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| Jean-Denis Garon est député bloquiste de Mirabel, titulaire d'un Ph.D. en économie et professeur à l'ESG-UQAM |
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| Mark Carney lors d'un point de presse à Québec le 22 janvier 2026 |
Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
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| Jean-Denis Garon est député bloquiste de Mirabel, titulaire d'un Ph.D. en économie et professeur à l'ESG-UQAM |
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| Mark Carney lors d'un point de presse à Québec le 22 janvier 2026 |
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| Affiche du « documentaire » |
Une note publiée par un centre de recherches rattachée à Matignon, reprise dans l’émission Complément d’enquête (capture d’écran ci-dessous), assure que, d’après la science, on ne peut établir de lien entre immigration et délinquance. Philippe Lemoine, directeur de la recherche à l’observatoire Hexagone et chercheur invité à Georgetown (Washington, É-U), critique cette affirmation.
L’immigration augmente-t-elle la délinquance en France et plus généralement en Europe ? Pour Arnaud Philippe et Jérôme Valette, deux économistes qui ont écrit une note pour le CEPII (un centre de recherche placé auprès du Premier ministre) sur le sujet en 2023, la cause est entendue : les études sur le sujet « concluent unanimement à l’absence d’impact de l’immigration sur la délinquance ».
Le message semble d’ailleurs avoir été reçu cinq sur cinq par la plupart des lecteurs de cette note. Par exemple, au cours d’un récent épisode de Complément d’enquête, le magazine d’investigation diffusé sur France 2, une journaliste cite la note du CEPII à l’appui de son affirmation selon laquelle le « lien de causalité entre étrangers et insécurité n’existe pas », ajoutant même que « c’est la science qui le dit ». Le problème c’est que, n’en déplaise aux journalistes de Complément d’enquête et aux auteurs de cette note du CEPII, « la science » ne démontre rien de la sorte.
D’abord, il est faux que les études sur la question concluent « unanimement » et « sans ambiguïté » à l’absence d’effet de l’immigration sur la délinquance, comme l’écrivent faussement Philippe et Valette. Il existe en effet plusieurs études qui utilisent précisément le type de méthodes permettant d’établir un effet causal de l’immigration dont ils parlent dans leur note et qui trouvent pourtant un effet de l’immigration sur la délinquance, non seulement sur les atteintes aux biens, mais parfois aussi sur les atteintes aux personnes.
La vérité est que les résultats dans la littérature scientifique, loin d’être sans ambiguïté, sont au contraire très contrastés : il est vrai que beaucoup d’études ne trouvent pas d’effet, mais d’autres en trouvent un. Parfois des études différentes aboutissent même à des conclusions différentes alors qu’elles portent sur le même pays à la même époque. La note du CEPII, qui se veut pourtant une revue de la littérature, en présente donc un portrait trompeur.
Les données individuelles sur les auteurs de délit montrent non seulement en France, mais partout en Europe que les immigrés et leurs enfants, du moins ceux qui sont originaires du Maghreb, d’Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient, sont mis en cause ou condamnés pour des délits à des taux plusieurs fois supérieurs à ceux du reste de la population. Contrairement à ce que suggèrent Philippe et Valette dans leur note, cela reste vrai même quand on les compare à des individus sans ascendance migratoire de même âge, sexe et avec des caractéristiques socio-démographiques identiques.
Les biais dans la police et le système judiciaire pourraient expliquer une partie de cette surreprésentation, mais il est totalement invraisemblable qu’ils puissent l’expliquer en totalité. Personne de sensé ne peut croire que, si les ressortissants de pays africains sont mis en cause dans les affaires de vols avec violence sans arme à un taux plus de 6 fois supérieur à celui des Français, c’est uniquement ou même principalement parce que les forces de police et de gendarmerie sont biaisées contre eux.
Réaction de Mathieu Bock-Côté à la diabolisation entourant Charlie Kirk, la fabrique du mensonge.
