vendredi 25 octobre 2024

18 % des étudiants français au Québec y étudient en anglais à un prix défiant toute concurrence


Il y a environ 3000 Français, soit 18 % du contingent, qui étudient en anglais à McGill, à Concordia ou à Bishop’s au même tarif que les Québécois.

Les étudiants français paient aujourd’hui moins cher que les Canadiens venus des autres provinces, y compris ceux qui étudient dans des universités anglophones.

Les tarifs préférentiels ont été reconduits pour les étudiants universitaires en avril dernier. Les Français continuent de payer environ 9000 $ par année au premier cycle universitaire, contre un minimum de 20 000 $ pour les étudiants d’autres nationalités, et les mêmes droits de scolarité que les Québécois à la maîtrise et au doctorat. 

[Marché de dupes ?]

La mesure est bien sûr réciproque, mais le Québec reçoit 10 fois plus de Français qu’il n’envoie de Québécois là-bas.

Il y avait en effet plus de 20 000 étudiants français inscrits cet automne dans les établissements d’enseignement supérieur ici, et 2200 « étudiants canadiens », nous a indiqué le ministère français de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ne différenciant pas ceux qui sont québécois.

Source : Le Devoir

 

Retombées de la dérive islamiste à l'école publique Bedford — Le gouvernement continuera à financer la cinquantaine d’établissements semi-privés

Le gouvernement caquiste entend continuer à financer la cinquantaine d’établissements semi-privés très majoritairement chrétiens et juifs qui reçoivent chaque année environ 160 millions $ de l’État. La CAQ a d’ailleurs battu, jeudi à l’Assemblée nationale, une motion du Parti Québécois qui réclamait entre autres la fin de leur financement partiel par l’État, dans la foulée des dérives islamistes à l’école PUBLIQUE Bedford.

Le Premier ministre n’a rien contre les écoles privées catholiques créées jadis « par des membres du clergé ». « Selon nous, il n’y en a pas de problème avec ces écoles-là ! », a-t-il tonné.

François Legault accuse les partis d’opposition de vouloir ainsi couper les vivres à des établissements comme les collèges Brébeuf ou Notre-Dame à Montréal, ou les collèges Jésus-Marie ou François-de-Laval à Québec. Il estime cependant que le régime pédagogique doit être respecté.

« Les écoles privées religieuses sont financées à 60 % par le gouvernement, ça veut dire que le 40 % qui vient du privé, on le perdrait demain matin, donc il n’y en aurait pas d’économies ! », a insisté le Premier ministre.


Combien y a-t-il d’écoles religieuses ?

Le ministère de l’Éducation n’en a aucune idée, car les établissements ne sont pas classés selon leur statut confessionnel.

Il y a plus de 10 ans, un comité ministériel recensait 138 écoles religieuses (catholique, grecque orthodoxe, arménienne apostolique, évangélique, juive, musulmane, etc.). Il y a deux ans, une revue de Radio-Canada en dénombrait une cinquantaine : v
ingt-sept d’entre elles sont catholiques, 14 juives, quatre musulmanes, deux protestantes évangéliques, deux arméniennes et une grecque orthodoxe.

Dans ces écoles, la religion est enseignée au même titre que le programme d’enseignement officiel du Québec. La loi québécoise 21 sur la laïcité de l’État, qui interdit aux personnes en position d’autorité — y compris les enseignants — de porter des symboles religieux tels qu’un crucifix ou un hijab sur leur lieu de travail, ne s’applique pas à ces écoles.

Si certaines de ces écoles — comme le Collège Brébeuf à Montréal, fondé par l’ordre religieux des Jésuites — ont décidé de devenir laïques au fil des ans, d’autres, comme la Loyola High School à Montréal, ne l’ont pas fait et ont défendu leur droit d’offrir des cours religieux devant les tribunaux et ont obtenu gain de cause.

Il est faux de dire que ces écoles sont privées dans les faits le Monopole de l’Éducation du Québec y impose un grand nombre de contraintes : en commençant par un programme éducatif strict et parfois même une pédagogie (voir la victoire de Loyola en justice contre la « neutralité » que devait exercer l’école en parlant de la religion ou de morale).

Front laïciste commun de l’opposition

Péquistes, libéraux et solidaires font désormais front commun pour définancer les écoles confessionnelles au nom de la laïcité des établissements scolaires. C’est un changement de cap et une toute nouvelle position pour le Parti libéral du Québec, poussé dans cette direction par la députée Marwah Rizqy (d’origine marocaine).

On est en 2024… (et ?)

« Le PLQ a 157 ans et a toujours été un parti de son temps. Et on considère qu’on est rendus là en 2024 », a soutenu le chef intérimaire Marc Tanguay. Il reconnaît néanmoins que cette nouvelle position a engendré des discussions au sein du caucus.

Les partis d’opposition accusent François Legault de créer la confusion en faisant référence à des écoles comme le Collège Brébeuf, qui sont laïques depuis bon nombre d’années déjà.

Brandissant le rapport de la Commission consultative de l’enseignement [dit] privé, Gabriel Nadeau-Dubois a soutenu que le fameux cours Culture et citoyenneté québécoise (CCQ), si cher au gouvernement de la CAQ et qui a remplacé le cours d’Éthique et culture religieuse (ECR), n’était pas donné dans certaines de ces écoles, comme à l’école secondaire catholique Loyola. Cet établissement s’est rendu jusqu’en Cour suprême pour être exempté de l’obligation d’offrir le cours d’ECR. Ce programme est pourtant critiqué dans sa composante sexualité en dehors des cercles religieux…  Voir Critique de la définition du sexe dans un manuel approuvé par le ministère de l'Éducation du Québec

En début d’année, Québec a renouvelé le permis de l’école juive Belz d’Outremont, même si elle n’applique pas entièrement le programme éducatif québécois. L’établissement a donc encore droit à ses subventions publiques.

Le ministre responsable du Monopole de l’Éducation, Bernard Drainville, a promis de « vérifier » si toutes les écoles du Québec respectaient le régime pédagogique, comme elles se doivent de le faire. « Nous allons faire des vérifications pour s’assurer qu’ils enseignent [sic, recte : donnent] le cours CCQ et s’ils ne l’enseignent pas, ils devront l’enseigner », a-t-il ajouté.

Citations :

« Tant qu’on continue à subventionner les écoles privées religieuses, la déconfessionnalisation de l’école québécoise est inachevée. Le ministre de l’Éducation, qui a écrit la loi n° 118 il y a 25 ans, est ici avec nous aujourd’hui. Il est maintenant Premier ministre du Québec » — Le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. Doit-on comprendre qu’elles seront privées de subventions parce que tradition religieuse, mais que les écoles « athées » dites privées pourraient avoir des subventions ?

