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mardi 2 juin 2026

Un étudiant poignardé à mort : l’affaire d’Henry Nowak bouleverse le Royaume-Uni (m à j)

L'assassin de Nowak,Vickrum Digwa, a été condamné à la prison à vie lundi et a été informé qu'il purgerait une peine minimale de 21 ans.

Caméra corporelle du policier qui menotte un Henry Nowak qui se vide de son sang. L'agent ne croit pas qu'il ait été poignardé :

Les images de la caméra corporelle montrent que l'étudiant Henry Nowak a répété à plusieurs reprises aux policiers « Je ne peux plus respirer » alors qu'il gisait, mourant, menotté après avoir été poignardé.

Cet étudiant de Southampton, âgé de 18 ans, a été menotté après que le meurtrier Vickrum Digwa, 23 ans, ait menti selon la BBC à la police sur les lieux de l'agression au couteau de 2025, affirmant qu'il avait été victime d'une attaque raciste.

Les images diffusées par la police, avec l'autorisation de la famille de Nowak, le montrent en train de supplier « J'ai été poignardé » et un policier lui répondant « Je ne pense pas, mon gars ».

Nowak a été blessé à la jambe et a reçu une blessure mortelle au cœur, infligées par une lame de 21 cm que Digwa a déclaré porter dans le cadre de sa foi sikhe. Il a été condamné à la prison à perpétuité avec une peine minimale de 21 ans.

Le Bureau indépendant chargé de la conduite de la police (IOPC) a déclaré qu’une enquête sur les agissements de la police était en cours.

Le bureau du procureur général examine également la peine de prison infligée à Digwa après avoir reçu « de multiples demandes » visant à la réexaminer dans le cadre du dispositif relatif aux peines indûment clémentes (ULS).

La famille de Nowak, originaire de Chafford Hundred, dans l’Essex, a qualifié le traitement que lui a infligé la police d’« inhumain et dégradant », et les forces de l’ordre ont présenté leurs excuses.

Son père, Mark, a déclaré : « Henry a répété neuf fois aux agents qu’il ne pouvait plus respirer. Il leur a dit qu’il avait été poignardé à quatre reprises. Henry a été traîné sur le gravier, les mains plaquées derrière le dos, puis menotté. »

Il a ajouté que le contraste entre la manière dont son fils et Digwa avaient été traités était « insupportable ».

« Henry n’aurait pas dû mourir dans les rues de Southampton alors qu’il était en garde à vue », a-t-il ajouté.

Sur la vidéo, on entend un policier arrivant sur les lieux demander : « Comment tu t'appelles, mon gars ? »

Nowak, allongé sur le dos au sol, répond faiblement : « Henry. »

La vidéo se poursuit et Digwa entre dans le champ. Il affirme que Nowak lui a retiré son turban et l'a saisi par les cheveux.

Le policier demande à Digwa s'il est blessé, ce à quoi Digwa répond : « Ouais, ouais, j'ai un œil gonflé ici, un petit bleu là. »

Les agents se tournent ensuite vers Nowak, que l'on entend répéter « On m'a poignardé », puis « Je ne peux pas respirer » alors qu'on le fait s'asseoir pour lui passer les menottes.

S'exprimant devant le tribunal, Mark, le père d'Henry Nowak, a déclaré que son fils « n'était pas mort dans la dignité ».

Alors que la vidéo se poursuit, on entend l'agent demander où Henry a été poignardé. Il ajoute ensuite : « Je ne crois pas, mon pote. »

Alors qu’on lui passe les menottes, Nowak répète « Je ne peux pas respirer » à trois reprises.

On entend l’agent dire : « Il dit qu’il a été poignardé, alors vérifions-le. » Il semble soulever brièvement la chemise de Nowak au niveau de la ceinture avant de le laisser allongé sur le côté.

On entend alors une policière demander : « Où pensez-vous qu'il a été poignardé ? Au visage ? »

Une voix masculine répond : « Il n'a pas été poignardé. »

On informe ensuite Nowak, qui semble ne pas réagir, qu'il est arrêté pour agression.


Mise à jour du 23 mai

 
 


Mise à jour du 20 mai

Réaction d'Elon Musk aux deux poids deux mesures des MÉDIAS face au scandale de la police confrontée à un particulier qui dit ne pas pouvoir respirer et meurt pendant l'intervention policière. 

Dans un cas, quand la victime au casier judiciaire chargée est noire, les médias de grand chemin de la planète s'emparent de l'affaire, en font leurs manchettes pendant des semaines et le policier est puni. 

Dans l'autre cas, quand la victime est blanche, n'est pas un criminel, la police ne croit d'abord pas que ce jeune étudiant a été poignardé, le menotte alors qu'il se vide de son sang parce que celui qui l'a poignardé l'accuse de racisme. Aucune sanction contre le policier qui a retardé ainsi les secours, le tout dans le silence médiatique en dehors de l'Angleterre.


Billet originel du 19 mai 2026
 
En décembre 2025, la mort tragique d’Henry Nowak (ci-contre), étudiant britannique de 18 ans d’origine polonaise, a profondément choqué le Royaume-Uni. Le procès en cours devant la Southampton Crown Court révèle une succession d’éléments troublants : une altercation qui tourne au drame, des accusations lancées presque instantanément, une intervention policière contestée et des comportements familiaux qui alimentent de nombreuses interrogations.

Étudiant en première année de comptabilité et de finance à l’University of Southampton, Henry était décrit comme un jeune homme apprécié, passionné de football et plein d’avenir. Dans la nuit du 3 décembre, après une sortie avec ses coéquipiers, il rentrait à pied à Southampton tout en échangeant des vidéos Snapchat avec ses amis.

L’une de ces vidéos est devenue une pièce centrale du dossier. On y voit Henry croiser Vickrum Digwa, 23 ans, qui porte ostensiblement un couteau cérémoniel sikh dans un fourreau visible sur ses vêtements. Il ne s’agit pas d’un simple objet symbolique de petite taille : la lame mesurait environ 21 centimètres. Une dimension qui, à elle seule, rapproche davantage l’objet d’un véritable couteau de combat que d’un accessoire anodin ou purement décoratif.

Un bref échange suit. Sur un ton apparemment provocateur ou moqueur, Henry lance : « Tu fais le dur [ou le caïd] ? Dis que tu fais le dur. » Digwa répond : « Je fais le dur. »

Quelques secondes plus tard, l’enregistrement s’interrompt.

Selon l’accusation, Henry reçoit alors quatre coups de couteau. Une blessure profonde à la poitrine lui transperce un poumon ; un coup entaille sa mâchoire et d’autres coups atteignent ses jambes. Grièvement blessé, il tente néanmoins de fuir, escalade une clôture et laisse derrière lui une traînée de sang. Les médecins ont expliqué au tribunal qu’il est mort d’une hémorragie interne massive — une formule particulièrement brutale a été employée : le jeune homme se serait littéralement « noyé dans son propre sang ».

Une intervention policière devenue le point le plus explosif du dossier

Le meurtre lui-même a bouleversé l’opinion ; mais la réaction des premiers policiers arrivés sur place a suscité une indignation peut-être encore plus forte.

D’après les éléments présentés au procès, des proches de Digwa seraient arrivés très rapidement. Immédiatement, un récit alternatif semble prendre forme : Henry est décrit comme ivre, agressif et animé d’intentions racistes. Ces accusations sont formulées avec une rapidité frappante, avant toute reconstitution sérieuse des faits, alors même que Digwa nie encore avoir utilisé un couteau.

Le problème est qu’au même moment, Henry affirme à plusieurs reprises avoir été poignardé.

« J’ai été poignardé. »

« Je n’arrive plus à respirer. »

Selon les témoignages évoqués au procès, un policier lui aurait répondu : « Je ne te crois pas quand tu dis avoir été poignardé. »

Cette phrase est devenue centrale dans les critiques visant l’intervention policière. Elle ne traduit pas seulement une erreur d’appréciation potentielle ; elle donne l’impression, pour de nombreux observateurs, qu’une conviction s’est installée très tôt dans l’esprit des agents : Henry n’était pas spontanément considéré comme une victime crédible.

