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mercredi 15 juillet 2026

« Les Gaulois n’étaient pas des Blancs ! », affirme Houria Bouteldja

L’affirmation selon laquelle les Gaulois ne seraient pas « blancs » parce qu’ils ne se seraient jamais eux-mêmes définis ainsi revient régulièrement dans certains discours décoloniaux. Houria Bouteldja, militante décoloniale, défend dans la vidéo ci-dessous une lecture selon laquelle la catégorie de « Blanc » serait une construction moderne essentiellement liée à l’histoire coloniale européenne et qu’il serait donc anachronique de projeter cette identité sur les populations européennes anciennes.

Sur un point précis, cette affirmation est juste : les Gaulois ne se considéraient pas comme des « Blancs » au sens contemporain. La catégorie raciale moderne de « Blanc », opposée à d’autres catégories comme « Noir » ou « Jaune », n’existait pas dans l’Antiquité.

Mais cette observation, ne permet pas de conclure que les différences physiques entre populations anciennes étaient ignorées, ni que l’identité européenne des populations gauloises serait une invention récente. Le raisonnement repose sur une confusion : il assimile l’absence de catégories raciales modernes à l’absence de toute perception des différences humaines.

Or l’histoire montre exactement l’inverse.

Les Anciens observaient et décrivaient les différences physiques entre peuples

Les Grecs et les Romains ne possédaient pas une théorie raciale comparable à celles qui apparaîtront plusieurs siècles plus tard. Ils n’avaient pas élaboré une classification mondiale des êtres humains fondée sur des races biologiques fixes.

Cependant, ils observaient parfaitement les différences entre populations.

Diodore de Sicile décrit les Gaulois comme des hommes de grande taille, à la peau claire et aux cheveux souvent blonds. Il rapporte également que certains Gaulois éclaircissaient leurs cheveux avec de la chaux afin d’accentuer cette apparence. Ce détail est particulièrement révélateur : l’apparence physique constituait déjà un élément de représentation collective.

Jules César, dans La Guerre des Gaules, insiste sur la stature, la force physique et l’apparence guerrière des Gaulois. Strabon et d’autres auteurs grecs ou romains décrivent également les populations celtiques comme distinctes des peuples méditerranéens.  « Aux yeux de la plupart des Gaulois, notre petite taille, à côté de leur haute stature, est un objet de mépris. » [« plerumque Gallis hominibus nostrae statutis, prae magnitudine corporum suorum, brevitas contemptui sit »] (La Guerre des Gaules, Livre II, XXX).

Ces descriptions ne signifient pas que les Romains avaient une vision raciale moderne. Elles montrent simplement une réalité universelle : les sociétés humaines remarquent les différences physiques, culturelles et linguistiques entre groupes.

Chez les Grecs, Homère (VIIIe s. av. J.-C.) fut le premier à employer le terme Aithiops (Αἰθίοψ, « visage brûlé ») pour désigner les Éthiopiens, qu’il place aux extrémités du monde (Iliade I, 423 ; Odyssée I, 23) ; l’étymologie implique déjà une peau sombre due au soleil ou à la nature. Hérodote (Ve s. av. J.-C.) décrit dans Histoires (III, 20 et 114) les Éthiopiens comme « les plus grands et les plus beaux des hommes », à la peau très noire, aux cheveux crépus, et loue leur force et leur longévité.  Diodore de Sicile (historien grec du Ier s. av. J.-C.) en dresse un portait moins flatteur : «  Presque tous et entre autres ceux qui sont nés le long du fleuve ont la peau noire, le nez camus et les cheveux crépus. Ils paraissent très sauvages très féroces et le sont pourtant beaucoup moins par tempérament que par volonté et par affectation. Ils sont fort secs et fort brûlés, leurs ongles sont toujours longs comme ceux des animaux, ils ne connaissent point l'humanité, ils ne poussent qu'un son de voix aigu.»

L’idée selon laquelle les Anciens auraient vécu dans un monde où la couleur de peau et l’apparence n’auraient jamais compté est donc — comment dire ? — historiquement fragile.

La race moderne est une construction récente, mais les différences humaines ne le sont pas

Il faut distinguer deux phénomènes souvent confondus.

D’un côté, les classifications raciales modernes — Blanc, Noir, Jaune, Caucasien, etc. — se développent surtout entre le XVIIIe et le XIXe siècle, avec des auteurs comme Carl von Linné ou Johann Friedrich Blumenbach. Cela fait partie du scientisme des Lumières. Ces catégories prétendaient établir des divisions biologiques globales entre groupes humains et furent ensuite utilisées dans différents projets politiques, notamment coloniaux.

De l’autre côté, les distinctions entre peuples, les identités collectives et les perceptions physiques existent depuis l’Antiquité.

Les Grecs opposaient les Hellènes aux « barbares ». Les Romains distinguaient les citoyens romains des peuples extérieurs à leur ordre politique. Les Chinois anciens décrivaient également les peuples voisins selon leurs propres catégories culturelles et physiques.

Partout, on retrouve une logique similaire : la distinction entre « nous » et « eux ».

L’ethnocentrisme n’est donc pas une invention occidentale moderne. Il est une tendance humaine ancienne, présente dans de nombreuses civilisations.

Les données archéogénétiques confirment l’ancrage européen des populations gauloises

Les découvertes récentes en génétique ancienne apportent également des éléments importants.

Les analyses réalisées sur plusieurs sites funéraires de l’âge du Fer en Gaule, notamment dans les ensembles associés à la culture de La Tène, montrent que les populations gauloises s’inscrivent dans la continuité des grandes transformations démographiques européennes de l’âge du Bronze.

Les études menées sur des sites comme Urville-Nacqueville ou Gurgy indiquent une présence importante d’ascendances liées aux populations européennes de la steppe, ainsi qu’une forte représentation des lignées paternelles R1b, notamment le sous-clade U152, fréquemment associé à l’Europe occidentale.

Ces données confirment une réalité historique simple : les Gaulois étaient une population européenne ancienne, issue des mêmes grands ensembles démographiques qui ont contribué à former les populations d’Europe occidentale actuelles, ce que le profane appellerait les populations « blanches ».

Le piège de l’anachronisme : nier une réalité parce que le vocabulaire est moderne

L’erreur fondamentale de certaines lectures décoloniales consiste à transformer une remarque linguistique en conclusion historique.

Dire qu’un Gaulois ne se définissait pas comme « Blanc » est exact.

Mais dire qu’il n’existait aucune continuité entre les populations européennes anciennes et l’identité européenne moderne est une autre affirmation, beaucoup plus difficile à défendre.

Les concepts changent avec le temps. Les Français du Moyen Âge ne se définissaient pas comme « citoyens français » au sens républicain moderne, mais cela ne signifie pas que la France médiévale n’existait pas.

De même, l’absence du mot « Blanc » dans l’Antiquité ne signifie pas l’absence de populations européennes, ni l’absence de perception des différences physiques.

S'ouvrir au monde musulman

Cette question « raciale » dépasse largement l’Europe. Elle concerne aussi l’histoire des sociétés musulmanes, africaines et asiatiques.

L’un des problèmes de certains récits contemporains est de présenter le racisme ou les préjugés d’origine comme une spécificité presque exclusive de l’Europe moderne.

Or l’histoire montre une réalité plus complexe.

La traite transsaharienne, qui s’est développée pendant de nombreux siècles, impliquait des acteurs multiples — arabes, berbères, africains et autres — et concernait notamment des populations subsahariennes. Certaines personnes réduites en esclavage étaient déjà musulmanes.

Cette situation créait une contradiction avec le principe religieux interdisant théoriquement l’asservissement de musulmans libres. Dans certains contextes, des justifications furent alors mobilisées : populations subsahariennes décrites comme insuffisamment islamisées, hérétiques, extérieures à la véritable communauté des croyants, ou culturellement inférieures.

La figure du « mauvais musulman » pouvait ainsi devenir un moyen de contourner une interdiction religieuse tout en maintenant des pratiques économiques et politiques existantes.