« Dans un Québec qui a fait beaucoup de débats sur la laïcité, qui a adopté une loi sur la laïcité, maintenant ça prend des gestes de cohérence pour compléter » —Le député péquiste Pascal Bérubé

« Toutes les écoles du Québec, qu’elles soient publiques, privées subventionnées ou privées non subventionnées, doivent enseigner le contenu du régime pédagogique et ça inclut le cours de Culture et citoyenneté québécoise » —Le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville. Pourquoi ? Pourquoi pas un programme libéralement équivalent (ou meilleur) selon le choix des parents ?

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La HSLDA fait appel dans un dossier portant sur la notion de programme équivalent [Nouvel épisode dans la série, appareil éducatif du Québec juge et partie] 

La croissance de l'emploi dans les administrations publiques a dépassé celle du secteur privé au Québec et au Canada de 2019 à 2023

Au Québec et dans 7 des 9 provinces du RdC (Reste du Canada), le taux de croissance des emplois gouvernementaux a été plus élevé que celui du secteur privé, révèle une nouvelle étude publiée aujourd'hui par l'Institut Fraser, un groupe de réflexion indépendant et non partisan sur les politiques publiques canadiennes.


« La création nette d'emplois au Canada ces dernières années est due de manière disproportionnée à la croissance de l'emploi dans le secteur public plutôt que dans le secteur privé et, en 2019, la part de l'emploi public dans l'emploi total au pays est à son plus haut niveau depuis le milieu des années 1990 », a déclaré Ben Eisen, chercheur principal à l'Institut Fraser et coauteur de Economic Recovery in Canada before and after COVID : Job Growth in the Government and Private Sectors (La reprise économique au Canada avant et après le COVID : croissance de l'emploi dans le secteur public et le secteur privé).

L'étude révèle qu'historiquement, aucune autre période récente de récession et de reprise au Canada n'a été aussi dominée par la croissance de l'emploi dans le secteur public par rapport à la croissance de l'emploi dans le secteur privé.

Au cours des périodes de récession et de reprise liées à la récession COVID-19 (2019-2023), l'emploi dans le secteur public à travers le pays, y compris au niveau fédéral, provincial et municipal, a augmenté de 13,0 %, contre seulement 3,6 % dans le secteur privé (y compris le travail indépendant).

Dans toutes les provinces canadiennes, à l'exception de l'Alberta et de la Nouvelle-Écosse, l'emploi dans le secteur public a progressé à un rythme plus élevé que dans le secteur privé. En Colombie-Britannique, la croissance de l'emploi dans le secteur privé (y compris le travail indépendant) n'a augmenté que de 0,5 % au cours de la période, contre 22 % dans le secteur public.

Au Québec, l'emploi dans le secteur public a crû de 10,8% de 2019 à 2023 alors que, dans le secteur privé, cette croissance n'a été que de 4,7% avec une chute de 10,5 % parmi les gens établis à leur compte.

En Ontario, le secteur public a connu une croissance trois fois supérieure à celle du secteur privé, avec respectivement 14,6 % et 4,8 %.

L'étude compare également la récession et la reprise actuelles au Canada à celles des États-Unis, où le secteur privé a généré une grande majorité de tous les nouveaux emplois au cours des dernières années. Au Canada, le secteur public est responsable de 46,7 % de la croissance totale de l'emploi entre 2019 et 203, contre 16,1 % aux États-Unis.

« Ces dernières années, le Canada a connu un taux de croissance de l'emploi beaucoup plus élevé dans le secteur public que dans le secteur privé, ce qui est une tendance préoccupante étant donné que la croissance de l'emploi et la création de richesses dans le secteur privé sont nécessaires pour financer les activités des gouvernements », a déclaré M. Eisen.

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jeudi 24 octobre 2024

Plus de 3 millions de résidents dits non permanents au Canada (dont 588 263 au Québec) [m à j]

La hausse débridée de la population dite non permanente au Canada sous Trudeau est ahurissante. Elle laisse baba Elon Musk (canadien par sa mère née à Regina) :


Billet du 19 octobre

Évolution du nombre de résidents dits non permanents au Canada (fin 2021 à fin 2024)

Indicateurs clés

Estimation du nombre total de résidents non-permanents

(Estimations démographiques trimestrielles, octobre 2024)
3 002 090

Pourcentage d'immigrants

(Recensement de la population de 2021)
23,0 %

Nombre total d'immigrants

(Recensement de la population de 2021)

8 361 505

Nombre d'immigrants récents (2016 à 2021)

(Recensement de la population de 2021)
1 328 240

Pourcentage de personnes de deuxième génération

(Recensement de la population de 2021)
17,6 %

Quand les entreprises américaines déboulonnent leurs politiques diversitaires

Polarisation idéologique croissante, impératifs économiques à respecter… Après avoir voulu surfer sur la vague inclusive de 2020, de plus en plus de grandes entreprises américaines reviennent sur leurs engagements. La diversité, l’équité et l’inclusion sont-elles devenues des vertus trop lourdes pour les affaires ?

C’était il y a trente-quatre ans, en Caroline du Nord. Harvey Gantt perd une élection sénatoriale face à Jesse Helms. Pendant cette campagne, au terme de laquelle il aurait pu devenir le premier sénateur afro-américain de l’État, l’ancien maire de Charlotte avait contacté l’icône américaine la plus populaire du moment, le basketteur Michael Jordan, pour obtenir un soutien public. Jordan, qui avait déjà contribué financièrement à la campagne de Gantt, refuse. L’égérie de la ligne de chaussures de sport Air Jordan, sa poule aux œufs d’or lancée cinq ans auparavant avec Nike, se justifie par une plaisanterie : « Les Républicains achètent aussi des baskets. » Dans l’excellent documentaire The Last Dance, sorti en 2020, Jordan assumait encore : « Je peux envoyer de l’argent, et je l’ai fait. Mais je ne parle pas de quelqu’un que je ne connais pas. » Le mélange de commerce et de politique est une alchimie complexe, surtout aux États-Unis.

