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jeudi 5 mars 2026

Le fanatisme du Tribunal des droits de la personne de la Colombie-Britannique doit être dénoncé

Amy Hamm (ci-contre) est une infirmière canadienne (registered nurse) de la Colombie-Britannique, connue pour son implication dans un dossier très médiatisé lié aux questions de genre, d'identité transgenre et de liberté d'expression.

Elle a été accusée par le British Columbia College of Nurses and Midwives (BCCNM) d'avoir tenu des propos discriminatoires et dérogatoires envers les personnes transgenres sur diverses plateformes en ligne (réseaux sociaux, podcasts, écrits publiés) entre environ juillet 2018 et mars 2021 notamment
  • L'affirmation que le sexe biologique est binaire et immuable,
  • La défense des espaces réservés aux femmes biologiques (toilettes, prisons, refuges pour victimes de violence, etc.), qui ne devraient pas être accessibles aux personnes nées hommes qui se disent femmes.
En mars 2025, un comité disciplinaire du BCCNM l'a déclarée coupable de faute professionnelle. En août 2025, la sanction a été prononcée : suspension de son permis d'infirmière pour 1 mois, et obligation de payer environ 94 000 $ en frais et débours du collège (dans un délai de 2 ans). Amy Hamm a été licenciée de son emploi (notamment chez Vancouver Coastal Health) sans indemnité de départ suite à cette décision. Elle nie être transphobe et affirme défendre les droits basés sur le sexe biologique des femmes et des filles.Elle a fait appel de la décision disciplinaire devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique (avec l'aide du Justice Centre for Constitutional Freedoms), et cet appel est en cours (la sanction est suspendue en attendant le résultat). Elle a aussi déposé des plaintes pour discrimination (fondées sur ses croyances politiques) auprès du BC Human Rights Tribunal contre son ancien employeur et le collège.
Il est clair, après que l'ancien administrateur scolaire de Chilliwack, Barry Neufeld, ait été condamné par le Tribunal des droits de la personne de la Colombie-Britannique (BCHRT) à verser 750 000 dollars aux enseignants LGBTQ du district, que je n'ai aucune chance de gagner mes propres plaintes pour discrimination fondée sur les convictions politiques devant le même tribunal.  

Les deux plaintes que j'ai déposées auprès du BCHRT en 2025 n'ont toujours pas été examinées ni acceptées. Avec l'avocate Lisa Bildy et le Justice Centre for Constitutional Freedoms, nous espérons obtenir une décision qui découragerait la discrimination fondée sur des convictions politiques critiques à l'égard du genre. (Comme Neufeld, j'ai été condamné à payer des frais exorbitants pour avoir énoncé des faits biologiques.)  

Je mènerai mon combat (contre le B.C. College of Nurses and Midwives et la Vancouver Coastal Health Authority) dans cet antre de fanatiques woke, quoi qu'il en coûte. Ils ont besoin de toute la visibilité possible. 

Ce mois-ci, le BCHRT a décrété que Neufeld avait violé les articles 7 et 13 du Code des droits de la personne de la Colombie-Britannique avec ses commentaires critiques sur l'idéologie du genre et le SOGI123 (ressources scolaires sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre destinées aux enseignants de la Colombie-Britannique).  

À l'origine de la prétendue hérésie de Neufeld se trouve son insistance sur le fait que le sexe biologique est réel et immuable. Le BCHRT a proclamé que quiconque ose le dire à haute voix, comme Neufeld et moi-même l'avons fait, tient des propos discriminatoires et haineux qui peuvent « effacer » l'existence des personnes identifiées comme transgenres. (Peu importe l'affirmation contradictoire du BCHRT, écrite dans sa dernière décision, selon laquelle Neufeld était simultanément coupable d'effacer l'existence des transgenres et d'utiliser « l'existence même » des personnes transgenres comme une menace pour les enfants, les familles et l'ordre social. Comment les deux peuvent-ils être vrais ?) 

Il semble que le BCHRT n'ait pas pu résister à la tentation d'insérer des piques mesquines à l'encontre de Neufeld dans sa décision chaque fois que cela était possible. Certaines parties de la décision se lisent comme une confession de la vendetta personnelle du tribunal à son encontre. Tout d'abord, ils ont attribué des pronoms — et donc une « identité de genre » — aux témoins de Neufeld, qui étaient là pour contester le non-sens métaphysique et invérifiable qui constitue l'« identité de genre » en soi. Lorsque le tribunal a rédigé la liste des témoins appelés à comparaître, il a ajouté « il/lui » ou « elle/elle » entre parenthèses après chaque nom — une démarche totalement inutile qui témoigne de sa fidélité à la doctrine du genre.

La défaite de Neufeld était courue d'avance. 

Les membres du BCHRT notent, au début de la décision, que Neufeld s'est déjà excusé publiquement d'avoir offensé des personnes avec ses opinions et qu'il a déclaré vouloir tenir un débat public respectueux. « Malheureusement, l'engagement de M. Neufeld en faveur d'une discussion respectueuse et d'une dissidence constructive n'a pas duré », ont-ils écrit avec sarcasme.  

Plus loin, le tribunal suggère que M. Neufeld pourrait se considérer comme un martyr. Il a fait valoir que même s'il « a peut-être été inefficace et politiquement isolé en tant qu'administrateur », il restait responsable du travail et de l'environnement d'apprentissage de son district.   

Ils ont également jugé pertinent de mentionner que Neufeld avait « sans succès » poursuivi en justice l'un des témoins du plaignant, Glen Hansman, pour diffamation. Aucune analyse juridique n'est fournie concernant cette affaire, et le BCHRT ne s'est pas appuyé sur l'affaire de diffamation pour rendre cette dernière décision. Elle a sans aucun doute été invoquée uniquement à titre d'insulte. 

La décision indique également que Neufeld « invoquait fréquemment son statut et ses qualifications autoproclamées ». Mais s'agissait-il vraiment de références ? Si Neufeld avait « falsifié » ses références professionnelles, nous n'en aurions certainement jamais entendu parler. Les membres du tribunal se sont donné beaucoup de mal pour dénigrer Neufeld, point final. (Pour mémoire, Neufeld est titulaire d'un diplôme en psychologie de l'adolescence et a passé de nombreuses années dans le système pénitentiaire, à la fois comme agent de probation et comme agent de facilitation de la justice réparatrice).

Il existe d'autres exemples, notamment la description d'une interview médiatique dans laquelle le BCHRT qualifie la prestation de Neufeld de « verbeuse et décousue ». (Pourquoi en arriver là ?) Son souci pour les enfants n'est pas réel, ont-ils écrit, mais « prétendu ».  

Les membres s'étendent sur le fait que, selon eux, Neufeld est imperméable à la logique : « Les opinions de M. Neufeld semblent fondées sur des hypothèses et des croyances profondément ancrées plutôt que sur un manque d'accès à l'information. » (Je recommande à tous les membres du BCHRT de suivre, et d'échouer — comme ils le feraient sans aucun doute — un cours de biologie de base ou de méthode scientifique — et ce n'est qu'alors qu'ils pourront critiquer ceux qui sont incapables de penser de manière critique.)  

Il est manifestement absurde que ce mépris passif-agressif à l'égard de Neufeld se soit retrouvé dans la décision du tribunal. Le BCHRT voit de la haine et du mépris partout autour de lui, même là où il n'y en a pas, mais il ne voit pas que cela jaillit de sa propre chambre étoilée [tribunal royal anglais qui pouvait condamner des actes qui ne tombaient pas sous le coup de la loi]. Il est grisé par ce qu'il croit être son pouvoir légitime d'imposer son propre dogme woke.  

Nous ne pouvons attendre aucune décision raisonnable ou juste de la part du BCHRT. Nous devons faire deux choses : les dénoncer, puis abolir complètement ce tribunal grotesque. 

Rappelons que ces « Tribunaux » des droits de la personne sont des organismes quasi-judiciaires fortement critiqués pour leur fonctionnement.

