Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
À l’occasion de la disparition de Nathalie Baye, le Monde rapportait cette confession de la comédienne: « J’ai été élevée dans le culte de rien. J’ai dû me déconstruire de la déconstruction de mes parents. » On ignore ce qui, chez ces parents qu’elle décrivait comme des gens « en perpétuelle crise d’adolescence », relevait de la simple incapacité à éduquer, de l’allergie à l’idée même de transmission, ou de la volonté de préserver leur fille de toute forme de norme sociale ou de croyance collective. Quoi qu’il en soit, la phrase de Nathalie Baye résonne comme un diagnostic d’une singulière pertinence alors que, depuis des décennies, les sociétés occidentales sont soumises à cet impératif mortifère de la “déconstruction”.
Le mot fait son apparition dans les années 1950, dans les traductions françaises du philosophe allemand Martin Heidegger, qui y voyait une méthode de “démontage” des concepts philosophiques pour les reprendre à neuf. Le terme a été ensuite “popularisé”, si l’on peut utiliser ce terme à propos d’un penseur aussi abscons, par le Français Jacques Derrida, qui y voyait une méthode pour révéler le sens profond d’un texte au-delà des mots utilisés. Il a été ensuite galvaudé, devenant l’une des tartes à la crème de la mouvance wokiste, jusqu’à Sandrine Rousseau se vantant d’être la compagne d’un « homme déconstruit ». Arrachée à la philosophie et à la sémantique pour s’appliquer aux champs de la sociologie, de l’économie, de la politique, de l’histoire, la déconstruction a pour vocation d’y dénicher un ensemble de mécanismes et de structures qui se cachent derrière l’apparence des mots et l’habitus des moeurs et des coutumes, lesquels ne seraient qu’autant de cache-sexes de processus d’oppression, de domination, d’exploitation — des minorités par la majorité, des femmes par les hommes, des “racisés” par les Blancs, des prolétaires par les possédants, des peuples colonisés par les Occidentaux, etc.
Dans sinon le meilleur du moins “le moins pire” des cas — celui de Nathalie Baye —, cette déconstruction a mis en place ce “culte de rien” dont elle parlait — c’est-à-dire un grand “no man’s land”, ou plutôt “no woman’s land” pour rester dans le champ lexical wokiste, de croyances, un grand désert de valeurs, de principes et d’idéaux. D’où que tant de nos contemporains semblent errer dans l’existence à la manière de feuilles mortes, incapables de trouver un sens à leur existence et soumis à tous les vents de la mode, du consumérisme et du prêt-à-penser. D’où, puisque l’homme a ontologiquement besoin de croire en quelque chose, qu’il se trouve des idéaux de substitution dans tous les diktats de l’époque : tri sélectif, antispécisme militant ou hygiénisme obsessionnel, qui sont les religions de substitution que se sont trouvées nos temps misérables.
Car, bien souvent aussi, la déconstruction ne débouche pas sur le néant, mais sur une construction inversée: l’“homme déconstruit” n’est jamais qu’un homme qui a été reconstruit selon des présupposés inverses. L’objectif de la déconstruction n’est pas de faire de chaque être une page vierge où il puisse exercer sa liberté en écrivant ce que bon lui semble, mais d’y imprimer en caractères gras le petit livre rouge de l’époque, inclusif, citoyen, écoresponsable, féministe et dégenré, antiraciste, décolonial et identitaire.
Au passage, l’homme déconstruit et reconstruit selon le Meccano progressiste n’aura pas seulement remplacé des stéréotypes par d’autres : il aura bazardé une anthropologie fondée sur la nature humaine et jeté aux orties des normes, des us et des coutumes forgés par une tradition millénaire, fruits de l’expérience, des erreurs, des tâtonnements et des réussites de centaines de générations, pour les remplacer par des idéaux en matière plastique, aussi passagers que dérisoires, qui permettent seulement de construire une idéologie, mais en aucun cas une personnalité — et encore moins une société tournée vers le bien commun. Culte de rien et reconstruction progressiste convergent vers une même catastrophe : la décivilisation. Nathalie Baye ne savait pas à quel point elle avait raison : il est urgent de déconstruire la déconstruction, pour passer de la décivilisation à la recivilisation.
Dans son nouvel essai, « L’Écologie ou l’Ivresse de la table rase », la philosophe Bérénice Levet dénonce l’écologie telle qu’elle s’incarne aujourd’hui chez les Verts et dans les mouvements associatifs ou militants. Derrière la nécessité de préserver notre environnement, l’écologie politique s’est, selon elle, lancée dans une vaste entreprise de déconstruction de notre civilisation.— Dans votre dernier livre, vous dénoncez une victoire à la Pyrrhus des écologistes. Qu’entendez-vous par là ?
