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jeudi 5 juin 2025

Les Britanniques blancs deviendront une minorité d'ici à 2063

Les Britanniques blancs, qui représentent actuellement 73 % de la population, passeront à 57 % d'ici à 2050, avant de devenir une minorité d'ici à 2063.

L'évolution démographique ethnique du Royaume-Uni, sous l'effet de l'immigration, devrait entraîner des changements spectaculaires

Selon un rapport, les Britanniques blancs deviendront une minorité au sein de la population britannique d'ici les 40 prochaines années.

Une analyse des taux de migration, de natalité et de mortalité jusqu'à la fin du XXIe siècle prévoit que les Britanniques blancs passeront de leur position actuelle de 73 % de la population à 57 % d'ici 2050, avant de devenir une minorité d'ici 2063.

Les recherches menées par le professeur Matt Goodwin de l'université de Buckingham suggèrent que d'ici la fin du siècle, la part des Britanniques blancs dans la population pourrait être tombée à environ un tiers (33,7 %).

Elles prévoient une forte augmentation de la proportion de la population britannique composée d'immigrants nés à l'étranger et de deuxième génération, qui passerait de moins de 20 % à 33,5 % au cours des 25 prochaines années.

D'ici 2100, six personnes sur dix au Royaume-Uni ne seront pas nées au Royaume-Uni ou auront au moins un parent immigrant.

La population musulmane, qui représente actuellement 7 %, devrait passer à plus d'une personne sur dix (11,2 %) au cours des 25 prochaines années et représenter une personne sur cinq (19,2 %) de l'ensemble de la population britannique d'ici la fin du siècle.

Le professeur Goodwin, professeur honoraire à l'université du Kent, a déclaré que cette étude, basée sur les données de l'Office national des statistiques (ONS) et du recensement, soulevait « des questions profondes sur la capacité de l'État britannique à absorber et à gérer un changement démographique d'une telle ampleur ».

Dans son rapport, il a déclaré que ces conclusions ne manqueraient pas de susciter « une anxiété, une inquiétude et une opposition politique considérables » parmi de nombreux électeurs favorables à une réduction de l'immigration et à un ralentissement du rythme du changement afin de préserver « les symboles, les traditions, la culture et les modes de vie du groupe majoritaire traditionnel ».

Le professeur Goodwin a déclaré : « Leurs préoccupations devront être reconnues, respectées et prises en compte si le Royaume-Uni veut éviter des turbulences politiques et une polarisation considérables dans les années et les décennies à venir. »

Son rapport fait suite à une période de migration légale et illégale sans précédent – atteignant un niveau record de 906 000 personnes sous le gouvernement conservateur en 2023 – et à des mesures répressives, notamment le livre blanc publié ce mois-ci par le Parti travailliste proposant de restreindre les droits des migrants à vivre, travailler et étudier au Royaume-Uni.

Il a déclaré : « D'ici la fin du siècle, la plupart des habitants de ces îles ne pourront pas retracer leurs racines dans ce pays au-delà d'une ou deux générations.

D'ici 2100, selon nos projections, six personnes sur dix au Royaume-Uni ne seront pas nées au Royaume-Uni ou de parents nés au Royaume-Uni.

Cela soulève d'énormes questions quant à la capacité de notre pays et de nos dirigeants à unir la population autour d'un sentiment commun d'identité, de valeurs, de modes de vie et de culture, et à éviter le risque très réel que nous devenions ce que Sir Keir Starmer a qualifié en mai d'« île d'étrangers ».

En 2022, le recensement a révélé que Londres et Birmingham étaient devenues des villes à minorité blanche britannique.

L'étude a comparé l'identité ethnique (comprenant les Britanniques blancs, d'autres groupes blancs tels que les Irlandais, les Gitans, les Roms et d'autres Européens, et les non-Blancs), l'identité religieuse des non-musulmans par rapport aux musulmans, et le pays de naissance en comparant les personnes nées au Royaume-Uni avec celles nées à l'étranger.

Elle a projeté les populations en appliquant les taux de fécondité, de mortalité et de migration spécifiques à l'âge et au sexe à une population de base de 2022 dérivée des dernières données du recensement britannique. Ces projections ont été calibrées par rapport aux projections démographiques nationales de l'ONS basées sur 2022.

La population étrangère de Londres a augmenté de près d'un million au cours de la dernière décennie.
Les populations nées à l'étranger et musulmanes ont été estimées avoir des taux de fécondité plus élevés.

Ainsi, alors que le taux de fécondité des personnes nées au Royaume-Uni était de 1,39, il était de 1,97 pour les personnes nées à l'étranger. Pour les musulmans, il était de 2,35, et pour les non-musulmans, de 1,54.

L'étude prévoit que la part de la population britannique blanche passera de 73 % à 44 % d'ici 2075, et à 33,7 % d'ici 2100.
La part des non-Blancs passera de 19,7 % à 34,8 % d'ici 2050, à 48,1 % d'ici 2075 et à 59,3 % d'ici 2100.

L'analyse suggère que la population blanche, comprenant à la fois les Britanniques blancs et les autres Blancs, deviendra minoritaire en 2079.

La part de la population britannique non musulmane diminuera progressivement, passant de 93 % en 2025 à 88,8 % en 2050, puis à 84,8 % d'ici 2075 et enfin à 80,8 % d'ici 2100, selon cette étude.

L'analyse suggère que la part de la population née au Royaume-Uni passera de 81 % à 39 % entre 2025 et 2100, tandis que la part de la population née à l'étranger passera d'un peu plus de 18 % à près de 26 % au cours de la même période.

Lorsque l'on ajoute les enfants aux personnes nées à l'étranger, la proportion de la population née à l'étranger et de deuxième génération devrait atteindre 33,5 % de la population totale du Royaume-Uni en 2050, 47,5 % en 2075 et 60,6 % en 2100, selon l'analyse.

Le rapport indique : « En d'autres termes, d'ici la fin du siècle, soit en 2100, selon les tendances actuelles, environ six personnes sur dix au Royaume-Uni ne seront pas nées au Royaume-Uni ou de parents nés au Royaume-Uni. »

Source : Daily Telegraph

mardi 24 septembre 2024

Étude : Les Blancs qui soutiennent la diversité préfèrent éviter la diversité


Selon une étude parue dans Social Science Quarterly
, les Blancs choisissent des quartiers nettement moins « diversifiés » que les non-Blancs, mais il n’y a que peu ou pas de différence raciale dans les destinations vers lesquelles se dirigent les libéraux et les conservateurs blancs, les partisans du Brexit ou leurs opposants britanniques, et les partisans et opposants américains à Trump.

La recherche scientifique sur la ségrégation montre que les Blancs ont tendance à préférer les quartiers où leur groupe ethnique est majoritaire. Les Blancs ayant une attitude plus négative à l’égard de la diversité ont tendance à exprimer une préférence pour des quartiers moins diversifiés que les Blancs ayant une attitude plus positive à l’égard de la diversité. Par rapport aux minorités présentant des caractéristiques sociales similaires, les résultats présentés dans cette étude d’Eric Kaufmann reproduisent des analyses antérieures qui montrent que les Blancs ont tendance à choisir des quartiers où il y a moins de minorités.

Toutefois, tant en Amérique qu’en Grande-Bretagne, les Blancs anti-immigration ne sont que marginalement plus susceptibles de s’installer dans des quartiers plus blancs que les Blancs pro-immigration. Ce résultat est important, car il suggère que les attitudes à l’égard de la diversité, qui prédisent les intentions de mobilité, n’expliquent pas le comportement ethnocentrique des Blancs en matière de mobilité.

Ce résultat est important, car il suggère que les attitudes à l’égard de la diversité, qui prédisent les intentions de mobilité, n’expliquent pas le comportement ethnocentrique des Blancs en matière de mobilité. Il est possible que la prise de décision ethnocentrique inconsciente et rapide soit dominante tant chez les Blancs qui adhèrent à l’ethnocentrisme que chez ceux qui s’y opposent.

Cela suggère que la « voix », c’est-à-dire les attitudes à l’égard de la diversité et de la politique nationales, peut opérer sur un plan cognitif totalement distinct de la « fuite » locale et du choix de la destination (Hirschman, 1970). Cela indique une disjonction entre un ethnocentrisme relativement universel dans le domaine de la résidence (et peut-être des amitiés et des relations) et un ethnocentrisme moins assumé, décrié même, dans le discours politique.

Les résultats concordent largement avec les travaux montrant que l’allégeance politique n’a qu’un faible effet sur le choix résidentiel et que les équipements, la démographie et les forces économiques expliquent mieux le choix de résidence. Ils suggèrent également que les préférences des minorités ou l’approche basée sur les réseaux de Krysan et Crowder (2017) peuvent offrir une meilleure explication du tri résidentiel ethnique que l’ethnocentrisme conscient. Par exemple, les données de recensement longitudinales montrent que le fait de vivre dans un ménage métissé ethniquement en Grande-Bretagne 10 ans avant un déménagement a un effet considérable pour contrer la tendance générale d’un Britannique blanc à choisir une destination plus blanche.

