lundi 2 août 2021

Wokisme avec vos impôts — Télé-Québec présente « Décoloniser l’histoire »

Dans la foulée du Jour de l’Émancipation, nouvelle fête décrétée par le fédéral, on apprend que Télé-Québec diffusera dès le 10 août la websérie documentaire Décoloniser l’histoire, présentant 10 chapitres « méconnus » de l’histoire canadienne et québécoise, animée par Vanessa Destiné (d’origine haïtienne qui « défend un féminisme intersectionnel »), Maïtée Labrecque-Saganash (« militante crie » de mère canadienne française) et Youssef Shoufan (d’origine syrienne né à Damas en 1987).

Cette série subventionnée par vos impôts sera présentée du point de vue de personnes autochtones et racisées. Le tout sera diffusé sur le site web de Télé-Québec ainsi que sur son application.

La websérie produite par Picbois abordera entre autres, dans des épisodes de huit minutes, l’histoire des pensionnats autochtones, le destin des travailleurs chinois des chemins de fer, la plus grande émeute étudiante au Canada à l’université anglophone (!) Concordia, ainsi que la vie de Mary Two-Axe Early ou celle de Sam Rabinovitch.

Quelques remarques :

Décoloniser l’histoire est un terme très politiquement chargé. Il s’agit de culpabiliser et par là de délégitimer la présence européenne, d’éliminer au moins symboliquement la prééminence de la colonisation occidentale et de s’attaquer à de prétendus privilèges économiques des blancs en prônant la discrimination positive qui favorisera les « racisés ». La présence européenne étant délégitimée, comment ces descendants européens pourront-ils s'opposer à l'immigration de masse venue d'ailleurs ? C’est un mouvement qui se nourrit des tensions et du ressentiment communautaires. Il n’est pas limité à l’Amérique du Nord, mais il atteint tous les pays peuplés par des Européens. C’est ainsi qu’il existe un mouvement « décolonial » en France qui, dans les termes de Mathieu Bock-Côté, « considère que la France achèvera son processus de décolonisation lorsque les Français seront étrangers chez eux. Les indigénistes croient qu’ils ont désormais, grâce à l’immigration massive, une base sociale qu’ils veulent mobiliser quitte à la contraindre par l’intimidation idéologique pour faire une démonstration de force. Cette mouvance cherche explicitement à construire une conscience raciale révolutionnaire et croit son heure arrivée, devant des élites ébaubies, qui ne comprennent pas que l’antiracisme indigéniste est un racisme antiblanc revendiqué. »

Il est ironique que des immigrants comme Vanessa Destiné et Youssef Shoufan [Choufane] parlent de décoloniser l’histoire du Québec, alors qu’ils sont eux-mêmes des colons modernes. C’est là que l’on comprend qu’il ne s’agit nullement de réparer des torts historiques, mais d’utiliser une histoire biaisée pour promouvoir les racisés, qu’ils soient récemment immigrés ou non, à force de culpabilisations de la majorité européenne.

La société de productions Picbois est coutumière des « documentaires » très « engagés », très « progressistes ». On trouve parmi ses autres productions :

  • « Citoyens du futur [qui] donne la parole à un groupe de jeunes cégépiens environnementalistes et engagés. »
  • « Briser le code révèle comment les personnes racisées et autochtones en sont venues à adopter des attitudes et des comportements pour se fondre dans la majorité québécoise sans déranger.
  • « Les Brutes, deux filles de la génération Y à l’esprit vif, un brin baveuses, qui jettent un regard drôle et irrévérencieux sur des sujets dans l’air du temps » dont nous avions déjà parlé dans Vos impôts à l’œuvre : Télé-Québec et le féminisme extrémiste. En voici une capsule.

  • « Debouttes ! est un documentaire sonore de 48 minutes réalisé par Jenny Cartwright qui relate un pan important et oublié de l’histoire du Québec. En 1971, des membres du Front de libération des Femmes du Québec (FLF) ».
  • « Bagages est un documentaire réalisé avec des jeunes immigrants de l’école secondaire Paul-Gérin-Lajoie-d’Outremont. Ce film donne la parole et la scène à des jeunes de 12 à 17 ans, nouvellement arrivés à Montréal, il y a moins de deux ans. »
  • etc.

Le mouvement décolonial croît de pair avec une immigration non occidentale croissante. L’augmentation rapide de cette immigration qui ne parvient pas à s’assimiler est une des conditions nécessaires à l’apparition de la culture victimaire selon Bradley Campbell et Jason Manning : « Pour qu’il y ait une discrimination réelle ou apparente, il faut une base sur laquelle distinguer facilement oppresseurs et opprimés. La race, notamment, est un facteur de distinction évident. On peut ainsi aisément répartir les rôles entre “dominants” et “dominés” ! » Voir L’essor de la culture victimaire.

Télé-Québec est une société de diffusion détenue par le gouvernement du Québec, son siège social est situé à Montréal dont la mission devrait principalement être tournée vers le Québec (les travailleurs chinois du chemin de fer en Colombie-Britannique !?)

Au sujet de la « plus grande émeute étudiante » mentionnée comme un des épisodes, les causes du conflit à l’Université Sir-George-Williams (devenue Concordia) remontent à 1968, lorsque six étudiants antillais anglophones ont accusé Perry Anderson, professeur de biologie, de discrimination parce qu’ils avaient eu de mauvaises notes à un examen. Les émeutes se conclurent par 2 millions $ de dégâts (13 millions $ en tenant compte de l’inflation) par les étudiants « racisés » et « afrodescendants ». Le professeur accusé de racisme par six étudiants noirs anglophones fut déclaré innocent. La commission d’audience chargée de l’affaire a estimé qu’« il n’y avait aucune preuve pour étayer les accusations générales de racisme ». 

Télé-Québec devrait promouvoir la vision historique de la grande majorité des Québécois (les « Canadiens français ») et non faire la promotion d’une vision radicale racialisée qui mine la société québécoise. 

Que fait la Coalition Avenir Québec au pouvoir, parti censément nationaliste ? La CAQ sait-elle même ce qui se trame à Télé-Québec, ce qui s’y diffuse avec l’argent du contribuable ? A-t-elle un corpus et les outils intellectuels nécessaires pour répondre à ce travail de sape  ? Ou alors, coalition disparate,  la CAQ désire-t-elle surtout ne pas aborder le sujet, son aile patronale poussant à une immigration importante, la loi sur la laïcité devant suffire à satisfaire les identitaires Québécois ? Un os que ces vieux Canadiens français devront se contenter de ronger.


Voir aussi

« Nous irons dans les écoles pour entamer un dialogue » sur le racisme systémique au Québec

Et si la diversité diminuait la confiance ?

 

« Jour de l'Émancipation » et le Québec

Réjouissances à Toronto pour le Jour de l’Émancipation
 
Le site du diffuseur étatique (la SRC) nous apprend que « Le Jour de l’émancipation et ses célébrations, marquant la loi de 1834 sur l’abolition de l’esclavage dans l’Empire britannique, sont officiellement reconnus pour la première fois cette année par Ottawa. La date du 1er août était toutefois commémorée par la communauté afro-canadienne depuis des décennies, et ce, bien avant la Confédération. »

Pour mieux comprendre l’importance ou non de cette célébration et sa pertinence pour le Québec, posons-nous deux questions : l’esclavage existait-il encore au Québec (alors le Bas-Canada) en 1834 et combien d’esclaves « afro-canadiens » y avait-il en Nouvelle-France puis au Bas-Canada ?

L’esclavage existait-il encore au Québec (alors le Bas-Canada) en 1834 ?

Non. En pratique, il n’existait plus depuis la fin du XVIIIe siècle.