Preuve, trois décennies plus tard, avec un changement de cap radical effectué par certains grands noms de l’industrie américaine. Fin août dernier, Brown-Forman annonçait l’abandon de ses politiques internes dites DEI — diversité, équité et inclusion. Dans une lettre à ses employés, l’entreprise américaine, propriétaire du whisky Jack Daniel’s, a annoncé revenir sur ses engagements pris au lendemain des manifestations Black Lives Matter de 2020. Jusque dans son rapport annuel de 2023, flanqué du slogan « Plus audacieux, toujours mieux, tous ensemble », le géant des spiritueux se targuait d’avoir atteint ses ambitions dans ce domaine avec « 43 % de femmes occupant des postes de direction à l’échelle mondiale », « 20 % de personnes de couleur à tous les niveaux de l’organisation » et « une représentation de 3 % pour les employés s’identifiant LGBTQ + ». Se félicitant, sur ce dernier point, d’être en avance sur leur ambition de 6 % d’ici à 2030. Ambition caduque, donc.

L’amorce de la Cour suprême

Venant de la marque la plus emblématique de l’un des États les plus conservateurs des États-Unis, le Tennessee, la décision n’a rien d’étonnant. Mais elle s’inscrit dans un mouvement beaucoup plus large. Tout commence, comme souvent dans ce pays, avec une décision de la Cour suprême — la dernière institution qui résiste, mieux que les autres, à la confiance du peuple. En juin 2023, la plus haute juridiction américaine décide d’invalider les programmes de discrimination positive mis en place dans les universités et les collèges du pays. [Voir États-Unis : la Cour suprême met fin à la discrimination ethnique dans les universités] Les plaignants estimaient que lesdits programmes, en souhaitant donner plus de chances à certaines « races », créaient de facto une discrimination vis-à-vis des étudiants asiatiques, qui pouvaient se voir refuser une admission dans une prestigieuse université face à quelqu’un ayant de moins bons résultats, mais étant d’une couleur de peau plus discriminée qu’eux. La décision, votée à 6 contre 3 notamment grâce aux juges conservateurs installés par Donald Trump, a créé un sillage sur lequel beaucoup ont souhaité glisser. En décembre 2023, le turbulent et loquace Elon Musk publie un gazouillis sur X : « Les DEI doivent DIE », comprendre « doivent mourir ». Le but était d’en finir avec les discriminations, pas d’en installer de nouvelles. Dont acte. Début 2024, le président de la Society for Human Resource Management, la plus grande organisation de ressources humaines aux États-Unis, déclarait que les politiques DEI au sein des entreprises allaient subir « des attaques massives ». Il avait vu juste. Des entreprises comme Ford, Harley-Davidson ou Toyota ont annoncé des changements dans le même ton que celle de Brown-Forman. Toutes ces décisions n’ont pas la même ampleur ni les mêmes motivations. Dans le cas du constructeur japonais, un mémo a été envoyé aux employés américains indiquant que le groupe mettait fin à sa participation aux classements externes qui évaluent les entreprises en fonction de leurs politiques d’inclusion. Ainsi, Toyota souhaite « restreindre ses activités dans les secteurs communautaires pour se concentrer sur des programmes dédiés à l’enseignement des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques et sur la formation de sa main-d’œuvre. »


Ces actions n’ont pas forcément une couleur politique. « Si on est un peu honnête, ces politiques de DEI ont été un moyen de créer une énorme quantité de ce qu’on appelle des “boulots à la con”. C’est-à-dire des gens qui sont payés à ne rien faire », indique, sous couvert d’anonymat, un consultant dans un grand cabinet de conseil en ressources humaines. Le monde de la tech, peu suspect d’être un terreau du conservatisme, corrobore cette analyse. Microsoft a supprimé deux postes de son département DEI, suggérant, pour faire taire les critiques, que les positions étaient redondantes avec d’autres. Google, qui avait, en 2020, annoncé s’engager à améliorer la représentation des groupes sous-représentés de 30 % d’ici à 2025, a rebroussé chemin, à en croire des sites recensant les offres d’emploi proposées par le géant du web. Là encore, l’explication peut être conjoncturelle : pris de court par l’explosion de la demande sur l’intelligence artificielle après la révélation de ChatGPT, beaucoup d’acteurs de la tech ont coupé dans le gras de moult départements pour pouvoir pivoter et réinvestir dans ce domaine jugé plus porteur.

Une levée de boucliers

Là où le bât blesse, c’est que ces programmes auréolés de bonnes intentions ne produisent pas forcément les effets escomptés. « Votre entreprise deviendra moins diversifiée si vous obligez les managers à suivre des formations sur la diversité, si vous essayez de réglementer leurs décisions lors des embauches et des promotions, et si vous mettez en place un système pénalisant, le cas échéant », estimaient, dès 2016, deux chercheurs de Harvard et de l’université de Tel-Aviv dans un article publié par la Harvard Business Review.

Dans des structures guidées par des impératifs financiers, il est difficile de conjuguer certains engagements progressistes jusqu’au-boutistes avec des obligations de résultat. Mais au-delà de la dimension économique, le retour de bâton est aussi idéologique. Après la décision de la Cour suprême sur les politiques d’admission, six États (Utah, Dakota du Nord, Tennessee, Caroline du Nord, Texas et Floride) ont voté des lois interdisant aux universités sur leur territoire d’utiliser de l’argent public pour subventionner d’autres programmes DEI. Vingt-cinq autres États ont déposé des propositions de loi allant dans ce sens. Même chose au plus haut niveau de l’État : en lançant sa campagne après l’abandon de Joe Biden, Kamala Harris [parmi de nombreux revirements très récents surprenants] a instantanément pris ses distances avec les positions les plus woke de son parti… allant jusqu’à déclarer lors d’une interview : « Si vous entrez par effraction chez moi, la nuit, je vous tire dessus. »



Kamala Harris en 2017. « Nous devons être woke. Nous devons tous rester woke. Et vous pouvez parler d'être plus woke ou le plus woke, mais restez plus woke que moins woke. »

Source : Le Figaro Magazine

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Trois ans plus tard, les allégations de « fosses communes » au Canada restent sans fondement

Trois ans plus tard, les allégations de « fosses communes » au Canada restent sans fondement

Malgré le manque de preuves à l’appui, un projet de loi a été présenté au Parlement fédéral du Canada le mois dernier qui criminaliserait les déclarations qui s’écartent du discours dominant sur les pensionnats.

Ancien internat de Kamloops en Colombie-Britannique

Trois ans après l’éclatement d’une controverse au Canada et à l’étranger au sujet des « fosses communes » qui seraient situées à proximité des pensionnats pour enfants autochtones qui étaient autrefois en activité au Canada, les preuves continuent de s’accumuler pour montrer que ces allégations manquent de tout fondement factuel.

