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lundi 8 avril 2013

Administration Obama se range du côté des lois restrictives allemandes sur l’éducation à la maison (m-à-j vidéo)

La famille Romeike à table pour l'étude
Il y a 3 ans, le 26 janvier 2010, dans un cas sans précédent, un juge fédéral d’immigration à Memphis au Tennessee a accordé le statut de réfugiés politiques aux membres de la famille Romeike qui avait fui l’Allemagne pour échapper aux persécutions du gouvernement allemand qui lui reprochait d'éduquer leurs enfants à la maison.

Les Romeike avaient expliqué à Lawrence O. Burman, juge de l'immigration de Memphis avoir fui Bissingen avec leurs cinq enfants, dans le Bade-Wurtemberg (sud-ouest de l'Allemagne) en août 2008, pour s'installer aux États-Unis, berceau du mouvement de l'instruction à domicile.

Dans sa décision, le juge Lawrence Burman précisait qu’« il s’agissait ici de transgressions de droits humains fondamentaux qu’aucun pays n’a le droit d’enfreindre. »

Après cette victoire, l'Administration Obama a fait appel de cette décision en 2012. L'administration Obama cherchait à expulser la famille allemande, faisant valoir que la « loi des États-Unis a reconnu que l’État bénéficie d’une large discrétion dans son pouvoir d'imposer la fréquentation scolaire, de déterminer les programmes d'études et de réglementer la certification des enseignants » et qu’il  « peut d'interdire ou  réglementer l'instruction à domicile ».

Le Conseil fédéral des appels en matière d'immigration a donné raison au gouvernement fédéral en dépit d'une politique de 2011 qui donne au gouvernement toute latitude pour poursuivre uniquement des cas hautement prioritaires. La Home School Legal Defense Association (HSLDA) a décidé de poursuivre le ministère américain de la Justice. Trois juges de la Cour d'appel du sixième circuit entendront la cause de Romeike ce 23 avril.

Pour Michael Farris, président de la HSLDA, le Ministère de la Justice ignore les droits et libertés des particuliers et ne défend que les droits collectifs. C'est ce qui explique son étonnante volonté de renvoyer les Romeike chez eux : tous les chrétiens n'y sont pas persécutés, tous les chrétiens ne veulent pas éduquer leurs enfants à la maison, les demandes des Romeike ne sont donc pas recevables, car l'instruction à la maison ne serait pas un droit de l'homme pour l'Administration Obama.


Reportage de Fox News (en anglais) : tous les parents éducateurs à la maison devraient craindre ce jugement

Pour l'avocat de la famille, Michael Donnelly, les familles qui instruisent leurs enfants à la maison en Allemagne sont un groupe persécuté, plusieurs procès, les amendes infligés aux parents et l'enlèvement des enfants par l'État l'ont amplement démontré. À ce titre, ils peuvent être considérés comme des réfugiés aux États-Unis. La dernière décision de la Cour suprême allemande a même déclaré que l'instruction à la maison est une « forme d'abus de l'autorité parentale »...

Michael Farris a déclaré dans un entretien téléphonique au MailOnline que, même si le gouvernement fédéral ne croit pas l'enseignement à domicile relève des droits de la personne qui permet d'accorder l'asile à une famille, il peut toujours permettre à ladite famille de rester aux États-Unis et d'y instruire ses enfants à la maison. « Le procureur général peut tout à fait, de son propre chef, permettre à ces gens à rester », de conclure Farris.


Michael Donnelly de la HSLDA sur le cas Romeike et «  Est-ce qu'instruire ses enfants à la maison est un droit de l'homme universel ? » (en anglais) Donnelly y rappelle comment certains États, notamment l'Orégon, ont essayé d'interdire toute autre école que l'école d'État. Interdiction soutenue par le KKK à l'époque par anticatholicisme.


Débat organisé par l'Université de Saint Thomas au Texas sur « L'interdiction de l'école à la maison constitue-t-elle une persécution ? »
Me Luke Goodrich défend la position de la famille Romeike. Le professeur David Abraham de l'Université de Miami défend la position de l'administration Obama.Celui semble ignorer que l'école Philadelphia n'a jamais été autre chose que l'éducation à la maison (nous avons personnellement rencontré à plusieurs reprises son fondateur). Enfin, les écoles paroissiales que loue le professeur Abraham sont les mêmes que fuient les parents évangéliques, car elles n'ont plus de religieux que le nom.


Voir aussi

Juge américain accorde le statut de réfugiés politiques à des parents-éducateurs persécutés en Allemagne

Famille allemande exonérée de négligence criminelle envers ses enfants qu'elle enseignait à la maison

École à la maison : les familles fuient l’Allemagne

Vers une domination des enfants instruits à la maison aux États-Unis ?

Manitoba — Forte progression des enfants instruits à la maison et dans des écoles indépendantes

Géorgie — Fraude systématique aux résultats scolaires depuis dix ans dans les écoles publiques d’Atlanta

A+ pour l’enseignement à la maison selon une étude des universités Concordia et Mount Allison

L'instruction à la maison serait « antidémocratique » selon un éditorialiste du Devoir

Les enfants instruits à la maison aux États-Unis réussissent mieux que ceux des écoles publiques

Délit de parents trop originaux... Québec serre la vis aux parents qui instruisent leurs enfants à la maison

Les enfants instruits à la maison ont d’aussi bons résultats dans les États peu contraignants que dans les États tatillons

Mouvement américain prône retrait massif de l'école publique pour éviter « dissonance cognitive » que la Cour suprême du Canada valorise

Suède — Cour d'appel retire les droits parentaux de parents coupables d'instruction à la maison

École à la maison en Allemagne — « Accompagnez-nous maintenant de gré ou plus tard de force »





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lundi 1 octobre 2012

Ontario — La « Loi pour des écoles tolérantes » anticonstitutionnelle ?

La nouvelle Loi pour des écoles tolérantes de l'Ontario est sujette à une contestation juridique parce qu'elle viole les droits des catholiques de la province. C'est ce qu'affirme le renommé spécialiste en droit constitutionnel Eugene Meehan dans le dernier numéro de LexView (en anglais).

« Certains éléments de la Loi ne tiennent pas compte de la doctrine catholique et ignorent les protections constitutionnelles dont bénéficient les écoles confessionnelles. Ils ouvrent la porte à un modèle « taille unique » qui ne peut respecter les différences catholiques et l'idée même d'avoir des systèmes scolaires séparés », écrit Meehan.

« En empiétant sur les aspects confessionnels liés au fonctionnement des écoles dans le but de prévenir les préjugés, le projet de loi 13 risque de manière paradoxale de porter préjudice aux groupes religieux minoritaires. Au lieu de favoriser le respect de la diversité des croyances et des choix scolaires, elle risque d'encourager et de n'approuver qu'un seul point de vue et de contredire le but des écoles confessionnelles », a-t-il ajouté.

Eugene Meehan, cr, est un partenaire de Supreme Advocacy défense suprême SRL, à Ottawa. Il est l'auteur ou le coauteur de 14 livres sur le droit canadien. Il est un ancien directeur juridique de la Cour suprême du Canada et a été président national de l'Association du Barreau canadien.

Voir aussi

Le texte en français du « Projet de loi 13, Loi de 2012 pour des écoles tolérantes »

LexView 77.0 — Constitutional Implications of Bill 13 Amendments

Media Advisory : Ontario's Bill 13 vulnerable to legal challenge

Ontario — Père demande exemption pour ses enfants pour les matières morales auxquelles il s'oppose

Intimidation à l'école : insultes sur le physique, les notes, l'origine culturelle et linguistique bien avant « l'homophobie »

Ontario — Les parents se rebiffent contre le nouveau programme de lutte contre l'« homophobie »

Lutter contre l'« homophobie » à 4 ans, c'est la Loi !




