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Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
lundi 31 août 2026
Addiction des mineurs aux réseaux sociaux : Meta va payer 16,8 milliards de dollars
Tout en contestant toujours les accusations portées contre lui, Meta a accepté, sans exception, toutes les doléances formulées par les États au début du procès. Le géant de Menlo Park a même consenti à lâcher du lest sur le flux algorithmique, soit la façon dont les contenus défilent dans le «fil» des utilisateurs. Les parents pourront imposer un «flux non algorithmique» sur les comptes Instagram et Facebook de leurs adolescents. Cela signifie que leur fil ne sera pas personnalisé par les systèmes de recommandation de Meta, lesquels classent et suggèrent des contenus selon le comportement de l’utilisateur. Une petite révolution dans l’économie des réseaux sociaux, qui repose justement sur la puissance des algorithmes pour capter et retenir l’attention de ses utilisateurs. «Ces restrictions vont changer l’expérience sur Instagram et Facebook, elles sont conçues pour réduire l’engagement, souligne Jim Speta, spécialiste du secteur, cité par Reuters. Il reste à voir quels seront les effets, tant sur le comportement des utilisateurs que sur les revenus de l’entreprise, si les annonceurs sont également touchés par la baisse d’engagement. »
Meta a sans doute été effrayé par la menace d’une amende colossale, très supérieure à ce qu’il a pu avoir à payer jusqu’ici. Si les procureurs généraux avaient toujours évoqué une pénalité financière de 200 milliards, Meta, lui, avait redouté que la note finale soit bien plus salée. Dans un document déposé avant le procès, le groupe a indiqué que la Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey réclamaient jusqu’à 1 400 milliards de dollars de dommages et intérêts. Un montant presque équivalent à la capitalisation boursière du groupe. Avant que s’ouvre le procès d’Oakland, Meta avait déjà essuyé deux revers judiciaires portant sur les dangers de ses réseaux sur les mineurs devant des jurys populaires. Le 25 mars 2026, au Nouveau-Mexique, Meta a été jugé responsable de préjudices causés aux mineurs et condamnée à 942 millions de dollars d’amendes et de réparations. Le même jour, le groupe a été reconnu coupable - avec Google dans le dossier d’une jeune femme devenue utilisatrice compulsive, et condamné à verser 6 millions de dollars.
Meta a sans doute voulu ménager son image et celles de ses dirigeants auprès du grand public. Mark Zuckerberg, le fondateur et PDG de Meta, était sur la liste des dirigeants devant être auditionnés dans le cadre du procès. Le passage à la barre du patron d’Instagram, Adam Mosseri, a fait mauvaise impression. Ce dernier a d’abord vanté des fonctionnalités de protection mise en place par le groupe avant de reconnaître que celles-ci n’ont été dans les faits que très peu activées par les adolescents. En signant l’accord annoncé mercredi, Meta éteint d’un coup une quinzaine de procédures engagées devant des tribunaux d’État, dont le procès mené par le Tennessee, en cours à Nashville depuis fin juillet. Mais le bras de fer engagé il y a cinq ans par les révélations de la lanceuse d’alerte Frances Haugen n’est pas terminé. Le Nouveau-Mexique et la Floride n’ont pas signé l’accord et maintiennent leurs procédures, tous comme des centaines de plaignants (familles, écoles…) à travers les États-unis.
Cette kyrielle de procédures ne concerne pas uniquement Meta. Les réseaux sociaux Snap, Tiktok ou Youtube sont également largement poursuivis pour avoir perturbé la vie psychologique et sociale des adolescents américains. Mais Meta, qui détient les plateformes les plus puissantes du marché, ne veut pas être le seul à faire des efforts. Et encore moins le seul à voir les ados déserter sa plateforme en raison de réglages trop restrictifs. Les jeunes « passent d’une application à l’autre, parfois à des dizaines chaque jour », argue-t-elle dans une note de blog. Et de poursuivre : « Toutes les plateformes devraient donner aux parents les moyens d’agir et de soutenir les adolescents en mettant en place les mêmes mesures, car nous savons que, lorsqu’ils sont limités sur une application, ils se tournent tout simplement vers une autre. Pour que des progrès significatifs puissent avoir lieu, nous exhortons Tiktok et YouTube à se joindre à nous et aux procureurs généraux pour adopter cette nouvelle norme. »
Pour éviter toute distorsion de concurrence, le groupe ne s’est pas contenté de mots. Il va conditionner une partie de son versement à la bonne volonté des autres acteurs du secteur. Sur les 16,7 milliards qu’il s’est engagé à régler, 11,7 sont garantis, versés en dix annuités jusqu’en 2035. Les 5 milliards ne seront réglés que si Snap, Tiktok et Youtube acceptent eux aussi de brider leurs réseaux sociaux. L’autre interrogation concerne la portée de cette refonte. Sera-t-elle étendue un jour au reste du pays, au reste du monde, notamment en Europe ? L’accord scellé ce mercredi «pourrait bien constituer un tournant décisif dans le monde des médias sociaux », a commenté l’analyste financier Art Hogan auprès de Reuters.
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dimanche 30 août 2026
La transcendance artificielle
Le travail de Longbeard illustre la manière dont les technologies les plus avancées au monde transforment des traditions millénaires. Il met aussi en lumière la course effrénée des institutions religieuses et des entreprises pour influencer le développement et l’usage de l’IA. Cette dernière commence à accomplir des missions traditionnellement dévolues aux religions : forger la vision du monde des individus et les guider dans leur quête de sens. Or, les grands systèmes d’IA actuels sont conçus par des laboratoires de la Silicon Valley et de Chine, avec peu d’apport religieux — une situation qui inquiète les dirigeants religieux. Dans sa première encyclique, publiée en mai, le pape Léon XIV a rappelé une vérité souvent oubliée : la technologie n’est jamais neutre. Elle porte « l’empreinte de ceux qui la conçoivent, la financent, la réglementent et l’utilisent ». Certains craignent que l’IA ne soit excessivement laïque/athée et qu’elle n’érode, voire ne supplante, les croyances religieuses.
Une préoccupation plus profonde encore est que l’IA puisse modifier la relation entre le clergé et les laïcs. L’imprimerie avait déjà offert à un public chrétien bien plus large l’accès à la Bible, ouvrant la voie à de nouvelles interprétations de la foi — puis à leur diffusion, en dépit des résistances du clergé. Aujourd’hui, les conseils religieux fournis par l’IA pourraient réduire l’influence des guides spirituels. Waleed Kadous, créateur d’Ansari, un chatbot destiné aux musulmans, craint que les modèles, souvent « flagorneurs et centrés sur l’utilisateur plutôt que sur sa communauté », n’orientent les croyants vers une pratique « plus individualisée ».
