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mercredi 23 septembre 2026

Québec, école 5e primaire (10-11 ans) : « Je suis souvent posé des questions » sur mon « identité de genre »...



Source : Dubreuil, M., Farley, S., & Boivin, M.-A. (2024). Passeport citoyen : 5<sup>e</sup> année du primaire : Manuel de l'élève, p. 54. Éditions ERPI.

Dans la table des matières officielle, le thème 3 « L’identité » commence à la page 43.

Les ateliers sur « Les dimensions de l’identité » (dont les contenus d’éducation à la sexualité sur l’identité de sexe et de genre) occupent les pages 50-55 environ, juste avant la synthèse du thème (p. 56). 

Le programme Culture et citoyenneté québécoise de 5e année (imposé par la Coalition Avenir Québec) prévoit explicitement ces contenus (identité, dimensions de l’identité, identité de sexe et de genre).
Le manuel les intègre, comme le confirment les extraits pédagogiques et les descriptions de l’éditeur. 

L’âge « Votre enfant a 10 ans » correspond à l’âge typique des élèves de 5e année au Québec.

dimanche 20 septembre 2026

Le plan « nataliste » du PQ : couverture de la SRC et réaction de Mme Fréchette


Le 20 septembre, le Parti québécois a présenté une série de mesures destinées à soutenir les familles et à enrayer le déclin de la fécondité : 10 000 nouvelles places en CPE en quatre ans, en plus des 15 000 déjà prévues, bonification du Régime québécois d’assurance parentale, remboursement des deuxième et troisième cycles de fécondation in vitro et supplément aux allocations familiales pour les troisième et quatrième enfants. Ce dernier atteindrait 350 $ par année pour le troisième enfant et 700 $ pour le quatrième. Le Parti québécois présente ces mesures comme un ensemble destiné à permettre aux familles de réaliser leur projet familial.

La couverture de Radio-Canada et la réaction de Christine Fréchette soulèvent toutefois plusieurs questions. Certaines sont de simple précision factuelle; d’autres concernent le choix des éléments mis en avant et ceux qui sont laissés de côté. Quant au plan du PQ lui-même, on peut prendre au sérieux son diagnostic sans pour autant considérer que l’ampleur des mesures annoncées soit nécessairement à la hauteur du problème.

Une présentation étonnamment lacunaire de la SRC

Comparés aux autres encadrés consacrés aux partis, les quelques mots réservés au programme du PQ donnent une image particulièrement appauvrie de ses propositions. Pas un mot sur les montants, les modalités, le RQAP, la FIV ou le supplément au 3e et au 4e enfant. L’encadré vide le programme dont le texte, deux paragraphes plus loin, souligne le caractère nataliste.

La remontée à 1,73 est escamotée

La SRC écrit :

« Le taux de fécondité, présentement au Québec, est de 1,33, a affirmé le chef péquiste. C'est le plus bas de notre histoire.

L'Institut de la statistique du Québec le  place plutôt à 1,36 pour l'année 2025, à égalité avec le taux enregistré en 1986. »

Notons que la SRC se trompe même d’année pour le creux, elle écrit 1986, il s'agit de 1987.

Entre le précédent creux de 1987 et le taux de 2025, l’indice synthétique de fécondité québécois est fortement remonté : 1,42 en 1988, 1,51 en 1989, 1,63 en 1990, puis 1,73 en 2008 et en 2009, avant de redescendre jusqu’à 1,33 en 2024 et 1,36 en 2025. La série historique de l’ISQ est parfaitement claire.

Or cette remontée importante est escamotée dans le traitement de Radio-Canada : on passe simplement du précédent creux au niveau actuel. Cet escamotage permet de présenter une histoire beaucoup plus simple que la réalité: le Québec s’inquiétait déjà de sa faible fécondité en 1987, il s’en inquiète encore aujourd’hui et, malgré des décennies de politiques familiales, il serait finalement au même point. Pourquoi tout ce foin donc?

Mais ce n’est pas toute l’histoire. La question intéressante n’est pas de savoir que le Québec est à nouveau à 1,36; il faut d'abord dire qu'il est monté à 1,73, comprendre les raisons de cette hausse, puis pourquoi il a reperdu ces 0,37 enfant par femme.

Cette question oblige notamment à examiner les politiques familiales mises en œuvre pendant cette période, au lieu de considérer rétrospectivement que les expériences antérieures ont été globalement vaines ou de supposer que les politiques actuelles constituent nécessairement la bonne réponse.

Le « bébé bonus » : ni miracle ni échec pur et simple

Le programme d’allocation à la naissance instauré par le gouvernement Bourassa en 1988 était beaucoup plus généreux que le supplément annoncé aujourd’hui par le PQ : 500 $ pour le premier enfant, 1 000 $ pour le deuxième et jusqu’à 8 000 $ pour un troisième enfant ou un enfant de rang supérieur.

Mme Fréchette affirme, selon l'article de SRC, que ce programme d'allocation à la naissance a été « un échec ».

Le programme a été abandonné en 1997 et son bilan politique a souvent été présenté par les médias et les politiciens progressistes comme celui d’un échec. Mais il faut distinguer ce jugement politique de ce que les travaux empiriques ont effectivement établi.

L’économiste Kevin Milligan a estimé que le programme avait contribué à plus de 93 000 naissances supplémentaires entre 1989 et 1996, pour un coût moyen d’environ 15 000 $ par naissance supplémentaire. Il a également estimé un effet positif important sur les naissances de rang élevé. Cardus reprend ces résultats dans son étude consacrée à la dénatalité québécoise.

Ces résultats ne signifient évidemment pas que le « bébé bonus » aurait à lui seul provoqué la remontée jusqu’à 1,73. Une évolution démographique n’a jamais une cause unique. Ils signifient en revanche que « le programme n’a pas résolu la dénatalité » et « le programme n’a eu aucun effet » sont deux propositions très différentes. La seconde n’est pas compatible avec les résultats de cette évaluation.

Le bilan honnête est donc plus nuancé : le programme semble avoir produit un effet démographique réel, mais relativement coûteux et insuffisant à lui seul pour maintenir durablement une fécondité élevée. Ce n’est ni une recette miracle ni un non-événement. Nous disons relativement coûteux car le programme des CPE mis de l'avant par la suite est nettement plus coûteux comme nous le verrons ci-dessous.

Deux politiques, deux échelles de dépenses

La comparaison des moyens financiers permet aussi de relativiser les jugements portés sur les politiques familiales québécoises. Le « bébé bonus » de 1988-1997, que l’on présente volontiers comme un échec, a coûté au total environ 1,4 milliard de dollars sur huit ans, soit quelque 176 millions par année en moyenne. Selon l’évaluation de Kevin Milligan, il aurait pourtant entraîné environ 93 000 naissances supplémentaires. L’étude de l’Institut C.D. Howe chiffre le coût moyen à environ 15 000 $ par naissance supplémentaire.

À titre de comparaison, le gouvernement du Québec consacre aujourd’hui 3,8 milliards de dollars par année au financement des services de garde éducatifs à l’enfance, qui comprennent les CPE, les garderies subventionnées et non subventionnées ainsi que les services de garde en milieu familial. Le budget de dépenses 2026-2027 indique 312 349 places et 3,8 milliards de dollars de financement. Tout cela alors que le Québec atteint à nouveau un creux historique démographique.

