dimanche 3 mai 2026

Autant de nonagénaires que de jeunes enfants (0 à 4 ans) en Italie en 2050 ?

L'Italie n’a jamais enregistré aussi peu de naissances depuis trente ans. 

  • Il pourrait perdre 5 millions d’âmes d’ici à 2050.1,14 enfant par femme C’est le taux de natalité en Italie en 2025, un record historiquement bas. 
  • La région où la fécondité est la plus faible reste la Sardaigne qui, pour la sixième année consécutive, affiche une fécondité inférieure à l'unité, à savoir 0,85, en baisse par rapport à 2024 (0,91). Viennent ensuite le Molise (Sud) et le Latium (Centre, Rome), avec un nombre moyen d'enfants par femme de 1,02 et 1,05 respectivement. Le Trentin-Haut-Adige (en partie germanophone dans le Nord-Est) détient, une fois de plus, le record de la région ayant le taux de fécondité le plus élevé, avec un nombre moyen d'enfants par femme de 1,40.
  • Il faut 2,05 enfants (dans un pays occidental) par femme pour assurer le renouvellement de la population.
  • 31,9 ans, c'est l’âge moyen de la première grossesse chez les Italiennes.
  • 1 million de jeunes de moins de 35 ans ont quitté le sud du pays pour s’installer dans le centre ou le nord entre 2002 et 2024.
  • 385000 jeunes de moins de 35 ans du centre et du nord du pays se sont installés à l’étranger entre 2002 et 2024. Parmi eux, 21 000 diplômés en 2024 (soit +30% par rapport à 2023).
Guardia Perticara (province de Potenza), un village déserté où vivent 400 personnes,
il abritait plus de 1500 habitants en 1960. 

L'espérance de vie dans la Botte a encore augmenté après les années Covid-19. Elle atteint 81,7 ans pour les hommes et 85,7 ans pour les femmes, ce qui place l'Italie dans le peloton de tête des pays de l'Union européenne, selon l'Istituto nazionale di statistica (Istat).

La baisse des naissances en Italie de date pas d'aujourd'hui. Le solde naturel du pays est négatif sans interruption depuis 1993, et le problème n'est plus seulement celui d9une fécondité trop faible. Il est devenu structurel : le pays est pleinement entré dans un piège démographique dont il sortira difficilement à court terme, car les femmes en âge d'être mère ne sont désormais plus assez nombreuses pour inverser la courbe.

Le dernier rapport de l'Istituto nazionale di statistica (Istat) sur les indicateurs démographiques pour 2025 le montre nettement. La population italienne reste globalement stable, à 58,9 millions d'habitants, mais cette constance ne tient que grâce à un solde migratoire positif, qui compense presque entièrement un déficit naturel massif. Les naissances ont encore reculé (355.000 contre 652.000 décès), en baisse de 3,9%, la fécondité tombant à un nouveau minimum historique (1,14 enfant par femme).

Si, en France, le débat se concentre, à juste titre, sur la question de la baisse de la natalité, vue d'Italie, la situation française paraît presque favorable. Si l'Italie avait eu en 2024 la même fécondité que la France (1,61 enfant par femme), elle aurait enregistré environ 494.000 naissances au lieu de 370.000. Ce serait nettement mieux, mais encore très loin des 664.000 naissances françaises. La différence tient donc à la structure par âge de la population.

Le coeur du problème ne réside même plus dans la natalité mais dans le vieillissement. Au 1er janvier 2026, l'âge moyen de la population italienne est estimé à 47,1 ans, soit six mois de plus qu'un an auparavant. D'où cette projection de l9Istat, si la tendance se prolonge : à l'horizon 2050, les nonagénaires pourraient devenir plus nombreux que les jeunes enfants de 0 à 4 ans. Le déséquilibre générationnel est d'ailleurs déjà visible aujourd'hui. Les Italiens âgés de 25 ans sont un peu plus de 600.000, contre plus de 800.000 pour les 65 ans.
 
Selon le scénario médian, la part des jeunes âgés de 0 à 14 ans devrait continuer de baisser pour atteindre 11,2 % d’ici 2050, malgré une légère reprise du taux de fécondité. En termes d’équilibre intergénérationnel, la proportion des personnes âgées de 65 ans et plus pourrait dépasser le triple de celle des enfants et des adolescents en 2050.

La population en âge de travailler, entre 15 et 64 ans, tombe à 63,2 % du total, en baisse de 73.000 individus en un an, alors que les plus de 65 ans atteignent 25,1 % de la population, avec plus de 240.000 personnes supplémentaires sur un an.

Le vieillissement continu de la population résultera également du passage des importantes cohortes du baby-boom (nées dans les années 1960 et au début des années 1970) dans les tranches d'âge plus âgées. Parallèlement, la population en âge de travailler (15-64 ans) devrait reculer à 54,3 % en 2050 selon le scénario médian, avec une fourchette possible comprise entre 53,2 % et 55,4 %. 

