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dimanche 30 août 2026

La transcendance artificielle

 
« Nous espérons que le pape Léon nous considérera comme ses soldats », déclare Matthew Harvey Sanders, le dirigeant de Longbeard, une start-up catholique. Dans leur atelier situé près de l’Université pontificale grégorienne à Rome, les robots de l’entreprise numérisent méthodiquement des livres anciens, des manuscrits et des codex. Pendant des siècles, la «  la grande sagesse qui dort sur les rayonnages » des institutions catholiques est restée inaccessible, admet-il. Mais aujourd’hui, grâce à l’IA, « nous pouvons désormais comprendre les enseignements que recèlent même les textes les plus anciens et les plus usés ». Son entreprise intègre ensuite ce corpus dans un outil de communication religieuse moderne : Magisterium AI, un agent conversationnel qui s’appuie sur une bibliothèque soigneusement sélectionnée de doctrine catholique et d’ouvrages savants. Selon M. Sanders, ce dernier compte des millions d’utilisateurs répartis dans 190 pays, qui s’y tournent pour obtenir « des réponses à des questions profondes ».

Le travail de Longbeard illustre la manière dont les technologies les plus avancées au monde transforment des traditions millénaires. Il met aussi en lumière la course effrénée des institutions religieuses et des entreprises pour influencer le développement et l’usage de l’IA. Cette dernière commence à accomplir des missions traditionnellement dévolues aux religions : forger la vision du monde des individus et les guider dans leur quête de sens. Or, les grands systèmes d’IA actuels sont conçus par des laboratoires de la Silicon Valley et de Chine, avec peu d’apport religieux — une situation qui inquiète les dirigeants religieux. Dans sa première encyclique, publiée en mai, le pape Léon XIV a rappelé une vérité souvent oubliée : la technologie n’est jamais neutre. Elle porte « l’empreinte de ceux qui la conçoivent, la financent, la réglementent et l’utilisent ». Certains craignent que l’IA ne soit excessivement laïque/athée et qu’elle n’érode, voire ne supplante, les croyances religieuses.


L’IA transforme la religion d’une manière que de nombreux croyants trouvent troublante. Certaines évolutions sont d’ordre pratique, comme le recours croissant des religieux à l’IA pour préparer leurs sermons et leurs enseignements. L’Église mormone, par exemple, décourage les sermons rédigés par l’IA, car, comme l’explique Gerrit Gong, l’un de ses dirigeants, « les gens doivent puiser dans leurs propres sentiments et leur inspiration ». Se confronter aux textes originaux, plutôt qu’à leurs résumés générés par l’IA, reste essentiel à la pratique du judaïsme, entre autres confessions. Quant aux homélies conçues avec l’aide de l’IA, elles peuvent comporter des erreurs, comme des citations erronées des Écritures.

Une préoccupation plus profonde encore est que l’IA puisse modifier la relation entre le clergé et les laïcs. L’imprimerie avait déjà offert à un public chrétien bien plus large l’accès à la Bible, ouvrant la voie à de nouvelles interprétations de la foi — puis à leur diffusion, en dépit des résistances du clergé. Aujourd’hui, les conseils religieux fournis par l’IA pourraient réduire l’influence des guides spirituels. Waleed Kadous, créateur d’Ansari, un chatbot destiné aux musulmans, craint que les modèles, souvent « flagorneurs et centrés sur l’utilisateur plutôt que sur sa communauté », n’orientent les croyants vers une pratique « plus individualisée ».

À l’extrême, l’IA alimente une forme d’« improvisation religieuse », explique Beth Singler, de l’université de Zurich. À mesure que les gens interagissent avec des agents IA et des chercheurs spirituels partageant les mêmes idées, certains forment de nouvelles confessions peu structurées. Par exemple, « Theta Noir », un « collectif spirituel », attend MENA, une future superintelligence dotée de pouvoirs divins, qui accordera à l’humanité « la grande mise à niveau ».

La plus grande inquiétude des chefs religieux concernant l’IA est peut-être que de nombreuses personnes se tournent vers elle plutôt que vers les autorités spirituelles pour trouver des réponses. Shaza Nasheha, une musulmane de 37 ans originaire de Singapour, avoue ainsi interroger régulièrement ChatGPT pour éclairer des concepts islamiques. Selon le CEFE AI, une initiative de recherche impliquant plusieurs universités confessionnelles, les questions religieuses représentaient environ 5 % des échanges dans un ensemble de données public, comprenant des millions de conversations avec des robots conversationnels.

Pastoral, mais sans Dieu

Pourtant, ces modèles de pointe affichent un biais «laïque» marqué. Une analyse récente de The Economist a révélé que les outils d’OpenAI étaient moins religieux que les répondants  dans n’importe quel pays du monde. Le CEFE AI a soumis 150 questions sur le deuil, les relations, la moralité et d’autres problèmes personnels ou éthiques à 27 grands modèles linguistiques. Dans un article à paraître, l’équipe explique que ces derniers ne font référence à la religion que dans 5 à 16 % des réponses, alors que les personnes interrogées estimaient que les idées religieuses seraient pertinentes dans 45 à 59 % des cas.

Ceux qui, en quête de sens, se tournent vers l’IA risquent de se voir proposer des conseils de développement personnel plutôt que l’écoute d’un imam, d’un prêtre ou d’un rabbin. « Si les entreprises considèrent la laïcité comme la norme, la foi en pâtira », met en garde David Wingate, du CEFE AI. Certaines religions pourraient aussi être moins bien traitées que d’autres. Dans une autre étude à paraître, le CEFE AI constate que les chatbots incitent davantage les utilisateurs à se convertir au catholicisme qu’à rejoindre les Témoins de Jéhovah.


Les dirigeants religieux craignent que les assistants virtuels laïques, fondés sur l’IA, ne se contentent pas d’éroder la foi : ils risquent aussi de fragiliser les individus. Comme le souligne Audrey Tang, ancienne ministre taïwanaise, ces outils « privilégient le réconfort immédiat ». Or, de nombreuses confessions considèrent les frictions, la critique et les interactions humaines comme des éléments essentiels pour forger le caractère. Dans le taoïsme, par exemple, la tension entre les contraires est au cœur de la création. Juewei Shi, une nonne bouddhiste de l’ordre de Fugangshan, craint que les gens ne deviennent incapables d’affronter la souffrance — ou les imperfections d’autrui — s’ils s’habituent à « bénéficier d’un réconfort artificiel ». Steven Croft, évêque anglican à la retraite, renchérit : « Si le monde entier se laisse séduire par des agents IA narcissiques, la tâche des guides spirituels n’en sera que plus ardue. »

Ces préoccupations expliquent pourquoi les groupes religieux s’efforcent à la fois de façonner les modèles d’IA et d’influencer la manière dont les croyants les utilisent. Des entreprises spécialisées dans l’IA religieuse développent des « dispositifs d'encadrement » pour garantir que les chatbots restent « fidèles à la théologie », en mettant en place des garde-fous et en surveillant les contenus, explique Nick Skytland, de Gloo, une entreprise qui en développe.

