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mercredi 5 août 2026

« Ceuta n’est pas une anomalie, c’est un avertissement »


Des migrants attendent de traverser vers l’enclave espagnole de Ceuta, du côté marocain de la frontière à Fnideq, au Maroc, le 31 juillet 2026

La nou­velle vague migra­toire à Ceuta révèle un enche­vê­tre­ment d’erreurs et de naï­ve­tés cumu­lées, dont les leçons, comme les effets, valent pour l’Europe entière, ana­lyse le direc­teur de l’obser­va­toire de l’immi­gra­tion et de la démo­gra­phie.

Il aura suffi de quelques heures pour qu’une enclave de 18 kilo­mètres car­rés devienne l’épi­centre d’une crise euro­péenne. À Ceuta, près de 60000 migrants - majo­ri­tai­re­ment des jeunes hommes maro­cains - ont fran­chi en une jour­née, de manière irré­gu­lière, la fron­tière qui sépare le royaume du Maroc du ter­ri­toire espa­gnol. La ruée vers cette ville auto­nome n’est pas seule­ment le visage d’un échec poli­cier ou sécu­ri­taire. Elle révèle un enche­vê­tre­ment d’erreurs et de naï­ve­tés cumu­lées, dont les leçons (comme les effets) valent pour l’Europe entière.

Avec son plan de régu­la­ri­sa­tion des clan­des­tins annoncé en jan­vier 2026, l’exé­cu­tif espa­gnol pen­sait ouvrir un dis­po­si­tif concer­nant 500000 per­sonnes envi­ron. Au 30 juin der­nier, 1,2 mil­lion de dos­siers avaient été dépo­sés. Les Maro­cains en consti­tuaient la deuxième natio­na­lité la plus nom­breuse. Pedro San­chez cherche, depuis plu­sieurs années, à se posi­tion­ner comme l’un des der­niers diri­geants du monde démo­cra­tique expli­ci­te­ment favo­rables à une immi­gra­tion sans contrôle. En témoignent ses inter­ven­tions dans la presse inter­na­tio­nale - comme sa tri­bune parue dans le New York Times en février der­nier, ainsi titrée : «Je suis le pre­mier ministre espa­gnol. Voici pour­quoi l’occi­dent a besoin des migrants. »

Ce fai­sant, San­chez a ignoré déli­bé­ré­ment un phé­no­mène dont l’exis­tence est pour­tant attes­tée au niveau mon­dial : celui de « l’appel d’air » généré par ce type de déci­sion. Tan­dis que l’ensemble des pas­sages irré­gu­liers détec­tés par Fron­tex aux fron­tières exté­rieures de L’UE a reculé de 25 % l’an der­nier, la seule route migra­toire qui a connu une hausse notable de ses fran­chis­se­ments est celle de la Médi­ter­ra­née occi­den­tale - qui va, pré­ci­sé­ment, du nord du Maroc au sud de l’Espagne. La pers­pec­tive de cette régu­la­ri­sa­tion mas­sive était déjà évo­quée publi­que­ment par Madrid.

Cette ruée vers Ceuta met à nou­veau en lumière l’extra­or­di­naire fra­gi­lité à laquelle nous expose l’état actuel de l’espace Schen­gen. Un seul pays, même radi­ca­le­ment isolé en Europe (l’adop­tion récente du « règle­ment retour » par le Par­le­ment euro­péen en témoigne), est en mesure d’impo­ser les consé­quences de ses déci­sions à l’ensemble des autres États membres de la zone. Des règles déro­ga­toires de contrôle s’appliquent, certes, au départ des enclaves de Ceuta et de Melilla vers le conti­nent. Mais qui­conque posera le pied en Anda­lou­sie entrera dans un espace de 4 mil­lions de kilo­mètres car­rés, où l’absence de contrôle aux fron­tières - non seule­ment pour les citoyens de L’UE, mais aussi pour les res­sor­tis­sants extra-européens - consti­tue un prin­cipe soli­de­ment garanti.

Des moda­li­tés de réta­blis­se­ment tem­po­raire des contrôles sont certes pré­vues par le droit, comme l’a rap­pelé le ministre Laurent Nuñez pour ten­ter d’apai­ser les craintes. Mais celles-ci se trouvent très limi­tées dans leur mise en oeuvre concrète. Dans la fou­lée d’une déci­sion de la Cour de jus­tice de l’union euro­péenne en 2023, les déci­sions rapides et sou­ve­raines de « non-admis­sion » à la fron­tière française, qui étaient pra­ti­quées lar­ge­ment à la fron­tière avec l’Ita­lie depuis 2015 (et auraient pu l’être face à l’Espagne aujourd’hui), ont chuté de 80 % en un an.

Le « gou­ver­ne­ment des juges » n’est pas inno­cent, non plus, dans la crise déclen­chée à Ceuta. Au début du mois de juillet, le Tri­bu­nal suprême espa­gnol a publié un arrêt ren­dant impos­sible le recours aux « refou­le­ments immé­diats » pour les clan­des­tins arri­vant par la mer. Les migrants - et, plus encore, les réseaux cri­mi­nels qui les accom­pagnent - sont des indi­vi­dus ration­nels, qu’il impor­te­rait de consi­dé­rer enfin comme tels. Ils réagissent aux signaux et aux contre­-si­gnaux, d’ouver­ture ou de fer­meté. Ils pèsent les oppor­tu­ni­tés avec les risques qui leur sont asso­ciés. Les mes­sages irres­pon­sables envoyés par des gou­ver­ne­ments ou des juri­dic­tions engendrent des effets concrets sur la dyna­mique des flux.

L’appa­rent relâ­che­ment des contrôles maro­cains qui a accom­pa­gné la ruée vers Ceuta devrait aussi des­siller les yeux de nos diri­geants devant une évi­dence stra­té­gique : l’arme migra­toire est deve­nue l’un des prin­ci­paux leviers de désta­bi­li­sa­tion contre les États euro­péens. [Notons que le Maroc pourrait avoir des intérêts plus directs que la déstabilisation de l'Europe : annexer Ceuta augmenterait légèrement la taille de sa zone économique exclusive en Méditerranée et priverait l'Espagne d'une présence stratégique sur les deux rives de la région du détroit de Gibraltar.] 
 
La ZEE de l'Espagne (en turquoise) s'étend jusqu'aux côtes de l'Afrique à Ceuta

]

De la même façon que l’Algé­rie a « fait payer » la France pour le virage pro-maro­cain opéré par notre diplo­ma­tie en 2024, rom­pant toute coopé­ra­tion dans le domaine migra­toire et faci­li­tant les départs, le régime de Rabat n’appré­cie pas le rap­pro­che­ment engagé entre Madrid et Alger - ni la posi­tion du gou­ver­ne­ment San­chez sur la ques­tion du Sahara occi­den­tal.


[...] Cet ins­tru­ment de guerre hybride est d’autant plus effi­cace que l’Europe entre­tient acti­ve­ment sa propre vul­né­ra­bi­lité, par un ordre juri­dique qui fait de notre conti­nent le plus ouvert à l’immi­gra­tion irré­gu­lière dans le monde.

L’ins­tru­men­ta­li­sa­tion des migra­tions est aussi le moyen récur­rent d’une « annexion par le bas » pour des gou­ver­ne­ments reven­di­quant leur sou­ve­rai­neté sur des ter­ri­toires où ils ne l’exercent pas. Rabat consi­dère Ceuta et Melilla comme des ter­ri­toires maro­cains occu­pés par l’Espagne : l’afflux de ses res­sor­tis­sants en masse et en force est un moyen d’affir­mer cette posi­tion, tout comme de pré­pa­rer un bas­cu­le­ment démo­gra­phique favo­rable au rat­ta­che­ment. Ce mode opé­ra­toire est le même que celui déployé par les Comores à Mayotte, dans un objec­tif iden­tique. Les crises migra­toires ne sont plus seule­ment des défis huma­ni­taires; elles sont deve­nues des ter­rains de confron­ta­tion stra­té­gique. Ceuta n’est pas une ano­ma­lie. C’est un aver­tis­se­ment.