Cette absence totale de preuves a été soulignée dans un article du 14 octobre de la chroniqueuse du Wall Street Journal Mary Anastasia O’Grady, intitulé « Le scandale non prouvé des fosses communes au Canada ». L’article faisait référence à un projet de loi présenté le mois dernier à la Chambre des communes du Canada qui criminaliserait « le fait de tolérer, de nier, de minimiser ou de justifier le système des pensionnats indiens au Canada par des déclarations communiquées autrement que dans le cadre d’une conversation privée ».

La première allégation concernant la découverte de tombes anonymes a été formulée en mai 2021 à Kamloops, en Colombie-Britannique. Sur la base des résultats d’un relevé géoradar d’un verger situé à côté de l’ancien pensionnat indien de Kamloops, Rosanne Casimir, chef de la Première Nation Tk’emlúps te Secwépemc, a publié un communiqué de presse indiquant que le levé avait fourni « la confirmation des restes de 215 enfants » qui avaient été élèves à l’école et dont le décès n’avait pas été documenté.

Mais fin mai de cette année, le journaliste canadien Terry Glavin a rapporté dans le National Post que Casimir avait désormais abandonné l’élément central de sa déclaration concernant les résultats de l’enquête par radar à pénétration de sol. Dans un communiqué de presse commémorant le troisième anniversaire de sa déclaration de 2021, Casimir a omis sa précédente référence aux enfants morts, déclarant seulement qu’il y avait eu « confirmation de 215 anomalies ».

Bien que Casimir n’ait pas utilisé l’expression « fosses communes » dans son communiqué de presse initial, de nombreux médias canadiens et internationaux ont immédiatement utilisé cette formulation dans des reportages sensationnalistes sur son annonce, y compris un article publié le lendemain par le New York Times intitulé « “Horrible History” : Mass Grave of Indigenous Children Reported in Canada ».

En fait, le géoradar n’avait identifié que des « anomalies » sous la surface du site de Kamloops. De telles anomalies indiquent seulement qu’une certaine perturbation du sol s’est produite, et non la présence certaine de corps humains. Malgré cette incertitude, jusqu’à cette année, la Première Nation Tk'emlúps te Secwépemc refusait de reconnaître que l’existence de tombes d’enfants n’était pas prouvée.

L’article de Glavin dans le National Post a noté que les dirigeants de la Première Nation étaient au courant des failles associées à son relevé au radar terrestre depuis au moins 2022, lorsqu’ils ont reçu une analyse indépendante du site sur l’activité historique qui s’est déroulée sur le site depuis la fondation du pensionnat en 1890. Et selon un article de juin 2023 dans The Dorchester Review, une revue canadienne qui a publié un certain nombre d’articles remettant en question le récit dominant concernant les pensionnats financés par le gouvernement et gérés par l’Église catholique et d’autres confessions chrétiennes, il aurait dû être évident avant même qu’ils ne soient publiés que les conclusions de Kamloops étaient hautement discutables. En effet, des documents d’archives facilement accessibles documentaient que des tranchées, bordées de tuiles d’argile, avaient été creusées sur le site comme champ d’épuration en 1924, et l'on sait que de telles tranchées ne peuvent pas être distinguées des tombes par un radar à pénétration de sol.

Aucune preuve ailleurs

Dans les semaines qui ont suivi la déclaration de mai 2021 concernant les tombes du pensionnat de Kamloops, des affirmations similaires ont été formulées à propos d’autres anciens pensionnats en Colombie-Britannique et dans d’autres provinces canadiennes. En juillet de la même année, on prétendait qu’un total de plus de 1 300 tombes anonymes avaient été découvertes grâce à des levés au radar à pénétration de sol.

Comme l’Église catholique supervisait la majorité des pensionnats financés par le gouvernement canadien, qui ont fonctionné de la fin des années 1800 jusqu’à la fermeture du dernier en 1996, ces allégations ont déclenché une vague de violence anticatholique. Au cours de l’été 2021, plus de 60 églises, la plupart catholiques, ont été incendiées ou vandalisées, et le Premier ministre canadien Justin Trudeau a demandé au pape François de s’excuser personnellement. La controverse a poussé le pape à effectuer un « pèlerinage de réconciliation » au Canada l’année suivante, au cours duquel il s’est excusé, sans faire spécifiquement référence aux allégations de fosses communes, pour tout préjudice que ces pensionnats avaient causé aux peuples autochtones du pays.

« Une partie importante de ce processus consistera à mener une enquête sérieuse sur les faits survenus dans le passé et à aider les survivants des pensionnats à guérir des traumatismes qu’ils ont subis », a déclaré Francis à l’époque.

Pourtant, comme dans le cas du pensionnat indien de Kamloops, il n’a jamais été confirmé que les autres anomalies radar au sol à proximité d’autres anciens pensionnats étaient liées aux tombes anonymes d’élèves « disparus » dont le décès n’avait pas été enregistré. En Colombie-Britannique, où de nombreuses allégations ont été formulées, la Société Radio-Canada, propriété du gouvernement, a rapporté en avril qu’« aucune Première Nation de la Colombie-Britannique n’a encore pris la décision de procéder à des fouilles sur ces sites, et la décision de le faire est difficile et nécessite une planification et une consultation avec les communautés et les familles ».

La seule fouille achevée à ce jour a été réalisée en 2023 à Pine Creek, au Manitoba, où un levé radar au sol a permis d’identifier des anomalies dans le sous-sol de l’église catholique Our Lady of Seven Sorrows, située à proximité de l’ancien pensionnat de Pine Creek. Aucun reste humain n’a été retrouvé lors de cette fouille.

Le Catholic Register, le journal de l’archidiocèse de Toronto, a rapporté que cette absence persistante de confirmation avait provoqué une réponse pointue de l’évêque émérite de Calgary, Fred Henry. « Pourquoi l’Église catholique ne demande-t-elle pas au gouvernement fédéral la preuve qu’un seul enfant en résidence est effectivement porté disparu, dans le sens où ses parents ne savaient pas ce qui était arrivé à leur enfant au moment de son décès ? », a demandé l’évêque Henry dans un courriel qu’il a envoyé au journal.

Criminaliser le « négationnisme » ?

Malgré l’absence de corroboration, ni le gouvernement fédéral canadien ni les médias canadiens ne semblent enclins à revoir leur point de vue sur la controverse des « fosses communes ».