Comme dans d’autres sociétés historiques, les principes universels pouvaient entrer en contradiction avec les intérêts des puissants ou les préjugés du commun.

Le colorisme et les hiérarchies internes aux sociétés musulmanes

Les sociétés musulmanes historiques n’étaient pas fondées sur les classifications raciales modernes européennes. Il serait donc anachronique de leur appliquer directement les catégories du XIXe siècle.

Cependant, cela ne signifie pas qu’elles étaient exemptes de préjugés liés à l’origine ou à la couleur.

Dans plusieurs régions du monde islamique, des populations noires ont été associées à des représentations négatives. Le terme « Zanj », utilisé dans certaines sources médiévales pour désigner des populations africaines orientales, apparaît parfois dans des contextes marqués par des stéréotypes.

Des formes de colorisme ont également existé : dans certains milieux, les peaux plus claires pouvaient être davantage valorisées socialement.

La conversion religieuse ne suffisait donc pas toujours à effacer les différences de statut ou d’origine.

Les dynasties musulmanes : persistance des hiérarchies « des populations »

Dans l’Empire ottoman, par exemple, les mères des sultans provenaient majoritairement de populations européennes ou caucasiennes intégrées au système du harem impérial : Grecques, Slaves des Balkans, Circassiennes, Géorgiennes ou autres populations du Caucase. Les sultans ottomans avaient donc généralement une apparence proche des populations européennes ou caucasiennes de leur époque.

La présence de femmes d’origine subsaharienne dans les harems ottomans a bien existé, notamment à travers les réseaux de traite d’esclaves africains, mais elle ne constituait pas la source d’ascendance maternelle des souverains ottomans. Pour les 36 sultans ottomans, on ne connaît aucune mère de sultan clairement identifiée comme subsaharienne noire dans l’historiographie dominante.

Le mouvement N’Ko et la recherche d’une autonomie culturelle africaine

Ces questions permettent également de comprendre certaines réactions intellectuelles venues d’Afrique de l’Ouest, notamment autour du mouvement N’Ko.

Ce courant, fondé au XXe siècle par Souleymane Kanté, cherche à valoriser une identité culturelle mandingue et à promouvoir une écriture adaptée aux langues africaines. Le choix d’un alphabet propre plutôt que l’utilisation exclusive de l’alphabet arabe peut être compris comme une volonté d’autonomie culturelle.

Pour certains militants, il s’agissait d'un refus de certaines formes de domination culturelle venues de sociétés arabophones ou arabisées. Les relations entre le Maroc (qui a longtemps dominé le sahel occidental) et les Mandingues ayant été tendues : le Maroc asservissant les populations locales, même après leur islamisation.

L’histoire humaine est plus complexe qu’un récit d'un monde innocent avant la colonisation par l'Europe censément unique inventrice du racisme ou du mépris envers les étrangers.

Déconstruire une idéologie ne doit pas conduire à reconstruire le passé selon une autre idéologie. La vérité historique exige de reconnaître une réalité moins confortable : les sociétés humaines ont toujours observé les différences entre groupes, parfois avec curiosité, parfois avec mépris, parfois avec domination.

lundi 13 juillet 2026

Xénophobie — Scènes chaotiques et tendues devant les grilles d’une école primaire sud-africaine

Des dizaines de milliers d'étrangers fuient l'Afrique du Sud, terrifiés et traumatisés, suite à la vague de violences xénophobes et aux manifestations anti migrants.

En Afrique du Sud, la situation reste tendue autour de la question migratoire. Un comité interministériel chargé des migrations a annoncé dimanche que plus de 53 000 personnes ont été expulsées et rapatriées ces cinq dernières semaines.

Un Nigerian, chef d'entreprise, possède tous ses papiers en Afrique du Sud, à qui il a été demandé de partir, qui parle. Il explique et eux répondent qu'ils n'en ont cure (en termes plus crus). « Je suis un immigrant légal. J'ai passé plus de 13 ans à bâtir une entreprise en Afrique du Sud, créant des emplois et formant plus de 20 Sud-Africains. Je paye mes cotisations et possède tous les documents nécessaires. Si le gouvernement me demande de partir, je le ferai. Mais je ne me laisserai pas chasser par des menaces ou la pression d'une foule ».

Les attaques contre des migrants africains se multiplient en Afrique du Sud depuis le début de l’année. Près de 50 000 migrants illégaux ont quitté l’Afrique du Sud ces dernières semaines tandis que des mouvements anti-immigration gagnent en visibilité.

AFRIQUE DU SUD 🇿🇦: quelles sont les connexions politiques derrière le mouvement anti-immigration ? Des milliers de Sud-Africains ont marché dans plusieurs grandes villes du pays, mardi 30 juin 2026, pour protester contre l’immigration illégale. Alors que le pays connaît une résurgence de violence xénophobe, ciblant les migrants africains, qu’ils soient dans le pays légalement ou non, l'organisation « March and March », née en mars dernier, s'est imposée comme le porte-voix de la colère des Sud-Africains en matière de migration. Si l'organisation se dit citoyenne, ces marches ont aussi une dimension politique à l'approche des élections municipales ( RFI)





Billet du 28 avril

La vidéo ci-dessous montre des scènes chaotiques et tendues devant les grilles d’une école primaire sud-africaine. On y voit des membres de groupes anti-immigration, dont Operation Dudula, bloquer l’accès aux enfants et parents étrangers (principalement d’autres pays africains), dans une ambiance de confrontation et de cris. 

L’incident s’est déroulé à Durban (KwaZulu-Natal), précisément devant l’Addington Primary School, dans le quartier de Point / South Beach. Les faits remontent principalement au 21 janvier 2026 (avec des protestations ayant commencé dès la rentrée scolaire autour du 14 janvier). 

Des parents sud-africains, soutenus par Operation Dudula, le mouvement March and March et des sympathisants du parti uMkhonto weSizwe (MK Party) fondé par l'ancien président Zuma, accusaient l’école de prioriser les enfants de ressortissants étrangers au détriment des élèves locaux.La police sud-africaine était présente en nombre important. 

Elle est intervenue pour disperser la foule à l’aide de canons à eau et de grenades assourdissantes, afin de protéger les élèves et de maintenir l’ordre. Des enquêtes pour incitation à la violence publique ont été ouvertes contre certains organisateurs des manifestations.

Dans cette autre vidéo, un homme noir crie « Retournez dans votre fichu pays, bande d'inutiles. Vous n'êtes pas capables de vous battre contre votre propre gouvernement, alors vous venez en Afrique du Sud. Bande de salauds. » Avant cela, une femme noire en vert crie « Voertsek parapara» (Foutez le camp parasites, voertsek = ouste, dégage !, c'est le terme afrikaans pour chasser un animal importun, alors que parapara signifie parasite en tsotsitaal.)

Qu’est-ce qu’Operation Dudula ?

Operation Dudula est un mouvement citoyen vigilante sud-africain, né vers 2021-2022, qui milite pour « mettre les Sud-Africains d’abord ». Il cible particulièrement l’immigration illégale, la concurrence sur les emplois, les logements et les services publics (écoles et hôpitaux). 

Le groupe organise régulièrement des patrouilles et des protestations contre les migrants, souvent accusé de xénophobie, surtout envers les autres Africains noirs.Le nom « Dudula » vient de l’isiZulu (langue zouloue, majoritaire au KwaZulu-Natal). Il signifie « forcer dehors », « repousser », « expulser » ou « renverser ». Il reflète directement l’objectif affiché du mouvement : expulser les immigrants non documentés pour réserver les ressources aux citoyens sud-africains.