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lundi 23 février 2026

La thèse de Pirenne quantifiée : comment les conquêtes islamiques ont redessiné l'Europe médiévale

Dans l'histoire de l'Europe médiévale, peu de théories ont suscité autant de débats que celle d'Henri Pirenne, exposée dans son ouvrage emblématique Mahomet et Charlemagne (1937). Selon l'historien belge, la fin de l'Antiquité ne serait pas due à la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, mais bien à l'expansion islamique au VIIe siècle, qui aurait rompu l'unité économique de la Méditerranée. Ce « lac romain », espace de commerce florissant reliant l'Orient byzantin, l'Afrique du Nord et l'Occident franc, se serait transformé en une frontière hostile entre deux mondes. Sans Mahomet, affirmait Pirenne, Charlemagne n'aurait pas été concevable : c'est cette rupture qui força l'Europe franque à se recentrer sur ses terres continentales, semant les graines de l'essor carolingien.

Cette thèse, longtemps controversée, trouve aujourd'hui un appui renouvelé dans l'étude de Johannes Boehm et Thomas Chaney, Trade and the End of Antiquity (2024). À travers une analyse quantitative de près de 500 000 pièces monétaires, les deux économistes confirment la chute radicale des échanges nord-sud après les conquêtes arabes. Le présent article, tout en rendant hommage à la vision pionnière de Pirenne, intègre d'autres facteurs explicatifs — la peste justinienne, la chute de l'Empire d'Occident, les variations climatiques — sans pour autant en minimiser l'impact décisif des événements du VIIe siècle.

Une validation quantitative de Pirenne

Boehm et Chaney, économistes à la London School of Economics, ont compilé une base de données exhaustive de trésors monétaires datant de 325 à 950 après J.-C., couvrant l'Europe, l'Afrique du Nord et le Proche-Orient. En appliquant des modèles économétriques inspirés de la théorie gravitationnelle du commerce, ils reconstituent les flux d'échanges à partir de la circulation des pièces — un indicateur fiable de l'activité économique à une époque où les données directes font défaut.

Leurs résultats corroborent l'essentiel de la thèse pirennienne. Après les conquêtes arabes, achevées vers 713 en Méditerranée occidentale, les échanges nord-sud s'effondrent, passant d'environ 4 % du revenu méditerranéen à moins de 1 %. Cette rupture n'est pas anecdotique : elle marque un basculement géo-économique profond. L'Empire byzantin, dépendant du commerce maritime avec ses provinces méridionales prospères — Égypte, Syrie, Afrique du Nord —, voit son monnayage s'effondrer au VIIIe siècle, tandis qu'Arabes et Francs augmentent le leur, profitant respectivement d'une unification politique et monétaire au sud et d'une réorientation continentale au nord.

L'apport majeur de cette étude sur Pirenne tient à sa rigueur méthodologique. Là où l'historien belge s'appuyait sur des indices anecdotiques — la disparition du papyrus ou des épices en Occident —, Boehm et Chaney fournissent des estimations précises et systématiques. Ils montrent que la Méditerranée, autrefois unifiée, devient une barrière, isolant Byzance et favorisant l'émergence d'une Europe carolingienne centrée sur le Rhin et la Meuse. Cette rupture commerciale entraîne pour Byzance une contraction des revenus fiscaux liés au seigneuriage, tandis que l'économie franque, moins dépendante du grand commerce, se réorganise autour de l'agriculture et des échanges intérieurs.

Deux cartes pour visualiser la rupture méditerranéenne

L'étude de Boehm et Chaney s'appuie sur deux cartes particulièrement parlantes, qui illustrent l'évolution des flux monétaires avant et après les conquêtes arabes. Fondées sur des données géoréférencées de trésors monétaires, elles représentent les déplacements des pièces sous forme de lignes reliant les lieux de frappe aux lieux de découverte — matérialisant ainsi les routes commerciales de l'époque.

Géographie des flux monétaires pendant la période 450-630 apr. J.-C.

La première carte, couvrant la période 450-630, montre un réseau dense et transversal. Des lignes rouges rayonnent depuis les grands centres byzantins — Constantinople, Ravenne, Carthage — et traversent la Méditerranée selon un axe nord-sud marqué : des pièces frappées en Italie ou en Afrique du Nord circulent abondamment vers la Gaule franque, la Bretagne ou les Balkans. Ce maillage reflète une vitalité commerciale soutenue par le commerce de luxe et les transferts fiscaux impériaux, les échanges nord-sud représentant alors jusqu'à 4 % du revenu méditerranéen total.

Géographie des flux monétaires après la conquête musulmane, 713-900 apr. J.-C.


La seconde carte, couvrant la période 713-900, offre un contraste saisissant. Les lignes bleues se réorientent vers des axes est-ouest et sud-sud ; les flux nord-sud disparaissent presque totalement, symbolisant la nouvelle barrière islamo-chrétienne. Au sud, une vitalité intra-califale se déploie entre el-Andalous, l'Ifriqiya (Tunisie), l'Égypte et la Syrie. Au nord, les échanges se recentrent sur les terres franques, où le monnayage carolingien progresse. Mises en regard, ces deux cartes illustrent avec une netteté rare le passage d'un espace méditerranéen unifié à deux mondes distincts et presque étanches.

D'autres causes au déclin de l'Antiquité

Si l'étude de Boehm et Chaney renforce la thèse de Pirenne, l'honnêteté intellectuelle commande de rappeler que les conquêtes islamiques ne sont pas le seul facteur ayant contribué au déclin économique méditerranéen. D'autres forces, souvent antérieures au VIIe siècle, dessinent un processus multifactoriel dont il serait réducteur de faire l'impasse.

La chute de l'Empire romain d'Occident en 476, avec les invasions germaniques des Vandales en Afrique et des Ostrogoths en Italie, avait déjà fragmenté les institutions romaines et perturbé les routes commerciales dès le Ve siècle. Boehm et Chaney relèvent d'ailleurs un déclin précoce des flux en Méditerranée occidentale imputable à cette instabilité politique. La peste justinienne (541-542), pandémie qui fit jusqu'à 25 millions de morts, accéléra ensuite le déclin démographique et économique : contraction urbaine, réduction de la main-d'œuvre, effondrement de la demande. Des études archéologiques attestent ces effets dès le VIe siècle, indépendamment de toute conquête arabe. Enfin, des facteurs climatiques — le « petit âge glaciaire » du haut Moyen Âge, marqué par sécheresses et refroidissement — ont affecté les rendements agricoles et contribué à un déplacement des centres économiques vers le nord. Boehm et Chaney estiment que ces chocs climatiques ont pu réduire la consommation réelle jusqu'à 41 % dans les zones les plus touchées.

Ces causes, bien que significatives, ne contredisent pas Pirenne : elles préparent le terrain. C'est la barrière islamique qui scelle la division, transformant une Méditerranée déjà fragilisée en deux mondes définitivement distincts.

Limites de la méthode de Boehm et Chaney

La méthode de Boehm et Chaney repose sur les trésors monétaires (enfouis) comme indicateur des flux commerciaux, mais ceux-ci reflètent autant les périodes d'insécurité que l'activité économique réelle. Leur répartition géographique dépend en outre des hasards des fouilles archéologiques, introduisant un biais de sélection difficile à corriger. Le modèle gravitationnel appliqué, conçu pour des données contemporaines abondantes, perd en robustesse sur une économie antique mal documentée. La corrélation établie entre conquêtes arabes et effondrement des échanges ne constitue pas une preuve causale, d'autant que la peste et les facteurs climatiques s'entremêlent inextricablement sur la même période. Par ailleurs, la monnaie ne capte qu'une partie des échanges : le troc, les transferts en nature et la circulation des personnes et des savoirs lui échappent entièrement.

