vendredi 30 janvier 2026

Italie : un projet de loi visant à encadrer l’éducation affective et sexuelle à l’école

Le Parlement italien examine actuellement un projet de loi portant sur le cadre des activités scolaires liées à l’éducation affective, sexuelle et aux questions de genre. Connu sous le nom de projet de loi Valditara, du nom du ministre de l’Éducation Giuseppe Valditara, ce texte a été approuvé en première lecture par la Chambre des députés le 3 décembre 2025, par 151 voix pour, 113 contre et une abstention.

Intitulé officiellement « Disposizioni in materia di consenso informato in ambito scolastico », le projet s’inscrit dans une réflexion plus large sur le rôle respectif de l’école et des familles dans l’éducation des mineurs, ainsi que sur les modalités de participation d’intervenants extérieurs au système scolaire.

Sur la photo, les porte-parole de Pro Vita & Famiglia, Jacopo Coghe et Maria Rachele Ruiu, avec le député Rossano Sasso - rapporteur du projet de loi à la Chambre - devant le palais de la Chambre des députés , le 3 décembre 2025, lorsque la loi a été approuvée par la Chambre. Sur les pancartes : «Consentement informé préalable» (à gauche),  « Leçons LGBT? Pas à mon enfant » (centre) et « Pas à mon enfant » et en petit en dessous « écoles libres du "genre" » (à droite).

Les dispositions prévues par le texte

Dans la version adoptée par la Chambre, le projet de loi distingue clairement selon les niveaux d’enseignement.
  • Pour l’école maternelle et primaire (scuola dell’infanzia et scuola primaria), le texte prévoit l’interdiction de toute activité, intervention ou projet — y compris extracurriculaire — portant sur la sexualité, les relations affectives, l’identité ou la fluidité de genre, ainsi que sur l’orientation sexuelle. En revanche, l’enseignement de notions biologiques générales, telles que l’anatomie humaine, la reproduction ou la prévention des maladies sexuellement transmissibles, demeure autorisé, dès lors qu’il est présenté sous un angle scientifique et non identitaire (dans le sens d'identité sexuelle, pro-LGBTQ+ et théorie du genre).
  • Pour l'école secondaire, soit le collège et le lycée (scuola secondaria di primo e secondo grado), le projet de loi introduit l’obligation d’un consentement éclairé, préalable et écrit des parents ou tuteurs légaux pour toute activité abordant ces thématiques. Ce consentement doit être détaillé et doit préciser les objectifs pédagogiques, les contenus abordés, les supports utilisés ainsi que l’identité d’éventuels intervenants extérieurs. En l’absence d’autorisation, l’élève concerné ne participe pas à l’activité et se voit proposer une alternative organisée par l’établissement.
  • Le texte prévoit également que les intervenants extérieurs soient préalablement validés par les organes collégiaux de l’établissement, notamment le conseil d’institut et le collège des enseignants.
Les objectifs affichés par le gouvernement

Selon le gouvernement, cette réforme vise avant tout à renforcer la collaboration entre l’école et les familles et à garantir la transparence des contenus proposés aux élèves. L’exécutif met en avant le principe constitutionnel du droit des parents à participer aux choix éducatifs concernant leurs enfants, en particulier sur des sujets considérés comme sensibles.

Les promoteurs du texte soulignent également la volonté d’assurer un cadre homogène au niveau national, dans un contexte où les initiatives en matière d’éducation affective et sexuelle reposent largement sur des projets locaux et sur l’intervention d’acteurs extérieurs aux établissements scolaires.

Un texte encore en discussion


Au 28 janvier 2026, le projet de loi n’a pas encore été adopté définitivement. Après son approbation à la Chambre, il doit être examiné par le Sénat, qui pourra l’amender ou le valider en l’état. La majorité parlementaire actuelle laisse envisager une poursuite du processus législatif au cours de l’année 2026, même si le calendrier et l’issue exacte des débats ne sont pas encore arrêtés.

Un débat parlementaire et sociétal

Comme souvent sur les questions éducatives et familiales, le texte a suscité des positions contrastées. Les groupes de la majorité y voient un instrument de clarification et de responsabilisation, tandis que plusieurs formations d’opposition et certaines associations expriment des réserves, estimant que le dispositif pourrait restreindre l’accès de certains élèves à des informations jugées utiles à leur développement.

Ces échanges s’inscrivent dans un contexte italien particulier : l’éducation sexuelle n’est pas obligatoire au niveau national et reste principalement organisée à l’initiative des établissements, ce qui distingue l’Italie de nombreux autres pays européens.