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mercredi 23 novembre 2022

Haine — le tueur du club LGBTQ se dit « non binaire », veut qu'on utilise « they » comme pronom, né dans une famille décomposée

L’homme qui a ouvert le feu dans une boîte LGBTQ+ de Colorado Springs, dans l’ouest des États-Unis, et qui a fait cinq morts dans la nuit de samedi à dimanche pourrait être poursuivi pour meurtres et pour crimes motivés par la haine.

Des membres de la communauté LGBTQ+ se sont réunis devant l’établissement pour rendre hommage aux victimes.
 
Ce tragique incident a été immédiatement récupéré par les militants LGBTQ+, les politiciens qui s’y associent, ainsi que les médias de grand chemin progressistes comme l’Agence France Presse (AFP) et Radio-Canada.

C’est ainsi que l’AFP (repris par Radio-Canada) écrivait :

Le président Joe Biden a appelé lundi le gouverneur du Colorado Jared Polis, premier gouverneur ouvertement homosexuel élu aux États-Unis, qui s’était déclaré « horrifié et anéanti ».

Cette attaque survient six ans après la pire tuerie qu’ait connue la communauté LGBTQ+ aux États-Unis lorsqu’un Américain d’origine afghane [fort consommateur de littérature djihadiste…] avait tué 49 personnes dans une boîte gay d’Orlando, en Floride.

Elle s’inscrit dans un contexte de tensions politiques autour des questions transgenres, notamment pendant la campagne des élections américaines de mi-mandat. [Comprendre la protection des enfants contre des mutilations de « changement de sexe », voir La Floride protège les enfants du mouvement trans]

« Lorsque les politiques et les experts continuent à faire circuler des clichés, des insultes et de la désinformation à propos de la communauté trans et LGBTQ+, voilà le résultat », a fustigé dimanche Brianna Titone, première législatrice transgenre élue à la Chambre des représentants du Colorado.

L’ennui avec cette instrumentalisation pavlovienne des forces « progressistes », c’est que le tueur serait un membre de cette même communauté LGBTQ… si l’on en croit l’avocat de la défense du tueur présumé. Voir image ci-dessous. Il est également l’enfant d’une famille dysfonctionnelle.


Le tireur du club LGBTQ+ du Colorado, Anderson Lee Aldrich, a précédemment changé de nom et s’identifie désormais comme non binaire, en utilisant les pronoms ils/eux.

Aldrich, 22 ans, est soupçonné d’avoir tué cinq personnes et d’en avoir blessé d’autres au Club Q samedi. Entre-temps, il a été révélé que leur père est une vedette du porno qui s’appelle « Dick [B*te] Delaware ».

Le nom à la naissance du suspect est Nicholas Franklin Brink. Il l’a changé en Anderson Lee Aldrich en 2016 dans une demande signée par sa mère, sa grand-mère biologique et son beau-grand-père.

Dans un dossier judiciaire, les défenseurs publics d’Aldrich ont déclaré que leur client n’était pas binaire et utilisait des pronoms ils/eux, se référant au client comme « “Mx”. Anderson Aldrich ».

Selon la demande, qui a été signée alors qu’Aldrich s’identifiait encore comme un homme, le changement de nom visait à « se protéger et à protéger son avenir de tout lien » avec son père biologique, Aaron Brink.

Dans la vidéo filmée lors de sa comparution devant une juge, Anderson Aldrich, affalé dans un fauteuil, s’exprimait avec lenteur d’une petite voix atone à l’aide de monosyllabes. Tucker Carlson de Fox News s’est demandé si l’on pouvait poser la question du rôle potentiel de substances illicites.


(Lien vers la même vidéo sur Rumble, censurée en France à cause de Macron et Cie)

Tucker Carlson dénonce l'instrumentalisation éhontée et mensongère du massacre par les médias « progressistes »

Famille décomposée, père acteur de porno au dossier de police chargé

Aaron Brink aurait quitté la mère d’Aldrich quand Anderson était bébé, avant de se lancer dans la MMA et le porno, sous le pseudonyme de « Dick [B*te] Delaware ».

Il est également apparu devant la caméra dans les émissions de téléréalité Divorce Court and Intervention en 2009, lorsque sa fiancée a tenté de lui faire cesser de consommer du crystal meth, selon le New York Post.

Brink a de longs antécédents criminels, y compris des condamnations pour voies de fait contre la mère du tireur présumé, Laura Voepel, avant et après la naissance du suspect, selon les dossiers des tribunaux d’État et fédéraux.