Le détail est d’autant plus troublant qu’il existait déjà des indices matériels difficiles à ignorer. Henry saignait abondamment. Il peinait à respirer. Et surtout, selon les éléments présentés au procès, il avait laissé derrière lui une véritable traînée de sang après sa tentative de fuite.

Beaucoup se sont demandé comment un homme répétant qu’il a été poignardé, présentant des signes visibles de détresse extrême et entouré d’indices physiques aussi évidents a pu être perçu avant tout comme un suspect potentiel.

Malgré cela, les policiers l’ont menotté pour suspicion d’agression.

L’image est restée gravée dans les esprits : un garçon de 18 ans gravement blessé, affirmant qu’il vient d’être poignardé, menotté alors que son état se détériore rapidement.

Quelques instants plus tard, Henry s’effondre.

Malgré l’intervention des secours et d’un médecin héliporté, il décède à 0 h 37.

Par la suite, plusieurs éléments sont venus fragiliser les accusations initiales. La vidéo retrouvée sur le téléphone d'Henry Nowak retrouvé dans la poche de Vickrum Digwa ne contiendrait aucune insulte raciale explicite.
(Aucune explication n'a été fournie à notre connaissance expliquant pourquoi le téléphone de Nowak se trouvait dans la poche de Digwa.) Les analyses toxicologiques ont également montré qu’il avait consommé de l’alcool, mais à un niveau inférieur à la limite légale de conduite : une situation bien éloignée du portrait d’un homme fortement ivre avancé dans les premières minutes.

Le comportement particulièrement troublant de la mère

Un autre aspect du dossier a retenu l’attention : l’attitude de Kiran Kaur, la mère de l’accusé.

Des images présentées au tribunal montreraient la femme revenant sur les lieux après les faits pour récupérer l’arme avant de la rapporter au domicile familial voisin.

Ce geste soulève des questions évidentes. Revenir chercher précisément l’objet central d’une affaire de meurtre, puis le déplacer hors de la scène des faits, paraît difficilement conciliable avec une simple réaction de panique.

Les analyses ont retrouvé du sang et des tissus d’Henry sur la lame, tandis que des cheveux de Digwa ainsi que l’ADN de sa mère ont été retrouvés sur le fourreau.

Elle est poursuivie pour avoir aidé un auteur présumé d’infraction après les faits. La mère conteste les accusations.

L’affaire est désormais devenue bien plus qu’un dossier criminel : elle nourrit un débat national sur les réflexes institutionnels, les accusations de racisme, la manière dont se construisent les premiers récits policiers et les conséquences parfois irréversibles d’erreurs commises dans les toutes premières minutes d’une intervention.

mardi 24 mars 2026

Canada — Quelque 150 000 dossiers d’étudiants étrangers potentiellement frauduleux ignorés par Ottawa

La vérificatrice générale (VG) du Canada révèle dans un nouveau rapport que le fédéral a été complètement dépassé par une avalanche de demandes de permis d’études potentiellement frauduleuses dans les années suivant la pandémie et n’a fait pratiquement aucun suivi. 

Les chiffres font écarquiller les yeux.

Policier indien montre à la presse un faux diplôme, de nombreux ont servi à postuler dans des universités ou des entreprises à l'étranger

2,5 % de suivi

Entre 2023 et 2024, par exemple, le ministère de l’Immigration a recensé plus de 153 000 étudiants étrangers qui ont été admis dans un établissement post-secondaire au Canada alors que leur demande de permis levait des drapeaux rouges.
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Or, le budget annuel pour vérifier la validité des dossiers n’a permis au ministère que d’analyser 2000 dossiers par année, pour un total de 4000 en deux ans, ce qui représente environ 2,5 % des dossiers suspects.

« Ce qui m’inquiète, c’est que lorsqu’ils ont enquêté sur ces 4000 cas, environ 40 % d’entre eux ont été classés sans suite, mais c’était parce que les étudiants ont cessé de communiquer avec le ministère. Je me serais attendue à ce qu’ils mènent ces enquêtes jusqu’au bout pour déterminer si un étudiant respectait ou non les conditions de son permis », a déclaré la VG Karen Hogan en comité parlementaire lundi. Et dans 800 cas suivant ces enquêtes, les fonctionnaires ont effectivement constaté de la fraude, mais seulement après que les permis eurent été octroyés.

Ottawa « n’a pas assuré une surveillance efficace des incidences imprévues des réductions des permis d’études et n’a pas ajusté le tir », constate la VG dans son rapport.

Un volet accéléré... pour les Indiens

Ce gâchis bureaucratique s’est déroulé à une époque où les permis d’études aux étrangers étaient distribués comme des petits pains chauds. Les institutions scolaires contribuaient d’ailleurs au problème en s’arrachant les étudiants pour renflouer leurs coffres.

Un sommet a été atteint en 2023: sur 792 200 demandes reçues (un record), 456 700 ont été approuvées. Après le tour de vis d’Ottawa concernant l’immigration temporaire, les demandes approuvées ont chuté à 149 600.

La VG avait dans sa loupe un programme spécial mis en place en 2018: le Volet direct pour les études, qui permettait d’accélérer le traitement des demandes de permis d’étude en provenance de 14 pays en retirant des couches de vérification des dossiers.

Les chiffres montrent que ce programme spécial a été quasiment monopolisé par les demandes en provenance d’un seul pays : l’Inde. En 2023, 232 800 permis d’études ont été accordés à des Indiens, soit 96 % des bénéficiaires de voie express. Ceux-ci représentaient environ la moitié de tous les étudiants étrangers admis en 2023.

« Nous avons constaté que, dans le cas des demandes provenant de l’Inde, cet examen ne correspondait pas au profil de risque élevé attribué à ce pays par les unités d’évaluation des risques », lit-on dans le rapport.

En conférence de presse, la VG a expliqué que le fédéral « n’agit pas sur les informations qu’il possède ». « Ils ont les pouvoirs et les outils, ils n’ont qu’à les utiliser. »

Le Volet direct pour les études a été fermé en 2024.

Source : Journal de Montréal 


Voir aussi 

 Québec — Quand les permis d'études deviennent des passeports pour le crime organisé

Inde : Police démantèle un vaste réseau de faux diplômes utilisés notamment à l'étranger


 
 

lundi 9 mars 2026

Ottawa serre la vis à des milliers de demandeurs d'asile

Ottawa a présenté un  projet de loi omnibus C-12 intitulé Loi visant à renforcer le système d’immigration et la frontière du Canada.

Il s’agit d’une évolution et d’une version remaniée du projet de loi C-2 déposé initialement en juin 2025.

Il a été adopté par la Chambre des communes en décembre 2025 ; il franchit sa dernière étape au Sénat en ce 9 mars 2026, ce qui rend l’entrée en vigueur imminente.

Des réfugiées à leur arrivée à l'aéroport international d'Halifax, en Nouvelle-Écosse, le 19 octobre 2022.

S'il rentre en vigueur, une demande d’asile sera jugée irrecevable si elle est déposée plus d’un an après l’arrivée au Canada (délai calculé à partir de la première entrée).

La règle s’appliquera rétroactivement jusqu’en juin 2025. Cela touche les personnes déjà présentes au pays qui n’ont pas déposé leur demande dans l’année suivant leur arrivée (y compris étudiants étrangers, travailleurs temporaires et autres résidents temporaires qui se sont dit demandeurs d’asile plus tard).

Les personnes concernées ne passent plus devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR) pour une audience complète. Elles doivent plutôt soumettre un dossier papier pour un Examen des risques avant renvoi (ERAR), traité par un fonctionnaire d’IRCC. 

Le délai de soumission des documents est fixé à un mois. Il n'y a pas d’appel possible devant la CISR ; seul un recours limité à la Cour fédérale.

Des dizaines de milliers de demandeurs d’asile déjà au pays sont affectés, y compris au Québec. Selon la ministre de l’Immigration Lena Diab (citée dans le Journal de Montréal), près de 20 000 dossiers devraient changer de pile (passer de la procédure normale à l’ERAR) pour la seule période entre juin et fin octobre 2025.

