Affichage des articles dont le libellé est militant. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est militant. Afficher tous les articles

vendredi 31 juillet 2026

La sociologie américaine en crise : quand le militantisme supplante la recherche

Pourquoi certains s'enrichissent-ils davantage que d'autres ? Pourquoi la natalité recule-t-elle ? Quelles sont les causes profondes de la criminalité ou des mouvements sociaux ? Pendant des décennies, la sociologie américaine a fourni des outils intellectuels indispensables pour répondre à ces questions. Elle a forgé des notions devenues classiques, comme la « embourgeoisement » (gentrification), le « crime en col blanc », les « conséquences inattendues » ou le « capital culturel », et a nourri les politiques publiques en matière de justice, d'immigration ou de développement urbain.

Aujourd'hui pourtant, la discipline traverse une crise profonde. Ses effectifs étudiants diminuent, son association professionnelle perd des adhérents et sa crédibilité scientifique est contestée jusque dans ses propres rangs. Au cœur de cette crise se trouve une question fondamentale : la sociologie doit-elle chercher la vérité ou devenir un instrument de transformation politique ?

Cette interrogation s'est imposée au grand jour lorsque l'Association américaine de sociologie (ASA) a présenté la discipline comme une « praxis de libération », inspirée des théories antiracistes, décoloniales, féministes et queer. Dans le même temps, elle était déchirée par une querelle interne autour d'un projet de boycott des universités israéliennes, révélatrice d'une politisation qui dépasse désormais largement les débats universitaires.

Pour les partisans de cette évolution, il serait illusoire de prétendre à une objectivité absolue. Toute recherche est influencée par des rapports de pouvoir ; le rôle du sociologue ne consiste donc pas seulement à décrire la société, mais aussi à combattre les injustices. La sociologue Saida Grundy résume cette conception sans détour : « Je crois en la sociologie comme une arme. » Selon elle, les chercheurs ont le devoir d'intervenir dans le débat public et de mettre leurs travaux au service du changement social.

C'est précisément cette conception militante que dénoncent un nombre croissant de sociologues.

L'un des critiques les plus connus, Christian Smith, estime que la discipline est devenue le support d'un véritable « projet sacré » dont les valeurs — émancipation, diversité, inclusion ou justice sociale — tiennent lieu de credo. Paradoxalement, écrit-il, cette quête de tolérance conduit souvent à l'intolérance intellectuelle : conformisme idéologique, autocensure, exclusion des dissidents et appauvrissement du débat. Après vingt années d'enseignement à l'université Notre Dame, Smith a quitté la profession, allant jusqu'à se demander si la discipline ne devrait pas être purement et simplement dissoute. À ses yeux, la sociologie devrait former des penseurs capables d'éclairer le monde, non des militants.

La sociologue Melissa Wilde défend également une stricte neutralité institutionnelle. Selon elle, une association professionnelle peut parfaitement laisser ses membres militer à titre personnel ; en revanche, si l'organisation elle-même adopte des positions politiques, les chercheurs qui souhaitent conserver une démarche scientifique indépendante se trouvent marginalisés.

Plus radicale encore est la critique d'Ilana Redstone. Elle estime que la sociologie contemporaine tend à considérer comme démontré ce qui devrait précisément faire l'objet de la recherche. Toute différence statistique entre groupes est interprétée comme la conséquence d'une discrimination systémique, au détriment d'autres hypothèses possibles. « Nous traitons les questions de causalité comme si elles étaient déjà résolues », déplore-t-elle. Celui qui propose une explication différente risque aussitôt d'être accusé de racisme ou de « culpabilisation des victimes ». Selon Redstone, cette fermeture du débat exerce une pression morale considérable et nuit au fonctionnement même de la démocratie.

Plusieurs rapports récents vont dans le même sens. Une étude des universités Vanderbilt et Washington dénonce une évolution où la recherche devient subordonnée à des objectifs politiques ou moraux. Ashley Rubin, l'une des auteures, résume ainsi le problème : « Les logiques militantes sont en train de supplanter les logiques scientifiques. »

Kevin McCaffree, professeur à l'université du North Texas, va plus loin encore. Selon lui, une partie de la recherche contemporaine déforme ou sélectionne les données afin de confirmer des conclusions attendues sur le capitalisme, le racisme ou le sexisme. Il reproche notamment à nombre de travaux de pratiquer une « analyse asymétrique » : les comportements sont interprétés différemment selon que les groupes étudiés sont considérés comme majoritaires ou minoritaires. Cette approche, estime-t-il, prive les individus de toute responsabilité propre au profit d'explications exclusivement systémiques.

Les pressions idéologiques pèseraient également sur les carrières universitaires. Les jeunes chercheurs auraient intérêt à choisir des sujets conformes aux sensibilités dominantes — race, genre, inégalités — tandis que des domaines comme la religion, l'armée ou les forces de l'ordre seraient devenus peu fréquentables, surtout si les conclusions ne sont pas exclusivement critiques.

Pour le sociologue Musa al-Gharbi, cette évolution finit par produire une image caricaturale de la société américaine. Les croyances ordinaires — que le mariage stabilise les familles, que la religion puisse avoir des effets bénéfiques ou que la police soit nécessaire — sont souvent présentées comme naïves, voire moralement suspectes. Dans beaucoup de cours, explique-t-il, la société est décrite presque exclusivement sous l'angle de l'oppression, du racisme et des rapports de domination, au risque d'éloigner les étudiants d'une compréhension plus équilibrée de la réalité.

Les critiques ne contestent pas l'importance de la sociologie. Bien au contraire. Ils estiment qu'elle demeure indispensable pour comprendre les transformations profondes des sociétés contemporaines. Mais, selon eux, cette ambition suppose de renouer avec les principes qui ont longtemps fondé sa légitimité : le pluralisme intellectuel, l'ouverture à la contradiction, la rigueur empirique et la recherche désintéressée de la vérité. À défaut, préviennent-ils, la discipline risque de perdre à la fois sa crédibilité scientifique et son influence sur le débat public.

Voir aussi
 

samedi 25 juillet 2026

Nouvelle étude remet en cause les affirmations militantes LGBT selon lesquelles les lois dites « anti-trans » provoqueraient des suicides

Le groupe militant pro-LGBT Trevor Project a publié une étude affirmant que les lois interdisant aux hommes se déclarant « transgenres » de participer aux compétitions sportives féminines entraîneraient une hausse des suicides chez les jeunes. De nouvelles recherches mettent toutefois en évidence de sérieuses failles dans cette étude.

Le Trevor Project continue de promouvoir des « recherches » prétendant établir un lien entre les lois dites « anti-trans » et les suicides chez les adolescents souffrant de confusion de genre. Mais de nouveaux travaux scientifiques remettent une fois de plus en question la validité de ces conclusions.

Le Trevor Project se présente comme la « principale organisation à but non lucratif de prévention du suicide et d’intervention en situation de crise pour les jeunes LGBTQ+ ». Sur sa page d’accueil, l’organisation réagit à la récente décision de la Cour suprême des États-Unis confirmant la légalité des lois réservant les compétitions sportives scolaires aux personnes appartenant réellement au sexe correspondant, en laissant entendre que cette décision entraînera la mort de jeunes.

« Les chercheurs du Trevor Project ont publié une étude évaluée par les pairs dans la revue Nature Human Behaviour, concluant que les lois anti-transgenres – telles que celles examinées par la Cour suprême – provoquent directement une augmentation significative des tentatives de suicide chez les jeunes transgenres et non binaires vivant dans les États concernés », affirme l'organisation. « L’étude a analysé, sur une période de cinq ans, la relation de causalité entre ces lois et le risque de suicide à partir de données recueillies auprès de plus de 61 000 jeunes transgenres et non binaires à travers les États-Unis. Après prise en compte d’autres facteurs, les chercheurs ont conclu que ces lois entraînaient une augmentation pouvant atteindre 72 % des tentatives de suicide déclarées au cours de l’année précédente. »

Cependant, The College Fix rapporte que de nouvelles recherches ont mis au jour d'importantes faiblesses méthodologiques.

« La publication originale donne l’impression de reposer sur une analyse solide portant sur des dizaines de milliers de personnes et sur quinze États ayant adopté de telles lois », explique Kathleen Kerr, directrice du département de biostatistique à l’Université de Washington et coauteure d'une étude publiée dans la même revue afin d'évaluer ces résultats. « Notre commentaire montre que la principale conclusion – à savoir des effets importants deux et trois ans après l’adoption des lois – reposait en réalité sur un seul État, l’Idaho, qui ne représentait que quelques centaines de participants dans l’ensemble des données. Or les deux lois en question de l'Idaho, l’une sur les compétitions sportives et l’autre sur les certificats de naissance, ne sont soit jamais rentrées en vigueur, soit ont été suspendues par les tribunaux peu après leur adoption. »

Kathleen Kerr ajoute que les auteurs de l’étude initiale n’ont pas pris soin de sélectionner des États témoins comparables aux États ayant adopté ces lois. En utilisant comme groupe de contrôle l’ensemble des États n’ayant adopté aucune législation de ce type, ils ont inclus des États géographiquement et culturellement très éloignés, ce qui affaiblit la pertinence des comparaisons.