Une critique exhaustive des fondements des allégations concernant les prétendues fosses communes, ainsi que d’autres critiques formulées à l’encontre des anciens pensionnats du Canada, a été formulée dans le livre Grave Error: How the Media Misled Us (and the Truth About Residential Schools). Coécrit par CP Champion, rédacteur en chef de The Dorchester Review, et Tom Flanagan, politologue retraité de l’Université de Calgary, le livre est un recueil de chapitres abondamment annotés, rédigés principalement par des universitaires et des avocats. Il fait notamment valoir qu’aucune fosse commune ou anonyme d’enfants disparus n’a été trouvée à ce jour dans les pensionnats ; que c’est une fiction que des enfants autochtones aient jamais « disparu » dans ces institutions ; que la plupart des élèves qui fréquentaient ces écoles l’ont fait volontairement avec la permission de leurs parents ; et que les conditions de vie des élèves dans ces écoles étaient généralement meilleures que celles qu’ils connaissaient dans leurs communautés d’origine pendant la période où les écoles étaient en activité.

Bien que le livre soit devenu un succès de vente au Canada depuis sa publication en décembre, ses arguments n’ont pratiquement pas été couverts par les médias canadiens jusqu’à ce qu’une controverse éclate après que l’épouse du maire de la communauté de Quesnel, en Colombie-Britannique, en ait distribué quelques exemplaires. Soulignant la condamnation du livre par les représentants locaux des Premières Nations comme étant « une pure forme de bigoterie et de haine », un reportage de la CBC sur la controverse a suggéré que Grave Error était un exemple clair de « négationnisme » des pensionnats indiens.

L’article de la CBC souligne que toute remise en question des allégations formulées contre les pensionnats indiens a été publiquement condamnée comme du « négationnisme » par Kimberly Murray, qui a été nommée « interlocutrice spéciale » du gouvernement fédéral à la suite des allégations de 2021 concernant les tombes.

Dans le rapport intermédiaire qu’elle a soumis au gouvernement en juin 2023, Murray a qualifié le « négationnisme » de « dernière étape du génocide » et a recommandé au gouvernement fédéral d’en faire une infraction pénale. David Lametti, qui était alors ministre de la Justice du Canada, a répondu à la recommandation de Murray en affirmant qu’il était ouvert à l’application des mêmes mesures pénales et civiles que celles qui sont actuellement en vigueur au Canada contre ceux qui nient, minimisent ou cautionnent l’Holocauste, a rapporté la CBC.

Alors que le rapport final de Murray est toujours en attente, le gouvernement libéral de Trudeau n’a pas encore pris de mesures concernant sa recommandation de criminaliser le « négationnisme » ; le projet de loi auquel le commentaire du Wall Street Journal faisait référence a été présenté au Parlement en septembre par un membre d’un autre parti. Mais Murray a réitéré ses affirmations dans un autre rapport intermédiaire, intitulé « Sites de vérité, sites de conscience », qu’elle a publié en juillet 2024 « comme antidote au négationnisme ».

« L’histoire des cimetières situés sur les sites d’anciens pensionnats indiens témoigne d’un génocide et de violations massives des droits de l’homme », indique le rapport.

Les attaques contre les églises continuent

Parallèlement à la rhétorique incessante affirmant que les allégations infondées sur les fosses communes ne devraient pas être contestées, les incendies criminels et autres actes de violence contre les églises chrétiennes se sont poursuivis. Selon un rapport, le nombre d’églises incendiées ou vandalisées s’élevait à 112 à la fin du mois de septembre.

De son côté, le New York Times, dont l’article incendiaire de mai 2021 a probablement été le principal déclencheur de la frénésie médiatique mondiale concernant les allégations de « fosses communes », a récemment réexaminé la question. Cette fois-ci, même si le Times a rapporté que trois ans plus tard « aucun reste n’a été exhumé et identifié », il n’a présenté aucune excuse pour son reportage initial et a laissé entendre que les inquiétudes au Canada concernant la légitimité des allégations se limitent à « un petit univers de catholiques conservateurs et d’activistes de droite ».

Le Times a également cité l’ancien ministre canadien de la Justice Lametti, qui a quitté la politique plus tôt cette année. « Est-ce que chacune de ces anomalies se révélera être une tombe anonyme ? Évidemment pas », a-t-il déclaré. « Mais il existe déjà suffisamment de preuves prépondérantes qui sont convaincantes. » Cependant, l’article n’a pas reconnu que même si Lametti avait raison et que certaines anomalies se révélaient être des tombes individuelles, ces conclusions ne valideraient pas le rapport initial du New York Times sur une « fosse commune » sur le site de l’ancien pensionnat de Kamloops.

En conclusion de son commentaire pour le Wall Street Journal, O’Grady a critiqué le récit unilatéral dominant sur les « fosses communes » et les efforts visant à criminaliser les opinions qui remettent en cause ce récit.

« Il faut un débat ouvert et honnête pour distinguer les faits de la fiction sur cette question », a commenté O’Grady. « Les tentatives législatives visant à restreindre la liberté d’expression en qualifiant les points de vue contraires de “négationnistes” ne mèneront pas à la réconciliation et ne rétabliront pas le bien-être des communautés autochtones du Canada. »

Efforts de réconciliation de l’Église

Les évêques du Canada ont pour la plupart refusé de s’engager dans le débat sur la validité des allégations concernant les fosses communes dans les pensionnats, se concentrant plutôt sur les efforts visant à favoriser la réconciliation avec les peuples autochtones dans le contexte des préjudices résultant du fonctionnement de ces écoles, notamment des abus sexuels et physiques généralisés, et d’autres politiques qui n’ont pas pleinement respecté leur dignité et leurs droits individuels et collectifs.

En 2021, la Conférence des évêques catholiques du Canada a créé un Fonds de réconciliation autochtone doté de 30 millions de dollars canadiens. Il soutient les initiatives de guérison et de réconciliation pour les familles et les communautés et les efforts visant à revitaliser les langues et les cultures autochtones, ainsi que les initiatives éducatives et les dialogues qui favorisent la spiritualité autochtone.

La CECC a publié une déclaration le 30 septembre, qui a été désignée en 2021 comme la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation au Canada.

« Dans une prière et une réflexion solennelles, le Comité exécutif de la Conférence des évêques catholiques du Canada pleure l’héritage douloureux des anciens pensionnats indiens et réaffirme son engagement à accompagner les peuples autochtones dans leur cheminement vers la guérison et la réconciliation », a-t-il déclaré. « À l’occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation de 2024, nous nous souvenons du profond espoir du Saint-Père “que les chrétiens et la société civile de ce pays puissent grandir dans leur capacité d’accepter et de respecter l’identité et l’expérience des peuples autochtones”. »

source : NRC (via Belgicatho)

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mercredi 23 octobre 2024

Médecin refuse de publier une étude montrant l'inefficacité des bloqueurs de puberté sur la santé mentale des jeunes

La responsable d’une étude de longue haleine a déclaré que les bloqueurs de puberté n’amélioraient pas la santé mentale des enfants souffrant de troubles du genre et que les opposants aux soins pourraient en faire une arme. C’est la raison pour laquelle elle n’a pas publié les résultats de cette étude.


