mardi 4 octobre 2022

« Mussolini et le fascisme, créatures des services secrets anglais », selon deux essayistes italiens

Mussolini
Le livre « Nero di Londra [Noir de Londres]. De Caporetto à la Marche sur Rome : comment les renseignements militaires britanniques ont créé le fasciste Mussolini » sort ce 4 octobre 2022.

Le livre est lancé par un article dans le très britannique The Times.

Le livre met en lumière — papiers et documents à l’appui — le rôle joué par le renseignement militaire britannique dans l’accession au pouvoir de Mussolini. Les deux auteurs ont trouvé des documents inédits dans les archives personnelles du chef du DMI (Directorate of Military Intelligence), Sir Samuel Hoare, conservées à la bibliothèque de l’université de Cambridge et déclassifiées en 2001.

« Bien qu’il ait combattu l’armée britannique en Afrique pendant la [seconde] guerre [mondiale], les archives montrent que Mussolini doit en partie sa montée rapide au pouvoir aux officiers britanniques qui l’ont aidé à organiser sa marche sur Rome en 1922 », précise Giovanni Fasanella, auteur de Noir de Londres. « Les Britanniques ont aidé à organiser la marche et ont poussé Mussolini à prendre le pouvoir afin d’en faire la figure clé d’un gouvernement qui leur serait favorable », ajoute Fasanella au Times.

Après la marche de 1922, Sir Ronald Graham, ambassadeur d’Angleterre en Italie, rencontra Mussolini et envoya à Londres un rapport élogieux sur la « discipline » du Duce. Mario Josè Cereghino affirme que la carrière du Duce entre 1917 et 1922 « n’aurait pas pris le chemin que nous connaissons sans l’influence du parti conservateur britannique ».

Mussolini est d’abord membre du Parti socialiste italien (PSI) et directeur du quotidien socialiste Avanti ! à partir de 1912. Anti-interventionniste convaincu avant la Première Guerre mondiale, il change d’opinion en 1914, se déclarant favorable à l’entrée en guerre de l’Italie. Expulsé du PSI en novembre 1914, il crée son propre journal, Il Popolo d’Italia (Le Peuple d’Italie) qui prend des positions nationalistes proches de celles de la petite bourgeoisie. Dans l’immédiate après-guerre, profitant du mécontentement de la « victoire mutilée », il crée le Parti national fasciste (PNF) en 1921 et se présente au pays avec un programme politique nationaliste, autoritaire, antisocialiste et antisyndical, ce qui lui vaut l’appui de la petite bourgeoisie et d’une partie des classes moyennes industrielles et agraires.

Photo célébrant la marche sur Rome en 1922

En 1922, des dizaines de milliers de fascistes marchent sur Rome. Le roi Victor Emmanuel III dissout le gouvernement et offre à Mussolini la charge de former un nouveau gouvernement de coalition.

C’est cette marche que le gouvernement britannique aurait aidé à organiser, car il voulait que Mussolini soit le leader, ont affirmé les auteurs de Nero di Londra. M. Fasanella a déclaré au Times : « Les Britanniques ont aidé à orchestrer la marche et à propulser Mussolini au pouvoir parce qu’ils voulaient faire de lui le personnage clé d’un gouvernement qui leur serait utile. »

Sir Ronald Graham, alors ambassadeur britannique en Italie, a assuré la liaison avec les dirigeants de la marche dans les jours précédents, selon des documents des Archives nationales du Royaume-Uni. Les dirigeants se sont réunis dans un bâtiment appartenant à un aristocrate à moitié anglais, Romeo Adriano Gallenga Stuart, qui, selon les auteurs, était un informateur du renseignement britannique.

M. Cerenghino a déclaré au Times qu’ils pensaient que Graham donnait des conseils utiles aux fascistes, car il était « constamment » informé par les marcheurs alors qu’ils descendaient sur Rome. Non seulement cela, mais un haut responsable politique conservateur britannique, Sir Samuel Hoare, a affirmé que l’argent britannique avait été utilisé pour « former le parti fasciste et financer la marche », révèlent des documents.

Hoare avait déjà travaillé avec Mussolini. En 2009, on avait appris que Mussolini était payé 100 £ par semaine — l’équivalent d’environ 5 350 £ aujourd’hui (8300 $ canadiens, 6100 euros) — par le MI5. Somme autorisée par Hoare qui était le représentant du MI5 à Rome. Mussolini aurait été payé pour colporter de la propagande pro-guerre dans son journal et l’ancien journaliste aurait également dit à Hoare qu’il enverrait des vétérans de l’armée pour rosser des manifestants pacifistes à Milan. L’historien de Cambridge, Peter Martland, qui a découvert les détails lors de l’examen des papiers de Hoare, a déclaré au Guardian : « L’allié le moins fiable de la Grande-Bretagne dans la guerre à l’époque était l’Italie après le retrait de la Russie du conflit à la suite de la Révolution bolchevique. Mussolini a été payé 100 £ par semaine à partir de l’automne de 1917 pendant au moins un an pour entretenir la campagne pro-guerre. »

M. Fasanella a déclaré au Times que Hoare savait perturber les meetings de gauche grâce à l’utilisation de l’Union antisocialiste dans la capitale italienne. Il a déclaré : « Hoare s’était spécialisé dans l’utilisation de la violence et de la propagande en Grande-Bretagne et il a introduit ces méthodes en Italie. »

Notons qu'en 1943, Mussolini, revenu de sa captivité à Gran Sasso, instaure un régime qui ne garantit la propriété privée que dans la mesure où elle ne portait pas atteinte à la personnalité physique et morale des autres hommes et qui reconnait la nécessité de certaines nationalisations, expropriations de terre, la participation des travailleurs aux bénéfices de l'entreprise, le principe de cogestion des entreprises. Ce régime du fascisme finissant revient aux origines républicaines, socialistes et populistes du fascisme.

 



Nero di Londra

Da Caporetto alla marcia su Roma: come l’intelligence militare britannica creò il fascista Mussolini,
par Giovanni Fasanella et Mario José Cereghino,
publié par Chiarelettere,
à Milan,
le 4 octobre 2022,
256 pp,
ISBN-10 : 8832965089
ISBN-13 : 978-8832965087


lundi 3 octobre 2022

Loretta et le droit en tant qu’homme d’avoir des bébés

Les Monty Pythons avaient prophétiquement prévu en 1979 ce qui agiterait notre époque (les « droits » LGBTQQIP2SAA+, ici le droit des hommes qui se disent femmes à avoir des enfants et à nier la réalité biologique).

Liens connexes

BBC : six hommes blancs d’Oxford ne peuvent-ils plus faire un spectacle comique ? 

Campagne publicitaire (subventionnée) de l'homme « enceint » dénoncée par des féministes  

Théorie du genre — les fauteurs de trouble de la gauche woke 

La couleur du pouce en l'air (était L'Homme enceint d'Unicode et Apple)

« Ici il n’y a que des noirs et des arabes […] on se disait qu’on allait être envahis par les blancs »

Florilège : la mixité imposée et la propagande Rosa Parks sur les enfants

À la rentrée, Hasna, Adil et ceux du collège Berlioz vont devoir accueillir Clémence, Mateo et leurs amis du collège Coysevox [kwazəvo] (selon Petit Robert 2) ou [kwazvo] (selon Petit Larousse) d’à côté. Et ils voient d’un mauvais œil cette « invasion des blancs ». 


Reportage (très politiquement correct) au complet


Dans ce quartier du 18e arrondissement de Paris, en traversant une rue, on passe des HLM de la porte de Clignancourt aux immeubles bourgeois du bas Montmartre. Un tiers des parents d’élèves contournaient la carte scolaire pour éviter leur collège de secteur, un véritable ghetto selon eux, au profit du collège d’à côté dont les résultats étaient plus prometteurs. 

Au fil des années, Berlioz a fini par devenir le ghetto tant redouté, avec plus de 60 % d’élèves défavorisés et Coysevox son miroir social, avec 60 % issus de familles favorisées.

Mais il y a quelques années, sur décision du Conseil de Paris, les deux collèges ont dû progressivement mélanger leurs élèves afin de recréer dans la cour d’école la mixité sociale typique des rues du 18e arrondissement. 

Et cette année, les élèves de 4e du « bon » collège, pour la plupart blancs et bien nés, viennent faire leur année de 3e [14-15 ans] à Berlioz, avec les filles et les fils d’immigrés du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest.

Voir aussi
 
Allemagne — difficultés d’intégration des immigrés (Dans certaines écoles allemandes, les élèves allemands sont désormais minoritaires)

Les yeux grand fermés : le racisme anti-blanc n'existerait pas

La dénonciation du racisme anti-blanc fait seulement le tour des réseaux sociaux :

Quand il est évoqué dans certains médias, c’est seulement pour nous expliquer qu’il n’existe pas… car il faudrait, selon les nouveaux docteurs Diafoirius de gauche, distinguer le racisme systémique du racisme attitudinal. Charlotte d’Ornellas explique :

  Et plus tard sur CNews:

« La gauche nous explique que le racisme n’est possible que si l’on est une minorité. Vu que les Blancs sont en minorité dans certains quartiers, ne peuvent-ils pas être désormais victimes de racisme ? »

« Je trouve stupéfiant de devoir s'excuser lorsque l'on expose des faits ».