Les auteurs de l’étude contestée répondent que, même si les lois de l’Idaho n’ont jamais réellement produit d’effets concrets sur un nombre important d’élèves, le débat politique suscité par leur adoption aurait pu avoir un impact psychologique. Ils avancent également que les effets de ces lois auraient pu perdurer dans la pratique, y compris après leur suspension par les tribunaux.

Selon l’auteur, un nombre croissant d’éléments suggère toutefois que c’est au contraire l’approche dite d’« affirmation de genre » qui est susceptible de causer des préjudices importants, en particulier chez des enfants et des adolescents qui ne disposent pas encore de la maturité psychologique, émotionnelle ni de l’expérience nécessaire pour mesurer les conséquences à long terme de décisions susceptibles d'entraîner des transformations physiques majeures, voire des interventions chirurgicales ou des traitements hormonaux irréversibles.

En 2024, la Cass Review, vaste évaluation indépendante commandée par le National Health Service (NHS) anglais, avait conclu que la « médecine de genre » repose sur des « bases fragiles ». Le rapport souligne que, malgré l’abondance des publications scientifiques sur le sujet, les revues systématiques de la littérature mettent en évidence la faible qualité des études disponibles. Il n’existe donc pas, selon ses auteurs, de fondement scientifique suffisamment solide pour guider les décisions cliniques ou permettre aux enfants et à leurs familles de prendre des décisions pleinement éclairées.

En avril, une étude finlandaise portant sur l’ensemble des personnes de moins de 23 ans orientées vers des services spécialisés dans les questions de genre entre 1996 et 2019 (soit 2 083 personnes) a conclu que celles ayant entrepris une « transition de genre » présentaient une morbidité psychiatrique nettement plus élevée que les groupes témoins, avant comme après leur orientation vers ces services. Les besoins en soins psychiatriques persistaient fréquemment et avaient même tendance à s’aggraver après les interventions médicales.

L’auteur évoque également les témoignages de nombreuses personnes ayant effectué une « détransition », c’est-à-dire ayant renoncé à leur transition pour revenir à leur sexe d’origine. Selon lui, ces témoignages font état de séquelles physiques et psychologiques, ainsi que de biais idéologiques et de négligences au sein d'une partie du corps médical, dont certains praticiens adopteraient une approche militante en faveur de la transition.

Enfin, l’article rappelle que certains médecins pratiquant les soins dits d’« affirmation de genre » ont eux-mêmes évoqué des motivations financières. Il cite notamment un reportage diffusé en 2022 sur la Clinique de santé transgenre du Vanderbilt University Medical Center, dans lequel le Dr Shayne Sebold Taylor déclarait que « ces chirurgies rapportent beaucoup d’argent ».

mardi 23 septembre 2025

La fin annoncée du « late-night » américain : quand l'« humour » se heurte à la désaffection du public

Télévision. Aux États-Unis, les émissions de divertissement de fin de soirée, autrefois un pilier de la culture télévisuelle, traversent une crise majeure. La suspension de l’émission Jimmy Kimmel Live! par ABC, après des propos jugés choquants sur l’assassinat de l’activiste conservateur Charlie Kirk, illustre une perte de repères qui dépasse la simple baisse d’audience.

Une suspension symbolique

La chaîne ABC, propriété de Disney, a annoncé la suspension de Jimmy Kimmel à la suite des pressions de deux groupes de médias puissants, Nexstar et Sinclair, qui possèdent un grand nombre de stations affiliées locales d’ABC (il s'agit de chaînes régionales qui rediffusent des programmes nationaux). Ces groupes ont décidé de retirer l’émission de leurs grilles. Le PDG de Disney, Bob Iger, aurait lui-même pesé dans la décision.

Jimmy Kimmel, présentateur d'un des ces émissions de fait de soirée, connu pour son ton corrosif, avait récemment censément plaisanté à propos de l’assassinat de Charlie Kirk, une figure conservatrice américaine. Il avait alors déclaré «  Nous avons atteint de nouveaux sommets ce week-end, avec le gang MAGA qui tente désespérément de présenter ce jeune qui a assassiné Charlie Kirk comme quelqu'un d'autre qu'un des leurs, et qui fait tout ce qu'il peut pour en tirer un avantage politique ». Alors que ce présumé assassin était alors un radical de gauche, pro-LGBT, avait un amant transsexuel et s'insurgeait contre la « haine » qu'aurait propagée Charlie Kirk. Voilà un humoriste déchaîné à l'imagination débordante. Ou un militant qui délire en se croyant comique. Le public semble avoir peu apprécié.

Des audiences en chute libre


Au-delà de la polémique, cette suspension survient dans un contexte de déclin accéléré du late-night. D’après le site spécialisé LateNighter, Jimmy Kimmel Live! a perdu près de 80 % de son public depuis 2015, année où l’émission a été déplacée à 23 h 35. Les données de Nielsen — l’équivalent américain de Médiamétrie — montrent que la part de marché de l’émission chez les 18-49 ans, la cible privilégiée des annonceurs, est passée de 0,68 en 2013-2014 à seulement 0,16 en 2024-2025. L'audience totale de ces émissions est 3 à 4 fois plus grande que celle des seuls 18-49 ans.

Pour comparaison, The Late Show de Stephen Colbert plafonne à 0,18 et The Tonight Show de Seth Meyers à 0,13. Autrement dit, moins d’un téléspectateur sur mille de la tranche d’âge reine regarde encore ces programmes. Que font les autres ? Beaucoup consomment de la diffusion en ligne (Netflix, YouTube, TikTok), ou se détournent tout simplement d’un humour jugé prévisible et trop politique.


Des pertes colossales


Selon le média américain Puck, des sources internes à CBS estiment que The Late Show with Stephen Colbert perdait déjà plus de 40 millions de dollars par an. Autrement dit, même l’émission la plus regardée de la tranche horaire s’est transformée en gouffre financier. Ces chiffres laissent penser que les difficultés ne sont pas isolées, mais généralisées à tout le secteur du late-night.

mardi 16 septembre 2025

Enseignant montre à ses élèves de 10 et 11 ans des images de l'assassinat de Charlie Kirk

Un enseignant de Toronto a été suspendu après avoir montré à un groupe d’élèves de 5e et 6e année (environ 11 ans)  « une partie d’une vidéo violente » liée à l’assassinat de l’activiste conservateur américain Charlie Kirk.

La directrice de l’école publique Corvette Junior, Jennifer Koptie, a déclaré dans une lettre envoyée vendredi (ci-contre) aux parents que cet incident était « extrêmement troublant et inacceptable ».

Un enseignant du primaire de Toronto relevé de toutes ses fonctions après avoir montré à ses élèves une vidéo liée au meurtre de Charlie Kirk.

Mme Koptie a déclaré que la vidéo avait été montrée aux élèves du programme d’immersion française parce qu’ils avaient des questions « sur un événement tragique survenu récemment aux États-Unis ».

Un porte-parole a refusé de commenter les informations parues dans les médias selon lesquelles les enfants auraient été « forcés » de regarder la vidéo plusieurs fois ou si des commentaires sur M. Kirk avaient été faits.

Le Toronto Sun a cité une source anonyme qui a déclaré que plusieurs élèves avaient été « traumatisés » et en avaient parlé à leurs parents, qui ont à leur tour contacté la direction de l’école. La source a également affirmé que l’enseignant « avait fait un discours à ses élèves sur l’antifascisme, l’antitrans et le fait que Charlie Kirk méritait ce qui lui était arrivé ».

mercredi 27 août 2025

Recommandations pour renforcer la laicité : évincer les parents, imposer les églises, priver les écoles de subventions, lutter contre les organismes pro-vie ?

Quelques recommandations tirées du rapport de Mme Christiane Pelchat et M. Guillaume Rousseau sur l’état de la laïcité au Québec. 

Certaines s’inscrivent dans la tradition québécoise et occidentale comme la recommandation 30  :
« rendre obligatoire la réception à visage découvert de tout service » [y compris en classe donc pour les élèves]. 

D’autres semblent être celles ressassées depuis des décennies par les militants de la gauche laïcarde qui vise à éliminer toute religion de l’espace public, tout conservatisme en marginalisant les parents rétifs et en privant les organismes religieux ou conservateurs de ressources et subventions. Les laïcistes instrumentalisent les incidents entourant l’immigration musulmane de plus en plus importante en mettant toutes les religions et tous les conservatismes dans le même sac.

RECOMMANDATION 7 — Créer la Journée nationale de la laïcité. [Avec célébration et liturgie ?]

