mercredi 20 octobre 2021

L'Ontario, la Suède et le Danemark suspendent le vaccin anti-Covid de Moderna pour certains jeunes (m à j : Finlande et Islande aussi)

La Food and Drug Administration (FDA) retarde l’approbation du vaccin contre la COVID-19 de Moderna Inc. destiné aux adolescents afin de vérifier si celui-ci pourrait augmenter le risque d’une affection cardiaque inflammatoire rare, a rapporté le Wall Street Journal
 

Mise à jour du 17 octobre
 
Le taux de myocardites et péricardites chez les jeunes hommes vaccinés en Ontario continue de grimper. 
 
Pour les hommes âgés de 18 à 24 ans, cela représente (voir tableau ci-dessous) 42,2 + 173,3 = 215,5 cas pour 2 millions de doses. Pour simplifier le calcul, supposons que tout le monde ait reçu 2 doses (bien qu’en réalité, un certain pourcentage de ce groupe démographique n’ait reçu qu’une seule dose jusqu’à présent). Cela donnerait une incidence chez les hommes âgés de 18 à 24 ans de 215,5 pour 1 million de personnes, soit 1 cas sur 4 640 jeunes hommes vaccinés. Ce qui est au-delà du risque de 1 / 5000 qui avait conduit à la Santé public de l'Ontario de recommander la suspension de la vaccination à l'aide du vaccin Moderna.
 
Rappelons que les responsables ontariens affirmaient à la fin septembre qu'environ un homme sur 5 000 entre 18 et 24 ans avait développé une myocardite ou péricardite après avoir reçu une injection de Moderna comme deuxième dose, contre environ un homme sur 28 000 ayant plutôt reçu le vaccin Pfizer. Ceci semble s'expliquer par le fait que Moderna est aussi le vaccin le plus fortement dosé. Environ une femme sur 17 000 ayant reçu Moderna pour sa deuxième dose avait également développé une myocardite ou une péricardite.


Mise à jour du 8 octobre

L'Islande se joint aux autres pays nordiques pour suspendre les inoculations à l'aide du vaccin Moderna en raison des inquiétudes suscitées par les effets secondaires.

Le vaccin Moderna, qui a principalement été utilisé en Islande pour les deuxièmes doses, ne sera plus utilisé tant que plus d'informations sur sa sécurité n'auront pas été recueillies, a déclaré vendredi l'épidémiologiste en chef.

Source : Bloomberg


 

Mise à jour du 7 octobre

La Finlande suspend l’utilisation du vaccin anti-Covid-19 de Moderna chez les jeunes hommes.

La Finlande a suspendu jeudi l’utilisation du vaccin à ARN messager (ARNm) de Moderna pour les hommes de moins de 30 ans, se fondant sur des données préliminaires suggérant qu’il pourrait être lié à un léger surcroît de risque d’inflammations cardiaques parmi cette frange.

« Une étude nordique menée en Finlande, en Suède, en Norvège et au Danemark suggère que les hommes de moins de 30 ans ayant été vaccinés avec le vaccin Spikevax de Moderna présentent un risque légèrement accru de développer une myocardite (inflammation du muscle cardiaque-NDLR) », a déclaré Mika Salminen, le directeur de l’institut finlandais de la santé.

Alors que la vaccination est ouverte à partir de 12 ans en Finlande, les jeunes hommes y seront donc vaccinés avec le vaccin Comirnaty de Pfizer et BionTech, a-t-il précisé. Les données préliminaires de cette étude — qui n’a pas encore été publiée — ont déjà conduit les autorités sanitaires suédoises et danoises à restreindre mercredi le recours à ce vaccin.

En Suède, il est désormais réservé aux personnes âgées de plus de 30 ans, et au Danemark, il n’est désormais utilisé que pour les plus de 18 ans. D’après l’Institut finlandais de la santé, cette étude, dont les résultats préliminaires ont déjà été communiqués à l’Agence européenne des médicaments (AEM) pour évaluation, sera publiée d’ici deux semaines.

L’AEM a estimé début juillet que les myocardites et les péricardites (inflammation de la membrane recouvrant le cœur-NDLR) devaient être considérées comme un effet indésirable très rare, survenant en particulier chez les jeunes hommes après l’administration de la deuxième dose du vaccin Pfizer ou Moderna. Elle avait alors réaffirmé que le rapport bénéfices-risques restait largement favorable.

En France, la vaccination est ouverte aux 12-17 ans depuis la mi-juin et seuls les vaccins à ARNm de Pfizer et BionTech ou de Moderna MRNA.O sont autorisés dans cette classe d’âge. 

 


Billet originel du 6 octobre

La Suède a annoncé mercredi 6 octobre suspendre « par précaution » le vaccin anti-Covid de Moderna pour les moins de 30 ans en raison d’un risque d’inflammation cardiaque chez les jeunes.

L’autorité de santé publique (FHM), chargée de la campagne de vaccination en Suède, « a décidé de mettre en pause l’usage du vaccin anti-Covid Spikevax de Moderna pour tous ceux nés en 1991 et après, par principe de précaution », a-t-elle annoncé mercredi 6 octobre. La Suède justifie cette suspension en raison d’un risque d’inflammation cardiaque chez les jeunes, en soulignant que la probabilité de cet effet secondaire était toutefois « minime ».

Cette décision est prise « après des signes de risque accru d’effets secondaires comme les inflammations du myocarde et du péricarde », précise la FHM. Selon l’agence, le risque est plus marqué après la deuxième dose et chez les sujets masculins. « La myocardite et la péricardite disparaissent souvent [mais pas tout le temps donc] d’elles-mêmes, sans causer de problèmes durables, mais les symptômes doivent être évalués par un médecin », explique l’agence.

Pour sa part, le Danemark cesse d’offrir le vaccin Moderna Covid-19 aux moins de 18 ans. Les personnes de moins de 18 ans ne se verront plus proposer le vaccin Covid-19 de Moderna par mesure de précaution, a confirmé l’Autorité sanitaire danoise.

Les personnes âgées de 12 à 17 ans ne recevront donc que la piqûre Pfizer. La décision a été prise sur la base d’un « principe de précaution », a indiqué l’autorité sanitaire dans un communiqué.

Le vaccin Pfizer a, jusqu’à présent, été le principal type de vaccin offert aux Danois. Ce sera désormais le seul vaccin Covid-19 utilisé pour la tranche d’âge.

La décision a été prise « notamment à la lumière du fait qu’il existe la plus grande quantité de données sur l’utilisation (du vaccin Pfizer) chez les enfants et les jeunes en particulier des États-Unis et d’Israël », a déclaré Bolette Søborg, chef du département de l’Autorité sanitaire danoise dans le communiqué de presse.

Environ 1 100 personnes de moins de 18 ans au Danemark ont ​​reçu le vaccin Moderna, selon l’autorité.

Une nouvelle étude nordique a évalué le risque de méningite et de myocardite, deux effets secondaires connus, mais très rares de la vaccination contre le Covid-19.

Les premières données ont soulevé la possibilité d’un risque accru de myocardite avec le vaccin Moderna.

Les symptômes de la maladie peuvent inclure de la fatigue, un pouls irrégulier, de la fièvre, des douleurs thoraciques, des douleurs à la respiration profonde et des douleurs du côté gauche ou au centre de la poitrine, selon un communiqué publié mercredi par l’autorité sanitaire suédoise, Folkhälsomyndigheten.

En Ontario 

Depuis la semaine passée, l’Ontario recommande maintenant le vaccin Pfizer Covid-19 pour les adultes âgés de 18 à 24 ans en raison d’une « augmentation observée » des affections inflammatoires cardiaques rares après des doses de Moderna, principalement chez les hommes.

Décrivant les nouvelles directives comme une « recommandation préférentielle », Moore a déclaré qu’il y avait un risque sur 5 000 de myocardite ou de péricardite pour les hommes âgés de 18 à 24 ans après une deuxième dose de Moderna.

Cela se compare à un risque d’un sur 28 000 pour ceux qui ont reçu Pfizer — environ cinq fois moins. Les taux de risque sont basés sur plus de 96 000 secondes doses de vaccins Pfizer et Moderna injectées entre le 1er juin et le 7 août.

Moore a déclaré que la majorité des cas cardiaques étaient bénins et diagnostiqués dans les salles d’urgence des hôpitaux, bien que moins de 10 personnes aient été admises dans des unités de soins intensifs pour une surveillance supplémentaire.

Les données utilisées par SPO (Santé publique de l’Ontario) dans sa recommandation de la semaine dernière sont désormais désuètes. Elles se fondaient sur des données du 1er juin au 7 août. De nouvelles données sont disponibles auprès du SPO et elles montrent une incidence plus élevée de myocardite/péricardite.


Pour les hommes âgés de 18 à 24 ans, cela représente 41,4 + 170,4 = 211,8 cas pour 2 millions de doses. Pour simplifier le calcul, supposons que tout le monde a reçu 2 doses (bien qu’en réalité, un certain pourcentage de ce groupe démographique n’ait reçu qu’une seule dose jusqu’à présent). Cela donnerait une incidence chez les hommes âgés de 18 à 24 ans de 211,8 pour 1 million de personnes, soit 1 cas sur 4 721 jeunes hommes vaccinés.

