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lundi 18 mai 2026

Comment le progressisme a condamné le Canada (vidéo)

Comment le Canada est-il passé de modèle de réussite à un avertissement pour l'Occident ? Décrytage qui analyse l'échec du progressisme au Canada et l'impact des politiques de Justin Trudeau sur la cohésion nationale. Alors que le pays était une terre de libertés, il semble aujourd'hui prisonnier d'une idéologie radicale. On y décortique les mécanismes de cette transformation, du multiculturalisme d'État à l'influence de Mark Carney et du Great Reset.



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Recension critique du livre Value(s) écrit par le nouveau Premier ministre Mark Carney 

De 1945 à 1965, le taux de mortalité dans les pensionnats amérindiens était comparable à la moyenne canadienne

Critique du documentaire Sugarcane, Les Ombres d'un pensionnat (2024)

Carney maintient le cap Trudeau en ce qui a trait aux traitements chimiques et chirurgicaux des enfants qui se disent trans

Canada : quand le droit glisse vers une application différente selon le groupe ethnique

 

Le Premier ministre canadien Mark Carney a invité à son conseil un confondateur de l'Initiative du Siècle

Sondage (n=1500) — Près des 2/3 des Canadiens contre le triplement de la population du Canada d'ici 2100 (le plan de l'Initiative du Siècle)

Le chef libéral Mark Carney a été accusé de s'approprier les idées des autres au cours de la campagne électorale fédérale (en anglais, Globe and Mail)

Les Britanniques avertissent que le nouveau premier ministre canadien a une « touche Midas inversée ». La réputation de Mark Carney en tant que gouverneur de la Banque d'Angleterre est plus entachée qu'il ne le laisse entendre (en anglais, National Post)

Tenir compte des avertissements sévères de la Grande-Bretagne à l'égard de Mark Carney. La presse britannique tant de gauche que de droit s'est montrée beaucoup plus critique à l'égard de notre nouveau premier ministre que la nôtre.  (en anglais, National Post) 

 
 

Selon que vous serez blanc ou noir, les jugements de cour accueilleront ou rejetteront vos demandes

« Emplois d’été Canada » contre les jeunes blancs hétéros

Racialisation de la justice : un Amérindien invoque ses origines pour écoper d'une peine moins lourde (2024, affaire Joseph George Sutherland)

Canada — Racialisation de la « Justice » (selon que vous serez blanc ou non, le tribunal sera sévère ou indulgent) 

Cette « réconciliation » avec les Premières Nations est un désastre pour le Canada

« Le racisme anti-blanc existe, il est systémique et institutionnalisé » 

Ontario — Tribunal déclare que l’épreuve de compétence en mathématiques de l’Ontario est inconstitutionnelle (car avait un impact négatif sur l'accès à la profession enseignante pour les candidats racisés)

lundi 4 mai 2026

Selon que vous serez blanc ou noir, les jugements de cour accueilleront ou rejetteront vos demandes


Voulez-vous une autre illustration ridicule, mais rigoureusement vraie du fait que le Canada est une vraie maison de fous ?

En 2021, une étudiante en droit, devenue avocate depuis, montre de l’intérêt pour un poste d’agente à la sensibilisation de la nature chez QuébecOiseaux (ça existe).

Le poste est cependant réservé aux gens de moins de 30 ans issus des minorités visibles.

L’étudiante a moins de 30 ans, mais elle a eu la mauvaise idée de naître désespérément blanche.

Elle dépose donc une plainte pour discrimination auprès de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec (CDPDJ).

Elle réclame 7500 $ en dommages moraux et punitifs.

Exclusion

Pourquoi de tels critères d’exclusion dans l’offre d’emploi ?

Parce que le poste est financé par le programme fédéral Travailler pour prospérer, administré par Nature Canada, qui relève de Parcs Canada et qui impose ces critères pour, supposément, lutter contre le racisme et la discrimination systémiques au Canada.

À l’échelle de tout le Canada, Nature Canada veut que 40 % de ses postes soient attribués à des gens allant des minorités visibles aux communautés LGBTQ2+ en passant par les personnes handicapées.

On comprend donc que cet objectif global de 40 % devenait une barrière d’exclusion de 100 % pour ce poste précis.

Redresser de scandaleuses injustices ? Euh, on parle ici d’un seul poste, à temps partiel, d’une durée de 20 semaines.

La CDPDJ examine le dossier et trouve qu’il y a une atteinte aux droits de la plaignante.

En langage clair, il y a bel et bien de la discrimination fondée sur la couleur, la race et l’âge.

Elle estime aussi que le formulaire d’embauche à remplir demande des renseignements personnels qui n’ont rien à voir avec les compétences, ce qui contrevient à la Charte canadienne.

Ça tombe un peu sous le sens : en quoi avoir la peau noire ou blanche vous qualifie-t-il plus ou moins pour comprendre les petits oiseaux ?

La CDPJQ propose qu’on dédommage modestement la plaignante, mais l’organisme se retire ensuite du dossier, n’y voyant pas d’intérêt public suffisant pour s’y associer.

Si la plaignante veut continuer, dit la CDPDJ, elle peut toujours introduire un recours en son nom personnel devant le Tribunal des droits de la personne.

C’est ce que fait la plaignante.

Elle fait donc du judo avec la rhétorique habituelle, alléguant que c’est elle qui est victime de « discrimination systémique ».

Idéologie
 

Le jugement du Tribunal [des droits de la personne] est tombé le mois dernier.

L’offre d’emploi était bien discriminatoire, mais le recours de la plaignante est néanmoins rejeté.

Pourquoi ? Parce qu’elle ne voulait pas vraiment le poste.

Elle avait une « position idéologique » et voulait en réalité attaquer le principe même de la discrimination positive.

Amusant, non ? Discriminer pour la « bonne cause » n’est pas de l’idéologie, mais protester contre cette pratique, c’est de l’idéologie.

Au Canada, la discrimination est à sens unique.

La fièvre idéologique pourrit les petites comme les grandes choses.

Source : Joseph Facal

mercredi 29 avril 2026

Menacé, le cinéma Cartier de Québec annule la première de Génération Trans


La soirée spéciale prévue le 30 avril prochain n’aura pas lieu à Québec

La première d’un film portant sur le phénomène trans a été annulée au cinéma Cartier, à Québec.

Après une soirée sans anicroche devant une centaine de personnes à Montréal, la projection du documentaire Génération Trans, prévue le 30 avril, n’aura pas lieu dans la capitale.

Menace

Le réalisateur indépendant se dit profondément ébranlé par cette décision. « J’avais réussi à louer une salle, mais le cinéma Cartier m’a confirmé qu’on ne veut plus projeter mon documentaire. Le propriétaire m’a confirmé officiellement la mauvaise nouvelle. Je l’ai appris[e] lundi », a expliqué Jean-Pierre Roy.

L’activité avait notamment été annoncée sur les réseaux sociaux. « C’était une erreur. Je me retrouve le bec à l’eau », déplore le cinéaste.

Selon lui, le cinéma aurait reçu des messages désobligeants et des menaces de membres de la communauté trans qui dénonçaient la projection du film. Il affirme aussi que des employés de l’établissement auraient également menacé de démissionner.

La face cachée

Génération Trans est décrit comme un documentaire indépendant sur la face cachée de la transidentité chez les jeunes.

Le point de départ est le suivant : au Québec, avant l’âge de 18 ans, on ne peut ni voter, ni acheter de l’alcool, ni faire un tas d’autres choses, parce que la loi présume qu’une personne mineure n’a pas encore la maturité requise.

Cependant, dès l’âge de 14 ans, un enfant peut décider qu’il appartient au « mauvais sexe » et entreprendre seul une transition de genre. Bienveillance ou négligence ?

« Je questionne [le fait] que les jeunes, des mineurs, à partir de 14 ans, ont l’autonomie décisionnelle pour avoir des traitements hormonaux, et plus tard, à 16 ans, pour [subir] des interventions chirurgicales, comme la mastectomie. Je le questionne comme citoyen, comme papa, comme réalisateur et comme Québécois », ajoute M. Roy.


Ce dernier a recueilli des témoignages de parents, d’experts et de membres du Comité de sages sur l’identité de genre. Des séquences ont même été tournées en Europe. Le projet a duré un an.

Des révélations

« Je me demande seulement comment le Québec a pu en arriver là. Il y a une zone grise que les cliniques de transition utilisent. Le film est troublant parce qu’il y a des révélations », termine-t-il.
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Le Journal n’a pas pu visionner le documentaire. Le propriétaire du cinéma, qui refuse de le présenter en salle, ne l’a pas vu non plus.

