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lundi 23 mars 2026

Église anglicane du Canada aujourd'hui : collaboration avec boutique érotique, bénéfices vont à la planification familiale

La « pasteure » anglicane Gerlyn Henry (Église anglicane du Canada, paroisse Holy Wisdom à Scarborough, en Ontario) a établi un partenariat avec la boutique pour adultes Bellesa. L’accord consiste à distribuer des centaines de vibromasseurs gratuits (dont un modèle « stimulateur à aspiration » de couleur rose) et à reverser l’ensemble des bénéfices qu’elle perçoit dans le cadre de cette collaboration à Planned Parenthood, une importante organisation américaine pratiquant des avortements.
Elle présente cette initiative comme une célébration de la « joie », de l’amour du corps et d’une forme de « résistance ».

Quelques éléments de contexte :
  • Elle est « pasteure » ordonnée depuis 2020 dans une branche très progressiste de l’anglicanisme canadien, qui accepte depuis longtemps l’ordination des femmes et affiche des positions favorables aux personnes LGBTQ+ ainsi qu’au droit à l’avortement.
  • Elle s’est déjà illustrée par d’autres initiatives controversées, comme un poème de la Saint-Valentin pro-palestinien incluant le slogan « From the River to the Sea », ou encore des vidéos TikTok devenues virales la montrant dans des contextes jugés atypiques pour une pasteure, notamment en bikini sur la plage.
  • Planned Parenthood est le principal fournisseur de services d’avortement aux États-Unis, avec plus de 300 000 interventions par an ces dernières années.

En résumé : une pasteure anglicane promeut l’usage d’objets intimes liés à la stimulation sexuelle et reverse les revenus issus de cette initiative à une organisation qui pratique des interruptions volontaires de grossesse.

Quelques chiffres sur l'Église anglicane du Canada

  •  ~1,3 million (1960) → ~295 000 membres actifs (2022)
  • –75 % en quelques décennies
  • ~200 fidèles par paroisse en moyenne
  • Population très âgée (60–70 ans)
  • Clergé vieillissant (plus âgé que leurs ouailles en moyenne) et en diminution

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mercredi 23 avril 2025

Pape François : Un pontificat de confusion ?


Pour Laurent Dandrieu de Valeurs Actuelles, élu pour remettre de l’ordre dans l’Église catholique, François la laisse plus divisée et troublée que jamais. Non sans avoir profondément renouvelé son visage.

La renonciation surprise de Benoît XVI, le 28 février 2013, avait laissé l’Église en plein désarroi : outre qu’elle la plaçait dans une situation inédite depuis 1415, elle était l’aboutissement d’une série de crises qui faisaient de la réorganisation de l’Église la mission prioritaire du nouveau pape. Cette nécessité fut l’une des clés de l’élection, non moins inattendue, de François. Douze ans plus tard, à la mort du pape argentin, le désarroi n’est pas moindre, et l’Église n’apparaît pas vraiment en meilleur état qu’au début d’un pontificat prodigue en polémiques, qui a été avant tout source de profondes divisions et de nombreuses confusions. Tentons ici l’esquisse d’un bilan.

Une personnalité complexe et difficile

Inconnu du grand public à son élection, Jorge Mario Bergoglio a suscité au début de son pontificat ce qu’il faut bien qualifier de “Franciscomania”. En affichant simplicité et humilité, parlant un langage direct de curé de campagne, n’hésitant pas à décrocher son téléphone pour répondre aux demandes de simples fidèles, François a su se rendre immédiatement populaire – popularité particulièrement marquée auprès des non-catholiques et des médias, pourtant généralement hostiles à l’Église. Télérama célébrait « un pape qui dépote», le Point « un pape sans la pompe». Le tableau s’est pourtant rapidement contrasté. Si les premiers essais publiés saluaient Un pape pour tous, le Pape des pauvres ou même François, la divine surprise, quelques années plus tard pouvaient paraître un essai à succès sur le Pape dictateur, quand un autre dénonçait au contraire une Françoisphobie. En cause, une politique clivante, mais aussi un caractère et une gouvernance beaucoup moins doux qu’on ne l’avait auguré. Le soir de son élection, un prélat de la Curie, en entendant son nom place Saint-Pierre, fit un malaise, tant il avait eu l’occasion de tester sa brutalité. Bipolaire, imprévisible, autoritaire, François était coutumier des colères homériques et même ses soutiens reconnaissaient qu’il faisait régner au Vatican un « climat de terreur ». Ses vœux annuels aux cardinaux étaient devenus une habituelle volée de bois vert. Ce sera l’une des clés de sa succession : l’envie profonde, au sein de la Curie, d’élire un successeur au caractère plus aimable et bienveillant.

Pauvreté et pouvoir

Ce pontificat aura été profondément marqué par une plus grande attention pour ce que François appellait les « périphéries de l’existence», pour la pauvreté matérielle, spirituelle ou existentielle. Dès son accession au trône de Pierre, François, qui a emprunté son nom de pape au « poverello», François d’Assise, ancien riche qui s’était dépouillé de tout, a rêvé à voix haute d’une « Église pauvre pour les pauvres ». François avait joint le geste à la parole en refusant d’occuper le spacieux appartement papal au profit d’une suite plus modeste à la résidence Sainte-Marthe, où évêques et laïcs de passage pouvaient le croiser à la machine à café, et en adaptant un mode de vie très simple, où prière et travail occupaient tout son temps. C’est une évidence : le pape François n’avait aucune attirance pour les biens de ce monde. Détachement qui n’excluait pas un véritable goût du pouvoir, qui se traduisit par une incapacité notable à déléguer et à faire confiance, et par l’habitude de gouverner seul.

Un exercice personnel du pouvoir

C’est l’un des nombreux paradoxes de François : il aura passé un temps considérable à réformer la curie, tout en se passant très largement d’elle pour gouverner. La réorganisation de l’Église, qui aura essentiellement constitué en une simplification de l’organigramme, aura été presque universellement jugée décevante – y compris par le pape, qui ne sera pas gêné pour critiquer l’inefficacité de la nouvelle organisation de la communication romaine, qu’il avait pourtant lui-même mise en place… Au quotidien, François n’aura cessé de passer par-dessus cette Curie censée l’assister, publiant ses textes sans consulter les experts, multipliant les annonces que les principaux concernés apprenaient par les médias. C’est seul, entouré d’un petit cercle de fidèles, qu’aura gouverné ce pape qui avait pourtant érigé en grand projet de son pontificat la synodalité, c’est-à-dire une gouvernance décentralisée de l’Église. Cette synodalité aura constitué l’un des principaux champs de bataille du règne, certains y voyant l’avenir d’une Église plus simple et plus proche des fidèles, l’autre la voie d’un inéluctable déclin, d’une confusion doctrinale et d’un affadissement du message d’une Église trop soucieuse de se concilier les bonnes grâces de l’opinion et de s’aligner sur l’air du temps. Le paradoxe est en tout cas patent : cette politique de décentralisation aura été lancée au cours du pontificat le plus autoritaire et le plus centralisé depuis le XIXe siècle, qui n’aura cessé de priver les évêques de nombre de leurs prérogatives, rapatriées à Rome, comme sur la question traditionaliste.

La guerre au traditionalisme

C’est l’un des points où la rupture avec Benoît XVI fut la plus nette. Par son motu proprio Summorum Pontificum de 2007, celui-ci avait mis fin à la stigmatisation des traditionalistes et remplacé la guerre liturgique par l’enrichissement mutuel des rites. Son credo, énoncé en 2008 à Lourdes : « Nul n’est de trop dans l’Église.» En annulant ce texte au profit du motu proprio Traditionis Custodes de 2021, François avouait au contraire son intention d’éradiquer cette mouvance, soupçonnée de constituer une Église dans l’Église. En caricaturant au passage le traditionalisme en nostalgie obscurantiste, ignorant la recherche de spiritualité et de sacralité dont elle témoigne, l’attirance pour sa liturgie de nombreux jeunes, comme les nombreuses conversions et vocations qu’elle suscite. Une défiance qui s’étendit jusqu’aux évêques suspects de bienveillance à l’égard de cette mouvance, comme le montra la démission exigée en 2024 par le pape de Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, pourtant le plus dynamique et le plus missionnaire des diocèses de France. Hostilité qui témoignait, de la part du pape, d’une forme d’idéologisation et de sacralisation de la pastorale post-Vatican II, en dépit de son bilan catastrophique, au risque de vouloir casser le peu de choses qui portent du fruit dans l’Église.