Qu’est-ce qu’un organisme quasi judiciaire ?

Ce n’est pas une cour de justice au sens strict, mais il agit comme une cour sur certains plans :

Il peut :

  • entendre des plaintes,
  • tenir des audiences,
  • recevoir des preuves,
  • rendre des décisions obligatoires,
  • imposer des réparations (dommages, ordonnances, sanctions administratives).

Mais il n’a pas :

  • le statut constitutionnel des tribunaux,
  • les mêmes garanties procédurales,
  • les mêmes règles de preuve,
  • les mêmes standards de responsabilité,
  • ni les mêmes protections pour les défendeurs.

Il s’agit donc d’un organisme administratif doté de pouvoirs judiciaires partiels. D’où le terme : quasi — « comme si », mais pas tout à fait.

Les critiques comme celles de Mark Steyn s’appuient sur des caractéristiques structurelles objectivement problématiques :

A) Norme de preuve beaucoup plus basse

Elles appliquent la norme civile prépondérance des probabilités et non la norme pénale. Cela rend plus facile la condamnation d’un défendeur.

B) Règles de preuve « souples »

Les commissions peuvent :

  • accepter des preuves indirectes,
  • restreindre le contre-interrogatoire,
  • voire contourner des règles qui seraient inadmissibles en cour.

C) Déséquilibre procédural

Très souvent :

  • le plaignant n’assume aucun risque financier,
  • alors que le défendeur paie sa défense,
  • même si la plainte est rejetée à la fin.

Certains parlent d’un « procès sans coût pour un côté, mais ruineux pour l’autre ». Mark Steyn dit que le procès (le processus) est la punition, la perte de temps et d’argent encouru pour se défendre devant ce qu’il nomme des parodies de tribunaux.

D) Mandat orienté

Le mandat légal des commissions est de détecter, corriger, sanctionner la discrimination. Pas d’être « neutres » : elles sont structurellement orientées vers la protection du plaignant qui n’engage le plus souvent aucuns frais à se plaindre. Cela crée un biais institutionnel réel.

E) Étendue des pouvoirs, mais absence de garanties judiciaires complètes

Ces organismes quasi judiciaires peuvent rendre des décisions très lourdes de conséquences — réputationnelles, financières, professionnelles — sans offrir les garanties équivalentes à une cour de justice.


Voir aussi

Ancien admnistrateur scolaire retraité condamné à 750 000 $ pour avoir critiqué l'éducation LGBT de façon « haineuse »

Cour suprême — « toutes les déclarations véridiques » ne doivent pas « être à l’abri de toute restriction » (arrêt Whatcott)

Tribunaux suprémacistes (arrêt Whatcott, suite)

 Canada – Condamnée à verser 94 000 $ pour avoir affirmé qu’il existe deux sexes

Arrêt Whatcott : la Bible pas « haineuse », mais le juge Rothstein a-t-il tout lu ?

« Extirper l’hérésie et le blasphème » (progressistes) ?

Canada — 123 églises incendiées ou vandalisées depuis l'annonce de la découverte de tombes à l'ancien internat de Kamloops (aucune tombe n'a été trouvée après cette annonce largement relayée par les médias subventionnés).

 Faut-il continuer à réprimer les propos qui peuvent exposer à la haine ou au mépris, des « pré-crimes » ?

mercredi 4 mars 2026

Ancien admnistrateur scolaire retraité condamné à 750 000 $ pour avoir critiqué l'éducation LGBT de façon « haineuse »

Barry Neufeld
Le 18 février 2026, le Tribunal des droits de l’homme de la Colombie-Britannique a condamné Barry Neufeld, ancien administrateur scolaire de Chilliwack, qui avait critiqué un membre pro-LGBT à verser 750 000 dollars à l’Association des enseignants de Chilliwack, à la suite d’une plainte déposée par la Fédération des enseignants de la Colombie-Britannique.

Le Tribunal a conclu que vingt-quatre publications de M. Neufeld, diffusées sur plusieurs années, constituaient de la discrimination et relevaient du « discours haineux » au sens du Code des droits de la personne de la province. Les sommes devront être réparties entre les membres concernés dans un délai de six mois.

Un tribunal administratif, et non une cour de justice ordinaire

Il convient de préciser la nature de l’instance qui a rendu cette décision. Le Tribunal des droits de l’homme de la Colombie-Britannique n’est pas une cour de justice au sens classique, mais un tribunal administratif spécialisé, institué par la législation provinciale.

Au Canada, ces tribunaux dits « quasi judiciaires » exercent des fonctions juridictionnelles, mais selon des règles de procédure distinctes de celles des cours supérieures. Ils disposent généralement d’une plus grande souplesse dans l’admission et l’appréciation de la preuve, et ne sont pas tenus d’appliquer strictement les règles techniques de preuve en vigueur devant les tribunaux civils ou criminels. Leur mandat est spécialisé et circonscrit à l’application d’un régime législatif particulier, en l’occurrence le Code des droits de la personne.

Leurs décisions peuvent toutefois faire l’objet d’un contrôle judiciaire devant une juridiction supérieure, en Colombie-Britannique devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique, laquelle examine notamment si la décision est raisonnable et respecte les principes d’équité procédurale.

Les faits à l’origine du litige

Barry Neufeld avait publiquement exprimé des positions critiques à l’égard de certaines conceptions de l’identité de genre, affirmant notamment qu’il n’existerait que deux genres fondés sur le sexe biologique. Il avait également critiqué l’élection d’une administratrice scolaire, Carin Bondar, en mentionnant des contenus à caractère sexuel qu’elle avait diffusés en ligne dans un cadre qu’elle présentait comme scientifique.

Ces déclarations ont donné lieu à plusieurs procédures. En matière de diffamation, les tribunaux civils avaient déjà statué en faveur de Mme Bondar et condamné M. Neufeld à verser 45 000 dollars de dommages-intérêts.

La décision récente du Tribunal des droits de l’homme se situe sur un autre terrain juridique : celui de la discrimination et de l’atteinte à la dignité des personnes protégées par le Code provincial.

Le Tribunal a conclu que :
  • 24 de ses publications violaient l'article 7(1)(a) du Human Rights Code (publications discriminatoires) et/ou l'article 13 (discrimination en emploi), en créant un environnement de travail "empoisonné" pour les enseignants LGBTQ+ du district. Il les accusait notamment d'associer les personnes trans et queer à des formes graves d'abus sur enfants, de les dépeindre comme une menace pour les familles et l'ordre social, et d'invoquer des stéréotypes négatifs et "insidieux".
  • 6 publications spécifiques constituaient du hate speech au sens de l'article 7(1)(b) du Code, car elles étaient susceptibles d'exposer les personnes trans, gaies et lesbiennes à la haine ou au mépris en raison de leur identité de genre ou orientation sexuelle.

Exemple d'un des six propos haineux

Publication du 23 octobre 2017 (Facebook, Ex 17, tab 1)
 « Permettre aux enfants de changer de sexe n'est rien d'autre que de la maltraitance infantile... SOGI 1 2 3 est une arme de propagande qui enseigne aux enfants la théorie absurde selon laquelle le genre n'est pas déterminé biologiquement, mais est une construction sociale... Ma motivation première est de protéger la MAJORITÉ des enfants. » 
Explication du Tribunal : Cette publication expose les personnes trans à la haine en les dépeignant comme une menace via des accusations d'"abus d'enfants" et de "propagande". Elle délégitime leurs identités en les qualifiant d'"absurde théorie", invocant un stéréotype de "menace puissante" pour les valeurs familiales et les enfants, ce qui inspire de l'inimitié et encourage la discrimination.

Une sanction d’une disproportion exceptionnelle

C’est le montant de 750 000 dollars qui retient particulièrement l’attention. Une telle somme est inhabituelle dans le contexte des litiges liés à l’expression publique d’opinions, même lorsqu’elles sont jugées offensantes ou discriminatoires.

Le Tribunal a estimé que les montants attribués étaient « raisonnables, voire modestes » au regard des préjudices retenus. Néanmoins, pour un particulier, une sanction financière de cette ampleur peut être perçue comme extrêmement lourde.

