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mardi 16 juin 2026

France : Excel­lence Rura­li­tés (hors contrat) contre vents et marées face au décro­chage sco­laire


Der­nier-né du réseau Excel­lence Rura­li­tés, fondé par Hervé Catala et Jean-Bap­tiste Nouail­hac, le col­lège hors contrat [non subventionné en France] Vau­ban accueille depuis sep­tembre der­nier 10 élèves de 6e et 5e dans la com­mune d’Étang-sur-Arroux, en Saône-et-Loire [centre de la France], où vivent 1 800 habi­tants. Sa pro­messe : « Des petits effec­tifs, un accom­pa­gne­ment per­son­na­lisé et une péda­go­gie adap­tée », sur un ter­ri­toire où l’offre édu­ca­tive est réduite, notam­ment pour des enfants à besoins par­ti­cu­liers. « Chez nous, la quasi-tota­lité des enfants ont des troubles de l’appren­tis­sage, explique Marie de Seroux, direc­trice de l’éta­blis­se­ment. Notre objec­tif est d’accueillir et d’offrir une sco­la­rité à des enfants qui n’ont de place nulle part, pas l’inverse. Nous n’avons pas pour objec­tif de vider les classes de l’école publique. »


Le secret de réus­site de l’éta­blis­se­ment est de remettre au goût du jour des méthodes tra­di­tion­nelles. Ici, tous les enfants sont en uni­forme. Quatre polos blancs, deux pulls bor­deaux et une jupe ou un pan­ta­lon gris sont four­nis par l’école contre 120 euros. Les parents doivent se pro­cu­rer eux-mêmes les chaus­sures, sombres et sans marque. Le lundi matin, le rituel de la levée des cou­leurs au son de La Mar­seillaise ouvre la semaine. Les cours com­mencent à 8 heures et ter­minent à 16 h 30, après une heure d’étude diri­gée. « L’orga­ni­sa­tion est plus simple pour les parents et les enfants, puisque l’emploi du temps est tou­jours le même. Nous pou­vons ainsi accom­pa­gner à pied, matin et soir, tous les élèves qui viennent en train à la gare d’Étang », explique Dorian Maillot, pro­fes­seur de mathé­ma­tiques.

Enfin, règle d’or pour l’équipe péda­go­gique de l’éta­blis­se­ment : les ensei­gnants sont éga­le­ment des «édu­ca­teurs». Dans la cour de récréa­tion, les pré­ado­les­cents jouent encore à chat ou à la gamelle. Les élèves se mélangent volon­tiers, mais ils sont rare­ment seuls. «Je chausse mes bas­kets, et j’y vais!», lance Dorian Maillot, avant de rejoindre deux d’entre eux pour une par­tie de foot­ball. « Au début, ils me bat­taient, mais fina­le­ment, j’ai repris le des­sus », sou­rit l’ensei­gnant. À midi, élèves et pro­fes­seurs par­tagent la même table. Des moments de com­pli­cité impor­tants pour les enfants. « Il y a un esprit super fami­lial ici. On joue tous ensemble, sans se juger les uns et les autres, à l’inverse d’un col­lège nor­mal où tout le monde reste dans son coin à se racon­ter des potins », se réjouit Anas­ta­sia, élève de 5e.

Chaque ven­dredi après-midi, les col­lé­giens sortent le nez de leurs cahiers pour pro­fi­ter d’un ate­lier ludique animé par un ensei­gnant. Cou­ture, cui­sine, réno­va­tion de meubles, jar­di­nage… « Aujourd’hui, c’est cla­fou­tis ! », lance Louis, élève de 6e, en dénoyau­tant les cerises appor­tées par Anas­ta­sia. De l’autre côté du jar­din, Loan visse rigou­reu­se­ment les planches arra­chées d’une palette pour consti­tuer un bac de com­pos­tage. « C’est mon moment pré­féré de la semaine. J’adore les tra­vaux manuels et pas­ser du temps dehors», confie-t-il.