Une Église en voie de rétrécissement

Car les statistiques ne sont guère encourageantes. Si la proportion de catholiques dans la population mondiale reste stable (17,5% en 2022), le nombre de prêtres (- 3% en 10 ans) et surtout de séminaristes (- 11%) ne cesse de décroître : l’essor en Afrique et en Asie ne suffit plus à compenser le déclin des autres continents. Dans Pape François. La révolution (Gallimard), le vaticaniste du Figaro Jean-Marie Guénois souligne : « Les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI semblent avoir poussé et maintenu plus de monde dans les églises et dans les séminaires que le pontificat de François, plus clivant à beaucoup d’égards, peu amène pour les clercs, plus social et moins religieux.»

Une communication erratique

François avait la parole facile et imagée, et se faisait comprendre de tous, ce qui avait le mérite de rapprocher de l’Église des gens rebutés par son côté élitiste et intellectualisant. L’inconvénient était que son goût pour l’improvisation et les formules à l’emporte-pièce, les interviews données à des journalistes amis mais hostiles à l’Église, publiées sans jamais être relues, les conférences de presse dans les avions à l’issue de voyages harassants, ont multiplié les faux-pas, les déclarations démenties dès le lendemain, les polémiques inutiles et les raccourcis médiatiques, introduisant une atmosphère de confusion qui a lassé jusqu’à ses plus fidèles soutiens. Et d’autant plus dommageable qu’elle ne s’est pas limitée au domaine de la communication, mais a aussi affecté la clarté du discours sur la foi, suscitant des polémiques théologiques comme l’Église n’en avait plus connu depuis les années 1960.

Une Église profondément divisée

Jamais, dans l’histoire contemporaine, les divisions au sommet de l’Église n’auront ainsi été étalées au grand jour. À plusieurs reprises, des prélats de premier plan (les cardinaux Müller, Burke, Sarah ou Pell) ont, de manière plus ou moins feutrée (le cardinal Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a un jour taxé le pape François de « barbarie théologique»), attaqué des initiatives du pape ou des textes publiés par le Vatican avec son aval, sur des sujets aussi divers que la famille, la théologie morale, la synodalité ou l’immigration. En cause : une confusion noyant la sûreté doctrinale dans des formulations floues visant à flatter l’opinion, une remise en cause de l’héritage théologique et moral de Jean-Paul II et de Benoît XVI, une tentation d’aligner les positions de l’Église sur les évolutions sociétales contemporaines, une pastorale qui, pour se vouloir miséricordieuse, ferait fi de la doctrine et serait comprise par la plupart des fidèles comme une disparition de la notion même de péché – le journaliste athée Eugenio Scalfari, interlocuteur privilégié du pape qu’il a interviewé à plusieurs reprises, l’a ainsi félicité d’« avoir aboli le péché». Le comble a été atteint lors de la publication, en décembre 2023, de Fiducia supplicans, le texte de la Congrégation pour la doctrine de la foi autorisant la bénédiction des couples homosexuels, qui a suscité l’opposition publique de nombreuses conférences épiscopales et de l’Afrique entière. Du jamais-vu dans l’histoire de l’Église.

La défense de la vie
 
Sur un domaine pourtant, la défense de la vie de la conception à la mort naturelle, François a défendu les positions de l’Église avec fermeté, n’hésitant pas à employer des mots qui choquent pour réveiller les consciences : rappelant à des nombreuses reprises que l’avortement « est un homicide», allant jusqu’à comparer les médecins qui le pratiquent à des « tueurs à gages» ou évoquant à propos de l’euthanasie une « culture du rebut ». Ses détracteurs notent pourtant qu’en dépit de ces fermes déclarations, François ne s’est jamais précipité pour soutenir les défenseurs de la vie et que, que ce soit au sein de l’épiscopat américain ou par son lâchage de l’ancien archevêque de Paris Mgr Aupetit sur la foi de simples rumeurs, il a constamment mis des bâtons dans les roues des évêques les plus en pointe sur ces sujets.

Les abus sexuels

Même ambiguïté sur ce sujet ô combien brûlant, où le pape n’a cessé d’alterner dénonciations virulentes et attitudes plus ambiguës, allant jusqu’au soutien obstiné à des personnalités mises en cause, ou même convaincues de tels abus. Le voyage de François au Chili, en 2018, tourna ainsi au fiasco, à cause d’une phrase du pape balayant les accusations contre un prélat, soupçonné d’avoir protégé un prédateur, comme autant de « calomnies» (l’évêque en question, Mgr Barros, devra plus tard démissionner). Cette même année, un scandale avait éclaté lorsqu’il était apparu que l’un des conseillers de François, le cardinal américain McCarrick, était l’auteur d’agressions sexuelles pour lesquelles il avait été sanctionné par Benoît XVI. Dans la foulée, un site américain avait écrit, citant une source vaticane, que la réticence du pape à sanctionner divers prédateurs avait été la cause de sa rupture avec le cardinal Müller. Fin 2022, on révélait qu’un jésuite et célèbre mosaïste, le père Rupnik, ami du pape François, était accusé d’agressions sexuelles sur des religieuses : motif pour lequel il avait été excommunié en mai 2020 – excommunication levée le même mois. Or la seule autorité légitime pour lever ainsi une excommunication est celle du pape… Ledit père Rupnik vivrait aujourd’hui dans un couvent qu’il partage avec d’autres jésuites… mais aussi des religieuses !

La promotion des femmes

Les féministes lui reprochent certes de ne pas en avoir fait assez, en refusant de changer la politique constante de l’Église réservant la prêtrise aux hommes, ou en n’ouvrant pas le dossier du diaconat féminin : reste qu’on peut porter au crédit de François d’avoir ouvert comme jamais les postes de responsabilité aux femmes, nommées à la tête des dicastères (ministères) vaticans ou à des responsabilités importantes à la curie, tandis que les religieuses se voyaient ouvrir les portes du synode.

Écologie et pandémie

L’encyclique du pape sur l’écologie, Laudato si’, restera comme son texte le plus marquant, source d’inspiration pour nombre de jeunes chrétiens. Si cette insistance de François sur l’écologie a beaucoup contribué à sa popularité, beaucoup y ont vu aussi l’un des signes de la transformation progressive de l’Église en une simple ONG focalisée sur des thèmes très horizontaux, par des discours guère différents de ce que l’on peut entendre dans les différentes instances de gouvernance mondiale. L’attitude du pape face la pandémie de Covid-19 aura suscité, à ce titre, de profondes réticences dans le monde catholique : là où l’on attendait une lecture spirituelle permettant de redonner une espérance et profitant de cette crise pour bousculer le rapport des sociétés modernes à la mort, l’Église de François s’est contentée de relayer des consignes hygiénistes, se comportant en simple supplétive de l’OMS et avalisant le fait que la messe soit considérée comme une activité “non-essentielle”… Un paradoxe de plus pour un pape qui n’aura cessé de défendre la piété populaire, tout en condamnant la messe en latin, l’encens et les beaux ornements liturgiques, et en laissant l’un de ses proches déclarer que l’attachement à la messe relevait d’une forme « d’analphabétisme spirituel»…

La pomme de discorde de l’immigration

« Notre théologie est une théologie est une théologie de migrants», déclarait le pape François dès les premières pages de son livre Politique et Société. Le sujet, là encore très horizontal, aura accaparé la parole et l’énergie du pape comme aucun autre. Défendant l’accueil des migrants sans souci du bien commun, ni des conséquences culturelles, économiques et sociales, sécuritaires ou même religieuses de l’immigration de masse, ni même de l’intérêt réel à long terme des migrants ou de leurs pays d’origine, François aura fait du droit à migrer une sorte d’impératif catégorique sous forme de martèlement obsessionnel, et du migrant une sorte de figure rédemptrice – allant jusqu’à faire remplacer l’image du Christ, sur un crucifix du Vatican, par un gilet de sauvetage… Mêlant sans arrêt charité et politique, il n’aura cessé de condamner les politiques visant à maîtriser les flux migratoires et de culpabiliser les opinions occidentales en les taxant d’égoïsme et de racisme. En diabolisant l’attachement légitime des peuples à leur continuité historique, il aura commis une faute pastorale majeure, en détournant de l’Église des pans entiers de l’opinion européenne.