Pirenne, visionnaire d'une Europe redéfinie

L'étude de Boehm et Chaney, avec ses estimations rigoureuses et ses visualisations frappantes, apporte une confirmation moderne à la thèse de Pirenne : les conquêtes islamiques ont bien provoqué une rupture décisive dans l'espace méditerranéen, isolant Byzance, fragmentant les anciennes routes du commerce et reconfigurant durablement l'équilibre des puissances.

Mais réduire cette fracture à sa seule dimension économique serait trahir la portée réelle de la thèse pirennienne. Ce qui se brise au VIIe siècle, c'est avant tout une unité de civilisation. L'Occident carolingien se trouve coupé des zones qui avaient été, depuis des siècles, les plus denses intellectuellement et matériellement : l'Égypte, la Syrie, l'Afrique du Nord. Ce n'est pas un hasard si ces régions, déjà florissantes sous Rome, le demeurent sous les Omeyyades puis les Abbassides — elles héritent d'infrastructures, de savoirs et de traditions urbaines que les invasions germaniques n'avaient pas atteintes. L'essor du monde islamique doit autant à cet héritage territorial qu'à sa propre dynamique.

Pour l'Occident franc, la rupture méditerranéenne signifie autre chose : un repli, une latinisation étroite de la culture savante, une dépendance accrue à l'Église comme seule institution capable de transmettre un patrimoine intellectuel désormais difficile d'accès. Ce n'est pas l'obscurantisme — les scriptoria carolingiens accomplissent un travail de préservation considérable — mais c'est une Europe qui pense désormais dans un espace rétréci, privée en grande partie du dialogue constant avec la pensée grecque et levantine qu'avait permis la Méditerranée unifiée.

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dimanche 15 février 2026

Sondage – Forte opposition à la régularisation massive par le gouvernement de gauche espagnol


Un article du journal en ligne El Español affirme
, sur la base d’un sondage de l’institut SocioMétrica, que 67,4 % des Espagnols et 89,3 % des 17–35 ans s’opposent à la régularisation d’environ 850 000 immigrés en situation irrégulière décidée par le gouvernement de Pedro Sánchez. Seuls 29,4 % y seraient favorables, principalement parmi les électeurs (de gauche) du PSOE, de Sumar et de Podemos.

Le texte souligne plusieurs inquiétudes relevées par l’enquête :
  • 69 % des sondés redoutent un « effet d’appel », de pompe aspirante.
  • 67,6 % estiment que la mesure pourrait permettre à des délinquants d’obtenir un titre de séjour.
  • 82,6 % souhaitent l’expulsion des candidats à la régularisation incapables de prouver l’absence d’antécédents judiciaires.
  • 41 % pensent que l’objectif réel du gouvernement serait de modifier le corps électoral, en écho aux déclarations polémiques d’Irene Montero de Podemos (vidéo ci-dessous) sur le « remplacement ». Plus d’un million d’étrangers ont obtenu la nationalité espagnole depuis 2018, selon les données officielles de l’INE et des projections basées sur les tendances récentes. Ils pourront bientôt voter aux élections (cela dépend de leur origine).
L’article évoque aussi les critiques de responsables européens, notamment du commissaire européen à la migration Magnus Brunner et du Parti populaire européen, qui jugent la régularisation massive contraire à la ligne de fermeté adoptée récemment dans l’UE.

Rappel

Irene Montero, ancienne ministre espagnole de l'Égalité et dirigeante du parti Podemos, appelle de ses vœux le remplacement des Espagnols de souche :
Je demande aux personnes migrantes et racisées, s'il vous plaît ne nous laissez pas  seules [au féminin] avec ces tous ces fascistes. Il va de soi que nous voulons que vous votiez. Bien sûr que oui. Nous [vous] avons obtenu des papiers, la régularisation. Et maintenant il s'agit d'obtenir la nationalité ou de changer la loi pour que vous puissiez voter.

Espérons-le. La théorie du remplacement ? Si seulement nous pouvions balayer de ce pays ces fachos et racistes à l'aide de migrants, de travailleurs. 

Bien sûr que je soutiens la théorie du remplacement, j'espère que nous pourrons débarrasser ce pays des fascistes et des racistes grâce aux immigrants. 
Par ailleurs, le gouvernement espagnol a conclu un accord avec Podemos en vue de lancer une régularisation exceptionnelle des personnes migrantes présentes sur le territoire avant le 31 décembre 2025. L’annonce a été faite ce lundi par Irene Montero, candidate du parti aux prochaines élections, qui estime que cette mesure pourrait bénéficier à plus de 500 000 personnes.

Le gouvernement espagnol a concrétisé fin janvier 2026 ce qui avait été annoncé début février : l’adoption d’un décret royal exceptionnel visant à régulariser des centaines de milliers de personnes migrantes en situation irrégulière vivant en Espagne avant le 31 décembre 2025. Ce texte a été approuvé par le Conseil des ministres sans passer par un débat parlementaire, faute de majorité stable au Congrès.

Un décret approuvé, en vigueur, avec application prévue pour avril

Le décret a bien été publié au Journal officiel espagnol et entrera en vigueur dans les semaines à venir. Il crée une procédure exceptionnelle et temporaire par laquelle les personnes migrantes pourront déposer une demande de régularisation entre avril et le 30 juin 2026.

Comme prévu, cette procédure repose sur quelques critères fondamentaux :
  • être présent en Espagne avant le 31 décembre 2025 ;
  • y avoir résidé au moins cinq mois avant cette date ;
  • avoir un casier judiciaire vierge, en Espagne ou à l’étranger ;
  • déposer un dossier comportant des justificatifs de présence (inscription au padrón, contrats, factures, certificats médicaux, etc.).
La mesure s’applique également aux demandeurs d’asile ayant déposé leur demande avant fin décembre 2025.

Une fois la demande déposée, les procédures d’expulsion en cours sont automatiquement suspendues, et les personnes acceptées reçoivent dès l’accueil du dossier une carte de séjour provisoire d’un an avec droit de travailler immédiatement.

Une fois cette année passée, les bénéficiaires pourront demander des titres de séjour ordinaires selon les voies usuelles du droit espagnol.

Précisions importantes sur le critère du casier judiciaire

Dans les faits, cela signifie que les autorités prendront en compte les antécédents connus en Espagne et les informations disponibles sur les pays d’origine ou de résidence précédents ; l’accès à ces documents dépend de la coopération des pays concernés. La réglementation en cours de finalisation clarifiera ces modalités, mais l’examen de l’historique judiciaire reste une condition obligatoire.

Cette exigence n’est pas purement formelle : le gouvernement affirme qu'il est prévu d’empêcher l’accès à la régularisation à ceux qui présentent des condamnations graves ou des risques avérés pour l’ordre public.

Participation publique et règlement d’application

Après l’adoption du décret, le ministère espagnol des migrations a ouvert une consultation publique sur le règlement d’application du dispositif. Ce règlement détaille notamment les preuves de résidence acceptées, les procédures de validation et les délais administratifs, et reste en cours de finalisation avant d’être définitivement publié.

Réactions politiques toujours vives

Le principal parti d’opposition, le Parti populaire (PP), et d’autres formations de droite critiquent ouvertement la mesure, affirmant qu’elle pourrait créer un « effet d’appel » en encourageant davantage de migrations irrégulières et mettre sous pression les services publics. Ils évoquent la possibilité de recours juridiques devant les tribunaux administratifs ou constitutionnels pour contester l’usage du décret comme instrument principal.

Vox, parti de droite nationaliste, et certains acteurs régionalistes ont également renouvelé leur opposition en soulignant les difficultés d’intégration et les risques pour la cohésion sociale.

Pour l’heure, aucune procédure de suspension du décret n’a abouti devant une juridiction supérieure, et le texte reste pleinement en vigueur. Les critiques se concentrent sur les implications politiques et sociales plutôt que sur une illégalité avérée du texte.

Les syndicats alertent sur les défis pratiques


Sur le plan administratif, certaines forces de police et syndicats ont signalé une augmentation des tentatives de fraude ou de déclarations suspectes de perte de documents d’identité, ce qui complique le travail des services chargés de l’identification et de l’instruction des dossiers. Ils recommandent des vérifications rigoureuses des identités et des antécédents avant l’examen des demandes.

lundi 2 février 2026

La Remigration : un projet fou ou le seul moyen de sauver l'Europe ?