Une condamnation pour délit de coups et blessures en 2002 en Californie a abouti à une ordonnance de protection qui interdisait initialement au père, Aaron F. Brink, de contacter le suspect ou sa mère, sauf par l’intermédiaire d’un avocat, mais a ensuite été modifiée pour permettre des visites surveillées avec l’enfant.

Le père a également été condamné à deux ans et demi de détention pour importation de marijuana. Alors qu’il était en liberté surveillée, il a violé ses conditions en testant positif aux stéroïdes illégaux, selon les archives publiques.

Brink a participé à des sports de combat MMA, au sein de l’UFC et d’autres compétitions de combat, avec 29 victoires et 27 défaites à son tableau.

Il a été encouragé à faire du porno par un producteur de combats de lutte MMA lors d’une fête et a commencé à jouer dans des films en 2002. Il est retourné dans l’industrie pour adultes en 2019 après une longue interruption. 

Il y a quelques jours un autre bar LGBTQ attaqué à plusieurs reprises

Il y a quelques jours, à New York, un autre bar LGBTQ a été attaqué. Immédiatement, la même scie sur la preuve que ces attaques illustrent la haine qui menace « la communauté » a fait le tour des médias. Quelques citations d’un article de NBC ci-dessous.

Erik Bottcher, conseiller municipal homosexuel de New York, a qualifié les incidents de « crimes de haine » dans un tweet dimanche et a exhorté toute personne disposant d’informations permettant d’identifier l’auteur à contacter le NYPD Hate Crime Task Force. 

« L’épidémie de violence anti-LGBTQ+ est nationale », a également tweeté dimanche Mark Levine, le président de l’arrondissement de Manhattan. « Un bar gay bien connu du côté ouest de Manhattan a été attaqué à plusieurs reprises ces dernières semaines. Nous ne pouvons pas supporter cela. »

Mais il y a un pépin : le suspect, Sean Kuilan, identifié grâce à des vidéos de surveillance, affirme être un homosexuel lui-même et n’avoir agi que pour venger autrui. La police n’a pas retenu la haine comme le motif de ces attaques.

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mardi 27 septembre 2022

Pressions pour qu'un grand éditeur censure une étude relativisant la « crise climatique »

Une étude relativisant la gravité de la « crise climatique » a été publiée en janvier dans une revue du prestigieux groupe Springer Nature, au grand dam de certains climatologues réputés sélectionnés par l’AFP, certains allant jusqu’à demander la censure et le retrait de cette étude d’une vingtaine de pages.

L’étude intitulée Une évaluation critique des tendances des événements extrêmes en période de réchauffement climatique ne remet pas en question le réchauffement observé depuis le début de l’industrialisation. Elle est rédigée par quatre universitaires italiens. Elle passe en revue la bibliographie récente sur les séries chronologiques de certains événements météorologiques extrêmes et les indicateurs de réponse associés afin de voir si l’on peut détecter une augmentation de l’intensité ou de la fréquence de ces événements extrêmes. 

Aucun indicateur ne montre une tendance croissante claire des événements extrêmes

Pour les auteurs, les changements mondiaux les plus robustes dans les extrêmes climatiques se trouvent dans les valeurs annuelles des vagues de chaleur (nombre de jours, durée maximale et chaleur cumulée), tandis que les tendances mondiales de l’intensité des vagues de chaleur ne sont pas significatives. 

L’intensité des précipitations quotidiennes et la fréquence des précipitations extrêmes sont stationnaires pour la majeure partie des stations météorologiques. L’analyse des tendances de séries chronologiques des cyclones tropicaux montre une invariance temporelle substantielle (ça ne bouge pas vraiment) et il en va de même pour les tornades aux États-Unis (ni leur nombre ni leur intensité ne semble augmenter). Dans le même temps, l’impact du réchauffement sur la vitesse du vent de surface reste incertain. Les auteurs se sont ensuite penchés sur certains indicateurs de réponse globale aux événements météorologiques extrêmes, à savoir les catastrophes naturelles, les inondations, les sécheresses, la productivité des écosystèmes et les rendements des quatre principales cultures (maïs, riz, soja et blé). Aucun de ces indicateurs de réponse ne montre une tendance positive claire des événements extrêmes. 

Les chercheurs italiens concluent que, sur la base de données d’observation, la crise climatique que, selon de nombreuses sources, nous vivrions aujourd’hui n’est pas évidente pour l’instant. Les auteurs concluent en affirmant qu’il serait néanmoins extrêmement important de définir des stratégies d’atténuation et d’adaptation qui tiennent compte des tendances actuelles.

Rendement moyen (t/ha) pour le maïs, le riz, le soja et le blé de 1961-2019. On note le fort accroissement des rendements « malgré » la « crise climatique ». (Oui, bien sûr les techniques agricoles ont pu s’améliorer pendant cette période, mais cela tend à prouver que l’homme peut s’adapter à la « crise climatique grandissante » sans les mesures extrémistes proposées par certains militants aujourd’hui).
 