La doctoresse, Johanna Olson-Kennedy (en mortaise, en haut à gauche dans l’illustration ci-dessus), a commencé l’étude en 2015 dans le cadre d’un projet fédéral plus large de près de 10 millions de dollars sur les jeunes transgenres. Elle et ses collègues ont recruté 95 enfants dans tout le pays et leur ont donné des bloqueurs de puberté, qui empêchent les changements physiques permanents — comme les seins ou une voix plus grave — qui pourraient exacerber leur détresse liée au genre, connue sous le nom de dysphorie.

Les chercheurs ont suivi les enfants pendant deux ans pour voir si les traitements amélioraient leur santé mentale.

Les bloqueurs de puberté n’ont pas entraîné d’amélioration de la santé mentale, a-t-elle déclaré, probablement parce que les enfants se portaient déjà bien au début de l’étude.

« Ils sont en très bonne forme lorsqu’ils arrivent, et ils sont en très bonne forme après deux ans », a déclaré la Dr Olson-Kennedy, qui dirige la plus grande clinique du pays spécialisée dans les questions de genre chez les jeunes, à l’hôpital pour enfants de Los Angeles.

Cette explication semble toutefois contredire une description antérieure du groupe, dans laquelle la même Dr Olson-Kennedy et ses collègues notaient qu’un quart des adolescents étaient dépressifs ou suicidaires avant le traitement.

Au cours des neuf années qui se sont écoulées depuis que l’étude a été financée par les National Institutes of Health, et alors que les soins médicaux prodigués à ce petit groupe d’adolescents sont devenus une question brûlante dans la politique américaine, l’équipe de la Dr Olson-Kennedy n’a pas publié les données. Interrogée sur les raisons de cette décision, elle a déclaré que les résultats risquaient d’alimenter le type d’attaques politiques qui ont conduit à l’interdiction des traitements de l’identité sexuelle des jeunes dans plus de 20 États, dont l’un sera bientôt examiné par la Cour suprême.

« Je ne veux pas que notre travail soit instrumentalisé », a-t-elle déclaré. « Il doit être précis, clair et concis, et cela prend du temps. Et cela prend du temps. »

Le projet global a reçu à ce jour un soutien gouvernemental de 9,7 millions de dollars.

La Dr Olson-Kennedy est l’une des plus ardentes défenseurs des traitements sexospécifiques chez les adolescents et a été témoin experte dans de nombreuses contestations juridiques des interdictions imposées par les États. Elle a déclaré qu’elle craignait que les résultats de l’étude puissent être utilisés devant les tribunaux pour soutenir que « nous ne devrions pas utiliser de bloqueurs parce que cela n’a pas d’impact sur eux », en faisant référence aux adolescents transgenres.

La romancière J. K Rowlins (auteur de Harry Potter) résume à sa façon la raison donnée par la Dr Olson-Kennedy

D’autres chercheurs, en revanche, ont été alarmés par l’idée de retarder des résultats qui auraient des implications immédiates pour les familles du monde entier.

« Je comprends la crainte d’une instrumentalisation, mais il est vraiment important de faire connaître les résultats scientifiques », a déclaré Amy Tishelman, psychologue clinicienne et chercheuse au Boston College, qui était l’une des premières chercheuses de l’étude.

En 2011, la clinique anglaise spécialisée dans les questions de genre chez les jeunes a suivi 44 enfants dans le cadre d’une étude. Lors d’une conférence organisée cinq ans plus tard, les chercheurs britanniques ont indiqué que les bloqueurs de puberté n’avaient pas modifié le bien-être des volontaires, y compris les taux d’automutilation. Ces résultats n’ont été rendus publics qu’en 2020, des années après que les bloqueurs de puberté soient devenus le traitement standard des enfants souffrant de dysphorie de genre en Angleterre.

En 2020, le groupe de la Dr Olson-Kennedy a décrit le profil psychologique initial des enfants participant à l’étude américaine sur les bloqueurs de puberté, dont l’âge moyen était de 11 ans. Avant de recevoir les médicaments, environ un quart du groupe a signalé des symptômes de dépression et une anxiété importante, et un quart a déclaré avoir déjà eu des pensées suicidaires. Huit pour cent ont déclaré avoir déjà tenté de se suicider.

Dans un rapport d’étape soumis au N.I.H. à l’époque, le Dr Olson-Kennedy a présenté son hypothèse sur l’évolution des enfants après deux ans de traitement par des bloqueurs de puberté : ils présenteraient « une diminution des symptômes de dépression, d’anxiété, de traumatisme, d’automutilation et de suicidalité, ainsi qu’une augmentation de l’estime corporelle et de la qualité de vie au fil du temps ».

Cette hypothèse ne semble pas s’être vérifiée.

Lorsqu’on lui a demandé, dans des courriels de suivi, de préciser comment les enfants pouvaient avoir une bonne santé mentale initiale alors que ses résultats préliminaires montraient qu’un quart d’entre eux étaient en difficulté, le Dr Olson-Kennedy a répondu que, dans l’interview, elle se référait à des moyennes de données et qu’elle était encore en train d’analyser l’ensemble des données.

Le Dr Hilary Cass, pédiatre qui a publié cette année une étude approfondie des services d’aide aux jeunes en Angleterre, a déclaré que les retards pris par les groupes de recherche américains et britanniques avaient conduit le public à croire que les bloqueurs de puberté amélioraient la santé mentale, alors que peu d’éléments venaient étayer cette conclusion.

« Il est très important que nous obtenions des résultats afin de comprendre si c’est utile ou non, et pour qui », a déclaré le Dr Cass.

Dans son rapport, le Dr Cass a constaté que les preuves en faveur des bloqueurs de la puberté étaient faibles et a relevé certains risques, notamment des retards dans la croissance osseuse et une perte de fertilité chez certains patients. Il a incité le National Health Service anglais à cesser de prescrire ces médicaments en dehors d’un nouvel essai clinique, à la suite de retraits similaires dans plusieurs autres pays européens.

Source : New York Times

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Toronto — La nouvelle faculté de médecine réservera 75 % de ses places aux autochtones, aux Noirs et aux 2SLGBTQ+

La toute nouvelle faculté de médecine du Canada sélectionnera les étudiants non pas en fonction de leurs compétences, mais de leur identité. Comme si le système de santé canadien n’était pas déjà assez mauvais.