— Victoire à la Pyrrhus, en effet. Victoire parce que l’écologie a gagné la bataille des idées et des esprits. La maison Terre brûle et nous ne regardons plus jamais ailleurs. Films, expositions, festivals, la réquisition est perpétuelle. Vous empruntez le réseau ferroviaire et au terme de votre trajet l’agent de la SNCF se mue en grand prêtre assermenté : « La planète vous remercie d’avoir pris le train. » Mais à la Pyrrhus, c’est-à-dire défaite, parce que, préemptée par la gauche, l’écologie est, avec le féminisme et l’antiracisme décolonial ou indigéniste, de ces grandes machines à fabriquer des dogmes, des slogans, des mots-dièses, ces hallalis numériques du XXIe siècle, des imprécations propres à terroriser, une langue exsangue, sans couleur, sans saveur, sans parfum, un récit accusatoire et une jeunesse instituée en tribunal de l’inquisition, ânonnant catéchisme vert et sentences comminatoires. Bref, une idéologie.
Si bien que, après des années de mondialisation, loin d’être rapatriés sur terre et dans nos terres, dans le monde concret, sensible, charnel des hommes, nous voici entraînés dans l’ivresse de la table rase, de la régénération de l’humanité et du grand règlement de compte avec nos ancêtres. Heureux qui comme Ulysse a fait un grand voyage et puis est retourné vivre entre ses parents le reste de son âge, il n’en est hélas rien. On peut dire des écologistes, en paraphrasant Rousseau, qu’ils sont des hommes à paradoxes parce qu’ils sont des hommes à préjugés : ils restent inféodés à des nœuds mentaux, moralement qualifiés ; l’ouverture, c’est bien, les frontières, c’est mal ; pour ne rien dire de l’enracinement, le mot suffit à leur faire dresser les cheveux sur la tête.
Sous l'amour de la nature, la haine de l'homme occidental
— La nécessité de sauver la planète ne justifie-t-elle pas des mesures fortes et un discours anxiogène ?
— On aurait pu penser que la politique, c’est-à-dire la conversation civique, la question du monde dans lequel nous voulons vivre, de ce que nous poursuivons et de ce que nous hasardons, recouvrerait ses droits après des décennies de pouvoir technocratique. Or, là encore, il n’en est rien. Le mantra de l’urgence climatique met le bâillon à toute interrogation, à tout doute. Le sauvetage de la planète est érigé en absolu, omelette justifiant tous les œufs cassés, selon le principe des régimes totalitaires, et les œufs, c’est nous, une certaine entente de la vie et une certaine idée de l’homme. La politique hier abdiquait devant les mots d’ordre de la modernisation, de l’efficacité, de la rentabilité, de la fonctionnabilité, elle est aujourd’hui sommée de plier devant le salut de la Terre. Il y a du Molière dans la dramaturgie actuelle du climat. Quelque chose entre Le Malade imaginaire et Le Médecin malgré lui, entre « Le poumon, le poumon, vous dis-je » de Toinette et « Voilà justement ce qui fait que votre fille est muette » de Sganarelle. Pluies diluviennes ? Feux de forêt ? Montée des eaux des océans ? Effacement des calottes glaciaires ? Disparition d’espèces animales ? Le réchauffement climatique, le réchauffement climatique, vous dis-je. Pirouette par laquelle on conclut des raisonnements qui n’en sont pas.
— Que vous inspire la campagne des écolos en ce début de présidentielle ?
— Elle me confirme dans mon analyse. EELV est bien le parti de l’insécurité culturelle, au sens que Christophe Guilluy et à sa suite, le regretté Laurent Bouvet, donnaient à ce terme. Ils passent par pertes et profits les fidélités, les attachements des peuples à leurs mœurs, leurs traditions, leurs paysages. La passe d’armes entre le candidat communiste et Sandrine Rousseauest funestement révélatrice du monde dans lequel les écologistes entendent nous faire vivre. Lorsque Fabien Roussel se fait le chantre de la gastronomie à la française, lorsqu’il a la faiblesse de voir encore, selon les belles descriptions d’Italo Calvino dans son magnifique récit Monsieur Palomar, dans un morceau de viande une « promesse de bonheur gustatif » et de sentir « derrière chaque fromage des prés incrustés de sel, des secrets de fabrication transmis au fil des siècles », qui se dresse la première pour le fasciser ? Sandrine Rousseau affirmant que le plat préféré des Français est le couscous. C’est une erreur de croire que la candidate malheureuse, d’un cheveu au demeurant, à la primaire écologiste, incarnerait la version radicale de l’écologie ; elle en est la vérité profonde.