Dans la prochaine décennie, cette accélération aura un impact considérable sur le marché du travail, tandis que la composante la plus âgée continue elle aussi de progresser rapidement 3 les plus de 85 ans sont désormais 2,5 millions et représentent 4,3/% de la population 3 avec un effet évident sur le système de santé. 

Cette transformation reconfigure la société italienne. Aujourd'hui, plus d'un tiers des foyers sont composées d'une seule personne, contre un quart il y a vingt ans. Le vieillissement et la faible natalité modifient concrètement la structure des ménages, les équilibres sociaux et commencent déjà à peser sur les politiques publiques. La campagne du ministère de la Santé italien « Il n'est jamais trop tard pour vieillir en bonne santé » en donne une illustration claire : il ne s'agit plus seulement de soigner les personnes âgées, mais de faire du vieillissement actif un enjeu central de santé publique et de soutenabilité du système.

La démographie produit aussi des effets budgétaires très concrets. Le premier signal vient de l'allocation universelle versée pour chaque enfant jusqu'à 21 ans, dont le nombre de bénéficiaires a reculé de 3% en un an, ce qui pourrait représenter une économie de plus de 500 millions d'euros pour les finances publiques. Mais ce répit comptable masque une détérioration beaucoup plus profonde du rapport entre les générations, de la base productive et de la soutenabilité future du système de protection sociale.

Sources : Istat, L'Opinion 

Moins d’enfants, plus de chambres dans les maisons plus grandes : les chiffres d’un paradoxe américain

Les États-Unis offrent aujourd’hui un cas d’école démographique : jamais les logements n’y ont été aussi vastes, et pourtant la natalité n’y a jamais été aussi faible. L’argument souvent avancé du « manque de place » ne résiste tout simplement pas à l’examen des données.

Une natalité au plus bas historique

Le recul de la fécondité américaine n’est pas une impression, mais un fait statistique massif. Selon le Centers for Disease Control and Prevention (CDC), le taux de natalité a atteint en 2023 un niveau historiquement bas, avec environ 54,5 naissances pour 1 000 femmes âgées de 15 à 44 ans, en baisse de 3 % sur un an .

La tendance ne s’est pas inversée depuis :

Si l’on raisonne en fécondité synthétique (nombre d’enfants par femme), le constat est tout aussi net : environ 1,6 enfant par femme aujourd’hui, très loin du seuil de remplacement de 2,1. Ce niveau constitue un nadir historique en temps de paix.

La baisse est continue depuis près de vingt ans, avec une chute particulièrement marquée après la crise de 2008. Depuis 2007, le nombre de naissances a reculé d’environ 16 %, tandis que la fécondité a baissé de plus de 20 % .

L'indice synthétique de fécondité de l'Italie pour 2025 serait plus bas : 1,14

Des maisons toujours plus grandes

Alors que les Américains faisaient moins d’enfants, ils construisaient des maisons toujours plus vastes.

L’évolution de la surface moyenne est spectaculaire :

1950 : 983 sq ft (≈ 91 m²)
1960 : 1 289 sq ft (≈ 120 m²)
1970 : 1 500 sq ft (≈ 139 m²)
1980 : 1 740 sq ft (≈ 162 m²)
1990 : 2 080 sq ft (≈ 193 m²)
2000 : 2 266 sq ft (≈ 211 m²)
2010 : 2 392 sq ft (≈ 222 m²)

En un demi-siècle, la surface moyenne a donc plus que doublé, alors même que la taille des ménages diminuait. Autrement dit : plus d’espace par personne, mais moins de personnes.

Explosion du nombre de chambres

Le détail des nouvelles constructions rend le contraste encore plus frappant.

  • 1950 :
    • 1/3 seulement des nouvelles maisons ont 3 chambres
    • 1 % seulement en ont 4 ou plus
  • 2024 :
    • 45 % des nouvelles maisons ont 3 chambres
    • 49 % en ont 4 ou plus

Autrement dit, les logements américains sont devenus non seulement plus grands, mais structurellement conçus pour accueillir davantage d’enfants — alors même que ceux-ci sont de moins en moins nombreux.

Si les grands logements existent, ils seraient de plus en plus détenus par des ménages âgés ou aisés (Boomers et Older Millennials), tandis que l’accès des jeunes à la propriété est retardé par la hausse des prix et des taux d’intérêt. Ce décalage s’explique principalement par une croissance des coûts du logement supérieure à celle des revenus des jeunes ménages. Notons cependant que les logements que les jeunes acceptaient il y a 50 ans étaient non seulement plus petits mais souvent de moindre qualité, voir Éco­no­mie des âges de la vie par Hip­po­lyte d’Albis. Ajoutons à cela une offre très rigide dans les zones côtières et métropolitaines attractives en raison du zonage restrictif. S’ajoute une augmentation du nombre de ménages due aux séparations, aux divorces et à la baisse de la taille moyenne des foyers (notamment par la hausse du célibat) et à la croissance démographique via l’immigration, exerçant une pression supplémentaire dans certaines régions. 

