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dimanche 27 septembre 2026

La forteresse littéraire a tremblé prise d’assaut par la piétaille des réseaux sociaux (Affaire Thélyson Orélien)

Texte de Mathieu Bock-côté paru dans Le Figaro du 26 Septembre 2026.

Il y a une semaine à peine, C’était ça ou mourir, le roman de Thélyson Orélien, véritable événement littéraire, semblait appelé à rafler les plus grands prix, même le Goncourt. La combinaison semblait gagnante : un écrivain haïtien, installé au Québec, racontant une forme d’odyssée poétique des migrants dans un monde qui doute de plus en plus de la promesse de Babel. C’était l’ouvrage attendu par le régime diversitaire, conforme à son esthétique, comme il y eut autrefois une esthétique socialiste, qu’il était aussi obligatoire d’admirer en société - on parlera d’obligation d’admiration publique. Les figures consacrées du milieu littéraire multiplièrent les compliments les plus emportés - on a même entendu, à demi-mot, que Thélyson Orélien serait le nouveau Victor Hugo. On aurait pu dire Homère et Zola, mais le temps a manqué, probablement.

Puis une bombe a explosé. Le compte Balance ton Claude, que l’on sait depuis animé par Samuel Fitoussi, a accusé Orélien d’avoir écrit son livre avec L’IA. L’accusation semblait crédible, et fondée sur un logiciel de détection de l’écriture IA, reconnu pour son exactitude. Une part du milieu littéraire s’est immédiatement braquée : c’est faux ! Et très vite, elle a riposté : derrière cette critique s’exprimerait un racisme viscéral contre un écrivain noir parlant des migrants. On voulait l’effacer, l’humilier. La question de L’IA était secondaire : l’intégrité de l’œuvre ne comptait plus, même si encore hier, tous se seraient dits horrifiés par un monde où la littérature deviendrait le produit d’une machine. Cette riposte était prévisible. C’était ça ou mourir avait été célébré sur la base de critères idéologiques, et c’est à partir de tels critères qu’on le défendrait. Orélien, de son côté, a bien évidemment contesté les accusations. Mais comme le disait moins poliment Chirac, les soucis volent en escadrille. 

Au jour 3 de la controverse, on a découvert que Thélyson Orélien était un vilain plagiaire. Dans la presse québécoise, où il écrivait depuis longtemps, mais aussi en France, il était coutumier d’une pratique singulière : il prenait un texte paru à l’étranger, le traduisait approximativement, puis le publiait sous son nom, en partie ou totalement. En 2012, il a même remporté un concours de nouvelles organisé par Radio-canada en plagiant un vieux texte de Louis Pauwels - à tout le moins, on lui reconnaîtra de saines admirations. Chaque jour, de nouveaux plagiats sont révélés, même dans ses poèmes.

Au Québec, l’enthousiasme s’est converti en doute. Pouvait-on croire un plagiaire multirécidiviste ? Sa défense devenait moins crédible. Elle fut moins enthousiaste, son éditeur, Boréal, renonçant même à promouvoir le livre. Les accusations de racisme contre ses critiques demeurèrent, toutefois : il fallait bien sauver la face. En France, la question du plagiat trouve moins d’écho.

La polémique vire au comique. L’aristocratie culturelle pouvait difficilement s’ébaubir le lundi et reconnaître s’être fait bluffer le vendredi. Il y a des limites au triple salto arrière. Puisqu’il n’était plus possible de nier la chose, aussi bien la décréter normale. D’ailleurs, l’intelligentsia ne peut même pas s’émerveiller de manière tactique devant le canular, sur le mode « chapeau l’artiste » car ce n’en était pas un - les critiques d’Orélien y voient tout simplement une fraude littéraire. Au mieux, pour ne pas se dédire, elle peut normaliser l’écriture par L’IA, y voir une forme d’audace - mais sur cette question, elle se clivera, car les hommes de lettres ne sont pas encore prêts à s’immoler devant le dieu IA. Simple réflexe de survie. Alors on y revient : restait à traiter tout cela dans le logiciel antiraciste. Il ne déçoit jamais et s’applique à toutes les situations. Orélien l’a fait aussi. Il affirme qu’on voudrait le faire taire, qu’il cesse d’écrire. Les mauvaises langues répondront surtout qu’on voudrait qu’il écrive par lui-même.

La forteresse littéraire a pourtant tremblé - d’autant qu’elle s’est moins décomposée de l’intérieur qu’elle ne fut prise d’assaut par la piétaille des réseaux sociaux, n’acceptant pas le récit officiel qu’on lui faisait des événements, présentant simplement les faits le contredisant, ne s’inclinant tout simplement pas devant ses totems, en fait. Disons-le autrement : sans les réseaux sociaux, nous ne saurions pas grand-chose de toute cette affaire, Thélyson Orélien raflerait le Goncourt, et il aurait trouvé sa demeure sur le Mont Olympe de la diversité, à la manière du nouveau dieu à vénérer. Il n’en sera pas ainsi. Que vaudra demain le système des prix littéraires ? Comment ce milieu va-t-il gérer sa déculottée, comment va-t-il retrouver sa superbe, comment pourra-t-il faire croire à la sincérité de ses enthousiasmes ? Que faire quand tout le monde a compris que le roi était nu ?

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vendredi 25 septembre 2026

Christian Rioux : « Faut-il croire un plagiaire ? Et si Thélyson Orélien était le Jason Arday québécois. » (m à j)

Après avoir choisi le roman de l'auteur canado-haïtien C'était ça ou mourir lors de sa première sélection, au début de septembre, l'Académie Goncourt a retiré, mais pas à l'unanimité, l'œuvre de Thélyson Orélien de sa sélection. L'auteur est soupçonné d'avoir utilisé l'intelligence artificielle dans le cadre de la rédaction de ce roman, ce qu'il nie.

Cette décision "est dictée par la volonté de préserver l'intégrité du prix Goncourt et celle de l'Académie, dont le rôle central consiste à promouvoir et couronner la littérature écrite par des femmes et des hommes", a expliqué dans un communiqué transmis à l'Agence France-Presse (AFP) l'Académie, qui avait placé le roman publié chez Grasset dans sa première sélection pour le prestigieux prix décerné le 4 novembre.

Pour l'Académie, le livre, l'une des meilleures ventes de la rentrée littéraire en France, "est selon toute vraisemblance très largement le produit d'une intelligence artificielle".


À l’échelle du petit monde de Saint-Germain-des-Prés, c’est un véritable séisme.

Le roman à succès de l’écrivain haïtien qui vit au Québec, Thélyson Orélien (ci-dessous), a-t-il été écrit avec l’aide de l’intelligence artificielle ? C’est ce que nous disent les meilleurs logiciels destinés à repérer ces contrefaçons. Leur jugement semble accablant ainsi que celui des experts les plus pointus.


Le soupçon est d’autant plus grave que son roman, C’était ça ou mourir, est en lice pour les plus prestigieux prix littéraires français comme le Goncourt et qu’il a déjà remporté celui du roman de la FNAC. Jusqu’à mardi, Thélyson Orélien était considéré comme la révélation de cette rentrée littéraire. En France, et pour le Québec, ce n’est pas rien.

Pour le néophyte cette accusation est à la fois terrible et déconcertante. C’est un peu comme si on lui demandait de juger de la qualité des vaccins contre la Covid. Depuis deux jours, plus les experts défilent à la télévision, moins le quidam s’y retrouve.

Mais c’était avant que l’on découvre que, dans ses chroniques, Thélyson Orélien a allègrement plagié des articles de la presse étrangère. Si l’on pouvait certes douter de la première accusation et croire que les nombreux logiciels qui détectent les textes écrits par l’IA avaient des failles, il n’en va pas de même pour la seconde.