Un effet d’intégration similaire s’observe pour les minorités vivant dans de tels ménages. En effet, les données de l’enquête Understanding Society révèlent également que les Blancs — mais pas les minorités — dont les amis sont tous de la même race l’année précédant le déménagement choisissent des destinations un peu plus blanches que ceux qui avaient un groupe d’amis plus diversifié sur le plan racial avant de déménager.

Pourtant, ni le fait de vivre dans une maison ethniquement mixte ni le fait d’avoir des amis d’une race différente avant le déménagement ne réduisent considérablement l’effet principal de l’ethnicité sur le choix de la destination. D’autres recherches dans ce domaine devraient se concentrer sur la variation des liens faibles, des préférences en matière d’équipements ou des environnements d’information (Krysan et Crowder, 2017, chap. 4) avant le déménagement pour expliquer le choix résidentiel.

dimanche 16 octobre 2022

Société métissée — Le New York Times craint la perpétuation du racisme malgré la minorisation des blancs

Charles McRay Blow (né le 11 août 1970) est un journaliste, commentateur et éditorialiste américain pour le New York Times et analyste politique actuel pour MSNBC.

Pour Charles McRay Blow, dans un article d’opinion publié par le New York Times, alors que les États-Unis deviennent moins blancs, la suprématie blanche pourrait simplement se muer en une suprématie « plus pâle », dans laquelle les personnes à la peau plus claire (comprendre y compris les Hispaniques) perpétuent un racisme anti-noir modifié plutôt que de l’éliminer.

Traduction de son article :

J’ai une théorie sur l’avenir de l’Amérique que je ne veux pas voir se réaliser.

C’est une théorie qui m’inquiète et sur laquelle j’ai déjà écrit : avec le brunissement de l’Amérique, la suprématie blanche pourrait simplement être remplacée par — ou renforcée par — une forme de suprématie « pâle », dans laquelle les personnes à la peau plus claire perpétuent une version modifiée du racisme anti-noir plutôt que de l’éliminer.

Les commentaires racistes révélés cette semaine provenant d’un enregistrement de dirigeants latinos à Los Angeles — trois membres du conseil municipal et un dirigeant syndical — n’ont rien fait pour apaiser ces craintes.

Dans les enregistrements, la présidente du Conseil, Nury Martinez, qui a démissionné de son poste de président du Conseil lundi et a démissionné du Conseil mercredi, a fait les commentaires les plus flagrants. Elle a insulté les gens de la manière la plus grossière et la plus racialement offensante, comparant le fils noir d’un collègue à un singe et semblant insulter les Oaxaca — des gens de la région disproportionnellement amérindienne d’Oaxaca au Mexique — en les qualifiant de « petites personnes foncées et courtes » qui sont « laides ». »

Mais ce qui me dérange le plus, c’est le tribalisme racial, ethnique de ses calculs politiques. Après tout, l’enregistrement est celui d’une réunion sur le redécoupage électoral décennal de la ville. Il s’agit d’une réunion portant sur le pouvoir politique et sur comment aider ou nuire à l’élection de certains selon le découpage des districts électoraux.


 

Dans l’enregistrement, lorsque l’ancien président de la Fédération du travail du comté de Los Angeles, Ron Herrera, dit : « Je suis sûr que Katz et son équipe ont un programme », se référant à l’ancien membre de l’Assemblée d’État Richard Katz, qui est juif, Martinez répond que les Juifs « ont passé un accord avec South L. A. »

Plus direct, Martinez licencie un responsable en disant : « [juron] ce type… Il est avec les Noirs. »

Je ne veux pas suggérer que les personnes qui participent à cet appel sont représentatives de la société dans son ensemble, mais je comprends que la politique est un sport de contact et qu’elle divise les gens en groupes. Parfois, ces regroupements se font sur la vision des partis, leurs programmes. Parfois, ils tournent autour de choses plus fondamentales comme l’identité et la culture.

Pour être clair, je crois à la répartition représentative du pouvoir politique. Los Angeles est presque à moitié latino. Il devrait y avoir un pouvoir politique latino fort et décomplexé dans cette ville. En fait, la sous-représentation est un problème qui continue d’affliger la communauté latino.

Comme Paul Barragan-Monge, le directeur de la mobilisation de l’U.C.L.A. Latino Policy and Politics Institute, a expliqué cette semaine à propos du pouvoir hispanique en Californie : « Bien qu’ils représentent 39 % de la population de l’État, ils ne constituaient que 18,4 % des nominations au postes de direction dans le cabinet du gouverneur. »


Ce déséquilibre doit être corrigé. Le problème que pose cet enregistrement est que les personnes qui participaient à l’appel semblent voir le pouvoir parmi les électeurs de la ville comme un jeu à somme nulle, et dans ce jeu, ils ont ouvertement dénigré d’autres groupes en raison de leur identité.

Au lieu de s’allier avec d’autres groupes défavorisés, ils les ont rabaissés. Leur discussion était anti-noire, anti-autochtone, anti-juive.

Ils faisaient le travail de la suprématie blanche. Et pas parce qu’ils voient le pouvoir blanc comme étant le leur. À un moment de l’enregistrement, tout en discutant de la question de savoir si le membre du Conseil Mark Ridley-Thomas, qui est noir, continuera à être payé après son inculpation pour corruption, Martinez dit : « Ce n’est pas nous. Ce sont les membres blancs de ce Conseil qui vous [juron] en un claquement de doigts. »

Le racisme intraminoritaire [devenu majoritaire en Californie et bientôt aux États-Unis…] est complexe à certains égards, mais simple à d’autres.

Le racisme est perpétué par ceux qui en profitent. Le racisme anti-noir profite à ceux dont les apparences sont les moins noires. La suprématie blanche profite à ceux qui sont blancs, ou à ceux qui sont voisins du blanc à la fois en apparence, en culture et en affect.

Moi aussi, je souhaite que nous vivions l’avenir idéalisé auquel aspirent certains militants : une Amérique qui, en devenant moins blanche, devient également moins raciste et plus égalitaire et tolérante sur le plan racial.

Mais cet avenir plein d’espoir n’est pas assuré, peu importe à quel point nous croyons que nos enfants sont plus tolérants sur le plan racial, peu importe si la diversité raciale est davantage présente dans la culture pop, peu importe la fréquence à laquelle nous avons des repas-partage multiculturels au travail.

C’est en partie parce qu’une partie de l’alliance que nous vivons est performative. Pendant l’été des protestations [émeutes] en 2020, vous auriez pensé que Martinez était solidaire des Noirs et des vies noires. Elle a déposé une requête pour réduire le financement du département de police de Los Angeles — pour supprimer le financement de la police — et elle a publié un gazouillis approuvant cette décision : « Aujourd’hui, nous avons introduit une motion visant à réduire le financement de la police de Los Angeles, alors que nous réinitialisons nos priorités à la suite du meurtre de #GeorgeFloyd et de l’appel #BlackLivesMatter et que nous voulons tous pour mettre fin au racisme. Ce n’est qu’un petit pas. Nous ne pouvons pas parler de changement, nous devons être axés sur le changement. »

Elle a soutenu la fin du racisme en public, mais l’a perpétué en privé.

Même dans la partie de l’enregistrement où elle parle de l’enfant noir comme d’un singe, elle explique qu’elle était avec cet enfant sur un char du défilé du Martin Luther King Day rempli de personnes noires et brunes.

La triste réalité est que la suprématie blanche anti-noirs ne se limite ni aux Blancs ni aux républicains, même s’ils la courtisent et la dorlotent. Martinez est démocrate dans une ville majoritairement démocrate.

L’erreur est de croire que chaque personne dans chaque communauté qui a été opprimée par la suprématie blanche la rejettera. Ce n’est tout simplement pas vrai, car certains voient l’oppression comme le fait d’avoir un perchoir : il faut être juché dessus pour pouvoir opprimer. Dans cette optique, être en mesure d’opprimer devient une aspiration ; être anti-Noirs — et être capable d’éviter la majorité racisme anti-noirs — permet de trier les gens. C’est un signe de réussite. C’est très américain.

Voir aussi

États-Unis — district scolaire exclut élèves asiatiques des personnes de couleur et les classe avec les Blancs

Le nouvel exode blanc 

États-Unis — Pas de réduction de l’écart scolaire en maths et lecture entre les groupes ethniques

La Californie dit « oui » à l’éducation bilingue

Massacres de la quasi-totalité de blancs de 1804 en Haïti, les mulâtres forcés de participer aux massacres (Wikipédia)

Le déclin des blancs : rejeter, réprimer, fuir ou métisser ? (Whiteshift)

Citations ethniquement incorrectes de Karl Marx 
 
 
  
 
 
 
 

mercredi 20 octobre 2021

Pendant le Grand Réveil woke, l'écart des résultats en maths et en lecture entre les élèves noirs et blancs a crû de 20 %

Pendant ces dix dernières années, les Américains blancs progressistes, les wokes, se sont tellement déplacés vers la gauche sur les questions de race et de racisme qu’ils sont désormais souvent à gauche de l’électeur noir typique sur ces sujets. 
 