Ce carnet pense cependant que les explications économiques n'épuisent pas les raisons de la formation tardive de familles et la naissance d'enfants : pourquoi ces zones « côtières et métropolitaines » sont-elles attrayantes à l'époque du télétravail,  pourquoi l'allongement des études, pourquoi le retard du mariage et même la formation des couples ? 

Un contre-exemple. Les Juifs ultra-orthodoxes aux États-Unis et au Canada qui vivent surtout dans des zones aux logements coûteux (Outremont, Brooklyn, Lakewood, etc.) et dans les grandes villes israéliennes comme Jérusalem ou Bnei Brak. Ils ne bénéficient pas d’un « prix spécial ». Ils font face aux mêmes prix de marché (ou parfois pires, à cause de la forte concentration dans certains quartiers). Les jeunes adultes haredims (18-25 ans) quittent généralement le foyer après le mariage, qui arrive tôt. Présenter le « coût du logement » comme cause principale pour la société générale en négligeant les facteurs culturels est simpliste.

jeudi 30 avril 2026

Scènes de christanophobie en Israël: nonne française agressée, crachats et gestes obscènes devant la cathédrale Saint-Jacques (m à j)


Billet du 30 avril

La vidéo ci-dessous de la police israélienne montrant un homme de 36 ans agressant par-derrière une nonne française de 48 ans à Jérusalem, près du tombeau de David sur le mont Sion, en la projetant au sol et en la frappant.

La victime, chercheuse à l’École biblique et archéologique française, a subi des contusions au visage ; un passant est intervenu et le suspect a été arrêté le jour même pour agression, avec examen d’un possible mobile nationaliste.

La France a condamné l’acte, dans un contexte de signalements répétés d’incidents antichrétiens par des extrémistes juifs dans la Vieille Ville.

Dans un autre vidéo, un homme est filmé crachant devant la cathédrale Saint-Jacques dans la Vieille Ville, tout en faisant un doigt d’honneur en forme de croix, suite à l’agression d’une religieuse française la veille.

Voir aussi

Le Noël tourmenté des chrétiens d'Orient

« Certains Israélites crachent sur les chrétiens qu’ils croisent à Jérusalem », Mgr Gollnisch de l'Œuvre d'Orient

Un journaliste israélien se fait passer pour un prêtre - et se fait cracher dessus à Jérusalem (juin 2023)

Liban — « Si les chrétiens quittent le sud du pays, ils ne reviendront jamais » 

« On aime Laval. C’est comme si on était au Liban ! Il y a plus d’Arabes que de Québécois ici »

Selon l'Armée israélienne, seule une partie du couvent a été détruite: « Après vérification des faits, il est apparu que dans le cadre des activités des forces visant à détruire les infrastructures terroristes, une maison située dans un complexe religieux de la région a été endommagée, et qui ne présentait aucune caractéristique indiquant qu'il s'agissait d'un bâtiment religieux. Après avoir identifié des caractéristiques claires sur un autre bâtiment du complexe, les forces ont agi pour éviter d'autres dommages au complexe.» Notons que la destruction préventive de bâtiments civils en l'absence de combats est très probablement contraire au droit international humanitaire. L’usage de moyens lents et planifiés comme ces pelleteuses, dans une zone sans combat apparent, affaiblit fortement l’argument de nécessité militaire. On semble assister à des mesures punitives collectives.

 

L’IA fragilise les indices superficiels de sérieux scientifique

Un exemple récent, largement relayé sur X, illustre un basculement discret mais profond. Le 24 avril 2026, le neuroscientifique Ruslan Rust a publié une figure (ci-dessous) crée par le nouveau modèle d’images de ChatGPT. Elle prétend montrer que la consommation d’eau réduit fortement le risque de maladie d’Alzheimer.

Graphique soigné, distributions statistiques réalistes, légendes impeccables, courbes de survie convaincantes : tout y est. Le contenu est entièrement faux, mais la forme est si crédible qu’un relecteur pourrait facilement la croire authentique.

Ce cas n’a rien d’anecdotique. Il révèle une évolution plus large : les systèmes d’IA sont désormais capables de produire non seulement du texte, mais aussi des éléments scientifiques complets — figures, jeux de données simulés, visualisations — qui respectent parfaitement les codes académiques. Or ces codes ont longtemps servi de repères pour évaluer rapidement la qualité d’un travail.

La fin d’un signal implicite

Dans la pratique scientifique, certains éléments jouent le rôle de signaux tacites de sérieux :

  • un graphique bien construit,
  • des données cohérentes et plausibles,
  • une présentation conforme aux standards du domaine.

