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mercredi 24 janvier 2024

Des allées de jouets unisexes sont désormais obligatoires dans les grands magasins californiens

Les allées de jouets non sexistes sont devenues obligatoires dans les grands magasins de la Californie, un État dirigé par les démocrates.

La loi, qui est entrée en vigueur au début du mois de janvier, s’applique aux magasins comptant au moins 500 employés dans cet État dirigé par les démocrates.

Les magasins qui refusent de s’y conformer se verront infliger une amende de 250 dollars américains pour une première infraction et de 500 dollars s’ils continuent à défier la règle.

En vertu de la loi, les magasins doivent disposer d’une allée « dans laquelle est présentée une sélection raisonnable d’articles et de jouets pour enfants qu’ils vendent, qu’ils aient été traditionnellement commercialisés pour les filles ou pour les garçons ».

Le projet de loi ajoute : « Séparer des articles similaires traditionnellement commercialisés soit pour les filles, soit pour les garçons, rend plus difficile pour le consommateur la comparaison des produits et implique à tort que leur utilisation par un sexe n’est pas appropriée ».

Les magasins pourront avoir des rayons de jouets séparés pour garçons et pour filles, ainsi que des espaces unisexes désormais obligatoires.

La loi a été adoptée en 2021 et signée par le gouverneur de l’État, Gavin Newsom.

« Nous devons laisser les enfants être des enfants »

La loi a été initialement présentée par Evan Low, législateur démocrate à l’Assemblée de l’État de Californie, qui a déclaré avoir été incité à agir par une enfant de huit ans qui se demandait pourquoi un magasin devait lui dire ce qui était un jouet ou une chemise de fille.

Des groupes chrétiens, tels que le California Family Council (CFC), ont critiqué ce changement.

« Nous devrions tous avoir de la compassion pour les personnes souffrant de dysphorie de genre », a déclaré Jonathan Keller, président du CFC.

« Mais les activistes et les législateurs de l’État n’ont pas le droit de forcer les détaillants à épouser les messages approuvés par le gouvernement sur la sexualité et le genre. C’est une violation de la liberté d’expression et c’est tout simplement inacceptable ».

Par le passé, M. Low a été coauteur d’un projet de loi autorisant le tourisme de « transition de genre », faisant de la Californie un « État sanctuaire » pour les enfants à qui l’on refuse une opération de changement de sexe ou une thérapie hormonale dans un autre État.

Des États conservateurs comme le Texas ont interdit ces procédures, arguant qu’elles s’apparentent à de la maltraitance d’enfants.

mardi 19 décembre 2023

En 1913 : « Jouets modernes d’enfants : doit-on privilégier l’instruction au détriment de la distraction ? »

À l’occasion de la Noël 1913, un chroniqueur du Petit Journal s’interroge sur le bien-fondé de l’engouement pour les jouets « scientifiques », ces derniers prenant désormais le pas sur les joujoux plus classiques. Instruire ou divertir : faut-il choisir pour le bien de l’enfant ?

Leibnitz disait : « Les hommes n’ont jamais montré tant de sagacité que dans l’invention des jeux ». Cette observation du philosophe se vérifie tous les ans à l’époque de Noël. Allez plutôt faire un tour dans les grands magasins, au rayon des joujoux : vous serez émerveillés de l’ingéniosité dépensée par les inventeurs et les fabricants de jouets nouveaux, affirme Jean Lecoq dans l’édition du 23 décembre 1913 du Petit Journal.

S’il est vrai que, depuis que le monde est monde, l’homme n’a cessé de se mettre la cervelle à l’envers pour amuser l’enfant, jamais il ne dépensa, dans ce but, autant d’imagination qu’aujourd’hui. Reste à savoir, d’ailleurs, si le but est atteint. Les petits enfants d’à présent, avec les joujoux compliqués et les jouets scientifiques qui ont pour effet de les instruire bien plus que de les distraire, sont-ils plus heureux que ne le fussent les gamins du temps jadis avec leurs poupées de carton et leurs soldats de plomb ? s’interroge le chroniqueur.

C’est douteux, poursuit-il. L’enfant n’a pas besoin d’un joujou animé : il se charge bien de l’animer lui-même par sa propre imagination. Dès que l’enfant joue, il vit dans un rêve. Or, les jouets scientifiques et les jouets précieux ne peuvent que troubler ce rêve. Ils étonnent l’enfant, ils ne l’amusent pas.

Lors de la dernière exposition des jouets anciens, reprend le journaliste qui, rappelons-le, s’exprime en 1913, on constata que les jouets communs étaient fort rares, et qu’on ne pouvait guère trouver que des jouets d’un grand prix. À ceux qui s’en étonnaient, M. Léo Claretie, l’organisateur de cette exposition, donnait cette explication toute naturelle :

« Le joujou bon marché d’autrefois a été détruit parce qu’il a servi. Nous ne le connaissons qu’en peinture. Les seuls jouets qui aient été conservés sont les jouets coûteux. » C’est-à-dire les jouets qui n’ont pas rempli leur but.