Ce changement est un « Grand Réveil » comparable à certains égards à l’énorme ferveur religieuse dans le Nord des États-Unis peu avant la guerre de Sécession. Pour certains observateurs, ce Grand réveil woke a commencé à l’époque des manifestations de 2014 à Ferguson, dans le Missouri. Le , un policier blanc, Darren Wilson, avait tiré plusieurs fois sur un homme noir de 18 ans, Michael Brown. Une série de manifestations parfois violentes s’ensuivit dans plusieurs villes des États-Unis.  Les militants radicaux profitèrent de la facilité de filmer des événements et de les diffuser sur les médias sociaux pour donner une énorme visibilité à ce qui n’aurait été qu’un banal fait divers local auparavant.

Depuis lors, comment les élèves noirs font-ils aux États-Unis alors que l’idéologie woke, et plus particulièrement la théorie critique de la race, s’est répandue dans les écoles ?

Les données de l’Évaluation nationale des progrès éducatifs (NAEP)  indiquent une baisse globale des résultats scolaires pour les élèves de 13 ans depuis 2012. Ces baisses se concentrent parmi les élèves les moins performants. Des baisses similaires ont également été enregistrées sur une évaluation distincte et similaire conçue pour mesurer les tendances à court terme, les résultats de cette autre étude montrent également une baisse pour les élèves en bas de l’échelle et en hausse pour les meilleurs élèves.

Le nouveau rapport révèle que les résultats ont chuté pour les étudiants noirs et hispaniques depuis 2012 et restent stables pour les enfants blancs, creusant ainsi l’écart. Cette année a également révélé un écart entre les sexes, car les résultats en mathématiques des garçons de neuf ans sont restés stables tandis que ceux des filles ont chuté par rapport à 2012.

Se pourrait-il qu’à force de dire aux jeunes Noirs à quel point ils sont opprimés, que les mathématiques sont racistes (voir liens ci-dessous), certains élèves noirs ne se soient pas appliqués dans leurs études puisqu’on leur serine que les dés sont de toute façon pipés ?  Et si le wokisme nuisait non seulement aux pays qui cèdent à son chant des sirènes, mais également à ses minorités ?


« Nous sommes déçus de voir que les scores ont stagné ou baissé depuis 2012, et nous sommes particulièrement inquiets de voir que les résultats des élèves les moins performants ont baissé », a déclaré Carissa Moffat Miller, P.D.G. du Council of Chief State School Officers.

Les tests ont été administrés au cours de l’année scolaire 2019-2020, avant que la gestion de la pandémie n’impose la fermeture des écoles. De nombreux experts s’attendent à de nouvelles baisses causées par l’imposition d’une éducation en ligne de qualité inférieure par les autorités scolaires. 

Des tests nationaux seront administrés cette année scolaire aux enfants de 9 ans, en avance sur le calendrier normal, pour voir si ces craintes se sont concrétisées. Des tests étaient prévus pour les jeunes de 17 ans au printemps 2020, mais ils ont été annulés en raison de la fermeture des écoles. Les tests avaient déjà été administrés aux enfants de 9 et 13 ans, offrant la possibilité de comparer les performances immédiatement avant et après la fermeture des écoles. 

Par rapport aux résultats de 2012, les performances ont chuté pour les élèves de 13 ans à la fois en lecture et en mathématiques. Sur une échelle de 500 points, les élèves de 13 ans ont obtenu en moyenne 280 en mathématiques en 2020, contre 285 en 2012. Pour la partie lecture, les scores sont passés de 263 à 260. Les deux changements étaient statistiquement significatifs.

 
Voir aussi  
 
 
 
 
  
 


samedi 14 août 2021

Recensement 2020 aux États-Unis — 5 millions de blancs en moins par rapport à 2010

Les premières statistiques raciales et ethniques publiées du recensement américain de 2020 montre clairement que « l’explosion de la diversité » aux États-Unis se poursuit, bien que dans un contexte de croissance nationale plus lente, en particulier chez les jeunes. Les nouveaux chiffres montrent que, pour la première fois, il y a eu une perte absolue (de 2010 à 2020) du nombre d’Américains blancs qui ne s’identifient pas à d’autres groupes ethniques (certains hispaniques sont blancs). Cela signifie que toute la croissance du pays de 2010 à 2020 est attribuable aux minorités — celles qui s’identifient comme latino ou hispanique, noir, Américain d’origine asiatique, hawaïenne ou insulaire du Pacifique, amérindienne ou métisse. Ensemble, ces groupes minoritaires représentent désormais plus de 40 % de la population américaine.

Alors que les résultats du recensement de 2020 précédemment publiés indiquaient un ralentissement marqué de la croissance démographique nationale, ces derniers chiffres montrent qu’une croissance lente et une diversité accrue sont particulièrement évidentes chez les jeunes. Entre 2010 et 2020, la population des moins de 18 ans du pays a enregistré une baisse absolue de plus d’un million de personnes. Cela résultait d’une perte notable de la population de jeunes blancs qui n’a pas été entièrement compensée par des gains dans d’autres groupes raciaux et ethniques. En conséquence, les Américains blancs représentent désormais moins de la moitié de la population des moins de 18 ans du pays.


 La dernière décennie a vu un ralentissement de la croissance démographique et une diminution en termes absolus de population blanche

Le taux de croissance de 7,4 % du pays de 2010 à 2020 était inférieur à celui de n’importe quelle décennie depuis les années 1930. Il n’est donc pas surprenant que les taux de croissance de certains groupes raciaux et ethniques aient également diminué par rapport à la décennie précédente. C’est particulièrement le cas pour les Latino-Américains ou hispano-américains qui n’ont cru « que » de 23 % entre 2010 et 2020 par rapport à 43 % en 2000 à 2010. La baisse de la fécondité et de l’immigration au cours de la décennie expliquent en très grande partie ce ralentissement.

Pourtant, ce qui frappe le plus c’est le déclin en termes absolus de la population blanche, le premier déclin depuis le tout premier recensement en 1790. Pendant une grande partie de l’histoire des Étas-Unis, la croissance de la population blanche a reflété le taux de croissance national, y compris un ralentissement substantiel pendant la Grande Dépression. Pourtant, depuis les années 1970, la croissance de la population blanche a continuellement baissé, tombant à seulement 1,2 % de 2000 à 2010 pour aboutir de 2010 à 2020 à une perte de -2,6 % du nombre de blancs (ou plus de 5 millions de personnes).

En plus de la baisse de la fécondité et de l’immigration, une grande partie de cette perte est attribuable au vieillissement continu de la population blanche. Moins de naissances et plus de décès ont entraîné un solde naturel négatif (plus de décès que de naissances) pour la décennie 2010, avant même la pandémie de COVID-19. En outre, l’augmentation des mariages multiraciaux a entraîné une augmentation du nombre de jeunes qui s’identifient comme métisses plutôt que comme seulement blancs. Les nouveaux résultats du recensement montrent également une augmentation substantielle du nombre d’Américains qui ont indiqué appartenir à deux ou plusieurs groupes raciaux.

Ces changements aboutissent à une situation où les races et groupes ethniques non blancs représentent tous les gains démographiques de 2010 à 2020 dans la population américaine. Les contributions les plus importantes sont venues d’Américains latinos ou hispaniques, à 11,6 millions, ce qui représente environ la moitié du gain total de la décennie de 22,7 millions. Les Américains d’origine asiatique et les personnes s’identifiant comme deux races ou plus ont également largement contribué au gain de population total de la décennie.

Bien que 35 États aient enregistré des pertes de population blanche au cours de la décennie, seuls trois d’entre eux (Illinois, Mississippi et Virginie-Occidentale) ont enregistré des déclins de population totale. Dans les autres États (y compris la Californie, New York, le New Jersey et le Massachusetts), les groupes ethniques non blancs ont été à l’origine de toute la croissance des années 2010. Un bon exemple est la Californie, qui a dominé le pays sur le plan de la perte de population blanche (1,2 million), mais a bénéficié d’importants gains latinos ou hispaniques (1,5 million) et des gains américains d’origine asiatique (1,2 million). De plus, dans tous les États qui ont gagné en population blanche au cours de la décennie, leurs populations non blanches combinées ont contribué à plus de la moitié de leur croissance. (Washington, D.C., où la croissance de la population blanche a dominé, est une exception.)

Les déclins de la population blanche étaient omniprésents dans de grandes parties du pays, y compris 61 des 100 plus grandes régions métropolitaines ; 196 des 319 villes de plus de 100 000 habitants ; et 2 458 des plus de 3 100 comtés du pays. Pourtant, moins de ces régions ont connu des pertes de population globales (seules trois grandes régions métropolitaines, 37 grandes villes et 1 650 comtés) parce que leurs pertes de personnes blanches ont été plus que compensées par les gains d’autres groupes raciaux et ethniques.

Plus de 40 % des Américains s’identifient désormais comme des personnes de couleur

Plus de 40 % des Américains s’identifient désormais comme appartenant à un ou plusieurs groupes raciaux et ethniques.