En effet, le juge en chef au Bas-Canada, Sir James Monk, rendit une série de décisions judiciaires à la fin des années 1790 qui minèrent la capacité de contraindre les esclaves à servir leurs maîtres ; tout en  n’abolissant pas techniquement l’esclavage, elles l’ont rendu inoffensif. En conséquence, les esclaves ont commencé à fuir leurs maîtres au sein de la province. Cela se produisit plusieurs années avant que l’Assemblée législative n’agisse dans le Haut-Canada pour limiter l’esclavage. La décision était fondée sur un point de procédure : la loi existante autorisait le placement des esclaves dans des maisons de correction, mais pas en prison ; or le Bas-Canada était dépourvu de maison de correction ! Toutefois, Monk ajouta que « l’esclavage n’existait pas dans les provinces et [qu’il avertissait] les propriétaires qu’il appliquerait cette interprétation de la loi à tous les procès ultérieurs. » Dans des décisions ultérieures et en l’absence de législation spécifique, l’interprétation de Monk a été retenue, y compris après la mise en place de maisons de correction. Dans un examen ultérieur de cette interprétation, l’administrateur du Bas-Canada, Sir James Kempt, refusa une demande du gouvernement américain de renvoyer un esclave évadé. Il ajouta : « L’état d’esclavage n’est pas reconnu par la loi du Canada. Chaque esclave qui vient donc dans la province est immédiatement libre, qu’il ait été amené sous la contrainte ou qu’il y soit entré de son propre gré. »

Rapidement informés, les esclaves désertèrent leurs maîtres qui n’avaient plus aucune prise sur eux. Dans le Haut-Canada, une loi protégea les droits acquis des maîtres pendant une autre génération.

Le 14 septembre 1799, Marguerite Boucher de Boucherville veuve de Luc de la Corne vendit un esclave noir de neuf ans à Joseph Campeau. Il s’agissait de la dernière vente d’esclave au Canada.

Combien d’esclaves « afro-canadiens » en Nouvelle-France puis au Bas-Canada ?

À Montréal, les esclaves noirs ont constitué au maximum environ 0,1 % de la population de la ville de 1760 à 1840.

Rappelons d’abord qu’aucun bateau négrier n’accosta jamais dans la vallée du Saint-Laurent pendant le régime français.

L’historien Marcel Trudel nous apprend dans son ouvrage Deux siècles d’esclavage au Québec que les deux tiers des 4 200 esclaves connus sur toute la période de la Nouvelle-France et jusqu’en 1800 étaient des Amérindiens et non des noirs. Tous sauf deux provenaient de nations lointaines, notamment celle des Panis établis au Missouri, d’où le nom de « panis » devenu un nom commun pour désigner tous ces esclaves. Il s’agissait le plus souvent de prisonniers de guerre remis aux Français par des tribus indiennes alliées. Ce chiffre est d’ailleurs peut-être exagéré, car on est en droit de se demander si ces prisonniers de guerre retenus doivent être comptés parmi les « esclaves » puisque leur servitude s’éteignait après un certain temps. La Grande Paix de Montréal de 1701, par exemple, prévoyait que tous les prisonniers de guerre autochtones seraient rendus à leurs nations d’origine.

Les panis servaient en tant que domestiques, plus rarement comme ouvriers, guides, trappeurs ou voyageurs engagés dans la traite des fourrures, la durée de leur servitude variant beaucoup. 

L’absence de plantations et l’agriculture de subsistance qu’on pratiquait en Nouvelle-France puis au Bas-Canada ne nécessitaient pas le travail forcé d’esclaves ; le besoin en main-d’œuvre à bon marché était assuré par une descendance nombreuse. Contrairement aux colonies américaines, 77,2 % des esclaves dans la vallée du Saint-Laurent vivaient dans des villes et y travaillaient pour des familles bourgeoises en tant que domestiques.

Il y eut sans doute moins de 600 panis dans tout le territoire de la Nouvelle-France (y compris l’Ouest américain) à n’importe quel moment. La pratique de l’esclavage ne dépassa pas quatre-vingts ans sous le Régime français, soit de 1680 environ à 1759.

Un des premiers esclaves noirs vendus en Nouvelle-France le fut par un amérindien. Le chef agnier Joseph Brant (ci-contre), chef des Six nations alliées aux Anglais pendant la guerre d’Indépendance des États-Unis, vint s’établir près du Lac Ontario avec les 40 esclaves noirs qu’il avait capturés pendant cette guerre.

Dans son magnum opus, L’esclavage et les noirs à Montréal, Frank Mackey recense 500 esclaves noirs à Montréal de 1760 à 1840 — il n’y en a jamais eu plus de 60 en même temps. Soit environ 0,1 % de la population de la ville. Les esclaves noirs valaient le double des panis. Mackey mentionne le cas d’un noir libre ayant lui-même un esclave noir.

Sous le régime français et le début du régime anglais, écrit Mackey, la condition des esclaves était « exempte des caractéristiques très dures que nous associons aux systèmes esclavagistes ailleurs ». Dans son livre Les Noirs à Montréal, Dorothy-W. Williams ajoute : « Compte tenu de leur état de domestique, de leur coût élevé et de la difficulté à s’en procurer [puisque aucun bateau négrier n'accostait au Bas-Canada], la plupart des esclaves africains bénéficient d’un traitement indulgent tout simplement parce qu’on veut les garder longtemps à son service. »

Un phénomène très marginal au Québec, récemment politisé

Il y eut donc des esclaves en Nouvelle-France et au Québec. Cependant, l’esclavage plus particulièrement des noirs, phénomène au demeurant intéressant pour un historien, y fut toujours marginal. Il n’eut que peu d’impacts économiques et de conséquences démographiques.

L’intérêt soudain pour cet aspect secondaire de l’histoire du Québec ne peut se comprendre qu’à l’aune de l’immigration de masse récente qui a radicalement changé la composition ethnique du Québec et du Canada, d’une américanisation du Canada qui pense devoir imiter les États-Unis et l’importance croissante du mouvement « décolonialiste » dans le débat public. 

Cette pensée décoloniale veut déblanchir l’imaginaire des sociétés occidentales et culpabiliser ses populations blanches pour tailler une plus grande place à des personnes le plus souvent issues de l’immigration relativement récente. Il s’agit à nos yeux d’un moyen simple et efficace (devant le manque de riposte des héritiers occidentaux) pour accroître les avantages d’abord symboliques, ensuite économiques, pour les nouveaux venus « racisés ».

Ce ne sont en effet pas les descendants des panis ou des rares esclaves noirs de Montréal émancipés au début du XIXe siècle qui manifestent leur enthousiasme pour cette nouvelle fête nationale (si tant est que ces personnes existent ou s’identifient ainsi), mais plutôt des personnes issues de l’immigration récente. Ironiquement, certains de ces racisés pourraient bien être des descendants d’esclavagistes, car les trafiquants d’esclaves n’étaient pas rares parmi les Maghrébins et les Africains (voir la vidéo ci-dessous).

Voir aussi

 

Histoire du Québec : multiculturalisme expiatoire, esclavage et colonisation américaine d’esprits incultes

Timbre d’un inconnu émis par Postes Canada pour le mois de l’Histoire des Noirs (commémoration importée des États-Unis) [bas du billet]

Histoire moderne racisée — « Les Haïtiens ont éduqué les Québécois »

« Tyrannie des minorités » avec le changement de population en Occident « Les revendications deviendront de plus en plus stridentes » (Statue de Cervantés vandalisée, il a été esclave des Barbaresques pendant 5 ans) 

Radio-Canada renvoie dos à dos histoire factuelle « blanche » et tradition orale indienne

États-Unis — Toutes les anciennes statues y passeront-elles ?

Un million d’esclaves européens chez les Barbaresques

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France — La « droite » de Sarkozy au pouvoir, l’archéo-gauche décide toujours des programmes scolaires

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« La traite arabo-musulmane est volontairement occultée dans les mémoires de l’esclavage » 

Belgique : le Musée des beaux-arts (« Bozar ») célèbre la naissance de Ludwig van Beethoven avec un Beethoven noir…

 

dimanche 1 août 2021

Élèves de 10 ans ne doivent pas révèler à leurs parents les questions posées en matière d'identification de genre

Une classe de quatrième année (9/10 ans) du Minnesota a été soumise à une question sur « l’équité » en matière de race et de genre. Une institutrice aurait dit aux enfants de ne pas parler à leurs parents des questions qui leur étaient posées même s’ils ne les comprenaient pas.

L’enquête a été menée à l’école intermédiaire Riverview du district scolaire de Sartell-St. Stephen au Minnesota par l’Equity Alliance of Minnesota.

L’élève Hayley Yasgar s’est adressée à un conseil scolaire le 19 juillet et leur a dit qu’elle se sentait « très nerveuse et mal à l’aise » lorsque son institutrice lui a demandé de ne pas parler du questionnaire à sa mère.

Dans une vidéo de la réunion publiée par Alpha News, elle a également déclaré qu’elle était obligée de répondre à toutes les questions même si elle ne les comprenait pas.