Le patron du cinéma Cartier ne reviendra pas sur sa décision d’annuler la projection. Il confirme avoir reçu des menaces.

« Des choses vraiment pas sympathiques. On voulait présenter le film avec une discussion, mais ça n’aura pas lieu. Les gens nous ont associés au film et ce n’est pas le cas. Ça s’est emballé de façon négative », précise Yvan Fontaine.

L’homme d’affaires aurait aimé se faire une idée du film. « J’aurais pu me faire ma propre opinion sur le contenu et peut-être calmer le jeu. C’est la première fois que je vis ça. »

Source : Journal de Québec
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vendredi 24 avril 2026

« Emplois d’été Canada » contre les jeunes blancs hétéros


Le programme Emplois d’été Canada soutient chaque année des dizaines de milliers de jeunes âgés de 15 à 30 ans en finançant des subventions salariales aux employeurs (principalement organismes sans but lucratif, secteur public et petites entreprises privées).

Chiffres récents des jeunes soutenus :

En 2025 : Plus de 75 000 emplois créés pour les jeunes (le programme a dépassé son objectif initial de 70 000, avec environ 71 200 à 76 000 postes selon les sources officielles). 

Pour 2026 (année en cours) : Le gouvernement annonce jusqu’à 100 000 possibilités d’emploi offertes via le programme, avec plus de 100 000 postes affichés sur le Guichet-Emplois. Cela fait partie d’un investissement plus large visant environ 175 000 perspectives d’emploi et de développement de compétences pour les jeunes au total cette année. 

Sur plusieurs années, le programme a financé plus de 460 000 à 600 000 emplois pour les jeunes depuis 2019 (selon les bilans cumulés).

Discrimination anti-blanc hétéro 

Le programme met l’accent sur les groupes prioritaires selon le gouvernement fédéral (jeunes Autochtones, Noirs, racialisés, 2ELGBTQI+, en situation de handicap, etc.).

Combien de blancs, mâles, hétéros soutenus par EEC ?

D’après les données les plus récentes publiées dans l’aperçu du programme Emplois d’été Canada (avril 2026) :

Genre
63 % des participants s’identifient comme femmes ou comme un genre autre que masculin.
→ Les hommes représentent donc environ 37 %.

Autochtones et non blancs
8 % des participants sont Autochtones.
25 % sont issus de groupes racialisés.
→ Environ 67 % ne sont ni Autochtones ni racialisés (les catégories étant présentées séparément, sans recoupement significatif dans ces statistiques globales).

Nombre d'hommes non autochtones et non racisés (« blancs »)

37 % × 67 % ≈ 24,8 %

Il s'agit d'une estimation.

Non hétéro

Aucune donnée publique détaillée ne précise la proportion de participants s’identifiant comme 2ELGBTQI+ dans ce programme, contrairement à d’autres variables comme le genre, l’identité autochtone, la racialisation ou le handicap.

Dans la population canadienne des 15–30 ans, les estimations disponibles situent cette proportion autour de 12 à 20 %. Étant donné que le programme accorde une attention particulière à certains groupes sous-représentés, il est plausible que leur part parmi les participants soit au moins comparable, voire supérieure, à cette moyenne.

En retenant une hypothèse prudente de 15 à 20 %, la proportion de participants non concernés par ce critère se situerait entre 80 et 85 %.

Estimation de la proportion d'hommes blancs hétéros

24,8 % × 80–85 % ≈ 20–21 %

Ainsi, en combinant ces trois dimensions de manière approximative, la proportion de participants correspondant simultanément à ces caractéristiques se situerait autour de 20 %, peut-être moins.

Il convient toutefois de souligner que ce type de calcul repose sur une approche multiplicative simplifiée : les variables ne sont pas totalement indépendantes et les données publiques ne permettent pas de croisement précis entre tous les critères. L’estimation donne donc un ordre de grandeur indicatif plutôt qu’une mesure exacte.

vendredi 10 avril 2026

«MMIWG2SLGBTQQIA+» : une députée canadienne raillée après l’usage d’un acronyme jugé «absurde» et «woke»

Canada: une députée dénonce le «génocide en cours des personnes MMIWG2SLGBTQQIA+»
À Ottawa, lors d’une conférence de presse consacrée aux femmes autochtones disparues et assassinées, une députée néo‑démocrate a évoqué le «génocide en cours» visant les personnes «MMIWG2SLGBTQQIA+». De quoi susciter de multiples réactions sur les réseaux sociaux.

Brandi au Canada par la députée néo-démocrate Leah Gazan, l’acronyme «MMIWG2SLGBTQQIA+» concentre en une formule quasi imprononçable un ensemble de réalités telle que les femmes et filles autochtones disparues ou assassinées, ainsi que diverses minorités sexuelles et de genre au sein des communautés autochtones.

Les peuples autochtones représentent environ 5% de la population canadienne, mais près d’un quart des victimes d’homicide selon les chiffres officiels, avec une nette surreprésentation des femmes parmi ces victimes.

Mercredi 8 avril à Ottawa, Leah Gazan a ainsi vertement dénoncé les 7 milliards de dollars de coupes budgétaires décidées par le gouvernement de Mark Carney dans les services aux autochtones, accusant Ottawa de ne rien prévoir pour ce qu’elle décrit comme un «génocide en cours».
Une terminologie employée par le gouvernement fédéral canadien lui‑même

Mais sur les réseaux sociaux, ce sont surtout les quinze caractères de «MMIWG2SLGBTQQIA+» («Missing and Murdered Indigenous Women, Girls, Two-Spirit, Lesbian, Gay, Bisexual, Transgender, Queer, Questioning, Intersex, Asexual, plus») qui ont retenu l’attention, suscitant un torrent de moqueries, certains y voyant la caricature d’une inflation «woke» de sigles, d’autres ironisant sur une excellente idée de mot de passe «ultra-sécurisé».

L’acronyme n’est pas un slogan militant improvisé, mais une terminologie employée par le gouvernement fédéral canadien lui‑même, qui l’utilise dans ses documents officiels. Selon ces critiques, cette complexité formelle, qui confine à l’absurde, finit par décrédibiliser la cause que les militants prétendent servir, en reléguant au second plan les violences subies par les personnes concernées.

Dans les contextes officiels francophones canadiens (gouvernement, enquêtes nationales), on parle plutôt de : FFADA2ELGBTQQIA+ ou FFADA et personnes 2ELGBTQQIA+
  • FFADA : Femmes et Filles Autochtones Disparues et Assassinées.
  • 2E : Deux-Esprits (ou bispirituel·le / bispirituelles) – terme désignant des personnes autochtones qui incarneraient à la fois un esprit masculin et féminin, ou des rôles de genre traditionnels non binaires dans les cultures autochtones.
  • Ensuite, la suite LGBTQI+ (ou parfois LGBTQQIA+) est traduite ainsi :
    • L : Lesbienne
    • G : Gaie (ou Gai)
    • B : Bisexuel·le
    • T : Transgenre
    • Q : Queer
    • Q : en Questionnement (parfois inclus)
    • I : Intersexué·e (ou Intersexuel·le)
    • A : Asexuel·le (parfois inclus)
    • + : Inclut toutes les autres identités de genre, orientations sexuelles ou terminologies non listées (pansexuel·le, non-binaire, etc.).

La version complète étendue devient donc quelque chose comme : Femmes, Filles et Personnes 2ELGBTQQIA+ Autochtones Disparues et Assassinées (ou FFADA2ELGBTQQIA+).

mardi 17 mars 2026

« France, Belgique, Allemagne : l'occident autoritaire ? »

Mathieu Bock-côté évoque plusieurs incidents récents.

jeudi 5 mars 2026

Le fanatisme du Tribunal des droits de la personne de la Colombie-Britannique doit être dénoncé

Amy Hamm (ci-contre) est une infirmière canadienne (registered nurse) de la Colombie-Britannique, connue pour son implication dans un dossier très médiatisé lié aux questions de genre, d'identité transgenre et de liberté d'expression.