Ces indices ne prouvent rien à eux seuls, mais ils orientent l’attention et facilitent l’évaluation. Jusqu’à récemment, leur production exigeait un réel effort expérimental ou analytique, ce qui leur conférait une certaine valeur indicative.

Ce lien est en train de se rompre. L’IA permet de générer ces éléments à très faible coût, sans base réelle. Résultat : la forme peut désormais être totalement dissociée du contenu.

Du texte plausible à la science plausible

Le phénomène était déjà connu pour le texte : certains modèles produisent des articles au style académique irréprochable, mais conceptuellement vides ou erronés. Ce qui change aujourd’hui, c’est l’extension de cette capacité au registre visuel et quantitatif.

Un graphique simulé peut :

  • respecter des distributions statistiques réalistes,
  • suggérer des corrélations convaincantes,
  • imiter fidèlement les conventions d’un domaine (p-values, intervalles de confiance, courbes de Kaplan-Meier, etc.).

Dans l’exemple de Ruslan Rust, rien, à première vue, ne trahit la supercherie. Le problème n’est plus seulement la fraude (qui existait déjà), mais sa diffusion massive : n’importe qui peut produire, en quelques secondes, une figure qui paraît réelle.

Une érosion de la crédibilité

Le principal risque n’est pas l’apparition de faux isolés, mais une dégradation plus insidieuse : les signaux de crédibilité deviennent moins fiables. Lorsque des éléments autrefois coûteux deviennent faciles à produire, ils perdent leur pouvoir de distinction.

L’évaluation doit donc se déplacer vers des niveaux plus profonds :

  • origine et traçabilité des données,
  • reproductibilité des analyses,
  • cohérence méthodologique.

Ce qui relevait parfois d’une vérification implicite doit devenir explicite.

Vers des exigences accrues

Face à cette évolution, plusieurs mesures s’imposent, déjà évoquées dans la communauté scientifique :

  • accès aux données brutes,
  • mise à disposition du code et des scripts d’analyse,
  • documentation détaillée des protocoles expérimentaux,
  • suivi des étapes de travail via des carnets de laboratoire numériques horodatés (proches des systèmes de version comme Git).

Ces mesures ne visent pas à restaurer une confiance aveugle, mais à la remplacer par un contrôle plus systématique.

Un déplacement des compétences

Cette évolution renforce aussi le rôle des compétences proprement humaines. Lorsque les apparences deviennent trompeuses, il ne suffit plus de reconnaître un « bon » graphique ou un texte bien structuré. Il faut être capable de :

  • questionner les hypothèses sous-jacentes,
  • évaluer la plausibilité des mécanismes biologiques,
  • identifier les zones d’incertitude ou l’absence de preuve.

Cela suppose à la fois un socle solide de connaissances et une démarche critique active. Sans cela, le risque de confondre plausibilité et validité devient important.

L’intelligence artificielle ne rend pas la science impossible, mais elle en modifie profondément les conditions de crédibilité. En fragilisant les indices superficiels de scientificité, elle oblige à revenir à des critères plus exigeants : traçabilité, reproductibilité, cohérence.

Le graphique fictif de Ruslan Rust sur l’eau et la maladie d’Alzheimer n’est pas une simple curiosité — c’est un signal clair. Ce qui ressemblait hier à une preuve n’en est plus nécessairement une.

La réponse ne consiste pas à rejeter ces outils, mais à adapter les pratiques. À mesure que la production devient plus facile, l’évaluation doit devenir plus rigoureuse.

France, un des pays les plus violents de l'Europe occidentale

Eurostat vient de publier les chiffres complets de l'insécurité en Europe en 2024.



Le fossé avec des pays voisins comme l'Allemagne, l'Espagne ou la Suisse est abyssal.

Le taux d'homicide est plus de 2 fois plus élevé en France qu'en Italie.


Alors que le taux d'homicide recule chez ses voisins, il augmente en France.

Depuis 2017 : 

  • France + 21%
  • UE hors France -11 %

 


 Il y a 10 ans, la France était encore proche de la moyenne européenne, avec le 15e taux d'homicide sur 33 pays.

La France est maintenant 8e, avec un taux 60% plus élevé que la moyenne du reste du continent.

Il n'y a pas que les homicides qui connaissent une trajectoire inquiétante en France. C'est aussi le cas des TENTATIVES d'HOMICIDE.

Aucun autre pays d'Europe occidentale ne connaît une augmentation aussi forte des tentatives d'homicide enregistrées.

Il en va de mêmes pour les autres VIOLENCES PHYSIQUES.

La tendance haussière observée dans les données policières françaises est l'une des plus élevées d'Europe.

Pareil pour l'augmentation des victimes de VIOLS enregistrées.

Là encore, l'explosion observée dans les données françaises (+171%) est très élevée.