Notons la différence de taux d'approbation des demandes d’asile:

  • devant les commissaires de la CISR en 2025 : environ 78 % (selon le Centre des réfugiés);
  • par les fonctionnaires via l’ERAR : 46 % (selon IRCC). 

Cette mesure vise à protéger le système d’asile contre les hausses soudaines de demandes et à renforcer l’intégrité globale du système d’immigration, en ligne avec les objectifs énoncés dans les communiqués fédéraux de 2025 sur le C-12 (qui intègre et affine les éléments du C-2 initial).

vendredi 20 février 2026

Québec — Quand les permis d'études deviennent des passeports pour le crime organisé

Derrière les façades d'étudiants internationaux légitimes se cache un réseau criminel organisé qui exploite les failles du système d'immigration canadien. Une enquête approfondie de Radio-Canada révèle comment plus de 200 membres d'une organisation criminelle africaine utilisent de faux permis d'études pour s'établir au Québec et développer des activités illicites d'une ampleur inquiétante.

Cette infiltration méthodique soulève des questions cruciales sur la vulnérabilité de nos institutions d'enseignement supérieur et sur l'efficacité des mécanismes de contrôle censés protéger l'intégrité du système éducatif canadien.

Le permis d'études comme porte d'entrée

Le stratagème est aussi simple qu'efficace. Des criminels, principalement originaires de Côte d'Ivoire et du Bénin, obtiennent des permis d'études pour des universités québécoises situées en région. L'Université du Québec à Trois-Rivières, celle de Chicoutimi et celle de l'Outaouais figurent parmi les établissements ciblés. Ces individus, généralement âgés entre 20 et 30 ans, n'ont aucune intention de poursuivre des études.

Selon Karine Caron, analyste de renseignement à l'Agence des services frontaliers du Canada interrogée par Radio-Canada, ces fraudeurs ne mettent jamais les pieds dans les établissements pour lesquels ils ont obtenu leur visa. « Ils étaient membres d'une organisation criminelle outre-mer et ont profité du permis d'études pour pouvoir entrer au Canada », explique-t-elle.

Cette faille du système est d'autant plus préoccupante qu'Immigration Canada reconnaît l'absence de processus de vérification automatique des présences auprès des étudiants étrangers. La responsabilité incombe directement aux établissements d'enseignement, qui peuvent prévenir les autorités fédérales, mais cette délégation crée manifestement des angles morts exploités par les réseaux criminels.

Cri du cœur d'une immigrante ivoirienne installée au Nouveau-Brunswick. « Les Africains de manière générale au Canada vous foutez la honte. » Les conséquences pour les nouveaux arrivants honnêtes sont immédiates : ils subissent désormais une méfiance généralisée en entreprise et dans la vie quotidienne à cause des agissements de réseaux criminels issus de leur propre communauté.

Un réseau tentaculaire et professionnel

mardi 23 décembre 2025

Quand l’écologie radicale infiltre les écoles de commerce

Une récente étude d’un réseau pensant explique comment HEC, l’EM Lyon ou Sciences Po ont progressivement introduit l’enseignement d’une écologie décroissante et anticapitaliste au détriment des matières fondamentales.

Oui, oui, une école de commerce de France (il reste un petit drapeau français peu visible à côté du drapeau de la European Union of Brussels)

La France est-elle en train de former une génération de cadres qui considéreront comme un devoir moral de freiner, de contester ou de saboter les stratégies de croissance de leurs propres entreprises ? C’est ce que laisse entendre le Centre d’études et de recherches universitaires (Ceru), qui, dans une étude publiée début décembre, affirme que les grandes écoles de commerce françaises sont devenues des « foyers du radicalisme écologique ».

Dans cette note, le laboratoire d’idées, marqué à droite, explique comment HEC, l’ESSEC, l’ESCP, l’EM Lyon ou encore Sciences Po ont progressivement introduit l’enseignement d’une écologie décroissante et anticapitaliste au détriment des matières fondamentales que sont la gestion, la finance ou le marketing. « Ce basculement traduit une recomposition profonde. Le prestige universitaire traditionnel est supplanté par la conformité idéologique », alerte l’étude, qui, sans remettre en question l’urgence climatique, décrit « un tournant résolument écologique, jusqu’à repenser tous les programmes sous cet angle ».

En une dizaine d’années, les « business schools » [écoles de commerce en Hexagonal] ont bien changé. 

Dans ces temples de la formation au monde des affaires, l’étudiant se prête désormais aux incontournables ateliers Fresque du climat, mais aussi au Sulitest, un test du développement durable imaginé en 2014. Dans les enseignements, l’écologie et la « sustainability » [durabilité dans le jargon prétentieux de ces « business schools »] ont pris une place « démesurée », « une centaine d’heures par an, soit le tiers des enseignements », affirme l’auteur de cette note, Morgane Daury-Fauveau, présidente du Ceru et professeur de droit privé à Amiens. Elle a passé au crible les maquettes de l’offre de formation. Outre la profusion, elle pointe une idéologie à l’œuvre, avec l’enseignement d’« une écologie radicale, notoirement anticapitaliste ». « La mission première de l’enseignant est de développer l’esprit critique, pas de le paralyser. Les écoles de commerce, dont l’objet est fondamentalement l’enseignement sur la production de richesses, font la publicité de la décroissance ! », s’effare-t-elle.

mercredi 17 décembre 2025

Le Canada vient d’enregistrer la plus forte baisse de population depuis les années 1940

Le Canada a enregistré sa plus forte diminution de population depuis les années 1940 après les changements apportés au système d'immigration par Ottawa, selon les données démographiques publiées mercredi par Statistique Canada. 

Au total, il y a environ 76 000 personnes de moins au Canada au cours du troisième trimestre, soit une baisse de 0,2 %. Le principal facteur est la chute du nombre d’étudiants étrangers, et plus largement des résidents temporaires.

Fait étonnant, presque l’entièreté de cette baisse a été enregistrée en Ontario (- 67 000) et en Colombie-Britannique (- 14 000). Durant la même période, le Québec a seulement noté 208 habitants de moins.

«Il s’agit de la première contraction démographique jamais enregistrée depuis 1946, à l’exception d’un très léger recul observé pendant la pandémie», plus précisément au quatrième trimestre de 2020, a constaté l’économiste de Desjardins LJ Valencia.

Ce virage fait suite à quelques années de hausse très importantes de l’immigration, et surtout de l’immigration temporaire, qui a donné lieu à un ressac important auprès de la population.

Il y a deux ans, le Canada enregistrait sa croissance démographique de population la plus importante depuis 1957. Pendant les trois mois du troisième trimestre de 2023, la population avait explosé de près de 420 000. Ici encore, cela était principalement dû à l’entrée d’étudiants étrangers et de travailleurs étrangers temporaires.

Puis, au troisième trimestre de 2024, le nombre de résidents temporaires a atteint un pic de 7,6 % de la population générale et diminue lentement depuis.

À la fin de son règne, Justin Trudeau avait reconnu que le gouvernement avait perdu le contrôle et que cela avait exercé de la pression sur les services publics et sur le prix des loyers.

Son ministre de l’Immigration de l’époque, Marc Miller, avait adopté un plan de réduction progressive des seuils. L’objectif actuel est de ramener la proportion de résidents temporaires à 5 % de la population d’ici la fin de 2027.

Desjardins estime que ces nouveaux seuils mèneront à une hausse du PIB réel par habitant, mais que l’économie dans son ensemble ralentira.

Aujourd’hui, le gouvernement de Mark Carney se vante du virage effectué et affirme qu’il fallait continuer dans le même sens.

«Nous sommes d’accord, monsieur [François Legault] et moi [...], qu’il faut réduire le rythme d’immigration parce que les niveaux d’immigration sont plus grands que la capacité d’accueil et la capacité d’intégration à Montréal et au Québec», a déclaré Mark Carney en entrevue à LCN mardi.

Statistique Canada a dévoilé hier qu’entre janvier et octobre 2025, le Canada a accueilli 60% moins de nouveaux étudiants et 48% moins de travailleurs étrangers par rapport à la même période l’année dernière.

