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dimanche 26 juillet 2026

États-Unis : les diplômés les plus progressistes sont aussi les plus mal payés

Depuis une dizaine d'années, l'analyse électorale américaine insiste sur un phénomène désormais bien établi : le Parti démocrate recrute de plus en plus parmi les diplômés de l'université, tandis que le Parti républicain progresse auprès des électeurs sans diplôme universitaire. Une analyse publiée le 21 juillet 2026 par Nate Silver sur son Substack Silver Bulletin affine ce constat et met en lumière un sous-groupe particulièrement singulier : les Américains très diplômés, mais aux revenus modestes.



À partir des données agrégées de la Cooperative Election Study (CES), une vaste enquête électorale couvrant les scrutins de 2016 à 2024 et regroupant plus de 400 000 répondants pondérés, Silver croise deux variables essentielles : le niveau d'études et le revenu du ménage. Il répartit les électeurs en vingt catégories (quatre niveaux de diplôme et cinq tranches de revenu), puis examine leur vote présidentiel ainsi que leur positionnement idéologique déclaré.

Le résultat le plus frappant est contre-intuitif. Le groupe le plus favorable au Parti démocrate n'est ni celui des diplômés les plus fortunés, ni celui des ménages les plus modestes, mais celui des titulaires d'un diplôme de troisième cycle (maîtrise, doctorat, etc.) dont le revenu annuel du ménage se situe entre 30 000 et 60 000 dollars. C'est également dans cette catégorie que la proportion d'électeurs se définissant comme « very liberal » (très progressistes) est la plus élevée : environ 21 %, contre une moyenne proche de 10 % dans l'ensemble de l'électorat.

À l'autre extrémité du spectre, les électeurs les plus républicains sont les personnes peu diplômées (niveau école secondaire/lycée ou inférieur) disposant d'un revenu relativement élevé (60 000 dollars ou plus), qui ont voté pour Donald Trump dans une proportion avoisinant 60 %.

L'intérêt de l'analyse réside surtout dans l'interprétation de cette « anomalie ». En règle générale, l'éducation et le revenu évoluent de concert : les diplômés gagnent davantage que les non-diplômés. Or, il existe un « angle mort » où cette corrélation se rompt : celui des personnes disposant d'un capital scolaire très élevé sans bénéficier d'une situation économique correspondante.

Pour Silver, cette combinaison constitue le terrain sociologique le plus favorable à la nouvelle gauche américaine, notamment à la Democratic Socialists of America (DSA). Il rapproche ses résultats d'une enquête interne réalisée par cette organisation en 2021 : près de 80 % de ses membres âgés de plus de 25 ans possèdent au moins un diplôme universitaire, mais 45 % vivent dans un ménage dont le revenu est inférieur à 60 000 dollars par an. Les professions les plus représentées sont celles d'enseignant, de travailleur social, de salarié du secteur associatif (sans but lucratif) ou de fonctionnaire.

Autrement dit, le cœur de cette mouvance n'est pas constitué d'ouvriers au sens classique du terme, mais de diplômés exerçant des professions intellectuelles ou de service, souvent peu rémunérées au regard de leur niveau de qualification. Silver avance l'idée que ces électeurs peuvent éprouver un sentiment de déclassement relatif, de ressentiment : leur investissement éducatif ne leur procure pas les perspectives économiques auxquelles ils estimaient pouvoir prétendre. Cette frustration coexisterait avec une forte sensibilité aux questions culturelles et post-matérialistes — identité, environnement, justice raciale ou soutien à la cause palestinienne, par exemple.

L'hypothèse n'est pas entièrement nouvelle chez Silver. Dès 2022, il observait déjà que les professions intellectuelles relativement peu rémunérées — enseignants, journalistes, salariés du secteur associatif ou agents publics — figuraient parmi les bastions électoraux les plus solides du Parti démocrate. Son nouvel article apporte une confirmation statistique plus précise en montrant que c'est précisément à l'intersection d'une très forte éducation et d'un revenu modeste que l'adhésion au progressisme atteint son maximum.

L'argumentation demeure toutefois prudente. Silver souligne lui-même plusieurs limites. Le sous-groupe étudié reste numériquement réduit, les revenus sont autodéclarés, les données ne permettent pas de connaître le milieu social d'origine ni le domaine d'études, et l'enquête interne de la DSA ne saurait être considérée comme représentative de l'ensemble de la gauche américaine. Surtout, il ne prétend pas démontrer un lien de causalité entre déclassement économique et radicalité politique. Son analyse met en évidence une corrélation robuste, non une explication unique.

Cette distinction est importante. Rien n'indique que les diplômés aux revenus modestes deviennent progressistes parce qu'ils sont économiquement frustrés. L'inverse peut également jouer : certains choisissent délibérément des carrières moins lucratives — enseignement, recherche, secteur public ou associatif — précisément parce qu'elles correspondent à leurs convictions. Les deux mécanismes peuvent d'ailleurs coexister.

La réception de l'article illustre cette ambiguïté. Plusieurs médias conservateurs y ont vu la confirmation que la gauche radicale recrute principalement parmi des diplômés « surqualifiés et sous-employés », éloignés de la classe ouvrière traditionnelle. Sur les réseaux sociaux, les réactions sont nuancées. Beaucoup jugent le portrait sociologique convaincant, tandis que d'autres rappellent que ce groupe ne représente qu'une faible part de la population adulte et que l'effet du revenu, à niveau d'études égal, demeure relativement limité.

Au-delà de ces débats, l'apport principal de Silver est de mettre des chiffres précis sur une intuition largement partagée : la polarisation politique américaine ne s'organise plus seulement autour des revenus ou des catégories sociales traditionnelles, mais de plus en plus autour de la combinaison du capital scolaire (bien que ce terme soit un peu ronflant), de la position économique et des valeurs culturelles. Le profil le plus favorable à la gauche radicale américaine n'est pas celui du prolétaire classique, mais celui du diplômé très qualifié dont la réussite matérielle est très limitée.

