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mardi 21 mai 2024

Canada : les hospitalisations des aînés ont triplé depuis la légalisation du cannabis, selon une étude

Les chercheurs ont analysé les données de 2.300 visites aux urgences pour arriver à ce constat.

D’après les scientifiques, le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans prises en charge aux urgences au Canada est en expansion. La publication d’une étude dans le JAMA Internal Medicine intervient ainsi cinq ans après l’entrée en vigueur de la loi sur le cannabis dans le pays.

Selon une étude parue ce lundi 20 mai dans le journal JAMA Internal Medicine, le nombre de personnes de plus de 65 ans prises en charge pour empoisonnement au cannabis n’a cessé d’augmenter au Canada.

Pour faire ce constat, les scientifiques ont analysé les données de plus de 2.300 visites aux urgences en Ontario. La publication de cette étude intervient environ cinq ans après la légalisation du cannabis récréatif au Canada, le deuxième pays au monde à avoir passer ce cap.

Confusion, nausées ou vertiges sont les symptômes les plus courants évoqués par les patients touchés par un empoisonnement au cannabis. Dans les cas les plus graves, certains peuvent souffrir de délire, panique ou d’anxiété. Il peut également entraîner une accélération du rythme cardiaque.

Les Canadiens âgés de 65 ans représentent la catégorie de personnes avec la croissance la plus rapide de consommateurs de cannabis. Environ 400.000 personnes ont déclaré avoir essayé la drogue dès la fin 2019, contre 40.000 en 2012.

Quelles causes ?

Selon les chercheurs, beaucoup des patients ayant consulté les urgences souffraient de cancer, de démence ou d’alcoolisme. Toutefois, ces derniers ont insisté sur le fait que leur étude ne permettait pas «de déterminer si les empoisonnements étaient involontaires ou intentionnels».

À ce paramètre s’ajoutent les interactions entre la drogue et les médicaments pris par les personnes âgées. Elles «sont donc plus sensibles aux effets du cannabis».

La légalisation du cannabis au Canada est survenue en 2018. Ce projet de loi qui faisait partie des promesses de campagnes de Justin Trudeau avait pour objectif de réduire le crime organisé lié à la drogue et pour encadrer son accès aux plus jeunes.

«Il est trop facile pour nos enfants d’obtenir de la marijuana et pour les criminels d’en tirer profit. Aujourd’hui, nous changeons cela. Notre plan visant à légaliser et à réglementer la marijuana vient d’être adopté par le Sénat», avait écrit sur X le premier Ministre canadien en 2018. 

Discussion

Dans cette étude, la légalisation du cannabis au Canada a été associée à une augmentation du nombre de visites aux urgences pour empoisonnement au cannabis chez les personnes âgées. Les augmentations les plus importantes ont eu lieu après que le cannabis comestible soit devenu légalement disponible pour la vente au détail, un phénomène observé de la même manière chez les enfants canadiens. Parmi les explications possibles, on peut citer l'augmentation de l'ingestion accidentelle, la facilité d'accès, le manque d'instructions de dosage spécifiques à l'âge et l'absence d'options de traitement sûres et efficaces pour la douleur chronique, les troubles du sommeil et les symptômes comportementaux et psychologiques de la démence. Les personnes âgées sont particulièrement exposées aux effets indésirables du cannabis en raison des changements physiologiques liés à l'âge, de la polypharmacie, des interactions médicamenteuses et de la multimorbidité.

Cette étude est limitée aux données des visites aux urgences et peut sous-estimer l'ampleur réelle des empoisonnements au cannabis. Les personnes âgées peuvent avoir cherché à se faire soigner ailleurs ou ne pas avoir cherché à se faire soigner du tout, d'autant plus que la légalisation du cannabis comestible a précédé immédiatement la pandémie de COVID-19. En raison de la nature transversale de nos données, nous ne pouvons pas déterminer si l'augmentation des empoisonnements est directement attribuable au cannabis comestible ou à la commercialisation plus large du cannabis non médical.5 En outre, nos résultats peuvent être influencés par d'autres tendances temporelles et par des événements concomitants, y compris la pandémie de COVID-19.
 