Plusieurs de ses articles écrits il y a plus d’une décennie ne sont en réalité que des traductions littérales et bancales d’articles ou d’extraits de livres, comme vient de le reconnaître La Presse. Sa chronique « Ne mettons pas nos héros sur un piédestal » publiée le 28 février 2013 reproduit mot pour mot de larges extraits de celle de Dean Andy Bautista dans le Philippine Star, « My four centavos » (23 février 2013). Même chose pour « Le prochain pape devrait être plus jeune » (15 février 2013) qui reproduit en partie un éditorial de The Hindu. Dans plusieurs textes, l’auteur n’hésite pas non plus à s’approprier des extraits du « futurologue » Alvin Toffler sans jamais le citer.


Last but not least, sa nouvelle « Où va le monde » qui reçut le Prix du public de Radio-Canada en 2014 était plagiée d’un texte de l’écrivain français Louis Pauwels. [Note du carnet: Il s'agit de préface du Matin des magiciens, de Louis Pauwels et Jacques Bergier, publié en 1960.] Notons en passant qu’au moment où la polémique éclatait, Thélyson Orélien faisait opportunément disparaître son blog personnel.

Ici, il n’est plus question de débat entre spécialistes et d’évaluation technique de la qualité d’un logiciel. Il n’y a plus la moindre marge d’erreur. Il suffit de savoir lire. Or, la crédibilité de Thélyson Orélien sort de cette épreuve pour le moins égratignée. Sinon en pièces.

Comment croire que l’écrivain a eu plus de scrupules à utiliser l’IA pour son roman comme l’indiquent les logiciels les plus perfectionnés ?

Un véhicule de la pensée unique

Si l’affaire ébranle tout le milieu littéraire, c’est qu’au-delà de la personne de Thélyson Orélien, elle pose des questions abyssales.

On se demande en effet comment, si ce roman a vraiment été écrit (coécrit ou réécrit) par l’IA, il a pu être à ce point encensé par les meilleurs critiques de France et de Navarre ? Comment expliquer qu’il ait pu franchir tous les filtres qui normalement précèdent une candidature à ces prestigieux prix littéraires, et être publié par deux éditeurs respectés ? Comment ne pas avoir le vertige en se disant que l’IA serait dorénavant capable de produire un roman qui recueille les éloges de tant de critiques et parvient à séduire un public aussi vaste ?

La réponse à ces questions réside dans la nature même de l’IA.
Celle-ci ne construit ses réponses qu’en recoupant les informations qu’elle a pillées dans des centaines de milliers de documents. Elle ne rapporte pas ce qu’elle considère comme la « vérité » — comment une machine pourrait-elle se poser une question aussi existentielle ? —, mais l’opinion générale, dominante et majoritaire. Si tout le monde dit que la terre est plate, l’IA dira que la terre est plate. Elle ne fait que restituer le consensus mou de la société.

En ce sens, l’IA est un gigantesque véhicule de la pensée unique.

Il n’est donc pas difficile de croire qu’elle pourrait être en mesure d’écrire un roman qui tienne compte de ce qu’apprécie une majorité de lecteurs, qui reprend les formules les plus à la mode, construit des phrases faciles à lire, reprend des figures de style éprouvées. « Une langue morte et [des émotions pré]calibrée[s] », dit la chroniqueuse Élisabeth Lévy. Bref, un roman qui coche toutes les cases du succès littéraire.

Or, le roman de Thélyson Orélien est largement de cette eau. Il raconte l’histoire on ne peut plus édifiante de Jonas Dorléon, valeureux migrant qui quitte Haïti, traverse tous les obstacles les plus abominables pour arriver jusqu’à cette terre resplendissante appelée Québec où il pourra enfin s’émanciper. Même si, en passant, les autochtones pourraient être plus accueillants. Bref, Thélyson Orélien raconte l’histoire édifiante que tout le monde attendait. Celle qui nous rassure tous, pleine de bons sentiments, qui éponge les larmes de notre culpabilité et rassure nos bonnes âmes en confortant leur culte de l’Autre.

Malheureusement, le style est dans la même veine. À mille lieues d’un Aimé Césaire ou d’un Dany Laferrière, les phrases sont d’une simplicité déconcertante. Pas la moindre complexité syntaxique. Pas de descriptions un peu senties d’un paysage ou des personnages — un adjectif suffit, une brève figure de style souvent convenue et parfois même incompréhensible. Pas la moindre sonorité créole, à part les dialogues évidemment. Et surtout cette impression permanente de survoler le monde sans y toucher comme le ferait un touriste en mal de frissons.

L’« emblème de la diversité »

Mais, il y a une autre explication à l’ascension phénoménale de Thélyson Orélien. C’est le préjugé favorable dont il aurait bénéficié à cause de ses origines. Impossible de mettre de côté cette question que tout le monde se pose, mais que personne n’ose formuler.

On nous accusera de préjugés racistes. Mais d’où pourrait bien venir cette interrogation sinon de ces politiques qui pratiquent ouvertement et ostensiblement la discrimination positive ?

C’est un secret de polichinelle qu’à notre époque nombre de rédacteurs en chef et de directeurs littéraires ont tendance à privilégier une œuvre lorsqu’elle vient d’un membre d’une minorité raciale, ethnique ou sexuelle. On peut parier que Thélyson Orélien n’aurait pas eu accès à des tribunes aussi prestigieuses s’il n’avait pas correspondu aux critères des programmes d’égalité, de diversité et d’inclusion (EDI) qui sont devenus le credo du monde médiatique.

On peut d’ailleurs se demander si l’écrivain haïtien ne serait pas le double de Jason Arday, cet universitaire britannique de 41 ans qui s’est suicidé après qu’on eut découvert qu’il avait plagié une grande partie de sa thèse de doctorat et menti effrontément sur son parcours universitaire.

La grande question alors posée fut de savoir comment ce fils de parents ghanéens avait pu franchir tous les filtres qui empêchent normalement un tel escroc d’accéder à ces postes. Poser la question, c’était y répondre puisque Cambridge rêvait depuis des années de recruter un professeur qui serait l’« emblème de la diversité », selon les mots du Telegraph.

Ce n’est pas un hasard si Arday vient du Royaume-Uni et Orélien du Québec, deux champions des programmes d’EDI.

Difficile de prédire comment se terminera cette histoire tant les enjeux économiques et idéologiques sont considérables. Chose certaine, ceux qui croyaient servir une cause juste ont fait le contraire. Si la forfanterie du plagiaire Thélyson Orélien devait triompher, imaginez la suspicion qu’elle ferait peser sur le travail de tous ces jeunes auteurs qui s’acharnent, eux, à construire une œuvre littéraire.

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L'icône diversitaire de Cambridge dans la tourmente pour plagiat et affabulations

 
 
 

 
 
 

dimanche 13 septembre 2026

« Grand remplacement » : retour sur une polémique et un tabou

Nous ne sommes pas sûr de suivre Mathieu Bock-Coté quand il dit (vers 1 min 24) : « Et là, on tombe sur la fameuse question de la théorie du Grand Remplacement. Et là, c'est la formule médiatique consacrée, c'est la théorie conspirationniste et raciste du grand remplacement. Et je lui demande est-ce que c'est une théorie raciste ? Elle me dit, elle est fausse, c'est mensongère. Très bien, elle est inexacte. »

Ou plus précisément, on ne sait si le « inexact » est une concession rhétorique pour faire avancer le débat comme pour dire « admettons qu'elle soit raciste, faut-il alors, selon vous, traîner les gens qui utilisent cette formule devant les tribunaux ? ». Ou Bock-Côté dit-il qu'elle inexacte car son auteur, Renaud Camus, n'y voit qu'une description factuelle et non un complot ourdi en secret par quelques noirs cénacles ?

En effet, Renaud Camus a nié, de façon répétée et explicite, que le « Grand Remplacement » soit un complot ou une « théorie du complot ». Il a réagi très souvent à cette accusation.

Ce que Camus dit lui-même

Sa position constante est à peu près celle-ci :

  • le Grand Remplacement n’est pas une théorie ;
  • ce n’est donc pas une théorie du complot ;
  • c’est un constat, un « chrononyme » (comme « Grande Guerre » ou « Grande Dépression ») : le nom d’une époque d’après son phénomène principal, le « changement de peuple et de civilisation ».