Elle a été accusée par le British Columbia College of Nurses and Midwives (BCCNM) d'avoir tenu des propos discriminatoires et dérogatoires envers les personnes transgenres sur diverses plateformes en ligne (réseaux sociaux, podcasts, écrits publiés) entre environ juillet 2018 et mars 2021 notamment
  • L'affirmation que le sexe biologique est binaire et immuable,
  • La défense des espaces réservés aux femmes biologiques (toilettes, prisons, refuges pour victimes de violence, etc.), qui ne devraient pas être accessibles aux personnes nées hommes qui se disent femmes.
En mars 2025, un comité disciplinaire du BCCNM l'a déclarée coupable de faute professionnelle. En août 2025, la sanction a été prononcée : suspension de son permis d'infirmière pour 1 mois, et obligation de payer environ 94 000 $ en frais et débours du collège (dans un délai de 2 ans). Amy Hamm a été licenciée de son emploi (notamment chez Vancouver Coastal Health) sans indemnité de départ suite à cette décision. Elle nie être transphobe et affirme défendre les droits basés sur le sexe biologique des femmes et des filles.Elle a fait appel de la décision disciplinaire devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique (avec l'aide du Justice Centre for Constitutional Freedoms), et cet appel est en cours (la sanction est suspendue en attendant le résultat). Elle a aussi déposé des plaintes pour discrimination (fondées sur ses croyances politiques) auprès du BC Human Rights Tribunal contre son ancien employeur et le collège.
Il est clair, après que l'ancien administrateur scolaire de Chilliwack, Barry Neufeld, ait été condamné par le Tribunal des droits de la personne de la Colombie-Britannique (BCHRT) à verser 750 000 dollars aux enseignants LGBTQ du district, que je n'ai aucune chance de gagner mes propres plaintes pour discrimination fondée sur les convictions politiques devant le même tribunal.  

Les deux plaintes que j'ai déposées auprès du BCHRT en 2025 n'ont toujours pas été examinées ni acceptées. Avec l'avocate Lisa Bildy et le Justice Centre for Constitutional Freedoms, nous espérons obtenir une décision qui découragerait la discrimination fondée sur des convictions politiques critiques à l'égard du genre. (Comme Neufeld, j'ai été condamné à payer des frais exorbitants pour avoir énoncé des faits biologiques.)  

Je mènerai mon combat (contre le B.C. College of Nurses and Midwives et la Vancouver Coastal Health Authority) dans cet antre de fanatiques woke, quoi qu'il en coûte. Ils ont besoin de toute la visibilité possible. 

Ce mois-ci, le BCHRT a décrété que Neufeld avait violé les articles 7 et 13 du Code des droits de la personne de la Colombie-Britannique avec ses commentaires critiques sur l'idéologie du genre et le SOGI123 (ressources scolaires sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre destinées aux enseignants de la Colombie-Britannique).  

À l'origine de la prétendue hérésie de Neufeld se trouve son insistance sur le fait que le sexe biologique est réel et immuable. Le BCHRT a proclamé que quiconque ose le dire à haute voix, comme Neufeld et moi-même l'avons fait, tient des propos discriminatoires et haineux qui peuvent « effacer » l'existence des personnes identifiées comme transgenres. (Peu importe l'affirmation contradictoire du BCHRT, écrite dans sa dernière décision, selon laquelle Neufeld était simultanément coupable d'effacer l'existence des transgenres et d'utiliser « l'existence même » des personnes transgenres comme une menace pour les enfants, les familles et l'ordre social. Comment les deux peuvent-ils être vrais ?) 

Il semble que le BCHRT n'ait pas pu résister à la tentation d'insérer des piques mesquines à l'encontre de Neufeld dans sa décision chaque fois que cela était possible. Certaines parties de la décision se lisent comme une confession de la vendetta personnelle du tribunal à son encontre. Tout d'abord, ils ont attribué des pronoms — et donc une « identité de genre » — aux témoins de Neufeld, qui étaient là pour contester le non-sens métaphysique et invérifiable qui constitue l'« identité de genre » en soi. Lorsque le tribunal a rédigé la liste des témoins appelés à comparaître, il a ajouté « il/lui » ou « elle/elle » entre parenthèses après chaque nom — une démarche totalement inutile qui témoigne de sa fidélité à la doctrine du genre.

La défaite de Neufeld était courue d'avance. 

Les membres du BCHRT notent, au début de la décision, que Neufeld s'est déjà excusé publiquement d'avoir offensé des personnes avec ses opinions et qu'il a déclaré vouloir tenir un débat public respectueux. « Malheureusement, l'engagement de M. Neufeld en faveur d'une discussion respectueuse et d'une dissidence constructive n'a pas duré », ont-ils écrit avec sarcasme.  

Plus loin, le tribunal suggère que M. Neufeld pourrait se considérer comme un martyr. Il a fait valoir que même s'il « a peut-être été inefficace et politiquement isolé en tant qu'administrateur », il restait responsable du travail et de l'environnement d'apprentissage de son district.   

Ils ont également jugé pertinent de mentionner que Neufeld avait « sans succès » poursuivi en justice l'un des témoins du plaignant, Glen Hansman, pour diffamation. Aucune analyse juridique n'est fournie concernant cette affaire, et le BCHRT ne s'est pas appuyé sur l'affaire de diffamation pour rendre cette dernière décision. Elle a sans aucun doute été invoquée uniquement à titre d'insulte. 

La décision indique également que Neufeld « invoquait fréquemment son statut et ses qualifications autoproclamées ». Mais s'agissait-il vraiment de références ? Si Neufeld avait « falsifié » ses références professionnelles, nous n'en aurions certainement jamais entendu parler. Les membres du tribunal se sont donné beaucoup de mal pour dénigrer Neufeld, point final. (Pour mémoire, Neufeld est titulaire d'un diplôme en psychologie de l'adolescence et a passé de nombreuses années dans le système pénitentiaire, à la fois comme agent de probation et comme agent de facilitation de la justice réparatrice).

Il existe d'autres exemples, notamment la description d'une interview médiatique dans laquelle le BCHRT qualifie la prestation de Neufeld de « verbeuse et décousue ». (Pourquoi en arriver là ?) Son souci pour les enfants n'est pas réel, ont-ils écrit, mais « prétendu ».  

Les membres s'étendent sur le fait que, selon eux, Neufeld est imperméable à la logique : « Les opinions de M. Neufeld semblent fondées sur des hypothèses et des croyances profondément ancrées plutôt que sur un manque d'accès à l'information. » (Je recommande à tous les membres du BCHRT de suivre, et d'échouer — comme ils le feraient sans aucun doute — un cours de biologie de base ou de méthode scientifique — et ce n'est qu'alors qu'ils pourront critiquer ceux qui sont incapables de penser de manière critique.)  

Il est manifestement absurde que ce mépris passif-agressif à l'égard de Neufeld se soit retrouvé dans la décision du tribunal. Le BCHRT voit de la haine et du mépris partout autour de lui, même là où il n'y en a pas, mais il ne voit pas que cela jaillit de sa propre chambre étoilée [tribunal royal anglais qui pouvait condamner des actes qui ne tombaient pas sous le coup de la loi]. Il est grisé par ce qu'il croit être son pouvoir légitime d'imposer son propre dogme woke.  

Nous ne pouvons attendre aucune décision raisonnable ou juste de la part du BCHRT. Nous devons faire deux choses : les dénoncer, puis abolir complètement ce tribunal grotesque. 

Rappelons que ces « Tribunaux » des droits de la personne sont des organismes quasi-judiciaires fortement critiqués pour leur fonctionnement.

Qu’est-ce qu’un organisme quasi judiciaire ?

Ce n’est pas une cour de justice au sens strict, mais il agit comme une cour sur certains plans :

Il peut :

  • entendre des plaintes,
  • tenir des audiences,
  • recevoir des preuves,
  • rendre des décisions obligatoires,
  • imposer des réparations (dommages, ordonnances, sanctions administratives).

Mais il n’a pas :

  • le statut constitutionnel des tribunaux,
  • les mêmes garanties procédurales,
  • les mêmes règles de preuve,
  • les mêmes standards de responsabilité,
  • ni les mêmes protections pour les défendeurs.

Il s’agit donc d’un organisme administratif doté de pouvoirs judiciaires partiels. D’où le terme : quasi — « comme si », mais pas tout à fait.

Les critiques comme celles de Mark Steyn s’appuient sur des caractéristiques structurelles objectivement problématiques :

A) Norme de preuve beaucoup plus basse

Elles appliquent la norme civile prépondérance des probabilités et non la norme pénale. Cela rend plus facile la condamnation d’un défendeur.

B) Règles de preuve « souples »

Les commissions peuvent :

  • accepter des preuves indirectes,
  • restreindre le contre-interrogatoire,
  • voire contourner des règles qui seraient inadmissibles en cour.