Dans l'ensemble, cette étude montre les effets de la légalisation et de la commercialisation du cannabis sur la santé des personnes âgées et met en évidence les conséquences associées au cannabis comestible. Les juridictions où le cannabis est légalisé devraient envisager des mesures pour atténuer l'exposition involontaire chez les personnes âgées et des conseils de dosage spécifiques à l'âge.


jeudi 21 octobre 2021

Cannabis — la consommation depuis la légalisation est passée de 14 % à 20 % de 2018 à 2021

Trois ans après la légalisation du cannabis au Canada, la consommation du cannabis a augmenté chez les adultes, plus particulièrement chez les personnes âgées de 25 à 54 ans. Quant aux jeunes de 15 à 17 ans, leur consommation de cette drogue a diminué. C’est ce qui ressort d’une étude publiée vendredi passé par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Cannabis, une drogue d’adultes, de vieux ?

En 2018, 22 % des personnes de 15 à 17 ans disaient consommer du cannabis, contre 21 % en 2019 et 19 % en 2021, détaille l’ISQ.

Un constat qui laisse « perplexe » la Dre Marie-Ève Morin, médecin de famille travaillant en dépendance et en santé mentale à la clinique La Licorne, à Montréal.

« Je crois que ç’a été compensé par d’autres substances chez les jeunes. Ce n’est pas vrai que les jeunes consomment moins. Au contraire, je pense que les jeunes du secondaire consomment de plus en plus de benzodiazépine, le Xanax. Ils ont de plus en plus accès au speed [amphétamine], à l’ecstasy », explique-t-elle à La Presse, à la lumière de sa pratique.

Elle se demande également si la consommation de wax, de la cire de cannabis contenant une très forte dose de THC, a été comptabilisée dans l’étude.

« La nouvelle mode, ce sont les wax pens. Ce sont des crayons [de cire] qui se vendent 40 $ l’unité, et là-dedans, il y a un nombre prédéterminé de doses de wax », poursuit la Dre Morin. Ce produit circule sur le marché noir.

Au contraire, la diminution de la consommation de cannabis des jeunes n’étonne pas Jean-Sébastien Fallu, professeur à l’École de psychoéducation à l’Université de Montréal, chercheur à l’Institut universitaire sur les dépendances (IUD) et au Centre de recherche en santé publique (CReSP). Depuis une dizaine d’années, une diminution de la consommation d’alcool et d’autres substances a pu être observée dans cette tranche d’âge, estime-t-il, même si à l’avenir un rebond n’est pas à exclure.

Augmentation de la consommation chez les adultes

La proportion totale de consommateurs de cannabis de 15 ans et plus a cependant augmenté au Québec, passant de 14 % à près de 20 % de 2018 à 2021, selon l’ISQ.

Chez les personnes de 25 à 34 ans, la proportion de consommateurs de marijuana est passée de 26 % en 2018 à 29 % en 2019, puis à 36 % en 2021. Ce taux a augmenté de 12 % en 2018 à 15 % en 2019, et à 20 % en 2021, au sein de la population âgée de 35 à 54 ans, dévoile la même étude de l’ISQ.

 Proportion de consommateurs de cannabis au Québec, selon différentes tranches d’âge (Source : ISQ)

« Il était prévu qu’une légalisation puisse être associée à une augmentation de consommateurs, mais on ne s’attendait pas à de grandes augmentations, ce qui est effectivement le cas, notamment durant la première année », déclare Jean-Sébastien Fallu. Il pense que la gestion de pandémie de COVID-19 (confinement, couvre-feu) est à l’origine de la hausse marquée de la consommation de cannabis observée lors de la dernière année.

Parmi les 20 % de Québécois se disant consommateurs de marijuana, 24 % ont déclaré avoir augmenté leur consommation en raison de la gestion de la pandémie, rapporte l’ISQ.

Toutefois, les proportions des types de consommateurs de cannabis, soit quotidiens ou occasionnels, par exemple, n’ont pas changé de façon marquée au cours de la pandémie, précise M. Fallu.