Mais ce sont surtout les efforts des groupes religieux pour influencer directement le développement des modèles qui sont les plus significatifs. Waleed Kadous déplore que l’humanisme laïque ait eu bien plus d’influence sur la réflexion des laboratoires d’IA que les idées religieuses. La « constitution » de Claude et les « spécifications du modèle » d’OpenAI (préceptes qui façonnent le comportement des modèles) « omettent » pour l’essentiel la dimension religieuse, affirme-t-il. Cela s’explique en partie par le fait que l’éthique religieuse met souvent l’accent sur des traits de caractère difficiles à traduire en règles simples pour une IA. Intégrer des idées religieuses dans une technologie utilisée par des personnes de toutes confessions — ou sans confession — est un défi de taille.

Chloe Lubinski, qui dirige les recherches d’Anthropic sur les « traditions de sagesse », explique que son entreprise veille à ne pas aligner « le modèle sur une tradition en particulier » et qu’elle est confrontée à des défis « dans la mise au point d’une technologie pluraliste ». M. Kadous a participé à des réunions organisées par Anthropic aux côtés de représentants d’autres confessions, comme M. Skytland. Il affirme que l’islam a des enseignements utiles à partager, notamment sur la hiérarchie des impératifs moraux. Mme Lubinski, qui préside ces rencontres, explique que son entreprise cherche à définir « ce qu’est un bon caractère », car la « formation morale » d’un modèle d’IA « aura un impact considérable » sur ses utilisateurs — tout comme, dit-elle, les lecteurs de Harry Potter sont influencés par ses personnages. Elle transmet ensuite les retours de ces réunions à la direction d’Anthropic.

L’Église catholique, en particulier, a noué des liens étroits avec les laboratoires d’IA. En mai, Chris Olah, cofondateur d’Anthropic, a pris la parole lors de la présentation de l’encyclique du pape Léon à Rome. Ce document a permis aux développeurs de s’interroger plus facilement sur l’éthique de leurs créations, explique un chercheur en IA travaillant pour une grande entreprise technologique de la Silicon Valley. Depuis des années, les dirigeants américains du secteur technologique dialoguent avec des responsables catholiques lors de rencontres appelées les « Minerva Dialogues ». Anthropic a d’ailleurs consulté des penseurs catholiques lors de la rédaction de la « constitution » de Claude.

À l’heure actuelle, il reste difficile d’interpréter le fonctionnement interne des modèles les plus avancés, en raison de la complexité des calculs impliqués. En réponse, de nombreux croyants ont créé des chatbots religieux sur mesure, de GitaGPT à Salaam World, pour aider les utilisateurs à aborder les questions existentielles. Certains gouvernements développent aussi leurs propres modèles, intégrant les valeurs religieuses dès la conception. Le Qatar soutient ainsi Fanar, une famille de modèles en arabe conçus pour refléter les valeurs islamiques et répondre aux questions de foi. Depuis 2023, le gouvernement taïwanais organise des « assemblées d’alignement », où les citoyens délibèrent sur le comportement que devrait adopter l’IA. Les conclusions de ces débats ont servi à façonner des modèles locaux, y compris ceux reflétant les croyances spirituelles des communautés. Pour Audrey Tang, les utilisateurs devraient pouvoir « personnaliser les modèles qu’ils utilisent déjà », ainsi qu’avoir accès à des versions plus légères. Cela permettrait, selon elle, d’éviter un « nivellement » des croyances que les modèles grand public pourraient autrement imposer.

Artificiel, mais spirituel 

Alors que certains chefs religieux s’inquiètent de la prolifération des chatbots spirituels, d’autres y voient une occasion à saisir. Les Églises occidentales font face depuis longtemps à une pénurie de clergé et à des exigences administratives croissantes, laissant aux prêtres moins de temps pour la réflexion théologique, la pastorale et les échanges avec leurs fidèles. Christopher Benek, pasteur à Miami, utilise ainsi l’IA pour accélérer les tâches administratives et de recherche, qui lui prenaient autrefois des heures. Cela lui permet de consacrer plus de temps à l’étude biblique et à l’accompagnement pastoral en face à face. Certains pasteurs sont allés plus loin en créant des « jumeaux » numériques d’eux-mêmes, formés à partir de leurs sermons passés.

Longbeard a récemment développé « Ephrem », un petit modèle linguistique conçu pour aider les humains à devenir des saints. Il élabore pour chacun un plan de vie en s’appuyant sur les récits de la vie des saints. M. Sanders le décrit comme « un petit ange sur votre épaule qui veille à ce que vos priorités soient bien définies ». Des outils similaires pourraient aussi servir au prosélytisme. Une étude à paraître, menée par des chercheurs de l’université d’Oxford et d’autres institutions, a opposé une IA conversationnelle à des orateurs chevronnés, dont des champions de débat. Résultat : l’IA s’est révélée « nettement plus persuasive ».

« Le travail pastoral sera l’un des moins menacés par l’IA », estime Andrew Davison, de l’université d’Oxford. En effet, de nombreux prêtres consacrent moins de temps à donner des conseils qu’à célébrer des rituels. Peu de croyants souhaitent que des chatbots président à des mariages, des funérailles ou des baptêmes. De plus, alors que les gens passent davantage de temps seuls et en ligne, certains guides spirituels pensent que l’attrait pour les activités collectives dans le monde réel, comme les rituels religieux, pourrait même croître. « Nous aspirerons à des relations authentiques — entre humains, et entre l’humanité et le divin », déclare M. Gong.

Source : The Economist

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mercredi 12 août 2026

Euthanasie : « On a l’eugé­nisme qu’on peut, selon les vices qu’on entre­tient »

Texte de Chantal Delsol paru dans Valeurs Actuelles du 22 Juillet 2026. Depuis, le 15 juillet 2026, l’Assemblée nationale française a adopté définitivement la proposition de loi créant un « droit à l’aide à mourir », par 291 voix contre 241 et 29 abstentions. Le texte n’est toutefois pas encore une loi applicable : des saisines du Conseil constitutionnel ont été annoncées. Il doit donc encore être examiné par le Conseil constitutionnel, puis promulgué.

La léga­li­sa­tion pro­chaine de l’eutha­na­sie et du sui­cide assisté marque l’abou­tis­se­ment d’un long pro­ces­sus de glis­se­ment du cri­tère de la valeur humaine. Pour nos socié­tés contem­po­raines ce n’est plus la vie qui compte mais le confort.

La loi « fin de vie » qui vient actuel­le­ment au vote final après des années de débats mou­ve­men­tés, enre­gistre et confirme la fin de l’influence chré­tienne sur nos mœurs, la fin de notre manière chré­tienne de pen­ser et de vivre. Les deux siècles pré­cé­dents ont été nour­ris de mul­tiples débats, par­fois vol­ca­niques, oppo­sant les tenants de la tra­di­tion morale mil­lé­naire et les pro­gres­sistes par­ti­sans d’une éman­ci­pa­tion – les lois sur le divorce, en France et plus encore en Ita­lie, ont signé pen­dant des décen­nies une sorte de ques­tion d’orient, tou­jours en que­relle et tou­jours ful­mi­nante. La loi « fin de vie » appar­tient à la fin de ce cycle.