Les derniers recensements ont montré une diversité raciale et ethnique accrue au sein de la population américaine. En1980, les résidents blancs représentaient près de 80 % de la population nationale, les résidents noirs représentant 11,5 % et les résidents latinos ou hispaniques 6,4 %. En 2000, la population latino ou hispanique affichait une part légèrement plus élevée que la population noire : 12,5 % contre 12,1 %. À ce moment-là, la part de la population américaine d’origine asiatique était passée à 3,6 %, tandis que la part de la population blanche était tombée à 69,1 %.

Aujourd’hui, 20 ans plus tard, la part de la population blanche est tombée à 57,8 %. Les parts de la population latino-américaine ou hispanique et américaine d’origine asiatique ont augmenté à 18,7 % et près de 6 %, respectivement. Alors que ces groupes ont fluctué au cours des 40 dernières années, soit à la hausse (pour les populations latino-américaines ou hispaniques et asiatiques) soit à la baisse (pour la population blanche), la part des Noirs de la population est restée relativement constante.

Les nouvelles données du recensement montrent que la baisse des parts de la population blanche a lieu dans tout le pays. Au cours de la décennie 2010-2020, la part de la population blanche a diminué dans les 50 États (mais pas à Washington, D.C.) avec des baisses marquées dans plusieurs. Au Nevada, la part de la population blanche est passée de 65 % en 2000 à 54 % en 2010, puis à 46 % en 2020. Les parts de la population blanche ont diminué dans 381 des 384 régions métropolitaines du pays et 2 982 de ses 3 140 comtés.

En outre, le recensement de 2020 montre que la population blanche est minoritaire dans six États et Washington, D.C. C’était déjà le cas du Maryland et du Nevada depuis 2010. En outre, 27 des 100 plus grandes régions métropolitaines ont des populations blanches minoritaires, dont Dallas, Orlando (Floride), Atlanta, Austin (Texas), La Nouvelle Orléans et Sacramento (Californie) qui est devenu à majorité non blanche en 2020.

Les gains et les pertes de population varient selon les États et les régions

Malgré la lenteur de la croissance démographie sur le plan national au cours de la décennie 2010, une grande variation dans les gains existe entre les États pour les différents groupes raciaux et ethniques. Comme indiqué ci-dessus, 35 États ont perdu leur population blanche au cours de cette période. Pourtant, la plupart des États ont gagné des résidents américains latinos ou hispaniques, noirs et asiatiques.

Il existe des différences entre les États les plus peuplés pour chaque groupe ethnique. Les États qui ont enregistré des gains de résidents blancs sont exclusivement situés dans la Sud (la « Ceinture du Soleil »), avec au premier plan l’Utah, le Colorado et la Floride. En fait, les 11 États (y compris Washington, D.C.) avec les plus grands gains de blancs en termes absolus sont tous situés dans les régions du sud et de l’ouest. En revanche, sept des huit États avec les plus grandes pertes de population blanche se trouvent dans le nord-est et le Mid-Ouest, y compris les États très urbanisés de New York, de l’Illinois et du New Jersey. La seule exception dans la Ceinture du Soleil est la Californie, un autre État urbanisé, qui a entraîné tous les autres dans les pertes de population blanche. Tous ces États à la population blanche en déclin absolu votent fortement démocrates.

Les gains de population noire favorisent également le Sud, et tout d’abord le Texas, suivi de la Géorgie et de la Floride. Cela est cohérent avec l’histoire récente des schémas de migration des Noirs vers les États du Sud prospères, à l’inverse de la « grande migration » des Afro-Américains hors du Sud dans la première moitié du XXe siècle. Pourtant, plusieurs États non méridionaux, dont le Minnesota, le Nevada et l’Arizona, ont également attiré des Noirs américains au cours de la dernière décennie. À l’autre extrémité du spectre se trouvent sept États et Washington, D.C., qui ont enregistré des pertes de résidents noirs. Les pertes les plus importantes se sont produites en Illinois, en Californie, au Michigan et à New York. Ce sont parmi les États qui servent aujourd’hui d’origine à la « migration inverse » vers le Sud.

Les États qui ont gagné le plus de résidents latino-américains ou hispaniques et d’Américains d’origine asiatique diffèrent quelque peu des deux groupes précédents. Ces gains se concentrent dans les États qui ont historiquement déjà attiré de nombreux latinos et Asiatiques, notamment le Texas, la Californie, la Floride et New York. Bien que les populations des deux groupes se dispersent à travers le pays, les gains globaux sont encore fortement concentrés dans ces États.

La population de jeunes a diminué dans 27 États et dans l’ensemble du pays

Les nouvelles données du recensement de 2020 permettent d’évaluer la taille et les changements récents de la population nationale des moins de 18 ans (appelée ici la population « jeune »). Un résultat particulièrement remarquable est le déclin global de cette population au cours de la décennie 2010-2020. Dans un pays qui vieillit rapidement, une baisse absolue de la population jeune représente un défi démographique pour l’avenir.

La perte de plus d’un million de jeunes de 2010 à 2020 contraste avec les gains de cette population au cours des deux décennies précédentes. Bien que ce ne soit pas la première décennie à enregistrer une perte de jeunes dans le pays, cela se produit à une époque de vieillissement accru de la population. Cela diffère de la situation dans les années 1960, quand une grande partie de la grande population de baby-boomers avait moins de 18 ans et représentait 35 % de la population totale. Cette part des jeunes a baissé au fil du temps et n’atteint plus désormais que 22 %.

Cela signifie que les jeunes représentent une part démographiquement plus petite de la population alors que la population globale vieillit. À mesure que l’importante population de baby-boomer prendra sa retraite, tant les jeunes que la population en âge de travailler ne connaîtront au mieux qu’une croissance modeste.

La diminution du nombre de jeunes est patente et même exacerbée dans une grande partie du pays. Entre 2010 et 2020, 27 États ont enregistré des baisses absolues de leur population de jeunes. Ces états sont situés dans toutes les régions du pays, mais surtout dans le Nord-Est.

Les personnes de couleur représentent plus de la moitié de la jeunesse du pays

Les immigrants et leurs enfants nés aux États-Unis sont plus jeunes que le reste de la population américaine, l’immigration des dernières décennies en provenance d’Amérique latine, d’Asie et d’ailleurs a contribué à renforcer la taille de la population jeune du pays. Cela est évident dans les contributions de différents groupes ethniques et raciaux au cours de la période de 2010 à 2020, qui montre que les jeunes latinos ou hispaniques, les jeunes Américains d’origine asiatique et les jeunes s’identifiant à deux sont plus de races qui ont contribué à tous les gains de population de ce groupe d’âge.


 

Sans ces groupes ethniques, le déclin de la population des jeunes au cours de la dernière décennie aurait été encore plus important. La population de jeunes blancs est en déclin depuis 2000 en raison du faible niveau de natalité depuis plusieurs décennies et d’une proportion proportionnellement plus faible de femmes blanches en âge de procréer. Et cette population devrait encore diminuer dans les décennies à venir. De même, il y a eu des baisses plus modestes du nombre de jeunes Noirs ainsi que de ceux qui s’identifient comme Indiens d’Amérique et autochtones de l’Alaska.

Cette dynamique s’est produite dans la plupart des États. Tous les États, à l’exception de l’Utah (les mormons…) et du Dakota du Nord (et de Washington, D.C.) ont enregistré des baisses de leurs populations de jeunes blancs de 2010 à 2020. Étant donné que la grande majorité des États affichent également des pertes dans leurs populations de jeunes noirs, Indiens d’Amérique et autochtones de l’Alaska, les gains de jeunes ont tendance à provenir en grande partie des jeunes latinos ou hispaniques, des jeunes Américains d’origine asiatique ou des personnes s’identifiant comme deux races ou plus.

Cette baisse de cinq millions n'est pas attribuable à un changement d'identification


D’aucuns pourraient penser que cette forte diminution (-5 millions de blancs) est due principalement à un changement d’identification des blancs, car s’identifier d’une autre race que blanc confère des avantages dans un pays où la discrimination positive pour les non-blancs (et donc, négative envers les blancs) est commune. Cela est peu probable pour plusieurs raisons :

  • la perte de 5 millions se concentre quasi exclusivement chez les jeunes de moins de 18 ans qui ne s’identifient pas, ce sont leurs parents qui effectuent cette identification lors du recensement. On voit mal pourquoi les couples adultes blancs s’identifieraient comme blancs (or ils auraient aussi avantage selon cette théorie à se dire non blancs), mais identifieraient leurs enfants non métis comme non blancs ;
  • l’identification à un groupe ethnique lors d’un recensement anonyme n’apporte aucun avantage aux termes des politiques discriminatoires ;
  • le taux de natalité des blancs est sous le seuil de reproduction depuis près de 50 ans;
  • les enfants métis (nés de parents de races différentes) existent et leur nombre croît, il ne s’agit pas d’un simple tour de passe-passe identitaire de parents blancs, mais bien de mélange de races qui fait mécaniquement baisser le nombre d'enfants des autres races.