Dans un entretien de 2023 (repris dans son journal), à la question « Qu’est-ce qui se cache derrière, un complot ? », il répond :

Certainement pas. Le mot est infiniment trop petit. Il s’agit de mécanismes infiniment plus vastes, dont les rouages ne sont pas forcément des hommes, des femmes, des groupes ou des coalitions d’intérêts.

Ailleurs, il écrit qu’il n’a « jamais fait allusion au moindre “complot” », mot qu’il juge « ridiculement petit » face à des mécanismes industriels, financiers, cybernétiques, ontologiques.

Il ajoute souvent qu’un complot est censé être secret, alors que le processus, selon lui, « s’étale en pleine lumière », même si les médias et les élites le nient ou le taisent.

A-t-il réagi à l’accusation de complot ?

Oui, de façon obsessionnelle depuis plus de dix ans. Il appelle cela « la théorie de la théorie du complot » : selon lui, coller l’étiquette « complotiste » à toute description du changement démographique sert à décrédibiliser la question sans la discuter.

Il s’est parfois demandé s’il n’avait pas eu tort de passer tant de temps à se défendre de l’être. En 2015, dans son journal, il écrit même être devenu « semi-complotiste a posteriori » : non pas qu’il croie à un complot au sens classique, mais à une « volonté agissante ». Plus récemment, il ironise : les journalistes qui répétaient « théorie du complot ! » avaient peut-être raison de pointer une volonté, même si le mot reste « dix millions de fois trop petit ».

Source de ce phénomène démographique, selon Camus ?

Pas par une cabale secrète à la manière des Protocoles de Sion. Camus écarte en général l’idée d’un petit groupe d’inspirateurs cachés. Il distingue deux plans :

  • Le Grand Remplacement : le phénomène qui décrit l'immigration de masse, les différentiels de fécondité entre populations et la « déculturation », qu’il présente comme un fait, pas comme un plan ourdi dans l’ombre.
  • Le « remplacisme global » / la « davocratie » : sa théorie des causes. Ce serait la gestion managériale du « parc humain » par Davos, les banques, les fonds spéculatifs, les fonds de pension, les multinationales, les GAFAM, la cybernétique. Voir par exemple cet entretien.

Les « acteurs » qu’il nomme ne sont pas un comité secret unique :

  • les élites « remplacistes » (politiques « La Nouvelle France » de Mélenchon par exemple, médiatiques, intellectuelles) qui, selon lui, acceptent, encouragent ou taisent le processus ;
  • des intérêts économiques très concrets (main-d’œuvre, croissance, interchangeabilité) ;
  • une logique systémique plus qu’une intention claire : il compare cela à la Révolution industrielle, parle de Machenschaft (Heidegger) et dit que « la Machine se corrige et se contrôle elle-même » ;
  • parfois « vous, moi, la petite bourgeoisie universelle ».

Il parle aussi d’une « conspiration du silence » des élites sur le sujet, ce qui, pour ses critiques, suffit à classer le récit comme complotiste. Voir notamment l’article Grand remplacement sur Wikipédia.

Comment les autres le présentent

Wikipédia, Conspiracy Watch, Le Monde, franceinfo, etc., qualifient le Grand Remplacement de théorie complotiste d’extrême droite : substitution démographique acceptée, soutenue, voire organisée par une élite « remplaciste », dans un cadre « mondialiste ».

La tension est donc celle-ci : Camus refuse le mot « complot » et le schéma du secret ourdi par un petit groupe identifiable ; il décrit pourtant des élites complices, une volonté politique/financière et un silence organisé. Ses détracteurs retiennent le second volet ; lui insiste sur le premier.

L’existence des peuples, contre Habermas

Après le rappel de la polémique récente sur l'expression taboue de « Grand Remplacement », Bock-Côté dit que, pour nier toute idée de « remplacement » ou de « submersion », on commence par nier l’existence même des peuples historiques :

  • si le peuple d’un pays n’existe plus au sens ethnoculturel, démographique, civilisationnel, il ne peut pas être « submergé » ;
  • « si une réalité n’existe pas, elle ne peut pas disparaître » ;

  • mais réduire les peuples à de pures constructions juridiques rend le monde « inintelligible ».

Il donne des contre-exemples : les Irlandais face à l’Empire britannique ; les Slovènes et les Croates au moment de l’éclatement de la Yougoslavie ; les Catalans et les Écossais aujourd’hui. Dans chaque cas, des gens juridiquement citoyens d’un État disent qu’ils forment un peuple irréductible aux catégories légales du régime.

L'éditorialiste québécois pose ensuite la question pour la France : le mot « France » n’a-t-il qu’un sens constitutionnel, ou désigne-t-il aussi un peuple avec 1 500 ans d’histoire, au-delà des valeurs « circonstancielles » (républicaines, libérales, monarchiques, etc.) ?

Selon Bock-Côté, Habermas, pour tirer les leçons du nazisme, redéfinit la nation comme adhésion à un pacte constitutionnel sans arrière-plan culturel. Le chroniqueur de CNews dit comprendre le traumatisme allemand, mais refuse que tous les peuples occidentaux « abolissent leur identité culturelle » pour se définir seulement par un texte administratif et juridique, « pour payer les fautes de l’Allemagne ».

Il pousse l’argument : si demain la France était peuplée majoritairement d’Allemands ou de Danois, serait-elle encore la France, ou une extension de l’Allemagne ou du Danemark ?

Il cite aussi les pays baltes (Estoniens, Lettons, Lituaniens) après 1945 : selon lui, ils ont dû définir un droit de la nationalité pour que les populations russes installées par la colonisation soviétique ne les privent pas, par le vote, de leur indépendance.

Les peuples minoritaires : Taubira et la Guyane


Bock-Côt. enchaîne avec Christiane Taubira. Il rappelle des propos de 2007 (et d’environ deux ans plus tôt) sur la Guyane :

Nous sommes à un tournant identitaire. Les Guyanais de souche sont devenus minoritaires sur leur propre terre.
Elle expliquait cela, dit-il, par des « plans de peuplement » lancés dans les années 1970 pour noyer les mouvements indépendantistes et sécuriser le centre spatial.

Or Taubira a le droit de parler ainsi, et personne ne la traite de complotiste, de raciste ou d’extrême droite. La mise en minorité d’un peuple historique sur son territoire n’est donc pas, en soi, une thèse interdite — sauf, apparemment, quand il s’agit du peuple français [occidental plus globalement dirions-nous].

L’Initiative du siècle au Canada

L'éditorialiste évoque l’Initiative du siècle (Century Initiative) : un projet visant un Canada de 100 millions d’habitants, dont la croissance reposerait surtout sur l’immigration.

Selon lui, l’État canadien s’en est historiquement servi pour :

  • noyer la présence française au Québec** ;
  • et surtout affaiblir le poids politique des indépendantistes québécois.

Le parallèle avec Taubira est clair : elle parlait de « plans de peuplement » pour noyer l’indépendantisme guyanais ; Bock-Côté applique le même schéma au Québec dans le Canada.

Rappelons que l’Initiative du siècle est un groupe de pression canadien, lancé notamment par Dominic Barton (alors McKinsey) et Mark Wiseman (BlackRock), qui milite pour porter la population du Canada à 100 millions d’ici 2100. Bock-Côté et d’autres nationalistes québécois y voient une « noyade » du Québec francophone dans un Canada beaucoup plus peuplé et plus anglophone.

Voir aussi

Le Premier ministre canadien Mark Carney a invité à son conseil un confondateur de l'Initiative du Siècle

 
 
 


samedi 8 août 2026

Québec — Pour la ministre de l’Enseignement supérieur, « Débattre… est troublant et inquiétant »



« Débattre… est troublant et inquiétant » : une phrase indigne d’une ministre de l’Enseignement supérieur.

C’est pourtant ce qu’a écrit Mme Biron, l’actuelle ministre de l’Enseignement supérieur du Québec.

Une ministre de l’Enseignement supérieur devrait être particulièrement attachée au débat d’idées, à la confrontation des arguments et à la liberté de discussion. Or, Mme Biron présente comme « troublant et inquiétant » le simple fait de vouloir débattre d’une question controversée.