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dimanche 26 août 2012

Le dialogue, au sens strict, entre les religions est impossible

Benoît XVI se montre réticent à engager un dialogue proprement théologique avec les non chrétiens. Le pape s'exprime dans une brève lettre au parlementaire de droite Marcello Pera que ce dernier publie en préface de son livre Pourquoi nous devons nous dire chrétiens.
« Vous expliquez avec une grande clarté qu'un dialogue interreligieux au sens strict du mot n'est pas possible, alors que le dialogue interculturel, approfondissant les conséquences culturelles de la décision religieuse de fond, s'avère particulièrement urgent ».
Un « vrai dialogue » interreligieux impliquerait de « mettre sa propre foi entre parenthèse , ce qui « n'est pas possible ».

Rémi Brague pense la même chose à propos du dialogue entre chrétiens et musulmans :
« Sur le plan strictement théologique, c'est bien difficile. Ne serait-ce que parce que l'islam s'est compris et construit lui-même comme un postchristianisme. En revanche, le dialogue peut s'établir entre musulmans et chrétiens sur les vertus que l'humanité a en commun : sens de l'honneur et de la parole donnée, justice, solidarité... A mon sens, il vaut mieux parler avec les musulmans du prix du pétrole ou de l'urbanisme des banlieues que d'Abraham ! Une chose est sûre : dissimuler les différences au profit d'une bouillie consensuelle mettant le christianisme et l'islam dans un même sac, celui des « religions d'Abraham », ne fait qu'envenimer les relations. S'ils veulent instaurer un respect mutuel, les croyants, chrétiens comme musulmans, ne doivent pas mettre leur religion dans leur poche. »
L’idée banale selon laquelle il suffirait d’oublier ce qui sépare ne mène à rien…

Il y a quelques mois s'affrontaient un grand arabisant et le physicien Ghaleb Bencheikh, président de la Conférence mondiale des religions pour la paix, animateur de l’émission Islam à France 2 le dimanche matin.

Passionnante confrontation animée par Alain Finkielkraut et dont on appréciera les interventions du théologien François Jourdan, grand arabisant et responsable diocésain du dialogue catholique-musulman à Paris. Ce dernier vient de publier un livre dont le besoin se faisait sentir depuis vingt-cinq ans : « Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans. Est-ce le même Dieu ? » Le Père Jourdan répond non, car même si l’élan des croyants est comparable, l’idée que Dieu existe l’est aussi ; mais la similitude s’arrête là. Des différences irréductibles séparent les deux théologies. L’idée banale selon laquelle il suffirait d’oublier ce qui sépare ne mène à rien…

Le père Jourdan s’oppose au dialogue aseptisé (penser au cours d’Éthique et de culture religieuse) et déclare que les bons sentiments ne sont pas nécessairement le meilleur remède. Il dénonce une constante maldonne sur les mots qui fonde une fraternité mensongère et un angélisme de mauvais aloi. Les mêmes mots sont des pièges. Ainsi quand le musulman dit « J'accepte Jésus », de quel Jésus s'agit-il ? Pourquoi n'est-il pas chrétien alors ? Mieux vaut au contraire savoir avec précision en Qui l’on croit, pour pouvoir ensuite dialoguer dans la vérité.

On ne peut que conseiller le livre du P. Jourdan à tous (y compris les futurs professeurs d’ECR), remarquablement clair, précis et argumenté. Il clarifie le débat pour des chrétiens habitués depuis trente ans à la confusion sur ce sujet. On y découvre que l’islam emploie des mots et des noms (Abraham, Gabriel, Jésus, le Livre) qui laissent croire à un patrimoine biblique partagé. Toutefois quand on examine de près ces termes, on constate que leur contenu n’est pas du tout semblable.

L'ouvrage réalisé par le père Jourdan donne le point de vue catholique officiel (c’est un ouvrage « nihil obstat et imprimatur ») sur la doctrine de Dieu comparée entre chrétiens et musulmans. L’auteur s’y insurge contre des assimilations faciles : Nous avons le même Dieu, le Coran parle de Jésus, Abraham est ;le père de tous les croyants...

Dans sa préface, Rémi Brague souligne que les points communs sont ce qu’il y a de moins intéressant. Définir Napoléon en disant : il a deux jambes et une tête, donc il est comme moi, n’avance à rien.

S'il y a unicité de Dieu dans l’islam, c'est d'unité divine qu'il faut parler dans le christianisme : l’unité préserve la diversité. Le Dieu chrétien comporte trois personnes : le Père, le Fils et le Saint Esprit. Cette notion de Trinité heurte l’islam. De plus, c’est une erreur d’appeler Dieu « Père  » pour un musulman. Le chrétien est fils de Dieu mais le musulman est serviteur, esclave (abdallah) de Dieu. Pour le chrétien (comme pour le juif) il y a une alliance entre Dieu et l’homme, pas en Islam. La conception de Dieu dans l’Islam diffère profondément de la conception chrétienne : en ce sens, ce n’est pas le même Dieu dont on parle.

Devant les problèmes nets soulevés par le père Jourdan, Bencheikh a été brillant, mais évasif, jouant à l’esquive. On appréciera sa joli pirouette qui consiste à dire que musulman ne signifie pas mahométan, mais simplement croyant en Dieu ! Ghaleb Bencheikh semblait, tout le long du dialogue, refuser d'aller au fond du problème.

Ses « j'en conviens » sont aseptisés, convenus. Pourtant, quel intérêt peut revêtir le dialogue interreligieux, s'il cherche à gommer la confrontation des altérités, qui est pourtant à la racine même d'un tel échange ? Si nous nous ressemblions tant que ça, l'intérêt d'un dialogue serait maigre.

Bencheikh semblait vouloir rendre plus présentable la vieille prétention de l'islam – tout en ne parlant jamais qu’à titre personnel et jamais au nom de l’islam – à être la religion originelle et parfaite (Abraham et Jésus étaient musulmans) et qui, dans sa doctrine, conteste radicalement le judaïsme et le christianisme.

Antoine Sfeir — le dialogue interreligieux, une imposture



La vidéo ci-dessus est extraite d'une émission française, C dans l’air, consacrée au « forum islamo-chrétien » et diffusée en novembre 2008. À cette occasion, Antoine Sfeir — journaliste et professeur franco-libanais, directeur des Cahiers de l’Orient déclare :

— On a donné à cette rencontre un titre assez bizarre d'ailleurs, le « forum ». On ne pouvait quand même pas parler de « dialogue interreligieux », alors que tout le monde veut en parler. le dialogue entre islam et chrétiens...

— Parce que c'est autre chose ?

— Mais, bien entendu. Parce que c’est de l’imposture intellectuelle, le dialogue islamo-chrétien. Ou on est croyant, et à ce moment-là chacun pense que sa religion, c’est la vérité. Donc parler avec l’autre, c’est vouloir le convertir. Ou alors on n’est pas croyant, et on n’est pas concerné par ce « dialogue » interreligieux ou islamo-chrétien, appelons-le comme on veut. Si on veut savoir à quoi croit l'autre, c'est du dialogue interculturel, uniquement. Alors ça, autant qu'on veut. Bien entendu. Il faut dialoguer culturellement et continuer à le faire. Ce qui me gêne dans tout ça...

— Vous pensez quoi, que c’est hypocrite ?

— Ah, totalement. Totalement. La preuve c’est qu’on a quand même essayé de dire : « On a parlé des choses qui fâchent ». On a parlé de la liberté de conscience, mais du côté musulman, on n’a pas précisé ce que c’était, la liberté de conscience. On n’a pas parlé de véritables choses qui fâchent. [...] Ce vouloir-vivre-ensemble aujourd’hui, quoi qu’en disent ce forum et ce communiqué, n’existe pas. En tout cas dans la région que je connais un peu, qui est l’espace arabe.

Voir aussi

La Croix et le Croissant

Débat — Conférence sur l'histoire du dialogue entre islam et christianisme entre Rémi Brague et Malek Chebel, Sciences-Po (14 avril 2011)



Rémi Brague explique d'abord pourquoi l'expression « Les gens du livre » est inopportune et empêche en réalité de réfléchir.



(Partie 2) Rémi Brague et Malek Chebel...

