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vendredi 25 octobre 2024

La croissance de l'emploi dans les administrations publiques a dépassé celle du secteur privé au Québec et au Canada de 2019 à 2023

Au Québec et dans 7 des 9 provinces du RdC (Reste du Canada), le taux de croissance des emplois gouvernementaux a été plus élevé que celui du secteur privé, révèle une nouvelle étude publiée aujourd'hui par l'Institut Fraser, un groupe de réflexion indépendant et non partisan sur les politiques publiques canadiennes.


« La création nette d'emplois au Canada ces dernières années est due de manière disproportionnée à la croissance de l'emploi dans le secteur public plutôt que dans le secteur privé et, en 2019, la part de l'emploi public dans l'emploi total au pays est à son plus haut niveau depuis le milieu des années 1990 », a déclaré Ben Eisen, chercheur principal à l'Institut Fraser et coauteur de Economic Recovery in Canada before and after COVID : Job Growth in the Government and Private Sectors (La reprise économique au Canada avant et après le COVID : croissance de l'emploi dans le secteur public et le secteur privé).

L'étude révèle qu'historiquement, aucune autre période récente de récession et de reprise au Canada n'a été aussi dominée par la croissance de l'emploi dans le secteur public par rapport à la croissance de l'emploi dans le secteur privé.

Au cours des périodes de récession et de reprise liées à la récession COVID-19 (2019-2023), l'emploi dans le secteur public à travers le pays, y compris au niveau fédéral, provincial et municipal, a augmenté de 13,0 %, contre seulement 3,6 % dans le secteur privé (y compris le travail indépendant).

Dans toutes les provinces canadiennes, à l'exception de l'Alberta et de la Nouvelle-Écosse, l'emploi dans le secteur public a progressé à un rythme plus élevé que dans le secteur privé. En Colombie-Britannique, la croissance de l'emploi dans le secteur privé (y compris le travail indépendant) n'a augmenté que de 0,5 % au cours de la période, contre 22 % dans le secteur public.

Au Québec, l'emploi dans le secteur public a crû de 10,8% de 2019 à 2023 alors que, dans le secteur privé, cette croissance n'a été que de 4,7% avec une chute de 10,5 % parmi les gens établis à leur compte.

En Ontario, le secteur public a connu une croissance trois fois supérieure à celle du secteur privé, avec respectivement 14,6 % et 4,8 %.

L'étude compare également la récession et la reprise actuelles au Canada à celles des États-Unis, où le secteur privé a généré une grande majorité de tous les nouveaux emplois au cours des dernières années. Au Canada, le secteur public est responsable de 46,7 % de la croissance totale de l'emploi entre 2019 et 203, contre 16,1 % aux États-Unis.

« Ces dernières années, le Canada a connu un taux de croissance de l'emploi beaucoup plus élevé dans le secteur public que dans le secteur privé, ce qui est une tendance préoccupante étant donné que la croissance de l'emploi et la création de richesses dans le secteur privé sont nécessaires pour financer les activités des gouvernements », a déclaré M. Eisen.

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mercredi 9 octobre 2024

France — Proposition de loi visant à rétablir le droit à l’instruction à la maison

Emmenés par Marie-France Lorho, les députés RN ont déposé une proposition de loi visant à rétablir le droit pour les parents à instruire leurs enfants à la maison. Dans l’exposé des motifs, les députés soulignent que la liberté d’instruction est consacrée par la loi du 28 mars 1882 relative à l’enseignement primaire obligatoire, qui disposait en son article 4 que
l’instruction primaire est obligatoire pour les enfants des deux sexes, français et étrangers, âgés de six à quatorze ans révolus ; elle peut être donnée soit dans les établissements d’instruction primaire ou secondaire, soit dans les écoles publiques ou libres, soit dans les familles
Cette loi encourageait ainsi la nécessité d’instruction des enfants et non nécessairement leur scolarisation.

Le Code de l’éducation en reprenait d’ailleurs les termes, disposant au premier alinéa de son article L. 131‑2 que :
L’instruction obligatoire peut être donnée soit dans les établissements ou écoles publics ou privés, soit dans les familles par les parents, ou l’un d’entre eux, ou toute personne de leur choix
D’un régime de déclaration à un régime d’autorisation

L’instruction en famille (ou plutôt à domicile) concerne essentiellement les enfants les plus jeunes, de 3 à 11 ans. Ainsi, 85 % des enfants instruits à domicile le sont au cycle primaire (de 3 à 11 ans) contre 13 % au niveau du collège et 2 % au niveau du lycée. Comme le soulignait la proposition de résolution n° 3742 (XVe législature) invitant le Gouvernement à proposer un moratoire sur la modification législative de l’instruction en famille,
les raisons de recourir [à l’instruction à domicile] sont nombreuses : elle peut être un moyen de répondre aux difficultés d’adaptation de l’enfant, un moyen de répondre aux contraintes géographiques auxquelles peuvent être confrontés les parents, une façon de moduler l’enseignement à un choix potentiel de l’enfant (pratique sportive de haut niveau). Dans certains cas, l’instruction à la maison permet d’éviter à l’enfant d’être confronté au harcèlement scolaire ; il arrive que les enfants ne parviennent pas à s’adapter à un environnement scolaire qui leur est hostile.
Pourtant, à l’occasion de l’examen de la loi n° 2021‑1109 du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, le gouvernement a souhaité restreindre cette liberté, créant un arsenal de conditions pour pouvoir exercer ce droit. Dans sa section 21, la loi limite ainsi l’instruction en famille à des autorisations assorties de motifs particuliers, à l’image de l’état de santé de l’enfant ou l’éloignement géographique éventuel de la famille. L’instruction en famille est ainsi passée d’un régime de déclaration à un régime d’autorisation, transition validée par le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État [organismes aux décisions parfois politisées, voir notamment la partialité du président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius dans le cadre des politiques sur l'immigration].

Une restriction excessive et inadaptée dans un contexte scolaire dégradé


Depuis la rentrée de septembre 2022, les possibilités d’avoir recours à l’instruction en famille ont donc été réduites. À l’heure où 29 % des personnels de l’éducation « ne trouvent plus de sens à ses missions », où 30 % sont en état de fatigue avancée et 17 % en proie à la colère (baromètre UNSA Éducation, cette décision apparaît déraisonnable. Car si l’on en croit le Conseil d’État, le « projet du Gouvernement pourrait conduire, selon les indications de l’étude d’impact, à scolariser obligatoirement plus des trois‑quarts des enfants actuellement instruits en famille », ce qui engendrerait une sollicitation accrue desdits personnels. Le coût généré par l’inscription d’élèves supplémentaires au sein de l’Éducation nationale constitue par ailleurs une charge non négligeable pour l’État.