Cet événement s’inscrit dans un contexte plus large de fortes tensions socio-économiques en Afrique du Sud : chômage élevé, pression sur les infrastructures publiques et débats récurrents sur l’immigration. La Constitution sud-africaine garantit cependant le droit à l’éducation pour tous les enfants présents sur le territoire, indépendamment du statut migratoire de leurs parents.

mercredi 17 décembre 2025

La femme reconnue comme « la première Britannique noire » par la BBC était en réalité blanche

Reconstitution par Face Lab de la femme de Beachy Head, blonde aux yeux bleus
Des tests ADN montrent que la femme de Beachy Head était originaire du sud de l'Angleterre
 

Une analyse ADN prouve que la femme de Beachy Head était blonde aux yeux clairs.

Une nouvelle étude génétique a révélé qu'une femme reconnue comme « la première Britannique noire » par la BBC était en réalité blanche.

En 2016, la série Black and British: A Forgotten History suggérait que le squelette romain d'une femme trouvé à Beachy Head provenait d'Afrique subsaharienne.

Une plaque a été érigée pour commémorer son héritage, mais elle a ensuite été retirée lorsqu'une étude a suggéré que la femme était plus probablement originaire de Chypre, avec un teint méditerranéen.

Une nouvelle analyse ADN du squelette réalisée par des scientifiques du Musée d'histoire naturelle a maintenant montré que la femme était originaire du sud de l'Angleterre et qu'elle était blanche, avec des cheveux blonds et des yeux clairs.

La plaque dédiée à la femme de Beachy Head. Elle a été retirée en 2022.

Le Dr William Marsh, qui a mené l'étude génétique, a déclaré : « Grâce à des techniques ADN de pointe, nous avons pu déterminer les origines de cette personne. Nous avons montré qu'elle possède un patrimoine génétique très similaire à celui d'autres individus issus de la population locale de la Grande-Bretagne à l'époque romaine. »

L'affirmation selon laquelle le squelette était d'origine africaine a été faite dans la série documentaire du professeur David Olusoga, qui racontait l'histoire de la « relation durable entre la Grande-Bretagne et les personnes dont les origines se trouvent en Afrique ».

Dans le premier épisode, la femme de Beachy Head était présentée comme « d'origine subsaharienne » et le programme montrait une reconstitution de ses traits, avec une peau, des cheveux et des yeux foncés.

Dans l'émission, le professeur Olusoga a fait remarquer qu'« elle est une Britannique noire », tandis que Jo Seaman, archéologue experte, a expliqué que ses origines africaines et l'âge de ses restes faisaient probablement d'elle la « première Britannique noire ».

L'émission de la BBC présentait la femme de Beachy Head comme « originaire d'Afrique subsaharienne » sous cette forme.

Cependant, en 2017, une première étude génétique a suggéré qu'elle venait de la Méditerranée, peut-être de Chypre, plutôt que d'Afrique. À la lumière de ces recherches, la plaque a été retirée en 2022.

Le squelette datant de l'époque romaine aurait été découvert dans les années 1950, bien qu'aucun détail sur les fouilles n'ait jamais été trouvé. Les restes ont été redécouverts dans une boîte parmi les collections de la mairie d'Eastbourne en 2012, avec une étiquette suggérant qu'ils avaient été trouvés à Beachy Head.


Localisation de Beachy Head dans le Sud-Est de l'Angleterre.

Il est désormais confirmé que cette femme descendait de la population britannique locale du sud de l'Angleterre à l'époque romaine. La datation au radiocarbone a montré qu'elle est morte entre 129 et 311 après J.-C., ce qui correspond à l'occupation romaine de la Grande-Bretagne.

L'analyse de ses restes squelettiques suggère qu'elle était âgée d'environ 18 à 25 ans au moment de sa mort et mesurait un peu plus d'1,50 mètre. Une blessure cicatrisée à la jambe suggère qu'elle a subi une blessure grave mais non mortelle à un moment donné de sa vie.

L'analyse alimentaire des valeurs de carbone et d'azote dans ses os a également révélé que son régime alimentaire comprenait probablement beaucoup de fruits de mer.

Le livre pour enfants de l’auteur britannique d’origine nigériane Atinuke affirme que « chaque Britannique est issu d’un migrant », mais que « les tout premiers Britanniques étaient noirs ».

Le Dr Selina Brace, du Musée d'histoire naturelle de Londres, a déclaré : « Nos connaissances et notre compréhension scientifiques évoluent constamment, et en tant que scientifiques, notre travail consiste à continuer à chercher des réponses.

Grâce aux progrès technologiques réalisés au cours de la dernière décennie, depuis que la femme de Beachy Head a été découverte, nous sommes ravis de présenter ces nouvelles données complètes et d'en savoir plus sur cette personne et sa vie. »

Le débat scientifique sur la couleur de peau des premiers Britanniques fait rage, certains chercheurs suggérant que les constructeurs de Stonehenge étaient noirs.

Cependant, certaines études génétiques ont montré que les habitants de la Grande-Bretagne à l'époque où Stonehenge a été achevé, vers 2 500 avant J.-C., étaient des agriculteurs précoces à la peau claire, dont les ancêtres s'étaient répandus depuis l'Anatolie, l'actuelle Turquie.

Une analyse du « Cheddar Man » (le squelette d'un individu qui vivait dans le Somerset il y a 10 000 ans) réalisée par le Musée d'histoire naturelle suggère qu'il avait la peau foncée et les yeux bleus.

Cette étude a été publiée dans le Journal of Archaeological Science.

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jeudi 20 novembre 2025

Postes Canada et la récupération politique de l'esclavage (le timbre Marie Joseph Angélique)

Postes Canada a émis en 2025 un timbre à l’effigie de Marie-Josèphe Angélique (ci-dessous) avec le texte suivant :

Le 10 avril 1734, un incendie ravage une grande partie du quartier marchand de Montréal. Des dizaines de maisons et de bâtiments sont rasés. Marie Joseph Angélique, une esclave noire de 29 ans, est arrêtée. On dit qu’elle aurait allumé l’incendie pour échapper à sa maîtresse après avoir appris qu’elle avait été vendue et qu’elle pourrait être envoyée dans les Antilles.

Son procès dure plusieurs semaines ; plus de 20 personnes sont appelées à témoigner, mais aucune ne semble avoir été témoin du crime. La plupart accusent la jeune femme parce qu’elle avait déjà tenté de s’enfuir, affirmant qu’elle s’était aussi déjà rebellée contre sa maîtresse et l’avait menacée.

Marie Joseph Angélique maintient son innocence tout au long du procès. « Madame, je suis peut-être malveillante, mais je ne suis pas assez misérable pour commettre un tel acte », plaide-t-elle durant son interrogatoire. Elle est toutefois reconnue coupable, condamnée à mort et soumise à la torture jusqu’à l’obtention d’une confession. Le 21 juin 1734, elle est pendue sur la place publique.

Bien que les opinions des spécialistes soient partagées sur la culpabilité ou l’innocence de Marie Joseph Angélique, son histoire continue d’alimenter des conversations sur l’égalité raciale, la justice et l’importance de reconnaître les complexités du passé du Canada.

1. Opinions divergentes sur son innocence

Malgré le manque d’unanimité sur la culpabilité ou l’innocence de Marie Joseph Angélique, Postes Canada émet un timbre sur ce personnage mineur ressorti récemment par des militants de l’obscurité historique. Image-t-on faire un timbre sur un incendiaire (probable ou potentiel) blanc ?

2. Inexactitudes factuelles et omissions

Témoignages mal caractérisés :

L’article affirme que « plus de 20 personnes sont appelées à témoigner, mais aucune ne semble avoir vu le crime être commis ». Cette affirmation est partiellement inexacte. Le témoignage d’Amable Lemoine Monière, une fillette de 5 ans, est un témoignage direct, car elle déclara avoir vu Angélique transporter une pelle de braises au grenier, où l’incendie aurait débuté. Bien que ce témoignage soit douteux (en raison de l’âge de la témoin et du délai de six semaines), il constitue une preuve oculaire directe, contrairement à ce que l’article suggère. De plus, le témoignage de Marie-Manon, une esclave panis [indienne], rapportant des menaces d’Angélique, est également direct (paroles entendues), non un ouï-dire. L’article simplifie en laissant entendre que tous les témoignages étaient indirects, ce qui obscurcit la nature du procès.