Il faut évidemment comparer avec prudence des politiques qui n’ont ni le même objectif ni la même structure. Mais l’ordre de grandeur est difficile à ignorer : le financement annuel actuel de l’ensemble des services de garde est environ vingt-deux fois supérieur à la dépense annuelle moyenne du « bébé bonus ».

Cette comparaison ne permet évidemment pas de juger de l’efficacité respective des deux politiques : elles n’ont ni les mêmes objectifs ni la même structure. Elle donne néanmoins une idée de l’écart d’échelle : le financement annuel actuel de l’ensemble des services de garde est environ vingt-deux fois supérieur à la dépense annuelle moyenne du “bébé bonus”. Dès lors, il serait pour le moins étrange de qualifier automatiquement l’un de succès et l’autre d’échec sans préciser le critère retenu.

Notons, en outre, que le bilan des CPE est loin d’être unanime : les travaux de Baker, Gruber et Milligan ont associé le programme à une hausse de l’anxiété, de l’agressivité et de l’hyperactivité, sans gain cognitif durable, cependant que d’autres évaluations insistent sur l’emploi des mères et la conciliation travail-famille.

Quand on compare les CPE et le « bébé bonus », il faut constater que les critères utilisés pour juger leur efficacité ne sont manifestement pas les mêmes et que ces critères dépendent d'une vision du monde. L’un juge d’abord le renouvellement des générations ; l’autre, le taux d’emploi des mères. On peut tenir les deux pour légitimes. On ne peut pas déclarer l’un « échec » et l’autre « succès » sans dire quel critère principal on a choisi. 

Si l’objectif des garderies était de réduire l’écart entre le nombre d’enfants souhaité et le nombre effectivement né, il faut mesurer cet effet.

Or le bilan démographique rend cette question difficile à éluder. En 2025, le Québec a enregistré 78 200 naissances pour 80 450 décès. Les décès ont donc dépassé les naissances pour une deuxième année consécutive. L’âge moyen à la naissance du premier enfant atteint désormais 30,2 ans. L’ISQ fournit ces données dans son bilan démographique de 2025.

« Cela ne reflète pas ce que veulent les Québécois » ?

Réagissant au plan du PQ, Christine Fréchette l’a qualifié de clairement « nataliste » et a déclaré : « Je crois que cela ne reflète pas ce que veulent les Québécois. » Ses propos ont notamment été rapportés par TVA Nouvelles.

Cette affirmation appelle une question simple : qu’est-ce que veulent les Québécois en matière de nombre d’enfants?

Un indice synthétique de fécondité de 1,36 ne répond évidemment pas à cette question. Il mesure une fécondité observée, pas un idéal familial. Les deux notions ne doivent pas être confondues.

Les données de Cardus sont précisément intéressantes sur ce point. Dans son étude consacrée au Québec, Cardus rappelle qu’un sondage du ministère de la Famille montre que 66,7 % des jeunes Québécois souhaitent avoir des enfants et que, parmi ceux qui en désirent, 90,3 % souhaitent en avoir au moins deux. Une autre enquête de Cardus auprès de femmes canadiennes montre, selon les groupes d’âge, des nombres d’enfants désirés de 2,00 à 2,40; 59,8 % des femmes interrogées déclarent avoir moins d’enfants qu’elles ne le souhaiteraient.

Ces données ne démontrent pas qu’une politique particulière permettrait de combler cet écart. Elles établissent néanmoins un point important : la faiblesse de la fécondité réalisée ne peut pas être assimilée à une préférence collective pour les familles de 1,36 enfant.

La déclaration de Mme Fréchette est donc, pour le moins, insuffisamment étayée. Si elle veut dire que les Québécois ne souhaitent pas une politique explicitement pronataliste, cette proposition pourrait être étayée par des données d’opinion portant précisément sur ce sujet. Si elle veut dire que les Québécois ne souhaitent pas avoir davantage d’enfants que n’en indique leur fécondité actuelle, les données disponibles ne permettent pas de l’affirmer.

Cette lecture du « désir » des Québécois n’est d’ailleurs pas un accident de conférence de presse. Plus tôt dans la campagne, face à la proposition conservatrice de verser une aide directement aux parents qui gardent leurs jeunes enfants à la maison, Mme Fréchette a repris le désormais très vieux soupçon : l’argent qui suit l’enfant, plutôt que la place en service de garde, ramènerait les femmes aux berceaux et aux fourneaux. Rappelons que cette formule est ancienne, déjà en 1982, Claire Bonenfant, alors présidente du Conseil du statut de la femme, craignait qu’une politique familiale encore embryonnaire ne soit un natalisme « déguisé » renvoyant les femmes « aux berceaux et aux fourneaux » (p. 125). La rhétorique n’a pas changé depuis près d’un demi-siècle. La situation démographique, elle, n’est plus la même : le Québec enregistre maintenant plus de décès que de naissances.

Dans les déclarations de Christine Fréchette, le choix parental semble n’être pleinement légitime que lorsqu’il coïncide avec le modèle qu’elle juge émancipateur — les deux parents au travail, l’enfant en institution. L’autonomie, dans cette logique, ne consiste pas à laisser une mère ou un père arbitrer entre le CPE, les grands-parents ou la maison ; elle consiste à orienter fiscalement et rhétoriquement vers une seule de ces options. 

Mme Fréchette dit « nataliste » comme on dit « réactionnaire » : non pour décrire une mesure, mais pour la rendre moralement suspecte. Un supplément de 350 $ au troisième enfant est une aide ciblée, d’ailleurs trop modeste. Le logiciel de la chef de la CAQ est suranné, c'est un vieux réflexe : traiter le désir d’enfant comme une menace pour l’autonomie, plutôt que comme un projet que l’État peut lever ou entraver.

Le plan du PQ est très modeste 

On peut prendre au sérieux le diagnostic du PQ sans considérer que l’ampleur des mesures annoncées soit nécessairement à la hauteur du défi.

Le choix de cibler le troisième enfant n’est pas absurde : le passage de deux à trois enfants entraîne souvent des dépenses qui changent d’échelle, notamment en matière de logement et de transport. Le PQ met d’ailleurs lui-même l’accent sur ces coûts.

Mais 350 $ par année pour le troisième enfant et 700 $ pour le quatrième ne constituent pas un nouveau « bébé bonus » comparable à celui de la fin des années 1980. Même en tenant compte des autres mesures — RQAP, CPE et fécondation in vitro —, l’incitation financière directe à avoir un troisième enfant demeure limitée.

Il serait donc prématuré de présenter ce plan comme capable, à lui seul, de renverser la tendance. Si ces mesures sont adoptées, leur intérêt devra être évalué sur des résultats concrets : nombre de naissances supplémentaires, coût par naissance, effet sur le calendrier des naissances et surtout effet durable sur le nombre total d’enfants par famille.

Le PQ avec cette annonce a le mérite de poser explicitement la question de la fécondité. Le Québec est très loin du seuil de remplacement des générations et connaît désormais un accroissement naturel négatif.

samedi 8 août 2026

Québec — Pour la ministre de l’Enseignement supérieur, « Débattre… est troublant et inquiétant »



« Débattre… est troublant et inquiétant » : une phrase indigne d’une ministre de l’Enseignement supérieur.

C’est pourtant ce qu’a écrit Mme Biron, l’actuelle ministre de l’Enseignement supérieur du Québec.