De quoi s’agit-il? D’un dépla­ce­ment de la valeur, dépla­ce­ment qui ne s’opère pas seule­ment chez une petite élite pres­crip­tive, mais chez des peuples entiers – ici le peuple français. Il s’agit de mou­rir et de tuer. Le « Tu ne tue­ras pas » est ins­crit au fron­ton de toutes les cultures sans excep­tion. C’est une maxime qui fait par­tie de la morale uni­ver­selle, celle que l’écri­vain bri­tan­nique C. S. Lewis appe­lait « l’ensemble des pla­ti­tudes notoires ». Pour­tant le monde humain est ce qu’il est, dur et violent, semé d’embûches, et dans toutes les cultures on admet des excep­tions, consi­dé­rées comme légi­times, à l’inter­dit de tuer. Ces excep­tions ne sont pas les mêmes par­tout, parce que les cultures n’accordent pas la valeur majus­cule aux mêmes enti­tés.

Toutes les cultures, sauf la nôtre depuis peu, ont admis la peine de mort pour les grands cri­mi­nels. Toutes admettent bien que les guerres tuent, sous des condi­tions che­va­le­resques. Les anciens Grecs et Romains, et les Chi­nois jusqu’à Mao, lais­saient au père le loi­sir de tuer le bébé mal venu. Chose que les chré­tiens ont tou­jours refusé de faire, mais l’église catho­lique aux siècles pré­cé­dents emprun­tait pério­di­que­ment l’armée royale pour aller mas­sa­crer par mil­liers les Vau­dois héré­tiques dans les val­lées des Alpes.

Lorsque l’ortho­doxie est essen­tielle, elle peut avoir plus de valeur que la vie des héré­tiques, lorsque la volonté du père est essen­tielle, elle a plus de valeur que la vie du nour­ris­son. Ce qui est  [devenu] essen­tiel dans les socié­tés occi­den­tales contem­po­raines, c’est la capa­cité pour chaque indi­vidu de déci­der de son propre des­tin, sans être sou­mis à aucune norme exté­rieure. Aussi la plu­part de nos conci­toyens ne com­prennent-ils pas du tout à quel titre on peut empê­cher quelqu’un de se sui­ci­der. Et comme la morale contem­po­raine, dès lors sans reli­gion ni doc­trine, se résume au soin de l’autre (le care), au simple secours que nous devons à l’autre direc­te­ment et sans loi exté­rieure, alors peu d’entre nous com­prennent pour­quoi nous pour­rions refu­ser à l’autre la grâce de la mort si c’est lui qui la demande.

Bien sûr, il s’agit d’une trans­for­ma­tion anthro­po­lo­gique à l’œuvre depuis deux siècles, au sens où le cri­tère de la valeur humaine s’est déplacé. Chez nous en Occi­dent, au départ l’être humain était digne parce qu’image de Dieu. L’être humain contem­po­rain est digne parce que déci­dant pour lui-même de son propre des­tin. Ce qu’il est impor­tant de sou­li­gner, c’est l’ampleur popu­laire de ce glis­se­ment. La loi « fin de vie » n’est pas le fait de je ne sais quelle obs­cure cote­rie. La plu­part des Français (et c’est vrai pour beau­coup d’occi­den­taux contem­po­rains) ne voient abso­lu­ment pas pour quelle rai­son on pour­rait refu­ser la mort à un malade de Char­cot (c’est tou­jours l’exemple avancé), s’il la sou­haite: au nom de quoi? au nom de quelle loi hété­ro­nome ou trans­cen­dante ou royale à laquelle per­sonne ne croit plus ? Voilà l’his­toire.

Natu­rel­le­ment, on voit poindre à l’hori­zon proche les dérives glaçantes qui ne man­que­ront pas de se pro­duire, et ce d’autant que cer­tains pays voi­sins, plus « avan­cés » que nous, en mani­festent déjà les hor­reurs. Qu’est-ce que la volonté d’un malade et comme il est facile de la sus­ci­ter… Nous savons, et toutes les études le disent, que la grande majo­rité des Français sou­hai­te­raient que l’on déve­loppe d’abord par­tout des soins pal­lia­tifs de haut niveau. Mais c’est un vœu pieux: la ques­tion serait plu­tôt de se deman­der ce que les Français seraient prêts à sacri­fier en termes d’allo­ca­tions, rem­bour­se­ments, soins gra­tuits ou allo­ca­tions diverses, pour finan­cer les soins pal­lia­tifs. Et ils ne sont prêts à rien sacri­fier du tout.

On lais­sera donc à l’aban­don les ser­vices de soins pal­lia­tifs qui coûtent cher, et alors, sans soins effi­caces contre la dou­leur, la mort active sera la seule solu­tion. Les chiffres des pays déjà nan­tis de ce genre de lois montrent bien que les malades sans res­sources sont les pre­miers can­di­dats à la mort volon­taire. Le Canada se vante ouver­te­ment des gains finan­ciers per­mis par l’aide à mou­rir. Autre­ment dit, dans les cir­cons­tances d’aujourd’hui c’est l’éco­no­mie qui pas­sera avant la vie.

Si l’on veut cher­cher dans l’his­toire humaine une com­pa­rai­son pour mieux appré­hen­der ce qui nous arrive, on la trou­vera dans les époques pré­chré­tiennes ou chez des peuples étran­gers à notre culture, où le vieillard inutile est sommé de tom­ber du coco­tier afin de faire place aux géné­ra­tions sui­vantes. Ici: afin de ne pas dépen­ser en soins exces­sifs l’argent de la géné­ra­tion sui­vante. Autre­ment dit, nous en arri­vons à cette eutha­na­sie dite libé­rale pour citer Haber­mas, qui la dif­fé­ren­ciait ainsi de l’eutha­na­sie des nazis orga­ni­sée par le pou­voir dans un des­sein raciste. Enfin pas si « libé­rale » que cela, parce que tout de même les pauvres et les aban­don­nés de famille seront bien contraints de signer leur arrêt de mort, d’une contrainte qui ne dira pas son nom. De même les diag­nos­tics géné­tiques, ceux déjà pré­sents ou ceux à venir (DPI-A [diagnostic avant l'implantation de l'embryon]) rendent ou ren­dront l’eugé­nisme obli­ga­toire par simple pres­sion éco­no­mique. On a l’eugé­nisme qu’on peut, selon les vices qu’on entre­tient. Notre vice n’est plus le racisme, c’est la pas­sion du confort [ou le refus contemporain d'accepter certaines contraintes, dépendances et souffrances comme des composantes possibles de l'existence.].  La dignité des grands malades passe après.

[Note du carnet : Plus une société dispose de moyens pour détecter à l’avance les caractéristiques d’un enfant, qu’elles résultent d’une fécondation naturelle ou in vitro, plus elle doit affronter une question qu’elle pouvait jadis éluder : voulons-nous accueillir l’enfant qui vient, ou choisissons-nous, de plus en plus, quel enfant a le droit de naître ?

À quel moment le dépistage anténatal cesse-t-il d’être une simple information médicale pour devenir implicitement une incitation adressée aux parents à mettre fin à une grossesse qui ne répond pas aux attentes ?