Voir aussi 

Canada — Université menace ses étudiants en ligne de suspension s’ils ne sont pas vaccinés, mis en demeure par des avocats, elle recule  

Le vaccin d'AstraZeneca suspendu pour les moins de 55 ans [Le Soleil 29 mars 2021 : « Après avoir clamé sur tous les fronts que le vaccin d’AstraZeneca est efficace et sécuritaire, les autorités fédérales et provinciales en suspendent maintenant l’utilisation pour les personnes de moins de 55 ans. »]

Étude — Plus de risques d’événement cardiaque indésirable après 2e dose du vaccin chez les garçons que d’infection à la Covid sur 120 jours  

«Un nombre important de cas d'échec du vaccin Janssen a été rapporté, avec notamment des formes graves (décès, réanimation) ainsi qu'une surreprésentation des patients vaccinés par Janssen en réanimation dans deux CHU» (Centres Hospitaliers Universitaires), à Marseille (sud) et Tours (ouest), note l'ANSM dans son rapport périodique de surveillance des vaccins.

Vaccins : le doute est-il encore permis ?

Patrick Cohen (France 5) : atteindre l’immunité collective par la vaccination est illusoire  

Une étude révèle que l’immunité naturelle serait supérieure à la vaccination  

Stéphan Bureau blâmé par l’ombudsman de la radio gouvernementale pour son entrevue avec Didier Raoult (l’agronome à l’origine de la plainte s’offusquait que Didier Raoult prétende que l’immunité naturelle était supérieure à la vaccination).

Le variant delta pourrait échapper aux vaccins si elle devient Delta 4+, prévient un nouveau document. Une nouvelle étude suggère que 4 modifications du variant delta pourraient rendre les vaccins actuels inefficaces. (Deseret News

Les vaccins anti-Covid fonctionnent-ils ? Si oui, jusqu’à quel point ?  

D’autres vaccins, comme le Novavax, pourraient mieux résister aux variants. Lire Le battage médiatique persistant autour de la technologie des vaccins à ARNm nous détourne désormais des autres moyens de mettre fin à la pandémie. Pour ne pas parler des traitements bon marché (Ivermectine par exemple) dont on ne parle pas (vidéo).

Les confinements ont nettement réduit les capacités physiques et intellectuelles des enfants

 

 


mardi 19 octobre 2021

Annonces du Premier ministre Legault de ce jour

 

Annonces de M. le premier ministre Legault de ce jour avec nos brefs commentaires :

1. Garderies

Québec compte aussi lancer une vaste offensive pour créer les 37 000 places manquantes en garderies au cours des prochains jours, a annoncé François Legault.

« Tous les parents qui le souhaitent vont pouvoir enfin avoir une place en services de garde », a promis M. Legault.

Pour ce carnet, l’argent ainsi dépensé devrait être versé directement aux parents pour qu’ils choisissent eux-mêmes le mode de garde de leurs enfants. En effet, le système actuel désavantage les parents qui gardent eux-mêmes leurs enfants en bas âge à la maison ou chez un parent. Ils ne reçoivent rien de la manne qui est consacrée au réseau de plus en plus coûteux de CPE et autres garderies. Réseau qui n’a eu aucun impact bénéfique à long terme sur la natalité (elle continue de décliner), ni sur les résultats scolaires des jeunes enfants (ces résultats sont au mieux stables).

Voir

Le syndicalisme CPE : « un des pouvoirs les plus forts au Québec »  

Les crèches et garderies pourraient avoir un impact négatif sur le développement intellectuel

 
 
La maternelle à 4 ans au Québec, étude : peu d’effets positifs

2. Éducation

Pour augmenter le taux de diplomation chez les jeunes, le gouvernement a l’intention d’instaurer un programme de tutorat permanent et de réinventer la formation professionnelle en la jumelant avec des stages.

En ce sens, Québec souhaite continuer à investir « massivement » en éducation. « L’éducation, c’est l’avenir de notre société. »

François Legault se fixe comme objectif d’augmenter le taux de diplomation des jeunes Québécois qui est de 82 % à 90 %.

Cela ressemble fort à des slogans. L’important serait d’abord de relever le niveau (en français, en culture générale) plutôt que de hausser le taux de diplomation, ce qui peut se faire en multipliant le type de diplômes (certains de basses qualités).  [Voir Québec — taux de diplomation en hausse grâce aux « qualifications ».]

Pour ce carnet, le mieux serait d’octroyer plus de liberté quant aux programmes scolaires en permettant notamment aux écoles privées de pas se voir imposer par l’État de pédagogie particulière ou de contenu idéologique particulier (ce qui n’est certainement pas le cas avec ECR par exemple), sans devoir contester ces contenus ou pédagogies idéologiques comme Loyola a dû le faire à grands frais pendant des années. Les établissements privés devraient aussi pouvoir recruter les professeurs qu’il leur plaît.

3. Cohésion nationale

Québec remplacera le cours d’Éthique et culture religieuse par un cours sur la culture et la citoyenneté québécoise, a annoncé le Premier ministre.

Québec compte inscrire le français comme langue officielle de la province dans la constitution.

C’est bien, mais tellement peu.

Quid de la loi 101 imposée aux cégeps ?

Il existe aussi le risque qu’on retrouve dans le nouveau programme de « culture et citoyenneté québécoise » [au singulier ?] toutes les lubies de la gauche progressiste : écologisme, multiculturalisme, féminisme exacerbé, portes béantes à toutes les minorités LGBTQ, ethniques, etc.

4. Immigration

    Rien apparemment

5. Natalité/Démographie    

    Rien apparemment

6. Environnement

Le gouvernement a pris la décision de renoncer à extraire des hydrocarbures sur son territoire dans le but d’atteindre ses objectifs environnementaux de réduire ses émissions de GES d’ici 2030 de 37,5 % par rapport à 1990 et d’atteindre la carboneutralité en 2050.

Québec veut créer un pôle mondial de transport électrique, de la filière batterie et pour la production d’hydrogène vert.

Nous sommes pour un environnement sain et la protection de la nature.

Il est bon de créer une filière industrielle, si cette aventure est rentable et ne finit pas par engloutir des sommes faramineuses de subventions. Cf. Bombardier.

Réduire les émissions de 37 % par rapport à 1990, de surcroît avec une population croissante par le fait de l’immigration massive, sera extrêmement coûteux et n’aura quasiment aucun impact (même si tous les pays tiennent leurs engagements). Revenir au niveau des émissions de CO2 de 2005 d’ici 2050 coûterait ainsi 11 300 $  US par personne et par an aux États-Unis selon le Wall Street Journal.

Il vaudrait nettement mieux extraire ces hydrocarbures et s’adapter à la hausse des températures (qui globalement pourraient être une bonne chose pour le Québec, un des pays les plus froids au monde).

7. Gestion de la Covid-19

Cela n’a pas empêché le Premier ministre d’annoncer que l’urgence sanitaire en vigueur pour combattre la pandémie de COVID-19 sera levée après la vaccination des enfants de 5 à 11 ans qui devrait se terminer au début 2022.
Cela ressemble à un chantage moral (les buts sont sans cesse déplacés avec la CAQ et la responsabilité en revient toujours au peuple qui doit en faire sans cesse plus).

Les jeunes gens ne présentant pas de pathologies, et notamment les moins de 30 ans, n’ont probablement aucun intérêt personnel à être vaccinés, car pour eux les risques de souffrir de pathologies et d’effets secondaires graves par vaccination pourraient être supérieurs à ceux des effets du covid. C’est ainsi qu’au Royaume-Uni le Comité mixte sur la vaccination et de l’immunisation vient de reconnaître début septembre 2021 que la « marge de bénéfice » de la vaccination des 12 à 15 ans était considérée comme trop faible relativement au risque viral, lui-même bien plus faible encore, encourus par les enfants en bonne santé, et ne recommande donc pas leur vaccination.

En outre les enfants sont peu contaminateurs [Coronavirus : selon une étude, « les enfants sont de tout petits contaminateurs »] et l’immense majorité des adultes sont vaccinés (même si cela ne les empêche pas d’être contagieux). Où est l’urgence ?

Israël pourtant très provaccin avait déclaré en juillet que les enfants aussi jeunes que 5 ans pouvaient se faire vacciner (Pfizer-BioNTech) s’ils souffraient de comorbidités qui les rendent particulièrement vulnérables au COVID-19. Ce qui semble déjà nettement plus raisonnable.  D’autant plus que les enfants qui se sont naturellement vaccinés après avoir contracté la variante Alpha du SARS-CoV-2 sont 13 fois plus protégés contre la variante Delta que les vaccinés avec le vaccin Pfizer...

lundi 18 octobre 2021

Écologie — Soyez écolo, mangez de la viande ! (m à j)

Dans les séries « La Science est établie une fois pour toutes » et les bonnes nouvelles dont on ne vous parlera guère.

Le dernier rapport du GIEC indique que les vaches sont un moindre problème que ce que certains ne pensaient. Le chapitre 7, page 123, dit que « l’effet des émissions constantes de méthane sur la température de surface de la planète [ont été surestimés] par un facteur de 3 à 4 ».

Les troupeaux de bovins sont un exemple d’émissions constantes de méthane.


Billet originel du 8/VIII/2019
 
On nous incite souvent à réduire notre consommation de viande pour réduire notre empreinte carbone. Mais passer au tout-végétal serait en fait catastrophique. Par Keir Watson pour Quillette. Keir Watson est directeur du département de physique à St Philip Howard Catholic High School.