Le meeting de Lyon du 29 janvierétait très instructif. Placé sous le signe de l’égérie suédoise de l’écologie : « Ensemble ici, à Lyon, nous disons avec Greta Thunberg et la jeunesse du monde entier, no more bla bla bla », il s’offrait comme une sorte de synthèse. Les enfants sont prescripteurs dans le monde des Verts. Il n’est rien de fortuit à ce que la trottinette soit leur emblème. Il y a le vélo certes, mais associé au Tour de France, il exhale quelques relents machistes. La trottinette, formidablement féminine par sa grâce, diront d’aucuns, aérienne, ailée, c’est l’enfance, l’innocence sauf que c’est aussi l’expression de l’individu de l’anthropologie libérale, qui va, fendant l’air, sans égard pour ce qui l’entoure. Expression, autrement dit, de cette « pulsion de vie » exaltée, le 29 janvier, par un Jadot enfiévré : « Nous sommes les pulsions de vie, nous sommes la vie. »
Il y avait quelque chose d’effrayant dans ce cri de guerre. La vie est vorace, elle suit son cours, indifférente et la nature fragile, mortelle a besoin au contraire de l’homme en son humanité, capable d’attention, de scrupules, de tact. C’est un point fort préoccupant dans l’écologie actuelle et notamment intellectuelle et universitaire que la réduction de l’humain au vivant. L’homme en son humanité, en sa spécificité, se voit noyer dans le grand bain du vivant. Il est tout à fait significatif que les esprits dits éveillés à la cause écologique aiment à donner à leur fille le prénom Zoé : « zoe » en grec, c’est la vie biologique précisément, par opposition à la vie proprement humaine qu’est le « bios », et qu’on retrouve dans biographie.
— Les écolos français sont-ils des « gauchistes » qui s’ignorent ?
— Qui s’ignorent, pas vraiment, sans doute récuseraient-ils l’épithète de « gauchiste » pour ses accents péjoratifs mais ils se veulent l’incarnation de la vraie gauche, de cette gauche qui a troqué le peuple pour les minorités et la diversité. Ce qu’ils sont en effet. La liquidation de notre modèle de civilisation est le ressort de leur activisme. La Terre, la nature, les bêtes ne sont que des alibis. Ce qui les enfièvre est l’injonction à « réinventer » la vie, la ville, à « changer les mentalités, les comportements », « l’imaginaire des enfants » - on se souvient de l’objurgation de la maire de Poitiers, Léonore Moncond’huy - à accumuler les ruines assurés qu’ils sont de porter dans leur cœur un monde nouveau, selon le programme du porte-parole d’EELV, Julien Bayou. L’écologie consiste en une furieuse offensive contre l’Occident. « Se désoccidentaliser », là serait le salut pour la Terre. Injonction portée par les voies les plus autorisées et adulées des élites culturelles, notamment le professeur au Collège de France, Philippe Descola.
Des éléphants dans un magasin de porcelaine, autrement dit. Si la nature est mortelle, nos civilisations ne le sont pas moins, mais l’écologie joue la nature contre notre culture. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai écrit ce livre, afin de ne pas laisser le dernier mot aux contempteurs de notre civilisation et singulièrement de l’entente française de la vie.
— Quelles sont les passerelles entre l’écologie politique et ce que l’on appelle désormais la « gauche woke » ?
— Les écologistes, politiques aussi bien qu’associatifs, communient dans le grand récit de la woke culture et de l’intersectionnalité, celui d’un Occident regardé et présenté comme une vaste fabrique de victimes. Un Occident dont toute l’histoire aurait été écrite et continuerait de l’être, selon leur intrigue désolante de simplisme, par l’homme blanc hétérosexuel chrétien ou juif, lequel n’aurait d’autre passion que la domination, d’autre ressort d’action que la prédation - depuis #MeToo, le paradigme prédateur/proie avec ses accents carnassiers, tend à supplanter celui de domination - et l’asservissement de tout ce qui n’est pas lui : les femmes, les Noirs, les minorités sexuelles, les musulmans et désormais, la nature, les animaux et les végétaux. À l’intersection, au carrefour, se trouve toujours un même protagoniste.
Les écologistes sont les vecteurs de la conversion de la France au modèle américain identitaire et diversitaire. Ils enferment chacun dans le cercle étroit de son identité de sexe, de « genre », de race, de religionet l’incarnent dans la prison du présent. La France aurait fait son temps. Il faut en avoir pleinement conscience : lorsque l’on donne son suffrage à EELV, ce n’est pas l’avenir de nos civilisations et des hommes sur la terre que nous servons mais l’avènement d’un modèle qui nous est étranger et contraire. L’affaire des piscines de Grenoble et du port du burkini revêt une validité exemplaire : chantre du droit des minorités et de la diversité, le maire Éric Piolle est totalement désarmé pour y répliquer.