Appel à la censure

Quatre climatologues sélectionnés et interrogés par l’AFP estiment que l’étude n’aurait jamais dû être publiée, et deux d’entre eux ont demandé qu’elle soit retirée. Pour Peter Cox, professeur à l’Université d’Exeter, l’étude « n’est pas bonne sur le plan scientifique », mais il craint que le retrait « entraîne une publicité supplémentaire et puisse être présenté comme une censure ».

« La crise climatique », un non-sujet en politique italienne

L’auteur principal, Gianluca Alimonti, est un physicien d’un institut de physique nucléaire. Ses trois coauteurs sont Luigi Mariani, un météorologue agricole, et les physiciens Franco Prodi et Renato Angelo Ricci. 

Notons que la lutte contre les « changements climatiques » n’a joué quasiment aucun rôle dans la campagne électorale italienne qui y a vu le centre droit (l’extrême droite pour l’AFP/Radio-Canada) être porté au pouvoir. Les enjeux écologiques ont été les grands absents de la campagne électorale dans son ensemble, a révélé une étude menée par Greenpeace Italie et l’Observatoire de Pavie, un institut de recherche. L’environnement se retrouve loin derrière le soutien à la natalité et la lutte contre l’immigration illégale pour la chef des Frères d’Italie, Giorgia Meloni. Dans son programme, l’environnement est décrit comme « une priorité », mais n’apparaît qu’en douzième position (sur quinze), loin derrière le soutien à la natalité ou la lutte contre l’immigration illégale. Giorgia Meloni promet tout autant la relance du nucléaire — arrêté il y a 30 ans en Italie — que le forage d’hydrocarbures en mer Adriatique et le développement des ressources gazières.

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lundi 26 septembre 2022

L' « extrême droite » a-t-elle gagné en Italie comme le prétendent Radio-Canada et l'AFP ?

Radio-Canada reprend la dépêche de l'AFP et titre sans hésitation : 


 

Ce n'est pas du tout l'avis d'Alexandre del Valle, docteur en histoire contemporaine, géopolitologue, chercheur-associé au CPFA et au Centre Français de Recherche sur le Renseignement, auteur de « La Mondialisation Dangereuse » aux éditions de L’Artilleur.

 

Sur CNews, on parle de la presse de gauche prise d'effroi et de la diabolisation de la Meloni.

 L'avis de Frédéric Le Moal, docteur en histoire et professeur au lycée militaire de Saint-Cyr, auteur de nombreux ouvrages remarqués. Frédéric Le Moal a notamment publié «Victor-emmanuel III. Un roi face à Mussolini » (Perrin, 2014), traduit en italien, « Histoire du fascisme » (Perrin, 2018), prix Ernest-lemonon de l’académie des sciences morales et politiques, et « Pie XII. Un pape pour la France. Enquête sur le conclave de 1939 » (Éditions du Cerf, 2019). Son nouveau livre, « Les Hommes de Mussolini » (Perrin, 364 p., 24 €), paraît le 29 septembre. Il est interrogé par le Figaro.

LE FIGARO. — L’adjectif « post-fasciste » est employé par de nombreux médias pour qualifier Giorgia Meloni. Que vous inspire cette appellation ?.

Frédéric LE MOAL. - Un certain scepticisme, je dois l’avouer, car elle est de nature à jeter de la confusion dans le débat politique, voire à imprimer une marque infamante à Giorgia Meloni. En effet, cette expression permet de l’enchaîner au fascisme malgré l’évidence politique qui saute aux yeux. Certes, le parcours politique de Giorgia Meloni la rattache au fantôme du fascisme. D’abord par ses déclarations de jeunesse en faveur de Mussolini, dont ses adversaires, dans le monde politique et médiatique, font un usage immodéré. Les mêmes, notons-le, que l’on trouve beaucoup moins vigilants quand il s’agit du passé trotskiste ou maoïste de certaines personnalités. Ensuite par l’évolution politique de son parti, issu d’une scission d’Alliance nationale, elle-même héritière du MSI, qui, lui, se revendiquait sans ambiguïté du fascisme de la République de Salo, un fascisme radical, républicain, socialiste et jacobin. Or cette mutation incessante à force de dédiabolisation et d’épuration des éléments radicaux interdit de rattacher le «melonisme» au fascisme. Elle n’est pas post-fasciste mais conservatrice, souverainiste et patriote..