Une ministre de l’Enseignement supérieur devrait être particulièrement attachée au débat d’idées, à la confrontation des arguments et à la liberté de discussion. Or, Mme Biron présente comme « troublant et inquiétant » le simple fait de vouloir débattre d’une question controversée.

Le Canada a décriminalisé l’avortement jusqu’à la naissance, une situation exceptionnelle en Occident, où la quasi-totalité des pays fixent une limite, généralement au cours du deuxième trimestre ou à son issue.

Au Canada, il est donc théoriquement possible d’avorter jusqu’au terme, y compris après que le fœtus est viable.  C’est un fait. Rappelons que la viabilité fœtale est généralement atteinte vers 24 semaines de grossesse.

Dans une société démocratique, on doit pouvoir débattre de tout, y compris de sujets qui déplaisent à la gauche et à la CAQ — que d’aucuns ont, non sans ironie, qualifiée de parti de droite.

Rappelons d’ailleurs que l’interdiction de l’avortement au troisième trimestre, sauf lorsque la santé de la mère est en jeu, recueillait l’appui de 49 % des Canadiens et de 41 % des Québécois dans un sondage de l’Angus Reid Institute réalisé en 2020.

Et pourtant, on voudrait nous expliquer qu’il ne faudrait même pas en discuter.

En août 2025, un sondage de Research Co. indiquait que 49 % des Canadiens et 58 % des Québécois estimaient que l’avortement devrait être légal « en toutes circonstances ». Autrement dit, cette position ne recueille pas l’adhésion d’une majorité au Canada, et elle est loin de faire l’unanimité au Québec.

Ces chiffres, provenant de deux firmes de sondages sérieuses et régulièrement citées dans les médias, montrent que le débat n’est ni marginal ni « extrême ».

Lorsqu’une proportion aussi importante de la population — y compris au Québec — se montre favorable à l’instauration d’une limite comme il en existe dans la plupart des pays occidentaux, qualifier l’ouverture d’une discussion de « troublante et inquiétante » en dit peut-être davantage sur la fragilité du prétendu « consensus » que sur le débat lui-même.

Une autre question, tout aussi légitime, reste taboue : faut-il que le Trésor public rembourse tous les avortements, y compris ceux pratiqués alors que la vie de la mère n’est pas en danger et que l’enfant est déjà viable ? Et que faire lorsque l’« indication médicale » invoquée repose sur la santé mentale de la mère, au risque de transformer une notion aussi large en justification de convenance pour un avortement qui répond en réalité au simple choix de ne pas poursuivre une grossesse non désirée ? Pourquoi faire peser sur le budget de la santé le coût de tels avortements électifs ?

Pourquoi la ministre refuse-t-elle que ces questions soient discutées ? Pourquoi ce tabou ?

On assiste à une sacralisation de décisions vieilles de près de quarante ans — arrêt Morgentaler, 1988 — alors que la société québécoise a profondément changé. Avec un indice de fécondité tombé à un creux historique de 1,35 enfant par femme en 2024 (1,36 en 2025), le plus bas jamais enregistré, on pourrait au moins s’interroger sur la place que nous accordons à l’enfant. Et, plus fondamentalement, se demander si l’avortement, lorsqu’il est érigé en droit pratiquement intouchable, ne finit pas par dévaloriser l'enfant et la vie elle-même. Pourquoi cette question devrait-elle être soustraite au débat ?

Ces questions sont légitimes et devraient être ouvertes au débat.

Et pourtant : la crispation persiste, le débat  « inquiète » la ministre.

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vendredi 31 juillet 2026

Militantisme — Amende de 60 000 $ pour l’ex-ministre Caroline Proulx

L’ex-ministre du Tourisme Caroline Proulx devra payer une amende de 60 000 $ pour avoir fait annuler un évènement antiavortement à Québec en 2023. Le juge au dossier estime que Mme Proulx a « abus[é] de ses droits » et que cette action n’avait pas de justification valable.

Le dossier remonte à 2023. Harvest Ministries International (HMI), un organisme religieux de la Colombie-Britannique, souhaitait organiser le « Rallye Feu, Foi et Liberté » et avait conclu une entente de location avec la Société du Centre de congrès de Québec (SCCQ), qui dépend de la ministre Proulx, du 22 juin au 2 juillet. 

Caroline Proulx, qui n’est plus ministre depuis avril 2026, a été « outrée » lorsqu’elle a appris la tenue de ce rassemblement après une demande de réaction de la part du journaliste Sébastien Bovet, de Radio-Canada. Elle a promptement ordonné l’annulation du contrat de location entre HMI et la SCCQ, ce qui a mené à des contestations judiciaires des organisateurs.

Dans une décision de 26 pages rendue vendredi à Québec, le juge Alain Trudel a donné raison à HMI et a condamné Caroline Proulx à payer, en son nom et celui de la SCCQ et du Procureur général du Québec, 60 000 $ en amendes. Cette somme est composée d’une première amende de près de 30 640 $, imposée aux trois défendeurs et que Mme Proulx devra payer en entier, et d’une seconde de 30 000 $, imposée uniquement à la femme politique.

Les amendes sont justifiées en partie par « l’atteinte à la liberté d’expression de [HMI] », le caractère arbitraire de la décision » de Mme Proulx et « la gravité de la faute », écrit le juge Trudel dans sa décision, qui est par moment sévère envers l’ex-ministre.

« Son ingérence dans le processus décisionnel de la SCCQ motivée par des considérations de nature essentiellement politique et ses déclarations publiques contemporaines fondées sur des convictions personnelles à l’effet que l’expression de l’opinion antiavortement de la demanderesse n’avait pas sa place dans un lieu public appartenant à l’État, démontre une volonté de porter atteinte à la liberté d’expression de la demanderesse et de causer les conséquences prévisibles découlant de cette décision », affirme-t-il.

Le magistrat écorche aussi la SCCQ, qui s’est défendue en disant ne pas avoir pris la décision d’annuler l’évènement, mais d’avoir suivi les ordres de la ministre.

« Cette prétention ne lui est d’aucun secours eu égard à la réclamation d’HMI avec qui elle a dûment contracté l’entente de location de ses installations du Centre des congrès de Québec », assène le juge.


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mardi 10 mars 2026

La dénatalité au Québec : un silence politique résigné assourdissant

Les données récentes de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ), mises à jour au 2 mars 2026, confirment une tendance préoccupante pour la démographie québécoise. En 2025, le nombre de naissances s'est établi à environ 78 200, marquant une légère hausse par rapport à 2024 (77 400 naissances) et 2023 (77 950 naissances). 

Cette très faible augmentation brute de la natalité (+800 naissances environ entre 2024 et 2025) semble positive à première vue, mais elle doit être nuancée. Le taux brut de natalité (naissances par 1 000 habitants) reste stable ou en légère baisse, car la population québécoise a elle aussi augmenté, passant à environ 9,058 millions d'habitants au 1er octobre 2025. 

Ainsi, le taux brut est d'environ 8,6 pour 1 000 en 2025, contre 8,7 en 2024, reflétant une stagnation ou un recul relatif.Quant à l'indice de fécondité (nombre moyen d'enfants par femme), il a atteint un creux historique à 1,33 en 2024, et les projections pour 2025 suggèrent une stabilité ou une légère baisse supplémentaire, potentiellement autour de 1,32 ou moins, en raison de facteurs comme le manque de formation de ménages, le report des projets familiaux et les contraintes socio-économiques. 