La question posée n’est pas celle de l’adhésion ou non aux opinions exprimées par M. Neufeld. Elle concerne la proportionnalité de la réponse institutionnelle. Lorsque l’expression d’une position sur un sujet de politique publique conduit à une condamnation pécuniaire aussi élevée, la frontière entre protection contre la discrimination et restriction de la liberté d’expression devient un enjeu central.

Un débat institutionnel plus large

L’affaire soulève également une réflexion sur le rôle des tribunaux administratifs dans le règlement de débats sociétaux sensibles. Leur mandat vise à offrir un mécanisme spécialisé, plus accessible et moins formaliste que les tribunaux ordinaires. Toutefois, lorsque les sanctions prononcées atteignent des montants aussi considérables, certains s’interrogent sur l’adéquation entre la nature administrative de l’instance et la gravité des conséquences financières imposées.

Il a été indiqué que M. Neufeld envisagerait un recours devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique. Ce contrôle judiciaire pourrait permettre d’examiner la solidité du raisonnement juridique retenu et, le cas échéant, la proportionnalité des dommages accordés.

Au-delà du cas individuel, cette décision s’inscrit dans un débat plus vaste sur l’équilibre entre la lutte contre la discrimination et la protection de la liberté d’expression dans une société démocratique. La manière dont les juridictions supérieures traiteront cette affaire contribuera à préciser cet équilibre.

Dérive autoritaire du système des droits de la personne au Canada, selon Mark Steyn

Barry Neufeld a fait appel de cette décision, et son argumentation repose en grande partie sur un précédent que le Tribunal peine à écarter : l'affaire Elmasry c. Maclean's.

Cette affaire portait sur un article de Mark Steyn publié dans Maclean's, dans lequel l'auteur soutenait que les populations musulmanes croissaient au point de remplacer les populations européennes et autochtones, menaçant ainsi les lois et la culture occidentales. L'article affirmait que l'islam « nourrit de sérieuses ambitions mondiales » et que les musulmans étaient davantage liés par « le djihad » que par leur citoyenneté nationale. Le Tribunal lui-même a reconnu que le texte était « blessant et de mauvais goût », qu'il cherchait à instiller la peur, s'appuyait sur des stéréotypes courants et contenait des inexactitudes historiques et religieuses. Autant d'éléments qui, en d'autres circonstances, pourraient aisément être qualifiés au Canada progressiste de marqueurs de haine. Pourtant, le Tribunal avait conclu que l'article ne constituait pas un discours haineux, estimant qu'il s'agissait d'une expression d'opinion sur des questions politiques légitimes et que, en tout état de cause, « la peur n'est pas synonyme de haine et de mépris ».


Commentaire du chroniqueur du National Post Tristin Hopper

C'est précisément sur ce raisonnement que s'appuie Neufeld. Si un texte aussi chargé de stéréotypes et d'amalgames n'a pas été jugé haineux à l'égard des musulmans, au nom de quelle cohérence ses propres publications — qui critiquent une politique éducative et une idéologie — le seraient-elles ? La question est directe, et l'argument, selon Steyn, particulièrement solide.

Le Tribunal tente de désamorcer le parallèle en rappelant qu'Elmasry a été tranché avant l'arrêt Whatcott de la Cour suprême du Canada (2013), lequel a formalisé et durci les critères permettant d'identifier un discours haineux. Si ce précédent avait existé à l'époque, suggère le Tribunal, la décision aurait peut-être été différente. Mais pour Steyn, cet argument ne fait qu'aggraver le problème : il révèle un système qui se durcit progressivement, et dont le resserrement frappe de manière disproportionnée les positions conservatrices sur les questions de genre et de sexualité, tandis que d'autres discours controversés ont bénéficié par le passé d'une plus grande indulgence. C'est cette asymétrie que Steyn juge inacceptable.

Au-delà du cas Neufeld, c'est l'ensemble du système des tribunaux (quasi-judiciaires) des droits de la personne que Steyn remet en cause. Il rappelle ses propres démêlés avec ces instances — les plaintes déposées contre lui et Maclean's avaient finalement été rejetées en 2008 — et la longue bataille qui avait conduit à l'abrogation de l'article 13 de la loi fédérale sur les droits de la personne en 2013, disposition qui permettait ces poursuites pour discours haineux. Il décrit des tribunaux fonctionnant avec des taux de condamnation frôlant les 100 %, des procédures parfois tenues secrètes, et une logique bureaucratique qui cherche à réguler non des actes, mais des émotions.

La sanction infligée à Neufeld lui paraît délibérément dissuasive, et ses effets sont déjà visibles : un autre élu scolaire du district, Laurie Throness, a préféré démissionner par crainte d'un sort identique. Pour Steyn, critiquer le programme SOGI 123 ou remettre en question l'idéologie du genre n'est pas de la haine — même si cela blesse certains. Et la révision judiciaire engagée par Neufeld devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique représente, à ses yeux, une occasion décisive de le faire reconnaître.

Le comédien  John Cleese (connu pour Monty Python) évitera la Colombie-Britannique afin de ne pas être victime pour non-respect de la théorie du genre


Voir aussi
 
 
  
 
 
Les Monty Pythons avaient prophétiquement prévu en 1979 ce qui agiterait notre époque (les « droits » LGBTQQIP2SAA+, ici le droit des hommes qui se disent femmes à avoir des enfants et à nier la réalité biologique).

mercredi 11 février 2026

Tuerie dans une école en Colombie-Britannique, le meurtrier serait un garçon qui se disait fille

Un total de neuf personnes sont mortes dans une fusillade survenue à Tumbler Ridge, dans le nord-est de la Colombie-Britannique, mardi après-midi. Le meurtrier aurait tué sa mère et son frère (ou demi-frère) avant d’aller à son ancienne école

La personne soupçonnée d’être à l’origine de la tuerie de masse à Tumbler Ridge aurait tué sa mère et son (demi-)frère avant de se rendre dans son ancienne école secondaire. Jusqu’à maintenant, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) n’a pas précisé ce qui a motivé ce geste.

La personne soupçonnée d’avoir provoqué la tuerie de masse serait Jesse Van Rootselaar, 18 ans. Il s’agit d’une personne née homme et qui aurait débuté sa transition il y a 6 ans et qui s’identifiait comme femme, d’après la GRC. Jesse aurait abandonné l'école il y a 4 ans.

Selon un membre de la famille contacté par La Presse, Jesse Van Rootselaar aurait tué sa mère, Jennifer Strang, et son petit frère. Dwayne McDonald de la Gendarmerie royale a indiqué qu'il pourrait s'agir de son demi-frère. Jesse se serait ensuite rendu à son ancienne école secondaire, abattant six autres personnes et faisant environ 25 blessés dont deux graves, avant de se donner la mort. 

Jesse Van Rootselaar, 18 ans, aurait eu des problèmes de santé mentale, selon la GRC. La police était intervenue plusieurs fois au domicile de la famille, notamment pour des problèmes de santé mentale et pour saisir des armes à feu. Le commissaire adjoint Dwayne McDonald, commandant de la GRC en Colombie-Britannique, a déclaré que la dernière visite remontait au printemps dernier et était liée à des problèmes de santé mentale et à des préoccupations liées aux armes à feu.

« Sa mère a essayé pendant des années de lui faire obtenir une aide psychologique, en l’emmenant à plusieurs reprises dans des services psychiatriques », a précisé ce membre de la famille à La Presse.

Jennifer Strang partageait sur ses réseaux sociaux des publications mettant en avant des armes à feu, ainsi que des messages dénonçant la transphobie.

Un compte Reddit (pas illustré ci-dessus) désormais supprimé, qui présente des similitudes avec les profils liés au tireur de Tumbler Ridge, révèle que le suspect souffrait de graves troubles mentaux, notamment de pensées suicidaires explicitement liées à son identité transgenre. Il écrivait dans un message publié il y a six mois : « Je suis, euh, assez désorienté. :P » et sa biographie disait « rien de tout cela n'a de sens ». 