— Au-delà de la filiation partisane (Fratelli d’italia étant l’héritier d’Alliance nationale, elle-même héritière du MSI, mouvement social italien, parti néofasciste), peut-on établir une filiation idéologique entre le programme de Giorgia Meloni et celui du fascisme mussolinien ?.

— Giorgia Meloni est libérale en économie – et, à ce titre, hostile à l’emprise de l’État –, catholique assumée, avec une vision conservatrice de la société, et elle mène un combat identitaire avant tout défensif. Il n’y a rien de commun, dans son programme, avec le fascisme, idéologie étatiste unissant socialisme et nationalisme, totalitaire car porteuse d’un projet de révolution anthropologique dont l’objectif était d’accoucher d’un Italien nouveau, exaltant la violence et la guerre, acte fondateur d’un nouveau peuple italien dur et cruel car débarrassé des valeurs jugées amollissantes du christianisme. Il était une réponse révolutionnaire, anticommuniste et antilibérale à la crise dans laquelle se débattait l’Italie depuis la fin de la Première Guerre mondiale, et ce par la violence physique et extraparlementaire. La victoire de Fratelli d’italia constitue, elle, une réponse conservatrice, dans un cadre démocratique, à la crise d’une mondialisation destructrice des identités nationales et aux défis d’une immigration incontrôlée..

— On cite souvent ces propos de Giorgia Meloni en 1996 : « Je crois que Mussolini c’était un bon politicien. Tout ce qu’il a fait, il l’a fait pour l’italie. » Quelle est la perception de Mussolini dans l’opinion italienne aujourd’hui ?.

—   Les avis divergent en Italie à son sujet, car le pays ne connut jamais l’entreprise mémorielle d’expiation que l’Allemagne a mise en place après 1945. Si une partie importante des Italiens sont révulsés par Mussolini, sa personne ne suscite pas une aversion universelle à l’image de celle de Hitler. 

Son corps repose dans la terre italienne de son village de Predappio (Émilie-Romagne), où se rendent des foules de curieux mais aussi des pèlerins, ne cachant pas l’admiration qu’ils éprouvent pour le Duce dont la seule erreur aurait été, selon eux, de s’allier avec le IIIe Reich. Les raisons de cette situation à bien des égards singulière? L’absence d’un Nuremberg italien, la volonté de l’élite italienne d’après-guerre de tourner la page, les fragiles mais incontestables réussites sociales et économiques du régime, la solide popularité du dictateur qui fut l’objet d’une adoration quasi religieuse de la part de plusieurs couches de la société italienne devenue au fil des années vraiment mussolinienne, à défaut d’être fasciste. Il aura fallu les lois raciales de 1938 et surtout les défaites de la guerre pour rompre le lien. 

N’oublions pas non plus que le régime, aussi violent fut-il, n’atteignit jamais le degré d’horreur du communisme et du nazisme. Cette différence d’échelle dans la cruauté permet à une partie significative des Italiens de défendre une image selon eux « nuancée » du dictateur. En fin de compte, dans une Italie affaiblie, gouvernée par un parlementarisme instable, le régime fasciste incarne, pour ces Italiens-ci, la stabilité et la puissance perdues..

— Dans votre livre Histoire du fascisme, vous faites du fascisme un mouvement révolutionnaire. Diriez-vous que le fascisme est tout autant de gauche que de droite ?

— Je vois dans le fascisme un mouvement réconciliant le socialisme dont sont issus la plupart de ses chefs et le nationalisme. L’inflexion vers la droite du mouvement des chemises noires à partir de 1921 est irréfutable mais ne doit pas faire illusion. Nationaliste, anticommuniste, darwinien, brutal, colonisateur, expansionniste : le fascisme a été tout cela, mais ces éléments ne permettent pas de le classer à droite. Le Duce lui-même l’a affirmé sans aucune ambiguïté : « Je me refuse de qualifier de droite la culture dont ma révolution a donné l’origine. La culture fasciste, qui reprend les valeurs de tout le XXe siècle italien, n’est pas de droite» (Taccuini mussoliniani, éditions Il Mulino, 1990). 

La nation et la révolution : c’est de ce mariage que naquit le fascisme. En vérité, le fascisme a opéré la réconciliation de l’idée nationale avec le projet révolutionnaire de création d’un État et d’un homme nouveaux. On retrouve donc cette tentation démiurgique de transformation de l’être humain, ce qui nous empêche de le classer à droite. La véritable frontière sépare ceux qui croient en la nature inaliénable de l’individu et ceux qui n’y croient pas et veulent donc la changer pour l’améliorer. Le fascisme se classe sans ambiguïté dans la seconde catégorie..

— Comment expliquer que le retour du fascisme obsède notre époque, qui applique ce substantif à tout mouvement de droite radicale ?