Cette fécondité bien en deçà du seuil de renouvellement des générations (2,1) illustre une dénatalité persistante, accentuée dans les grands centres comme Montréal (1,11 enfant par femme) comparé aux régions plus rurales comme Chaudière-Appalaches (1,65). L'immigration concentrée dans les villes n'augmentent en rien la fécondité.

Plus de décès que de naissance, cette différence augmente

Du côté de la mortalité, 80 450 décès ont été enregistrés en 2025, contre 78 800 en 2024 et 77 798 en 2023, confirmant une hausse liée au vieillissement de la population. 

Pour la deuxième année consécutive, les décès dépassent les naissances, avec un déficit naturel de 2 250 personnes en 2025 (contre 1 400 en 2024). 

Ce solde négatif s'explique par l'arrivée des baby-boomers aux âges de forte mortalité, et il risque de s'aggraver, avec des projections indiquant une population en légère baisse d'ici 2030 (-0,9 %, soit -80 000 personnes) si l'immigration diminue. 

 Globalement, ces chiffres soulignent un vieillissement accéléré.

Outre les données officielles de l'ISQ, plusieurs médias ont couvert cette dénatalité et ses enjeux. Par exemple, un article du Journal de Québec discute de la nécessité de stimuler la natalité face à la baisse de l'immigration pour protéger le français, soulignant l'absence de débat sur ce "creux historique". 
La Presse rapporte une population en hausse malgré une fécondité en baisse, avec un creux à 1,33 en 2024. Radio-Canada prévoit une diminution démographique due à la fécondité basse et aux politiques d'immigration. Le Devoir explore les disparités régionales, notant une fécondité plus élevée en régions éloignées. Enfin, Les Affaires alerte sur le déclin amorcé, avec des données préliminaires de 2025 montrant un déficit mensuel alarmant.  Ces sources convergent vers une urgence démographique souvent sous-estimée.
Illustration de la contraction rapide de la population avec 1,4 enfant/femme : 4 grands-parents n'auront que 2 petits-enfants. Avec 1,32, c'est encore moins.

Pourtant, ce phénomène passe souvent inaperçu dans les débats publics, comme si la société acceptait avec résignation et tacitement un avenir marqué par le déclin démographique.

Il est regrettable de constater que cette dénatalité persistante n'entraîne aucune remise en question profonde des valeurs sociétales qui la sous-tendent. Les priorités contemporaines – carrières intenses valorisées pour tous mais plus particulièrement des femmes, individualisme exacerbé, éducation prolongée sans qu'on sache si cela en vaille la peine, report incessant des projets familiaux, « guerre des sexes » – semblent éroder le désir d'enfants sans que l'on s'interroge sur leurs conséquences collectives. Où est le dialogue l'impact des normes culturelles qui valorisent l'autonomie au détriment de la transmission générationnelle ? Quel est l'impact démographique de la lutte contre le conservatisme ou la religion traditionnelle du Québec,  le christianisme, dont s'enorgueillissent nombre de Québécois ? La question démographique se pose avec une acuité particulière pour une société minoritaire comme le Québec, entourée d’un espace anglophone de près de 400 millions de locuteurs en Amérique du Nord seulement. Dans un contexte où la démographie est également perçue comme un enjeu stratégique, Israël affiche un indice de fécondité d’environ 2,87 enfants par femme.

Qu'en pense Mme Fréchette qui brigue la présidence de la CAQ au pouvoir ? Combien d'enfants a-t-elle ? Un ? Quid des chroniqueurs nationalistes dans les médias ? Combien d'enfants ont-ils ?

Ce manque d'intérêt pour une question aussi fondamentale que la perpétuation de notre société révèle une forme d'indifférence collective, qui risque de compromettre l'avenir économique et culturel du Québec.

Face à cela, il serait temps de déplorer non seulement les chiffres, mais de dénoncer le silence qui les entoure. Sans un examen critique de ces dynamiques sociétales, le Québec pourrait se diriger vers une stagnation démographique irrémédiable, dépendant exclusivement de l'immigration pour pallier ses faiblesses internes. Une réflexion posée et collective s'impose, pour que la dénatalité ne devienne pas une fatalité acceptée, mais un défi relevé avec lucidité.

Source: Pourquoi la moitié des Canadiennes ont moins d’enfants qu’elles en voudraient


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jeudi 12 février 2026

Le recteur de l'UQAM évoque dans un communiqué l'accès accéléré à la résidence permanente pour tous les diplômés d'une université québécoise

Dans un message adressé à la communauté universitaire de l’Université du Québec à Montréal le 12 février 2026, le recteur Stéphane Pallage (ci-contre) exprime son soulagement face à la prise de position de Christine Fréchette, candidate à la chefferie de la Coalition Avenir Québec, en faveur d’une réacti­vation temporaire du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) pour une durée de deux ans. 

Le recteur y évoque une anecdote personnelle : lors de son mandat au Grand-Duché du Luxembourg, il avait proposé au ministre compétent de remettre symboliquement, à l’occasion des cérémonies de collation des grades, un document équivalant à un certificat de résidence permanente aux diplômés étrangers. Il estime aujourd’hui que cette idée trouve au Québec, avec le PEQ, une traduction concrète — et même amplifiée — qu’il qualifie de « visionnaire » et de « révolutionnaire » par la clarté de son message : « Le Québec souhaite que vous restiez. »

M. Pallage ne limite pas cette perspective aux diplômés d’universités francophones ni à ceux formés dans des secteurs en pénurie ou en forte demande. Il affirme que l'université transmet les valeurs du pays, cela reste à prouver. Nombreux sont ceux qui trouvent que les universités sont plus orientées à gauche que le pays.

Certains pourraient y voir la volonté d’assurer le maintien — voire l’accroissement — des cohortes d’étudiants étrangers, alors que le nombre d’étudiants québécois devrait diminuer à moyen terme en raison du fort recul démographique (au niveau catastrophique de 1,33 enfant/femme) et de mesures restrictives récentes. Les mesures restrictives adoptées en matière d’immigration temporaire ont d’ailleurs entraîné, dès 2025, une baisse marquée des inscriptions internationales : −37 % à l’Université de Montréal, −41 % dans le réseau de l’Université du Québec, et jusqu’à −59 % à l’Université Laval pour certaines périodes.

Pour 2026, le Québec disposerait d’environ 39 474 places pour de nouveaux permis d’études, dans le cadre d’un plafond fédéral fixé à 408 000 pour l’ensemble du Canada, avec une stabilisation des quotas de certificats d’acceptation du Québec (CAQ) jusqu’en 2027-2028. À court terme (2026-2028), ces paramètres devraient se traduire par une diminution des effectifs universitaires, particulièrement dans les établissements francophones, plus dépendants de la clientèle internationale, tandis que les universités anglophones semblent, pour l’instant, mieux résister.

Vous aurez sans doute appris avec soulagement cette semaine la prise de position de Christine Fréchette en faveur du retour du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) pour deux ans, si elle devient première ministre au terme de la course à la chefferie de son parti. C’est une nouvelle importante pour notre communauté étudiante, professorale, chargée de cours et employée. La mobilisation de nombreuses parties prenantes pour l’introduction d’une clause grand-père aura porté fruit. Reste bien sûr à convaincre toutes les aspirantes et tous les aspirants au poste de premier ministre dans ce parti et dans les autres. 