Le Canada a décriminalisé l’avortement jusqu’à la naissance, une situation exceptionnelle en Occident, où la quasi-totalité des pays fixent une limite, généralement au cours du deuxième trimestre ou à son issue.

Au Canada, il est donc théoriquement possible d’avorter jusqu’au terme, y compris après que le fœtus est viable.  C’est un fait. Rappelons que la viabilité fœtale est généralement atteinte vers 24 semaines de grossesse.

Dans une société démocratique, on doit pouvoir débattre de tout, y compris de sujets qui déplaisent à la gauche et à la CAQ — que d’aucuns ont, non sans ironie, qualifiée de parti de droite.

Rappelons d’ailleurs que l’interdiction de l’avortement au troisième trimestre, sauf lorsque la santé de la mère est en jeu, recueillait l’appui de 49 % des Canadiens et de 41 % des Québécois dans un sondage de l’Angus Reid Institute réalisé en 2020.

Et pourtant, on voudrait nous expliquer qu’il ne faudrait même pas en discuter.

En août 2025, un sondage de Research Co. indiquait que 49 % des Canadiens et 58 % des Québécois estimaient que l’avortement devrait être légal « en toutes circonstances ». Autrement dit, cette position ne recueille pas l’adhésion d’une majorité au Canada, et elle est loin de faire l’unanimité au Québec.

Ces chiffres, provenant de deux firmes de sondages sérieuses et régulièrement citées dans les médias, montrent que le débat n’est ni marginal ni « extrême ».

Lorsqu’une proportion aussi importante de la population — y compris au Québec — se montre favorable à l’instauration d’une limite comme il en existe dans la plupart des pays occidentaux, qualifier l’ouverture d’une discussion de « troublante et inquiétante » en dit peut-être davantage sur la fragilité du prétendu « consensus » que sur le débat lui-même.

Une autre question, tout aussi légitime, reste taboue : faut-il que le Trésor public rembourse tous les avortements, y compris ceux pratiqués alors que la vie de la mère n’est pas en danger et que l’enfant est déjà viable ? Et que faire lorsque l’« indication médicale » invoquée repose sur la santé mentale de la mère, au risque de transformer une notion aussi large en justification de convenance pour un avortement qui répond en réalité au simple choix de ne pas poursuivre une grossesse non désirée ? Pourquoi faire peser sur le budget de la santé le coût de tels avortements électifs ?

Pourquoi la ministre refuse-t-elle que ces questions soient discutées ? Pourquoi ce tabou ?

On assiste à une sacralisation de décisions vieilles de près de quarante ans — arrêt Morgentaler, 1988 — alors que la société québécoise a profondément changé. Avec un indice de fécondité tombé à un creux historique de 1,35 enfant par femme en 2024 (1,36 en 2025), le plus bas jamais enregistré, on pourrait au moins s’interroger sur la place que nous accordons à l’enfant. Et, plus fondamentalement, se demander si l’avortement, lorsqu’il est érigé en droit pratiquement intouchable, ne finit pas par dévaloriser l'enfant et la vie elle-même. Pourquoi cette question devrait-elle être soustraite au débat ?

Ces questions sont légitimes et devraient être ouvertes au débat.

Et pourtant : la crispation persiste, le débat  « inquiète » la ministre.

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samedi 18 avril 2026

« Trans genre » : Le triomphe de l’amour et de la patience

Un texte de Joseph Facal paru dans le Journal de Montréal. 

Une vraie belle histoire, ça vous dirait, pour faire changement ?

Je vous parlais l’autre jour du documentaire de Jean-Pierre Roy intitulé Génération trans. [Dès 14 ans, au Québec, un enfant peut décider qu’il appartient au « mauvais sexe » et entreprendre seul une transition de genre. Nul besoin de consentement parental, sous prétexte que certains parents pourraient fort mal réagir. Le documentaire met en lumière l’omerta (ou le silence/refus de s’exprimer) d’une partie du corps médical et des ordres professionnels : le réalisateur a tenté d’interviewer le Collège des médecins, l’Ordre des psychologues et d’autres, qui ont refusé ou sont restés très discrets. Il est centré sur les témoignages de parents (surtout des mères) démunis face à la rapidité du processus, aux discours d’« affirmation de genre » immédiate, et aux risques d’irréversibilité. Il questionne le modèle d’affirmation rapide, l’influence des lignes directrices comme celles de WPATH, et le manque de réelle évaluation psychologique approfondie dans certains cas..]



Le film est centré sur les témoignages de parents d’enfants d’âge mineur qui disent vouloir « changer de sexe » parce qu’ils seraient nés « dans le mauvais corps ».

Ces parents racontent comment notre système psycho médical et légal s’emballe dès que l’enfant émet ce souhait.

Angoisse

Dans la foulée, une mère qui avait pris contact avec moi il y a trois ans m’a écrit de nouveau.

Elle avait alors une fille de 14 ans qui avait commencé à se dire garçon.

À l’époque, elle écrivait :

« Jamais ma fille n’avait démontré de malaise face à son corps. Ma fille s’est liée avec une fille qui se disait garçon et quelques mois après, ma fille se disait aussi garçon [...]. Nous sommes tellement angoissés par cette situation. Cela occupe toutes nos pensées ».

Elle ajoutait :

« Je discute avec énormément de parents de partout dans le monde qui sont touchés par la situation. Ces enfants ont pas mal tous le même profil. Ils n’ont jamais ressenti de malaise face à leur corps, sont anxieux, manquent de confiance en eux, [ont des] difficultés à se faire des amis, en pleine puberté, ils sont mal à l’aise dans leur corps, à la recherche d’un sentiment d’appartenance à quelque chose. »

Trois ans plus tard, elle m’écrit :

« Aujourd’hui, j’ai eu envie de vous donner des nouvelles, car le dénouement de notre histoire peut être porteur d’espoir pour des parents qui vivent ce que nous avons vécu. [...] Celle qui était alors sombre, anxieuse, peu sûre d’elle et victime d’intimidation est devenue une jeune fille lumineuse et épanouie. Elle a dorénavant un grand cercle d’amies, elle est appréciée de ses pairs et elle a retrouvé une immense confiance en elle. Nous sommes d’ailleurs plus proches que jamais, nous passons énormément de temps ensemble. »

Elle dit ensuite :

« Nous ne pouvons nous empêcher de nous demander : où en serait-elle si nous l’avions encouragée dans un changement de nom et de genre à l’école ? Où en serait-elle si nous avions couru chez le médecin pour obtenir des bloqueurs de puberté ? Nous savons qu’elle n’aurait pas ce bien-être actuel et que sa vie serait inutilement complexifiée par des décisions médicales irréversibles ».
Espoir

Je la laisse conclure :

« Notre fille traversait une forme de crise d’adolescence – une crise qui, si elle est encouragée plutôt que simplement accompagnée, peut avoir des répercussions sur une vie entière. Aujourd’hui, que ce soit dans son attitude, sa personnalité ou sa présentation, c’est comme si cet épisode n’avait jamais existé. Nous n’en reparlons jamais, car nous savons que cela la gênerait et ce n’est tout simplement pas nécessaire. »

La dysphorie de genre existe, mais elle est rarissime, sans commune mesure avec les troubles communs de l’adolescence.

L’amour et la patience ont triomphé.

jeudi 16 avril 2026

Défaite électorale des nationalistes québécois dans un ancien bastion proche de Montréal

Mathieu Bock-Côté revient dans une chronique publiée dans le Journal de Montréal sur la défaite du Bloc Québécois à Terrebonne lors des élections du 15 avril 2026, une circonscription autrefois vue comme une forteresse nationaliste.  Terrebonne est à vol d'oiseau à environ 25 km du centre-ville de Montréal, 30 km par la route.

Les limites de Terrebonne sont accentuées d'un trait gras, au nord-est de Montréal.

L'auteur explique cette chute par les changements démographiques causés par l'immigration massive, les communautés issues de l'immigration votant majoritairement pour le Parti libéral du Canada. Bock-Côté conclut que les nationalistes doivent stopper l'immigration élevée pour éviter une transformation structurelle défavorable au projet souverainiste au Québec.