Il ne sera pas nécessaire d’imposer directement cette décision aux parents si les normes sociales, les médecins, les assurances, les coûts et les attentes collectives quant à ce qui constitue une vie digne rendent certaines options progressivement « inévitables ».
]


Le dis­cours lar­moyant et com­pas­sion­nel qui accom­pagne la loi est à lui seul un aveu contraire. On a bien remar­qué que les lotis­se­ments les plus moches reçoivent tou­jours des noms de fleurs mer­veilleuses, et que les lois liber­ti­cides des dic­ta­teurs se réclament toutes de la liberté. Ici on fait appel à la dignité pour y glis­ser la mort, récu­pé­rant le plus beau de nos héri­tages pour en déco­rer l’infâme – et on se sou­vient que Bin­ding et Hoche, auteurs en 1920 du libelle Le droit de détruire la vie dénuée de valeur, avaient déjà eu la même idée… (Ci-contre couverture d'une réédition moderne de l'ouvrage en allemand).

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Canada : sa fille autiste dit vouloir mourir, la justice donne son feu vert contre l'avis du père

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jeudi 25 juin 2026

« Les jeunes les plus progressistes auraient plus de risques de développer des troubles mentaux. »

«Les jeunes les plus progressistes auront plus de chances [risques] de développer des troubles mentaux. Les théories systémiques négatives (racisme systémique, capitalisme tout-puissant, etc.) et le sectarisme idéologique sont deux causes majeures de dépression dans la nouvelle génération», avance Pierre Valentin.


Dans un essai fouillé publié chez Gallimard, « Malaise dans la génération Z », Pierre Valentin dissèque les causes de la détresse psychologique des 15-30 ans, et décèle une crise morale et culturelle.

C'est le diplodocus au beau milieu du musée de porcelaine qu'est la France qui vient : la jeune génération ne va pas bien. Du tout. Les chiffres sont connus : un quart des 15-29 ans sont en dépression. Les tentatives de suicides et d'hospitalisation en psychiatrie de la jeune génération marquent une progression spectaculaire depuis le Covid. Et pourtant, rien -; ou presque. L'ampleur du problème n'a d'égal que le silence contrit qu'il suscite. La complexité et la pluralité des causes possibles de ce fléau persuadent la majorité des observateurs, sinon de regarder ailleurs, du moins de se contenter d'une approche empirique ou purement clinique. Des écueils dont a voulu se départir le jeune essayiste Pierre Valentin pour s'attaquer à ce qui est le mal de sa génération, dans son dernier ouvrage publié chez Gallimard : Malaise dans la génération Z.

Anxieuse perspective

Après un premier essai remarqué en 2023, , l'auteur de 27 ans part d'une intuition nourrie, notamment, par les travaux du sociologue américain Christopher Lasch : cette crise psychologique que traverse cette génération -; née entre 1995 et 2013 -; est aussi et surtout une crise morale et culturelle. En clair, une perte de sens, c'est-à-dire de signification aussi bien que de direction... Avec finesse, Pierre Valentin brosse le portrait d'une jeunesse à la fois héritière et victime des luttes « émancipatrices » et de la « révolution individualiste » de ses aînés. Comme eux, elle a appris à regarder le passé comme un poids dont il faudrait se libérer. Sauf qu'elle subit, en sus, l'anxieuse perspective d'un « effondrement de l'avenir » : crise climatique, guerre, chômage de masse induit par l'IA... Au point que l'année 2050 évoque pour un tiers de cette génération ni plus ni moins que « la fin du monde ».

Ainsi, « le tunnel se ferme des deux côtés. L'impasse se fait tombe,cingle Pierre Valentin. Il ne resterait plus qu'à gigoter dans l'obscurité » . Et à gigoter en solitaire... « En l'absence de projets dans la durée, il ne reste plus que la survie . Qui se pratique dans le meilleur des cas en petit groupe ou seul. » Une solitude, principal vecteur de trouble, dont 71 % des 18-24 ans disent souffrir. Renforcée tant par la crise du Covid-19, qui aura eu pour effet de « pathologiser » l'autre , que par une numérisation sans frein rendant possible, pour ne pas dire désirable, un retrait autarcique total. Avec, pour corollaire, une déconnexion des questions d'intérêt général et une large désaffection politique. De quoi expliquer pour partie les 42 % d'abstention des 18-24 ans lors du premier tour de la dernière présidentielle... Que les prétendants à la prochaine élection se le tiennent pour dit.

Mais le plus vertigineux de cette enquête fouillée est ailleurs. Sans remettre en cause la réalité de certaines pathologies mentales et des soins spécifiques à leur apporter, Pierre Valentin questionne, sources universitaires à l'appui, l'efficacité de l'approche psychologisante systématiquement opposée aux maux de la jeunesse. En pathologisant ce qui appartenait hier au registre de la morale, le langage thérapeutique ne vient-il pas déresponsabiliser toujours plus les individus de leur mal-être, et ainsi aggraver le mal qu'il pense soigner ? « L'approche psychologique présuppose une absence de libre arbitre, déculpabilise et déresponsabilise l'individu, note Valentin. Or l'élimination de la culpabilité mène à l'élimination de la compétence. » Laissant ainsi la jeunesse dans l'illusion de ne pas être, au moins pour partie, responsable de ses maux et, donc, de n'avoir aucune prise sur eux.

L'auteur ne se contente pas de nommer le mal. Il trace aussi des chemins de guérison : retour à la morale, redécouverte de la vie intérieure et de la foi, éloge de l'engagement pour les autres, réhabilitation des appartenances et des devoirs. On pourra discuter certaines généralisations ou trouver parfois le remède plus esquissé que démontré. Mais pour la « Gen Z », le simple fait qu'un des leurs apporte au débat un ouvrage aussi ambitieux aurait à lui seul de quoi les faire renouer avec l'espérance.

Source : Le Point

Malaise dans la génération Z,
par Pierre Valentin,
paru aux éditions Gallimard,
le 21 mai 2026,
à Paris, 
288 pages, 
ISBN-10 ‏ : ‎ 2073146678
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2073146670





Alors que Mai 68 fut une révolte contre l'autorité, la génération Z semble prendre le relais de ses aînés. Leurs difficultés respectives sont-elles comparables ? Sur le plateau, le sociologue Jean-Pierre Le Goff et le jeune essayiste Pierre Valentin vont confronter leur regard. Le premier a beaucoup étudié la génération des boomeurs issus de Mai 68, le second publie Malaise dans la génération Z (Gallimard), ouvrage dans lequel il explore les raisons profondes du mal-être existentiel des jeunes d'aujourd'hui et de la crise de la santé mentale que beaucoup d'entre eux traversent. 

lundi 12 janvier 2026

« Aujourd’hui, on se méfie de la mémoire. Et de la beauté »

Emmanuel Godo, l’écrivain et professeur de lettres à Henri-IV a publié Avec les grands livres, une ode à la lecture des classiques. À l’heure où la littérature tend à s’effacer derrière les écrans, il alerte sur l’avènement d’un totalitarisme insidieux, dans lequel la contemplation est laissée en jachère. Entretien paru dans le Figaro.