La viande, nous dit-on, est mauvaise pour la planète. Elle cause le réchauffement climatique, détruit des forêts, détourne une part substantielle des céréales destinées à l’alimentation humaine, le tout pour produire une viande que seuls les riches Occidentaux peuvent se permettre de consommer. En 2002, l’iniquité de cette situation aura conduit George Monbiot [chroniqueur du journal de gauche The Guardian] à déclarer : « Le véganisme est la seule réponse éthique à ce qui est probablement le problème de justice sociale le plus urgent au monde. » Monbiot est ensuite revenu sur ses dires, mais on ne cesse depuis de nous répéter que, pour sauver la planète, il faudrait diminuer radicalement notre consommation de viande. Face à ce qui semble être un consensus universel sur le péché de chair animale, existe-t-il vraiment un argument écologique en faveur de la viande ? Je pense que oui, et je pense aussi que nous devrions en parler. Car non seulement le débat public est extrêmement partial, mais le risque du message anti-viande est de détruire ce même environnement qu’il prétend protéger.

Des mensonges, encore des mensonges, et des statistiques

Commençons par l’un des chiffres les plus fréquemment serinés pour justifier une réduction de la consommation de viande : l’idée que 100 000 litres d’eau seraient nécessaires pour produire un kilo de bœuf. Un chiffre conséquent, vu qu’il multiplie par plus de 1 000 les exigences d’un kilo de blé. Avec des magazines aussi sérieux que le New Scientist citant sans réserve cette estimation, il n’est pas surprenant qu’elle soit aussi populaire. Prise au premier degré, elle est évidemment choquante et pourrait, à elle seule, dissuader des centaines de milliers d’individus de manger de la viande.

Sauf qu’il existe diverses estimations de cette quantité d’eau nécessaire à la production d’un kilo de bœuf, et qu’elles ne peuvent pas toutes être justes. Les 100 000 litres — la fourchette la plus haute — proviennent d’un agronome, David Pimentel (dont il sera plus amplement question), mais d’autres experts ont aussi voulu faire ce calcul, chacun en partant d’hypothèses et de positions politiques différentes. Dans son livre Meat, A Benign Extravagance, Simon Fairlie, ancien rédacteur en chef de The Ecologist, déconstruit méticuleusement ce chiffre. Il fait valoir qu’un bœuf moyen, élevé pendant 500 jours avant de partir à l’abattoir, génère 125 kilos de viande. Du total de Pimentel, nous pouvons calculer qu’un tel animal a besoin de 12 millions de litres d’eau au cours de sa vie — soit un terrain de 0,4 ha noyé sous 3 mètres d’eau. Sauf qu’une vache ne boit en moyenne que 50 litres d’eau par jour, ce qui nous mène à 200 litres par kilo, soit à peine 0,2 % du chiffre de Pimentel. Comment l’agronome en est-il arrivé à une estimation aussi extravagante ?

Bizarrement, parce qu’il a inclus toute la pluie tombée sur les terres sur lesquelles le bœuf a grandi, en ignorant le fait que ces averses auraient eu lieu que la bête soit en dessous ou pas. Et pour grossir encore un peu plus sa baudruche alarmiste, Pimentel s’est basé sur la pluviométrie extrême qu’il a pu trouver — et sur des bovins de ranch qui arpentent des surfaces bien plus conséquentes que les troupeaux européens moyens. Après avoir patiemment démonté les statistiques d’autres auteurs, Fairlie conclut : « La quantité d’eau consommée par une vache à viande semble une fonction de votre position politique. »

L’histoire de l’écriture du livre de Simon Fairlie nous en dit énormément sur l’idéologie sous-jacente aux AVPE (anti-viande prétendument écolos). Fairlie a passé dix ans dans une coopérative de permaculture. L’exploitation faisait 5,2 hectares dont seuls 7 % étaient cultivés. Dans la communauté, tout le monde œuvrait à cette tâche, qui leur fournissait le gros de leurs légumes et une partie de leurs fruits. Dans les 4,8 hectares restants, Fairlie était quasi seul à s’occuper de cochons et de vaches laitières. Mais à cause du végétarisme dominant dans la communauté, Fairlie allait constater que, si ses camarades étaient heureux de consommer son fromage, ses yoghourts et son lait, ils ne touchaient pas aux 350 kilos de viande, graisse et saindoux issus chaque année de ses animaux. Ce que Fairlie vendait sur les marchés. Ce qui aurait pu générer un revenu confortable, si la communauté ne dépensait pas dans les 220 euros par semaine en graisses et protéines alternatives importées du monde entier : tahini, noix, riz, lentilles, beurre de cacahuètes et soja. Une ironie que Fairlie était loin d’ignorer.

[Notons pour être complet que Fairlie s’oppose aux parcs d’engraissement bovin (dans lesquels les animaux sont confinés dans des enclos) aux États-Unis comme « l’une des plus grandes bourdes écologiques de l’histoire moderne ». Ces parcs engloutissent des céréales et le fourrage de pâturages irrigués dans des zones arides vers les animaux d’élevage les moins aptes à les transformer efficacement afin de produire du bœuf suffisamment gras pour la production de hamburgers. Les bovins sont d’excellents convertisseurs d’herbe, mais de mauvais convertisseurs d’aliments concentrés. L’alimentation aurait été utilisée à meilleur escient pour engraisser du porc.

Entre-temps, de nombreuses régions du monde riche ont interdit aux porcs de faire ce qu’ils font de mieux : convertir les déchets en viande. Jusqu’au début des années 90, seuls 33 % des aliments destinés aux porcs au Royaume-Uni étaient constitués de céréales propres à la consommation humaine ; le reste était constitué de résidus de récolte (fanes, foins, racines) et de déchets alimentaires. Depuis lors, la proportion de grains sains dans les aliments destinés aux porcs a doublé. Il en existe plusieurs raisons : les règles établies par les supermarchés ; la domination du secteur de l’alimentation animale par les grandes entreprises, qui ne peuvent gérer les déchets provenant de nombreuses sources différentes ; mais le plus important est la réaction excessive paniquée face à l’ESB (« la maladie de la vache folle ») et aux crises de fièvre aphteuse.

Donner des farines de viande et d’os aux vaches était insensé. Les donner comme nourriture aux porcs, dont le régime naturel comprend un peu de viande, l’est nettement moins à condition qu’il soit bien préparé. La même chose vaut pour la pâtée. Donner des déchets stérilisés aux porcs résout deux problèmes à la fois : l’élimination des déchets et le détournement des céréales. À la place, nous déversons ou incinérons des millions de tonnes de produits alimentaires pour porcs et les remplaçons par du soja dont la production détruit des terres agricoles et forêts mieux utilisées. Selon Fairlie, les déchets alimentaires au Royaume-Uni pourraient représenter 800 000 tonnes de porc, soit un sixième de notre consommation totale de viande.

Mais ces inepties, explique Fairlie, ne sont pas des arguments contre toute consommation de viande, mais des arguments contre le modèle de production actuel. Il démontre que nous avons utilisé la mauvaise comparaison pour juger de l’efficacité de la production de viande. Au lieu de citer un simple taux de conversion des aliments en viande, nous devrions comparer la quantité de terre nécessaire pour produire de la viande à celle nécessaire pour faire pousser des produits végétaux ayant la même valeur nutritionnelle pour l’homme. Les résultats sont alors radicalement différents.

Si les porcs sont nourris avec des résidus et des déchets, et les bovins avec de la paille, des tiges et de l’herbe de jachères et de pâturages — des aliments que les humains ne peuvent ingérer — la viande devient un moyen très efficace de produire de la nourriture.]


L’élevage subventionne en réalité la production céréalière humaine

Parmi les statistiques anti-viande, on retrouve aussi, sous diverses variantes, l’idée qu’il faudrait 20 kilos de céréales pour produire un kilo de bœuf. Une affirmation qui repose sur une hypothèse fausse : que tous les animaux seraient élevés dans des parcs d’engraissement. Mais au Royaume-Uni, par exemple, les vaches et les moutons passent le plus clair de leur vie dans des prairies à brouter. En hiver, quand l’herbe ne pousse plus, on se sert principalement de fourrage (du vert de betterave, leurs fanes) ou de déchets agricoles (paille) pour nourrir les animaux. Les céréales sont un ajout exceptionnel pour les quelques semaines nécessaires au « finissage » de l’animal avant son départ pour l’abattoir. En d’autres termes, ce chiffre culpabilisant n’est représentatif que du scénario du pire — des animaux confinés dans un élevage industriel, ce que la majorité des consommateurs européens rejettent pour une foule de raisons indépendantes de la question de la rentabilité alimentaire.

En juillet dernier, à Montréal, lors de la conférence de la Société canadienne de sciences animales, David Pimentel, professeur d’écologie à la faculté d’agriculture et de sciences de la vie de Cornell et déjà responsable du chiffre spécieux sur la quantité d’eau nécessaire à une vache, allait affirmer que « les États-Unis pourraient nourrir 800 millions de personnes avec les céréales consommées par le bétail ».

L’argument est superficiellement convaincant. Malheureusement, outre le choix du scénario le plus défavorable — l’élevage industriel —, Pimentel ignore également le fait que la quasi-totalité des céréales utilisées pour l’alimentation animale est impropre à la consommation humaine, parce qu’elles ont été gâtées ou contaminées d’une manière ou d’une autre. Les producteurs de céréales dépendent du marché des aliments pour animaux pour rentabiliser leurs récoltes corrompues. Et si nous arrêtions tous de manger de la viande, beaucoup de ces céréales seraient tout simplement jetées, un gaspillage qui ferait monter les prix des denrées alimentaires. Dès lors, l’élevage subventionne en réalité la production céréalière humaine et ne la concurrence pas, contrairement à ce que laissent entendre ces statistiques fallacieuses.