LA FABRIQUE DU MENSONGE🤥| Mathieu Bock-Côté opère une savante et méticuleuse autopsie au scalpel🔪de la DIABOLISATION médiatique de CHARLIE KIRK et c'est tout simplement jouissif
— 🔥Vidoc RonaCO₂🔥 (@Vidoc_Ronaco) September 23, 2025
LOOK 👀 pic.twitter.com/x1ZOgMRCpf
Réaction de Pascal Praud et de ses invités à cette émission.
Note : Jimmy Kimmel, le « censuré », mentionné dans l'extrait ci-dessus est de retour sur les ondes, mais certains réseaux affiliés importants disent ne pas vouloir le diffuser et remplaceront l'émission de Kimmel par une autre émission (de nouvelles notamment).
Billet du 22 septembre
Pour une experte de Franklin Roosevelt, Judith Perrignon, à la télévision publique française France 5, l’hommage funèbre à Charlie Kirk assassiné rappellerait les manifestations nazies.
"Roosevelt était très conscient que le nazisme était aussi aux 🇺🇸. Le suprémacisme blanc américain est complètement connecté à la pensée raciale d’Hitler."
— Kunta van den Kinté (@denkinte_2) September 21, 2025
Effectivement, cette "messe" pour le podcasteur facho Charlie Kirk rappelle les rassemblements nazis des années 30 aux 🇺🇸 pic.twitter.com/ae5zMte3hk
La spécialiste de Franklin Roosevelt qui lance cette comparaison devrait se souvenir que les nazis américains ne sont pas les seuls à avoir rempli le Madison Square Garden. Roosevelt lui-même en 1936 le fit devant plus de 20 000 personnes. Il termina son discours de campagne avec une attaque contre les Républicains : ce « gouvernement qui n’entend rien, ne voit rien et ne fait rien », la foule se déchaîne alors. Regarder sur Getty Images.
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| Photographie de 1936 lors de la réunion de F. D. Roosevelt au Madison square Garden (Associated Press, image reprise par le New York Times) |
La veuve de Charlie Kirk devant le stade, « Père, je pardonne ce jeune homme », assassin de mon mari.
⚫ Hommage Charlie Kirk
— Jon De Lorraine (@jon_delorraine) September 21, 2025
Erika Kirk : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font.
Ce jeune homme, je lui pardonne ». pic.twitter.com/1DMhL0paih
Les nazis américains ont quand même beaucoup changé…
« Après l'assassinat de Charlie, nous n'avons pas vu de violence. Nous n'avons pas vu d'émeutes. Nous n'avons pas vu de révolution. Au lieu de cela, nous avons vu ce que mon mari a toujours espéré voir dans ce pays : un renouveau. » : Erika Kirk
— Frontières (@Frontieresmedia) September 21, 2025
pic.twitter.com/zUOVlZbZc3
Pour plus de contexte, on trouvera ci-dessous les 14 premières minutes de cette émission où tout le monde semble d'accord.
Mme Perrignon reparle à la fin de cet extrait aux sujets des « propos radicals » [sic] de Charlie Kirk.
La dérive autoritaire des États-Unis
— De Mio (@DeMiomandre) September 22, 2025
Plateau unanime sur la télévision subventionnée française #france5 #charlieKirk #Nazi pic.twitter.com/WF0WSDVmLT
Dans son édition du samedi 20 septembre, le Journal de Montréal a publié cette infographie. Elle cherche à montrer que la violence aux États-Unis serait le fait de l’extrême droite.
L’infographie qui circule — titrée « 12 meurtres politiques par an » — se présente comme une synthèse factuelle de la violence politique aux États-Unis. Un examen attentif de sa méthodologie et de ses choix de présentation révèle pourtant une série de décisions éditoriales et techniques qui biaisent profondément l’interprétation des données. En mode enquêteur : ce que montre l’image, ce qu’elle tait, et pourquoi cela importe.
1) L’exclusion des attentats du 11-septembre n’est pas neutre : elle redéfinit la hiérarchie des menaces
L’infographie indique explicitement avoir exclu les attentats du 11 septembre 2001. Ce n’est pas une simple note de bas de page : ce choix efface près de 3 000 victimes d’un seul événement, le plus meurtrier de l’histoire terroriste américaine, et modifie en profondeur la répartition des victimes entre catégories idéologiques. Des analyses qui intègrent ces morts montrent que la part du terrorisme islamiste devient écrasante par rapport aux autres catégories ; l’exclusion transforme donc l’économie même du message visuel et constitue une décision méthodologique majeure qui devrait être justifiée et expliquée — or ce n’est pas le cas ici.