Le terme de « Remigration » s’impose de plus en plus dans le débat public, tantôt proposé comme réponse à l’immigration et à ses effets démographiques, tantôt dénoncé comme un projet inacceptable. 

Il convient donc, désormais, de dépasser les caricatures et de pousser la réflexion plus avant. 

C’est pourquoi l’Autrichien Martin Sellner a écrit un livre sur la Remigration exclusivement afin d’expliquer consciencieusement la nature de ce projet et de répondre aux objections les plus courantes. 

Entretemps en Espagne :

Irene Montero, ancienne ministre espagnole de l'Égalité et dirigeante du parti Podemos, appelle de ses vœux le remplacement des Espagnols de souche :

« Je demande aux personnes migrantes et racisées, s'il vous plaît ne nous laissez pas  seules [au féminin] avec ces tous ces fascistes. Il va de soi que nous voulons que vous votiez. Bien sûr que oui. Nous [vous] avons obtenu des papiers, la régularisation. Et maintenant il s'agit d'obtenir la nationalité ou de changer la loi pour que vous puissiez voter.

Espérons-le. La théorie du remplacement ? Si seulement nous pouvions balayer de ce pays ces fachos et racistes à l'aide de migrants, de travailleurs. 

Bien sûr que je soutiens la théorie du remplacement, j'espère que nous pourrons débarrasser ce pays des fascistes et des racistes grâce aux immigrants. »

Par ailleurs, le gouvernement espagnol a conclu un accord avec Podemos en vue de lancer une régularisation exceptionnelle des personnes migrantes présentes sur le territoire avant le 31 décembre 2025. L’annonce a été faite ce lundi par Irene Montero, candidate du parti aux prochaines élections, qui estime que cette mesure pourrait bénéficier à plus de 500 000 personnes.

La régularisation doit être approuvée ce mardi par le Conseil des ministres et entrera en vigueur par décret royal, sans examen préalable par le Congrès des députés. Elle concernera les personnes en mesure de justifier d’au moins cinq mois de présence en Espagne, notamment au moyen d’un empadronamiento, d’un rapport médical, d’un contrat de location ou de justificatifs attestant de l’accès à des services essentiels. L’admission à la procédure entraînera automatiquement l’octroi d’une autorisation provisoire de résidence et de travail d’une durée d’un an, ainsi que la suspension des procédures d’expulsion engagées pour des motifs administratifs.

Lors d’un événement intitulé Regularización con derechos, Irene Montero a déclaré : « Le racisme, camarades, se combat par les droits. (…) Nous, nous donnons des papiers. Podemos est parvenu à un accord avec le PSOE afin que le gouvernement approuve immédiatement une régularisation extraordinaire des personnes migrantes », selon des propos rapportés par eldiario.es

Cette régularisation vise à débloquer une initiative législative populaire soutenue par plus de 700 000 signatures, restée paralysée au Congrès en raison de divergences entre les partenaires de la majorité, notamment Junts et les formations de gauche. Le recours au décret permet au gouvernement de contourner ces blocages parlementaires.

La régularisation s’inscrit dans une revendication défendue de longue date par les formations de l’extrême gauche et par des collectifs militants pro-migrants, relayée notamment par une initiative législative populaire ayant recueilli plus de 700 000 signatures. Faute d’accord politique, cette initiative est restée bloquée au Congrès pendant plusieurs mois, révélant l’absence de consensus au sein même de la majorité parlementaire issue de l’investiture de Pedro Sánchez.

Face à ces blocages, l’exécutif a opté pour un décret royal, permettant l’entrée en vigueur de la mesure sans débat parlementaire préalable. Ce choix procédural, s’il garantit une mise en œuvre rapide, fragilise toutefois la légitimité politique du dispositif et alimente les critiques sur un contournement du pouvoir législatif dans un domaine structurant de l’action publique.

L’opposition conservatrice, en particulier le Parti populaire, dénonce une décision unilatérale aux effets potentiellement incitatifs sur l’immigration irrégulière et remet en cause la capacité de l’administration à absorber un afflux massif de demandes. Le PP plaide pour une régularisation strictement conditionnée à l’emploi et à l’insertion économique, position partagée par certains acteurs centristes et régionalistes. Le Parti nationaliste basque (PNV) s’est également montré réservé, privilégiant une approche plus restrictive et ciblée.

Du côté des partis régionalistes, Junts continue de subordonner toute réforme d’ampleur à un transfert de compétences migratoires à la Catalogne. L’accord conclu entre Podemos et le gouvernement central, en dehors de ce cadre, risque ainsi de raviver les tensions avec les partenaires indépendantistes, déjà critiques d’une recentralisation des décisions stratégiques.

mercredi 26 novembre 2025

27 novembre 1095 — Appel lancé pour porter secours aux chrétiens d'Orient et aux pèlerins

C’était il y a près de mille ans. À la fin du XIe siècle, le royaume de France était en petite forme. Il ne représentait pas plus de deux ou trois fois l’actuelle région d’Île-de-France ; le domaine royal était bordé par Compiègne au nord, Orléans au sud, Dreux à l’ouest. Les Capétiens régnaient, mais, dit Jacques Bainville qui est indulgent, ce sont des « règnes sans éclat ». Qui se souvient de ces rois-là, les premiers héritiers du fondateur de la dynastie, Robert le Pieux, Henri Ier, Philippe Ier ? C’est à l’extérieur du royaume que les choses se passent. Chez les Normands en particulier : le duc de Normandie, Guillaume le Conquérant, a mis la main sur l’Angleterre (victoire de Hastings, en 1066, illustrée par la tapisserie de Bayeux), et ce sont aussi des Normands qui sont allés délivrer, à leur demande, les populations catholiques de l’Italie méridionale des expéditions sarrasines.



« Les malheurs des pèlerins »

Car c’est un temps de pèlerinages. Des foules de pèlerins chrétiens se déplacent en longues colonnes vers Rome ou Saint-Jacques-de-Compostelle, au nord de l’Espagne, venant manifester leur soutien aux dernières victoires de la Reconquista sur l’islam, après des siècles de conquêtes et de conversions musulmanes induites par des vexations et une forte taxation. Mais c’est le pèlerinage de Jérusalem, par terre et par mer, qui attire les fidèles les plus nombreux et les plus ardents, à partir des sols européens, notamment français. « Il crée une vie neuve, il marque la crise décisive où le vieil homme se dépouille », notent les chroniqueurs de l’époque.

Ces mouvements de population de l’Occident vers les Lieux saints d’Orient créent des routes, des escales, des dispensaires ; ils développent des échanges de toute nature. Arrivés sur place, les pèlerins rencontrent d’autres chrétiens, d’ancienne tradition qui constitue encore une grande partie de la Syrie et de la Palestine, peut-être encore la majorité des habitants, mais aussi des musulmans. Les communautés prospèrent dans des quartiers séparés. Jusqu’à l’arrivée des Turcs seldjoukides. Les anciens « maîtres tolérants et policés venus d’Égypte font place à des fanatiques durs et tracassiers ». La conquête de Jérusalem par ces Turcs s’accompagne de la persécution et du massacre des chrétiens. Les pèlerins rentrent chez eux effrayés. La nouvelle enflamme la fin de ce XIe siècle. Les Seldjoukides se sont emparés de l’Arménie si lointainement chrétienne, de Smyrne, de Nicée, près de Constantinople.

L’intervention des barons occidentaux permit de libérer de nombreuses villes (Nicée, Sardes, Tarse, Antioche) récemment conquises par les Turcs après la catastrophe de Manzikert en 1071


L’Empire byzantin menace de disparaître. Une vague de fond soulève la chrétienté.

