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mercredi 13 août 2025

Anne Coffinier : « La passion égalitariste et la peur de discriminer ont conduit à mettre à mal l’école »

Le taux de réussite au Baccalauréat 2025 est de 91,8 %, une hausse de 0,4 % selon le ministère de l’Éducation nationale. Cependant, divers experts et commentateurs ont déploré un « examen dévalorisé » et « donné à tout le monde ».

Anne Coffinier (ci-contre) est fondatrice de la Fondation Kairos pour l’innovation éducative-Institut de France et présidente de Créer son école. Le rejet de la méritocratie a entraîné une dévalorisation de l’examen passé chaque année par environ 700.000 candidats, explique-t-elle dans un entretien avec l'Epoch Times.


— Quelle est votre analyse sur le baccalauréat d’aujourd’hui ?

Anne Coffinier.— Aujourd’hui, le baccalauréat n’a plus sa fonction historique. Le niveau a tellement baissé qu’il ne sélectionne plus les élèves et ainsi ne permet plus d’organiser l’entrée à l’université.

Par ailleurs, l’introduction de 40 % de contrôle continu n’a rien arrangé. Ce dernier a conduit les jeunes à la négociation permanente avec les professeurs pour avoir des bonnes notes tout au long de l’année. Les notes de contrôle continu ont une valeur qui change du tout au tout selon l’établissement scolaire d’origine, ce que savent les recruteurs du supérieur. C’est le caractère national du diplôme qui est ainsi remis en cause.

En réalité, le baccalauréat repose désormais sur un mensonge social : chaque année, élèves et parents expriment leur joie et leur satisfaction lors de la publication des résultats alors que l’examen n’a plus de valeur.

Maintenant, il y a deux solutions face à ce désastre : soit on supprime totalement l’examen – d’autant qu’il coûte 1,5 milliard par an -,soit on le refonde totalement en le revalorisant par le retour de la sélection des élèves et la fin du contrôle continu, en revenant vers un taux de réussite au bac inférieur à 70 %.

Mais cela demande du courage. La revalorisation du bac ne sera pas populaire dans l’opinion.

— Pourriez- vous revenir en détails sur l’impact du contrôle continu dans la dévalorisation du bac ?

— Il fait perdre de la valeur à cet examen parce que les notes ne peuvent être harmonisées sur l’ensemble du territoire. On sait très bien qu’un 14 / 20 n’a pas la même valeur dans un lycée public de REP+ [en gros les quartiers dits « populaires », c'est-à-dire immigrés] qu’à Louis-le-Grand.

Par conséquent, les universités, lorsqu’elles examinent les candidatures, ne regardent plus les résultats des élèves, mais leur établissement d’origine. C’est-à-dire que quand vous êtes un élève moyen scolarisé dans un lycée prestigieux, vous avez plus de chance d’être admis dans un établissement supérieur qu’un jeune brillant en provenance d’un lycée provincial quelconque sans renommée particulière. Ce qui est grave en termes de justice sociale et de renouvellement des élites.

Je vis cette problématique de manière assez personnelle parce que j’ai passé mon baccalauréat dans un lycée public provincial à Manosque dans les Alpes et si j’ai été admise à Louis-le-Grand, c’est bien parce que les notes valaient encore quelque chose. Autrement, je serais restée invisible et n’aurais pu effectuer mon parcours d’excellence républicain intégralement public : ENS [École normale supérieure] puis ENA.

C’est la raison pour laquelle je me suis battue pour soutenir et financer la création du test de mathématiques avancées TeSciA, en 2022, qui permet d’évaluer objectivement le niveau des élèves de terminale dans cette discipline. C’est un outil méritocratique digne d’intérêt.

Il faut redonner à la méritocratie toute sa place, et cela passe par une sélection assumée.

— À partir de quand la méritocratie a-t-elle été mal vue ?

Dès 1985, notamment quand Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’Éducation nationale, avait fixé l’objectif d’amener 80 % des jeunes « au niveau du bac ». Puis, la loi d’orientation sur l’éducation de 1989 portée par Lionel Jospin a enfoncé le clou.

À chaque réforme, ceux qui nous dirigent se demandent ce qui avantage le plus les jeunes bourgeois et ce qui défavorise le plus les jeunes issus de l’immigration. Et à partir de là, au nom d’un égalitarisme pathologique, ils ont supprimé les éléments « discriminants » comme la culture classique ou les règles d’orthographe.

Cette passion égalitariste et cette peur de discriminer ont conduit à mettre à mal l’école, pourtant autrefois voie d’ascension sociale pour les jeunes.