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Le Chaos qui vient. Élites, contre-élites, et la voie de la désintégration politique de Peter TURCHIN. Résumé de l'éditeur : 

Comment et pourquoi les systèmes politiques chutent-ils ? L'analyse à la fois historique et contemporaine du plus passionnant des chercheurs américains. Un livre essentiel pour comprendre l'instabilité du monde actuel. Les sociétés démocratiques sont aujourd'hui mises à mal, contestées et parfois réprouvées par des citoyens qui ont toujours eu le droit de vote. Elles sont jugées de plus en plus inégalitaires et génèrent toujours plus de frustrations, de colère, de ressentiment. Alors, à quel moment un système qui nous paraissait indestructible touche-t-il à sa fin ? Comment les turbulences politiques à même de conduire à une guerre civile s'expliquent-elles ? Pourquoi les dirigeants d'une société peuvent-ils subitement perdre pied ? Qu'est-ce qui, en un mot, mène à l'effondrement ? À ces questions de plus en plus saillantes et urgentes, Peter Turchin offre des analyses et des réponses proprement révolutionnaires : les données à partir desquelles il travaille retracent pas moins de 10 000 ans d'histoire et rassemblent plus de 700 sociétés, de l’Égypte ancienne à l'Amérique contemporaine, en passant par la Chine impériale et la France médiévale. Sa méthode combine le court terme de l'actualité à la profondeur de l'histoire humaine avec, quelles sont les époques, la rigueur d'un scientifique de la complexité.

Les leçons qu'il invite à tirer sont claires. Lorsque l'équilibre du pouvoir entre peuple et élites penche trop sévèrement en faveur de ces dernières, la chute s'avère imminente. Les riches s'enrichissent aux dépens de pauvres qui s'appauvrissent, et à un sommet surpeuplé répondent des masses toujours plus fiévreuses. Ainsi va la mécanique de la surproduction d'élites, premier rouage de l'effondrement social. Ouvrage essentiel pour comprendre en profondeur les temps troublés que nous vivons, Le Chaos qui vient indique également la voie vers un avenir plus stable. Par l'autopsie des crises du passé, Turchin avance un possible remède à nos maux futurs. » Le meilleur essai de l'année. » The Times 

Turchin analyse avec lucidité l'instabilité des systèmes, même les plus solides. New York Times 

« Le grand récit collectif des échecs et des réussites de l'Humanité ». The Observer 

 

États-Unis — Prime au diplôme universitaire décroît alors que le président Biden renfloue les étudiants

mardi 9 juin 2026

Encyclopédie des euphémismes contemporains et autres manipulations militantes de la langue

Éducation positive, antifascisme, écriture inclusive, justice sociale, bienveillance... Qui peut aujourd’hui contester ou simplement questionner ces mots magiques ? 

Chargés d’idéologie, ils envahissent les médias, les universités, les institutions. Le prétendu néoprogressisme a ainsi fait du vocabulaire son terrain de lutte, « en empêchant parfois de dire, en contraignant souvent à dire autrement, donc à ne pas dire vraiment ».

Selon les zélateurs du politiquement correct il ne s’agit pas d’une censure, mais d’une adaptation du langage à des objectifs moraux, pédagogiques ou sociaux. 

Selon eux, les mots influencent les représentations et les comportements ; agir sur le langage serait un moyen légitime d’agir sur les relations humaines.Cette logique conduit au contrôle du discours ; certaines expressions deviennent socialement ou institutionnellement inacceptables, non parce qu’elles seraient fausses, mais parce qu’elles sont jugées inappropriées. 

Il s’agit de mettre en place une véritable police de la langue. Hannah Arendt, Orwell, Aron, Klemperer, Chomsky, Eco, ont montré comment la régulation du langage sert à éliminer la pensée critique, uniformiser les esprits et imposer une idéologie.

Publiée sous la direction de Sami Biasoni aux éditions du Cerf, l’Encyclopédie des euphémismes contemporains et autres manipulations militantes de la langue recense un certain nombre de mots ou néologismes ayant connu des glissements sémantiques sous l’effet de revendications politiques. Les contributeurs, historiens, philosophes, linguistes, professeurs, avocats, journalistes, nous invitent à retrouver l’esprit critique et le courage face à la dictature de la pensée unique.

Source : DLF






lundi 18 mai 2026

Comment le progressisme a condamné le Canada (vidéo)

Comment le Canada est-il passé de modèle de réussite à un avertissement pour l'Occident ? Décrytage qui analyse l'échec du progressisme au Canada et l'impact des politiques de Justin Trudeau sur la cohésion nationale. Alors que le pays était une terre de libertés, il semble aujourd'hui prisonnier d'une idéologie radicale. On y décortique les mécanismes de cette transformation, du multiculturalisme d'État à l'influence de Mark Carney et du Great Reset.



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Recension critique du livre Value(s) écrit par le nouveau Premier ministre Mark Carney 

De 1945 à 1965, le taux de mortalité dans les pensionnats amérindiens était comparable à la moyenne canadienne

Critique du documentaire Sugarcane, Les Ombres d'un pensionnat (2024)

Carney maintient le cap Trudeau en ce qui a trait aux traitements chimiques et chirurgicaux des enfants qui se disent trans

Canada : quand le droit glisse vers une application différente selon le groupe ethnique

 

Le Premier ministre canadien Mark Carney a invité à son conseil un confondateur de l'Initiative du Siècle

Sondage (n=1500) — Près des 2/3 des Canadiens contre le triplement de la population du Canada d'ici 2100 (le plan de l'Initiative du Siècle)

Le chef libéral Mark Carney a été accusé de s'approprier les idées des autres au cours de la campagne électorale fédérale (en anglais, Globe and Mail)

Les Britanniques avertissent que le nouveau premier ministre canadien a une « touche Midas inversée ». La réputation de Mark Carney en tant que gouverneur de la Banque d'Angleterre est plus entachée qu'il ne le laisse entendre (en anglais, National Post)

Tenir compte des avertissements sévères de la Grande-Bretagne à l'égard de Mark Carney. La presse britannique tant de gauche que de droit s'est montrée beaucoup plus critique à l'égard de notre nouveau premier ministre que la nôtre.  (en anglais, National Post) 

 
 

Selon que vous serez blanc ou noir, les jugements de cour accueilleront ou rejetteront vos demandes

« Emplois d’été Canada » contre les jeunes blancs hétéros

Racialisation de la justice : un Amérindien invoque ses origines pour écoper d'une peine moins lourde (2024, affaire Joseph George Sutherland)

Canada — Racialisation de la « Justice » (selon que vous serez blanc ou non, le tribunal sera sévère ou indulgent) 

Cette « réconciliation » avec les Premières Nations est un désastre pour le Canada

« Le racisme anti-blanc existe, il est systémique et institutionnalisé » 

Ontario — Tribunal déclare que l’épreuve de compétence en mathématiques de l’Ontario est inconstitutionnelle (car avait un impact négatif sur l'accès à la profession enseignante pour les candidats racisés)

mardi 10 mars 2026

Hausse de la violence envers le personnel scolaire : un symptôme du bouleversement des écoles québécoises

La hausse des incidents impliquant des élèves et du personnel scolaire au Québec s’inscrit dans un contexte plus large de transformation du système éducatif. Selon les données compilées par les organisations syndicales et relayées dans les médias, les réclamations pour violence envers le personnel scolaire ont augmenté d’environ 77 % entre 2020 et 2023. Les situations rapportées incluent des insultes, de l’intimidation, des menaces et, dans certains cas, des agressions physiques.