France — Les catholiques et les droites

Florian Michel (FM) et Yann Raison du Cleuziou (YRC) ont dirigé un ouvrage : À la droite du Père. Les catholiques et les droites de 1945 à nos jours. Ils nous parlent ici de ce livre appelé à devenir une référence.

– Quel était votre objectif en vous lançant dans ce travail important ?

Florian Michel – Le volume, qui rassemble les contributions d’une trentaine d’auteurs, examine les liens depuis le sortir de la Seconde Guerre mondiale entre les droites et les catholiques. Il offre de ce fait une large fresque sur presque huit décennies de l’histoire de France. L’objectif était de restaurer la complexité de ce segment du paysage politique, d’en étudier la vitalité, les expressions, les idées, les combats, mais aussi les silences et les épuisements. Les termes du titre – les catholiques et les droites – sont au pluriel pour inclure à la fois les droites de gouvernement et les droites extrêmes, les catholiques de centre droit – les « modérés » qui transigent avec la modernité – et les catholiques plus conservateurs, voire réactionnaires ou contre-révolutionnaires.

– En quoi le volume publié comble-t-il un manque ?

FM – Le point de départ du projet est un constat : émiettement de la bibliographie, avec des études poussées sur des sujets circonscrits, et absence d’une synthèse qui couvrirait le spectre politique depuis le centre jusqu’aux marges. Une vaste synthèse existait pour les « cathos de gauche », avec le volume À la gauche du Christ. Les chrétiens de gauche en France de 1945 à nos jours (Seuil, 2012), alors même que les catholiques de gauche sont minoritaires au sein des gauches et dans l’Église. Nous avons voulu proposer la part complémentaire de ces analyses : la droite du Père. Il fallait pour commencer revenir sur un point aveugle de l’étude classique de René Rémond, qui avait – avec soin – esquivé le sujet, alors même que son ouvrage, La droite en France, paru en 1954, soulignait le lien étroit entre les droites et les catholiques. René Rémond était alors convaincu que les « droites catholiques » étaient un objet historique en phase terminale, en train, pour ainsi dire, de sortir de l’histoire. La suite de l’histoire montre au contraire qu’il n’en était rien.

– Que conclut votre étude sur la « proximité naturelle » entre droite et catholicisme, et que doit cette proximité à la Révolution ?

FM – Cette proximité entre droite et catholicisme, que René Rémond n’avait pas souhaitée préciser, est en fait à la fois un point aveugle et une image d’Épinal, qui se traduit dans le langage en des formules quasi-proverbiales : l’alliance du trône et de l’autel, du sabre et du goupillon, de l’autel et du coffre-fort, etc. Depuis la Révolution française, il est établi que la droite, le parti du Roi et de l’ordre, et le catholicisme ont formé un ménage inégal mais stable, uni pour le meilleur et pour le pire, aux heures sombres et aux heures de gloire, traversant ensemble les bouleversements de l’histoire de France.

Cette proximité naturelle entre droite et catholicisme a été contestée par la voix singulière du sociologue Émile Poulat, qui avait ainsi retracé l’opposition au XIXe siècle entre l’Église et la bourgeoisie dans un livre fameux (1977), et qui, résumant des années de recherche, écrivait : « Pour le catholicisme, la distinction classique droite-gauche n’est pas pertinente. […] Il a conscience d’être pris dans un jeu triangulaire où il représente l’offre d’une troisième voie. » L’hypothèse d’Émile Poulat valait avant tout pour les pays autres que la France – l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, etc. – où le processus révolutionnaire a été moins violent et où un « bloc catholique », associant un parti politique et un syndicat, a pu effectivement se constituer. Pour la France, du point de vue des électeurs, et non pas du point de vue du catholicisme pris en soi, abstraitement considéré, cette troisième voie catholique, celle du « ni droite, ni gauche », a surtout été une hypothèse intellectuelle ou pastorale – pas de politique dans la maison de Dieu ! –, alors même que selon les élections une proportion stable, entre 70 et 75 % des catholiques pratiquants, ne cesse de voter pour les partis des droites. La « proximité naturelle » entre les droites et les catholiques a été également dénoncée en France par les partis de gauche, de la SFIO au PCF, en ce qu’elle ruinait par avance le schéma de la « lutte des classes » : le petit paysan catholique ou la postière catholique avaient plus d’affinités culturelles et politiques avec les droites qu’avec les partis de la Révolution.

– Comment la hiérarchie catholique française a-t-elle évolué depuis 1945 dans son rapport à la politique en général ?

FM – Pour les évêques français, la leçon de la Seconde Guerre mondiale est celle de la prudence en matière politique. En 1944, le chrétien-démocrate Étienne Gilson écrivait par exemple : « Je ne demande pas la tête de nos cardinaux, mais je souhaite qu’on leur fasse une belle peur, si épouvantable même que leurs successeurs se souviennent une fois pour toutes de ne pas se mêler de politique, fût-ce pour nous dire qui est le chef légitime de l’État. » Le positionnement des évêques dans le domaine de la politique partisane suscite par définition l’irritation non seulement des pouvoirs publics – cela est minime – mais plus profondément la division des fidèles légitimement partagés entre les diverses sensibilités et options. Pour les évêques, après 1945, on observe tout à la fois – selon les moments – un désir de neutralité, puisque « l’unité de l’Église transcende la division politique de ses membres », comme l’explique Mgr Haubtmann, recteur de la « catho de Paris » en 1971, mais aussi la volonté, un peu maladroite parfois, de se tenir à l’écart de « Matignon » et de « l’Élysée », l’obligation de négocier avec quelques ministres ou, en sens contraire, de sembler organiser la riposte, comme Mgr Lustiger en 1984 au sujet de la bataille scolaire. Le texte crucial sur ce point, adopté par les évêques à Lourdes en octobre 1972, a pour titre « Pour une pratique chrétienne de la politique ». La subtilité est dans l’adjectivation : il n’y a pas de « politique chrétienne » ; il y a en revanche une « pratique chrétienne » de la politique, ce qui en interne validait le pluralisme des engagements, tout en mettant l’accent sur l’humain qui doit demeurer au cœur des politiques.

– Quelle est la place des catholiques dans la vie politique française durant la longue période traitée par le livre ?

Yann Raison du Cleuziou – Il faut d’abord dire qu’il n’y a pas de sens de l’histoire : la vie politique française ne s’est pas vidée de sa dimension religieuse de manière continue depuis la Révolution française. Au contraire, la IVe République puis les débuts de la Ve sont marqués par l’omniprésence de militants catholiques assumés aux rôles de premier plan, contrairement à la IIIe République. Il suffit de penser à Robert Schuman, Edmond Michelet, Georges Bidault, Antoine Pinay, Jean Foyer, Jean Royer… et de Gaulle ! Le MRP propulse les démocrate-chrétiens au gouvernement de manière durable. Le président René Coty est le premier à aller en voyage officiel à Rome où il reçoit la décoration de l’Ordre du Christ. En 1958, bien que le préambule de la Ve République ne fasse pas mention de Dieu comme le demandait une partie des droites mobilisée derrière l’UDCA de Pierre Poujade, il sera fait mention qu’elle « respecte toutes les croyances », ce qui est le signe net d’une rupture avec le passé anticlérical de la République. Le général de Gaulle se rend à Rome pour recevoir le titre de chanoine honoraire du Latran. Il est même question de l’opportunité d’un nouveau concordat. La loi Debré qui pacifie la question scolaire en tient quasiment lieu. Durant les années 1960, l’Église catholique et la République convergent donc dans la recherche d’un nouvel alliage entre tradition et modernité. Mais derrière ce moment d’entente aux sommets, les droites et le catholicisme se fissurent de l’intérieur et une nouvelle expression réactionnaire se constitue en opposition à la décolonisation légitimée par le général de Gaulle, tout autant qu’en opposition à l’aggiornamento mis à l’agenda par le concile Vatican II.

– La place du catholicisme est aussi fragilisée dans la société française à cette période. C’est en 1965 que la chute de la pratique religieuse s’accélère, quel est le tournant à partir duquel le catholicisme est marginalisé en politique ?

YRC – Pour penser la marginalisation politique du catholicisme, il faut partir du contexte de la « Seconde Révolution française » décrit par Henri Mendras, car c’est un processus complexe. À partir de l’après-guerre, les structures sociales ont évolué plus rapidement qu’au cours des deux siècles précédents. Mai 68 est un point émergent de ce processus profond. René Rémond avait coutume de dire que l’Église catholique et le Parti communiste en furent les principales victimes. On pourrait ajouter aussi le gaullisme. Car ce qui change, c’est que l’horizon de l’émancipation qui était jusqu’alors pensé à une échelle collective (la classe sociale, l’Église militante, la nation) s’individualise.

– Désormais c’est à la société de rendre des comptes face aux exigences de l’épanouissement individuel. Le progressisme se recharge-t-il alors d’une série de nouveaux combats orientés vers la libération des droits individuels ?