À l’extrême, l’IA alimente une forme d’« improvisation religieuse », explique Beth Singler, de l’université de Zurich. À mesure que les gens interagissent avec des agents IA et des chercheurs spirituels partageant les mêmes idées, certains forment de nouvelles confessions peu structurées. Par exemple, « Theta Noir », un « collectif spirituel », attend MENA, une future superintelligence dotée de pouvoirs divins, qui accordera à l’humanité « la grande mise à niveau ».
La plus grande inquiétude des chefs religieux concernant l’IA est peut-être que de nombreuses personnes se tournent vers elle plutôt que vers les autorités spirituelles pour trouver des réponses. Shaza Nasheha, une musulmane de 37 ans originaire de Singapour, avoue ainsi interroger régulièrement ChatGPT pour éclairer des concepts islamiques. Selon le CEFE AI, une initiative de recherche impliquant plusieurs universités confessionnelles, les questions religieuses représentaient environ 5 % des échanges dans un ensemble de données public, comprenant des millions de conversations avec des robots conversationnels.
Pastoral, mais sans Dieu
Pourtant, ces modèles de pointe affichent un biais «laïque» marqué. Une analyse récente de The Economist a révélé que les outils d’OpenAI étaient moins religieux que les répondants dans n’importe quel pays du monde. Le CEFE AI a soumis 150 questions sur le deuil, les relations, la moralité et d’autres problèmes personnels ou éthiques à 27 grands modèles linguistiques. Dans un article à paraître, l’équipe explique que ces derniers ne font référence à la religion que dans 5 à 16 % des réponses, alors que les personnes interrogées estimaient que les idées religieuses seraient pertinentes dans 45 à 59 % des cas.
Ceux qui, en quête de sens, se tournent vers l’IA risquent de se voir proposer des conseils de développement personnel plutôt que l’écoute d’un imam, d’un prêtre ou d’un rabbin. « Si les entreprises considèrent la laïcité comme la norme, la foi en pâtira », met en garde David Wingate, du CEFE AI. Certaines religions pourraient aussi être moins bien traitées que d’autres. Dans une autre étude à paraître, le CEFE AI constate que les chatbots incitent davantage les utilisateurs à se convertir au catholicisme qu’à rejoindre les Témoins de Jéhovah.
Les dirigeants religieux craignent que les assistants virtuels laïques, fondés sur l’IA, ne se contentent pas d’éroder la foi : ils risquent aussi de fragiliser les individus. Comme le souligne Audrey Tang, ancienne ministre taïwanaise, ces outils « privilégient le réconfort immédiat ». Or, de nombreuses confessions considèrent les frictions, la critique et les interactions humaines comme des éléments essentiels pour forger le caractère. Dans le taoïsme, par exemple, la tension entre les contraires est au cœur de la création. Juewei Shi, une nonne bouddhiste de l’ordre de Fugangshan, craint que les gens ne deviennent incapables d’affronter la souffrance — ou les imperfections d’autrui — s’ils s’habituent à « bénéficier d’un réconfort artificiel ». Steven Croft, évêque anglican à la retraite, renchérit : « Si le monde entier se laisse séduire par des agents IA narcissiques, la tâche des guides spirituels n’en sera que plus ardue. »
Ces préoccupations expliquent pourquoi les groupes religieux s’efforcent à la fois de façonner les modèles d’IA et d’influencer la manière dont les croyants les utilisent. Des entreprises spécialisées dans l’IA religieuse développent des « dispositifs d'encadrement » pour garantir que les chatbots restent « fidèles à la théologie », en mettant en place des garde-fous et en surveillant les contenus, explique Nick Skytland, de Gloo, une entreprise qui en développe.
Mais ce sont surtout les efforts des groupes religieux pour influencer directement le développement des modèles qui sont les plus significatifs. Waleed Kadous déplore que l’humanisme laïque ait eu bien plus d’influence sur la réflexion des laboratoires d’IA que les idées religieuses. La « constitution » de Claude et les « spécifications du modèle » d’OpenAI (préceptes qui façonnent le comportement des modèles) « omettent » pour l’essentiel la dimension religieuse, affirme-t-il. Cela s’explique en partie par le fait que l’éthique religieuse met souvent l’accent sur des traits de caractère difficiles à traduire en règles simples pour une IA. Intégrer des idées religieuses dans une technologie utilisée par des personnes de toutes confessions — ou sans confession — est un défi de taille.
Chloe Lubinski, qui dirige les recherches d’Anthropic sur les « traditions de sagesse », explique que son entreprise veille à ne pas aligner « le modèle sur une tradition en particulier » et qu’elle est confrontée à des défis « dans la mise au point d’une technologie pluraliste ». M. Kadous a participé à des réunions organisées par Anthropic aux côtés de représentants d’autres confessions, comme M. Skytland. Il affirme que l’islam a des enseignements utiles à partager, notamment sur la hiérarchie des impératifs moraux. Mme Lubinski, qui préside ces rencontres, explique que son entreprise cherche à définir « ce qu’est un bon caractère », car la « formation morale » d’un modèle d’IA « aura un impact considérable » sur ses utilisateurs — tout comme, dit-elle, les lecteurs de Harry Potter sont influencés par ses personnages. Elle transmet ensuite les retours de ces réunions à la direction d’Anthropic.
L’Église catholique, en particulier, a noué des liens étroits avec les laboratoires d’IA. En mai, Chris Olah, cofondateur d’Anthropic, a pris la parole lors de la présentation de l’encyclique du pape Léon à Rome. Ce document a permis aux développeurs de s’interroger plus facilement sur l’éthique de leurs créations, explique un chercheur en IA travaillant pour une grande entreprise technologique de la Silicon Valley. Depuis des années, les dirigeants américains du secteur technologique dialoguent avec des responsables catholiques lors de rencontres appelées les « Minerva Dialogues ». Anthropic a d’ailleurs consulté des penseurs catholiques lors de la rédaction de la « constitution » de Claude.
À l’heure actuelle, il reste difficile d’interpréter le fonctionnement interne des modèles les plus avancés, en raison de la complexité des calculs impliqués. En réponse, de nombreux croyants ont créé des chatbots religieux sur mesure, de GitaGPT à Salaam World, pour aider les utilisateurs à aborder les questions existentielles. Certains gouvernements développent aussi leurs propres modèles, intégrant les valeurs religieuses dès la conception. Le Qatar soutient ainsi Fanar, une famille de modèles en arabe conçus pour refléter les valeurs islamiques et répondre aux questions de foi. Depuis 2023, le gouvernement taïwanais organise des « assemblées d’alignement », où les citoyens délibèrent sur le comportement que devrait adopter l’IA. Les conclusions de ces débats ont servi à façonner des modèles locaux, y compris ceux reflétant les croyances spirituelles des communautés. Pour Audrey Tang, les utilisateurs devraient pouvoir « personnaliser les modèles qu’ils utilisent déjà », ainsi qu’avoir accès à des versions plus légères. Cela permettrait, selon elle, d’éviter un « nivellement » des croyances que les modèles grand public pourraient autrement imposer.