— Vous dénoncez depuis plusieurs années la dévalorisation des examens et la baisse du niveau scolaire. Que vous disent les enseignants que vous rencontrez ? Sont-ils réceptifs à votre discours ?

— Les enseignants sont réceptifs depuis longtemps. Ils ont conscience de travailler dans des conditions absurdes.

Maintenant, il y a cette idée chez la plupart des professeurs qu’il vaut mieux faire confiance à l’école publique qu’à une autre solution. Ils considèrent que l’État est toujours plus efficace que n’importe quelle autre solution non-étatique. Nous sommes en plein dans l’idéologie. Aujourd’hui, l’école publique est tellement dégradée qu’elle défait la République, dans la plupart du territoire français.

— Les enseignants n’osent pas faire remonter leurs observations au ministère de l’Éducation nationale ?

— Ils savent que leurs démarches seront vaines et se sont résignés. Ils n’ont plus du tout de capacité d’indignation. Les plus passionnés font de leur mieux localement, discrètement, et ont renoncé à peser sur la justice et l’efficacité d’ensemble.

Pour ma part, je constate qu’il y a une grande souffrance psychologique chez les enseignants parce que leur intelligence leur fait voir cruellement tout ce qui dysfonctionne dans l’Éducation nationale, mais qu’ils sont en même temps pris dans une sorte de collaboration anesthésiante avec ce système inefficient.

Dans la mesure où ils sont en première ligne de ce désastre, je pense qu’ils devraient être davantage écoutés. Les solutions éducatives solides ne peuvent venir que du terrain, c’est-à-dire des salles de classe.

C’est la raison pour laquelle la solution passe, à mon sens, par la subsidiarité. Redonner aux établissements scolaires la capacité d’agir : recruter leurs enseignants, les gérer, avoir la main sur les admissions, les départs, les éventuels redoublements ou programmes de renforcement académique des élèves. C’est essentiel si nous voulons mettre fin à l’expérience quotidienne de l’impuissance.


mardi 24 juin 2025

Peur, précaution, confort... Comment nous avons perdu le goût du risque

La peur est aujourd'hui partout. Peur climatique, peur sécuritaire, peur sanitaire... Les lendemains qui chantent semblent avoir laissé place aux scénarios catastrophes. La révolution a cédé le pas à l'Apocalypse. Et pourtant, nous vivons dans des sociétés occidentales où nous n'avons jamais été aussi riches. Nous n'avons jamais vécu aussi longtemps. Mais nous semblons avoir abandonné toute espérance tout se passe comme si nous étions tétanisés par l'avenir.

C'est justement ce paradoxe de ces sociétés de plus en plus hostiles aux risques qui cherchent et qui tendent vers l'utopie du risque zéro qu'Eugénie Bastié interroge dans ce nouveau numéro du Club Le Figaro Idée. Pour ce faire, elle reçoit Pascal Bruckner et Catherine van Velen.

00:00 – La peur : un phénomène politique moderne  
04:37 – Le principe de précaution : paralysie ou prudence ?  
20:59 – L’éducation par la peur : des enfants déjà vieux  
36:16 – Tragique, démocratie... Ce que nous avons perdu
 
Livres évoqués
 


 
 
   
 

mercredi 30 avril 2025

L’écologisme tue-t-il ?

L’écoanxiété semble être l’un des soubassements du geste criminel de l’adolescent de 16 ans qui, à Nantes, le 24 avril dernier, a poignardé plusieurs de ses condisciples de lycée dont l’un, une jeune fille, criblée de 57 coups de couteau, est décédée. Ce terrible fait divers doit, selon le politologue Guillaume Bernard, alerter sur le caractère mortifère de l’idéologie écologiste quand elle est instrumentalisée contre l’espèce humaine. 



Quand il est au pouvoir ou qu’il peut l’influencer, l’écologisme se révèle autoritaire et punitif. Avec les zones à faible émission dans les métropoles, il discrimine socialement et relègue spatialement les pauvres qui ne peuvent pas acheter de voitures électriques.

En préconisant l’installation d’éoliennes qui défigurent le paysage, l’écologisme apparaît de plus en plus comme une “escrologie” de “bobos” au détriment des “ploucs” de la campagne où, pourtant, une véritable écologie est pratiquée avec le recours à l’agriculture biologique et aux circuits courts de distribution.