RECOMMANDATION 9 — Mettre fin de manière progressive aux avantages fiscaux et aux subventions accordés aux organismes religieux, après la réalisation d’une consultation et d’une étude d’impact, en abrogeant le critère de la « promotion de la religion » pour la reconnaissance des organismes de bienfaisance enregistrés ainsi qu’en éliminant les exemptions et déductions fiscales, comme celle visant précisément des membres du clergé et d’autres dirigeants religieux et celles en matière de fiscalité municipale. En lien avec l’abolition progressive de ces dernières exemptions, créer un fonds de transition pour les organismes affectés. Enfin, interdire le financement public des groupes religieux dans les collèges et les universités.  [Il s’agit notamment d’imposer les églises et organismes religieux et de supprimer les exemptions de taxes foncières et des crédits d’impôt pour dons et offrandes. Bref de massivement les appauvrir. L’État subventionnera les seuls organismes « laïques »­.]

école catholique Loyola
RECOMMANDATION 10 — Mettre fin progressivement au financement étatique des écoles [semi —] privées religieuses, tout en prévoyant un mécanisme d’admissibilité pour celles qui souhaitent conserver ce financement, sous réserve qu’elles entament des changements institutionnels visant le respect des quatre principes qui sous-tendent la laïcité de l’État. 

[Le rapport affirme : « Ainsi, l’État verse directement aux écoles privées une subvention qui sert essentiellement au respect du curriculum officiel du ministère de l’Éducation ». Cela semble faux. Même les écoles non subventionnées doivent respecter le curriculum du Monopole de l’Éducation du Québec (fait rare dans les pays démocratiques). Et pourquoi ne verser alors au mieux qu’une partie des frais liés à l’imposition de ce programme ? Car enfin les écoles subventionnées dites privées épargnent de l’argent à l’État.

Cette commission ici comme ailleurs suit les recommandations et arguments du Mouvement laïque québécois particulièrement militant.]
 

RECOMMANDATION 11 — Définir, à l’article 2 de la Loi sur la laïcité de l’État, le principe de la neutralité religieuse de l’État comme posant que l’État ainsi que ses représentantes et représentants dans l’exercice de leurs fonctions doivent s’abstenir de favoriser ou de défavoriser une conviction, une croyance ou une appartenance religieuse ou l’absence d’une telle conviction, croyance ou appartenance et de véhiculer, par leurs actions ou leurs expressions, quelque message qui puisse raisonnablement être considéré comme approuvant ou désapprouvant de telles convictions, croyances ou appartenances, y compris par symbolisme ou affichage. [Cette neutralité est-elle même possible ? L’État prend toujours parti pour certaines convictions. La conviction laïciste, voire athée, paraît à priori favorisée et renforcée par l’occultation croissante du religieux même dans les écoles religieuses.]

RECOMMANDATION 19 — Définir, à l’article 2 de la Loi sur la laïcité de l’État, le principe de la liberté de conscience et de la liberté de religion comme incluant le droit d’une personne de croire ou de ne pas croire, de professer ou de manifester sa conviction, sa croyance ou son incroyance religieuse, en dehors de ses fonctions de représentante de l’État, et de ne pas être contraint d’agir de manière contraire à ses convictions ou à ses croyances, d’adhérer à une religion ou de se soumettre à une observance religieuse, directement ou indirectement, par pressions ou autrement, particulièrement lorsqu’une personne est en situation de vulnérabilité, par exemple en raison de son âge ou de son appartenance réelle ou supposée à une religion. [Il s'agit du « respect de la liberté de conscience dès l’enfance » comme l'explicite le rapport... Il semble que, dans les exemples donnés dans le texte qui accompagne cette recommandation, cela signifie qu'il n'y ait pas de prosélytisme dans les écoles, garderies et autres lieux financés par le public. Le libellé de la recommandation ne l'indique pas et ne limite pas la portée de cette liberté de conscience des enfants. Il serait plus prudent que cette recommandation soit réécrite et que le rôle des parents y soient affirmés et respectés, par exemple si les parents veulent que leurs enfants inscrits dans une école partiellement subventionnée y reçoivent une instruction religieuse.]

RECOMMANDATION 22 — Mettre fin à la pratique consistant à écrire aux parents d’élèves pour les informer à l’avance qu’un contenu lié à la sexualité sera enseigné à leurs enfants. [Les parents sur la touche, totalement marginalisés.]

RECOMMANDATION 29 — Accompagner de près les centres de la petite enfance et les garderies subventionnées de facto confessionnels afin qu’une réelle laïcité y soit déployée. [Qu’est-ce à dire ? Ne plus avoir de crèche de Noël ?]

RECOMMANDATION 35 — Prévoir, par voie législative, l’obligation pour des organismes autonomes associés à l’État (notamment les municipalités, les collèges, les universités, les centres de la petite enfance, les garderies subventionnées et les écoles privées subventionnées) de se doter d’une politique en matière de laïcité assujettie à l’approbation gouvernementale et devant traiter de différents sujets tels que les accommodements pour un motif religieux, la location de salles à des groupes religieux et les autorisations d’utilisation d’espaces publics à des fins religieuses, et ce, de manière à respecter les principes, les droits et les règles d’ordre public liés à la laïcité. [Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’une école dite privée et catholique en partie subventionnée ne pourra pas louer une salle à des groupes religieux catholiques ?]

RECOMMANDATION 39 — Mettre fin au financement des organismes anti-choix [comprendre anti-avortement] et discriminatoires et s’assurer que le Secrétariat à la condition féminine poursuive ses efforts de sensibilisation auprès de la population ainsi qu’auprès des élues et élus quant aux conséquences des actions de ces organismes sur la liberté de choix des femmes. [Parmi les organismes religieux, cela ne vise que les chrétiens dans la pratique, on ne connaisse pas d’organismes pro-vie musulmans. 

En quoi l’avortement est-il un combat laïc (neutre sur le plan religieux) ? On peut être anti-avortement pour des raisons philosophiques non religieuses.

Des philosophes comme Musonius Rufus (Ier siècle) et des juristes romains ont exprimé des objections basées sur des considérations éthiques et sociales. Ils arguaient que l’avortement nuisait à la famille et à la société en réduisant le nombre de citoyens, un argument démographique et utilitaire plutôt que religieux. Ainsi, le juriste Ulpien (IIe-IIIe siècle) a défendu l’idée que l’avortement pouvait être puni s’il privait un homme de ses héritiers.

Aristote s’opposait à l’avortement après une certaine période de développement embryonnaire (quand l’âme rationnelle était censée apparaître, selon lui), non pour des raisons religieuses, mais en raison de sa philosophie de la biologie et de l’éthique. Il voyait la potentialité de la vie comme une valeur à préserver pour le bien de la
polis (cité-État), arguant que l’avortement excessif affaiblirait la société.

Bien que Locke soit souvent associé à des idées libérales, il considérait que la vie, même à un stade précoce, avait une valeur inhérente liée à la continuité de l’humanité, un argument philosophique basé sur la nature humaine plutôt que sur la religion.]

RECOMMANDATION 44 — Préciser qu’un accommodement pour un motif religieux ne peut être octroyé s’il a pour effet de contrevenir au respect des programmes d’éducation et d’enseignement post-secondaire ou aux libertés d’éducation et d’enseignement. [Il sera aisé d’affirmer que toute absence à un cours, par exemple d’éducation sexuelle, ne respecterait pas ledit programme, rendant la présence toujours obligatoire à tout ce qui pourrait être controversé.]

Voir aussi

Québec — Comité préconise d’abolir le financement public des écoles religieuses dites privées

« C’est la démographie, stupide ! » (l’immigration massive musulmane)
 
 
 
 
 
 

Le gouvernement québécois ne veut plus de religion dans les garderies communautaires (2010, pas d’explications de la crèche de Noël ?) 

vendredi 1 novembre 2024

Délire réchauffiste sur Radio-Canada (le service public)

Le modérateur de l'émission ne dit rien, mais dodeline de la tête.

—Jean-François Lisée, ancien ministre, ancien chef du Parti québécois : « mes petits-enfants vont me dire quand la température sera à 45 degrés, + 45°,  en février »
— Michelle Courchesne, ancienne ministre, « dans 15-20-25 ans une grosse partie de la planète n'existera plus ».

Selon le très politiquement correct organisme de prospective climatique Ouranos, voici le climat du Québec d'ici 2100:

Évolution des températures moyennes annuelles sur le Québec de 1950 à 2100. La partie gauche montre le climat récent intégrant des observations, la partie droite montre le climat projeté. Le SSP2-4.5 est un scénario d’émissions de GES médian, le SSP3-7.0 est un scénario élevé. Tiré des Portraits climatiques d’Ouranos basés sur CMIP6.

Avec le « pire » des scénarios SSP3-7.0 (peu probable), la température moyenne du Québec sera(it) celle de la Belgique en 2100 (12 °C en moyenne l'année), personne ne trouve que la Belgique actuellement à un climat ne fût-ce que chaud, il ne fera jamais +45 °C en plein hiver...

On remarquera, en outre, que les valeurs observées (en bleu) n'indiquent pas un emballement quelconque.