— Paradoxalement, vous accusez également les écologistes d’être des enfants de la société de consommation…
— De la société de consommation, de l’individu atomisé, inaccessible au sentiment de dette, de gratitude, incarnation aussi de l’ignorance crasse dans laquelle s’enfonce notre époque. Greta Thunberg est en effet l’incarnation même de la figure consumériste, réclamant incontinent la satisfaction de ses désirs érigés en droits. Cette enfant, l’œil noir, se lève, tonne contre une civilisation, la civilisation occidentale dont elle ne sait rien sinon qu’elle est coupable et le monde entier plie et ploie. La complexité du réel ne l’étreint guère et les adultes se font flagorneurs. Elle est en outre la personnification de l’homme contemporain, incapable de parler une autre langue que celle du droit : c’est au nom de son droit à la santé, au bien-être, à un air pur que cette jeunesse se mobiliseet Jadot se présente avec lyrisme comme le candidat « des jeunes dans l’écoanxiété ».
— Le sujet de l’écologie n’en est-il pas moins majeur ?
Naturellement, puisque se joue notre manière d’habiter le monde. Le mot le dit : l’« oikos » en grec, désigne une réalité bien concrète : c’est la maison, le foyer, nullement la planète, non plus la Terre. Si l’éco-nomie, qui partage avec l’éco-logie son préfixe, est affaire d’administration, de gestion de la maison dans le but d’en obtenir le meilleur fruit, l’écologie, elle, est d’abord pensée et discours sur l’habitat humain, sur l’art d’aménager le séjour terrestre, de l’arranger au sens musical du terme, ainsi que le suggérait Antoine de Saint-Exupéry lorsqu’il définissait la civilisation comme « un certain arrangement des choses ». L’écologie doit renouer avec sa signification originelle : elle doit se placer à la jointure de l’homme et de la nature, et non noyer l’homme dans la nature.
— Qu’est-ce qu’une « écologie conservatrice » ?
— Une écologie qui se donnerait pour tâche de préserver, sauver, assurer un avenir à ce qui n’a pas été détruit. Une écologie qui prendrait appui sur le modèle français. Si nous avions encore la fierté de notre singularité, nous pourrions être le fer de lance d’une politique agricole, d’un mode d’élevage les plus accordés au tourment écologique. « Le crime de nos politiques est moins de n’avoir pas servi la France que de ne pas s’en être servi », disait Bernanos.
Une écologie qui placerait les humanités au cœur de l’enseignement quand les écologistes n’ont d’autre projet éducatif que l’instauration d’une école occupant les enfants à « potagiser » dans des « cours de récréation dégenrées ». Après avoir été regardée comme un stock de ressources, la nature doit être redécouverte comme réalité sensible, et pour cela il faut rendre aux hommes les mots pour la dire et la voir - les mots sont des instruments de perception - dans son étoffe charnelle. Ce n’est pas seulement l’abêtissement qui marque de son sceau notre époque, c’est aussi la dévastation du vocabulaire de la sensibilité. Si nous voulons rendre ses droits à la nature, nous avons besoin des poètes, des peintres, des musiciens, Debussy, Ravel.
L'écologie ou l'ivresse de la table rase
par Bérénice Levet,
publié le 12 janvier 2022,
à L'Observatoire,
220 pp,
ISBN-13 : 979-1032923696
L’étude par thèmes participe de la vaste déconstruction en cours de la nation française.
Pour passionner les jeunes Français au passé de leur pays, rien de tel que de revenir à l’enseignement chronologique de l’histoire de France. C’est à cette condition qu’ils redécouvriront le génie de leur nation. Une tribune libre de Jean-Michel Castaing paru dans Causeur. J-M. Castaing a intégré l'administration des Finances
après des études universitaires et des études de théologie Il est
l’auteur de « Pour sortir du nihilisme » (Salvator, 2012).
L’histoire instrumentalisée à des fins idéologiques
Depuis des décennies, les gourous de l’Éducation nationale ont décidé d’enseigner l’histoire à nos enfants d’après des « matières thématiques » au détriment de la chronologie des événements. C’est ainsi que les élèves ont été confrontés à des sujets d’étude universitaires avant même de savoir maîtriser le français…
Courbes, statistiques, tableaux, documents administratifs : qui peut se passionner longtemps pour des objets d’enseignement aussi desséchants ? Ou bien le professeur comparera la royauté capétienne avec une dynastie africaine en survolant allégrement les siècles et les continents… Dans ce cas, l’arrière-pensée idéologique se lit comme un palimpseste dans le projet pédagogique cousu de fil blanc. L’histoire de France devient dès lors un simple prétexte pour formater subliminalement les cerveaux juvéniles dans le « sens de l’histoire »…
Les objections à l’enseignement chronologique sont toujours les mêmes : il s’agirait désormais de façonner des citoyens du monde, d’ouvrir les esprits, d’éviter le repli sur soi, de « sensibiliser » les jeunes aux autres cultures, de leur faire comprendre que la France s’est construite avec des apports extérieurs, ainsi que le débite religieusement le professeur au Collège de France Patrick Boucheron, grand pourfendeur de l’histoire identitaire avec son Histoire mondiale de la France (2017). Mais qui est dupe d’une telle entreprise et ne perçoit pas dans cette rhétorique la marque d’une idéologie multiculturaliste ?
