble Éric Piolle à « regarder du porno dans l’ascenseur »), les interdictions de survoler Lyon pour la Patrouille de France, les déclarations imbéciles sur le Tour de France et tant d’autres sottises.

dimanche 26 décembre 2021

Noël, le Jour de l'An, les Étrennes, la bénédiction du pater familias au Canada français


Article du Devoir de 2006 en question

Il est un jour entré dans nos vies en passant par la cheminée. Depuis ce jour, on ne remet plus, ou si peu, son existence et son pouvoir en question. Le père Noël, tel qu'on le connaît aujourd'hui, n'a pourtant pas toujours vécu parmi nous. Dans Hourra pour Santa Claus, un essai qui paraît chez Boréal, le sociologue Jean-Philippe Warren retrace l'histoire de l'arrivée au Québec, à la fin du XIXe siècle, du gros bonhomme vêtu de rouge, qui a supplanté le petit Jésus dans nos maisons comme distributeur de cadeaux.

En fait, avant la moitié du XIXe siècle, c'est bien le jour de l'An, et non Noël, qui est la grande fête de l'hiver dans la vie des Canadiens français. C'est à ce moment-là que la parenté se retrouve et échange des cadeaux [les Étrennes]. La fête de Noël, quant à elle, passe pratiquement inaperçue. Les collégiens n'ont pas de congé scolaire à cette occasion et ne retournent pas dans leur famille pour la célébrer. Tout au plus fréquente-t-on la messe de minuit et confectionne-t-on un petit réveillon à la maison. «[...] à une exception près, aucun article de The Gazette de Montréal ne mentionne Noël entre 1785 et 1840», note Warren. Noël est alors l'une parmi d'autres très nombreuses fêtes religieuses du calendrier. Mais vient la révolution industrielle, et les patrons d'entreprise de cette époque font pression pour que le nombre de fêtes de ce calendrier, qui sont autant de congés pour les employés, diminue.

Entre le XVIIe et la fin du XIXe siècle, le nombre de fêtes d'obligation passe, au Canada, de 40 à neuf, relève Warren. «Les temps modernes sont temps de progrès par l'accroissement du temps de travail. On ne peut tolérer que le quart de l'année (40 jours de fête et 52 dimanches) soit rendu improductif. En 1900, 85 % des jours sont disponibles pour le travail», écrit, à ce sujet, Ollivier Hubert, dans Sur la terre comme au ciel.

Moins de fêtes, donc, et par conséquent plus de temps pour les espérer et les préparer. C'est l'une des explications que propose Jean-Philippe Warren pour justifier l'ampleur phénoménale qu'a prise la fête de Noël depuis plus d'un siècle. L'autre étant, bien entendu, la venue de la société de consommation. Quant à Santa Claus, qui deviendra ensuite le père Noël, c'est un Allemand d'origine, qui a transité à travers la Hollande pour devenir momentanément Sinter Klaas [Saint Nicolas en néerlandais], avant d'être adopté aux États-Unis à la fin du XIXe siècle. Contrairement à saint Nicolas, personnage mythique d'origine française et qui ressemble à Santa Claus à plusieurs égards, ce dernier donne indifféremment à tous les enfants. En effet, alors que, traditionnellement, saint Nicolas était accompagné du père Fouettard [en France, Belgique, Hollande et en Allemagne] et emmenait les enfants qui n'avaient pas été sages dans une grotte, Santa Claus est généreux sans condition.

Rien de tel que ce gros bonhomme prodigue pour faire le bonheur d'une société de consommation en émergence, avec en ligne de front les nouveaux magasins à rayons, dont le refrain est de vendre, vendre, vendre, à tout prix et à tout le monde. Ce sont les magasins John Murphy, Scroggie's, Hamilton, S. Carsley, Au bon marché, Dupuis frères et Zéraphin Paquet qui ouvrent, à la fin du XIXe siècle, leurs édifices à étages à Montréal, rue Sainte-Catherine ou Saint-Joseph.

«Autrefois, c'était bien le petit Jésus qui distribuait les cadeaux», précise Warren. C'est lui qui venait remplir de présents les petits souliers des enfants durant la nuit. Mais n'était-il pas devenu embarrassant de mettre en vitrine autant de petits Jésus qu'il y a de magasins, ou encore de faire monter des petits enfants sur les genoux d'un chérubin pour établir leur liste de souhaits pour Noël?