Son compte YouTube, promu par sa mère, a été créé le 25 novembre 2018, initialement sous le nom « jesseboy347 strang », mais a ensuite été renommé « JessJessUwU ». Le profil mis à jour indiquait les pronoms « elle [She/her] », ce qui suggère que Jesse Strang s'est ensuite identifié comme transgenre. L'image de profil est un personnage de style anime superposé à un drapeau arc-en-ciel transgenre, à côté d'un fusil SKS. La chaîne ne contenait qu'une seule publication publique, mise en ligne il y a environ six mois, qui disait : « J'ai été assez, euh, sans but. »

Tôt ce matin déjà, l’identité du tueur était révélée avec le nom de famille de sa mère sur les réseaux sociaux, alors que la police et les médias de grand chemin gardaient le silence jusqu'à environ 15 h.

Le père biologique rejeté par la famille de la mère 

Justin Van Rootselaar, qui s'est présenté comme le père biologique du tireur de l'école de Tumbler Ridge, a déclaré à Juno News que son fils, Jesse Strang, n'avait jamais porté le nom de « Van Rootselaar ». Il exige que la GRC clarifie l'identité du tireur à la suite de sa conférence de presse de mercredi.

La GRC a identifié le tireur de Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique, comme étant Jesse Van Rootselaar, un homme de 18 ans qui s'identifiait comme transgenre.

Justin Van Rootselaar s'est entretenu en exclusivité avec Juno News jeudi, affirmant que le passeport du tireur ne portait pas le nom de Van Rootselaar et contestant directement les déclarations de la GRC mercredi concernant l'identité du tireur.


« Je suis le père biologique, je me suis battu pour faire partie de leur vie, mais j'ai toujours été confronté à l'opposition de la famille Strang », a déclaré M. Van Rootselaar dans une déclaration écrite soumise à Juno News.

Voir aussi

Nashville : 3 enfants et 3 adultes abattus dans une école privée chrétienne par une meurtrière trans (m à j : menaces préalables, motifs écrits)

Haine — le tueur du club LGBTQ se dit « non binaire », veut qu'on utilise « they » comme pronom, né dans une famille décomposé

Charlie Kirk, animateur de « Prouvez que j'ai tort », assassiné lors d'un débat en plein air à l'Université d'Utah Valley [motifs LGBTQ soupçonnés]

Robin Westman achète des armes
peu avant le bain de sang
En 2025, un transgenre mécontent a ouvert le feu dans une école catholique de Minneapolis. Il y a tué deux enfants et blessé une douzaine d'autres personnes. La psychotranssexualité est l'une des nombreuses nouvelles identités passionnantes de notre époque, mais les médias américains somnolents ne semblent pas intéressés par le sujet. Ils persistent, de manière tout à fait frauduleuse, à désigner Robin Westman par le pronom « elle », alors que M. Westman lui-même avait renoncé à sa transsexualité avant le carnage :

Robin Westman, l'auteur de la fusillade dans une école de Minneapolis, a avoué qu'il était « fatigué d'être trans » : « J'aurais aimé ne jamais m'être lavé le cerveau ».

Certes, il voulait être une fille, mais il a fini par comprendre qu'il ne l'était pas : « Je sais simplement que je ne peux pas y arriver ».

Mais est-ce vrai ? « S'identifier » est très bien vu, jusqu'à ce que vous décidiez revenir sur cette identification et être ce que vous étiez à la naissance. Ainsi, au New York Times, à Radio-Canada, France Inter et ailleurs, M. Westman est une femme pour l'éternité.

Si j'étais journaliste dans le Minnesota, je serais curieux de savoir à quelles procédures irréversibles M. Westman s'est soumis, car il serait très dur pour n'importe quel jeune homme ou jeune femme de se rendre compte qu'il ou elle est désormais, disons, impuissant(e) à vie à cause d'une phase adolescente passagère. Les « soins qui affirment le genre » se révèlent finalement pas si affirmatifs ou positifs que ça. 

Enfants élevés par des couples homos deux fois plus susceptibles d’être déprimés et obèses 

Étude suédoise : les « mariés » de même sexe sont trois fois plus susceptibles de commettre un suicide

Étude suggère des risques pour les enfants élevés par des couples homosexuels

Nouvelle étude : la dysphorie de genre chez les ados ne les expose pas en soi à un risque plus élevé de suicide

Aucune étude fondée sur les preuves démontre le bénéfice d’affirmer la transition de genre d’un mineur sur l’argument du risque suicidaire

À la lumière de six études, Remafedi trouve que le suicide chez les jeunes homosexuels s’explique peu par l’homophobie, mais davantage par la prostitution, la famille désunie, l’agression sexuelle en bas âge, les peines d’amour et l’étiquetage prématuré de l’orientation sexuelle.

lundi 29 décembre 2025

Critique du documentaire Sugarcane, Les Ombres d'un pensionnat (2024)

Le documentaire Sugarcane, a été sélectionné, au début 2025, dans la catégorie des meilleurs documentaires pour les Oscars. Ce film se veut une enquête sur les abus et les disparitions d'enfants dans le pensionnat Saint Joseph de Williams Lake en Colombie-BritanniqueIl a bénéficié d'une « critique » dithyrambiqueSelon un chef amérindien, il devrait être diffusé dans les écoles du Canada.

Pourtant, selon l'auteur Michelle Stirling dans
Dead Wrong, ce documentaire comporte de nombreuses omissions et erreurs factuelles, dont les plus flagrantes nuisent à l'intégrité de l'enquête menée dans le film. Nous reproduisons ici sa recension de ce documentaire. Elle a également produit un contre-documentaire à Sugarcane visible sur Youtube. Nous l’incrustons dans le corps de cette critique. 

Sugarcane
, un film canadien magnifiquement tourné, a été en lice pour l'Oscar du meilleur film documentaire aux Oscars [gala tenu en mars 2025], prix qu'il n'ait pas gagné. Il a déjà remporté de nombreux autres prix, dont deux Critics Choice Awards 2024 et le prix du meilleur réalisateur de documentaire au Festival du film de Sundance. Il a également reçu des critiques élogieuses de la part de publications internationales telles que le New York Times, Variety, The Guardian et le Christian Science Monitor. Sur le site Rotten Tomatoes, il obtient une note parfaite de 100 % sur le Tomatomètre des critiques certifiés et une note exceptionnelle de 82 % auprès des spectateurs. Lors d'une projection privée à la Maison Blanche en décembre, l'ancien président américain Joe Biden en a fait l'éloge.

Affiche du « documentaire »
Malgré son accueil mondialement favorable, peu de Canadiens ont vu le film à ce jour. Après ses débuts nationaux en août au Festival international du film de Toronto, Sugarcane a fait le tour du pays avec très peu de projections dans des festivals de cinéma et une sortie en salles limitée. Avant sa nomination aux Oscars, il n'avait reçu qu'une couverture médiatique modeste au Canada, notamment dans le Globe and Mail et la CBC. Certains critiques le considèrent comme l'un des favoris pour remporter un Oscar et il semblait que Sugarcane pourrait bien bénéficier d'une attention beaucoup plus grande dans son pays d'origine. National Geographic a acquis les droits de distribution du film, qui est désormais disponible en ligne sur Disney+ et Hulu.

Ce qu'il faut savoir

Pour ceux qui s'interrogent sur le titre, il fait référence à la petite réserve indienne de Sugarcane, près de Williams Lake, en Colombie-Britannique, qui abrite la Première Nation de Williams Lake et le pensionnat indien de Cariboo, communément appelé la mission Saint-Joseph. Ce film est une nouvelle tentative pour culpabiliser les Canadiens et leur faire ressentir une honte profonde face au traitement réservé aux élèves autochtones dans les pensionnats. La critique du Globe and Mail, par exemple, est intitulée « Le documentaire délicatement révoltant Sugarcane explore en profondeur la douleur du système des pensionnats indiens au Canada ».