L’écologisme tue les libertés

L’écologisme est intrinsèquement autoritaire : il porte en lui la propension à prétendre orienter les comportements non seulement individuels (comme pour la consommation alimentaire avec le véganisme), mais aussi collectifs. Il fait fi des intérêts nationaux en favorisant la mise en jachère de terres agricoles et en remettant en cause la production nucléaire d’électricité. Il justifie l’interdiction de certaines activités par le principe de précaution.

Sous prétexte d’incertitude et en raison de l’existence d’un risque — comme si elles n’étaient pas, toutes deux, permanentes et propres à toutes les activités humaines —, le principe de précaution conduit à l’abstention consentie par les uns (les gouvernés), à l’interdit prononcé par les autres (les gouvernants) et à l’intériorisation de la peur paralysante par tous. Contrairement aux apparences, ce principe est l’exact contraire de la prudence, qui suppose, malgré le doute, de trancher, qui appelle à exercer, en fonction des circonstances, un choix en pesant le pour et le contre. C’est ainsi que l’écologisme usurpe et travestit les préoccupations écologiques traditionnelles.

L’écologisme tue la civilisation

Dans une démarche philosophique classique, celles-ci rappelaient à l’homme qu’il s’inscrit dans un ordre cosmologique des choses qui le dépasse où règnent des lois qu’il ne peut violer impunément. Sa responsabilité implique une position de maître de la nature : encadrée et domestiquée, celle-ci est indissociable de la société et de sa culture. Mais l’écologisme est tout autre. S’il prend le masque souriant de la légitime lutte contre d’immoraux gaspillages et une pollution incontrôlée, son véritable visage est celui de la haine.

L’écologisme déteste la nature culturelle de l’être humain : il veut déconstruire l’homme enraciné pour le reconstruire, d’où sa défense du progressisme “sociétal”. L’écologisme ne prend pas la défense de l’ordre naturel : il a en haine la civilisation, d’où sa préconisation de la décroissance et sa promotion de l’immigrationnisme. Le cas de Noël Mamère est, à ce titre, emblématique : il s’est prononcé en faveur du port du voile islamique à l’école et il est celui qui, alors maire de Bègles, a célébré, en 2004, à l’époque en infraction à la loi, un « mariage » homosexuel.

L’écologisme tue l’humanité

Il n’est pas question de faire un procès d’intention à tous ceux qui — comme l’assez sympathique José Bové logiquement hostile tant à la PMA qu’aux OGM — affichent des préoccupations environnementales. Mais il est clair que, pour certains, l’écologie n’est que le cheval de Troie d’une idéologie masochiste et nihiliste. Sous prétexte que la technoscience (qui, effectivement, peut ne pas agir avec prudence et enfreindre les lois de l’ordre naturel) fait courir des risques à l’homme, l’écologisme en déduit que l’être humain n’est qu’un parasite de la nature. Cela le conduit à mêler malthusianisme et panthéisme.

La réduction de la population est devenue un objectif affiché, la taxe carbone devant être l’instrument fiscal rendant, pour les récalcitrants, les naissances financièrement insoutenables. Qu’importe que la nature, déifiée, puisse être hostile à l’homme quand elle est libre de toute entrave. Homo sapiens est ravalé au rang d’une espèce animale parmi les autres, toutes étant mises sur un pied d’égalité (antispécisme). La sauvegarde de la planète ainsi que des espèces animales et végétales finit par compter plus que la défense du bien-vivre de l’humanité.

Le jeune meurtrier de Nantes semble bien avoir été modelé par l’écologisme. Dans son manifeste envoyé quelques minutes avant son passage à l’acte, il en professait explicitement les principes idéologiques : « L’arbre n’est plus un esprit, c’est une matière première. L’animal n’est plus un frère, c’est une marchandise. » Et, plus loin : « Nous devons redevenir sauvages, […] retrouver la place que la Terre nous réservait avant que nous la trahissions. » Décidément, l’écologisme tue !
 

Source : Valeurs actuelles

Guillaume Bernard, docteur et habilité à diriger des recherches, est historien des institutions et des idées politiques ; il est notamment l’auteur de “La guerre à droite aura bien lieu, le mouvement dextrogyre” (Desclée de Brouwer).

 

mercredi 2 avril 2025

Toutes les fictions historiques ne consistent pas à transformer des blancs en noirs... (m à j)

La série à succès de Netflix « Adolescence », qui explorerait l’influence des contenus toxiques et misogynes auxquels sont exposés les jeunes en ligne et suscite des débats de société dans plusieurs pays, va être diffusée dans les écoles secondaires du Royaume-Uni.