Même débat sous un autre angle (son très variable), neuf courtes vidéos

jeudi 20 octobre 2011

Hong Kong — fin de l'enseignement sous tutelle confessionnelle

Le cardinal Joseph Zen Ze-kiun, évêque émérite de Hong Kong, a entamé jeudi 19 octobre une grève de la faim de trois jours pour critiquer la décision « injuste » de la Cour d’appel finale de Hong Kong du jeudi 13 octobre de rejeter l’appel de l’Église catholique au sujet de l’inconstitutionnalité de la loi sur l’éducation de 2004. Selon le cardinal Zen, cette décision, également critiquée par les anglicans et les méthodistes à la tête d’écoles confessionnelles, va aboutir à détruire l’éducation catholique, considérée comme « l’un des meilleurs systèmes éducatif de la région pour sa qualité et son efficacité ».

La Cour suprême a rejeté le recours de l’Eglise sur l’inconstitutionnalité de la loi sur l’éducation de 2004. L’Église avait déjà perdu en première instance en 2005, puis en appel en 2010.

Cette loi prévoit la disparition des conseils d’administration des écoles privées sous contrat d’association avec l’Etat, dont les membres sont nommés par le diocèse ou les congrégations religieuses. Ces conseils doivent être remplacés par un « comité de gestion intégré », qui doit comprendre des représentants des enseignants, des parents d'élèves et des anciens élèves, de manière à ce que l'ensemble de ces groupes représente au minimum 40 % des sièges. Et le comité de gestion sera indépendant des organes de tutelle (en l’occurrence de l’Église).

Il s’agit bien entendu d’une ingérence du gouvernement chinois qui a décidé de mettre la main sur les écoles privées de Hong Kong (tant catholiques que protestantes ou bouddhistes) qui font l’essentiel de l’enseignement sur le territoire. Une des particularités du système éducatif à Hong Kong est en effet que les établissements publics y sont relativement peu nombreux, les autorités britanniques ayant préféré s’appuyer sur un certain nombre d’institutions – notamment religieuses – pour créer, gérer et animer les écoles du territoire.

Plainte fondée sur la Loi fondamentale hongkongaise

L’Église catholique avait déposé une première fois plainte en décembre 2005, arguant de l’inconstitutionnalité de la loi. La plainte s’appuyait principalement sur l’article 141 de la Loi fondamentale, le texte constitutionnel en vigueur à Hong Kong depuis la rétrocession à la Chine populaire en 1997. Cet article prévoit en effet que « les organisations religieuses peuvent, selon leur pratique antérieure, continuer à animer les séminaires et autres écoles, hôpitaux et établissements de soins ainsi qu’à fournir d’autres services sociaux ». L’Église s’était aussi appuyée sur les articles 136 et 137, relatifs à l’autonomie et à la liberté des instances scolaires.

La première plainte avait été rejetée en novembre 2006. L’évêque de Hong Kong, au nom duquel la plainte était déposée, était alors allé en appel. Il avait perdu une seconde fois en 2010, malgré la présentation par le Bureau pour l’éducation catholique du diocèse d’une longue pétition de Hongkongais demandant que l’Église catholique soit exemptée d’appliquer la réforme.

Dans leur arrêt, les juges de la Cour d’appel avaient alors estimé que la Loi fondamentale autorisait le gouvernement à formuler une politique en matière d’éducation visant à un « meilleur développement des structures en place » et protégeait les organisations religieuses contre toute politique discriminatoire à leur encontre, mais ne prévoyait pas qu’elles doivent continuer à gérer les écoles de la même manière qu’auparavant.

Les méthodistes prêts à abandonner leurs écoles

L’évêque de Hong Kong avait décidé de faire appel de ce jugement en dernière instance, auprès de la Cour d’appel finale qui vient de rendre son jugement, arguant que la loi ne visait pas les activités religieuses des écoles, et que ces écoles restaient libres de nommer la majorité des membres des comités.

En janvier 2010, sur les 845 écoles primaires et secondaires de Hong Kong, 445 avaient réformé leurs structures de manière à se conformer à la loi de 2004, et avaient reçu pour cela les aides financières prévues par la loi de 2004. Les 400 écoles qui ne l’avaient pas fait étaient principalement celles sous tutelle religieuse, notamment catholique et protestante.

Côté des protestants, les méthodistes avaient déclaré qu’ils étaient prêts à abandonner les 18 écoles dont ils ont la charge plutôt que de mettre en place les comités exigés par la loi. Les anglicans (96 écoles) avaient quant à eux fait savoir qu’en dernier recours, les comités de gestion intégrés seraient mis en place dans leurs établissements, mais qu’ils n’étaient pas d’accord avec l’esprit de la loi.




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lundi 26 septembre 2011

Le programme ECR en Cour suprême du Canada, relation de l'audience




Mise à jour du 25 septembre 2011 : Ajouts de quelques paragraphes à la fin du compte rendu.

Veuillez communiquer toute erreur de fait ou de chronologie dans cette relation à l’auteur de ce billet par courriel ou dans les commentaires.


La salle d’audience de la Cour suprême est pleine. Dans le majestueux hall d’honneur revêtu de marbre rubané du tribunal, on a prévu des sièges supplémentaires devant un grand écran plat. On distribue de nombreux écouteurs qui permettront d’entendre les débats traduits. L’assistance frémit. Du côté gauche, à l’avant de la salle d’audience principale, se trouvent les avocats et les intervenants qui contestent le refus d’exemption au cours d’éthique et de culture religieuse, les appelants. Les quatre travées sont complètement occupées par une douzaine d’avocats. À gauche, les six avocats des intimés, la commission scolaire et le procureur général du Québec occupent deux rangées.

La large porte au fond de la salle d’audience principale, derrière le banc des neuf juges, s’ouvre. Un huissier crie « la Cour ! » L’assistance se lève alors que les juges grimpent quelques marches avant de s’asseoir. Le public se rassied.

Me Mark Phillips, avocat des parents

Sans plus attendre, le premier avocat se lève. Me Mark Phillips représente les parents de Drummondville. Il commence sa plaidoirie en annonçant qu'il se penchera sur cinq choix qu’ont faits les concepteurs du programme d’ECR. Premier choix. Les concepteurs du programme ont choisi de faire en sorte que les contenus religieux soient toujours juxtaposés à des êtres mythiques et surnaturels. Dans le programme, chaque fois qu’on trouve l’expression « représentations du divin », le mot divin est toujours suivi de l’expression « et des êtres mythiques et surnaturels ». Mais de manière plus fondamentale, pour Me Phillips, l’exigence de toujours mettre en opposition les religions avec les êtres mythiques et surnaturels se trouve énoncée comme injonction impérative dans la partie du programme qui énonce le contenu. Ainsi, le programme ECR interdit de présenter les religions sans qu’elles soient en juxtaposition avec des êtres mythiques et surnaturels.

vendredi 22 juillet 2011

Canal Savoir et le programme ECR : « Arguments contre une propagande »

Canal Savoir va diffuser une conférence de Marie-Michelle Poisson, présidente du Mouvement Laïque Québécois portant sur le programme ECR.


L'émission s'intitule « Programme éthique et culture religieuse (ÉCR) – Arguments contre une propagande ».

Cette émission sera diffusée à plusieurs reprises :

Le lundi 25 juillet 2011       à 05 h 00
Le jeudi 28 juillet 2011       à 09 h 00
Le samedi 30 juillet 2011    à 08 h 00
Le lundi 22 août 2011        à 05 h 00

L'émission la semaine suivante portera sur les « Défis et espoirs d'un enseignant d'ÉCR ». Où François Couillard, enseignant en ÉCR pour la Commission Scolaire des Premières-Seigneuries, fera part de son opinion et de son sentiment sur le programme de socialisation et de morale imposé par l'État à tous les élèves du Québec.