Plusieurs épisodes récents ont attiré l’attention du public, notamment des altercations dans ou autour d'écoles de Brossard sur la Rive-Sud de Montréal et des incidents signalés dans des établissements de Repentigny ou chez un dépanneur proche d'une école de Repentigny (ci-dessous). Pris isolément, ces événements restent ponctuels, mais pour de nombreux enseignants ils témoignent d’un climat scolaire plus tendu qu’auparavant.

Une transformation démographique rapide

Ces difficultés apparaissent dans un contexte de changement démographique marqué.

Selon l’Institut de la statistique du Québec et le ministère de l’Éducation :
  • environ 36 % des élèves du Québec sont immigrants ou enfants d’immigrants (première ou deuxième génération) ;
  • dans la région de Montréal, cette proportion dépasse 60 % dans le réseau scolaire francophone ;
  • dans plusieurs établissements urbains, les élèves issus de l’immigration constituent un très grande majorité des cohortes.

Parallèlement, la fécondité des Québécois a fortement diminué. L’indice synthétique de fécondité se situe autour de 1,33 enfant par femme en 2024, bien en dessous du seuil de remplacement des générations (2,1). Une part croissante des nouvelles cohortes scolaires provient donc de l’immigration récente.


Des univers sociaux parfois séparés

Plusieurs recherches en sociologie de l’éducation ont observé que, dans les écoles très diversifiées, les élèves ont tendance à se regrouper par affinités linguistiques, culturelles ou communautaires. Les chercheurs décrivent souvent ce phénomène comme une segmentation sociale informelle : les amitiés et les réseaux d’élèves se structurent fréquemment autour d’origines communes.

Ce phénomène n’implique pas nécessairement de conflit ouvert, mais il peut limiter les interactions entre groupes et réduire la formation d’une culture commune à l’échelle de l’établissement.

Dans certaines écoles montréalaises, des études ont montré que les contacts sociaux entre élèves francophones d’origine et élèves issus de l’immigration restent relativement limités, en particulier dans les milieux où aucun groupe ne constitue une majorité claire.

Une faible intégration culturelle 

Les données disponibles suggèrent également que l’intégration identitaire au Québec se fait de manière variable selon les parcours.

Les enquêtes sur l’identité montrent que :
  • une majorité de francophones se disent d’abord Québécois avant Canadiens ;
  • chez les allophones, l’identification au Canada est souvent plus forte que l’identification au Québec
  • les allophones s'inscrivent en plus grand nombre aux cégeps et universités anglophones ce qui tend à montrer un faible attachement au français (en 2020, les allophones représentaient environ 37 % des effectifs des cégeps anglophones, tandis que les francophones en composaient environ 26,6 % alors la proportion d’allophones dans l’ensemble de la population québécoise était autour de 7,9 % en 2021).
Chez les jeunes issus de l’immigration ayant étudié au Québec, plusieurs recherches indiquent que l’adoption d’une identité québécoise se produit parfois plus tard dans le parcours, notamment au cégep ou à l’université. Dans d’autres cas, l’identité demeure principalement liée à l’origine familiale ou à une identité canadienne plus large.

La question de la culture commune

Un autre élément souvent évoqué par les chercheurs concerne la consommation culturelle des jeunes. L’univers médiatique des adolescents est aujourd’hui largement internationalisé et dominé par la culture anglophone nord-américaine. Dans ce contexte, la culture québécoise joue parfois un rôle limité dans les références culturelles quotidiennes des élèves, en particulier dans les milieux très diversifiés.

Un angle encore peu étudié (tabou ?)

Certains enseignants et intervenants scolaires affirment également entendre, dans des situations de conflit ou de provocation, des propos exprimant une distance ou un rejet de la culture québécoise.

Cependant, ces perceptions reposent pour l'instant surtout sur des témoignages individuels. À ce jour, il existe peu d’enquêtes systématiques mesurant directement les attitudes des élèves envers la culture québécoise, leurs enseignants ou les institutions francophones. Dans quelle proportion considèrent-ils, par exemple, que l'école québécoise et le français sont des options inférieures ? Y a-t-il une forme de mépris pour la culture d'accueil qui est non seulement minoritaire en Amérique du Nord, mais considérée comme décadente ? 

La question reste empiriquement peu documentée, non parce qu’elle serait impossible à étudier, mais parce que les données quantitatives sur ces perceptions sont encore limitées, peut-être parce qu'il s'agit de sujets sensibles pour une société qui croit dans l'assimilation facile de toute immigration.

Le progressisme enseigné à l'école sape-t-il le respect envers les éducateurs ?

Plusieurs études, dont celles menées par le groupe militant LGBTQ GRIS‑Montréal et analysées par le politologue de gauche Francis Dupuis‑Déri (UQAM), montrent une augmentation du malaise des élèves face aux contenus liés à la diversité sexuelle et de genre entre 2017 et 2024. Par exemple, la proportion d’élèves se disant inconfortables avec l’orientation sexuelle d’un ami homosexuel est passée de 25 % à 40 %, et pour l’homoparentalité, de 10 % à 24 % sur la même période. Ces attitudes, principalement observées chez les jeunes issus de familles religieusement pratiquantes (lesquels sont issus très majoritairement de l'immigration), ont un effet indirect sur la perception de l’autorité et de la légitimité de l’école.

Dans la pratique, cela se traduit par des incidents de contestation ponctuels, tels que le refus de participation ou les moqueries envers les enseignants, signalés récemment dans des écoles de la Rive-Sud, de Brossard à Repentigny. Bien que minoritaires, ces comportements mettent en évidence que certains élèves perçoivent l’école québécoise comme un système en décalage avec leurs valeurs, ce qui peut fragiliser le respect des enseignants et des administrateurs. 
 
 
 
Le programme scolaire ECR (récemment aboli) a-t-il miné l'intégration ?