 

mercredi 29 avril 2026

Passage controversé anti-famille et anti-nataliste à Radio-Canada (contrôle de l'utérus, rôle de reproduction capitaliste, etc.)

« PRODUIRE des enfants ??? J’ai DONNÉ la vie ! » 

Marwah Rizqy répond aux détracteurs (dont les radioteurs de la SRC, voir ci-dessous) des politiques proposées par le Parti Québécois (elle est élue indépendante)


Billet du 26 avril 2026

Le chef du Parti Québécois promet des mesures dans les domaines du logement, du coût de la vie et de la lutte contre l'infertilité pour contrer la baisse des naissances au Québec lors des prochaines élections cet automne. Le Parti Québécois mène dans les sondages.

Ces mesures d'aide aux familles ont attiré la critique du diffuseur gouvernemental lors de l’émission Tout peut arriver diffusée le 25 avril et animée par Marie-Louise Arseneault. Xavier Brouillette, professeur de philosophie, y critique sévèrement les mesures pro-familles, y voyant un risque pour la planète et un impératif productiviste capitaliste. L'animatrice acquiesce aux propos en sortant une scie surannée (« contrôle des utérus »).  Pour Brouillette, le Parti Québécois qui propose de telles mesures « devra préciser ce qu'il entend par politiques natalistes ». 

Notons que Guillaume Rousseau, également présent dans le studio, tente d'apporter une nuance : il faut distinguer les politiques qui poussent à avoir plus d'enfants qu'ils n'en auraient voulu et celles qui permettent aux gens d'avoir simplement le nombre d'enfants qu'ils désirent. On sait, par ailleurs, que les gens veulent plus d'enfants qu'ils n'en auront.

Mais Xavier Brouillette campe sur ses positions : il faut se demander ce qui motive ce désir d’augmenter la population. M. Brouillette ne semble pas envisager que ces mesures ne sont pas conçues pour augmenter la population, mais qu'il s'agit de satisfaire des désirs légitimes et d'éviter l'implosion démographique des « natifs » (l'indice de fécondité est de 1,33 enfant/femme au Québec). 

Notons la timidité de Rousseau face à l’affirmation décomplexée de Brouillette. Rousseau ne cherche pas à changer les mentalités : il se contente de suggérer que chacun puisse avoir le petit nombre d’enfants qu’il souhaite (un peu plus de 2 enfants/femme). Brouillette, en revanche, n’a pas ces scrupules : il prône l’acceptation de la décroissance démographique. La gauche ne rechigne pas à transformer les mentalités, ce qui constitue d’ailleurs une part essentielle de ce qu'elle considère comme son ministère moral. C'est la nouvelle prélature, les médias subventionnés leur chaire d'où ils prêchent et sermonnent leurs ouailles tentées ici d'avoir des enfants. C'est pécher contre la Terre.

On aimerait également savoir si M. Brouillette est contre toute immigration pour éviter l'augmentation de la population et ainsi sauver la planète (les immigrés consomment nettement plus d'énergie au Québec boréal que dans leur pays d'origine : souvent entre 2 et 10 fois plus, selon le pays de départ et le mode de vie.)



Les propos de Xavier Brouillette et consorts ont attiré une réponse unanime : aider les familles à ne pas renoncer aux enfants qu'elles désirent ce n'est pas être extrémiste.

C'est le cas de Marwah Rizqy, députée de Saint-Laurent :


Comme Mme Rizqy l'indique, ce souci est transpartisan : le ministre Bernard Drainville de la CAQ au pouvoir, Éric Duhaime du Parti conservateur du Québec et M. Paul St-Pierre Plamondon du Parti Québécois sont également sensibles à cette question cruciale.

Le chroniqueur Mathieu Bock-Côté a lancé depuis Paris :

« ti-clin » c'est un « petit ahuri » ou « petit insignifiant »


Réaction intéressante du directeur de Cardus pour le Québec :
Rappelons que les féministes de gauche québécoises ont soutenu l'abandon en 1998 d'une politique d'aide universelle à la naissance pour la remplacer par une politique nettement plus chère et sélective de garderies subventionnées.  La ministre de la Famille et de l'Enfance de l'époque, Nicole Léger (PQ), avait alors qualifié ce programme d'allocation à la naissance « d'échec lamentable ». Le diagnostic peu nuancé de la ministre Léger s'expliquait sans doute par des réticences fréquentes exprimées par le Conseil de la femme à toute politique nataliste efficace. En 1982, Claire Bonenfant, la très féministe présidente du Conseil de la Femme, s'était ainsi interrogée, au sujet d'une politique avec de timides conséquences natalistes : « Cette politique sera-t-elle une politique nataliste déguisée cherchant à nous retourner aux berceaux et aux fourneaux ou bien se présente-t-elle comme une politique de justice sociale ? »
 
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On a longtemps cru que les enfants du Moyen Âge n’étaient que peu considérés par leur famille

 


Menacé, le cinéma Cartier de Québec annule la première de Génération Trans


La soirée spéciale prévue le 30 avril prochain n’aura pas lieu à Québec

La première d’un film portant sur le phénomène trans a été annulée au cinéma Cartier, à Québec.