À notre connaissance, aucun porte-parole de la CLÉ, de l'Association des parents catholiques du Québec, du collège Loyola, des Coptes du Grand-Montréal, des témoins experts qui ont défendu la demande d'exemption au cours devant les tribunaux n'a été contacté par le Canal Savoir sur cette série consacrée au programme ECR. Voir les argumentaires présentés à la Cour suprême contre l'imposition du programme ECR : celui du regroupement Regroupement chrétien pour le droit parental en éducation, du directeur de Loyola et des parents drummondvillois. Le programme ECR en Cour suprême du Canada, relation de l'audience.





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mardi 10 mai 2011

ECR — Mémoire de la CLÉ

La Cour suprême du Canada entendra la cause des parents de Drummondville opposés à l'imposition du cours ECR le mercredi 18 mai 2011. Il s'agira d'une audition orale publique.

Les avocats des parents ont déposé au greffe de la Cour suprême du Canada leur mémoire le 7 février 2011. Le mémoire (sans les pièces au dossier) est disponible ici.

La CLÉ a également présenté, en tant qu'intervenante, un mémoire séparé qui se concentre sur les irrégularités, selon elle, qui ont entaché le refus systématique dans tout le Québec opposé aux parents qui demandaient que leurs enfants soient exemptés du programme ECR. La CLÉ propose aussi dans son mémoire une procédure d'exemption qui serait plus libérale et juste.

Ce mémoire séparé se trouve ici.




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samedi 30 avril 2011

Conférence le 5 mai : le cours ECR vu par les parents soucieux

Une table ronde sur le programme Éthique et culture religieuse se tiendra le jeudi 5 mai à 19h30 au Musée de la civilisation, 85 rue Dalhousie à Québec.


Le panel se penchera sur le cours ECR, tel que vu par les parents soucieux. Les panélistes compren­dront :

  1. Madame Sarah Bouchard, enseignante en ÉCR en Secondaire V à la Commission scolaire des Premières-Seigneuries ;
  2. Monsieur Paul Donovan, directeur de l’École secondaire Loyola à Montréal, et
  3. Madame Jean Morse-Chevrier, présidente de l’Association des parents catholiques du Québec.

Le table ronde sera animée par madame Catherine Lachaussée, animatrice à la première chaîne de Radio-Canada.

Une contribution volontaire est bien appréciée. Tous sont bienvenus !






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lundi 28 mars 2011

Le Conseil du statut de la femme demande l'abrogation du volet religieux du cours ECR

Le Conseil du statut de la femme (CSF) appelle à la mise en œuvre d'une série de mesures touchant à ce qu'il nomme « la laïcité dans l'espace public », dont le retrait des symboles religieux, le rejet de la « laïcité ouverte » et l'abandon du volet « culture religieuse » du cours d'Éthique et culture religieuse (ECR).

Dans un document intitulé Affirmer la laïcité, un pas de plus vers l'égalité réelle entre les femmes et les hommes, l'organisme consultatif du gouvernement (eh oui ! vos impôts à l'œuvre), qui fournit des avis à la ministre de la Condition féminine du Québec, avance que sa vision de la laïcité doit être davantage défendue. L'organisme s'aligne donc sur la position du Mouvement laïque québécois (MLQ).

On note dans le document du CSF que « à la suite de l‘instauration du cours Éthique et culture religieuse (ECR) en septembre 2008, les contestations judiciaires battent leur plein et remettent en question le rôle de l'école dans l'enseignement de la religion ». En outre, pour ce conseil subventionné par les contribuables, « le volet culture religieuse qui fait partie du cours ECR, en raison de son contenu et de la façon dont il est enseigné, dessert la laïcité en plus de défavoriser la liberté de conscience et de religion. À notre avis, le rôle de l'État est de transmettre une éducation civique et les religions devraient plutôt être enseignées dans une perspective historique. »

Le collège Loyola

Le rapport se penche également sur l'affaire qui oppose le collège Loyola et le MELS au sujet du cours ECR :
l'école privée confessionnelle Loyola High School demandait à être exemptée d'enseigner le programme ECR de façon laïque au motif qu'il était contraire à sa mission d'enseignement catholique et brimait sa liberté de religion. Selon le juge Dugré, cette demande mettait en cause les principes de la primauté du droit et de la suprématie de Dieu. Bien que la décision du juge, favorable aux demandeurs, ne soit pas fondée sur le préambule, ce dernier a coloré le dossier, comme le souligne le juge dans son « épilogue » :
La société démocratique canadienne est fondée sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit, lesquels bénéficient d‘une protection constitutionnelle.

Ces deux principes fondateurs ont été mis à rude épreuve dans la présente affaire. Toutefois, en matière de droits fondamentaux, les Chartes accordent aux justiciables la protection des tribunaux.

Pour paraphraser les propos du juge Beetz dans l'arrêt Slaight Communications Inc. prononcés relativement à la liberté d'expression, mais tout aussi pertinents à la liberté d'expression religieuse, l'obligation imposée à Loyola d'enseigner la matière ÉCR de façon laïque revêt un caractère totalitaire qui équivaut, essentiellement, à l‘ordre donné à Galilée par l'Inquisition de renier la cosmologie de Copernic.
Or, les théoriciennes et théoriciens du droit avaient auparavant constaté que la suprématie de Dieu était restée lettre morte, et cela, pour d‘excellentes raisons telles la « contradiction apparente entre la suprématie de Dieu et la liberté de conscience, qui inclut par exemple le droit d'être athée » et la potentialité que « [t]outes les libertés publiques de la Charte [puissent] être interprétées à travers cette idée théiste ».

Bien que le gouvernement ait annoncé qu'il porterait ce jugement en appel [Note du carnet : c'est fait], il n'en demeure pas moins qu‘il attire l‘attention sur un fait : la Charte canadienne énonce sans ambigüité que le Canada repose notamment sur le principe constitutionnel de la suprématie de Dieu.

Également, soulignons que cette mention dans le préambule a fourni un argument additionnel à la Cour supérieure de l'Ontario pour juger que la mention de « Dieu » dans une prière récitée lors d'assemblées municipales, qui ne faisait référence à aucune religion, n'était pas contraire à la liberté de conscience du demandeur, qui n'était pas croyant :
In my view, it would be incongruous and contrary to the intent of the Charter to hold that the practice of offering a prayer to God per se, is a violation of the religious freedom of non-believers. This conclusion derives considerable support from the fact that the preamble to the Charter itself specifically refers to the supremacy of God.

Transgression facile des lignes directrices d'un enseignement « neutre » du cours ECR

Le CSF poursuit :
Il est facile de constater que les occasions de transgresser ces lignes directrices se posent quotidiennement dans les écoles. Apparemment, dans certaines situations, les élèves doivent faire part de leur religion ou de leur croyance lors d‘une présentation orale par exemple. Dans la vidéo d‘information disponible sur le site ETC, on voit deux jeunes filles de 9 ans qui font tour à tour un exposé consistant à montrer un objet de leur religion, pour l‘une son cierge de baptême, pour l‘autre une croix de Jésus offerte par son parrain. L‘une d‘elles explique que ce symbole marque son entrée dans la chrétienté.
Eu égard à la vulnérabilité des enfants, particulièrement celles et ceux du primaire, et à leur situation « captive », il est possible que certains élèves se sentent mal à l‘aise de dévoiler leurs convictions. D‘autres encore, qui ont des croyances agnostiques et venant d‘une famille où la religion occupe peu ou pas de place, pourraient se sentir exclus du groupe qui se révèlerait majoritairement catholique et baptisé, par exemple. Ces élèves pourraient alors être fortement tentés, pour faire partie du groupe, d‘adhérer à cette religion. Ce qui inquiète le Mouvement laïque québécois (MLQ).

Concepts nébuleux à la base du cours ECR, société interchangeable

Le rapport rappelle les positions des trois grands groupes d'opposants : les parents regroupés au sein de la CLÉ, le MLQ qui y voit une valorisation de la religion facteur qui divise la société et les adversaires du multiculturalisme. Au sujet des valeurs mise en avant par le cours ECR, il réitère son caractère nébuleux :

Le programme ECR ne définit pas quelles sont les valeurs communes du Québec et se contente de faire de la Charte québécoise le référent incontournable d‘une société qui favorise le « vivre-ensemble », une expression abondamment employée dans le programme.