Le PEQ est un programme visionnaire. Dans ma vie précédente de recteur à l’Université du Luxembourg, j’avais un jour mentionné au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche que le pays aurait tout à gagner à remettre lors des collations des grades, en plus des diplômes, l’équivalent d’un certificat de résidence permanente. L’Université forme et transmet des valeurs, celles du pays. L’Université est un outil d’intégration d’une force inégalée. Elle est aussi la porte d’entrée des plus grands cerveaux.

Le ministre a trouvé l’idée intéressante, mais elle ne s’est jamais concrétisée. À mon retour au Québec en 2023, j’ai découvert que cette idée avait été mise en œuvre par une société, celle du Québec. C’est en parlant à la ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration de l’époque, une certaine Christine Fréchette, que j’ai appris la chose. Je lui ai fait part de mon idée, que je croyais géniale. Elle m’a dit simplement : « Mais nous avons le PEQ ». 

De fait, le Québec avait mis en place le Programme de l’expérience québécoise, un programme vraiment révolutionnaire. Il permettait aux étudiantes et étudiants internationaux diplômés d’une université québécoise l’accès accéléré à la résidence permanente, de même qu’aux personnes issues de l’international ayant travaillé au Québec pendant deux ans au cours des trois dernières années.

Rien d’automatique, rien d’obligé, mais un geste important, un message: « Le Québec souhaite que vous restiez ». La réactivation de ce programme est vraiment souhaitable et souhaitée.

mardi 28 octobre 2025

Les Québécoises ont moins d’enfants qu’elles le désirent, que fait le gouvernement ?

S’il réduit l’immigration au nom de la protection du français, Québec doit stimuler la natalité, plaident des experts. Pour éviter le déclin démographique, le gouvernement devrait encourager les Québécoises qui désirent de grandes familles à avoir autant d’enfants qu’elles le veulent. 

François Legault se dirige vers une baisse des seuils d’immigration. Pendant ce temps, la fécondité atteint un creux historique au Québec, à 1,33 enfant par femme.

Selon le professeur de droit Guillaume Rousseau, si on débat d’immigration par peur du déclin du français, on ne peut occulter l’autre composante de la démographie: les naissances.

Guillaume Rousseau, avocat,
professeur de droit à
l’Université de Sherbrooke et
directeur scientifique de
l’Institut de recherche sur le Québec.
 

«Si on diminue l’immigration, il faudrait hausser la natalité si on veut éviter une diminution de la population», plaide-t-il, en entrevue avec notre Bureau parlementaire. Mais attention: il n’est pas ici question d’inciter les femmes à vouloir plus de bébés.

« L’objectif, ce serait que le nombre d’enfants conçus rattrape le nombre d’enfants voulus, (...) mettre en place des conditions qui permettent [aux femmes] d’avoir le nombre d’enfants qu’elles souhaitent. »

Désirs de grandes tablées

Une étude de l’institut Cardus, dévoilée il y a quelques semaines à peine, met en lumière le fossé qui existe entre le rêve et la réalité chez les Canadiennes et Québécoises en matière de famille. 

La moitié des femmes ont moins de bambins qu’elles en voudraient. Malgré le faible taux de natalité (1,33), elles désirent pourtant avoir deux bébés et plus (entre 2 et 2,4 bébés selon leur âge).

« Les données nous montrent qu’il y a beaucoup de familles qui ne réussissent pas à combler leur désir de fécondité », constate elle aussi Sophie Mathieu, professeure à la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université de Sherbrooke et spécialiste des politiques familiales.

Elle y voit une occasion en or pour le gouvernement de François Legault de stimuler la natalité, lui qui n’a pas fait des familles une de ses priorités. «Il faudrait un changement au niveau de la volonté politique», insiste-t-elle.

L’universitaire rappelle qu’une baisse significative de la fécondité observée à la fin des années 1980 avait convaincu les autorités d’agir. Le Québec avait adopté des incitatifs aux naissances – des «bébés bonus» –, des chèques pour chaque naissance, dont le montant augmentait considérablement à partir du troisième rejeton.

Angle mort du gouvernement

«Mais là, on n’entend pas du tout parler [de la chute de natalité], alors que c’est assez préoccupant, surtout quand on regarde parallèlement à ça les données sur le fait que le français au Québec est en perte de vitesse.»

Pour encourager des comportements, il faut souvent des incitatifs financiers qui se traduisent par un impact concret dans le portefeuille. Mais ce n’est pas suffisant. Il doit aussi y avoir un discours politique, une «ambiance» favorable à la famille, qui doit être davantage valorisée dans la société, croit le professeur Rousseau.

«Si on avait un débat là-dessus, puis une espèce de consensus transpartisan sur l’intérêt collectif d’avoir ça, est-ce que ça ne pourrait pas changer les comportements?»

Voici quelques pistes de solutions

Profiter du surplus record au fonds d’assurance parentale

Moins de bébés, moins de prestations versées par l’État! La cagnotte du Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) atteint 896 millions $ cette année, un record, révèlent les plus récentes données. Une occasion de bonifier le programme afin que les parents puissent compter sur des congés payés jusqu’à l’obtention d’une place en garderie pour leur enfant, croit le professeur Guillaume Rousseau. Sophie Mathieu signale que le RQAP peut paraître généreux comparativement au reste du Canada ou aux États-Unis, mais pas lorsqu’on regarde vers l’Europe. «Les pays où la conciliation emploi-famille est la mieux soutenue sont les pays où la fécondité chute le moins», renchérit l’universitaire, citant les exemples de la Suède ou l’Islande. Dans ces deux endroits, «la fécondité n’a pas chuté de la même façon, et dans ces pays-là, la venue d’un enfant est moins associée à une perte de revenus à long terme». En Suède, les parents peuvent utiliser les prestations jusqu’à ce que leurs bambins aient atteint l’âge de 12 ans. Ils peuvent par exemple s’en servir lors d’un épisode de gastro à l’école.

Plus de places en garderie

Et si les parents québécois peuvent bénéficier d’au maximum une année de congés payés lors de la naissance d’un enfant, le manque de places en garderie complique souvent le retour des parents sur le marché du travail. Une réalité qui en rebute plusieurs à réaliser leur rêve de grande famille, plaide Sophie Mathieu. Mère de trois enfants, la professeure est personnellement passée par là. Elle était «très insatisfaite» de la qualité des soins accordés à ses petits, un angle mort de la CAQ. «Si on en parle pourtant si peu, c’est parce que les familles ne font plus partie de la préoccupation centrale du gouvernement actuel, déplore-t-elle. Il y a moins 30 000 familles qui sont en attente d'un service de garde ou d'un meilleur service de garde, il y a des mères qui sont à bout de souffle, des papas qui sont à bout de souffle!»

La gratuité pour les parents-étudiants?

Tendance lourde ces dernières années, les Québécoises donnent désormais naissance à leur progéniture à un âge plus avancé. L’âge moyen des femmes à la maternité est passé de 27,4 ans en 1980 à 31,3 ans en 2023 au Québec. Une réalité qui contribue possiblement à la baisse de la natalité. «Quand on a un premier enfant à 30 ou 35 ans, c’est plus difficile d’avoir un deuxième, puis un troisième, que lorsqu’on a le premier à 22 ans», illustre Guillaume Rousseau. De plus en plus de femmes font des études universitaires, notamment à la maîtrise ou au doctorat. Selon le professeur de droit, on se doit d’agir à ce niveau. «Est-ce que ça prendrait la gratuité des frais de scolarité pour les jeunes parents?» suggère-t-il.