YRC – Oui, ce progressisme devient compatible avec les droites. Valéry Giscard d’Estaing marque ce tournant libéral au sein des droites. L’électorat catholique le suit car la foi catholique elle-même est reconfigurée par l’individualisation de l’horizon de l’émancipation. Le dédain pour les obligations religieuses s’affirme à mesure que l’expérience de Dieu est identifiée à l’épanouissement personnel. L’encyclique Humanae Vitae de Paul VI est reçue avec défiance pour cette raison. C’est une majorité parlementaire composée de catholiques qui votent la loi Veil. Si des catholiques pensent encore tirer une politique de l’Écriture Sainte, ils se trouvent plutôt à gauche. En 1974, 11 évêques signent un manifeste de l’Action Catholique en faveur de François Mitterrand. L’opposition catholique à ces nouveaux droits individuels qui recomposent la norme de la filiation, de la famille ou la sexualité va se construire de manière marginale tout autant au sein des droites que de l’Église. Ce n’est qu’à partir de l’élection de Jean-Paul II que ces catholiques conservateurs recevront plus de soutien au sein de celle-ci.

– Vous expliquez que « la sécularisation de la société entraîne… une désécularisation interne du catholicisme » : que voulez-vous dire précisément ?

YRC – Si maintenant on se penche sur les décennies récentes, il est frappant de constater que les réseaux conservateurs qui se constituent à la marge dans les années 1970 ont aujourd’hui changé d’échelle et gagné en influence au moins dans l’Église de France si ce n’est au sein des droites. On l’a vu avec La Manif pour tous. En effet, dans un contexte de détachement massif à l’égard de la foi, le catholicisme se recompose sur ceux qui restent. Tendanciellement chez les jeunes catholiques pratiquants aujourd’hui, on ne trouve pas le même pluralisme que chez les pratiquants plus âgés. Les sensibilités conservatrices en se perpétuant mieux, gagnent en influence dans un catholicisme qui se rétracte, ce qui se traduit par une certaine désécularisation des formes et des convictions catholiques actuelles. J’avance qu’à ce titre au XXIe siècle, contrairement aux années 1960-1970, le catholicisme français est pris dans une dynamique dextrogyre si on regarde la base des fidèles. Cela parachève la marginalisation du catholicisme au sein des droites. Car celles-ci sont prises dans une dynamique inverse, sinistrogyre, décrite par Albert Thibaudet : l’acceptation du changement social déplace les droites vers la gauche. Ainsi en a-t-il été pour toutes les lois portant sur la famille, la sexualité ou la filiation. Les catholiques conservateurs qui refusent ces évolutions sont donc repoussés vers la droite de la droite. L’élection présidentielle de 2022 est symptomatique car au sein des droites, les votes des pratiquants réguliers en faveur des droites contestataires (RN et Reconquête) y dépassent au premier tour ceux en faveur des droites de gouvernement (LR et LREM) [Sondage IFOP pour La Croix, 10 avril 2022]. Mais ce glissement droitier ne satisfait pas tous les catholiques conservateurs. Certains se replient sur leurs familles et leurs écoles où ils entrent dans une logique minoritaire et veillent avant tout à protéger les conditions de leur perpétuation. Les catholiques de droite modérés qui restent très nombreux (rappelons qu’Emmanuel Macron arrive en tête du vote des pratiquants au premier tour) invisibilisent, tendanciellement, quant à eux, leur identité catholique en politique afin de ne pas être marginalisés.

– En conclusion, vous écrivez : « le catholicisme est, à droite, la forme changeante de la nécessité immémoriale de donner sens, pondérer ou résister aux effets du changement social » (p. 619). Pouvez-vous nous expliquer ce phénomène ?

YRC – Alors que les catholiques s’effacent dans la société française si on retient le critère de la fidélité à la messe dominicale pour les identifier, on constate qu’il n’a jamais été autant question de la défense des racines chrétiennes en politique. Cela n’est qu’apparemment contradictoire car c’est justement parce que le catholicisme devient un patrimoine qu’il peut faire l’objet de nouveaux usages politiques indépendamment de la foi. Éric Zemmour, par exemple, en a fait un marqueur de la frontière culturelle qui permet de distinguer les vrais Français de ceux qui sont inassimilables. Cette instrumentalisation du christianisme n’est pas sans évoquer l’usage que les républicains ont fait des Gaulois au XIXe siècle : un passé mythifié pourvoyeur d’identité et en capacité [capable] de recharger le sentiment d’appartenance nécessaire à la cohésion sociale et à la défense contre les ennemis. Ainsi, le recours aux racines chrétiennes sert à conjurer des changements sociaux évalués comme des menaces. « Il n’y a pas de sacré du jour même », écrit l’historien Alphonse Dupront. Pour sacraliser quelque chose face à une altération possible, le recours aux grandeurs passées et au christianisme comme « incarnation sacrale du temps » (toujours Dupront) est un mouvement classique au sein des droites. La foi ou le catholicisme comme culture ne sont plus des dimensions essentielles des droites actuelles, mais, de manière caractéristique ces dernières décennies, celles-ci redeviennent une ressource de sens ou de mobilisation à chaque fois que le changement social s’accélère.

– Finalement, vous proposez de distinguer les catholiques de droite en fonction de leur rapport au temps.

YRC – Oui je montre que si on prend du recul par rapport aux ancrages doctrinaux, les catholiques de droite déterminent souvent leur position en fonction de leur « régime d’historicité », c’est-à-dire leur manière de penser l’articulation entre passé, présent et avenir. Le concordiste pense que l’avenir est plein de potentialité pour le christianisme et qu’il ne faut pas avoir peur de se détacher de ses formes héritées. Refuser le changement, c’est marginaliser le catholicisme dans la société à venir. Le conservateur pense que l’avenir ne sera profitable que dans la mesure où le legs du passé y est conservé. Il est prêt à accepter certains changements dans la mesure où cela ne compromet pas la perpétuation de cet héritage. En fonction de son interprétation de ce qui est au cœur de la tradition, il aura ainsi plus ou moins de souplesse. Enfin, le réactionnaire considère le présent et l’avenir avec défiance, comme des conséquences mauvaises d’un choix passé qu’il convient de corriger. La marche arrière est ainsi la condition d’une restauration de l’avenir. Et bien sûr, au cours de leur vie politique, les militants catholiques peuvent aller d’une attitude à une autre en fonction de la profondeur du changement qui est à l’ordre du jour.

Source : La Nef

À la droite du Père.
Les catholiques et les droites de 1945 à nos jours,
Sous la direction de Florian Michel et Yann Raison du Cleuziou,
paru au Seuil,
à Paris
en octobre 2022,
784 pp.,
ISBN-10 : 2021472337
ISBN-13 : 978-2021472332

Voir aussi  

«Chez les catholiques pratiquants réguliers, le vote contestataire est désormais dominant»

« L'interdit moral qui protégeait les lieux de culte a visiblement volé en éclats »  

Grande Noirceur — Non, l'Église n'était pas de connivence avec le gouvernement et les élites 

Contesté, sourd aux critiques... «Fin de règne» solitaire pour le pape François 

Patrick Buisson : « les réactionnaires ont souvent un tour d'avance »

« La religion chrétienne est de loin la plus attaquée en France »

Réflexions sur l'antichristianisme primaire en Occident 

Rome ou Babel : pour un christianisme universel et enraciné

France — 90 % du vandalisme et profanations de lieux de cultes visent des églises (deux par jour !)

Les musulmans de France semblent se radicaliser avec le temps 

L'Église catholique prise au piège de la religion du migrant  

Oui, c'était mieux avant ! 

Vatican II, « déclencheur » de l'effondrement de la pratique catholique ? (M-à-j vidéos)   

La laïcité est le cache-sexe d'enjeux démographiques, culturels et historiques

Cardinal Sarah : Dieu ne veut pas la migration, Jésus est rentré chez lui

Confondre hospitalité légitime temporaire et droit à l’immigration définitive

Rémi Brague : « Non, la parabole du bon Samaritain ne s’applique pas aux États ! »

Église catholique et l’immigration — le grand malaise

L’Église catholique — pour qui sonne le glas ? (M-à-j)

Laurent Dandrieu : « Les souffrances des Européens sont sorties du champ de vision de l’Église »  

Livre de Rodney Stark : Faux Témoignages. Pour en finir avec les préjugés anticatholiques 

Québec — Le mythe de la « grande noirceur » a la vie dure

Soixante-huit églises incendiées ou vandalisées, timide réaction du PM Trudeau qui organise un sommet sur l'islamophobie (m à j)

 

dimanche 2 octobre 2022

2 octobre 1535 — Jacques Cartier accoste à Hochelaga

Si la fondation de Montréal remonte officiellement à 1642, le premier Européen à y mettre les pieds est arrivé plus d’un siècle auparavant. Nul autre que Jacques Cartier. En octobre 1535, l'explorateur y fait la rencontre des Iroquoiens du village d’Hochelaga. Guidé par ces derniers, il grimpe jusqu’au sommet d’une colline qu’il baptisera… le mont Royal.