Le film est révoltant, mais pas dans le sens où l'entend le journal. Malgré son statut de documentaire sélectionné aux Oscars et soutenu par le National Geographic, l'ensemble du film doit être considéré comme un assemblage habilement orchestré de désinformation et de manipulation, avec une multitude de faits essentiels passés sous silence. Les spectateurs ne doivent accorder que très peu de crédit à ce qu'ils pensent voir.

Cela n'est nulle part plus évident que dans la fin du film, lorsqu'un texte à l'écran déclare : « L'enquête en cours à la mission Saint-Joseph a révélé un schéma d'infanticide » et qu'un personnage clé du film « est le seul survivant connu de l'incinérateur de l'école ». Ces deux affirmations semblent horribles. La première est fausse. La seconde signifie quelque chose de tout à fait différent de ce qu'elle semble indiquer.

Sugarcane est peut-être beau à regarder, mais il n'a pas sa place dans la catégorie du meilleur documentaire. Il doit plutôt être considéré comme une calomnie à l'égard de l'histoire canadienne, du Canada moderne et – cible la plus facile de toutes – de l'Église catholique.

mardi 9 décembre 2025

Canada — 125 églises incendiées ou vandalisées depuis l'annonce de la découverte de tombes à l'ancien internat de Kamloops

Mise à jour du 9 décembre 2025 


À travers le Canada, au moins 123 églises chrétiennes à travers le Canada ont été vandalisées, incendiées ou profanées, et à ce jour, AUCUNE enquête fédérale n'a été ouverte à ce sujet à ce jour.

La vague de violence contre les lieux de culte chrétiens a éclaté après la prétendue découverte de tombes anonymes près d'un pensionnat indien à Kamloops, en Colombie-Britannique. Bien que la Première Nation elle-même ait qualifié ces découvertes d'« anomalies » et n'ait pas confirmé qu'il s'agissait bien de tombes, la tempête médiatique qui a suivi a déclenché une vague de haine anti-chrétienne. 

Quelques églises incendiées ces derniers mois:

Église orthodoxe ukrainienne All Saint’s, Bellis, Alberta

Une église orthodoxe ukrainienne vieille de près de 100 ans située à Bellis, en Alberta, a été détruite dans un incendie survenu le 21 septembre 2025. Selon la GRC, cet incendie aurait été allumé délibérément dans le cadre d’une série de crimes violents comprenant des vols de véhicules, des agressions contre des policiers et des incendies criminels. Trois suspects de la Première Nation de Saddle Lake, dont un jeune, ont été arrêtés et inculpés.

Église Thunderchild Word, Première Nation de Thunderchild, Alberta

La GRC enquête sur un incendie survenu le 1er septembre 2025 qui a détruit l'église Thunderchild Word Church de la Première Nation Thunderchild, au nord-ouest de North Battleford, causant plus de 250 000 dollars de dommages, mais sans faire de blessés. Bien que la cause n'ait pas encore été déterminée, les députés locaux et les dirigeants de l'église affirment que cet incendie reflète une augmentation inquiétante des crimes haineux contre les lieux de culte, et la congrégation s'est engagée à reconstruire l'église.

Grace United Church, Lloydminster, Alberta

Le 3 juillet 2025, les pompiers de Lloydminster ont rapidement maîtrisé un incendie mineur à la Grace United Church après avoir reçu un appel à 13 h 18 et être arrivés sur les lieux en moins de trois minutes. Bien que l'incendie ait produit une épaisse fumée et des résidus d'extincteur, aucun blessé n'a été signalé et l'enquête sur les causes se poursuit.

Notre-Dame-des-Neiges, Colville Lake, Territoires du Nord-Ouest

L'église historique en rondins Notre-Dame-des-Neiges de Colville Lake, construite dans les années 1960 par le prêtre et artiste Bern Will Brown, a été détruite dans un incendie le 16 septembre 2025, qui n'a fait aucun blessé. 

Église baptiste Cherryfield, Moncton, Nouveau-Brunswick

En août 2025, les pompiers de Moncton ont rapidement maîtrisé un incendie qui s'était déclaré dans le sous-sol de l'église baptiste Cherryfield, vieille d'un siècle, empêchant ainsi la destruction totale de ce bâtiment historique. Bien que l'église ait subi des dommages causés par le feu au sous-sol et par la fumée dans l'ensemble du bâtiment, aucun dommage structurel ni aucune blessure n'ont été signalés, et l'enquête sur les causes de l'incendie se poursuit.

Église luthérienne Our Saviour, London, Ontario

Le 25 avril 2025, les pompiers de London sont intervenus tôt le matin pour éteindre un incendie à l'église luthérienne Our Saviour, située sur Brydges Street, qui a endommagé le toit de l'église et détruit un hangar adjacent. Aucun blessé n'a été signalé, et les enquêteurs cherchent à déterminer la cause de l'incendie extérieur.

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Mise à jour du 30 septembre 2024

lundi 18 août 2025

Canada – Condamnée à verser 94 000 $ pour avoir affirmé qu’il existe deux sexes

L’infirmière et chroniqueuse Amy Hamm.
La liberté d’expression connaît un nouveau revers au Canada anglais. Le British Columbia College of Nurses and Midwives a suspendu pour un mois l’infirmière Amy Hamm et l’a condamnée à payer 94 000 $ en frais de procédure pour des propos qualifiés de « transphobes ».

Quatre années de procédure disciplinaire

Mère de deux enfants et infirmière depuis plus de treize ans, Amy Hamm a fait l’objet d’une enquête disciplinaire après avoir contribué, en 2020, au financement d’un panneau publicitaire installé à Vancouver. Celui-ci affichait le message « J’♥ JK Rowling », en soutien à l’écrivaine britannique critiquée pour ses positions sur les questions de genre et de droits des femmes.

Rapidement vandalisée et dénoncée, l’affiche avait donné lieu à plusieurs plaintes accusant l’infirmière de « transphobie » et de « discours haineux ».
 

À l’issue de plus de vingt jours d’audiences, le comité disciplinaire du College a conclu, en mars 2025, qu’Amy Hamm avait commis une faute professionnelle en associant à maintes reprises ses opinions publiques à son statut d’infirmière, notamment dans des articles et un balado. Ses publications personnelles sur les réseaux sociaux n’ont toutefois pas été retenues contre elle.

Un verdict présenté comme exemplaire

Dans sa décision du 14 août, l’Ordre a déclaré vouloir adresser « un message clair contre la discrimination ». Selon le jugement, « les infirmières et les sages-femmes occupent une position de confiance et d’influence dans la société. Elles doivent contribuer à un système de santé non discriminatoire ».

Le panel disciplinaire a estimé que plusieurs déclarations de Mme Hamm, diffusées entre 2018 et 2021, visaient en partie à « susciter la peur, le mépris et l’indignation à l’égard des personnes transgenres ». Le BCCNM rappelle que les droits des personnes transgenres sont protégés par la législation provinciale et fédérale, qui interdit toute discrimination fondée sur l’identité ou l’expression de genre.

Liberté d’expression en cause

Amy Hamm rejette l’accusation de transphobie et défend sa démarche. « Je fais appel parce que la réalité biologique compte, tout comme la liberté d’expression », a-t-elle déclaré, rappelant qu’elle bénéficie du soutien de J.K. Rowling.

Représentée par l’avocate Lisa Bildy et appuyée par le Centre juridique pour les libertés constitutionnelles, elle conteste une décision qui, selon ses défenseurs, sanctionne « des opinions scientifiques et rationnelles ». Me Bildy a dénoncé un jugement susceptible d’avoir « un effet dissuasif sur d’autres professionnels », incités à taire leurs convictions par crainte de sanctions disciplinaires.

Une affaire emblématique

Devenue chroniqueuse au National Post, Amy Hamm voit dans sa condamnation le symptôme d’un climat de censure croissante. « J’ai dit la vérité sur les droits des femmes. Ce n’est pas une faute professionnelle », affirmait-elle déjà en mars dernier.