Depuis le début de la gestion gouvernementale de la pandémie, « beaucoup de personnes adultes ont commencé à développer des troubles psychologiques ou psychiatriques. Au lieu d’aller consulter un médecin, ils ont pris ce qu’ils avaient sous la main pour se soulager. On a vu pendant la pandémie une augmentation de la consommation d’à peu près toutes les substances », évoque la Dre Morin.

Elle estime que la consommation de cannabis est banalisée, car elle est considérée comme moins risquée que celle d’autres drogues.

« Mais ça augmente le taux des cancers respiratoires, ça augmente les risques de psychose, ça a un effet dépresseur à long terme, c’est addictif [et] il y a un sevrage quand on arrête. Ce n’est pas banal, le pot », rappelle-t-elle.

La stigmatisation liée au cannabis s’estompe au Canada et les gens en consomment davantage

La stigmatisation liée au fait de fumer de l’herbe s’estompe et les gens en consomment davantage, selon une étude.

Trois ans après que le cannabis est devenu légal, davantage de Canadiens fument qu’on ne le pensait, selon une étude publiée par l’Université Dalhousie.

Menée en mai, l’étude a révélé que 42 % des personnes interrogées se considèrent comme des consommateurs de cannabis, avec environ 12 % déclarant avoir commencé à consommer de la marijuana après sa légalisation en octobre 2018.

Les résultats sont 20 % plus élevés que le pourcentage de Canadiens que l’on croyait fumeurs de cannabis, selon un récent rapport de Statistique Canada.

Les chiffres sont également en hausse de 36 % par rapport à une étude similaire menée à Dalhousie en 2019. « L’acceptation et la consommation de cannabis augmentent et la stigmatisation sociale diminue », a déclaré Brian Sterling, co-auteur du rapport.

« Cela se normalise de plus en plus », a ajouté Sterling, associé de recherche au Laboratoire d’analyse agroalimentaire de l’Université Dalhousie. « De plus en plus de gens l’achètent légalement. La plupart ne sont plus vraiment inquiets à l’idée d’en parler ouvertement. »

Le rapport indique également que les attitudes canadiennes ont changé en faveur du cannabis légal, y compris la consommation publique de la drogue dans des endroits comme les restaurants.

Il indique également que maintenant 78 % des Canadiens sont en faveur de la légalisation — contre la moitié de la population canadienne qui a soutenu le pot légal en 2019.

Environ 60 % des Canadiens achètent de l’herbe dans un magasin de cannabis et 32 % ont déclaré avoir augmenté leur consommation d’herbe en raison de la gestion de la pandémie.

La légalisation n’a pas fait disparaître le marché noir

Un des buts proclamés de la légalisation était d’endiguer les ventes du marché noir. Mais aujourd’hui, à peine plus de la moitié des ventes de marijuana sont réalisées sur le marché légal. « La demande ne s’est pas transférée du marché illégal vers le marché légal, surtout dans l’ouest du pays », explique Jean-François Ouellet, professeur à HEC Montréal.

Seul le Québec semble faire office d’exception. Il a choisi un système public de vente via ses points SQDC (Société québécoise du cannabis), tandis que beaucoup de provinces tournent au 100 % privé, ou avec les deux régimes. « Le Québec a aussi choisi de vendre du cannabis au même prix que le marché noir. Et si les gens ne veulent pas se déplacer, il leur est possible de commander en ligne et de se faire livrer le jour même, », poursuit le professeur.

« Les enquêtes surestiment généralement la partie légale et sous-estiment la partie illégale », relativise Michael Armstrong, professeur de l’université Brock de St Catharines (Ontario), tout en soulignant qu’il « existe une tendance claire vers des dépenses plus légales et moins illégales ».

« Les petits revendeurs illégaux ont été les plus touchés, confie le psychologue Serge Brochu, professeur à l’École de criminologie de l’Université de Montréal. Les grandes organisations criminelles ayant une offre diversifiée d’activités illicites ont pu investir dans d’autres créneaux. » Cet expert estime illusoire de croire que la légalisation du pot le fera disparaître. « Le marché noir canalise de plus en plus ses efforts sur les sites internet pour proposer des produits à moindre coût », note Amnon Jacob Suissa, professeur de sociologie de l’Université du Québec à Montréal.