«RAPper» sa deuxième maison

Devenir propriétaire relève pratiquement de l’exploit pour la génération actuelle de jeunes, alors que le prix médian d’une maison unifamiliale au Québec a explosé de 76% depuis cinq ans. L’accès d’autant plus difficile à un domicile suffisamment grand pour accueillir plusieurs bambins freine le désir des couples d’avoir une famille nombreuse, souligne le professeur Guillaume Rousseau. «L’enjeu, ce n’est pas la première maison, c’est la deuxième qui vient avec le deuxième puis le troisième enfant.» Il souligne que plusieurs politiques publiques existent pour une première hypothèque, mais pas pour l’achat d’une seconde résidence. «On devrait pouvoir “RAPper” puis avoir le CELIAPP [Compte d'épargne libre d'impôt pour l'achat d'une première propriété] pour la deuxième ou la troisième maison, quand elle est liée à un enfant né ou à naître.»

Taux de fécondité au Québec à travers le temps

1970: 2,09 [voilà donc 55 ans que le Québec ne fait plus assez d'enfants pour remplacer ses générations]
1987: 1,36
2000: 1,45
2008: 1,73
2024: 1,33

Source: Institut de la statistique du Québec


Démographie du Québec

La population du Québec estimée au 1er janvier 2024: 8 984 900
Elle a augmenté de près de 218 000 habitants au cours de l’année 2023, ce qui correspond à un taux d’accroissement démographique de 2,45%, un record.

L’accroissement naturel, soit la différence entre les naissances et les décès, n’a été que de 400 personnes.

L’accroissement dû aux migrations internationales et interprovinciales a été de 217 600 personnes.

Source: Institut de la statistique du Québec


États financiers du Fonds d’assurance parentale

2024: surplus de 896 millions $
2020: surplus de 511 millions $
2015: déficit de 270 millions $
2014: déficit de 358 millions $
2010: déficit de 591 millions $

Source: Rapports annuels du Fonds d’assurance parentale 2010-2024


 Source : TVA

 

 

vendredi 8 août 2025

Besoins croissants du système éducatif québécois, exacerbés par l'augmentation du nombre d'élèves immigrés


En réponse aux vives critiques concernant les coupures en Éducation annoncées le 12 juin, le gouvernement du Québec a finalement annoncé un mois plus tard un réinvestissement de 540 millions de dollars dans le réseau scolaire.

Cette somme, destinée à atténuer l'impact des restrictions budgétaires initiales associées aux étudiants, doit «aller en totalité aux services aux élèves» et doit «s’accompagner de réduction des dépenses administratives des centres de services scolaires», selon le ministre Bernard Drainville.

Les critiques demeurent toutefois vives de la part des acteurs du milieu de l’éducation, qui s’inquiètent de la capacité des écoles à maintenir les services aux élèves tout en devant faire face aux restrictions budgétaires et qui continuent de dénoncer les coupures et leurs conséquences négatives.

Alors que le gouvernement se targue d’avoir fait des investissements importants, le débat continue sur la pertinence des politiques de la CAQ en matière d'éducation et sur l'impact réel de ces politiques sur le terrain.

Écoutez Bernard Drainville aborder les défis budgétaires et les besoins croissants du système éducatif québécois, exacerbés par l'immigration et l'augmentation du nombre d'élèves immigrés (dont les parents ont peu contribué au Trésor public), jeudi matin, à l'émission de Jean-Sébastien Hammal.

Il traite aussi de l'importance de nouvelles méthodes de gestion pour maximiser l'efficacité des dépenses tout en respectant la capacité de payer des contribuables.

Bernard Drainville mentionne qu'il espère rester ministre de l'Éducation, mais qu'il respectera la volonté de son premier ministre s'il devait y avoir un remaniement qui le concerne.

Il discute aussi des impacts de sa vie professionnelle sur sa vie personnelle et laisse entendre qu'il souhaite être en mesure de se représenter dans le comté de Lévis lors des prochaines élections.

vendredi 30 mai 2025

Québec ne veut pas d'enfants avec trois parents : la question des «trouples» portée en appel

Québec s’oppose à la reconnaissance d’une parentalité à trois têtes.

Le gouvernement de M. Legault, fidèle à une conception classique des fondements de la famille, a résolu de porter en appel une décision judiciaire l’enjoignant de reconnaître, en droit, la pluriparentalité. Le ministre de la Justice, Me Simon Jolin-Barrette (ci-contre), entend défendre ce qu’il qualifie de « modèle québécois », fondé sur le principe de la dualité parentale.

Il n’est pas dans les vues du gouvernement du Québec de reconnaître légalement les liens de filiation unissant un enfant à plus de deux adultes. Un trio amoureux, aussi sincère soit-il dans ses affections, ne saurait à ses yeux fonder une cellule parentale aux yeux de la loi. C’est cette position, qualifiée de principe fondamental, que le gouvernement s’apprête à faire valoir devant la Cour d’appel.

« Le modèle québécois qu’on a choisi, c’est deux parents », proclame Me Simon Jolin-Barrette, ministre de la Justice et Procureur général, dans un entretien accordé à notre Bureau parlementaire. Selon lui, cette norme repose sur la pierre angulaire du droit familial : l’intérêt supérieur de l’enfant.

Or, voilà qu’un jugement récent de la Cour supérieure, émis par le juge Andres C. Garin, est venu ébranler cette conception. Celui-ci a estimé que le Code civil du Québec, en restreignant la reconnaissance parentale à deux individus, portait atteinte aux droits fondamentaux consacrés par la Charte canadienne. Cette restriction constituerait une forme de discrimination à l’égard de ceux qui, selon ses termes, vivent dans un « modèle familial particulier ».

Pour appuyer sa réflexion, le magistrat a examiné trois affaires singulières : la première concernait un trio amoureux revendiquant le droit d’élever ensemble leur progéniture ; la seconde, un couple de femmes ayant sollicité l’aide d’un ami afin de concevoir un enfant ; la troisième, une femme, convalescente après un traitement de chimiothérapie, ayant fait appel à une mère porteuse et au concours fidèle d’une amie pour donner naissance à ses enfants.

Néanmoins, le gouvernement ne souhaite point s’engager sur la voie d’une reconnaissance juridique de telles configurations parentales, fussent-elles motivées par les circonstances de la vie ou la générosité des cœurs. Procréation assistée, gestation pour autrui : autant de cas particuliers qui ne sauraient, selon l’exécutif, justifier une remise en cause des fondements du droit civil québécois.

« On est en désaccord avec la décision du juge Garin », déclare sans détour Me Jolin-Barrette. Il affirme que la province portera cette cause devant le plus éminent tribunal de son ordre juridictionnel.

La filiation, un pacte à double sens


Le ministre rappelle que les parents conservent la liberté de désigner, dans la vie de leur enfant, les personnes qui leur sont chères. Toutefois, ajoute-t-il avec gravité, il revient à l’État de veiller à l’intérêt fondamental de l’enfant et à la cohérence de ses liens juridiques de filiation.

« Si on est dans la logique du jugement, il n’y a pas de limite, ça peut être quatre, cinq, six, sept, huit parents qui auraient des droits reconnus sur les enfants. Donc on se retrouve dans une situation où, en cas de conflit, en cas de séparation, ça pourrait être pas nécessairement dans l’intérêt de l’enfant, [...] qui ne choisit pas cette situation. »

Et ce lien de filiation, précise le ministre, n’est point unilatéral. Le droit québécois reconnaît que si les parents sont tenus de subvenir aux besoins matériels et moraux de leurs enfants, les enfants, à leur tour, doivent assistance à leurs géniteurs.