L’infographie mentionne explicitement qu’elle exclut ces événements, qui ont causé près de 3 000 morts, pour se concentrer sur un total de 618 homicides idéologiques de 1975 à 2025. Cette décision arbitraire réduit artificiellement la part de l’islamisme radical dans les violences (indiquée à 23 %), alors que l’inclusion du 11 septembre porterait ce chiffre à des niveaux bien plus élevés — potentiellement plus de 80 % des victimes totales, selon des analyses comme celle du même Cato Institute cité par le Journal de Montréal.
| Catégorie | Effectif (excl. 11-sept.) |
% (excl. 11-sept.) |
Effectif (incl. 11-sept.) |
% (incl. 11-sept.) |
|---|---|---|---|---|
| Extrême droite | 389 | 62,94 % | 389 | 10,82 % |
| Islamisme radical | 142 | 22,98 % | 3 119 | 86,76 % |
| Extrême gauche | 62 | 10,03 % | 62 | 1,72 % |
| Autres/inconnu | 25 | 4,05 % | 25 | 0,70 % |
| Total | 618 | 100,00 % | 3 595 | 100,00 % |
2) Les pourcentages affichés reposent sur des classifications peu documentées et parfois arbitraires
L’infographie attribue 63 % des homicides à « l’extrême droite », 23 % à « l’islamisme radical » et 10 % à « l’extrême gauche ». Ces chiffres semblent simples ; ils ne le sont pas. Les bases de données sur les crimes « extrémistes » diffèrent fortement selon leurs critères de classement : comment classer un homicide commis par une personne qui a tenu des propos haineux mais dont le mobile est familial ? Comment traiter une attaque collective liée à des émeutes ou à des mouvements sociaux qui ne se traduit pas par des homicides individuels ? Comment classer l’attaque d’une club homosexuel (comme à Colorado Springs, 5 tués) par une personne qui aurait tenu des propos néonazis mais se dit non-binaire (et donc partie de la coalition LGBTQ2SAI+) ? Celle d’un homme torturé par sa non-binarité ou son idéologie d’extrême droite? Les recherches reconnues montrent que la décision de coder un acte comme « idéologique » dépend d’un faisceau de critères (motifs avérés, revendications, affiliations, preuves documentaires) et que, selon ces critères, le poids de chaque catégorie peuvent varier notablement. Sans exposition claire du protocole de classification, les pourcentages de l’infographie ne sont pas vérifiables.
Par exemple, des meurtres domestiques ou crapuleux sont parfois classés comme « extrémistes » si le meurtrier a un tatouage néonazi, même si son acte sans lien direct avec une motivation politique.
À l’inverse, les violences de l’extrême gauche, comme celles associées à des émeutes ou à des groupes antifascistes, sont souvent sous-représentées parce qu’elles ne culminent pas toujours en homicides isolés, mais en destructions massives ou en blessures collectives — pensons aux émeutes de 2020 liées au mouvement Black Lives Matter, qui ont causé des milliards de dollars de dommages sans être comptabilisées ici.
Ainsi, quand un auteur est musulman, noir ou lié à l’extrême gauche, les politiciens, les médias et certains organismes (comme l’ADL) nuancent, ergotent, finassent et hésitent à cataloguer les meurtres comme motivés idéologiquement.
Musulmans : Des attaques comme celles de San Bernardino (2015, 14 morts) ou le club gay Pulse (2016, 49 morts) par des individus revendiquant l’État islamique sont parfois cataloguées comme des loups solitaires psychologiquement instables dans les premiers rapports, surtout si le mobile est flou ou si la radicalisation semble récente. Pourtant, des enquêtes (notamment le FBI en 2016) ont montré que leurs auteurs, Syed Farook et Omar Mateen, avaient des liens avec des réseaux djihadistes en ligne. Le terme « loup solitaire » est préféré pour des raisons politiques : éviter d’alimenter l’islamophobie ou de renforcer les politiques anti-immigration, un sujet sensible aux États-Unis depuis le 11-septembre.