Artificiel, mais spirituel
Alors que certains chefs religieux s’inquiètent de la prolifération des chatbots spirituels, d’autres y voient une occasion à saisir. Les Églises occidentales font face depuis longtemps à une pénurie de clergé et à des exigences administratives croissantes, laissant aux prêtres moins de temps pour la réflexion théologique, la pastorale et les échanges avec leurs fidèles. Christopher Benek, pasteur à Miami, utilise ainsi l’IA pour accélérer les tâches administratives et de recherche, qui lui prenaient autrefois des heures. Cela lui permet de consacrer plus de temps à l’étude biblique et à l’accompagnement pastoral en face à face. Certains pasteurs sont allés plus loin en créant des « jumeaux » numériques d’eux-mêmes, formés à partir de leurs sermons passés.
Longbeard a récemment développé « Ephrem », un petit modèle linguistique conçu pour aider les humains à devenir des saints. Il élabore pour chacun un plan de vie en s’appuyant sur les récits de la vie des saints. M. Sanders le décrit comme « un petit ange sur votre épaule qui veille à ce que vos priorités soient bien définies ». Des outils similaires pourraient aussi servir au prosélytisme. Une étude à paraître, menée par des chercheurs de l’université d’Oxford et d’autres institutions, a opposé une IA conversationnelle à des orateurs chevronnés, dont des champions de débat. Résultat : l’IA s’est révélée « nettement plus persuasive ».
« Le travail pastoral sera l’un des moins menacés par l’IA », estime Andrew Davison, de l’université d’Oxford. En effet, de nombreux prêtres consacrent moins de temps à donner des conseils qu’à célébrer des rituels. Peu de croyants souhaitent que des chatbots président à des mariages, des funérailles ou des baptêmes. De plus, alors que les gens passent davantage de temps seuls et en ligne, certains guides spirituels pensent que l’attrait pour les activités collectives dans le monde réel, comme les rituels religieux, pourrait même croître. « Nous aspirerons à des relations authentiques — entre humains, et entre l’humanité et le divin », déclare M. Gong.
samedi 29 août 2026
Accord commercial — Ce que Washington exigeait du Canada
Washington a réagi comme si le Canada l’avait accusé de vouloir empêcher les gens de parler français. Trump a ainsi nié vouloir s’immiscer dans la manière dont les Canadiens parlent français et a accusé Carney de malhonnêteté, tandis que Greer a insisté sur le fait que la description canadienne des négociations allait bien au-delà de ce dont les Américains avaient réellement discuté. Reuters a rapporté le démenti de Trump le 25 août, y compris son affirmation selon laquelle la controverse linguistique était motivée par des considérations politiques.
Le problème, c’est que personne n’accusait Trump d'interdire le français comme langue de communication. Le débat portait sur les lois canadiennes régissant la culture, la radiodiffusion, les services de streaming et la visibilité du français, ce qui constitue une explication bien moins spectaculaire, mais qui pourrait bien être la véritable raison. La réponse de Trump a été, comme à son habitude, commode : répondre à une accusation plus simple que personne n’avait formulée, déclarer cette accusation fausse, attaquer le Premier ministre canadien et passer à autre chose sans aborder le fond du litige.
La défense de Greer était plus nuancée, bien que pas nécessairement plus utile. Dans son entretien avec Rosemary Barton de la CBC le 26 août 2026, il a reconnu que les négociateurs américains avaient des questions concernant la loi canadienne sur la diffusion en ligne et le projet de loi 109 du Québec, qui porte sur la visibilité des contenus en langue française sur les services de streaming. Greer a néanmoins insisté sur le fait que cette question était « la plus éloignée de la ligne rouge » et a déclaré que les Américains ne laisseraient pas un bon accord commercial capoter pour une raison de ce genre.
Cette précision a déjà considérablement fait évoluer la position américaine. La question, qui était auparavant présentée comme une invention canadienne, a laissé place à l’aveu que les négociateurs américains avaient bel et bien soulevé les lois canadiennes et québécoises sur la culture précises au cœur du différend. L’argument de M. Greer n’était plus que le sujet n’avait pas été abordé. Son argument était désormais que cela n’avait pas été suffisamment important pour expliquer pourquoi les négociations avaient échoué.
Billet du 24 août 2026
La Maison-Blanche a rejeté lundi les accusations selon lesquelles elle aurait demandé au Canada de faire des concessions concernant la langue française dans le cadre des négociations commerciales, comme l’a avancé le premier ministre Mark Carney.
Samedi, le premier ministre du Canada avait confié en conférence de presse que les Américains avaient demandé des changements concernant « les subventions et le soutien pour notre culture, et la langue française », ainsi que sur l’étiquetage bilingue des produits au Canada. Il a aussi avancé qu’il y avait eu des « suggestions » de Washington pour « changer la découvrabilité » du contenu canadien sur les plateformes américaines telles que Netflix et Amazon Prime.
Mais Jamieson Greer, le représentant américain au commerce, responsable des négociations qui ont achoppé avec le Canada vendredi soir, a démenti le tout, soutenant qu’il s’agissait d’une « fausse histoire assez drôle ».
« Ce n’est pas vrai, je ne sais pas d’où vient cela », a-t-il dit lundi matin sur les ondes du réseau CNBC, lorsqu’il a été interrogé sur les prétentions selon lesquelles les États-Unis chercheraient à imposer la priorité à la langue anglaise.
En vertu de la Loi sur la radiodiffusion au Canada, les géants numériques comme Amazon Prime et Netflix doivent promouvoir le contenu canadien, notamment francophone, sur leurs plateformes. Ils doivent aussi verser une partie de leurs revenus au soutien du contenu canadien.
« Ce que nous n’aimons pas, c’est une situation où le Canada, le gouvernement fédéral, force les entreprises technologiques américaines à prendre leurs revenus et à en donner un pourcentage à leurs concurrents au Canada », a expliqué M. Greer.
« Nous pensons qu’il s’agit d’une taxe, une taxe discriminatoire sur les entreprises américaines, mais nous n’avons aucun problème avec la langue française », a ajouté le membre de l’administration Trump, soutenant comprendre « pourquoi les Québécois veulent du contenu en langue française ».
Interrogé sur les propos de M. Greer en conférence de presse lundi, Mark Carney a répondu que c’est un « fait » que les Américains ont mis la culture et la langue de Molière sur la table des négociations.