C) Déséquilibre procédural

Très souvent :

  • le plaignant n’assume aucun risque financier,
  • alors que le défendeur paie sa défense,
  • même si la plainte est rejetée à la fin.

Certains parlent d’un « procès sans coût pour un côté, mais ruineux pour l’autre ». Mark Steyn dit que le procès (le processus) est la punition, la perte de temps et d’argent encouru pour se défendre devant ce qu’il nomme des parodies de tribunaux.

D) Mandat orienté

Le mandat légal des commissions est de détecter, corriger, sanctionner la discrimination. Pas d’être « neutres » : elles sont structurellement orientées vers la protection du plaignant qui n’engage le plus souvent aucuns frais à se plaindre. Cela crée un biais institutionnel réel.

E) Étendue des pouvoirs, mais absence de garanties judiciaires complètes

Ces organismes quasi judiciaires peuvent rendre des décisions très lourdes de conséquences — réputationnelles, financières, professionnelles — sans offrir les garanties équivalentes à une cour de justice.


Voir aussi

Ancien admnistrateur scolaire retraité condamné à 750 000 $ pour avoir critiqué l'éducation LGBT de façon « haineuse »

Cour suprême — « toutes les déclarations véridiques » ne doivent pas « être à l’abri de toute restriction » (arrêt Whatcott)

Tribunaux suprémacistes (arrêt Whatcott, suite)

 Canada – Condamnée à verser 94 000 $ pour avoir affirmé qu’il existe deux sexes

Arrêt Whatcott : la Bible pas « haineuse », mais le juge Rothstein a-t-il tout lu ?

« Extirper l’hérésie et le blasphème » (progressistes) ?

Canada — 123 églises incendiées ou vandalisées depuis l'annonce de la découverte de tombes à l'ancien internat de Kamloops (aucune tombe n'a été trouvée après cette annonce largement relayée par les médias subventionnés).

 Faut-il continuer à réprimer les propos qui peuvent exposer à la haine ou au mépris, des « pré-crimes » ?

jeudi 12 février 2026

La lente débâcle du capitalisme progressiste ?

Milton Friedman proclamait en 1970 que « la responsabilité sociale des entreprises est d'accroître leurs profits », considérant l'enrichissement comme la meilleure contribution au progrès social. Cinquante ans plus tard, cette doctrine s'est effondrée face au progressisme, idéologie née dans les universités américaines qui confond changement permanent et amélioration véritable. En 2020, 96% des dirigeants américains interrogés par Deloitte/Fortune considéraient la diversité, l'équité et l'inclusion (DEI) comme une priorité personnelle. Dick Costolo, ancien patron de Twitter, menaçait en 2020 : « Les capitalistes "moi d'abord" qui pensent pouvoir séparer la société du monde des affaires seront les premiers fusillés à la révolution. »

Ce basculement résulte principalement de l'activisme des millennials et générations Y et Z, nés après les années 1980, biberonnés aux réseaux sociaux et éduqués par des enseignants politisés. Ces « consomm'acteurs » n'achètent plus seulement un produit pour ses qualités, mais pour ce qu'il représente et les valeurs qu'il porte. En 2020, 69% des Français estimaient que le capitalisme faisait plus de mal que de bien. Ces nouveaux salariés ont importé ces exigences dans leurs entreprises, les contraignant à prendre position sur des causes dépassant leur activité, de Black Lives Matter à la lutte climatique.

L'abécédaire du progressisme : DEI, RSE, ESG

Pour répondre à ces attentes, un vocabulaire spécifique s'est développé. La DEI incarne la dimension « ressources humaines » avec quotas d'embauche, formations aux biais inconscients et promotion systématique de la diversité. La RSE correspond à l'engagement éthique des entreprises, évalué selon les critères ESG (environnementaux, sociaux, gouvernance) utilisés par les investisseurs. S'y ajoutent de nombreux labels : B Corp, ISR, Great Place to Work, Engagé RSE, Positive Company.

Le problème majeur : ces critères visent davantage la communication que l'application réelle. La Poste avait reçu la meilleure note RSE jamais attribuée par Vigéo Eiris pour 2019, alors qu'Envoyé spécial révélait simultanément une vague de suicides chez ses salariés. En 2021, Orpea affichait d'excellents résultats RSE ; l'année suivante, « Les Fossoyeurs » exposait la maltraitance massive dans ses Ehpad. En réalité, le progressisme est surtout une affaire financière : la multiplication des normes et labels a créé toute une industrie de conseil dont les acteurs s'intéressent souvent moins aux effets concrets qu'aux prestations facturables.

La fin de la récréation

La fête s'achève. En France, Emmanuel Faber, PDG de Danone, fut débarqué en 2021 après avoir inscrit une « raison d'être » dans les statuts de l'entreprise, victime de résultats financiers décevants. Les actionnaires pardonnent rarement les contre-performances. Le coût prohibitif de la mise en conformité pousse les entreprises à revenir aux fondamentaux économiques.

Aux États-Unis, la contre-offensive anti-woke s'intensifie depuis le retour de Donald Trump. Interdiction des programmes DEI dans l'administration, sanctions contre les universités... Les grands patrons de la Silicon Valley, pourtant creuset du progressisme, ont changé de posture pour éviter les procédures judiciaires. En 2023, 65% des dirigeants américains faisaient de la DEI une priorité personnelle selon Deloitte/Fortune, une chute d'un tiers par rapport à 2020. L'édition 2025 de l'étude n'en parle même plus.

L'effondrement du conseil en RSE

Après 24% de croissance annuelle entre 2018 et 2024, le secteur du conseil en RSE a connu en 2025 sa pire année. Les cabinets surfaient sur l'accumulation ininterrompue de normes européennes. En 2012, une directive impose aux grands groupes un rapport sur leur consommation énergétique. Elle est remplacée en 2014 par la NFRD exigeant un rapport annuel sur les pratiques environnementales et sociales. En 2022, la CSRD prend le relais avec des règles encore plus contraignantes : 1102 points de données, pour un coût estimé à 3,6 milliards d'euros annuels pour l'ensemble des entreprises européennes. Pour une ETI française, la conformité coûtait 800 000 euros sur deux ans.

Ce maquis expliquait l'activité incessante des cabinets de conseil. « Dans certains cabinets, les commerciaux avaient pris l'habitude des appels entrants. C'étaient les clients qui les démarchaient », rapporte Valérie Ader de Colombus Consulting. Il aura fallu un rapport de 400 pages de Mario Draghi pour que Bruxelles prenne conscience de ses excès. Le 26 février 2025, la Commission européenne rétropédale, réduisant le champ d'application de la CSRD pour dispenser 90% des entreprises concernées et diminuant le nombre d'éléments à fournir.

La disparition du caractère obligatoire a poussé beaucoup d'entreprises à repousser la mise en œuvre. Le retournement a été brutal : plans sociaux, cabinets acculés à fusionner, salariés incités à devenir free-lance. Mais la RSE ne disparaîtra pas complètement. Implantée dans tous les métiers (achats, logistique, finance, RH), elle crée un effet de cascade : les grandes entreprises imposent leurs règles aux sous-traitants, souvent des PME qui risquent de perdre leurs clients sans conformité. Une entreprise textile a ainsi perdu un énorme marché avec Air France, La Poste et la SNCF faute de pouvoir tracer son coton. Le legs de la CSRD n'est pas une révolution écologique, mais un système de contraintes en cascade survivant à sa propre simplification.

La grande débâcle du capitalisme progressiste

« Go woke, go broke » (progressisme radical, krach fatal) : le slogan s'est réalisé. Boeing, Mattel, IBM, Caterpillar, John Deere, Pepsi, Lockheed Martin, GM, Paramount et McDonald's ont revu ou renoncé à leurs politiques DEI, sous la pression d'un mouvement conservateur soutenu par Trump. La réélection républicaine de 2024 a stoppé cette dérive idéologique essaimée après le meurtre de George Floyd en 2020.

Suppression des quotas antiracistes, réduction des effectifs dédiés à l'inclusion, fin des collaborations avec les groupes LGBTQIA+... De l'automobile (Ford, Harley-Davidson) à la distribution (Walmart, Target), en passant par la tech (Meta, Google, Amazon) et Wall Street (Goldman Sachs, Citigroup), beaucoup ont rétropédalé. Bank of America avait lancé un programme fondé sur la théorie critique de la race, déplorant la « suprématie blanche » et demandant aux salariés blancs de « décoloniser leur esprit ». Elle a fait marche arrière, comme Blackrock, suite au décret présidentiel bannissant les programmes DEI fédéraux.