Ouranos poursuit:

Températures hivernales

Les températures hivernales ont aussi tendance à se réchauffer, et ce de façon plus marquée dans le nord de la province avec des augmentations atteignant 8 à 13 °C à la fin du siècle pour un scénario d’émissions de GES élevé. La partie nord du Nunavik verra ainsi le nombre de jours avec un minimum hivernal inférieur à -25 °C passer de 60 jours durant les dernières décennies à 35 jours à l’horizon 2050. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean perdra environ 15 jours de grands froids, alors qu’en Montérégie, la diminution se situe autour de 2 jours.

Voir aussi

Bjorn Lomborg : Le changement climatique N'est PAS la fin du monde (vidéo sous-titrée)

Bjorn Lomborg : « Le changement climatique n’est pas la fin du monde » (article écrit)

Idéologie — « Le cours Culture et citoyenneté québécoise va faire une place aux enjeux climatiques »

La Norvège défend le pétrole et l’environnement… avec l’argent du pétrole et du gaz  

Climat : pourquoi l’apocalypse n’aura pas lieu

Écologie — Soyez écolo, mangez de la viande ! (m à j)  

Les 6 derniers mois en Antarctique ont été les plus froids jamais enregistrés  

Belgique — écoles comme centres d’organisation des manifs écologistes  

Catastrophisme — la SRC et le palais de Buckingham sous eau  

Facebook censure Bjorn Lomborg pour avoir écrit que la hausse des températures sauve 166 000 vies/an   

Sixième rapport du GIEC : et si on passait à autre chose, l’adaptation  

Écologie — Non, le ciel ne nous tombera pas sur la tête !  

Climat — contrairement aux prévisions, aucune accélération à la hausse du niveau de la mer

Écologie — Augmentation de la biomasse et des surfaces boisées à l’échelle planétaire

Climat — Le point de rupture à nouveau reporté ? (La date de l’Armageddon climatique se déplace au fur et à mesure…)

« Impartialité » — Les journalistes font éclater leur joie à la signature de la 21 COP dans la salle de presse

En 1839, on se félicitait, on se vantait même du réchauffement des climats froids  

Noël et la jeunesse « conscientisée » (par qui ?)  

Climat désormais 11e préoccupation sur 12 aux États-Unis  

Bjorn Lomborg : les climato-alarmistes nous mettent en danger avec de fausses données  

Le climat change, mais ce n’est pas la fin du monde, ni même le principal problème écologique  

Écologisme occidental : « Les riches sont sommés de ne plus faire d’enfants »  

Inquiets pour la planète contre inquiets pour leur patrie  

Père se plaint de l’enseignement « non factuel » des changements climatiques, il doit ensuite s’adresser au tribunal 

L’Australie a-t-elle vraiment battu des records de chaleur ? 

Climat/Météo — Les catastrophes naturelles moins coûteuses et moins mortelles en 2019  

Climat — « L’Occident est fatigué et déprimé »

Greta Thunberg : le colonialisme, le racisme et patriarcat ont causé la crise climatique

Robert Redeker : « L’école s’applique à effacer la civilisation française » (Le Sanglot du maître d’école blanc)

Peter Taalas, responsable du climat à l’ONU : « Arrêtez de vous inquiéter, faites des bébés ! »

Belgique — Connaissances scientifiques des élèves sur le climat en recul

Thunberg et jeunesse écocondriaque — « 86 % des jeunes pensent à tort que le nucléaire émet du CO2 »

Greta La Science Thunberg devant le Congrès : « Même avec 1 °C, un nombre inacceptable de vies perdues »

Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne

Repentance permanente — Les manipulateurs de l’histoire québécoise sont parmi nous

mercredi 4 septembre 2024

Le nouveau cours Culture et citoyenneté québécoise reproduit les tares du cours Éthique et culture religieuse (ECR)

Un texte de Mathieu Bock-Côté paru dans le Journal de Québec :

Pascal Bérubé vient de sonner l’alarme: le nouveau cours Culture et citoyenneté québécoise, qui a pris le relais du cours Éthique et culture religieuse (ECR), semble reproduire ses tares.

On s’en souvient, le cours ECR est devenu un objet de polémique permanent lorsqu’on a compris qu’il avait surtout pour fonction d’imposer une propagande multiculturaliste aux étudiants québécois.

Ce cours poussait les jeunes Québécois à embrasser aveuglément les accommodements raisonnables, et à dédaigner leur propre culture.

D’ailleurs, ses théoriciens et concepteurs le reconnaissaient sans gêne: ils voulaient fragiliser la culture québécoise pour la rendre plus ouverte à la «diversité».

Idéologues

Autrement dit, à défaut de convaincre les adultes de la vertu de l’idéal diversitaire, on allait l’imposer aux enfants, plus facilement manipulables.

Je suis de ceux qui ont applaudi la disparition d’ECR.

Je note toutefois que dans le discours public, c’est la trop grande place accordée dans ce cours à la religion qui motivait son rejet. On lui reprochait d’avoir une vision sans nuance, trop positive, presque bigote, du fait religieux.

Si je rappelle tout cela, c’est que cela n’est pas sans lien avec les problèmes du cours qui l’a remplacé.

Certes, on a congédié les excès religieux du cours Culture et citoyenneté québécoise. [Le cours ECR supprimé était foncièrement relativiste en matière religieuse, mettant sur un pied d'égalité, les contes de Noël [Le Noël des souris dans un des manuels], les légendes autochtones, l'islam et le christianisme.

Pour l’avocat Me Mark Phillips qui a plaidé en Cour suprême sur le sujet, ECR est tout sauf un cours d’histoire des religions. En réalité, le programme ECR interdit de donner un tel cours :

Ainsi, le programme ECR interdit de présenter les religions de manière séquentielle et linéaire, mais prescrit qu’elles doivent être présentées en juxtaposition entre elles et avec des êtres mythiques et surnaturels. Ce qui ne veut pas dire, en passant, que tous les professeurs suivent ces prescriptions.
]


Mais on y a globalement recyclé tout le contenu idéologique d’ECR, tout en l’adaptant aux temps présents.

On y a même fourgué la fameuse référence à la discrimination «systémique» à laquelle François Legault s’était courageusement opposé en 2020 – on parlait alors de racisme systémique.

De même, il sert à normaliser des concepts absurdes comme celui du sexe assigné à la naissance, comme si un médecin, à la naissance de l’enfant, ne constatait pas son sexe, mais le décrétait arbitrairement. Ce nouveau cours normalise la théorie du genre.


Pour ce manuel de CCQ, le sexe est assigné à la naissance et associé à un genre. Cahier d'apprentissage de 1re secondaire, éditions CEC, 2024, à Anjou (Québec)

En fait, nous dit à sa façon Bérubé, le cours Culture et citoyenneté québécoise vire dans le wokisme.

Ce qui nous rappelle une chose simple: le ministère de l’Éducation, au Québec, mais ailleurs aussi en Occident, ne cherche pas à transmettre une culture et un patrimoine de civilisation.

Il veut faire de l’école le laboratoire à partir duquel construire une société multiculturaliste, néo-socialiste, écologiste radicale, honteuse d’être occidentale.

Les enfants sont ici des cobayes. Autrement dit, les idéologues du ministère, alliés aux idéologues déguisés en savants universitaires, se contrefichent de ce que veut le gouvernement du Québec. Ils ont construit un cours qui permet la poursuite d’ECR par d’autres moyens.

Le ministère de l’Éducation mène une politique qui n’a jamais été approuvée par la population et ses élus. C’est le cas d’autres ministères aussi.


Technocratie

On doit aussi nommer les agences bureaucratiques de l’État, comme la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, qui maquillent derrière la promotion des «droits» la promotion de l’idéologie diversitaire, en plus d’imaginer des discriminations partout.

Les Québécois, avec leurs impôts, paient d’immenses structures technocratiques qui se sont donné pour mission de les endoctriner.

D’un point de vue démocratique, il serait indispensable de sortir de ce piège.

[Il faudrait déjà simplement rendre ce cours optionnel... et rendre la liberté aux écoles surtout celles privées...]

Voir aussi
 

mercredi 3 juillet 2024

Ontario — Tribunal des droits de la personne accorde 35 K$ pour refus d'épiler un homme se disant femme

Le plaignant a déclaré qu'il avait dit au propriétaire de l'entreprise que celle-ci fournissait des services "à toutes les femmes, quelle que soit leur identité sexuelle".

Jason Carruthers, propriétaire du salon d'épilation Mad Wax, sur les lieux à Windsor, en Ontario, en 2018.

Un amérindien qui s'identifie comme une femme, qui aurait tenté de se suicider à la suite du tollé provoqué par le refus d'un service d'épilation à la cire dans un salon de Windsor, s'est vu accorder 35 000 dollars de dommages-intérêts par le Tribunal des droits de la personne de l'Ontario.