— Pour plusieurs raisons, selon moi : le maintien de l’analyse marxiste, qui voit dans tout mouvement qui lui est hostile un fascisme, la force du gauchisme culturel à l’école, à l’université et dans les médias, la puissance mobilisatrice du combat contre une idéologie effrayante, la nécessité toujours présente à gauche de disposer d’un ennemi contre lequel lutter, un ennemi d’autant plus commode qu’il a en réalité disparu et qu’il ne risque pas de mettre à sac les sièges des partis politiques et des journaux comme le faisaient les brutes en chemises noires.

En fait, la force de l’antifascisme de gauche a été d’effacer toute trace des liens de la gauche d’alors avec Mussolini, un ancien dirigeant du Parti socialiste italien, et de placer le fascisme à la droite la plus extrême, la plus conservatrice et la plus réactionnaire. Ce qu’il n’a jamais été. On fait face ici à un mélange d’inculture et de militantisme..

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samedi 30 avril 2022

AFP — Ours polaire « symbole du réchauffement climatique » aperçu en Gaspésie

L’Agence France Presque Presse a réussi à associer la découverte d’un ours blanc en Gaspésie, loin au Sud de son aire habituelle, lors d’un printemps froid, au réchauffement climatique. Ne jamais laisser de répit aux lecteurs de ces dépêches recopiées de par le monde sur cet « enjeu existentiel ». Toujours garder à l’esprit du citoyen moyen que le « réchauffement climatique » nous menace.

Voici la dépêche au complet telle que publiée sur le site de RTL :

AFP, publié le 30 avril 2022 à 20 h 47

Très rare apparition d’un ours polaire dans le sud du Canada

L’ours polaire aperçu près de Madeleine-Centre, au Québec, le 30 avril 2022, sur cette photo amateur prise par Sophie Bonneville

Un ours polaire a été aperçu samedi dans une région du Québec située au sud du fleuve Saint-Laurent, ce qui a mené les agents de la faune et les policiers à alerter les résidents d’un petit village de cette visite très inhabituelle.

L’animal à la fourrure blanche, symbole du réchauffement climatique, a été aperçu en matinée à Madeleine-Centre en Gaspésie, selon des témoins. Il se trouvait toujours en liberté dans l’après-midi et des agents chargés de la gestion et de la protection des espèces sauvages cherchaient à le localiser.

« Le chien jappait et j’ai entendu mon conjoint crier “Il y a un ours ! Il y a un ours !” », a raconté à l’AFP Sophie Bonneville, qui réside quelques mois par année dans ce village d’environ 2.000 habitants, situé à plus de 800 km au nord-est de Montréal et actuellement sous la neige.

La Sûreté du Québec (SQ, police provinciale) a par la suite mis en garde les habitants sur Twitter : « Un ours polaire a été vu dans le secteur de Madeleine-Centre. Les policiers sécurisent les lieux. (…) Nous demandons aux résidents de rester à l’abri et de ne pas s’aventurer à l’extérieur »

. Étonnée par la présence du prédateur de l’Arctique dans sa cour, la témoin a indiqué que « personne n’a jamais vu ça, même les agents de la faune ni la police. Les gens pensaient que c’était une blague ».

« C’est très inhabituel de voir une espèce aussi nordique se retrouver aussi loin de sa limite sud de distribution », a réagi à l’AFP la biologiste et chercheuse en écologie marine Lyne Morissette, précisant que « les dérèglements climatiques actuels y sont pour quelque chose ».

La police assurait samedi la sécurité de la région, où de nombreux piétons ont l’habitude de faire des promenades.

« On a fait du porte-à-porte pour aviser les résidents du secteur de demeurer à l’intérieur », a expliqué à l’AFP Stéphane Tremblay, porte-parole de la SQ, disant lui aussi « n’avoir jamais vu » une pareille situation.

« Avec les changements climatiques, tout se peut », a renchéri la témoin gaspésienne [grande spécialiste], qui a eu le temps de prendre quelques photos de l’animal avant qu’il ne se dirige dans la forêt.

Au Canada, l’ours blanc — le plus gros carnivore terrestre de la planète — est une espèce dont le statut est « préoccupant ».

Une étude de 2020 publiée dans Nature Climate Change révélait que le réchauffement climatique pourrait signer la quasi-extinction de cet animal emblématique puisque la banquise, son habitat, disparaît progressivement.