Disney illustre parfaitement le naufrage. Le groupe a créé « Réimaginer l'avenir », priant ses employés de « prendre en main leur éducation sur le racisme structurel anti-noirs ». Une dirigeante, « mère de deux enfants queers », a promis 50% de personnages issus des minorités. Formule d'accueil traditionnelle bannie, classiques (Peter Pan, Dumbo) précédés d'avertissements pour racisme, bides des remakes woke (La Petite Sirène, Blanche-Neige)... Cinquième marque la plus aimée en 2019, Disney est tombée à la 76e place en 2025 selon Axios Harris. Les termes « diversité » et « DEI » ont disparu de ses rapports annuels. « Le job de Disney, c'est de divertir, pas de faire de la politique », a reconnu son PDG Bob Iger.

En 2023, Budweiser a recruté l'influenceuse transgenre Dylan Mulvaney pour Bud Light. Le boycott fut immédiat : 5 milliards de pertes en Bourse, effondrement des ventes, mise en congé de la vice-présidente marketing. Leader pendant vingt ans, Bud Light est tombée troisième place derrière une bière mexicaine.

Ce revirement découle aussi de la décision de la Cour suprême en 2023 d'abolir la discrimination pro « minorités » universitaire. Des activistes de droite mènent depuis une guérilla judiciaire contre la DEI. Robby Starbuck, réalisateur devenu croisé conservateur, a fait trembler Harley-Davidson, Ford et Jack Daniel's, avant d'être embauché par Meta pour corriger les « biais idéologiques » de son IA.

Malgré les pressions, Apple, Costco, Levi's, Delta Air Lines et Microsoft refusent de reculer. Les entreprises dépensent toujours 8 milliards de dollars annuels en formations DEI selon Harvard Kennedy School, bien que 57% des Américains plébiscitent leur neutralité politique selon Ipsos. À contre-courant, la campagne d'American Eagle avec Sydney Sweeney jouant sur l'homophonie « genes/jeans » a rencontré un succès planétaire. Les affaire sont les affaires.


Source (résumée et adaptée) : Valeurs actuelles

mercredi 4 février 2026

Wokisme, culture de l’annulation : conséquences de la féminisation croissante de la place publique ?

La montée du « wokisme » et de la culture de l’annulation est le plus souvent analysée comme un phénomène idéologique, lié aux luttes identitaires ou à l’héritage des théories critiques. Une lecture complémentaire, développée par l’essayiste américaine Helen Andrews (ci-contre), propose un angle différent : ces évolutions pourraient être liées à la féminisation croissante des institutions et de la place publique.

Selon Andrews, la féminisation ne se limite pas à l’augmentation du nombre de femmes dans les postes de responsabilité. Elle implique un changement culturel et normatif : les institutions privilégient désormais des valeurs telles que l’empathie, la protection des vulnérables, la recherche du consensus et la prudence émotionnelle. Dans cette optique, le wokisme et la culture de l’annulation ne seraient pas seulement des mouvements idéologiques, mais aussi la conséquence d’une transformation structurelle du débat public, où les comportements traditionnellement associés au « féminin » dominent les dynamiques sociales et institutionnelles.

Cette lecture résonne avec d’autres analyses conservatrices ou libérales américaines. Steven Douthat a souligné que certaines transformations culturelles, y compris dans les universités et les médias, traduisent une hiérarchisation de la moralité sur la rationalité, renforçant des dynamiques de surveillance sociale et de censure morale. Jonathan Haidt, psychologue social, relie le phénomène à un déséquilibre entre différentes formes de motivation morale : l'importance excessive  du soin et de la loyauté (associés par certains à des traits « féminins ») au détriment de la justice et de la liberté, ce qui peut expliquer les excès de la culture de l’annulation. Charles Murray observe que la domination de certains profils psychologiques dans les institutions peut produire des effets inattendus sur les normes de performance et de compétence. Enfin, Jordan Peterson met en avant les conséquences pratiques d’un excès de prudence émotionnelle et de conformisme moral : lorsque les institutions valorisent la sensibilité morale avant tout, elles tendent à décourager la confrontation d’idées et la prise de risque intellectuelle, deux éléments essentiels à la production de connaissances et au débat démocratique.

Les conséquences de la féminisation selon Helen Andrews

vendredi 23 janvier 2026

France — « Le masculinisme : "un enjeu de sécurité nationale" »

Mathieu Bock-Côté, sociologue, critique un rapport du Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes publié en janvier 2026, qui qualifie le masculinisme de menace à l'ordre public et à la sécurité nationale.

Bock-Côté dénonce une dérive idéologique en assimilant paternalisme traditionnel (comme la galanterie ou la protection financière des hommes) à un sexisme hostile, et en liant ce dernier à des positions de droite ou religieuses, sans aborder les violences issues de cultures immigrées.


Mathieu Bock-côté est revenu sur ce sujet dans sa chronique du 24 janvier dans le Figaro.

Il faut toujours s’intéresser aux rapports que publient régulièrement les « hautes autorités ». Car, à travers eux, l’État - ou plus exactement la technostructure - s’exprime, et même si ses différentes instances sont « indépendantes », elles ne sont pas axiologiquement neutres. Une élite s’y est installée. Son pouvoir dépend de son expertise supposée et, plus encore, de sa capacité à l’exprimer dans le langage des sciences sociales, qui donne à la fois l’impression de dévoiler pleinement les mécanismes sociaux, mais, plus encore, de pouvoir les maîtriser, en multipliant les programmes, les règlements, les lois. C’est la technique de l’ingénierie sociale.

C’est à cette lumière qu’on comprendra le nouveau rapport (rédigé en écriture inclusive) du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, paru cette semaine, encensé par la presse officielle, et qui prétend dévoiler un nouveau péril pour la France : la menace masculiniste. Le masculiniste menacerait tout à la fois la démocratie, la sécurité publique, et même la sécurité nationale, car il lui arriverait de se faire terroriste. Et le Haut Conseil précise que ce phénomène est insuffisamment documenté en France : c’est grâce à lui que nous serions alertés. Manière comme une autre, pour le Haut Conseil, de justifier son existence et ses crédits, à un moment où on commence à se questionner sur les planqués de la République.

Comment nous explique-t-on le monde dans ce rapport ? La France, comme tous les pays occidentaux, serait un pays fondamentalement sexiste. Ce sexisme aurait deux piliers. D’abord le paternalisme, le sexisme ordinaire, reposant sur le constat apparemment erroné de la différence entre les sexes, et prenant le visage trompeur de la courtoisie, de la galanterie, ou même du sentiment d’obligation que peut avoir un homme devant les femmes, qu’il s’agisse de les complimenter, de les défendre ou bien simplement d’assurer la situation financière de sa famille. La galanterie serait le fard mondain du patriarcat, et les bonnes manières, une stratégie normalisant culturellement la subordination des femmes.

Mais surtout, il faudrait s’en prendre au sexisme hostile, qui serait aujourd’hui le moteur du masculinisme. Mais que doit-on faire entrer dans cette définition ? Tout à la fois la misogynie, la vraie, mais aussi la critique du féminisme, le constat que celui-ci a souvent misé sur une logique de discrimination positive d’effacement des hommes (le fameux homme blanc de plus de 50 ans qui devait dégager, comme on osait encore le dire sans gêne il y a quelques années), ou la simple défense d’une conception plus traditionnelle de la masculinité ? Il y aurait même une forme de continuum entre la critique du féminisme idéologique et institutionnel et le terrorisme masculiniste, qu’on nous présente comme un sujet de sécurité nationale.

Les gens de droite sont visés. Le masculinisme serait d’ailleurs un des visages de l’internationale réactionnaire, que le Haut Conseil associe directement à l’administration Trump. La critique du féminisme relèverait donc de l’ingérence étrangère. Étrangement, toutefois, on ne trouve pas un mot dans ce rapport sur l’islam, ni même sur l’islamisme, qui ne trouvent pas leurs racines en France. Apparemment, le statut problématique de la femme qu’on y trouve ne mérite pas la moindre mention. Le voilement des femmes et des fillettes est un non-sujet. De même, l’arrivée de cultures comme celles du Maghreb, du Pakistan ou de l’Afghanistan passe sous le radar. Il ne sera pas dit que l’immigration peut causer un problème.

