jeudi 30 avril 2026

Scènes de christanophobie en Israël: nonne française agressée, crachats et gestes obscènes devant la cathédrale Saint-Jacques

La vidéo ci-dessous de la police israélienne montrant un homme de 36 ans agressant par-derrière une nonne française de 48 ans à Jérusalem, près du tombeau de David sur le mont Sion, en la projetant au sol et en la frappant.

La victime, chercheuse à l’École biblique et archéologique française, a subi des contusions au visage ; un passant est intervenu et le suspect a été arrêté le jour même pour agression, avec examen d’un possible mobile nationaliste.

La France a condamné l’acte, dans un contexte de signalements répétés d’incidents antichrétiens par des extrémistes juifs dans la Vieille Ville.

Dans un autre vidéo, un homme est filmé crachant devant la cathédrale Saint-Jacques dans la Vieille Ville, tout en faisant un doigt d’honneur en forme de croix, suite à l’agression d’une religieuse française la veille.

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Un journaliste israélien se fait passer pour un prêtre - et se fait cracher dessus à Jérusalem (juin 2023)

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« On aime Laval. C’est comme si on était au Liban ! Il y a plus d’Arabes que de Québécois ici »

L’IA fragilise les indices superficiels de sérieux scientifique

Un exemple récent, largement relayé sur X, illustre un basculement discret mais profond. Le 24 avril 2026, le neuroscientifique Ruslan Rust a publié une figure (ci-dessous) crée par le nouveau modèle d’images de ChatGPT. Elle prétend montrer que la consommation d’eau réduit fortement le risque de maladie d’Alzheimer.

Graphique soigné, distributions statistiques réalistes, légendes impeccables, courbes de survie convaincantes : tout y est. Le contenu est entièrement faux, mais la forme est si crédible qu’un relecteur pourrait facilement la croire authentique.

Ce cas n’a rien d’anecdotique. Il révèle une évolution plus large : les systèmes d’IA sont désormais capables de produire non seulement du texte, mais aussi des éléments scientifiques complets — figures, jeux de données simulés, visualisations — qui respectent parfaitement les codes académiques. Or ces codes ont longtemps servi de repères pour évaluer rapidement la qualité d’un travail.

La fin d’un signal implicite

Dans la pratique scientifique, certains éléments jouent le rôle de signaux tacites de sérieux :

  • un graphique bien construit,
  • des données cohérentes et plausibles,
  • une présentation conforme aux standards du domaine.

Ces indices ne prouvent rien à eux seuls, mais ils orientent l’attention et facilitent l’évaluation. Jusqu’à récemment, leur production exigeait un réel effort expérimental ou analytique, ce qui leur conférait une certaine valeur indicative.

Ce lien est en train de se rompre. L’IA permet de générer ces éléments à très faible coût, sans base réelle. Résultat : la forme peut désormais être totalement dissociée du contenu.

Du texte plausible à la science plausible

Le phénomène était déjà connu pour le texte : certains modèles produisent des articles au style académique irréprochable, mais conceptuellement vides ou erronés. Ce qui change aujourd’hui, c’est l’extension de cette capacité au registre visuel et quantitatif.

Un graphique simulé peut :

  • respecter des distributions statistiques réalistes,
  • suggérer des corrélations convaincantes,
  • imiter fidèlement les conventions d’un domaine (p-values, intervalles de confiance, courbes de Kaplan-Meier, etc.).

Dans l’exemple de Ruslan Rust, rien, à première vue, ne trahit la supercherie. Le problème n’est plus seulement la fraude (qui existait déjà), mais sa diffusion massive : n’importe qui peut produire, en quelques secondes, une figure qui paraît réelle.

Une érosion de la crédibilité

Le principal risque n’est pas l’apparition de faux isolés, mais une dégradation plus insidieuse : les signaux de crédibilité deviennent moins fiables. Lorsque des éléments autrefois coûteux deviennent faciles à produire, ils perdent leur pouvoir de distinction.

L’évaluation doit donc se déplacer vers des niveaux plus profonds :

  • origine et traçabilité des données,
  • reproductibilité des analyses,
  • cohérence méthodologique.

Ce qui relevait parfois d’une vérification implicite doit devenir explicite.

Vers des exigences accrues

Face à cette évolution, plusieurs mesures s’imposent, déjà évoquées dans la communauté scientifique :

  • accès aux données brutes,
  • mise à disposition du code et des scripts d’analyse,
  • documentation détaillée des protocoles expérimentaux,
  • suivi des étapes de travail via des carnets de laboratoire numériques horodatés (proches des systèmes de version comme Git).

Ces mesures ne visent pas à restaurer une confiance aveugle, mais à la remplacer par un contrôle plus systématique.

Un déplacement des compétences

Cette évolution renforce aussi le rôle des compétences proprement humaines. Lorsque les apparences deviennent trompeuses, il ne suffit plus de reconnaître un « bon » graphique ou un texte bien structuré. Il faut être capable de :

  • questionner les hypothèses sous-jacentes,
  • évaluer la plausibilité des mécanismes biologiques,
  • identifier les zones d’incertitude ou l’absence de preuve.