En outre, beaucoup d’AVPE oublient de mentionner les sous-produits animaux. En plus d’offrir de la viande pour la consommation humaine, les vaches, moutons et cochons produisent une quantité substantielle de cuir, laine, graisse, sang et os ensuite exploités dans un tas de processus industriels allant de la production d’engrais pour l’agriculture biologique à la fabrication de billets de banque. Avec les animaux d’élevage, quasiment tout se transforme et rien ne se perd.


Les vaches, des éco-vandales ?

Une autre des plus grandes controverses (et idées fausses) sur la production de viande est sa contribution supposée au réchauffement climatique, un sujet prisé par les médias depuis la publication, en 2006, d’un rapport de la FAO dénonçant « l’ombre portée » du bétail sur la planète. Un document où l’on trouve ce chiffre ahurissant : 18 % des gaz à effet de serre sont le fait des animaux d’élevage, ce qui les place avant le secteur routier en termes d’émissions. Je veux bien être naïf, mais je pensais que la cause du réchauffement climatique était notre appétit pour les énergies fossiles. Est-il possible que l’élevage — une activité précédant de milliers d’années l’avènement de la révolution industrielle — soit un problème aussi conséquent ?

Au cours de ces dix dernières années, ce rapport aura contribué au dogme quasi religieux faisant de la réduction de la consommation de viande une arme contre le réchauffement climatique. Cependant, dans les chiffres validés par l’ONU, d’importantes réserves permettent d’ôter quasiment toute sa noirceur à cette « ombre portée » des animaux d’élevage sur l’environnement.

Premièrement, il s’agit d’une moyenne mondiale. Le chiffre cache le fait que le gros de ces émissions proviennent de la déforestation visant à créer de nouvelles prairies pour les animaux ou de nouveaux champs de céréales susceptibles de les nourrir. En d’autres termes, la majorité des émissions de CO2 attribuées aux vaches relèvent en réalité de la destruction de puits de carbone (forêts) précédant l’élevage plutôt que de l’élevage en tant que tel. En outre, une telle activité concerne principalement des pays en voie de développement. À l’inverse, cela fait des décennies que les pays développés voient leurs surfaces forestières augmenter. Par conséquent, si on se limite à une analyse américaine, on s’aperçoit que le bétail américain ne contribue aux émissions de gaz à effet de serre qu’à hauteur de 2,8 %. Dès lors, même si tous les Américains cessaient de manger de la viande, cela ne réduirait leurs émissions qu’à la marge.

Ensuite, dans bien des cas, c’est la valeur du bois qui pousse à la déforestation, et non celle de l’élevage qu’elle pourrait permettre. Même si la production de viande s’arrêtait demain, les arbres seraient quand même abattus.

Troisièmement, le rapport de la FAO ne prenait pas en compte l’utilisation des terres après le départ des bûcherons. De fait, des chercheurs ont depuis déterminé que la conversion en prairies constituait le moyen le plus efficace pour stocker le carbone du sol — bien supérieur aux terres arables et, étonnamment, aux forêts replantées. En effet, le gouvernement irlandais voit dans la restauration des prairies et des pâturages de par le monde une priorité au potentiel considérable pour minorer le réchauffement climatique. Dans son analyse, les émissions de gaz à effet de serre attribuables aux élevages britanniques et irlandais sont négligeables. Cela tient en grande partie au fait que les animaux outre-Manche se nourrissent principalement d’herbe presque toute l’année.

L’élevage laitier est en réalité le moyen le plus écologique de nourrir une population

En réalité, labourer des prairies libère le carbone stocké dans les puits à long terme, ce qui montre combien la conversion des terres d’élevage en terres arables n’a vraiment rien d’écolo. En outre, le labour accélère l’érosion des sols, le ruissellement et l’épuisement des nutriments — autant de facteurs ignorés dans le grand récit des AVPE. À cause en partie de ces problèmes et dans le cadre de ses objectifs environnementaux, le gouvernement britannique a décidé de multiplier les prairies permanentes, vues comme d’importants « puits de carbone capables d’atténuer le changement climatique ».

Vient ensuite la question des produits laitiers. Même si la plupart des anti-viande ne vont pas le crier sur les toits, la production laitière est largement plus verte que la production de viande, et ce même si l’on prend leurs calculs douteux comme référence. Premièrement, parce que les produits laitiers sont une source de protéines durant toute l’année, et pas seulement après l’abattage de la bête. En outre, le mantra estimant qu’il serait plus efficace de nourrir le monde avec des végétaux qu’avec des produits animaux présente un autre grave défaut : de tels calculs prennent en compte la satisfaction des besoins énergétiques humains et ignorent complètement nos besoins spécifiques en protéines.

D’autres limites de la production céréalière sont aussi des plus significatives : dans les climats tempérés, les céréales ne produisent qu’une seule récolte par saison et pour éviter l’épuisement des nutriments dans les sols et le développement des maladies, les agriculteurs doivent alterner avec d’autres cultures, comme les pommes de terre ou le colza. Parce qu’ils ont pris en compte ces cycles et les besoins humains en protéines, des chercheurs néo-zélandais viennent récemment de montrer que, dans les climats tempérés, l’élevage laitier est en réalité le moyen le plus écologique de nourrir une population.

Ainsi, au lieu de voir les herbivores comme des éco-vandales de première, il serait peut-être temps d’apprécier leurs vertus. Leur capacité à convertir des herbes non comestibles en protéines de haute qualité sous forme de viande et de lait devrait être vue comme un cadeau — le brin de magie que les éleveurs et bergers traditionnels connaissent et vénèrent depuis des lustres.

Pâtures et paysages

L’élevage aura façonné nos campagnes pour les rendre plus belles, plus accessibles et plus biologiquement diverses. Beaucoup des paysages parmi les plus célèbres de Grande-Bretagne dépendent des bêtes qui les arpentent. Voyez les pâtures en patchwork dans les campagnes autour de Londres, les vastes étendues des Highlands, la complexité des écosystèmes de la New Forest. Comparez maintenant leur subtilité et la richesse de leur faune avec les déserts céréaliers du Cambridgeshire, où nul ne se promène vu que rien n’est à voir ni à découvrir à des kilomètres à la ronde. Nos choix alimentaires façonnent les paysages qui nous sont chers.

Dans le cœur du Sussex, où j’ai grandi, on trouve des prairies laissées à elles-mêmes, des marécages, des pâtures inondées à certains moments de l’année et des tourbières regorgeant d’espèces. Beaucoup de ces espaces peuvent accueillir du bétail bien adapté à de tels environnements, des vaches descendant des aurochs sauvages qui vivaient là voici des milliers d’années. Réduire notre consommation de viande menace ces paysages, oblige les fermiers à assécher et à « amender » ces terres pour y faire pousser leurs cultures. Est-ce cela que nous voulons ?

Au Royaume-Uni, jeter un œil sur les campagnes préservées, c’est voir toute une continuité de petites modifications remontant directement à l’époque mythique de la forêt primitive. Comme l’explique Richard Maybe dans The Flowering of Britain, les traces de ces environnements pré-humains sont plus que rares, mais nous avons des haies et des bosquets où vivent des espèces continuellement présentes depuis ces temps immémoriaux. De même, bon nombre de riches pâturages anglais n’ont jamais été cultivés depuis l’âge du fer. Il mentionne deux zones du South Downs — l’une n’a jamais été labourée, l’autre a brièvement accueilli des cultures voici plusieurs siècles. Le contraste de biodiversité est toujours manifeste. Certaines choses ne peuvent être annulées.

En revanche, un champ de céréales est une surface morne et sans âme, et ce que nos sens détectent avec une certaine répulsion viscérale provient de leur écologie — de tels champs annihilent ce qu’il nous restait de lien avec la forêt primitive. La biodiversité s’effondre. Les mycorhizes disparaissent pour toujours. Le stockage du carbone cesse. Les produits agrochimiques, les machines et l’érosion des sols font leur œuvre. Voilà pourtant ce que préfèrent les militants écologistes anti-viande à courte vue. Voilà l’avenir qu’ils nous préparent, pour nos paysages et pour notre vie.

Les herbivores maintiennent la biodiversité

Il est de plus en plus reconnu que les herbivores constituent en réalité un élément essentiel de la biodiversité des paysages. Prenons l’exemple des prairies du Trundle — une ancienne colline fortifiée datant de l’âge du fer proche de Goodwood, dans le West Sussex. Pour entretenir les primevères, les orchidées, les pimprenelles, le thym et toutes les autres plantes poussant dans l’herbe fine, les moutons sont essentiels. Une tonte mécanique réussit rarement à conserver la biodiversité aussi efficacement que les herbivores, dont les excréments, l’urine, les sabots et les instincts ne peuvent être reproduits par des machines.

Des institutions comme le National Trust ont même observé que les herbivores réussissaient bien mieux que les humains à maintenir des environnements naturels complexes. Sur les falaises blanches de Douvres, ce sont des poneys d’Exmoor qui entretiennent l’environnement quasiment sans aucune aide humaine. Depuis plus de vingt ans, leur action sur la biodiversité de la région aura été « extrêmement positive ».