Une diplomatie contestée

Comme Emmanuel Macron, François a souvent voulu faire de la diplomatie par-dessus la tête de ses diplomates – avec des résultats guère plus heureux. Les relations avec la France auront d’ailleurs été tendues, à cause de la volonté insistante du pape qu’aucun de ses trois passages sur le territoire national n’apparaisse comme une visite officielle en France. La grande affaire diplomatique du pontificat de François aura été la normalisation des relations avec la Chine communiste, à travers un accord secret conclu en 2018, négocié par le cardinal Parolin, qui reconnaît à Pékin un droit de regard sur les nominations d’évêques. L’accord a été vivement critiqué par l’ancien archevêque de Hong Kong, Mgr Zen, comme une trahison de l’Église catholique clandestine. Il n’a en tout cas pas mis fin aux persécutions antichrétiennes du régime. Sur la question ukrainienne, les initiatives intempestives du pape auront réussi à mécontenter les deux parties. Sur le plan du dialogue interreligieux, la déclaration cosignée par François et l’imam d’Al-Azhar en février 2019 à Abu Dhabi, reconnaissant « la pluralité des religions» comme « une sage volonté divine »), a horrifié nombre de théologiens, dont le franciscain Thomas Wainandy, membre de la Commission théologique internationale, qui a dénoncé « une subversion doctrinale» qui « sape les fondements mêmes de l’Évangile ». En 2017, le même théologien avait écrit au pape une lettre où il lui reprochait d’entretenir « une confusion chronique » et de « dévaloriser la doctrine de l’Eglise ».

Et demain ?

Le pape a profondément renouvelé le collège des cardinaux : 80 % des électeurs du futur pape auront été nommés par lui. Est-ce à dire que le successeur de François sera son clone ? Pas forcément, car ses nominations furent souvent des “coups de cœur”, impulsifs, qui pouvaient profiter aussi à plus conservateurs que lui. Si des noms de papabili circulent bien évidemment (parmi lesquels le Philippin Tagle, le Hongrois Erdő, le Suédois Arborelius ou le Français Aveline), il faut se rappeler que rien n’est plus incertain qu’un conclave, rencontre sous haute tension d’hommes venus du monde entier et qui ne se connaissent guère, voire pas du tout. Où manœuvres de factions, enjeux psychologiques et questions de fond s’entrechoquent pour un résultat imprévisible. Une seule chose est certaine : s’il veut enrayer le déclin de l’Église, le nouveau pape devra lui donner un nouvel élan missionnaire. Outre l’indispensable réconciliation entre chrétiens, celui-ci ne semble pouvoir passer que par un discours plus clair, plus cohérent, plus lisible, et surtout plus spirituel, réaffirmant avec une netteté sans ambiguïté la spécificité du message catholique et la véritable révolution qu’il a pour mission d’apporter aux hommes : l’amour du Christ, qui leur ouvre la porte de la vie éternelle.

Voir aussi

Mort du pape : comment François a-t-il réconcilié les non-croyants avec l’Église ? (ses positions sur l’environnement ou encore l’accueil des exclus, le pape François a contribué, en douze années de pontificat, à casser certains préjugés sur l’Église catholique selon La Croix).

jeudi 19 décembre 2024

Prix 2024 de la Carpette anglaise

Décerné à Mme Astrid Woitellier et à la Conférence des évêques de France

COMMUNIQUÉ DE l’ACADÉMIE DE LA CARPETTE ANGLAISE

Réunie  chez Lipp, le  18 décembre, sous la présidence de Philippe de Saint Robert, l’académie de la Carpette anglaise a décerné son prix d’indignité civique à Mme Astrid Woitellier (ci-dessus), déléguée générale du concours Puissance Alpha, préparatoire aux écoles d’ingénieur, pour avoir supprimé l’épreuve de français qu’elle juge « anxiogène », alors que l’épreuve d’anglais, elle, est obligatoire ; ex æquo avec la Conférence des évêques de France, pour avoir mis en œuvre à l’occasion des Jeux olympiques 2024 le projet « Holy Games » !



À titre étranger, la Carpette anglaise 2024 est revenue au magazine France Football, pour l’organisation à Paris de la cérémonie dite du « Ballon d’or », le 28 octobre 2024, uniquement en anglais.

L'Académie de la Carpette anglaise est composée de Paul-Marie Coûteaux, Philippe Deniard, Marc Favre d’Échallens, Guillemette Mouren-Verret,  Marie-Josée de Saint Robert, Philippe de Saint Robert, Albert Salon, Marie Treps et Ilyes Zouari.

Adresses pour commentaires :

Conférence des évêques de France : https://eglise.catholique.fr/contact/
Mme Astrid Woitellier, déléguée générale du concours Puissance Alpha : contact@puissance-alpha.fr

Voir aussi
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

mardi 18 juillet 2023

La dérive immigrationniste de l'Église catholique

À rebours de la récente théologie du migrant qui salue les migrations de masse comme un levier pour édifier l'unité politique du genre humain, la tradition de l’Église catholique nous enseigne que "l’histoire de toutes les nations est appelée à entrer dans l’histoire du Salut" (Jean-Paul II)


Émission entière:

Rédacteur en chef culture à VA, critique cinéma et spécialiste de l’Église catholique, Laurent Dandrieu signe "Rome ou Babel, pour un christianisme universaliste et enraciné". Un essai qui remet le chrétien au centre du village. Laurent Dandrieu démontre, à l'appui de la doctrine de l'Église et d'auteurs chrétiens, que l'universalisme catholique est aujourd'hui largement dévoyé en un cosmopolitisme qui voudrait voir le genre humain unifié et les peuples mélangés tout en culpabilisant ceux qui s'accrocheraient à leur identité.

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L'Église catholique — pour qui sonne le glas ? (M-à-j)

Rome ou Babel : pour un christianisme universel et enraciné

L’idée banale selon laquelle il suffirait d’oublier ce qui sépare ne mène à rien…

 Le danger d'une morale hypertrophiée (selon Arnold Gehlen)

 « Un Dieu, trois religions »

Islam et christianisme : les impasses du dialogue interreligieux actuel

Rémi Brague : Y a-t-il un islam des Lumières ?

Manuel d’histoire (1) — chrétiens intolérants, Saint-Louis précurseur des nazis, pas de critique de l’islam tolérant pour sa part

« L’arrivée de Muhammad [Mahomet], au VIIe siècle, améliore la situation de la femme », mais « Les femmes [dans le catholicisme] ont une place importante, mais ne peuvent devenir prêtres. » in Le rôle des femmes dans les religions selon le livre ECR d’ERPI pour la 2e secondaire

Raad Salam Naaman : « España es el objetivo primordial del islam y de los musulmanes » (l’Espagne est un objectif primordial de l’islam et des musulmans

dimanche 25 juin 2023

Angleterre — Élèves dénoncent « ostracisme et brimades » à l’école si l'on ose dire qu'il n'y a que deux sexes

Dans une lettre ouverte à Gillian Keegan (ci-contre) ministre de l’Éducation, des élèves mettent en garde contre « l’ostracisme et les brimades » à l’école si elles remettent en cause le « dogme » transgenre.

Des adolescentes ont déclaré à la ministre de l’Éducation qu’elles étaient « trop effrayées » pour déclarer à leurs camarades de classe qu’il n’y a que deux sexes.

Deux jeunes filles de 14 ans ont écrit une lettre ouverte à Gillian Keegan, dans laquelle elles disent qu’elles veulent qu’elle sache « ce que c’est que de vivre dans un environnement scolaire où les voix dissidentes sont étouffées » et où « les idéologies extrémistes sont présentées comme des faits », avant la prochaine publication d’un document d’orientation sur les transgenres dans les écoles.

Les jeunes filles, qui ont déclaré avoir fréquenté différentes écoles secondaires en Angleterre et qui ont publié la lettre sous le couvert de l’anonymat, ont déclaré : « Il règne un climat de peur croissante dans les écoles autour de ce sujet, et de nombreux élèves, dont nous faisons partie, ont peur de s’exprimer ouvertement en raison de la menace de brimades et d’ostracisme de la part des élèves qui adoptent le dogme autoritaire de l’idéologie du genre ».

Elles ont déclaré « avoir toutes deux fait les frais d’enseignants partiaux qui tentent de faire passer l’idéologie du genre au travers de sujets anodins, en affirmant par exemple que Zeus, le dieu grec, était “non-binaire” ou que Lady Macbeth était “fluide en termes de genre” ».

Elles ont précisé : « Les étudiants de notre âge subissent une pression énorme pour se conformer à l’opinion populaire selon laquelle les “femmes trans” sont des femmes, et toute opposition à cette croyance est considérée comme “transphobe” et inacceptable ».