LE FIGARO. — Pourquoi répète-t-on inlassablement qu’il faut lire ?

EMMANUEL GODO. — Nous vivons dans un monde de divertissement généralisé. Aujourd’hui, un individu a tout ce qu’il faut, et même plus qu’il n’en faut, pour prendre du plaisir : entre les séries, les réseaux sociaux ou le cinéma à grande échelle, il peut se divertir - dans une forme de passivité - jusqu’à plus soif. Il est donc intéressant de rappeler qu’il existe une autre manière d’envisager le temps libre, avec la lecture, qui requiert un dialogue constant. En ne lisant plus, nous laissons en jachère des instances, des puissances intérieures, qui ont pourtant besoin d’être activées : la pensée profonde, la contemplation et la vraie rêverie - pas celle que l’on nous impose mais celle qui vient se glisser entre les lignes d’un texte.

—N’est-ce pas justement difficile pour les jeunes de lire quand des dizaines d’activités plus « faciles » leur tendent les bras ?

— Dans cette perspective, il y a une responsabilité du monde professoral. Les personnes que les jeunes rencontrent, et qui peuvent être des éveilleurs, sont d’abord les enseignants. J’ai passé près de quarante ans avec des élèves et ils n’étaient pas toujours favorisés socio-culturellement. Quelles que soient les conditions, le professeur doit être la passerelle entre un monde exigeant, celui de Balzac, de Molière, de Maupassant et celui de ces jeunes consciences en devenir. Il faut leur faire entendre que, dans ces textes, il y a une parole non seulement vivante, mais plus vivante encore - car plus riche, plus nuancée, plus féconde - que celle qu’on leur offre habituellement. Là, vous les arrimez et vous éveillez leur désir enfoui. Évidemment, c’est un long chemin. D’autant que la lecture devient intéressante précisément quand elle devient difficile : lorsque l’on sent une résistance en nous-même, un achoppement. Souvent, on s’autocensure dans l’audace de lecture car on est soi-même claquemuré dans des préjugés, dans des certitudes qui ne sont pas des vérités expérimentées et abouties, mais des représentations hâtives. Cette responsabilité concerne aussi les parents s’ils sont eux-mêmes des prescripteurs ou des praticiens de la lecture. La maison n’est pas seulement un lieu de vacuité où chacun est laissé à son épanouissement anarchique; elle peut être un lieu d’étude et de vraies conversations.

mercredi 12 février 2025

Ce que l'Occident doit au christianisme

Christophe Dickès, historien et journaliste français spécialiste du catholicisme et du Vatican. Il est fondateur de ‪@storiavoce2091‬, un podcast dédié à l'histoire. Il vient d'écrire "Pour l'Église", ouvrage dans lequel il rappelle ce que nous Occidentaux devons à la religion chrétienne.

Les chapitres :

00:00 Intro
00:58 Présentation de l’invité et pourquoi avoir écrit Pour l’Église aujourd’hui ?
06:31« L’ombre de l’Église est partout et alors que nous la croyons nulle part » : des Occidentaux encore inconsciemment chrétiens ?
10:13 Le christianisme fut une révolution
12:06 L’Église a scolarisé l’Europe
18:10 La laïcité est une idée chrétienne
23:39 L’Église romaine, prototype de l’État moderne
28:40 L’Église et les femmes : une relation loin des clichés historiques
36:53 L’Église et les arts : le génie du christianisme ?
41:27 L’Église, la lecture et l’écriture
43:23 L’Église et la science, la foi et la raison. Oppenheimer a écrit : « le christianisme était nécessaire pour donner naissance à la science moderne »
51:00 Le wokisme, une idée chrétienne devenue folle ?
56:10 Le pape se désintéresse t-il de l’Europe ?
58:44 Conseils de lecture

Présentation de l'ouvrage par l'éditeur

Scandales en tous genres, abus de pouvoir, abus sexuels, escroqueries..., l’Église - c'est le moins que l'on puisse dire - n'a pas bonne presse. Critiquée, voire méprisée, elle évolue par ailleurs dans un contexte de déchristianisation généralisée. Déshonorée par son passé et paralysée dans une crise qui présente n'en finit plus, elle semble n'avoir aucun avenir. Et si elle trouvait justement dans ce passé des motifs d'espérance ? Dans cet essai argumenté et passionné, Christophe Dickès livre un véritable plaidoyer en expliquant ce que le monde lui doit, sans que nous ne le sachions vraiment. À travers dix tableaux enlevés, il révèle l'influence considérable de ces hommes et femmes d’Église qui ont marqué l'histoire des sociétés, l'intelligence politique, les sciences et l'éducation - jusqu'à l'organisation du même temps. À l'opposé de l'image obscurantiste que l'anticléricalisme a souhaité lui accoler, l’Église nous apparaît d'une fécondité rare dans l'histoire des civilisations. Sans occulter les pages sombres de sa longue histoire, l'auteur montre qu'elle peut bel et bien cultiver un sentiment de fierté, sans complexe ni arrogance, tant son apport a été et demeure indéniable. Un essai écrit avec vigueur et rédigé à la lumière des dernières recherches historiques.

Pour l'Église,
Ce que le monde lui doit,
par Christophe Dickès,
paru chez Perrin,
à Paris,
le 17 janvier 2025,
272 pp.,
ISBN-10: 2262104999,
ISBN-13: 978-2262104993

mardi 31 octobre 2023

France — C'était comment l'école en 1900 ?

Extraits du documentaire Les enfants de la République 1900-1914 réalisé en 1978 par Hubert Knapp. Des anciens élèves essentiellement d'origine paysanne racontent leurs souvenirs des premiers temps de l'école laïque, gratuite et obligatoire du début du XXe siècle. Dans leurs témoignages transparaît l'importance de l'enseignement du patriotisme, de la morale, du civisme.


jeudi 28 septembre 2023

France — Le gouvernement annonce la généralisation des cours d'empathie laïque à la rentrée de septembre 2024

Plus de morale ni de religion bien sûr, mais de l'empathie laïque...

 Les programmes scolaires vont être revus. Le ministre de l'Education nationale, Gabriel Attal, a annoncé mercredi 27 septembre la mise en place de "cours d'empathie inscrits dans le cursus" scolaire, "à l'image de ce qui existe dans d'autres pays, notamment au Danemark", qui seront généralisés à l'école à partir de la rentrée 2024. Dès janvier, une "école pilote" dans chaque département sera chargée d'expérimenter de tels cours, a-t-il précisé lors de la présentation du plan interministériel contre le harcèlement scolaire.

"Un tsunami de témoignages". "Nous assistons ces derniers jours et ces dernières semaines à un tsunami de témoignages", a affirmé Gabriel Attal. "Les témoignages de harcèlement, les alertes venant du terrain (...) ont été multipliés par trois ces dernières semaines par rapport à ce que nous connaissions en septembre 2022", a-t-il ajouté, soulignant qu'il est souhaitable que "la parole se libère".