Les bois de la New Forest, de Sherwood ou d’Epping, entre autres grandes forêts britanniques, doivent leur diversité et leur exceptionnelle beauté au sylvopastoralisme — des pâtures en forêt. Des systèmes qui ont beaucoup de points communs avec le paysage pré-humain originel, que l’on pense aujourd’hui avoir été fortement façonné par les herbivores sauvages. Le gouvernement britannique reconnaît le rôle important que jouent ces animaux et affirme que le meilleur moyen de «  renaturer » le Royaume-Uni consiste à utiliser des herbivores modernes comme substituts à la mégafaune disparue — aurochs et élans. Dans ce système paysan naturaliste, les humains prennent la place des carnivores.

L’idée que l’élevage fasse davantage partie de la solution plutôt que du problème est de plus en plus probable, logique et enthousiasmante. Mais pour que cela réussisse, tous les consommateurs doivent connaître les problèmes en présence et choisir quel type de viande ils veulent acheter et manger. Ce qui ne veut pas dire que nous devrions tous manger de la viande, mais, inversement, que nous devrions réfléchir à deux fois avant de promouvoir le végétarisme comme l’option écolo par défaut. À bien des égards, les prairies permanentes sont plus écologiques que les terres arables — le sylvopastoralisme étant le must. Vos choix de consommation déterminent notre avenir.


Traduction par Peggy Sastre (corrigée et amendée)

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Les 6 derniers mois en Antarctique ont été les plus froids jamais enregistrés

Les six derniers mois en Antarctique ont été les plus froids jamais enregistrés.

« Pour la période d’obscurité polaire, d’avril à septembre, la température moyenne était de -60,9 degrés Celsius, un record pour ces mois », a déclaré le National Snow and Ice Data Centre (NSIDC).

Les six derniers mois sont également la période la plus sombre au pôle Sud, d’où le nom d’obscurité polaire (également appelée de nuit polaire). Ici, le soleil se couche pour la dernière fois autour de l’équinoxe de printemps et ne se lève à nouveau que vers l’équinoxe d’automne six mois plus tard.

Pour l’ensemble du continent antarctique, l’hiver 2021 a été le deuxième plus froid jamais enregistré, avec des « températures pour juin, juillet et août de 3,4 degrés Celsius inférieures à la moyenne de 1981 à 2010 à -62,9 degrés Celsius », selon un nouveau rapport du NSIDC.

Il s’agit du deuxième hiver le plus froid (mois de juin-juillet-août) jamais enregistré, il ne cède le pas qu’à l’année 2004 dans les annales météorologiques longues de 60 ans à la station Amundsen-Scott au pôle Sud selon le NSIDC.

« À ces températures, il est difficile de piloter des avions. Entre -50 °C et -58 °C, vous mettez l’avion en danger avec le système hydraulique qui gèle ou le carburant qui se transforme en gelée », a déclaré l’expert météo Matthew Lazzara au Washington Post.

Encore plus impressionnant : le mercure a chuté jusqu’à -79,4 °C à la fin septembre, selon le météorologue écossais Scott Duncan.

« Le froid inhabituel a été attribué à deux périodes prolongées de vents encerclant le continent et plus forts que la moyenne. Ceux-ci ont tendance à isoler la calotte glaciaire des conditions plus chaudes », a expliqué la NSIDC. « Un fort vortex polaire dans la haute atmosphère a également été observé, conduisant à un important trou dans la couche d’ozone », a ajouté le centre d’information et de référence.

Même pendant les mois d’été austral de novembre à février, il ne fait jamais vraiment « chaud » au pôle Sud. La station Amundsen-Scott Pôle Sud, qui se trouve à une altitude de 2 835 mètres, a une température mensuelle moyenne en été austral de -28 °C.

Source


dimanche 17 octobre 2021

Ce que nous enseignent les manuels scolaires

Article intéressant paru dans Le Soleil, malgré le laïus sur la femme qui ne pouvait rester qu’à la maison et les poncifs habituels très modernes sur les Indiens caricaturés à l’époque qu’on aurait même appelés les « bourreaux » si on en croit la journaliste. Extraits.

« Autrefois, mon pays était tout couvert de forêt. Il y avait des Indiens dans la forêt. Des Indiens qui se faisaient souvent la guerre. Un jour, la Robe-Noire est venue convertir les Indiens. »

Ainsi commence le livre d’histoire des élèves de 3e année.

Nous sommes en 1952.

[…]

L’amour des manuels scolaires, c’est Jean. « J’ai toujours été un grand amoureux des livres, j’avais gardé mes livres d’école. » Mais il en manquait, entre autres le livre d’histoire où Jean était convaincu d’avoir lu que lors de la messe célébrée pour la fondation de Montréal, la lampe du sanctuaire était illuminée de mouches à feu [lucioles, vers luisants].

« Un jour, je faisais une visite à domicile chez Mme Jacques et j’ai remarqué à l’entrée une boîte de livres. Je lui ai demandé “qu’est-ce que c’est ?”, elle m’a répondu “c’est pour jeter”. C’était rempli de manuels scolaires. » Mme Jacques, Clara Deblois de son nom de jeune fille, avait été institutrice.

Elle se départissait des livres avec lesquels elle avait enseigné et de ceux-là, le manuel d’histoire de 3e année que cherchait Jean. Page 35, ce fameux passage sur la messe célébrée en présence de Jeanne Mance et de Paul de Chomedey de Maisonneuve. « Comme lampe du sanctuaire, on met des mouches à feu… dans une bouteille. »

Jean était content.

[…]

« Les manuels scolaires, c’est tout un monde, c’est comme avoir le Polaroïd de toute une époque. » Une époque où la place de la femme était à la maison, les filles l’apprenaient très tôt avec le manuel Louise et sa maman. Dans l’édition de 1953 pour les 4e et 5e années, on fait dans la grandiloquence. « Vous deviendrez ainsi la force et la gloire de votre pays, tous comme vos grands-mères et vos arrière-grands-mères l’ont été. »  

[Faire des enfants, peupler, bâtir et renforcer son pays, quelle horreur ! N’est-il pas mieux de rester stérile, faire venir des masses d’immigrants de cultures diverses qui ne s’assimilent pas et de disparaître lentement en tant que peuple ? Voilà le progrès !]

Tant que votre mari est heureux.

« On voit qu’il y avait une cohérence, une cohérence qui était une vision commune de la société. Les livres se parlaient, l’école offrait l’ensemble des connaissances pour être un bon citoyen, un bon catholique, pour être un bon Canadien français. Il y avait un souci de donner une formation complète, mais avec ses biais. Il y a une vision commune qui se dégage, par rapport aux autochtones notamment. »


Et c’est là que le Polaroïd nous montre le contraste le plus vif, avec ceux qu’on appelait les « Indiens », les « sauvages », même les « bourreaux » [pas tous évidemment !] dont on apprenait tôt qu’il fallait se méfier, qu’ils étaient donc chanceux que nous soyons là pour leur enseigner l’amour de Dieu et les bonnes manières. Voyez, dans un manuel de géographie : « La race rouge ou américaine a le teint cuivré ; elle peuplait notre continent, mais elle disparaît peu à peu et se confond avec la race blanche en prenant ses habitudes. »

 

Saint Isaac Jogues et ses bourreaux

 

C’était l’époque des pensionnats. [(Soupirs) Cf. Ce qu’on ne dit jamais : certains Autochtones ont grandement apprécié leur pensionnat et De 1945 à 1965, le taux de mortalité dans les pensionnats amérindiens était comparable à la moyenne canadienne.] 

C’était la vision commune.

Mais il n’y avait pas que cet obscurantisme […] dans les manuels scolaires, les enfants apprenaient très tôt les bonnes manières et le civisme. « On devrait ressortir ça », blague Mario en ne blaguant pas tant que ça. Dans le Manuel de bienséance de 1957 pour les élèves de 6e et 7e année, il est écrit ceci : « Être poli, ce n’est pas seulement apprendre des formules de politesse par cœur, c’est se mettre à la place des autres pour deviner et mettre en pratique ce qui peut leur être agréable. »

Ça s’est perdu en chemin.

Les institutrices apprenaient aussi aux enfants à « être serviables », à « prendre soin des personnes âgées », à « combattre l’égoïsme », à « se servir du cure-dent », à « rendre service », à « être bon perdant », à « être affable et bon » et — j’aime particulièrement celle-là — à « ne pas critiquer le menu ».

On apprenait les chansons traditionnelles, ce qui fait que tout le monde pouvait chanter ensemble.

On a perdu ça aussi.

Aussi, dès la première année, on enseignait aux enfants les règles d’hygiène avec le manuel La santé source de joie, qui disait qu’il fallait boire de l’eau, se laver les mains, qu’il ne fallait pas mettre de crayon dans sa bouche et qu’il fallait avaler de l’huile de foie de morue pour faire le plein de vitamine D.

Encore aujourd’hui, la vitamine D reste une des meilleures façons de renforcer son système immunitaire.

Il ne fallait pas attendre au secondaire avant de recevoir ses premières leçons de comptabilité, question de savoir tenir un budget. « C’était pour les artisans, pour les petits commerçants, pas pour les grands entrepreneurs. » […]

Mais comme le Canadien français avait de bonnes chances de passer sa vie à cultiver sa terre [en 1950 c’est faux, la grande majorité des Canadiens français étaient déjà urbanisés, voir illustration ci-dessous], mieux valait lui enseigner tôt l’art de faire pousser des carottes et de traire une vache. La femme de l’agriculteur n’est pas en reste. Dans le manuel d’agriculture des 6e et 7e années, on l’avise qu’elle « doit être en mesure de soutenir et de seconder moralement son époux dans son travail. »

Depuis 1920, la majorité de la population au Québec est urbaine. En outre, tous les campagnards ne travaillaient pas la terre. En 1951, il n’y avait plus que 134 000 exploitants agricoles au Québec. En 2021, il ne reste que 42 000 Québécois qui ont fait de l’agriculture un métier.
 