« Il y a eu de nombreux cas d’élèves victimes de brimades et d’ostracisme parce que leur opinion n’était pas conforme à l’idéologie du genre, où les élèves critiques à l’égard du genre sont sanctionnées par les enseignants, rejetées par les élèves, et abandonnées par leurs amis ».

« Beaucoup d’entre nous ont trop peur de s’exprimer par crainte des conséquences, et cela doit changer pour que les différentes opinions puissent être entendues, même sur des sujets qui divisent comme celui-ci ».

Cette lettre intervient après qu’un enseignant du collège de Rye, dans le Sussex de l’Est, a été enregistré en train de dire à des élèves qu’ils étaient « méprisables » pour avoir exprimé leur conviction qu’il n’y a que deux sexes, après qu’une autre élève se soit identifiée comme étant un chat.

L’enseignant a déclaré : « Ce n’est pas une opinion que nous exprimons dans cette école, et si vous ne l’aimez pas, vous pouvez changer d’école ».

Le Telegraph croit savoir que l’enseignant au centre de la controverse sur le « sexe du chat » a été écarté de la salle de classe toute cette semaine, depuis que l’enregistrement est devenu viral la fin de semaine dernière.

Un parent d’élève du Rye College a déclaré que « l’enseignant était là, mais pas en classe ». Aquinas, le consortium de l’Église d’Angleterre qui gère l’école, a refusé de démentir cette affirmation à trois reprises.

Kemi Badenoch, ministre des femmes et de l’égalité, a demandé à l’Ofsted de procéder à une « inspection rapide » de l’école et a déclaré que l’enseignant avait enfreint les règles qui stipulent que les écoles doivent rester politiquement impartiales.

L’Ofsted a déclaré qu’il « examinait attentivement » la lettre de Mme Badenoch demandant une inspection rapide, quelques mois après la dernière inspection de l’école par l’organisme de réglementation en janvier.

Le gouvernement s’apprête à publier, dans les semaines à venir, un projet de lignes directrices à l’intention des écoles sur la manière de répondre aux élèves qui s’interrogent sur leur sexe.

Tracy Shaw, de la Safe Schools Alliance, a déclaré : « Cette lettre claire et sincère de ces deux jeunes filles confirme ce que nous disons depuis longtemps. La culture de nombreuses écoles doit être examinée de fond en comble.

« Nous voulons que le ministère de l’Éducation fasse preuve de sens de l’initiative et mette un terme à la mainmise de l’idéologie sur l’éducation », a-t-il ajouté.

« Nous ne pouvons pas avoir une société où les adolescentes ont peur de dire la vérité et de revendiquer leurs droits à la dignité, à la sécurité et à la vie privée. »

Un porte-parole du ministère de l’Éducation a déclaré : « La sécurité et le bien-être des élèves sont notre priorité absolue. Nous avons clairement indiqué que les enseignants ne devaient pas enseigner des opinions contestées comme des faits et qu’ils devaient encourager leurs élèves à échanger respectueusement avec ceux avec lesquels ils ne sont pas d’accord. »

« Il est important que les parents et les tuteurs soient convaincus que leurs enfants ne sont pas influencés par les opinions des enseignants. C’est pourquoi nous travaillons à la publication d’orientations concernant les enfants qui s’interrogent sur leur sexe [et les autres comme ici ?] avant la fin de l’année scolaire ».

Source : Daily Telegraph

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Affiche subventionnée par Québec “contre la violence sexuelle” faite aux trans (m à j)

 

mardi 20 juin 2023

Angleterre — une élève met en doute l'assertion d'un camarade de classe «s'identifiant à un chat», sa prof la qualifie de «méprisable» (autres cas)

Selon le Daily Telegraph britannique, d’autres élèves du même établissement et d'autres écoles s’identifieraient aussi comme des animaux, devant des enseignants mal outillés pour gérer ce comportement des élèves. 

Dans une école du Pays de Galles, une élève s’identifiant comme un chat refuserait notamment de répondre aux questions de son enseignant en anglais, préférant miauler, selon ce qu’aurait relaté une camarade de classe au «Telegraph». 

«Et les enseignants ne sont pas autorisés à être agacés parce que c’est vu comme de la discrimination, aurait-elle ajouté. C’est dérangeant de s’asseoir dans une classe et d’avoir quelqu’un qui miaule à l’enseignant au lieu de répondre à ses questions.»

Car si les écoles auraient établi des protocoles pour adresser la question d’identité des élèves transgenres, la question de ceux qui s’identifient comme des «furry» – des animaux anthropomorphes – ne devrait pas être adressée par le département de l’Éducation britannique, qui invite plutôt les enseignants à appliquer le «bon sens», malgré le sujet délicat.  

«Les enseignants devraient gérer la situation sous des lignes directrices prédéterminées, a martelé Tracy Shaw. Si un enfant se présente à l’école en s’identifiant comme un chat ou un cheval, cela devrait immédiatement soulever des drapeaux rouges.»


Billet du 19 juin

Des parents se sont plaints après l’apparition d’un enregistrement sur lequel un enseignant traite ses élèves d’homophobes et leur suggère d’« aller dans une autre école ».

Une enseignante de l’Église d’Angleterre a déclaré à une élève qu’elle était « méprisable » après qu’elle a refusé d’accepter que sa camarade de classe s’identifie comme un chat.

La jeune fille de 13 ans et son amie ont été réprimandées par leur professeur au Rye College, dans l’East Sussex, vendredi, à la fin d’un cours de 8e année sur « l’éducation à la vie », au cours duquel on leur a dit qu’elles pouvaient « être qui elles voulaient être et que la façon dont elles s’identifiaient ne dépendait que d’elles ».

La dispute, qui a exaspéré les parents, aurait été déclenchée par l’un d’entre eux qui aurait demandé à un camarade : « Comment peux-tu t’identifier comme un chat alors que tu es une fille ? »


Vidéo de présentation du collège (en anglais)

Leur professeur leur a dit qu’ils seraient signalés à un responsable et qu’ils n’étaient plus les bienvenus à l’école, qui fait partie de l’Aquinas Trust, un réseau de 11 écoles de l’Église d’Angleterre, s’ils continuaient à exprimer l’opinion selon laquelle seuls les garçons et les filles existent. [Matthieu 19:4 : « Il répondit : N’avez-vous pas lu que le créateur, au commencement, fit l’homme et la femme » et notamment « Marc 10:6 : “Mais au commencement de la création, Dieu fit l’homme et la femme ;”]

« Elles se sentent vraiment mal, elles sont folles ».

Le Daily Telegraph de Londres a écouté un enregistrement de l’échange houleux réalisé par l’un des élèves, dans lequel l’enseignant commence par dire « comment oses-tu — tu viens de bouleverser quelqu’un » en « remettant en question son identité ».

L’élève a répondu : « S’ils veulent s’identifier à un chat ou autre, c’est qu’ils vont vraiment mal, qu’ils sont fous ».

L’enseignant demande ensuite aux filles « d’où vous vient cette idée qu’il n’y a que deux sexes », ajoutant : « Ce n’est pas une opinion ».

L’enseignante précise que « le genre n’est pas lié aux parties avec lesquelles on est né, le genre est lié à la façon dont on s’identifie, et c’est ce que j’ai dit dès le début du cours ».

Elle a ajouté qu’« il y a en fait trois sexes biologiques parce qu’on peut naître avec des parties du corps masculines et féminines ou avec des hormones » et qu’« il y a beaucoup de genres — il y a le transgenre, il y a l’ » agender » qui sont des personnes qui ne croient pas du tout qu’elles ont un genre ».

Les filles ont déclaré qu’elles n’étaient « pas d’accord avec cela » et qu’il n’était « pas possible » d’avoir une identité agenre « si vous avez un vagin, vous êtes une fille et si vous avez un pénis, vous êtes un garçon — c’est tout ».

L’enseignant s’est interposé en haussant le ton : « Que voulez-vous dire par vous ne pouvez pas l’avoir ? Ce n’est pas une loi… Cisgenre n’est pas nécessairement la façon d’être — vous parlez du fait que le cisgenre est la norme, que vous vous identifiez à l’organe sexuel avec lequel vous êtes né, c’est en gros ce que vous dites, ce qui est vraiment méprisable ».

L’enseignant a suggéré qu’elles étaient homophobes et confuses, ce que les filles ont nié. Lorsque les élèves ont déclaré que leurs mères seraient de leur côté, l’enseignante a répondu : « Eh bien, c’est aussi très triste ».