Ces considérations mises à part, est-ce à dire que tout va pour le mieux entre les hommes et les femmes en Occident ? Non. La jeune génération est à la fois victime de la colonisation pornographique de son imaginaire et d’un puritanisme nouveau, fondé sur la culpabilisation du désir qui aboutit à une forme de récession sexuelle inédite. On ne sous-estimera pas non plus les effets de l’esthétique de la laideur, qui n’est peut-être rien d’autre qu’une traduction idéologique de la pulsion de mort qui s’est libérée dans le monde occidental. Mais de cela, il n’est évidemment pas question dans ce rapport, occupé à fantasmer les prochains attentats masculinistes.

Ce néoféminisme n’est-il pas finalement qu’un socialisme misandre ? À voir derrière chaque disparité une discrimination, derrière chaque inégalité, une injustice, à refuser de penser la différence des sexes, à refuser aussi son ancrage dans la nature, sa dimension anthropologique, et pas que sociale, on en vient à cultiver l’indignation permanente et à voir une forme de lien entre un homme qui, toujours, insiste pour inviter sa compagne ou son amie au restaurant et le poignardeur de femmes. Je ne peux m’empêcher d’associer cette vision du monde qui conjugue le ressentiment et une infinie tristesse à une forme de névrose paranoïaque.


Marguerite Stern : « Comment je suis passée de gauche à droite »

La militante Marguerite Stern (ci-contre), ex-membre des Femen, fait le récit de sa « transition politique » dans un livre récemment paru. 

Depuis que ses positions à rebours de la cause trans lui ont valu d’être une paria dans le milieu féministe, Marguerite Stern a effectué une « transition politique ». Cette ex-femen jadis proche de « Charlie Hebdo » raconte dans un livre intime et survolté comment elle s’est convertie à l’amour de la France et ouverte à la transcendance.

Jeune étudiante venue de province, Marguerite Stern a découvert à Paris l’expérience quotidienne du harcèlement sexiste dans les rues du nord de la capitale, puis la libération jubilatoire que lui procure l’aventure militante au sein des Femen. Cette pasionaria du mouvement féministe a épousé toutes les causes, pris tous les risques : de la jungle de Calais aux commissariats ukrainiens en passant par les geôles de Tunis, elle se fait tour à tour furie dépoitraillée dans des actions coup-de-poing visant à renverser le patriarcat, bénévole dans un foyer de mineurs clandestins, colleuse de messages de protestation contre les féminicides… Avant de subir l’intolérance et le sectarisme qui étouffent trop souvent la liberté de penser au sein des groupuscules d’extrême gauche aux côtés desquels elle combat. Quand elle refuse de voir ses modes d’action récupérés par les activistes de la cause trans, ses alliées d’autrefois deviennent d’impitoyables ennemies qui s’acharnent à la détruire. Marguerite Stern prend alors ses distances avec le féminisme radical, écoute d’autres voix, rencontre d’autres personnes.
Les Rives contraires est le récit de cette émancipation progressive.

mercredi 14 janvier 2026

Diffusion et effets de l’idéologie de la « justice sociale critique » dans les écoles américaines

Publié en février 2023 par le Manhattan Institute, un laboratoire d'idées américain d’orientation conservatrice, le rapport intitulé School Choice Is Not Enough: The Impact of Critical Social Justice Ideology in American Education a été rédigé par Zach Goldberg, analyste politique, et Eric Kaufmann, chercheur associé.

Cette étude analyse la diffusion et les effets de ce que les auteurs désignent comme l’idéologie de la « justice sociale critique » (Critical Social Justice, CSJ) dans l’enseignement primaire et secondaire aux États-Unis.


La CSJ regroupe un ensemble de concepts issus principalement de la théorie critique de la race (Critical Race Theory, CRT) et de certaines approches radicales de l’idéologie du genre : privilège blanc, racisme systémique, patriarcat, ou encore l’idée selon laquelle l’identité de genre serait indépendante du sexe biologique.

Le rapport conteste l’affirmation selon laquelle ces notions seraient marginales ou cantonnées à quelques établissements militants. Il soutient au contraire qu’elles sont largement diffusées dans le système éducatif américain, y compris dans les écoles privées et religieuses, et qu’elles exercent une influence durable sur les attitudes politiques, raciales et civiques des élèves.

Méthodologie

L’étude repose sur une enquête menée auprès d’un échantillon national représentatif de 1 505 jeunes Américains âgés de 18 à 20 ans. Les participants ont été interrogés sur :

  • leur exposition à huit concepts centraux de la CSJ ;
  • la manière dont ces idées leur ont été présentées (comme des vérités établies ou comme des points de vue parmi d’autres) ;
  • leurs opinions politiques, leurs attitudes à l’égard des relations raciales et leur vécu scolaire.

Les données ont été croisées avec des variables démographiques (origine ethnique, sexe, région, type d’établissement fréquenté) et contextuelles (orientation politique du comté, niveau de revenu familial).
Les auteurs soulignent que l’école constitue la deuxième source d’exposition initiale à ces idées (23 %), derrière les réseaux sociaux (40 %), ce qui relativise sans l’annuler la responsabilité du cadre scolaire.

Ampleur de l’exposition aux concepts de justice sociale critique

Les résultats font apparaître une diffusion très large de ces notions.

Ainsi, 93 % des répondants déclarent avoir été exposés à au moins l’un des huit concepts par un enseignant ou un adulte dans le cadre scolaire. La proportion atteint 90 % pour les concepts liés à la théorie critique de la race et 74 % pour ceux associés à l’idéologie de genre.

En moyenne, les jeunes interrogés ont été confrontés à plus de la moitié de ces concepts. Cette exposition concerne tous les types d’établissements :

  • 73 % dans les écoles paroissiales,
  • 82 % dans les écoles privées non confessionnelles,
  • 83 % parmi les élèves instruits à domicile.

Les écoles publiques se distinguent par une présence plus marquée des thématiques liées au genre. Des variations démographiques apparaissent également : les élèves noirs et hispaniques sont davantage exposés aux concepts issus de la CRT, tandis que les zones urbaines et les comtés à majorité démocrate présentent des taux plus élevés concernant les questions de genre.

Point particulièrement préoccupant pour les auteurs : dans près de 70 % des cas, ces idées sont perçues comme ayant été présentées sans contre-discours, non comme des hypothèses discutables, mais comme des vérités allant de soi.

Effets sur les opinions politiques et idéologiques

L’un des constats centraux du rapport est l’existence d’une corrélation forte entre l’exposition à la CSJ et un déplacement des opinions politiques vers la gauche.

Chez les jeunes n’ayant été exposés à aucun de ces enseignements, l’identification partisane reste relativement équilibrée (27 % se déclarent républicains, contre 20 % démocrates). À l’inverse, chez ceux ayant connu une exposition maximale, l’écart devient très marqué : 53 % se déclarent démocrates, contre seulement 7 % républicains.

L’auto-identification comme « libéral » progresse également de manière significative, passant de 28 % en l’absence d’exposition à plus de 50 % chez les individus fortement exposés.

Le soutien à des politiques explicitement différenciées selon l’origine ethnique, telles que l’embauche préférentielle en faveur des Noirs, augmente de 17 % à 44 % avec l’intensité de l’exposition.

Ces effets persistent après prise en compte de l’environnement familial et géographique, ce qui suggère que l’école joue un rôle propre dans la formation des convictions, parfois en tension avec les valeurs transmises par la famille.

Attitudes raciales, culpabilité collective et rapport à la nation

Le rapport met également en lumière un renforcement des croyances selon lesquelles les Blancs porteraient une responsabilité spécifique dans la persistance des inégalités raciales. Parmi les élèves exposés à cinq concepts relevant de la CRT, 75 % adhèrent à cette idée.

Chez les répondants blancs, le sentiment de culpabilité lié à l’appartenance raciale progresse sensiblement, passant de 39 % à 58 % en cas de forte exposition. Les auteurs observent parallèlement une augmentation du sentiment de honte à l’égard de l’histoire et de l’identité nationales.

Sans nier la nécessité d’un regard lucide sur le passé, le rapport s’inquiète d’une pédagogie qui tendrait à substituer l’examen critique à une mise en accusation morale durable, au risque de fragiliser le lien civique.

Climat scolaire et liberté d’expression

Un autre résultat préoccupant concerne le climat de discussion dans les établissements. Les élèves exposés aux concepts de la CSJ déclarent se sentir nettement moins libres d’exprimer un désaccord.
La crainte d’être sanctionné, humilié ou mis à l’écart augmente fortement, passant de 38 % à près de 70 %, et jusqu’à 74 % chez les élèves se déclarant républicains.