Cela suppose à la fois un socle solide de connaissances et une démarche critique active. Sans cela, le risque de confondre plausibilité et validité devient important.

L’intelligence artificielle ne rend pas la science impossible, mais elle en modifie profondément les conditions de crédibilité. En fragilisant les indices superficiels de scientificité, elle oblige à revenir à des critères plus exigeants : traçabilité, reproductibilité, cohérence.

Le graphique fictif de Ruslan Rust sur l’eau et la maladie d’Alzheimer n’est pas une simple curiosité — c’est un signal clair. Ce qui ressemblait hier à une preuve n’en est plus nécessairement une.

La réponse ne consiste pas à rejeter ces outils, mais à adapter les pratiques. À mesure que la production devient plus facile, l’évaluation doit devenir plus rigoureuse.

France, un des pays les plus violents de l'Europe occidentale

Eurostat vient de publier les chiffres complets de l'insécurité en Europe en 2024.



Le fossé avec des pays voisins comme l'Allemagne, l'Espagne ou la Suisse est abyssal.

Le taux d'homicide est plus de 2 fois plus élevé en France qu'en Italie.


Alors que le taux d'homicide recule chez ses voisins, il augmente en France.

Depuis 2017 : 

  • France + 21%
  • UE hors France -11 %

 


 Il y a 10 ans, la France était encore proche de la moyenne européenne, avec le 15e taux d'homicide sur 33 pays.

La France est maintenant 8e, avec un taux 60% plus élevé que la moyenne du reste du continent.

Il n'y a pas que les homicides qui connaissent une trajectoire inquiétante en France. C'est aussi le cas des TENTATIVES d'HOMICIDE.

Aucun autre pays d'Europe occidentale ne connaît une augmentation aussi forte des tentatives d'homicide enregistrées.

Il en va de mêmes pour les autres VIOLENCES PHYSIQUES.

La tendance haussière observée dans les données policières françaises est l'une des plus élevées d'Europe.

Pareil pour l'augmentation des victimes de VIOLS enregistrées.

Là encore, l'explosion observée dans les données françaises (+171%) est très élevée.

 

mercredi 29 avril 2026

Passage controversé anti-famille et anti-nataliste à Radio-Canada (contrôle de l'utérus, rôle de reproduction capitaliste, etc.)

« PRODUIRE des enfants ??? J’ai DONNÉ la vie ! » 

Marwah Rizqy répond aux détracteurs (dont les radioteurs de la SRC, voir ci-dessous) des politiques proposées par le Parti Québécois (elle est élue indépendante)


Billet du 26 avril 2026

Le chef du Parti Québécois promet des mesures dans les domaines du logement, du coût de la vie et de la lutte contre l'infertilité pour contrer la baisse des naissances au Québec lors des prochaines élections cet automne. Le Parti Québécois mène dans les sondages.

Ces mesures d'aide aux familles ont attiré la critique du diffuseur gouvernemental lors de l’émission Tout peut arriver diffusée le 25 avril et animée par Marie-Louise Arseneault. Xavier Brouillette, professeur de philosophie, y critique sévèrement les mesures pro-familles, y voyant un risque pour la planète et un impératif productiviste capitaliste. L'animatrice acquiesce aux propos en sortant une scie surannée (« contrôle des utérus »).  Pour Brouillette, le Parti Québécois qui propose de telles mesures « devra préciser ce qu'il entend par politiques natalistes ». 

Notons que Guillaume Rousseau, également présent dans le studio, tente d'apporter une nuance : il faut distinguer les politiques qui poussent à avoir plus d'enfants qu'ils n'en auraient voulu et celles qui permettent aux gens d'avoir simplement le nombre d'enfants qu'ils désirent. On sait, par ailleurs, que les gens veulent plus d'enfants qu'ils n'en auront.

Mais Xavier Brouillette campe sur ses positions : il faut se demander ce qui motive ce désir d’augmenter la population. M. Brouillette ne semble pas envisager que ces mesures ne sont pas conçues pour augmenter la population, mais qu'il s'agit de satisfaire des désirs légitimes et d'éviter l'implosion démographique des « natifs » (l'indice de fécondité est de 1,33 enfant/femme au Québec). 

Notons la timidité de Rousseau face à l’affirmation décomplexée de Brouillette. Rousseau ne cherche pas à changer les mentalités : il se contente de suggérer que chacun puisse avoir le petit nombre d’enfants qu’il souhaite (un peu plus de 2 enfants/femme). Brouillette, en revanche, n’a pas ces scrupules : il prône l’acceptation de la décroissance démographique. La gauche ne rechigne pas à transformer les mentalités, ce qui constitue d’ailleurs une part essentielle de ce qu'elle considère comme son ministère moral. C'est la nouvelle prélature, les médias subventionnés leur chaire d'où ils prêchent et sermonnent leurs ouailles tentées ici d'avoir des enfants. C'est pécher contre la Terre.