Au 1er octobre, la population du Canada était de 41 575 585, estime l’agence fédérale.

Voir aussi

Valeurs — L'écart de fécondité entre conservateurs et « progressistes » se creuse

 
 

 


mardi 7 octobre 2025

Quand l’anonymat récent des copies révèle un biais historique… favorable

À l’Université de Stockholm, la mise en place de la correction anonyme a eu un effet inattendu : les étudiants portant des noms à consonance étrangère, qui bénéficiaient auparavant d’une indulgence implicite de la part des correcteurs, ont vu leurs notes légèrement baisser. Une étude suédoise éclaire ainsi la complexité des biais en évaluation.


Lorsqu’une université décide de rendre les copies d’examen anonymes, on s’attend naturellement à ce que la réforme rende l’évaluation plus juste, en éliminant les préjugés possibles liés au nom ou à l’origine des étudiants.

Mais les résultats obtenus à l’Université de Stockholm vont à l'encontre de cette attente.

Une étude du sociologue Magnus Bygren, publiée dans la revue Assessment & Evaluation in Higher Education, montre qu’après l’introduction de la correction anonyme, les étudiants portant des noms à consonance étrangère ont vu leurs notes baisser.

Non pas parce qu’ils étaient désormais victimes d’un biais négatif, mais parce qu’ils ne bénéficiaient plus, semble-t-il, d’un léger traitement de faveur implicite dont ils jouissaient auparavant.

Une réforme conçue pour réduire les biais


Entre 2010 et 2014, l’Université de Stockholm a progressivement introduit une règle obligeant les correcteurs à évaluer les examens sans connaître l’identité de l’étudiant.

L’objectif était simple : réduire les inégalités et rendre la notation plus objective.

Bygren a analysé des milliers de résultats d’examens avant et après la réforme, en distinguant les étudiants selon la consonance de leur nom. L’idée était d’observer si la réforme — en supprimant les indices identitaires — modifiait les écarts de notes entre groupes.

Un effet inattendu

Les résultats sont clairs : après la généralisation de la correction anonyme, la probabilité pour un étudiant au nom étranger d’obtenir la meilleure note a diminué d’environ six points de pourcentage. Avant la réforme, ces mêmes étudiants réussissaient un peu mieux, toutes choses égales par ailleurs.

Aux attentes négatives que l’on aurait pu supposer — celle d’un biais défavorable envers les minorités — les correcteurs opposaient, sans doute inconsciemment, un ajustement favorable.

Autrement dit, ils tendaient à se montrer légèrement plus indulgents envers les étudiants aux noms étrangers, peut-être par souci d’équité ou pour compenser un désavantage perçu.

Un biais inversé

Ce phénomène éclaire un aspect méconnu du comportement des évaluateurs : leur désir de justice (subjective) peut lui aussi engendrer un biais.

Les correcteurs, animés par des intentions bienveillantes envers des groupes particuliers (ici étrangers), pouvaient accorder inconsciemment une petite marge de tolérance aux étudiants qu’ils imaginaient en situation d’infériorité symbolique.

L’anonymisation des copies a effacé ce réflexe, rétablissant une neutralité plus stricte — et, ce faisant, a fait apparaître une baisse relative des notes pour ce groupe d’étudiants.

Bygren reste prudent : l’ampleur de l’effet varie selon les modèles statistiques utilisés. Mais la tendance demeure. Et surtout, elle contredit l’hypothèse intuitive d’un préjugé défavorable fondé sur le nom.

Voir aussi
 
 

mardi 22 juillet 2025

«La revanche des “ploucs ” sur les diplômés qui ne trouvent pas de travail aux États-Unis»

Les difficultés des jeunes «graduates» (diplômés) donnent du grain à moudre à tous ceux qui dénoncent « la surproduction d’élites » quand celles-ci ne trouvent pas à employer leurs compétences.


Les cérémonies de  remise des diplômes  ont été moins festives qu’à l’accoutumée pour clôturer l’année 2024-2025 outre-Atlantique. Traditionnellement, les nouveaux « graduates » , affublés de leur toge noire, se trémoussent joyeusement, lançant en l’air leur « mortier », cette toque à fond plat. Or, non seulement l’Administration Trump cherche noise aux universités les plus prestigieuses, Harvard en tête, mais le marché de l’emploi s’est assombri pour les nouveaux diplômés. Les « bachelors » ayant accompli quatre années de « college » doivent désormais se battre pour se faire une place au soleil qui leur semblait acquise.

Une enquête de la Banque de la Réserve fédérale de New York vient de révéler que les « graduates » de 22 à 27 ans, titulaires au minimum d’un bachelor, d’un master, voire d’un  doctorat (PhD), ont subi un taux de chômage de 5,8 % au premier trimestre 2025, bien supérieur à celui de la population américaine dans son ensemble (4 %). Cela va à l’encontre de la norme qui prévalait depuis 1945, donnant un avantage d’emploi aux diplômés. Le croisement des courbes s’est amorcé avec la pandémie de Covid de 2020, qui avait détraqué le marché du travail, propulsant brièvement le chômage total à plus de 16 %. Et depuis, l’écart ne cesse de se creuser en défaveur des jeunes ayant terminé leurs études.

Les « graduates » des anciennes générations paraissent pour le moment épargnés et leur niveau de chômage n’est que de 2,7 %. Mais le dividende salarial dont ils bénéficiaient en raison de leur formation tend à s’effriter. Selon les données de la Réserve fédérale de New York, les « graduates », tous âges confondus, gagnaient en moyenne 69 % de plus qu’un simple diplômé du secondaire en 2015 et cet avantage n’est plus que de 50 % aujourd’hui.

Déboire des jeunes «graduates»

L’heure de la revanche a-t-elle sonné pour les sans-grade, les « ploucs » («hillbillies», en anglais) comme aime à les appeler JD Vance, le vice président américain, qui estime en être issu et a intitulé son autobiographie Hillbilly Élégie ? « Je veux tout mettreà bas, et détruire nos élites actue lles », a pu dire de son côté l’idéologue populiste trumpiste Steve Bannon, très remonté contre le « wokisme universitaire ».

Les déboires des jeunes « graduates » tiennent d’abord à leur nombre semble-t-il excessif par rapport aux besoins effectifs de l’économie. La baisse des standards universitaires est également incriminée ; selon une enquête de l’université d’État de Pittsburg (Kansas), même les étudiants en lettres ne parviennent plus à lire Charles Dickens ! Et l’intelligence artificielle (IA), qui vient concurrencer en priorité les professions intellectuelles, y compris scientifiques, n’arrange pas les choses.

Durant les deux premières décennies de ce millénaire, et jusqu’à la pandémie de Covid de 2020, la transformation numérique à marche forcée des entreprises américaines a provoqué une très forte demande de services informatiques et scientifiques. Et dans la foulée, les formations de Stem («science, technology , engeenering, mathematics ») ont explosé dans les universités. Or la marée montante de la numérisation s’est stabilisée, observe Matthews Martin, économiste d’Oxford Economics, et les nouveaux entrants sur le marché du travail en font les frais. « Alors que l’emploi pour les qualifications informatiques et mathématiques a progressé d’à peine 0,5 % depuis 2022 pour les “graduates” de plus de 27 ans, il a reculé de 8 % pour les 22-27 ans », a-t-il calculé, dans son étude intitulée « Educated but unemployed ».

Surproduction d’élites

De son côté, l’IA n’est plus une menace sur les emplois mais une réalité qui prend corps à grande vitesse, à en croire les déclarations récentes récurrentes des CEO (patrons) américains. «  L’IA remplacera la moitié des postes de cols blancs dans un avenir proche » , pronostiquait fin juin Jim Farley, le CEO de Ford. Stéphane Bancel, le patron des vaccins Moderna, explique de son côté que sa société « n’aura besoin que de quelques milliers d’employés » grâce à l’IA. Les dirigeants de la tech s’accordent à penser que celle-ci supprimera en priorité les emplois de « matière grise » - programmeurs, « data scientists », juristes, analystes financiers, etc. – et plus leurs qualifications sont techniquement pointues, plus ils seront concernés au premier chef. À l’inverse du titan Cronos dévorant ses enfants (dont le dieu Zeus), l’IA est-elle amenée à avaler ses propres géniteurs ?