Comme cela avait également été souligné dans la proposition de résolution susmentionnée, « le caractère arbitraire des conditions d’éligibilité pour instruire au sein de sa famille [du] projet de loi [est contestable] : pour l’heure, comment l’administration compte‑t‑elle distinguer les familles aptes à enseigner des autres ? Sous couvert de lutte contre le radicalisme islamiste, le gouvernement entend priver près de 30 000 enfants d’une instruction au sein de leur famille alors même que l’enquête de MM. Dominique Glasman et Philippe Bongrand dans la Revue française de pédagogie soulignait que « les connaissances actuelles ne permettent en rien d’affirmer [que les familles radicalisées pratiquant l’instruction à la maison] seraient prépondérantes parmi les familles qui instruisent hors établissement… ». Dans cette perspective, Jean‑Baptiste Maillard, secrétaire général de Liberté éducation, soulignait en février 2022 que : « seulement 0,09 % de ces enfants font l’objet d’une injonction de rescolarisation et aucune pour radicalisation ou séparatisme». Les critères excessifs employés pour disqualifier l’instruction en famille des modes d’instruction soulèvent, notamment dans un contexte scolaire particulièrement dégradé, des interrogations comme des réticences légitimes de la part des familles attachées à cette liberté, dont il faut s’interroger sur la nature fondamentale.

Une liberté fondamentale, un mode d’instruction satisfaisant


L’instruction à domicile constitue un mode d’apprentissage aux résultats satisfaisants. Si l’on en croit les rapports de la Direction générale de l’enseignement scolaire, cités par M. Maillard, auteur de L’école à la maison : une liberté fondamentale :
plus de 98 % des enfants instruits en famille satisfont les attendus du socle commun de connaissances
Par ailleurs, cette liberté comporte une dimension d’ordre fondamental que le Conseil d’État avait déjà relevé. Celui‑ci indiquait que « l’instruction des enfants au sein de la famille, institué par la loi du 18 mars 1882 » pourrait relever d’un principe fondamental (décision n° 77‑87 DC du 23 novembre 1977) reconnu par les lois de la République, autonome ou inclus dans la liberté de l’enseignement. La décision n° 406150 du Conseil d’État indiquait à cet égard que le
principe de la liberté de l’enseignement, qui figure au nombre des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, implique la possibilité de créer des établissements d’enseignement, y compris hors de tout contrat conclu avec l’État, tout comme le droit pour les parents de choisir, pour leurs enfants, des méthodes éducatives alternatives à celles proposées par le système scolaire public, y compris l’instruction au sein de la famille
Par ailleurs, l’article 2 du Protocole additionnel à la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales que la France a ratifié le 3 mai 1974 stipule que :
Nul ne peut se voir refuser le droit à l’instruction. L’État, dans l’exercice des fonctions qu’il assumera dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement, respectera le droit des parents d’assurer cette éducation et cet enseignement conformément à leurs convictions religieuses et philosophiques.
Cet article du traité engage donc la France à respecter le droit pour les parents d’assurer l’instruction de leur enfant.

Conclusion

L’instruction à la maison constitue un mode d’instruction satisfaisant : ayant de longue date fait ses preuves, ce système fonctionnel n’a pas fait l’objet de contestations sérieuses permettant de le remettre en cause. Les articles de cette proposition de loi visent donc à rétablir le système antérieur et permettre aux parents qui le souhaitent d’instruire leurs enfants au sein de leur foyer. L’article 4 entend conserver la valorisation des acquis de leur expérience professionnelle pour les personnes déclarées comme dispensant cette instruction.
 

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Ce n’est pas aux législateurs de décider ce qui est bon pour les enfants, c’est aux parents  

Instruction en famille : un couple de Gilets jaunes assume sa désobéissance civile

France — Aucun lien avéré entre « séparatisme » et instruction à la maison 

L’enseignement à domicile a doublé au Canada entre 2019 et 2021  

France — Des propositions de loi pour restaurer la liberté d’instruire à la maison vont être déposées  (2023)

Les centres d’apprentissage libre, dits « écoles démocratiques », se multiplient depuis trois ans ; le gouvernement cherche à légiférer [Québec] 

France — Victoire pour la liberté scolaire devant le tribunal administratif de Toulouse

France — Chute de 9100 à 4000 des nouveaux enfants instruits en famille 

France, instruction à domicile : des décrets beaucoup trop restrictifs

mercredi 4 septembre 2024

Le nouveau cours Culture et citoyenneté québécoise reproduit les tares du cours Éthique et culture religieuse (ECR)

Un texte de Mathieu Bock-Côté paru dans le Journal de Québec :

Pascal Bérubé vient de sonner l’alarme: le nouveau cours Culture et citoyenneté québécoise, qui a pris le relais du cours Éthique et culture religieuse (ECR), semble reproduire ses tares.

On s’en souvient, le cours ECR est devenu un objet de polémique permanent lorsqu’on a compris qu’il avait surtout pour fonction d’imposer une propagande multiculturaliste aux étudiants québécois.

Ce cours poussait les jeunes Québécois à embrasser aveuglément les accommodements raisonnables, et à dédaigner leur propre culture.

D’ailleurs, ses théoriciens et concepteurs le reconnaissaient sans gêne: ils voulaient fragiliser la culture québécoise pour la rendre plus ouverte à la «diversité».

Idéologues

Autrement dit, à défaut de convaincre les adultes de la vertu de l’idéal diversitaire, on allait l’imposer aux enfants, plus facilement manipulables.

Je suis de ceux qui ont applaudi la disparition d’ECR.

Je note toutefois que dans le discours public, c’est la trop grande place accordée dans ce cours à la religion qui motivait son rejet. On lui reprochait d’avoir une vision sans nuance, trop positive, presque bigote, du fait religieux.

Si je rappelle tout cela, c’est que cela n’est pas sans lien avec les problèmes du cours qui l’a remplacé.

Certes, on a congédié les excès religieux du cours Culture et citoyenneté québécoise. [Le cours ECR supprimé était foncièrement relativiste en matière religieuse, mettant sur un pied d'égalité, les contes de Noël [Le Noël des souris dans un des manuels], les légendes autochtones, l'islam et le christianisme.

Pour l’avocat Me Mark Phillips qui a plaidé en Cour suprême sur le sujet, ECR est tout sauf un cours d’histoire des religions. En réalité, le programme ECR interdit de donner un tel cours :

Ainsi, le programme ECR interdit de présenter les religions de manière séquentielle et linéaire, mais prescrit qu’elles doivent être présentées en juxtaposition entre elles et avec des êtres mythiques et surnaturels. Ce qui ne veut pas dire, en passant, que tous les professeurs suivent ces prescriptions.
]


Mais on y a globalement recyclé tout le contenu idéologique d’ECR, tout en l’adaptant aux temps présents.

On y a même fourgué la fameuse référence à la discrimination «systémique» à laquelle François Legault s’était courageusement opposé en 2020 – on parlait alors de racisme systémique.

De même, il sert à normaliser des concepts absurdes comme celui du sexe assigné à la naissance, comme si un médecin, à la naissance de l’enfant, ne constatait pas son sexe, mais le décrétait arbitrairement. Ce nouveau cours normalise la théorie du genre.


Pour ce manuel de CCQ, le sexe est assigné à la naissance et associé à un genre. Cahier d'apprentissage de 1re secondaire, éditions CEC, 2024, à Anjou (Québec)

En fait, nous dit à sa façon Bérubé, le cours Culture et citoyenneté québécoise vire dans le wokisme.

Ce qui nous rappelle une chose simple: le ministère de l’Éducation, au Québec, mais ailleurs aussi en Occident, ne cherche pas à transmettre une culture et un patrimoine de civilisation.

Il veut faire de l’école le laboratoire à partir duquel construire une société multiculturaliste, néo-socialiste, écologiste radicale, honteuse d’être occidentale.