« Pour les Américains, la langue française, la culture québécoise, francophone et canadienne sont des questions irritantes. Non, ici au Canada et au Québec, ce sont des droits fondamentaux, pas un irritant », a-t-il rétorqué.
Le Globe and Mail a rapporté dimanche que les Américains avaient demandé au fédéral d’accorder des exemptions aux lois exigeant que les grandes plateformes de diffusion en continu américaines améliorent la visibilité du contenu canadien, y compris le contenu en français, au pays.
L’étiquetage bilingue aussi
Mark Carney a aussi réitéré que l’étiquetage bilingue faisait partie d’une liste d’irritants avancée par l’administration américaine. « Le gouvernement du Canada dit chaque fois : non, non, non et non. La blague est finie, ce n’est pas amusant », a répliqué le premier ministre.
La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada (FCFA), Liane Roy, a d’ailleurs salué la décision d’Ottawa de se retirer de la table de négociation à la suite de cela.
Billet du 23 août au soir
« Signer cette entente, ça aurait été comme accepter d’aller à une partie de strip-poker en maillot de bain. »
— Patrice Roy (@PatriceRoyTJ) August 25, 2026
La décision de se retirer des négociations fait presque l’unanimité au pays. @HBuzzetti , @ChantalHbert et Paul Journet en discutent à #EDPR. pic.twitter.com/raXw40c2kI
Ce que Washington exigeait du Canada
Les négociations commerciales entre Ottawa et Washington ont échoué. Mark Carney a suspendu les pourparlers, estimant que les dernières conditions américaines étaient inéquitables et remettaient en cause la souveraineté canadienne. En réponse aux surtaxes de 50 % imposées par les États-Unis sur environ 28 milliards de dollars de marchandises canadiennes, le Canada a annoncé des contre-tarifs équivalents à compter du 8 septembre.
Demandes formulées selon les articles de presse
- Abandon des politiques de découvrabilité des œuvres en français Les États-Unis ont demandé au Canada de renoncer aux règles qui obligent les plateformes de rendre plus visible le contenu francophone.
- Modification des subventions à la culture Washington voulait revoir le soutien public aux industries culturelles canadiennes et québécoises.
- Assouplissement des règles d’étiquetage en français Réduction des exigences bilingues sur les emballages de produits vendus au Canada.
- Retrait de tous les contre-droits de douane canadiens Élimination complète des mesures de représailles encore en vigueur contre les droits de douane américains.
- Retour de l’alcool américain dans les succursales provinciales Rétablissement de la vente de vins et spiritueux américains retirés des magasins d'alcool provinciaux (comme la SAQ) en 2025.
- Fin des politiques d’achat canadien (Ontario, Québec et C.-B.) Abandon des préférences locales dans les marchés publics provinciaux, ciblées nommément dans le rapport USTR.
- Interprétation américaine de l’allocation des quotas laitiers Accès plus important au marché canadien pour les fromages et produits laitiers américains sous le système de gestion de l’offre.
- Acier : quota de 4 millions de tonnes (25 % à l’intérieur, 50 % au-delà) Plafond d’exportation avec droits élevés au-delà du quota, et retrait des contre-tarifs canadiens.
- Auto : allègement limité aux voitures particulières Camionnettes et poids lourds exclus de la réduction tarifaire, ce qui aurait fragilisé une part importante de la production canadienne.
- Restriction de la capacité du Canada à conclure d’autres accords commerciaux Limitation du droit d’Ottawa de négocier librement avec d’autres pays, jugée inacceptable par Carney.
Points soulevés dans le rapport de l’USTR (2026)
L’USTR (United States Trade Representative) est l’agence fédérale américaine chargée de la politique commerciale et des négociations internationales.
- La loi 109 du Québec sur la découvrabilité du contenu francophone Loi québécoise permettant d’imposer des seuils de contenu en français aux plateformes numériques.
- La loi 96 Charte de la langue française renforcée, visée dans les pressions sur la protection du français.
- Loi sur la diffusion continue en ligne et Loi sur les nouvelles en ligne Obligations de contribution et de compensation imposées aux plateformes numériques américaines.
- Gestion de l’offre, composition du fromage et lait de classe 7 Critiques récurrentes de Washington sur le système laitier canadien et l’administration des contingents.
- Loi sur les semences et stratégie zéro déchet plastique Réglementations canadiennes signalées comme obstacles dans le rapport annuel américain sur les barrières commerciales.
Demandes rapportées par le Globe and Mail (14 août 2026)
- Droit de premier refus sur les minéraux critiques Priorité d’achat américaine sur les ressources stratégiques canadiennes.
- Achat complet des 88 F-35 Engagement ferme d’acquérir la totalité de la flotte de chasseurs américains.
- Avions radar américains et adhésion au Golden Dome Achat de technologies américaines et participation au bouclier antimissile continental.
- Garantie sur les exportations de pétrole et de gaz Assurances d’approvisionnement énergétique stable vers les États-Unis.
Ce qu’Ottawa avait déjà cédé sans contrepartie
- Taxe sur les services numériques, abandonnée en juin 2025 Retrait unilatéral d’une mesure visant les géants du web américains pour relancer les négociations.
- Contre-tarifs largement retirés le 1er septembre 2025 Assouplissement majeur des mesures de rétorsion canadiennes.
- Taxe Netflix : contribution portée à 15 % puis annulée Fin de l’obligation de contribution des plateformes ; 2 milliards de financement du contenu canadien remplacés par 600 millions de deniers publics.
Dimanche, Donald Trump a réagi sur Truth Social après l’annonce des contre-tarifs canadiens : « Le Canada veut les avantages d’un État [des États-Unis] sans en être un !!! Ils ont aussi imposé à nos formidables agriculteurs, pendant de nombreuses années, des montants énormes de tarifs douaniers. Ça suffit !!! »
vendredi 28 août 2026
La Révolution française n’est jamais parvenue à fonder la démocratie, les libertés d’expression et de réunion, le pluralisme des opinions…
— Votre grand récit de la Révolution française commence non en 1789, mais en 1786-1787, par l’évocation de l’échec du plan Calonne, qui visait à instaurer un impôt universel auquel les deux ordres privilégiés, clergé et noblesse, auraient également été soumis. Cette crise finale de l’Ancien Régime fut-elle la dernière chance de sauver la monarchie ?
— Sans aucun doute, le plan du contrôleur général Calonne visait à refonder la société par une « révolution royale » dans le sens d’une plus grande rationalité et d’une plus grande justice. Il s’agissait d’en finir avec les exemptions, les privilèges, d’instaurer au moins en partie l’égalité des Français devant l’impôt et de corriger l’excessive diversité des particularismes provinciaux liés aux aléas de l’histoire. La distinction des trois ordres – clergé, noblesse et tiers état – devait subsister, mais uniquement sur un plan honorifique. Ce fut le refus égoïste des deux premiers ordres, lors de l’Assemblée des notables, qui précipita la crise de l’Ancien Régime. Ce sont, comme l’a dit Chateaubriand, « les patriciens qui commencèrent la Révolution ».