L’Empire byzantin est confronté à l’avancée des Turcs seldjoukides. Depuis la désastreuse défaite subie à Manzikert l’arménienne en 1071, de nombreux territoires sont passés entre les mains de ces nouveaux musulmans venus d’Asie centrale et récemment convertis. Leur présence complique encore davantage le pèlerinage sur les Lieux saints qui connaît à l’époque un essor remarquable.

Qui va délivrer le Saint-Sépulcre ? Les monarques en sont incapables, qu’ils soient trop faibles, comme le roi de France, qu’ils se disputent entre eux, et notamment avec l’empereur d’Allemagne, ou qu’ils contestent l’autorité de l’Église de Rome. C’est donc elle qui va se substituer à eux, cette Église de Rome qui révèle sa solidité en résistant au grand schisme d’Orient d’un côté et aux « antipapes » de l’autre. C’est elle qui peut porter secours aux chrétiens de Terre sainte. Mais avec quels moyens le peut-elle ? Quels hommes ? Quel argent ? Quelles armes ? Elle va les mobiliser.

Et c’est un autre Français qui le fait, non pas le roi, mais un pape, le deuxième élu depuis Grégoire VII. Fils d’une famille noble de Champagne, rappelle Jacques Heers, l’historien des croisades, c’est un bénédictin ; il fut archidiacre de Reims avant de devenir prieur de l’abbaye de Cluny. Bâtie à la fin du siècle précédent, cette abbaye rayonne par son influence bien au-delà du sol qui l’a vue naître. Élu pape sous le nom d’Urbain II en 1088, il a dû attendre cinq ans avant de s’asseoir sur le trône pontifical à Rome (alors occupée par un « antipape »). La mission de la délivrance des chrétiens de Jérusalem se présente à lui comme une occasion d’affirmer son autorité tout en marquant la puissance temporelle et spirituelle de l’Église. Il part prêcher le combat dès 1095, depuis l’Italie jusqu’à la Bavière, des Alpes à la France, son pays. Il y multiplie assemblées et conciles, et n’hésite pas à excommunier le roi de France, Philippe Ier, pour usurpation de biens d’Église, répudiation de son épouse et corruption...

L’abbaye de Cluny dont Urbain II fut le prieur


mardi 7 octobre 2025

7 octobre 1571 — La flotte turque est détruite à Lépante

Le 7 octobre 1571, une flotte chrétienne livre bataille à la flotte turque. C'est le point d'orgue d'une croisade organisée par le pape Pie V pour délivrer l'île de Chypre que les Turcs viennent de conquérir.

 La bataille de Lépante, qui a lieu le 7 octobre 1571 dans le golfe de Patras, sur la côte occidentale de la Grèce, à proximité de Naupacte (alors appelée « Lépante »), est une bataille navale de la quatrième guerre vénéto-ottomane, où s'affrontent la flotte ottomane de Sélim II et la flotte de la Sainte-Ligue. Cette coalition chrétienne formée sous l'égide du pape Pie V, comprenait des escadres vénitiennes et espagnoles, renforcées par des galères génoises, pontificales, maltaises et savoyardes. Cette bataille s'achève par la défaite des Ottomans qui y perdent la plus grande partie de leurs vaisseaux (187 sur 251 engagés) et plus de 20 000 hommes.

Le retentissement de cette victoire est immense en Europe, plus encore que la défaite des janissaires lors du Grand Siège de Malte en 1565, car elle apparaît comme un coup d'arrêt décisif porté à l'expansionnisme ottoman. C’est d’ailleurs en souvenir de cette victoire qu'est instituée la fête de Notre-Dame de la Victoire, puis fête du Saint-Rosaire à partir de 1573.

Les Turcs sont défaits à la surprise générale. Avant Lépante, ils n'avaient connu aucune défaite face aux chrétiens (sauf le repli devant Malte, en 1565), après Lépante, ils n'allaient plus connaître aucune victoire.


Victoire totale


C'est le point d'orgue d'une croisade organisée par le pape en vue de libérer Chypre que le sultan Sélim II venait de conquérir.

La bataille met aux prises 213 galères principalement espagnoles et vénitiennes et quelques 300 vaisseaux turcs. Cent mille hommes combattent dans chaque camp. Les chrétiens remportent une victoire complète.

La quasi-totalité ses galères ennemies sont prises. L'amiral turc est fait prisonnier et décapité et 15.000 captifs chrétiens sont libérés. Les chrétiens perdirent 8 navires et 8000 hommes et eurent 16 000 blessés.

Le héros de la journée est le prince Don Juan d'Autriche (26 ans), qui commande la flotte chrétienne. Il n'est autre que le bâtard de feu l'empereur Charles-Quint et le demi-frère du roi Philippe II d'Espagne. 

Retentissement de Lépante

Lépante a un immense retentissement en Europe car elle libère les Occidentaux de la peur des Turcs.

La bataille permet aussi au roi d'Espagne de se poser en champion de la Contre-Réforme catholique.

Pour Venise, cependant, Lépante a le goût amer d'une victoire à la Pyrrhus. Ruinée par l'effort de guerre et la suspension de son commerce avec l'Orient ottoman, la République se détache de ses alliés et négocie avec les Turcs.

À ceux-ci, elle reconnaît la possession de Chypre, qui avait été pourtant son but de guerre, en échange de la reprise de son commerce.

Notons qu'un jeune soldat espagnol nommé Cervantès perd la main gauche pendant la bataille de Lépante (« pour la gloire de la droite », dira-t-il plus tard)... Ne pouvant plus se battre, il écrira faute de mieux les aventures de Don Quichotte,,,


Source : Hérédote

Voir aussi

« Tradition franque » d'hommes libres contre esclavage traditionnel méditerranéen y compris européen

 

lundi 25 août 2025

En Espagne, la bataille entre le parti Vox et la hiérarchie de l'église catholique

Je ne sais pas si c’est lié aux affaires de pédophilie qui bâillonnent complètement l’église… », a insinué le politique. « Un xénophobe ne peut pas être un vrai chrétien », a répliqué l’évêque. Vox, le parti de droite nationaliste qui prône comme valeurs le respect de la famille traditionnelle et de la culture chrétienne, s’écharpe de manière inédite avec la hiérarchie de l'église catholique. Les évêques d’Espagne prennent en effet, contre Vox, la défense des migrants et de la liberté de culte des musulmans. Une bataille dialectique inattendue à laquelle se livrent les dirigeants du parti Vox et ceux de l’église espagnole.



Les hostilités ont commencé fin juillet à Jumilla, dans la région de Murcie, au sud-est de l’Espagne. Dans cette ville de 27 000 habitants, l’unique conseiller municipal de Vox parvient à faire adopter par le PP (Parti populaire, droite centriste) au pouvoir l’interdiction de l’usage religieux d’un gymnase municipal et les prières sur la voie publique.  La résolution interdit explicitement la tenue d'événements tels que la fin du ramadan (Aïd el-Fitr) ou la fête du sacrifice (Aïd el-Adha), qui sont des événements clés du calendrier religieux musulman. La conférence épiscopale diffuse alors un communiqué pour, dès la première phrase « s’unir à la position de la Commission islamique d’Espagne», puis défendre la liberté religieuse «garantie par la Constitution espagnole (…) et par la Déclaration des droits de l’homme », qu’elle juge entravée par « une discrimination qui ne peut pas avoir lieu dans des sociétés démocratiques ».