Les enfants sont ici des cobayes. Autrement dit, les idéologues du ministère, alliés aux idéologues déguisés en savants universitaires, se contrefichent de ce que veut le gouvernement du Québec. Ils ont construit un cours qui permet la poursuite d’ECR par d’autres moyens.

Le ministère de l’Éducation mène une politique qui n’a jamais été approuvée par la population et ses élus. C’est le cas d’autres ministères aussi.


Technocratie

On doit aussi nommer les agences bureaucratiques de l’État, comme la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, qui maquillent derrière la promotion des «droits» la promotion de l’idéologie diversitaire, en plus d’imaginer des discriminations partout.

Les Québécois, avec leurs impôts, paient d’immenses structures technocratiques qui se sont donné pour mission de les endoctriner.

D’un point de vue démocratique, il serait indispensable de sortir de ce piège.

[Il faudrait déjà simplement rendre ce cours optionnel... et rendre la liberté aux écoles surtout celles privées...]

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mercredi 1 novembre 2023

Québec : la guerre contre l'école privée est une guerre injuste

Ci-dessous un texte de Mathieu Bock-Côté qui rappelle quelques principes de base. Pour ce carnet, il est regrettable que le Parti québécois ait encore cédé à sa volonté étatiste populiste de gauche en cherchant à « conventionner » (nationaliser dans les faits) les écoles dites privées. Notons que les écoles privées, au Québec, le sont en fait très peu : elles doivent notamment enseigner le programme du public, y compris dans leur pédagogie, c’est ce qui a opposé le collège Loyola au Monopole de l’Éducation. La sélection qu'on leur reproche peut-être une excellente chose: s'imagine-t-on une école de musique qui accepte le tout venant ? Enfin, il existera toujours un écrémage ne fût-ce que géographique, les écoles des quartiers cossus regrouperont des enfants de parents nantis. Le public ferait mieux de relever son niveau, ses exigences et sa discipline de manière interne sans vouloir aspirer le privé qui parvient à mieux s’en sortir.

On a reparlé de l’école privée ces derniers jours, dans le cadre du Conseil national du Parti Québécois.  

Et chaque fois, on en parle de la même manière, comme s’il s’agissait d’une institution problème, fondamentalement illégitime, qu’il faudrait mater et faire rentrer dans le rang.

C’est une erreur, et une grave erreur, et cela, encore plus quand l’école publique s’effondre à grande vitesse, et ne parvient plus à transmettre les savoirs élémentaires, et ne sait pas non plus transmettre la culture.

L’école privée se présente alors à la manière d’une bouée de sauvetage.

Comportement

On reproche à l’école privée de sélectionner selon le comportement des élèves et selon leur profil scolaire — autrement dit, selon leurs notes. 

C’est pourtant sa plus grande vertu.

D’abord pour le comportement. Brisons ce tabou : l’école paie cher le prix de l’inclusion à tout prix des élèves à problèmes dans les classes. 

Les élèves turbulents condamnent les professeurs à faire de la discipline à temps plein — une discipline qu’ils n’ont même pas le droit de faire, car s’ils faisaient preuve de la moindre manifestation d’autorité, on les accuserait de brutaliser les élèves.

Dans un monde normal, on mettrait les élèves à problèmes dans une classe à part et on cesserait de les transformer en fardeau pour tous ceux qui veulent enseigner et apprendre calmement.

De même, il est normal que l’école privée sélectionne selon les notes. Elle cherche ainsi à créer un environnement d’excellence.

Bouée de sauvetage

Je précise qu’elle n’est pas parfaite.

Mais elle offre, redisons-le, une bouée de sauvetage alors que le système scolaire public coule devant nous. Il serait immoral de lui compliquer la vie.

J’ajouterais même qu’elle devrait servir d’exemple au public, où tant de professeurs se démènent admirablement, malgré un système éducatif qui les empêche de faire leur métier.

Nous en sommes loin. 

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Réaction à « Près de 75 % des Québécois contre le financement public des écoles privées »

QS et le PQ s’uniraient contre la « ségrégation scolaire »

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Nombre d’élèves en difficulté a près de doubler en 10 ans, coût : 2,3 milliards par an

L’école privée ferait épargner 4452 $ par élève au Trésor public québécois

Éducation : les variables non significatives (notamment les dépenses par élève) et la variable pertinente (la qualité)

 « Les écoles privées, c’est pour les riches »

mardi 21 mars 2023

François Legault : « Notre société doit peut-être donner un petit peu moins de pouvoir au parent biologique »

François Legault commentant les modifications à la loi sur la DPJ (Direction de la protection de la jeunesse).

Moins de pouvoir aux parents biologiques et donc plus de pouvoir à qui si ce n'est l'État et ses fonctionnaires et juges ?

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Cour suprême : Enfant envoyé par un juge en garderie pour le « socialiser » après que seuls les experts de la DPJ ont pu témoigner

Ne pas trop parler des dysfonctionnements de la DPJ afin de garder la foi dans le système

La DPJ recule après plus 3 ans d’interrogatoires, de tests et de procès : une famille recouvre sa liberté

Euthanasie — le Québec et son culte du consensus froissés

Comment Québec a privé les parents et les élèves d’un choix de cours de morale ou de religion à l’unanimité, encore une fois...

 

mardi 2 novembre 2021

Marginalisation des enfants croyants par le ministre de l’Éducation du Québec

Nous reproduisons ci-dessous une lettre d’opinion avec 7 cosignataires, envoyée hier aux médias francophones principaux et catholiques du Québec ainsi qu’à l’AECQ et au ministre Jean-François Roberge.

Le ministre Jean-François Roberge a annoncé un nouveau programme québécois qui remplacera l’ancien programme d’Éthique et culture religieuse (ECR). Il se nomme Culture et citoyenneté québécoise. Il reposera sur trois axes : la culture, la citoyenneté québécoise, le dialogue et la pensée critique. Aujourd’hui, le ministère de l’Éducation va loin, en évacuant tout contenu religieux du nouveau programme. Le ministère maintient aussi l’obligation aux enfants de tout âge de fréquenter ce cours, que ce soit à l’école publique ou privée.

Plus qu’avant, une nouvelle génération de parents aura à gérer la transmission directe à l’école de valeurs qui risquent d’être en contradiction avec leurs propres valeurs familiales et/ou religieuses. Plus qu’avant, les enfants qui ont une appartenance religieuse se sentiront mis à l’écart. Des milliers de parents s’étaient opposé au programme ECR pour plusieurs raisons. Ils ont contesté la perte du choix entre des cours de religion ou de morale. Mais ils étaient particulièrement indignés et choqués par l’obligation de fréquenter un cours qui ne respecte toujours pas leurs convictions. La cause des parents contre ECR a été portée jusqu’en Cour suprême du Canada, appuyée par la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) et par l’Association des parents catholiques du Québec (APCQ) ainsi que par l’Association des communautés chrétiennes orthodoxes du Grand Montréal (ACCOM) et par la Ligue catholique des droits humains (LCDH). 