La méthode a déjà fait ses preuves ailleurs en France. Le pre­mier col­lège d’excel­lence Rura­li­tés, bap­tisé Cours Clo­vis, a vu le jour en 2017 à La Fère, dans l’Aisne [dans le Nord du pays]. Ins­tallé dans un ancien maga­sin Lidl, il accueille aujourd’hui des élèves du CP à la 3e. Le lieu d’implan­ta­tion a été mûre­ment réflé­chi : cette com­mune de 3000 habi­tants comp­tait alors 37% de décro­chage sco­laire. En 2022, le Cours Alié­nor d’Aqui­taine a vu le jour dans l’ancienne école com­mu­nale d’esse (500 habi­tants), en Cha­rente.

Le Cours Vau­ban, lui, a trouvé sa place dans un champ, où cinq Algeco [modules préfabriqués] ont été amé­na­gés som­mai­re­ment. « On essaie de déco­rer comme on peut, on colle des cartes de France ou des pro­duc­tions des élèves pour habiller les murs », sou­rit Aline Bou­he­ret, ensei­gnante de français. Les chaises et les tables sont issues de la récu­pé­ra­tion quand la vais­selle et l’équi­pe­ment de la kit­che­nette – les élèves apportent cha­cun leur repas à l’école – ont été chi­nés ou don­nés par les parents. Deux autres Algeco seront ins­tal­lés cet été, pour accueillir les futures classes de 4e et 3e qui ouvri­ront à la ren­trée 2026 pour l’une et en sep­tembre 2027 pour l’autre.

Si l’éta­blis­se­ment privé hors contrat ne reçoit, par défi­ni­tion, aucune aide de l’état, les frais de sco­la­rité, cal­cu­lés en fonc­tion du quo­tient fami­lial, ne sont que de 30 à 90 euros par mois. En moyenne, ces tarifs sont plus proches de ceux d’un col­lège privé sous contrat, quand une sco­la­rité hors contrat coûte entre 400 et 800 euros par mois. « Cela nous a confor­tés dans notre choix d’y ins­crire notre fils », indique François Lal­le­mand, ingé­nieur en BTP et père d’étienne, élève de 5e, diag­nos­ti­qué TDAH (trouble défi­cit de l’atten­tion avec ou sans hyper­ac­ti­vité). Excel­lence Rura­li­tés fonc­tionne grâce au mécé­nat et aux dons de par­ti­cu­liers (L’Oréal, Fonds du bien com­mun – détenu par le mil­liar­daire conser­va­teur Pierre-Édouard Sté­rin –, Hel­lio…), qui repré­sentent «90% de nos finances», explique Jean-bap­tiste Nouail­hac.

Mal­gré son action « à voca­tion sociale », comme l’indique son direc­teur géné­ral, le réseau est sous le feu des cri­tiques depuis plu­sieurs mois. D’abord en rai­son de la par­ti­ci­pa­tion finan­cière de Pierre-Édouard Sté­rin, véri­table épou­van­tail de la gauche média­tique. Le 15 avril der­nier, Media­part titrait un article «Excel­lence Rura­li­tés, l’ensei­gne­ment tra­di­tio­na­liste qui fleu­rit là où l’école publique est en souf­france », dans lequel il assu­rait que le pro­jet édu­ca­tif «lar­ge­ment financé par le mil­liar­daire d’extrême droite Pierre-Édouard Sté­rin, veut mener la bataille idéo­lo­gique dans des régions où l’édu­ca­tion natio­nale est à la peine ». Un mois plus tard, Libé­ra­tion égra­ti­gnait à son tour Excel­lence Rura­li­tés dans une tri­bune inti­tu­lée « Ne lais­sons pas les écoles rurales à l’extrême droite de Pierre-Édouard Sté­rin». Par ailleurs, des carences péda­go­giques et des man­que­ments en matière d’hygiène, de sécu­rité et de suivi des élèves ont été rele­vés dans des rap­ports d’ins­pec­tion de l’édu­ca­tion natio­nale, notam­ment au sein du Cours Alié­nor d’aqui­taine. Le rec­to­rat de Bor­deaux a saisi le pré­fet pour envi­sa­ger une éven­tuelle fer­me­ture admi­nis­tra­tive. Direc­teur de l’éta­blis­se­ment, Phi­lippe Sauer assure avoir pris les mesures néces­saires : « Venez voir à quoi res­semblent nos écoles, vous ver­rez que nos élèves s’y sentent bien. Nous avons répondu à tous les man­que­ments sou­le­vés lors des ins­pec­tions de 2023, 2025 et du mois de mai der­nier. »