Surtout, cette histoire thématique est trop abstraite pour intéresser les jeunes. Quant à l’enseignement de l’histoire de France au travers du prime des problématiques actuelles (sexisme, racisme, colonialisme, esclavage), ses visées sont trop grossières pour pouvoir passer en contrebande bien longtemps. Visées malhonnêtes aussi parce que cet enseignement orienté fait peser tout le poids de la charge sur l’Occident, alors que toutes les civilisations ont été colonisatrices, esclavagistes, sexistes, patriarcales. À l’escroquerie intellectuelle se joint une partialité née du ressentiment et d’une volonté d’en découdre avec le passé qui sont tout sauf scientifiques.
Se situer dans le temps
Les raisons d’en revenir à une histoire chronologique sont nombreuses. La première réside dans la facilité qu’elle offre aux jeunes de se situer dans le temps. Le présentisme actuel (le fait de ne plus vivre que dans l’instant présent et d’avoir perdu la notion de l’épaisseur historique des êtres et des choses) n’est pas propice à développer en eux la conscience de leur appartenance à un devenir qui court sur des siècles. Résultat : les jeunes Français ignorent d’où ils viennent et par conséquence qui ils sont. Pire, le magistère du « politiquement correct » leur fait un crime de cultiver leur identité, comme si le nec plus ultra du progrès résidait dans une existence d’ectoplasme sans racine ni attachement charnel à une patrie et à ses mœurs et dans l’élan de se faire hara-kiri afin de laisser toute place à l’Autre…
Face à ce rouleau compresseur débilitant et annihilateur, le retour en grâce de l’histoire chronologique permettrait aux élèves de se situer dans une continuité historique de destinée, de renouer avec le sens de la profondeur temporelle de leur pays, de leur apprendre qu’ils sont les enfants d’une généalogie et non les fruits d’une génération spontanée. Les jeunes Français, en situant saint Louis et Louis XVI dans le temps, n’auraient aucune chance de les confondre. La confusion dans les esprits commence en effet par celle des représentations du passé. De plus, un récit chronologique favorise l’intelligibilité de l’histoire. À l’inverse, son étude par « thèmes » brouille les cartes, atomise le devenir et finalement ne donne plus les moyens de faire la différence entre Charlemagne, Napoléon et Hitler…
Mieux comprendre la genèse et la spécificité de la France
L’histoire chronologique, en inscrivant notre époque dans une succession temporelle d’événements et de grands hommes, aide l’élève à se réapproprier le récit national. Il comprend mieux de la sorte le génie français. Car la France n’a pas été créée par les principes abstraits de 1789 et ne se réduit pas aux « valeurs de la République ».
Elle vient de plus loin : de la colonisation romaine, de la conversion de Clovis, du génie unificateur de Charlemagne, de la patience capétienne à « agrandir le pré carré » du domaine royal. Le récit chronologique dresse ainsi le panorama d’un pays qui s’est construit par la volonté de monarques successifs. La France est une œuvre politique avant d’être une « ethnie » ou une « race ».
Or, cette spécificité, seul le déroulé des événements permet de l’appréhender.
Cultiver la mémoire et la curiosité
De plus, l’histoire chronologique suscite davantage la curiosité qu’une histoire thématique abstraite. Il est plus ludique d’apprendre les batailles, les hauts faits d’un règne, les intrigues de cour que les tableaux de statistiques ! Les tableaux, les chiffres, les courbes, les termes abstraits, ça ne se retient pas. La mémoire se construit, se cultive avec des hommes, des récits, des passions, des amours, des renversements de situation, des volontés, des grands hommes. Comment comprendre la détestation dont Marie-Antoinette fut l’objet si on n’a pas appris que la lutte contre la maison d’Autriche a été l’invariant de la politique étrangère de la France depuis Richelieu avant d’être remise en cause sous Louis XV ?
De plus, l’élève est assez grand pour se rendre compte que la guerre au Moyen-Âge ou à la Renaissance, du temps de François 1er, est différente de celle des Temps Modernes, celle de 14-18 ou de 39-45. Au rebours de ce que pensent les pédagogistes, la chronologie n’abolit pas l’intelligence… Elle donne au contraire la possibilité de mieux appréhender l’évolution des mœurs, des pratiques politiques, de la guerre et de la paix. Par contraste, l’étude par thèmes brouille les repères et fait tout mélanger en n’orientant plus ni dans le temps ni dans l’espace.