Depuis ce temps, les parents se sont vus privés de leurs droits de regard et de décision en tant que premiers éducateurs de leurs enfants, autant par la Cour que par le gouvernement. Avec ce nouveau programme, cet abus de pouvoir va perdurer. Dans le programme ECR, la présentation de croyances religieuses et morales contraires à leurs valeurs familiales et la remise en question systématique de leurs enseignements ont profondément bouleversé les parents. Ces derniers se sont retrouvés dans la position fâcheuse et non méritée d’avoir à gérer des contenus qu’ils considéraient comme nuisibles à leurs enfants. Ils appréhendaient l’impact de l’école sur le système de valeurs de leurs enfants et sur leur adhérence religieuse. Cet impact s’est fait sentir et se fera sentir de nouveau, dans la classe, à travers les échanges en groupe, les exercices à faire, les lectures, les visites et les rencontres non autorisées par les parents, les films et les vidéos. 

Ce nouveau cours, tel qu’il est annoncé, axé sur les valeurs à la mode et qui évacue les bases chrétiennes de la pensée critique, morale et religieuse posera un défi encore plus grand aux parents. Pourtant, les parents restent, il faut le rappeler, responsables légalement de leurs enfants ! Que l’État s’accapare le choix des valeurs que les enfants absorberont, demeure une injustice flagrante ! Les familles auront de nouveau à en vivre les conséquences sur une base quotidienne !

L’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ), dans son communiqué du 25 octobre 2021, se dit inquiète et dénonce ce nouveau programme à cause de l’évacuation des contenus religieux, de la marginalisation des croyants de toutes confessions et du risque d’augmentation des préjudices à leur égard.

Comme annoncé, ce nouveau cours n’inclut pas l’impact déterminant du catholicisme sur l’histoire du Québec. De plus, il ignore l’importance de la religion dans la vie des élèves, sabotant ainsi les efforts parentaux de donner à leurs enfants un sens à la vie et une appartenance à une communauté de foi.

Aussi, un des objectifs du nouveau programme est de se positionner « face à des enjeux socioculturels ». L’Église catholique a une longue histoire de réflexion continue sur ce sujet. Mais la référence à l’Église ne fait pas partie des contenus envisagés par le ministre. Alors, quelles seront les bases de cette nouvelle identité québécoise que le ministère veut former auprès des enfants ?

De plus, l’AECQ regrette que le nouveau cours ne reconnaisse pas « la complémentarité de l’éthique et de la culture religieuse pour le Québec ». Au contraire, le ministre a souligné que cela va à l’encontre des valeurs québécoises de définir son identité à partir de son appartenance religieuse. (Voir le Journal de Montréal, le 25 octobre 2021, p.3). Pourtant, la majorité de la population québécoise inclut la religion dans sa définition et sa pratique. Le ministre semble croire qu’il est le dépositaire des valeurs québécoises. Mais celles-ci sont multiples et complexes et comprennent une dimension religieuse. Les valeurs morales ancrées dans les traditions religieuses sont souvent en opposition aux valeurs promues par les politiques et la société civile.

Plus qu’avant, le ministère se sert de sa position de force pour façonner le profil socioculturel du Québec selon SES valeurs. Plus qu’avant il évacue la liberté de religion dans la « Belle province ». À quand la reconnaissance du devoir des parents et le respect de leur responsabilité dans l’éducation de leurs enfants ? À quand une liberté de choix dans les programmes scolaires ? À quand les parents chrétiens auront-ils le droit de recevoir un cours selon leur culture religieuse, leurs croyances et leurs convictions ?

Le 1er novembre 2021

Jean Morse-Chevrier, Présidente de l’APCQ (de 2004 à 2013)
Jocelyne St-Cyr, Présidente de l’APCQ (de 1989 à 2004)
Diane Joyal, Présidente de l’APCQ (de 2013 à 2016)
Jean-Léon Laffitte, Président de l’APCQ
Antoine Malek, Ancien président de l’ACCOM
Raouf Ayas pour le Rassemblement des chrétiens du Moyen-Orient
Sylvain Lamontagne, dernier président de la CLÉ
Nicholas Newman, MD, grand-parent

-30 —

Source : Jean Morse-Chevrier, 819-661-7140, chevrier<arrobe>sympatico.ca


jeudi 7 novembre 2019

CAQ « conservatrice » applique de fortes pressions contre les enfants instruits à la maison

Le ministre Roberge devant un parent. La réponse sera NON !
Certains prétendent que la CAQ est un mouvement conservateur. Dans le domaine scolaire, ce n’est pas du tout évident. Le ministère est de plus en plus centralisateur et cherche à imposer à tous le programme pédagogique unique du gouvernement (le Québec est un des rares pays qui imposent à toutes les écoles un programme étatique...) Programme qui n’est en rien anodin ou neutre (lire Québec — La construction d’une nouvelle citoyenneté par l’école, extraits d’une thèse de doctorat en sociologie, 2015).


Dans le domaine de l’instruction à la maison, la pression de la CAQ et de son ministre, l’ancien instituteur Roberge, s’accentue également. Nous reproduisons ci-dessous un communiqué de la HSLDA sur le sujet.

Les familles québécoises faisant l’instruction à domicile subissent présentement beaucoup de pression alors que le gouvernement provincial exige que les enfants éduqués à domicile subissent les examens ministériels provinciaux, et ce dans 2 ans. Cette nouvelle exigence apporte une charge supplémentaire sur les parents et les enfants, sans aucun bénéfice éducatif significatif. Il s’agit d’un bel exemple où le « gouvernement pense savoir mieux que quiconque », alors que ce n’est clairement pas le cas.

Lorsqu’un gouvernement suggère ou impose des changements avec lesquels nous sommes en désaccord, la HSLDA se mobilise. Récemment au Québec, cela a impliqué de faire pression sur le ministre et les élus de l’Assemblée Nationale. Cependant, une fois que la nouvelle réglementation est entrée en vigueur, la HSLDA doit informer ses membres pour qu’ils puissent s’y conformer.

Lorsque la HSLDA encourage ses membres à se conformer à la réglementation, cela signifie-t-il que nous sommes d’accord avec cette dernière ? Non, ce n’est pas le cas. Mais nous vivons tous sous l’autorité de la loi et nous ne pouvons pas ignorer celle-ci simplement parce que nous ne sommes pas d’accord avec elle. Partout au Canada, lorsqu’une famille membre de la HSLDA vit des démêlés judiciaires avec une instance gouvernementale à cause de l’école-maison, il peut être très difficile ̶ voire impossible ̶ pour la HSLDA de défendre cette famille s’il est démontré que cette dernière démontre un flagrant mépris de la loi.

Alors, la HSLDA ne devrait-elle pas immédiatement contester en cour la nouvelle réglementation au Québec ? Eh bien, aller au tribunal comporte toujours son lot de risques. En fait, perdre une cause au tribunal peut aggraver la situation. C’est pour cette raison qu’il faut d’abord miser sur d’autres moyens de changement avant de se précipiter devant les tribunaux. Et même dans ce cas, l’action en justice ne devra être intentée que s’il existe une chance raisonnable de succès.