Après une soirée sans anicroche devant une centaine de personnes à Montréal, la projection du documentaire Génération Trans, prévue le 30 avril, n’aura pas lieu dans la capitale.

Menace

Le réalisateur indépendant se dit profondément ébranlé par cette décision. « J’avais réussi à louer une salle, mais le cinéma Cartier m’a confirmé qu’on ne veut plus projeter mon documentaire. Le propriétaire m’a confirmé officiellement la mauvaise nouvelle. Je l’ai appris[e] lundi », a expliqué Jean-Pierre Roy.

L’activité avait notamment été annoncée sur les réseaux sociaux. « C’était une erreur. Je me retrouve le bec à l’eau », déplore le cinéaste.

Selon lui, le cinéma aurait reçu des messages désobligeants et des menaces de membres de la communauté trans qui dénonçaient la projection du film. Il affirme aussi que des employés de l’établissement auraient également menacé de démissionner.

La face cachée

Génération Trans est décrit comme un documentaire indépendant sur la face cachée de la transidentité chez les jeunes.

Le point de départ est le suivant : au Québec, avant l’âge de 18 ans, on ne peut ni voter, ni acheter de l’alcool, ni faire un tas d’autres choses, parce que la loi présume qu’une personne mineure n’a pas encore la maturité requise.

Cependant, dès l’âge de 14 ans, un enfant peut décider qu’il appartient au « mauvais sexe » et entreprendre seul une transition de genre. Bienveillance ou négligence ?

« Je questionne [le fait] que les jeunes, des mineurs, à partir de 14 ans, ont l’autonomie décisionnelle pour avoir des traitements hormonaux, et plus tard, à 16 ans, pour [subir] des interventions chirurgicales, comme la mastectomie. Je le questionne comme citoyen, comme papa, comme réalisateur et comme Québécois », ajoute M. Roy.


Ce dernier a recueilli des témoignages de parents, d’experts et de membres du Comité de sages sur l’identité de genre. Des séquences ont même été tournées en Europe. Le projet a duré un an.

Des révélations

« Je me demande seulement comment le Québec a pu en arriver là. Il y a une zone grise que les cliniques de transition utilisent. Le film est troublant parce qu’il y a des révélations », termine-t-il.
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Le Journal n’a pas pu visionner le documentaire. Le propriétaire du cinéma, qui refuse de le présenter en salle, ne l’a pas vu non plus.

Le patron du cinéma Cartier ne reviendra pas sur sa décision d’annuler la projection. Il confirme avoir reçu des menaces.

« Des choses vraiment pas sympathiques. On voulait présenter le film avec une discussion, mais ça n’aura pas lieu. Les gens nous ont associés au film et ce n’est pas le cas. Ça s’est emballé de façon négative », précise Yvan Fontaine.

L’homme d’affaires aurait aimé se faire une idée du film. « J’aurais pu me faire ma propre opinion sur le contenu et peut-être calmer le jeu. C’est la première fois que je vis ça. »

Source : Journal de Québec
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L'IA est-elle plus intelligente que les gens ? C'est compliqué...

Un texte de la neuroscientifique Vivienne Ming invite à revoir la manière d’aborder l’intelligence artificielle. Plutôt que d’opposer l’humain et la machine, ou de supposer que l’IA se limitera aux tâches répétitives pendant que l’humain conservera le jugement et la créativité, ses travaux suggèrent que l’enjeu réel réside dans la qualité de leur interaction.



Pour étayer cette idée, elle a mené une expérience simple : des groupes de participants devaient prédire des événements réels (élections, décisions publiques, évolutions économiques) en un temps limité. Certains travaillaient seuls, d’autres avec une IA, et les résultats étaient comparés à ceux d’un marché de prédiction comme Polymarket.

Un marché de prédiction agrège les anticipations de milliers de participants qui misent financièrement sur l’issue d’événements. Le prix qui en résulte correspond à une probabilité collective, souvent relativement fiable, car elle combine informations dispersées et incitations à l’exactitude. Ce n’est pas une vérité absolue, mais un point de référence robuste pour évaluer la qualité des prévisions.