Car ce sont les marchands, d'abord et avant tout, qui ont intérêt à importer au Canada français la folie de Santa Claus qui a gagné l'Amérique anglophone. Non contents d'attirer chez eux les milliers de consommateurs en mal d'étrennes à donner, ils forcent ensuite les parents à leur rendre visite avec leur famille en créant entre leurs murs de véritables pays des jouets, qui se reproduisent de commerce en commerce. C'est sans parler du célèbre défilé du père Noël, qui attire des milliers d'enfants dans la rue. La formule, désormais incontournable, a dû être jugée gagnante puisqu'elle a réussi à se frayer un chemin jusqu'à nous.

Ainsi, à partir de la fin du XIXe siècle, inverse-t-on, le jour de Noël, le rapport qui régit habituellement les relations entre parents et enfants. Alors que la société traditionnelle était axée vers les besoins, la nouvelle société de consommation est orientée vers le désir, note Warren. Et qui de mieux que les enfants pour entretenir cette fièvre débridée du désir, cette envie de goûter et de toucher à tout, sans distinction et sans réserve? «L'enfant veut tout et n'importe quoi», relève Warren. En ce sens, il est tout à fait en phase avec la mentalité nouvelle des commerces, avec leur avalanche de jouets bruyants et d'objets de luxe, mêlant allègrement le nécessaire et le superflu.

Reste que les Canadiens français n'ont pas fait la vie si facile à Santa Claus, cet Allemand d'origine à l'accent américain. À son arrivée ici, le rouge bonhomme est en fait un illustre inconnu. «Au début, il fait peur aux enfants», dit Warren en rigolant. Puis vient la Première Guerre mondiale, et le passé allemand de Santa Claus ne lui fait pas bonne presse.

«On se sert au Québec des hostilités avec l'Allemagne pour monter une campagne contre cet immigré teuton, ce "prince de la camelote teutonne", ce "gros vieil Allemand du pôle Nord", ce fantoche "made in Germany" [in Deutschland hergestellt], ce "boche", infiltré pour ainsi dire illégalement dans le pays et qui mériterait d'en être prestement délogé», écrit Warren.

Il fallait donc tout au moins rebaptiser Santa Claus.

«Saint Nicolas, de par son nom, aussi de par sa figure plus émaciée et son allure plus austère, sans compter sa fréquentation du père Fouettard, continuait à être trop associé à l'univers religieux dans une société de plus en plus gagnée par la commercialisation et l'industrialisation», ajoute-t-il. C'est donc le père Noël, précédé du bonhomme Noël et du petit Noël, qui gagnera le cœur des Québécois et qui a pignon sur rue ici depuis lors.

Il n'y a d'ailleurs pas que les origines allemandes de Santa Claus qui incommodaient les nationalistes canadiens-français. La frénésie de cadeaux qui n'ont rien de catholique fait aussi froncer les sourcils des conservateurs, qui suggèrent l'achat d'images pieuses plutôt que les oursons en peluche devenus l'usage. Mais la grande fête de la générosité et de la consommation, traînant les paradoxes les plus criants, allait avoir raison de la morale, tout en récupérant certaines de ses valeurs, dans une sorte de syncrétisme dont, il faut l'avouer, tout un chacun s'accommode depuis sans problème.

Car la fête de Noël, avec tous ses excès, a bien fini par rallier les marchands et le clergé. Les premiers parce que la fête fait évidemment leur affaire et leur promet les ventes les plus importantes de l'année, les seconds parce que, fête religieuse d'abord et avant tout, elle supplante le jour de l'An, fête païenne, dans les mœurs de la population et redonne, malgré tout, entre le clinquant et la pacotille, une place certaine à la Nativité.

Présentation de l'éditeur

On s'imagine d'ordinaire que le Noël qui fait désormais partie de notre culture nord-américaine est de création récente. C'est pourtant dans le dernier quart du XIXe siècle qu'a été progressivement moulé, dans les officines commerciales, le nouvel esprit de Noël. Cet esprit s'impose à travers deux grandes batailles. D'une part, le petit Jésus a progressivement été remplacé par Santa Claus. D'autre part, au fur et à mesure que l'on avance dans le siècle, la fête de Noël tend à supplanter le jour de l'An dans la culture populaire. En cherchant à comprendre comment la fête de la Nativité est devenue l'événement mercantile par excellence de la société contemporaine, l'auteur nous invite à nous interroger sur l'origine et la genèse de coutumes qui nous semblent immémoriales. Le sociologue Jean-Philippe Warren nous donne ici un livre aussi divertissant qu'érudit.