Trois jours plus tard, le président de Vox, Santiago Abascal, concède une interview à une chaîne YouTube Bipartidismo Stream. Et élargit le champ de la confrontation. « Je suis perplexe et attristé face à une partie de la hiérarchie catholique, a commencé Abascal. Ce n’est pas seulement leur position en matière d’immigration ou face à l’islamisme extrémiste qui avance, c’est aussi leur silence devant de nombreuses politiques de ce gouvernement (du socialiste Pedro Sanchez, NDLR). Ils parlent très peu des politiques de genre, du droit à la vie, des anciens en fin de vie… »

Arrive alors l’estocade, sous forme d’interrogations rhétoriques : « Je ne sais pas à quoi cela répond. Je ne sais pas si ce sont les subventions publiques de l’église qui l’empêchent de combattre certaines politiques du gouvernement (…). Je ne sais pas si ce sont les revenus qu’elle reçoit dans le cadre du système d’aide à l’immigration illégale (en allusion à l’action sociale d’ONG catholiques comme Caritas, NDLR). Je ne sais pas si c’est lié aux affaires de pédophilie qui bâillonnent complètement l’église face aux actions de gouvernements liberticides, y compris contre la liberté religieuse et la foi. »

Une attaque en règle qui surprend au sommet de l’église. « Cette fois-ci, il a dépassé les bornes, réagit anonymement un évêque interviewé par le média Eldiario.es. L’extrême droite n’avait jamais utilisé le sujet des abus sexuels. » Les sources consultées rappellent que Vox n’en est pas à sa première attaque et que « ce ne sera pas non plus la dernière ». Elles y voient « une stratégie de la division ».



Le journal El Mundo explicite le calcul de la formation politique : « Parmi les 14,8 % d’électeurs qui disent vouloir voter Vox, 72 % s’identifient comme catholiques. » S’appuyant sur ses sondages, le quotidien estime qu’au cours des deux derniers mois, marqués par l’épisode de Jumilla et, auparavant, par les agressions violentes contre la communauté maghrébine de la petite ville de Torrepacheco, «Vox a monté au sein de l’électorat catholique. Entre juin et août, avec ses propositions de déportations massives, éloignées des thèses de l’église, Vox a engrangé 304.085 nouveaux électeurs catholiques croyants. » Le parti politique tablerait ainsi sur un décalage entre le discours de la hiérarchie catholique, empreint du message d’aide au prochain de l’Évangile, et les attentes des fidèles, qu’il suppose inquiets de la progression de l’islam en Espagne.

L’archevêque de Tarragone, Joan Planellas, était interviewé mardi par la chaîne publique régionale Catalunya Radio. Après avoir défendu la liberté religieuse, rattachant la position de la conférence épiscopale au concile de Vatican II, Mgr Planellas a mis en garde : « C’est un piège, et il faut en être conscient. Ils peuvent essayer de se présenter à dessein comme procatholiques, mais ils ne le sont pas. Un xénophobe ne peut pas être un vrai chrétien, et il faut le dire très fermement. » 
Sources : Le Figaro, ABC
 
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lundi 26 mai 2025

PIB par habitant : l’Italie rattrape la France, mais les fondamentaux démographiques transalpins demeurent négatifs

Georgia Meloni,
Présidente du Conseil des ministres d'Italie

Les derniers chiffres de la Commission européenne révèlent que Rome rejoint ses voisins européens, en termes de richesse par habitant. Malgré cette bonne performance, le pays connaît une crise démographique et une productivité amorphe.

Nouvelle victoire pour la droite italienne? Le PIB par habitant des Italiens, à parité de pouvoir d’achat, est désormais identique à celui des Français. C’est le constat de la Commission européenne dans ses dernières prévisions de printemps, qui prennent en considération la période 2020-2025, relèvent Les Échos.

En 2025, l'Italie fait enfin jeu égal avec la France en termes de PIB par habitant, effaçant un écart qui s'établissait encore en sa défaveur de 10,1 % en 2020. La péninsule divise presque par deux la distance qui la sépare de l'Allemagne, avec un écart qui passe de 24,3 % à 13,9 % au cours des cinq dernières années. Elle se rapproche enfin de la moyenne de la zone euro, dont elle n'est désormais séparée que de 5,9 % au lieu des 10,7 % de 2020.

Cette nouvelle information reflète le formidable rebond de l’économie transalpine depuis la pandémie de Covid-19. Par rapport à son niveau de 2019, le PIB italien a progressé dès 2022 de 3,9 %, contre seulement 1,5 % en France et 0,8 % en Allemagne. Mais il y a d’autres raisons à cette renaissance italienne : le pays a largement bénéficié du plan de relance européen.

Des chiffres en trompe-l’œil

« Ce sont des chiffres en trompe-l’œil, relativise l'économiste Jacopo Sala. L'Italie profite d'une situation conjoncturelle, mais ses graves difficultés structurelles demeurent. Ces bons résultats du PIB par habitant reposent essentiellement sur les bonnes performances de son marché du travail, conjuguées à son hiver démographique. »

Selon les derniers chiffres du patronat, 847.0000 emplois ont été créés depuis 2022, dont 672.000 CDI et 175.000 autoentrepreneurs. Un record historique qui s'ajoute à celui du taux d'emploi au plus haut, à 62,3 % de la population active.

Cette dernière ne cesse pourtant de se contracter, en raison du vieillissement accéléré des Italiens dont le nombre ne cesse de diminuer. Entre 2020 et 2025, le pays a perdu 707.000 habitants, le faisant passer sous le seuil symbolique des 60 millions.

« Ce n'est pas tant que les Italiens produisent plus, c'est surtout qu'ils sont moins nombreux à se partager la richesse produite », estime Jacopo Sala, rappelant les piètres performances transalpines depuis le début du siècle. Selon l'Istat, entre 2000 et 2019, le taux de croissance moyen a été de 0,38 % et n'a dépassé les 1 % qu'en 2015 et 2016.

Une productivité amorphe

Si l'on considère le poids global de l'économie italienne dans la zone euro, il est passé de 18,9 % en 2000 à 15,7 % attendu cette année. Alors que le moteur de la croissance tournait au ralenti, celui de la productivité tombait en panne. En 2000, le travailleur italien moyen générait un PIB supérieur de 18,2 % à celui de son collègue dans la zone euro, en moyenne. Un niveau qui s'est effondré, à -1,1 % en 2020.

Si la productivité d'un Italien dépassait celle d'un Français en 2000, elle était inférieure de 9 % en 2020 et de 2,1 % cette année. La légère amélioration de ces dernières années n'enrayera pas le déclin de la production industrielle, qui a reculé de 20 % depuis 2000. Sur la même période, la productivité horaire a progressé d'à peine 1,3 % en Italie tandis qu'elle bondissait de 15 % en France et de 20 % en Allemagne et en Espagne.

« Cela s'explique par les secteurs sur lesquels repose traditionnellement la croissance italienne, ajoute Jacopo Sala. L'hôtellerie, la restauration, le tourisme, le commerce au détail… demandent un important capital humain mais sont peu innovants. La Banque d'Italie pointe également la responsabilité des entreprises qui ont négligé les investissements en recherche et innovation, surtout après le Covid et la guerre en Ukraine. Elles ont préféré embaucher des travailleurs peu qualifiés à qui elles versent les salaires parmi les plus bas d'Europe. »

Les pays du Sud sur le devant de la scène

Si la richesse par habitant a augmenté en Italie, c’est également parce que la natalité est de plus en plus faible. Le nombre d’habitants, qui est tombé sous le seuil symbolique des 60 millions, a fondu de plus de 700 000 personnes sur les cinq dernières années. Par conséquent, les parts de PIB pour chaque habitant sont plus élevées.

Ces nouveaux chiffres italiens contrastent tout de même avec ceux de ses voisins européens du Nord. L’Allemagne tâtonne pour sortir durablement de deux années de récession et la France fait du surplace, avec des croissances proches de 0, tout en voyant ses déficits se creuser. Les pays du Sud, de leur côté, reviennent sur le devant de la scène. Des pays comme l’Italie, mais aussi l’Espagne, ont aujourd’hui des économies plus dynamiques que les deux mastodontes européens.

mardi 29 avril 2025

Le Canada sous les libéraux : cancre de la croissance économique depuis 10 ans


 

Chiffres légèrement différents ci-dessous (pas en parité de pouvoir d'achat et sur 9 ans et demi)


Et toute cette croissance « malgré l'immigration record » au Canada. 



dimanche 23 février 2025

23 au 24 février 1525, Pavie. Un désastre français.

En 1525, François Ier était capturé par les troupes de Charles Quint à Pavie. Pour obtenir sa libération, le roi dut se parjurer.