L’affaire soulève une question de fond : jusqu’où les ordres professionnels peuvent-ils aller dans le contrôle des prises de position publiques de leurs membres ?

Voir aussi
 
 
 
 
 
 
 
 

dimanche 22 juin 2025

La rue Trutch à Vancouver devient officiellement la rue Šxʷməθkʷəy̓əmsəm

La décision de Vancouver de renommer la rue Trutch en rue Šxʷməθkʷəy̓əmsəm s’inscrit dans un effort de promotion de l’histoire autochtone (indienne) de la région. Le nom original, Trutch, faisait référence à Sir Joseph Trutch, un ancien lieutenant-gouverneur de la Colombie-Britannique connu pour ses politiques coloniales dont la réduction des terres occupées par les « Premières Nations » et des déclarations désobligeantes envers ces peuples autochtones. En changeant ce nom, la ville cherche à retirer les hommages à des figures associées à l’histoire britannique de la province et à honorer les cultures et les langues des Premières Nations locales, en l’occurrence la nation Musqueam, dont le territoire traditionnel englobe Vancouver.

Le nouveau nom, Šxʷməθkʷəy̓əmsəm, provient de la langue hən̓q̓əmin̓əm̓ anciennement parlée par les Musqueam. Ce changement reflète un mouvement croissant au Canada anglais. Cette initiative a suscité des discussions, certains y voyant un pas vers la justice sociale, tandis que d’autres s’interrogent sur l’effacement de l’histoire, mais elle reste un exemple concret de décolonisation des espaces publics.

Le changement de nom de la rue Trutch à Vancouver, désormais désignée Šxʷməθkʷəy̓əmsəm, suscite une controverse dont la portée dépasse le simple enjeu toponymique. Les critiques s’articulent principalement autour de deux axes : la perception d’un effacement historique et les difficultés pratiques liées à l’adoption d’un nom autochtone complexe pour les non-locuteurs.

1. L’effacement perçu du passé et la mémoire controversée

Certains résidents et observateurs estiment que l’effacement du nom de Joseph Trutch – figure historique du colonialisme britannique en Colombie-Britannique – équivaut à une forme de réécriture ou de négation du passé. Même si ses politiques envers les Premières Nations furent notoirement discriminatoires et rétrogrades, ces critiques soutiennent qu’un tel acte symbolique élimine une occasion d’enseigner et de confronter ces aspects problématiques de l’histoire locale.

Selon eux, maintenir le nom Trutch n’implique pas une glorification, mais plutôt un devoir de mémoire critique. Ce point de vue s’inspire d’approches muséales ou patrimoniales qui valorisent le contexte et l’explication plutôt que l’effacement. En renommant des lieux, notamment sans contrepartie éducative claire (panneaux explicatifs, programmes scolaires, etc.), la ville court le risque de substituer un oubli confortable à un inconfort pédagogique nécessaire.

2. Une décision perçue comme idéologique et clivante

Au-delà de la mémoire historique, certains dénoncent une instrumentalisation idéologique de la toponymie, accusant les autorités municipales d’imposer des décisions symboliques sans véritable consultation démocratique. Ce point de vue exprime une défiance envers ce qui est perçu comme un activisme institutionnalisé, qui imposerait des valeurs progressistes à une population diverse, sans nécessairement obtenir son assentiment.

La crainte sous-jacente est celle d’une polarisation communautaire : ces changements, au lieu de favoriser la réconciliation, risqueraient d’accentuer les lignes de fracture entre groupes culturels, en opposant un récit autochtone restauré à une mémoire collective plus large, jugée illégitime ou embarrassante.

3. Obstacles linguistiques et appropriation pratique

Par ailleurs, la complexité du nouveau nom, Šxʷməθkʷəy̓əmsəm, issu de la langue hən̓q̓əmin̓əm̓ autrefois parlée par les Musqueams, soulève des objections d’ordre pratique et linguistique. De nombreux citoyens rapportent des difficultés à le prononcer, l’écrire ou même s’en souvenir. Pour une population urbaine plurilingue qui n’a aucun contact préalable avec cette langue, l’usage quotidien devient ardu, et le nom risque de demeurer abstrait ou inaccessible, voire ignoré dans les usages courants.

Toutefois, il est également important de reconnaître que cette langue compte aujourd’hui moins de 10 locuteurs pleinement compétents, aucun locuteur natif, et environ 500 semi-locuteurs, malgré les efforts de revitalisation.

Dans ce contexte, certains résidents s’interrogent : dans quelle mesure un nom de rue peut-il devenir un outil de reconnaissance partagé s’il est pratiquement inemployable par la majorité des citoyens, y compris ceux des communautés autochtones locales ? Pour beaucoup, cette décision peut donner l’impression d’un geste hautement symbolique mais faiblement intégré dans la vie réelle, risquant de créer une fracture entre l’intention politique et la réception populaire.

4. Un déficit de participation citoyenne

Enfin, plusieurs critiques pointent un manque de transparence et de concertation dans le processus de décision. Si la démarche entend honorer la langue et la culture des Premières Nations, elle semble avoir été perçue par certains comme un processus unilatéral, vertical, excluant les résidents concernés. Ce déficit démocratique alimente un sentiment de dépossession symbolique : les citoyens ont vu leur espace urbain renommé sans avoir été pleinement consultés, voire entendus.

À Montréal aussi, un nom imprononçable et une appropriation partiale du passé autochtone

À Montréal, en 2019, la rue Amherst (nommée d’après Jeffery Amherst, général britannique associé à des massacres envers les Autochtones) a été renommée Atateken, un mot issu de la langue des Agniers (Mohawks), pourtant alliés des Anglais, signifiant « fraternité », « groupe de personnes vivant ensemble dans l’harmonie ». Nom intéressant pour un peuple aussi guerrier (voir la liste des nations détruites ou dispersées par les Agniers ci-dessous).

Or, une proposition circulait pour remplacer le nom d'Amherst (ou celui de Wolfe) par celui de « Pontiac », en hommage au grand chef autochtone Odawa Pontiac, qui mena une coalition de nations autochtones contre la domination britannique après la conquête, notamment en riposte directe aux actions de Wolfe et Amherst. 

Pour de nombreux observateurs, renommer la rue Wolfe ou Amherst en Pontiac aurait offert : une symétrie historique puissante (l’oppresseur remplacé par le résistant)  et un nom facile à prononcer et à mémoriser pour l’ensemble des Montréalais, y compris les nouveaux arrivants.

Depuis juin 2017, le sommet de la colline d’Outremont (Mont Royal) se voit imposer un nom mohawk : Tiohtià:ke Otsira’kéhne, Rappelons que malgré les prétentions de l'administration de la ville de Montréal, Montréal n'est pas en territoire traditionnel agnier (mohawk). 

Au moment de la fondation de Ville-Marie (1642), les Mohawks habitaient surtout la vallée de la Mohawk, dans l’actuel État de New York. Ils n’étaient pas établis à Montréal, mais y faisaient des incursions — souvent guerrières... Ce sont en fait les Français qui, après les guerres iroquoises, ont permis aux Mohawks catholiques convertis (les Agniers) de s’établir à proximité de Montréal, notamment à Kahnawake, au sud de Montréal. En 1760, pendant la guerre de la Conquête (sept Ans), les Mohawks catholiques de Kahnawake ont trahi les Français, alors même qu’ils avaient été protégés et installés par eux un siècle plus tôt. Ces Agniers ont choisi de ne pas soutenir Montréal lors de l’attaque britannique. Ils ont permis aux Britanniques d’approcher sans opposition, en s’abstenant de défendre et d'avertir leurs anciens alliés. 

Agnier est le nom (transcrit par une oreille française) que les Mohawks se donnent dans leur propre langue, Kanien'kehá:ka, qui signifie « peuple du silex » ou « peuple de la pierre à feu ». Mohawk est le nom que les Anglais leur donnent, il viendrait probablement d'un mot algonquin, mohowawog, signifiant « mangeurs d'hommes », un nom donné par leurs ennemis pour les décrire comme des guerriers redoutables.