[Des études concluent l’inverse, mais cela n’est bien sûr pas mentionné par l’AFP… Voir Les ours polaires se portent bien]

Sophie Bonneville et Jean Bergeron ont aperçu l’ours polaire sur leur terrain de Madeleine Centre samedi matin

Une visite rare, mais possible Pour le biologiste et professeur à l’Université du Québec à Rimouski Dominique Berteaux, il n’y a aucun doute qu’il s’agit bien d’un ours polaire. C’est spectaculaire et très inhabituel dans cette région, admet-il. Toutefois, le biologiste rappelle que l’ours polaire peut nager sur de grandes distances. Les Esquimaux le considèrent comme un mammifère marin. Selon la littérature scientifique, il n’y a rien d’exceptionnel à ce qu’un ours traverse 100 ou 200 kilomètres en nageant, souligne M. Berteaux. 
 
Les ours polaires qui se trouvent sur la côte est du Labrador au printemps remontent vers le nord lorsque la banquise se fragmente, explique Dominique Berteaux. Cependant, il arrive que de rares individus se trompent de chemin, comme cela semble être le cas pour l’animal en Gaspésie. Au début du mois d’avril, la présence d’un ours polaire avait été signalée sur la Côte-Nord, à La Romaine.

mercredi 20 mai 2020

« Les journalistes ne savent ni lire ni interpréter les études médicales »

Vendredi 15 mai 2020, un des sujets qui traversent l’ensemble des médias français, tout au long de la journée, est : « deux nouvelles études montrent que l’hydroxychloroquine n’est pas efficace contre la Covid ». On va montrer ici que les journalistes ne savent pas lire les études médicales et que le message ainsi diffusé est purement et simplement trompeur. Le tout part d’une dépêche AFP qui n’a pas interrogé de chercheurs (comme le Pr Raoult) qui préconisent l’utilisation de l’hydroxychloroquine pour leur demander ce qu’ils pensaient de ces études selon le vieux précepte latin audi alteram partem.

Texte de LAURENT MUCCHIELLI, Sociologue, directeur de recherche au CNRS (Laboratoire Méditerranéen de Sociologie).

La crise du Covid est comme un révélateur ou un miroir grossissant, elle exacerbe les mécanismes préexistants. C’est vrai du fonctionnement du pouvoir politique et de la haute administration dépendant du ministère de la Santé. Et ça l’est également de la presse française, qui s’enfonce dans la superficialité et la suffisance. On n’a jamais vu autant de journalistes parler de science, et on n’a jamais vu autant de journalistes dire autant de bêtises. On va ci-dessous montrer une fois de plus que la plupart d’entre eux ne savent pas lire un article scientifique. Pire : on va comprendre qu’ils ne jugent même pas nécessaire d’apprendre à le faire, tellement ils sont pressés de confirmer leurs opinions.

Un grand concert de copier-coller

C’était hier matin — 15 mai 2020 — sur BFMTV (télévision privée) puis sur France Info (radio publique), puis encore sur le site Internet de France Info (encore le service public). Et tout cela était nourri des dépêches de l’Agence France Presse (AFP) tombées la veille au soir. Dépêches qui nourriront au fil de la journée l’ensemble de la presse dans un grand concert de copiés-collés.

BFMTV – fil d’actualités — 6 h 57 — Hugo Septier avec AFP : « Coronavirus : l’hydroxychloroquine n’est pas efficace, selon deux études ». Extraits : « Selon deux études publiées vendredi, le traitement qui a fait couler beaucoup d’encre ne semble en réalité pas efficace contre le Covid-19, que ce soit chez des patients gravement ou plus légèrement atteints. La première étude, menée par des chercheurs français, conclut que ce dérivé de l’antipaludéen chloroquine ne réduit pas significativement les risques d’admission en réanimation ni de décès chez les patients hospitalisés avec une pneumonie due au Covid-19. Selon la seconde étude, menée par une équipe chinoise, l’hydroxychloroquine ne permet pas d’éliminer le virus plus rapidement que des traitements standard chez des patients hospitalisés avec une forme “légère” ou “modérée” de Covid-19. En outre, les effets secondaires sont plus importants ».

France Info avec AFP — 7 h 47 — « Coronavirus : deux études concluent à l’inefficacité de l’hydroxychloroquine contre le Covid-19 ». Extraits : « L’hydroxychloroquine, traitement qui a fait couler beaucoup d’encre, ne semble pas efficace contre le Covid-19, que ce soit chez des patients gravement ou plus légèrement atteints, selon deux études publiées jeudi 14 mai. La première étude (en anglais), menée par des chercheurs français, conclut que ce dérivé de l’antipaludéen chloroquine ne réduit pas significativement les risques d’admission en réanimation ni de décès chez les patients hospitalisés avec une pneumonie due au Covid-19. Selon la seconde étude (en anglais), menée elle par une équipe chinoise, l’hydroxychloroquine ne permet pas d’éliminer le virus plus rapidement que des traitements standard chez des patients hospitalisés avec une forme “légère” ou “modérée” de Covid-19. De plus, les effets secondaires sont plus importants ».