Omission d’autres hypothèses (que la rébellion contre sa maîtresse)  : 

L’article ne mentionne pas que Thérèse de Couagne, la maîtresse d’Angélique, défendit son innocence, un fait rare pour une propriétaire d’esclave. Ces omissions renforcent un narratif simpliste de culpabilité ou de rébellion, sans refléter la complexité du procès.

L’article présente l’incendie comme un acte potentiellement lié à une tentative de fuite (« pour tenter une fois de plus de fuir sa servitude »), mais ne mentionne pas l’hypothèse crédible, avancée par Denyse Beaugrand-Champagne, que l’incendie pourrait avoir été accidentel (par exemple, causé par un feu de  cheminée ou de cuisine). Cette omission favorise une lecture dramatique au détriment des nuances historiques. On a la nette impression qu’on veut faire d’Angélique une rebelle à honorer.

3. Anachronismes et projection de concepts modernes

Symbole de résistance ?

Angélique comme symbole de résistance : L’article dépeint Angélique comme une femme qui « a cherché à résister à son esclavage et à s’en défaire comme elle le pouvait », suggérant que l’incendie était un acte de rébellion. Cette interprétation, influencée par Afua Cooper (The Hanging of Angélique, 2006), manque de preuves solides. 

Les archives ne confirment pas que l’incendie était un acte délibéré de résistance ; l’aveu d’Angélique fut extorqué sous torture, et son comportement (ne pas fuir, aider à sauver des meubles) contredit l’idée d’une fuite planifiée. Comme le critique Evelyn Kolish (Revue d’histoire de l’Amérique française, 2006), cette lecture projette une vision moderne de résistance noire sur un contexte où la gravité de l’incendie (45 maisons et l’Hôtel-Dieu détruits dans une ville de 3 000 habitants) et le statut d’esclave d’Angélique expliquent mieux sa condamnation.

Discours sur l’égalité raciale : 

L’article affirme que l’histoire d’Angélique « continue d’alimenter les conversations sur l’égalité raciale ». Cette perspective applique un cadre contemporain à une affaire de 1734, où la notion de « racisme systémique » n’existait pas.

Dans la Nouvelle-France, les distinctions sociales reposaient sur le statut (esclave/libre, noble/roturier) plutôt que sur une idéologie raciale explicite.

Le procès d’Angélique, basé sur un témoignage douteux (Amable) et des menaces rapportées (Marie-Manon), reflèterait davantage la panique collective devant un incendie catastrophique que des préjugés raciaux explicites. Cette projection, critiquée par Victor Arroyo (AM Journal, 2018), risque de déformer le contexte historique.

Représentation visuelle : 

L’article de Poste Canada cite, par la suite, Charmaine Nelson, qui explique que la pose d’Angélique sur le timbre (regard déterminé et défiant) vise à contrer les représentations historiques des femmes noires comme « objets sexualisés » dans une perspective masculine blanche

Cette approche impose une lecture contemporaine de l’identité raciale et sexuelle sur une figure du XVIIIe siècle, dont aucun portrait authentique n’existe. Cette stylisation, comme le souligne l’article sur Cité Mémoire (McGill, 2021), peut manipuler l’image d’Angélique pour en faire un symbole de résistance moderne, au risque de simplifier son histoire tragique.


4. Simplification et récupération politique

Narratif héroïque : L’article présente Angélique comme une « force de caractère » et une figure de « révolte », avec un timbre où le fond orange brûlé symbolise rappelle à la fois l’incendie et son tempérament. Cette glorification, bien qu’émouvante, ignore les doutes sur sa culpabilité (et si elle est coupable sur sa motivation), soulevés par Beaugrand-Champagne, qui argue que l’incendie pourrait être accidentel et qu’Angélique fut un bouc émissaire dans une petite ville ébranlée par cette catastrophe (Montréal  avait à l’époque 200 esclaves, 60-70 noirs et 130-140 Panis). Cette récupération transforme une victime potentielle d’une injustice judiciaire en une héroïne révolutionnaire, ce que Kolish critique comme un « roman historique » plutôt qu’une analyse rigoureuse. Elle pourrait aussi être coupable d’une maladresse ayant entraîné l’incendie, à nouveau en rien une héroïne.

Manque de contextualisation judiciaire : L’article mentionne la torture comme un « sort » infligé à Angélique pour extorquer une confession, mais ne précise pas que la torture (brodequins) était une pratique légale sous l’ordonnance de 1670 pour les crimes capitaux, comme l’incendie volontaire, qui menaçait une colonie entière. Cette omission laisse entendre que la torture était exceptionnelle ou ciblée sans doute parce qu'Angélique était noire. Si la torture était rare, elle n'était pas inconnue dans de tels graves cas (moins de 10 cas documentés en Nouvelle-France, dont 3-5 suivis d’exécution). Le célèbre historien Maurice Trudel affirme que les esclaves étaient jugés devant les tribunaux exactement comme n’importe quel autre Canadien et que les châtiments qu’on leur imposait n’étaient pas plus rigoureux que ceux imposés aux hommes libres (L’esclavage au Canada français, p., 324).

Symbolisme public : La création du timbre, soutenue par des spécialistes comme Cooper et Nelson, s’inscrit dans une volonté de visibiliser l’esclavage au Canada (environ 4 200 esclaves en Nouvelle-France, dont 1 400 noirs). Cependant, en faisant d’Angélique un symbole de « résistance noire et de force féminine », l’article n'hésite pas à simplifier une affaire bien plus complexe. Comme Arroyo le note, de telles initiatives peuvent privilégier une lecture identitaire moderne au détriment des faits archivés, où la condamnation d’Angélique était davantage liée à la panique et au besoin d’un coupable qu’à sa race ou son genre.

L’article de Postes Canada sur le timbre de Marie-Josèphe Angélique contient des inexactitudes (caractérisation vague des témoignages, omission de la fragilité des preuves) et projette des concepts modernes (résistance noire, égalité raciale) sur une affaire de 1734, où la gravité de l’incendie et le statut d’esclave d’Angélique expliquent mieux sa condamnation, comme le soulignent Kolish et Beaugrand-Champagne. La présentation d’Angélique comme une rebelle héroïque, avec un regard « défiant » et un fond orange symbolisant sa force, simplifie une histoire complexe par volonté de récupération politique.


Voir aussi

Supercherie : la chanteuse oscarisée Buffy Sainte-Marie se serait inventé des origines autochtones (Poste Canada lui a consacré un timbre en 2021) 

Timbre célébrant un inconnu émis par Postes Canada pour le mois de l’Histoire des Noirs (on n’est même pas sûr qu’il soit jamais venu au Canada)

Histoire — Pas de célébration pour le 350e anniversaire de d’Iberville (pas de timbre, aucune sortie en DVD de la série Diberville par Radio-Canada)

Timbre « Le Soldat Singh », faire la morale en se cachant derrière l’histoire « méconnue »

Faits peu connus sur l’esclavage au Canada

« La moitié de l’Afrique a vendu l’autre moitié de l’Afrique en tant qu’esclaves ! »

Toronto remplace le nom d’un abolitionniste par le terme emblématique d’une tribu africaine esclavagiste… (m à j).

Le génie du christianisme

« La colonisation arabe était pire que la colonisation européenne »

Éducation sur la colonisation belge au Congo dans une école belge

 
La cruauté de la traite esclavagiste à Zanzibar a laissé un héritage de haine qui explosa après l’indépendance de l’île fin 1963. Zanzibar devint alors une monarchie constitutionnelle dirigée par le sultan, mais le gouvernement fut renversé un mois plus tard et une république populaire fut proclamée. Plusieurs milliers d’Arabes, 5 000 à 12 000 Zanzibaris d’ascendance arabe et des civils indiens furent tués, des milliers d’autres furent emprisonnés et expulsés, et leurs biens confisqués.

