vendredi 5 juin 2026

Carte de la fécondité (enfants par femme) en Europe en 2025



Les accusations fédérales américaines visant le Southern Poverty Law Center (SPLC)

Les accusations fédérales visant le Centre juridique contre la pauvreté dans le Sud (SPLC) en 2026 jettent une lumière particulièrement troublante sur certaines méthodes employées au nom de la lutte contre l’extrémisme. Longtemps présenté comme une référence morale et institutionnelle dans le combat contre les groupes suprémacistes blancs, le SPLC est aujourd’hui accusé par le Département de la Justice américain (DOJ) d’avoir entretenu, financé et parfois facilité les activités mêmes qu’il dénonçait publiquement.


Selon l’acte d’accusation fédéral, le SPLC aurait mis en place, pendant plus d’une décennie, un vaste système de paiements clandestins à des membres ou dirigeants de groupes extrémistes infiltrés comme «informateurs». Les montants évoqués atteindraient plusieurs millions de dollars entre 2010 et 2023. Une partie de ces fonds aurait transité par des sociétés-écrans, des comptes dissimulés ou des intitulés administratifs trompeurs destinés à masquer la véritable nature des dépenses.

L’un des éléments les plus frappants du dossier concerne l’usage présumé de fausses descriptions professionnelles pour dissimuler ces paiements. Selon les procureurs, certains bénéficiaires liés à des groupes néo-nazis ou au Ku Klux Klan apparaissaient dans les documents comptables sous des appellations anodines ou fictives, comme des spécialistes de livres rares (« rare books specialists ») ou des consultants indépendants. L’accusation soutient que ces mécanismes avaient pour but de tromper les banques, les auditeurs et surtout les donateurs du SPLC sur la destination réelle des fonds.

Le DOJ affirme également que certains informateurs n’étaient pas de simples observateurs passifs infiltrés dans des organisations extrémistes, mais des acteurs pleinement intégrés à leur fonctionnement. Des remboursements auraient notamment concerné l’achat de robes et capuches du KKK, du matériel utilisé lors de « incendies de croix » (croix brûlées), ainsi que diverses dépenses logistiques liées à des rassemblements ou à des activités de recrutement.

Plus troublant encore, les procureurs soutiennent que certains individus ayant exprimé le souhait de quitter ces organisations auraient été incités à y rester afin de préserver leur utilité comme sources rémunérées. Autrement dit, selon l’accusation, l’objectif n’aurait pas seulement été de surveiller des groupes extrémistes existants, mais aussi de maintenir actifs certains réseaux afin de continuer à produire du renseignement ou des sources d'incidents — et, indirectement, la justification de la mission du SPLC lui-même.

Le cas de l’informateur désigné « F-37 » occupe une place centrale dans l’acte d’accusation. Cet individu, rémunéré pendant plusieurs années par le SPLC à hauteur de plusieurs centaines de milliers de dollars selon les procureurs, aurait participé aux discussions préparatoires entourant le rassemblement « Unite the Right » de Charlottesville en août 2017. D’après le DOJ, il faisait partie de canaux de coordination utilisés par les organisateurs, aurait contribué à certains aspects logistiques du déplacement de militants et publiait des contenus racistes dans le cadre de ses activités d’infiltration ou de provocation.

C’est ici que l’affaire prend une dimension particulièrement sensible. La défense du SPLC affirme que ces méthodes relevaient de techniques classiques d’infiltration destinées à surveiller des groupes potentiellement violents et à transmettre des renseignements aux autorités. Mais les procureurs suggèrent une lecture beaucoup plus grave : celle d’une organisation qui aurait dépassé la simple observation pour devenir, dans certains cas, un acteur indirect du maintien ou de la dynamique de ces mouvements.

Les critiques du SPLC vont plus loin encore. Elles soulignent que l’organisation a connu une croissance financière spectaculaire au cours des années marquées par la forte médiatisation de la montée de l’extrême droite américaine. Pour ses détracteurs, cette coïncidence alimente une question dérangeante : une organisation dont les ressources, l’influence médiatique et la capacité de collecte de fonds dépendent largement de l’existence d’une menace extrémiste peut-elle être tentée d’entretenir, consciemment ou non, l’écosystème qu’elle combat publiquement ?

