L'auteur n'adresse pas la très faible natalité des Québécois y compris des natalistes (faites le tour vous verrez, souvent, ils ont pas ou peu d'enfants). Serait-il temps d'une autocritique des nationalistes sur ce sujet ?
Position du Québec dans les pays occidentaux / OCDE quant à la natalité
Dans les pays de l’OCDE (les pays occidentaux développés), l'Indice synthétique de fécondité (ISF) du Québec 1,33 enfant/femme se situe dans la partie basse du classement, mais pas parmi les tout derniers. La moyenne OCDE est autour de 1,40-1,51 selon les années récentes (2022-2024), en forte baisse continue depuis des décennies.
Plusieurs pays sont nettement plus bas : Corée du Sud (0,7), Italie, Espagne, Japon, Pologne, Lituanie (1,1-1,3). Ce sont des pays constitués (pas une province non autonome) avec un véritable unilinguisme au pays (ce n'est pas le cas du Québec où tout est fait pour pouvoir vivre en anglais).
Le Canada dans son ensemble est autour de 1,25-1,33 selon les dernières données.
La France reste l’un des plus élevés en Europe (~1,6), tout comme certains pays nordiques ou Israël (de loin le leader).
En résumé : 1,33 est typique des pays occidentaux à faible fécondité (Canada, une bonne partie de l’Europe du Sud et de l’Est), bien en dessous du seuil de remplacement des générations (2,1). C’est un niveau qui entraîne un déclin naturel de la population sans immigration.
Comparaison avec Israël
Israël est l’exception absolue parmi les pays de l’OCDE : son ISF est d’environ 2,9 enfants par femme (données 2023-2024), le plus élevé du groupe et stable depuis des décennies (jamais descendu sous 2,8).
C’est plus du double du Québec ou de la moyenne OCDE. Cette fécondité élevée est portée en grande partie par les communautés ultra-orthodoxes (haredim), dont l’ISF dépasse 6 enfants par femme, et par les juifs religieux en général. Les juifs séculiers ont un ISF plus bas (~2,0-2,4), mais toujours supérieur à la moyenne occidentale.
Minorités nationales, ethniques ou religieuses qui croissent
Les minorités qui « savent que leur avenir est hypothéqué » sans une forte natalité ont une forte natalité:
Haredim (juifs ultra-orthodoxes) en Israël : TFR 6-7 ; ils doublent leur population tous les 18-20 ans grâce à une culture religieuse qui valorise explicitement les familles nombreuses comme devoir de survie du peuple juif.
Amish aux États-Unis : TFR historiquement autour de 6-7 ; communauté fermée qui voit la grande famille comme garantie de perpétuation culturelle face à la modernité.
Certaines communautés musulmanes en Europe ou en Israël (même si en baisse récente) : taux initialement plus élevés que les populations natives, souvent liés à des normes religieuses et à un sentiment de préservation identitaire en contexte minoritaire.
D’autres exemples : sikhs, mormons pratiquants, ou certaines minorités ethniques en Occident qui maintiennent des taux supérieurs à 2,5-3,5 pour des raisons culturelles/religieuses similaires.
Le mécanisme est le même partout : quand un groupe perçoit son identité ou sa survie comme menacée (histoire, environnement hostile, dilution démographique), la fécondité reste élevée ou même augmente chez les plus religieux/pratiquants.
C’est un phénomène empirique bien documenté en démographie : les minorités « conscientes de l’enjeu » investissent dans la natalité comme stratégie de pérennité.
À l’inverse, les populations majoritaires sécularisées et sans ce sentiment d’urgence (comme une large partie des Québécois francophones) voient leur ISF chuter sans réagir. Le sujet est presque tabou. C’est exactement le débat soulevé dans la chronique que vous relayiez : une fécondité structurellement basse (1,33) combinée à une immigration massive transforme le rapport de forces démographique, même si les minorités immigrantes finissent souvent par converger vers des taux plus bas à la 2e génération. Israël montre qu’une forte identité collective peut maintenir une fécondité élevée même dans un pays moderne et développé.
Minister Melanie Joly says "changing" demographics contributed to the Liberal win in Terrebonne:
— Riley Donovan (@valdombre) April 15, 2026
"Very important community from Haiti, also from northern Africa...things are changing across the country" pic.twitter.com/6THPPK49VQ

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