L’enseignant a déclaré que « si vous n’aimez pas cela, vous devez aller dans une autre école », ajoutant : « Je vous dénonce auprès de [l’école] » : L’enseignant a déclaré que « si vous n’aimez pas cela, vous devez aller dans une autre école », ajoutant : « Je vous dénonce auprès [de la direction], vous devez avoir une véritable conversation éducative sur l’égalité, la diversité et l’inclusion parce que je n’ai pas l’intention de l’exprimer dans mon cours ».

La suppression du débat

Le Daily Telegraph de Londres a contacté l’école et la fondation pour obtenir des commentaires.

Le parent de l’élève qui a pris l’enregistrement a exprimé sa colère en ligne et a remercié « ceux qui ont été gentils et ont apporté leur soutien » à sa fille.

Un parent d’un autre élève de 8e année de l’école qui a reçu la même leçon a déclaré au Telegraph : « Je comprends ce que l’enseignante voulait dire : “Je comprends ce que l’enseignante voulait dire, mais ce qui me dérange, c’est qu’elle mette fin au débat d’une manière aussi menaçante et agressive, ce qui, selon moi, n’est pas approprié dans le cadre d’un enseignement.

“Quel que soit le sujet, l’éducation devrait servir à sensibiliser aux différents points de vue afin d’élargir la compréhension d’un sujet. Il ne devrait pas s’agir d’un cas d’endoctrinement”.

La fondation de l’Église d’Angleterre qui gère l’école, ainsi que d’autres établissements de l’East Sussex, du Kent et du sud-est de Londres, aurait demandé à ses enseignants, au début de l’année, de “rééduquer” ceux qui utilisent un “langage négatif” tel que “c’est de la folie” et “arrêtez de vous comporter comme une fille”.

Un porte-parole du Rye College a déclaré : “Nous nous engageons à offrir à nos élèves une éducation inclusive. Les enseignants s’efforcent d’écouter les opinions des élèves et les encouragent à poser des questions et à s’engager dans la discussion. Ils s’efforcent également de répondre aux questions avec tact et honnêteté.

“Nous nous efforçons de maintenir les normes les plus élevées dans l’ensemble de l’école. Nous allons revoir nos procédures et travailler avec les personnes concernées pour veiller à ce que de tels événements ne se reproduisent plus à l’avenir”.


Source : The Daily Telegraph

Voir aussi

Canular ? Une collégienne australienne s’identifierait à un chat, l’école la soutiendrait (2022, Herald Sun)

jeudi 20 janvier 2022

Plus de 360 millions de chrétiens ont été « fortement persécutés et discriminés ». Silence complice ?

Plus de 360 millions de chrétiens ont été « fortement persécutés et discriminés » en raison de leur foi dans le monde en 2021, et l’Afghanistan est le pire pays pour les chrétiens, selon un rapport de l’ONG Portes ouvertes publié mercredi.

« La persécution atteint un niveau record », a affirmé Patrick Victor, directeur de Portes ouvertes France et Belgique, lors d’un point presse mercredi. Cette ONG protestante publie chaque année un « index mondial » de la persécution des chrétiens, recensant toutes les atteintes, allant de l’« oppression quotidienne discrète » aux « violences les plus extrêmes ».

Entre le 1er octobre 2020 et le 30 septembre 2021, ce sont « plus de 360 millions de chrétiens » — catholiques, orthodoxes, protestants, baptistes, évangéliques, pentecôtistes, etc., de 76 pays — qui ont été « fortement persécutés et discriminés », contre 340 millions en 2020, note-t-elle.


Nous nous sommes demandé si Radio-Canada (plus d’un milliard de $/an de subventions) avait parlé de ces chiffres. Nous avons donc cherché sur le site de Radio-Canada les articles parus depuis une semaine comprenant les mots « persécutés » et « chrétiens ». Un seul résultat : il relate l’antijudaïsme de chrétiens de l’Action française au début du XXe siècle.

Rien sur ces 360 millions de chrétiens.


mercredi 5 mai 2021

Oui, c'était mieux avant !

Patrick Buisson vient de publier La Fin d’un monde, pur livre d’histoire et premier tome de plus de 500 pages d’une œuvre qui s’annonce monumentale.

Le bandeau rouge sur la couverture avec l’inscription « Oui, c’était mieux avant ! » donne le ton. La Fin d’un monde s’inscrit dans une tradition réactionnaire assumée. Naufragé hors de son époque, Buisson remonte le temps pour mieux éclairer notre modernité, à ses yeux déshumanisée.

La grande fracture temporelle date, selon lui, d’un demi-siècle : tout se serait déroulé en l’espace de quinze ans, entre 1960 et 1975. La révolution soixante-huitarde, entamée dès le début des années 1960, sous ses dehors de révolution libertaire, aurait été, en réalité, une « révolution petite-bourgeoise » consacrant l’avènement d’une nouvelle civilisation marchande. La destruction des repères traditionnels (famille, religion), des lieux de sociabilité anciens (cafés, églises) et des ancrages locaux, qui étaient autant de protections collectives pour les plus humbles, a contribué à l’atomisation de la société, en particulier des classes populaires. La thèse n’est certes pas nouvelle, et l’on pourrait discuter de son caractère systématique.

L’ouvrage de Buisson se distingue cependant par son style éblouissant, sa richesse et sa densité. Pour préparer son livre, l’ancien directeur de la chaîne Histoire s’est notamment plongé dans les archives télévisuelles de l’époque (émissions, feuilletons…), en extrayant foison d’images et luxe de détails.

Et si la plupart des penseurs déclinistes contemporains insistent sur les questions européenne et d’immigration, Buisson met l’accent sur la transformation des mœurs, des coutumes et des croyances. L’homo religiosus céderait la place à homo œconomicus : là est, selon lui, le vrai « grand remplacement ». La presse de gauche se moquera de sa nostalgie de la messe en latin et de son aversion pour les cheveux longs. Oubliant son côté anar et populaire. Car la France de Buisson, c’est aussi celle de Brassens et de Ferré, de Gabin et de Blondin. Celle d’Audiard.

Féroce, l’écrivain ne dédaigne pas de jouer les tontons flingueurs lorsqu’il s’agit de se moquer du « féminisme » lesbien du MLF, de la « génération papa poule » ou encore des prêtres défroqués. Mais c’est sa puissance d’évocation mélancolique, lorsqu’il narre le grand déracinement des paysans ou la disparition des bistrots, qui hante longtemps après la lecture. « La vérité est dite par les ruines », écrit-il. Tel un archéologue, Buisson exhume les ruines pour ressusciter la beauté d’une civilisation disparue.


La Fin d’un monde
Une histoire de la révolution petite-bourgeoise
de Patrick Buisson
publié le 5 mai 2021
chez Albin Michel
à Paris
528 pages
ISBN-13 : 978-2226435200


Extrait

Vatican II

La pandémie de la Covid-19 aura fait en France environ 65 000 morts pour l’année 2020. Soit une surmortalité de 9 % par rapport à 2019. Sans doute les historiens s’interrogeront-ils devant le désarroi si ce n’est la panique qui se sont emparés des pouvoirs publics et d’une grande partie de la population face à un phénomène aux effets, somme toute, limités, sans commune mesure en tout cas avec les grands fléaux qui avaient jusque-là accablé l’humanité. Il est vrai qu’au-delà des polémiques qui incriminèrent l’impuissance et l’impéritie de l’État, les questions que posait l’expansion du virus n’étaient pas de celles auxquelles la classe politique avait l’habitude de répondre. Métaphysiques ? Probablement. Anthropologiques ? Sans aucun doute. Civilisationnelles ? À coup sûr. 

Le problème à résoudre tenait de la quadrature du cercle. Comment faire en sorte que le risque puisse être ­accepté par le plus grand nombre pour ne pas avoir à désorganiser ou à interrompre trop longtemps toute vie sociale quand la mort n’était plus considérée comme le terme naturel de l’existence, mais comme un dysfonctionnement d’ordre technique, un accident possiblement évitable ? Question de masques et de respirateurs, de gestes barrières et de distances sociales. 

Comment proposer aux Français une lecture rassérénante de l’événement quand avaient disparu, en l’espace de quelques décennies, les principaux pourvoyeurs de sens, ces messianismes qui ravitaillaient, hier ­encore, la multitude en espérance ­disaient les uns, en utopies cinglaient les autres, mais qui tous, à travers un grand récit, avaient eu au moins le mérite jusqu’à un passé récent d’approvisionner les hommes en raisons de vivre et surtout — c’était là le plus difficile — en raisons de mourir ? 