Il n’est donc pas besoin que les jouets soient très beaux. L’essentiel est qu’ils favorisent les jeux de l’imagination de l’enfant. Il n’est pas besoin non plus qu’ils le fassent réfléchir. L’enfant a bien le temps de faire connaissance avec les réalités de la science. Laissez le jouer d’abord, vous le ferez étudier après. Les jouets qui ont pour but d’exercer son raisonnement ne sont pas des jouets. « Rien n’est moins raisonnable que de vouloir que les enfants le soient ». Qui a dit cela ? C’est Jean-Jacques. Et il me semble qu’il n’a rien dit de plus sensé, conclut Jean Lecoq.

vendredi 21 mai 2021

Malgré la pression sociale progressiste, garçons et filles semblent toujours préférer les jouets traditionnels associés à leur sexe


Cinquante ans de recherche sur les préférences des enfants en matière de jouets montrent que les enfants préfèrent généralement les jouets associés à leur propre sexe.

  • Une méta-analyse récente a passé en revue 75 études sur les préférences des enfants en matière de jouets genrés.
  • Les résultats ont révélé que « les préférences en matière de jouets genrés peuvent être considérées comme bien établies ».
  • C’est un sujet controversé : certaines personnes affirment que ces préférences découlent de la pression sociale, tandis que d’autres disent qu’elles sont au moins en partie innées.

Il est communément admis aujourd’hui que les rôles sociaux des hommes et des femmes sont devenus moins tranchés aujourd’hui qu’ils ne l’étaient, par exemple, dans les années 1950.

Ces changements ont-ils affecté une partie cruciale du développement des enfants : le jeu ? Pour être plus précis, est-ce que, au fur et à mesure que les rôles stéréotypés associés aux femmes et aux hommes sont devenus moins tranchés, la préférence des enfants envers les jouets dits genrés est également devenue moins nette ?

Il semble bien que non. Pendant des décennies, des études [1] [2] ont montré que les garçons et les filles préfèrent généralement jouer avec des jouets associés à leur sexe biologique : des camions pour les garçons et des poupées pour les filles, pour donner un exemple simple.

Ces résultats sont restés remarquablement stables au cours des 50 dernières années, selon une méta-analyse de 2020 portant sur la recherche sur les différences entre les garçons et les filles pour ce qui est de leurs préférences en matière de jouets. Publiée dans Archives of Sexual Behaviour et intitulée « La différence d’intérêt entre garçons et filles pour les jouets est restée stable depuis 50 ans ». Cette méta-analyse s’est penchée sur 75 études antérieures. 


Malgré le prêt-à-penser ambiant, il semble que des facteurs biologiques expliquent au moins en partie les préférences des enfants pour les jouets habituellement associés à leur sexe.

Les auteurs de l’étude, Jac T.M. Davis et Melissa Hines, ont trouvé « une grande cohérence des résultats dans l’ensemble des recherches sur les préférences des enfants en matière de jouets genrés : les enfants ont montré une préférence notable et affirmée pour les jouets qui étaient liés à leur sexe. Ainsi, selon notre analyse, les préférences en matière de jouets genrés peuvent être considérées comme bien établies. »

La même revue érudite a reçu une lettre adressée à la rédaction pour contester ces résultats en fournissant une analyse différente, elle concluait que les enfants passent en réalité moins de temps à jouer avec des jouets typiques à leur sexe ces jours-ci.

Les auteurs de cette analyse faisaient l’hypothèse que la raison de ce déclin « pourrait refléter les pressions sociales récentes pour que les enfants soient moins sexistes dans leur comportement ». En d’autres termes, ce déclin s’expliquerait par le désir des parents d’être plus en phase avec les idées progressistes sur la fluidité des sexes.

Cependant, Davis et Hines s’opposent à ce diagnostic. Pour eux, ce prétendu déclin ne s’expliquait que par la méthodologie choisie par leurs contradicteurs. En outre, ils ont remarqué que les publicités de jouets utilisaient en fait plus de stéréotypes de genre pour stimuler les ventes au cours des dernières décennies — une découverte qui complique l’explication selon laquelle les pressions sociales poussent les enfants à passer moins de temps à jouer avec des jouets typiques à leur sexe.

Davis et Hines concluent :

Il peut être tentant de penser que les changements sociaux au fil du temps pourraient réduire le temps que les enfants jouent avec des jouets typiques pour leur sexe, eu égard à l’idée selon laquelle jouer avec un plus grand nombre de jouets serait bénéfique tant pour les garçons que pour les filles. Malheureusement, les grands changements dans les rôles sociaux des hommes et des femmes ne semblent pas avoir influencé le choix de jouets des enfants, peut-être parce qu’ils ont été contrecarrés par une commercialisation plus ciblée de différents jouets auprès des filles et des garçons ces derniers temps.