Une des questions du questionnaire demandait : « Vous identifiez-vous actuellement comme une femme, homme, transgenre (les personnes transgenres ont une identité de genre ou une expression de genre qui diffère du sexe qui leur a été assigné. Par exemple, elles sont nées de sexe masculin, mais s’identifient maintenant comme femme) ou autre chose ? Voir une copie de cette question ci-dessous :

 
Un jeune garçon de la classe de Hayley a demandé à son institutrice si sa mère pouvait lui expliquer la question.

L’enseignante a refusé la demande de l’élève en lui disant qu’il ne pouvait pas demander à sa mère et que la classe ne devait pas répéter les questions à leurs parents.

Hayley a relaté lors du conseil scolaire “à quel point cela la rendait mal à l’aise et nerveuse” alors qu’elle expliquait que “sa mère lui dit toujours qu’elle peut tout lui dire, mais lui dit également qu’elle pouvait également faire confiance à [ses] enseignants”.

Hayley Yasgar et sa mère Kelsey Yasgar

Elle a déclaré “qu’on lui ait dit de cacher cela à [sa] mère la mettait très mal à l’aise, comme si [elle] faisait quelque chose de mal”.



Brève — Le latin sera enseigné dans 40 écoles publiques anglaises afin de rendre la matière moins « élitiste »

Un programme d’excellence latine de 4 millions de livres sterling verra la langue proposée à 40 écoles britanniques.

Le secrétaire à l’Éducation, Gavin Williamson, a déclaré qu’un nouveau programme garantirait que le sujet n’était pas « pour quelques privilégiés ». Le programme d’excellence en latin de 4 millions de livres sterling du ministère de l’Éducation verra la langue ancienne offerte à 40 écoles publiques en Angleterre dans le cadre d’un projet pilote de quatre ans, selon le Daily Telegraph.

Le personnel sera formé et doté de ressources pour enseigner aux élèves de 11 à 16 ans.

Gavin Williamson a déclaré : « Nous savons que le latin a la réputation d’être un sujet élitiste ».

Il a ajouté : « Mais le sujet peut apporter tant d’avantages aux jeunes ».

 

Romanes eunt domus, leçon de latin en Judée (Monthy Python)

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« Les langues anciennes nous permettent de former une pensée et ainsi de commencer à dire non »

Herī des Beatuli, apprendre le latin par la chanson (Yesterday des Beatles et autres « classiques »)

États-Unis — Princeton supprime l’obligation de faire du latin ou du grec pour les études classiques

Le grec et le latin, nouvelles cibles des « wokes » 

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La haine de la culture à l’école des « compétences » 

Lettres classiques — beaucoup d’élèves ne connaissent plus la patience 

Vive le latin ! 

Oxford réorganise les études classiques pour réduire inégalités entre hommes et femmes 

France — Valoriser le latin et le grec, auprès de tous 

Les Français veulent le retour à l’uniforme et la promotion du latin et du grec

 

samedi 31 juillet 2021

Libéraux de Trudeau veulent davantage censurer le discours qui leur déplaît sur internet

Le gouvernement Trudeau entend obliger les réseaux sociaux à retirer en 24 heures tout contenu illégal de leurs plateformes ainsi qu’à en déclarer certains aux autorités. Le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, a promis jeudi une loi à l’avant-garde des pratiques mondiales en matière d’encadrement du Web, mais veut d’abord consulter le public.

« La population canadienne en a un peu marre de voir ce discours haineux prendre de plus en plus de place. […] La population nous demande d’agir », affirme M. Guilbeault en entrevue au Devoir.

Des fonctionnaires de son ministère ont présenté jeudi matin aux journalistes le plan du gouvernement pour tordre le bras aux réseaux sociaux qui ne prennent pas au sérieux la propagation de contenu indésirable de cinq catégories déjà illégales : les discours haineux [à la définition tout à fait subjective : la légitime rage de l’un sera le discours haineux de l’autre], l’exploitation sexuelle des enfants, le partage non consensuel d’images intimes, l’incitation à la violence et le contenu terroriste. [On notera le procédé habituel : mêler des infractions de tout type et dont la réprobation est universelle — l’exploitation sexuelle des enfants, le partage d’images intimes contre son gré, la diffamation — pour faire condamner dans le lot des infractions idéologiques afin de faire taire les adversaires les plus virulents des libéraux.]

Selon la proposition, il incomberait aux plateformes de modérer leur contenu et de faciliter le signalement du contenu illégal par les usagers, ce qui n’est pas obligatoire à l’heure actuelle. Celles qui refuseraient de le faire s’exposeraient à de lourdes amendes : 10 millions de dollars ou 3 % de leurs revenus mondiaux, selon le montant le plus élevé. En dernier recours, la Cour fédérale pourrait imposer le blocage de plateformes fautives au Canada.

[…] Le gouvernement Trudeau prévoit de créer une Commission de la sécurité numérique du Canada, tout comme un Conseil de recours en matière numérique, un genre de tribunal en ligne où les citoyens pourraient demander des comptes aux plateformes. Le Canada serait le premier pays à disposer d’un tel mécanisme.

[Ce projet des libéraux fédéraux, manifestement inspiré par l’appel de Christchurch, est fort semblable à la loi Avia, qualifiée de « néosoviétique » par Mathieu Bock-Coté et invalidée par le Conseil constitutionnel français. Voyons si Bock-Côté osera condamner dans les mêmes termes le projet des libéraux canadiens…] 

 […]

Steven Guilbeault promet que ces changements seront inclus dans une nouvelle loi qui doit être déposée cet automne, et qui sera complémentaire au projet de loi C-36 dévoilé à la toute dernière journée de séance du Parlement, le 23 juin dernier. Ce texte offre notamment une définition du contenu haineux comme un discours qui « exprime de la détestation à l’égard d’un individu ou d’un groupe d’individus ou qui manifeste de la diffamation à leur égard ». [La diffamation est déjà punie, reste donc la détestation, on ne pourra donc plus détester des gens et exprimer son dégoût envers ces gens ? Y compris contre les fascistes et les racistes ?]

Source

Voir aussi  

Le théologien Guilbeault s’embrouille dans sa volonté de bannir « la haine » de l’internet

Co-fondateur de Wikipédia : je ne fais plus confiance au site que j’ai créé 

Cour suprême du Canada — « toutes les déclarations véridiques » ne doivent pas « être à l’abri de toute restriction » 

Le wokisme : des protestants puritains athées

Tribunaux suprémacistes (arrêt Whatcott, suite)

Arrêt Whatcott : la Bible pas « haineuse », mais le juge Rothstein a-t-il tout lu ?

Reproduire une annonce d’une revue homo et un verset biblique : un discours haineux ?

Zemmour : non à la repentance, « la faiblesse attise la haine »

Colombie-Britannique — université annule conférence sur les violences antifa après menaces de violences par antifa

Carence de crimes haineux, il faut les inventer ?

Lois contre « discours haineux » — Employée aborigène poursuit des étudiants pour « embarras et humiliation » (M-à-j)

Des universités politiquement correctes qui doivent « protéger » leurs étudiants des idées dérangeantes 

Québec — Menace sur la liberté d’expression : le projet de loi 59

Correctivisme politique et les tribunaux : « Extirper l’hérésie et le blasphème » ?  

Québec — Loi 59, censure partout ! 

Une police de l’opinion au Québec ? 

Menaces de mort contre une chroniqueuse opposée à la promotion de l’homosexualité dans les programmes scolaires (aucune poursuite)

« Je ne suis pas d’accord avec vous, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire » (sauf l’islamophobie, l’homophobie, la transphobie, etc.)

 

Inscription aux universités américaines — Quel patriarcat blanc ?

Quelle domination blanche ?

Le taux d’inscription à l’université américaine pour les Hispaniques de 18 à 24 ans était plus élevé en 2019 (36 %) qu’en 2010 (32 %). Le taux d’inscription à l’université pour leurs homologues amérindiens/indigènes de l’Alaska était plus faible en 2019 (24 %) qu’en 2010 (41 %). Il n’y avait aucune différence mesurable entre les taux d’inscription à l’université entre 2010 et 2019 pour ceux qui étaient blancs (41 % en 2019), noirs, asiatiques, insulaires du Pacifique et de deux races ou plus.

 

Quel patriarcat blanc ?

En 2019, les taux d’inscription à l’université américaine pour les hommes de 18 à 24 ans (37 %) et les femmes (44 %) n’étaient pas sensiblement différents des taux correspondants en 2010. Cependant, chez les hommes, les taux d’inscription au collège étaient plus élevés en 2019 qu’en 2010 pour ceux qui étaient hispaniques (33 contre 28 %) et plus bas en 2019 qu’en 2010 pour ceux qui étaient blancs (37 contre 41 %).