L'auteur n'adresse pas la très faible natalité des Québécois y compris des natalistes (faites le tour vous verrez, souvent, ils ont pas ou peu d'enfants). Serait-il temps d'une autocritique des nationalistes sur ce sujet ?

Position du Québec dans les pays occidentaux / OCDE quant à la natalité

Dans les pays de l’OCDE (les pays occidentaux développés), l'Indice synthétique de fécondité (ISF) du Québec 1,33 enfant/femme se situe dans la partie basse du classement, mais pas parmi les tout derniers.  La moyenne OCDE est autour de 1,40-1,51 selon les années récentes (2022-2024), en forte baisse continue depuis des décennies. 

Plusieurs pays sont nettement plus bas : Corée du Sud (0,7), Italie, Espagne, Japon, Pologne, Lituanie (1,1-1,3).  Ce sont des pays constitués (pas une province non autonome) avec un véritable unilinguisme au pays (ce n'est pas le cas du Québec où tout est fait pour pouvoir vivre en anglais).

Le Canada dans son ensemble est autour de 1,25-1,33 selon les dernières données.  

La France reste l’un des plus élevés en Europe (~1,6), tout comme certains pays nordiques ou Israël (de loin le leader).

En résumé : 1,33 est typique des pays occidentaux à faible fécondité (Canada, une bonne partie de l’Europe du Sud et de l’Est), bien en dessous du seuil de remplacement des générations (2,1). C’est un niveau qui entraîne un déclin naturel de la population sans immigration. 

Comparaison avec Israël

Israël est l’exception absolue parmi les pays de l’OCDE : son ISF est d’environ 2,9 enfants par femme (données 2023-2024), le plus élevé du groupe et stable depuis des décennies (jamais descendu sous 2,8). 

C’est plus du double du Québec ou de la moyenne OCDE. Cette fécondité élevée est portée en grande partie par les communautés ultra-orthodoxes (haredim), dont l’ISF dépasse 6 enfants par femme, et par les juifs religieux en général. Les juifs séculiers ont un ISF plus bas (~2,0-2,4), mais toujours supérieur à la moyenne occidentale. 



Minorités nationales, ethniques ou religieuses qui croissent

Les minorités qui « savent que leur avenir est hypothéqué » sans une forte natalité ont une forte natalité:

Haredim (juifs ultra-orthodoxes) en Israël : TFR 6-7 ; ils doublent leur population tous les 18-20 ans grâce à une culture religieuse qui valorise explicitement les familles nombreuses comme devoir de survie du peuple juif. 
  
Amish aux États-Unis : TFR historiquement autour de 6-7 ; communauté fermée qui voit la grande famille comme garantie de perpétuation culturelle face à la modernité.

Certaines communautés musulmanes en Europe ou en Israël (même si en baisse récente) : taux initialement plus élevés que les populations natives, souvent liés à des normes religieuses et à un sentiment de préservation identitaire en contexte minoritaire. 
  
D’autres exemples : sikhs, mormons pratiquants, ou certaines minorités ethniques en Occident qui maintiennent des taux supérieurs à 2,5-3,5 pour des raisons culturelles/religieuses similaires.

Le mécanisme est le même partout : quand un groupe perçoit son identité ou sa survie comme menacée (histoire, environnement hostile, dilution démographique), la fécondité reste élevée ou même augmente chez les plus religieux/pratiquants. 

C’est un phénomène empirique bien documenté en démographie : les minorités « conscientes de l’enjeu » investissent dans la natalité comme stratégie de pérennité. 

À l’inverse, les populations majoritaires sécularisées et sans ce sentiment d’urgence (comme une large partie des Québécois francophones) voient leur ISF chuter sans réagir. Le sujet est presque tabou. C’est exactement le débat soulevé dans la chronique que vous relayiez : une fécondité structurellement basse (1,33) combinée à une immigration massive transforme le rapport de forces démographique, même si les minorités immigrantes finissent souvent par converger vers des taux plus bas à la 2e génération. Israël montre qu’une forte identité collective peut maintenir une fécondité élevée même dans un pays moderne et développé.

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Progressisme — Les femmes enceintes, ça me dérange

 
 
 
 

jeudi 22 janvier 2026

Une école davantage faite pour assurer la paix sociale que pour instruire

Si la dégradation de notre système scolaire [français] n’a pas été directement causée par l’immigration de masse, celle-ci en aggrave tous les aspects : communautarisme conquérant, violence débridée, niveau en chute libre. Et puisqu’il est encore interdit d’en faire le constat, il paraît difficile d’envisager ne serait-ce que l’ébauche d’une solution.

Le récent retour du débat sur les “temps scolaires”, à l’occasion de la publication du rapport de la convention citoyenne sur le temps de l’enfant, prouve, s’il était encore besoin d’une preuve en la matière, le refus définitif de nos gouvernants de s’attaquer aux véritables maux de l’école. Quand le niveau des élèves s’effondre, quand la violence se banalise dans les établissements et quand il devient impossible de pourvoir tous les postes d’enseignants, on ergote sur l’organisation des journées et sur la durée des vacances… Naturellement, le nombre d’heures de cours et leur répartition resteront des données accessoires tant que le professeur devra passer la majeure partie de son temps en classe à faire la discipline et tant qu’aucune forme d’exigence ou de sélection ne viendra pousser les élèves à travailler.



Chacun en a bien conscience désormais, notre école est malade et notre système éducatif au bord de l’effondrement. La raison en est d’abord la disparition de l’autorité du professeur et de toute l’échelle des sanctions sous l’effet de l’idéologie post-soixante-huitarde, ainsi qu’une orientation pédagogique délirante, qui fait encore dire à des inspecteurs aujourd’hui que l’enseignant ne doit pas incarner une “posture de savoir” face aux élèves ni leur transmettre ce savoir de manière “descendante”. La plupart des acteurs du système sont encore partie prenante de cette idéologie et ce faisant, ils ont largement contribué à creuser leur propre tombe depuis des années.

Cependant, à côté de ces dérèglements propres au système éducatif, d’autres facteurs extérieurs sont venus dans le même temps peser sur lui et aggraver son délitement depuis les années 1980 ; il s’agit en particulier de l’immigration massive de personnes issues du monde arabo-musulman et de l’Afrique subsaharienne. Certes, excepté quelques hypocrites ou fanatiques, chacun reconnaît désormais le poids de cette immigration dans différents domaines, comme la délinquance, le trafic de drogue, l’insécurité ou le terrorisme. On commence également à prendre conscience du poids de ce phénomène sur notre système social et notre système de santé, même si le sujet est rarement abordé de manière directe.

C’est par le biais de questions comme celle du financement de l’aide médicale de l’État, de la dette des étrangers dans nos hôpitaux, des visas accordés pour soins ou encore de la pénurie d’organes pour les greffes que le rôle joué par l’immigration dans l’effondrement de notre hôpital parvient à se frayer une place dans le débat public.

Mais s’agissant de l’école, le mot n’est pratiquement jamais prononcé et, pourtant, il est notoire que les établissements difficiles, classés en “réseau d’éducation prioritaire” (Rep ou Rep+), sont fréquentés en très grande majorité par des élèves issus de l’immigration. « C’est l’éléphant dans la pièce », écrivait dans un article du Figaro Joachim Le Floch-Imad, l’un des rares à aborder la question, notamment dans son dernier livre, Main basse sur l’éducation nationale (Les Éditions du Cerf), mais également dans une récente note pour l’Observatoire de l’immigration et de la démographie.