Les procureurs ne prétendent pas que le SPLC aurait « créé » à lui seul le suprémacisme blanc américain. En revanche, l’acte d’accusation suggère qu’en rémunérant durablement certains militants radicaux, en finançant indirectement certaines de leurs activités et en maintenant sous perfusion des réseaux infiltrés, l’organisation aurait contribué à préserver ou amplifier des structures extrémistes dont elle tirait parallèlement une partie importante de sa légitimité publique et de ses revenus.

Le SPLC rejette catégoriquement ces accusations et plaide non coupable. L’organisation soutient que les paiements incriminés relevaient d’opérations de renseignement indispensables pour prévenir des violences et surveiller des groupes dangereux. Elle affirme également avoir coopéré avec les forces de l’ordre fédérales et considère les poursuites comme politiquement motivées.

Le procès devra déterminer si ces pratiques relevaient d’un programme d’infiltration agressif mais légal, ou si elles ont franchi une ligne plus grave : celle où la lutte contre l’extrémisme cesse d’être une simple surveillance pour devenir un système contribuant lui-même, directement ou indirectement, à la survie des mouvements qu’il prétend combattre.

 L'issue judiciaire est incertaine, et cette poursuite est engagée par une administration Trump notoirement hostile à l'organisation. Ces réserves sont nécessaires. Mais elles ne dissolvent pas la question structurelle. La SPLC dispose d'un patrimoine de plus de 700 millions de dollars. Son modèle économique dépend des dons, lesquels dépendent de la visibilité de la menace raciste. Une organisation qui combat le racisme et qui dépend financièrement de l'existence du racisme a, structurellement, davantage intérêt à étendre la définition du problème qu'à le résoudre. 

Historique de critiques et de controverses

Le Southern Poverty Law Center (SPLC) fait depuis longtemps l’objet de critiques l’accusant d’avoir progressivement évolué d’un organisme de surveillance des mouvements extrémistes vers une organisation militante fortement polarisée, centrée sur la collecte de fonds et la mobilisation politique.

Une définition controversée des « groupes haineux »

L’un des principaux reproches adressés au SPLC concerne l’extension progressive de la catégorie des « groupes haineux ». Ses détracteurs lui reprochent de ne plus se limiter à des organisations explicitement néonazies ou suprémacistes, mais d’y inclure également des associations conservatrices traditionnelles engagées dans les débats sur l’avortement, la religion, l’identité sexuelle ou l’éducation.

Parmi les organisations régulièrement citées figurent notamment Family Research Council, Alliance Defending Freedom, certains groupes opposés à l’avortement ou encore Moms for Liberty. Les critiques estiment que cette classification contribue à placer sur un même plan des mouvements violents et des organisations participant au débat public légal et institutionnel.

Selon ces observateurs, cette extension de la notion de « haine » aurait pour effet de gonfler artificiellement les statistiques sur l’extrémisme tout en servant à discréditer des adversaires idéologiques. Plusieurs médias ou commentateurs non conservateurs, y compris dans des publications comme Politico ou The New Yorker, ont également exprimé des réserves sur certaines méthodes ou classifications employées par le SPLC.

Crises internes et accusations de culture toxique

Le SPLC a aussi été secoué par d’importantes controverses internes. En 2019, son cofondateur Morris Dees a été licencié dans un contexte marqué par des accusations de harcèlement sexuel, de discrimination raciale et de mauvaise gestion interne.

À la suite de son départ, plusieurs employés et anciens salariés ont décrit une culture organisationnelle qu’ils jugeaient toxique, dénonçant notamment des tensions raciales, des comportements sexistes et un écart important entre le discours public de l’organisation et son fonctionnement interne.

Ces révélations ont provoqué une crise majeure de gouvernance et conduit le SPLC à annoncer plusieurs réformes administratives et structurelles.

Critiques sur la gestion financière et les campagnes de collecte

Le SPLC est également critiqué pour l’ampleur de ses ressources financières. L’organisation dispose depuis plusieurs années de revenus annuels très élevés ainsi que d’importantes réserves financières et patrimoniales.

Ses détracteurs soutiennent qu’une part relativement limitée de ces ressources serait consacrée à des actions judiciaires directes ou à une assistance concrète aux victimes, comparativement aux montants investis dans la communication, la collecte de fonds et le développement institutionnel.