Noirs : Dans des cas comme la tuerie de Dallas (2016, 5 policiers tués) par Micah Xavier Johnson, motivée par la colère contre les brutalités policières (influencée par Black Lives Matter), les autorités ont hésité à parler d’idéologie, préférant évoquer une « vengeance personnelle » ou un « trouble mental ». Pourtant, Johnson avait étudié des tactiques militaires et ciblé des Blancs, ce qui suggère une intention raciale évidente. On préfère alors ne pas parler de « terrorisme » pour des raisons politiques (morales diront ceux qui pratiquent cette discrimination) : ne pas stigmatiser une communauté particulière.
Extrême gauche : Des incidents comme les émeutes de Minneapolis (2020, liés à des groupes anarchistes ou antifas) ou l’attaque de Kenosha (2020, Kyle Rittenhouse visé par des militants de gauche) sont rarement qualifiés de « terrorisme idéologique », même si des manifestes ou des slogans (ex. : « ACAB »," Tous les flics sont des salauds ») indiquent une motivation politique. On parle plutôt de « troubles sociaux » ou de « déséquilibrés », surtout si les actes ne tuent pas directement. Deux civils blancs furent tués pendant ces « troubles ».
3) La comparaison internationale sans ajustement démographique est fallacieuse
La comparaison avec le Canada est un autre exemple flagrant de statistiques sélectives et trompeuses. L’infographie vante le fait que le Canada « recense beaucoup moins » de meurtres idéologiques (26 entre 2014 et 2021), contre une moyenne de 12 par an aux États-Unis. Mais elle omet complètement l’ajustement par habitant, ce qui est une faute méthodologique grave. Avec une population américaine d’environ 347 millions contre 41 millions au Canada (soit un peu moins de 9 fois plus), le taux par habitant aux États-Unis est en réalité inférieur : environ 0,039 homicide idéologique par million d’habitants par an, contre 0,085 au Canada pour la période récente (la population a crû pendant cette période nous avons donc pris une population moyenne pendant les périodes moyennes).
Des études comparatives, comme celles du Fraser Institute, montrent même que les taux de criminalité violente au Canada augmentent plus vite que aux États-Unis ces dernières années, contredisant l’image idyllique présentée ici.
Cette omission transforme une différence absolue (logique vu la taille des pays) en une critique implicite de la société américaine, sans contexte démographique, ce qui relève de la malhonnêteté intellectuelle.
4) La dichotomie gauche/droite aux extrêmes est-elle réellement pertinente ?
L’usage de la grille gauche/droite dans la classification des violences politiques relève souvent d’un réflexe commode, mais scientifiquement fragile. Elle ne permet pas de rendre compte de la complexité des motivations et des logiques d’action.
Prenons le cas du pic de 1995 : l’attentat d’Oklahoma City (168 morts), commis par Timothy McVeigh. Celui-ci n’était pas un « conservateur social » typique, encore moins un militant républicain. Athée, hostile aux institutions religieuses, il ne défendait pas la famille traditionnelle mais se vivait comme un anarchiste radical anti-étatique, animé par une vision libertarienne de l’individu armé contre un État fédéral jugé envahissant. Classer McVeigh comme un terroriste « d’extrême droite » est donc une simplification abusive, qui gomme la nature fondamentalement anti-autoritaire de son idéologie.
Plus largement, l’histoire montre que les grands totalitarismes du XXe siècle ne se laissent pas enfermer dans le spectre classique gauche/droite. Le national-socialisme et le bolchevisme, tous deux révolutionnaires à leur manière, partagent des traits communs : culte du chef, hiérarchie militarisée, contrôle absolu de l’État, effacement des contre-pouvoirs, et volonté d’éradication de toute opposition. En URSS, après les expériences libertaires des années 1920 (divorce facile, émancipation des femmes, libéralisation sexuelle), le régime stalinien a fini par réprimer sévèrement ces libertés, abolissant même la libéralisation du divorce et criminalisant l’homosexualité — preuve que les catégories « gauche/libertaire » et « droite/conservatrice » ne sont pas stables mais évolutives.