On se rappellera que l'État québécois a imposé le cours d'Éthique et de culture religieuse dont le but était précisément le vivre-ensemble, l'ouverture à la différence, célébrer la diversité (y compris des formes familiales). On peut se demander si son effet majeur n'aura pas été de dire que les Québécois ne pouvaient imposer leur culture aux arrivants, que toutes les religions et croyances se valaient.

dimanche 11 janvier 2026

États-Unis — mouvement en plein essor remplace pédagogie progressiste par une axée sur les vertus « classiques »

Un mouvement en pleine expansion vise à remplacer la pédagogie progressiste par un enseignement axé sur les vertus citoyennes intemporelles.

Un nombre croissant d'écoles privées (subventionnée ou non) rejettent l'éducation progressiste au profit d'un enseignement traditionnel axé sur le savoir, la vertu et la liberté.

Je suis arrivé à la Founders Classical Academy de Lewisville, au Texas, en septembre 2023, et je me suis rendu au gymnase de l'école primaire, où les élèves de la maternelle à la cinquième année se réunissent chaque matin. Habituellement, les enfants d'une même classe récitent un poème qu'ils ont mémorisé. Aujourd'hui, c'était le Patriot Day, un jour férié dans l'État, et les élèves de quatrième année ont récité le préambule de la Constitution, depuis « Nous, peuple des États-Unis » jusqu'à « ordonnons et établissons cette Constitution pour les États-Unis d'Amérique ». J'étais assis dans les gradins avec les élèves de troisième année, et nous avons tous applaudi.

Créée en 2012 dans cette banlieue de Dallas, Founders est la plus ancienne d'un réseau de 23 écoles « classiques », principalement situées au Texas et en Arkansas. Le réseau Founders est une constellation parmi une galaxie en expansion d'environ 275 écoles classiques à charte à travers le pays. Si l'on inclut les écoles privées catholiques et protestantes qui se qualifient de classiques, environ 250 000 élèves fréquentent aujourd'hui ce type d'établissements.

En dehors de la « Ceinture du soleil » du Sud des États-Unis, ce mouvement est peu connu, bien qu'il s'agisse de l'une des réformes scolaires les plus dynamiques du pays. Ce mouvement d'éducation dite classique est un phénomène largement répandu dans les États républicains. Pour les critiques libéraux, ces écoles représentent le début d'une guerre culturelle. Un rapport publié en 2023 par le Network for Public Education, un groupe de défense, décrit les termes « classique » et « traditionnel » comme des « slogans destinés à attirer les familles conservatrices ayant une identité nationaliste chrétienne et désireuses de placer leurs enfants dans des écoles qui reflètent les valeurs, la pédagogie et les programmes scolaires du début et du milieu du XXe siècle ».

Le directeur de Founders, Jason Caros, rejette l'accusation de « nationalisme chrétien », mais soutient que ces valeurs traditionnelles, cette pédagogie et ce programme scolaire ont beaucoup à offrir. Caros et son équipe enseignante se sont engagés dans ce qu'ils considèrent comme un projet contre-culturel, allant à contre-courant d'une culture progressiste et utilitariste qui, selon eux, offre trop peu aux enfants et leur en demande trop peu. La devise latine de l'école est « Scientia Virtus et Libertas », ou « Connaissance, vertu et liberté ». Founders ne propose pas de cours d'éducation civique ; la raison d'être même de l'école est civique.

Un matin, j'ai assisté au cours d'anglais de Daniel Bishop, en sixième année (élèves de 11/12 ans). Une arche en contreplaqué portant les mots « Caius César : se préparer au triomphe » avait été fixée à la porte ; les enfants se préparaient pour le spectacle romain annuel.

Il y a eu une brève discussion sur les toges et autres accessoires romains. Puis M. Bishop est passé aux choses sérieuses, demandant aux enfants de se lever et de réciter le célèbre Sonnet 65 de Shakespeare, celui qui commence par « Puisque ni l’airain, ni la pierre, ni la terre, ni la mer sans borne n’échappent à la puissance du funèbre destructeur, comment la beauté se défendra-t-elle contre cette fureur, elle qui n’a pas plus de force qu’une fleur ? » Ils s'exécutèrent, sans faute. Bishop m'a dit plus tard qu'il avait aidé les enfants à analyser les phrases difficiles et les images.

Puis vint le moment de l'« oratio », la présentation orale. La classe lisait « Le Comte de Monte-Cristo ». Une fille se porta volontaire pour se lever et résumer le chapitre. Lorsqu'elle en arriva aux thèmes principaux, elle parla de la « fausse identité », c'est-à-dire des personnes qui se présentent sous une fausse identité. Bishop a souligné que le comte Morcerf avait un nom étrange, qui pouvait être traduit par « cerf mort ». Il a demandé : « Y a-t-il des cerfs morts importants dans la mythologie ? »

Actéon dévoré par ses chiens
Toute la classe semblait connaître l'histoire d'Artémis, qui avait transformé Actéon en cerf et l'avait laissé se faire déchiqueter par ses chiens de chasse. On avait là le modèle des Fondateurs en miniature : connaissances classiques, vérité et beauté, mémorisation et prise de parole en public. L'ambiance était enthousiaste.

Mes conversations avec les enseignants de Founders revenaient sans cesse sur la différence entre l'éthique classique et « progressiste » dans l'éducation. Ils n'utilisaient pas ce mot dans son sens politique conventionnel. Personne n'a jamais prononcé les mots « théorie critique de la race », « woke » ou même « Joe Biden ». Ils pensaient sans doute à ces choses dans leur vie privée, mais en tant qu'enseignants classiques, leurs préoccupations étaient ailleurs. Ils s'opposaient plutôt à l'orientation de l'enseignement conventionnel, qu'ils utilisaient de manière interchangeable avec le « progressisme », vers le marché et vers la « préparation à l'université ».

Caros m'a raconté avec une véritable horreur une histoire qu'il avait récemment entendue au sujet d'une école où les enseignants de chaque niveau se réunissaient chaque semaine pour examiner les résultats des tests des élèves, puis élaborer des plans individualisés. Cette pratique serait considérée comme une pédagogie de pointe dans de nombreuses écoles. La réaction de Caros avait été : « On ne peut pas avoir une école comme ça et enseigner de beaux contenus. »

En fait, John Dewey et d'autres fondateurs du mouvement de l'éducation progressiste au début du XXe siècle étaient profondément anti-utilitaristes. Dewey considérait l'orientation professionnelle de l'éducation comme profondément antidémocratique, car elle limitait le véritable développement intellectuel à l'élite universitaire. Mais il est vrai que, pour l'éducation progressiste, l'école commence par l'enfant, ses intérêts et le développement de ses facultés, et non par la matière enseignée et la nature intrinsèque de celle-ci. L'idéal libéral est le développement individuel : l'éducation permettrait selon cette théorie à chacun d'entre nous de devenir, non pas le citoyen idéal, mais celui que nous souhaitons être.