L'incident a eu lieu en 2018, mais la décision n'a été publiée que le mois dernier.

Le 17 mars 2018, la requérante anonyme a téléphoné à Mad Max Windsor Inc, un salon d'épilation à la cire, et a demandé s'il offrait des services d'épilation à la cire aux « femmes transgenres » (c-à-d aux hommes biologiques qui se disent femmes). L'employée qui a répondu au téléphone lui a d'abord dit "non", puis "je ne sais pas", selon le demandeur. L'employée elle-même a déclaré qu'elle ne savait pas ce que signifiait le terme "transgenre" et a dit au demandeur que le propriétaire du salon le rappellerait.

Le litige porte essentiellement sur l'appel téléphonique entre la propriétaire et la requérante anonyme, désignée uniquement sous le nom d'AB dans les documents du tribunal.

Les souvenirs qu'ils ont de cette conversation téléphonique diffèrent considérablement.

Le propriétaire a déclaré qu'il avait supposé que le requérant demandait une épilation brésilienne et non une épilation des jambes. Le requérant a déclaré que le propriétaire l'avait également qualifié à plusieurs reprises d'homme ou avec de "parties du corps masculines", bien qu'il ne lui ait jamais dit qu'il avait des organes génitaux masculins. Le propriétaire a nié avoir « mégenré » le requérant, mais après avoir nié avoir posé des questions sur ses organes génitaux, il a admis qu'il "l'avait peut-être fait".

Le plaignant a déclaré que le défendeur lui avait dit qu'il n'y avait personne dans le personnel qui serait à l'aise pour fournir des services à "quelqu'un comme vous"", peut-on lire dans la décision du tribunal.

Le propriétaire a contesté cette affirmation, rappelant qu'il avait dit qu'il "n'avait personne dans son personnel à ce moment-là qui pouvait fournir des services d'épilation à la cire pour hommes". Le requérant a déclaré qu'il avait dit au propriétaire de l'entreprise qu'il avait pour mission de fournir des services "à toutes les femmes de manière égale, quelle que soit leur identité sexuelle" et qu'il avait proposé de le rencontrer pour l'"éduquer" sur les obligations légales. (L'homme s'identifiant comme une femme, selon la décision du tribunal, travaillait comme directeur exécutif d'une organisation locale de Windsor qui fournit des services et un soutien à la communauté transgenre).

Le propriétaire a également déclaré que le demandeur l'avait menacé de "problèmes avec le tribunal" et d'un "cirque médiatique". Le demandeur a nié avoir proféré de telles menaces et le tribunal a convenu qu'il ne l'avait pas fait. Cependant, le requérant a publié sur Facebook une vidéo sur sa rencontre avec Mad Max. Le propriétaire a contacté les médias pour "rétablir la vérité" et a fourni le nom et les coordonnées du trublion aux journalistes. Aucun article n'a été publié à ce moment-là.

Mais le 11 mai 2018, après que le plaignant a déposé une plainte pour violation des droits de l'homme, le propriétaire de Mad Max a publié un communiqué de presse, affirmant que le salon n'avait pas de personnel disponible pour effectuer des services d'épilation à la cire pour hommes ou des services d'épilation à la cire sur les organes génitaux masculins, affirmant que le personnel avait des objections culturelles et religieuses à la réalisation de tels services. Ce communiqué a donné lieu à une couverture médiatique du désaccord et à des plaintes pour discrimination.

En fin de compte, le tribunal [Mark Steyn a déjà déclaré ces « tribunaux des droits de la personne » de parodie de justice] a estimé que la mention répétée des organes génitaux d'AB et les questions posées à ce sujet, ainsi que l'erreur de genre commise par le demandeur, suggéraient que la discrimination avait joué un rôle dans le refus d'offrir des services d'épilation des jambes. Karen Dawson, vice-présidente du Tribunal des droits de la personne de l'Ontario, a également estimé que le communiqué de presse et les entretiens avec les médias étaient "destinés à mettre le requérant dans l'embarras et à saper ses plaintes" plutôt qu'à donner aux médias les deux versions de l'histoire.

En particulier, l'utilisation de mots tels que "menace" et "attaque" en relation avec la vidéo du requérant sur Facebook, ainsi que les références au "sentiment de sécurité" du personnel, ont joué sur les stéréotypes néfastes des femmes transgenres [des hommes disant qu'ils sont des femmes]", a déclaré le tribunal dans sa décision.

Le communiqué, bien qu'il ne nommait pas AB directement, citait son employeur et le propriétaire de l'entreprise a fourni son nom et ses coordonnées aux médias qui l'ont demandé. (Il est coutumier dans le journalistique de rechercher de telles informations afin d'obtenir les commentaires des deux parties à un litige). Dans l'ensemble, Mme Dawson a estimé que le communiqué de presse constituait des "représailles" parce que le requérant avait déposé une plainte auprès du Tribunal des droits de la personne de l'Ontario.

Le plaignant a affirmé que les commentaires des médias "l'avait poussé[e] à se cacher et même à se déplacer, parce qu'elle [il] craignait pour sa sécurité". Bien qu'il soit un militant transgenre bien connu à Windsor, il n'avait jamais parlé de ses organes génitaux en public et les commentaires du salon "ont ouvert une conversation publique non consensuelle" à ce sujet.

"Elle [il] a déclaré que ces commentaires étaient incroyablement traumatisants pour elle [lui] et, à un moment donné, elle [il] a tenté de se suicider", peut-on lire dans la décision.

Le plaignant se serait également tourné vers des drogues, perdu son emploi et rompu son mariage (selon le National Post) et aurait dû déménager dans une nouvelle communauté à sept heures de route pour s'en sortir.

"J'estime que les actions des défendeurs ont touché le cœur de l'identité de la requérante, et ce de manière très publique", écrit Mme Dawson.

Le plaignant s'est vu ordonner une indemnisation de 35 000 dollars et le personnel du salon a dû suivre une formation « au code des droits de la personne ».

jeudi 21 décembre 2023

Militant LGBTQ2SAI+ en classe, le cas d'« adelphe »

Dans la courte vidéo ci-dessous, un militant LGBTQ2SAI+ « explique » à des élèves québécois en classe qu’« en langage [sic] français on a des termes non genrés qu’on n’utilise plus vraiment qui sont [?] populaires, j’ai appris qu’on a le mot “adelphe”, c’est l’équivalent de l’anglais “sibling” qui est comme frère et sœur, mais de manière non genrée, c’est plus général. » 

Autrement dit son frère ne doit plus dire « mon frère » pour parler de ce militant qui se dit non binaire, mais « mon adelphe » (terme cependant masculin en français).

Cette tirade n’est pas claire, le mot « adelphe » serait-il un de ces « termes non genrés qu’on n’utilise plus vraiment » ? Qui serait ou ne serait plus populaire ? 

S’il est vrai que le mot adelphe est vieux, il n’a jamais été populaire bien au contraire, c'est un terme didactique très rare.

En outre, il n’avait jusqu’à récemment pas le sens que lui donne ce militant devant les élèves.
On doute que l’enseignant ait précisé par la suite les choses.

Son sens original est simplement « frère » en grec. Voir la comédie Les Adelphes de Térence. Cette pièce de théâtre inspira notamment L’École des maris de Molière. Dans cette pièce, deux frères, Eschine et Ctésiphon, sont éduqués l’un d’une manière stricte et autoritaire, l’autre de façon plus libérale ou laxiste. 

On retrouve la même racine dans le nom de la ville de Philadelphie, c'est-à-dire la ville de l'amour fraternel (The City of brotherly love en anglais, pas The City of sibling love) dont la devise est « Philadelphia maneto », soit « Que l'amour fraternel demeure ».

Le Trésor de la Langue française (qui a la vertu de ne plus être mis à jour et échappe ainsi aux réécritures par des lobbies) indique :

Qui est frère issu de la même mère.

« Les fils d’une même mère étaient seuls de vrais frères  (amadelphes ou adelphes [...])» (citation de Renan,
Hist. du peuple d’Israël, t. 1, 1887-1892, p. 19.)

Remarque : Ce sens n’est enregistré dans aucun des dictionnaires consultés ; il est directement emprunté au grec. […] Le mot comble une lacune du vocabulaire français, utérin, employé pour désigner une commune origine maternelle, signifiant en même temps « mais de père différent », ce que ne suppose pas adelphe.

En grec, ἀδελφός est le frère, ἀδελφή la sœur. Le pluriel ἀδελφοί qui signifie « frères » peut à l'occasion englober quelques sœurs dans un groupe (comme en français quand on dit « mes très chers frères » à l'église, chose que les féministes désapprouvent).

La définition « asexuée » qu’en donne cet intervenant militant en classe (pourquoi y est-il invité ?)  est celle détournée récemment par les LGBTQ2SAI+ et plus particulièrement les milieux non binaires pour qui la déconstruction du sexe et du genre est au cœur de leurs revendications.