Cette révolte et ses massacres furent consignés dans un film italien, Africa Addio, en 1966. Voir la vidéo ci-dessous en VO, sous-titrée en français.

 Document italien où apparaissent des images des massacres contre les Arabes à Zanzibar

« Tradition franque » d’hommes libres contre esclavage traditionnel méditerranéen y compris européen

Citations ethniquement incorrectes de Karl Marx 

Radio-Canada nous « éduque » : « plus de 800 mille-z esclaves en sol canadien » en 1834

Un million d’esclaves européens chez les Barbaresques 

Le génocide voilé (traite négrière musulmane)  

Histoire — la traite esclavagiste a-t-elle permis le décollage économique de l’Occident ?

 
Manuel d’histoire québécois approuvé par le Ministère (1) — chrétiens intolérants, Saint-Louis précurseur des nazis, pas de critique de l’islam tolérant pour sa part

« “Connais-toi toi-même”, ce proverbe africain », selon le plus grand syndicat d’enseignants américain

vendredi 17 octobre 2025

États-Unis — le succès des immigrants Africains remet-il en question le racisme comme principal frein

En 1960, moins de 1 % des immigrants américains provenaient du continent africain. En 2020, ce chiffre avait grimpé à 11 %, marquant une transformation profonde de la démographie noire aux États-Unis.Au cours des 30 dernières années, environ 2 millions d’Africains ont immigré aux États-Unis, un chiffre quatre fois supérieur au nombre d’Africains déportés sur le continent nord-américain pendant toute la traite négrière transatlantique.

Aujourd’hui, plus d’un quart de la main-d’œuvre noire est née à l’étranger ou a des parents nés à l’étranger, redéfinissant radicalement ce que signifie être noir en Amérique. Les Africains, qui représentent désormais près de la moitié des immigrants noirs, forment l’un des groupes à la croissance la plus rapide. Les Caribéens et les Latino-Américains noirs contribuent également à cette diversification.Une étude récente de Rong Fu (université Waseda, Japon), Neeraj Kaushal (université Columbia) et Felix Muchomba (université Rutgers) démontre que cette vague d’immigration noire réduit l’écart de revenus entre Noirs et Blancs, stagnant depuis des décennies. 

Les immigrants noirs, souvent mieux éduqués que les Noirs nés aux États-Unis et les autres immigrants, s’installent dans des quartiers plus prospères, à majorité blanche, avec des écoles de qualité. Le succès des immigrants noirs semble promis à s’amplifier. Les fils d’immigrants gagnent davantage que ceux des
Noirs américains, bien qu’en deçà des Blancs. Plus frappant encore, leurs filles surpassent en moyenne les femmes blanches en termes de revenus. « Les Africains noirs sont en passe de devenir la prochaine minorité modèle », affirme Neeraj Kaushal, soulignant leur ambition et leur ténacité.

Ce dynamisme peut toutefois susciter des tensions. Autour d’un plat de bananes plantains frites au gingembre, Yvonne McCowin, consul honoraire du Ghana en Géorgie, confie que certains Africains jugent les Noirs américains insuffisamment combatifs face aux opportunités.De nombreux immigrants, ayant survécu à des conflits dévastateurs, adoptent une approche pragmatique face au racisme en Amérique. 

Olivia Mugenga, avocate rwandaise spécialisée dans les droits humains, dont la mère et les grands-parents ont péri lors du génocide contre les Tutsis, illustre ce point : « Les Noirs américains nous perçoivent parfois comme des ‘serviteurs domestiques’, un terme popularisé par Malcolm X pour désigner ceux qui s’accommodent d’un système oppressif pour réussir. Je ne suis pas une servante domestique ; je n’ai simplement pas le temps de prouver mon humanité aux Blancs. »

Les conservateurs citent souvent les immigrants caribéens et africains comme preuve que les Noirs peuvent prospérer aux États-Unis malgré les préjugés. Colin Powell, fils d’immigrants jamaïcains, l’a résumé ainsi : « J’ai surmonté le racisme. » Pourtant, Camilla Moore, présidente du Georgia Black Republican Council, rejette cette comparaison. « Les Africains et les Noirs américains n’ont rien en commun », déclare-t-elle. « Ils ressemblent davantage aux immigrants chinois ou allemands, dont les familles ont les moyens d’accéder à des institutions comme Harvard. » Elle ironise sur l’idée de discuter des droits civiques avec un Nigérian.

Un coiffeur d’un quartier noir d’Atlanta observe une nouvelle clientèle africaine croissante. Ce qui le frappe, au-delà des tensions, ce sont leurs choix de coupes : les Noirs américains privilégient des « afros bouclées, élégantes », tandis que les Africains optent pour un style sobre, « court et rasé près du cuir chevelu ». Pour lui, cela reflète une différence d’état d’esprit : « Les Africains cherchent avant tout à s’intégrer. »

[Note du carnet : Si l'étude ajuste les écarts de revenus pour l'éducation et analyse les tendances d'installation par État via une simulation, elle ne semble pas inclure d'ajustement explicite pour le coût de la vie. Or les immigrants africains se concentrent dans les villes où les salaires sont certes plus importants que dans les campagnes mais où le coût de la vie est plus haut. L'absence d'ajustement pour le coût de la vie rend la comparaison potentiellement biaisée, en faveur des immigrants urbains. Ces résultats pourraient surestimer le "succès" financier des immigrants noirs en ignorant le coût plus élevé des zones qu'ils choisissent (par exemple : New York) par rapport aux zones rurales du Sud, où vivent plus de natifs noirs américains.]


Source : The Economist

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mercredi 6 août 2025

Une première peine adaptée aux criminels racisés au Québec (comprendre un an de moins car le coupable était noir)

Pour la première fois dans l’histoire judiciaire du Québec, une peine a été déterminée en s’appuyant sur l’analyse des facteurs systémiques, censément adaptée aux criminels racisés – surtout les Noirs. Cette démarche, qui existe déjà dans le reste du Canada, risque d’être de plus en plus utilisée dans les prochaines années.

Le cabinet du ministre québécois responsable de la Lutte contre le racisme, Christopher Skeete, a qualifié de « triste première » la prise en compte d’un rapport censément adapté aux « réalités » des criminels racisés (noirs en l'occurrence) dans la détermination d’une peine.  Bien que nous respections pleinement l’indépendance judiciaire, ce jugement soulève des questions fondamentales sur l’égalité des citoyens devant la justice. Créer deux classes de citoyens, selon leur origine, est préoccupant », a réagi le cabinet du ministre Skeete.

Dans une décision récente rendue fin juillet au palais de justice de Longueuil, la juge Magali Lepage a condamné l’accusé Frank Paris à 24 mois de prison dans une affaire de trafic de cannabis et de haschich. Ce dernier avait déjà plaidé coupable. Jusqu’ici, rien d’inhabituel, nous rassure la Presse de Montréal.



Or, pour déterminer sa peine, la juge a considéré la jurisprudence, une analyse de la preuve, une balance des facteurs [style du journaliste ! lire : a soupesé les facteurs] aggravants et atténuants… mais aussi une évaluation de l’impact de l’origine ethnique ou culturelle (EIOEC), une analyse particulière qui se penche sur le parcours personnel d’un criminel à travers la loupe des [prétendues] barrières systémiques auxquelles il a pu faire face.

Après la lecture de l’évaluation, la juge a décidé d’accepter la suggestion de [peine proposée par] la défense, presque un an plus courte que celle de la poursuite.

Il s’agit d’une première au Québec. Aucun juge québécois n’avait considéré une EIOEC dans la détermination d’une peine jusqu’au 28 juillet dernier. La décision risque donc de faire jurisprudence dans le contexte québécois. De telles procédures existent depuis 2014, ailleurs au Canada.

Qu’est-ce qu’une EIOEC ?


Une EIOEC est un rapport présentenciel [le jargon! calque de l'anglais « presentential », comprendre ici « préalable » à la sentence] d’experts qui est utilisé pour déterminer la peine d’une personne racisée – mais qui est surtout utilisé pour les personnes noires. Elle est donc déposée après qu’un accusé est reconnu coupable, mais avant que la peine soit déterminée.