Source : https://nces.ed.gov/programs/coe/indicator/cpb


France — Stress de la concentration urbaine, « élèves difficiles », le désir d'exode des instituteurs

La tendance n’est pas nouvelle, mais elle s’est accentuée. À peine les jeunes professeurs des écoles ont-ils réussi le concours en Île-de-France qu’ils demandent à la quitter. Selon les statistiques du ministère de l’Éducation nationale français, il y avait, en 2020, 56 fois plus de demandes de sortie du département de Seine–Saint-Denis [département à forte présence immigrée] que d’entrées… À l’inverse, dans les Hautes-Alpes, on comptabilise 76 fois plus de candidats à l’installation qu’au départ.

En bleu foncé, les départements les plus demandés, en rouge foncé les moins demandés

Sur la carte de France, trois départements se détachent : les Hautes-Alpes, les Pyrénées-Atlantiques et le Finistère. Là-bas, on se bouscule : dans les Pyrénées-Atlantiques, par exemple, on comptabilisait, en 2020, 995 demandes d’entrées pour 16 départs ! « Il y a aussi un mouvement plus sociologique, comme l’exode vers le littoral, que toute profession connaît, accentué par la pandémie, précise Élisabeth Allain-Moreno, secrétaire nationale du syndicat des enseignants de l’Unsa en charge des questions de carrières. Mais on note une patience moindre : on a envie de fuir le stress de la concentration urbaine et des élèves difficiles. »

Conséquence logique, les départements les moins bien cotés sont bien moins regardants sur les moyennes obtenues au concours. Les académies [grosses commissions scolaires] franciliennes ont ainsi des taux d’admission très élevés. En 2021, le seuil d’admissibilité au concours externe de recrutement de professeurs des écoles était de 57,75 sur 80 à Rennes, tandis que le seuil d’admission, la note du dernier admis, était 167,13 (sur 240). Dans l’académie de Créteil, il suffisait d’obtenir 22,05 pour être admissible, et 71,96 (toujours sur 240) pour être admis…

Pour l’académie de Versailles, le taux de réussite est de plus de 80 %. « En gros, les profs les plus pourris vont aux moins bons élèves, soupire Pierre Favre, Vice-président du Syndicat national des écoles (SNE). Cette loi de l’offre et de la demande est telle que, dès qu’on entre dans l’académie de Créteil, on sait qu’on y sera assigné à résidence. On aura beau exciper d’une dépression ou d’une grand-mère malade, ça ne marchera pas avant d’avoir une très grande ancienneté. C’est un système intrinsèquement pervers, instable et volontiers immoral. »

Extraits du Figaro

vendredi 30 juillet 2021

« Le wokisme, un opium des intellectuels »

 Illustration pour ordination d’un évêque luthérien transgenre 
Le chapeau est celui du chapelier fou
d’Alice au pays des merveilles

Dans deux notes pour le réseau pensant Fondapol, Pierre Valentin, étudiant en maîtrise ès sciences politiques à l’université Paris-2 Panthéon-Assas, diplômé en philosophie et politique de l’université d’Exeter, trace les contours du nouveau militantisme de gauche aux États-Unis comme en France. Rencontre.

Mouvement idéologique venu des campus états-uniens, le « wokisme » est au centre des débats médiatiques et intellectuels. Pourtant, une majorité de Français n’en a jamais entendu parler et peu de gens qui emploient le mot sont capables de le définir précisément. De quoi faire dire à certains que le woke n’existe pas, si ce n’est dans les fantasmes de la droite et de la gauche républicaine.

Deux notes publiées par Fondapol, intitulées « L’idéologie woke. Anatomie du wokisme » et « L’idéologie woke. Face au wokisme », réussissent à tracer les contours de ce mouvement qui tend à prendre de l’ampleur. L’auteur, Pierre Valentin, étudiant en master science politique à l’université Paris-II Panthéon-Assas, diplômé en philosophie et politique de l’université d’Exeter au Royaume-Uni, revient avec nous sur le contenu de son étude.

 

 

 — Comment définiriez-vous « l’idéologie woke » ?

Pierre Valentin — La traduction littérale « stay woke » signifie en anglais « restez éveillés ». Cette expression s’est d’abord popularisée aux États-Unis dans la communauté afro-américaine, où elle fait des apparitions sporadiques tout au long du XXe siècle. Elle ne devient un slogan politique à grande échelle que lorsque le groupe Black Lives Matter s’en revendique en 2013 et 2014.

Deux critiques sont régulièrement formulées à l’encontre de ceux qui analysent le « wokisme ». La première est de critiquer la rigueur de ce terme, qui serait « fourre-tout » et « flou ». Chacun serait le woke de quelqu’un d’autre. La seconde — dans la même veine — est de dire que ce terme est une création inventée post-hoc par des gens de droite et les détracteurs de ce mouvement.

Prenons ces critiques dans l’ordre. La définition donnée par Radio-Canada, citée Mathieu Bock-Côté (La Révolution racialiste et autres virus idéologiques, Presses de la Cité, 2021, p. 72.), est la suivante : « Dans un contexte de combat en matière de justice sociale, cette expression définit quelqu’un qui est sensibilisé aux injustices qui peuvent avoir lieu autour de lui. »

Source : « Notoriété et adhésion aux thèses de la pensée “woke” parmi les Français », sondage Ifop pour L’Express, février 2021, p. 36.

 

Ce terme renvoie à l’imaginaire de la gnose, hérésie chrétienne qui conceptualise une petite élite qui posséderait un savoir qualitativement supérieur ; une paire de lunettes qui permettrait de voir comment la réalité quotidienne est en réalité entachée par la trace du mal partout présent. Ailleurs, la notion de wokisme a été traduite sous le nom de « vigilitantisme ».

— Est-ce suffisant pour caractériser une idéologie ?

— Il ne s’agit pas de nier que le fait de catégoriser une idéologie qui prône la non-catégorisation n’est pas parfois un défi ! Le wokisme se caractérise notamment par un scepticisme radical quant à la possibilité d’obtenir une connaissance ou une vérité objective, ainsi que par l’idée selon laquelle la société serait formée de systèmes de pouvoir et de hiérarchies qui décideraient de ce qui peut être su et comment. Comme le notent les intellectuels James Lindsay et Helen Pluckrose, ce postmodernisme mutant rejoue sans cesse ses quatre thèmes clefs : le brouillage des frontières, le pouvoir accordé au langage, le relativisme culturel, ou encore l’éviction de la notion d’individu et de l’universel.

Fréquence de l’apparition du terme « whiteness » dans le corpus de livres en anglais mesurée par l’outil Google Books Ngram Viewer de 1950 à 2019 (en %)

 
Venons-en à la seconde critique, selon laquelle ce terme est une invention de ses contradicteurs. Dans la vie politique, il faut bien évidemment se méfier de descriptions dont personne ne se revendique, car elles servent généralement à disqualifier et non à qualifier. Cependant, le terme woke — contrairement à ce que certains essaient de nous faire croire — a commencé sa vie sous la forme d’une revendication positive, et son glissement vers l’anathème n’a eu lieu que dans un second temps. À titre d’exemple, en 2018, Le Monde considérait encore qu’« être woke » avait plus ou moins pour synonyme « être cool » dans la culture noire américaine.

Fréquence de l’apparition du terme « blanchité » dans le corpus de livres en français mesurée par l’outil Google Books Ngram Viewer de 1950 à 2019 (en %)

 

— À quoi ressemble le « woke » moyen ?

— Pour un mouvement qui prône la dissolution de toute norme, le profil sociologique « type » du woke s’avère étonnamment simple à dessiner. Le sondage IFOP réalisé en février dernier a été analysé au début du second volume de cette note, et il s’avère riche en enseignements.

Tout d’abord, notons qu’il n’y a pas de prolétariat woke. La corrélation entre revenus élevés des parents et comportements woke des enfants saute aux yeux. Une analyse de quatre-vingt-dix cas d’intervenants « désinvités » en Amérique révèle que l’étudiant moyen inscrit dans une université où les étudiants ont tenté de restreindre la liberté d’expression est issu d’une famille dont le revenu annuel est supérieur de 32 000 dollars à celui de l’étudiant moyen en Amérique. En France, seuls 40 % des ouvriers ont entendu parler de l’écriture inclusive et seuls 18 % savent de quoi il s’agit, contre 73 % dans les catégories supérieures — 57 % répondant savoir de quoi il s’agit.