On la prévient aussi des tentations de la vie urbaine. « La femme est très souvent responsable du départ de certaines familles d’agriculteurs vers les villes ».

Bonjour la culpabilité.  

[L’auteur n’explique pas pourquoi la ville était mal considérée. Les villes, Montréal, Sherbrooke ou Hull anglicisent. C’est un lieu de plus grand anonymat, de moindre solidarité et souvent de moindre religiosité. L’urbanisation s’accompagne également d’une baisse observée de la natalité : des enfants cela coûte cher à loger en ville et ils n’y travaillent pas comme à la campagne, aucune corvée rentable à leur portée.] 

Évidemment, tout ce corpus est recouvert de l’épais vernis de l’église catholique qui régnait sans partage sur le Québec de l’époque

[Cela mériterait beaucoup de nuances, déjà que les protestants et les juifs échappaient complètement à son emprise supposée. Voir aussi Grande Noirceur — Non, l’Église n’était pas de connivence avec le gouvernement et les élites.]

Les manuels sont l’œuvre de congrégations religieuses, entre autres les Frères maristes et les Frères du Sacré-Cœur, qui ne ratent pas une occasion de rappeler que Dieu est bon. 

[Très mal de dire que Dieu est bon ! L’Écoanxiété et la culpabilisation woke, c’est nettement mieux. Voir aussi Enfants anxieux ? Normal… avec l’école et la société actuelles et Repentance permanente — Les manipulateurs de l’histoire québécoise sont parmi nous.] 

Les enfants apprenaient par cœur le catéchisme.  

Aussi à écrire sans fautes. 

La semaine avant que je passe, Jean et Mario étaient allés chercher d’autres manuels scolaires chez Lydia Nadeau, l’ancienne institutrice ne s’en était jamais départie jusqu’à son décès. « Dans la succession, il y avait les livres d’écoles avec lesquels elle avait enseigné. Elle avait aussi laissé de grands panneaux en carton qu’elle avait fabriqués pour enseigner l’écriture aux enfants. » Il y avait aussi des diplômes. « Elle avait reçu trois fois le diplôme parce que ses étudiants de septième année avaient obtenu les meilleurs résultats dans toutes les matières. » 

C’était beau, le nivellement par le haut.

Voir aussi 

Les manuels et programmes d’Histoire nationale du Québec (de 1832 à nos jours) 

Québec — Le mythe de la « grande noirceur » a la vie dure

« La légende noire du clérico-natalisme »

Gary Caldwell sur l’étatisation de l’école québécoise (1965-2005) [Ire partie]

La Passion d’Augustine et la « reprise en main du système éducatif par le gouvernement »

La Grande Noirceur inventée

Les Québécois à la traîne économiquement depuis 150 ans, rattrapage le plus grand aurait été sous Duplessis

L’État a-t-il vraiment fait progresser l’éducation au Québec ?

Du Grand Rattrapage au Déclin tranquille : déboulonner la prétendue Révolution tranquille

Baisse relative du nombre de diplômés par rapport à l’Ontario après la Grande Noirceur

Grande Noirceur — Non, l’Église n’était pas de connivence avec le gouvernement et les élites

La Grande Nouérrceurrr : portrait de famille monochrome, rictus, pénurie francocentrique et ânonnements (5 pages)

La Grande Noirceur, revue et corrigée

Le « mythe » de la Révolution tranquille

Héritage de la Révolution tranquille : lent déclin démographique du Québec ?

Révolution tranquille : Entre imaginaire et réalité économique et sociale

 

 

 

Mythe — Le Moyen Âge n’a pas cru que la Terre était plate (m à j)

Nous mettons à jour ce billet pour signaler la parution de La Terre plate — Généalogie d’une idée fausse publiée cet octobre aux Belles Lettres.  Nous ajoutons donc un résumé de cet ouvrage à notre billet diffusé il y a plus de 3 ans.

Cela reste un lieu commun de penser que le Moyen Âge a cru en une terre plate, par ignorance scientifique autant que coercition religieuse. Il aurait fallu attendre les navigateurs, Colomb ou Magellan, ou encore les astronomes modernes, Copernic ou Galilée, pour que les ténèbres se dissipent et qu’enfin la Terre devînt ronde.

Or, de l’Antiquité grecque à la Renaissance européenne, on n’a pratiquement jamais défendu et encore moins enseigné, en Occident, l’idée que la Terre était plate.

Violaine Giacomotto-Charra et Sylvie Nony s’attachent ici à retracer l’histoire de cette idée fausse et à essayer d’en comprendre la genèse. Elles nous proposent dans une première partie de lire avec elles les sources antiques, les Pères de l’Église mais aussi et surtout les manuels et encyclopédies rédigés tout au long du Moyen Âge et à la Renaissance et utilisés pour l’enseignement dans les écoles cathédrales puis dans les universités, à partir du XIIIe siècle.

Une seconde partie est consacrée à l’étude du mythe lui-même et s’interroge sur sa généalogie — sa genèse et son histoire — pour éclairer sur les causes de sa survie. Pourquoi, contre l’évidence même, continue-t-on d’affirmer que pour le Moyen Âge, la Terre était plate ?

Présentation de l’ouvrage

Où l’on retrouve Voltaire, les Lumières et les positivistes

« Or non seulement l’idée que le Moyen Âge croyait que la Terre était plate est historiquement fausse, mais elle relève d’une manipulation de l’histoire des sciences, et surtout des consciences, et participe d’une vision pauvrement linéaire et téléologique du développement des civilisations, issue du positivisme et de l’idée de progrès défendue depuis le XVIIIe et surtout le XIXe siècle », d’écrire les auteurs.

« C’est principalement au XIXe siècle que s’est répandue et fortement enracinée l’idée d’une croyance des hommes du Moyen Âge en une Terre plate. La légende, cependant, est plus ancienne et apparaît timidement au XVIIe et surtout au XVIIIe siècle, en particulier avec Voltaire », soulignent les Giacomotto-Charra et Nony. Voltaire, dans son combat contre ce qu’il nommait l’Infâme, a souhaité démontrer que le christianisme, et notamment les Pères de l’Église, avait imposé au monde la croyance en la Terre plate pendant un millénaire, croyance qui fut seulement vaincue par deux figures héroïques, à savoir celle du scientifique éclairant les lois de la nature par la raison et celle de l’intrépide navigateur bravant les interdits de l’institution religieuse.

Technique : magnifier le rôle de penseurs marginaux, occulter le consensus savant de l’époque

Pour Matthieu Giroux qui recense cet ouvrage, une des méthodes souvent utilisées par ceux qui veulent dénigrer le Moyen Âge et la réalité scientifique de cette époque consiste à mettre en avant des penseurs marginaux qui remettaient réellement en question la sphéricité de la Terre et à leur donner le statut d’autorité spirituelle et scientifique.

C’est le cas notamment de Lactance, un rhéteur du IIIe et IVe siècles qui obtiendra tardivement le titre de Père de l’Église en 1770. Dans Les Institutions divines, Lactance exprime explicitement son hostilité à l’égard des antipodes et de la sphéricité de la Terre. « Mais Lactance n’est ni un philosophe ni un savant, et il n’a pas de légitimité à enseigner la cosmologie. De fait, sa prise de position contre les antipodes — dont l’argumentation est tout à fait inepte même pour l’époque — est restée isolée au sein de l’Église romaine », précisent Violaine Giacomotto-Charra et Sylvie Nony.

Encore plus emblématique de cet amalgame malhonnête est la figure de Cosmas Indicopleustès, un chrétien nestorien du VIe siècle, auteur d’une Topographie chrétienne défendant l’idée d’une Terre plate. Voltaire, encore lui, mais aussi les Américains Irving [voir notre billet originel ci-dessous], Draper, et Dickson White (déjà dénoncés par le médiéviste Jeffrey Burton Russell dans Inventing the Flat Earth publié en 1991) donnent à Cosmas une importance considérable qu’il n’a jamais eue historiquement, du fait notamment qu’il était partisan du nestorianisme, doctrine reconnue comme hérétique et condamnée par le concile d’Éphèse en 431. « Cosmas ne fait pas partie des Pères de l’Église, il n’a été ni traduit en latin (il était donc illisible durant tout le Moyen Âge), ni approuvé, encore moins promu, par les autorités, tant religieuses que politiques. Son œuvre n’a eu aucun retentissement sur le savoir médiéval. »

Contrairement à ce que défendaient certains philosophes des Lumières, le christianisme médiéval n’avait pas oublié les textes des physiciens et des astronomes de l’Antiquité, qui postulaient dès le IIIe siècle avant J.C. (pour Ératsosthène) ou le IIe siècle (pour Ptolémée) la sphéricité de la Terre.