On aimerait également savoir si M. Brouillette est contre toute immigration pour éviter l'augmentation de la population et ainsi sauver la planète (les immigrés consomment nettement plus d'énergie au Québec boréal que dans leur pays d'origine : souvent entre 2 et 10 fois plus, selon le pays de départ et le mode de vie.)



Les propos de Xavier Brouillette et consorts ont attiré une réponse unanime : aider les familles à ne pas renoncer aux enfants qu'elles désirent ce n'est pas être extrémiste.

C'est le cas de Marwah Rizqy, députée de Saint-Laurent :


Comme Mme Rizqy l'indique, ce souci est transpartisan : le ministre Bernard Drainville de la CAQ au pouvoir, Éric Duhaime du Parti conservateur du Québec et M. Paul St-Pierre Plamondon du Parti Québécois sont également sensibles à cette question cruciale.

Le chroniqueur Mathieu Bock-Côté a lancé depuis Paris :

« ti-clin » c'est un « petit ahuri » ou « petit insignifiant »


Réaction intéressante du directeur de Cardus pour le Québec :
Rappelons que les féministes de gauche québécoises ont soutenu l'abandon en 1998 d'une politique d'aide universelle à la naissance pour la remplacer par une politique nettement plus chère et sélective de garderies subventionnées.  La ministre de la Famille et de l'Enfance de l'époque, Nicole Léger (PQ), avait alors qualifié ce programme d'allocation à la naissance « d'échec lamentable ». Le diagnostic peu nuancé de la ministre Léger s'expliquait sans doute par des réticences fréquentes exprimées par le Conseil de la femme à toute politique nataliste efficace. En 1982, Claire Bonenfant, la très féministe présidente du Conseil de la Femme, s'était ainsi interrogée, au sujet d'une politique avec de timides conséquences natalistes : « Cette politique sera-t-elle une politique nataliste déguisée cherchant à nous retourner aux berceaux et aux fourneaux ou bien se présente-t-elle comme une politique de justice sociale ? »
 
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Menacé, le cinéma Cartier de Québec annule la première de Génération Trans


La soirée spéciale prévue le 30 avril prochain n’aura pas lieu à Québec

La première d’un film portant sur le phénomène trans a été annulée au cinéma Cartier, à Québec.

Après une soirée sans anicroche devant une centaine de personnes à Montréal, la projection du documentaire Génération Trans, prévue le 30 avril, n’aura pas lieu dans la capitale.

Menace

Le réalisateur indépendant se dit profondément ébranlé par cette décision. « J’avais réussi à louer une salle, mais le cinéma Cartier m’a confirmé qu’on ne veut plus projeter mon documentaire. Le propriétaire m’a confirmé officiellement la mauvaise nouvelle. Je l’ai appris[e] lundi », a expliqué Jean-Pierre Roy.

L’activité avait notamment été annoncée sur les réseaux sociaux. « C’était une erreur. Je me retrouve le bec à l’eau », déplore le cinéaste.

Selon lui, le cinéma aurait reçu des messages désobligeants et des menaces de membres de la communauté trans qui dénonçaient la projection du film. Il affirme aussi que des employés de l’établissement auraient également menacé de démissionner.

La face cachée

Génération Trans est décrit comme un documentaire indépendant sur la face cachée de la transidentité chez les jeunes.

Le point de départ est le suivant : au Québec, avant l’âge de 18 ans, on ne peut ni voter, ni acheter de l’alcool, ni faire un tas d’autres choses, parce que la loi présume qu’une personne mineure n’a pas encore la maturité requise.

Cependant, dès l’âge de 14 ans, un enfant peut décider qu’il appartient au « mauvais sexe » et entreprendre seul une transition de genre. Bienveillance ou négligence ?

« Je questionne [le fait] que les jeunes, des mineurs, à partir de 14 ans, ont l’autonomie décisionnelle pour avoir des traitements hormonaux, et plus tard, à 16 ans, pour [subir] des interventions chirurgicales, comme la mastectomie. Je le questionne comme citoyen, comme papa, comme réalisateur et comme Québécois », ajoute M. Roy.


Ce dernier a recueilli des témoignages de parents, d’experts et de membres du Comité de sages sur l’identité de genre. Des séquences ont même été tournées en Europe. Le projet a duré un an.

Des révélations

« Je me demande seulement comment le Québec a pu en arriver là. Il y a une zone grise que les cliniques de transition utilisent. Le film est troublant parce qu’il y a des révélations », termine-t-il.
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Le Journal n’a pas pu visionner le documentaire. Le propriétaire du cinéma, qui refuse de le présenter en salle, ne l’a pas vu non plus.

Le patron du cinéma Cartier ne reviendra pas sur sa décision d’annuler la projection. Il confirme avoir reçu des menaces.

« Des choses vraiment pas sympathiques. On voulait présenter le film avec une discussion, mais ça n’aura pas lieu. Les gens nous ont associés au film et ce n’est pas le cas. Ça s’est emballé de façon négative », précise Yvan Fontaine.