[...]

Les « repères » ne sont pas clairement nommés, définis dans le programme ECR. Quelles sont ces valeurs collectives qui « sous-tendent la vie publique au Québec » ? Le programme n‘en fait pas mention, si ce n‘est pour référer à la Charte québécoise. Or, une culture publique commune qui repose sur les droits individuels, si elle est respectable, est bien pauvre ! C‘est une culture interchangeable, exportable, aseptisée et incapable de présenter un modèle d‘intégration sociétaire.
Intégrer l'étude du phénomène religieux dans le cours d'Histoire

Le Conseil recommande d'intégrer l’étude du phénomène religieux au cours Histoire et éducation à la citoyenneté. Ce cours aborderait les religions dans une perspective globale, historique, culturelle et sociologique, au même titre qu’il traiterait des courants de pensée séculière et qu’il parle déjà de la monarchie, des  Lumières, de la Révolution tranquille, du combat des femmes pour le droit de vote, de la naissance et de l’évolution des droits de la personne, et autres thèmes idéologiques chers aux progressistes.

Menace sur le financement des écoles privées confessionnelles

Enfin le Conseil du statut de la femme demande que « dans le cadre d’une commission parlementaire sur la laïcité, procéder à  l’évaluation des liens financiers entre l’État et le religieux afin que l’État ne  soit pas ou ne paraisse pas associé aux religions. Les subventions aux écoles confessionnelles et les privilèges fiscaux consentis aux  communautés religieuses devraient précisément être examinés.  »

Quel rapport avec le statut des femmes ?





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jeudi 10 mars 2011

ECR — Garçon dysphasique doit assister à quatre cours sur les rites funéraires, il sort en pleurs

Le chroniqueur Richard Martineau s'insurge contre la « maudite machine » éducative :

Juste comme on pense avoir touché le fond, on découvre qu’il y a un autre plancher en dessous.


Rites funéraires plutôt que français et des maths à 11 ans

Lisez cette lettre que j’ai reçue d’un lecteur de la rive Nord de Montréal, il y a quelques jours. On ne sait pas s’il faut rire ou pleurer devant un tel manque de logique…

« Ma copine est mère d'un garçon dysphasique. La dysphasie est caractérisée par un trouble de langage et une difficulté de compréhension. Son fils fréquente donc une école spécialisée en la matière.

« Son enseignante a décidé de donner une série de quatre cours sur les rites funéraires des différentes religions (oui, oui, vous avez bien lu). Je vous fais remarquer qu’on ne s’adresse pas ici à des étudiants de philosophie du collégial, mais bien à des élèves du primaire de 10-11 ans qui ont des difficultés d'apprentissage !

« Le fils de ma copine a un retard à combler sur la moyenne d'environ un an en français et de deux ans en mathématiques. Pourrait-on se concentrer là-dessus au lieu de leur montrer comment les musulmans et les bouddhistes enterrent leurs morts ? »


Le problème n'est pas le cours imposé pour l'administration, c'est l'enfant ou le parent


« Si François Legault veut s'attaquer à l'éducation, continue l’auteur de la lettre, il a tout un travail à faire et je ne crois pas que ça passe par une augmentation de salaire des profs. Il y a d’autres priorités plus pressantes.

« Le garçon de ma copine a beaucoup de difficulté à apprivoiser la mort (je crois que nous ne sommes pas tous égaux devant ce sujet). Résultat : il est sorti des deux premiers cours en pleurant.

« Solution bien caractéristique : on fait intervenir la psycho-éducatrice, parce que le problème n'est pas le choix du cours, mais nooon, c'est la réaction de l’enfant !!! Et si ma copine est en désaccord avec ce cours, elle fait partie du problème (du moins, c'est ce que l'on tente de lui faire croire).

« Bref, pour faire une histoire courte, son garçon ne veut plus aller à l'école le lundi, parce que le lundi, "on parle des morts"… »

Le monde à l'envers

C’est pas aberrant, ça ?

On a complètement perdu le sens des priorités. Au lieu de répondre aux besoins réels de l’enfant, on demande à l’enfant de se conformer à un programme concocté par des « lologues » !

C’est le monde à l’envers.

Cette situation est parfaitement représentative du mal qui ronge le Québec.

Ici, la machine n’est pas au service de l’individu, c’est l’individu qui est au service de la machine.

Le système est tellement gros, tellement lourd et tellement bordélique qu’il a complètement perdu le contact avec les citoyens. C’est un monstre qui tourne à vide, et qui ne se souvient plus pour quelle raison il a été construit.

Honteux

Apprendre à un enfant dysphasique les rites funéraires des autres religions, c’est comme lancer un livre de philosophie à un gars qui se noie.

Et le pire, c’est que si vous n’êtes pas d’accord, c’est VOUS, le problème !

Et après ça, on se demande pourquoi autant de jeunes décrochent et ne veulent plus rien savoir de l’école…

Source : Carnet de Richard Martineau




Il n'y aura pas d'exemption au cours ECR avait promis l'ex-ministre de l'Éducation, Mme Courchesne, car « On ne négocie pas un virage aussi important sans écraser d'orteils » (Le Soleil, 19 avril 2008). Il semble que le machine bureaucratique applique à la lettre ce diktat.


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jeudi 17 février 2011

Prière à Saguenay — Le gouvernement des juges

Texte de Mathieu Bock-Côté :

Le Tribunal des droits de la personne vient d’ordonner à la ville de Saguenay de retirer le crucifix de son hôtel de ville en plus d’interdire la tenue de la prière avant le Conseil municipal. Je ne sais pas si la prière a sa place dans un conseil de ville. Mais je suis certain d’une chose : ce  n’est pas aux juges de décider à la place de nos élus de la bonne manière de trancher cette question. Ce jugement confirme ce que nous savons depuis longtemps : nous vivons sous la férule du gouvernement des juges.

Apparemment, il faudrait préférer le despotisme éclairé des juges aux décisions des élus démocratiques. Ce modèle repose sur le mépris d’un peuple considéré immature et prompt à tyranniser les minorités. L’odieux ne s’arrête pas là. Le jugement du Tribunal a accordé au « plaignant » 30  000 dollars en dommages. 30 000 dollars ! Le chantage victimaire est payant. Il ne faut pas se surprendre qu’un nombre croissant de gens se plaigne de discrimination. On devrait appeler cela un délire idéologique publiquement encouragé.

En fait, ce jugement confirme le pouvoir exagéré du Tribunal des droits de la personne et de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse (CDPDJ) qui l’accompagne. La CDPDJ représente lecentre névralgique de la philosophie de l’accommodement raisonnable et sert de relais bureaucratique aux lobbies victimaires. Il faut lire les documents produits par la CDPDJ pour s’en convaincre. Dès qu’une norme collective ne s’accommode pas à une revendication minoritaire, la CDPDJ hurle à la discrimination. Une conception pervertie des droits de l’homme vient justifier qu’on détricote un lien social apparemment trop étouffant pour la « diversité ». C’est le paradoxe de notre temps. Au nom des « droits de la personne », on fait régresser les libertés.

On finance avec les fonds publics une bureaucratie d’idéologues cherchant à « faire avancer nos mentalités » – manière politiquement correcte de parler du lavage de cerveau, le nôtre. Il faudra tôt ou tard se demander si les juges et les « experts » qui se réclament des droits de la personne sont vraiment les plus qualifiés pour les défendre.

Les défenseurs des droits de la personne se sont-ils retournés contre eux ? Prière ou non au conseil municipal, le problème n’est pas d’abord celui-là.

La question est plutôt : est-ce aux juges ou aux élus d’en décider ? Ceux qui privilégient les premiers ne croient plus en la démocratie.