Hourra pour Santa Claus !
par Jean-Philippe Warren,
paru en octobre 2006,
chez Boréal,
à Montréal
Pages : 304 pp
ISBN : 9782764604861 (2764604866)

samedi 21 décembre 2019

Noël: une fête dérangeante

Chronique de Denise Bombardier dans le Journal de Québec.

Il y a environ trente ans, je fus invitée à participer à une émission pour diffusion à Noël à la radio de Radio-Canada.

J’y suis allée sans hésiter croyant me retrouver dans une ambiance nostalgique où nous aurions l’occasion de réfléchir sur le sens de cette fête religieuse dans le Québec en voie de laïcisation.

L’émission était enregistrée et en studio j’ai vite découvert le pot aux roses. Les animateurs, se croyant affranchis, dirigeaient les échanges entre invités sur des thèmes aussi plombés que le suicide, la dépression, la sexualité et bien sûr le système capitaliste. Ces échanges étaient ponctués par des chansons, toutes déprimantes. Pas un chant de Noël.

Au bout d’une vingtaine de minutes de cette atmosphère délétère, j’ai quitté le studio non sans avoir interpellé les animateurs qui, eux, croyaient sans doute préparer un scandale médiatique qui les propulserait à l’antenne de la radio enfin libérée des « niaiseries » à caractère religieux.

J’ai décidé alors d’en informer la direction. Après avoir écouté le « chef d’œuvre » iconoclaste, un responsable en a annulé la diffusion.

Cette anecdote vécue, la romancière que je suis ne pourrait pas l’inventer. Car il est évident que les personnes qui ont baigné dans la culture chrétienne traversent rarement Noël et le jour de l’An dans l’indifférence.

D’abord, Noël raconte la naissance d’un enfant, ce qui nous ramène inévitablement à notre propre enfance. La nostalgie fait alors son œuvre. Une enfance malheureuse renvoie au malheur comme une enfance heureuse également. Car à l’âge adulte, qui peut prétendre à une vie sans souci, sans angoisses et sans échecs. Le bonheur à vif est par définition fugace. Et la lucidité fait aussi son œuvre. Il vaut mieux écouter Édith Piaf chanter « la vie en rose » que de croire qu’on peut la vivre au quotidien.

Et bien sûr Noël est une fête religieuse. L’Enfant dont il est question est Dieu pour les chrétiens. Nous sommes alors renvoyés à la foi de notre enfance, parfois à la perte de cette foi à l’âge adulte ou à l’absence de croyances religieuses chez plusieurs. Cela pose problème.

Au Québec, à la grande surprise de nombreux observateurs, une majorité de gens se déclarent encore croyants. Mais l’objet de leur foi n’est plus incarné uniquement par l’image du Dieu auquel la grande majorité adhérait autrefois. Comment définir sa foi dans notre culture catholique alors qu’elle était enrobée d’une moralité rigoriste, faite de péchés, d’interdits et de culpabilité ?

Noël est devenu une épreuve moins spirituelle que psychologique pour les Québécois de souche, orphelins des cérémonies liturgiques où la lumière des cierges, l’odeur de l’encens et les chants solennels, remplis d’espérance, émouvaient les cœurs des petits et des grands.

Le déni de nos racines religieuses ne mène qu’au refoulement identitaire. Tous les diktats de la foi religieuse, par contre, étouffent le désir de parvenir à concilier les croyances enfantines et l’angoisse de l’adulte devant la mort. Autrement dit, Noël est une épreuve pour tous où brille pour certains une lumière d’espérance.

Joyeux Noël et bonne année à tous.

dimanche 15 décembre 2019

Crèche vivante brusquement arrêtée par cinquante « anti-fascistes »

Affligeant. C’est aux cris de « Stop aux fachos », sans même se rendre compte que c’est ce qu’ils sont eux-mêmes, en ne respectant aucunement la liberté de pensée des autres, qu’une cinquantaine d’individus, a interrompu samedi, vers 16 h la crèche vivante avec chœurs, qui devait se dérouler jusqu’à 18 heures, place Saint-Georges à Toulouse.