Jamais le fameux « désenchantement du monde » mis en avant par le sociologue Max Weber pour décrire le processus de recul des croyances au profit des explications scientifiques n’avait paru aussi lourd à porter qu’au moment où la science semblait vaciller dans ses certitudes et que le nombre de morts égrené par le directeur général de la Santé infligeait au corps médical une leçon d’humilité quotidienne. Jamais la panne de sens n’avait été ressentie de façon aussi accablante depuis la Seconde Guerre mondiale. 

[…] 

Comme l’écrivait Marcel Gauchet, « nous étions voués à vivre désormais à nu et dans l’angoisse, ce qui nous avait été épargné depuis le début de l’aventure ­humaine par la grâce des dieux ». Vivre à nu ? N’était-ce pas là déjà la cause profonde de la crise morale, politique et ­intellectuelle qui, en Europe, préexistait à la pandémie et que la Covid n’avait fait qu’amplifier ? L’hypothèse la plus probable, bien qu’irrecevable pour un esprit progressiste, était que ce mal-être collectif avait partie liée avec la liquidation du monde ancien. 

[…]

Les conséquences de Vatican II 

Vieux d’environ cent mille ans, l’homo religiosus est entré en phase terminale. La croyance en un au-delà de la mort s’estompe en parfaite synchronie avec le désir de transmettre la vie qui, lui aussi, est en chute libre. 

En l’espace de quelques années, une rupture d’affinité se produit entre l’éthos chrétien et les nouvelles normes de l’économie. C’est le moment où le « bon pape » Jean XXIII décide de convoquer le concile Vatican II. Le défi qu’elle se lance alors d’« entrer en conversation avec le monde » engage imprudemment l’« Église éternelle » dans l’exposition aux changements du monde contemporain, autrement dit au risque de devenir abusivement temporelle et d’accélérer ainsi la sortie du religieux de la durée historique. 

En abaissant la verticalité du ­sacré vers une immanence humanitaire qui valorise le salut terrestre, en réduisant leurs exigences doctrinales à la ­demande effective du siècle, les pères conciliaires pensent pouvoir endiguer le processus de déchristianisation dont les prodromes, en Occident, sont déjà perceptibles. C’est tout le contraire qui va se produire. 

Désacralisée, l’Église se prive de l’intransigeance qui avait fait historiquement sa force. Ce n’est plus la « splendeur de la vérité » qu’elle propose aux foules, juste une offre de biens symboliques en concurrence sur le marché des croyances, avec les nouvelles religions séculières que sont l’accomplissement de soi ou l’idolâtrie de la marchandise. En France, un décrochage massif de la pratique catholique vient déjouer le pari de ceux qui avaient misé sur les ­réformes conciliaires, sinon pour l’enrayer, du moins pour l’amortir. 

Déroutée ou scandalisée par l’« esprit du concile », une partie importante du peuple des fidèles vote avec ses pieds et déserte les églises à mesure qu’elle se pénètre de l’idée qu’« on a changé la religion ». Prônant une foi déritualisée et entièrement polarisée par la rationalité, le nouveau clergé se pose en antagoniste du vieux catholicisme de clocher, familial et festif, autant que d’une religiosité populaire mue par les sentiments et les forces instinctives du sensoriel. 

En fait, la déchristianisation massive des années soixante n’est que partiellement imputable aux facteurs socio-économiques externes, quoi qu’en disent les tenants d’un certain inéluctabilisme avant tout soucieux de sanctuariser idéologiquement le ­concile. Ce sont bien, au contraire, les valeurs citadines intellectuelles promues par Vatican II et les transformations ­internes de l’Église qui sont principalement à l’origine d’un vaste processus d’« exchristianisation » des masses, ­selon la pertinente analyse de François-André Isambert pour qui les fidèles des milieux populaires attachés aux fonctions rituelles et festives du culte ont été repoussés à l’extérieur du christianisme par la conjonction de l’avènement d’un intellectualisme religieux et d’un sectarisme souvent dicté par un réflexe inconscient de classe.  

 […]

 

La messe transformée en spectacle avec musique populaire contemporaine. On y applaudit le prêtre qui pousse la chansonnette avec sa guitare.

La fin des paysans 

Une hécatombe silencieuse, une mort par asphyxie, une saignée ininterrompue : les images se bousculent, aucune n’est véritablement appropriée pour rendre compte du phénomène. En trente ans, de 1946 à 1975, l’agriculture française a perdu les trois quarts de ses effectifs. En trente ans, la population ­active agricole est passée de 7,5 millions à 2,1 millions et la main-d’œuvre masculine a été divisée par trois, celle des femmes par six. 

Au-delà du bilan chiffré, Jean Giono y a vu l’œuvre d’un implacable tri sélectif : « Si je fais une différence entre le paysan et le reste de l’humanité, c’est qu’à ce moment le départ s’est fait entre ceux qui voulaient vivre naturellement et ceux qui désiraient une vie artificielle. » 

[…]

« À chaque départ, soupire le Vendéen Jean Yole en observateur ­morose de la déliquescence du monde rural, si nous regrettons le semeur de blé, l’éleveur des troupeaux, le créateur de ­richesses, nous regrettons aussi le disciple en qui la terre avait mis ses complaisances, le continuateur d’une tradition. Son départ, pour nous, c’est un froc jeté aux orties, un décès dans la garde, un coup porté à la solidité des réserves. » Il en est des villages voués au dépeuplement comme du bétail marqué pour l’abattage : une fatalité les habite et ne les quitte plus. Dès lors, le diagnostic de « viabilité sociale » est aisé à établir, comme dans le cas de la commune de Ferrières-La Verrerie située dans les collines du Perche normand. L’absence d’esprit coopératif, en empêchant le ­remembrement et les regroupements d’exploitants, a maintenu les exploitations de ce pays d’élevage et d’herbages en deçà du seuil de rentabilité. Pas d’égouts, pas de service des ordures, un habitat dispersé, un isolement qui confine à l’enclavement : les enfants font jusqu’à huit kilomètres pour se rendre à l’école, les jeunes doivent en parcourir vingt-cinq pour trouver une salle de ­cinéma à Mortagne ou à Merlerault. Au bourg, un café et un boulanger ont fermé boutique et le boucher qui va prendre sa retraite ne trouve personne pour reprendre son commerce. Pas de travail, pas de distraction : la dévalorisation communale s’accompagne d’un sentiment de déchéance collective chez ceux qui restent, ces laissés-pour-compte reclus dans un pays moribond et retranchés du monde des vivants. « Un monde rural est profondément ­malade, écrivait déjà Simone Weil, quand le paysan a le sentiment qu’il est resté paysan parce qu’il n’a pu être autre. » 

[…] 

Une enquête réalisée au printemps 1964 par un thésard parisien, Michel Charasse, futur ministre de François Mitterrand, et par un responsable d’un mouvement catholique agricole, Pierre Brossot, développe, le paradoxe qui veut que trois jeunes agriculteurs sur cinq doivent quitter la terre lors même que les trois quarts d’entre eux, selon les études d’opinion, souhaiteraient y rester. Plus méditative et d’apparence moins scientifique, l’observation d’un agriculteur sarthois en éclaire le sens : « Nous savons bien que, si nous partons, nous serons ­déracinés, et un arbre déraciné, ça ne pousse pas fort. »

[…]

Du bistrot à la télévision 

Le bistrot était dans les trente-six mille communes de France le plus répandu des clubs masculins, chapelle profane plantée au cœur du village, le plus souvent en face de l’église pour mieux se ­poser en institution autonome de la ­culture populaire. On l’a longtemps cru indestructible en raison même des ser­vices de toutes natures qu’il rendait à une clientèle de toutes conditions, mais prioritairement aux plus humbles et aux plus défavorisés. 

[…] 

L’apéritif du soir attire une clientèle à la fois plus nombreuse et plus populaire composée d’ouvriers ocriers, d’artisans et de paysans. On n’y boit que du pastis jusqu’à épuisement des tournées générales ou jusqu’à l’arrivée des fils qui, envoyés par les ­mères, viennent tirer par la manche les récalcitrants arrimés au comptoir comme à un quai par un filin invisible. Au fond de la salle se trouve le coin des solitaires où s’acagnardent les vies ­concassées : célibataires, veufs, petits ­retraités qui ont fait du café un foyer de rechange, une salle d’attente avant le passage de la Camarde. On y tape le carton, on y joue à la belote ou au tarot, on y sirote parcimonieusement un canon ou une anisette qu’on fera durer aussi longtemps que possible. 