Un signe du nihilisme contemporain
Enfin, le rejet de l’histoire chronologique est un signe – parmi d’autres – de la prégnance du nihilisme dans les esprits. Les grands hommes, les grands événements, les grandes découvertes, les grands desseins poursuivis par-delà les générations, tout cela est passé par-dessus bord. Seules subsistent dans le récit les vilenies, les atrocités et la domination de l’Occident honni. D’après les nouveaux maîtres de l’histoire, la nôtre est soit criminelle, soit aussi triviale qu’un livre de comptes. Dans tous les cas, ne surnage plus que le rien, le sordide ou le mal. Il est temps d’en finir avec cette histoire-repentance et de renouer avec la trame des événements et des grands hommes dont nous n’avons pas à rougir, sans faire l’impasse toutefois sur les ombres ni la condition précaire des classes populaires.
L’intelligence collective aura tout à gagner à ces retrouvailles avec notre génie. Nous devons bien cela à nos enfants, hypnotisés par leurs Iphones et qui se demandent ce qu’ils ont en commun les uns avec les autres, hormis leur addiction numérique… La France ne s’est pas faite en un jour. Le récit chronologique de notre roman national, loin d’être un bourrage de crâne ou une entreprise de franchouillardise étroite et obtuse, constitue au contraire la meilleure initiation au génie français. Car le génie, que ce soit celui des individus ou des nations, se développe toujours avec le temps, dans la durée. Et comment les jeunes en prendraient-ils conscience si l’enseignement de l’histoire leur occulte la dimension temporelle de celui de notre nation ?
Sommaire du numéro 58 – Novembre 2018-janvier 2019
Michel Pallascio — Une information au service de la rectitude politique ?
Gary Caldwell — Du « Refus global » au Vide total : Le spectre du nihilisme au Québec
Patrick Dionne — Dantec et l’ange exterminateur, première partie
M.F.J. — Pas de deux/Double Footstep : Fragment autobiographique
Jean Renaud — Thomas Molnar et les racines de l’idéologie technologique
Richard Décarie — Sensibilité populiste et conservatisme : Sur les élections générales au Québec
Notes de lecture
Michel Léon — Richard Bastien, Cinq défenseurs de la foi et de la raison
André Désilets — John Henry Newman, Être chrétien. Les plus beaux sermons
Nicole Gagnon — Claude-Henri Grignon alias Valdombre, Un conservateur enragé, choix et préface de Patrick Dionne, épilogue de Pierre Grignon
Document
Édouard Divry, o.p. — Ennéagramme et christianisme : Éléments pour un discernement chrétien — Suite et fin
Une information au service de la rectitude politique ?
par Michel Pallascio
Tous auront sans doute remarqué que les kiosques à journaux, depuis quelque temps, tendent à disparaître de notre environnement. Ceux qui restent offrent de moins en moins de publications et celles-ci ont de moins en moins d’épaisseur (au sens physique du terme, bien entendu). Il est vrai que la plupart des journaux ou magazines bénéficient maintenant d’une version numérique afin d’atteindre un public qui utilise de plus en plus Internet et les nouvelles applications pour combler ses besoins. Cela permet aux officines journalistiques d’économiser sur la production du journal format papier et sur sa distribution. Le journal La Presse en est un bon exemple puisqu’il a cessé définitivement de faire paraître la version papier de son journal en décembre 2017.
Du « Refus global » au Vide total : Le spectre du nihilisme au Québec
par Gary Caldwell
Pendant nos vacances, ma femme et moi avons visité au tout nouveau Musée national des beaux-arts du Québec. Après avoir parcouru les trois étages de ce nouveau complexe, nous avons été envahis par un grand sentiment de vide. À part une exposition consacrée aux œuvres de l’impressionniste française Berthe Morisot, un Riopelle de quelque cent pieds de long et une peinture de Horik, les différentes pièces en exposition ne nous ont point inspirés, et nous n’avons ressenti ni plaisir ni émerveillement esthétique en les examinant. Aucune représentation d’une maison d’habitant, d’une ruelle urbaine, d’une église ou du fleuve Saint-Laurent n’y figurait. Parmi les pièces exposées, plusieurs sont littéralement des objets… tout court, présentés comme des œuvres d’art, mais sans en être, selon mon avis de non-initié. /Lire la suite… »
Du balcon de l’Amérique. Thomas Molnar et les racines de l’idéologie technologique
par Jean Renaud
Voyageur, observateur, critique nuancé et érudit des civilisations et des peuples, Thomas Molnar (1921-2010, ci-contre), l’un des maîtres de la pensée politique au XXe siècle, aimait raconter des anecdotes souvent caustiques (sans être véritablement méchantes), quelquefois cocasses (car il ne manquait pas d’humour) et de temps à autre un peu amères (comme la vie elle-même). Je goûtais en particulier ses réminiscences et ses évocations d’Henri Massis, de Jean Madiran, de Pierre Pujo, de Pierre Boutang, de tous ces publicistes, animateurs, philosophes, représentants tardifs d’une tradition contre-révolutionnaire française autrefois si glorieuse et dont l’influence déclinante / Lire la suite… »
Le siècle, les hommes, les idées. Sensibilité populiste et conservatisme : Sur les élections générales au Québec (texte intégral)
par Richard Décarie
Au lendemain de la victoire de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui a remporté la majorité absolue avec 74 sièges sur 125, les sondages, une fois de plus, semblent avoir manqué le coche — prévoyant un gouvernement minoritaire caquiste ou libéral — et leur diffusion dans les médias pourrait avoir confondu un électorat de surcroît volatil.