L’homme d’affaires aurait aimé se faire une idée du film. « J’aurais pu me faire ma propre opinion sur le contenu et peut-être calmer le jeu. C’est la première fois que je vis ça. »

Source : Journal de Québec
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L'IA est-elle plus intelligente que les gens ? C'est compliqué...

Un texte de la neuroscientifique Vivienne Ming invite à revoir la manière d’aborder l’intelligence artificielle. Plutôt que d’opposer l’humain et la machine, ou de supposer que l’IA se limitera aux tâches répétitives pendant que l’humain conservera le jugement et la créativité, ses travaux suggèrent que l’enjeu réel réside dans la qualité de leur interaction.



Pour étayer cette idée, elle a mené une expérience simple : des groupes de participants devaient prédire des événements réels (élections, décisions publiques, évolutions économiques) en un temps limité. Certains travaillaient seuls, d’autres avec une IA, et les résultats étaient comparés à ceux d’un marché de prédiction comme Polymarket.

Un marché de prédiction agrège les anticipations de milliers de participants qui misent financièrement sur l’issue d’événements. Le prix qui en résulte correspond à une probabilité collective, souvent relativement fiable, car elle combine informations dispersées et incitations à l’exactitude. Ce n’est pas une vérité absolue, mais un point de référence robuste pour évaluer la qualité des prévisions.

Les résultats sont instructifs. Les participants humains seuls se montrent peu performants, s’appuyant surtout sur l’intuition ou des informations récentes. Les modèles d’IA font mieux, sans atteindre systématiquement le niveau du marché. Les équipes hybrides, quant à elles, se divisent en trois groupes :
  • la majorité se contente de reprendre la réponse de l’IA, sans amélioration notable ;
  • d’autres s’appuient sur l’IA pour conforter leurs intuitions, dans un contexte où ces systèmes sont conçus pour produire des réponses convaincantes et peu contradictoires (c'est leur côté flatteur) si on ne les sollicite pas explicitement en sens inverse, ce qui accentue les biais et dégrade les résultats;
  • une minorité, enfin, engage un véritable dialogue critique avec l’IA.
C’est dans ce dernier cas que les performances deviennent remarquables. Les participants questionnent les réponses, demandent des preuves, explorent des contre-arguments. Cette interaction produit des analyses que ni l’humain ni la machine n’auraient générées seuls, atteignant parfois, voire dépassant, la qualité du marché de référence.

La différence ne tient pas à des capacités cognitives supérieures, mais principalement à deux dispositions : la capacité à adopter d’autres perspectives et l’humilité intellectuelle. Autrement dit, accepter l’incertitude, reconnaître les limites de son savoir et résister à la tentation de valider trop vite une réponse.

Ces qualités vont à contre-courant des usages dominants de l’IA, qui privilégient la rapidité et la fluidité. Or, l’apprentissage humain dépend en partie de la friction : l’erreur, l’hésitation, l’effort de compréhension. En éliminant ces étapes, on améliore la performance immédiate, mais on risque d’affaiblir la capacité de raisonnement à long terme.

C’est ce que Ming décrit comme un paradoxe : à mesure que l’accès à l’information devient quasi instantané, l’exploration intellectuelle tend à diminuer. Progressivement, un déplacement s’opère : certains utilisent l’IA comme un partenaire exigeant qui affine leur pensée ; d’autres s’habituent à obtenir des réponses rapides, au prix d’une moindre capacité à poser les bonnes questions.

La conclusion est pratique. L’usage pertinent de l’IA ne consiste pas à aller plus vite, mais à mieux comprendre ce qui manque. Cela implique de tester les réponses, de demander des arguments opposés, de prêter attention aux zones d’incertitude. L’IA devient alors un outil de confrontation intellectuelle plutôt qu’un simple fournisseur de solutions.

En définitive, la question centrale n’est pas technologique, mais culturelle : les outils développent-ils les capacités humaines, ou les remplacent-ils progressivement ? L’enjeu réside dans cette orientation, et dans les pratiques quotidiennes qui en découlent.

Source : Wall Street Journal

[Note du carnet:

Transposée au cadre éducatif, cette analyse suggère que l’enjeu ne se limite pas à valoriser l’humilité intellectuelle ou l’acceptation de l’incertitude. L’école devrait viser un équilibre plus exigeant entre connaissances, méthodes et posture intellectuelle.

D’une part, un socle solide de culture générale demeure indispensable. Il fournit des repères, des ordres de grandeur, une mémoire des faits et des concepts qui permettent de détecter des incohérences, de contextualiser une information et d’éviter de se laisser convaincre par un discours simplement plausible. Sans ce socle, l’esprit critique manque de prise.

D’autre part, ce socle doit être activé par des compétences méthodologiques explicites : savoir interroger une réponse, formuler des hypothèses alternatives, chercher des contre-arguments, distinguer un niveau de confiance d’un niveau de preuve. Il ne s’agit pas seulement de « douter », mais de structurer le doute.