L’exposition aux concepts de la CRT réduit également la disposition à critiquer un camarade noir, même de manière constructive. La proportion d’élèves se disant mal à l’aise dans une telle situation passe de 32 % à 50 %. Les auteurs soulignent le risque paradoxal que cette retenue excessive fasse obstacle à l’exigence académique et à l’égalité réelle des attentes.

Conclusions et implications

Les auteurs concluent que la promotion du libre choix de l’école — qu’il s’agisse de l’enseignement privé, des écoles à charte ou de l’instruction à domicile — ne suffit pas à elle seule à protéger les élèves de l’influence de cette idéologie, dès lors qu’elle imprègne l’ensemble du paysage éducatif et culturel.

Ils plaident en conséquence pour une intervention des pouvoirs publics visant à :

  • interdire la présentation de ces doctrines comme des vérités indiscutables ;
  • renforcer la transparence des programmes et des supports pédagogiques ;
  • garantir un véritable pluralisme intellectuel, incluant les traditions libérales classiques ;
  • réaffirmer l’enseignement des principes du Premier Amendement ;
  • mettre en place des mécanismes de recours pour les élèves et les familles.

Faute de telles réformes, préviennent-ils, ces approches continueront de façonner durablement les préférences politiques et la vision du monde des générations futures, au détriment du pluralisme, de la liberté de pensée et de la cohésion nationale.

Fondé sur un ensemble de données empiriques substantiel, ce rapport contribue utilement au débat sur la neutralité idéologique de l’école américaine. Sans verser dans l’alarmisme, il met en évidence des tendances profondes qui interrogent le rôle de l’institution scolaire : former des citoyens capables de juger par eux-mêmes, ou orienter implicitement leurs convictions au nom d’une morale présentée comme indiscutable.


vendredi 26 décembre 2025

Joyeux Noël ou joyeux solstice d’hiver ?

 Air France souhaite de belles fêtes.




Emirates un joyeux Noël



dimanche 21 décembre 2025

Chili : la recomposition de la droite

La nette victoire de José Antonio Kast à l’élection présidentielle chilienne marque un tournant politique à Santiago et s’inscrit dans un mouvement plus large de recomposition des droites en Amérique latine.

Le président chilien élu, José Antonio Kast, et son épouse, Maria Pia Adriasola, devant la cathédrale de Santiago, après avoir assisté à la messe, le 19 décembre 2025.

Costume sombre et cravate rouge, José Antonio Kast a conduit une campagne axée sur les thèmes de la sécurité, de l’immigration et du redressement économique. Son discours a trouvé un écho auprès d’une partie de l’électorat, lassée par quatre années de gouvernement progressiste marquées, selon ses critiques, par des réformes inabouties, des tensions institutionnelles et un ralentissement de l’activité économique. Ces préoccupations ont été accentuées par la hausse de la criminalité : d’après les statistiques officielles, le taux d’homicides est passé de 2,5 à 6 pour 100 000 habitants en une dizaine d’années, tandis que les enlèvements ont atteint 868 cas l’an dernier, soit une augmentation de 76 % par rapport à 2021.

Au cours de ses derniers meetings, le candidat du Parti républicain a fait de la lutte contre le crime organisé et le narcotrafic une priorité, appelant à un « gouvernement d’urgence » et à un contrôle renforcé des frontières afin de lutter contre l’immigration illégale.

Cette lecture est partagée par certains acteurs de la droite chilienne. Johannes Kaiser, fondateur du Parti national libertarien, arrivé quatrième au premier tour, attribue en partie la dégradation de la sécurité à l’arrivée massive de migrants vénézuéliens ces dernières années. Selon lui, si la majorité a fui la crise politique et économique de leur pays, des réseaux criminels transnationaux auraient également profité de cette situation, dans un contexte d’accueil jugé trop permissif par l’ancien gouvernement.

Une réaction au progressisme

Âgé de 59 ans, catholique pratiquant et père de neuf enfants, José Antonio Kast incarne une droite conservatrice sur les plans sociétal et économique. Admirateur déclaré de l’économiste Milton Friedman, il se positionne à l’opposé de Gabriel Boric, président sortant de 39 ans, élu en 2021 dans le sillage des grandes mobilisations sociales de 2019. Ces manifestations, connues sous le nom d’estallido social, avaient porté des revendications liées aux inégalités, aux droits sociaux, à l’égalité des genres et à la dénonciation des violences sexuelles.

L’élection de Gabriel Boric avait alors été perçue comme un renouveau pour une gauche latino-américaine en perte de repères depuis la disparition d’Hugo Chávez et l’évolution autoritaire du régime vénézuélien. Le Chili semblait tourner la page de la période pinochetiste pour renouer avec une mémoire plus favorable à l’héritage d’Allende.

Pour Carlos Ominami, ancien ministre de l’Économie au début des années 1990, ce cycle s’est toutefois refermé. Il estime que la gauche au pouvoir n’a pas su répondre aux attentes sociales, privilégiant des thématiques culturelles et sociétales (le « wokisme ») au détriment des enjeux économiques et populaires. Selon lui, la droite bénéficie également du soutien d’une génération plus jeune, qui n’a pas connu directement la dictature militaire.

Une victoire nette

Déjà candidat malheureux en 2022, José Antonio Kast s’est cette fois imposé avec 58 % des voix face à Jeannette Jara, candidate soutenue par le Parti communiste chilien, qui a recueilli 42 %. Ses soutiens présentent Kast comme un représentant d’une droite classique, tandis qu’ils soulignent l’ancrage idéologique de son adversaire à gauche de l’échiquier politique.

Selon Johannes Kaiser, Jeannette Jara était une candidate communiste « dans la plus pure tradition marxiste-léniniste ». « Kast est un homme de droite classique, pas un fasciste comme ils disent. En revanche, Madame Lara s’est dite du centre gauche pendant toute la campagne alors qu’il y a quelques mois encore, elle était militante active du Parti communiste chilien, soutien des régimes cubains et vénézuéliens, et entretenait de très bonnes relations avec les terroristes révolutionnaires des FARC colombiens. »

Un mouvement continental

Au-delà du Chili, cette alternance s’inscrit dans une dynamique régionale. Pour la politologue Renée Fregosi, José Antonio Kast a pris soin d’éviter toute apologie explicite de la dictature de Pinochet, se concentrant sur des thèmes contemporains. D’autres analystes, comme l’Argentin Nicolás Márquez, voient dans cette victoire un effet comparable à celui observé en Argentine avec Javier Milei, illustrant selon eux l’épuisement des modèles politiques issus du « socialisme du XXIᵉ siècle ».

Cette évolution s’accompagne d’un rapprochement de plusieurs gouvernements latino-américains avec les États-Unis, dans un contexte de rivalités géopolitiques accrues avec la Chine et la Russie. Le renforcement de la coopération sécuritaire et diplomatique américaine dans la région en est l’un des signes.

Enfin, l’attribution récente du prix Nobel de la paix à l’opposante vénézuélienne María Corina Machado, en présence de plusieurs dirigeants de droite du continent, a été interprétée par ses partisans comme un symbole de cette nouvelle phase politique en Amérique latine, marquée par le retour de forces libérales et conservatrices se réclamant d’un ancrage pro-occidental.

samedi 20 décembre 2025

Pourquoi l'Angleterre, berceau du multiculturalisme, fait-elle officiellement marche arrière ?

Alors que les Anglais sont de plus en plus hostiles envers l'immigration, le gouvernement de Keir Starmer décide de les apaiser en pondant une réforme digne des partis dits « d'esstrême-droite ».

Pourquoi l'Angleterre, berceau du multiculturalisme, fait-elle officiellement marche arrière ?

Décryptage


vendredi 19 décembre 2025

Licenciement du correspondant de longue date du Devoir à Paris : Christian Rioux s'explique

[M à j du 11 février 2026 : Christian Rioux écrit sur Substack et tient une chronique au Journal de Montréal. Il s'est entretenu récemment avec Stéfan Bureau:
 ]

Lettre de Christian Rioux (ci-contre) où il explique son congédiement du Devoir :  

Vous êtes nombreux à vouloir connaître le détail de mon congédiement, car il s’agit bien d’un congédiement.

Vous vous doutez que depuis le changement de direction, je n’étais pas dans les grâces de la nouvelle équipe. Cela s’est rapidement manifesté par de petits signes qui ne trompaient pas.