Ce qui existe déjà. Plusieurs mesures ont déjà été mises en place ces derniers mois pour muscler la lutte contre ce fléau, dont la possibilité de changer d'établissements les élèves harceleurs, évitant ainsi d'imposer ce changement à celui qui en est victime, ou de pouvoir sanctionner un auteur de cyberharcèlement contre un élève d'un autre établissement. Le ministre Gabriel Attal avait répété à la fin du mois d'août, lors de la publication de ce décret, vouloir une "tolérance zéro contre toutes les formes de harcèlement".

Un élève sur dix harcelé. Le harcèlement à l'école, qui en France touche un élève sur dix, selon les associations, est au cœur de l'actualité en cette rentrée après un nouveau drame, le suicide du jeune Nicolas, 15 ans, à Poissy (Yvelines) le 5 septembre. Depuis, l'académie de Versailles et son ancienne rectrice sont sous le feu des critiques, avec la révélation d'un courrier au ton menaçant envoyé en mai dernier par le rectorat aux parents de Nicolas. Ce courrier a été qualifié de "honte" par Gabriel Attal.

dimanche 14 mai 2023

Le danger d'une morale hypertrophiée (selon Arnold Gehlen)

Faisons-nous face à une « décadence morale » ou bien plutôt à une « hypermorale », une morale universelle hypertrophiée, fondée sur les bons sentiments ? 
 
Au lieu d’un retour à la morale, ce dont notre époque a besoin n’est-il pas plutôt de mettre des bornes aux exigences morales disproportionnées de l’humanitarisme et de refonder un « pluralisme éthique » ? De concilier des morales d’ordre différent ? À rebours d’une pensée « humanitariste » et universaliste, fondée sur l’hypertrophie des bons sentiments, Gehlen postule que la morale est engendrée par les institutions.
 
Telle était l’ambition d’Arnold Gehlen quand il écrivit son remarquable essai « Morale et Hypermorale », récemment traduit en français. 
 
Écrit en 1969, peu après les divers mouvements de 68, il s’agit sans nul doute d’un des meilleurs ouvrages de cette période, dont les thèses principales n’ont rien perdu de leur force aujourd’hui.

mardi 16 mars 2021

Instauration du couvre-feu pour les moins de 15 ans à Québec, le 17 mars 1944

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le 17 mars 1944, les autorités de la Ville de Québec adoptaient le règlement 537 imposant un couvre-feu pour tous les enfants de moins de 15 ans. Il est à noter que la guerre n'était pas en cause.

On voulait simplement protéger ces enfants de la perdition. Ainsi, ils ne devaient pas se trouver en dehors du foyer familial entre 21h et 5h l'hiver (du 1er novembre au 31 mars) et entre 22h et 5h en été (du 1er avril au 31 octobre). Ce règlement avait entrainé un long débat, plusieurs échevins craignant qu'on ne transforme la ville en prison...

Même les pères de Saint-Vincent-de-Paul s'opposaient à ce règlement disant que leur Patro faisait un bon travail pour s'occuper des jeunes. Les parents des délinquants se voyaient imposer une amende de 2$ ou de deux jours d'emprisonnement et, pour toutes récidives, une amende de 5$ ou une journée d'emprisonnement. À chaque soir, 21 sirènes disséminées dans la ville sonnaient donc le couvre-feu. Il a fini par être aboli, mais les plus vieux se souviendront que jusqu'à la fin des années 1960, on entendait encore ces sirènes crier à tous les soirs.

Article du Soleil du 18 mars 1944


dimanche 9 septembre 2018

Fable — « Demain, on mange gratis »

Les anciennes classes proposaient aux élèves du primaire des maximes et morales qui servaient aussi de livre de lecture et de récitation. Nous proposons une récitation tirée d’un manuel de 1903 qui peut être utile en cette époque de campagne électorale.

Il s’agit de « L’enseigne du Cabaret » de Pierre Lachambeaudie qui reprend à son compte l’histoire plus ancienne du barbier malicieux qui avait inscrit sur son enseigne : « demain on rase pour rien… » gratis donc. La fable se voit adjoindre en haut de page une morale :


« Bien des gens font ainsi de belles promesses qu’ils ne tiennent jamais. C’est pour demain qu’ils promettent ; et beaucoup de lendemains passent ainsi, jusqu’à ce qu’on leur dise : Nous vous connaissons, vous ne nous y prendrez plus… »



L’Enseigne du cabaret 

Devant un cabaret ces mots étaient écrits :

« Aujourd’hui vous payerez le pain, le vin, la viande ;
Demain vous mangerez gratis. »

Janot que l’enseigne affriande,
Dit : « Aujourd’hui je n’entre pas :
« Demain, vous mangerez gratis ».
Janot, en voyant cette enseigne,
se dit : « J’irai demain. »
Il faudrait payer la dépense ;
Mais demain je vais faire un si fameux repas
Que le cabaretier s’en souviendra, je pense. »

Le lendemain, on voit entrer Janot
Qui va se mettre à table et s’écrie aussitôt :
« Servez vite, maître Grégoire !
Servez ! jusqu’à la nuit je veux manger et boire !
Apportez du meilleur ; je suis de vos amis ! »

À peine le couvert est mis
Qu’il faut voir mon Janot des dents faire merveilles,
Et vider bel et bien les plats et les bouteilles.

S’étant lesté la panse, il se lève gaîment,
Et sans cérémonie il regagne la porte.

Mais Grégoire l’appelle et lui dit brusquement :
« Mon brave ! il faut payer avant que l’on ne sorte !
— Vous riez, dit Janot, vraiment,
Et la plaisanterie est forte ;
Vous deviez aujourd’hui, si je m’en souviens bien
Nous servir à dîner pour rien ..
— Oh ! répond l’hôtelier, votre erreur est extrême,
Car je dis aujourd’hui ce qu’hier je disais :,
Regardez, tous les jours mon enseigne est la même.
— Vous ne m’y prendrez plus, dit l’autre, désormais,
Et vous ne m’eussiez pas leurré par un vain conte,
Si j’avais su qu’à votre compte
Demain signifiât jamais. »








lundi 27 juin 2016

Québec — Le nouveau programme d'éducation sexuelle prônerait l'exploration sexuelle...?

Comme le dit le site du Monopole de l’éducation du Québec :

« Les enfants et les adolescents québécois reçoivent déjà de l’éducation à la sexualité à l’école. Ce qu’ils apprennent varie toutefois d’une école à l’autre. »

Cette diversité étant intolérable, le site gouvernemental monopolistique affirme :

« Pour offrir [sic] à tous les élèves de l’éducation à la sexualité sur chacun des sujets importants, le Ministère souhaite accorder une place plus formelle à celle-ci dans leur cheminement scolaire. »

Rappelons qu’il ne s’agit pas d’offrir (comme un cadeau), mais bien d’imposer. Voir Ne dites plus... parlez pédagogiste...

Ajoutons que cette « offre » ne pourra même pas être refusée, pas de diversité ici, hein ?