Peu de gens le savent, mais lorsque l’on travaille pour un parti politique à « faire sortir le vote », l’on obtient rapidement, à la lumière des milliers d’appels téléphoniques effectués dans une seule et même circonscription électorale, le pouls de l’humeur des électeurs. Cela permet de jauger l’impact immédiat d’une contre-performance d’un chef, d’une couverture de presse hostile ou d’un sondage défavorable au parti que nous servons. Force est alors de constater que l’immédiateté grandissante de l’accès à l’information — réseaux sociaux diffusant en temps réel, médias traditionnels informant le public de chaque nouvelle au fur et à mesure (les « breaking news »), sondages électroniques rendant disponibles de plus en plus rapidement leurs conclusions — entraîne certaines perturbations au sein de l’électorat. Ce que plusieurs identifient comme la montée du « populisme politique » tient aussi à une accélération de l’accès à l’information. Et le fait que les électeurs s’intéressent peu à la chose politique avant les deux ou trois dernières semaines de la campagne, explique l’impact croissant, pendant cette période, des débats des chefs, des déclarations maladroites, des petits scandales, des bourdes de tel ou tel candidat, etc.
Au Québec, la convergence libérale de centre-gauche (escortée aujourd’hui d’une extrême gauche marxisante encore marginale, mais flattée par les médias) laisse plusieurs électeurs de droite et de centre-droit sur leur appétit depuis des décennies, contribuant à l’augmentation du cynisme et de la volatilité des choix politiques. Le vide politique à droite au Québec depuis la Révolution tranquille, maintenu avec la complicité des médias traditionnels depuis près de 60 ans, n’a pas empêché toutefois une résurgence du conservatisme par la voie non traditionnelle des médias sociaux.
L’ex-Premier ministre Stephen J. Harper a publié récemment Right Here Right Now – Politics and Leadership in the Age of Disruption. Dans cet ouvrage, il attribue la montée du populisme en Occident à un mondialisme débridé, causé par la mobilité inhérente à la mondialisation et la transformation d’une grande partie de la société connectée au réseau Internet. Une portion importante de la population ne s’identifie pas à cette mondialisation — qui comporte un agenda libéral progressiste —, c’est pourquoi l’enjeu d’une citoyenneté partagée et de l’identité nationale devient déterminant. Ce sentiment « populiste » est une chance pour les conservateurs, puisque la préservation des institutions et de l’identité nationale est une caractéristique fondamentale de la tradition conservatrice. Ainsi, quoique le discours partisan d’un Donald Trump — le premier président américain qui communique directement avec la population de façon ininterrompue — exacerbe les passions populistes, ses politiques depuis près de deux ans sont à l’évidence conservatrices, démontrant qu’une posture populiste peut répondre aux attentes des conservateurs laissés sans voix par les médias traditionnels.
Le constat de M. Harper est éclairant quant aux raisons de l’éloignement des partis de la réalité vécue par les citoyens :
Cela implique un engagement renouvelé envers ce qu’on appelle souvent la « société civile » — des institutions relationnelles telles que la famille, les groupes de bénévoles, les organisations communautaires et religieuses. Cependant, il est difficile de soutenir que la société civile n’est pas en déclin. Le déclin des institutions est manifeste dans la diminution du bénévolat, la baisse de la fréquentation des églises, la détérioration de la famille et les problèmes de drogue grandissants [ma traduction].
Une perte des repères culturels traditionnels est ainsi douloureusement ressentie par les plus vieux, alors que les plus jeunes, eux, ignorent tout simplement l’existence d’une tradition occidentale, ce qui est encore pire. Pour le « monde ordinaire », un tel vide nourrit le désir de donner sa confiance à des leaders qui répondront à cette soif d’identité et de racines.
Contrairement à Stephen Harper qui dit vouloir « réformer le conservatisme afin de résoudre les problèmes à l’origine du bouleversement populiste », je crois qu’il faut carrément revenir à des politiques conservatrices prônant la réhabilitation des institutions culturelles traditionnelles, repères souhaités instinctivement par la population en général.