Miniature illustrant les Adelphes de Térence


lundi 18 septembre 2023

Des militantes du Planning Familial interviennent dans une classe de CM1 (enfants de 9 ans) pour parler d'éjaculation, de sperme

Alors qu'on observe un déclin dans les matières de base notamment le français et l'arithmétique.

Des militantes du Planning Familial interviennent dans une classe de CM1 (enfants de 9 ans) pour parler d'éjaculation, de sperme. Voilà à quoi ressemblent les cours d'éducation sexuelle en France.

 

jeudi 14 septembre 2023

Gynécologue : « Je ne suis pas transphobe ni homophobe », « je n’ai aucune compétence pour m’occuper des hommes »

En se déclarant incompétent pour examiner un homme « en transition » pour devenir femme, un gynécologue de Pau a été accusé de transphobie.

La semaine dernière, un homme et sa compagne se sont présentés au cabinet du Dr Acharian après avoir pris rendez-vous sur La dame m’a expliqué qu’elle était en transition » explique la secrétaire qui a alors contacté le médecin . « Je ne m’occupe pas de ça ; il y a des spécialistes à Bordeaux ou à Toulouse » lui a alors répondu le praticien, ce qu’elle leur a expliqué. Furieux « ils sont devenus très agressifs, et m’ont traitée de transphobe » souligne la secrétaire (cf. Transition de genre : une étude documente la « contagion sociale »).

En réponse au mauvais avis laissé, le gynécologue répond qu’il n’examine que de « vraies femmes ». « Je n’ai aucune compétence pour m’occuper des hommes » explique-t-il.

Des « propos transphobes et discriminatoires du gynécologue » selon l’association Théorie du genre : un ancien transgenre dénonce « un prosélytisme général »).

De son côté, le couple, qui souhaite rester anonyme, dit avoir voulu « juste relayer l’info à une association ». Ils se disent « un peu dépassés par les proportions énormes que prend cette affaire » (cf. Transitions de genre : vers une directive mondiale militante ?).

« La prise en charge des personnes trans nécessite de s’y former »

Le Dr Acharian « regrette » que sa réponse « à l’avis dénigrant » qui avait été posté « ait pu blesser une personne ». « Je ne suis pas transphobe ni homophobe » se défend-il, « je suis totalement incompétent ». « Ces personnes sont sous traitements hormonaux, prescrits par des services spécialisés. Je leur laisse le soin de les contrôler » ajoute le praticien (cf. Transgenres : un besoin de surveillance médicale renforcée).

Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) constate « une augmentation des personnes trans en demande de suivi médical » (cf. Genre : 6% des Suisses se considèrent transgenres ou non-binaires). « Un travail spécifique sur la question de la transidentité et du suivi médical est en cours, et on a déjà édité un livre sur le sujet » souligne son secrétaire général, le Pr Philippe Deruelle, également gynécologue obstétricien au CHU de Montpellier.  Je « comprends la réponse de ce praticien » ajoute-t-il, tout en admettant qu’ « il y a peut-être un problème de forme ».

Le professeur s’étonne « qu’une personne trans aille voir un praticien comme ça sans s’enquérir de ses compétences ». « La prise en charge des personnes trans nécessite de s’y former » souligne-t-il (cf. Dysphorie de genre : un risque d’accident cardio-vasculaire multiplié par près de 7). Selon lui, « il serait mieux qu’au sein de chaque région il y ait des praticiens, sensibles à cette question, qui choisissent de se surspécialiser ».

Source : Le Figaro, Stéphanie Kovacs, 11/IX/2023

Voir aussi

L'avis de Mathieu Bock-Côté sur l'affaire: 

Vous avez beau être biologiquement et physiquement un homme, vous avez quand même droit de consulter un spécialiste des organes génitaux féminins. 

Le caprice crée le droit. Je cite l’association Espace santé trans pour qu’on ne m’accuse pas de mentir.

«Les gynécologues ont vocation à suivre des femmes trans. Même sans opération de réassignation génitale, et même sans hormones».

Mais il ne suffit pas de consulter un gynécologue pour devenir une femme, même si on comprend que pour certains trans, il s’agit du stade ultime de reconnaissance de leur nouvelle identité de genre.

En d’autres mots, on nous invite, aujourd’hui, au nom du ressenti fantasmé des uns et des autres, à congédier la science.

Un urologue n’a pas pour vocation de soigner un cancer du poumon.

Un chirurgien cardiaque n’est pas un spécialiste des problèmes dentaires.

Un ophtalmologue n’est pas un spécialiste des problèmes de digestion.

De même, un gynécologue n’est pas un spécialiste des organes génitaux masculins, c’est comme ça.

Antiscience

Qu’on me permette d’aller plus loin: jamais un homme ne sera enceint. Jamais. Si un homme se dit enceint, c’est tout simplement parce qu’il s’agit d’une femme biologique qui s’identifie désormais comme homme.

Il est temps de faire barrage à l’idéologie trans radicale, qui nous fait basculer dans un monde parallèle, et qui crée de vrais problèmes chez les enfants.

Il est temps que la réalité reprenne ses droits.

 

lundi 29 mai 2023

Nudité et discours anti peau blanche au Musée de la civilisation de Québec

Nous ne savons pas ce qu'est « la peau blanche privilégiée, la peau blanche émaculée [sic] »... Un croisement woke entre émasculée et immaculée ? 
 
L'exposition, parrainée par la banque TD, se tiendra jusqu'en avril 2024.
 

 
 
Gratuit les bambins, prix spécial pour les familles...



Aucune nudité annoncée dans cette invitation sur Facebook:





 Sophie Durocher commentait par ailleurs la politisation des musées du Canada:
 
Vous pensiez que le rôle des musées canadiens était de préserver le patrimoine? Qu’on allait au musée pour être bouleversé, touché, pour être en contact avec le beau, la création?

Mon Dieu que vous êtes dépassé!

Dans le Canada de Justin Trudeau, les musées financés par les fonds publics sont là pour promouvoir une idéologie, militer pour une cause et rééduquer le pauvre contribuable ignare et arriéré que vous êtes.

LE CANADA A CHANGÉ

Si vous ne me croyez pas, allez consulter en ligne le «Guide de discussion» pour le «Renouvellement de la Politique muséale du Canada», une consultation qui se poursuit jusqu’en juin pour mettre à jour la politique muséale qui date de 1990.

«Depuis, la société canadienne a changé, et de nouvelles priorités sont apparues», lit-on dans le document. «La version de la Politique de 1990 ne tient pas compte de ces nouvelles priorités, comme la réconciliation avec les peuples autochtones, le traitement des questions d’équité, de diversité et d’inclusion, ou la transformation numérique en cours.»

lundi 25 octobre 2021

Selon la SRC : « Le projet de loi 2 du ministre de la Justice suscite de vives critiques »

Selon le diffuseur gouvernemental, « Le projet de loi 2 du ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, suscite de vives critiques. »

Radio-Canada ne précise pas dans son chapeau de qui proviennent ces cris d’orfraies. Or il s’agit de quelques militants trans, peu représentatifs de la population. Dans un long article, la Société d’État retranscrit ces critiques sans aucune distance et ne les oppose pas à des critiques.

Mais que reprochent donc ces militants ?

Projet de loi 2, « la loi la plus transphobe passée dans l’histoire du Québec »

Ils s’opposent à l’exigence d’une chirurgie pour le changement de la mention du sexe à l’état civil dans le projet de loi déposé jeudi dernier par le ministre Simon Jolin-Barrette.

Le texte du projet de loi 2 prévoit qu’une personne ne pourra changer son marqueur de sexe sur son acte de naissance que si elle a des traitements médicaux et des interventions chirurgicales impliquant une modification structurale de ses organes sexuels. Ce qui est déjà discutable, même ces traitements médicaux ne signifient pas que les cellules du corps et leur ADN changent de sexe. Il ne s’agit que de masquer quelques traits visibles par ces traitements médicaux ou chirurgicaux. Pour ceux qui ne subissent pas de chirurgie, le projet de loi prévoit la possibilité d’avoir une identité de genre différente du marqueur de sexe. Le sexe et le genre ne seront pas mis en opposition sur le certificat de naissance, il ne reprendra que l’une ou l’autre mention.

Céleste Trianon, activiste au Centre de lutte contre l’oppression des genres, interrogée par Radio-Canada, n’hésite pas à dire : « La communauté trans considère cette loi comme la loi la plus transphobe passée dans l’histoire du Québec et même du Canada, soutient-elle. » Évanouie la Grande-Noirceur alors ?

mercredi 23 juin 2021

Enquête sur l’invasion LGBTQ2SAI+ à l’école

Famille chrétienne dénonce l’idéologie LGBTQ2SAI+, qui a envahi les établissements scolaires français.

Finie la lutte contre les inégalités et les stéréotypes sexuels. Désormais, l’école entend détruire les identités sexuelles, sacrifiant avec elle une génération d’élèves où être fille ou garçon ne veut plus rien dire. Enquête sur un phénomène silencieux qui cause d’énormes souffrances.