— Lorsque Louis XVI se résout à renvoyer les Parlements, en août 1787, son frère cadet le comte d’Artois le soutient, mais sa vie semble à un moment menacée, au point que ses officiers doivent le défendre l’épée à la main. Vous soulignez alors que « bien avant le 14 juillet 1789, la violence commençait à s’insérer dans le processus politique ».
[Les Parlements étaient des cours de justice, composées de magistrats, appelés parlementaires. Ces charges étaient pour l’essentiel vénales et héréditaires : les magistrats achetaient leur office à l’État et pouvaient le transmettre ou le vendre. Ils appartiennent donc principalement à la noblesse de robe, une élite judiciaire relativement aisée.
Les Parlements ne représentaient pas démocratiquement le peuple. Ils défendirent certes parfois des principes de limitation du pouvoir royal, mais ils défendaient aussi très fortement les privilèges sociaux et fiscaux des ordres privilégiés, dont ils étaient eux-mêmes issus.
Les Parlements, notamment celui de Paris, refusaient d’enregistrer les édits fiscaux destinés à faire payer davantage les privilégiés (noblesse et clergé), notamment les projets d’impôt voulu par Louis XVI et ses ministres pour résoudre le déficit de l’État.
C’est cette opposition qui conduit Louis XVI à envisager puis à réaliser le renvoi des Parlements en 1788, peu avant la convocation des États généraux.]
— En effet, les violences populaires commencèrent dès 1787, par conséquent bien avant la chute de la Bastille. Lors de la tentative de réforme judiciaire du garde des sceaux Lamoignon et l’exil des Parlements, animateurs des troubles contre le prétendu « despotisme ministériel », il y eut de violentes émeutes tant en province qu’à Paris, avec de nombreux morts. Les autorités parurent dépassées devant le mécontentement général et la multiplicité des initiatives subversives sur le plan local. C’est une des raisons pour lesquelles une meilleure compréhension des événements nécessite d’inclure ce que l’on a longtemps appelé « la pré-révolution » dans le cycle révolutionnaire lui-même.
— D’après vous, la façon brutale dont l’Assemblée nationale instituée en juin 1789 s’est proclamée seule représentante de la souveraineté au lieu de se présenter comme un contrepouvoir à l’autorité royale a conféré au pouvoir législatif une puissance sans limite. Là réside, affirmez-vous, la cause principale de la dérive terroriste de la Révolution ?
— Ce qui fait la singularité de la Révolution française par rapport notamment à la Glorious Revolution anglaise de 1688 tient à une rupture systémique majeure, marquée par le déplacement jusque-là inconnu de la souveraineté. Les 17 et 20 juin 1789, on passe en effet de la souveraineté monarchique à la souveraineté nationale. Nous avons peine de nos jours à mesurer l’ampleur de ce bouleversement dans l’équilibre des pouvoirs, tant nous sommes habitués et attachés à la souveraineté nationale. C’était alors d’une audace inouïe, lourde de dangers. À ceci s’est ajoutée l’hubris [démesure] extravagante des élus du peuple. Ivres de leur force nouvelle et sans limites, saisis d’une arrogance incommensurable, les députés des différentes assemblées se prirent pour des dieux législateurs, croyant pouvoir légiférer sur tout. De là l’effet d’entraînement cataclysmique de deux de leurs principales décisions : la Constitution civile du clergé de 1790 et la déclaration de guerre de 1792, voulue par les Girondins, et, contrairement à ce que répètent les manuels scolaires, redoutée par Louis XVI.
— On oppose souvent 1789 à 1793, année de la Terreur. Mais selon vous, la véritable fracture se situe entre 1789 et 1792, car la journée du 10 août, qui vit la prise des Tuileries par la Commune insurrectionnelle de Paris et la chute de la monarchie constitutionnelle, portait en elle l’élimination des modérés au profit des radicaux.
— L’insurrection du 10 août 1792 constitue en effet une césure essentielle dans l’histoire de la Révolution. Non seulement elle consacre l’épuisement du mouvement de 1789 et l’échec de la Constitution déséquilibrée, votée par la Constituante en 1791, mais elle marque aussi le début d’une seconde Révolution, au centre de laquelle se placèrent la Commune insurrectionnelle de Paris et les forces qui la soutenaient. C’était une autre légitimité qui, au nom du salut public, prétendait se substituer aux élus de la nation. Quelques milliers de fédérés et de sectionnaires en armes s’arrogèrent ainsi le droit de s’exprimer au nom du peuple tout entier. À la souveraineté nationale, les sans-culottes opposaient la souveraineté populaire et la pratique de la « démocratie totalitaire », selon le mot de Bertrand de Jouvenel et de Jacob Leib Talmon, dans laquelle il n’était pas bon d’exprimer une opinion dissidente.
— La Révolution française a inventé les droits de l’homme, mais la plupart de ceux-ci ont été violés pendant la décennie révolutionnaire, de même que la Révolution a proclamé la souveraineté du peuple, mais en réalité n’a jamais instauré la démocratie au sens où nous l’entendons de nos jours. Comment expliquer ce paradoxe ?
— En 1789, la France a tracé le chemin vers la modernité, abolissant la société de corps et d’ordres, les inégalités de rangs, le reste de la féodalité et du servage. Les idées de liberté, d’égalité, de fraternité se sont répandues comme des traînées de poudre en Europe à la suite des armées françaises, ébranlant les hiérarchies anciennes et les vieux régimes monarchiques conservateurs. Au XIXe siècle, la Révolution sera même la référence majeure des forces émancipatrices du monde entier.
Elle a proclamé la souveraineté populaire, la représentation nationale, la séparation des pouvoirs, l’égalité devant la loi et devant l’impôt, l’accessibilité de chacun à tous les emplois. Elle a même multiplié les élections. Mais, n’en déplaise à certains historiens, à aucun moment elle n’est parvenue à fonder la démocratie moderne, avec les libertés d’expression et de réunion, le pluralisme des opinions, des lois protectrices des minorités, des tribunaux impartiaux et de solides contre-pouvoirs protégeant des dérives autoritaires. Cet échec est dû en grande partie à la fuite en avant des constituants, ivres de leurs pouvoirs : le refus d’un exécutif fort, le rejet du bicaméralisme, la surenchère démagogique privilégiant l’outrance au raisonnable.
— « Aucune des grandes démocraties du monde occidental d’aujourd’hui, écrivez-vous, n’a connu un chemin vers la modernité parsemé de tant de violence et de haine. » En quoi cette culture de la violence a-t-elle laissé des traces dans la vie politique de la France contemporaine ?