Ces politiques, au contraire de ce qu’on croit généralement, peuvent avoir un certain succès électoral. Les deux thèmes de la réduction des seuils d’immigration — établis à 50 000 par an par le gouvernement libéral sortant — et de l’interdiction du port de signes religieux par les fonctionnaires en position d’autorité, auront permis à la CAQ de se rapprocher de l’électorat, les autres partis refusant délibérément de s’y risquer. À cet effet je maintiens que l’abandon par le gouvernement minoritaire du Parti Québécois (PQ) de l’identitaire Charte des valeurs québécoises lui aura fait perdre le pouvoir en 2014, même si la rectitude politique des médias et de nos élites politiques ont fait croire aux péquistes que leur défaite a été un effet collatéral de ladite Charte.
Au Québec, depuis l’abandon par le PQ du positionnement identitaire, une partie importante de l’électorat s’est retrouvée orpheline. La CAQ aura donc su profiter de cette lacune, notamment par sa politique sur l’immigration, par l’interdiction du port des signes religieux pour les employés de l’État en situation d’autorité, ainsi que par la réhabilitation du positionnement conservateur nationaliste autonomiste de l’ancienne Action démocratique du Québec (ADQ).
En conclusion, l’élection récente d’un gouvernement majoritaire de la CAQ démontre que la sensibilité « populiste » peut contribuer à réintroduire dans l’espace public des thèmes conservateurs, et à les rendre suffisamment populaires pour qu’un parti les présente à l’électorat, prenne le pouvoir et parvienne à mettre en œuvre de véritables politiques conservatrices.
Notes de lecture.
Richard Bastien, Cinq défenseurs de la foi et de la raison
Richard Bastien, Cinq défenseurs de la foi et de la raison, Paris, Éditions Salvator, 2018.
par Michel Léon
Cet ouvrage de philosophie fera date pour le public francophone. Cinq défenseurs de la foi et de la raisonprésente, synthétise et explicite la pensée de philosophes anglophones chrétiens — catholiques pour quatre d’entre eux — qui ont axé leurs travaux sur l’amitié intime et indispensable entre foi et raison. Alasdair MacIntyre, C.S. Lewis, G.K. Chesterton, Peter Kreeft et John Henry Newman ont été d’autant mieux placés pour dénoncer la dissociation de ces pôles de l’esprit, qu’ils l’ont tous les cinq personnellement vécue avant de trouver leur réconciliation dans la tradition catholique. MacIntyre, né en 1929, passa par le marxisme et le trotskysme avant de rejoindre l’Église catholique en 1980. Clive Staples Lewis, né en 1898 dans une famille protestante, passa par l’athéisme avant de rejoindre en 1931 la Haute Église anglicane,/Lire la suite… »
John Henry Newman, Être chrétien. Les plus beaux sermons
John Henry Newman, Être chrétien. Les plus beaux sermons, Présentés par Keith Beaumont en collaboration avec Pierre Gauthier, Paris, Cerf, 2017.
par André Désilets
Pour les responsables de la publication de cet ouvrage hors du commun, John Henry Newman (1801-1890) demeure l’un des plus grands penseurs chrétiens du XIXe siècle. Son œuvre exprime une véritable phénoménologie dans le Mystère, un témoignage qui est à la fois critique face aux constructeurs de tours de Babel, et inspirateur en ce qu’il nous apporte des paroles essentielles sur notre vie et sur celle de nos pères, là où une osmose providentielle s’opère donnant aux êtres et aux choses une valeur virginale, inestimable. D’où cet extraordinaire sens du réel qui se dégage des propos du bienheureux cardinal, des propos particulièrement révélateurs sur ce qu’il appelle « l’Église des Apôtres » et « l’Église des Pères ». Car notre christianisme est « irréel », observe-t-il,/Lire la suite… »
Claude-Henri Grignon alias Valdombre, Un conservateur enragé,
Claude-Henri Grignon alias Valdombre, Un conservateur enragé, choix et préface de Patrick Dionne, épilogue de Pierre Grignon
par Nicole Gagnon
Les débats virils, controverses orageuses et polémiques en tous genres n’ont pas manqué au pays du Québec. Le style pamphlétaire s’y est fait cependant plutôt rare, contrairement à ce qu’on a observé en France, de Léon Bloy, disons, à Céline. Dominique Garand, auteur d’une considérable œuvre savante sur le sujet, n’a repéré qu’une demi-douzaine de polémistes québécois, dont Valdombre, où l’invective avait pris « une tournure agressive ou haineuse », la plupart s’en tenant à l’argumentation rationnelle ou à l’indignation et au sarcasme. Et si Léon Bloy refusait de « se laisser salir par la bienveillance » de ses contemporains, le polémiste québécois « ressent vite le besoin de se justifier aux yeux des autres ». /Lire la suite… »
Michel Onfray est issu de la vieille gauche, celle qui s'intéressait encore aux ouvriers. Il parle ici du nihilisme, de la politique de pensée, du vide de valeurs et de la fin de la civilisation « moderne » occidentale.