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

samedi 1 octobre 2022

France — 40% des enfants de 0 à 4 ans sont immigrés ou d'origine immigrée

L'ancien ministre français, Pierre Lellouche, a déclaré sur CNews le 29 septembre 2022 que : « 40% des enfants de 0 à 4 ans sont immigrés ou d'origine immigrée. On a une modification en profondeur de la population avec un poids déterminant de l'islam ».

La déclaration a fait florès : plus de 140.000 vues sur Twitter. «40% des enfants de 0 à 4 ans sont immigrés ou d’origine immigrée au dernier recensement», a déclaré Pierre Lellouche, ancien secrétaire d’État de François Fillon, sur CNews citant un rapport de l’INSEE datant de juillet 2020. «Il y a une modification en profondeur de la population de ce pays et de la population scolaire avec un poids, évidemment, déterminant de l’Islam, puisque la plus grande partie de cette population vient d’Afrique Noire et du Maghreb», a-t-il ajouté. D’où ce chiffre de 40%, qui peut paraître extrêmement élevé, vient-il ?

Le ministre se réfère à une étude publiée le 5 juillet dernier par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), chargé de la production de l’analyse et de la publication des statistiques officielles. Contacté par Le Figaro, l’institut reconnaît que «près de 40% des enfants de 0 à 4 ans ont un lien à l’immigration sur 3 générations». En effet, selon l’étude, 39,4% des enfants de 0 à 4 ans ont un lien avec l’immigration sur trois générations. Dans le détail : 0,8% sont immigrés, c’est-à-dire né étranger à l’étranger ; 13,3% ont deux parents immigrés (de deuxième génération donc); 11,3% ont un parent immigré (de deuxième génération) ; 1,8% ont quatre grands-parents immigrés (troisième génération) ; enfin, 12,2% ont au moins un grand-parent immigré (troisième génération).

Quant à l’origine des immigrés ou descendants d’immigrés dans cette population infantile, elle est effectivement majoritairement africaine.

Source : Le Figaro

Citations ethniquement incorrectes de Karl Marx


Lettre de Marx à Engels rédigée en juillet 1862 :

Le Nègre juif [Ferdinand] Lassalle qui, je suis heureux de le dire, part à la fin de cette semaine, a perdu encore une fois 5000 thalers dans une spéculation mal avisée… Pour moi, c’est désormais évident — comme la forme de son crâne et la manière dont ses cheveux poussent — qu’il est un descendant de ces Nègres qui accompagnèrent la fuite de Moïse d’Égypte (à moins que sa mère ou sa grand-mère paternelle ait fricoté avec un Nègre). Maintenant, ce mélange de juiverie et de germanité et son fond négroïde, entre autres, ne peut pas manquer d’induire des conséquences particulières. L’inconvenance de ce type est elle aussi caractéristique de celle des nègres. 1

Dans une autre lettre à Engels, rédigée quatre années plus tard (en 1866), où Marx décrivait un travail récent dont il pensait qu’Engels aurait pu tirer profit. Marx s’intéressait à Pierre Trémaux et à son Origine et Transformations de l’Homme et des autres êtres (Paris, 1865). Voici comment il présenta les travaux de Trémaux à Engels :

En dépit de toutes les limites que j’ai notées, il représente une progression significative par rapport à Darwin… (il a passé de nombreuses années en Afrique), ce qui l’amène à montrer que le type nègre commun est juste une forme dégénérée d’un type qui lui est bien supérieur. 2

Voici ce que Marx écrivait dans une autre lettre à Engels, lorsqu’il entreprenait d’évoquer le cas des Juifs.

L’expulsion des lépreux d’Égypte, à la tête desquels se trouvait un prêtre égyptien du nom de Moïse. Lazare, le lépreux, est aussi le Juif typique. 3

En 1853, dans le cadre de l’un de ses articles publiés dans le New York Tribune, Marx écrivait sur les Balkans :

qui avaient la mauvaise fortune d’être habités par un conglomérat de différentes races et de différentes nationalités dont il est difficile de déterminer laquelle est la moins adaptée pour le progrès et la civilisation. 4

En 1856, on pouvait lire sous sa plume dans le même journal que « Chaque tyran est soutenu par un Juif ». Il prétendait également qu’il existait toujours « quelques Juifs prêts à vous faire les poches ». En commençant par l’époque où Jésus avait jeté les marchands du temple, Marx informait son lectorat que

les Juifs pratiquant l’usure en Europe font à une échelle plus grande et plus néfaste ce que d’autres font à une échelle moins importante et plus modeste. Mais c’est uniquement parce que les Juifs sont si forts qu’il est important et urgent de dévoiler et de clouer au pilori leur organisation. 5

Une décennie plus tôt, en 1843, Marx écrivait Sur la question juive :

Quelle est la religion terrestre du Juif ? L’arnaque. Quel est son Dieu terrestre ? L’argent. L’argent est le dieu jaloux d’Israël, au regard duquel aucun autre Dieu ne peut exister. 6

En 1853, dans un discours que Karl Marx tint en Amérique, il déclara que « la société indienne n’a pas du tout d’histoire, ou du moins pas d’histoire connue ». Et tandis que Marx se moquait de la civilisation indienne qu’il supposait complètement ignorante, il semblait être favorable à la domination de l’Inde par les Britanniques. 

La question, selon lui, n’est pas de savoir si l’Angleterre avait le droit de conquérir l’Inde mais plutôt de savoir si nous eussions préféré qu’elle fût conquise par les Turcs, par les Perses, par les Russes plutôt que par les Britanniques ». Un des rôles de la Grande-Bretagne en Inde, selon lui, était de « poser les fondations matérielles de la société occidentale en Asie ». Il avait tendance à penser qu’elle était capable de le faire. En effet, bien que Marx eût noté que d’autres civilisations avaient envahi l’Inde par le passé, « les conquérants barbares » n’avaient pas pu mener cette tâche à bien. Au contraire, « les Britanniques étaient les premiers conquérants supérieurs et ne pouvaient donc succomber aux sirènes de la civilisation hindoue. 7 

Quant à l’esclavage, voici ce qu’écrivait Marx sur ce sujet en 1847, 14 ans avant la guerre de Sécession américaine :

L'esclavage est une catégorie économique comme une autre. Donc il a, lui aussi, ses deux côtés. Laissons là le mauvais côté et parlons du beau côté de l'esclavage [...] Sans l'esclavage, l'Amérique du Nord, le pays le plus progressif, se transformerait en pays patriarcal. Effacez l'Amérique du Nord de la carte du monde, et vous aurez l'anarchie, la décadence complète du commerce et de la civilisation modernes. Faites disparaître l'esclavage, et vous aurez effacé l'Amérique de la carte des peuples 8 

Sources

1 – Karl Marx à Friedrich Engels, 30 juillet 1862, Marx and Engels Collected Works, vol. 41, Lawrence & Wishart, 1984, p. 388.
2 – Marx à Engels, 7 août 1866, Marx and Engels Collected Works, vol. 42, p. 303.
3 – Marx à Engels, 10 mai 1861, Marx and Engels : Collected Works, vol. 41, p. 285.
4 – Karl Marx, “The Russian Menace to Europe”, New York Tribune, 7 avril 1853.
5 – Karl Marx, “The Russian Loan”, New York Tribune, 4 janvier 1856. 

6 – Karl Marx, Sur la question juive, (1843) in Karl Marx: Selected Writings, deuxième édition éditée par David McLellan, 2000, p. 66-69.  La traduction française par Jean-Michel Palmier en 1968 pour l'Union générale d’Éditions dans la collection : Le monde en 10-18, n° 412, est légèrement différente : « Quel est le fond profane du judaïsme ? Le besoin pratique, l'utilité personnelle. Quel est le culte profane du Juif ? Le trafic. Quel est son Dieu profane ? L'argent.»

7 – Karl Marx, “The future results of British rule in Indian”, New York Daily Tribune, 8 août 1853.
8 – Karl Marx, Misère de la Philosophie, (1847), éditeur Giard & Brière, 1908, Paris, p. 158–159.

 
Voir aussi
  
 
  
  
  
 
 

« La traite arabo-musulmane est volontairement occultée dans les mémoires de l’esclavage »

Idée reçue : « Au Moyen-Âge, les paysans sont accablés d’impôts »

Histoire — Le Moyen Âge, une imposture.

Histoire — Aux origines de la légende noire espagnole

La place des femmes au Moyen-Âge : elles votaient, elles ouvraient boutique sans autorisation maritale  

Histoire du Québec : multiculturalisme expiatoire, esclavage et colonisation américaine d’esprits incultes

Timbre d’un inconnu émis par Postes Canada pour le mois de l’Histoire des Noirs (commémoration importée des États-Unis) [bas du billet]

Histoire moderne racisée — « Les Haïtiens ont éduqué les Québécois »

« Tyrannie des minorités » avec le changement de population en Occident « Les revendications deviendront de plus en plus stridentes » (Statue de Cervantès vandalisée, il a été esclave des Barbaresques pendant 5 ans) 

Radio-Canada renvoie dos à dos histoire factuelle « blanche » et tradition orale indienne

Un million d’esclaves européens chez les Barbaresques

Le génocide voilé (traite négrière musulmane)

Histoire — la traite esclavagiste a-t-elle permis le décollage économique de l’Occident ?

