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lundi 23 septembre 2024

Les populations européennes ont fait l'objet d'une forte sélection génétique récente pour un certain nombre de caractéristiques

Un nouvel article sur la sélection génétique publié par le laboratoire de David Reich de Harvard renforce ce que l'on ne cesse de constater : la sélection des populations se poursuit. Les gens continuent de changer, de sorte que nous ne sommes pas exactement les mêmes que les Européens de l'époque romaine par exemple. Ceux-ci avaient, notamment, une persistance de la lactase bien moindre. Selon l’hypothèse de la coévolution gène-culture, la capacité à digérer le lactose jusqu’à l’âge adulte (persistance de la lactase) est devenue avantageuse pour l’homme après la domestication d’espèces animales capables de fournir une source constante de lait. Cette persistance est surtout concentrée dans les populations d'Europe du Nord.

Résumé. Le nouvel article du laboratoire de David Reich concernant l'évolution des Européens au cours des derniers millénaires observent les changements génétiques suivants :

  • augmentation de l'intelligence,
  • moins de graisse corporelle,
  • moins de risques de troubles psychotiques,
  • une couleur de peau plus pâle.

Les chercheurs du MIT et de Harvard présente une méthode de détection des preuves de sélection naturelle dans les séries chronologiques d'ADN ancien qui exploite une possibilité non utilisée dans les analyses précédentes : tester une tendance cohérente dans le changement de la fréquence des allèles au fil du temps. 

En appliquant cette méthode à 8433 « Eurasiens de l'Ouest » (comprendre Européens) ayant vécu au cours des 14 000 dernières années et à 6510 personnes contemporaines, les chercheurs trouvèrent un ordre de grandeur de signaux significatifs à l'échelle du génome plus élevé que dans les études précédentes : 347 loci indépendants avec une probabilité de sélection supérieure à 99 %. 

Il s'agit de changements dans les scores polygéniques de l'ordre d'un écart-type, donc très importants.

Les travaux antérieurs ont montré qu'au cours des derniers millénaires, plusieurs centaines d'allèles ont été affectés par une forte sélection directionnelle. Les découvertes comprennent 

  • une augmentation de ~0% à ~20% en 4000 ans pour le principal facteur de risque de la maladie cœliaque (HLA-DQB1) ; 
  • une augmentation de ~0% à ~8% en 6000 ans du groupe sanguin B ; 
  • et une sélection fluctuante de l'allèle à risque de tuberculose TYK2 passant de ~2% à ~9% entre ~5500 et ~3000 ans avant de redescendre à ~3%. 

Cette étude identifie des cas de sélection coordonnée sur des allèles affectant le même trait: le score polygénique prédisant aujourd'hui le pourcentage de graisse corporelle ayant diminué d'environ un écart-type sur dix millénaires, ce qui est cohérent avec l'hypothèse du gène économe selon laquelle une prédisposition génétique à stocker de l'énergie en cas de pénurie alimentaire est devenue désavantageuse après l'avènement de l'agriculture. 

La diminution observée du tour de taille est également conforme à l'hypothèse du gène économe.

On pourrait supposer que la population samoane, par exemple, n'ait pas bénéficié d'une sélection récente aussi forte pour ces caractéristiques et qu'elle soit donc plus susceptible de souffrir d'obésité après l'introduction d'aliments modernes à haute teneur en calories.  Rappelons qu'aux îles Samoa américaines, 3 adultes sur 4 sont obèses et qu'à 15 mois, 23 % des garçons et 17 % des filles le sont déjà.

Les auteurs identifient également une sélection pour des combinaisons d'allèles qui sont aujourd'hui associées à une couleur de peau plus claire, à un risque plus faible de schizophrénie et de maladie bipolaire, à un déclin plus lent de la santé et à une augmentation des mesures liées aux performances cognitives (scores aux tests d'intelligence, revenu du ménage et nombre d'années d'études). 

Cela ne signifie pas que les Européens auraient été « noirs » il y a 10 000 ans, mais le changement n'est pas négligeable. Le phénotype pâle de l'Europe du Nord moderne serait largement absent, et les Européens auraient eu au moins une complexion méditerranéenne, voire plus foncée.

Les chercheurs ont également constaté une augmentation des gènes liés à un rythme plus rapide de la marche. Mais si l'on analyse les corrélations génétiques dans les sociétés modernes, le rythme de la marche reflète principalement l'état de santé général et la réduction de la graisse corporelle. On peut donc soupçonner qu'il s'agit principalement d'une réappropriation des changements dans la prédisposition à stocker les graisses.

Ils ont également constaté une réduction des gènes associés aux troubles bipolaires et à la schizophrénie. Les raisons de ce phénomène ne sont pas claires, mais il pourrait simplement refléter un modèle plus large d'amélioration de la santé du cerveau (en accord avec les résultats mentionnés précédemment).