Ce qui rend l'éducation classique fondamentalement différente, c'est qu'elle ne considère pas l'autonomie individuelle comme le bien suprême. Elle croit plutôt en ce qu'Aristote appelait εὐδαιμονία (« eudaimonia »), un mot généralement traduit par « bonheur » ou « épanouissement humain ». L'éducation est en fin de compte une forme d'entraînement — avant tout à la raison — qui rend possible une vie bonne. Dans La Politique, Aristote écrit : « Il existe un certain type d'éducation que les enfants doivent recevoir, non pas parce qu'elle est utile ou nécessaire, mais parce qu'elle est noble/belle [καλήν] et convient à une personne libre [ἐλευθέρion]. » [Καλήν = accusatif féminin, ici donc belle/noble/honorable tant au sens moral qu'esthétique.] [C'est un des textes fondamentaux en faveur de l'éducation libérale, dans le sens de celle de l'homme libre. Un texte séminal de la tradition occidentale sur la culture générale désintéressée par rapport à la formation professionnelle et utilitaire.]

L'école de Lewisville a une population sélectionnée. Bien que, comme la plupart des écoles à charte [subventionnée donc], elle sélectionne ses élèves par tirage au sort, ceux qui la fréquentent sont ceux dont les parents ont souhaité qu'ils y aillent. Dallas est l'une des grandes villes les plus conservatrices des États-Unis ; l'école attire des familles conservatrices et religieuses pratiquantes. Mais les enfants ne sont pas privilégiés. Le revenu médian est légèrement inférieur à la moyenne américaine de 74 000 dollars ; 45 % des 935 enfants de Founders sont blancs, 22 % sont asiatiques, 20 % sont hispaniques et 7 % sont noirs.

Le traditionalisme, la rigueur et la discipline des écoles classiques, qui constituent un rempart contre la culture populaire et celle des pairs, séduisent de nombreux nouveaux arrivants aux États-Unis. À mesure que la réputation de l'école s'est répandue, les familles immigrées ont été de plus en plus nombreuses à y inscrire leurs enfants, de sorte que les classes des niveaux inférieurs sont beaucoup plus diversifiées que celles de l'école secondaire. Cela reflète une tendance plus large : une étude réalisée en 2023 a révélé que si les inscriptions dans les écoles classiques à charte du Texas avaient été multipliées par sept au cours de la décennie précédente, la croissance parmi les élèves asiatiques-américains et hispaniques avait largement dépassé celle des Blancs.

La culture de Lewisville Founders correspondait très bien à celle de sa communauté. Mais un élève gay, un élève transgenre, voire un enfant légèrement rebelle ou un peu bizarre, bref, toute personne peu encline à se conformer, pourrait s'y sentir malheureux. La grande diversité de la vie américaine ne peut être réduite au carcan d'un seul type d'enseignement.

Pourtant, Caros (qui occupe aujourd'hui le poste de directeur académique des Founders Classical Academies) et ses collègues ont raison de pointer les échecs de l'enseignement conventionnel. Ailleurs, les élèves de sixième ne lisent pas de romans ; on ne demande pas aux lycéens d'élever leur regard vers le beau et le vrai. Comme le dit Caros, « si nous voulons préserver nos libertés individuelles, nos libertés sociales et nous épanouir en tant que peuple, nous devons avoir des citoyens bien éduqués et vertueux ».

Cet article a été adapté par le WSJ à partir du nouveau livre de James Traub, « The Cradle of Citizenship: How Schools Can Help Save Our Democracy » (Le Berceau de la citoyenneté : comment les écoles peuvent contribuer à sauver notre démocratie), qui sera publié par W.W. Norton le 13 janvier.

mercredi 7 janvier 2026

Radio-Canada (vos impôts) : « Infoman », l’émission de propagande


Texte de Mathieu Bock-Côté paru dans le Journal de Québec.


On s’en souvient, dans le cadre de la polémique sur les artistes, PSPP [Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), le chef actuel du Parti Québécois (PQ)], de passage à Tout le monde en parle, avait rappelé que Radio-Canada avait explicitement pour mission de servir l’unité canadienne. Guy A. Lepage (un homme que j’estime, par ailleurs, malgré mes désaccords avec lui) l’avait contredit, en disant que c’était faux.

Guy A. Lepage se trompait. Au mois d’octobre 2025, il y a quelques semaines à peine, donc, Radio-Canada rappelait, dans son Plan stratégique 2025-2030, que sa mission première était de «contribuer au partage d’une conscience et d’une identité nationales». Guy A. Lepage n’a évidemment pas menti en ondes, il a donc commis une erreur, qu’il pourra aisément corriger à la rentrée.

TLMEP

D’autant que les émissions de fin d’année ont confirmé cette vocation militante de la radiotélévision fédérale. Je ne pensais pas écrire à leur sujet une semaine plus tard. Pourtant, il me semble nécessaire d’y revenir tellement elles ont versé dans une propagande grotesque, qu’il faut nommer.

C’était notamment le cas d’Infoman.

Je laisse de côté la bromance [amitié virile, idylle entre copains] revendiquée entre Jean-René Dufort et Justin Trudeau. À la rigueur, elle fait rire. Il est toutefois difficile de ne pas faire le lien entre elle et la surabondance de drapeaux canadiens exposés, comme si de manière pas si subliminale que ça, Infoman voulait nous rentrer dans la gorge l’unifolié et nous faire oublier le fleurdelysé.

Mais que penser de la promotion ouverte de l’immigrationnisme, autrement dit, de l’immigration massive, comme si le rôle d’Infoman était d’instrumentaliser une émission de fin d’année pour dire aux Québécois quoi penser dans ce débat, comme si ceux qui s’opposent à elle manquaient d’humanité, de générosité? Faut-il rappeler que l’immigration massive est promue par Ottawa?