France — La « droite » de Sarkozy au pouvoir, l’archéo-gauche décide toujours des programmes scolaires

Colbert et le Code noir, la vérité historique

Réécrire l’Histoire avec une grande hache communautariste 

Ces historiens américains et canadiens de l’Antiquité qui haïssent l’Antiquité… gréco-latine

Buste d’un roi décolonisateur (Baudouin de Belgique) vandalisé, il ne descend même pas de Léopold II, l’anti-escalavagiste

vendredi 30 septembre 2022

Mathieu Bock-Côté : 50 000 immigrants/an au Québec, c'est suicidaire aussi !

Immigrante qui s’est présentée avec son enfant à la frontière à Lacolle (le risque d’être expulsé est très bas)

On a beaucoup parlé de la déclaration de Jean Boulet à propos de l’immigration au Québec.

Ses termes étaient mal choisis, et son propos était à bien des égards inexact.

Dire que 80 % des immigrants ne travaillent pas est tout simplement faux [même si le taux de chômage des immigrants légaux est nettement plus haut que celui des Québécois nés au Québec]. Le ministre de l’Immigration devrait être le premier à le savoir, et aurait dû s’éviter cette déclaration bête et fausse.


Il a ainsi miné son propre parti, alors que François Legault a cherché à rouvrir la question de l’immigration ces derniers mois.

Legault

Et s’il faut rouvrir ce débat, c’est parce que l’intégration des immigrants, quoi qu’on en dise, n’est pas une réussite au Québec.

On pense évidemment à la langue française — j’y reviendrai —, mais aussi à la question des valeurs, en effet.

Si nous avons dû voter, en 2019, la loi 21 sur la laïcité, c’est évidemment parce qu’elle était fragilisée par la présence de l’islam politique dans notre société.

La normalisation du voile est contraire aux valeurs occidentales. Le combat des femmes iraniennes le rappelle aux spécialistes du relativisme, qui aiment se mettre la tête dans le sable et se faire croire qu’il s’agit d’un vêtement comme un autre.

On pourrait aussi parler du sentiment d’identification.

Les nouveaux arrivants, globalement, ont plus tendance à s’identifier au Canada et à Montréal qu’au Québec. On ne le leur reprochera pas, ce n’est pas de leur faute, c’est un effet de notre appartenance au Canada, mais c’est un problème néanmoins pour une petite nation comme le Québec.

Cela ne veut pas dire que c’est le cas de tous, heureusement. Cela veut dire que c’est un phénomène important, hélas.

Mais revenons à la langue — c’est-à-dire, concrètement, à l’existence du peuple québécois, qui repose d’abord sur la vigueur de la majorité historique francophone.

François Legault, devant les gens d’affaires de Montréal, s’est voulu courageux, mais ne l’a été qu’à moitié, en disant que l’augmentation des seuils serait suicidaire pour la nation québécoise, qui se condamnerait, pour reprendre les mots de René Lévesque, à la « noyade » démographique.

François Legault oublie pourtant, alors qu’il le sait, que les seuils de 50 000 sont suicidaires aussi. C’est avec ces seuils, fixés sous les années Charest-Couillard, que le Québec a été entraîné dans la spirale de l’anglicisation accélérée.

Pourquoi François Legault s’entête-t-il à les maintenir ? Au Québec, 50 000 immigrés par année, c’est trop — c’est beaucoup trop. Le PQ de PSPP propose 35 000 : c’est aussi trop, mais c’est un pas dans la bonne direction.

[Tabou médiatique]

Qu’est-ce qui nous empêche alors de parler franchement d’immigration ?

La police médiatique qui assimile au racisme, au repli de soi et au refus de l’autre la baisse considérable des seuils a créé un interdit autour de ce débat. Elle dit en avoir soupé de ce débat. Elle souhaite le censurer.

Osons la défier.

Sans quoi le peuple québécois, effectivement, deviendra minoritaire chez lui, avant de disparaître, d’ici la fin du siècle.

Voir aussi

Sondage : peu de Québécois croient à l’impact de la loi 96 

Le français en déclin significatif sur Internet au Québec  

Le poids du français baisse au Québec, celui de l’anglais remonte  

Français : il faut agir avant qu’il ne soit trop tard  

Le bilinguisme, l’apanage des francophones  

« Le français hors Québec ? C’est terminé. » Sauvons les meubles…  

Le mépris du français parlé au Québec par les allophones et anglophones du Québec

Québec — La violence envers les enseignants explose dans les écoles

Le président de la Fédération du personnel de soutien scolaire, Éric Pronovost, déplore que 74 % de ses membres affirment avoir subi de la violence au travail au cours de la dernière année scolaire, une proportion qui est en hausse selon un sondage.

En un an seulement, le nombre d’enseignants et d’éducateurs indemnisés après avoir été victimes de violence à l’école a bondi de 65 %, selon le Journal de Québec.

En 2020, 554 membres du personnel scolaire ont été indemnisés à la suite de « lésions attribuables à la violence en milieu de travail », selon les données de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

L’année suivante, en 2021, ce nombre avait grimpé à 911, soit le bond le plus important depuis au moins dix ans (voir graphique ci-contre).

Or, il ne s’agit que « de la pointe de l’iceberg », selon Simon Viviers, professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’université Laval.

« Pour qu’il y ait une réclamation à la CNESST, c’est parce que la situation n’est pas banale », souligne-t-il.

Indemnisée deux fois

La CNESST indemnise des travailleurs qui sont incapables d’exercer leur emploi en raison d’une lésion professionnelle, qui peut être physique ou psychologique.

Une éducatrice de service de garde d’une école de Montréal a par exemple été indemnisée deux fois par la CNESST après avoir subi un traumatisme crânien et un choc post-traumatique à la suite de gestes de violence causés par des élèves.

Ce sont d’abord les éducateurs spécialisés, suivis des enseignants de la maternelle et du primaire, qui sont victimes de gestes de violence commis en majorité par des élèves.

On parle surtout de « bousculades », « pincements », « coups de pied » et « volées de coups » qui sont en augmentation, selon la CNESST.

Le constat est semblable du côté de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ).

Selon un sondage réalisé par la firme Ad hoc ce printemps auprès des membres (1617 répondants), 74 % des employés ont subi de la violence au cours de la dernière année scolaire, provenant principalement des élèves.

En 2018, cette proportion était de 71 %, selon un coup de sonde comparable.

Un effet de la gestion de la pandémie Covid ?

« C’est pire qu’avant. C’est qui qui va prendre son courage à deux mains et régler cette situation-là ? », laisse tomber son président, Éric Pronovost, qui voit dans cette augmentation un « effet pandémie ». 

[Il est vrai qu’une forte augmentation a été ressentie entre 2020 et 2021. Mais, d’une part, 2020 constituait un léger creux par rapport à 2019 et 2018 et, d’autre part, il y a une tendance à l’augmentation de ces violences, depuis 2012 ; en effet le nombre d’employés indemnisés a augmenté de 153 % de 2012 à 2021. Ceci dit, la gestion de la pandémie a été désastreuse pour les écoles alors que les jeunes n’ont jamais été en danger de la Covid-19 et qu’on le savait dès le début de la pandémie. Voir Suède et Suisse — Enfants peu à risques et peu contagieux (juillet 2020), Les leçons européennes (comparaisons entre pays) sur l’ouverture des écoles pendant le début de la pandémie (décembre 2020) et Québec — Les pédiatres réclament la réouverture des écoles le 11 janvier (2021) ]

Le son de cloche est le même du côté des services de garde en milieu scolaire. Les enfants, en ayant été plus longtemps à la maison et privés de contacts sociaux, ont des « habiletés sociales moins développées » si bien qu’ils sont maintenant « moins tolérants envers les autres », affirme Réjeanne Brodeur, présidente de l’association québécoise de la garde scolaire.

Simon Viviers partage aussi ce constat, rappelant que la société en générale est « dans un contexte de tension sociale ».

Ce dernier rappelle par ailleurs que l’intégration des élèves à besoins particuliers dans les classes ordinaires demeure un « problème extrêmement important » puisque plusieurs enseignants ne se sentent pas aptes à répondre à leurs besoins.

Le manque de services pour encadrer ces élèves dans les services de garde demeure aussi un enjeu et pourrait expliquer en partie la hausse des gestes de violence, ajoute Réjeanne Brodeur.


jeudi 29 septembre 2022

Pensionnats — Quels enfants disparus ?

Quels enfants disparus ? C’est la question que se pose Hymie Rubinstein dans le Western Standard. Nous publions ci-dessous la traduction de son article. Mme Rubenstein est rédactrice en chef du bulletin The REAL Indian Residential Schools et professeur d’anthropologie à la retraite à l’Université du Manitoba.

Élèves amérindiennes au pensionnat de Kamloops
 

La Commission de vérité et réconciliation et le Centre national pour la vérité et la réconciliation ont-ils été complices de l’invention et de la diffusion d’un mythe scandaleux concernant la mort d’enfants autochtones dans les pensionnats ? Considérons les preuves.

Le Centre national pour la vérité et la réconciliation (NCTR), généreusement subventionné, est le successeur de la Commission de vérité et réconciliation (CVR) du Canada. Il est chargé de rendre compte de l’histoire, du fonctionnement et de l’héritage des pensionnats indiens au Canada.