Le Cours Vau­ban, der­nier-né du réseau, n’est pas épar­gné par la cri­tique. «Cer­taines per­sonnes sont per­sua­dées que nous nous sommes ins­tal­lés là pour poli­ti­ser les enfants et que nous leur dis­pen­sons une édu­ca­tion ultra-catho­lique, ce qui est faux. Nous sommes une école laïque », avance Marie de Seroux. Pour Pierre-françois Chanu, direc­teur péda­go­gique au sein du réseau, les méthodes employées «n’ont rien d’idéo­lo­giques» ni « d’antan ». « Nous uti­li­sons la méthode syl­la­bique pour apprendre à lire, comme c’était le cas autre­fois. À l’inverse, en mathé­ma­tiques, nous pré­fé­rons la méthode Shan­ghai, qui date des années 2000», détaille-t-il.

Excel­lence Rura­li­tés peut comp­ter sur le sou­tien de ses ensei­gnants et des parents d’élèves. « Notre équipe reste sou­dée. Nous savons pour­quoi nous avons choisi cette école », confie Paul Pré­di­gnac, ensei­gnant en his­toi­re-­géo­gra­phie à Esse depuis la ren­trée der­nière. Même son de cloche chez Can­dice Debock, mère de trois élèves sco­la­ri­sés au Cours Clo­vis depuis cinq ans. « Cet éta­blis­se­ment a été une chance pour nous d’offrir une meilleure édu­ca­tion à nos enfants multi-dys. Depuis qu’ils suivent leur sco­la­rité, ils sont méta­mor­pho­sés », sou­ligne-t-elle. Et cela paie : l’été der­nier, Excel­lence Rura­li­tés se féli­ci­tait des résul­tats au bre­vet de ses élèves, avec une moyenne de 14,1 sur 20 au Cours Clo­vis et de 12,4 au Cours Alié­nor d’Aqui­taine. 

Source : Le Figaro

lundi 15 juin 2026

La déglobalisation de la culture ?

Neuf des dix titres les plus écoutés au Danemark en 2025 étaient interprétés par des Danois, chantant des paroles en danois. Le tube numéro un était « Hele Vejen » (« Tout le long du chemin »), des Danois Omar et Mumle.

Dans un monde de vedettes internationales, il peut paraître surprenant que les 6 millions de Danois, dont beaucoup parlent couramment l’anglais, écoutent principalement de la musique locale. Et jusqu’à très récemment, ce n’était pas le cas. En 2019, seules cinq chansons du classement des 20 meilleures ventes au Danemark étaient en danois. L’année dernière, ce chiffre était passé à 18. Une tendance similaire s’observe dans d’autres pays — et dans d’autres formes de divertissement. De l’Asie aux Amériques, les classements musicaux sont de plus en plus dominés par des sons locaux. Les sociétés hollywoodiennes de diffusion de programmes télévisés en ligne commandent davantage de productions locales sur les marchés étrangers, ce qui entraîne une baisse de la consommation de séries américaines. Les réseaux sociaux relient le monde entier, mais pour l’instant, les gens les utilisent principalement pour consommer du contenu local. Et à mesure que les jeux vidéo se développent, ils s’adaptent eux aussi de plus en plus aux cultures locales.