Voir aussi

Origine génétique des Européens présentée par David Reich (en anglais, pour le sous-titrage en français traduit automatiquement, ajuster la molette)

dimanche 19 septembre 2021

Contrairement à ce que pensait Darwin, l’appendice ne serait pas un vestige devenu inutile

Longtemps considéré comme une structure anatomique inutile, l’appendice fait désormais l’objet de nombreux travaux pour mieux comprendre son rôle. Présent chez de nombreux mammifères, dont l’espèce humaine, sa fonction confèrerait donc un avantage sélectif positif à ceux qui le possèdent. Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Inserm et du Muséum National d’Histoire Naturelle suggère que la présence de l’appendice serait en fait corrélée à l’allongement de la longévité. Les résultats ont été publiés dans le Journal of Anatomy.

Petite structure anatomique de quelques centimètres située dans l’abdomen, appendue au côlon, la fonction de l’appendice est longtemps demeurée mal comprise. Selon les théories de Charles Darwin, il s’agirait même d’une structure vestigiale, inutile et dénuée de fonction. C'est ce qu'on enseigne encore trop souvent aujourd'hui. Il pourrait même s’avérer dangereux pour la santé en raison du risque d’inflammation qui peut survenir. On parle alors d’« appendicite » et en l’absence de traitement, cette inflammation peut évoluer en péritonite et conduire jusqu’au décès.

L'inflammation de l'appendice peut évoluer en péritonite et conduire jusqu’au décès.

Depuis plusieurs années, des travaux de recherche ont été menés afin d’en apprendre plus sur le rôle de l’appendice. Des études ont, par exemple, montré qu’une appendicectomie réalisée en cas d’appendicite avérée avant l’âge de 20 ans a des effets protecteurs contre la survenue d’une forme spécifique d’inflammation chronique du côlon et du rectum : la rectocolite hémorragique.

Par ailleurs, des chercheurs ont démontré que l’appendice n’est pas uniquement présent chez l’Homme. Elle fait des apparitions multiples et indépendantes chez de nombreuses lignées mammaliennes, sans corrélation évidente avec le régime alimentaire, la vie sociale, ou l’environnement. On le retrouve aujourd’hui aussi bien chez l’orang-outan, le koala et le lamantin que le castor ou encore l’ornithorynque. Toutefois, sa fonction demeurait encore mystérieuse, aucune étude ne parvenant à une conclusion définitive.

 

Arbre phylogénétique, les points rouges représentent les espèces avec appendice

Un lien avec la longévité des mammifères

L’équipe menée par le chercheur Inserm Eric Ogier-Denis et son collègue Michel Laurin du Muséum National d’Histoire Naturelle s’est penchée sur la question en analysant les données de 258 espèces de mammifères dont 39 avec et 219 sans appendice. Les scientifiques se sont notamment intéressés à la longévité maximale théorique (la durée de vie théorique des mammifères, établie en fonction de leur poids) et à la longévité maximale réelle des différentes espèces considérées.

Ils ont ainsi montré pour la première fois que la présence de l’appendice est corrélée à un allongement de longévité maximale observée pour l’espèce. Comparé à un mammifère de même poids ne possédant pas d’appendice, un mammifère qui présente cette structure anatomique a une durée de vie plus longue.

« L’idée de s’intéresser à la longévité nous a été suggérée par nos travaux portant sur la relation entre appendicite/appendicectomie, rectocolite hémorragique et l’implication du système immunitaire. Avec un système immunitaire plus actif et mieux éduqué, on doit théoriquement mieux résister à l’environnement et vivre plus longtemps. Nous avons donc testé cette hypothèse en nous associant avec deux experts de l’évolution internationalement connus du Muséum National d’Histoire Naturelle. Il s’agit de la première démonstration de l’existence d’une corrélation entre la présence de l’appendice et un trait de l’histoire de vie des mammifères », souligne Eric Ogier-Denis.

Un sanctuaire bactérien

Pour les chercheurs, l’hypothèse la plus probable permettant d’expliquer le lien entre présence de l’appendice et longévité est que cette structure, de par sa forme, favoriserait la constitution d’un « sanctuaire bactérien » sélectif qui permettrait de diminuer la mortalité par diarrhée infectieuse en favorisant la recolonisation rapide des espèces bactériennes essentielles à l’hôte. La présence de l’appendice serait ainsi associée à une diminution de la mortalité et donc à l’allongement de la longévité chez les mammifères qui en sont dotés.