Voici la liste des principales nations disparues ou largement détruites lors des guerres avec les Agniers/Mohawks (et plus largement les Iroquois) :

  • Iroquoiens du Saint-Laurent
  • Hurons-Wendats (réduits de 60 % à 90% puis dispersés)
  • Neutres (Attawandaron)
  • Ériés
  • Petun (Tionnontatés)
  • Susquehannocks (Andastes)
  • Mahicans (en grande partie absorbés)
  • Algonquins de l'Est (en recul ou déplacement)
  • Illinois (en partie détruits ou repoussés)
  • Shawnees (forcés à migrer à plusieurs reprises)
  • Tionnontouans indépendants (groupes iroquoiens non affiliés)
  • Réfugiés mixtes autour des missions françaises (dispersés ou intégrés)

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vendredi 30 mai 2025

Québec ne veut pas d'enfants avec trois parents : la question des «trouples» portée en appel

Québec s’oppose à la reconnaissance d’une parentalité à trois têtes.

Le gouvernement de M. Legault, fidèle à une conception classique des fondements de la famille, a résolu de porter en appel une décision judiciaire l’enjoignant de reconnaître, en droit, la pluriparentalité. Le ministre de la Justice, Me Simon Jolin-Barrette (ci-contre), entend défendre ce qu’il qualifie de « modèle québécois », fondé sur le principe de la dualité parentale.

Il n’est pas dans les vues du gouvernement du Québec de reconnaître légalement les liens de filiation unissant un enfant à plus de deux adultes. Un trio amoureux, aussi sincère soit-il dans ses affections, ne saurait à ses yeux fonder une cellule parentale aux yeux de la loi. C’est cette position, qualifiée de principe fondamental, que le gouvernement s’apprête à faire valoir devant la Cour d’appel.

« Le modèle québécois qu’on a choisi, c’est deux parents », proclame Me Simon Jolin-Barrette, ministre de la Justice et Procureur général, dans un entretien accordé à notre Bureau parlementaire. Selon lui, cette norme repose sur la pierre angulaire du droit familial : l’intérêt supérieur de l’enfant.

Or, voilà qu’un jugement récent de la Cour supérieure, émis par le juge Andres C. Garin, est venu ébranler cette conception. Celui-ci a estimé que le Code civil du Québec, en restreignant la reconnaissance parentale à deux individus, portait atteinte aux droits fondamentaux consacrés par la Charte canadienne. Cette restriction constituerait une forme de discrimination à l’égard de ceux qui, selon ses termes, vivent dans un « modèle familial particulier ».

Pour appuyer sa réflexion, le magistrat a examiné trois affaires singulières : la première concernait un trio amoureux revendiquant le droit d’élever ensemble leur progéniture ; la seconde, un couple de femmes ayant sollicité l’aide d’un ami afin de concevoir un enfant ; la troisième, une femme, convalescente après un traitement de chimiothérapie, ayant fait appel à une mère porteuse et au concours fidèle d’une amie pour donner naissance à ses enfants.

Néanmoins, le gouvernement ne souhaite point s’engager sur la voie d’une reconnaissance juridique de telles configurations parentales, fussent-elles motivées par les circonstances de la vie ou la générosité des cœurs. Procréation assistée, gestation pour autrui : autant de cas particuliers qui ne sauraient, selon l’exécutif, justifier une remise en cause des fondements du droit civil québécois.

« On est en désaccord avec la décision du juge Garin », déclare sans détour Me Jolin-Barrette. Il affirme que la province portera cette cause devant le plus éminent tribunal de son ordre juridictionnel.

La filiation, un pacte à double sens


Le ministre rappelle que les parents conservent la liberté de désigner, dans la vie de leur enfant, les personnes qui leur sont chères. Toutefois, ajoute-t-il avec gravité, il revient à l’État de veiller à l’intérêt fondamental de l’enfant et à la cohérence de ses liens juridiques de filiation.

« Si on est dans la logique du jugement, il n’y a pas de limite, ça peut être quatre, cinq, six, sept, huit parents qui auraient des droits reconnus sur les enfants. Donc on se retrouve dans une situation où, en cas de conflit, en cas de séparation, ça pourrait être pas nécessairement dans l’intérêt de l’enfant, [...] qui ne choisit pas cette situation. »

Et ce lien de filiation, précise le ministre, n’est point unilatéral. Le droit québécois reconnaît que si les parents sont tenus de subvenir aux besoins matériels et moraux de leurs enfants, les enfants, à leur tour, doivent assistance à leurs géniteurs.

« L’enfant [devenu majeur] a des obligations alimentaires et financières envers ses parents », rappelle Me Jolin-Barrette. Dès lors, l’on peut concevoir qu’une multiplication des liens de filiation pourrait engendrer, dans les années futures, des situations complexes où un adulte serait appelé à soutenir un nombre croissant de personnes légalement reconnues comme ses parents.

Un choix de civilisation

Par sa décision de contester ce jugement, le Québec affirme une volonté d’autonomie doctrinale, distincte des orientations adoptées ailleurs au Canada. Provinces et territoires tels que l’Ontario, la Colombie-Britannique, la Saskatchewan ou le Yukon ont déjà reconnu la légalité de la pluriparentalité. Le Québec, pour sa part, entend s’en tenir à sa propre voie.

« C’est le choix comme société que nous faisons, clame Simon Jolin-Barrette. Au Québec, on a le droit de faire nos propres choix en fonction de notre propre modèle, [...] qui place l’enfant au cœur des décisions. »

Ainsi s’exprime le ministre, soucieux de préserver une conception structurée de la famille, qui, à ses yeux, demeure l’un des piliers de la stabilité sociale. 

vendredi 6 décembre 2024

Taux de fécondité du Québec en baisse pour 2024 (prévision) : 1,34 enfant/femme

Statistiques Québec a publié les statistiques des naissances et de décès pour les 9 premiers mois de 2024.

Quelques faits saillants :

  • La population du Québec au 3e trimestre de 2024 est estimée à 9 056 044 alors qu’elle était de 8 848 020 à la même époque en 2023.
  • Le nombre de naissances pour ces 9 mois en 2024 est de 58 200 alors que pour ces mêmes mois il était de 58 300 en 2023, légère chute en dépit d’une hausse de la population.
  • À ce rythme, l’indice synthétique de fécondité devrait baisser de 1,38 en 2023 à 1,34 enfant/femme en 2024.
  • Le nombre de décès pour les 10 premiers mois de 2024 a été de 65 500 et a dépassé de 2250 le chiffre équivalent pour 2023. Le nombre de décès pour les 9 premiers mois de 2024 a été de 58 700, il dépasse donc de 500 personnes le nombre de naissances pour la même période.

Évolution de l'indice synthétique de fécondité (enfant/femme)

Pays  2015 
  2020 
  2022   
2023 
  2024 p 
Belgique 1,69 1,55 1,53 1,47 1,43
Canada 1,60 1,41 1,33 1,26 1,25
Colombie-Britannique 1,38 1,18 1,11 1,00 1,02
France 1,96 1,79 1,79 1,68 1,63
Israël 3,09 2,90 2,89 2,81 2,80
Québec 1,67 1,51 1,48 1,38 1,34
Suisse 1,54 1,46 1,38 1,33 1,29

mardi 14 mai 2024

Le Québec relativement épargné par la crise des opioïdes en Amérique du Nord

Selon l’Agence de la santé publique du Canada, le pays « a connu un nombre substantiellement plus élevé de décès et d’autres méfaits associés aux opioïdes depuis le début de la surveillance en 2016 [et la] pandémie de COVID-19 pourrait avoir exacerbé la crise » (Comité consultatif spécial fédéral, provincial et territorial sur l’épidémie de surdoses d’opioïdes 2023).