« L’enfant [devenu majeur] a des obligations alimentaires et financières envers ses parents », rappelle Me Jolin-Barrette. Dès lors, l’on peut concevoir qu’une multiplication des liens de filiation pourrait engendrer, dans les années futures, des situations complexes où un adulte serait appelé à soutenir un nombre croissant de personnes légalement reconnues comme ses parents.

Un choix de civilisation

Par sa décision de contester ce jugement, le Québec affirme une volonté d’autonomie doctrinale, distincte des orientations adoptées ailleurs au Canada. Provinces et territoires tels que l’Ontario, la Colombie-Britannique, la Saskatchewan ou le Yukon ont déjà reconnu la légalité de la pluriparentalité. Le Québec, pour sa part, entend s’en tenir à sa propre voie.

« C’est le choix comme société que nous faisons, clame Simon Jolin-Barrette. Au Québec, on a le droit de faire nos propres choix en fonction de notre propre modèle, [...] qui place l’enfant au cœur des décisions. »

Ainsi s’exprime le ministre, soucieux de préserver une conception structurée de la famille, qui, à ses yeux, demeure l’un des piliers de la stabilité sociale. 

samedi 8 mars 2025

Le Québec refuse d'exploiter son gaz et veut dépendre davantage des États-Unis


Forage de gaz de schiste au Québec avant l'interdiction de 2022

Ces jours-ci, nous analysons les boîtes de biscuits et les bouteilles de shampooing pour essayer d’acheter local. Surtout, les citoyens furieux face à l’outrecuidance de Donald Trump utilisent leur pouvoir de consommateur en évitant de favoriser les produits américains.

Ici, je parle d’une multitude de petits achats faits par les ménages, à coups de quelques dollars. Nous nous convainquons, avec raison, que tous ces gestes additionnés finissent par avoir un impact réel.
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Mais il est de ces achats que nous faisons collectivement, en vrac, à coups de centaines de millions de dollars. Dans ces cas, chaque consommateur est impuissant pour en choisir la provenance.

Par exemple: le pétrole et le gaz naturel. Vous vous présentez à la pompe. Pétrole canadien, américain ou d’ailleurs? Comment savoir? Tout relève d’une chaîne d’approvisionnement complexe... et de décisions politiques passées.

Made in USA

S’il est impossible de savoir d’où provient exactement le gaz ou le pétrole que vous consommez aujourd’hui, il y a deux choses que nous savons avec précision.

La première: depuis une décennie, une grande partie de notre pétrole et de notre gaz arrive des États-Unis.

La seconde: nous importons tout puisque nous avons fait le choix de ne rien produire.

Nous dépendons des États-Unis pour au moins la moitié de nos besoins parce que nous avons refusé les projets de pipelines qui auraient acheminé le pétrole canadien vers le Québec.

Ce choix a donné lieu à de grands discours politiques anti-pétrole de l’Ouest. Ces discours furent politiquement payants. Mais furent-ils bien fondés à la lumière de ce que nous vivons aujourd’hui?

Nous importons tout pour la simple raison que nous avons décidé de renoncer à toute exploitation locale. Après avoir mis les bâtons dans les roues d’une industrie naissante, le gouvernement du Québec a fait adopter en 2022 une loi assez radicale. Toute exploitation et même toute exploration des hydrocarbures sont interdites au Québec.

À ce moment, la CAQ arrivait en campagne électorale et voulait calmer les critiques en matière d’environnement. Le plus ridicule, c’est que malgré ce geste extrême, la CAQ a continué à se faire reprocher par les mêmes critiques de négliger les changements climatiques.

Potentiel énorme

J’ai obtenu copie d’un rapport que le gouvernement avait entre les mains au moment de freiner tout développement. On y découvre l’ampleur du potentiel gazier du Québec.

Les résultats de l’exploration déjà faite montrent que le Québec aurait la capacité de s’autosuffire en gaz pour une période de 60 ans. Nous sommes assis sur des réserves énormes.

La valeur de production pourrait dépasser les 200 milliards $. Nous boudons nos richesses et nous préférons verser des milliards aux États-Unis pour nous approvisionner. Je ne parle même pas des retombées économiques annuelles de centaines de millions que rapporteraient les opérations.

Le jour où nos députés ont adopté cette loi, sommes-nous vraiment devenus plus verts... ou plus dépendants des États-Unis?

jeudi 27 février 2025

Québec impose un plafond d'étudiants étrangers aux établissements d'enseignement supérieur

Le Québec s’apprête à restreindre l’accès des étudiants étrangers à son réseau d’enseignement supérieur.
 

Étudiants du collège privé LaSalle

Après s’être octroyé le pouvoir de limiter leur nombre, le gouvernement Legault met en œuvre sa décision : les demandes de certificats d’acceptation du Québec (CAQ), indispensables à l’obtention d’un permis d’études, seront réduites de 20 %. Attribués au nombre de 156 647 en 2024, ces certificats ne seront plus que 124 760 en 2025, chaque établissement se voyant imposer un quota.

Établissements privés servant souvent de passerelle à l’immigration permanente visés

Cette réduction frappe d’abord les établissements privés, en particulier les formations menant à une attestation d’études collégiales (AEC). La ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, déplore que ces formations de courte durée — en administration, courtage immobilier ou design, entre autres — servent trop souvent de passerelle vers la résidence permanente. Certains collèges, tels que LaSalle, Ellis, Universel et l’Institut Teccart, figurent parmi ceux qui accueillent le plus d’étudiants étrangers et sont directement visés.


Des protections ciblées pour certains programmes

Le gouvernement fait toutefois exception pour les formations dans les secteurs de la santé, des services sociaux et de l’éducation, ainsi que pour certains programmes spécialisés en région, notamment en aviation. En revanche, le nombre d’étudiants étrangers dans les formations techniques et préuniversitaires sera figé au niveau de 2024, une mesure provisoire d’un an, en attendant une refonte plus large de la politique d’immigration temporaire.

Le gouvernement Legault veut prendre en considération sa planification pluriannuelle de l’immigration — qui inclura pour la première fois l’immigration temporaire — pour définir les seuils pour les trois prochaines années dans le milieu de l’enseignement.

« La première étape, c’est de freiner cette croissance qu’on a eue au cours des dernières années, pour toute la pression que ça crée sur les services publics, sur le logement [des étudiants] dans mon cas », illustre la ministre. Le nombre d’étudiants étrangers ayant un permis d’études valide a explosé au Québec de 2014 à 2023, passant de 50 000 à 120 000, une hausse de 140 %, selon le gouvernement.

Les universités également concernées

À l’instar des cégeps, les universités ne subiront pas de réduction stricte, mais verront leur nombre d’admissions stabilisé au niveau de 2024, année où une baisse avait déjà été constatée sous l’effet des restrictions fédérales. La ministre se défend de toute atteinte à l’autonomie des établissements, affirmant qu’ils conserveront la gestion de leurs quotas.

Alors que les cégeps et universités s’étaient opposés à ces réformes, le gouvernement maintient le cap. Il invite désormais les établissements à participer aux consultations sur l’immigration prévues ce printemps, tout en soulignant la nécessité de mieux sélectionner les étudiants pour assurer leur venue effective au Québec.

lundi 21 octobre 2024

Dépenser plus en éducation, est-ce la solution ?