La CVR a commencé le travail de développement d’un registre commémoratif « honorant les enfants qui ne sont jamais revenus de l’école ». Le NCTR a poursuivi ce travail.

« Le mémorial se souvient, honore et reconnaît les enfants qui sont morts alors qu’ils fréquentaient un pensionnat au Canada » ou « dans l’année suivant leur sortie de l’école ».

La justification de l’inclusion des élèves qui ne sont pas réellement décédés à l’école « … repose sur une pratique courante des pensionnats consistant à renvoyer les élèves qui souffraient d’une maladie en phase terminale chez eux ou dans des institutions telles que des hôpitaux et des sanatoriums. »

Confondre l’expression « enfants qui ne sont jamais revenus de l’école » avec « enfants décédés alors qu’ils fréquentaient un pensionnat » est le premier indice qu’il y a anguille sous roche. 

De nombreux étudiants qui « ne sont jamais rentrés chez eux » n’avaient peut-être pas de domicile où retourner. Certains étaient orphelins ; certains ont été envoyés dans ces écoles pour les protéger de foyers dysfonctionnels ou abusifs. Cela était particulièrement vrai au cours des quatre dernières décennies pendant lesquelles ces pensionnats ont fonctionné, période à laquelle la plupart de ses « survivants » ont fréquenté ces écoles. Pourtant, cela n’a pas empêché leurs restes d’être envoyés dans leur réserve d’origine pour y être enterrés chaque fois que cela était possible.

De même, l’expression « enfants décédés alors qu’ils fréquentaient un pensionnat » suggère implicitement que l’école était responsable de leur mort, une accusation dépourvue de toute preuve.

Plus troublant encore, selon le NCTR : « Suivant les directives fournies par les “survivants” [c’est-à-dire toute personne autochtone qui a fréquenté un pensionnat indien] lors des réunions communautaires tenues en 2018 et lors du Rassemblement national des aînés, seuls les noms et les dates de la mort seront rendus publics. » Cette directive paraît suspecte dès le premier abord.

Il est permis au NCTR de publier pour chaque école un résumé sur la cause des décès et les lieux d’inhumation, ce qu’il a fait pour le système des pensionnats indiens dans son ensemble. Le fait qu’il ait délibérément omis de le faire au niveau de chaque école a contribué à augmenter le traumatisme et la rage ressentis par les peuples autochtones à travers le pays, entraînant des incendies d’églises et d’autres actes destructeurs depuis le 27 mai 2021.

Comment peut-on prétendre que les actes de décès individuels comme privés, voire sacro-saints, alors qu’ils sont disponibles pour consultation, bien que souvent payante, par toute personne qui le souhaite ?

Ou le NCTR cache ces actes de décès parce qu’il désire entretenir ce traumatisme et cette rage ?

Presque tous les détails révélés, basés sur les noms et les dates de décès répertoriés par école dans le registre commémoratif, ont été compilés et analysés par Nina Green, une chercheuse indépendante passionnée par ce travail d’enquête dans les archives.

L’un des objectifs de Mme Green était de vérifier l’exactitude des données, étant donné le caractère incomplet des inscriptions individuelles dans le registre commémoratif publié.

Il était nécessaire d’entreprendre cette tâche chronophage pour confirmer la véracité de l’affirmation répandue selon laquelle la plupart des enfants qui ne sont pas rentrés chez eux ont été enterrés dans des tombes anonymes à proximité de leurs écoles, souvent dans des circonstances pénalement douteuses. La TRC et le NCTR ont-ils été complices dans l’invention et la diffusion de ce mythe scandaleux en cachant au public des dossiers dont ils ont la garde ? À tout le moins, le NCTR n’a rien fait pour répudier ce mythe diffamant qu’il pourrait facilement abattre s’il publiait l’information qu’il détient.

En ce qui concerne les données numériques sur les décès d’étudiants, le volume 4 du rapport 2015 de la TRC traitant des « enfants disparus » indique que 3 201 étudiants nommés et non nommés — la catégorie des nommés chevauchant probablement en tout ou en partie celle des non nommés — sont décédés à leur école ou ailleurs. Il indique également que sur les 1 241 élèves nommés dont le lieu d’inhumation a été déterminé par les moyens employés par la CVR, seuls 423 élèves sont morts dans les écoles tandis que les autres sont morts ailleurs (tableau 4, p. 21). Ce chiffre de 423 représente 0,3 % des quelque 150 000 élèves qui ont fréquenté un pensionnat indien.

Tous ces chiffres sont bien loin de l’estimation extraordinaire de Murray Sinclair, l’ancien commissaire en chef de la CVR, selon laquelle « … il pourrait y avoir entre 15 et 25 000, et peut-être même plus » enfants décédés dans les pensionnats indiens.

Mais il est libre de le dire, car on ne sait pas à quel point le NCTR a cherché à établir le sort des « enfants disparus » dans les archives accessibles au public. Au lieu de cela, tout manque d’informations serait de la faute des églises qui géraient les écoles et du gouvernement fédéral qui les a financées.

Pourtant, même si le NCTR a enquêté avec diligence sur cette question, comme il le prétend, aucune conclusion détaillée n’a été rendue publique depuis 2015, à l’exception d’ajouts au registre commémoratif.

Si le Registre commémoratif faisait vraiment partie d’un « voyage collectif d’hommage et de commémoration des enfants perdus dans les pensionnats », on ne devrait pas refuser de signaler leur lieu d’inhumation comme c’est le cas aujourd’hui'hui.

Ajoutons qu’il n’existe pas de parenté, pas de descendants, qui recherchent frénétiquement leurs ancêtres disparus. Comment cela pourrait-il être si 15 000 à 25 000 « enfants… ne sont jamais revenus des pensionnats » ?

Quant aux conclusions de Nina Green, les registres de décès de 30 écoles de la Colombie-Britannique, de l’Alberta et du Manitoba, soit 22 % des 139 pensionnats subventionnés par l’État, montrent que presque tous ont été enterrés dans leurs réserves d’origine. Le NCTR le sait sûrement aussi.

Il ne veut pas plus reconnaître publiquement que bon nombre des noms figurant dans le registre sont ceux d’enfants qui n’étaient pas élèves d’un pensionnat indien lorsqu’ils sont décédés. C’est ainsi que, en réponse à une demande d’information formulée le 9 septembre 2022 par James McCrae, ancien ministre de la Justice et procureur général du Manitoba, au sujet d’un de ces élèves — la célèbre Helen Betty Osborne — Jesse Boiteau, l’archiviste principal du NCTR a répondu : « De nombreux noms sont ajoutés à la demande des membres de la famille des enfants qu’ils ont perdus et qui ont fréquenté un pensionnat indien. »

Osborne était étudiante externe au [lycée] Margaret Barbour Collegiate au Pas [il y avait déjà un fort français en 1760], au Manitoba. Elle avait été accueillie par une famille non autochtone lorsque [à 19 ans] elle a été enlevée, violée et brutalement assassinée le 13 novembre 1971. Pourtant, son nom apparaît sur la liste des enfants qui « ne sont jamais revenus à la maison » du pensionnat indien Guy Hill qu’elle avait fréquenté auparavant en tant qu’élève du primaire. Pour mettre fin à tout débat, Boiteau a conclu sa réponse à McCrae en déclarant : « nous ne répondrons pas à d’autres questions sur le registre alors que nous poursuivons nos efforts de recherche sur les pensionnats et que nous aidons les survivants et leurs familles à guérir. »

Et voilà pour la transparence et la responsabilité au NCTR qui, comme la CVR elle-même, a oublié que, sans vérité, il ne peut jamais y avoir de réconciliation.

Quant à Mme Green, elle a inlassablement envoyé ces résultats et d’autres découvertes originales à des dizaines de médias établis, d’organisations autochtones et gouvernementales et des particuliers. Seuls quelques-uns en ont accusé réception et à peine un ou deux ont appuyé ses conclusions.

Ajoutons une dernière observation probablement superflue pour la plupart des lecteurs, à savoir que — « …une armée de consultants, d’avocats et de comptables siphonne des centaines de millions de dollars des Premières Nations et des coffres du gouvernement fédéral. » Le quotidien politiquement correct The Star [de Toronto] omet de mentionner que cela inclut également des hordes de dirigeants amérindiens, d’activistes et d’universitaires.

Il ne s’agit pas de paroles en l’air. Le budget fédéral 2022-2023 contient une liste de mesures totalisant 4,7 milliards de dollars pour « soutenir les communautés alors qu’elles font face à leur passé et bâtir un avenir où les enfants autochtones peuvent s’épanouir », dont 209 millions de dollars pour aider les communautés à « documenter, localiser et commémorer les lieux de sépulture à anciens pensionnats », construire un nouveau Centre national pour la vérité et la réconciliation et « assurer la divulgation complète des documents fédéraux liés aux pensionnats ».

On dit souvent qu’il n’y a que deux choses sûres : la mort et les impôts. Dans ce cas, les certitudes sont la mort et l’enrichissement.