[…] 

Au comptoir, l’affaire est autrement sérieuse. C’est là que se tient en station (provisoirement) verticale la confrérie des leveurs de coude, où princes de la cuite, prolos de la biture et boit-sans-soif se côtoient pour hausser la vie d’un ton dans un ­tohu-bohu fraternel. « Une religion avec des bourrades, des coups de poing, des coups de gueule et des coups de vin, note l’historien Louis Chevalier, en familier du Paris bistrotier, une exubérance de tout le corps, une mise en branle des vis­cères et de tous les muscles. » De façon encore plus marquée qu’à la campagne, le bistrot est à la ville le lieu par excellence de la parole masculine, du discours pour le discours, l’endroit où la virilité prolétaire trouve l’arène publique dont elle a besoin pour se déployer. Gabin porte à la perfection cette parole éruptive de tribun de comptoir dans des films comme Rue des prairies (1959), Archimède le clochard (1959), Les Vieux de la vieille (1960) ou Un singe en hiver (1962), tous dialogués par Michel Audiard dont le registre oscille entre l’anarchisme de droite et la littérature populiste. C’est l’heure où le café, selon le mot de Balzac, prend des allures de « salle de conseil du peuple », où le verbe haut des grandes gueules réalise l’utopie du gouvernement de la plèbe à coups de sentences définitives et de « remettez-nous ça, la patronne », où toutes les résistances, toutes les déviances sont non seulement autorisées, mais légitimes, où la turbulence des uns et la folie des autres, bouillonnant dans la chaleur sociale des vieilles solidarités, s’acharnent contre les bourgeois et « ceux qui nous gouvernent. 

[…]

Quelque chose, cependant, a commencé de changer. Insensiblement. Subrepticement. À partir de 1963 et de Mélodie en sous-sol, le bistrot du coin a disparu ou ne joue plus le même rôle social dans les films de Gabin. Les statistiques le confirment : 249 000 cafés en 1946, 191 000 en 1975. Les Trente Glorieuses auront été les trente piteuses du comptoir. Le rade est en rade ou menace de l’être. Lancée dès avant-guerre, la politique sanitaire et ­hygiéniste de l’État est en plein essor 

[…] 

Aucune des politiques répres­sives qui suivront n’égalera l’impact qu’aura eu sur la fréquentation des cafés l’équipement des ménages en postes de télévision. En l’espace d’à peine dix ans le “phénomène télé” a pulvérisé le biotope bistrotier. Les salles se vident un peu avant l’heure des journaux télévisés, les relations entre “connaissances” se distendent, se fragmentent, se parcellisent. L’ère de la télévision inaugure celle du confinement, du repli domes­tique et de la désaffection pour la maison des hommes.

Source : Le Figaro Magazine

Voir aussi
  
 

Religion — baisse de la fréquentation de la messe sous le pape François, stabilité chez les protestants

Vatican II, “déclencheur” de l’effondrement de la pratique catholique ? (M-à-j vidéos) 

Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne

Rémi Brague sur la droitisation des catholiques et le silence de l’Église sur l’insécurité culturelle

Rémi Brague : “Non, la parabole du bon Samaritain ne s’applique pas aux États !”

Laurent Dandrieu : “Les souffrances des Européens sont sorties du champ de vision de l’Église”

Pourquoi le patriarcat a de l’avenir

L’entretien de Laurent Dandrieu avec le site Le Rouge et le Noir.

L’Église catholique — pour qui sonne le glas ? (M-à-j)

L’idée banale selon laquelle il suffirait d’oublier ce qui sépare ne mène à rien…
 
 
  
 
 
 
 
 

mardi 6 avril 2021

La police canadienne a tenté de fermer une église polonaise de Calgary le Jour de Pâques (vidéo)

La police canadienne a tenté de fermer une église polonaise de Calgary le Jour de Pâques. Elle s’est fait refuser l’accès par le pasteur local très remonté : « ne revenez pas sans un mandat ! » Excédé par l’immobilité des policiers et une policière volubile qui ne semblait pas comprendre, il a traité les policiers de « nazis » et de « fascistes ».

 

Article 176 du Code criminel du Canada

 (1) Est coupable d’un acte criminel passible d’un emprisonnement maximal de deux ans ou d’une infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire quiconque, selon le cas :

  • a) par menaces ou violence, illicitement gêne ou tente de gêner un officiant dans la célébration d’un service religieux ou spirituel ou l’accomplissement d’une autre fonction se rattachant à son état, ou l’empêche ou tente de l’empêcher d’accomplir une telle célébration ou de remplir une telle autre fonction;

  • b) sachant qu’un officiant est sur le point d’accomplir, ou est en route pour accomplir une fonction mentionnée à l’alinéa a), ou revient de l’accomplir :

    • (i) ou bien se porte à des voies de fait ou manifeste de la violence contre lui,

    • (ii) ou bien l’arrête sur un acte judiciaire au civil ou sous prétexte d’exécuter un tel acte.

 

Jésus chassant les marchands du temple

dimanche 21 mars 2021

Église d'Angleterre veut réserver 30 % des postes d'ecclésiastiques à des minorités ethniques

Un rapport obtenu par le Spectator de Londres révèle que l’Église d’Angleterre prévoit de mettre en place une formation antiraciste et de contextualiser les statues « susceptibles de blesser ou d’offenser ».

L’Église d’Angleterre introduira un quota pour le clergé issu de minorités ethniques. Elle mettra en place une formation antiraciste.

L’année dernière, les responsables de l’Église ont mis en place un groupe de travail pour enquêter sur le racisme après que Mgr Justin Welby, l’archevêque de Cantorbéry, a déclaré lors d’un débat général au Synode qu’il était « désolé et honteux… que nous soyons toujours institutionnellement racistes ».


Le nombre de membres du clergé qui s’identifient comme appartenant à une minorité britannique a toujours été faible. Sur les 42 évêques diocésains du Royaume-Uni, le seul issu d’une minorité ethnique est Guli Francis-Dehqani (ci-contre), l’évêque de Chelmsford, d'origine iranienne.

Selon les statistiques du ministère de 2019, environ 93,7 % des cadres supérieurs — une catégorie qui comprend les évêques, les archidiacres et le clergé de la cathédrale — se disent de race blanche britannique, une légère baisse par rapport à 2012, alors que ce chiffre était de 96 %.

Le rapport divulgué par The Spectator indique comment le nouveau groupe de travail prévoit de remédier à ces déséquilibres, avec des recommandations telles qu’un quota de 30 % pour le clergé « ethnique », une refonte de l’éducation dans les écoles de l’Église et du programme du clergé. Toutes les listes restreintes des candidats retenus devront également comprendre au moins une personne issue d’une minorité ethnique.

Le rapport, divulgué au Spectator et intitulé « De la lamentation à l’action : rapport du groupe de travail sur l’antiracisme des archevêques », indique qu'« un ecclésiastique issu d’une minorité britannique [devrait être] élu dans chaque région ».

Les réformes seront financées et supervisées par la création d’une unité de justice raciale pour une durée déterminée de cinq ans. Le rapport doit être présenté au Conseil des archevêques la semaine prochaine. Sa version définitive devrait être publiée le 22 avril.

Le projet de document suggère également que les responsables doivent « reconnaître, se repentir et prendre des mesures décisives pour s’attaquer à l’histoire et à l’héritage honteux » de l’implication de l’Église dans la traite transatlantique des esclaves et « s’occuper de toute partie d’une église qui pourrait blesser ou offenser ».

La statue d’Edward Colston jetée à l’eau

« Le mouvement Black Lives Matter, et en particulier le renversement de la statue de Colston sur les docks de Bristol, a jeté un nouvel éclairage et a suscité le sentiment d’urgence nécessaire pour que l’Église d’Angleterre se penche sur son propre héritage contesté », affirme le document.

Il suggère qu’un programme de formation accéléré pour le clergé considéré comme « à surveiller » devrait accueillir un minimum de 30 % de candidats issus de minorités « afin de constituer une relève ».

Il exhorte également toutes les écoles primaires et secondaires de l’Église d’Angleterre à « élaborer un vaste programme d’éducation religieuse qui inclura une référence explicite à la promotion de la justice raciale », commémorera le Mois de l’histoire des Noirs et célébrera des saints et des modèles « issus de la diversité ».