« En politique comme en art militaire, retraite ne signifie pas toujours défaite. En 2013, le ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon retirait les ABCD de l’égalité des écoles. Huit ans plus tard, la théorie du genre, dont Najat Vallaud-Belkacem disait qu’« elle n’existe pas », s’est installée dans tous les aspects de la vie scolaire. En catimini, sans que personne ne s’en émeuve. Esther Pivet, alors présidente du collectif Vigi Gender, le souligne : « Le gouvernement a reculé pour mettre en place quelque chose de plus vaste, le plan d’action pour l’égalité entre les filles et les garçons. »

Des cours de récréation « genrées »

Depuis, l’Éducation nationale s’est mise aux couleurs de l’arc-en-ciel. En 2015, elle a lancé une première campagne de sensibilisation dans les collèges et lycées aux discriminations contre les LGBT. En 2019, la campagne « Tous égaux, tous alliés » s’accompagne de tracts qui invitent les élèves à se faire les alliés des LGBT et à veiller aux propos ou attitudes « LGBTphobes ». Les associations qui interviennent pour parler de sexualité sont de plus en plus militantes : parmi elles, SOS homophobie, le Planning familial, ou encore Au-delà du genre, « qui accompagne les personnes trans ». Le souci légitime que les jeunes ne soient pas maltraités à cause de leur « orientation sexuelle » a fait place à une véritable propagande qui détruit l’existence même des identités sexuelles.

À Lille, par exemple, au lycée Angellier, la fondation Le Refuge est intervenue le 25 mars dans le cadre d’une journée de formation LGBT. Auparavant, une exposition se tenait dans le hall, où on pouvait lire que l’hétéronormativité « structure la société en hiérarchisant la société ». Il s’agit donc bien du vocabulaire de la sociologue militante Gabrielle Richard, qui intervient à l’école, et qui, dans un livre de 2019, Hétéro, l’école ?, présente un plaidoyer pour une éducation anti-oppressive de la sexualité, critique une culture scolaire qui contribue à « reconduire les normes de genre et de sexualité à son insu ». Il ne s’agit pas d’une lubie isolée : à Rennes, deux écoles ont repensé le design de leur cour de récréation pour les rendre moins « genrées ». Dans les écoles qui se construisent désormais, fini le terrain de foot, place à la verdure et aux espaces de jeux mixtes.

« Ils agissent comme la Gestapo »

Les élèves sont nombreux à se plaindre que la propagande LGBT ait envahi leurs cours, comme Thomas, en terminale dans un lycée public d’une petite ville de l’ouest de la France. « En anglais, depuis la quatrième, en boucle et en boucle, on ne parle qu’inclusion, diversité, sexisme, féminicide », raconte-t-il. En géopolitique ? « La place des femmes  »; en spécialité Humanités et philosophie ? « L’émancipation féminine », et le professeur a réussi à associer l’item les métamorphoses du moi au transgenre. Le lycée comprend d’ailleurs plusieurs élèves qui s’identifient comme trans : trois filles en seconde, dont une non-binaire, et un garçon au moins « dont on ne se sait pas trop comment il s’identifie ». Au CDI [centre de documentation et d’information, la bibliothèque], « on a, en entrant, des drapeaux LGBT et, sur chaque porte du couloir, des feuilles imprimées sur l’évolution des droits LGBT et trans ».

La propagande est relayée par les lycéens eux-mêmes, et surtout leurs délégués. « Les CVL [conseils des délégués pour la vie lycéenne] sont une dizaine, dont quatre lesbiennes, et deux gays, et ils agissent comme la Gestapo. Ils fliquent tout le monde sur ces questions. Ils vous dénoncent aux CPE [conseiller principal d’éducation] et directeurs si vos propos sont non conformes. » Fin mai, ils ont organisé un jeu et fait gagner des préservatifs multicolores aux lycéens. L’administration partage la même obsession. « En quatrième, on nous avait fermé les toilettes des garçons. J’avais utilisé celles des filles, raconte Thomas. Un surveillant m’avait vu, j’ai eu un jour d’exclusion. J’étais identifié comme un agresseur potentiel. Un an après, la directrice du collège a fait construire des toilettes mixtes ! » Sans doute pour ne pas discriminer les élèves qui s’identifient trans.

Souvent, ces questions sont plus discrètes, comme dans le collège privé de Félix, situé en région parisienne. « Nous n’abordons pas l’identité de genre en cours, mais les stéréotypes de genre, oui. Dans les cours d’éducation morale et civique (EMC) et d’anglais, on a tout un chapitre sur l’égalité homme-femme. Pour moi, c’est insistant et pénible, et un peu ridicule. On n’a pas besoin de nous répéter ça plusieurs fois par semaine.»

[…]

Les programmes scolaires favorisent le militantisme

Néanmoins, selon Alain, chef d’un établissement privé du sud-est de la France, les programmes scolaires [officiels] favorisent ce militantisme. Certaines parties de ces derniers « n’ont plus de visées scientifiques, mais des visées dites citoyennes ou éducatives, en fait idéologiques. Par exemple, le programme de 2009 de l’option droit en filière littéraire impose l’homoparentalité, alors qu’elle n’a pas d’existence juridique ; le programme de SVT [sciences de la vie et de la Terre] de première ES [section économique et sociale] en 2012 expose l’orientation sexuelle comme seule construction sociale et personnelle ; et les nouveaux programmes de lettres et d’histoire de 2020 inondent les élèves de la voie professionnelle avec des considérations sur le genre ou les discriminations ».

Inscrire ses enfants dans le privé n’est pas une garantie qu’ils auront une présentation équilibrée de ces sujets. On y trouve des enseignants formés, qui osent une parole forte sur ces questions, comme Sylvie, mère de cinq enfants, qui enseigne le français au lycée depuis deux ans. « Deux élèves ont soutenu en cours qu’il fallait que "tout ça progresse" comprendre le changement de sexe, parce que “le monde devrait s’ouvrir”. Les élèves ont applaudi, mais pas tous. J’ai expliqué que cette situation demandait une prise de recul. Ils m’ont répondu : “Si vous étiez au lycée public, on vous aurait lancé des cailloux à la figure. C’est de la transphobie”. » Souvent, ce sont les enseignants eux-mêmes qui tiennent ce discours, comme dans un collège privé du sud de la France.

Constance, mère d’un garçon de 12 ans, envisage même de scolariser celui-ci dans le public. “Tous les jours, quelque chose l’a heurté, un camarade qui regarde du porno dans la cour, un autre qui le traite d’homophobe. En SVT, ils ont fait des exposés sur les moyens contraceptifs. En EMC [enseignement moral et civique] ou en anglais, ils ont eu des cours sur les discriminations avec comme exemple le fait de ne pas applaudir si quelqu’un est gay, ou transgenre.” Constance en a parlé au directeur. Pour lui, « expliquer aux enseignants qu’il faut traiter ces sujets de façon différente est inaudible. À demi-mot, il nous a dit qu’il risquait de perdre son poste s’il avait un mot là-dessus. Que ces sujets sont au programme. Mais quand on feuillette le manuel histoire-géo, on voit que les cours d’EMC ne vont pas aussi loin. »

L’invasion gagne les lycées privés

Si ces témoignages ne concernent pas tous les établissements privés, ils sont malheureusement nombreux. Marie scolarise deux de ses enfants dans un lycée privé favorisé d’Île-de-France. “On assiste à un infléchissement très net, une déferlante des idées LGBT auprès des profs qui utilisent les programmes, comme « les images de soi » en anglais, pour se focaliser sur les stéréotypes de genre. Dans presque toutes les matières littéraires, on trouve une partie sur la déconstruction des stéréotypes de genre, on les bassine du matin au soir avec des propos comme : “Les garçons sont plus forts parce qu’on les a considérés tels.” Ou même : “On n’a pas le droit de dire à la naissance si c’est un garçon ou une fille.” Le professeur d’anglais les a fait s’identifier plus ou moins garçon, fille ou trans au niveau du cœur, du sexe ou du cerveau sur un schéma en cours d’anglais qui représentait le corps humain.” Avec plusieurs autres parents, ils ont rédigé une lettre qu’ils veulent envoyer à l’évêque. Ils l’ont d’abord adressée au chef d’établissement. Qui n’a pas accusé réception. Mais c’est peine perdue. « Même nos prêtres nous disent que cela ne servira à rien. Le directeur, lui, dit qu’il n’a pas la main. Il prend les enseignants qui viennent. »

Les équipes éducatives sont également complètement démunies quand le trouble dans le genre se traduit par des demandes, de plus en plus fréquentes, de changement de sexe. Hugues scolarise son fils en quatrième dans un collège privé de la région parisienne, ainsi que Blandine, mère d’une fille de 13 ans. Ces deux parents déplorent avant tout l’absence totale de dialogue sur ces questions. En cours d’année, une nouvelle élève est arrivée en classe et a exigé d’être prénommée comme un garçon. “J’ai laissé un peu de temps passer, j’attendais une communication de l’établissement, ou bien une explication pour les enfants. Nous nous sommes manifestés auprès du principal. On nous a dit : « Il faut être charitable. » Mais nos enfants, eux ? Ce qu’on leur fait vivre est très violent”, s’insurge Hugues. L’adolescente se scarifie, elle est « en couple » avec une autre adolescente qui a fait des tentatives de suicide. Dans la classe, la confusion règne. Une moitié des enfants continue d’appeler la jeune fille par son prénom. L’autre forme un groupe autour de cette élève « populaire », et la prénomme au masculin. Après les vacances de la Toussaint, ses parents ont présenté un mot des médecins qui préconisent une transition. La direction et les enseignants se sont exécutés. « Par peur d’une cabale sur les réseaux sociaux », suppose Hugues.