Le wokisme est ainsi un « opium des intellectuels », pour reprendre la célèbre formule de Raymond Aron sur le marxisme. Cependant, comme la culture des « élites » a tendance à être imitée par ceux qui souhaiteraient en faire partie, celle-ci pourrait s’étendre progressivement à l’ensemble des classes sociales.

Ensuite, l’âge joue un rôle fondamental. Il n’y a pas non plus de vieux woke. Les woke en France ont généralement entre 18 et 35 ans — l’IFOP n’a pas sondé les moins jeunes. Toutefois, en Amérique, où le wokisme jouit d’une influence depuis plus longtemps que chez nous, on remarque que certains, passé la quarantaine, restent enfermés dans cette idéologie. Là aussi, cela nous permet d’affirmer que cette idéologie est partie pour s’installer durablement dans nos sociétés. Tout système de pensée porté par des jeunes des milieux aisés est voué à gagner rapidement en popularité. Le wokisme est également porté beaucoup plus par des femmes que par des hommes.

L’électorat le plus favorable à l’idéologie woke parmi les quatre électorats les plus conséquents du premier tour de l’élection présidentielle de 2017 s’avère être celui de Jean-Luc Mélenchon. Il est suivi par celui d’Emmanuel Macron, au sein duquel on peut observer un net clivage entre ses électeurs jeunes et plus âgés sur cette question.

 

Les progressistes et les troubles mentaux

— Vous montrez que cette pensée pénètre bien les campus états-uniens. Quel en est-il en France ?

— Je dirai plutôt que désormais c’est la pensée des campus états-uniens qui pénètre bien toute l’Amérique ! La question du wokisme là-bas est sans doute le clivage numéro un de leur vie politique, notamment le sujet de la théorie critique de la race, débat qui fait rage chez eux. Le sondeur Frank Luntz estime que ce clivage vient de rentrer dans le top 3 des plus déterminants pour la vie politique britannique, tout en pronostiquant que sur les prochains six à douze mois, le Royaume-Uni devrait suivre « l’exemple » américain.

La grande différence avec les États-Unis, c’est que nous avons en France une gauche anti-woke relativement puissante. Je pense qu’une des raisons pour cela, c’est justement ce contre-modèle américain. Nous ne parlons pas ici dans le vide ! L’expérience du wokisme à (très) grande échelle a déjà eu lieu, et cela s’appelle les États-Unis d’Amérique, version 2021 : une société au clivage élites/peuples encore plus prononcé qu’avant, au vote contestataire extrêmement fort, où tous les sujets sans aucune exception possible sont désormais politisés. Voulons-nous de ce monde-là ? Une part de la gauche française, lucide, comprend très bien, et résiste.

Opinion des Américains sur les entreprises technologiques, par affiliation partisane

« La gauche universaliste française est plus facilement heurtée par ce discours que celle qui existe dans le monde anglophone, qui possède beaucoup moins d’anticorps intellectuels pour résister. » L’autre raison à mon sens de la résistance d’une part de la gauche à l’idéologie woke est d’ordre intellectuel. Kimberlé Crenshaw, qui a théorisé à la fois l’intersectionnalité et la théorie critique de la race, incarne bien le tournant dans le postmodernisme (aux conséquences inimaginables) vers la fin des années 1980, et au début des années 1990. Le progressisme, qui jusque-là voulait vider les catégories sexuelles et raciales de toute pertinence politique, se retourne contre lui-même, et explique, reprenant les écrits de Jacques Derrida et de Herbert Marcuse, que la meilleure manière de lutter contre une hiérarchie ou un binaire injuste est de les renverser.

On glisse ainsi d’une demande d’égalité à une demande de hiérarchie « à l’envers », où le « dominé » dominerait le « dominant ». La gauche universaliste française est plus facilement heurtée par ce discours que celle qui existe dans le monde anglophone, qui possède beaucoup moins d’anticorps intellectuels pour résister. Ce clivage au sein de la gauche sera déterminant pour la suite du wokisme en France.

— Les wokes sont-ils présents ailleurs que sur les campus ?

— Il faut traiter le wokisme comme une épidémie, dans la mesure où il se traite lui-même positivement de « virus », que ce soit chez Derrida ou chez certaines féministes woke. Or, comme face à toute épidémie, il existe des virologues « rassuristes ». Après les évènements très médiatisés de l’université d’Evergreen en 2017, où un couple de professeurs a dû fuir le campus en craignant pour leur vie, le sujet du wokisme est devenu inévitable. La poussière ne pouvait plus être mise sous le tapis. Du coup, les rassuristes expliquaient que si ce phénomène existait et pouvait parfois être dangereux, il resterait circonscrit uniquement aux campus américains. Ce pronostic fut doublement démenti par la réalité : le wokisme s’est évadé depuis longtemps des campus mais aussi des États-Unis.

L’autre pronostic naïf était de croire que ces jeunes-là quitteraient leurs universités pour se faire remodeler par l’impitoyable monde du travail. C’est justement l’inverse qui s’est produit : ils ont impitoyablement remodelé le monde du travail à leur image, et cela s’est fait aisément dans la mesure où ils sortaient tous de Harvard, Yale, Princeton etc. et pouvaient ainsi rentrer dans l’entreprise de leur choix les mains en haut du guidon.

Du coup, Coca-Cola, Apple, et les GAFAM ont été progressivement contaminés. Depuis la publication de Propaganda d’Edward Bernays en 1928, on sait que le monde publicitaire « anticipe » — mais en réalité fait advenir — les évolutions sociétales dans nos sociétés de l’image. Or, même la CIA fait désormais des publicités en jargon woke ! L’espace public est inondé de publicités wokisantes. J’observe pour la première fois en France des publicités en écriture inclusive, dans des affiches dans le métro, au cinéma, etc. Ce phénomène va s’accentuer. En interne, beaucoup de ces entreprises encouragent ce qui ne peut qu’être décrit comme des séances de rééducation à l’attention des salariés, parfois avec l’objectif de « déblanchir » leurs perceptions du réel.

— Quelles en sont les conséquences ?

— Face à ce que je viens de décrire, comment ne pas s’attendre à une gigantesque réaction des « dominants », surtout lorsque d’un point de vue socio-économique ils appartiennent bien souvent au camp des « dominés » ? L’élection de Trump doit en ce sens être interprétée comme une réaction face au wokisme. Il n’en est pas la cause, malgré ses outrances. D’ailleurs, fait sociologique intéressant, la quasi-intégralité des auteurs cités dans les deux volumes de la note se dit progressiste et de centre gauche, et a écrit leurs ouvrages après l’élection de 2016. J’en déduis qu’ils ont compris que si la gauche non-woke ne faisait rien, elle continuerait à perdre du terrain électoral, coincée entre des populistes de droite (Trump) et des hommes politiques qui se soumettent au wokisme (Biden). De plus, ces deux camps ont tout intérêt à mettre en avant l’autre pour mieux mobiliser leurs bases respectives. Pour citer René Girard, dans le Bouc Émissaire (1982) : « Ils tiennent à leur querelle car ils ne tiennent que par elle. »

On a vu aux dernières régionales les prémices d’un « front républicain à l’envers », où gauche non-woke, centre et droite se sont mis d’accord pour « faire barrage » à certains candidats jugés trop à gauche. Cette évolution — impensable hier encore — du paysage politique français qui constate l’influence grandissante du wokisme est une bande-annonce de grands bouleversements électoraux à venir si l’incendie woke n’est pas éteint.

Source : Marianne

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jeudi 29 juillet 2021

Stéphan Bureau blâmé par l'ombudsman de la radio gouvernementale pour son entrevue avec Didier Raoult

Le 26 mai dernier, Stéphan[e] Bureau a montré son originalité en organisant une entrevue avec « le médecin français Didier Raoult » sur l’antenne de Radio-Canada. Conversation polie et peu conflictuelle. Cela n’a pas plu à d’aucuns. Didier Raoult est aussi biologiste (doctorat), directeur général du gros centre de recherche IHU Méditerranée Infection à Marseille, lauréat du grand prix de l’INSERM en 2010, signataire de très nombreuses publications scientifiques, etc. Une journaliste scientifique, Marine Corniou a porté plainte contre cette émission. Mme Corniou est diplômée en agronomie de l’université de Montpellier (France), elle est au Québec depuis 2011.