Des papiers qui normalement faisaient la une se retrouvaient dans le fond du journal, mes grandes entrevues n’intéressaient plus la rédaction (« Toi et tes intellectuels français ! », dixit la rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard).
[Très mal, les intellectuels…]

Il y a trois ou quatre ans, pour la première fois, on me refuse de couvrir les élections britanniques et allemandes comme je l’avais pourtant fait sans discontinuer depuis les années 1990. C’est à cette époque que la rédactrice en chef a décidé de resserrer son contrôle sur les chroniqueurs.

On m’a par exemple refusé une chronique sur le changement de nom des Dix petits nègres d’Agatha Christie. C’était un mois exactement avant que ce débat n’éclate au Québec avec la suspension de Verushka Lieutenant-Duval à l’Université d’Ottawa.

Il y a deux ans, ce contrôle s’est encore resserré virant en une sorte de guérilla permanente. Il me fallait dorénavant justifier chaque mot. Impossible d’évoquer un « baiser volé » dans un texte sous peine de se voir accusé de justifier les agressions sexuelles.

Impossible de rappeler que dans de nombreux pensionnats autochtones, les religieuses enseignaient les langues autochtones sans devoir tout justifier.

Le Devoir se montre alors plus sensible aux petits groupes de militants qui me harcèlent sur les réseaux sociaux qu’à soutenir son journaliste. Ce harcèlement me vaudra trois poursuites devant le Conseil de presse en un peu plus d’un an (que j’ai toutes gagnées) alors que je n’en avais jamais eu une seule depuis que je suis journaliste.

Lors de la dernière, alors qu’on m’accuse d’entretenir des préjugés (racistes), Le Devoir a refusé de me soutenir en appel et j’ai donc dû me défendre seul contrairement à la tradition qui veut qu’un journal défende toujours son journaliste. J’ai heureusement gagné.

C’est le même genre de censure qui explique le départ en catastrophe de Normand Baillargeon à qui on avait demandé de réécrire de manière plus « politiquement correcte » une de ses chroniques sur la théorie du genre et les trans.

Ce harcèlement s’est accentué avec la mise en place d’un groupe de « fact checking » qui est aussi en partie un comité de censure destiné à remettre les chroniqueurs dans la droite ligne. Comme par hasard, sous prétexte d’éthique, ce « fact checking » s’exerce minutieusement sur tous les textes qui concernent l’islam, l’immigration ou le genre, mais à peu près pas sur ceux qui concernent la politique française, la culture ou l’Union européenne.



Depuis un an, je suis convaincu qu’on n’attendait qu’une chose, que je claque la porte moi aussi. Et on a tout fait pour. À commencer par m’interdire de couvrir les dernières législatives françaises.

Pour l’anniversaire de l’attentat du Bataclan, on a commandé dans mon dos un article à un pigiste sans m’en informer. Il y a un mois, je décroche une entrevue exceptionnelle avec l’ex-otage israélien Eli Sharabi qui a passé 18 mois dans les tunnels du Hamas, on me la refuse ! Elle ne cadrait pas dans la politique pro-Hamas du journal.

À quelques reprises, on s’est même permis de faire des corrections majeures dans ma chronique sans m’en avertir, y introduisant même parfois des erreurs.

Last but not least, depuis trente ans, tel que convenu avec l’ancien directeur Bernard Descôteaux, ma rémunération avait toujours suivi grosso modo celle des journalistes du Devoir. À chaque nouvelle convention, on me versait donc une rétro comme à mes collègues. Cette année, on a supprimé unilatéralement ces versements sans la moindre explication.

Je réalise aujourd’hui que l’annonce de la décision de me congédier n’attendait probablement que la reconduction de Brian Myles à la direction du journal pour cinq ans et la fin de la campagne de financement qui vient de se clore.

Une semaine avant Noël, c’est aussi pas mal pour étouffer l’affaire.

On me l’a donc annoncée mardi en prétextant mes « mauvais rapports avec les correcteurs ». Comme si un journaliste était en plus tenu d’avoir de bons rapports avec ses censeurs !

Lors de cette rencontre, on m’a proposé d’acheter mon silence en échange de deux mois de rémunération et de la signature d’un contrat dans lequel je m’engagerais à ne rien dire sur le Devoir. Moi qui n’ai jamais signé le moindre contrat avec Le Devoir en trente ans, tellement la confiance entre nous était forte ! 


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jeudi 18 décembre 2025

Histoire vraie de l'ère woke : l'affaire Yi-Fen Chou

En 2015, une controverse inattendue secoue le milieu littéraire américain et relance le débat sur les préjudices raciaux, conscients ou non, qui traversent les institutions culturelles. Au cœur de cette affaire se trouve Michael Derrick Hudson, poète américain blanc originaire de Fort Wayne, dans l’Indiana, et son poème au titre foisonnant : The Bees, the Flowers, Jesus, Ancient Tigers, Poseidon, Adam and Eve.

Un poème rejeté… puis accepté sous pseudonyme

Avant d’être remarqué, le poème de Hudson avait essuyé environ quarante refus de la part de revues littéraires lorsqu’il était soumis sous son véritable nom. Lassé par ces échecs répétés, l’auteur décide d’adopter un pseudonyme à consonance asiatique, Yi-Fen Chou, inspiré du prénom d’une connaissance d’origine chinoise.
Michael Derrick Hudson alias Yi-Fen Chou

Soumis sous cette nouvelle identité, le même poème est accepté par la prestigieuse revue Prairie Schooner, publication reconnue dans le paysage poétique américain. L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais elle prend une dimension nationale lorsque le texte est ensuite sélectionné par Sherman Alexie, écrivain amérindien de renom, pour figurer dans l’anthologie The Best American Poetry 2015.

La révélation et le scandale

C’est Hudson lui-même qui révèla la supercherie. Dans une note adressée aux contributeurs de l’anthologie, il expliqua avoir utilisé ce pseudonyme pour contourner ce qu’il percevait comme une série de rejets injustifiés. Cette révélation déclencha immédiatement une vive polémique.

Sherman Alexie reconnut publiquement que le nom asiatique de l’auteur ait pu jouer un rôle dans sa perception initiale du poème. Il précisa toutefois que son choix reposait aussi sur la qualité littéraire du texte. Cette admission, loin d’apaiser les tensions, alimenta un débat plus large sur la place de l’ethnie ou de l'identité raciale dans les processus de sélection artistique.

Une condamnation quasi unanime

La réaction dominante du monde littéraire est sévère à l’égard de Hudson. Celui-ci est accusé de manipulation, de tromperie et d’appropriation identitaire. En revanche, peu de voix institutionnelles s’élèvent pour interroger de manière approfondie les biais potentiels des comités éditoriaux ou les critères implicites qui auraient pu favoriser un texte en fonction du nom de son auteur.

Ce déséquilibre dans les réactions est souligné par plusieurs observateurs : l’auteur est largement blâmé, tandis que le système de sélection lui-même fait l’objet de peu d’autocritique officielle.

Des conséquences durables pour l’auteur

Après cet épisode, Michael Derrick Hudson disparaît pratiquement de la scène littéraire dominante. Il est ostracisé par une partie du milieu et ne retrouve pas la visibilité qu’il avait brièvement obtenue. Aucune réforme notable des pratiques éditoriales n’est annoncée à la suite de l’affaire, et aucun mea culpa institutionnel majeur n’émerge du scandale.

L’affaire Hudson est solidement documentée. Elle a été couverte par des médias de référence, notamment le New York Times en septembre 2015, et figure dans les archives publiques, y compris sur Wikipédia (anglais), dont la page consacrée à l’auteur est régulièrement mise à jour. Les éléments clés — les nombreux rejets initiaux, l’acceptation sous pseudonyme et la sélection dans Best American Poetry 2015 — sont confirmés par des sources concordantes.

En revanche, les interprétations qui en découlent varient fortement. Certains y voient la preuve de politiques implicites de discrimination positive ou de quotas identitaires dans le monde littéraire ; d’autres estiment qu’il s’agit d’un cas isolé, instrumentalisé à des fins idéologiques. Ces lectures relèvent du commentaire social et politique, non du fait brut.

Une affaire révélatrice

Dix ans plus tard, l’affaire Michael Derrick Hudson demeure un symbole des tensions qui traversent les institutions culturelles contemporaines : entre quête de diversité, exigences d’équité et soupçons de biais inversés. Si les opinions restent profondément polarisées, un point fait consensus : l’épisode est réel, documenté et révélateur des fragilités d’un système où l’identité de l’auteur peut parfois peser aussi lourd que son œuvre.
 
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