Quelques statistiques intéressantes sur l’éducation aux États-Unis.

Tout d’abord les dépenses par élève dans chacun des États fédérés (écoles primaires et secondaires) :


Puis, le taux d'obtention d'un diplôme de fins d'études secondaires :


Une constatation s’impose : il n’existe pour ainsi dire aucune corrélation entre la réussite scolaire et le niveau de dépense.  Bien entendu, les facteurs sociaux démographiques jouent pour beaucoup dans ces chiffres. Ajoutons encore qu'il faudrait ajuster les dépenses au coût de la vie dans chaque État : vivre et donc payer un professeur un salaire décent à New York est plus cher que dans le Montana.

Mais un fait demeure : dépenser plus n’est pas automatiquement un synonyme de réussite.

Dans les pays de l’OCDE, les États-Unis arrivent au 4e rang au chapitre des dépenses par élèves du primaire et du secondaire.

Le programme triennal PISA de l'OCDE, qui compare les connaissances et les compétences des élèves de 15 ans dans 70 pays à travers le monde, a classé les Etats-Unis au 14 e  rang des 34 pays de l'OCDE pour les compétences en lecture, en 17 e  position pour les sciences et en 25e position, en-dessous de la moyenne, pour les mathématiques.

Pire, sur 34 pays de l'OCDE, seuls 8 ont un taux plus faible diplomation au secondaire. La plupart des résultats scolaires des États-Unis ressemblent à ceux de la Pologne, un pays qui dépense moins de la moitié en éducation que les États-Unis.

Il existe un autre pays qui dépense de grandes sommes (en proportion à sa richesse nationale) en éducation nationale : l'Afrique du Sud. Malgré cela, l’Afrique du Sud s'est classée au dernier rang dans un classement regroupant 40 pays, derrière le Maroc et le Koweït. Ce classement a été publié en 2007 dans le cadre du Programme international de recherche en lecture scolaire (PIRLS:2006). Cette étude vise à établir les compétences de lecture des élèves de 10 et 11 ans quand ils doivent aborder des textes littéraires et informatifs authentiques.

L'Afrique du Sud 
dépense 6,1 % de son produit national brut à l'éducation, une plus grande portion que la plupart des autres pays, mais ses résultats sont constamment parmi les plus mauvais. 


Selon le dernier Indice de compétitivité mondiale du Forum économique mondial, l'Afrique du Sud se classait 129e sur 139 pays en matière d'éducation primaire et 137e en sciences et mathématiques.

On peut donc se demander quand François Legault et sa coalition disent qu’il suffit de dépenser plus en éducation pour régler les problèmes en éducation s'il ne s'agit pas d'une affirmation un peu simpliste.


Via (en partie) Antagoniste


Voir aussi 
 
Dépenses en éducation dans les écoles publiques au Canada (Québec champion !), édition 2024

Allemagne — Malgré les dépenses croissantes en éducation, les résultats baissent (2003-2022)

Québec — Moins d'élèves, mais dépenses en forte hausse (2017)

Québec — dépenses par élève en hausse constante

Très forte chute des résultats en lecture pour les élèves québécois francophones entre 2007 et 2010

Aujourd’hui, 93 % des élèves n’atteignent même pas le niveau médian de 1987

lundi 9 septembre 2024

Seuls 30 % des Québécois en faveur de l'interdiction prévue des véhicules hydrides et à essence d'ici 2035




Seuls partisans du parti d'extrême gauche Québec Solidaire sont favorables à cette interdiction, à 54 %.

L'unanimité des députés nous imposent donc les politiques du parti le plus à gauche, très minoritaire au Québec.

 Le gouvernement du Québec a confirmé en juillet son intention d’aller de l’avant avec l’interdiction de la vente de véhicules à essence à compter de 2035 avec le dépôt d’un projet de règlement.

mardi 20 août 2024

Québec veut déposer un projet de loi pour limiter le nombre d'étudiants étrangers


Après les demandeurs d’asile et les travailleurs temporaires, le gouvernement Legault veut se donner les moyens de réduire le nombre d’étudiants étrangers sur le territoire québécois.

La gouvernement de la CAQ (Coalition pour l'avenir du Québec) déposera cet automne un projet de loi pour encadrer les inscriptions d’étudiants internationaux dans les établissements d’enseignement supérieur.

La mesure servira notamment à éviter les « abus » commis par certaines écoles privées ces dernières années, a souligné le Premier ministre québécois François Legault lors d’une conférence de presse en compagnie de sa ministre de l’Immigration, Christine Fréchette. Voir Des accusations de « fraudes » au cœur du recrutement massif d’étudiants étrangers, Un faux hôpital (québécois) pour des stages fictifs d’étudiants étrangers.

Faux étudiants et faux collèges

Au début 2024 le Globe and Mail révélait que 19 % des immigrants qui sont admis au Canada à titre d’étudiants étrangers… n’étudient pas ! Il s’agit de données officielles compilées par Statistique Canada.

La catégorie des étudiants contribue à l’explosion du nombre de nouveaux arrivants au Canada. De 637 000 en 2019, le nombre est passé à 807 000 trois ans plus tard. Qu’on y songe : 19 % de ces 800 000 qui n’étudient pas vraiment, cela représente plus de 150 000 faux étudiants.

De surcroît, on aurait laissé se développer des collèges privés qui ne sont pas des établissements d’éducation. Ils agissent simplement comme vecteurs qui facilitent l’entrée au Canada en faisant délivrer de (faux) visas d’étudiants. Faux collèges et faux étudiants.

La grande partie des étudiants étrangers étudient en anglais au Québec…
 
M. Legault a toutefois refusé de dire si la nouvelle loi visera également les universités anglophones McGill et Concordia, où étudient une grande partie des 120 0000 (!!) étudiants étrangers.

« Nous allons déposer le projet de loi cet automne, ce sera le moment de poser ce type de questions », a-t-il répondu à une journaliste anglophone.

Par contre, les établissements en région (surtout francophones donc) ne seront pas affectés, a précisé le Premier ministre québécois.

Québec se basera sur plusieurs facteurs pour déterminer combien de personnes un cégep ou une université pourra accueillir, dont « le type d’établissement, le nombre d’étudiants étrangers par établissement, la région, le niveau d’études, etc. ».

Travailleurs temporaires

Le gouvernement Legault cherche par tous les moyens à diminuer le nombre de 600 000 immigrants temporaire présentement sur le territoire québécois.

Mardi, le Premier ministre a confirmé la mise en place d’un gel de six mois pour le Programme des travailleurs étrangers temporaires dans la région de Montréal.

« On doit absolument réduire le nombre d’immigrants à Montréal pour protéger le français » a-t-il plaidé.

Mesure homéopathique ?

Plusieurs domaines seront toutefois exemptés, parmi ceux-ci la santé, l’éducation, la construction, l’agriculture et la transformation alimentaire, ainsi que les emplois ré rémunérés au-delà de la médiane québécoise, soit 57 137 $.

La mesure, qui pourrait être prolongée au terme de la période de six mois, devrait toucher environ 3 500 immigrants temporaires.
 
En réplique aux « mesurettes » annoncées mardi par le gouvernement Legault, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, déposera d’ici octobre « un plan de réduction drastique » de l’immigration permanente et temporaire « dans toutes les catégories ».

Voir aussi