Extraits de l’entretien

Entretien au complet

L’article de la société d’État indique :

Concernant l’animateur, l’ombudsman y va de cette affirmation : Le problème, si je puis dire, ne réside pas tant dans les questions qu’il pose, mais dans celles qu’il ne pose pas pour recadrer ou corriger certaines affirmations de son invité.

M. Champoux donne quelques exemples, notamment lorsque M. Raoult attaque la crédibilité des études américaines [pas toutes bien évidemment, c’est ridicule de le faire croire aux lecteurs distraits !, mais celles notamment en lien avec l’industrie pharmaceutique], vante sa dernière étude dont la méthodologie est pourtant critiquée, prétend que le vaccin est moins efficace que l’infection naturelle, ce qui n’est pas encore démontré scientifiquement, et laisse entendre que la vaccination pose plus de risques que de bénéfices pour les moins de 70 ans.

I. Liberté journalistique

D’une part, n’est-ce pas un choix de type d’entretien que de laisser un éminent docteur s’exprimer pendant 40 minutes sans chercher la confrontation ouverte ? L’antenne de Radio-Canada est ouverte chaque jour à de nombreux docteurs dont les animateurs boivent les paroles comme paroles d’évangile ; sans jamais rentrer dans une discussion serrée sur ce qu’ils professent doctement. Où est le scandale ? Si ce n’est, peut-être, dans le manque de docteurs hétérodoxes interrogés à l’antenne du diffuseur gouvernemental… Mais peut-être Éric Duhaime a-t-il raison quand il dit que « Le Collège des médecins continue d’imposer le bâillon aux médecins qui osent parler. »  Comment concilier liberté journalistique et cette demande de « recadrer et corriger » immédiatement la voix d’un éminent docteur qui tranche avec celles de la kyrielle d’autres experts abonnés au micro de la SRC et jamais recadrés ?

II. Les vaccins

D’autre part, sur les affirmations reprochées à Raoult, il y a deux reproches importants: l’un sur la moindre efficacité immune des vaccins par rapport à l’immunité induite par une infection, l’autre sur le peu d’intérêt de vacciner les moins de 70 ans. Les deux affirmations seraient sans preuve selon l’ombudsman… Incidemment, l’ombudsman a-t-il contacté Didier Raoult pour lui demander d’expliquer ce qu’il n’a pu aborder ou justifier dans un entretien qui touchait de nombreux sujets ? Il semble plutôt, d’après son propre document qu’il s’est simplement fié à des sources locales et qu’il n’a jamais contacté Didier Raoult. Audi alteram partem.

a. Vaccins comparés à l’infection

Sur la moindre efficacité immune des vaccins par rapport à l’infection, Didier Raoult avait déjà expliqué ses raisons en avril 2021 :

Nous commençons à avoir des données. Il y a un travail très intéressant qui est paru et qui analyse d’une manière très honnête, en Angleterre, l’efficacité du vaccin AstraZeneca contre le mutant anglais, qui est celui qui circule le plus et qui représente chez nous 85 à 90 % des cas. Cette étude montre que le vaccin AstraZeneca fonctionne moins bien que ce que l’on pouvait imaginer.

Ce n’est pas étonnant : en prenant juste une protéine qui est celle du virus qui était là en mars/avril 2020 pour créer un vaccin avec cette protéine plutôt qu’avec tout le virus, la chance que vous ayez mutation dans cette protéine qui résiste au vaccin est assez élevée.

Si vous prenez tout le virus, peut-être que c’est moins directif, peut-être que la concentration est moindre, mais il y a une chance qu’il reste une certaine immunité. Or, avec le choix qui a été fait, l’immunité est très fragile puisque basée sur très peu d’acides aminés.

Il semble que pour les formes symptomatiques et documentées, le degré de protection soit de l’ordre de 70 % dans le meilleur des cas et lorsqu’on parle de gens qui sont porteurs ou qui n’ont pas de symptômes déclarés alors le taux de protection est extrêmement bas.

Cette déclaration n’a rien d’étonnant.

En théorie, plusieurs raisons expliquent pourquoi l’immunité naturelle peut être meilleure que l’immunité induite par le vaccin :

  • Moins de cibles immunitaires : les vaccins Covid ARNm/ADN ne présentent qu’une fraction du code génétique du virus (5-10 %). C’est ainsi qu’ils n’utilisent pas d’épitopes hautement immunogènes ORF1. Par conséquent, le système immunitaire recrutera un plus petit nombre de lymphocytes T puisant dans un répertoire plus étroit, offrant de la sorte une réponse moins efficace. De façon imaginée : si vous perdez un certain nombre de joueurs clés pour un tournoi — il se peut que votre équipe gagne malgré tout, mais ce sera plus difficile.
  • Temps de déclenchement immunitaire plus long : le plus petit nombre de cibles d’épitopes signifie également que le système immunitaire s’enclenchera moins vite. C’est un facteur clé de succès dans la bataille contre le COVID-19. Plus le répertoire cible est large, plus la rencontre entre les cellules dendritiques et les antigènes identifiables est rapide.

Raoult déclare aussi dans l’entretien avec Stéphane Bureau qu’il a déjà pu observer 500 cas à l’IHU de gens qui avaient été vaccinés et qui avaient attrapé la Covid-19 (PCR positif) par la suite, dont 3 morts parmi ceux-ci.

La prestigieuse revue scientifique Nature quelques jours avant la diffusion de cet entretien sur la SRC, déclarait déjà que l’infection à la Covid-19 prodiguait probablement des anticorps pour toute la vie (la barre est donc très haute pour les vaccins…). L’étude à la base de cet article (Jackson S. Turner et al.) avait été publiée le 24 mai 2021.

Des recherches précédant l’entrevue sur la SRC confirment cette logique. Une étude comparative en Israël (Yair Goldberg et al., avril 2021) a révélé que la protection contre les maladies graves était de 96,4 % pour les individus guéris de Covid-19, mais de 94,4 % pour les personnes vaccinées, et a conclu « Nos résultats remettent en question la nécessité de vacciner les individus précédemment infectés ».

Une autre étude comparative de référence du 3 mai 2021 réalisée par une équipe de l’Université de New York (Ellie Ivanova et al.) a mis en évidence une réaction humorale et cytotoxique plus rapide, plus large et plus percutante dans l’immunité récupérée par rapport à celle induite par le vaccin.

Dans cette étude américaine (Kristen W. Cohen et al.) du 27 avril 2021, les chercheurs ont évalué 254 patients COVID-19 longitudinalement à partir de l’infection précoce et pendant huit mois par la suite et avons trouvé une réponse prédominante de mémoire immunitaire à large base.

Depuis l’entretien avec Didier Raoult, les faits semblent confirmer les dires de celui-ci. En Israël, près de 40 % des nouveaux patients COVID étaient vaccinés — contre uniquement 1 % qui avait été infecté auparavant.

Bref, on ne voit pas très bien ce que l’on reproche à Didier Raoult si ce n’est qu’il ait dit des choses qu’il vaut mieux taire, car il ne faut pas faire douter le bon peuple, dans cette logique il faudrait — semble-t-il — faire penser aux gens que les vaccins sont aussi efficaces que l’infection elle-même pour qu’ils se vaccinent tous. Pourtant, si les vaccins atténuent la gravité d'une infection subséquente dans l'immense majorité des cas, on peut se satisfaire de vaccins moins efficaces que l'infection naturelle vu la gravité que peut avoir l'infection dans certains cas. Il faut analyser les avantages et désavantages de plus près.

b. « Vaccins peu utiles pour les moins de 70 ans »

 Ce n’est pas ce qu’a dit Raoult, il a plutôt dit : « je suis convaincu que les gens de plus de 70 ans dans une situation telle que celle-là doivent se faire vacciner; comme les gens qui sont à haut risque de faire une forme grave. […] La balance [des avantages à se faire vacciner] est très en faveur du bénéfice des gens de plus de 70 ans. 

[…] Je pense que [les vaccins] sont un outil utile. Plus la proportion de la population sera résistante aux virus mieux ce sera et moins il y aura de cas relatifs. »

Donc Raoult est certainement pour la vaccination des plus de 70 ans et des personnes à haut risque. Pour le reste, il s’agit d’établir la balance des risques et des avantages.
Notons aussi qu’il ne définit pas précisément ce que sont ces personnes à haut risque. Les gens avec au moins une comorbidité ? Les gens souvent en contact avec les malades ?

Si l’on ne prend comme à haut risque outre les gens âgés de plus de 70 ans ceux ayant au moins une comorbidité, l’on voit que cela comprend 99 % des décès de la Covid-19 au Québec. 