Forte concurrence, surproduction et baisse des prix ont mis un coup de frein à l’emballement dans l’industrie naissante du cannabis récréatif légal.

Le géant Canopy Growth gérait sept usines de culture au Canada. Elles ont toutes fermé ou ont été vendues en 2020. Cotée en Bourse, l’entreprise a vu la valeur de son action chuter de plus de 26 % depuis janvier. Une baisse qui s’explique par « des points de vente fermés pendant les confinements » et des « problèmes d’approvisionnement avec les sites américains », selon le PDG David Klein. Ses concurrents dénoncent aussi le manque de points de vente dans certaines provinces.

Certains producteurs ont dû se mettre à l’abri de leurs créanciers, comme AgMedica et Wayland.

Emerald Health Therapeutics, qui emploie 120 personnes, résiste, mais ne songe pas, pour l’instant, s’agrandir à l’international.

Contexte

Depuis le 17 octobre 2018, la vente, la possession, la production et la distribution de cannabis sont encadrées légalement au Canada. Mais pour protéger les mineurs, la loi prévoit de lourdes sanctions pour les personnes qui leur vendent du cannabis ou qui se servent d’eux pour commettre une infraction liée à cette drogue (en les utilisant comme revendeurs ou guetteurs, par exemple). L’âge légal pour consommer du cannabis au Québec est de 21 ans. Il est de 19 ans dans les autres provinces canadiennes, sauf en Alberta, où il est de 18 ans.

Voir aussi 

La SQDC diffuserait des images interdites dans des médias sociaux accessibles aux mineurs (2021)

Québec — La légalisation du cannabis n’a pas entamé les bénéfices du crime organisé 

Alberta — Épidémie de syphilis parmi sans-abri, drogués, homos et bisexuels et Amérindiens 

La Russie sanctionne Twitter pour manque de filtrage des contenus pédopornographiques ou faisant l’apologie de drogues ou du suicide 

Analyse des demandes d’assurance maladie : la gestion de la COVID-19 a un impact profond sur la santé mentale des jeunes  

Espérance de vie baisse chez les hommes en Ontario, en Colombie-Britannique et chez les blancs aux États-Unis (pré-Covid, opioïdes en cause) 

Québec — consommation d’antidépresseurs a augmenté de 68 % chez jeunes filles au cours des 5 dernières années (pré-Covid) 

Canada — la légalisation du cannabis a accru le nombre de consommateurs (2019)

Arrêter le cannabis et la mémoire revient

Le cannabis aurait des « effets négatifs et persistants » sur les capacités cognitives des ados

Cannabis thérapeutique : effets positifs modestes, effets indésirables sont importants et très fréquents

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Le Canada va être « cool » : des psychiatres craignent l’impact de la légalisation du cannabis

La fumée de cannabis contient sept fois plus de goudrons et de monoxyde de carbone (CO) que celle du tabac, selon un test d’un magazine français de consommateurs, qui calcule que « 3 joints = 1 paquet de cigarettes ».

Le mensuel 60 millions de consommateurs de l’Institut national de la consommation (INC), publié en avril 2006, s’est servi d’une machine à fumer pour faire ce test dont le but était de comparer les teneurs en nicotine, goudrons, monoxyde de carbone, benzène et toluène dans les fumées principales de joints de cannabis et de tabac.

 

 

 

 

jeudi 4 juillet 2019

Québec — La légalisation du cannabis n'a pas entamé les bénéfices du crime organisé

Le 4 avril dernier, les policiers du Service de police de la Ville de Montréal ont trouvé 800 plants de pot chez un associé de la pègre asiatique en lui rapportant ses deux chiens de type pitbull qui s’étaient sauvés, sur la rue Lajeunesse.

Le crime organisé ne s’est pas étouffé avec la légalisation du cannabis au pays et n’en subira pas d’effets nuisibles avant au moins trois ans.

C’est le constat sans lunettes roses du très crédible Service canadien de renseignements criminels (SCRC) dans un rapport récent sur l’état du marché des drogues.