Le déni de la société sur ce sujet reste aujourd’hui presque total et n’a d’égal que le déni des acteurs sur le terrain. Ainsi, une étude de l’association Le choix de l’école, sortie le 15 octobre 2025, stipulait que « sept professeurs sur dix travaillant en Rep l’ont fait par choix », et que « deux professeurs sur trois disent vouloir rester dans les cinq prochaines années » à leur poste. Le président de l’association insistait encore sur la « fierté d’enseigner en Rep », procédant chez ces enseignants d’un « fort sentiment d’utilité sociale ». Ce type d’enfumage est classique concernant des zones et des établissements où, en réalité, personne n’a envie d’aller travailler, comme en témoignent on ne peut plus clairement les “barres” de mutation de l’éducation nationale, qui indiquent le nombre de points qu’un professeur doit avoir gagné, par ancienneté ou par sa situation familiale, pour obtenir sa mutation dans un établissement. Évidemment, plus un établissement est demandé, plus il faut de points pour l’obtenir. Dans une matière comme le français, il faut 14 points pour enseigner dans un collège de Seine-Saint-Denis, et il en faut entre 700 et 1000 pour enseigner dans un bon établissement de Paris intra-muros. On trouvera donc toujours pléthore de ces enseignants qui clament leur amour pour les élèves de ces établissements et affirmeront mordicus qu’ils sont heureux d’y travailler ; cependant, presque aucun n’y reste une fois les fameux points acquis, comme en témoigne le jeune âge des équipes travaillant en Rep et Rep+.

lundi 8 décembre 2025

La (dé)natalité, un sujet tabou au Québec ?

En 2024, l'indice de fécondité au Québec était tombé à 1,33 enfant/femme. Pour que les générations se renouvellent il faut 2,1 enfants/femme. L'indice de fécondité des francophones est sans doute plus proche de 1,2 enfant/femme puisque de nombreux immigrants et amérindiens ont plus d'enfants que la moyenne.

On prévoit le même taux désastreux pour 2025, voire même un peu plus bas (1,32 enfant/femme selon les prédictions de BirthGauge).

Aucun parti politique n'a de politiques natalistes ni ne remet en cause les valeurs ou priorités qui pourraient déprimer la natalité. (Tous les pays n'ont pas les mêmes indices désastreux, Israël a même une natalité en plein essor.)

Pour le chercheur Étienne-A. Beauregard la famille ne peut plus être un tabou pour nos élus:

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Lien croissant entre mariage, fécondité et appartenance politique

Pourquoi les Français font moins d’enfants qu’ils n’en voudraient

Des « seuils astronomiques » d’immigration peuvent nuire à la natalité

« Faire des bébés, c’est payant... mais personne au Québec n’en veut! »

Quelle majorité assimile quelle minorité dans les écoles montréalaises ?

Le projet de constitution québécoise inquiète les pro-avortements (et les pro-vie) [Ah, l'avortement ça c'est important pour les partis politiques au Québec, la natalité...]

lundi 8 septembre 2025

États-Unis — une réfugiée ukrainienne poignardée à mort dans le tramway, lourd silence médiatique

Le meurtre d'une réfugiée ukrainienne de 23 ans, poignardée dans le tramway, suscite une vive polémique aux États-Unis. De nombreuses voix dénoncent le silence des grands médias nationaux. Elon Musk et plusieurs figures conservatrices accusent la presse et les responsables démocrates de minimiser le drame.

 

Iryna Zarutska (à gauche), 23 ans, réfugiée ukrainienne installée en Caroline du Nord, a été attaquée par derrière, égorgée et tuée lors d'une attaque au couteau dans le tramway de Charlotte par un homme au lourd dossier judiciaire.

Iryna Zarutska avait fui la guerre en Ukraine pour trouver refuge aux États-Unis. La jeune femme de 23 ans a été poignardée à mort le 22 août dernier dans un train à Charlotte, en Caroline du Nord, par un sans-abri au lourd passé judiciaire. La diffusion d’images de vidéosurveillance de l’agression a suscité une vague d’indignation, doublée d’une polémique sur l’absence de relais par les grands médias américains.

Selon The Telegraph, Iryna Zarutska venait de terminer son service dans une pizzeria lorsqu’elle a pris le tram ce soir-là. Sur les images rendues publiques par la régie locale des transports, on la voit s’installer en uniforme de travail, assise devant l’agresseur présumé, Decarlos Brown Jr., 34 ans. Quelques minutes plus tard, l’homme, décrit comme souffrant de troubles psychiatriques et déjà condamné à plusieurs (14 apparemment) reprises, sort un couteau pliant et lui assène trois coups à la gorge. La victime s’effondre sur son siège .La vidéosurveillance de la Charlotte Area Transit System (CATS) a montré qu'il n'y avait aucune interaction préalable entre Brown et Iryna avant l'attaque, ce qui renforce l'hypothèse d'un acte « aléatoire ».

Toujours d’après le quotidien, l’assaillant a été filmé en train d’errer ensuite dans la rame, retirant son coton ouaté (sweat/kangourou) à capuche ensanglanté avant de quitter le train. Le couteau a été retrouvé près du quai. Brown a été inculpé pour meurtre au premier degré. D’après la chaîne WSOC-TV, il avait déjà purgé une peine de cinq ans de prison pour vol à main armée et faisait l’objet de multiples arrestations depuis 2011.

Affaire similaire passée sous silence, la victime et le tueur ne cochant pas les bonnes cases ?

Occultation dans les médias de grand chemin

Si le drame a été largement couvert par les médias locaux, plusieurs personnalités conservatrices dénoncent le silence des grands titres nationaux. « Si Iryna était noire et son tueur blanc, les médias parleraient sans arrêt », a écrit sur X le podcasteur Benny Johnson.

Même ton du côté du New York Post, qui parle d’un « silence assourdissant » de la part des dirigeants démocrates et de la presse nationale. Elon Musk a partagé un message affirmant qu’aucun article n’avait été publié sur ce sujet par des médias comme le New York Times, le Washington Post, CNN ou la BBC. Le président du Salvador Nayib Bukele a également réagi en écrivant : « Vous ne détestez pas assez les médias ».
   

Capture d'écran de la vidéo de la mise à mort d'Iryna Zarutska

Certains internautes ont comparé l’affaire au meurtre de George Floyd. Pour rappel, cet Afro-Américain au lourd casier judiciaire de 46 ans est mort en mai 2020 à Minneapolis après qu’un policier a maintenu son genou sur son cou pendant plus de neuf minutes, un drame qui avait déclenché des manifestations mondiales contre les violences policières et le racisme. « George Floyd a eu un cercueil doré et une indignation internationale pendant des années. Iryna Zarutska sera oubliée en quelques jours », s'est indigné le youtubeur conservateur Kangmin Lee.


Iryna Zarutska aurait compris le silence médiatique entourant sa mort violente. Dans son modeste logement, elle avait consciencieusement griffonné « Black Lives Matter » et « I can't breathe » sur son tableau blanc. Elle faisait partie de ces immigrants à l'ancienne qui s'assimilaient tellement qu'ils en adoptaient vite les délires bien-pensants de l'Amérique libérale. Aujourd'hui, nombre d'immigrants modernes (non européens) semblent plutôt vouloir que de leur pays d'accueil s'assimile à eux.

« Je l'ai eue cette blanche »

Hommages et recueillement à Charlotte

À Charlotte, l’émotion reste vive. « Nous avons perdu non seulement une employée exceptionnelle, mais une véritable amie », a écrit la pizzeria Zepeddie’s, où travaillait la victime, sur Instagram. Une cagnotte en ligne lancée par ses proches a déjà permis de collecter près de 46 000 dollars pour sa famille.

La maire démocrate Vi Lyles a salué « les médias et membres de la communauté » qui ont choisi de ne pas relayer les images du meurtre, par respect pour la famille. Une prise de position critiquée par plusieurs élus républicains locaux, qui y voient un manque de fermeté face à l’insécurité.

Iryna Zarutska était née le 22 mai 2002 à Kyiv, en Ukraine. Elle a fui la guerre en Ukraine en août 2022 avec sa mère Anna, sa sœur Valeriia et son frère Bohdan, pour chercher une vie plus sûre aux États-Unis. Installée à Charlotte, en Caroline du Nord, elle s'était rapidement adaptée à sa nouvelle vie, devenant fluent en anglais en peu de temps. Iryna était une artiste talentueuse, diplômée du Synergy College de Kyiv en art et restauration. Elle aimait sculpter, concevoir des vêtements originaux et partager ses créations avec ses proches. Passionnée par les animaux, elle s’occupait souvent des animaux de ses voisins et rêvait de devenir assistante vétérinaire. Elle travaillait également dans une pizzeria, Zepeddie’s, où elle était appréciée comme une employée et amie précieuse.