— En dehors de l’endettement public, déjà gigantesque en 1789, les grands enjeux politiques d’aujourd’hui – pouvoir d’achat, insécurité, immigration de masse, réindustrialisation, impuissance bureaucratique, défis environnementaux, culturels et identitaires… – n’ont aucun rapport avec ce qu’ils étaient à cette époque ; il n’empêche qu’on se complaît toujours dans les structures mentales des temps révolutionnaires. La division droite-gauche, qui remonte à l’Assemblée constituante, est souvent perçue comme une guerre civile à peine régulée, et la France n’est toujours pas guérie de la passion maladive de l’égalité. D’où ce cancer de la jalousie, de la haine populiste des « riches », des « nantis », des « privilèges ». Une fraction bien connue de l’opinion revendique le magistère moral du camp du bien pour faire taire l’adversaire. « Pas de liberté aux ennemis de la liberté », avait déjà dit Saint-Just en une formule redoutable. On convoque à tout bout de champ les postures, la rhétorique et le narratif révolutionnaires : on parle d’états généraux, de cahiers de doléances, de Bastille à prendre. Les « gilets jaunes » avaient même installé des guillotines fictives sur certains ronds-points ! Rien de tout ceci n’existe ailleurs. Nous ne sommes malheureusement pas encore guéris des excès de la Révolution !
La Révolution française,
de Jean-Christian Petitfils,
à paraître chez Perrin,
le 27 août 2026,
976 pages,
ISBN-10 : 2262097119
ISBN-13 : 978-2262097110
jeudi 27 août 2026
Synthèse de la démographie mondiale (nouvelles récentes)
Voici une synthèse des mises à jour démographiques les plus marquantes récemment diffusées par Birth Gauge, chacune portant sur un pays distinct. Les chiffres sont ceux compilés à partir de sources nationales, d’estimations provisoires et de corrections démographiques.
L'indice synthétique de fécondité (ISF), ou nombre moyen d'enfants par femme, mesure le nombre d'enfants qu'une femme aurait au cours de sa vie si elle connaissait à chaque âge les taux de fécondité observés une année précise. Le seuil de renouvellement des générations est fixé à environ 2,1 enfants par femme (ce nombre peut être plus grand dans les pays où la mortalité avant l'âge adulte est élevée).
1. Corée du Sud (légère hausse)
L'indice de fécondité a rebondi à 0,799 enfant par femme en 2025 (contre 0,748 en 2024), porté par une hausse de 6,7 % des naissances et surtout de 8,6 % des premiers enfants. Le nombre moyen d’enfants par mère continue toutefois de reculer (1,60), et la part des premiers-nés a encore augmenté au premier semestre 2026 (63,1 %).
2. Tunisie (baisse)
Les données définitives confirment un ISF de 1,54 en 2024, en recul par rapport à 1,58 en 2023. Le Maghreb urbain poursuit ainsi sa transition accélérée vers un non-remplacement des générations.
3. Jordanie
L'ISF en 2025 s’établit à 2,21 enfants par femme, légèrement au-dessus du seuil de renouvellement.
4. Israël (hausse)
Sur la base des naissances de janvier à juin, l'ISF 2026 atteint 2,94 (2,88 en 2025). Les Juifs se situent à 3,16, les musulmans à 2,75, les chrétiens à 1,63 et les « personnes sans religion » à 1,05.
En Israël, les personnes enregistrées officiellement comme « sans religion » (חסרי דת, hasrei dat) représentent un groupe juridique et social spécifique, souvent constitué d'immigrés non-juifs venus d'ex-URSS ou de personnes ne rentrant pas dans les cases du rabbinat orthodoxe. Une grande partie de la population juive israélienne se définit comme laïque (חִלּוֹנִי, hiloni) dans son mode de vie, mais reste juridiquement rattachée au judaïsme par le biais de la loi du retour ou de l'ascendance, ce qui diffère du statut officiel de « sans religion » attribué à ceux qui n'ont aucune judéité reconnue par l'orthodoxie. Aussi paradoxalement que cela paraisse, on peut être un juif laïc/hiloni et athée quand sa judéité est définie à travers l'histoire, la culture, la langue et la nationalité plutôt qu'à travers la religion.
5. Iran
Les estimations provinciales pour 2025 révèlent de forts contrastes : le Sistan-Baloutchistan (ISF de 3,34) dépasse largement la moyenne nationale de 1,47, tandis que trois provinces sont déjà sous 1,0 enfant/femme. L’agglomération de Téhéran (Téhéran + Alborz) n’est plus qu’à 1,02.
6. Singapour (baisse)
L'ISF est tombé à 0,87 en 2025. Le gouvernement a annoncé un vaste train de mesures (soutien financier d’environ 70 000 $S par enfant, congés allongés, logement et crèches subventionnés). En comparaison des politiques familiales européennes, elles semblent cependant modestes.
7. Allemagne (baisse)
La population a reculé de 110 000 personnes en 2025, sous l’effet combiné d’une immigration moindre et d’un ISF de 1,31. Le nombre de nouveaux retraités approche un record historique.
8. Portugal (correction à la baisse)
Après une révision massive à la hausse de la population, l'ISF 2025 a été corrigé de 1,44 à 1,30.
9. Palestine (hausse)
L'ISF est remonté à 2,92 en 2025 (2,82 en 2024, année déprimée par la guerre). Les naissances ont reculé de 7,4 % en Cisjordanie mais ont fortement augmenté à Gaza.
10. El Salvador
Selon les dernières estimations, l'ISF 2025 s’établit à 1,12 enfant par femme.
11. États-Unis (légère baisse)
Les naissances 2025 ont légèrement diminué ; l'ISF se situe à 1,574 enfant par femme. Les naissances ont un peu baissé ; l’ISF aussi, d’environ 0,03 point. Seul le Dakota du Sud demeure proche du seuil de renouvellement.
Ventilation 2025
- ISF national : 1,574 (1,60 en 2024).
- Hispaniques : 1,86 (1,93 en 2024)
- Blancs non hispaniques : 1,54 (1,53)
- Noirs non hispaniques : 1,44 (1,50)
Les Hispaniques restent au-dessus de la moyenne, mais baissent ; les Noirs non hispaniques passent sous les Blancs non hispaniques. L’ISF asiatique est encore plus bas, il était à 1,31 en 2023.
12. Thaïlande (baisse)
Le recul des naissances s’est accéléré : l'ISF 2026 est estimé autour de 0,76-0,77, contre 0,87 en 2025.