Source : Carnet de Bock-Côté




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mercredi 16 février 2011

L'élève entêté du Saguenay insuffisamment « ouvert » au silence de la religion historique du Québec

Rien de scolaire, si ce n'est le ton insupportable de la journaliste-institutrice de Radio-Canada :


Le maire de la Ville de Saguenay, à l'antenne de Radio-Canada, annonce qu'il fera appel de la décision du Tribunal des droits de la personne qui lui ordonne de retirer le crucifix et tout symbole religieux des salles d'assemblées publiques, de cesser sa prière introductive de 20 secondes et de payer 30 000 $ à un militant laïque. La présentatrice accuse plusieurs fois à mots couverts le maire Tremblay d'être «  entêté  ». Radio-Canada a-t-elle jamais répété à un écologiste qui venait de perdre qu'il était entêté, que des homosexuels étaient têtus parce qu'ils faisaient de l'activisme politique et juridique (alors qu'ici le maire n'attaquait personne en justice, mais se défendait) ?

Rappelons que ces « Tribunaux » (Mark Steyn parle de « Kangaroo Courts » en anglais) de la Personne sont très critiqués au Canada tant au niveau provincial que fédéral. Voir notre dossier sur le sujet « Extirper l'hérésie et le blasphème » ?

L'émission d'Isabelle Maréchal avec Éric Duhaime et Mathieu Bock-Côté à ce sujet est intéressante. Aucune de ces jeunes personnes ne se revendique comme catholique pratiquante pourtant toutes trouvent ce jugement excessif (ce n'est pas à un juge à décider ce que fait ou non cette assemblée) :

Écoutez l'émission :


Lien alternatif.

La première partie de l'émission est consacrée à l'affaire de la prière et du crucifix, dans la seconde Éric Duhaime s'avance imprudemment sur le sujet de l'immigration qui sauverait notre économie et notre démographie. Affirmations fortement contestées dans un essai à paraître et par une longue étude de l'Institut Fraser.

La conférence du maire de Saguenay



Le jugement au complet.




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lundi 31 janvier 2011

La dimension antichrétienne de la Révolution et la tentative d'instauration d'une religion civile déiste





Le professeur Xavier Martin aborde la dimension antichrétienne de la Révolution française et la tentative de l'instauration d'une religion civile déiste.




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jeudi 27 janvier 2011

Mme Line Beauchamp: l'école Dar el Iman enseigne le cours d'éthique et de culture religieuse

Québec verse 555 500 $ par année en subventions à une école musulmane controversée de Montréal qui se réclame de la philosophie des Frères Musulmans, un groupe intégriste qui milite pour l’instauration de gouvernements islamistes et qui a donné naissance au Hamas en Palestine. Cette école a également des liens avec le voyagiste exclusif pour les pèlerinages à La Mecque.

Benoît Dutrizac revient sur cette affaire ci-dessous, Mme Line Beauchamp répète ce que son ministère a déjà dit : cette école enseigne le cours d'éthique et de culture religieuse. On ne sait pas comment, ni pendant combien de temps, ce n'est pas grave. Par ce simple fait, on ne pourrait l'accuser de liens louches avec des milieux intégristes. Cette défense naïve trahit bien toute la charge idéologique que le MELS et ses experts attachent au cours d'éthique et de culture religieuse qu'ils prétendent par ailleurs objectif ou neutre (c'est selon).

Notons également cette phrase d'une franchise révélatrice de la part de la ministre du Monopole de l'Éducation : « C’est une école qui respecte ce que je les oblige à faire. » Belle conception de la subsidiarité du rôle de l'État en matière d'éducation !



98,5 FM – Dutrizac l’après-midi – 26 janvier 2011

L’audio de l’extrait transcrit ci-dessous est disponible sur Point de Bascule.


L’entrevue intégrale est disponible sur le site du 98,5 FM en cliquant ICI.

0:00 – Benoît Dutrizac

On sait que le ministère de l’Éducation verse un demi-million, plus d’un demi-million en subventions à une école qui a des liens avec les Frères Musulmans, avec des groupes…, qui sert aussi de lien avec une agence de voyages qui envoie des musulmans en Arabie saoudite pour le pèlerinage. Là, nous, on finance quoi? On finance une école, on finance un groupe de militants, on finance une agence de voyages? L’école Dar al-Iman … faudrait peut-être voir ce qui se passe dans cette école-là.

0:27 – Line Beauchamp
Je l’ai regardé parce que bien sûr les articles nous interpellent. On finance une école. Tous les états financiers vérifiés … c’est vérifié par des comptables externes, etc., etc., nous montrent que ce pourquoi on donne l’argent est utilisé à des fins pédagogiques. L’autre chose, c’est que…, il y a un débat idéologique. Mais moi, à la fin, comme gouvernement là, on appelle ça une société de droit là, je fonctionne sur la base de nos lois et de nos règlements… Je veux juste finir en vous disant la chose suivante: l’organisme qui est contesté, parce que…, l’école là, la corporation qui gère l’école, moi je verse ça à ça, ce n’est pas là les Frères Musulmans ou le Conseil canadien musulman. C’est pas ça. Mais…

1:09 – Benoît Dutrizac
On n’a pas le temps de passer à travers, je peux vous dire qu’il y a des liens et ces liens sont documentés. Je peux vous dire que le site de l’ambassade saoudienne donne le numéro de téléphone de cette école-là pour voyager.

1:20 – Line Beauchamp
Je peux vous dire que Sécurité Publique Canada pis les services canadiens de sécurité ne mettent pas l’organisme que vous dénoncez sur leur liste des organismes à surveiller ou dangereux ou quoi que ce soit. C’est ça aussi que je peux vous dire. L’autre chose aussi, c’est que l’école…, la directrice pédagogique s’appelle madame Cormier. Il y a un bon nombre de professeurs qui sont ce qu’on appelle familièrement des « Québécois de souche ». On sait que c’est une école qui applique le Régime pédagogique québécois.

Je suis en train de vous dire que … il s’enseigne là le cours de Éthique et culture religieuse. Vous savez… L’école et les enfants qui sont là… C’est une école qui respecte ce que je les oblige à faire. Ce qu’on veut que tout enfant québécois apprenne... C’est une école qui enseigne l’histoire du Québec, Éthique et culture religieuse.

Voir aussi :

Dossier Dar al-Iman (Français - English)

Les ressources subventionnées de l'école Dar al-Iman utilisées par l'agence de voyages de la MAC et d'autres de ses filiales






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mercredi 12 janvier 2011

Agenda scolaire européen : nombreuses fêtes religieuses, aucune chrétienne

Depuis plusieurs années la commission européenne produit un agenda destiné aux élèves de collèges et lycées (écoles secondaires et cégeps) de l’Union Européenne. Cet agenda, distribué gratuitement aux établissements sur simple demande, a été édité à plus de trois millions d’exemplaires.

Dans l’édition 2010-2011 de cet agenda qui est proposé actuellement aux enseignants de l’union Européenne, figurent de nombreuses fêtes religieuses : juives, hindoues, sikhs et musulmanes, mais aucune fête chrétienne n’y est signalée. La fête de Noël, par exemple, célébrée il y a peu dans l’Europe entière, est tout simplement absente de cet agenda. La page du 25 décembre est vide… hormis cette petite citation : « Un véritable ami est quelqu’un qui partage vos préoccupations et votre joie »…

Le Ministre italien des Affaires étrangères a estimé que l’ommission des fêtes chrétiennes étaient indécente et a appelé au retrait des agenda.



Un porte-parole de la Commission a expliqué qu’il s’agissait d’une « gaffe » et a déclaré que, pour plus « d’exactitude politique », il n’y aurait pas de référence aux fêtes religieuses dans les prochaines éditions.

« Nous sommes désolés de cette polémique, et nous allons corriger cela dans la prochaine édition. Les fêtes religieuses ne seront pas mentionnées afin d’éviter toute controverse », dit-il.


Journal de 14 heures de France 2 du 12 janvier 2011

« Cet oubli est l’illustration d’une Europe qui n’assume pas ses racines chrétiennes et, ce faisant, se renie.  On ne doit pas avoir honte de l’Europe des clochers, qui est constitutive de notre identité. Rien n’obligeait à évoquer les fêtes religieuses. Si on choisit de le faire, alors faisons-le jusqu’au bout. »
Laurent Wauquiez, ministre chargé des Affaires européennes



Journal de 20 heures de TF1 du 12 janvier 2011







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mercredi 22 décembre 2010

Répression religieuse plus sévère dans les garderies que dans les écoles

Nous venons de recevoir ce communiqué de l'Association des parents catholiques du Québec.

