mardi 3 novembre 2026

Pailles en papier : contrairement aux idées reçues, elles polluent plus que celles en plastique

Présentées comme l'alternative écologique au plastique, les pailles en papier ne seraient finalement pas meilleures pour l'environnement. C'est la conclusion d'une étude commandée par le ministère sud-coréen du Climat, de l'Énergie et de l'Environnement, rendue publique en octobre 2026, qui remet en question l'efficacité du remplacement systématique du plastique par le papier.

Les chercheurs ont comparé quatre types de pailles — plastique conventionnel, papier, plastique biodégradable et polyéthylène biosourcé (fabriqué à partir de matières végétales) — sur l'ensemble de leur cycle de vie, de la production des matières premières à l'élimination, en examinant 16 catégories d'impacts environnementaux.

Le résultat est sans ambiguïté : le plastique conventionnel présente le bilan le plus favorable dans 10 des 16 catégories étudiées, devant le papier notamment en matière de changement climatique, d'acidification, de pollution aux particules fines et de toxicité humaine.

Les écarts sont parfois importants. L'indicateur d'impact cancérogène du cycle de vie des pailles en papier est 6,33 fois supérieur à celui du plastique ; leur contribution à l'acidification, 2,04 fois plus élevée. Ces chiffres ne signifient évidemment pas que boire avec une paille en papier multiplie par six le risque de cancer : ils mesurent des impacts potentiels liés aux émissions générées par la fabrication et l'élimination du produit.

Le constat ne s'arrête pas au papier : les pailles biodégradables et biosourcées affichent elles aussi des résultats moins favorables que le plastique conventionnel dans plusieurs catégories. Utiliser une matière végétale ou présentée comme biodégradable ne garantit donc pas un meilleur bilan environnemental.

Le papier n'est pas automatiquement plus écologique que le plastique

Ce résultat s'explique : l'impact d'un produit ne se résume pas à la nature de sa matière première. Fabriquer du papier exige de l'eau, de l'énergie et de nombreux procédés industriels ; certaines pailles comportent en outre des colles et des revêtements pour les rendre résistantes aux liquides.

L'étude met à mal une autre idée reçue : la facilité de recyclage. En pratique, la petite taille des pailles complique leur séparation dans les centres de tri, et leurs revêtements et adhésifs peuvent empêcher tout recyclage. Elles ne bénéficient donc pas de l'avantage environnemental que leur réputation laisse supposer.

Cela ne fait pas du plastique un matériau inoffensif : sa persistance dans l'environnement, sa fragmentation en microplastiques et la pollution des milieux aquatiques sont des problèmes bien réels. Mais ces nuisances ne suffisent pas à faire du papier un meilleur choix sur l'ensemble des critères.

La véritable solution : consommer moins de produits jetables

La conclusion des chercheurs est pragmatique : plutôt que d'imposer le remplacement d'un matériau par un autre, les établissements devraient cesser de distribuer automatiquement des pailles jetables et ne les proposer qu'aux clients qui en font la demande.

Cette étude rappelle une réalité trop souvent oubliée des politiques environnementales : remplacer un produit par un autre parce que son matériau semble plus « vert » n'est pas nécessairement un progrès écologique. Dans cette étude, c'est le plastique conventionnel qui présente le meilleur bilan dans la majorité des catégories examinées.

Source : The Korea Herald, « 'Eco-friendly' paper straws worse for environment than plastic: study », 22 octobre 2026.


Angleterre — « Khan » devrait détrôner « Smith » comme nom de famille le plus courant parmi les nouveau-nés

Selon une analyse des données de l'Office national de la statistique (ONS) pour l'Angleterre et le pays de Galles publiée par le Telegraph de Londres, les noms de famille traditionnels connaissent un net recul.

« Khan » devrait remplacer « Smith » comme nom de famille le plus donné aux nouveau-nés dès l'année prochaine, selon cette analyse des données officielles.

« Smith » serait le nom de famille le plus répandu en Angleterre depuis des siècles, mais sa fréquence baisse depuis trente ans. « Khan », un nom traditionnellement musulman, est sur le point de le dépasser en 2027, sa popularité ayant plus que doublé au cours des trente dernières années.

En 2025, 4 102 bébés ont reçu le nom de famille « Smith » en Angleterre et au pays de Galles. « Khan » arrivait en deuxième position, avec 3 772 bébés.

Toutefois, la baisse moyenne annuelle de 4 % de la popularité de « Smith » au cours de la dernière décennie, conjuguée à la hausse moyenne annuelle de 1,9 % de celle de « Khan », laisse penser que « Smith » perdra sa première place dès 2027.