Au Québec, l’exigence des examens écrits entrera en vigueur dans deux ans. Pour l’équipe juridique chevronnée de la HSLDA et pour tous ses membres et sympathisants du Québec, ces deux années représentent une occasion unique de faire pression sur les politiciens pour qu’ils améliorent la réglementation. Et à mesure que nous avançons, nous continuerons d’utiliser tous les outils à notre disposition, y compris les actions en justice, pour promouvoir et défendre la liberté d’enseigner à la maison, tant au Québec que partout au Canada.

lundi 21 octobre 2019

Capital et idéologie de Piketty, une idéologie naïve de l'égalitarisme et de la confiscation

Texte de Drieu Godefridi, juriste et auteur, sur le dernier ouvrage de Thomas Piketty, Capital et idéologie.



Si « Le Capital au XXIe siècle, » précédent ouvrage de Monsieur Piketty, a pu faire illusion, notamment par l’originalité de son appareil statistique, il est rationnellement impossible d’accorder à « Capital et idéologie » le moindre crédit intellectuel.


L’objet d’étude que se donne Monsieur Piketty est la façon dont toute société doit justifier ses inégalités — inégalité étant prise dans son sens le plus rigoureusement matériel.

L’assertion selon laquelle toute société humaine se doit de justifier ses inégalités matérielles est, en soi, une « boîte noire » qui aurait mérité, à tout le moins, qu’on la problématise, ne serait-ce qu’en introduction, à défaut de pouvoir complètement l’élucider. Au lieu de quoi Monsieur Piketty se contente d’asséner son obsession personnelle comme évidence rationnelle : la grande question « idéologique » de toute société humaine est la justification de ses inégalités matérielles !

Tout indique, au contraire, que la plupart des sociétés humaines n’ont jamais considéré la justification de leurs inégalités comme prioritaire — ni que cette justification conditionnait leur subsistance, comme le soutient l’auteur -- si même elles n’en ont jamais problématisé le principe.

Au vrai, l’institution de l’inégalité matérielle en alpha et oméga des sociétés humaines est un choix qui appartient à Monsieur Piketty — et la tradition socialiste dans laquelle il s’inscrit — et ce choix est un choix en valeur.

Quel ennui que ce choix, notre auteur ne l’assume pas en tant que tel -- un parmi d’autres choix possibles : la liberté, la réduction de la pauvreté... -- à supposer qu’il ait conscience de la contingence historique et subjective de sa perspective.

Prenons un exemple : les Grecs. À Sparte comme Athènes, dans toutes les cités du bassin égéen, on pratiquait l’esclavage, figure ultime et la plus extrême de l’inégalité (dans un sens plus profond que la seule « inégalité matérielle » qui obsède Monsieur Piketty). Les penseurs grecs étaient conscients de l’inégalité radicale qui existait — y compris dans un sens matériel — entre l’esclave et l’homme libre.

Des auteurs tels Aristote ne se sont pas fait défaut de tenter, au détour d’un paragraphe, de justifier cette inégalité et l’institution de l’esclavage. Mais il ne serait jamais venu à l’idée d’aucun auteur grec d’aucune école de considérer l’inégalité matérielle comme le grand problème de son temps ni d’aucune société humaine, et l’on ne sache pas qu’un traité de philosophie politique grecque se soit jamais donné pour objet l’inégalité réelle entre les hommes. L’isonomos (ἰσόνομος) — l’égalité en droits — fut la grande affaire des cités grecques — mais le concept de cette égalité en droit est radicalement étranger et sans rapport, ni empirique ni logique, avec celui de l’égalité en fait chère à Monsieur Piketty ; et nul auteur du grand siècle philosophique grec, pas plus Platon qu’Aristote, ne s’avisa d’y inclure les esclaves.

Il ne s’agit évidemment pas de soutenir que la conception des Grecs était meilleure que la nôtre ; seulement de constater que leur appareil de références morales, philosophiques et politiques, divergeait du nôtre et que c’est une erreur de méthode, voire d’amateur, que de leur prêter des préoccupations propres à notre époque -- tout du moins la frange socialisante du monde intellectuel.

Les mille deux cents pages que Monsieur Piketty consacre à l’étude de son ambitieux projet le conduisent à considérer toutes sortes de sociétés, depuis les esclavagistes occidentaux jusqu’à nos jours. Mais ce qu’il gagne en extension, il le perd en pertinence. Quand on se donne un objet aussi vaste — rien moins que l’histoire humaine — le risque est de se montrer superficiel. Force est de constater que Monsieur Piketty y succombe. Les chapitres grecs et américains, par exemple, atteignent péniblement le niveau d’un article de quotidien, tant l’auteur reste à la surface des faits, qu’il égrène en quelques paragraphes rapides avant de les engluer dans l’épais mélange de sa propre idéologie.

La lecture laborieuse de « Capital et idéologie » fait apparaître, de façon limpide et immédiate, que la vraie préoccupation de Monsieur Piketty est moins la connaissance de l’histoire des inégalités, que de justifier ses conclusions « programmatiques » — qui tiennent en quelques pages (comme on aurait aimé le même esprit de synthèse dans les chapitres précédents).

Monsieur Piketty préconise des taux d’imposition qu’il qualifiait dans son précédent opus, avec une gourmandise assumée, de confiscatoires : 80-90 %. Le fait que certains individus perçoivent des revenus, héritent de patrimoines, largement supérieurs à ceux des moins nantis, est insupportable à Monsieur Piketty ; à cette réalité, il faut porter remède. Ce remède est la confiscation.

Le mal est l’inégalité, le remède est la confiscation : telle est la seule équation rationnelle — sur le mode de l’impératif hypothétique kantien — de l’œuvre de Monsieur Piketty.

Un quidam lisant « Capital et idéologie » concevra que nous suffoquons dans des enfers horriblement inégalitaires et que l’absence de taux d’imposition de 90 % sur les plus élevés revenus et patrimoines est une injustice en soi, et même la grande injustice de notre temps ; qu’en y portant remède, tout ira mieux -- y compris dans le domaine climatique (sic), glisse Monsieur Piketty, fidèle à l’esprit « gretiste » [adepte de Greta Thunberg] de notre temps.

Considérons les faits :

1°) Nos sociétés ouest-européennes sont parmi les plus égalitaires dans le monde, ce dont atteste le coefficient « Gini » ;
2°) Nos sociétés ouest-européennes n’ont jamais été aussi taxées, et sont les plus imposées de la planète — si l’on excepte des cas pathologiques tels la Corée du Nord.

Ces deux réalités, Monsieur Piketty ne peut les ignorer. Alors il se contente, d’une part, de récuser le coefficient Gini, non par des motifs rationnels — ce coefficient n’est contesté dans sa rigueur scientifique et synthétique par personne — mais parce que sa préférence le conduit à comparer, par exemple, les revenus des 10 % les plus « riches » et ceux des 10 % les plus « pauvres ». Un choix possible, mais partial et subjectif, qui ne permet en rien de récuser « Gini ».

D’autre part, Monsieur Piketty ne s’occupe pas de l’impôt en général — qui indique en effet que nos sociétés sont taxées comme jamais — seulement des taux les plus élevés. Car, il lui est facile de montrer que les taux supérieurs étaient plus élevés à certaines époques de l’histoire récente. Toutefois, la considération du taux sans celle de l’assiette est dénuée de valeur. Si le taux de 90 % s’impose à partir de 1 million de revenu, le prélèvement global — y compris sur les « riches » ! — sera nettement moindre qu’avec un taux marginal supérieur de 55 % qui s’applique dès 30 000 euros. Ce truisme ne manquera pas d’échapper au lecteur rapide de Piketty, comme à son étudiant.