Liens connexes
  
  
 
  
 
 

En 7 mois, 23.000 immigrants illégaux sont rentrés au Québec, les hôtels de Montréal sont combles (m-à -j)

Un nouveau complexe modulaire verra le jour cet automne sur ce site où sont accueillis les immigrants illégaux qui passent par la frontière terrestre en provenance des États-Unis.

La hausse croissante de illégaux empruntant ce passage explique cette dépense (« investissement » selon Radio-Canada) d'un demi-million de dollars, d'après des documents d'appel d'offres qui viennent d'être rendus publics. « Actuellement, le chapiteau en place ne répond plus aux besoins grandissant de traitements de migrants », de déclarer un de ces documents de la Gendarmerie royale du Canada.

Entre janvier et août, plus de 23 000 immigrants illégaux ont utilisé le chemin Roxham pour entrer au Canada. Un record qui engendre de nombreux problèmes.


Mise à jour du 27 septembre

Un demi-milliard de $

Selon Radio-Canada, le gouvernement Trudeau a payé plus d’un demi-milliard pour le chemin Roxham.

Contrats sans appel d’offres, ententes renouvelées, infrastructures modernisées : Ottawa a investi massivement pour l'accueil des immigrants illégaux qui se présentent au chemin Roxham, selon des chiffres obtenus par l'émission Enquête. Et tout indique que ce passage semble destiné à durer.

 


Billet du 15 septembre

Le chemin Roxham n’a jamais vu autant de personnes le traverser de manière irrégulière pour entrer au pays. Incursion dans l’industrie des passeurs qui emmènent les demandeurs d’asile jusqu’à la frontière.

Le gouvernement Trudeau a refusé les demandes d’entrevue. Entre janvier et juin, un record, 20 000 immigrants illégaux qui sont passés par le chemin Roxham et ont été accueillis par le service express de luxe gratuit (accueil, navette, pécule et allocations, chambre d’hôtel) des douanes canadiennes. Les hôtels de Montréal sont combles.

Plus de détails sur ce lucratif trafic dans Roxham Inc. Le commerce payant de l'immigration. Trafic payant car l'accueil et la prise en charge par le Canada sont garantis (merci Justin Trudeau!) et sans risque.

Reportage complet



Voir aussi

Les entrées illégales par Roxham atteignent un sommet historique, Ottawa reste de marbre 

Des personnes ayant la nationalité américaine réclament le statut de réfugié au Canada

 

mercredi 28 septembre 2022

« Valeurs », écoanxiété : près d’un tiers des Françaises en âge de procréer ne veulent pas d’enfants

L'idéal de la femme androgyne (cravate, costard, bretelles, aucune courbe, cheveux courts) promu par Elle

Un tiers des femmes en âge de procréer ne veulent pas avoir d’enfants. C’est ce que révèle un sondage réalisé par le magazine Elle en partenariat avec l’Ifop et publié ce mercredi. L’enquête a été menée auprès d’un échantillon représentatif de 2005 femmes âgées de 15 ans et plus. Concernant les femmes «en âge de procréer», il s’agit de femmes âgées de 18 à 49 ans sans enfants et en capacité physique de procréer. La crise environnementale et climatique est notamment évoquée pour justifier le non-désir d’enfants, selon un sondage réalisé par le magazine Elle et l’institut Ifop.

Parmi les sondées qui ne ressentent pas de désir de maternité, 50% estiment qu’un enfant n’est pas indispensable à leur épanouissement personnel quand 48% ne souhaitent pas assumer de responsabilité parentale. La « crise environnementale et climatique » motive aussi le non-désir d’enfant de 39% des femmes interrogées, suivies des crises politiques et sociales (37%) et de la crainte de la surpopulation (35%), détaille Elle.

L’institut Ifop a également interrogé les sondées sur leurs idées politiques. 48% de sympathisantes EELV ont affirmé souhaiter rester sans enfant contrairement à celles des Républicains, de Reconquête ou du RN qui manifestent encore majoritairement un désir de maternité. Il en va de même avec les affinités féministes et écologistes : 50 % des femmes se jugeant « très féministes » et 54 % se disant « très écologistes » ne souhaitent pas avoir d’enfant.

La catégorie socioprofessionnelle des sondées est également un critère puisque 36% des dirigeantes d’entreprises préfèrent ne pas avoir d’enfants quand la majorité des femmes issues des catégories populaires expriment majoritairement leur désir de devenir mères. Le sondage relève également que plus de la moitié des mères d’un enfant de moins trois ans avouent parfois regretter leur choix de maternité. En outre, près d’une femme sur deux se dit prête à recourir à la procréation médicalement assistée (PMA) en tant que célibataire.

Voir aussi 

Québec — Nombre de naissances continue de baisser et les décès sont repartis à la hausse  

La population mondiale pourrait (peut-être) diminuer de moitié d'ici à 2100  

Le grand bouleversement démographique allemand  

En Pologne, une campagne d'affichage massive sur la natalité 

« Valeurs européennes » : la promotion de contenus LGBT auprès des mineurs ?  

L’Europe de l’Est en proie à une démographie en chute libre   

La population amish a augmenté de 110 % depuis 2000  

Démographie — Le trilemme de Morland : égoïsme, économie ou ethnie

Elon Musk inquiet de l’effondrement démographique 

Le déclin des blancs : rejeter, réprimer, fuir ou métisser ? 

« La planète va se vider de sa population, changeons nos idées reçues » 

Plus de travail, moins de bébés ? Carriérisme contre familisme (c’est une question de priorités, de « valeurs ») 
 

Éric Kaufmann — Les plus religieux hériteront-ils de la Terre ?  

 

 

mardi 27 septembre 2022

Pressions pour qu'un grand éditeur censure une étude relativisant la « crise climatique »

Une étude relativisant la gravité de la « crise climatique » a été publiée en janvier dans une revue du prestigieux groupe Springer Nature, au grand dam de certains climatologues réputés sélectionnés par l’AFP, certains allant jusqu’à demander la censure et le retrait de cette étude d’une vingtaine de pages.

L’étude intitulée Une évaluation critique des tendances des événements extrêmes en période de réchauffement climatique ne remet pas en question le réchauffement observé depuis le début de l’industrialisation. Elle est rédigée par quatre universitaires italiens. Elle passe en revue la bibliographie récente sur les séries chronologiques de certains événements météorologiques extrêmes et les indicateurs de réponse associés afin de voir si l’on peut détecter une augmentation de l’intensité ou de la fréquence de ces événements extrêmes. 

Aucun indicateur ne montre une tendance croissante claire des événements extrêmes

Pour les auteurs, les changements mondiaux les plus robustes dans les extrêmes climatiques se trouvent dans les valeurs annuelles des vagues de chaleur (nombre de jours, durée maximale et chaleur cumulée), tandis que les tendances mondiales de l’intensité des vagues de chaleur ne sont pas significatives. 

L’intensité des précipitations quotidiennes et la fréquence des précipitations extrêmes sont stationnaires pour la majeure partie des stations météorologiques. L’analyse des tendances de séries chronologiques des cyclones tropicaux montre une invariance temporelle substantielle (ça ne bouge pas vraiment) et il en va de même pour les tornades aux États-Unis (ni leur nombre ni leur intensité ne semble augmenter). Dans le même temps, l’impact du réchauffement sur la vitesse du vent de surface reste incertain. Les auteurs se sont ensuite penchés sur certains indicateurs de réponse globale aux événements météorologiques extrêmes, à savoir les catastrophes naturelles, les inondations, les sécheresses, la productivité des écosystèmes et les rendements des quatre principales cultures (maïs, riz, soja et blé). Aucun de ces indicateurs de réponse ne montre une tendance positive claire des événements extrêmes. 

Les chercheurs italiens concluent que, sur la base de données d’observation, la crise climatique que, selon de nombreuses sources, nous vivrions aujourd’hui n’est pas évidente pour l’instant. Les auteurs concluent en affirmant qu’il serait néanmoins extrêmement important de définir des stratégies d’atténuation et d’adaptation qui tiennent compte des tendances actuelles.

Rendement moyen (t/ha) pour le maïs, le riz, le soja et le blé de 1961-2019. On note le fort accroissement des rendements « malgré » la « crise climatique ». (Oui, bien sûr les techniques agricoles ont pu s’améliorer pendant cette période, mais cela tend à prouver que l’homme peut s’adapter à la « crise climatique grandissante » sans les mesures extrémistes proposées par certains militants aujourd’hui).
 

Appel à la censure

Quatre climatologues sélectionnés et interrogés par l’AFP estiment que l’étude n’aurait jamais dû être publiée, et deux d’entre eux ont demandé qu’elle soit retirée. Pour Peter Cox, professeur à l’Université d’Exeter, l’étude « n’est pas bonne sur le plan scientifique », mais il craint que le retrait « entraîne une publicité supplémentaire et puisse être présenté comme une censure ».

« La crise climatique », un non-sujet en politique italienne

L’auteur principal, Gianluca Alimonti, est un physicien d’un institut de physique nucléaire. Ses trois coauteurs sont Luigi Mariani, un météorologue agricole, et les physiciens Franco Prodi et Renato Angelo Ricci. 