Enfin, la posture intellectuelle reste déterminante : capacité à suspendre un jugement, à reconnaître les limites de son savoir, mais aussi à maintenir une exigence de cohérence et de rigueur face à des réponses fluides et assurées.

Dans un environnement où les outils produisent des réponses immédiates et convaincantes, l’objectif de l’école ne peut plus être uniquement la restitution de connaissances, ni même leur simple compréhension. Il devient double :

  • construire des esprits informés, capables de mobiliser des repères solides ;
  • former des esprits actifs animés d'une dose d'humilité intellectuelle, capables de mettre à l’épreuve ce qui leur est présenté, y compris lorsque cela paraît crédible.

Autrement dit, il ne s’agit pas d’opposer savoir et esprit critique, mais de les articuler. La culture générale sans méthode reste inerte ; la méthode sans connaissances devient aveugle. C’est leur combinaison, exercée de manière consciente et régulière, qui permet un usage réellement éclairé des outils contemporains.]


mardi 28 avril 2026

Xénophobie — Scènes chaotiques et tendues devant les grilles d’une école primaire sud-africaine

La vidéo ci-dessous montre des scènes chaotiques et tendues devant les grilles d’une école primaire sud-africaine. On y voit des membres de groupes anti-immigration, dont Operation Dudula, bloquer l’accès aux enfants et parents étrangers (principalement d’autres pays africains), dans une ambiance de confrontation et de cris. 

L’incident s’est déroulé à Durban (KwaZulu-Natal), précisément devant l’Addington Primary School, dans le quartier de Point / South Beach. Les faits remontent principalement au 21 janvier 2026 (avec des protestations ayant commencé dès la rentrée scolaire autour du 14 janvier). 

Des parents sud-africains, soutenus par Operation Dudula, le mouvement March and March et des sympathisants du parti uMkhonto weSizwe (MK Party) fondé par l'ancien président Zuma, accusaient l’école de prioriser les enfants de ressortissants étrangers au détriment des élèves locaux.La police sud-africaine était présente en nombre important. 

Elle est intervenue pour disperser la foule à l’aide de canons à eau et de grenades assourdissantes, afin de protéger les élèves et de maintenir l’ordre. Des enquêtes pour incitation à la violence publique ont été ouvertes contre certains organisateurs des manifestations.

Dans cette autre vidéo, un homme noir crie « Retournez dans votre fichu pays, bande d'inutiles. Vous n'êtes pas capables de vous battre contre votre propre gouvernement, alors vous venez en Afrique du Sud. Bande de salauds. » Avant cela, une femme noire en vert crie « Voertsek parapara» (Foutez le camp parasites, voertsek = ouste, dégage !, c'est le terme afrikaans pour chasser un animal importun, alors que parapara signifie parasite en tsotsitaal.)

Qu’est-ce qu’Operation Dudula ?

Operation Dudula est un mouvement citoyen vigilante sud-africain, né vers 2021-2022, qui milite pour « mettre les Sud-Africains d’abord ». Il cible particulièrement l’immigration illégale, la concurrence sur les emplois, les logements et les services publics (écoles et hôpitaux). 

Le groupe organise régulièrement des patrouilles et des protestations contre les migrants, souvent accusé de xénophobie, surtout envers les autres Africains noirs.Le nom « Dudula » vient de l’isiZulu (langue zouloue, majoritaire au KwaZulu-Natal). Il signifie « forcer dehors », « repousser », « expulser » ou « renverser ». Il reflète directement l’objectif affiché du mouvement : expulser les immigrants non documentés pour réserver les ressources aux citoyens sud-africains.

Cet événement s’inscrit dans un contexte plus large de fortes tensions socio-économiques en Afrique du Sud : chômage élevé, pression sur les infrastructures publiques et débats récurrents sur l’immigration. La Constitution sud-africaine garantit cependant le droit à l’éducation pour tous les enfants présents sur le territoire, indépendamment du statut migratoire de leurs parents.

France — Baisse des résultats en sciences au collège : une chute concentrée sur les meilleurs élèves

Selon l’évaluation nationale Cedre Sciences 2024 publiée par la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation nationale), les résultats des élèves de troisième (dernière année du collège, correspondant à des élèves âgés d’environ 14 à 15 ans) poursuivent leur dégradation. Le résultat moyen passe de 250 points en 2013 à 238 en 2018, puis à 232 en 2024.

Mais derrière cette baisse globale se dessine une réalité plus préoccupante : le recul se concentre fortement sur les « bons élèves ».

Le rapport officiel met en évidence un net glissement des élèves des groupes de haute performance vers des groupes plus faibles. Voici les principaux chiffres :

Évolution des résultats en sciences (Cedre, élèves de 3e — 14-15 ans)
Année Résultat moyen Élèves les plus faibles (groupes <1 + 1) Élèves les plus performants (groupes 4 + 5) Dont groupe 5 (les meilleurs)
2013 250 15 %  26,1 % 9,2 %
2018 238 22 % (+7 pts) 19,9 % 5,3 %
2024 232 25 % (+10 pts depuis 2013) 16,8 % 4,4 %

La part des meilleurs élèves (groupe 5) a été divisée par près de deux en onze ans. Le groupe 4 (deuxième niveau de performance) a, lui aussi, reculé de 3 points entre 2018 et 2024, passant de 15 % à 12,4 %. À l’inverse, la proportion d’élèves en difficulté progresse nettement, passant de 15 % à 25 % sur la période.