Que penser de la promotion du voile islamique et des prières de rue, comme s’il était absurde de critiquer le premier, et de dénoncer la multiplication des secondes? Je veux bien que ce soit une position politique possible, mais Infoman l’a présentée aux yeux de tous comme une évidence morale, dans la plus stricte continuité idéologique du multiculturalisme canadien.

Je laisse de côté aussi le progressisme incandescent et un peu dégoulinant du Bye Bye qui a culminé dans une étonnante entreprise de diabolisation de la famille traditionnelle. Le biais à gauche de la radiotélévision fédérale n’est plus à démontrer.

PQ

Alors, revenons à notre querelle d’automne. Radio-Canada, évidemment, a pour mission de promouvoir l’unité canadienne, même s’il laisse de la place dans ses émissions d’affaires publiques à des chroniqueurs nationalistes et indépendantistes, tous excellents, d’ailleurs.

Je dis cela, car le PQ, qui a de bonnes chances de gagner les prochaines élections, aura contre lui à temps plein Radio-Canada, même si ce militantisme cherchera à se faire passer pour de l’objectivité.

Et la chose sera encore pire quand le référendum viendra. Radio-Canada appuiera structurellement le camp du Non, ce qui n’empêchera pas Guy A. Lepage de voter Oui, heureusement.

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Le nombre de cadres « racisés » a augmenté à Radio-Canada, les femmes y représentent 63 % des cadres

Diversité — « homogénéiser les cultures anglophone et francophone » du diffuseur public ?

Radio-Canada nous « éduque » : « plus de 800 mille-z esclaves en sol canadien » en 1834

Radio-Canada répond aux nombreux parents outrés par son parti-pris

Radio-Canada aurait embauché une militante musulmane favorable au cours ECR

Histoire — Pas de célébration pour le 350e anniversaire de d’Iberville (pas de timbre, aucune sortie en DVD de la série Diberville par Radio-Canada)

Orwell — chien de garde fédéral (CRTC) ordonne à Radio-Canada de s'excuser pour avoir prononcé le mot « nègre »

SRC larmoyante : « L'intégration d'une élève [dite] transgenre freinée par la bureaucratie »

Les gros médias dont la SRC mettent en avant une étude contre la chloroquine et occultent une autre en faveur

Euthanasie — comité d'experts de la SRC partial ? Outil politique pour justifier un choix préétabli sur un sujet sensible ?

Novlangue — « au centre d’une confrontation » (SRC)

Émission Second Regard sur le cours ECR

dimanche 14 décembre 2025

Valeurs — L'écart de fécondité entre conservateurs et « progressistes » se creuse

La gauche a un problème avec la famille, voire plusieurs problèmes. Les messages progressistes qui dévalorisent, nient et déconstruisent la valeur de la vie familiale et célèbrent la vie en solo depuis quelques années laissent leur empreinte dans le cœur, l’esprit et la vie des jeunes progressistes. Après avoir été abreuvés de messages tels que « La maternité hétérosexuelle mariée en Amérique… est un jeu où personne ne gagne » (dans le New York Times), « Le divorce m’a conduit à mon bonheur éternel » (dans le Washington Post), « Les femmes qui restent célibataires et n’ont pas d’enfants s’enrichissent » (dans Bloomberg) ou « Pourquoi tant de femmes célibataires sans enfants sont-elles si heureuses ? » (dans Psychology Today), trop de jeunes adultes, en particulier les jeunes femmes de gauche, considèrent désormais que le mariage et la famille ne sont pas faits pour eux ou, du moins, ne constituent pas leur priorité absolue.

Faits saillants

  • Depuis les années 1980, les taux de nuptialité ont diminué tant chez les conservateurs que chez les progressistes. Mais cette baisse a été plus marquée chez les progressistes, tant chez les hommes que chez les femmes.
  • Au cours de la dernière décennie, un fossé s’est creusé entre les jeunes hommes et femmes conservateurs et progressistes en ce qui concerne la proportion d’entre eux qui ont eu des enfants.
  • Nous assistons aux conséquences concrètes d’un clivage idéologique où la droite privilégie le mariage et la procréation, tandis que la gauche les dévalorise, ce qui se traduit par des changements dans la fécondité et la population à travers les États-Unis.

La « mentalité Midas » de la gauche

Au contraire, les progressistes ont souvent tendance à adopter une « mentalité Midas » qui privilégie l’argent, l’éducation et, surtout, la carrière. Le travail est considéré comme la source et le summum d’une vie heureuse et pleine de sens. En revanche, l’amour, le mariage et la fondation d’une famille ne méritent pas le même dévouement. Un récent sondage NBC News a par exemple révélé que les membres de la génération Z (18-29 ans) qui ont voté pour Kamala Harris, en particulier les femmes, ont classé le mariage et la maternité presque en dernière position dans leur « définition personnelle du succès ». 

Les femmes ont plutôt accordé la priorité à « avoir un emploi ou une carrière épanouissante » (n° 1) ou « avoir assez d’argent pour faire ce que l’on veut » (n° 2). 

Le sondage NBC concorde avec d’autres enquêtes indiquant que les progressistes (peut-être faudrait-il parler de régressistes pour leurs pays ?) accordent généralement beaucoup moins d’importance au mariage, à la maternité et à la famille, tant en théorie qu’en pratique, de nos jours. 

Le scepticisme de cette gauche à l’égard du mariage et de la vie familiale ne tient pas seulement à la mentalité Midas, il trouve également son origine dans l’idée que la famille impose un fardeau excessif aux femmes. 

Pensons, par exemple, à la récente publicité de l’ONU mettant en scène l’actrice Anne Hathaway, qui dénonçait le « déséquilibre » mondial entre les femmes et les hommes en matière de tâches domestiques non rémunérées. Être libérée des contraintes familiales est donc souvent présenté comme un moyen important pour les femmes de mener une vie heureuse et épanouissante. Comme l’a récemment écrit la journaliste Glynnis MacNicol dans le New York Times, une vie sans famille ouvre souvent aux femmes d’aujourd’hui « des perspectives tout aussi satisfaisantes, voire plus satisfaisantes, ou qui mènent à une vie plus heureuse et plus épanouie ». 

Ce que la gauche est en train de perdre 

Cette analyse de l’Institute for Family Studies révèle que le mariage et la natalité sont en baisse chez les jeunes adultes à travers le pays, mais qu’ils chutent de manière spectaculaire chez les jeunes femmes et les jeunes hommes de gauche. « De plus en plus, les jeunes issus des milieux progressistes et libéraux ont du mal à se prononcer sur la question de savoir s’ils veulent ou non avoir des enfants, l’une des décisions personnelles les plus importantes qu’ils auront à prendre dans leur vie », comme l’a fait remarquer la philosophe Anastasia Berg, elle-même libérale.