Indice synthétique de fécondité aux États-Unis en 2019, selon l'origine ethnique de la mère(naissances pour 1 000 femmes)


 



 


« Une fabuleuse nouvelle »

La nouvelle a été saluée triomphalement par une chroniqueuse du Washington Post (très à gauche, très pro-Biden). La chroniqueuse du Washington Post, Jennifer Rubin, a célébré jeudi la « fabuleuse nouvelle ». « Une société plus diversifiée et plus inclusive », de déclarer Rubin sur Twitter. « C’est une nouvelle fabuleuse. » « Maintenant, nous devons empêcher la domination blanche minoritaire », a-t-elle déclaré. 

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Espérance de vie baisse chez les hommes en Ontario, en Colombie-Britannique et chez les blancs aux États-Unis 

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Canada — un pays non blanc vers le milieu de ce siècle ?

Pourquoi le patriarcat a de l’avenir

Le nouvel exode blanc

Éric Kaufmann — Les plus religieux hériteront-ils de la Terre ?   

Le déclin des blancs : rejeter, réprimer, fuir ou métisser ? 

« La planète va se vider de sa population, changeons nos idées reçues » 

Plus de travail, moins de bébés ? Carriérisme contre familisme (c’est une question de priorités, de « valeurs »)

Un pays à très faible fécondité peut-il jamais renouer avec le taux de renouvellement des générations ? (l’exemple de la Géorgie dans le Caucase)

 
 
 
Selon le Congressional Research Service en 2014, les Blancs représentaient 85,0% des décès de militaires américains en Afghanistan:


 

samedi 31 juillet 2021

Inscription aux universités américaines — Quel patriarcat blanc ?

Quelle domination blanche ?

Le taux d’inscription à l’université américaine pour les Hispaniques de 18 à 24 ans était plus élevé en 2019 (36 %) qu’en 2010 (32 %). Le taux d’inscription à l’université pour leurs homologues amérindiens/indigènes de l’Alaska était plus faible en 2019 (24 %) qu’en 2010 (41 %). Il n’y avait aucune différence mesurable entre les taux d’inscription à l’université entre 2010 et 2019 pour ceux qui étaient blancs (41 % en 2019), noirs, asiatiques, insulaires du Pacifique et de deux races ou plus.

 

Quel patriarcat blanc ?

En 2019, les taux d’inscription à l’université américaine pour les hommes de 18 à 24 ans (37 %) et les femmes (44 %) n’étaient pas sensiblement différents des taux correspondants en 2010. Cependant, chez les hommes, les taux d’inscription au collège étaient plus élevés en 2019 qu’en 2010 pour ceux qui étaient hispaniques (33 contre 28 %) et plus bas en 2019 qu’en 2010 pour ceux qui étaient blancs (37 contre 41 %).

Source : https://nces.ed.gov/programs/coe/indicator/cpb


mercredi 28 avril 2021

La vaccination ethno-raciale existe en Ontario... et au Québec comme aux États-Unis

Matthieu Bock-Coté s’insurge ce matin que la vaccination raciale existe en Ontario :

[…] En début de semaine, on apprenait qu’à Hamilton, en Ontario, une stratégie vaccinale fondée sur des critères raciaux a été mise en place dans certains quartiers.

Pour la justifier, on explique que les « populations racisées », comme on dit, sont davantage victimes de la pandémie.

Solution : Hamilton vaccinera en accordant une priorité vaccinale aux « racisés ». Vous avez la couleur de peau priorisée par la bureaucratie diversitaire ? Vous aurez droit à votre dose. Vous n’avez pas la bonne. Attendez. Entre les voisins, on triera.

Qu’on se comprenne bien : il ne s’agit pas seulement de constater qu’en certains quartiers, la pandémie frappe plus fort et qu’on décide donc d’en faire une zone de vaccination prioritaire — quartiers par ailleurs composés de communautés minoritaires qui, pour diverses raisons, sont davantage frappées par la crise. Une telle mesure est absolument légitime.

Il s’agit de dire qu’en ces quartiers, la priorité vaccinale sera accordée selon la couleur de la peau. En gros, en ces quartiers, on triera entre les voisins à partir de ce critère. Ce sont les nouvelles lois raciales des années 2020. Elles se veulent toutefois progressistes.

Imagine-t-on une meilleure manière de créer des tensions raciales, et d’illustrer que dans le pays du multiculturalisme radical, une forme de discrimination ethnique inversée s’opère ?

On aura beau nous expliquer par de beaux grands mots savants et des théories tarabiscotées que le racisme antiblanc est une impossibilité logique, c’est pourtant devant cela que nous nous retrouvons.

En prétendant corriger au Canada des injustices à l’américaine, on en vient à créer de la ségrégation ontarienne.

Je suis convaincu que l’immense majorité des personnes issues des communautés ethniques elles-mêmes jugent inacceptable une telle décision. […]

Il semble avoir échappé au chroniqueur et essayiste que la vaccination ethnique (raciale) existe aussi au Québec :

Les autochtones de 18 ans et plus habitant Montréal pourront se faire vacciner contre la COVID-19 à partir de vendredi, alors que les membres de la communauté inuite peuvent y avoir accès depuis lundi.

Des sites de vaccinations leur seront exclusivement dédiés afin d’offrir un espace sécuritaire et adapté aux besoins culturels des membres des communautés autochtones de la région de Montréal et pour pouvoir rejoindre les aînés.

Les services sont destinés exclusivement à la population autochtone et aux membres de leur famille. De plus, dans le but d’assurer la même couverture vaccinale que celle déjà offerte à plusieurs autres communautés autochtones de la province, la vaccination sera accessible aux adultes de 18 ans et plus et leur famille, pour limiter les déplacements interrégionaux.

Les travailleurs ayant un lien d’emploi avec une organisation du Nunavik, les personnes ayant une présence sur le territoire prévu de 4 mois ou plus dans l’année et les travailleurs cycliques (construction, mine, Hydro-Québec) peu importe la durée de leur présence sur le territoire peuvent également être vaccinés depuis lundi.

Entre-temps, dans la Métropole (au sud de la frontière), notre président américain s’est félicité de la vaccination raciale : « J’ai dit dès le début que nous allions combattre ce virus avec équité — équité pour tous. C’est un fait, si je ne me trompe pas, il y a plus d’aînés latino-américains et afro-américains qui ont été vaccinés en pourcentage que d’aînés blancs. Ces chiffres sont également un signe de progrès sur ce front. ».

Ce qui est quand même déroutant. Biden répète son mot fétiche « équité ». Mais nous pensions que « équité » signifiait arriver au même résultat (égalité des résultats, plutôt qu’égalités des chances) ? Si cela est vrai, pourquoi Joe Biden se vente-t-il de différents résultats dans la vaccination et l’appelait-il cela l’« équité ». Le mot équité aurait-il un autre sens ? Tout simplement discrimination raciale ?

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CDC recommande que les «travailleurs essentiels» soient vaccinés avant les plus de 65 ans, même si cela entraînera davantage de décès. Parce que, selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, il serait immoral (contraire à l’éthique) d’accorder la priorité aux personnes âgées sachant qu’elles ne sont pas assez diversifiées sur le plan racial (comprendre trop blanches).

dimanche 21 mars 2021

Église d'Angleterre veut réserver 30 % des postes d'ecclésiastiques à des minorités ethniques

Un rapport obtenu par le Spectator de Londres révèle que l’Église d’Angleterre prévoit de mettre en place une formation antiraciste et de contextualiser les statues « susceptibles de blesser ou d’offenser ».

L’Église d’Angleterre introduira un quota pour le clergé issu de minorités ethniques. Elle mettra en place une formation antiraciste.

L’année dernière, les responsables de l’Église ont mis en place un groupe de travail pour enquêter sur le racisme après que Mgr Justin Welby, l’archevêque de Cantorbéry, a déclaré lors d’un débat général au Synode qu’il était « désolé et honteux… que nous soyons toujours institutionnellement racistes ».


Le nombre de membres du clergé qui s’identifient comme appartenant à une minorité britannique a toujours été faible. Sur les 42 évêques diocésains du Royaume-Uni, le seul issu d’une minorité ethnique est Guli Francis-Dehqani (ci-contre), l’évêque de Chelmsford, d'origine iranienne.

Selon les statistiques du ministère de 2019, environ 93,7 % des cadres supérieurs — une catégorie qui comprend les évêques, les archidiacres et le clergé de la cathédrale — se disent de race blanche britannique, une légère baisse par rapport à 2012, alors que ce chiffre était de 96 %.

Le rapport divulgué par The Spectator indique comment le nouveau groupe de travail prévoit de remédier à ces déséquilibres, avec des recommandations telles qu’un quota de 30 % pour le clergé « ethnique », une refonte de l’éducation dans les écoles de l’Église et du programme du clergé. Toutes les listes restreintes des candidats retenus devront également comprendre au moins une personne issue d’une minorité ethnique.

Le rapport, divulgué au Spectator et intitulé « De la lamentation à l’action : rapport du groupe de travail sur l’antiracisme des archevêques », indique qu'« un ecclésiastique issu d’une minorité britannique [devrait être] élu dans chaque région ».