Pourquoi sommes-nous si préoccupés par les jouets avec lesquels les enfants jouent ?

Mais la société veut-elle vraiment que les enfants jouent avec des jouets moins typiques à leur sexe ? Certaines recherches suggèrent que la réponse est oui. Une enquête menée en 2017 par le Pew Research Center a révélé qu’une majorité d’Américains considéraient qu’il était « plutôt bon ou très bon » d’orienter les enfants vers des jouets et des activités traditionnellement associés au sexe opposé (même si les répondants étaient moins enthousiastes à l’idée de le faire pour les garçons que pour les filles).

Encourager les enfants à jouer avec une gamme plus large de jouets pourrait apparemment être bénéfique. Ainsi, une étude de 2020 publiée dans Frontiers in Human Neuroscience a révélé que lorsque les garçons et les filles jouent avec des poupées, ils activent davantage les régions du cerveau associées à l’empathie et à la prise de perspective. Pour que ce soit considéré comme bénéfique, il faut cependant penser que les garçons devraient être plus empathiques, plus « féminins ». Au nom de quoi ?

Mais peu importe ce que les valeurs progressistes désirent, il convient de noter qu’il semble y avoir des facteurs biologiques derrière les préférences des enfants pour les jouets genrés.

Des études ont notamment montré que les bébés ont tendance à préférer les jouets associés à leur sexe, une constatation qui suggère que leur préférence est innée parce qu’ils sont trop jeunes pour avoir été influencés par la socialisation. À l’appui de cet argument, des études montrent que les bébés singes affichent également une préférence pour des jouets genrés. Voir encadré ci-dessous. Les preuves de facteurs biologiques sont controversées, mais de plus en plus nombreuses. C’est ainsi que les filles qui ont été exposées à des niveaux élevés d’androgènes fœtaux sont connues pour faire des choix de jouets relativement masculins

 

Les jeunes chimpanzés femelles jouent à la poupée et sont moins agressives

Deux éthologues américains ont aussi observé que si les jeunes primates jouent tous avec des bâtons, les femelles aiment les porter et les bercer.

Les deux chercheurs américains ont observé pendant quatorze ans la vie des chimpanzés de la communauté Kanyawara dans le parc national de Kibale en Ouganda. Les résultats de leur dernier travail, publiés en décembre 2010 dans la revue Current Biology, montrent clairement que si les jeunes primates jouent tous avec des bâtons, les femelles aiment les porter, les bercer, comme des poupées, de manière maternelle sans équivoque. Il y a quelques années, de jeunes singes en captivité s’étaient vu offrir des monceaux de jouets de toutes sortes. Les femelles s’étaient précipitées vers les poupées, les mâles vers les tracteurs.

Dans leur dernière étude, cette même équipe a découvert que les jeunes chimpanzés mâles étaient généralement plus agressifs que les jeunes femelles. La source ultime de cette différence de comportement entre les chimpanzés mâles et femelles se trouverait donc dans une différence sexuée précoce de l’utilisation de l’agression physique. Pour les chercheurs, « ces résultats mettent en évidence le fait que les nourrissons et les jeunes façonnent activement leurs expériences sociales, plutôt que de n’être que des objets passifs d’une socialisation différenciée et appellent à un examen plus approfondi sur la manière dont l’expérience peut interagir avec d’autres aspects du développement, comme les taux d’hormones, pour façonner les différences sexuées dans le comportement des adultes. »

Pourtant, il est facile de voir comment les pressions sociales peuvent affecter les préférences des enfants en matière de jouets à mesure qu’ils grandissent. Ainsi, la question de savoir pourquoi les enfants préfèrent les jouets qu’ils font se résume probablement à une réponse familière : un écheveau de facteurs environnementaux et biologiques. 

 Voir aussi 

Le paradoxe de l’égalité entre les sexes c. la théorie du genre

 

Biologie — L’expression de 6 500 différences génétiques distinguent l’homme de la femme 

Étude — La testostérone change la structure du cerveau

Le cerveau des femmes est mieux préparé que celui des hommes pour faire face aux défauts génétiques

Paradoxe confirmé : l’égalité juridique des sexes renforce les stéréotypes sexuels (chasser le naturel, il revient au galop ?)

Boris Cyrulnik : l’école valorise la docilité des filles et dévalorise la hardiesse des garçons
Cerveau masculin et cerveau féminin

Le paradoxe de l’égalité entre les sexes c. la théorie du genre

Étude norvégienne — Plus un homme participe aux tâches ménagères, plus il y a risque de divorce

Jordan Peterson et l’égalité des sexes : députée et ex-ministre suédoise à du mal à comprendre

Pourquoi l’éducation jouerait un rôle moins important qu’on ne le pense

Étude de 2018 (n=2064) : pas d’effet de menace du stéréotype sur résultats en maths des filles

Jordan Peterson sur l’écart salarial, l’imposition des pronoms trans et la gauche radicale