Regroupés sur les murettes entourant la place, vociférant et proférant insultes et cris à l’encontre « des flics, des fachos » revendiquant « nous, on est les anticapitalistes ». Effrayant les enfants qui jouaient dans la pastorale et jouant la provocation jusqu’à descendre sur la place en cherchant la confrontation. Ce qui a clos définitivement la représentation, prévue avec succession de chorales, jusqu’à 18 h. Alors, les enfants sont descendus de l’estrade, trois chœurs prévus encore n’ont pas chanté. L’âne et les moutons sont repartis dans leur ferme. Et le public déçu, hochait la tête de dépit. Aussi triste que crétin. Quel intérêt de venir manifester là ?

La crèche vivante avant qu’elle ne soit brusquement arrêtée


Tout avait pourtant bien commencé, vers 15 heures, avec une crèche vivante « à l’ancienne » organisée par l’association Vivre Noël autrement, avec la venue outre de la présentation dans la tradition provençale, de cette pastorale du camion d’une ferme solidaire, qui réinsère des gens sans travail et qui avait prêté pour l’occasion quelques moutons. Plusieurs chœurs étaient prévus, devant se succéder toutes les demi-heures : l’ensemble Vocal de femmes Mélina, un trio flûte piano voix, jouant Bach, Vivaldi, Donzetti, l’ensemble choral des Dominicains, le groupe Only Voices style gospel, le chœur Evangelous, le chœur jeune éclats de voix...



Souriante, Cécile prend tout cela avec philosophie : « C’était pire au premier temps des Chrétiens » dit-elle avec humour « Tous ceux qui crient ne savent pas que Jésus n’était pas un bourgeois, mais un pauvre, un démuni. Je les plains » termine-t-elle.

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vendredi 6 décembre 2019

Saint-Nicolas — agression contre le Père Fouettard devant des enfants à Bruxelles

Nous sommes mercredi 27 novembre dernier. Ce jour-là, comme le rapporte Ilico, un magasin situé à Uccle (commune chic de Bruxelles) organise une animation de Saint Nicolas en présence du grand saint et du Père Fouettard.

Saint Nicolas (à droite) et son acolyte, le Père Fouettard


Si dans un premier temps il n’y avait que des parents et enfants, ils ont vite été rejoints par des fauteurs de troubles. « Un jeune filmait Saint Nicolas et père fouettard, en souriant. Puis, il a pianoté sur son cellulaire. Il a sûrement envoyé les images sur un groupe. Et dans le quart d’heure qui suit, 7, 8 personnes ont rappliqué », raconte un témoin à nos confrères.

Rapidement, plusieurs membres du groupe interpellent l’acolyte de Saint Nicolas : « Ils se sont approchés à 2 cm du visage du père fouettard et ils l’ont reniflé. Ils ont passé le doigt sur son visage et ils ont dit : Est-ce que c’est naturel ? Et puis, un autre est arrivé et a dit : Vous connaissez le phénomène du black face ? Vous savez qui vous êtes ? Le père fouettard a dit : Oui, je suis le père fouettard. Et l’homme a répondu : Et pourquoi vous êtes noir ? Le père fouettard a dit : Parce que je vais dans les cheminées. Des gens continuaient de filmer. La scène s’est déroulée devant des enfants. Le père fouettard a dû s’éclipser », explique le témoin.

Pour rappel, la couleur de Père Fouettard divise depuis plusieurs années. La polémique fait surtout rage aux Pays-Bas, même si elle avait franchi nos frontières il y a quelques années, au point de pousser le centre pour l’égalité des chances Unia à se positionner en 2014.

On rappellera qu’Unia avait conclu en 2014 que ni la tradition ni le personnage, même grimé en noir, ne s’apparentent à du racisme ou de la discrimination. Sauf si des propos explicitement racistes voient le jour autour du personnage lors d’une fête. Unia recommande toutefois que la Saint-Nicolas soit traitée « avec précaution », pour que le débat sur le père fouettard ne prenne pas des proportions extrêmes.