Une campagne GoFundMe a été lancée par sa famille, recueillant près de 96 000 dollars pour aider à couvrir les frais imprévus. Sa mort a suscité une vague d’émotion, avec des hommages soulignant sa gentillesse, son sourire rayonnant et son esprit créatif. Iryna laisse derrière elle ses parents, sa sœur, son frère, son partenaire Stas Nikulytsia, ainsi que de nombreux proches et amis.

Statistiques

Selon le rapport unifié sur les crimes du FBI en 2019, parmi les victimes d’homicides, 54,7 % étaient noires, 42,3 % blanches et les homicides de blancs par des noirs étaient effectivement 2,3 fois plus fréquents que l’inverse (566 contre 246) alors que les Noirs sont une petit minorité de la population (environ 13%). Le taux d’infraction par habitant (per capita offending rates) qui mesure le nombre d’infractions commises par des membres d’un groupe par 1 000 personnes de ce groupe (contre un groupe cible) est de 11,6 (pour les Noirs contre Blancs) par rapport à 0,38 (Blancs contre Noirs) ce qui donne un taux d’environ 31 contre 1.

Source : JDD

Images très dures de l'attaque. La jeune femme est stupéfaite, porte ses mains à son visage, sanglote, se vide lentement de son sang, puis s'effondre silencieusement de son siège vers le sol tandis que personne ne se soucie d'elle.

La dérive du Royaume-uni vers une police politique

Texte de Mathieu Bock-Côté dans le Figaro.

L’histoire des derniers siècles nous a amenés à croire que les Britanniques avaient une passion particulière pour les libertés. Mais l’histoire des dernières années, et plus encore des derniers mois, nous oblige à constater qu’ils y sont devenus indifférents, peut-être même hostiles.

La séquence hallucinante mettant en scène bien malgré lui Graham Linehan nous en convaincra. Le 1er septembre, l’humoriste irlandais, s’est posé à Heathrow, au Royaume-uni, et fut à sa grande surprise accueilli par cinq policiers armés, qui l’amenèrent au poste, avant de l’emprisonner et de l’interroger plusieurs heures. On lui reprochait trois tweets, parus en avril, et décrétés haineux, où il s’en prenait vertement, avec un humour « trash », à l’idéologie transgenre, postulant qu’il suffit pour un individu de se proclamer d’un genre, sans égard pour son sexe biologique, pour être reconnu ainsi.

Cette autoproclamation serait même à inscrire dans le registre de la vérité - qui s’opposera à cette thèse sera dans le « faux ». Il conjuguera donc la haine et la désinformation, en plus de mettre en danger la vie des trans, qui seraient pour cela condamnés à évoluer dans un environnement toxique, il inciterait à l’agression contre eux, ou les pousserait au suicide. Au cœur de cette théorie, on trouve une révolution anthropologique, vécue comme une révélation religieuse, absolument indiscutable. Au terme de son interrogatoire, Linehan fut remis en liberté, à condition toutefois de ne pas publier sur X. Comment ne pas y voir une censure ?


Plusieurs ont vu le Royaume-uni confirmer là sa dérive vers l’état policier. Cette impression n’est pas sans lien avec le plus vaste contexte qui a vu les autorités britanniques, à l’automne 2024, réprimer férocement des hommes ordinaires coupables eux aussi d’avoir publié des tweets trop virulents contre l’immigration massive et ses conséquences. Le Royaume-uni marquait là sa volonté de punir sévèrement ceux qu’il faut bien considérer comme des délinquants idéologiques transgressant les principes que le régime diversitaire juge non négociables.

L’épisode est à bien des égards indissociable de la récente polémique autour du drapeau dans ce pays. On l’a vu, de nombreux Britanniques revendiquent le droit de hisser les couleurs du Royaume-uni, et même de l’Angleterre, sous le signe de la protestation patriotique, et même nationaliste, pour peu qu’on ne connote pas négativement ce terme. Encore une fois, les forces de l’ordre sont intervenues pour sanctionner cette manifestation politique que le régime diversitaire assimile de plus en plus à la haine.

Naturellement, l’état de droit, comme il aime se présenter, formule ces interdictions et ces sanctions dans des termes généraux, indirects, qui lui permettent de sanctionner les déviants en laissant croire qu’il a seulement le souci de l’ordre public. Ce qui permet ensuite d’affirmer publiquement que tel homme ou telle femme n’ont pas été arrêtés parce qu’ils brandissaient le drapeau du pays mais parce qu’ils manifestaient sans en avoir le droit, par exemple. De même, les manifestations d’opposition à l’immigration massive sont systématiquement caractérisées par la plupart des grands médias comme racistes et haineuses.

Nos sociétés, et le Royaume-uni ne fait pas exception, sont aujourd’hui marqués par une criminalité conquérante, et il peut sembler étonnant de consacrer les ressources de la police et de la justice à la lutte contre les mauvaises pensées des uns et des autres, alors que la sécurité au quotidien de la population est compromise. Mais ce ne l’est qu’à condition d’oublier ce qui est le propre d’un régime idéocratique, d’abord occupé à maintenir le dogme sur lequel il repose. Quand la diabolisation et la peur de la mort sociale ne suffisent plus, il n’hésite pas à se radicaliser, à pénaliser tout simplement les propos qu’il réprouve, le délit d’opinion se présentant ici comme un délit de blasphème.

Il n’hésite même pas à se couvrir de ridicule, comme on l’a vu en avril 2005, quand le gouvernement britannique a refusé de laisser entrer sur son territoire Renaud Camus. Sa présence avait été déclarée « non propice à l’intérêt public ». On pensera ce qu’on veut de l’écrivain, associé pour le grand public au thème du « grand remplacement », mais on pourra difficilement ne pas s’amuser de ce refus quand on sait que le même pays accueille régulièrement, et sans souci, les prêcheurs islamistes les plus fanatiques.

Le régime diversitaire se sait contesté, et se radicalise. Ce n’est plus l’immigration massive qui fait scandale, mais le fait de s’y opposer, et le régime diversitaire, partout, se donne les moyens de mater les rebelles qui le défient, lui et ses dogmes. Le Royaume-uni n’est peut-être que le miroir grossissant de ce qui arrive partout en Europe occidentale où la police se voit assigner une fonction de plus en plus ouvertement politique.



vendredi 29 août 2025

Tabou — Tous les partis politiques (sauf l'AfD) à Cologne s'engagent à ne parler de l'immigration qu'en termes positifs

COLOGNE : accord électoral insolite ! Les partis s'engagent à ne parler que positivement de l'immigration On ne parle pas d'immigration. Et si on en parle, c'est uniquement de manière positive. Du moins, dans le cadre de la campagne électorale municipale actuelle à Cologne. Sept partis y ont signé un accord dit « d'équité ». Ils souhaitent éviter de mener une campagne électorale aux dépens des migrants et de les dénigrer, selon les termes de l'accord. Des observateurs politiques critiquent le fait que les préoccupations de la population, notamment en ce qui concerne la criminalité des étrangers, soient tout simplement ignorées. Selon eux, rendre le sujet tabou ne profite qu'à l'AfD.

De la CDU à Die Linke (ex-communistes) : sept partis politiques de Cologne ont convenu de ne pas rendre les migrants responsables « des évolutions sociales négatives » dans le cadre de la campagne électorale municipale. L'AfD en a été exclue.

Avant les élections municipales du 14 septembre en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, sept partis ont signé un « accord d'équité » pour la campagne électorale. À l'initiative de l'association Kölner Runder Tisch für Integration (Table ronde de Cologne pour l'intégration), la CDU, le SPD, le FDP, les Verts, Die Linke, Die Partei et Volt se sont associés pour s'engager à lutter contre le racisme et l'antisémitisme et à ne pas instrumentaliser le thème de la migration, comme le rapporte RTL.