« C’est une initiative importante pour encourager le plus grand nombre possible d’élèves à regarder ce programme », a déclaré lundi le Premier ministre britannique Keir Starmer, qui a lui-même vu la série avec son fils et sa fille, tous deux adolescents.

La série Adolescence de Netflix ne se fonde pas sur un seul cas réel, mais le co-créateur Stephen Graham a révélé que le feuilleton avait été inspiré par l’épidémie croissante de crimes au couteau au Royaume-Uni.

« Il y a eu un incident au cours duquel un jeune garçon a [prétendument] poignardé une fille », a déclaré M. Graham à l’émission Tudum de Netflix.

Selon l’Office des statistiques nationales (ONS), 83 % des homicides d’adolescents en 2023-2024 ont été commis à l’aide d’une lame. Au cours de l’année se terminant en mars 2024, environ 50 500 infractions liées à des instruments tranchants ont été enregistrées en Angleterre et au Pays de Galles (à l’exclusion du Grand Manchester), soit une augmentation de 4,4 % par rapport à 2022-23, mais une diminution de 2,8 % par rapport à 2019-20. Les mineurs âgés de 10 à 17 ans étaient responsables d’environ 17,3 % de ces infractions.

La diffusion d’Adolescence fait suite à la condamnation du tueur de Southport, Axel Rudakubana, qui a écopé d’un minimum de 52 ans pour avoir assassiné trois jeunes filles lors d’un atelier de danse sur le thème de Taylor Swift en juillet 2024. Entertainment Weekly a indiqué que le spectacle aurait été conçu et écrit plusieurs mois avant l’attentat, mais le moment choisi semble particulièrement pertinent. Mais il existe des cas antérieurs de coups de couteau mortels très médiatisés, comme le meurtre en 2023 d’Elianne Andam, 15 ans, à Croydon, par un adolescent noir.

Les données indiquent une surreprésentation des individus non blancs dans les infractions liées aux armes blanches, en particulier à Londres. En 2017, environ deux tiers des auteurs de crimes au couteau âgés de moins de 25 ans à Londres étaient issus de minorités ethniques. À l’échelle nationale, cette proportion était de 38 % pour la même tranche d’âge.​ ​En 2011, selon le recensement de l’Angleterre et du Pays de Galles, environ 19 % des individus âgés de 16 à 24 ans appartenaient à des minorités ethniques, les 80,5 % restants s’identifiant comme Blancs.

Dans certaines communautés, le port d’un couteau est associé à une démonstration de virilité ou de force, renforçant ainsi une culture de la violence. La surreprésentation des jeunes hommes noirs dans les statistiques de crimes au couteau a encore été soulignée récemment par la police. Étrangement, ces réalités sont passées sous silence dans la série Netflix.

Les crimes au couteau commis par les jeunes sont majoritairement liés à la culture des gangs, aux foyers brisés et au désespoir socio-économique, et non au mouvement de la « pilule rouge » ou aux chaînes YouTube antiféministes. Il faut se demander si en faisant d’un garçon blanc le méchant, Adolescence ne se livre pas à un « transfert de race » flagrant, réécrivant la réalité pour l’adapter à un discours politique à la mode dans certains cercles qui met en accusation les hommes blancs.

Il y a bien des personnages importants noirs dans Adolescence. Par exemple, celui valorisant d’inspecteur de police Luke Bascombe qui arrête le jeune Jamie Miller, âgé de 13 ans, soupçonné d’avoir poignardé une jeune fille.



Billet du 20 mars

Non, méchantes langues, toutes les fictions historiques modernes ne consistent pas à transformer des blancs en noirs… comme dans le cas d’Anne Boleyn :


Anne Boleyn (vers 1501 – 19 mai 1536) est la deuxième épouse du roi Henri VIII d’Angleterre et reine consort de 1533 à 1536. Elle est la mère de la reine Élisabeth Ire. 


« Adolescence » est un feuilleton inspiré par le meurtre de l’écolière Elianne Andam aux mains de Hassan Sentamu à Croydon, en 2023. À l’écran, le rôle du meurtrier est bizarrement joué par un jeune blanc.

Les créateurs de la série Netflix « Adolescence » ont déclaré qu’ils souhaitaient qu’elle soit diffusée au Parlement et dans les écoles afin qu’elle « provoque des discussions et des changements »

La série met en lumière l’influence toxique des médias sociaux et des influenceurs misogynes sur les adolescents. 

Martin Daubney, présentateur à GBNews, a répondu :