Ne perdons pas notre temps à relever les innombrables outrances -- Monsieur Piketty taxe nos sociétés de pratiquer la même « quasi-sacralisation » de la propriété que les sociétés esclavagistes, il qualifie le philosophe et prix Nobel d’économie F.A. Hayek de penseur « semi-dictatorial » (sic) — pour aller au système proposé dans la conclusion : un socialisme participatif, instituant une forme temporaire et collective de la propriété, par le moyen de taux d’imposition confiscatoires.

Ces « remèdes » n’ont de neuf que leur habillage verbal ; ils sont aussi anciens que les premières formes de proto-socialisme — « l’égalité réelle ou la mort ! », s’écriait Gracchus Babeuf — et se heurtent à autant d’arguments rationnels et moraux que de difficultés pratiques. Parmi ces difficultés : la fuite des capitaux, qui ne manquerait pas de se produire si un pays devait s’aviser d’instituer le néocommunisme pikettien. Eh bien, c’est fort simple, rétorque Monsieur Piketty : il suffit de supprimer la libre circulation des capitaux ; en revenir donc à des formes strictement nationales de l’économie financière. Ce qui ne paraît pas de trop bon augure pour un pays aussi endetté — sur les marchés financiers internationaux — que la France. Quid si, ne pouvant soustraire leur capital à la confiscation, les Français quittaient en masse leur pays, pour échapper aux colonnes infernales de la confiscation ? Monsieur Piketty ne le dit pas, pourtant le remède est simple : il suffit de renoncer à la libre circulation des personnes ! On perçoit aisément les contours sympathiques et humanistes d’un régime qui s’inspirerait des préceptes de Monsieur Piketty.

On perçoit surtout les ravages produits par ce que l’on a nommé par ailleurs « la passion de l’égalité » [1] sur un grand nombre de penseurs socialistes. Leur seul impératif, intégralement moral — résultant d’un choix de valeur, non d’une analyse du réel, contrairement à ce soutient naïvement et fautivement Thomas Piketty — est, pour emprunter nos mots à l’un des principaux penseurs du socialisme italien au XXe siècle, « la réduction des inégalités sociales » ; « et si l’on ne peut faire que tous soient égaux et riches, on fera que tous seront égaux et pauvres ! »[2]

Au final, le succès de Monsieur Piketty doit être vu comme symptôme, celui d’une radicalisation à l’extrême gauche des universités occidentales, radicalisation dûment attestée par les enquêtes statistiques, qui permet à des penseurs aussi obsessionnels et, disons-le, superficiels, de prospérer en toute impunité.



[1] Essai sur la civilisation socialiste, Texquis, 2017.

[2] L’auteur de cette formule universelle du socialisme est Benito Mussolini, cité par son ministre des affaires étrangères Ciano, Journal politique, au 8 mars 1939. Mussolini fut l’un des dirigeants du parti socialiste italien (PSI), et directeur du quotidien socialiste L’Avanti, avant de colorer son socialisme de nationalisme militariste pour fonder le fascisme.

samedi 11 mai 2019

Lettre d'un père au Ministre Jean-François Roberge

Nous publions ci-dessous des extraits d'une lettre qu'un parent à faire parvenir à Jean-François Roberge au sujet des règles sévères contenues dans un nouveau règlement qui vise à limiter la liberté éducative des parents. Ce règlement exclut dans l'état actuel tout idée d'équivalence entre les examens ministériels (sacro-saints et nec plus ultra) du Québec et d'autres formes d'évaluations (examens d'autres pays comme le bac français, par soumission de portefeuilles d'activités, évaluations par des tiers dûment habilités, etc.


Québec, le 1er mai 2019



Honorable Jean-François Roberge
Député de Chambly, ministre de l’Éducation… éducateur, et père,

Monsieur le Ministre,

Permettez-moi de vous offrir un très cordial bonjour.

[...]

La présente est pour vous demander de surseoir à l’imposition d’un changement imminent dans la loi sur l’Instruction publique en ce qui concerne l’école à la maison, et ceci dans le but de protéger tout un chacun contre ce qui est, il faut l’avouer, un étrange empressement. Comme vous, je suis père d’une famille dont trois de mes quatre enfants sont adultes. Ainsi, je sais très bien que pour vous et moi, comme pour l’immense majorité des familles québécoises, nos enfants sont plus que la prunelle de nos yeux.

Bref, est-il nécessaire de vous affirmer que tout parent digne de ce nom désire ce qu’il y a de mieux pour ses enfants?! D’emblée, je dois vous dire que nous avons retiré nos 4 enfants de l’école publique en 2008 pour mes garçons, et en 2009 pour mes filles. À l’époque, nous avions pensé à l’école à la maison, mais nous désirions leur donner la chance d’essayer le privé […]1

D’entrée de jeu, et afin de vous exposer la source de mes doléances et de ma demande (qui concerne l’exercice même de la démocratie), je vous cite deux paroles phares. Celle d’une juge célèbre ainsi que celle d’un sociologue, qui, il faut le souligner, sont tous deux hautement réputés pour défendre la cause de l’Éducation au Québec et celle des enfants…

« L’État est incapable d’aimer les enfants. » 2
L’honorable juge Andrée Ruffo

« Si vous aimez l’école, apprenez à vous méfier du ministère qui l’a ruiné. » 3
Mathieu Bock Côté 


Ceci étant dit, entrons dans le vif du sujet; monsieur Roberge, vous feriez-vous opérer par un médecin qui rate plus de 40% de ses interventions chirurgicales depuis des décennies? La réponse nous la connaissons tous deux. Or, le taux de décrochage scolaire actuel chez les garçons francophones au secondaire est de cette envergure, voire plus, et ici je ne parle pas des multiples autres carences que je constate quotidiennement chez les jeunes, notamment au niveau de l’Histoire, ainsi que du français, à l’oral comme à l’écrit4… tout ceci en ajoutant les dernières données acquises sur le terrain à propos du contagieux bourbier neurotoxique fabriqué le 17 octobre dernier5 [légalisation du cannabis en 2018]


Comment un peuple fier et supposément libre peut-il tolérer une telle situation depuis des décennies? Comment les élus peuvent-ils accepter une telle médiocrité? Nos enfants ne sont-ils pas notre avenir? Dans l’affirmative, il faut cesser de fuir la source du problème qui, comme l’a déjà mentionné M. Bock-Côté, n’est ni l’argent ni les parents. Car, dans le passé, d’excellentes écoles ont vu le jour dans la pauvreté et le manque criant de ressources, autant au Québec que dans le reste du monde. Ne saviez-vous pas que des étudiants du Québec sont montés sur le haut du podium à de prestigieux concours internationaux : Philadelphie 1876, Paris 1878, Londres 1884, Chicago 1893 et à nouveau Paris en 1900. Ne saviez-vous pas que les anglophones venaient de partout au Canada, dans les années 20 à 60, pour s’instruire dans les universités du Québec, dont l’université Laval qui jouissait d’une réputation internationale… et que les élites modernes ont toutes été formées dans les écoles d’avant 1960 (le cours classique) et tout cela, il faut le dire, avec l’archaïque tableau ardoise et surtout, sans iPad ni Ritalin!?