La faculté, qui ouvrira ses portes à l’automne prochain à l’Université métropolitaine de Toronto (TMU), réservera 75 % de ses places aux autochtones, aux Noirs et à d’autres groupes « méritant l’équité », y compris les 2SLGBTQ+. Ces étudiants devront avoir une moyenne générale de seulement 3,3 sur une échelle de 4 points, voire moins. À titre de comparaison, la moyenne générale acceptée par l’école de médecine de l’Université de Toronto est de 3,95. Les étudiants blancs hétérosexuels valides ne peuvent pas postuler pour ces places. C’est la faculté de discrimination négative de la TMU pour les médecins qui ne seront pas admis en fonction de leurs mérites. Au Canada, la discrimination raciale et sexuelle est désormais totale. Comment en sommes-nous arrivés là ? La Cour suprême du Canada y est pour beaucoup.

 
L’année dernière, la Cour suprême des États-Unis a mis fin aux admissions fondées sur la race dans les universités américaines. L’université de Harvard, entre autres, préférait les étudiants noirs et bruns aux étudiants asiatiques et blancs au nom de la « diversité ». La Cour a déclaré que cette pratique violait la clause d’égale protection de la Constitution américaine. L’égalité de protection « ne peut signifier une chose lorsqu’elle est appliquée à un individu et quelque chose d’autre lorsqu’elle est appliquée à une personne d’une autre couleur ». Aux États-Unis, l’égalité de traitement devant la loi est une exigence constitutionnelle.

Mais pas au Canada. La Charte canadienne des droits et libertés stipule à son article 15 (1) que “la loi ne fait acception de personne et s’applique également à tous, et tous ont droit à la même protection et au même bénéfice de la loi, indépendamment de toute discrimination […]”. Cependant, la Cour suprême du Canada a longtemps insisté sur le fait que cette clause ne signifiait pas l’égalité de traitement, mais l’équité.

L’équité, également connue sous le nom d’“égalité réelle” ou d’“égalité de résultat”, consiste à traiter différemment des groupes différents. Il s’agit d’appliquer des normes et d’accorder des droits pour compenser les avantages, les désavantages, les forces et les faiblesses perçus. L’équité est un droit accordé non pas aux individus en tant que tels, mais aux membres des groupes.

L’égalité de traitement et l’équité sont des notions antinomiques. La loi ne peut pas appliquer les mêmes lois et normes à tout le monde et les adapter en fonction du groupe. Comme l’a déclaré Friedrich Hayek, “du fait que les gens sont très différents, il s’ensuit que, si nous les traitons de manière égale, il doit en résulter une inégalité dans leur situation réelle, et que la seule manière de les placer dans une situation d’égalité serait de les traiter différemment”. L’égalité devant la loi et l’égalité matérielle ne sont donc pas seulement différentes, mais elles entrent en conflit l’une avec l’autre ; nous pouvons réaliser l’une ou l’autre, mais pas les deux en même temps.

Que s’est-il passé ? Ce n’est qu’en 1989 que la Cour suprême du Canada a rendu sa première décision sur la base de la disposition relative à l’égalité, l’article 15 (1). Dans l’intervalle, le gouvernement fédéral a créé une Commission royale sur l’égalité en matière d’emploi, également connue sous le nom de Commission Abella, du nom de sa commissaire Rosalie Abella. Abella, aujourd’hui à la retraite, deviendra plus tard la juge la plus activiste (à gauche) de la Cour. Le rapport de la commission, publié en 1984, préconisait des politiques d’équité en matière d’emploi au sein du gouvernement fédéral et des entreprises sous réglementation fédérale. Il déboucha sur l’adoption de la loi fédérale sur l’équité en matière d’emploi en 1986, qui imposait des programmes de discrimination négative accordant la préférence aux candidats de certains groupes par rapport à d’autres.

La loi ne fixait pas l’interprétation de la Charte par la Cour suprême, mais elle venait d’être mise en place lorsque la Cour suprême a entendu l’affaire David Mark Andrews, citoyen britannique et résident permanent du Canada, avocat agréé, qui contestait l’obligation faite par la Colombie-Britannique aux avocats d’être des citoyens canadiens. Dans sa décision de 1989, la Cour a annulé cette exigence. Le juge William McIntyre a écrit : “… une loi qui traite tout le monde de manière identique et qui assure l’égalité de traitement entre ‘A’ et ‘B’ pourrait bien entraîner une inégalité pour ‘C’, en fonction des différences de caractéristiques et de situations personnelles. Pour s’approcher de l’idéal d’une pleine égalité devant et en vertu de la loi, la principale considération doit être l’impact de la loi sur l’individu ou le groupe concerné…”

Depuis, la Cour n’a cessé d’insister sur l’équité. Contrairement à la Constitution américaine, la Charte contient une exception à sa garantie d’égalité. L’article 15 (2) autorise les programmes de discrimination négative à l’encontre des membres de certains groupes afin de favoriser le sort d’autres groupes. Il devait s’agir d’une exception, mais la Cour suprême en a fait la règle générale.

Au Canada, la Charte ne s’applique peut-être même pas aux politiques d’admission des universités (car les universités ne relèvent pas de l’État), mais les codes des droits de l’homme, eux, s’appliquent. Tout comme l’article 15 (1) de la Charte, les codes des droits de l’homme promettent un droit à l’égalité de traitement. Mais conformément à la jurisprudence de la Cour suprême en matière d’égalité, les droits de l’homme en sont venus à signifier également l’équité. En 2022, le Tribunal des droits de l’homme de l’Ontario a déclaré que les Blancs ne pouvaient pas se plaindre de discrimination. “Une allégation de discrimination raciale ou de discrimination fondée sur la couleur, écrit-il, n’est pas une allégation qui peut être ou a été revendiquée avec succès par des personnes blanches et non racialisées”.

Grâce à la Cour suprême, les droits à l’égalité sont devenus des armes brandies par des groupes privilégiés pour obtenir un assouplissement des critères et des retombées plus avantageuses pour ces mêmes groupes. Au Canada, certaines personnes sont plus égales que d’autres. Souvenez-vous-en la prochaine fois que vous attendrez de voir votre médecin fraichement diplômé.