Une tentative de suicide au sein même du collège

Les enseignants, eux, sont dans le flou. Soit ils craignent les représailles, soit ils sont acquis à l’idée que seule une transition sociale peut apaiser le trouble de l’enfant, comme le défendent les associations LGBT. C’est le cas d’Anne-Laure, qui enseigne dans un collège privé en Loire-Atlantique. Le jour de la rentrée, raconte-t-elle, une adolescente a exigé d’être prénommée, non pas Jeanne, mais Steve. Les parents n’avaient pas prévenu l’établissement. Lors du premier cours, elle l’appelle donc Steve. Elle doit se rétracter par la suite, selon le vœu des parents. « On est obligé de respecter leur souhait dans la mesure où l’enfant est mineur », déplore-t-elle. Malgré tout, la situation devient vite ingérable. « On a réagi avec notre cœur, mais on se sentait impuissant. Jeanne souffrait trop pour être disponible en classe. Elle nous foutait tous les cours en l’air, c’était provocation sur provocation. » Quelque temps après, Jeanne a fait une tentative de suicide au sein même du collège.

Le secrétariat de l’Enseignement catholique semble avoir pris la mesure du problème. « Nous assistons non pas à une fissure, mais à un ébranlement de tout le système éducatif, alors que la culture se transforme rapidement », constate Jérôme Brunet, adjoint au secrétaire général. Mais son statut est de coordonner des établissements à qui est laissée une grande autonomie. Jérôme Brunet rappelle que « de par la loi Debré, le chef d’établissement est responsable du projet éducatif et de ce qui se passe dans la pédagogie. Il peut donc convoquer un enseignant qui irait contre ce projet, et travailler avec lui ». Selon lui, la liberté pédagogique des enseignants est donc restreinte, même si le chef d’établissement ne peut pas licencier un professeur, une fois que celui-ci a été embauché. Dans le cas d’enfants qui veulent changer de sexe, « le chef d’établissement peut réunir des équipes éducatives, avec l’équipe médicale, pour discuter d’un cas particulièrement difficile, dans un dialogue qui respecte à la fois les personnes et le projet de l’Enseignement catholique ». Un traitement au cas par cas, donc, réalisé par le dialogue, et non une posture d’autorité, laquelle serait « contre-productive et inopérante ». « Nous ne sommes plus dans une société chrétienne avec des évidences chrétiennes », constate-t-il. L’Enseignement catholique mise davantage dans le renforcement de la formation de ses enseignants à l’anthropologie chrétienne, et travaille actuellement en ce sens. Il milite aussi pour une plus large mise en œuvre de l’éducation affective relationnelle et sexuelle, et ce, dès la maternelle.

Un défi éducatif majeur

Mais cela sera-t-il suffisant, alors que la théorie du genre est en train de bouleverser l’enseignement ? D’autant que les universités, où se forment les futurs enseignants, sont aujourd’hui accaparées par ces questions ? Comment pourra-t-on enseigner, si la mode des non-binaires (ni homme ni femme) et des « gender-fluid » (parfois homme, parfois femme), se répand ? Comment organiser l’espace, les toilettes, les vestiaires, la cour de récréation ? Pour l’Enseignement catholique, l’idéologie du genre pose une question vitale, tant elle est un calque inversé de l’anthropologie chrétienne. « Lorsqu’on disait que “tout ce qui est vrai était enseignable dans un établissement catholique”, car “tout ce qui est vrai appartient au Christ” y compris le Bulletin officiel, alors un certain socle commun existait encore dans la société, déplore Alain, chef d’établissement. Aujourd’hui, un élève risque fortement de se voir enseigner que l’identité sexuelle est un matériau libre exigeant une autodétermination de sa part en cours de SVT à 9 h, et ira à 12 h à l’aumônerie pour s’entendre dire que l’identité sexuelle, son altérité et sa complémentarité sont des dons de Dieu. » Face à cet enjeu capital, l’urgence est de mobiliser l’ensemble des acteurs de l’éducation, parents y compris, pour offrir des solutions à la hauteur de ce défi éducatif majeur.

Voir aussi 

Hongrie — Renforcement de la protection des mineurs par lutte contre la pédophilie et le transgenrisme

Face à la vague des transgenres, la Suède commence à douter   

Colombie-Britannique — Un père emprisonné pour avoir qualifié sa fille biologique de fille et utilisé le pronom féminin « elle » (m à j)

Un premier haltérophile qui se dit femme pourrait participer aux JO chez les femmes 

Belgique — Homme qui se dit femme veut devenir religieuse, mais les monastères refusent sa candidature

Endocrinologues mettent en garde contre le traitement hormonal de la dysphorie sexuelle chez l’enfant

Grande-Bretagne — enfants autistes poussés à s’identifier comme transgenres ?

Fonctionnaires contre père : qui décide si un enfant mineur peut subir une thérapie de transition de genre ? (le cas en Cour d’appel)

  

Les accusations d’attouchements sur de jeunes garçons mineurs se multiplient

Luc Ferry : la « pensée 68 » était globalement favorable à la pédophilie

La gauche intellectuelle progressiste et la pédophilie, retour sur une histoire trouble

Canada — La pédophilie  : une orientation sexuelle comme l’hétérosexualité pour des experts

Juger la vie privée de Simone de Beauvoir  (Elle a eu une relation avec une élève de 15 ans qui lui aurait valu son congédiement du lycée Molière à la fin des années 30. On relate aussi ses relations amoureuses avec des jeunes femmes qui étaient aussi ses étudiantes, qu’elle « rabattait » ensuite vers son compagnon Jean-Paul Sartre. En 2008, la Britannique Carole Seymour-Jones, auteure du livre A Dangerous Liaison, décrivait le comportement de Beauvoir comme un « abus d’enfant » se rapprochant de la « pédophilie ». En 2015, dans Simone de Beauvoir et les femmes, Marie-Jo Bonnet qualifiait de « contrat pervers » le modus operandi entre Beauvoir et Sartre. Le blogueur du Journal de Montréal Normand Lester accuse quant à lui Beauvoir d’être une « prédatrice sexuelle ».)

La révolution sexuelle des années 60, la pédophilie et les prêtres modernes

Le pape Benoît XVI : révolution sexuelle, relativisme moral, absence de Dieu et rejet de la Tradition à l’origine de la crise des abus sexuels

Famille, autorité, limites, nation : la Désintégration tranquille

Allemagne — Garçons orphelins sous la tutelle de pédophiles

Grande-Bretagne — 83 suspects de pédophilie… dans le football

L’affaire Bruce/Brenda/David Reimer c. la théorie du genre

France — Des animateurs et professeurs soupçonnés de pédophilie mutés et non suspendus

Pédophilie — Un rapport sur l’affaire Jimmy Savile révèle que la hiérarchie (de la BBC) savait

Pédophilie en Grande-Bretagne : que fait la hiérarchie ?

Pédophilie — Autre scandale dissimulé par la hiérarchie ?

Complicité de la hiérarchie de l’institution pour dissimuler de nombreux cas de pédophilie

États-Unis — Pédophilie dans une école primaire

Canada — La pédophilie : une orientation sexuelle comme l’hétérosexualité pour des experts

Scouts Canada s’excuse des cas de pédophilie qui auraient pu survenir

Pédophilie dans l’enseignement

États-Unis — pédophilie et sévices sexuels dans les écoles américaines

École laïque et républicaine — Enseignants pédophiles, on n’en parle que depuis récemment

Deux poids, deux mesures ? (artistes pédophiles excusés par des journaleux)

Mark Steyn : Penn State’s institutional wickedness (avec des détails scandaleux)

France — Enseignant condamné pour pédophilie autorisé à enseigner par sa hiérarchie

Révélations de pédophilie sur Claude Jutra : le milieu du cinéma québécois serait sous le choc

En milieu sportif, les garçons deux fois plus harcelés sexuellement que les filles   

La Russie sanctionne Twitter pour manque de filtrage des contenus pédopornographiques ou faisant l’apologie de drogues ou du suicide  

États-Unis — La Cour Suprême unanime pour défendre la liberté de refuser l’adoption par des homosexuels