Après la fuite du rapport, les archevêques de Cantorbéry et d’York ont publié une déclaration où ils déclarent : « Le temps de parler de lutte contre le racisme systémique est révolu depuis longtemps : c’est le moment d’agir de façon décisive. L’ébauche de ce rapport produit par un groupe de travail indépendant s'attaque à ce péché [le fait de traiter les autres chrétiens comme inférieurs et de renforcer les préjugés] et nous nous en félicitons pour cette raison. »

Halima Begum, la directrice du Runnymede Trust, un groupe de réflexion sur l’égalité raciale, a salué « l’intention de l’Église d’Angleterre de devenir plus inclusive et accueillante envers des congrégations “issues de la diversité” au Royaume-Uni ».

En février dernier, le Synode général a décidé « de continuer, avec beaucoup d’efforts et d’urgence, à éradiquer toutes les formes de racisme conscient ou inconscient » et de s’engager à « accroître la participation et la représentation des laïcs et des prêtres anglicans issus de minorités ethniques à tous les stades de la vie de l’Église ».

Quatre mois plus tard, l’archevêque de Cantorbéry a déclaré que l’institution devrait reconsidérer la représentation de Jésus comme blanc et réfléchir « très attentivement » à ses monuments controversés à la suite des manifestations de Black Lives Matter, ajoutant que « certains devront être enlevés ».

 

Sources : The Spectator et Daily Telegraph

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lundi 1 mars 2021

États-Unis — La loi sur l'« égalité » des démocrates exclut expressément toute objection religieuse

Le 25 février, la Chambre des représentants des États-Unis a adopté la HR5, la prétendue « loi sur l’égalité », pour modifier diverses dispositions de la loi sur les droits civils de 1964. Si ce projet de loi était adopté par le Sénat et promulgué par le président Biden, le projet de loi aurait d’incalculables conséquences plus particulièrement dans son attaque particulière contre les femmes (biologiques, il faut préciser de nos jours apparemment !) et les croyants des religions traditionnelles. Le projet de loi est expressément conçu pour imposer une idéologie sexuelle controversée au public américain et pour en interdire toute objection fondée sur la religion.

Le prologue du projet de loi affirme que son objectif est « d’interdire la discrimination fondée sur le sexe, l’identité de genre et l’orientation sexuelle, et à d’autres fins ». Mais comme le reste du projet de loi l’indique clairement, cela signifie interdire tout désaccord et proscrire les distinctions biologiques, c’est-à-dire qu’être femme ou homme n’est plus ancré dans la biologie, mais dans la perception de son « genre ». Les « autres fins » incluent la restriction du libre exercice de la religion. En outre, le projet de loi poursuivra la normalisation de l’avortement en tant que procédure médicale comme une autre et obligera les médecins et autres prestataires de soins de santé à participer à l’avortement malgré leurs objections morales.

Lire Monsieur Patate dans les patates et
Derrière l’attaque contre Monsieur Patate

Trois dispositions clés du projet de loi forment son ossature : la redéfinition du terme « sexe » pour nier la biologie ; l’élargissement du terme d’« hébergement public » pour inclure tout lieu où des personnes se rassemblent à l’extérieur d’une résidence privée ; et le déni explicite de la liberté religieuse et de la protection de la liberté religieuse.

La première disposition, la plus fondamentale, propose de modifier la loi sur les droits civils de 1964 en remplaçant le terme « sexe » par « sexe (y compris l’orientation sexuelle et l’identité de genre) ». Les lobbies LGBTQ+ tentent depuis de nombreuses années de persuader les tribunaux fédéraux de définir le sexe de cette façon. Ils ont remporté une victoire historique en 2020 dans la cause Bostock c. Clayton County, dans lequel la Cour suprême a jugé que le titre VII de la loi sur les droits civils de 1964 inclut l’identité de genre et l’orientation sexuelle dans sa définition du « sexe ». Cependant, même certains partisans de cette décision reconnaissent que l’opinion majoritaire du juge Gorsuch est fondée sur un sophisme et donc qu’elle est vulnérable dans de futures causes avec la structure actuelle de la Cour Suprême.

La HR5, s’il est adopté, mettrait fin à cette vulnérabilité. Ou peut-être pas. L’un des aspects les plus vexants de la loi de 64 est que, bien que son objectif était principalement d’interdire la discrimination fondée sur le sexe, le terme « sexe » n’y était pas défini. La HR5 définit désormais le sexe comme « y compris l’orientation sexuelle et l’identité de genre », il ne définit ni l’un ni l’autre. Dans l’idéologie LGBTQ+ dominante, « l’identité de genre » est « fluide ». Ainsi, on pourrait s’identifier comme étant un homme un jour et une femme le lendemain — ou selon la longueur de la queue devant les toilettes au stade, au théâtre ou à la fête paroissiale.

Car la HR5 élargit la définition de « hébergement public » de la loi de 64 pour inclure tout « lieu ou établissement qui propose des expositions, des divertissements, des loisirs, des exercices, des spectacles, des rassemblements publics ou des expositions publiques » ; et « tout établissement qui fournit un bien, un service ou un programme, y compris […] une banque alimentaire, centre de services ou de soins [ou] refuge. » Cette formulation signifie que les paroisses, les écoles paroissiales et autres institutions religieuses pourraient être poursuivies en vertu du projet de loi. En fait, il est difficile de concevoir un lieu ou un programme en dehors d’une résidence privée qui ne soit pas visée par cette définition.

C’est ainsi que tout événement sportif de l’organisation catholique de la jeunesse est un lieu de loisirs et d’exercice. Chaque crèche de Noël est une exposition publique. Chaque centre de conseil en matière de grossesse est un service ou un programme. Le refuge pour femmes et la banque alimentaire parrainés par le diocèse sont… un refuge et une banque alimentaire. Si une église, une mosquée, une synagogue — ou une école affiliée à une confession religieuse ou un centre de loisirs — offre l’un de ces programmes ou services, elles seront obligées de permettre aux hommes biologiques, par exemple, d’utiliser les toilettes pour femmes. Les équipes sportives seraient obligées d’autoriser les garçons à utiliser les vestiaires des filles. Les refuges pour femmes maltraitées et battues seraient obligés d’admettre des hommes qui se disent femmes à cet instant-là. Et bien sûr, les filles seraient obligées de concourir contre des garçons dans des événements sportifs. Le projet de loi nie expressément toute objection fondée sur la religion.

Les auteurs du projet de loi, reconnaissant qu’il s’agit d’une atteinte au libre exercice de la religion, nient explicitement l’application de la plus importante garantie statutaire du libre exercice de la religion, la Loi sur la restauration de la liberté religieuse (« RFRA ») de 1993. Le projet de loi prévoit spécifiquement que la RFRA « ne pourra servir de base pour contester ou se défendre d’une contestation en vertu de » la HR5. Cela signifie deux choses.

D’une part, si une personne, physique ou morale, veut poursuivre un organisme gouvernemental pour l’empêcher d’appliquer le projet de loi, il ne peut invoquer la RFRA comme base pour son action en justice. Pour ester en justice contre toute personne, il faut invoquer une loi ou un précepte de common law. Dans l’état actuel des choses, la RFRA fournit une telle base. Elle a été largement utilisée avec succès dans tout le pays pour protéger les églises, les écoles et autres institutions contre les lois par ailleurs généralement applicables qui les forceraient à violer leur pratique religieuse ou leur conscience. Avec la HR5, ce puissant bouclier contre l’intrusion du gouvernement dans la liberté religieuse serait supprimé.

D’autre part, si une église, une école ou toute autre résidence « d’hébergement public » est elle-même poursuivie par un individu ou le gouvernement fédéral pour avoir enfreint la HR5, elle ne pourra pas utiliser la RFRA comme moyen de défense lors du procès. Le but même de la RFRA est de protéger le libre exercice de la religion des lois généralement applicables qui pèsent indûment sur la liberté religieuse. Sans invalider les lois, la RFRA est utilisée pour en obtenir des dérogations. La loi sur l’égalité supprimera cette défense, laissant les églises, temples et pratiquement toute autre institution sans défense contre l’imposition d’une idéologie progressiste radicale.

La loi sur l’égalité est l’imposition législative sans compromis d’une idéologie sociale radicale. Il s’agit d’une agression contre le libre exercice de la religion. Tel est son but, et si HR5 devient loi, ce sera son effet.

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