Mais bon sang, on se demande bien où est l’urgence du ministère? En effet, des milliers de familles du Québec font l’école à la maison depuis des décennies, et dont plusieurs des enfants performent actuellement au cégep et à l’université! Par cette annonce impromptue, il faut le dire, le crier, ces familles ont été consternées et le mot est faible.

En effet, nous constatons une fois de plus que le ministère téléguide maints élus depuis des lustres. Ne savez-vous pas que les parents ont en priorité le devoir de veiller au bon encadrement de leurs enfants, à leur Éducation et à leur sécurité? De la même manière, avez-vous oublié que le prétexte de cette loi provient principalement d’une situation exceptionnelle (les écoles hassidiques, qui ont d’ailleurs quitté le Québec), mais qui est appliquée mur à mur?! N’est-ce pas là une autre démonstration du ministère dans sa capacité légendaire à jeter les bébés avec l’eau du bain ou encore à faire des amalgames douteux, comme l’affirme l’article suivant?! Je cite « Selon ce que Le Devoir a appris, à peine 81 des 5189 demandes d’enseignement à la maison (1,6 %) faites par des parents pour l’année scolaire 2018-2019 ont été jugées non conformes. »6 On admet donc que pour seulement 1,6 % de parents « fautifs », tous les parents sont suspectés de négligence et subissent une inqualifiable calomnie et des investigations à domicile, pour ne pas dire des invasions. Monsieur le ministre, aimeriez-vous que des calomnies circulent sur votre dos? Certainement pas, alors pourquoi laisser le ministère et certains médias en véhiculer sur le dos des parents et des enfants du Québec?

En tant que père, ex-enseignant et ex-coordonnateur de département scolaire et ex-délégué au MEQ pour la refonte d’un programme, je vous affirme sans l’ombre d’un seul doute que c’est le système scolaire qui néglige les enfants et qui pénalise les étudiants studieux et disciplinés. Mais nonobstant ces chiffres du Devoir, tous les enfants éduqués à la maison dont j’ai connaissance (de visu et statistiquement) sont bien au-dessus des moyennes ministérielles, académiquement, culturellement et socialement […] Comment peut-on être aussi malhonnête intellectuellement pour nier que ces enfants scolarisés à la maison ajoutent à la diversité pédagogique et culturelle de notre société? Par conséquent, l’apparition soudaine de cette urgence ministérielle ne procède ni de la science ni d’une nécessité, mais d’une idéologie qui nous est non seulement étrangère, mais hostile.

Mes 35 ans d’expérience scolaires me permettent d’affirmer que les nouvelles règles imposées aux parents sont, et de loin, beaucoup plus contraignantes que ce qui est demandé aux enseignants du Québec et surtout au ministère. Pourquoi donc un tel, deux poids deux mesures? Il est évident que cette potentielle loi n’est pas faite pour protéger les enfants, mais bien pour achever le bétonnage d’un étrange monopole. Bref, des bâtons dans les roues des parents qui sont avant tout soucieux de la qualité réelle de l’Éducation et donc de l’avenir de leurs enfants. Le ministère serait-il jaloux de ces parents qui font pratiquement 100% d’enfants non-décrocheurs?! En effet, pourquoi exige-t-on plus des parents que du ministère qui, il faut aussi le dire, se donne des droits jamais vus et qui ne respecte même pas certaines des lois existantes? Le ministère n’est-il pas ici dans la plus pure « tradition » du «  fait ce que je dis et pas ce que je fais?» Ne voyez-vous pas l’évidence, M. Roberge, que l’égalitarisme féroce qu’une certaine haute fonction publique du Québec cherche à appliquer mur à mur est une gravissime négation de la vraie diversité et de la vraie recherche empirique et donc des vraies solutions en pédagogie?! Ne voyez-vous pas que le ministère nous cambriole des droits légitimes?

Si vous avez des doutes à tous ces sujets, j’aimerais que vous contactiez l’ex-ministre, M. Jacques Brassard, à propos de son vibrant mea culpa lorsqu’il a parlé des changements qu’il a votés en Éducation à la fin du siècle dernier (déc. 1997). Je le cite de mémoire (lors d’une rencontre à la dédicace de son livre à Québec en 2013) : « Nous avons tous unanimement et naïvement voté pour la suppression d’une protection fondamentale pour les parents et enfants du Québec… nous n’avons rien vu passer. » Il a par la suite parlé avec conviction de « ces élites qui n’ont que mépris pour ces parents » (voir la vidéo7). M. Brassard a donné maintes interviews en lien avec la dangereuse perte de liberté scolaire au Québec.7

Désirez-vous avoir les mêmes remords que M. Brassard dans un futur beaucoup plus proche que vous ne pouvez l’imaginer, et cela en raison d’un vote précipité contre une liberté fondamentale? Et qui plus est, une liberté qui vise à protéger les enfants contre un ministère tentaculaire qui manifestement, cherche à nationaliser et contrôler les enfants comme jamais auparavant […] et ce n’est pas moi qui le dis!?8 Comme au temps de la prolifique ADQ – et comme c’est le cas maintenant – maints sondages ont montré que la population du Québec désire plus de liberté scolaire. C’est d’ailleurs cette propension à une plus grande liberté scolaire qui avait propulsé l’ADQ au plus haut niveau d’appui populaire de son histoire! Bref, je vous le demande sincèrement, Monsieur le Ministre, avez-vous été élu par le ministère ou par des parents?

Je vous demande donc de bloquer ce « projet de loi » illégitime afin, primo, de favoriser la diversité des enseignements au Québec9, secundo, de protéger ces enfants qui sont malheureux et négligés par le système scolaire du Québec; et ils sont beaucoup plus nombreux que vous ne le croyez, comme vous pouvez le constater, par les références 8 et 9 proposées et par la bibliographie sommaire à la fin des annexes10.

En tant qu’ex-enseignant, je me dois de vous affirmer que si tous sont mis dans le même moule « éducatif » ministériel, nous ne pourrons établir de différentiel dans le futur. Ainsi, nous serons dans l’incapacité de trouver la source des problèmes et par le fait même, incapable de corriger une situation qui pourrait rapidement nous dépasser. Et ici, ce n’est pas seulement le pédagogue et le père qui parle, mais l’ex-enquêteur... Un grand et sage scientifique n’a-t-il pas dit vers la fin de sa vie :

« Ne fais jamais rien contre ta conscience même si l’État te le demande. » 
Albert Einstein

[...]

L’objection de conscience des parents11 est la base constituante d’une saine démocratie et est un rempart non seulement contre les agressions, mais aussi contre toute forme d’anarchie, de dictature et autre idéologies douteuses12, aussi tranquilles soient-elles (voir toutes les Annexes)13. Ainsi, le ministère s’approprie des droits qu’il n’a jamais eus… on peut même affirmer que le ministère s’approprie le Droit lui-même autant parce qu’il est juge et partie, que parce qu’il agit en toute impunité, car il ne rend jamais de véritable compte à qui que ce soit pour ses erreurs, et cela depuis des décennies.[...]