En revanche, pour les jeunes hommes et femmes de droite, la famille est plus susceptible d’être considérée comme un bien pur, et le mariage et la formation d’une famille sont beaucoup plus courants. En effet, dans les années 2020, la majorité des jeunes adultes conservateurs âgés de 25 à 35 ans se sont mariés et sont devenus parents, alors que seule une minorité de jeunes adultes libéraux ont fait de même. De plus, le fossé entre la gauche et la droite en matière de fondation d’une famille semble se creuser. 

lundi 27 octobre 2025

Mathieu Bock-Côté : « Ce que Trump peut nous apprendre »

Dans son nouvel essai, « Les Deux Occidents – de la contre-révolution trumpiste à la dérive néosoviétique de l’Europe occidentale », le sociologue québécois analyse les causes profondes de l’élection de Trump et ses répercussions au sein de l’Union européenne. Le monde occidental va-t-il se fracturer en deux blocs antagonistes : l’Amérique trumpienne d’un côté et l’Europe dite “progressiste” de l’autre ? Texte d'Alexandre Devecchio paru dans le Figaro Magazine.


« Il faut avoir le courage de l’avouer, Madame : longtemps nous n’avons point compris la révolution dont nous sommes les témoins ; longtemps nous l’avons prise pour un événement. Nous étions dans l’erreur : c’est une époque. » Cette observation faite par le contre-révolutionnaire Joseph de Maistre à la marquise de Costa en 1794 pourrait avoir été écrite aujourd’hui pour décrire le phénomène Trump. En 2015, la plupart des observateurs ont interprété l’élection du 45e président américain comme un accident de l’Histoire. En 2020, sa défaite, suivie de l’attaque du Capitole, pouvait laisser penser que la parenthèse était définitivement refermée. Que l’ordre mondial, tel que nous le connaissions jusqu’alors, allait être rétabli. Mais il y a un an, le 5 novembre 2024, malgré quatre inculpations et une condamnation en justice, l’homme à la crinière orange est sorti vainqueur de l’élection présidentielle américaine pour la deuxième fois. Avec plus de voix qu’en 2016 et en l’emportant dans les sept États clés. Pour la première fois en vingt ans pour un Républicain, Trump a même remporté le vote populaire. Ainsi que les pleins pouvoirs au Congrès. À la vice-présidence était propulsé l’un des cerveaux de l’idéologie Maga en la personne de J. D. Vance, signe du contrôle désormais sans partage de Trump sur le Parti républicain. Non seulement sa victoire était incontestable, mais d’une ampleur que personne n’avait imaginée. Même les plus sceptiques devaient admettre leur erreur. Trump n’était pas un « accident », mais le début d’une nouvelle ère. Un changement d’époque, aurait écrit Joseph de Maistre. Symbole de ce basculement, la cérémonie d’investiture du 47e président des États-Unis, le 20 janvier 2025, où, pour reprendre la formule du journaliste David Thomson, une partie de ses opposants d’hier (les géants de la tech, l’Amérique corporate) « ont fait la queue pour embrasser la bague de Donald Trump et lui prêter allégeance ».

La fin de la fin de l'histoire

jeudi 12 juin 2025

Progressisme — Les femmes enceintes, ça me dérange

« Les femmes enceintes, ça me dérange», déclare Hélène Gateau militante Sans Descendance.

Elle se détend un peu chez Jeremstar et se livre à un déballage méprisant contre les femmes enceinte, les familles et même les petits garçons... mais pro-chiens.


Hélène Gateau, journaliste vétérinaire, a écrit « Pourquoi j’ai choisi d’avoir un chien (et pas un enfant) ».

dimanche 9 mars 2025

« Féminisme »   donner des conseils aux pères sur la manière de jouer avec leurs fils

Une étude relayée par Le Monde et France Inter suggère aux papas de ne pas jouer avec leurs fils car ils vont les pousser à « reproduire des schémas genrés ». (Ce qui serait très mal apparemment.)

Et France-Inter ose parler de zéro-intimidation dans l'audio ci-dessus.

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Primatologue de renommée mondiale : « Même chez les grands singes, les femelles jouent à la poupée »

Malgré la pression sociale progressiste, garçons et filles semblent toujours préférer les jouets traditionnels associés à leur sexe (aussi Les jeunes chimpanzés femelles jouent à la poupée et sont moins agressives)

Les jeunes chimpanzés femelles jouent à la poupée

Les différences hommes-femmes apparaissent très tôt dans le développement embryonnaire 

Hommes et femmes – Différences et complémentarité

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Étude de 2018 (n=2064) : pas d’effet de menace du stéréotype sur résultats en maths des filles

dimanche 4 février 2024

Des cardinaux choisis par l'argentin François éliront-ils un pape conservateur ?

C’est ce que pense possible l’historien des religions et théologien italien Massimo Faggioli interrogé par La Vie.

Alors que les Églises d’Afrique ont annoncé un « non » continental à la possibilité de bénir des couples homosexuels, ouverte par le pape François, une page difficile s’ouvre pour la gouvernance de l’Église.

Au-delà des oppositions habituelles au pontificat de François, les réactions au document publié en décembre dernier par le Dicastère pour la doctrine de la foi sur la possibilité de bénir des couples homosexuels, et notamment le « non » du continent africain, ouvre une crise riche d’enseignements sur la gouvernance de l’Église et les enjeux de la synodalité.

— Une nouvelle forme d’opposition au pape François est-elle en train d’émerger ?

Au cours des derniers mois, nous avons été témoins de nouveaux cas d’opposition, comme de ce prêtre en Italie qui a été excommunié latae sententiae après avoir déclaré que le pape était un « imposteur ». Cet épisode est survenu en même temps que des évêques et des cardinaux prenaient position contre le document du Vatican sur les bénédictions, Fiducia Supplicans. La séquence donne l’impression qu’il existe un mouvement contre le pape François qui est en train d’éclater.

— Est-ce vraiment le cas ?

La seule chose que l’on puisse dire est qu’il s’agit d’un moment très délicat de son pontificat, car pour la première fois depuis dix ans, le pape François pouvait rédiger des documents et légiférer avec un cardinal proche de sa sensibilité, Victor Manuel Fernandez, qu’il a nommé en assortissant son choix d’une lettre de mission personnelle. Ses prédécesseurs étaient marqués par une sensibilité différente, plus proche de celle de Joseph Ratzinger. Avec Fernandez, il pouvait aller plus loin dans la mise en œuvre de sa vision des choses, et le premier test ne s’est pas très bien passé.