La DEPP constate ce phénomène sans en proposer d’explication : elle évoque simplement un « glissement du pourcentage d’élèves des groupes de performance élevée vers des groupes de performance plus faible ». Le décrochage est plus marqué chez les garçons que chez les filles, dans le public que dans le privé, dans les collèges socialement défavorisés que dans ceux dits « privilégiés ».

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Cette évolution, observée au fil des évaluations successives depuis 2007, soulève des interrogations quant à l’organisation de l’enseignement des sciences (SVT, physique-chimie, technologie) en fin de collège : réduction des horaires, hétérogénéité accrue des classes après la suppression des groupes de niveau, ou encore évolution des pratiques pédagogiques sont régulièrement avancées par les enseignants, sans que le rapport officiel ne tranche.

Un signal fort, donc, pour un enseignement des sciences qui semble perdre en exigence et en efficacité auprès des élèves les plus performants. La France, qui plaçait autrefois la barre haut en sciences au collège, voit aujourd’hui le sommet de sa hiérarchie scolaire s’éroder.

Source

lundi 27 avril 2026

« Le Québec en mal d'étudiants français »

Les cinq kilomètres de tunnel aux murs couverts de dessins et tags qui relient les différents bâtiments de l’université Laval, dans la ville de Québec, ont de quoi intriguer les étudiants internationaux à leur arrivée. « Cela nous permet de nous déplacer plus rapidement d’un endroit à l’autre sans subir les températures qui peuvent parfois descendre jusqu’à - 20 °C. Certains y font même leur footing ! », explique Augustin, jeune Français de 21 ans. 

Sur 180 hectares, le site dispose de bien d’autres atouts pour compenser la rigueur de l’hiver québécois. Comme ces infrastructures sportives de haut niveau : plusieurs piscines, dont un bassin olympique, deux patinoires, de nombreux gymnases, ainsi que des terrains extérieurs de beach-volley, encore enneigés en ce début de printemps.

Tous ces attraits ne suffisent plus, pourtant, à attirer les jeunes du monde entier. En 2024-2025, l’université Laval a enregistré une chute de 66 % des demandes d’inscription émanant de candidats étrangers, et une baisse de 30 % parmi les Français. Une tendance qui se confirme dans beaucoup d’établissements supérieurs canadiens. En cause : le durcissement de la politique fédérale en matière d’immigration étudiante. Depuis 2024, Ottawa a fortement réduit le nombre de permis d’études délivrés. Seuls 155 000 nouveaux étudiants étrangers pourraient obtenir ce précieux sésame cette année, deux fois moins qu’en 2025.

Ainsi, le 8 avril, Neoma Business School [malgré son nom un établissement hexagonal] signait un nouvel accord de trois ans avec l’Ecole d’éducation permanente de l’université McGill (drapée de couleurs automnales ci-dessus)

« Ce coup de frein n’est pas lié à une diminution de nos quotas puisque notre propre capacité d’accueil reste inchangée. Mais le message négatif envoyé a tendance à dissuader les familles de se tourner vers nous », déplore Frank Pons, doyen de la Faculté des sciences de l’administration de l’université Laval.
 
Pourquoi le Canada, jusqu’ici perçu comme une terre d’accueil pour des milliers de jeunes étrangers, donne-t-il aujourd’hui l’impression de faire machine arrière ? « Il y a eu de nombreux abus, principalement de la part des collèges communautaires [NDLR : des formations pré-universitaires ou techniques] qui ont fait venir des étudiants internationaux en masse. Cet afflux a provoqué des situations d’engorgement sur certains territoires très localisés, compliquant l’accès au logement ou aux services de santé. Il aurait mieux valu se concentrer sur des opérations ciblées contre ces dérives », explique Christian Blanchette, recteur de l’université du Québec à Trois-Rivières.

Or la réponse nationale portée par les autorités canadiennes a bouleversé tout le secteur, y compris les universités les plus prestigieuses. Le fait que bon nombre d’élèves, échaudés par le signal envoyé par Ottawa, préfèrent se tourner vers d’autres destinations, représente pour elles un manque à gagner significatif. Ce désamour pourrait aussi, à terme, affecter la recherche. « Nous avons besoin des doctorants venus du monde entier puisque ces derniers représentent la moitié de nos effectifs », s’inquiète encore Christian Blanchette.