On a nettement l’impression que la plainte de l’agronome Corniou est celle d’une vétilleuse qui cherche des poux à Stéphane Bureau et à Didier Raoult et elle a reçu un accueil favorable parce que Radio-Canada n’apprécie pas les experts hétérodoxes.

 

Nombre de décès cumulatifs depuis le début de la pandémie Covid-19 au Québec selon la présence d’une condition médicale préexistante par groupe d’âge. Seules près de 110 personnes de moins 70 ans sans comorbidité connue sont mortes en un an de la Covid-19. Un pour cent (1 %) du nombre total des décès (11 240 en date du 28 juillet).

L’ombudsman n’explique pas ce qui le dérange dans les vrais propos de Raoult. Est-il d’avis, lui qui n’est pas médecin, que tout le monde doit se faire vacciner ? Dès quel âge ? Pense-t-il qu’il n’existe aucun risque associé à la vaccinationQue pense-t-il de la réticence du gouvernement britannique à faire vacciner les jeunes adolescents ? Quid des gens qui ont déjà été infectés, peu importe leur âge ?

Au sujet des risques associés à la vaccination, certains éléments, comme le grand nombre d'événements adverses dans la base de données américaines VAERS, peuvent étonner et nous forcer à être prudents. Les plus inquiets disent que « Cette vaccination de masse conduit pourtant à une mortalité inédite dans l’histoire de la médecine moderne. Il y a urgence à la suspendre pour évaluer la balance bénéfice/risque au cas par cas » dans La vaccination Covid à l’épreuve des faits. 2ème partie : une mortalité inédite.

Bonus : les vaccins perdraient de l’efficacité avec le temps

Fauci déclare que la charge virale est le même entre vaccinés et non vaccinés infectés… Il ne dit rien de ceux qui ont été infectés naturellement (et non inoculés) et qui ont guéri. Cette déclaration de Fauci est critiquée d'un point de vue médical.

Infections des 8 derniers jours en Islande : 511 vaccinés, 167 non-vaccinés. Ce qui nous donne, compte tenu du taux de vaccination de 74 % de la population, une efficacité négative du vaccin… Considérant le faible échantillon (quelques centaines d’infectés) et le calcul d’efficacité qui ne distingue pas les tranches d’âge, il se peut fort bien que l’efficacité soit plus importante, mais elle est ne semble assurément pas être à 95 % !

Quant à Israël, le vaccin Pfizer semble perdre de l’efficacité avec le temps contre l’infection chez les personnes de plus de 60 ans :

Infections et efficacité du 18 au 24 juillet en Israël par tranches d’âge

Les données israéliennes pour le tableau ci-dessus sont ici. Comment lire le tableau : il y a eu 575 infectés parmi les personnes vaccinées complètement dans la tranche d’âge des 50 à 59 ans (c’est ~ 83 % du total des personnes infectées) alors que 105 l’étaient pour les non-vaccinés (soit ~17 % du total avec les vaccinés incomplets). Étant donné que 84 % de cette tranche d’âge est vacciné, l’efficacité est très basse : 1,2 %.

Le chiffre d’affaires trimestriel de Pfizer a presque doublé en un an. Les ventes pourraient encore croître, car Pfizer/BioNTech préconise une troisième dose de son vaccin pour le rendre plus efficace. En effet, l’alliance américano-allemande Pfizer/BioNTech a annoncé le 8 juillet « des résultats encourageants » d’essais pour une troisième dose afin d’augmenter l’efficacité de son vaccin anti-Covid, y compris contre le variant Beta apparu en Afrique du Sud. Elle prévoit de demander une autorisation pour cette troisième dose aux États-Unis et en Europe notamment et s’attend à des résultats similaires pour le variant Delta, avec des tests en cours. Le directeur scientifique de Pfizer, Mikael Dolsten, a affirmé dans des propos rapportés par Reuters que la baisse récemment signalée de l’efficacité du vaccin en Israël était principalement due à des infections chez des personnes qui avaient été vaccinées en janvier ou février. Le ministère de la Santé du pays a déclaré au début du mois de juillet que l’efficacité du vaccin était en effet tombée à 64 % en juin.

D'autres vaccins, comme le Novavax, pourraient mieux résister aux variants. Lire Le battage médiatique persistant autour de la technologie des vaccins à ARNm nous détourne désormais des autres moyens de mettre fin à la pandémie. Pour ne pas parler des traitements bon marché (Ivermectine par exemple) dont on ne parle pas (vidéo).

Voir aussi 

Canada — Nombre provisoire de décès et surmortalité, janvier 2020 à avril 2021 (Stats Canada : plus de 3 fois plus de morts induits par les mesures de confinement et autres restrictions que de la Covid-19 parmi les moins de 60 ans).

Grande-Bretagne — les avantages de la vaccination de tous les enfants et jeunes de moins de 18 ans ne l’emportent pas sur les risques

Les vaccins anti-Covid fonctionnent-ils ? Si oui, jusqu’à quel point ?  

Les confinements ont nettement réduit les capacités physiques et intellectuelles des enfants

 Covid — Les enfants ne devraient pas être obligés de porter des masques, selon des chercheurs

États-Unis — Tentatives de suicide chez les filles baissent quand les écoles ferment (pendant la pandémie) 

Gestion de la Covid-19 : Le nombre de décrocheurs a explosé dans la dernière année  

Gestion de la pandémie : les élèves désertent les classes des cégeps  

Québec — « Troisième vague » : pas de surmortalité pendant les quatre premiers mois de 2021 

Nicholas Wade : L’hypothèse la plus plausible est que la Covid-19 soit sortie du labo de Wuhan 

Le français écrit au primaire pâtit de la gestion de la COVID-19  

Gestion de la pandémie — Hausse des tentatives de suicide chez les adolescents et les jeunes adultes 

Augmentation de 40 % des jeunes de 12 à 17 ans admis à l’hôpital pour des raisons de santé mentale  

La pression médiatique de la Covid-19 en mars 2020 a connu un pic inédit depuis 1945 (on n’a jamais autant parlé d’un événement) 

Le confinement aurait détruit plus d’années de vie qu’il n’en a épargné 

Covid — New York Times affirme que le CDC a grandement exagéré le risque de contamination à l’extérieur  

La gestion du Covid ruine l’apprentissage de la lecture pour 100 millions d’enfants

  
  
 
 
 

La lutte contre la discrimination jusque dans les noms des variants

 

 

mardi 27 juillet 2021

Canada — Nombre provisoire de décès et surmortalité, janvier 2020 à avril 2021

Selon Statistique Canada :

« Bien que l’on observe parfois que la surmortalité correspond au nombre de décès attribuables à la COVID-19, les données révèlent que les répercussions indirectes de la pandémie ont également une incidence significative sur les décès en surnombre enregistrés au Canada, en particulier chez la population canadienne plus jeune. L’ensemble de données provisoires récemment mis à jour est publié aujourd’hui. Selon cet ensemble, tiré de la Base canadienne de données sur les décès de la Statistique de l’état civil, qui porte sur la période allant de la fin mars 2020 au début avril 2021, environ 62 203 décès ont été déclarés parmi la population canadienne de 0 à 64 ans. Cela représente 5 535 décès de plus par rapport au nombre auquel on aurait pu s’attendre s’il n’y avait pas eu de pandémie, après avoir tenu compte des changements dans la population, comme le vieillissement. Au cours de la même période, 1 380 décès attribuables à la COVID-19 ont déclarés chez les personnes de moins de 65 ans, ce qui laisse croire que les décès en surnombre sont [5535 - 1380 = 4155], en grande partie, liés à d’autres facteurs, comme l’augmentation du nombre de décès attribuables à la consommation d’alcool ou de drogues, dont les intoxications involontaires (accidentelles) ainsi que les maladies et les problèmes de santé liés à la consommation d’alcool.

[…]

Les décès causés par une intoxication accidentelle atteignent un nouveau sommet pendant la pandémie

Afin de mieux comprendre la surmortalité qui n’est pas directement attribuable à la COVID-19, on a examiné les tendances de la mortalité relativement à des causes de décès précises. Des préoccupations ont été soulevées quant au fait que le nombre de décès liés à certaines causes non attribuables à la COVID-19 aurait pu augmenter par rapport au nombre auquel on pouvait s’attendre s’il n’y avait pas eu pandémie. Les tendances de la mortalité liées à une intoxication accidentelle ont davantage attiré l’attention, car des données probantes ont révélé qu’en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique, la consommation d’alcool et d’autres drogues a augmenté en 2020 par rapport aux années précédentes, à un moment où la disponibilité et l’accessibilité des programmes de réduction des méfaits, des services de consommation supervisée et des services de soutien en personne pour la consommation d’alcool et d’autres drogues peuvent avoir été perturbées pendant la pandémie. Les décès causés par une intoxication accidentelle peuvent survenir dans des circonstances différentes, par exemple les personnes qui consomment des substances dans un but récréatif, de même que celles qui ingèrent par erreur d’une trop grande quantité de médicaments sur ordonnance ou en vente libre.