« Muhammad » est aussi le prénom le plus courant chez les garçons nés en Angleterre.

Nuni Jorgensen, chercheuse à l'Observatoire des migrations de l'université d'Oxford, explique que cette tendance traduit l'effet de l'immigration, « Khan » étant un nom de famille répandu en Asie du Sud.

« L'immigration en provenance d'Asie du Sud vers le Royaume-Uni a augmenté ces dernières années, surtout depuis 2021 », indique-t-elle.

« Ensuite, les taux de fécondité influencent le nombre de naissances selon les origines. Récemment, les femmes nées au Royaume-Uni ont eu moins d'enfants ; les mères migrantes de ces régions représentent donc une part plus grande des naissances.

« Enfin, certaines communautés partagent un nombre plus restreint de noms de famille, ce qui rend chacun d'eux plus fréquent, même si nous ne disposons pas de données fiables permettant de déterminer dans quelle mesure cela s'applique aux noms Khan et Smith. »

Les nouveaux chiffres de l'Office national de la statistique (ONS) montrent également un net recul des noms de famille d'origine britannique traditionnelle au cours des trois dernières décennies.

En 1996, les dix noms figurant en tête du classement étaient tous d'origine britannique bien établie, Smith, Jones et Williams occupant les trois premières places.

En 2025, seuls trois noms d'origine britannique devraient encore figurer parmi les dix premiers, tandis que Khan, Ahmed, Singh et Hussain auront fait leur entrée dans ce classement, reflétant la forte hausse de l'immigration en provenance d'Asie du Sud.

C'est Ibrahim qui a connu la plus forte progression dans le classement, passant de la 635ᵉ place en 1996 à la 73ᵉ l'an dernier.

À l'inverse, des noms de famille britanniques autrefois populaires ont fortement reculé. C'est notamment le cas de Long, en baisse de 55 % depuis 1996, de Potter (-54 %), de Carr (-52 %) et de Hammond (-52 %).

Ces évolutions reflètent le « changement démographique sans précédent » qu'a connu la Grande-Bretagne en quelques décennies à peine, selon Rob Bates, directeur de recherche au Centre for Migration Control et critique des politiques migratoires des gouvernements successifs.

« Il s'agit d'un changement imposé au pays sans mandat démocratique, résultant de l'incapacité des gouvernements successifs à respecter les souhaits de la population britannique et à réduire l'immigration », affirme-t-il.

Le remplacement éventuel de « Smith » comme nom de famille le plus courant marquerait l'inversion d'une tendance qui perdure depuis des siècles.

En 1853, on estimait à 253 600 le nombre de personnes portant ce nom, alors le plus courant en Angleterre, devant Jones et Williams.

Bien que l'ONS ne publie pas d'estimations du nombre total de personnes portant un nom de famille donné, « Smith » devrait rester le nom de famille le plus répandu pendant encore plusieurs années, puisque les personnes qui le portent sont actuellement bien plus nombreuses que celles portant le nom « Khan ».

En 1996, on comptait 5 464 bébés portant le nom de famille « Smith » de plus que de bébés portant celui de « Khan ». En 2025, cet écart n'était plus que de 330.

Le nombre de bébés portant le nom de famille Smith a diminué de 44 %, celui des Jones de 43 % et celui des Williams de 41 %.

La période écoulée depuis 1996 a été marquée non seulement par une forte hausse de l'immigration en provenance d'Asie du Sud, mais aussi par une baisse de la natalité chez les mères nées au Royaume-Uni.

En 2001, les personnes d'origine asiatique ne représentaient que 4,4 % de la population. Cette proportion est passée à 7,5 % en 2011, puis à 9,3 % en 2021, selon les données des recensements.

Depuis 2008, le nombre de bébés nés de mères nées en Grande-Bretagne a diminué de 29 %, tandis que celui des bébés nés de mères nées à l'étranger a augmenté de 18 %. Cette dernière hausse comprend une augmentation de 41 % du nombre de naissances chez les mères nées en Asie et au Moyen-Orient.

L'évolution des origines des noms de famille s'inscrit dans le prolongement des tendances récentes concernant les prénoms.

En 2023, Muhammad est devenu pour la première fois le prénom masculin le plus donné en Angleterre et au pays de Galles, selon l'ONS, avec plus de 4 600 bébés enregistrés sous ce prénom. D'autres graphies de ce prénom, notamment Mohammed et Mohammad, figuraient également parmi les cent premiers.

Ce prénom est resté en tête du classement en 2024 et en 2025.