Les réformes seront financées et supervisées par la création d’une unité de justice raciale pour une durée déterminée de cinq ans. Le rapport doit être présenté au Conseil des archevêques la semaine prochaine. Sa version définitive devrait être publiée le 22 avril.

Le projet de document suggère également que les responsables doivent « reconnaître, se repentir et prendre des mesures décisives pour s’attaquer à l’histoire et à l’héritage honteux » de l’implication de l’Église dans la traite transatlantique des esclaves et « s’occuper de toute partie d’une église qui pourrait blesser ou offenser ».

La statue d’Edward Colston jetée à l’eau

« Le mouvement Black Lives Matter, et en particulier le renversement de la statue de Colston sur les docks de Bristol, a jeté un nouvel éclairage et a suscité le sentiment d’urgence nécessaire pour que l’Église d’Angleterre se penche sur son propre héritage contesté », affirme le document.

Il suggère qu’un programme de formation accéléré pour le clergé considéré comme « à surveiller » devrait accueillir un minimum de 30 % de candidats issus de minorités « afin de constituer une relève ».

Il exhorte également toutes les écoles primaires et secondaires de l’Église d’Angleterre à « élaborer un vaste programme d’éducation religieuse qui inclura une référence explicite à la promotion de la justice raciale », commémorera le Mois de l’histoire des Noirs et célébrera des saints et des modèles « issus de la diversité ».

Après la fuite du rapport, les archevêques de Cantorbéry et d’York ont publié une déclaration où ils déclarent : « Le temps de parler de lutte contre le racisme systémique est révolu depuis longtemps : c’est le moment d’agir de façon décisive. L’ébauche de ce rapport produit par un groupe de travail indépendant s'attaque à ce péché [le fait de traiter les autres chrétiens comme inférieurs et de renforcer les préjugés] et nous nous en félicitons pour cette raison. »

Halima Begum, la directrice du Runnymede Trust, un groupe de réflexion sur l’égalité raciale, a salué « l’intention de l’Église d’Angleterre de devenir plus inclusive et accueillante envers des congrégations “issues de la diversité” au Royaume-Uni ».

En février dernier, le Synode général a décidé « de continuer, avec beaucoup d’efforts et d’urgence, à éradiquer toutes les formes de racisme conscient ou inconscient » et de s’engager à « accroître la participation et la représentation des laïcs et des prêtres anglicans issus de minorités ethniques à tous les stades de la vie de l’Église ».

Quatre mois plus tard, l’archevêque de Cantorbéry a déclaré que l’institution devrait reconsidérer la représentation de Jésus comme blanc et réfléchir « très attentivement » à ses monuments controversés à la suite des manifestations de Black Lives Matter, ajoutant que « certains devront être enlevés ».

 

Sources : The Spectator et Daily Telegraph

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samedi 23 janvier 2021

Cabinet de Joe Biden regorge de catholiques en rupture avec l'enseignement catholique sur des questions fondamentales

Article de Jonathan Liedl publié sur le National Catholic Register (via Belgicatho) intéressant sur certains points, mais qui nous semble pécher par sa volonté de ménager la chèvre et le chou en présentant l’avortement comme équivalent à la lutte contre l’immigration illégale. Tous les politiciens n’écouteraient pas le pape argentin : les démocrates seraient pour l’avortement alors que les républicains seraient trop cruels en matière d’immigration et de châtiment capital.

Les observateurs affirment qu’à une époque où l’identité catholique est en déclin, le meilleur moyen d’évaluer la convergence avec l’enseignement social catholique est d’examiner les choix politiques des responsables gouvernementaux, et pas seulement leur appartenance religieuse.


Alors que Joseph Robinette Biden (ci-dessus) prend ses fonctions présidentielles ce mois-ci, il ne sera pas le seul « catholique » à jouer un rôle de premier plan au sein du gouvernement fédéral. En fait, le deuxième président [qui se dit] catholique du pays a choisi un nombre sans précédent de ses coreligionnaires pour jouer un rôle essentiel dans son administration. [La question est de savoir pourquoi : parce qu’ils sont issus de minorités ethniques non WASP et donc historiquement catholiques ou parce que fidèles à l’enseignement de l’Église catholique ?]

Mais alors que certains médias catholiques ont salué cette évolution et suggéré qu’elle pourrait indiquer que la présidence Biden pourrait être moins gênante pour l’Église américaine que ce qui a été largement anticipé, d’autres observateurs ne considèrent pas la composition catholique du cabinet de Biden comme une sorte de « victoire » pour l’Église et ses priorités sociales. En fait, plusieurs experts catholiques ont exprimé leur profonde inquiétude à propos des nombreux choix de Biden, qui, comme lui, sont catholiques, mais qui s’opposent à la doctrine catholique sur les questions fondamentales.

Les membres catholiques du cabinet Biden semblent se distinguer par leur distance par rapport à l’enseignement établi de l’Église sur la dignité et la valeur inaliénables de toute vie humaine, de la conception à la mort naturelle », a déclaré le commentateur catholique George Weigel au Register, ajoutant que les choix suggéraient également des défis à venir liés à la liberté religieuse et aux droits de conscience des travailleurs de la santé.

Promouvoir l’avortement

En fait, plusieurs des candidats n’ont pas seulement toléré la légalisation de l’avortement ou donné la priorité à des solutions autres que la limitation de l’accès pour réduire les avortements, mais ont activement travaillé à l’extension de l’avortement.

La nouvelle Secrétaire au Commerce, le gouverneur de Rhode Island Gina Raimondo, a soutenu et signé un projet de loi de 2019 codifiant la protection de l’avortement dans son État. L’ancien gouvernement du Michigan, Jennifer Granholm, le choix de Biden pour être Secrétaire à l’Énergie, a opposé son veto à la loi de 2008 qui aurait interdit les avortements tardifs. Et Marty Walsh, autrefois « personnellement pro-vie », maire de Boston et choix de Biden pour diriger le ministère du Travail, a reçu en 2016 un prix « Men for Choice » de NARAL en reconnaissance de son dévouement au droit à l’avortement.

Deux candidats catholiques en particulier, auront la possibilité d’élargir de façon importante l’accès à l’avortement, grâce au poste au sein du cabinet qu’ils pourraient occuper.

Samantha Power, ancienne ambassadrice des États-Unis auprès des Nations unies, est peut-être une admiratrice du pape François et de Dorothy Day, mais contrairement à ces deux personnalités, elle a célébré l’expansion de l’accès à l’avortement tant au niveau national que dans des endroits comme son Irlande natale. À la tête de l’USAID, l’agence fédérale chargée de distribuer l’aide internationale et de son budget de 20 milliards de dollars, Mme Power jouera probablement un rôle en dirigeant les fonds vers des organisations qui facilitent les avortements à l’étranger, d’autant plus que M. Biden s’est engagé à supprimer la politique de Mexico. 

 Plus inquiétant encore pour de nombreux catholiques, Biden a choisi Xavier Becerra pour diriger le département de la Santé et des Services sociaux (HHS). Les défenseurs de la vie privée ont averti que Becerra, actuellement procureur général de Californie, est connu pour son utilisation répétée de la loi pour miner les organisations pro-vie et religieuses. Plus notoirement, il a tenté de forcer des groupes comme les Petites Sœurs des Pauvres à suivre le mandat de contraception de l’ère Obama, même après que le HHS de l’administration Trump ait accordé de larges exemptions. Becerra semble avoir perdu cette bataille, après que la Cour suprême ait statué en faveur des Petites Sœurs dans une affaire connexe et renvoyé l’affaire californienne à une juridiction inférieure pour qu’elle se prononce à la lumière de la décision de la Cour suprême. Mais maintenant, à moins que sa nomination ne soit refusée par le Sénat, il dirigera l’agence fédérale chargée de mettre en œuvre la politique nationale de santé.

« La liberté religieuse est en danger avec des gens comme lui au pouvoir », a déclaré Robert Royal, un invité fréquent du réseau EWTN et le rédacteur en chef de The Catholic Thing. « Nous pouvons espérer que le Sénat le considère comme trop radical pour l’approuver en tant que membre du cabinet ».

 Plusieurs catholiques interrogés pour ce reportage ont clairement indiqué que l’avortement n’est pas la seule dimension de l’enseignement social catholique et que l’on peut s’attendre à ce que plusieurs des candidats catholiques de Biden fassent avancer des politiques plus conformes à la vision de l’Église sur des questions importantes comme l’immigration et le soin de la création que ne l’a fait l’administration Trump. Toutefois, le refus de suivre un enseignement aussi fondamental sur une question aussi grave est le signe révélateur d’une fidélité purement accidentelle, ou du moins fragmentée, de l’enseignement social catholique dans d’autres domaines, et certainement pas d’une approche qui soit centrée ou essentiellement formée par l’Église.