Le rapport fait un examen exhaustif du parcours de l’accusé, avec une insistance sur les « réalités propres » aux personnes racisées, à la « discrimination systémique » qu’elles ont vécue et aux défis spécifiques auxquels elles sont plus exposées (plus bas taux de diplomation, plus grande proportion de familles monoparentales et de père absent, plus grand risque de vivre dans des quartiers défavorisés et criminalisés, etc.). [On ne comprend pas pourquoi les condamnés pauvres blancs ou issus de famille défavorisée n'ont pas droit aux mêmes égards... Mais bon la loi est égale pour tous... hmmm]

Pour le journal La Presse, on considère que ces facteurs, plus présents chez les Noirs, mènent plus facilement à la criminalité.

Comme tente de l’expliquer Me Valérie Black St-Laurent, avocate et directrice des opérations chez Jurigo, « l’objectif d’une EIOEC, c’est vraiment d’informer la Cour pour contextualiser le parcours de la personne qui se trouve devant elle et pour qu’elle puisse rendre une peine qui est juste » et individualisée, comme le prévoit le Code criminel.

« C’est individualisé, mais il reste que les statistiques montrent que tout le groupe des personnes noires est victime de discrimination », renchérit sans hésitation Karine Millaire, professeure adjointe à la faculté de droit de l’Université de Montréal.

« Il faut tenir compte du fait qu’il y a une surincarcération des personnes noires qui est issue du fait que notre système est aussi discriminatoire », prétend-elle.



Concrètement, ça s’articule comment ?

Dans le cas de Frank Paris, le rapport rappelle qu’il a grandi sans son père et que la monoparentalité est beaucoup plus importante chez les Noirs du Canada que chez d’autres groupes. L’EIOEC soulève également son enfance à Côte-des-Neiges, à Montréal, un « quartier défavorisé caractérisé par la pauvreté et le crime », et où « il y avait du profilage racial ».

Sans faire de diagnostic, les autrices du rapport arguent aussi pour que soit considérée « la possibilité de syndrome post-traumatique (TSPT) » associé au « traumatisme intergénérationnel de l’esclavage » en Nouvelle-Écosse – d’où vient sa mère – dans l’appréciation du parcours de vie de M. Paris, et donc dans sa peine.

La Nouvelle-Écosse compte une population noire historique issue de l’esclavage [aboli il y a près de deux siècles]. Même s’il est né au Québec, les visites fréquentes de M. Paris dans la famille de sa mère « ont forgé une expérience d’homme noir diverse, enracinée dans les églises noires » de cette province, peut-on lire dans le rapport.

Le rapport relève aussi des moments précis de discrimination raciale subis par l’accusé, notamment lorsqu’il a été erronément détenu dans un centre pour migrants parce qu’on le croyait jamaïcain, malgré sa citoyenneté canadienne.

Dans sa décision, la juge écrit qu’après la lecture de l’EIOEC, « la Cour a décidé de réduire la sentence qui devrait être de 35 mois à une sentence de 24 mois », comme le voulait la défense – une peine déjà purgée en détention préventive. Elle a aussi ajouté une probation de trois ans.

« Nous devons apprendre. Nous devons nous adapter », écrit la juge Lepage.

Est-ce que cette démarche est aussi utilisée pour d’autres groupes ?

Oui. Le fondement même des EIOEC repose sur ce qui est fait avec les délinquants autochtones depuis plus d’un quart de siècle.

En 1999, l’arrêt R. c. Gladue de la Cour suprême du Canada énonce que les juges doivent considérer les « facteurs systémiques » distinctifs des Autochtones, notamment l’impact de la colonisation, lors de la détermination de la peine. C’est le début des rapports Gladue, qui jouent un rôle semblable à celui des EIOEC.

Dans sa décision, la juge Lepage a tenu à souligner que la démarche qui a mené à la peine réduite de M. Paris est « réminiscente des sentences adaptées aux besoins et enjeux » des Autochtones.

Il existe cependant une distinction entre ces procédures. Les juges ont l’obligation de considérer les rapports Gladue ; les mettre de côté constituerait une erreur de droit. Les EIOEC, elles, ne sont ni obligatoires ni codifiées. Elles sont plutôt traitées comme des opinions d’experts, au même titre que le serait une évaluation psychiatrique ou une analyse balistique.

Karine Millaire souligne que les Autochtones et les Noirs partagent des caractéristiques fondamentales. Historiquement, ce sont les deux groupes qui ont subi de l’esclavage au pays [euh, on y reviendra mais les autochtones étaient aussi esclavagistes et jusqu'au XIXe siècle en Colombie-Britannique!]. De manière plus contemporaine, ce sont les groupes ayant les plus importants enjeux de surincarcération – attribuables à la discrimination, selon la Cour suprême.

N’existe-t-il pas déjà des rapports présentenciels [préalables à la sentence] ?

Oui. « Même pour des personnes qui ne sont ni racisées ni autochtones, des rapports présentenciels (RPS) sont remplis tous les jours » pour permettre à la Cour d’avoir un portrait plus global des personnes devant elle, explique Me Black St-Laurent. On y évalue évidemment les agissements de l’accusé, mais aussi le « milieu sociodémographique dans lequel il évolue, le type d’emploi qu’il occupe », son entourage, son parcours, etc.

Or, « les RPS ne viennent souvent pas contextualiser les aspects systémiques et les enjeux institutionnels, et sont donc incomplets », argue Me Black St-Laurent. D’où la nécessité du processus formalisé de l’EIOEC, selon elle.

« Il faut défaire le mythe que ce sont des processus différents. Toute personne qui est condamnée pour sa détermination de la peine a ce droit de présenter tous les facteurs pertinents dans la prise en compte de son contexte. On ne se retrouve pas à créer un régime qui est hors-la-loi pour les personnes noires », allègue  Karine Millaire.

« Ultimement, c’est le même pouvoir discrétionnaire du juge de tenir compte de la situation de la personne. Mais la situation est que, si on est racisé, on fait partie d’un groupe qui vit du racisme systémique. » [par définition circulaire dirait-on, racisme systémique dont les effets seraient séculaires voir l'invocation à l'esclavage en Nouvelle-Écosse]. 


Source : La Presse

mardi 1 octobre 2024

Fécondité aux États-Unis par État et par race (2022 et 2023)

Attention les échelles de couleurs ne sont pas les mêmes d'un groupe ethnique à l'autre et d'une année à l'autre.

Détail


mardi 4 juin 2024

Racialisation : première cérémonie de graduation des étudiants noirs de l'Université d'Ottawa

« Préparez-vous pour la première cérémonie de graduation des étudiant(e)s noir(e)s

La cérémonie de graduation des étudiant(e)s noir(e)s va rendre hommage et célébrer les réalisations des étudiants noirs diplômés de l'Université d'Ottawa. Cet événement vise à reconnaître leurs accomplissements, leur résilience et leur diversité culturelle tout en offrant un espace inclusif pour la célébration et l'autonomisation. »

Mardi 4 juin, de 14 h à 16 h



 

Source

samedi 1 juin 2024

Ottawa s'attaque au « racisme environnemental »

Le ministre fédéral Steven Guilbeault annonçait tout « fièr » [sic] :

Le Canada s’apprête à se doter de sa première législation contre le « racisme environnemental ». Le projet de loi C-226 de la chef du Parti vert, Elizabeth May, fera bientôt l’objet d’un dernier vote au Sénat. Il vise à éviter que des sites toxiques soient installés près des collectivités autochtones, des collectivités racisées ou marginalisées.

Il y a la contamination au mercure de la Première Nation de Grassy Narrows dans le nord de l’Ontario causée par des rejets d’eaux usées d’une usine de pâtes et papiers, les usines pétrochimiques qui entourent celle d’Aamjiwnaang dans le sud de l’Ontario, le gazoduc Coastal GasLink qui traverse les terres des Wet’suwet’en en Colombie-Britannique, l’ancien site d’enfouissement qui a pollué la communauté noire de Shelburne en Nouvelle-Écosse pendant 75 ans et même le dépotoir illégal de Kanesatake, au Québec, qui, bien qu’il appartienne à deux membres de la communauté amérindienne locale visée.