Notons que la lutte contre les « changements climatiques » n’a joué quasiment aucun rôle dans la campagne électorale italienne qui y a vu le centre droit (l’extrême droite pour l’AFP/Radio-Canada) être porté au pouvoir. Les enjeux écologiques ont été les grands absents de la campagne électorale dans son ensemble, a révélé une étude menée par Greenpeace Italie et l’Observatoire de Pavie, un institut de recherche. L’environnement se retrouve loin derrière le soutien à la natalité et la lutte contre l’immigration illégale pour la chef des Frères d’Italie, Giorgia Meloni. Dans son programme, l’environnement est décrit comme « une priorité », mais n’apparaît qu’en douzième position (sur quinze), loin derrière le soutien à la natalité ou la lutte contre l’immigration illégale. Giorgia Meloni promet tout autant la relance du nucléaire — arrêté il y a 30 ans en Italie — que le forage d’hydrocarbures en mer Adriatique et le développement des ressources gazières.



La France cherche à sauvegarder le prestige de ses écoles à l’étranger

Alors que le président de gauche français, Emmanuel Macron, souhaite y doubler le nombre d’élèves d’ici à 2030, ces établissements peinent à rivaliser avec leurs homologues anglo-saxons, espagnols et coraniques.

Si le lycée Charles-de-Gaulle, à Londres, continue de porter haut les couleurs de l’enseignement à la française, la croissance du réseau de ces établissements dans le monde marque le pas.

En manque d’enseignants et soumis à une forte concurrence, ces établissements d’excellence accueillent 390 000 élèves à travers le monde. Emmanuel Macron veut doubler les effectifs dans une « stratégie d’influence et de rayonnement » de la culture française. Un défi de taille.

Éducation En cette rentrée 2022, ils sont 566 lycées français de l’étranger à scolariser 390 000 élèves, de la maternelle au baccalauréat. Parviendront-ils, d’ici à 2030, à atteindre l’objectif de 700 000, fixé il y a quatre ans par le président Macron ? Il y va de la « stratégie d’influence et de rayonnement » de la France, a martelé le chef de l’état, en août, devant les ambassadeurs réunis en France pour la première fois depuis la crise du Covid. Choix des expatriés et des élites locales, ces lycées, qui comptent un tiers de Français et deux tiers d’étrangers, assument une mission de service public d’éducation doublée d’une mission diplomatique et de rayonnement de la culture française. Un réseau qui s’est peu développé au cours des quinze dernières années et subit de plein fouet la concurrence étrangère.

« Dans les 24 pays où je me suis rendu depuis janvier, je constate que la problématique commune à tous tient au recrutement des enseignants, constate Damien Regnard, sénateur (LR) sénateur représentant des Français établis hors de France. Compte tenu de la crise des vocations en France, les académies ne veulent plus laisser partir leurs profs », résume-t-il. Piloté par le Quai d’Orsay à travers l’agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) — l’un de ses plus gros budgets —, le réseau des lycées français compte 9 000 à 10 000 personnels titulaires de l’éducation nationale détachés, expatriés ou résidents.

En parallèle, le gros des troupes est alimenté par 25 000 enseignants recrutés localement, qu’ils soient français ou étrangers. « Il est plus simple de recruter en droit local à Singapour qu’à Kinshasa ! », résume le sénateur Regnard, évoquant des établissements qui « n’hésitent pas à aller recruter les enseignants partout où la main-d’œuvre est disponible ». À l’arrivée, une multitude de statuts, avec, à la clé, des salaires qui varient du simple au double. « L’enjeu, aujourd’hui, est de former ces personnels locaux, à travers nos instituts régionaux de formation, créés début 2022 », explique de son côté le diplomate Olivier Brochet, directeur de L’AEFE. De Dakar à Buenos Aires, en passant par Munich ou Hanoï, ces instituts seront donc chargés de former l’immense majorité des professeurs des lycées français de l’étranger. À gauche, le sénateur (PS) des Français de l’étranger Yan Chantrel dénonce un « dumping social ». « Les non-titulaires de demain vont remplacer les titulaires d’aujourd’hui, alors même que les familles françaises et les élites locales réclament une formation française », explique-t-il. De fait, si l’on entend parler un français parfait dans la cour de récréation du lycée de Londres, c’est plutôt l’espagnol qui résonne en Amérique latine. Et si certains pays s’en tiennent rigoureusement aux programmes de l’éducation nationale française, d’autres s’écartent parfois des principes laïcs et républicains. « L’offre éducative se dégrade, affirme Yan Chantrel, tandis que les frais de scolarité ne cessent d’augmenter pour construire de nouveaux locaux. » De 6 000 euros annuels en moyenne, ces frais varient de 2 000 euros l’année au lycée de Tananarive à 33 000 dollars pour celui de New York, fondé en 1935.

Mastodonte

« Si l’on ne recrutait que des titulaires de l’éducation nationale, on fermerait la moitié du réseau ! C’est un peu comme si l’on demandait à ce que tout le monde soit fonctionnaire en France », tempère de son côté la sénatrice (majorité présidentielle) Samantha Cazebonne, qui défend le principe de réalité. Avec une subvention étatique pour ces établissements qui oscille entre 300 et 400 millions annuels une vingtaine d’années, il faut selon elle « cibler les crédits vers la formation des enseignants » et se mettre enfin « autour de la table » pour un « diagnostic d’ampleur » du réseau. Un mastodonte piloté par un diplomate, où cohabitent des établissements directement gérés par L’AEFE (qui recrute les personnels), des lycées conventionnés (où les personnels d’encadrement sont mis à disposition par l’agence) et des établissements partenaires. Un système soumis à des homologations délivrées par l’éducation nationale. Une série de rigidités dans un système pourtant bel et bien privé, puisque ces lycées sont financés par les familles, à hauteur de 60 à 100 % selon les statuts. « Le temps joue contre nous. Quand une école française se crée, on compte dans le même temps 50 écoles anglo-saxonnes, autant de chinoises et de turques », ajoute Samantha Cazebonne.

Si aucun lycée français n’a fermé dans le monde en raison de la pandémie — les enseignements étant passés en distanciel, pour des frais de scolarité inchangés —, la croissance du réseau reste timide. En progression de 2,2 % l’an dernier, les effectifs ont augmenté, en cette rentrée, de 2,6 %. « Nous comptons 566 lycées français, contre 495 en 2018, avant le Covid. L’immense majorité de ces nouveaux établissements ouvrent sur les niveaux maternelle et élémentaire. Ce sont des graines plantées pour l’avenir. En parallèle, nous poursuivons le développement du réseau existant », explique Olivier Brochet. Le Maghreb est aujourd’hui la plus forte zone de croissance (21,5 % des élèves, devant l’Europe à 20,8 %), tiré par le Maroc qui, d’ici à 2030, sera le premier pays d’implantation du réseau, devant le Liban. Suivent, en termes de dynamisme, l’Afrique subsaharienne, avec le Sénégal et la Côte d’Ivoire, et le Moyen-Orient, où les Émirats arabes ouvriront d’ici trois ans un huitième établissement.

Opérateurs privés

En Chine, la gestion de la crise sanitaire a fait chuter les effectifs à Shanghaï (-26 %) et à Hongkong, qui a aussi connu la répression. « Des avions entiers arrivent à Singapour, où les prix flambent », lâche le sénateur Pour Olivier Cadic, sénateur (UDI), le réseau souffre d’inertie. « Cela fait des années que l’on reste sur des ordres de croissance de 3 %. Le réseau vit sur lui-même. Il y a trente ans, au moment de sa création, L’AEFE comptait déjà 499 établissements, explique-t-il. Dans le même temps, l’enseignement anglo-saxon scolarise, lui, 5 millions d’élèves. » Et attire les expatriés français. « Deux tiers des Français nés en Amérique latine ne parlent pas français. Ils sont 50 % aux États-Unis et en Australie », poursuit Olivier Cadic, qui milite pour la définition d’un « véritable modèle français, alternatif au modèle anglo-saxon. Sinon, dans 20 ans, le réseau des lycées français sera confidentiel. » Selon lui, il faut aussi différentes gammes d’établissements et de prix pour être capable de rivaliser avec la concurrence internationale, « mais aussi avec les écoles coraniques gratuites qui se développent à Dakar ou à Madagascar », ajoute-t-il.

« C’est très bien de vouloir doubler, conclut Damien Regnard. Mais nous sommes, pour beaucoup, sur des effets d’annonces. Et ce n’est pas une spécialité de la macronie », ajoute-t-il, évoquant « une grosse machine, qui continue de gérer, de Paris, des situations au Togo, à Bogota ou à Chicago de Paris ». Il plaide pour des partenariats avec des opérateurs privés, sur le modèle d’Odyssey, un groupe scolaire fondé en 2017, soutenu par la famille Mulliez et dirigé par Luc Chatel, ancien ministre de l’Éducation. Un groupe privé qui compte désormais 14 établissements, à Bucarest, à Bruxelles ou à Bangkok et a signé en 2021 un accord-cadre avec L’AEFE. Une première qui va dans le sens des ambitions du président Macron. Mais qui est largement dénoncé par la gauche et les syndicats enseignants.

Source : Le Figaro