Selon les données provisoires reçues à date des provinces et des territoires, il y a eu 3 770 décès causés par une intoxication accidentelle en 2020, par rapport à 3 240 en 2019. Des augmentations appréciables ont été observées en Ontario (2 235 par rapport à 1 550) et en Alberta (920 par rapport à 715). Les renseignements sur la cause de décès dans les données provisoires représentent moins de 70 décès par surdose en Colombie-Britannique, mais un rapport sur les décès liés à la toxicité des drogues illicites publié par le Service des coroners de la Colombie-Britannique a fait état d’une augmentation fulgurante des décès en 2020 par rapport à 2019.

À l’échelle nationale (à l’exclusion de la Colombie-Britannique et du Yukon), les taux de mortalité annuels pour les décès causés par une intoxication accidentelle de 2000 à 2020 ont généralement augmenté au fil du temps. En 2017, au plus fort de la crise des opioïdes, le taux de mortalité annuel était de 10,2 décès pour 100 000 personnes (3 230 décès). Il s’agit du taux le plus élevé observé avant 2020. Selon les données provisoires, le taux de mortalité en 2020 s’est établi à 11,3 décès pour 100 000 personnes (3 705 décès).

Les intoxications accidentelles comprennent les surdoses accidentelles de diverses drogues illégales, de médicaments sur ordonnance et en vente libre et d’alcool, ainsi que les intoxications par des solvants et des pesticides. La catégorie de substances la plus fréquente a affiché une augmentation du taux de mortalité, qui est passé de 4,7 décès pour 100 000 personnes (1 470 décès) en 2017 à 5,3 décès pour 100 000 personnes (1 745 décès) en 2020. Cette catégorie comprend les opioïdes, les stupéfiants et les hallucinogènes. De même, le taux de mortalité attribuable à la catégorie qui comprend les surdoses de médicaments non précisés et les surdoses liées à une combinaison de médicaments a augmenté pour passer de 3,9 décès pour 100 000 personnes (1 235 décès) en 2017 à 4,6 décès pour 100 000 personnes (1 510 décès) en 2020. Ensemble, ces deux catégories ont représenté 88 % des intoxications accidentelles en 2020.

Selon les données pour l’Ontario, le nombre provisoire de décès attribuables à des intoxications accidentelles a fortement augmenté par rapport aux nombres observés au cours des mois qui ont précédé la pandémie ; 605 décès sont survenus entre avril et juin 2020 par rapport à 475 entre janvier et mars 2020. Au cours des mêmes périodes en 2019, 475 décès ont été enregistrés pour chacune des périodes de trois mois. Pour le reste de l’année 2020, 1 155 décès ont été causés par des intoxications accidentelles par rapport à 600 pour la même période en 2019. Parmi les différents facteurs possibles ayant contribué à cette augmentation figure possiblement le fait que l’Ontario ait déclaré l’état d’urgence en réponse à la pandémie de COVID-19 le 17 mars 2020. Pendant la période où l’état d’urgence était en place, les installations et les services pour soutenir la réduction des méfaits liés à la consommation de substances, les services de [conseil] en personne et les services de soutien, comme les cliniques de traitement et les sites de consommation surveillés, ont dû réduire leur capacité ou fermer. Une tendance à la hausse similaire a été observée en Alberta.

L’augmentation des décès par surdose touche la population canadienne plus jeune

Parmi les personnes de 0 à 44 ans, le nombre de décès attribuables à des intoxications accidentelles en 2020 a augmenté pour passer de 1 605 (8,9 décès pour 100 000 personnes) en 2019 et de 1 830 (10,4 décès pour 100 000 personnes) en 2017 (au plus fort de la crise des opioïdes) à 2 125 (11,6 décès pour 100 000 personnes). De même, une augmentation du nombre de décès liés à des intoxications accidentelles a été enregistrée chez les personnes de 45 à 64 ans en 2020 (1 395 décès, ou 15,9 décès pour 100 000 personnes) par rapport à 2019 (1 145 décès, ou 13,1 décès pour 100 000 personnes) et à 2017 (1 195 décès, ou 13,6 décès pour 100 000 personnes).

Comme on l’observe dans la population en général, ces augmentations des intoxications accidentelles se caractérisent par une augmentation du nombre de décès liés à une intoxication accidentelle par des stupéfiants, des opioïdes et hallucinogènes, ainsi qu’aux intoxications accidentelles par de multiples drogues, autres médicaments et substances non précisés. Les taux de mortalité chez les hommes des deux groupes d’âge (0 à 44 ans et 45 à 64 ans) et chez les femmes de 0 à 44 ans ont dépassé les niveaux élevés de 2017. Selon les données provisoires, les taux de mortalité par intoxication accidentelle au sein de la population canadienne de 65 ans et plus ont diminué par rapport à ceux observés en 2019.

Les décès causés par l’alcool augmentent en 2020 [dans] la population canadienne plus jeune

En 2020, le nombre et le taux de décès causés par l’alcool ont augmenté chez les personnes de moins de 65 ans. Chez les personnes de 0 à 44 ans, le nombre de décès causés par l’alcool a augmenté pour passer de 325 (1,6 décès pour 100 000 personnes) en 2019 à 480 (2,3 décès pour 100 000 personnes) en 2020. Les personnes de 45 à 64 ans ont également affiché une augmentation du nombre de décès causés par l’alcool en 2020 (1 790, ou 17,7 décès pour 100 000 personnes) par rapport à 2019 (1 525, ou 15,0 décès pour 100 000 personnes). Les décès causés par l’alcool comprennent les décès attribuables à un certain nombre de maladies et de problèmes de santé liés à la consommation chronique d’alcool, mais ne comprennent pas les décès accidentels, comme les accidents de la route, où l’alcool est considéré comme un facteur contributif.

Ces augmentations sont observées tant chez les hommes que chez les femmes, et elles semblent être attribuables à l’augmentation du nombre de décès causés par la maladie alcoolique du foie ainsi qu’aux troubles mentaux et comportementaux liés à la consommation d’alcool (p. ex. l’abus d’alcool, le syndrome de dépendance alcoolique, le sevrage alcoolique, entre autres).

Comme dans le cas des décès attribuables à une intoxication accidentelle, les perturbations survenues à l’échelle des programmes de soutien et de services de réduction de la consommation d’alcool peuvent aussi avoir contribué à la hausse des décès causés par l’alcool pendant la pandémie. Par exemple, les possibilités d’avoir accès à des groupes de soutien en personne peuvent avoir diminué en raison des mesures de distanciation physique, tandis que les répercussions économiques, sociales et psychologiques de la pandémie et des mesures de santé publique connexes peuvent avoir eu une incidence négative sur la consommation d’alcool chez certaines personnes.

À mesure que la pandémie évolue et que le nombre d’infections à la COVID-19 diminue, la dynamique de la mortalité au Canada fera aussi l’objet de changement. Certaines causes de décès pourraient enregistrer une diminution en 2020 par rapport aux années précédentes. Par exemple, la baisse de la circulation routière, les changements dans les comportements habituels et la réduction de l’activité grippale à la suite des mesures prises pour lutter contre la propagation du virus à l’origine de la COVID-19 peuvent avoir entraîné une diminution du nombre de décès en raison des ajustements apportés au mode de vie. En outre, il est possible que des fluctuations soient observées dans les tendances de mortalité relativement à certains problèmes de santé qui auraient pu être touchés par des changements perçus ou réels dans l’accès aux services de santé, en ce qui a trait à la prévention d’un diagnostic et de traitement de problèmes de santé critiques. Afin de mieux comprendre l’évolution des répercussions de la pandémie sur la mortalité au Canada, Statistique Canada continuera de collaborer avec les bureaux de l’état civil partout au Canada pour fournir régulièrement des renseignements opportuns sur la surmortalité, les causes de décès et les comorbidités, au fur et à mesure qu’ils seront accessibles.

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