On observe aussi que certains mouvements dits « de droite » empruntent des thèmes traditionnellement associés à la gauche. Le Rassemblement National, en France, tout en étant étiqueté comme parti « d’extrême droite », défend un État-providence renforcé, un protectionnisme économique et un discours anti-élitiste. Cette plasticité idéologique illustre à quel point le populisme contemporain dépasse le cadre binaire gauche/droite.
Dès lors, on peut légitimement s’interroger : le recours à cette dichotomie dans les bases de données et les infographies sur la violence politique ne relève-t-il pas moins d’une exigence scientifique que d’une commodité rhétorique ? En particulier lorsqu’il permet, par effet de cadrage, d’associer mécaniquement les violences anarchistes ou anti-étatiques à « la droite », ce qui contribue implicitement à diaboliser les conservateurs sociaux ou les républicains classiques, qui n’ont rien à voir avec ces mouvances.
5) Les bases de données de recherche nuancent la simple opposition droite/gauche/islamiste
Le graphique montre bien une répartition simple : la majorité des meurtres politiques viendraient de l’extrême droite (63 %), loin devant l’islamisme radical (23 %), la gauche radicale (10 %) et d’autres courants marginaux. Mais la recherche scientifique nuance fortement cette lecture.
En réalité, comparer la violence politique n’est pas aussi simple que de compter des pourcentages. Selon les travaux universitaires fondés sur plusieurs bases de données, les tendances varient selon les périodes et les contextes. Par exemple, l’extrême droite a effectivement produit beaucoup d’attaques dans certaines années, mais d’autres courants ont été plus marquants dans d’autres contextes. De plus, le « nombre » d’attentats ne dit pas tout : la gravité (le nombre de victimes par attaque), le profil des auteurs et le type de violence changent selon les idéologies et les époques.
En clair : réduire le phénomène à des parts fixes (63 %, 23 %, etc.) sans préciser la méthode utilisée est trompeur. Pour faire des comparaisons solides, il faut des données transparentes, des définitions partagées et prendre en compte à la fois la fréquence, la létalité et les circonstances des violences politiques.
6) Le choix des couleurs
L’infographie ne se contente pas de donner des chiffres : elle les met en scène. Le choix de représenter chaque silhouette comme 1 % du total renforce l’idée que l’extrême droite « remplit l’espace » (grande masse rouge vif), tandis que l’islamisme radical (vert pâle) semble marginalisé visuellement, alors que l’inclusion du 11-septembre aurait totalement inversé ce rapport. C’est un effet de cadrage graphique classique : la proportion choisie et la palette de couleurs dictent la lecture intuitive du lecteur plus que les chiffres eux-mêmes.
Le journaliste John Stossel poursuit Facebook après que des « vérificateurs des faits » de Facebook ont qualifié les informations sur le changement climatique que Stossel a publiées de « fausses et trompeuses ».
Dans sa réponse à la plainte en diffamation de Stossel, Facebook répond à la page 2, ligne 8 du document judiciaire (téléchargez-le) que Facebook ne peut pas être poursuivi pour diffamation (à savoir une affirmation fausse, malicieuse et préjudiciable) parce que ses « vérifications des faits » ne sont que de simples opinions plutôt que des affirmations factuelles.
Les opinions ne peuvent faire l’objet de poursuites en diffamation alors que les fausses affirmations factuelles (préjudiciables et malicieuses) le peuvent. Le document déposé par Facebook affirme :
« Les étiquettes [apposées par les vérificateurs] en elles-mêmes ne sont ni fausses ni diffamatoires ; au contraire, elles constituent une forme d’opinion protégée. »
Ainsi, devant un tribunal, dans un dossier juridique, Facebook admet que ses « vérifications des faits » ne sont pas du tout des « vérifications des faits », mais simplement des « affirmations d’opinion ».
Ces « vérifications des faits » ont pourtant un poids décisif et semblent bien orientées : elles reflètent les préférences idéologiques des « vérificateur » qui opinent sur les sujets qui leur déplaisent.