De même, les représentations des penseurs présocratiques (qui eux pensaient pour la plupart que la Terre était plate) n’étaient pas connues du haut Moyen Âge. En réalité, des pères de l’Église beaucoup plus éminents que Lactance, comme Saint-Augustin, avaient une bonne connaissance des théories païennes. « Augustin n’a donc jamais réfuté l’idée de la sphéricité et il écrit ailleurs, à propos de la vertu divine, qu’elle est “la cause de la rondeur de la Terre et du Soleil”. »

Les auteurs soulignent également que dans la proposition « Au Moyen Âge, on croyait que la Terre était plate », on ne précise jamais qui est le « on ». S’agit-il de l’autorité religieuse, de l’état du savoir scientifique, de la croyance populaire ? Or, « on ne peut considérer comme témoin valable du savoir la population de ceux qui ne savent pas, d’autant que l’on n’a guère de renseignements sur ce qu’un paysan de l’Aveyron ou un artisan corrézien savait ou croyait. Si certainement la grande majorité de la population, analphabète et illettrée, ne se demandait probablement pas si la Terre était sphérique ou plate, on a en revanche des données plus fiables sur le milieu des lettrés et, à partir de l’apparition des universités, sur le contenu officiel des enseignements. Or parmi les lettrés et leur entourage, il ne fait pas de doute que la sphéricité était non seulement connue, mais n’était pas discutée ».

Persistance du savoir scientifique païen

Si l’on se penche sur les enseignements d’Isidore de Séville (560–636), évêque éponyme, « dernier des Pères de l’Église latine » et fondateur de l’encyclopédisme médiéval, on remarque la persistance du savoir scientifique païen (en particulier la cosmographie aristotélicienne et néoplatonicienne) et sa description de la Terre comme « globe terrestre » est explicite.


La Terre plate

Généalogie d’une idée fausse
par Violaine Giacomotto-Charra et Sylvie Nony
paru le 8/X/2021 aux Belles-Lettres
à Paris
280 pp,
EAN13 : 9 782 251 452 234


 
 
Billet originel du 9 février 2018
 
Christophe Colomb n’a jamais eu à démontrer que la Terre était ronde. Car tout le monde le savait déjà. Et depuis longtemps ! C’est ce que confirme l’ouvrage d’un historien américain, Jeffrey B. Russel, qui met à mal bon nombre d’idées reçues sur les géographes du Moyen Âge et de l’Antiquité. Il commence par constater que les auteurs médiévaux affirment la rotondité de la Terre, comme le faisait Platon. Il examine ensuite l’apparition du mythe moderne selon lequel le Moyen Âge croyait la Terre plate.

En cette année anniversaire de la découverte du Nouveau Monde [1], c’est un véritable déluge de publications qui s’abat sur nous ; à cette occasion, nombre d’idées reçues sont remises en question. L’une d’elles, selon laquelle les contemporains de Christophe Colomb croyaient que la Terre était plate, a trouvé son historien, Jeffrey B. Russel, dans un petit ouvrage décapant qui vient d’être publié aux États-Unis [2].

Sceau de la Bulle d’or de 1356
on y voit Charles IV du Saint-Empire, un orbe à la main,
une sphère qui représente le monde

Considérons le cas de Christophe Colomb : les historiens ont depuis longtemps dénoncé la fable selon laquelle il aurait dû affronter les foudres des docteurs de Salamanque pour avoir osé prétendre que la Terre était ronde — sans quoi le passage des Indes par l’ouest était inconcevable. Certes, le découvreur a eu ses détracteurs et ses opposants, mais leurs arguments tenaient aux probabilités d’échec de l’entreprise.

Et ils avaient raison, puisque la distance qui sépare les îles Canaries du Japon est de deux cents degrés de longitude, là où Colomb, pour avancer son projet, voulait n’en voir que soixante. Mais nulle part dans ces discussions il ne fut question d’une sphéricité que le navigateur aurait dû démontrer.

Déjà au XVe siècle, l’affaire était entendue. La Géographie du Grec Ptolémée (90-168) est traduite en latin en 1410. Or cet ouvrage ne laisse subsister aucun doute sur la rotondité de la Terre : il est tout entier fondé sur le quadrillage de la sphère en degrés de latitude et méridiens de longitude.

Et le cardinal Pierre d’Ailly en a bien retenu toutes les leçons dans son Image du monde écrite en latin dès 1410. Mais avant ? Là où les médiévistes ont souvent été plus évasifs, Jeffrey Russell nous invite à voir partout et toujours la même représentation, les mêmes comparaisons. Pour les uns, la Terre est un œuf ou une balle, pour d’autres, une pomme ou une pelote.

Sur cet extrait de la Géographie de Ptolémée,
imprimée à Ulm en 1482,
on voit l’auteur tenant le globe terrestre
(Bucarest, Musée national d’histoire)

Pour les philosophes John Holywood ou Thomas d’Aquin au XIIIe siècle, Jean Buridan ou Nicolas Oresme au XIVe, nul doute n’est possible. Ces deux derniers évoquent même la rotation de la Terre sur elle-même !

Faut-il remonter plus avant vers les « siècles obscurs », pour reprendre une expression chère aux Anglo-Saxons ? Là où un Isidore de Séville (mort en 636) semble entretenir certaines réserves, Bède le Vénérable au VIIIe siècle et Scot Érigène au IXe sont catégoriques : la Terre est ronde. Ils ne font d’ailleurs pas preuve d’originalité, puisqu’ils reprennent la tradition scientifique des compilateurs de l’Antiquité tardive, notamment Martianus Capella dont les Noces de Mercure et Philologie, écrites vers 420, connaissent une très large diffusion au Moyen Âge. Or Martianus affirme lui aussi sans ambages : « Elle [la Terre] n’est pas plate, elle est ronde. »

Il semble donc y avoir durant tout le Moyen Âge occidental unanimité sur la question.

Non sans quelques problèmes pour les philosophes et les cartographes. Ceux-ci veulent en effet représenter un œkoumène (l’ensemble des terres habitées) conforme aux connaissances de la période et, d’autant que possible, à la tradition biblique et évangélique. Dès lors, que Jérusalem soit au centre du monde ou le paradis à l’est, c’est une simple convention cartographique. Le géographe arabe Al Idrisi ne place-t-il pas, au XIIe siècle, La Mecque au centre de sa carte ? Et, au XXe siècle, ne discute-t-on pas encore de la « juste » représentation de l’hémisphère sud sur nos modernes mappemondes ? Plus délicat est le problème de la conformité aux enseignements de l’Église selon lesquels les Apôtres ont apporté la Parole « aux quatre coins du monde ». Car il faudrait que la Terre soit plate pour posséder quatre coins.

Ainsi s’explique l’hésitation d’Isidore de Séville ; pourtant saint Augustin lui-même (354-430) avait mis en garde contre le danger d’utiliser le sens littéral de l’Écriture. Lorsque les cartographes médiévaux nous présentent une Terre d’apparence plate et circulaire, c’est donc certainement une convention cartographique, parfois l’illustration d’une certaine tradition biblique, mais jamais la représentation d’un soi-disant dogme de la « Terre plate ».

D’où vient alors ce mythe, puisque mythe il y a ? De l’exploitation qu’on a faite, au XIXe siècle, de certains textes de l’Antiquité tardive. Cette époque avait bel et bien connu deux « théoriciens » de la Terre plate : Lactance (vers 265-345) d’abord, polémiste crédule, qui s’oppose ouvertement à la pensée scientifique (et païenne) de son époque, au moyen d’arguments simples, mais combien efficaces : « Y a-t-il quelqu’un d’assez extravagant pour se persuader qu’il y a des hommes qui aient les pieds en haut et la tête en bas […] et que la pluie et la grêle puissent tomber en montant ? »

Illustration d’un manuscrit
du XIVe siècle
de L’Image du monde
par Gautier de Metz (vers 1246).

Darwin contre l’Église

Lors des disputes du XVIIe qui opposèrent coperniciens, galiléens et autorités ecclésiastiques, la forme de la Terre n’est pas un enjeu, on débat en revanche des habitants des antipodes, c’est-à-dire de l’autre hémisphère, sans rapport avec l’héliocentrisme. Rappelons que la Bible n’exprime aucune opinion sur la sphéricité ou non de la Terre. Les Pères de l’Église, Augustin et Ambroise de Milan, qui étaient parfaitement au courant de l’état de la science grecque, estimaient que cette question n’avait pas d’importance : ce qui importait c’était que l’évangélisation puisse s’effectuer jusqu’au confins du monde.

Puis, deux siècles plus tard, en Égypte, Cosmas dit « Indicopleustès » (« le voyageur des Indes »), retiré dans un monastère du Sinaï, rédige sous le titre de Topographie chrétienne une vaste compilation géographique où la Terre plate occupe une place importante. Il faut cependant savoir que cet ouvrage volumineux, rédigé en grec et aux marges orientales de la chrétienté, ne nous est connu aujourd’hui qu’à travers trois manuscrits médiévaux complets. Critiqué à Byzance dès le IXe siècle par le patriarche Photius, il est totalement ignoré de l’Occident médiéval. La première traduction latine de Cosmas date de 1706 ! Et c’est cet auteur, tout à fait marginal dans le monde grec et inconnu du monde latin, qui deviendra au XIXe siècle le symbole de l’obscurantisme médiéval ! Son traducteur, Bernard de Maufaucon, prétendait que les anciens païens, savants grecs et latins, croyaient que la Terre était plate, ce qui, bien entendu, est faux. Peut-être pour renforcer la thèse hétérodoxe à l’époque de Cosmas.


Car ces visions farfelues du monde seraient restées aussi chimériques que les descriptions contemporaines de cynocéphales (hommes à tête de chien), si elles n’avaient été reprises par les positivistes et « progressistes » du XIXe siècle. La démonstration de Jeffrey Russell est ici tout à fait originale et convaincante.