Les résultats sont instructifs. Les participants humains seuls se montrent peu performants, s’appuyant surtout sur l’intuition ou des informations récentes. Les modèles d’IA font mieux, sans atteindre systématiquement le niveau du marché. Les équipes hybrides, quant à elles, se divisent en trois groupes :
  • la majorité se contente de reprendre la réponse de l’IA, sans amélioration notable ;
  • d’autres s’appuient sur l’IA pour conforter leurs intuitions, dans un contexte où ces systèmes sont conçus pour produire des réponses convaincantes et peu contradictoires (c'est leur côté flatteur) si on ne les sollicite pas explicitement en sens inverse, ce qui accentue les biais et dégrade les résultats;
  • une minorité, enfin, engage un véritable dialogue critique avec l’IA.
C’est dans ce dernier cas que les performances deviennent remarquables. Les participants questionnent les réponses, demandent des preuves, explorent des contre-arguments. Cette interaction produit des analyses que ni l’humain ni la machine n’auraient générées seuls, atteignant parfois, voire dépassant, la qualité du marché de référence.

La différence ne tient pas à des capacités cognitives supérieures, mais principalement à deux dispositions : la capacité à adopter d’autres perspectives et l’humilité intellectuelle. Autrement dit, accepter l’incertitude, reconnaître les limites de son savoir et résister à la tentation de valider trop vite une réponse.

Ces qualités vont à contre-courant des usages dominants de l’IA, qui privilégient la rapidité et la fluidité. Or, l’apprentissage humain dépend en partie de la friction : l’erreur, l’hésitation, l’effort de compréhension. En éliminant ces étapes, on améliore la performance immédiate, mais on risque d’affaiblir la capacité de raisonnement à long terme.

C’est ce que Ming décrit comme un paradoxe : à mesure que l’accès à l’information devient quasi instantané, l’exploration intellectuelle tend à diminuer. Progressivement, un déplacement s’opère : certains utilisent l’IA comme un partenaire exigeant qui affine leur pensée ; d’autres s’habituent à obtenir des réponses rapides, au prix d’une moindre capacité à poser les bonnes questions.

La conclusion est pratique. L’usage pertinent de l’IA ne consiste pas à aller plus vite, mais à mieux comprendre ce qui manque. Cela implique de tester les réponses, de demander des arguments opposés, de prêter attention aux zones d’incertitude. L’IA devient alors un outil de confrontation intellectuelle plutôt qu’un simple fournisseur de solutions.

En définitive, la question centrale n’est pas technologique, mais culturelle : les outils développent-ils les capacités humaines, ou les remplacent-ils progressivement ? L’enjeu réside dans cette orientation, et dans les pratiques quotidiennes qui en découlent.

Source : Wall Street Journal

[Note du carnet:

Transposée au cadre éducatif, cette analyse suggère que l’enjeu ne se limite pas à valoriser l’humilité intellectuelle ou l’acceptation de l’incertitude. L’école devrait viser un équilibre plus exigeant entre connaissances, méthodes et posture intellectuelle.

D’une part, un socle solide de culture générale demeure indispensable. Il fournit des repères, des ordres de grandeur, une mémoire des faits et des concepts qui permettent de détecter des incohérences, de contextualiser une information et d’éviter de se laisser convaincre par un discours simplement plausible. Sans ce socle, l’esprit critique manque de prise.

D’autre part, ce socle doit être activé par des compétences méthodologiques explicites : savoir interroger une réponse, formuler des hypothèses alternatives, chercher des contre-arguments, distinguer un niveau de confiance d’un niveau de preuve. Il ne s’agit pas seulement de « douter », mais de structurer le doute.

Enfin, la posture intellectuelle reste déterminante : capacité à suspendre un jugement, à reconnaître les limites de son savoir, mais aussi à maintenir une exigence de cohérence et de rigueur face à des réponses fluides et assurées.

Dans un environnement où les outils produisent des réponses immédiates et convaincantes, l’objectif de l’école ne peut plus être uniquement la restitution de connaissances, ni même leur simple compréhension. Il devient double :

  • construire des esprits informés, capables de mobiliser des repères solides ;
  • former des esprits actifs animés d'une dose d'humilité intellectuelle, capables de mettre à l’épreuve ce qui leur est présenté, y compris lorsque cela paraît crédible.

Autrement dit, il ne s’agit pas d’opposer savoir et esprit critique, mais de les articuler. La culture générale sans méthode reste inerte ; la méthode sans connaissances devient aveugle. C’est leur combinaison, exercée de manière consciente et régulière, qui permet un usage réellement éclairé des outils contemporains.]


mardi 28 avril 2026

Xénophobie — Scènes chaotiques et tendues devant les grilles d’une école primaire sud-africaine

La vidéo ci-dessous montre des scènes chaotiques et tendues devant les grilles d’une école primaire sud-africaine. On y voit des membres de groupes anti-immigration, dont Operation Dudula, bloquer l’accès aux enfants et parents étrangers (principalement d’autres pays africains), dans une ambiance de confrontation et de cris. 

L’incident s’est déroulé à Durban (KwaZulu-Natal), précisément devant l’Addington Primary School, dans le quartier de Point / South Beach. Les faits remontent principalement au 21 janvier 2026 (avec des protestations ayant commencé dès la rentrée scolaire autour du 14 janvier). 