« La préoccupation pour ces [autres] questions ne peut pas être une excuse pour ignorer la caractéristique la plus répugnante moralement de l’Amérique moderne : le massacre de près d’un million d’innocents chaque année dans l’utérus », a déclaré Royal, ajoutant que les catholiques en poste devraient résister aux mauvais traitements de tous les êtres humains, que ce soit ou non une position qui « représente » l’opinion publique dans son ensemble. « Je ne suis donc pas impressionné par la qualité ou la quantité de catholiques dans l’administration Biden ».

Conflit à venir

Compte tenu des profondes divergences entre les priorités de l’administration Biden et les engagements de l’Église — ce que l’archevêque José Gomez, président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), a abordé dans sa déclaration à l’occasion de l’investiture du nouveau président — M. Royal a déclaré qu’il ne s’attendait pas à ce que la composition fortement catholique du cabinet fasse quoi que ce soit pour atténuer le conflit entre les deux entités. En fait, il a déclaré qu’il serait plus inquiétant que l’Église n’entre pas en conflit avec l’administration Biden, étant donné les erreurs de cette dernière.

Comme l’a souligné Bill McCormick, prêtre jésuite en formation et théoricien politique à l’Université de Saint-Louis (SLU) : « Chaque administration présidentielle est entrée en conflit avec l’Église, et celle de Biden ne fera pas exception. Le théologien jésuite John Courtney Murray a prédit que le conflit entre l’Église et l’État serait centré sur le mariage et la famille, y compris la sexualité et l’éducation. Le temps lui a prouvé sa tragique prescience ».

Stephen White, directeur général du Projet Catholique, ne s’attend pas non plus à ce que la présence de catholiques dans l’administration Biden limite les tensions avec l’Église : « Si les catholiques sont moins susceptibles de s’en prendre à l’Église que les non-catholiques, je n’en ai pas vu beaucoup de preuves. Cela n’a certainement pas été le cas dans les administrations précédentes ».

Un problème bipartisan

M. White a soulevé un point probant, part d’un problème plus vaste : bien que l’administration Biden soit scrutée avec une attention sans précédent de la part des commentateurs catholiques, étant donné l’affiliation religieuse du président et d’une grande partie de son cabinet, l’adhésion incohérente des politiciens catholiques à l’enseignement de l’Église n’est pas propre à cette présidence ni au Parti démocrate.

Sous le gouvernement Trump, par exemple, le procureur général catholique William Barr a proposé un programme de rétablissement et d’application de la peine de mort sur le plan fédéral, qui a été condamné à plusieurs reprises par les évêques américains pour avoir violé les enseignements du pape Jean-Paul II et de ses deux successeurs. [Cette opposition radicale à la peine de mort est récente.]

« Le fait qu’une personne soit catholique de nos jours ne nous dit pratiquement rien sur ce qu’elle croit — politiquement ou religieusement », a déclaré M. White, qui a déjà fait remarquer que le nombre sans précédent de catholiques occupant des postes d’influence politique n’est rien d’autre qu’un « accident politique », étant donné le faible attachement et même l’opposition de nombreux politiciens à l’enseignement de la foi qu’ils prétendent suivre.

Russell Shaw, ancien secrétaire aux affaires publiques de la conférence épiscopale et journaliste catholique, a abondé dans le même sens, du moins en ce qui concerne les convictions politiques d’un homme politique catholique. En fait, il a déclaré qu’il y a « quelque chose d’assez enfantin » à célébrer les fonctionnaires publics simplement en raison de leurs affiliations religieuses.

« Il y a 50 ou 60 ans, c’était peut-être un gros problème pour les catholiques d’avoir d’autres catholiques à des postes ministériels, mais ce n’est plus un gros problème maintenant. Ce qui compte maintenant, ce sont leurs positions politiques, et non leur affiliation religieuse ».

[Pour Joseph Bottum dans An Anxious Ange, le catholicisme de personnes comme Biden est un catholicisme historique, ethnique, sociologique. Une manière de définir son origine ethnique, nettement moins une description de la foi profonde. Joseph Bottum oppose ces catholiques ethniques qui voient leur identité historique disparaître dans le creuset américain des années soixante aux hirondelles de San Juan Capistrano ces enfants de la génération Jean-Paul II, souvent intellectuels et protestants convertis qui fuient la déliquescence du protestantisme non évangélique. Ils réagissent aux sots excès des années 60 et 70. C’est ainsi qu’en cette période loufoque, en 1971, le jésuite Robert Drinan est devenu le premier prêtre catholique élu au Congrès américain — pour rejeter le mouvement pro-vie émergent parce qu’il représentait « les puissances des ténèbres » et dénoncer ses confrères catholiques pour « avoir cherché à imposer » leurs opinions pro-vie « sur le reste de la nation. » En ce sens, Joseph Robinette Biden montre son grand âge, c’est un enfant du catholicisme progressiste triomphant des années 70. Le Québec a connu son prêtre député, le controversé abbé Raymon Gravel, coqueluche des médias progressistes et du lobby LGBT.]

Catholique à part entière

Ce changement s’explique par l’assimilation généralisée des catholiques dans le courant dominant américain et le déclin consécutif d’une identité catholique distincte.

John Carr, directeur et fondateur de l’Institute for Catholic Social Thought and Public Life et ancien directeur politique de l’USCCB, affirme que ce mouvement a eu « de bonnes conséquences et d’autres moins bonnes », ce qui se reflète dans les nominations de M. Biden.

La bonne nouvelle, dit-il, est que les nominations indiquent que les catholiques ne sont plus marginalisés, mais qu’ils sont engagés dans la vie politique et jouent « un grand rôle dans la gestion du pays ».

« Et la mauvaise nouvelle est que [généralement] ces membres du cabinet sont probablement comme beaucoup de catholiques, en ce sens que notre foi fait partie de notre vie, mais n’en est pas le centre », a déclaré M. Carr, qui a soutenu la candidature de M. Biden et a appelé les autres pro-vie qui l’ont fait à « parler, se lever et être visibles » pour résister à la position extrême du Parti démocrate sur l’avortement. Très souvent, a-t-il dit, « la politique des gens façonne leur foi, et non l’inverse ».

Le père William Dailey, de la Sainte-Croix, attribue également la politisation à double sens des catholiques, en partie, à l’assimilation tout au long du XXe siècle, au cours duquel, selon lui, les catholiques se sont efforcés de montrer qu’ils « étaient des Américains ordinaires, pas plus loyaux envers le pape qu’envers la Constitution ». [Cela ne nous apparaît pas complètement correct : loyaux envers l’idéologie dominante plutôt que la Constitution, car certains veulent la changer pour assurer leur victoire politique ou culturelle, voir « Amend the Constitution to Prevent Another Trump ou encore ‘Democrats Abandon the Constitution [. . .], they claim the Electoral College, Senate and judiciary are illegitimate.’] Cet effort risque toutefois de faire perdre aux catholiques une manière cohérente de vivre — et de gouverner — en tant que catholiques.

« Comment vivons-nous en tant que citoyens, tout en reconnaissant que nos cœurs sont séduits par le Christ et que nous sommes aussi étrangers à ce monde », a déclaré le père Dailey, membre du Centre d’éthique et de culture de Notre-Dame de Nicola, exprimant un désir quelque peu nostalgique que les catholiques du gouvernement Biden soutiennent les droits des enfants à naître et que les catholiques du gouvernement précédent fassent davantage pour empêcher la séparation des enfants à la frontière [les conservateurs trumpistes étaient bien pour la réunification des enfants illégalement aux États-Unis avec leurs parents, mais dans leur pays d’origine] ou la priorité donnée aux exécutions [priorité...? elles sont devenues rarissimes.]

Une culture politique renouvelée

McCormick, de SLU, a déclaré que les catholiques ont raison de souligner la sélectivité avec laquelle de nombreux politiciens catholiques suivent l’enseignement de l’Église et de souhaiter qu’ils « vivent pleinement l’Évangile ». [Il n’est pas évident que le message évangélique tel qu’interprété par le pape François s’applique à toutes les décisions d’un État, plus particulièrement en matière d’immigration, voir liens ci-dessous. Cela introduit une fausse équivalence, à nos yeux, entre des actes personnels comme l’avortement qui induit la mort d’un innocent et une politique d’État qui vise à protéger un pays, ses citoyens et sa frontière.] Mais il pense également que les catholiques devraient tempérer leurs attentes.

« Pour dire les choses simplement : la plupart de ces politiciens sont les produits d’un système dont ils ne sont pas susceptibles de surmonter les effets, et encore moins de les reconnaître », a-t-il déclaré.

Néanmoins, M. McCormick a encouragé les catholiques à chercher des changements dans la culture politique, « tout en maintenant un espoir profond ». Il a suggéré que les catholiques pourraient se concentrer au niveau de l’État, collaborer avec des adversaires pour promouvoir les aspects de l’enseignement de l’Église qu’ils pourraient apprécier, et renouveler les types d’institutions et d’associations sociales qui ont longtemps caractérisé la vie catholique aux États-Unis.

Comme l’importance des catholiques qui ont l’intention de suivre l’ensemble de l’enseignement de l’Église décroît apparemment dans les lieux de pouvoir politique, ils n’ont peut-être pas beaucoup d’autres options.