Montréal, le 21 décembre 2010. L’Association des parents catholiques du Québec (APCQ) déplore la décision gouvernementale de couper toute subvention aux garderies catholiques qui dispensent un enseignement religieux à l’intérieur de leur programme, par le biais de chansons, bricolages, bénédicités ou simples explications de la crèche ou d’une parole de Jésus.

« Les parents ont choisi, dans certains cas, d’envoyer leurs tout petits à des institutions qui ont une tradition catholique, à cause de la dimension religieuse qui s’y vit, » dit la présidente de l’APCQ, Madame Jean Morse-Chevrier. Le ministère de la Famille et des Aînés forme maintenant des surveillants pour faire le tour des garderies subventionnées, à partir de juin 2011, afin de s’assurer que les éducateurs ne transmettent aucun enseignement religieux. « On se croirait dans un état totalitaire, se plaint Madame Morse-Chevrier, puisque nos représentants élus s’arrogent le droit de décider à la place des parents du mode d’éducation des enfants. » Selon l’APCQ cette initiative de la part du gouvernement rappelle la même stratégie que celle exercée lors de l’imposition du cours d’éthique et culture religieuse. En effet, au nom du respect de la diversité, le gouvernement abolit de plus en plus la vraie diversité dans les institutions éducatives, selon Jean Morse-Chevrier. « Le Québec vire de plus en plus vers la répression religieuse et la discrimination contre les croyants de toute religion », décrie-t-elle.

Les parents, occupés à prendre soin de leurs petits et à travailler pour leur survie, devront payer en triple s’ils veulent contester cette décision gouvernementale, selon Madame Morse-Chevrier. Ils devront payer pour le soin des enfants, payer pour la garderie et payer pour toute contestation. Les parents vivent déjà une situation semblable dans les écoles, face au ministère de l’Éducation, des Loisirs et du Sport. En effet, des parents de Drummondville voient leur contestation portée à la Cour suprême pour le simple droit d’exempter leurs enfants de la diversité religieuse et morale enseignée dans le programme scolaire d’éthique et culture religieuse.

Malgré cette contestation en cour, le gouvernement est allé de l’avant et a donné à toutes les garderies subventionnées la recommandation d’enseigner la diversité religieuse sans l’accord de leurs parents. Cette directive va encore plus loin que l’imposition du cours d’éthique et culture religieuse, puisque les écoles privées subventionnées peuvent au moins donner l’enseignement religieux.

L’APCQ encourage tous les parents à protester contre l'ingérence et le contrôle abusif du gouvernement dans les choix éducatifs des parents pour leurs enfants. Elle invite les parents à la contacter pour du support. « L'interdiction de toute activité et de tout enseignement religieux dans les garderies subventionnées est totalement contraire au rôle d'un gouvernement démocratique qui est de permettre la véritable diversité », selon Diane Joyal, présidente de la section de Montréal de l’APCQ.

-30-

Pour tout renseignement supplémentaire, s.v.p. contacter

Madame Jean Morse-Chevrier, présidente de l’Association des parents catholiques du Québec (APCQ) au 819-661-7140 ou
Madame Diane Joyal, présidente de la section de Montréal de l’APCQ au 514-279-0670 ou 514-254-2779.




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vendredi 26 novembre 2010

ECR — Qui sont les plus fondamentalistes et intolérants dans ce dossier ?

La Voix de l'Est a publié plusieurs lettres récemment assez virulentes s'en prenant en termes peu courtois aux parents qui osent demander l'exemption au cours d'éthique et de culture religieuse. Réaction d'un des lecteurs de la Voix de l'Est à ces attaques souvent hargneuses.
Monsieur Beauregard écrivait récemment: «Suite à mes 30 années dans le monde de l'éducation, M. Andries, je n'ai jamais entendu dire que la transmission des valeurs morales et philosophiques était réservée exclusivement aux parents. Je serais très curieux de lire un document national ou international qui interdirait à l'État de transmettre par son système scolaire des valeurs morales et philosophiques.»

Il me semble que M. Beauregard et sans doute d’autres lecteurs ont mal compris mes propos. Je le remercie donc de revenir sur ce sujet crucial. Jamais je n’ai dit que les parents étaient les seuls à transmettre des valeurs morales ou philosophiques, mais que cette transmission devrait se faire dans le respect de leurs valeurs morales, leurs convictions philosophiques. Elle peut être assurée par des gens qu’ils désigneront pour ce faire. Ce qui n’est pas acceptable, dans une société qui se prétend pluraliste, c’est de se faire imposer une éducation particulière d’en haut par des gens qui disent parler au nom de tous en utilisant des formules ronflantes du type «Le Québec s’est donné un nouveau programme d’ECR». Le Québec ne s’est rien donné, le gouvernement impose d'autorité un seul programme. Une société démocratique et pluraliste laisserait le choix aux parents dans ces sujets délicats. Où est le danger? Pourquoi craindre le choix?

Pour ce qui est des textes nationaux et internationaux qui ancrent cette primauté des parents dans le choix (pas nécessairement l’exercice) de l’éducation morale et religieuse de leurs enfants, en voici trois: «Que la garde de l'enfant ait été confiée à l'un des parents ou à une tierce personne, quelles qu'en soient les raisons, les père et mère conservent le droit de surveiller son entretien et son éducation» (Code civil du Québec, article 599) et «Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants. »(Déclaration universelle des droits de l’homme, article 26, paragraphe 3). Et finalement: «Les États parties respectent le droit de l'enfant à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Les États parties respectent le droit et le devoir des parents (…) de guider celui-ci dans l'exercice du droit susmentionné» (article 14, Convention des droits de l’enfant).

M. Beauregard prétend que le cours ECR n’est contesté que par 1% de la population. Où M. Beauregard va-t-il chercher ces chiffres? Même un journal peu suspect d'être pour le libre choix en la matière comme le Devoir (il a publié un éditorial intitulé «Vain combat» qui brocardait les parents récalcitrants au cours ECR) admettait que 45% des Québécois étaient contre le cours ECR (sondage août 2008), entretemps un sondage Léger-Marketing en mai 2009 indiquait que 76% des Québécois voulaient que les parents puissent choisir entre le cours ECR et un cours confessionnel.

Armé de si peu de faits, de si peu de chiffres vérifiables, M. Beauregard n’hésite pourtant pas à stigmatiser ceux qui ne pensent pas comme lui: «obscurantisme», «entêtement maladif», «peur panique et viscérale» et «fondamentalistes». Ces mots se veulent convaincants. Qui des parents qui demandent que leurs choix philosophiques soient respectés ou des militants pour l’imposition du cours ECR sont les plus fondamentalistes? M’est avis que les tolérants ne sont pas tous du côté des partisans du cours ECR. Ces partisans devraient mettre en pratique un dialogue plus constructif et montrer qu’ils tolèrent vraiment la diversité d’opinion sur la question plutôt que de recourir à l'invective.

P. Andries




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jeudi 21 octobre 2010

La Cour suprême du Canada entendra la cause des parents de Drummondville

On se souviendra que les parents de Drummondville qui avaient intenté un procès à leur commission scolaire parce que celle-ci avait refusé d'exempter leurs enfants mineurs du cours ECR avaient demandé à la Cour suprême du Canada le droit d'en appeler de la décision de la Cour d'appel qui leur avait été défavorable.

La Cour suprême du Canada vient de leur accorder le droit d'être entendu devant le plus haut tribunal de la confédération.