Le paradoxe de Moravec - du nom du chercheur en robotique -, qui remonte aux années 1980, nous a appris que les raisonnements intellectuels de haut niveau sont plus aisés à reproduire par un logiciel d’IA que les aptitudes sensorimotrices les plus basiques. C’est en train de se réaliser à grande échelle. La robotique et l’IA remplaceront plus difficilement un plombier réparant une baignoire qu’un chercheur en mathématiques.

Ces tendances de fond, certes difficilement quantifiables, donnent du grain à moudre à tous ceux qui dénoncent « la surproduction d’élites » quand celles-ci ne trouvent pas à employer leurs compétences. Alors que 15 % des Américains étudiaient dans l’enseignement supérieur durant les années 1950 et qu’ils sont 60 % aujourd’hui, l’anthropologue Peter Turchin, de l’université du Connecticut, explique cette envolée des effectifs de l’enseignement supérieur par le passage d’une société industrielle à une économie de la connaissance. Mais il met en garde contre les phénomènes de déclassement et la formation de « contre-élites » plus ou moins violentes. (Le Chaos qui vient, Éditions Le Cherche midi).

À cet égard, l’hebdomadaire The Economist cite le cas de  Luigi Mangione , 27 ans, bachelor of Science in Engineering de l’université de Pennsylvanie, qui a assassiné par balle en décembre 2024 le CEO de UnitedHealthcare, compagnie américaine d’assurances santé. Plus stupéfiant encore, Mangione a suscité un courant de sympathie et de ressentiments anti-élites à la fois au sein de la population, permettant de collecter plus de 1 million de dollars en sa faveur. Fait divers ou fait de société ?

Source : Le Figaro
 
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jeudi 26 juin 2025

États-Unis — Pourquoi les diplômés d'aujourd'hui sont dans le pétrin

Pauvre jeune ambitieux. Pendant des décennies, le chemin vers une vie agréable était tout tracé : aller à l'université, trouver un emploi pour diplômé, puis regarder l'argent rentrer. Aujourd'hui, les jeunes qui travaillent dur semblent avoir moins d'options qu'auparavant.

Se lancer dans la technologie ? Les grandes entreprises suppriment des emplois. Et le secteur public ? Il est moins prestigieux qu'avant. Devenir ingénieur ? De nombreuses innovations, des véhicules électriques aux énergies renouvelables, voient désormais le jour en Chine. Devenir avocat ? L'intelligence artificielle va bientôt vous prendre votre emploi. Ne pensez même pas à devenir journaliste.

Dans tout l'Occident, les jeunes diplômés perdent leur position privilégiée ; dans certains cas, ils l'ont déjà perdue. Les données sur l'emploi laissent entrevoir ce changement. Matthew Martin, du cabinet de conseil Oxford Economics, s'est penché sur les Américains âgés de 22 à 27 ans titulaires d'une licence ou d'un diplôme supérieur. Pour la première fois dans l'histoire, leur taux de chômage est désormais systématiquement supérieur à la moyenne nationale. La hausse du chômage chez les jeunes diplômés est due à ceux qui recherchent un emploi pour la première fois.

Cette tendance n'est pas seulement observable aux États-Unis. Dans toute l'Union européenne, le taux de chômage des jeunes diplômés de l'enseignement supérieur se rapproche du taux global pour cette tranche d'âge (voir graphique 1). La Grande-Bretagne, le Canada, le Japon... tous semblent suivre la même voie. Même les jeunes issus de l'élite, tels que les diplômés d'un MBA, sont touchés. 

En 2024, 80 % des diplômés de l'école de commerce de Stanford avaient trouvé un emploi trois mois après avoir quitté l'université, contre 91 % en 2021. 

Jusqu'à récemment, la « prime salariale universitaire », qui permet aux diplômés de gagner plus que les autres, était en hausse (voir graphique 2). Mais elle a récemment diminué, notamment aux États-Unis, en Grande-Bretagne et au Canada. À partir des données sur les jeunes Américains fournies par la succursale new-yorkaise de la Réserve fédérale, The Economist estime qu'en 2015, le salaire médian des diplômés universitaires était supérieur de 69 % à celui des diplômés du secondaire. L'année dernière, cet avantage était tombé à 50 %.

Les emplois sont également moins épanouissants. Une grande enquête suggère que l'écart de satisfaction entre les diplômés et les non-diplômés aux États-Unis, c'est-à-dire la probabilité pour les diplômés de se déclarer « très satisfaits » de leur emploi, est désormais d'environ trois points de pourcentage, contre sept points auparavant.

Est-ce une mauvaise chose que les diplômés perdent leurs privilèges ? D'un point de vue éthique, pas vraiment. Aucun groupe n'a un droit inné de surpasser la moyenne. Mais d'un point de vue pratique, cela pourrait l'être. L'histoire montre que lorsque les personnes intelligentes – ou celles qui se croient intelligentes – obtiennent des résultats inférieurs à ce qu'elles pensent mériter, ils s'en suit des événements négatifs.

Peter Turchin, scientifique à l'université du Connecticut, affirme que la « surproduction d'élites » a été la cause immédiate de toutes sortes de troubles au cours des siècles, les « contre-élites » menant la charge. Les historiens identifient « le problème de l'excès d'hommes instruits » comme ayant contribué aux révolutions européennes de 1848, par exemple. Luigi Mangione ferait partie de la contre-élite. M. Mangione, diplômé de l'université de Pennsylvanie, devrait mener une vie prospère. Au lieu de cela, il est jugé pour le meurtre présumé du directeur général d'une compagnie d'assurance maladie. Plus révélateur encore est le degré de sympathie que suscite son aliénation : M. Mangione a reçu des dons dépassant largement le million de dollars.

Pourquoi les diplômés perdent-ils leurs privilèges ? Peut-être que l'expansion considérable des universités a abaissé le niveau. Si les tours d'ivoire admettent des candidats moins talentueux, puis font un travail moins bon pour les former, les employeurs pourraient, à terme, s'attendre à moins de différences entre le diplômé moyen et le non-diplômé moyen. Une étude récente, menée par Susan Carlson de l'université d'État de Pittsburgh et ses collègues, suggère que de nombreux étudiants d'aujourd'hui sont fonctionnellement analphabètes. Un nombre inquiétant d'étudiants en anglais ont du mal à comprendre « La Maison d'Âpre-Vent » de Charles Dickens. Beaucoup sont déconcertés par la première phrase : « Michaelmas term lately over, and the Lord Chancellor sitting in Lincoln’s Inn Hall » (La session judiciaire qui commence après la Saint-Michel vient de s’ouvrir, et le lord chancelier siège dans la grande salle de Lincoln’s Inn).

Il est certain que certaines universités proposent des cours médiocres à des candidats qui n'y ont pas leur place. D'un autre côté, il y a peu de corrélation entre le nombre de diplômés et la prime salariale à long terme : les deux ont augmenté aux États-Unis dans les années 1980, par exemple. De plus, si vous discutez avec des étudiants de la plupart des universités, en particulier celles d'élite, vous vous rendrez compte qu'ils ne sont pas stupides. Ceux de Stanford sont extrêmement intelligents. Beaucoup d'étudiants d'Oxford et de Cambridge passaient autrefois leur temps à flâner et célébraient même leur « gentleman's third » (note de passage minimale, obtenue sans trop d'effort) s'ils avaient cet honneur. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Un nouvel article rédigé par Leila Bengali, de la succursale de San Francisco de la Fed, et ses collègues, est une autre raison de remettre en question l'explication selon laquelle les diplômés sont trop nombreux. Ils constatent que l'évolution de la prime salariale universitaire reflète principalement « des facteurs liés à la demande, en particulier un ralentissement du rythme des changements technologiques favorisant les travailleurs qualifiés ». En clair, les employeurs peuvent de plus en plus faire appel à des non-diplômés pour occuper des emplois qui étaient auparavant réservés aux diplômés.