L’organisation est ainsi régulièrement accusée d’utiliser des campagnes de sensibilisation alarmistes sur la montée de l’extrémisme afin de stimuler les dons et d’entretenir un climat d’urgence favorable à ses activités de financement. Le SPLC rejette ces accusations et affirme que ses ressources sont nécessaires pour assurer la surveillance des mouvements extrémistes, produire des recherches, soutenir des actions éducatives et financer des procédures judiciaires de longue durée.

Des relations souvent jugées complaisantes avec les grands médias de gauche

Libye : un front uni contre l’installation des migrants illégaux

Les manifestants se disent opposés à tout accord avec l’Italie sur l’installation des réfugiés en Libye.


Libye : un front uni contre l’installation des migrants irréguliers – Le Grand Mufti, les institutions politiques et la société exigent des expulsions. 

Dans un rare élan de convergence politique et religieuse, les principales autorités libyennes affichent une position ferme contre toute forme d’installation durable des migrants subsahariens sur leur territoire. À la veille de l’été 2026, période traditionnellement marquée par une hausse des départs vers l’Europe, ce durcissement du climat anti-migrants en Libye mérite une attention particulière. 

Le message du Grand Mufti Sadiq al-Gharyani

Le déclencheur le plus visible de cette mobilisation est l’intervention, le 3 juin 2026, du Grand Mufti de Libye, le cheikh Sadiq al-Gharyani (ou al-Ghariani), lors de l’émission « L’Islam et la Vie » diffusée sur la chaîne Tanasuh TV, sur laquelle il exerce une forte influence. Dans un discours clair et détaillé, le plus haut dignitaire religieux sunnite du pays a dénoncé sans ambages l’action de la Commission des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). 

Selon lui, cette organisation opère illégalement en Libye, son objectif réel étant de sédentariser les migrants irréguliers sur place afin de protéger l’Europe des flux migratoires. Il a appelé l’État libyen à l’expulser « immédiatement ». Le mufti a également exhorté les ministères de l’Intérieur et du Travail à appliquer strictement les lois sur la main-d’œuvre étrangère : obligation pour chaque travailleur de détenir une carte d’enregistrement, des certificats médicaux et des documents légaux en règle. Il a mis en garde contre le laxisme aux frontières, qui constitue, selon lui, une menace directe pour la sécurité et la stabilité du pays. 

Tout en affichant sa fermeté, le Grand Mufti a toutefois condamné les appels à la violence et les actes de « voyoucratie » contre les migrants, les jugeant illicites d’un point de vue religieux et susceptibles d’être exploités par la communauté internationale.

Un consensus institutionnel rare

Cette prise de position religieuse s’inscrit dans un mouvement plus large. Le Conseil d’État supérieur a explicitement rejeté tout projet d’installation de migrants en Libye. La Chambre des représentants (basée à l’est) et le ministre des Affaires étrangères partagent cette ligne, créant un front inhabituel entre des acteurs souvent rivaux. 

Sur le terrain, la pression sociale s’intensifie. À Zuwara, ville côtière de l’ouest libyen historiquement liée aux réseaux de passeurs, les autorités municipales ont imposé un couvre-feu nocturne aux étrangers. Des manifestations ont également eu lieu à Tripoli devant les locaux de l’UNHCR, reflétant un mécontentement populaire croissant face à une présence migrante perçue comme imposée. 

Contexte et implications pour l’Europe

Ces développements interviennent alors que les débarquements irréguliers en Italie ont diminué d’environ 50 % ces derniers mois, grâce notamment à la coopération italo-libyenne et aux efforts des autorités libyennes pour contrôler les départs. Cependant, la Libye, qui abriterait, selon certaines estimations, plus de trois millions d’étrangers (migrants, travailleurs, réfugiés), refuse de devenir une « zone tampon » ou un pays d’accueil permanent. 

Les autorités libyennes accusent les pays européens de vouloir exporter leur problème migratoire en exploitant l’instabilité libyenne postérieure à 2011. Le Grand Mufti évoque explicitement d’une stratégie visant à créer une « crise chronique » en Libye pour soulager l’Europe. 


Un signal à surveiller

Ce climat hostile pourrait se traduire par une intensification des opérations d’expulsion, des contrôles renforcés et une réduction des tolérances accordées aux migrants en transit. Pour l’Europe et l’Italie en particulier, cela représente à la fois une opportunité (baisse potentielle des départs) et un risque humanitaire accru, avec la perspective de tensions locales ou de mouvements de population vers les frontières tunisienne ou algérienne.