Washington Irving
 
S’il n’y a jamais eu de mythe médiéval de la « Terre plate », il y a bel et bien eu une légende moderne du « dogme médiéval de la Terre plate ». Russell traque son apparition puis sa diffusion, en France et aux États-Unis, tout au long du XIXe siècle ; il démasque à l’occasion quelques « coupables ».

Coupable, le premier, le romancier américain Washington Irving (1783-1859), dans un pastiche historique sur la vie de Christophe Colomb, publié pour la première fois en 1828.

Irving invente de toutes pièces une scène qui deviendra célèbre, dans laquelle le navigateur doit se défendre contre l’obscurantisme des docteurs de Salamanque incapables d’admettre que la Terre était ronde [3].

Le roman connaît un immense succès et contribue à accréditer, outre-Atlantique, la vision d’une Église catholique dogmatique et intolérante. Coupable encore, en France, à la même époque, le très respecté Antoine-Jean Letronne (1787-1848), directeur de l’École des Chartes et professeur au Collège de France, qui dans la Revue des deux mondes, avance l’idée d’un dogme de la Terre plate chez les Pères de l’Église et d’une interprétation littérale de la Bible au long du Moyen Âge.

Illustration du XIIe siècle
représentant une Terre sphérique
avec les quatre saisons,
tiré du Liber divinorum operum
de Hildegarde de Bingen


Coupables surtout, aux États-Unis à nouveau et principalement pendant la seconde moitié du XIXe siècle, nombre d’esprits libéraux qui souhaitent réfuter les arguments anti-évolutionnistes de l’époque. Nous sommes en effet en plein débat autour des thèses de Darwin sur l’évolution des espèces, que l’Église se refuse à admettre. Quoi de mieux, dès lors, pour combattre son étroitesse de vues, que de stigmatiser un obscurantisme plus général, dont le pseudodogme médiéval de la Terre plate deviendrait une sorte de cas exemplaire ? C’est la voie que suivent sans hésiter certains auteurs américains dans des ouvrages dont les titres à eux seuls sont tout un programme : Histoire du conflit entre religion et science de John Draper (New York, 1874) ou Histoire du combat entre la science et la théologie dans le Christianisme d’Andrew White (New York, 1896)…

L’idée d’un dogme médiéval de la Terre plate se diffuse dès lors dans les ouvrages de vulgarisation et les manuels scolaires. Elle correspond si bien à l’image que l’on se fait du Moyen Âge au temps de Victor Hugo ou de Jules Michelet qu’on la reçoit sans discussion.

Tant et si bien que malgré toutes les réfutations modernes, un auteur à succès pourtant bien informé comme Daniel Boorstin perpétue encore aujourd’hui ce mythe [4].

Preuve, s’il en était besoin qu’un petit essai comme celui de Jeffrey Russell est d’actualité. Il a depuis été complété par une bibliographie savante de plus en plus fournie, voir ci-dessous.

Raisons profondes de la survie et de la longévité de ce mythe

Interrogé dans le cadre de l’ouvrage collectif, Le Vrai Visage du Moyen Âge, le directeur de recherche et d’études (CNRS) Patrick Gautier Dalché, explique ces raisons de la façon suivante :

« Aujourd’hui, les déterminations anticléricales ne jouent plus. Pour nous qui nous pensons comme modernes et libres de toute superstition, ce mythe est un repoussoir nécessaire qui procure un prétexte indiscutable pour accepter les utopies technologiques et louer le monde merveilleux qui est le nôtre. Le cliché de la Terre plate, et bien d’autres, me semblent avoir pour fonction de justifier notre différence en magnifiant la rationalité, supposée admirable, de notre propre monde. Pour cela, il faut adhérer à des réalités illusoires qui soient simples, massives et indiscutables : c’est à cela que sert parfois la science. »


Notes

[1] Repris de L’Histoire n° 159, octobre 1992.

[2] Jeffrey B. Russel, Inventing the Flat Earth. Colombus and Modern Historians, New York—Wesport—Londres, Praeger, 1991. Il n’a jamais été traduit en français, il l’a été en espagnol.

[3] Washington Irving, The Life and Voyages of Christopher Columbus, rééd. Boston, J.H.
Mc Elroy, 1981.

[4] Daniel Boorstin, The Discoverers (Les Découvreurs), New York, 1983, trad. française, R. Laffont,1988.

Annexe

En Occident, hormis Lactance (250-325) qui ne conçoit qu’une Terre plate, la rotondité de la Terre, du fait de la connaissance maintenue du Timée grâce aux traductions en latin de Cicéron et surtout de Calcidius au IVe siècle, reste communément admise par les lettrés. Par ailleurs, le commentaire qui accompagne la traduction de Calcidius résume les connaissances astronomiques du Ier siècle en reprenant la plus grande partie du chapitre Astronomie de l’Exposition des connaissances mathématiques utiles à la lecture de Platon de Théon de Smyrne.

Jérôme de Stridon (347-419), dans son Commentaire de l’Épitre aux Éphésiens, critique ceux qui nient la sphéricité.

Pour Augustin (354-430) la question n’est pas la rotondité, mais le peuplement des antipodes, dont il nie la possibilité. En effet, pour lui, comme « l’Écriture ne peut mentir », les antipodes ne peuvent être peuplés par des hommes d’une autre souche que celle d’Adam, ce qui vaut refus du polygénisme. Or, pour l’évêque d’Hippone, comme pour ses contemporains, une zone infranchissable interdit d’atteindre les antipodes : comment donc les descendants de Noé auraient-ils pu traverser « l’immensité de l’Océan » pour aller peupler cette autre partie du Monde ?

Macrobe (370-440 env.), dans son Commentaire sur le Songe de Scipion, souligne que la terre est sphérique ; il expose la théorie des cinq zones climatiques et évoque l’hypothèse d’antipodes peuplés.


Illustration d’un manuscrit du XIIIe siècle
du Commentaire sur le Songe de Scipion par Macrobe.
Ici les zones climatiques : polaires en jaune, tempérées en bleu, torride en rouge.

Au Ve siècle, Martianus Capella décrit, au livre VIII des Noces de Philologie et de Mercure, un modèle astronomique géohéliocentrique dans lequel la Terre, immobile au centre de l’Univers, voit les étoiles, le Soleil et la plupart des planètes tourner autour d’elle, alors que Mercure et Vénus tournent autour du Soleil.

Boèce (480-525) dans Consolation de la philosophie parle de la masse arrondie de la Terre.

Dans ses Étymologies, Isidore de Séville (~530 — ~636) compare la Terre à une balle.

Bède le Vénérable (672-725) dispose d’un manuscrit de l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien ; dans ses traités De natura rerum et De tempore ratione la Terre est ronde, pas simplement circulaire comme un écu ou une roue, mais semblable à une balle.

Charlemagne, dans plusieurs statues et gravures de son époque, est représenté tenant dans sa main un globe terrestre surmonté de la Croix.

Jean Scot Erigène (~ 800-876) étend, dans son Periphyseon le modèle géohéliocentrique de Martianus Capella en faisant également tourner Mars et Jupiter autour du Soleil.

Au chapitre XCIII de sa Géométrie, Gerbert d’Aurillac (~ 945-1003) décrit l’expérience d’Ératosthène et Hermann Contract (1013–1054) estime la circonférence de la Terre à partir de cette méthode…


Vignette d’un manuscrit du XIIIe siècle
du Commentaire sur le Songe de Scipion par Macrobe.
Ici le monde connu séparé des antipodes par l’océan à l’équateur.


Bibliographie

GAUTIER DALCHÉ Patrick,  L’Espace géographique au Moyen-Âge, Florence, SISMEL/éd. del Galluzzo, 2013, 476 pages, ISBN-13 : 978-8884505019.

— La Géographie de Ptolémée en Occident (IVe-XVIe siècles), Turnhout, Brepols, 2009, 442 pages. ISBN-13 : 978-2503531649.

GAUTIER DALCHÉ Patrick (dir), La Terre. Connaissance, représentations, mesure au Moyen Âge, Turnhout, Brepols, 2013, 710 pages. ISBN-13 : 978-2503547534.

KRÜGER Reinhard, Ein Mythos der Moderne : Der Erdscheibentheorie im Mittelalter und die Verfälschung des "Hexaemeron" des Basilius Von Caesarea durch Bernard de Montfaucon (1706), in Mittellateinisches Jahrbuch: internationale Zeitschrift für Mediävistik, ISSN 0076-9762, Vol. 36, Nº 1, 2001, pp. 3-30.

Moles globosa, globus terrae und arenosus globus in Spätantike und Mittelalter: Eine Kritik des Mythos von der Erdscheibe, Weidler Buchverlag Berlin (2012), 297 pages, ISBN-13: 978-3896935854.

MAYAUD Pierre-Noël, Le Conflit entre l’astronomie nouvelle et l’Écriture sainte aux XVIe et XVIIe siècles : un moment de l’histoire des idées autour de l’affaire Galilée, t. VI, Paris, Honoré Champion, 2005, ISBN-13 : 978-2745311269.

RUSSEL Jeffrey Burton, Inventing the Flat Earth, Columbus and Modern Historians, New York, Praeger, 1997, 160 pages. ISBN-13 : 978-0275959043.

WEILL-PAROT Nicolas (dir) et SALES Véronique, Le Vrai Visage du Moyen Âge, Au-delà des idées reçues, Vendémaire, 2017, ISBN 13-978-2-36358-290-4.


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