Une mention très bien ? Tout le monde s'en fiche

Cela est particulièrement vrai pour les emplois qui nécessitent une utilisation rudimentaire de la technologie. Jusqu'à récemment, beaucoup de gens ne pouvaient se familiariser avec un ordinateur qu'en fréquentant l'université. Aujourd'hui, tout le monde possède un téléphone cellulaire, ce qui signifie que les non-diplômés sont eux aussi à l'aise avec la technologie. Les conséquences sont claires. Selon Indeed, un site web consacré à l'emploi, les exigences en matière de formation deviennent moins strictes dans presque tous les secteurs de l'économie. Le secteur américain des services professionnels et commerciaux emploie plus de personnes sans diplôme universitaire qu'il y a 15 ans, même si ces personnes sont moins nombreuses.

Les employeurs ont également réduit le nombre d'emplois dans les secteurs favorables aux diplômés. Dans l'ensemble de l'UE, le nombre de jeunes âgés de 15 à 24 ans employés dans la finance et l'assurance a diminué de 16 % entre 2009 et 2024. Les États-Unis ne comptent que légèrement plus d'emplois dans les « services juridiques » qu'en 2006. Jusqu'à récemment, la voie évidente pour un étudiant britannique souhaitant gagner de l'argent était un programme interne pour diplômés dans une banque. Depuis 2016, cependant, le nombre de jeunes de 20 à 30 ans dans le domaine du droit et de la finance a diminué de 10 %. À la troisième saison de « Industry », une série télévisée sur les jeunes loups diplômés d'une banque londonienne, une grande partie du distribution originale a été écartée (ou est décédée).

Il est tentant de blâmer l'IA pour cette diminution des perspective d'emploi. La technologie semble capable d'automatiser les tâches « intellectuelles » de base, telles que le classement ou les tâches parajuridiques. Pourtant, les tendances décrites dans cet article ont commencé avant ChatGPT. De nombreux facteurs contingents sont responsables. De nombreux secteurs qui employaient traditionnellement des diplômés ont connu des difficultés ces derniers temps. Des années d'activité modérée dans le domaine des fusions et acquisitions ont réduit la demande d'avocats. Les banques d'investissement sont moins dynamiques qu'avant la crise financière mondiale de 2007-2009.

Les études universitaires en valent-elles donc la peine ? Les Américains semblent avoir décidé que non. Selon les données de l'OCDE, entre 2013 et 2022, le nombre d'étudiants inscrits en licence a baissé de 5 %. Pourtant, dans la plupart des pays riches, où l'enseignement supérieur est moins cher car l'État le subventionne davantage, les jeunes continuent d'affluer vers les universités. Hors États-Unis, les inscriptions dans l'OCDE sont passées de 28 millions à 31 millions au cours de la décennie précédant 2022. En France, le nombre d'étudiants a augmenté de 36 % ; en Irlande, de 45 %. Les gouvernements subventionnent des diplômes inutiles, encourageant les jeunes à perdre leur temps à étudier.

Les étudiants ne choisissent peut-être pas non plus les bonnes matières. En dehors des États-Unis, la part des arts, des sciences humaines et des sciences sociales augmente en général. Il en va de même, de manière inexplicable, pour les inscriptions aux cours de journalisme. Si ces tendances reflètent les idées des jeunes sur l'avenir du travail, ils sont vraiment en difficulté. 

Source : The Economist

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samedi 30 novembre 2024

Le permis de séjour de 200 000 diplômés étrangers expirera d'ici fin 2025, quitteront-ils le Canada ?

Des centaines de milliers d'étudiants étrangers diplômés risquent d'être expulsés à l'expiration de leur permis de travail au cours de l'année prochaine.

S'exprimant depuis un campement de tentes à Brampton, en Ontario, où elle a protesté contre les récents changements apportés à la politique d'immigration, Gurkirat Kaur, diplômée d'un collège de l'Ontario, déclare à CTV News qu'elle ne « veut pas vivre (au Canada) illégalement ».

Mme Kaur fait partie des plus de 200 000 étudiants étrangers au Canada qui ont déjà obtenu leur diplôme et qui risquent maintenant de perdre leur statut légal lorsque leur permis de travail expirera au cours des 13 prochains mois.

Arrière-plan de la page d'accueil du Sheridan College : une clientèle étudiante peu diversifiée

Les récents changements apportés à la politique d'immigration du gouvernement fédéral, qui comprennent de nouvelles restrictions sur les permis de travail des diplômés, font craindre à Kaur et à beaucoup d'autres que leur demande de résidence permanente soit rejetée et qu'à l'expiration de leur permis de travail, ils n'aient plus que deux choix : rester au Canada illégalement ou être contraints de quitter le pays.

Kaur dit qu'elle a payé 36 000 dollars pour obtenir son diplôme

Elle explique que son père a dépensé toutes ses économies pour l'envoyer au Centennial College de l'Ontario, où elle a obtenu un diplôme de biotechnologie en 2022. Elle travaille actuellement pour une société pharmaceutique et son permis de travail expire dans dix mois.

« J'ai déjà beaucoup investi dans mon éducation. J'ai payé 36 000 dollars pour obtenir mon diplôme », a déclaré Kaur, désemparée.

Selon ces étudiants étrangers le Canada promettait la résidence permanente à la fin des études

Elle et d'autres disent que le gouvernement fédéral leur a vendu la possibilité de venir au Canada, avec des publicités qui disaient aux étudiants de venir « étudier, explorer, travailler et rester », selon Kaur.

Cependant, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) adresse un message différent aux étudiants étrangers.

« Le fait de demander à étudier dans un établissement canadien confère un statut temporaire au Canada, et non un statut permanent, et le fait d'avoir un statut temporaire ne garantit pas une transition vers la résidence permanente », explique en partie IRCC dans un courriel envoyé à CTV News.

« Les paramètres d'admissibilité au permis de travail de troisième cycle ont été recalibrés en fonction du capital humain et des facteurs du marché du travail », a ajouté le ministère.

Le permis de travail de du diplômé étranger Bikram Singh a déjà expiré. Ce technicien automobile utilise maintenant un visa de visiteur pour rester dans le pays, mais il craint d'être bientôt expulsé, même s'il est lui aussi diplômé d'un collège de l'Ontario.

« Nous sommes venus ici avec le rêve d'une bonne vie, mais on ne peut pas imaginer une bonne vie sans résidence permanente », a déclaré Singh.

 
Licenciements dans les collèges à diplômés étrangers

Les modifications apportées par Ottawa en matière d'immigration prévoient également un nouveau plafond pour le nombre d'étudiants étrangers acceptés dans le pays. En réaction, le Sheridan College de l'Ontario a annoncé cette semaine qu'il suspendait 40 programmes et licenciait du personnel.

Dans un courriel adressé à CTV News, le Sheridan College affirme que « d'après nos prévisions d'inscriptions, nous aurons environ 30 % d'étudiants en moins dans les années à venir, ce qui entraînera une perte de revenus d'environ 112 millions de dollars au cours de la prochaine année fiscale. Nous devons donc réduire nos dépenses. »

Cette semaine, le ministre canadien de l'immigration, Marc Miller, a été contraint de défendre les récents changements apportés par les libéraux à leur politique, notamment en ce qui concerne la manière dont ils prévoient de vérifier que les résidents dont le statut a expiré quittent le pays.

Les personnes présentes au campement de Brampton, en Ontario, espèrent ne pas en arriver là.

Ils demandent à Ottawa de prolonger les permis de travail arrivant à expiration et de faire passer la durée de validité de trois à cinq ans. Ils demandent également au gouvernement fédéral de tenir la promesse qu'ils prétendent avoir reçue lorsqu'ils ont décidé de venir au Canada, à savoir ce qu'il nomme une procédure claire et équitable pour l'obtention de la résidence permanente.

La résidence permanente nullement promise par le Canada
 
Pour la journaliste au Financial Post, Rpua Subramanya, elle-même immigrante le Canada n'a jamais fait une telle promesse. Dans un message sur 𝕏, elle indique : 
 Une étudiante internationale titulaire d'un permis de travail qui va bientôt expirer reproche au Canada de l'obliger à partir, alors qu'aucune garantie de ce type n'est donnée aux étudiants ou aux travailleurs temporaires. Je suis bien placée pour le savoir, car je suis venue au Canada en tant qu'étudiante internationale il y a près de 30 ans.