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) indique que le Québec a jusqu’à présent été relativement épargné si on le compare au reste du Canada (INSPQ 2024b). L’INSPQ estime que le nombre de décès attribuables à une intoxication aux opioïdes étaient en baisse en 2018 et 2019 (211 et 212, respectivement), ont remonté en 2020 (319), et sont demeurés relativement élevés en 2021 (284).

Pour suivre les tendances plus récentes, l’INSPQ diffuse également le nombre de décès reliés à une intoxication suspectée aux opioïdes ou à d’autres drogues, jusqu’en décembre 2023. Selon ces données, on observe qu’après la période relativement stable de l’année 2021, il y a eu une augmentation du nombre de cas à la fin de l’année 2023. Notons qu’au terme des enquêtes, le nombre de décès attribués à une intoxication aux opioïdes s’avère plus faible que le nombre de décès liés aux intoxications initialement suspectées, qui incluent également d’autres drogues.


Par ailleurs, l’Agence de la santé publique du Canada compile des statistiques sur le sujet à partir des données qui lui sont soumises par les provinces et territoires. D’après son rapport publié en décembre 2023, on constate ce qui suit :

  • Il y a eu environ 70 600 décès apparemment liés à une intoxication aux opioïdes au Canada entre janvier 2016 et juin 2023 (2 800 en 2016, 3 900 en 2017, 4 200 en 2018, 3 700 en 2019, 6 400 en 2020, 8 000 en 2021, 7 500 en 2022 et 4 000 entre janvier et juin 2023) ;
  • Selon les données provisoires, le nombre total de décès apparemment liés à une intoxication aux opioïdes au Canada enregistrés depuis le début de 2023 (janvier à juin) est supérieur de 5 % à celui correspondant à la même période pour l’année précédente ;
  • La très grande majorité des décès apparemment liés aux opioïdes étaient accidentels ;
  • Depuis le début de l’année 2023 (janvier à juin), 89 % de tous les décès accidentels liés à une intoxication aux opioïdes au Canada sont survenus en Colombie-Britannique, en Alberta ou en Ontario. Des taux élevés ont également été observés dans d’autres régions également ;
  • Entre janvier 2016 et juin 2023, le taux de décès apparemment liés à la consommation d’opioïdes a varié entre 2 et 6 pour 100 000 habitants au Québec. Au Canada, il a varié entre 8 et 21 pour 100 000 habitants.
  • Le taux de la Colombie-Britannique, la province la plus touchée, varie entre 20 et 48 pour 100 000 habitants depuis 2017


lundi 29 avril 2024

Colombie-Britannique renonce à décriminaliser la drogue en public suite à un tollé sur l'insécurité engendrée


Bien que le Premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby (Nouveau Parti démocratique, à gauche du spectre politique), ait déjà défendu le projet pilote de décriminalisation des drogues de la province, il a finalement décidé d’y mettre un terme.

La Colombie-Britannique est revenue sur son projet pilote de décriminalisation des drogues, et interdit désormais la consommation de drogues dans tous les espaces publics, y compris les hôpitaux, les transports en commun et les parcs.

Ce revirement ne criminalise pas la possession de drogues dans les résidences privées ou dans les sites de prévention des surdoses et les lieux de contrôle des stupéfiants.

La province a inversé sa politique à la suite des critiques formulées par les maires, les politiciens provinciaux et fédéraux, et d’un récent tollé de la part des professionnels de la santé qui se sont sentis menacés par des patients consommant des drogues dans les hôpitaux.

« Notre priorité absolue est d’assurer la sécurité des personnes. Bien que nous soyons attentifs et compatissants à l’égard des personnes qui luttent contre la toxicomanie, nous n’acceptons pas les désordres de la rue qui font que les communautés ne se sentent pas en sécurité », a déclaré M. Eby.

La semaine dernière, de hauts responsables de la police ont témoigné devant une commission parlementaire, indiquant que le projet pilote de décriminalisation de la Colombie-Britannique ne comportait pas suffisamment de garde-fous pour maintenir l’ordre public.

Ce changement intervient le jour même où la ministre de la Santé mentale de la Colombie-Britannique, Jennifer Whiteside, a rencontré son homologue fédérale, Ya'ara Saks, à Vancouver, pour demander au gouvernement libéral d’aider la province à résoudre son problème de consommation de drogues dans l’espace public.

Par ailleurs, le NPD doit faire face à des élections cette année et les partis d’opposition, notamment le Parti conservateur de la Colombie-Britannique et BC United, se sont engagés à revenir sur la décriminalisation.

M. Whiteside a demandé à M. Saks de l’aider à renforcer la surveillance des lieux de consommation de drogue.

La police aura désormais la possibilité de lutter contre la consommation de drogues dans tous les espaces publics, mais les arrestations pour possession de drogues illégales ne pourront avoir lieu que dans des « circonstances exceptionnelles ».

« Nous prenons des mesures pour nous assurer que la police dispose des outils dont elle a besoin pour garantir des communautés sûres et confortables pour tout le monde, alors que nous élargissons les options de traitement pour que les gens puissent rester en vie et se rétablir », a ajouté M. Eby.

La police est encouragée à demander aux toxicomanes de partir, à saisir les drogues et, en dernier recours, à les arrêter si nécessaire.

Le ministre de la Sécurité publique de la Colombie-Britannique, Mike Farnworth, a déclaré que la province continuerait à cibler les bandes et les organisations criminelles qui fabriquent et trafiquent des drogues toxiques, tout en prenant des mesures pour interdire la consommation de drogues dans les espaces publics.

« Nos communautés sont confrontées à de grands défis. Des gens meurent à cause des drogues létales de rue, et nous sommes conscients des problèmes liés à l’usage public et au désordre dans nos rues », a déclaré M. Farnworth.

Le personnel hospitalier a également signalé une augmentation de la consommation de substances illicites dans les chambres et les salles de bains des patients, y compris dans les services de maternité, ce qui, selon lui, met en péril la sécurité du personnel et des patients.

Outre l’interdiction de la consommation de drogues dans les hôpitaux, la province a déclaré qu’elle améliorerait la sécurité des patients, des visiteurs et du personnel soignant.

Les patients admis dans les hôpitaux seront interrogés pour savoir s’ils ont un problème de drogue. S’ils répondent par l’affirmative, ils bénéficieront d’un soutien et d’une surveillance médicale pour s’assurer qu’ils reçoivent des soins personnalisés afin de les aider à gérer leur dépendance et leurs problèmes médicaux.

Le ministre de la Santé de la Colombie-Britannique, Adrian Dix, s’est félicité de la manière dont la nouvelle politique rendra les hôpitaux plus sûrs.

« Le plan d’action lancé aujourd’hui améliorera la manière dont les patients souffrant d’une dépendance sont soutenus lorsqu’ils ont besoin de soins hospitaliers, tout en évitant que d’autres personnes soient exposées aux effets secondaires de la consommation de drogues illicites », a déclaré M. Dix.

Tout en interdisant les drogues, la province accroît la disponibilité et l’accessibilité des opioïdes pour les personnes qui en sont dépendantes.

La province a déclaré qu’elle intégrerait les services d’aide aux toxicomanes dans les soins de santé, le logement et d’autres services connexes. La Colombie-Britannique a également fait part de son intention de travailler avec des experts pour « développer des méthodes permettant de suivre les solutions de remplacement prescrites dans le but d’identifier et de prévenir les détournements ».

La consommation de drogues illégales a explosé sur les plages, dans les parcs et dans les hôpitaux de la Colombie-Britannique depuis que le projet de décriminalisation de la province a été mis en œuvre le 31 janvier 2023, ce qui a suscité de vives réactions de la part du public.

Les consommateurs de drogues étaient autorisés à posséder et à utiliser de petites quantités de diverses drogues toxiques, comme le fentanyl, en public, sans être arrêtés ni subir de conséquences juridiques.

Les maires de toute la Colombie-Britannique ont qualifié de « crise » la consommation généralisée de drogues en public.

La Colombie-Britannique a enregistré un record d’au moins 2 511 décès présumés dus à la consommation de drogues illégales en 2023, malgré le projet pilote de décriminalisation en cours.