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lundi 2 décembre 2019

Piémont (Italie) — promouvoir Noël et ses traditions dans les écoles pour renforcer l'intégration

« Promouvoir des crèches, des pièces de théâtre et des chants de Noël » : voici le résumé de l’invitation adressée par la conseillère pour l’éducation de la région, Elena Chiorino, à tous les directeurs d’école du Piémont (nord-ouest près de la France). Une demande qui, dans l'esprit de la conseillère de la région, vise à renforcer les traditions, la culture et l’identité du territoire, mais qui souhaite également être inclusive pour les enfants issus de milieux aux usages, coutumes ou croyances différents.

« Je crois, écrit Chiorino, que la récurrence annuelle de Noël et les traditions qui en découlent, telles que les crèches de Noël, l’arbre de Noël et les spectacles de Noël, constituent un élément fondamental de notre identité que la région piémontaise entend protéger et préserver. Nous ne pouvons et nous ne devons pas priver nos jeunes, en particulier nos jeunes enfants, de l’atmosphère et de la magie de Noël. Pour ceux issus d’autres réalités, c’est une occasion précieuse de connaître les coutumes et les traditions du pays et ainsi rendre plus concrète cette réalité et favoriser une intégration harmonieuse ».

La décision d’écrire aux écoles de tous les niveaux, s’est cependant heurtés à l’opposition des radicaux italiens de gauche : « Nous sommes confrontés à une junte — a déclaré le président Igor Boni — qui utilise les institutions à des fins de propagande et c’est tout. En parlant d’école, je donne à la conseillère un zéro pointé en laïcité. Sa lettre aux directeurs va de pair avec ceux qui utilisent des chapelets et crucifix et les brandissent comme des armes politiques. J’espère que les écoles du Piémont jetteront cette missive au recyclage.

Sources : ANSA et Il Fatto quotidiano

mercredi 27 novembre 2019

Suisse — Enfants privés de chants religieux à l'école

Afin de ne pas froisser les autres communautés religieuses, la direction d’un établissement scolaire a décidé d’effacer des chants de Noël de son répertoire.

À l’approche du spectacle de fin d’année, que les élèves présenteront à leurs familles le 20 décembre prochain, la direction d’une école primaire de Wil (canton de Saint-Gall) a pris une décision qui a étonné ses enseignants. Ces derniers ont été informés il y a quelques jours que trois chants de l’Avent ne seraient plus présentés « par respect pour les autres cultures et religions. »


Les textes supprimés, célébrant la naissance du petit Jésus, se trouvent dans le livre de chants officiels des écoles du canton de Saint-Gall : « Go Tell It on the Mountain » [Va le dire sur la montagne], « Fröhliche Weihnacht überall » [Joyeux Noël partout] et « S’gröschte Gschänk » [Le plus grand cadeau].
 

Des pères échaudés

Selon un F.*, un enseignant souhaitant garder l’anonymat, cette décision intervient après plusieurs incidents ayant eu lieu les années précédentes. Il y a deux ans, un père s’était levé pendant le concert, se plaignant du choix des chansons. Selon lui, les textes s’adressaient davantage aux chrétiens qu’aux musulmans. Un autre spectateur, de confession non musulmane, avait également perturbé le concert de l’année dernière pour évoquer le même « problème ». « Cette décision a été probablement prise, car un nouveau directeur vient d’être nommé. Il souhaite sûrement commencer sa carrière d’un bon pied », continue F*.


« Un programme davantage équilibré »

Le responsable de l’éducation de la ville, Tobias Mattes, a également validé cette décision. « Nous planifions la fête en équipe. Il y a aussi beaucoup de discussions sur la façon dont nous pouvons tous nous impliquer. Le programme devrait davantage être équilibré ».

Incompréhension du côté d’organisations islamiques

Contacté par 20 Minuten, Farhad Afshar, président de la Coordination des organisations islamiques de Suisse, encourage les écoles à ne rien changer à leurs habitudes : « De notre point de vue, il est très regrettable que dans un pays chrétien, il n’y ait plus de chants de cette confession. »

Selon lui, la décision de la direction de l’école témoigne de l’ignorance de l’Islam, car dans de nombreux pays à majorité musulmane, les magasins sont décorés avec des trucs de Noël afin de satisfaire leurs clients chrétiens.