Elle et ses amis explorent maintenant les moyens de rester au Canada, y compris la demande de statut de réfugié, qui sera bloquée pendant des années jusqu'à ce que leur cas soit tranché. Notre ministre de l'immigration @MarcMillerVM croit naïvement que les personnes dont le permis expire vont quitter le Canada de leur plein gré, ce qui est une plaisanterie. Il devrait regarder cette vidéo.

Le mentalité d'ayant-droit de certaines de ces personnes est stupéfiante. Elle n'a pas légalement le droit de rester au Canada au-delà de la date d'expiration de son permis actuel et si elle refuse de partir, elle devrait être expulsée.

Ces personnes jouent sur la culpabilité des Blancs, la chose la plus facile à exploiter au Canada où les gens sont généralement naïfs et pensent que tout le monde est bien intentionné.

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vendredi 29 novembre 2024

Le Canada découvre plus de 10.000 fausses lettres d'acception comme étudiant, la plupart en provenance de l'Inde

Le service de l’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a découvert cette année plus de 10 000 lettres d’acceptation d’étudiant frauduleuses, selon un rapport du quotidien canadien The Globe and Mail. Cette révélation fait suite à l’intensification de l’examen des demandes d’admission des étudiants étrangers, 500 000 documents devant être examinés en 2024 dans le cadre de mesures de vérification plus strictes.  Ces lettres frauduleuses indiquent que l'étudiant mentionné dans celles-ici aurait été accepté par un établissement d'enseignement au Canada alors que ce n'est pas le cas.

Selon les médias, environ 80 % de ces fausses lettres étaient liées à des étudiants du Goudjerate et du Pendjab.
 
Qu’est-ce qui a motivé ces mesures plus strictes ?  
 
Ces mesures ont été prises à la suite d’un incident survenu en 2023, au cours duquel des étudiants étrangers ont reçu des lettres d’acceptation frauduleuses de la part d’un consultant non agréé en Inde, ce qui a entraîné des risques d’expulsion. Pour remédier à ces incidents, le Canada exige désormais que les établissements d’enseignement désignés (EED) vérifient les lettres d’acceptation par l’intermédiaire d’un portail en ligne.  
 
Bronwyn May, directrice générale de la Direction générale des étudiants internationaux d’IRCC, a déclaré à une commission parlementaire que le processus de vérification avait permis de détecter des documents frauduleux dans 2 % des cas, tandis qu’un autre 1 % des cas avait donné lieu à des annulations d’admission.  

Elle a déclaré que 93 % des 500 000 lettres d’acceptation jointes aux demandes de permis d’études que le ministère a contrôlées au cours des dix derniers mois avaient été vérifiées comme étant authentiques par un établissement d’enseignement supérieur ou une université.

Inquiétudes concernant l’exploitation des étudiants  

Annie Beaudoin, ancienne fonctionnaire de l’immigration et aujourd’hui consultante agréée en matière d’immigration, a déclaré qu’elle n’était pas surprise par l’ampleur de la fraude potentielle.

Selon elle, avant l’introduction du système de contrôle renforcé, il n’était pas rare de voir des lettres d’acceptation douteuses. Dans un cas, elle a remarqué un groupe de jeunes femmes coréennes qui avaient toutes la même lettre d’acceptation du même établissement. On pensait qu’elles étaient liées à une opération de traite des êtres humains à des fins sexuelles.

« Il s’agit d’un mouvement où les fraudes sont nombreuses », a-t-elle déclaré. « Nous avons été heureux que l’IRCC mette en place un moyen rapide et efficace de vérifier si elles [les lettres d’acceptation] ont été émises. »
 
Jenny Kwan, porte-parole du Nouveau parti démocratique du Canada en matière d’immigration, a qualifié ces résultats d’« extrêmement alarmants ». « Le Canada a la responsabilité de veiller à ce que les étudiants étrangers qui ont été escroqués soient protégés », a déclaré Mme Kwan au Globe and Mail.  
 
Les inquiétudes se sont également accrues quant à la complicité potentielle de certains établissements d’enseignement, car plusieurs collèges et universités n’auraient pas authentifié les lettres. 

Tom Kmiec, critique conservateur en matière d’immigration, a critiqué le gouvernement dans un communiqué pour avoir délivré un grand nombre de visas d’étudiants « de façon insuffisamment surveillée et sans se soucier des conséquences ».
 
Réaction du gouvernement et changements récents  
 
L’IRCC a intensifié ses enquêtes, notamment sur 2 000 cas d’étudiants originaires d’Inde, de Chine et du Viêt Nam. Parmi eux, 1 485 étudiants ont présenté des documents frauduleux, ce qui a conduit à des refus d’entrée ou à des expulsions.  
 
Les principaux changements introduits récemment sont les suivants :

  • Vérification plus stricte des lettres d’intention : Depuis le 1er décembre 2023, près de 529 000 lettres d’acceptation ont été vérifiées, et plus de 17 000 ont été signalées comme étant invalides ou annulées.  
  • Rapports de conformité des EED : Les EED doivent soumettre des rapports semestriels confirmant l’inscription des étudiants. Le non-respect de cette obligation peut entraîner la suspension de l’admission de nouveaux étudiants pendant une période pouvant aller jusqu’à un an.  
  • Contrôle des conditions d’octroi du permis : Les étudiants qui abandonnent leurs études ou qui ne respectent pas les conditions d’obtention du permis s’exposent à une enquête et à des mesures d’exécution.  

Qu’en est-il des établissements québécois ?  
 
Les EED du Québec n’ont pas encore rejoint le système de rapports de conformité, mais IRCC travaille à leur intégration. Une période de grâce est en place jusqu’à ce que le système soit pleinement opérationnel pour les établissements du Québec.  
 
Ce que cela signifie pour les étudiants étrangers  
 
IRCC a introduit une règle obligeant les étudiants à obtenir un nouveau permis d’études s’ils souhaitent changer d’établissement. L’objectif, selon IRCC, est de préserver l’intégrité du Programme des étudiants étrangers et de protéger les étudiants contre les risques financiers et juridiques.  
 
« Ce changement est conforme au travail important que nous avons accompli pour renforcer l’intégrité du programme des étudiants étrangers », a déclaré IRCC dans un communiqué de presse du 15 novembre.

Sources : Globe and Mail (Toronto), Business Standard (Nouvelle-Delhi/Bombay)

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lundi 25 novembre 2024

Chaque réfugié coûterait en moyenne 82.000 $ par an au Canada, selon le député conservateur Arpan Khanna

Arpan Khanna est un avocat, entrepreneur et homme politique canadien. Il a été élu député à la Chambre des communes du Canada lors d'une élection partielle le 19 juin 2023. Il représente la circonscription d'Oxford sous la bannière du Parti conservateur du Canada. Il siège au Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration.

Selon lui, chaque réfugié coûterait en moyenne 82.000 $ par an au Canada.


Vidéo en anglais


Traduction:

Arpan Khanna — Est-ce la première fois que vous voyez cela dans notre pays ?
Rouala Eatrides [Vice-présidente de la Section de la protection des réfugiés] —  Le volume le plus élevé jamais enregistré par la CISR [Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada].

Arpan Khanna —Avec 200 000 nouveaux réfugiés référés au Ministère, le temps d’attente pour traiter un dossier est passé de 14 mois à 44 mois.

C'est le niveau le plus élevé jamais enregistré. Et pourquoi est-ce important ? C'est important parce que cela permet désormais au demandeur, dont nous voyons beaucoup de fausses demandes d'asile, de rester dans le pays pendant 44 mois supplémentaires avec un statut.

Ils ont le droit de trouver un emploi, d’avoir accès aux soins de santé, ils ont le droit de rester dans notre pays.

Sur les 200 000 nouvelles références, 70 % sont arrivées au cours de cette année seulement.

Ainsi, tous les changements apportés par Marc Miller ont en réalité conduit à cette crise. Et nous en avons également parlé dans notre vidéo précédente.