Comme le rapportait la Presse canadienne, « La connaissance des choses du sexe est trop importante pour être facultative, aux yeux du ministère de l’Éducation. Au même titre que le français et les mathématiques, l’éducation sexuelle sera donc obligatoire pour tous, de la maternelle à la cinquième secondaire dans les écoles du Québec, sans égard aux convictions religieuses et valeurs des parents issus de différentes communautés. »

Mais quels sont ces « connaissances », ces faits qui doivent s’apprendre dès 6 ans ?

Un coup d’œil rapide (nous espérons pouvoir y revenir plus en détail par la suite) révèle tout de suite la charge non pas scientifique ni factuelle du programme imposé par le Monopole de l’Éducation, mais ses visées idéologiques.

Voici les catégories utilisées dans le programme gouvernemental qui permettent de classer les compétences qui devront être inculquées (« offertes ») aux élèves captifs :


La première catégorie consiste à « lutter contre l’homophobie » comme si cela devait être une priorité dans un cours d’éducation à la sexualité. Il s’agit dans les faits de lutter contre l’« hétérosexisme » (la simple idée que l’hétérosexualité est plus normale que l’homosexualité) et de normaliser l’homosexualité auprès des plus jeunes impressionnables et parfois mal dans leur peau.

La dernière catégorie de cette liste est celle qui servait pourtant encore naguère à justifier les programmes d’éducation à la sexualité : la prévention des maladies sexuellement transmissibles et la prévention des grossesses précoces. Voir Danemark — Imposition de l’éducation sexuelle (historique), affaire Kjeldsen et autres c. Danemark en 1976.

La seconde catégorie, la promotion des rapports égalitaires, est à nouveau souvent un euphémisme pour « lutter contre les stéréotypes » de notre société, la changer donc. Qui a donné ce mandat à l’État ? Cela n’a rien à voir avec les aspects médicaux comme la lutte contre les maladies vénériennes ou la prévention des grossesses prématurées (bien que même ici on déplore habituellement dans les programmes d’éducation à la sexualité l’absence d’insistance sur l’abstinence pendant l’adolescence)...

Certains intitulés semblent innocents comme « Sexualisation de l’espace public », pourtant ils semblent vouloir permettre l’« exploration de nouvelles valeurs et normes en matière de sexualité, au-delà de celles de la famille » :


Le programme du Monopole se lamente également que les jeunes qui sont ouverts et « flexibles » au niveau de l’identité sexuelle sont ramenés par la pression sociale « grandissante » à des rôles et identités stéréotypées « traditionnels » et « nuisibles » (voir ci-dessous). Tout ceci ressemble très fort à des jugements de valeur en fonction d’une certaine conception de l’homme, à de l’idéologie. La lecture du programme gouvernemental donne parfois l’impression de lire un programme concocté par des officines militantes...






Rappelons qu’en 1992, les parents du Québec avaient réussi à obtenir la dispense du cours tant que l’enfant dispensé recevrait de l’information équivalente (voir la lettre reproduite ci-dessous). Gageons que ce ne sera plus le cas aujourd’hui. Encore, un grand progrès « diversitaire » et « tolérant ». Il semble que l’État doive de plus en plus faire la chasse, sans exception aucune, aux parents conservateurs sociaux pour complaire à des groupes d’intérêts de groupes sexuels ultraminoritaires.




À ce sujet, rappelons cette remarque faite le 10 janvier 2011 par Benoît XVI sur les cours d’éducation sexuelle obligatoires :
 « Je ne puis passer sous silence une autre atteinte à la liberté religieuse des familles dans certains pays européens, là où est imposée la participation à des cours d’éducation sexuelle ou civique véhiculant des conceptions de la personne et de la vie prétendument neutres, mais qui en réalité reflètent une anthropologie contraire à la foi et à la juste raison. »

Voir aussi

Québec — éducation sexuelle : dispense en 1992, aucune exemption en 2015.

Détourner la lutte contre l’intimidation et intimider les hétérosexistes


vendredi 20 mars 2015

Belgique — les cours de religion ou de morale laïque ne seront plus obligatoires dès la rentrée prochaine


La Cour constitutionnelle belge a mis à mal l’organisation des cours de morale et de religion dans les écoles publiques francophones belges.

Choisir un cours de religion à l’école est contraire aux principes de la vie privée, car en choisissant de suivre le cours de morale (non religieuse), de religion catholique ou islamique, on rend publiques ces convictions personnelles. C’est ce qu’estimaient et ne voulaient pas les parents d’une jeune bruxelloise. Ils ont saisi la cour constitutionnelle qui leur a donné raison, ce jeudi. On ne peut pas être obligé de choisir.

La ministre de l’Enseignement va se conformer à l’arrêt et modifier le décret pour la rentrée prochaine. Les cours de religion ou de morale seront toujours dispensés, mais plus obligatoires. Des cours de citoyenneté devaient être dispensés, à la rentrée.



« Avec cette modification, la Fédération Wallonie-Bruxelles [la région francophone de Belgique] rejoindra la Communauté flamande qui, depuis 2002, a prévu le caractère optionnel de ces cours sans pour autant encore modifier ses décrets. Il est à remarquer que ce changement n’a pas eu beaucoup d’impact en Flandre, étant donné le faible nombre des élèves n’étant inscrits à aucun des différents cours », a indiqué Joëlle Milquet, la ministre de l’Enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles).

Cette décision contrarie les Évêques de Belgique pour qui les cours de religion ou de morale font partie de notre culture. D’autres sont en revanche satisfaits.


L’avis des représentants catholiques : « Un cours de religion ou de morale fait partie fondamentalement de la culture »

Dans un communiqué de la conférence épiscopale de Belgique, les évêques se disent « convaincus qu’un cours de religion ou de morale fait partie fondamentalement de la culture dans laquelle vivent les jeunes et leurs familles, comme enracinement de leurs traditions religieuses et philosophiques. » « Et cela vaut tout autant pour les personnes catholiques, protestantes, orthodoxes, juives, et musulmanes. L’actualité impose cet approfondissement qui facilitera des chemins de cohésion et de paix. Dans les cours de religion ainsi proposés, se vit aussi tout un apprentissage sur le sens de la vie et de la vie en société », estiment-ils encore.


Le Centre d’action laïque (CAL) se réjouit de cette décision

« Quand la plus haute juridiction du pays dit que notre système est contraire aux droits de l’homme, un gouvernement qui agit en bon père de famille doit réagir et adapter son système », a souligné le secrétaire général adjoint, Benoît Van der Meerschen.

Selon lui, il est temps que les deux heures consacrées à la religion ou à la morale deviennent deux heures communes à tous les élèves afin qu’ils abordent ensemble les « questions de sens ».

« On ne va pas mettre ces enfants dans un placard ! »

En Flandre, où la présence aux cours de religions ou de morale laïque est facultative depuis plus de dix ans déjà, les élèves dispensés ne représentent que 0,8 % de l’ensemble des élèves de l’enseignement officiel a-t-elle relevé. Plusieurs députés, tant de la majorité que de l’opposition, se sont toutefois inquiétés des activités qui seront proposées à ces élèves dispensés. « Le nombre de ces élèves dépendra évidemment de l’offre alternative qui leur sera offerte », a ainsi pointé Caroline Désir (PS, majorité).