Pour ceux qui pensaient que la mondialisation conduirait à une monoculture mondiale stérile, dans laquelle tout le monde écouterait, regarderait et jouerait aux mêmes choses, ce renouveau local est quelque peu surprenant. Une poignée de vedettes et d’événements, tels que la Coupe du monde de football qui attire des milliards de téléspectateurs, peuvent encore captiver un public mondial. Mais ils deviennent l’exception. Alors que les plateformes mondiales de diffusion en continu pénètrent de nouveaux marchés, la culture locale s’avère remarquablement résistante. L’emprise de l’Amérique sur la culture populaire mondiale s’affaiblit. Et dans certains cas, les nouvelles technologies font même reculer de manière inattendue la mondialisation du divertissement.

Spotify, qui a fêté ses 20 ans cette année, met pratiquement toute la musique à la disposition de quiconque dispose d’une connexion Internet. Comme les utilisateurs peuvent écouter tout ce qu’ils veulent sans frais supplémentaires, les plus grandes stars n’ont cessé de gagner en popularité. La distribution numérique mondiale a propulsé la renommée de chanteuses comme Taylor Swift, qui ont vu leurs revenus de droits d’auteur augmenter plus rapidement que ceux des artistes situés plus bas dans la hiérarchie du monde du spectacle.

Selon votre bon plaisir

samedi 11 mai 2019

« Votre réponse doit traduire l'opinion des jeunes du Québec »

On se rappellera que l'examen de français en secondaire V contre lequel se sont insurgés des élèves militants portait sur l'écriture d'une lettre ouverte de 500 mots sur le thème « Peut-on s'adapter aux changements climatiques ? ».

Un élément troublant nous est parvenu au sujet de cet examen. Selon plusieurs témoignages d'élèves, les directives de cet examen ministériel aurait porté cette mention étrange : « Votre réponse doit traduire l'opinion des jeunes du Québec ».

S'il est avéré que cette phrase faisait partie des directives, qui sait ce que pensent les jeunes du Québec ? Et pourquoi les élèves devaient-ils adopter cette opinion ?

Veuillez nous contacter si avez des informations sur ces directives...

dimanche 28 avril 2019

Ingrid Riocreux, les pulsions totalitaires des médias




La seconde en France regroupe habituellement des élèves de 15 ou 16 ans.

L'ouvrage de Michel Legris mentionné par Ingrid Riocreux est Le Monde tel qu'il est, publié chez Plon en 1976. Voici Michel Legris à Apostrophes face au rédacteur en chef du Monde de 1969 à 1985, André Fontaine, qu'il critique.



mardi 25 juillet 2017

Les Français veulent le retour à l'uniforme et la promotion du latin et du grec

Qui a dit que les Français n’étaient pas prêts pour les réformes ? Ceux qui ont été interrogés par l’IFOP pour le Journal du Dimanche ont en tout cas dit tout le bien qu’ils pensaient de changements au sein de l’institution.

Elle doit être le lieu de « transmission des connaissances et des savoirs ». C’est en tout cas ce que pensent 52 % des personnes interrogées par l’IFOP au sujet de l’école. Publiés le 23 juillet dans le JDD, les résultats de cette enquête réalisée auprès de 960 personnes selon la méthode des quotas tendent à prouver le contraire de ce qui se répète depuis bien longtemps. Non, les Français ne sont pas allergiques aux réformes quand il s’agit de l’Éducation nationale.

Pour preuve : la quasi-intégralité des mesures proposées (13 sur 14) — dont certaines sont déjà en place — est adoubée par les sondés.

Les Français interrogés souhaiteraient également que le latin et le grec soient davantage promus (63 %) et que l’enseignement de l’histoire et de la philosophie des religions intervienne dès le collège (62 %). Autre retour en arrière ? La tenue vestimentaire. Le retour de l’uniforme obligatoire en primaire et au collège est plébiscité par 56 % des sondés. Les changements souhaités passent également par le baccalauréat, que les sondés voudraient voir profondément modifié « avec davantage de contrôle continu » (80 %).

Les Français sont également massivement (69 %) d’accord pour qu’on dépiste l’usage du cannabis dans les lycées. Ils sollicitent à 84 % l’autorisation de l’apprentissage dès 14 ans.

Par contre, seuls 24 % sont pour la suppression du redoublement.