« Cela ne signifie pas qu’une appendicectomie pour appendicite réalisée chez l’Homme modifie la longévité. En effet, l’appendicite dans le jeune âge est certainement bénéfique en exacerbant l’éducation du système immunitaire et en lui permettant de lutter plus efficacement en cas d’infection ultérieure. Le traitement de l’appendicite reste l’appendicectomie et ce travail n’apporte aucun argument suggérant de modifier cette attitude thérapeutique. Seule l’appendicectomie réalisée sans appendicite pourrait avoir des conséquences délétères dans le contexte de pathologies inflammatoires et infectieuses intestinales », précise Eric Ogier Denis.

Ces travaux ouvrent donc de nouvelles pistes solides pour répondre à la question controversée de la fonction de l’appendice. Ils seront complétés dans les mois à venir par des études de terrain avec différentes espèces de mammifères pour confirmer le lien entre appendice et longévité.


dimanche 22 mars 2015

Micro-trottoir avec des universitaires sur la théorie de l'évolution

Exercice de micro trottoir où s'expriment des professeurs et des chercheurs « chevronnés » de différentes universités, ainsi que des étudiants de l’UCLA (Université de Californie à Los Angeles) au sujet de la théorie de l’évolution. Intéressant par le fait que beaucoup d'universitaires scientifiques sont facilement désarçonnés (si on en croit la vidéo) dans leur « croyances ». Imaginez des élèves du secondaire avec un professeur déterminé qui pose des questions pointues (sur n'importe quel sujet d'ailleurs).



(Sous-titré en français)






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samedi 28 juin 2014

Grande-Bretagne — les enfants d'ouvriers blancs se sentent marginalisés par l'école multiculturelle

Une étude britannique conclut que les enfants d’ouvriers blancs se détourneraient de l’école parce que les leçons sont trop axées sur la célébration des cultures étrangères, alors qu’elles occultent les traditions britanniques.

Selon une étude d’un arrondissement de Londres, les enfants blancs de la classe ouvrière se sentent « marginalisés » à l’école par le fait qu’on les force à suivre un calendrier multiculturel qui ignore les traditions britanniques.

Un grand nombre d’écoles suivent un programme qui célèbre une « diversité d’élèves », alors qu’il marginalise ceux issus de familles pauvres britanniques, affirment les rédacteurs de l’étude.

Les directeurs d’école y rapportent comment ils organisent de nombreux projets tels que le Mois de l’histoire des Noirs et des « journées culturelles » pour sensibiliser les jeunes à des pays tels que le Portugal, la Pologne et la Jamaïque.

Mais l’étude affirme également que les élèves britanniques blancs originaires de familles démunies souvent « ne parviennent pas s’identifier à ces programmes », ce qui les détourne complètement de l’école.

L’étude, publiée par le Conseil de Lambeth au sud de Londres, déclare que les enfants pauvres sont en outre isolés par la mentalité de repli des parents qui n’emmènent pas leurs enfants au parc local ou visiter des lieux d’intérêt culturels, mais passent plutôt des heures avec leurs enfants devant la télévision.

Les chercheurs demandent au ministère de l’Éducation d’élaborer un « programme qui traite l’identité britannique blanche de la même manière que les autres minorités ethniques ».

La publication de cette étude intervient quelques semaines après que Michael Gove, le ministre de l’Éducation, s’est engagé à exiger à ce que toutes les écoles à promouvoir activement les valeurs britanniques dans la salle de classe pour lutter contre l’extrémisme. Cela s’est notamment traduit par l’interdiction d'enseigner le créationnisme en dehors des cours de religion dans les écoles dites « libres ».

Ces conclusions sont publiées alors que les mauvais résultats scolaires des enfants britanniques de la classe ouvrière blanche causent de plus en plus de préoccupations.

Selon les chiffres officiels, à peine 32,3 pour cent des enfants pauvres britanniques blancs ont quitté l’école l’été dernier avec cinq notes allant de A* à C au Certificat général de l’enseignement secondaire (GCSE), diplôme obtenu généralement vers 16 ans. Obtenir 5 notes allant de A* à C est une condition habituelle pour poursuivre des études supérieures.

Les enfants pauvres de tous les autres groupes ethniques ont de meilleurs résultats, plus des trois quarts des élèves chinois pauvres et 61,5 pour cent de ceux des familles indiennes privées obtiennent les meilleurs résultats. (Résultats par groupe ethnique, sexe et catégorie sociale en 2012)

Le fossé entre les résultats des enfants blancs pauvres et leurs camarades de classe blancs les plus aisés n’a guère changé au cours des sept dernières années, même si l’écart observé avec d’autres groupes ethniques a rétréci.