En version radio dans la matinale, à 8 h 30, les journalistes Renaud Dély (pour mémoire, celui qui avait traité les Gilets jaunes de « vermine » le 21 avril 2019) et Matteu Maestracci interviewent le député d’extrême droite non-inscrit Louis Alliot. À un moment, R. Dély le questionne pour le soutien qu’il a affiché à l’endroit du professeur Raoult et s’empresse de le contredire en affirmant : « les études internationales qui mettent en doute l’efficacité de l’hydroxychloroquine se multiplient, encore deux nouvelles études ces tout derniers jours qui démontrent que ce traitement n’est pas plus efficace et qu’il est même potentiellement plus dangereux sur le plan cardiaque ». Il en profite également pour prétendre que « les médecins ne sont pas interdits de le prescrire », faisant mine d’ignorer le contenu réel du décret du 25 mars et la différence entre médecine hospitalière (où les médecins peuvent prescrire le traitement de leur choix) et médecine de ville (où les médecins ne le peuvent pas).

Pour mémoire encore, le vendredi précédent (8 mai), France Info donnait la parole à Marie-Paule Kieny, directrice de recherche à l’INSERM, membre du CARE (le deuxième comité scientifique installé par le gouvernement le 24 mars), qui déclarait que « la plupart des études qui sortent disent que ça ne sert à rien et que ça ne marche pas » et renvoyait bien entendu à l’étude européenne Discovery qui pourtant est un fiasco et ne donnera jamais les résultats (quels qu’ils soient) annoncés pour la mi-mai depuis le mois de mars.

Que dire sinon que nombre de journalistes (et derrière leurs rédactions en chef) se comportent dans cette affaire comme de bons relais de la communication gouvernementale ? Manque la preuve d’une telle hypothèse. Elle arrive.

Ce que disent (et ne disent pas) les deux études scientifiques en question

L’étude française (hôpitaux de la région parisienne), signée par une trentaine d’auteurs (dont le célèbre opposant à D. Raoult, F.-X. Lescure, en lien d’intérêt avec le laboratoire Gilead), a été lancée au mois de mars. Il ne s’agit pas d’une étude randomisée (sur échantillons aléatoires). Elle porte sur 181 patients hospitalisés pour une pneumonie et ayant besoin d’assistance respiratoire. Pour l’essentiel, 84 patients ont reçu de l’hydroxychloroquine dans les 48 h suivant leur admission à l’hôpital et 89 autres n’en ont pas reçu (c’est le groupe de contrôle). Au 21e jour après leur entrée à l’hôpital, l’état de santé des deux groupes de patients comparés ne présentait pas de différence significative.

Cette étude pose cinq problèmes. Le premier est la faiblesse des effectifs. Le second est le stade déjà avancé de la maladie. Le troisième est que cette étude n’est pas randomisée, chose qui est reprochée en permanence aux études de l’IHU, mais qui, ici, ne gêne personne (encore et toujours le « deux poids, deux mesures » que nous avons déjà mis en évidence). Le quatrième — de loin le plus important — est que cette étude ne teste pas le protocole Raoult puisque ce dernier d’une part associe l’hydroxychloroquine avec un antibiotique (l’azithromycine, qui est ici officiellement absente), d’autre part traite les patients dès qu’ils sont testés positifs (pour faire baisser la charge virale, sans attendre les premiers signes de détresse respiratoire). Enfin, un cinquième problème est encore plus sournois puisque les auteurs de l’article ont tenté de le dissimuler (ce qui n’a pas échappé à l’équipe de Raoult). Ce problème est que, sans le dire dans la méthodologie exposée au début de l’article, l’étude française a en réalité donné à 15 patients une combinaison d’hydroxychloroquine et d’azithromycine. Résultat (très favorable au protocole Raoult, donc déplaisant aux rédacteurs de l’article) : « Aucun des 15 patients qui ont reçu une combinaison d’hydroxychloroquine et d’azithromycine n’a été transféré aux soins intensifs et aucun n’est décédé. En outre, ces patients présentaient moins de signes graves à l’admission que les patients ayant reçu de l’hydroxychloroquine sans azithromycine ». À notre connaissance, aucun des très nombreux journalistes ayant commenté cette étude n’a relevé ne serait-ce qu’un seul de ces cinq points (et certainement pas les deux derniers).