Selon le Financial Times : « L'endettement des ménages thaïlandais s'élève à 86 % du PIB, soit le niveau le plus élevé parmi les pays à revenu intermédiaire supérieur dans le monde, selon la HSBC. Les consommateurs ont en effet recours à des emprunts pour financer leurs dépenses quotidiennes dans un contexte de ralentissement de la croissance économique et salariale. »
Cet endettement très élevé des ménages n'est qu'un élément supplémentaire qui expliquerait l'indice synthétique de fécondité (ISF) extrêmement bas de la Thaïlande.
13. Taïwan (baisse)
Sur six mois de 2026, l'ISF moyen mobile annuel glissant tombe à 0,62, après 0,70 en 2025. C’est l’un des niveaux les plus bas du monde.
14. Chine (légère baisse)
L'ISF 2026 est estimé à 0,70, dans la continuité de la baisse observée depuis plusieurs années (0,73 en 2025).
15. France (léger recul)
L'ISF 2026 s’établit à 1,54, en léger recul par rapport à 1,56 en 2025.
On constate que la fécondité des immigrés musulmans varie fortement selon le pays d’accueil. Elle est en général plus élevée en France qu’en Europe du Nord (Suède, pays nordiques). Birth Gauge l’attribue en partie à la manière dont les politiques familiales sont conçues et appliquées : le système français, plus généreux et plus universel, irait de pair avec une fécondité immigrée plus haute, alors que les systèmes nordiques, plus conditionnels ou moins favorables aux familles nombreuses, s’accompagnent d’une fécondité immigrée plus basse. En 2021, l'ISF des migrantes autour de 2,85 en France contre 1,86 en Suède, alors que les ISF des natives étaient proches. L’origine géographique des immigrants joue également un rôle important : la France reçoit davantage de populations d’Afrique du Nord et d’Afrique sahélienne que l’Islande ou la Suède.
16. Congo-Brazzaville (République du Congo)
L’enquête DHS donne un ISF de 3,5 enfants par femme en 2023-2025 (urbain 3,0, rural 5,3), contre 5,1 treize ans plus tôt. C'est désormais l’un des ISF les plus bas d’Afrique subsaharienne, probablement parce que le pays est très urbanisé : plus de la moitié de la population vit à Brazzaville et à Pointe-Noire.
17. Islande
En 2025, l’ISF national est de 1,56. La ventilation par citoyenneté, nouvellement publiée, inverse le schéma habituel d’Europe de l’Ouest : 1,78 pour les citoyennes islandaises et seulement 1,09 pour les étrangères. On note que l’Islande atteint ce niveau sans groupes à très forte fécondité : les familles nombreuses y restent rares.
18. Paraguay
D’après les naissances enregistrées, on estime l’ISF 2025 autour de 1,65.
Selon Birth Gauge : à terme, ce seraient surtout les Autochtones et les Mennonites (souvent germanophones) qui resteraient les plus féconds, tandis que les « Latinos » émigreraient davantage vers l’Espagne ou les États-Unis:
- Le recensement 2022 donne un ISF autochtone de 3,77.
- Les Mennonites (relativement) « modernes » du Chaco (Menno, Fernheim, Neuland) : souvent 3 à 4 enfants, déjà urbanisés, scolarisés, parfois installés à Asunción.
- Mennonites traditionalistes d’Orient (Sommerfeld, Bergthal, etc.) : familles beaucoup plus nombreuses (on cite souvent 6 à 8 enfants).
19. Afrique du Sud : passage sous le seuil de renouvellement
Stats SA prévoit l’ISF du pays en 2026 à 2,12 enfants par femme. Dans le contexte sud-africain, le seuil de renouvellement n’est pas 2,10 mais 2,16, à cause d’une mortalité plus élevée qu'en Occident. L’Afrique du Sud passe donc sous le remplacement. Il s'agirait du premier pays d’Afrique subsaharienne continentale dans ce cas.
Le recul est net : 2,78 en 2008 → 2,21 en 2025 → 2,12 en 2026.
Ventilation par groupe de population.
Stats SA ne publie pas, dans le rapport public 2026, l’ISF officiel par groupe de population. Cependant en utilisant la dernière enquête démographique (SADHS 2016) qui le faisait, on obtient ces ordres de grandeur, cohérents avec les pyramides des âges de Stats SA, sont :
| Groupe | Ordre de grandeur de l’ISF | Commentaire |
|---|---|---|
| Noirs africains | ≈ 2,2 – 2,3 |
Encore au-dessus du renouvellement, mais déjà bas pour l’Afrique |
| Coloured (métis) | ≈ 2,0 – 2,1 |
Autour du seuil, peut-être juste en dessous |
| Indiens / Asiatiques | ≈ 1,3 – 1,5 |
Nettement sous le renouvellement, proche des Blancs |
| Blancs | ≈ 1,4 – 1,5 |
Nettement sous le renouvellement, émigration des plus jeunes |
Le Gauteng (Johannesburg–Pretoria et Soweto) aurait un ISF autour de 1,8. Même le groupe majoritaire n’est plus dans une fécondité « africaine classique », et les minorités blanches et indiennes sont depuis longtemps au niveau européen.
Paraguay : engouement pour le guarani
Ce cours, obligatoire pour les futurs médecins, s’inscrit dans une série de mesures visant à promouvoir la langue autochtone. Peu d’étudiants semble s’en plaindre. « J’adore parler le guarani, confie Tadeo Ramírez, en première année. C’est bien plus convivial que l’espagnol. »
Un tel engouement reflète le renouveau du guarani, langue ancestrale du Paraguay. Bien que seulement 2,3 % de la population s’identifient comme autochtones, près de 90 % la comprennent. Près de 40 % la parlent quotidiennement à la maison, selon une récente enquête, en plus de l’espagnol. C’est l’un des taux de bilinguisme les plus élevés au monde, bien devant des pays officiellement bilingues comme le Canada et l’Irlande. La plupart pratiquent le yopará, dont le nom même signifie « mélange » : une fusion naturelle entre les deux langues. « C’est notre lingua franca », résume Miguel Ángel, chauffeur de taxi.
Pendant des décennies, les élites paraguayennes ont tourné le dos au guarani, le reléguant au rang de patois de campagne. Ses sons nasaux, ses occlusions glottales ? Objet de moquerie. Dans les années 1950-1960, le dictateur Alfredo Stroessner avait même découragé son usage à l’école. Il faudra attendre 1992 et le retour de la démocratie pour que le guarani soit enfin reconnu comme langue officielle, aux côtés de l’espagnol. Une loi de 2010 a instauré un programme scolaire et une administration bilingues. Aujourd’hui, les Paraguayens peuvent choisir de voter, de se marier et d’être jugés en guarani.
L’engouement pour le guarani s’affiche partout. En juin, les supporters de football ont attribué leur victoire au Mondial contre l’Allemagne à « l’esprit guarani ». En mai, l’orchestre symphonique national a osé une première : l’« Ode à la joie » de Beethoven… en guarani. Et en avril, la reine Letizia d’Espagne a surpris tout le monde en entamant son discours pour le centre culturel espagnol par un « ¡Vy’apavě ne arambotýre ! » — un « Joyeux anniversaire ! » qui a fait date.