Il semble donc que peu importe si les dépotoirs s'installent près des communautés de pauvres blancs.

Conservateurs et bloquistes contre

Le texte législatif était toutefois loin de faire l’unanimité à la Chambre des communes. Il a obtenu l’appui des libéraux et des néo-démocrates lors du vote en troisième lecture, mais les conservateurs et les bloquistes s’y sont opposés pour des raisons différentes.

« Nous avons déjà un cadre réglementaire compliqué pour ce qui est de la réalisation des projets au Canada », avait fait valoir le député conservateur de l’Ontario Kyle Seeback, lors des débats en chambre. En comité parlementaire, son collègue Gérard Deltell avait rappelé que le projet d’oléoduc Northern Gateway de l’Alberta vers la Colombie-Britannique avait l’appui de plusieurs communautés autochtones avant qu’il soit stoppé par le gouvernement en 2016.

Le Bloc québécois aurait préféré que le concept de racisme environnemental soit remplacé par celui de justice environnementale. « Si nous instituons de nouvelles politiques fondées sur de nouveaux droits, tel le droit à un environnement sain, tout le monde devrait en jouir, sans exception », avait argumenté la députée Monique Pauzé.

Elle avait donné à titre d’exemple le quartier de Limoilou, à Québec, où les habitants respirent les poussières générées par le transbordement de minerais au port de Québec, de compétence fédérale, peu importe leur origine ethnique. « La particularité de ce quartier est d’avoir des revenus très bas », avait-elle souligné.


Source : La Presse

mardi 2 janvier 2024

M à j : elle démissionne et crie au racisme (Solidarité — Controversée présidente de Harvard maintenue grâce à Obama ?)

La présidente de l'université américaine Harvard, Claudine Gay, a annoncé mardi démissionner, après des accusations de plagiat et une audition tendue au Congrès sur la lutte contre l’antisémitisme dans les campus.

« C’est le cœur lourd, mais avec un profond amour pour Harvard que je vous écris pour vous annoncer que je vais quitter mon poste de présidente », a déclaré Claudine Gay, 53 ans, dans une lettre de démission publiée mardi.

Cette professeure de sciences politiques – devenue en juillet la première présidente noire de l’université Harvard, située près de Boston – était ces dernières semaines sous le feu des critiques. Elle détient ainsi le mandat de présidente le plus court de l'histoire de Harvard.

Elle était visée par des accusations de plagiat liées à ses travaux universitaires et par des critiques liées à ses réponses, lors d’une audition parlementaire sur la lutte contre l’antisémitisme sur les campus. Notons que dans le monde de Harvard (voir ci-dessous), le plagiat de la part d'une présidente d'origine haïtienne devient du « langage dupliqué » pour finit encore plus euphémisé en « faux pas ». Nouveaux exemples de plagiats découverts ces derniers jours.

Depuis l’attaque sanglante du Hamas en Israël le 7 octobre, suivie de représailles meurtrières de l’armée israélienne dans la bande de Gaza, le conflit déchaîne les passions dans les universités américaines les plus renommées.

Mardi 5 décembre, dans une ambiance tendue, Claudine Gay et ses homologues de l’université de Pennsylvanie et du Massachusetts Institute of Technology, Elizabeth Magill et Sally Kornbluth, avaient répondu cinq heures durant aux questions d’élus de la Chambre des représentants.

Lorsque Mme Stefanik avait demandé si « appeler au génocide des juifs violait le règlement sur le harcèlement à Harvard, oui ou non ? », Mme Gay avait répondu : « Cela peut, en fonction du contexte », avant d’ajouter : « Si c’est dirigé contre une personne. »

Leurs réponses, devenues virales, ont provoqué un tollé jusqu’à la Maison-Blanche, dont un porte-parole, Andrew Bates, a jugé « incroyable que cela doive être dit : les appels au génocide sont monstrueux ».

«Il a été compliqué de voir le doute planer quant à mes engagements à faire face à la haine et à respecter la rigueur académique... et effrayant de faire l'objet d'attaques personnelles et de menaces alimentées par du racisme», a expliqué Claudine Gay dans sa lettre de démission. Vieille technique pour détourner l'attention, inverser les rôles et jouer la victime. Mais le "racisme" explique-t-il pourquoi la présidente de l'Université de Pennsylvanie, Liz Magill, blanche elle, a également démissionné après le même genre de déclarations devant Mme Stefanik ? À moins que ce soit alors du sexisme ?

Claudine Gay est une descendante d'immigrants haïtiens aux États-Unis ; ses parents se sont rencontrés à New York alors qu'ils étaient étudiants.


 

Billet du 28 décembre sur la solidarité ethnique et le soutien actif de Barack Obama

Selon le New York Post, l’ancien président Barack Obama a secrètement fait pression sur les responsables de l’université de Harvard pour qu’ils soutiennent la présidente Claudine Gay, alors qu’elle est poussée à démissionner pour avoir cautionné l’antisémitisme sur le campus de son université et pour avoir commis des plagiats dans la rédaction de sa thèse.

Barack Obama (à gauche), Mme Gay (à droite)

M. Obama, 62 ans, diplômé de la faculté de droit de Harvard en 1991, a demandé en privé à l’université de laisser Mme Gay en poste après son témoignage du 5 décembre devant la commission de l’éducation et du travail de la Chambre des représentants, lors duquel elle a déclaré que les appels au génocide des juifs pouvaient être autorisés par le code de conduite de l’université, selon le « contexte ».

« Il semble que l’on ait demandé aux gens de resserrer les rangs pour préserver la stabilité de l’administration dans son ensemble, y compris sa composition », a déclaré une source au Jewish Insider à propos des efforts dissimulés de l’ancien président.

Le rapport ne précise pas si cet effort s’est poursuivi après que les compétences de Mme Gay ont été remises en question en raison de son témoignage sur des dizaines de cas de plagiat présumés.

Une porte-parole d’Obama n’a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire. Harvard a refusé de commenter l’affaire auprès de Jewish Insider.

Le sort de Mme Gay est en partie entre les mains de Penny Pritzker, ancienne secrétaire d’État au commerce de Barack Obama, membre d’une grande famille de Chicago — son frère est le gouverneur de l’Illinois J. B. Pritzker — qui est membre de la Harvard Corporation, la plus haute instance dirigeante de l’université, qui a récemment examiné les publications universitaires de la présidente Gay pour y déceler des preuves de plagiat.

Mme Gay a déclaré au Boston Globe : « Je suis convaincue de l’intégrité de mon travail universitaire. Tout au long de ma carrière, j’ai veillé à ce que mes travaux universitaires respectent les normes académiques les plus strictes ».

Harvard a annoncé que des « exemples de duplication de langage sans attribution appropriée » avaient été trouvés dans la thèse de doctorat de M. Gay en 1997, à la suite d’un examen effectué par un sous-comité de quatre personnes de la Corporation.

Le même jour, la commission de l’éducation de la Chambre des représentants a envoyé une lettre à Mme Pritzker pour demander à l’université de lui remettre des documents internes sur sa gestion du scandale, après avoir lancé une enquête antérieure sur l’antisémitisme à Harvard.

« Si une université est prête à fermer les yeux et à ne pas demander des comptes à ses professeurs pour des comportements scientifiques malhonnêtes, elle dévalorise sa mission et la valeur de son enseignement », a écrit la présidente de la commission, la députée Virginia Foxx (R-NC).

« Les étudiants doivent être évalués équitablement, selon des normes connues, et ont le droit de voir que les professeurs le soient aussi. »

Au cours de l’audition, la députée Elise Stefanik (R-NY) a reproché à Mme Gay, à la présidente du Massachusetts Institute of Technology, Sally Kornbluth, et à la présidente de l’Université de Pennsylvanie, Liz Magill, d’avoir refusé de dénoncer les manifestations antisémites qui se déroulaient sur leurs campus.