Un réfugié moyen coûte aux contribuables 82 000 $ par an. Ceci est juste un autre exemple du chaos que ce gouvernement a causé dans le programme.

Dans la dernière vidéo que nous avons réalisée, je vous ai montré comment Marc Miller n'a aucune idée de ce qui se passe dans son propre département.

Marc Miller — Ce volume est déconcertant.
C’est vraiment un système qui est devenu incontrôlable, et c’est une conversation que nous devons avoir.

Arpan Khanna —J'ai posé les mêmes questions aux représentants de son service, des questions de base pour lesquelles on pouvait obtenir des réponses sur Google, mais ils n'en avaient aucune idée.
Regardez ce clip.

Arpan Khanna — Savons-nous quel a été le nombre d’approbations l’année dernière pour les visas étudiants ?
Bronwyn May [directrice générale, Service des étudiants internationaux] — Nous pouvons également déposer ces chiffres auprès du comité.

Arpan Khanna — Savons-nous combien sont venus par Volet direct pour les études [VDE, abrogé le 8 novembre] plûtot que la voie habituelle [plus lente] ? [De nombreux candidats reçus en vertu de ces programmes d'études demandaient l'asile une fois au Canada!]
Bronwyn May — Heureuse de fournir cette information au comité.

Arpan Khanna — Savons-nous quel était délai moyen de traitement pour les candidats VDE ?
Bronwyn May — Je pourrais fournir cette information séparément au comité.

Arpan Khanna — Savez-vous combien de temps il a fallu pour traiter le volet sécurité de ces candidats  VDE ?
Bronwyn May —  Je n'ai pas cette information avec moi, mais nous pouvons la fournir au comité.

Arpan Khanna — Ils n'en avaient aucune idée. Justin Trudeau et ses ministres libéraux Marc Miller et Sean Fraser ont détruit notre système d’immigration.

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Canada — Demandeurs d'asile logés à l'hôtel par le gouvernement qui reçoivent 224 $ par jour pour se nourrir et se loger

L’accueil d’un demandeur d’asile coûterait 16 500 $ sur trois ans au Canada (2024, coût du fédéral, à l'époque temps moyen d'attente était de 36 mois désormais 44 mois)

Budget 2023-2034 pour la Sélection et intégration des réfugiés et immigrants (5,1 milliards, double de 2021) :

Le gouvernement fédéral canadien réclame 411 millions de dollars supplémentaires pour couvrir les soins de santé des réfugiés, alors que le nombre de nouveaux arrivants augmente de façon vertigineuse.

Le coût des soins de santé pour les réfugiés a été multiplié par sept au cours des huit dernières années (CBC, 22 novembre 2024)
Le Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI) est conçu pour couvrir les migrants qui n'ont pas encore droit à l'assurance maladie provinciale ou territoriale. En supprimant certains obstacles aux soins de santé, le programme permet aux demandeurs d'asile d'obtenir plus facilement les soins dont ils déclarent avoir besoin à leur arrivée.

lundi 18 novembre 2024

Des collèges bidon qui vendent la citoyenneté canadienne ?

Québec a autorisé plus de 12 000 étrangers à étudier dans un collège privé méconnu de Montréal, soit plus qu’à n’importe quels autres cégeps ou universités.

Le Collège Supérieur de Montréal, situé au cœur du centre-ville, accueille une minorité d’étudiants québécois.

Son modèle d’affaires est plutôt basé sur le lucratif recrutement d’une clientèle internationale souvent originaire du Maghreb et de l’Inde.

Lors de sa dernière demande de renouvellement de permis, l’établissement privé avait informé le gouvernement qu’il prévoyait accueillir seulement 1147 étudiants en 2024-2025.

Qu’à cela ne tienne, Québec a délivré un nombre record de 12 622 certificats d’acceptation du Québec (CAQ) à des étudiants admis par le Collège entre avril 2023 et janvier 2024. C’est deux fois plus que pour l’Université de Montréal et trois fois plus que pour McGill (voir tableau ci-dessous).

Le Collège Supérieur de Montréal a ainsi profité des largesses du ministère pour accueillir un maximum d’élèves étrangers. Il en compte présentement 3300. Faute de place, certains des 12 000 admis ont opté pour un autre établissement ou ont baissé les bras après que le début de leur session a été repoussé de plusieurs mois.

«Notre objectif n’a jamais été d’octroyer des lettres d’admission à un maximum d’élèves, même si aucune règle ne nous en empêche, mais plutôt d’offrir un enseignement de qualité», s’est défendu par écrit Noureddine Hajibi, directeur général du Collège.

« Impossible de refuser »

La popularité du Collège Supérieur de Montréal, un collège privé subventionné, s’explique en partie par le fait qu’il donne accès à un précieux permis de travail post-diplôme qui mène à la résidence permanente.

Plusieurs étudiants étrangers acceptent donc de payer les frais d’admission et de scolarité s’élevant à plusieurs milliers de dollars par session dans l’espoir de pouvoir immigrer au Canada de façon permanente.

Ces étudiants font partie des 600 000 immigrants temporaires présents au Québec, un nombre que François Legault veut réduire. Dans la dernière année, il a maintes fois interpellé le fédéral à ce sujet. Or, le ministère de l’Immigration du Québec a directement contribué à cette hausse en acceptant en masse les étudiants du Collège Supérieur de Montréal.

Mais pourquoi ne pas en avoir refusé plus, vu la taille du collège? Questionné par notre Bureau d’enquête, le Ministère affirme que les dispositions législatives actuelles l’empêchent de gérer les demandes en fonction de la capacité d’accueil réelle des établissements.

Des «dérapages»

Le mois dernier, le ministre de l’Immigration Jean-François Roberge a néanmoins déposé le projet de loi 74 pour mieux contrôler la venue d’étudiants étrangers, vu les «dérapages» dans le milieu.

Sans les nommer, l’élu a fait allusion à deux collèges privés problématiques.

«C’est comme si l’enseignement n’était plus une mission sociale, une mission économique, mais un modèle d’affaires pour vendre la citoyenneté québécoise et canadienne plutôt que la qualité du diplôme», a-t-il déploré en conférence de presse.

De son côté, le ministère de l’Éducation affirme que si le projet de loi est adopté, il permettra d’assurer une meilleure répartition des étudiants étrangers entre les types de formation. [Pas de limiter ce nombre ?]

L’Ontario a aussi récemment sévi contre l’industrie «d’usines à diplômes» qui s’était développée autour des collèges privés. Pour sa part, le gouvernement fédéral a annoncé dans les derniers mois des plafonds d’admissions pour les étudiants étrangers.


Nombre de certificats d’acceptation octroyés par Québec entre avril 2023 et janvier 2024
  •     Collège Supérieur de Montréal: 12 622
  •     Université Laval: 7778
  •     Université du Québec en Outaouais*: 7176
  •     Université de Montréal: 6174
  •     Collège Ellis (campus de Trois-Rivières): 6086
  •     Université du Québec à Chicoutimi**: 5453
  •     Université du Québec à Trois-Rivières: 5144
  •     Université du Québec à Montréal: 4846
  •     Université Concordia: 4744
  •     Université McGill: 3832

*pour le 1er cycle seulement

**pour les 1er et 2e cycles seulement

Source: Cahier explicatif des crédits 2024-2025, ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration

Qu’est-ce que le CAQ?

Un étudiant doit obligatoirement obtenir un Certificat d’acceptation du Québec (CAQ), remis par le ministère de l’Immigration du Québec, avant de demander son permis d’études au fédéral. L’étudiant peut changer d’établissement sans que son CAQ ne soit mis à jour.

Qui est derrière le Collège Supérieur de Montréal?

Le directeur général de l’établissement est Noureddine Hajibi. L’homme d’origine marocaine a occupé le même poste à l’Institut Teccart par le passé.

Sa femme, Saloua Zraida, et lui sont aussi administrateurs du Collège Supérieur de Sherbrooke et du Collège Universel, à Gatineau. Ces deux établissements privés accueillent également une grande proportion d’étudiants étrangers.