Face à cette situation, les autorités tentent de corriger le tir. Le 30 mars, la ministre québécoise de l’Enseignement supérieur, Martine Biron, a rencontré son homologue français Philippe Baptiste afin de réaffirmer la solidité des liens unissant la province canadienne et la France depuis plus de soixante ans. Pour les jeunes Français, venir étudier au pays de l’érable comporte bien des avantages. Au Québec, contrairement à leurs homologues étrangers, ils bénéficient de droits de scolarité préférentiels. Des frais généralement compris entre 6 000 et 13 000 euros par an au niveau licence.

Autre atout majeur : l’environnement montréalais [comprendre l'influence indue de l'anglais dans la métropole québécoise]. La ville conjugue les codes d’une grande métropole nord-américaine et une forte identité francophone. « Les jeunes Français viennent y perfectionner leur anglais [au frais du contribuable québécois!] tout en sachant qu’ils arriveront toujours à se faire comprendre. La législation leur permet d’ailleurs de composer leurs examens en français s’ils le souhaitent », insiste Anne-Marie Croteau, doyenne de l’école de gestion John-Molson  [anglophone] rattachée à l’université Concordia [anglophone], dont les deux campus attirent chaque année plus de 8 700 étudiants internationaux, soit près de 20 % de ses effectifs.

HEC Montréal, affilié à l’université de Montréal, figure également parmi les établissements les plus attractifs de la ville grâce à sa grande bibliothèque, la qualité de ses espaces de travail ouverts sur une forêt urbaine et sa salle des marchés équipée de logiciels de trading professionnels. Pour relancer la mobilité entre les deux nations, les universités québécoises misent plus que jamais sur le renforcement de leurs partenariats avec la France. Ainsi, le 8 avril, Neoma Business School [malgré son nom un établissement hexagonal] signait un nouvel accord de trois ans avec l’Ecole d’éducation permanente de l’université McGill, son département de formation continue. A partir de l’automne 2026, un groupe de Français pourra s’y rendre pour un semestre. Déjà liée à HEC Montréal, Concordia et l’université Laval, l’école de commerce tricolore renforce ainsi son ancrage québécois.

« Ce pays reste une destination très prisée de nos étudiants, notamment pour son avance sur les sujets technologiques, l’IA, ainsi que les secteurs de l’audiovisuel, du jeu vidéo, du digital et des loisirs. Mais aussi parce que Montréal et Québec sont des villes où il fait bon vivre », souligne sa directrice générale Delphine Manceau.

Au point que certains choisissent de prolonger l’aventure au-delà leurs études. Emma Guiard, ancienne élève de Neoma, a passé deux ans à l’université Concordia dans le cadre du programme Cesem, un cursus postbac en quatre ans. « Mon objectif initial était d’enchaîner sur un master à Paris. Mais, l’an dernier, j’ai accepté un job d’hôtesse d’accueil chez Tiffany & Co à Montréal pendant la période de Noël », raconte-t-elle. Quelques mois plus tard, son ancienne responsable la recontacte et lui propose un poste de directrice des opérations. « Le fait d’avoir un double diplôme est clairement un avantage pour trouver un emploi », souligne la jeune femme, qui voit des opportunités sur place en dépit, ces dernières années, du tour de vis du gouvernement sur les conditions d’octroi des permis de séjour post-études.

Enfin, les universités québécoises ont beau clamer que les étudiants sont toujours les bienvenus, les candidats se heurtent aussi à d’importantes complexités administratives depuis le tournant de 2024. Justine Bourgeois, admise en sciences politiques à l’université [anglophone!] McGill de Montréal, à la rentrée dernière, en a eu des sueurs froides. « Je n’ai reçu mon visa que le 20 août, soit une semaine avant le début des cours. M’étant déjà rendue sur place avec un visa touristique, j’ai dû faire un aller-retour entre Montréal et Paris et repasser la frontière pour récupérer le bon document à la douane », explique-t-elle.

Son cas est loin d’être isolé. Au sein des bâtiments du XIXe siècle en pierre grise, bon nombre de ses camarades français évoquent des délais à rallonge. Toutefois, comme eux, la jeune étudiante s’est vite intégrée, une fois les formalités réglées : « Je suis là au moins pour trois ans, jusqu’à l’obtention de mon bachelor mais je n’exclus pas de rester par la suite ! » À condition qu’Ottawa ne durcisse pas encore le ton d’ici là.

Source : L'Express

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Mathieu Bock-Côté de A à Z


Petit abécédaire rédigé par Valeurs actuelles sur Mathieu Bock-Côté qualifié d'homme incarné, nuancé et subtil, adversaire résolu du politiquement correct, tel qu'il se donne à voir dans ses échanges passionnants avec Laurent Dandrieu dans le livre d'entretien récemment publié Le Pessimiste joyeux (Fayard, 272 pages).

30 octobre 1995

Pour moi, l'indépendance [du Québec] allait de soi. La journée du référendum, nous sommes persuadés de l'emporter - les sondages des derniers jours le laissaient croire. Et quand on perd, le soir, après une longue soirée référendaire, je ressens une forme d'effondrement mental : ce qui devait arriver n'était pas advenu, le Québec ne devenait pas un pays.