L’étude chinoise, signée par une vingtaine d’auteurs d’une dizaine d’hôpitaux et universités chinoises, a été entamée au mois de février. Elle porte sur 150 patients hospitalisés à un stade encore « modéré » de la maladie. Durant 28 jours, la moitié des patients a reçu de l’hydroxychloroquine, l’autre moitié non (groupe de contrôle recevant des « soins standards » dont on ignore cependant la nature et qui ne sont pas nécessairement exactement les mêmes que dans les protocoles « standards » français). L’étude est randomisée. Le résultat est l’absence de différence significative dans l’évolution de l’état de santé des patients à l’issue de la période l’observation.

Quels sont ici les problèmes ? Le premier est à nouveau la faiblesse des effectifs. Le deuxième est le dosage de l’hydroxychloroquine (qui est le double de celui utilisé à Marseille). Le troisième est que, à nouveau, cette étude ne teste pas le protocole Raoult puisque ce dernier associe l’azithromycine ici absente. Enfin, le quatrième problème réside dans les fameux « effets indésirables » surtout « cardiaques » sur lesquels insistent tant les journalistes cités. C’est qu’ils n’ont lu que le résumé de l’étude et non le texte intégral dans lequel il est clairement indiqué que ces effets indésirables sont essentiellement des diarrhées (pour 10 % des patients sous hydroxychloroquine) et que les 2 seuls cas plus sérieux consistent en des infections respiratoires et non des problèmes cardiaques. À nouveau, aucun des journalistes cités n’a relevé aucun de ces quatre points.

Conclusion

Les deux études présentées comme des contradictions majeures aux arguments du professeur Raoult ne testent pas en réalité son protocole (ou cherchent à le dissimuler lorsqu’elles le font en partie). Elles sont de surcroît conduites sur de très petits effectifs (181 et 150 patients là où l’IHU de Marseille en a 3 292 dans sa cohorte au 15 mai 2020). Ces journalistes (qui sont parmi les plus connus) ne travaillent pas sérieusement, ils déforment consciemment ou inconsciemment la réalité pour mieux confirmer leurs préjugés. Des préjugés qui coïncident parfaitement avec la communication gouvernementale (ce qui n’est pas sans rappeler des souvenirs de lecture de Serge Halimi Les nouveaux chiens de garde, 2005). Chacun en tirera les interprétations qu’il souhaite. Mais les faits sont là et les lendemains de crise risquent d’être douloureux pour cette presse.

Post-Scriptum

Pendant ce temps-là, aux États-Unis, sous la pression des médecins qui partout écrivent aux gouverneurs des États pour réclamer que l’on teste le protocole Raoult, le National Institutes of Health vient d’annoncer (14 mai) le lancement d’un grand essai clinique pour évaluer si l’hydroxychloroquine combinée à l’azithromycine peut prévenir l’hospitalisation et la mort liées à la COVID-19. Mais il n’y a peut-être pas eu de dépêche de l’AFP à ce sujet ? :)



Entretemps, sur la chaîne d’information continue francophone israélienne i24, le professeur Raoult — que l’AFP n’a pas contacté pour entendre son avis sur ces deux études qui mineraient la crédibilité de son traitement — commente (à partir de 9'34 '') « le traitement médiatique de cette crise ».

« Il y a une révolution qui explique beaucoup de tensions, je suis désolé pour les médias traditionnels, mais je pense que les médias traditionnels sont en train de rentrer en conflit frontal avec les réseaux sociaux et YouTube par exemple comme chaîne d’information. Moi, je dois dire que, la plupart du temps, les informations sont de meilleure qualité sur YouTube que sur les médias, donc il y a une révolution à faire, il y a une mise en danger des médias traditionnels qui se traduit aussi par beaucoup de violence. »

[...]

« Et moi sur un podcast j’ai trois fois la notoriété du journal Le Monde, je comprends que le journal Le Monde ne m’aime pas, vous voyez. Moi ça ne coûte rien, ça ne me rapporte rien et donc je deviens un rival incontrôlable dans l’information, la clarté ou la réalité de l’information, parce que je n’ai pas d’a priori du tout dans la vie.

[...]

Donc là vous êtes dans un enjeu qui est un enjeu extraordinaire, vous, le monde des médias traditionnels, que ce soit les journaux, que ce soit la télévision, on ne peut pas ignorer cette évolution absolument considérable et le rôle que prennent les réseaux sociaux dans l’information. Donc on voit que les médias traditionnels souvent — ça m’est arrivé à moi d’ailleurs — identifient comme des fake news [bobards, fausses nouvelles] des news [infos] qui ne sont pas relayées par les médias traditionnels, mais les médias traditionnels ne relayent pas plus d’informations exactes que les réseaux sociaux. Donc on est dans un tournant historique aussi de la distribution de l’information qui elle aussi explique des conflits qui me dépassent de très loin.