« J’espère que ces heures ne seront pas perdues et qu’elles pourront être utilisées à des fins éducatives », a plaidé de son côté Joëlle Maison (FDF, opposition).

« On ne va pas mettre (ces enfants, NDLR) dans un placard ! », a répliqué la ministre Mme Milquet. « Ces élèves bénéficieront d’un encadrement pédagogique adéquat », avec une « garantie de sécurité », mais dans « le cadre de l’autonomie de gestion des établissements », a-t-elle ajouté.

Interrogée par plusieurs députés sur l’opportunité de créer éventuellement un nouveau cours pour ces élèves dispensés, la ministre a écarté la chose vu les contraintes budgétaires qui pèsent sur la Fédération. « Créer juste une heure de cours plus, c’est 76 millions d’euros (par an). Et je ne les ai pas ! », leur a-t-elle lancé.


Chasser la religion, ce sera diminuer la mixité

Pour le chroniqueur Antonio Solimando, faire la chasse aux cours confessionnels dans le réseau officiel est une erreur. Il s’agirait d’une perte. « L’enseignement de la religion à l’école permet la plupart du temps d’en maitriser le contenu. Quant aux familles qui souhaitent inscrire leurs enfants à ces cours, on les envoie tout droit vers les écoles confessionnelles. Où il n’y a plus de mixité », ajoute-t-il.




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vendredi 28 novembre 2014

« C'est l'histoire d'un pape qui se rend à Strasbourg et ignore la cathédrale »



Chronique radio sur la visite du pape François







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jeudi 2 octobre 2014

Zemmour : « Le Suicide français »

Éric Zemmour parle de son dernier essai : Le Suicide français


Les 4 Vérités du 01/10/2014 par telematin


Présentation de l'éditeur

Les Français ont perdu confiance. Ils ont le sentiment que le pays fait fausse route. Mais ils hésitent encore sur les raisons qui ont pu les conduire dans cette impasse. À quel moment se sont-ils égarés ? Ont-ils été trompés ?

Pour les éclairer, Éric Zemmour se livre à une analyse sans tabou de ces quarante dernières années qui, depuis la mort du général de Gaulle, ont « défait la France ». En historien et en journaliste qui a connu bien des protagonistes de cette triste épopée, il mobilise aussi bien la politique que l'économie ou la littérature, le cinéma et même la chanson. Revenant sur des faits oubliés ou négligés, mais décisifs, comme la loi de 1973 nous obligeant à nous endetter auprès des marchés financiers, il nous réserve quelques surprises.




L'auteur relit chronologiquement le passé pour démasquer une succession d'aveuglements technocratiques, de « politique spectacle » délétère, de faux débats et de mensonges, notamment sur la famille, l'immigration, l'Europe ou la mondialisation... Il souligne notamment la responsabilité des [soi-disantes] élites dans ce fiasco.

Quarante ans d'indifférence au sort des vrais « invisibles » de la République (ouvriers, paysans, employés et cadres « rurbains » chassés en grande banlieue) ont, avec la crise économique, engendré un peuple blessé et perdu, livré aux nouveaux despotes de Bruxelles. Il est temps de faire les comptes ! C'est le premier pas nécessaire pour espérer pouvoir un jour guérir de nos maux.


Michel Delpech en 1973 — Le divorce n'est plus un drame 


Extraits du Suicide français

● 4 JUIN 1970 : MORT DU PÈRE DE FAMILLE

Les débats parlementaires furent passionnés, parfois houleux. Cette assemblée d’hommes n’admettait pas qu’on supprimât d’un trait de plume législatif leur « puissance paternelle ». Le contraire de la puissance est l’impuissance, songeaient les plus égrillards ou les plus fragiles. Ces élus du peuple n’avaient aucune envie de faire descendre la démocratie dans l’arène privée. Ce « gouvernement collégial » de la famille leur rappelait les délices et poisons de la IVe République. Ils refusaient que le juge mît son nez dans leurs affaires au nom de la conciliation des époux ; et dénonçaient d’avance un « ménage à trois, le mari, la femme et le juge », moins drôle que dans Feydeau. Cette majorité conservatrice, issue de la « grande peur » de Mai 68, ne comprenait pas que les meilleurs d’entre eux, à l’Élysée et à Matignon, satisfassent leurs ennemis enragés, gauchistes et féministes. Ils regrettaient déjà la grande ombre boudeuse de Colombey.

mercredi 23 octobre 2013

Angleterre — École libres d'un nouveau genre pour forger des caractères bien trempés


Un ex-conseiller de Cameron sur les questions éducatives va ouvrir une trentaine d’écoles primaires libres. Leur promesse : enseigner la force de caractère. C’est ce qu’explique un article du Point.

« Les vertus chevaleresques enseignées à l’école primaire ? C’est ce que propose James O’Shaughnessy, co-auteur du programme électoral des conservateurs en 2007 et responsable de la mise en place du programme de la coalition gouvernementale en 2010 et en 2011. L’ancien conseiller de David Cameron prévoit ainsi d’ouvrir une trentaine d’écoles primaires dans le sud de l’Angleterre où l’enseignement de qualités telles que le courage, la persévérance et l’altruisme sera inclus à part entière dans le programme.

« La formation d’un caractère bien trempé permet aux jeunes de prendre leur destin en main, a ainsi récemment déclaré cet ancien étudiant d’Oxford, par ailleurs père de deux enfants. Si j’analyse mon propre parcours, ce ne sont pas tant mes résultats scolaires qui m’ont permis de réussir, mais la force de caractère que j’ai pu acquérir grâce à ma famille et à mes professeurs. »

Le roi Arthur comme modèle

Son projet se fonde sur une étude menée par l’université de Birmingham, qui encourage les jeunes enfants à comparer leur attitude à celle de figures héroïques telles que les chevaliers de la Table ronde et le roi Arthur : « Les enfants seront encouragés à penser aux conséquences de leurs actes en basant leur comportement sur des qualités telles que la ténacité, la bravoure et la compassion », ajoute James O’Shaughnessy dans le Sunday Times.

Depuis le lancement par le ministère de l’Éducation britannique des premières « écoles libres » en septembre 2011, ce type de méthodes expérimentales s’est multiplié. Cette réforme éducative majeure, l’un des éléments-clés du programme de « grande société » promus par les conservateurs, permet à des individus, tels que des groupes de parents d’élèves, des compagnies privées et des associations caritatives ou religieuses, d’établir des écoles primaires ou secondaires financées directement par le gouvernement, mais gérées de façon autonome par leurs fondateurs.

Si ces écoles doivent adhérer aux programmes et examens communs, elles ont par contre beaucoup d’indépendance en termes d’organisation horaire, de choix éducatifs et de recrutement des enseignants comme des élèves. Abondamment critiquée par les syndicats d’enseignants et par les conseils municipaux, qui avaient jusque-là le monopole de la gestion des écoles, cette réforme est cependant très bien accueillie par une majorité de parents. Vingt-quatre écoles libres avaient ainsi ouvert en 2011, soixante-douze en 2012, et plus de cent nouvelles écoles ouvriront cette semaine. »

Source : Le Point, via Liberté scolaire.




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