Banquet

​J'ai toujours aimé la figure du banquet. J'aime tout ce qui est excessif, ce qui déborde, ce qui ne rentre pas dans les cases. J'aime que partout la vie déborde, or le régime n'aime pas ce qui déborde. C'est pourquoi il y a aujourd'hui une guerre contre l'alcool, une guerre contre ci, une guerre contre ça. Plus que la santé publique, ce qui guide cela implicitement, c'est l'idéal d'une existence normalisée. Toute forme de spiritualité un tant soit peu radicale va être traitée sur le mode sectaire. Tout tempérament plus conquérant va être vu comme extrémiste [… ]. Le banquet est l'ultime forme de résistance, parce que ça rassemble tout : l'excès, la fête, la conversation brillante et, en même temps, les chants paillards. Et aussi cette relation égalitaire, exceptionnelle, qu'est l'amitié. Et encore aussi la figure du désir pour l'autre sexe.

Dieu

Sur le plan politique, il n'importe pas de savoir si on croit en Dieu ou non, il importe de savoir si on se prend pour Dieu ou non. Or, les modernes ont la tentation de se prendre pour Dieu. Mais l'homme n'est pas créateur du monde. Il peut l'aménager, l'améliorer, le transformer, le magnifier, le détruire, mais il ne le crée pas. S'il veut le créer, ou le recréer, il est condamné à l'anéantir : c'est la malédiction de l'homme-démiurge.

Diversité

La diversité, avant d'être une richesse, comme ils disent (et c'en est une pour le patronat qui cherche une main-d'œuvre à bas salaire, c'en est une pour les partis de gauche qui croient trouver là un électorat de substitution, c'en est une pour les racistes anti-blancs qui rêvent d'un multiculturalisme agressif pour débarrasser l'Occident de ses vieux peuples), est un projet. Le progressisme tel qu'il se transforme au cours des années 1950 et 1960 entend détraditionaliser les sociétés occidentales, les décoloniser de l'intérieur, si l'on veut, en faisant tomber la figure de l'homme blanc hétérosexuel, et tout l'univers symbolique qu'on lui associait.

Do you speak English ?

​On ne m'entendra jamais dire un mot d'anglais au Québec. Et si on insiste vraiment : « But don't you speak English ? » « Never at home ! » Je parle anglais, je le lis chaque jour, je l'écris correctement, mais je refuse de le parler au Québec. Jamais, vous ne m'entendrez parler anglais dans mon propre pays - c'est une belle langue, c'en est une grande, mais chez moi, c'en est d'abord une qui s'impose dans un rapport néocolonial.

Droite/gauche

Je ne sens pas le besoin de me dire de droite comme la gauche se dit de gauche. La gauche s'autoproclame gauche, puis renvoie à droite tout ce qu'elle n'aime pas. Je n'ai pas vraiment envie de rentrer dans son jeu. Ceux qui se couchent, elle les assimile au centre. Ceux qui chouinent sans la combattre vraiment, elle les nomme droite. Ceux qui lui tiennent vraiment tête, elle les nomme extrême droite. Et ceux qui se retrouvent à droite sont généralement malheureux de l'être. Ils auraient préféré être ailleurs. De là la droite complexée, la seule tolérée, à la différence de la droite décomplexée, qui est une droite désinhibée, ayant oublié d'être honteuse.

Finkielkraut (Alain)

J'ai une admiration infinie pour Alain Finkielkraut, et beaucoup d'affection aussi ; je lui dois énormément - nous sommes nombreux dans cette position, d'ailleurs. Fink a une belle formule : « On ne pense pas par soi-même de soi-même. » Je dirais, de ce point de vue, que j'ai appris à penser par moi-même en bonne partie grâce à lui, à la fois parce qu'il traduisait philosophiquement certaines de mes intuitions les plus profondes, mais aussi parce qu'il nous mettait sur la piste d'auteurs appelés à marquer profondément l'esprit de ceux qui les lisaient vraiment.

Flaque

Le progressisme prétend nous délivrer de tout, couche après couche, couche culturelle, couche sociale, couche ethnique, couche religieuse, pour faire de nous des individus absolument libres, sans détermination. À terme, nous condamnant au modèle de l'identité fluide, il nous conduit à la flaque finale.


Le père de MBC, Serge Côté est décédé le 28 avril 2026 à l’âge de 84 ans

Fraise

​Je me souviens d'une balade, aux îles de la Madeleine, dans le golfe du Saint-Laurent [à 915 km à l'est de Montréal à vol d'oiseau]. Au loin, je vois une grande croix plantée dans le sol, au sommet d'une colline. Je décide de m'y rendre, je marche une trentaine de minutes, j'y arrive. Et d'un coup, je m'agenouille, et à ce moment, je me sens terriblement ridicule. Parce qu'une part de moi dit : "Tu fais ce que tu as à faire, devant la Croix, on s'agenouille, c'est d'ailleurs dans cette position qu'il faut la contempler. " Mais l'autre partie dit : "Arrête de te faire croire des choses ; tu sais très bien que tu as la densité spirituelle d'une fraise!"