Je suis disponible pour une rencontre avec vous… et je demande la même chose pour tous les parents du Québec qui voudraient vous rencontrer, mais ne le pourront peut-être pas en raison de cette précipitation tout aussi suspecte qu’illégitime d’un ministère qui échappe plus que jamais à tout contrôle indépendant. Donc, si vous êtes un authentique démocrate et un serviteur du peuple, vous devez impérativement suspendre le projet actuel du ministère de l’Éducation pour une période de plusieurs années… évidemment, je demande une réponse écrite à la présente dans les plus brefs délais.

Tout en vous remerciant à nouveau, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en mon total dévouement pour la cause des jeunes, des familles et pour ma patrie, le Québec et le Canada.

C. D.
Ex-enseignant




1. Dois-je vous spécifier que nous aurons ainsi économisé à l’État la somme appréciable de 148 000 $ sur une période d’environ 13 ans. Si nous avions fait l’école à la maison, le montant aurait été près du double…


2. https://www.youtube.com/watch?v=_5qI3m3PWd,
https://www.youtube.com/watch?v=H1mUM3yZZcg

3. M. Bock-Côté, « Histoire de prof. » Journal de Québec, 12 janv. 2012 page 18.

4. « Contre la réforme », Robert Comeau et Josianne Lavallée; ISBN : 978-2-89649-046-2 ; et, Joseph Facal ; Journal de Québec, 26 février 2019, page 8.

5. https://anticorruptiontran.wixsite.com/french/les-drogues
et, http://theconversation.com/consommer-du-cannabis-a-ladolescence-augmente-le-risque-de-schizophrenie-15-ans-plus-tard-96753

6. Le Devoir, 28 mars 2019, Marco Fortier.
https://www.lapresse.ca/actualites/education/201904/02/01-5220609-des-parents-qui-font-lecole-a-domicile-en-colere-contre-le-ministre-roberge.php

7. https://www.youtube.com/watch?v=aCAiW2mwO78

8. Michel Vastel; « Le grand dérangeant ». Biographie de Bernard Landry, pages 90-91. René Lévesque était en opposition avec les idées concentrationnaires de Paul-Gérin Lajoie et d’Arthur Tremblay. « On ne doit pas nationaliser les enfants. », disait René Lévesque avec raison. Cité aussi par Pierre Godin, biographe de René Lévesque, dans : « Un enfant du siècle » (Tome I); ainsi que « Héros malgré lui » (Tome II, page 226), aux Éditions Boréal.

9. https://www.journaldequebec.com/2018/01/31/juges-ingerables-ils-doivent-faire-lecole-a-la-maison
https://www.journaldequebec.com/2016/10/31/un-enfant-prive-decole-depuis-un-mois
https://www.journaldemontreal.com/2018/03/19/un-eleve-expulse-de-toutes-les-ecoles-dune-commission-scolaire-1

10. https://www.journaldemontreal.com/2011/12/03/les-pauvres-agresseurs
https://www.journaldequebec.com/2011/12/01/la-faute-a-la-societe
http://www.pouruneécolelibre.com/2011/12/menacee-par-lecole-la-mere-renvoie-sa.html

11. https://fr.wikipedia.org/wiki/Objection_de_conscience

12. Thèse doctorale : Vincent Geloso; « Du Grand Rattrapage au Déclin Tranquille: Une histoire économique et sociale du Québec de 1900 à nos jours. » ISBN-13: 978-2924151129. http://www.quebecoislibre.org/13/130615-5.html

13. Martin Lemay; « À la défense de Maurice Duplessis ». Aux Éditions Québec Amérique. Source : https://www.quebec-amerique.com/livres/biographies-idees/dossiers-documents/a-la-defense-de-maurice-duplessis-2222



mercredi 31 octobre 2018

Toujours plus d'État et de monopole : convertir les garderies privées en CPE

Les chercheurs d’un institut qui se dit indépendant et « progressiste » (étatiste serait un meilleur terme) recommandent de cesser de créer de nouvelles places en garderies privées au Québec et de convertir l’ensemble des garderies privées non subventionnées en centres de la petite enfance (CPE).

L’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) précise dans une note publiée mardi que l’État doit, selon lui, créer précisément 67 246 places en CPE et rétablir le financement des services de garde subventionnés au niveau de 2013. Les auteurs de la note affirment qu’une telle conversion permettra de diminuer le crédit d’impôt pour garde d’enfant. L’IRIS a observé que depuis 2007, le nombre de garderies privées non subventionnées a augmenté de 1 382 %. L’Institut salue la promesse du nouveau gouvernement du Québec de mettre fin à la modulation des frais de garde, mais la note préparée par le militant Philippe Hurteau — qui écrit dans le magazine d’extrême gauche Presse-toi à gauche ! —] démontrerait selon ses dires qu’il faut aller plus loin. Il suggère au gouvernement de consacrer 892,4 millions $ pour que chaque enfant inscrit dans une garderie privée non subventionnée puisse avoir accès à un CPE pour profiter, à son avis, de meilleurs services éducatifs [*], d’un milieu de socialisation et de repas de qualité.




[*] Aucune étude sérieuse ne prouve que les résultats à long terme des CPE sont globalement meilleurs que ceux des garderies privées, ni bien sûr des enfants gardés à la maison par un parent (ce serait plutôt l'inverse dans ce cas). Les études qui insistent sur la qualité des CPE mesurent celles-ci non sur les résultats des jeunes à l’école, au secondaire par exemple, mais en prenant des critères qui favorisent les CPE : des éducatrices plus formées (mais de manière vraiment utile ?), plus de dépenses, des locaux payés par le contribuable plus conformes à la réglementation, etc.


Voir aussi

Je me suis intéressé aux garderies universelles lorsque Michael Baker est venu à Queen’s et a présenté les résultats de la recherche qu’il avait faite avec Kevin Milligan et Jon Gruber. Ils avaient constaté que le programme de garde d’enfants du Québec, l’accès à des services de garde subventionnés universels, aboutissait à une augmentation d’effets comportementaux défavorables chez l’enfant et de résultats préjudiciables dans la famille.

Je vais être franc : je n’y avais pas cru. Je pensais l’inverse.

[...]

Lorsque les parents envoient leurs enfants à la garderie [ou le CPE, débat un peu stérile au Québec], ils finissent par s’occuper nettement moins de ceux-ci, ils lisent notamment nettement moins à leurs enfants. Les parents supposent que leur enfant bénéficie de nombre d’activités éducatives dans les garderies. Ils pensent qu’il s’agit plus d’une éducation précoce que d’une garde précoce. Ce que nous avons constaté, c’est que les enfants qui sont vraiment très peu stimulés à la maison bénéficient de la garderie qu’ils y reçoivent plus de stimulation qu’à la maison. Mais pour les autres enfants, ils finissent par s’en tirer plus mal parce qu’une garde collective n’est pas aussi efficace qu’une garde individuelle.



Garderies privées et CPE : plus ciblées, moins universelles, de meilleure qualité et soutenir d’autres choix...

La maternelle à 4 ans au Québec, étude : peu d’effets positifs


Une nouvelle étude souligne les conséquences néfastes des garderies « universelles » québécoises

« Le Québec, leader en matière de petite enfance » (Mais comment le Québec a-t-il atteint sa première place et la Saskatchewan sa mauvaise note ? Par un effet de système qui favorise les provinces dépensières dans le domaine, pas par une mesure réelle de l’efficacité quelconque des sommes dépensées.)

Les CPE québécois ne sont pas un exemple à suivre