— Étonnamment, il y a eu assez peu de réactions d’opposition au document dans l’épiscopat américain…

C’est effectivement un constat intéressant. Aux États-Unis, l’opposition au pape François a commencé dès le début de son pontificat. Un mouvement assez large a commencé à se structurer, porté par des intellectuels, quelques évêques et quelques cardinaux, une grande partie du clergé américain et surtout des laïcs dotés d’importants leviers financiers. Des équivalents américains de Vincent Bolloré, mais bien plus nombreux et organisés. Ainsi, après la publication de ce document sur les bénédictions homosexuelles, il n’y a pas eu de grand tollé, parce que ceux qui auraient pu s’y opposer sont occupés à mener une stratégie différente.

Ils travaillent sous la surface de l’eau, ils créent de nouvelles écoles, des centres de formation et des universités. Ils financent des médias catholiques et travaillent à l’après-François. De la même manière, en Europe de l’Est, en Pologne, en Ukraine, en Hongrie, cette affaire de bénédictions vient renforcer des mouvements de fond silencieux très stratégiques, où les regards sont déjà tournés vers la prochaine étape : le conclave et l’élection du prochain pape. Dans ce contexte, il n’est pas à exclure que le prochain conclave, et donc des cardinaux choisis par François, élisent un conservateur ou un ultraconservateur.


 
— Une nouvelle forme d’opposition silencieuse, donc ?

Oui, un certain nombre d’évêques, de prêtres et de théologiens ont cessé de dire les choses en public et de s’opposer frontalement à François. [L’Argentin punissant mesquinement les opposants trop bruyants… Voir Le cardinal Burke (en opposition aux dérives du Vatican) aurait été officiellement sommé de quitter son appartement en février] Aux États-Unis, certains évêques et cardinaux craignent que ce pontificat ne devienne une sorte de papauté fantôme dans le pays, au sens d’un pape que l’on aurait cessé d’écouter. La manière dont certaines des dernières mesures ont été prises n’a pas aidé. Si Fiducia Supplicans avait été publié à la fin du synode, elle aurait eu davantage de légitimité. La situation est donc très compliquée. Je n’ai jamais vu un document du Saint-Office être bombardé de la sorte. Et ces réactions pourraient changer la dynamique au Synode en donnant aux gens l’impression que quoi que disent les participants, tout sera décidé à la fin par le Vatican et le pape. Pour la synodalité, c’est un passage délicat. Mais pas seulement.

— C’est-à-dire ?

Depuis quelques années déjà, François s’appuie davantage sur ses contacts personnels pour s’informer et prendre ensuite des décisions, en contournant le système institutionnel, le collège des cardinaux, les services diplomatiques… Au moment où le Dicastère pour la doctrine de la foi publiait sa note, le Conseil de cardinaux (C9) tenait une réunion à Rome sur un autre thème. Et comment le Dicastère pour la liturgie a-t-il été impliqué, dans la mesure où cette note porte sur la nature des bénédictions ? Par ailleurs, dans sa nouvelle constitution de la Curie, le pape a placé l’évangélisation avant la doctrine de la foi, qui, ces jours-ci, est placée sous les feux des projecteurs. Quel est le sens de tout cela ? Chacun semble jouer sa propre partition de son côté et cette manière de faire isole le pape dans son gouvernement.

— Quelles pourraient être les conséquences du rejet par le continent africain de Fiducia Supplicans, après la consultation lancée aux conférences épiscopales par le cardinal Ambongo ?

Il est difficile de répondre à cela, car cette crise est plus profonde que l’opposition au pape François que l’on a connue au cours des premières années. Je ne m’inquiète pas tant en raison des quelques extrêmes qui crient à l’hérésie à chaque décision du pape — parce que ce sont toujours un peu les mêmes, les suspects habituels — que face à cette nouvelle lame de fond. Dans les années 1960 ou 1970, vous aviez une liste limitée de questions sensibles (la contraception et les femmes, questions qui préoccupaient essentiellement les Européens et les Nord-Américains).

Désormais émergent des questions qui n’affectent pas seulement une petite partie de la population catholique, mais le continent en croissance pour le catholicisme, qui est l’Afrique. C’est un problème systémique. Je ne parle pas seulement en termes de quantité, car l’Église catholique ne raisonne pas en termes de clientèle à développer. En revanche, cela touche à la capacité de l’Église catholique à se connecter avec son peuple. A fortiori le Sud, envers lequel François n’a cessé de manifester sa proximité depuis le début du pontificat.

— La synodalité pourrait-elle résoudre cette crise ?

Je pense que la synodalité reste encore une grande occasion. Le plus grand problème de l’Église est le suivant : comment rester unie en acceptant l’idée et la réalité qu’il existe différentes situations et différentes manières d’aborder les questions dans le monde ? Les Églises locales ont acquis un peu d’autorité et de liberté en matière de liturgie, mais pour le reste, du chemin reste à faire. Personnellement, je peine à imaginer que l’Église catholique ait la même politique sur la manière de traiter le rôle des femmes dans l’Église en tous points du monde. Certains pays vivent sur des planètes différentes au regard de ces questions.

Le pape doit maintenant faire face au problème de l’unité dans la foi, unité dont plus que jamais il doit être le signe visible face à cette diversité qui existait déjà, mais qui apparaît désormais en pleine lumière. Ainsi, l’impératif est double : reconnaître la spécificité des contextes et rester un signe visible d’unité. Sinon, les gens se tournent vers de faux prophètes, des politiques ou des figures médiatiques qui se présentent comme plus papistes que le pape.

— La question de l’autorité des Églises locales devrait-elle être selon vous davantage prise à bras-le-corps en octobre prochain ?

Ce serait souhaitable, mais sur ce point, François se heurte à une de ses peurs : que le synode devienne un parlement. Plus que de conversion des structures et des institutions, il a placé le style de la « conversation spirituelle » au cœur du premier synode. On touche ici à un des paradoxes du pontificat : un pape qui a cette grande intuition de la synodalité tout en ayant un gouvernement qui devient plus centralisé.

Voir aussi

M à j : François recule un peu (Bénédiction des couples homosexuels : une révolution qui ne dit pas son nom et qui divise)