Source : National Post

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mardi 22 octobre 2024

« La bien-pensance étouffe l’entreprise »

Pleines de bonnes intentions, les nouvelles règles en vigueur dans le management peuvent engendrer un conformisme moral et intellectuel au sein des entreprises, affirme l’essayiste. Qui appelle à résister aux excès de cette «vertu dangereuse». Depuis son succès de librairie La Comédie (in) humaine, écrit avec l’économiste Nicolas Bouzou, Julia de Funès s’est affirmée comme l’analyste de référence des dérives de la gestion contemporaine. Elle débusque comme personne les dangers des manifestes vertueux qui promettent le bien-être au travail grâce à l’inclusion, la diversité, l’intelligence collective et autres concepts généreux. Docteur en philosophie et diplômée d’un DESS en ressources humaines, Julia de Funès est moins une polémiste qu’une lanceuse d’alerte: son nouveau livre, La Vertu dangereuse, est un appel précis et argumenté à la résistance contre le prêt à penser. Et pas seulement au sein de l’univers professionnel, tant le politiquement correct imprègne la société dans son ensemble.

LE FIGARO MAGAZINE. — Jamais on a autant parlé de bien-être au travail et, pourtant, beaucoup de salariés se plaignent d’être malheureux dans leur environnement professionnel. Que se passe-t-il?

Julia DE FUNÈS. — En effet, cela fait des années que l’on espère une osmose ouatée entre collaborateurs, que l’on rêve de nager dans une harmonie radieuse, que les organisations développent des parcours bien-être, des politiques toujours plus innovantes de qualité de vie au travail, et certaines entreprises vont loin puisqu’elles créent des postes de «chief happiness officer» (officier en chef du bonheur!) tout en installant, c’est la dernière trouvaille, un petit boîtier baptisé «chief LOL officer», censé évaluer l’ambiance du bureau grâce à une intelligence artificielle. On n’en finit donc pas de miser sur le bien-être, or, jamais il n’y a eu autant de mal-être, d’arrêts de travail, d’arrêts maladie, de surmenage, de démission silencieuse (consistant à ne travailler qu’au minimum NDLR), de démotivation dans les organisations. Comment expliquer ce paradoxe? Le bien-être ne peut pas faire l’objet d’une politique managériale pour des raisons philosophiques de fond. Premièrement, le bien-être est absolument subjectif et indéfinissable. Si je demande à vos lecteurs quel serait leur bonheur ou leur mieux-être demain, j’aurais autant de réponses que de lecteurs! Quelqu’un de malade aura envie de recouvrer la santé. Quelqu’un de seul aura envie de retrouver les siens, etc. Autrement dit, le bien-être est une affaire entre soi et soi-même.

—  Comment faire d’une notion si subjective un objet managérial? 

— Toutes les tentatives qui cherchent à uniformiser et homogénéiser le bien-être s’avèrent au mieux vaines, au pire tyranniques. Regardons l’histoire, les pires crimes ont souvent été commis au nom du bien de l’humanité. Deuxièmement, le bien-être reste un état plus ou moins éphémère. Nous l’avons tous vécu dans nos vies, nous pouvons être heureux deux jours et malheureux les trois jours d’après. Alors, comment faire d’un état si incertain, si fluctuant un objet managérial? Enfin, le bien-être excède évidemment la sphère professionnelle. Si nos enfants sont très malades, nous serons malheureux dans notre travail, quand bien même tout sera mis en place pour notre bonheur. Rien que pour ces trois raisons de fond (c’est subjectif, contingent et au-delà de la sphère professionnelle), le bien-être ne peut faire l’objet d’une politique managériale. Travailler aux conditions d’un travail plus épanouissant et plus confortable pour chacun est une chose. Mais chercher à rendre les collaborateurs heureux en est vraiment une autre. C’est une vertu dangereuse.

lundi 21 octobre 2024

Dépenser plus en éducation, est-ce la solution ?

Quelques statistiques intéressantes sur l’éducation aux États-Unis.

Tout d’abord les dépenses par élève dans chacun des États fédérés (écoles primaires et secondaires) :


Puis, le taux d'obtention d'un diplôme de fins d'études secondaires :


Une constatation s’impose : il n’existe pour ainsi dire aucune corrélation entre la réussite scolaire et le niveau de dépense.  Bien entendu, les facteurs sociaux démographiques jouent pour beaucoup dans ces chiffres. Ajoutons encore qu'il faudrait ajuster les dépenses au coût de la vie dans chaque État : vivre et donc payer un professeur un salaire décent à New York est plus cher que dans le Montana.

Mais un fait demeure : dépenser plus n’est pas automatiquement un synonyme de réussite.

Dans les pays de l’OCDE, les États-Unis arrivent au 4e rang au chapitre des dépenses par élèves du primaire et du secondaire.

Le programme triennal PISA de l'OCDE, qui compare les connaissances et les compétences des élèves de 15 ans dans 70 pays à travers le monde, a classé les Etats-Unis au 14 e  rang des 34 pays de l'OCDE pour les compétences en lecture, en 17 e  position pour les sciences et en 25e position, en-dessous de la moyenne, pour les mathématiques.

Pire, sur 34 pays de l'OCDE, seuls 8 ont un taux plus faible diplomation au secondaire. La plupart des résultats scolaires des États-Unis ressemblent à ceux de la Pologne, un pays qui dépense moins de la moitié en éducation que les États-Unis.

Il existe un autre pays qui dépense de grandes sommes (en proportion à sa richesse nationale) en éducation nationale : l'Afrique du Sud. Malgré cela, l’Afrique du Sud s'est classée au dernier rang dans un classement regroupant 40 pays, derrière le Maroc et le Koweït. Ce classement a été publié en 2007 dans le cadre du Programme international de recherche en lecture scolaire (PIRLS:2006). Cette étude vise à établir les compétences de lecture des élèves de 10 et 11 ans quand ils doivent aborder des textes littéraires et informatifs authentiques.

L'Afrique du Sud 
dépense 6,1 % de son produit national brut à l'éducation, une plus grande portion que la plupart des autres pays, mais ses résultats sont constamment parmi les plus mauvais. 


Selon le dernier Indice de compétitivité mondiale du Forum économique mondial, l'Afrique du Sud se classait 129e sur 139 pays en matière d'éducation primaire et 137e en sciences et mathématiques.

On peut donc se demander quand François Legault et sa coalition disent qu’il suffit de dépenser plus en éducation pour régler les problèmes en éducation s'il ne s'agit pas d'une affirmation un peu simpliste.


Via (en partie) Antagoniste


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Dépenses en éducation dans les écoles publiques au Canada (Québec champion !), édition 2024

Allemagne — Malgré les dépenses croissantes en éducation, les résultats baissent (2003-2022)

Québec — Moins d'élèves, mais dépenses en forte hausse (2017)

Québec — dépenses par élève en hausse constante

Très forte chute des résultats en lecture pour les élèves québécois francophones entre 2007 et 2010

Aujourd’hui, 93 % des élèves n’atteignent même pas le niveau médian de 1987