C’était il y a cinq cents ans. Dans la nuit du 23 au 24 février 1525, alors que les troupes de François Ier assiégeaient depuis quatre mois la ville de Pavie, à 35 kilomètres au sud de Milan, une contre-attaque de l’armée de Charles Quint tournait à la déroute pour les Français. Non seulement ils étaient battus, mais le roi était fait prisonnier par Charles de Bourbon, son ancien connétable qui l’avait trahi en se mettant au service de l’empereur. À sa mère, la régente, Louis de Savoie, le monarque écrivit cette phrase poignante :  « De toutes choses ne m’est demeuré que l’honneur, et la vie qui est sauve. »

Julien Guinand, maître de conférences de l’université catholique de Lyon, raconte cet affrontement qui, dans le contexte des guerres d’Italie et de la rivalité ouverte en 1521 entre le roi et l’empereur, a infléchi le cours de l’histoire (1). Le chapitre dans lequel l’auteur, s’appuyant sur les sources les plus récentes, passe au crible de la critique historique le célèbre livre que Jean Giono consacra en 1963 au « désastre de Pavie » n’est pas le moins intéressant de cet ouvrage savant. Savant, mais d’une lecture aisée.


De son côté, Jean-Marie Le Gall, professeur d’histoire moderne à l’université de Paris I Panthéon-sorbonne, publie une édition revue et augmentée du livre qu’il avait consacré, il y a dix ans, aux conséquences de la bataille de Pavie (2). Emmené en captivité à Madrid, François Ier dut signer, en janvier 1526, un traité dans lequel, en échange de sa libération, il abandonnait ses droits sur Milan et Naples et sur le duché de Bourgogne, et laissait en gage ses deux fils aînés, le dauphin François et son frère Henri (le futur Henri II), âgés de 7 et 6 ans. Cependant, aussitôt libéré, le roi rompit sa promesse en incitant la Bourgogne à refuser d’être détachée du royaume. Pourquoi ce parjure en un temps où la parole donnée était sacrée ? Jean-Marie Le Gall répond à cette question en analysant, dans une synthèse limpide, les enjeux multiples de l’antagonisme entre le roi de France et l’empereur. La guerre ayant repris, la paix de Cambrai, en 1529, sera une paix de compromis : Charles Quint renoncera à la Bourgogne et François Ier à l’italie. en 1530, les fils du roi seront relâchés. Vingt ans plus tard, Henri II poursuivra la politique de son père, mais devra, lui aussi, renoncer à toute prétention sur l’Italie.


(1) Pavie, 1525, de Julien Guinand, Perrin, 320 pp.
(2) L’Honneur perdu de François Ier. Pavie, 1525, de Jean-Marie Le Gall, Puf, 556 pp..

Source : Figaro Magazine

samedi 4 janvier 2025

Marcelo Gullo Omodeo : « Il n’y eut pas d’invasion espagnole de l’Amérique mais une libération »

La trilogie que le politologue Marcelo Gullo Omodeo consacre à la conquête de l’Amérique latine a ouvert en Espagne un immense débat sur l’historicité de la légende noire. Entretien paru dans Le Figaro Histoire de décembre 2024. Le point de départ de la colère de Marcelo Gullo est l’injonction d’Andres Lopez Obrador au roi d’Espagne, en 2019. Le président du Mexique demanda à Philippe VI d'Espagne de présenter les excuses de son pays pour la conquête du Mexique par Hernan Cortés en 1519.

Marcelo Gullo Omodeo n’a pas une goutte de sang espagnol dans les veines : ses quatre grands-parents étaient italiens, et ils ont émigré en Argentine à partir des années 1930. Consacré à la légende noire de la conquête de l’Amérique latine, son livre Ceux qui devraient demander pardon se présente pourtant comme un plaidoyer en faveur de l’Espagne comme il n’en existe aucun autre. « Dans le cadre du “tribunal de l’histoire”, l’Espagne a été jugée par des juges partiaux à l’aide de faux témoins », écrit-il dans son introduction.

Scène sacrificielle du Codex Laud, un manuscrit mazatèque conservé à Oxford (Royaume-Uni). Ce codex précolombien détaille l'initiation des prêtres. C'est le mieux conservé des manuscrits précolombiens, la plupart des peintures étant en parfait état.

dimanche 8 décembre 2024

Prôner l'absence de barrières pour son pays tout en résidant à l'étranger dans un quartier ultra-sécurisé, isolé dans un entre-soi de millionnaires

« Ma France à moi, c’est une France remplie de mixité où on ne met pas de barrière…», affirme la vedette de la balle au pied Mbappé.

Ledit Kylian Mbappé (il serait français, son prénom ne l'indique pas...) habite une villa de 11 millions € dans le quartier ultra-sécurisé de La Finca à Madrid où il faut pourtant franchir beaucoup de barrières pour y accéder…


mercredi 30 octobre 2024

Macron, en vieillissant, trouve du charme à la colonisation (arabo-musulmane)

Réaction d'Éric Zemmour aux déclarations récentes d'Emmanuel Macron.

On le savait depuis longtemps : souvent Macron varie, fol qui s’y fie. On l’avait connu anti colonialiste flamboyant, donneur de leçon impénitent : « la colonisation, avait-il lancé, à l’aube de son premier mandat, c’est un crime contre l’humanité ». Et puis, les années ont passé. Macron, en vieillissant, trouve du charme à la colonisation. C’est l’occasion d’échanges culturels entre deux civilisations, prétend-il désormais. Et ça laisse des merveilles architecturales aux peuples colonisés.

Vous croyez qu’Emmanuel Macron, Président de la République française, fait ainsi l’éloge de la colonisation par la France ? Vous n’y êtes pas du tout. Il évoquait El Andalous, c’est-à-dire l’époque bénie, selon lui, quand l’islam pendant sept siècles, entre le VIIe et le XVe siècle, occupa le sud de l’Espagne, et même une partie du sud de la France.

Et oui, pour Emmanuel Macron, la colonisation française est un crime contre l’humanité, mais la colonisation musulmane est un lit de roses. Un éternel regret.

Macron, c’est le chauvinisme à l’envers. C’est la haine de soi - ou plutôt, car cet homme a plutôt l’air de bien s’aimer - la haine de la France, de son peuple, de son histoire.

Macron, c’est l’ignorance surtout. Macron croit qu’il tire les leçons de l’histoire, alors qu’il ne fait que recracher un mythe. Un mythe qui avait pignon sur rue quand le jeune Emmanuel avait vingt ans et préparait l’ENA. Le mythe de l’existence harmonieuse des trois religions, juive, chrétienne et musulmane, sous la férule bienveillante et tolérante de l’islam. Le mythe de El Andalous. Un mythe déconstruit par un des plus grands historiens espagnols, Serafin Fanjul, il y a quelques années.

Oui, monsieur le Président, le livre a été traduit en Français. Et malgré les nécessaires restrictions budgétaires, je suppose que l’Élysée peut encore acheter des livres.

Lisez-le et offrez-le à tous vos collaborateurs. Ils découvriront - et vous avec - que la colonisation musulmane fut tout sauf bienveillante, que la conquête fut sanglante et féroce, qu’elle instaura un régime de discriminations, proche de l’apartheid dans l’Afrique du Sud du XXe siècle, pour les chrétiens et les juifs, qui n’avaient pas le droit de posséder des armes, de monter à cheval, devaient porter des vêtements particuliers, étaient les seuls à payer un impôt et vivaient dans des ghettos. On appelait ces sous-hommes des dhimmis.

Surtout, les fameux échanges culturels que fantasme Emmanuel Macron étaient réduits à néant. C’est même le propre de toutes les conquêtes islamiques, que ce soit en Europe ou au Moyen-Orient. Vainqueurs, les conquérants imposent toujours la langue arabe, le Coran et Allah. Tout le contraire des barbares venus du Nord, les Francs ou les Goths qui, lorsqu’ils s’emparèrent de l’Empire romain d’Occident, se convertirent au christianisme, parlèrent le latin, et épousèrent des femmes gallo-romaines. Enfin, ce sont des chrétiens et des juifs qui, vivant dans les pays du Moyen-Orient, conquis par les soldats de Mahomet, traduisirent en arabe, ou en latin, les précieux textes d’Aristote, ouvrant la porte à l’éclosion des connaissances et des découvertes de la Renaissance. En Europe et par l’Europe et pour l’Europe.