Chacun a souligné que les discours antisémites — y compris les appels au génocide des Juifs — n’enfreignaient pas nécessairement les politiques universitaires et dépendaient du contexte.

Magill a démissionné une semaine après l’audition, tandis que Gay et Kornbluth sont restés à leur poste.

Mme Pritzker, diplômée de Harvard en 1981, a été nommée senior fellow de la Corporation en 2022 après avoir fait don de 100 millions de dollars à l’université — et elle a dirigé le comité de recherche qui a nommé Mme Gay comme nouvelle présidente de l’école l’année dernière.

Lors de l’annonce de ce choix en décembre 2022, elle a fait l’éloge de Mme Gay en la qualifiant de « dirigeante remarquable profondément dévouée au maintien et à l’amélioration de l’excellence académique de Harvard ».

À la suite de nouvelles allégations de plagiat à l’encontre de la présidente, de nombreux universitaires ont demandé la démission de Claudine Gay, en plus de ceux qui l’ont demandée après son audition au Congrès, notamment un professeur dont la présidente de Harvard aurait copié les travaux.

« Virez Claudine Gay sans délai », a déclaré Carol Swain, professeur de sciences politiques à l’université Vanderbilt, sur X. « Elle peut être relevée de ses fonctions jusqu’à ce que les conditions [de son renvoi] soient négociées. Engagez le meilleur homme ou la meilleure femme qui puisse ramener l’université à la raison ».

Mme Swain a déclaré que Mme Gay avait repris des parties d’un livre qu’elle avait publié en 1993 et d’un article qu’elle avait écrit en 1997 sans les citer.

John McWhorter, chroniqueur au New York Times et professeur de linguistique à l’université de Columbia, a également demandé à Mme Gay de démissionner. Il estime que les plus de 40 cas d’attribution incorrecte dans ses travaux scientifiques « rendent insoutenable son maintien en fonction ».

Mme Pritzker n’a pas encore réagi publiquement à la controverse, mais les membres du conseil d’administration de la Harvard Corporation ont déclaré, le 12 décembre, qu’ils « réaffirmaient » leur soutien à la direction de Mme Gay.

Toutefois, le gestionnaire de fonds spéculatifs et milliardaire Ken Griffin a déclaré au New York Times que Mme Pritzker, qui est juive, avait convenu en privé que la réaction de Harvard à l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre avait été tiède et qu’une déclaration de solidarité avec Israël s’imposait.

Entre-temps, les fidèles partisans de l’école ont suspendu des centaines de millions de dollars de dons en raison de la décision de Mme Gay de soutenir les groupes d’étudiants qui accusent l’État juif des atrocités commises par le Hamas.

Source : New York Post

Voir aussi

« Une espèce menacée » : la raréfaction des professeurs conservateurs à Harvard

L’université Harvard, un asile psychiatrique à ciel ouvert ? (satire) [m à j]

Harvard accusée de discrimination contre les Américains d’origine asiatique (décision : États-Unis -- la Cour suprême met fin à la discrimination ethnique dans les universités

Un club d’étudiants sadomasochistes à Harvard

J’ai essayé la formation sur les « préjugés inconscients ». Une arnaque.

jeudi 26 octobre 2023

La plaque commémorant la première Britannique noire a été retirée parce qu'elle "venait de Chypre"

La plaque de Beachy Head Lady a été retirée du club de cricket d’East Dean

La plaque de la BBC commémorant la première Britannique noire a été retirée parce qu’elle « venait de Chypre ».

Une nouvelle analyse ADN suggère que les affirmations de l’émission Black and British sur les origines de la « Beachy Head Lady » étaient erronées.

Une plaque de la BBC célébrant la « première Britannique noire » a été retirée parce que des preuves scientifiques montrent qu’elle n’était pas d’origine africaine.

La plaque honorant les restes vieux de 1 800 ans de la « Beachy Head Lady », une femme censée être d’origine africaine, avait été érigée dans un village de l’East Sussex dans le cadre de la série Black and British 2016, présentée par l’historien David Olusoga.

Selon le Telegraph, la plaque célébrant ce qu’un documentaire de la BBC présentait comme le premier « Britannique noir » a été retirée.

L’analyse de l’ADN effectuée par l’Institut Francis Crick a révélé que Beachy Head Lady était originaire du « sud de l’Europe — très probablement de Chypre », selon un article du chercheur qui a été le premier à étudier ses restes.

Les conseillers municipaux du village d’East Dean, où les archéologues ont découvert les restes de Beachy Head Lady, ont voté en faveur du retrait de la plaque qui avait été installée près d’un pavillon de cricket.

Afrique ou Chypre ?

La plaque du projet Histoire de la BBC, qui doit maintenant être entreposée au club de cricket, était ainsi libellée : « Les vestiges de Beachy Head Woman ont été découverts par des archéologues : Les restes de la femme de Beachy Head ont été découverts près de ce site. D’origine africaine, elle a vécu dans l’East Sussex aux IIe et IIIe siècles après J.-C. ».

L’affirmation sur ses origines a été faite dans la série documentaire du professeur Olusoga intitulée Black and British : A Forgotten History (Une histoire oubliée), qui raconte la « relation durable entre la Grande-Bretagne et les peuples d’origine africaine ».

Dans le premier épisode de la série, Beachy Head Lady est présentée comme étant « d’origine africaine subsaharienne » et le programme présente une reconstitution de ses traits.

Le professeur Olusoga faisait remarquer que « c’est une Britannique noire », tandis que Jo Seaman, archéologue expert, expliquait que ses origines africaines et l’âge de ses restes en faisaient probablement la « plus ancienne Britannique noire ».

 

Extrait du « documentaire » inventif de la BBC

Dans le cadre de la série de la BBC, des plaques ont été installées pour commémorer les Britanniques noirs à travers l’histoire.

Un article de M. Seaman, un expert de Beachy Head qui a mené les premières recherches sur les restes, a été mis à jour en 2022 pour inclure la note suivante : « L’analyse ADN a depuis conclu que, bien qu’elle ait grandi à Eastbourne, le lieu de son ascendance se situe dans le sud de l’Europe — très probablement à Chypre ».

Un message en ligne du Beachy Head Story, un espace dédié aux visiteurs, indique également que : « Le lieu de son ascendance se situe dans le sud de l’Europe, probablement à Chypre ».

À la suite d’une plainte déposée par un habitant de la paroisse d’East Dean et de Friston à la lumière de ces recherches, le conseil a déposé une motion visant à faire retirer la plaque à l’automne 2022.

Débat sur la composition ethnique des Britanniques

La prétendue composition ethnique de la Grande-Bretagne a récemment fait l’objet d’une controverse, et un livre intitulé Brilliant Black British History a récemment été critiqué pour ses affirmations sur les populations historiques de la Grande-Bretagne.

Le livre pour enfants de l’auteur britannique d’origine nigériane Atinuke affirme que « chaque Britannique est issu d’un migrant », mais que « les tout premiers Britanniques étaient noirs ».

Le livre, publié par Bloomsbury et promu par l’organisation caritative The Book Trust, financée par le Conseil des arts, affirme en outre que « la Grande-Bretagne a été un pays noir pendant plus de 7 000 ans avant l’arrivée des Blancs, et c’est à cette époque qu’a été construit le monument britannique le plus célèbre, Stonehenge ».

Des études génétiques ont montré que les habitants de la Grande-Bretagne à l’époque où Stonehenge a été achevé, vers 2 500 avant J.-C., étaient des agriculteurs à la peau pâle dont les ancêtres étaient venus d’Anatolie.

Les chercheurs ont déclaré qu’il était difficile de savoir avec certitude à quoi ressemblaient les premiers habitants chasseurs-cueilleurs de la Grande-Bretagne.

Source : Daily Telegraph