Voici la description du cas faite par la Cour Suprême :

33678 S.L., D.J. c. Commission scolaire des Chênes et Procureur général du Québec (Qc) (Civile) (Autorisation)

Charte canadienne - Liberté de conscience et de religion - Cours obligatoire d’Éthique et culture religieuse exposant aux enfants du primaire et du secondaire les contenus de diverses croyances - Parents de confession catholique invoquant leur liberté de conscience à l’appui d’une demande d’exemption - Refus d’exemption par une lettre identique à celles reçues par des parents de plusieurs autres localités du Québec - Le caractère obligatoire du cours de culture religieuse entre-t-il en conflit avec la liberté de conscience et de religion de ces parents et de leurs enfants? - Le conseil des commissaires a-t-il abdiqué sa juridiction en affirmant qu’il devait appliquer le programme et que l’argumentation juridique des parents n’était pas de son ressort? - La commission scolaire a-t-elle pris sa décision sous la dictée de la ministre de l’Éducation, celle-ci ayant déclaré publiquement qu’il n’y aurait aucune exemption et les faits indiquant qu’il n’y en eut aucune? - La Cour d’appel a-t-elle erré en droit en ne redressant pas la décision judiciaire ayant refusé de déclarer l’atteinte à des droits fondamentaux et de réviser la décision administrative? - La Cour d’appel a-t-elle erré en droit en prétendant que l’appel était devenu théorique selon ce qu’elle estimait être la situation scolaire des enfants au moment de sa décision? - Loi constitutionnelle de 1982, art. 2 - Charte des droits et libertés de la personne, L.R.Q. ch. C-12, art. 3 et 41 - Loi sur l’instruction publique, L.R.Q. ch. I-13.1, art. 222.

En mai 2008, le programme d’Éthique et culture religieuse devient obligatoire au Québec. Les demandeurs ont alors un enfant en première année au primaire et l’autre en secondaire IV, ce dernier ayant eu l’occasion de suivre le cours. Ils écrivent aux deux directions d’école pour demander que leurs enfants soient exemptés. Le motif invoqué est le préjudice grave, au sens de l’art. 222 de la Loi sur l’instruction publique, soit une perturbation due au contact forcé et prématuré avec une série de croyances dont la plupart ne sont pas compatibles avec celles de la famille, ainsi que l’atteinte à la foi religieuse des membres de cette famille. La commission scolaire refuse l’exemption, dans les mêmes termes que ceux d’autres commissions saisies de demandes semblables. La ministre de l’Éducation avait annoncé publiquement qu’il n’y aurait pas d’exemption.

Rappel : les motifs de la demande d’autorisation de pourvoi.





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lundi 11 octobre 2010

Des bienfaits de la concurrence et des cours de culture juive à l'école publique

Le Devoir nous parlait la semaine passée d'Une École au goût des parents. Il s'agissait de faire l'éloge de l'école publique.

Qu'apprend-on dans l'article ?

  1. « Afin de mieux servir la population environnante à forte dominance juive et italienne, l'école [publique] pourrait offrir, en plus du programme régulier du ministère de l'Éducation, des cours de culture et d'histoire juives, des cours d'italien, mais également d'arts ou un programme sport-études. »

    Intéressant. Pourquoi la culture juive alors qu'ECR (culture religieuse) est supposé satisfaire tout le monde ? Et si des parents québécois de souche demandaient des cours de « culture chrétienne » et d'« histoire québécoise » à l'ancienne d'avant la réforme pédagogique ?

     

  2. « Pourvu qu'on ait un nombre suffisant [environ 25] de personnes intéressées par un programme, on va l'avoir. »

    Vingt-cinq parents québécois de souche aussi dans une autre école publique ? Chiche !

     

  3. « La Ville de Côte-Saint-Luc ne compte aucune école publique de niveau secondaire depuis que l'école Wagar a fermé il y a cinq ans. Pour M. Wise, qui en était le directeur à l'époque, la baisse démographique a certainement eu un impact. «Mais on n'a pas été aussi compétitifs qu'on aurait dû l'être», a-t-il reconnu. »

    Il y a plusieurs écoles privées à Côte-Saint-Luc, on voit là les bienfaits de la concurrence scolaire : l'école publique tente de satisfaire les parents, ces contribuables. Quelle idée novatrice !




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jeudi 8 juillet 2010

Le cours d'ÉCR II - Les hypothèses de solution

Lettre ouverte de Guy Durand publiée dans La Voix de l'Est.

Compte tenu de l'insatisfaction engendrée par l'actuel programme d'Éthique et culture religieuse (ÉCR), quatre voies, en partie complémentaires, sont à explorer en conformité avec le sens de trois notions modernes.

L'école commune vise à favoriser l'expérience de la mixité sociale et l'intégration à la culture commune. Elle n'est pas synonyme d'école uniforme: elle désigne plutôt une école basée sur des valeurs communes qui, en même temps, accepte la diversité et offre des parcours différents pour répondre aux aptitudes et centres d'intérêt divers des jeunes.

La laïcité n'est pas un concept univoque ou un modèle idéal à l'aulne duquel toutes les applications sont évaluées comme plus ou moins laïques. Elle admet plutôt des modèles multiples, y compris des options en enseignement religieux confessionnel, comme dans beaucoup de pays européens (Belgique, Allemagne, etc.), y compris une partie de la France (Alsace-Moselle et certains départements d'outre-mer). Le modèle idéal étant celui qui correspond le mieux à la sociologie, à l'histoire, aux traditions du pays, à la volonté des citoyens, voire des parents.

La mission de l'école est de favoriser le développement intégral de l'élève. La Loi sur l'instruction publique précise qu'elle doit «faciliter le développement spirituel de l'élève». L'école relève d'ailleurs d'une responsabilité partagée: État et parents. Ce qui ne donne pas tous les droits à l'État, ni aux parents tout en leur attribuant une responsabilité indéniable quant au choix de l'école et de ce qui s'y enseigne.

  1. La première voie à mettre en oeuvre urgente et facilement réalisable concerne le droit à l'exemption. Ce droit peut être fondé sur l'article 222 de la Loi sur l'instruction publique. Plus profondément, il repose sur la liberté de conscience et de religion, laquelle est d'abord un droit naturel, d'ordre éthique, inhérent à la personne du seul fait de son appartenance à l'humanité, fondé sur le respect de la dignité de chaque personne, lié ici à la responsabilité des parents vis-à-vis leurs enfants.
  2. La deuxième voie à explorer concerne les changements importants à apporter au programme actuel d'ÉCR, afin qu'il devienne plus clairement un cours d'éthique et de culture religieuse au vrai sens des mots, et qu'il tienne compte de la psychologie des jeunes et du rôle indispensable des maîtres. Entre autres: présenter les religions de manière continue de sorte que l'élève en ait une vision cohérente et puisse mieux les comprendre. Dans le volet éthique: expliciter davantage les valeurs ou les principes qui servent de base à l'éthique et donc à la formation morale.
  3. La troisième voie à explorer porte sur l'offre d'options confessionnelles, en parallèle avec le cours ÉCR, notamment au primaire où il faut protéger la cohérence avec la famille. Elle s'inspire d'un article du politologue et essayiste Jean-François Lisée. Au sein de l'école publique, les Églises ou groupes religieux disposeraient d'une case horaire disons, une heure le vendredi matin qu'ils aménageraient à leur gré. L'école ou les commissions scolaires exerceraient un certain contrôle des enseignements pour assurer l'ouverture au respect de l'autre, dont un certain pourcentage de temps accordé aux autres religions, par exemple 20 %. La perspective du cours serait différente de ce qu'elle est dans le programme actuel d'ÉCR: elle remplirait cependant partiellement le même objectif .
  4. Une dernière hypothèse consisterait à offrir une option portant sur la culture chrétienne ou l'histoire du christianisme: origine, évolution, éléments d'ordre anthropologique et artistique, valeurs, témoins. Cours axé sur la transmission d'un savoir et clairement distinct d'une approche catéchétique. Cours optionnel ouvert à tous (chrétiens ou non, immigrants ou de souche), destiné à présenter explicitement cette culture qui fait la richesse de l'Occident.

L'auteur, résidant de Dunham, théologien et juriste, est professeur retraité de l'Université de Montréal. Il est l'auteur du livre Le cours ÉCR, au-delà des apparences




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