« C’est un cadeau essentiel que les catholiques peuvent offrir aux États-Unis », a-t-il déclaré. « Peut-être que les années Biden peuvent être un moment pour les catholiques de graviter vers de telles structures créatives. »

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lundi 18 janvier 2021

« La blanchité multiraciale » : comment les wokes expliquent que des non blancs votent pour Trump

Jetez un coup d’œil aux affiches du FBI montrant des personnes recherchées pour avoir pénétré dans le Capitole des États-Unis le 6 janvier 2021 : parmi les nombreux visages blancs, il y en a quelques-uns qui sont clairement latino-américains ou afro-américains. Voici quatre suspects recherchés par le FBI.



Cette diversité met en évidence l’augmentation du vote pro-Trump parmi les Latinos, les noirs et les Asiatiques en novembre par rapport à 2016 (voir graphique ci-dessous), malgré son opposition à l’immigration illégale. Oui, les électeurs de Trump sont en grande majorité des blancs (comme le sont les États-Unis pour l’instant), mais un quart à un tiers des électeurs latinos ont voté pour Trump en 2020.

L’un des organisateurs du mouvement « Stop the Steal » (Mettre fin au vol) est Ali Alexander, un partisan de Trump qui s’identifie comme noir et arabe. Le président des Proud Boys est Enrique Tarrio (en photo ci-dessous avec le maillot noir), un Latino élevé à Little Havana à Miami, il s’identifie comme afro-cubain ; lorsqu’il est arrivé à Washington pour le 6 janvier, il a été arrêté pour avoir prétendument brûlé une bannière Black Lives Matter prise dans une église noire le mois précédent. (On attend les nombreuses arrestations pour les mois d’émeutes au nom de BLM.)


Ce genre de statistiques et de faits trouble la gauche (woke ou simplement progressiste). 

Pour cette gauche, il est exclu que ces minorités partagent des intérêts avec l’électorat blanc (l’immigration illégale fait pression à la baisse sur les salaires des immigrants récents peu qualifiés comme sur les salaires des « petits blancs »). Il est inconcevable que les minorités approuvent l’insistance sur la loi et l’ordre (alors que ce sont ces minorités qui pâtissent le plus de l’insécurité, pas les blancs aisés dans leurs communautés résidentielles closes et gardées). Il est inadmissible que ces minorités partagent des valeurs familiales conservatrices (patriarcales, horresco referens) avec les électeurs blancs de Trump et que les priorités extrémistes LGBTQ2SAI+ leur soient insupportables.

Non, tout cela est impensable, ces minorités ethniques doivent ne pas comprendre leurs intérêts. Elles doivent être le jouet de la suprématie sociale et idéologique des blancs. C’est « la blanchité multiraciale » comme le titre dans la photo ci-dessus le Washington Post, un organe très progressiste depuis son rachat par le magnat d'Amazon, Jeff Bezos. Cette « blanchité multiraciale » (on parle aussi de blanchitude) est en réalité un concept racialiste condescendant envers ces minorités qui osent sortir de leur réserve ethnique et s’écartent du rôle que leur assigne la gauche woke et progressiste.

Pour la militante Judith Katz, les éléments qui caractérisent cette blanchité sont :

  • un individualisme farouche, basé sur l'autonomie et l'indépendance, avec l'individu comme unité de base, qui est supposé contrôler son environnement (« on reçoit ce qu’on mérite »),
  • une forte orientation à la compétition et à l'envie de victoire, avec une orientation à l'action et une prise de décision majoritaire (là où les Blancs sont la majorité),
  • une justice basée sur le droit anglais, protégeant la propriété et les droits, où l'intention compte,
  • une communication polie et non intrusive, évitant le conflit et la démonstration d'émotions,
  • des congés basés sur les religions chrétiennes, l'« histoire blanche » et des leaders masculins,
  • une histoire focalisée sur l'expérience des immigrants américains issus d'Europe du Nord, avec une focalisation forte sur l'Empire britannique et une primauté des traditions occidentale (gréco-romaine) et judéo-chrétienne,
  • une éthique du travail protestante, où le travail est la clé du succès, il faut travailler avant de jouer et un échec est mis sur le compte d'un manque d'efforts,
  • un accent sur la méthode scientifique, notamment une pensée objective, rationnelle et linéaire, avec des relations de cause à effet, et un accent quantitatif,
  • une forte valorisation de la richesse, une identification de l'individu avec son travail, un respect de l'autorité,
  • une vision du temps comme une ressource et des plannings rigides, une tendance à faire des plans pour l'avenir, à chercher le progrès et à s'attendre à « des lendemains meilleurs »,
  • une famille à structure nucléaire avec mari, femme et 2 ou 3 enfants, un mari qui gagne l'argent et une femme au foyer, des enfants indépendants avec si possible leur propre chambre,
  • une esthétique basée sur la culture européenne, une beauté féminine basée sur la blondeur et la minceur, une attractivité masculine basée sur le statut économique, le pouvoir et l'intelligence,
  • une vision de la religion avec le christianisme comme norme et les religions non judéo-chrétiennes comme étrangères, et un refus de la déviation du concept de dieu unique.

S'assimiler à la société américaine historique et majoritaire ou adopter la méthode scientifique « occidentale » ce serait faire preuve de blanchité et être un suppôt du suprématisme blanc... Bienvenue au monde des tribus et des groupes ethniques essentialisés.

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On retrouvera ci-dessous les résultats de sondages de sorties des urnes à l'élection présidentielle de 2020. On y indique le glissement du vote en faveur de Trump ou de Biden comparé aux résultats des élections de 2016. +4 pour Biden dans la première rangée signifie que Biden a amélioré le resultat d'Hillary Clinton de 4 % chez les hommes, il est cependant toujours dépassé par Trump (amélioration de +1 %) dans cette catégorie

Sexe Changements entre 2016 et 20
Hommes
48 % des électeurs
0 25 50 75 100 % Clinton +4 Biden +1 Trump
Femmes
52 % des électeurs
0 25 50 75 100 % +3 +1

Âge
18-29
17 % des électeurs
0 25 50 75 100 % Clinton +5 Biden 0 Trump
30-44
23 % des électeurs
0 25 50 75 100 % +1 +5
45-64
38 % des électeurs
0 25 50 75 100 % +5 -2
65+
22 % des électeurs
0 25 50 75 100 % +2 0

Race
Blanc
67 % des électeurs
0 25 50 75 100 % Clinton +4 Biden +1 Trump
Noir
13 % des électeurs
0 25 50 75 100 % -2 +4
Hispanique/ Latino
13 % des électeurs
0 25 50 75 100 % -1 +4
Asiatiques
4 % des électeurs
0 25 50 75 100 % -4 +7
Autre
4 % des électeurs
0 25 50 75 100 % -1 +5
NET non blanc
33% des électeurs
0 25 50 75 100 % -3 +5

Sexe par race
Hommes blancs
35% des électeurs
0 25 50 75 100 % Clinton +7 Biden -1 Trump
Femmes blanches
32 % des électeurs
0 25 50 75 100 % +1 +3
Hommes noirs
4 % des électeurs
0 25 50 75 100 % -3 +6
Femmes noires
8 % des électeurs
0 25 50 75 100 % -4 +5
Hommes hispaniques/ Latinos
5 % des électeurs
0 25 50 75 100 % -4 +4
Femmes Hispaniques/ Latinas
8 % des électeurs
0 25 50 75 100 % 0 +5

Affiliation politique revendiquée
Démocrates
37 % des électeurs
0 25 50 75 100 % Clinton +5 Biden -3 Trump
Républicains
36 % des électeurs
0 25 50 75 100 % -2 +6
Indépendants/ Autres
26 % des électeurs
0 25 50 75 100 % +12 -5

Éducation
Diplômés universitaires
41 % des électeurs
0 25 50 75 100 % Clinton +3 Biden +1 Trump
Quelques années d'université ou moins
59 % des électeurs
0 25 50 75 100 % +4 -1

Religion
Protestant/ Autre chrétien
43 % des électeurs
0 25 50 75 100 % Clinton 0 Biden +4 Trump
Catholique
25 % des électeurs
0 25 50 75 100 % +6 -3
Sans religion
22 % des électeurs
0 25 50 75 100 % -2 +6

Blancs évangéliques
Chrétiens évangéliques blancs
28 % des électeurs
0 25 50 75 100 % Clinton +8 Biden -4 Trump
Tous les autres électeurs
72 % des électeurs
0 25 50 75 100 % +2 +2

Idéologie
Progressistes
24 % des électeurs
0 25 50 75 100 % Clinton +5 Biden 0 Trump
Centristes
38 % des électeurs
0 25 50 75 100 % +12 -6
Conservateurs
38 % des électeurs
0 25 50 75 100 % -2 +4

Revenus
Moins de 50.000 $
35 % des électeurs
0 25 50 75 100 % Clinton +2 Biden +3 Trump
50.000 $ 99.999 $
39 % des électeurs
0 25 50 75 100 % +11 -7
100.000 $ et plus
26 % des électeurs
0 25 50 75 100 % -5 +7