Les jeunes emboîtent le pas. Des influenceurs inondent TikTok et Instagram de tutoriels de vocabulaire ; des artistes diffusent du rap et du jazz yopará sur Spotify. Les parents branchés donnent à leurs enfants des prénoms comme Yerutí (colombe) et Marangatu (vertueux).
Certains s’inquiètent de voir que ce bilinguisme croissant résulte davantage de l’apprentissage de l’espagnol par les locuteurs du guarani que l’inverse. La proportion de locuteurs monolingues du guarani est passée de 28 % en 2002 à 12 % en 2022. « C’est un processus de supplantation », explique Arnaldo Casco, du Secrétariat de la politique linguistique (SPL). Ce dernier a réagi en publiant une multitude de contenus en guarani, allant des dictionnaires techniques à la poésie. « Le guarani doit couvrir toutes les sphères de l’interaction sociale », affirme Javier Viveros, le directeur du SPL.
D’autres se montrent plus sereins. Le monolinguisme espagnol stagne. Le guarani est présent sur Google Translate et Wikipédia (« Vikipetã »). Le personnel du SPL entraîne actuellement de grands modèles linguistiques sur cette langue. Les normes sociales ont évolué. María del Carmen Giménez, de l’Institut Patria Soñada, en sourit encore : « Nous qui devions nous hésitions à parler guarani enfants, aujourd’hui, nous le parlons sans complexe. »
L’Italie propose de limiter le nombre d’enfants issus de l’immigration dans les classes
Cette proposition a été présentée par Giuseppe Valditara, le ministre de l’Éducation, qui souhaite également interdire le port de la burqa à l’école.
La coalition conservatrice souhaite aussi rendre obligatoires les cours d’italien pour les parents d’enfants issus de l’immigration, dans le cadre de mesures visant à favoriser l’intégration et à éviter la formation de ghettos culturels.
Les parents qui ne scolarisent pas leurs enfants pourraient faire l’objet de poursuites et être condamnés à une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à deux ans.
« Il est fondamental qu’il n’y ait pas un pourcentage trop élevé d’enfants étrangers dans une classe, car cela signifie qu’ils auront plus de mal à apprendre l’italien et les valeurs de notre communauté », a déclaré le ministre.
« Je proposerai de rendre obligatoire l’apprentissage de l’italien pour les parents dont les enfants rencontrent des difficultés scolaires. »
Le ministre Giuseppe Valditara prévoit une nouvelle circulaire pour renforcer une directive de 2010 déjà existante. Les Uffici scolastici territoriali devront coordonner la répartition des élèves étrangers — surtout ceux qui maîtrisent mal l’italien — dans les classes du même établissement et dans les écoles de proximité (« scuole di vicinato » / « scuole di prossimità »).
Valditara a précisé explicitement qu’on ne pourra pas envoyer un élève « à plusieurs kilomètres de chez lui ». Il insiste plutôt sur le fait que le vrai levier est ailleurs : les politiques résidentielles des communes, pour éviter la formation de « ghettos ».
« Il est fondamental qu’un parent connaisse notre langue et communique avec les enseignants ; trop de parents d’enfants étrangers ne se présentent pas à l’école, alors que c’est important. »
Il a précisé que le taux d’absentéisme chez les enfants issus de l’immigration s’élevait à 26 %, contre 6 % chez les enfants italiens.
Ces propositions seront débattues lors d’une conférence à l’automne, qui réunira des enseignants, des syndicats, des conseils d’élèves et des responsables politiques, a indiqué M. Valditara.
L’Italie « accueille les migrants », a-t-il déclaré, mais ceux-ci doivent comprendre « l’identité et les valeurs » du pays.
La démographie italienne a évolué au cours des dernières décennies sous l’effet de l’immigration, passant d’une population uqsiment exclusivement blanche et d’origine italienne à une société multiculturelle.
On compte aujourd’hui 930 000 enfants non italiens dans les écoles du pays, soit près de 12 % de l’effectif total. Ce chiffre est en hausse par rapport aux 3,5 % enregistrés il y a deux décennies.
Dans certaines écoles, cette proportion est bien plus élevée, notamment dans le nord du pays, où une économie relativement florissante tend à attirer davantage de familles immigrées.
Environ 43 % des enfants issus de l’immigration viennent d’Europe, principalement de Roumanie, d’Albanie, d’Ukraine et de Moldavie. Environ 32 % proviennent de pays africains, principalement du Maroc, d’Égypte, de Tunisie, du Nigeria et du Sénégal.
Un cinquième vient d’Asie, principalement du Bangladesh, de Chine, d’Inde, des Philippines et du Pakistan. Un peu plus de 8 % viennent d’Amérique latine, principalement d’Équateur et du Pérou.
Un syndicat qualifie la proposition de « myope »
L’emprisonnement des parents qui n’envoient pas leurs enfants à l’école a été qualifié de « myope » par la FLC-CGIL, un syndicat d’enseignants.
« Rendre l’enseignement de l’italien obligatoire pour les parents d’enfants issus de l’immigration n’est pas de l’intégration : c’est une sanction imposée par décret, qui risque de produire exactement l’effet inverse. Rendre cet apprentissage obligatoire ne rapprochera pas les familles des écoles : cela ne fera que les criminaliser », a déclaré le syndicat.
Les détracteurs affirment que le gouvernement adopte des positions de plus en plus intransigeantes sur des questions comme l’immigration et l’identité, dans le but de devancer un nouveau parti d’extrême droite fondé plus tôt cette année par Roberto Vannacci, un ancien commandant des forces spéciales de l’armée italienne.
« Avenir national », le parti de M. Vannacci, recueille plus de 7 % des suffrages au niveau national, selon les sondages. Il a éclipsé la popularité de la Ligue, l’un des trois partis de la coalition au pouvoir.
M. Vannacci, qui a servi en Afghanistan et en Irak, a dévoilé cette semaine davantage de détails sur le programme de son parti, appelant au déploiement de troupes dans les rues des villes italiennes pour maintenir la sécurité et à l’enseignement des valeurs militaires dans les écoles.
Il souhaite l’interdiction des bloqueurs de puberté et du changement de sexe chez les adolescents, ainsi qu’un accès restreint à l’avortement.
Les unions civiles entre couples homosexuels seraient interdites, et son parti mènerait une politique très controversée de « remigration », consistant à renvoyer les migrants dans leur pays d’origine.
Alessandro Zan, député du Parti démocrate (centre-gauche) et membre de l’opposition, a déclaré que ce programme « frôlait le nazisme ».












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