Les partis s'engagent également en faveur de « la tolérance et d'une coexistence pacifique » et acceptent de « ne pas rendre les migrants et les réfugiés responsables des évolutions sociales négatives telles que le chômage ou la menace pour la sécurité intérieure », selon la déclaration.

L'AfD a été délibérément exclue de l'accord, comme l'explique Wolfgang Uellenberg van Dawen, porte-parole de l'association à l'origine de l'initiative. « Nous n'avons expressément pas envoyé cet accord d'équité à l'AfD, car le programme fondamental de l'AfD va à l'encontre de ce que nous défendons. »

Christer Cremer, porte-parole de l'AfD pour la région de Cologne, conteste l'équité même de l'accord. « Je suis plutôt critique à l'égard de cet accord d'équité, car je pense qu'il vise à étouffer les débats », a déclaré le politicien à RTL. « En période électorale, tout devrait pouvoir être abordé, y compris les questions de migration, mais aussi bien d'autres sujets. C'est à cela que servent les campagnes électorales, et il ne faut pas essayer d'instaurer une sorte de démocratie contrôlée. »


Source : Die Welt

Voir aussi

Douglas Murray sur les gangs musulmans violeurs, Tommy Robinson et ce qui cloche en Grande-Bretagne (aussi incident de la Saint-Sylvestre à Cologne sur le parvis de la gare)

Quand la femme était vénérée... (féministes et incident de la Saint-Sylvestre à Cologne)

Allemagne — Parents inquiets protestent contre l'imposition de la théorie du genre 

Allemagne — Dix ans après, le bilan amer de l’ouverture des frontières par Angela Merkel

 

mercredi 13 août 2025

Anne Coffinier : « La passion égalitariste et la peur de discriminer ont conduit à mettre à mal l’école »

Le taux de réussite au Baccalauréat 2025 est de 91,8 %, une hausse de 0,4 % selon le ministère de l’Éducation nationale. Cependant, divers experts et commentateurs ont déploré un « examen dévalorisé » et « donné à tout le monde ».

Anne Coffinier (ci-contre) est fondatrice de la Fondation Kairos pour l’innovation éducative-Institut de France et présidente de Créer son école. Le rejet de la méritocratie a entraîné une dévalorisation de l’examen passé chaque année par environ 700.000 candidats, explique-t-elle dans un entretien avec l'Epoch Times.


— Quelle est votre analyse sur le baccalauréat d’aujourd’hui ?

Anne Coffinier.— Aujourd’hui, le baccalauréat n’a plus sa fonction historique. Le niveau a tellement baissé qu’il ne sélectionne plus les élèves et ainsi ne permet plus d’organiser l’entrée à l’université.

Par ailleurs, l’introduction de 40 % de contrôle continu n’a rien arrangé. Ce dernier a conduit les jeunes à la négociation permanente avec les professeurs pour avoir des bonnes notes tout au long de l’année. Les notes de contrôle continu ont une valeur qui change du tout au tout selon l’établissement scolaire d’origine, ce que savent les recruteurs du supérieur. C’est le caractère national du diplôme qui est ainsi remis en cause.

En réalité, le baccalauréat repose désormais sur un mensonge social : chaque année, élèves et parents expriment leur joie et leur satisfaction lors de la publication des résultats alors que l’examen n’a plus de valeur.

Maintenant, il y a deux solutions face à ce désastre : soit on supprime totalement l’examen – d’autant qu’il coûte 1,5 milliard par an -,soit on le refonde totalement en le revalorisant par le retour de la sélection des élèves et la fin du contrôle continu, en revenant vers un taux de réussite au bac inférieur à 70 %.

Mais cela demande du courage. La revalorisation du bac ne sera pas populaire dans l’opinion.

— Pourriez- vous revenir en détails sur l’impact du contrôle continu dans la dévalorisation du bac ?

— Il fait perdre de la valeur à cet examen parce que les notes ne peuvent être harmonisées sur l’ensemble du territoire. On sait très bien qu’un 14 / 20 n’a pas la même valeur dans un lycée public de REP+ [en gros les quartiers dits « populaires », c'est-à-dire immigrés] qu’à Louis-le-Grand.

Par conséquent, les universités, lorsqu’elles examinent les candidatures, ne regardent plus les résultats des élèves, mais leur établissement d’origine. C’est-à-dire que quand vous êtes un élève moyen scolarisé dans un lycée prestigieux, vous avez plus de chance d’être admis dans un établissement supérieur qu’un jeune brillant en provenance d’un lycée provincial quelconque sans renommée particulière. Ce qui est grave en termes de justice sociale et de renouvellement des élites.

Je vis cette problématique de manière assez personnelle parce que j’ai passé mon baccalauréat dans un lycée public provincial à Manosque dans les Alpes et si j’ai été admise à Louis-le-Grand, c’est bien parce que les notes valaient encore quelque chose. Autrement, je serais restée invisible et n’aurais pu effectuer mon parcours d’excellence républicain intégralement public : ENS [École normale supérieure] puis ENA.

C’est la raison pour laquelle je me suis battue pour soutenir et financer la création du test de mathématiques avancées TeSciA, en 2022, qui permet d’évaluer objectivement le niveau des élèves de terminale dans cette discipline. C’est un outil méritocratique digne d’intérêt.

Il faut redonner à la méritocratie toute sa place, et cela passe par une sélection assumée.

— À partir de quand la méritocratie a-t-elle été mal vue ?

Dès 1985, notamment quand Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’Éducation nationale, avait fixé l’objectif d’amener 80 % des jeunes « au niveau du bac ». Puis, la loi d’orientation sur l’éducation de 1989 portée par Lionel Jospin a enfoncé le clou.

À chaque réforme, ceux qui nous dirigent se demandent ce qui avantage le plus les jeunes bourgeois et ce qui défavorise le plus les jeunes issus de l’immigration. Et à partir de là, au nom d’un égalitarisme pathologique, ils ont supprimé les éléments « discriminants » comme la culture classique ou les règles d’orthographe.

Cette passion égalitariste et cette peur de discriminer ont conduit à mettre à mal l’école, pourtant autrefois voie d’ascension sociale pour les jeunes.

— Vous dénoncez depuis plusieurs années la dévalorisation des examens et la baisse du niveau scolaire. Que vous disent les enseignants que vous rencontrez ? Sont-ils réceptifs à votre discours ?

— Les enseignants sont réceptifs depuis longtemps. Ils ont conscience de travailler dans des conditions absurdes.

Maintenant, il y a cette idée chez la plupart des professeurs qu’il vaut mieux faire confiance à l’école publique qu’à une autre solution. Ils considèrent que l’État est toujours plus efficace que n’importe quelle autre solution non-étatique. Nous sommes en plein dans l’idéologie. Aujourd’hui, l’école publique est tellement dégradée qu’elle défait la République, dans la plupart du territoire français.

— Les enseignants n’osent pas faire remonter leurs observations au ministère de l’Éducation nationale ?

— Ils savent que leurs démarches seront vaines et se sont résignés. Ils n’ont plus du tout de capacité d’indignation. Les plus passionnés font de leur mieux localement, discrètement, et ont renoncé à peser sur la justice et l’efficacité d’ensemble.

Pour ma part, je constate qu’il y a une grande souffrance psychologique chez les enseignants parce que leur intelligence leur fait voir cruellement tout ce qui dysfonctionne dans l’Éducation nationale, mais qu’ils sont en même temps pris dans une sorte de collaboration anesthésiante avec ce système inefficient.

Dans la mesure où ils sont en première ligne de ce désastre, je pense qu’ils devraient être davantage écoutés. Les solutions éducatives solides ne peuvent venir que du terrain, c’est-à-dire des salles de classe.

C’est la raison pour laquelle la solution passe, à mon sens, par la subsidiarité. Redonner aux établissements scolaires la capacité d’agir : recruter leurs enseignants, les gérer, avoir la main sur les admissions, les départs, les éventuels redoublements ou programmes de renforcement académique des élèves. C’est essentiel si nous voulons mettre fin à l’expérience quotidienne de l’impuissance.