Sans Charles Martel, sans la Reconquista espagnole, sans les croisades, l’Europe n’aurait jamais connu un telle liberté et une telle explosion du savoir, car elle serait restée sous le joug islamique, qui interdisait tout autre livre que le Coran, et toute vérité qui ne venait pas d’Allah.

Mais au-delà d’une querelle historique, les propos d’Emmanuel Macron résonnent particulièrement en France, où des millions de musulmans vivent, et dont un nombre croissant refuse de s’assimiler et impose ses moeurs, son Dieu, son Coran, sa langue arabe, dans des quartiers de plus en plus nombreux, où les Français de souche ont le choix entre partir ou s’islamiser.

Avec ses propos tenus au Maroc, c’est comme si le Président leur donnait carte blanche. Comme s’il bénissait « ces formidables échanges culturels » entre deux civilisations. Comme s’il appelait toujours plus d’immigration, arabo-musulmane à venir conquérir la France et l’Europe.

Emmanuel Macron est le premier président dhimmi de la République française.

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lundi 9 septembre 2024

Le nombre de naissances au Québec se maintient, mais la fécondité continue de s'y effondrer

L'Institut de la statistique du Québec a publié le nombre des naissances pour les 6 premiers mois de 2024. Le nombre des naissances est statistiquement stable (37 700 naissances en 2023 pour ce premier semestre, 37 900 en 2024). En 1957, il était né environ deux fois plus d'enfants sur cette période (144 432 pour 12 mois) alors que le Québec avait une population deux fois plus petite (4,628 millions d'habitants).

Toutefois, la population du Québec étant en forte progression (+ 216 677, soit 2,46 % d'augmentation), le taux de natalité calculé en fonction de la population et l'indice de fécondité (ISF) en fonction du nombre de femmes en âge de procréer devraient tous deux encore baisser, probablement d'environ 2 %.  La population du Québec au 2e trimestre de 2023 était estimée à 8 814 007 et celle au 2e trimestre 2024 à 9 030 684.

En conséquence, selon le site BirthGauge, l'indice synthétique de fécondité devrait être d'environ 1,34 enfant/femme au Québec en 2024, il était de 1,38 en 2023 et de 1,67 en 2015.

Indices de fécondité de 2001 à 2023, avec les prévisions pour 2024 selon BirthGauge. Seuls les États-Unis parmi les pays illustrés verraient leur indice de fécondité légèrement augmenter.

Entretemps en Israël, l'ISF (nombre d'enfants par femme) pour 2024 sur la base des données de naissance de janvier 2024 à juin 2024 (avec les données de 2023 entre parenthèses) par ethnie et religion a été publié:

  • Israël 2,78 (2,81)
    • Par ethnie:
      • Juifs et autres 2,84 (2,84)
      • Arabes 2,53 (2,63)
    • Par religion:
      • Juifs 2,99 (2,97)
      • Musulmans 2,70 (2,79)
      • Juifs laïcs 1,9
      • Chrétiens 1,42 (1,55)
      • Druzes 1,62 (1,75)
      • Sans religion 1,07 (1,19)

Légère augmentation de la natalité des juifs ce qui comprend des juifs religieux et laïcs (quasiment 3 enfants par femme en moyenne), baisse de tous les autres groupes ethniques et religieux, les athées (surtout des immigrants de Russie d'ascendance juive) sont à 1,07 enfant par femme, soit une division de la descendance par deux à chaque génération...  

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Muhammad serait le prénom le plus populaire pour les nouveau-nés en 2022 en Grande-Bretagne alors que le taux de natalité baisse

L’Europe de l’Est en proie à une démographie en chute libre

vendredi 2 août 2024

Madrid ne pourra plus lever d'impôt en Catalogne selon un préaccord

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, à gauche et le président de la Généralité catalane Pere Aragonès

Le Parti des socialistes de Catalogne (PSC), arrivé premier mais sans majorité absolue aux élections régionales de mai dernier, est parvenu à un « préaccord » avec la gauche indépendantiste catalane (ERC). Le pacte prévoit que les députés régionaux d’ERC votent l’investiture du candidat socialiste, Salvador Illa, à la tête de la région, en échange d’une série de conditions programmatiques dont la plus spectaculaire concerne les impôts. Le PSC s’engage, avec le feu vert du gouvernement espagnol du socialiste Pedro Sanchez, à céder à la région la capacité de lever l’ensemble des impôts sur son territoire, à lui transférer les compétences en matière de gestion et de contrôle fiscal, et à plafonner sa contribution au pot commun.

Des deniers publics qu’elle percevrait donc par elle-même, la Catalogne consentirait à en reverser une fraction à l’état. Fonds qui serviront d’un côté au remboursement des politiques régaliennes (défense, sécurité…) payées par Madrid et dont bénéficie la Catalogne, et de l’autre à une solidarité avec les territoires moins favorisés. Mais cette solidarité sera limitée par le principe dit d’ordinalité. Lequel, inscrit noir sur blanc dans l’accord, est une vieille revendication des indépendantistes catalans qui limite la redistribution fiscale. En clair, si la Catalogne, parce qu’elle a sur son sol davantage de contribuables aisés que d’autres régions, est la deuxième contributrice par habitant, elle doit être la deuxième réceptrice des fonds versés par l’état. Et ce indépendamment des besoins de ses habitants.

Le projet doit encore être entériné par un vote des militants de la gauche indépendantiste (ERC), prévu ce vendredi, puis traduit par une loi dont il n’est pas dit qu’elle convainque la majorité des députés espagnols. Sur le papier, le plan ressemble beaucoup à ce qui existe déjà au Pays basque et en Navarre depuis le retour de l’Espagne à la démocratie, un système hérité de privilèges féodaux. Sauf que le PIB catalan représente 19% du PIB espagnol, contre 6 % pour le Pays basque et 1,7 % pour la Navarre.

« L’état ne peut pas se permettre de renoncer à lever l’impôt sur près de 30 % de son économie, dans trois des régions les plus riches en PIB par habitat, résume Ignacio Zubiri, professeur de finances publiques à l’université du Pays basque (UPV). C’est un jeu à somme nulle. Tout le monde perd sauf la Catalogne, qui gagne. Si cette dernière ne participe plus, ou très peu, à la solidarité nationale, il ne restera que la région de Madrid pour financer l’éducation ou la santé publique des communautés les moins dotées. Et face à une crise économique, il n’y aura plus que les pauvres à qui augmenter les impôts. » Zubiri souligne enfin le paradoxe de confier les clés du Trésor public à qui promeut la partition du pays.

« Imaginez un instant qu’au moment de déclarer l’indépendance, en 2017, ils aient eu la main sur tous les impôts… »

La proposition catalane scandalise les autres communautés autonomes, l’opposition de droite et même une partie significative des « barons » du Parti socialiste espagnol (PSOE). « Ça suffit ! », s’est rebellé le président socialiste de la Castille-la Manche, Emiliano Garciapage, connu pour sa liberté de ton et, cette fois-ci, suivi par plusieurs homologues d’ordinaire plus réservés.

«Qu’une communauté autonome exige de recevoir autant que ce qu’elle apporte est obscène et honteux. Botin (la multimillionnaire PDG de la banque Santander, NDLR) ne doit pas recevoir autant que ce qu’elle paie », a-t-il illustré.

Le texte prévoit que dès 2026 l’agence des impôts catalane, qui ne gère aujourd’hui que des taxes mineures, perçoive elle-même l’impôt sur le revenu.

Conscients, peut-être, que la quasi-indépendance fiscale n’est pas acquise, les signataires ont prévu toute une série de dispositions transitoires, dont le fameux principe d’ordinalité et en plus une augmentation « substantielle » des transferts de l’État dans la région.