Des parents sud-africains, soutenus par Operation Dudula, le mouvement March and March et des sympathisants du parti uMkhonto weSizwe (MK Party) fondé par l'ancien président Zuma, accusaient l’école de prioriser les enfants de ressortissants étrangers au détriment des élèves locaux.La police sud-africaine était présente en nombre important. 

Elle est intervenue pour disperser la foule à l’aide de canons à eau et de grenades assourdissantes, afin de protéger les élèves et de maintenir l’ordre. Des enquêtes pour incitation à la violence publique ont été ouvertes contre certains organisateurs des manifestations.

Dans cette autre vidéo, un homme noir crie « Retournez dans votre fichu pays, bande d'inutiles. Vous n'êtes pas capables de vous battre contre votre propre gouvernement, alors vous venez en Afrique du Sud. Bande de salauds. » Avant cela, une femme noire en vert crie « Voertsek parapara» (Foutez le camp parasites, voertsek = ouste, dégage !, c'est le terme afrikaans pour chasser un animal importun, alors que parapara signifie parasite en tsotsitaal.)

Qu’est-ce qu’Operation Dudula ?

Operation Dudula est un mouvement citoyen vigilante sud-africain, né vers 2021-2022, qui milite pour « mettre les Sud-Africains d’abord ». Il cible particulièrement l’immigration illégale, la concurrence sur les emplois, les logements et les services publics (écoles et hôpitaux). 

Le groupe organise régulièrement des patrouilles et des protestations contre les migrants, souvent accusé de xénophobie, surtout envers les autres Africains noirs.Le nom « Dudula » vient de l’isiZulu (langue zouloue, majoritaire au KwaZulu-Natal). Il signifie « forcer dehors », « repousser », « expulser » ou « renverser ». Il reflète directement l’objectif affiché du mouvement : expulser les immigrants non documentés pour réserver les ressources aux citoyens sud-africains.

Cet événement s’inscrit dans un contexte plus large de fortes tensions socio-économiques en Afrique du Sud : chômage élevé, pression sur les infrastructures publiques et débats récurrents sur l’immigration. La Constitution sud-africaine garantit cependant le droit à l’éducation pour tous les enfants présents sur le territoire, indépendamment du statut migratoire de leurs parents.

France — Baisse des résultats en sciences au collège : une chute concentrée sur les meilleurs élèves

Selon l’évaluation nationale Cedre Sciences 2024 publiée par la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation nationale), les résultats des élèves de troisième (dernière année du collège, correspondant à des élèves âgés d’environ 14 à 15 ans) poursuivent leur dégradation. Le résultat moyen passe de 250 points en 2013 à 238 en 2018, puis à 232 en 2024.

Mais derrière cette baisse globale se dessine une réalité plus préoccupante : le recul se concentre fortement sur les « bons élèves ».

Le rapport officiel met en évidence un net glissement des élèves des groupes de haute performance vers des groupes plus faibles. Voici les principaux chiffres :

Évolution des résultats en sciences (Cedre, élèves de 3e — 14-15 ans)
Année Résultat moyen Élèves les plus faibles (groupes <1 + 1) Élèves les plus performants (groupes 4 + 5) Dont groupe 5 (les meilleurs)
2013 250 15 %  26,1 % 9,2 %
2018 238 22 % (+7 pts) 19,9 % 5,3 %
2024 232 25 % (+10 pts depuis 2013) 16,8 % 4,4 %

La part des meilleurs élèves (groupe 5) a été divisée par près de deux en onze ans. Le groupe 4 (deuxième niveau de performance) a, lui aussi, reculé de 3 points entre 2018 et 2024, passant de 15 % à 12,4 %. À l’inverse, la proportion d’élèves en difficulté progresse nettement, passant de 15 % à 25 % sur la période.

La DEPP constate ce phénomène sans en proposer d’explication : elle évoque simplement un « glissement du pourcentage d’élèves des groupes de performance élevée vers des groupes de performance plus faible ». Le décrochage est plus marqué chez les garçons que chez les filles, dans le public que dans le privé, dans les collèges socialement défavorisés que dans ceux dits « privilégiés ».

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Cette évolution, observée au fil des évaluations successives depuis 2007, soulève des interrogations quant à l’organisation de l’enseignement des sciences (SVT, physique-chimie, technologie) en fin de collège : réduction des horaires, hétérogénéité accrue des classes après la suppression des groupes de niveau, ou encore évolution des pratiques pédagogiques sont régulièrement avancées par les enseignants, sans que le rapport officiel ne tranche.

Un signal fort, donc, pour un enseignement des sciences qui semble perdre en exigence et en efficacité auprès des élèves les plus performants. La France, qui plaçait autrefois la barre haut en sciences au collège, voit aujourd’hui le sommet de sa hiérarchie scolaire s’éroder.

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