Source : The Daily Telegraph

Voir aussi

Theodore Dalrymple : Enfants gâtés pourris, les dégâts du sentimentalisme

Theodore Dalrymple : Le multiculturalisme et sa haine de toute identité nationale détruit la Grande-Bretagne

Charles Murray : Idées reçues sur les blancs américains, écart moral et culturel croissant des classes sociales
 




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mardi 6 mai 2014

Les écoles juives et la liberté du choix d'éducation des parents québécois

Richard Décarie revient sur le bilan de campagne du Parti québécois, qui a lieu samedi dernier à Laval, et où Pauline Marois a même fait acte de présence ! 

M Décarie aborde également les écoles juives illégales : après des années de lutte politique, le nouveau ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, réussira-t-il à les faire fermer ? Mme Courchesne promettait en 2007 que ce dossier serait réglé sous peu : « Il y aura une période de transition, d'environ un an ou deux, au maximum trois ans, mais si jamais des écoles rejetaient tout simplement nos exigences, elles seraient informées que nous entreprendrions les procédures judiciaires appropriées ».

Écoutez la chronique On vire à droite (audio) avec Richard Décarie.

Pour notre part, nous trouvons que l'imposition à tous du programme d'éthique et de culture (ECR) sans droit d'exemption (les parents de Drummondville) ou sans droit d'adaptation (affaire Loyola) est un symptôme qui a permis à de nombreux parents de se rendre compte qu'ils n'ont plus un véritable choix d'éducation pour leurs enfants, à moins peut-être de les instruire chez eux, l'État québécois ayant toujours le dernier mot dans les choix éducatifs des établissements publics autant que privés.

Mais ce n'est pas le seul élément qui marque la fin de la liberté des parents en matière éducative. En effet, comme le soulignait déjà l'économiste Jean-Luc Migué il y a déjà 24 ans, l'État limite de manière draconienne l'offre et la diversité en éducation : le programme d'étude doit suivre en très grande partie les désidératas du Monopole de l'Éducation du Québec, la pédagogie qui peut être utilisée est réglementée (voir l'affaire Loyola), l'État limite aussi le choix de recrutement des professeurs des établissements, le choix de manuels, la publicité des établissements privés est contrôlée, le prix demandé aux parents par les écoles privées est également soumis au bon vouloir du Monopole, etc. L'État parvient, en partie, à imposer ce monopole de fait qui serait inacceptable dans d'autres domaines pour une société libérale par une peur dans la population des dérives sectaires. L'immigration musulmane croissante et la démographie galopante des juifs hassidiques permettent ainsi de mieux justifier ce manque de choix. Pour le bien commun et le vivre-ensemble, bien évidemment.

À notre sens, nous ne voyons pas pourquoi les juifs hassidiques ne pourraient pas adopter le programme qui les intéresse (pour peu que les membres en désaccord de ces communautés puissent les quitter), mais sans subventions de l'État pour tous les sujets qui ne font pas partie d'un tronc commun minimal d'éducation (le français, les mathématiques, l'histoire du Québec). Si l'on ne veut pas augmenter le risque d'islamisation, il nous paraît préférable de limiter l'immigration de personnes tentées par cette option que de limiter la liberté de tous les Québécois.

Peu nous chaut (contrairement à Lise Ravary) que l'État ne dise pas aux jeunes juifs hassidiques que la théorie de l'évolution est la vérité. D'une part, parce que franchement est-ce si important quand on voit que près de la moitié des Québécois adultes (à qui on a enseigné cela) sont des illettrés fonctionnels ? D'autre part, les élèves québécois ne sont pas exposés en classe ou dans leurs manuels à une critique de cette même théorie comme celle de David Berlinski (juif agnostique, philosophe, auteur de nombreux essais) : voir vidéo (The Devil's Delusion, vers 15:30 minutes et 19:30), lire livre (The Deniable Darwin). David Berlinski rapporte les paroles de Richard Dawkins : « le darwinisme permet d'être un intellectuel athée épanoui » et lui donne raison : « il existe une corrélation entre les deux, pas une corrélation logique [de cause à effet] cependant » entre l'athéisme et la théorie de Darwin. Bref, on touche à une théorie et à un sujet sensibles pour des personnes religieuses et son imposition ne nous paraît en rien justifiée : est-ce que croire au darwinisme fait de nous de meilleures personnes ? On peut en douter quand on considère les dérives du darwinisme social.

Notons également qu'un Québec qui serait moins un État-Providence (ce qui serait bon pour tous les Québécois) responsabiliserait les choix éducatifs de ces communautés. Cela permettrait d'éviter que les mauvais choix professionnels (« tous les garçons formés pour devenir rabbins ») finissent par être récompensés indirectement par l'aide sociale ou d'autres subventions gouvernementales aux familles pauvres.

Voir aussi

Le Ministère prétend « accompagner » les mennonites

Le journalisme sensationaliste (mennonite, darwinisme)

Nietzsche avait raison: « L'État est un monstre froid »





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