Au contraire, « la pénurie actuelle de cannabis licite au Canada donne aux groupes du crime organisé un avantage concurrentiel » en attendant « que le stock légitime soit disponible », d’après le SCRC.

Le gouvernement Trudeau disait vouloir « retirer des milliards [...] des poches des criminels » en légalisant le pot à des fins récréatives, le 17 octobre dernier.

Mais près de neuf mois plus tard, le virage libéral n’a pas fait mal aux 293 bandes criminelles canadiennes qui s’enrichissent sur le marché noir de la marijuana et du haschisch.

« Il n’y a probablement eu aucune incidence mesurable sur la part du marché des groupes du crime organisé et il n’y en aura probablement pas dans un avenir rapproché », estime l’agence relevant de la Gendarmerie royale du Canada qui renseigne tous les organismes d’application des lois au pays.

Le SCRC croit « peu probable » que les grosses organisations criminelles comme les Hells Angels et la mafia en souffrent parce qu’elles tirent aussi des revenus d’autres drogues plus lucratives comme la cocaïne, l’héroïne et la méthamphétamine.

C’est « à long terme », soit « dans trois ans et plus », qu’on peut prévoir un recul du pot illégal, d’après ce rapport produit au printemps.

Le SCRC confirme une faille du système décriée par la police de Montréal : « des associés ou intermédiaires de plusieurs groupes du crime organisé [sont] détenteurs de licences » de Santé Canada pour produire du cannabis à des fins médicales.

Cela fait d’eux « les mieux placés pour profiter de toute pénurie dans le marché légitime ».

En mars dernier, Le Journal rapportait que c’était le cas de cultivateurs de marijuana associés à la pègre asiatique de Montréal.

L’avocat Maxime Guérin, du Groupe SGF – consultants en cannabis, qui conseille des entrepreneurs de l’industrie légale du pot, trouve la situation ironique.

« Il n’y a pas beaucoup plus d’efforts pour éradiquer le marché noir depuis le 17 octobre 2018, mais on encadre beaucoup les producteurs légaux. Le poids entre les deux est clairement au désavantage du marché légal », a-t-il dit.

D’après lui, le marché illicite restera « en avance » au Québec tant que la SQDC n’aura pas baissé ses prix [malgré la syndicalisation du personnel de la SQDC qui ne peut que hausser les coûts de production ?], mis fin à ses ruptures de stock et haussé son offre de produits, ainsi que leur quantité.

Ajoutons qu’il restera sans doute toujours un marché noir des produits du cannabis, même si les coûts du cannabis gouvernement baissent, puisque le produit gouvernemental est moins puissant (a un taux de THC moindre) que celui que l’on retrouve sur le marché noir.

Enfin, il faut se demander, si en légitimant le cannabis en le légalisant, l’État n’a pas banalisé le cannabis (ou même les drogues en général) et créé les conditions pour une plus grande consommation de ce produit à terme. Rappelons que la consommation de cannabis a augmenté de 10 % au Québec après sa légalisation l’automne dernier comme l’indiquait Statistique Canada en février 2019. Le 2 juillet 2019, un rapport mondial sur les drogues publié par l’Organisation des Nations unies nous apprenait que, entre 2013 et 2017, le nombre de consommateurs de cannabis au Canada avait augmenté de 40 %. Le rapport relève que cette augmentation serait imputable à une diminution de la perception du risque lié à cette drogue alors que le Parti libéral du Canada et son chef élu (en avril 2013) prônaient sa légalisation. Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, avait admis en août 2013 qu’il avait consommé à plusieurs reprises de la marijuana depuis son élection comme député, en 2008.

Voir aussi

Selon un document du Service canadien de renseignements criminels (SCRC), dont le Journal de Montréal a obtenu copie, le nombre de consommateurs de cocaïne est passé de 353 000 à 730 000, de 2015 à 2017. Au micro de Dan Bigras, Jean-Sébastien Fallu, professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal et expert en toxicomanie, a abordé les différents facteurs qui pourraient expliquer cette soudaine popularité : « C’est un marché lucratif. Les groupes criminels ont intérêt à mousser cette consommation pour faire davantage d’argent, en gardant les prix relativement bas ».