Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
mercredi 9 septembre 2026
Baisse du niveau scolaire : l'alerte de Madeleine de Jessey
Travailleurs temporaires et services publics : l’Alberta se prépare à un référendum sur l’immigration
Ces questions sont issues des consultations menées par le panel Alberta Next en 2025. Les électeurs devront notamment se prononcer sur la possibilité pour le gouvernement provincial d’exercer un maîtrise accrue sur les seuils d’immigration, de privilégier les migrants économiques et de donner la priorité aux Albertains pour les nouveaux emplois. D’autres propositions visent à restreindre l’accès immédiat à certains programmes provinciaux aux citoyens, aux résidents permanents et aux personnes titulaires d’un statut d’immigration approuvé par l’Alberta; à imposer un délai de résidence de douze mois avant l’accès à certains programmes; et à faire payer aux titulaires d’un statut temporaire une contribution pour l’utilisation des systèmes de santé et d’éducation. Ces questions n’auront toutefois pas de force juridique contraignante.
Les sondages récents montrent néanmoins un appui majoritaire à ces propositions. Une enquête de Research Co., réalisée à la fin août 2026 auprès d’électeurs probables, fait état d’un soutien compris entre 58 % et 66 % selon les différentes questions relatives à l’immigration. Environ 65 % des répondants se disent notamment favorables à un contrôle provincial accru afin de ramener l’immigration à des niveaux jugés plus soutenables. Ces résultats contrastent avec la question de la séparation : une nette majorité d’Albertains continue de préférer que la province demeure au sein du Canada.
Le débat est toutefois loin d’être tranché. Certaines analyses soulignent que la forte croissance démographique a également accru les recettes fiscales. Entre 2022 et 2026, la population albertaine a augmenté d’environ 11 %, tandis que les revenus provenant de l’impôt des particuliers et des sociétés ont progressé davantage que les dépenses consacrées à la santé et à l’éducation. Les travailleurs temporaires contribuent par ailleurs à combler des pénuries de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs, notamment l’agriculture, la restauration, la construction et les soins. Le Programme des travailleurs étrangers temporaires du gouvernement fédéral exige généralement une étude d’impact sur le marché du travail destinée à démontrer qu’aucun résident canadien n’est disponible pour occuper le poste. Pour les critiques, le ratio avancé par Mme Smith — un dollar de recettes pour dix dollars de dépenses — donne donc une image trop simplifiée de la réalité, puisque les cotisations, la consommation et la production de ces travailleurs doivent également être prises en compte.
Sur le plan constitutionnel, l’immigration relève principalement de la compétence fédérale, même si les provinces disposent de certains pouvoirs de sélection, notamment pour les immigrants économiques. Le Québec bénéficie déjà, en vertu de l’Accord Canada-Québec de 1991, d’un pouvoir de sélection beaucoup plus étendu que celui des autres provinces. L’Alberta cherche à obtenir un levier comparable. Il ne s’agirait pas, affirme Edmonton, de fermer la porte à l’immigration, mais de pouvoir en déterminer davantage le rythme et le profil, ainsi que les conditions d’accès aux services financés par les contribuables provinciaux. Pour le gouvernement Smith, l’objectif est de protéger des systèmes mis sous pression par la forte croissance démographique et de recentrer l’immigration sur des personnes susceptibles de s’établir durablement dans la province.
Le référendum d’octobre ne modifiera évidemment pas, à lui seul, le partage constitutionnel des compétences. Il pourrait néanmoins fournir au gouvernement albertain un mandat politique difficile à ignorer. Si les propositions relatives à l’immigration recueillent une majorité, Edmonton pourra s’en prévaloir dans ses négociations avec Ottawa, dans l’élaboration de mesures relevant de sa compétence et dans la mise en place éventuelle de frais ou de délais d’accès aux services pour les titulaires de statuts temporaires.
Au-delà de leur portée juridique limitée, les questions posées aux Albertains auront donc une portée politique considérable. Le scrutin permettra de mesurer leur degré d’acceptation du modèle actuel — croissance démographique rapide, accueil important de travailleurs temporaires, accès relativement immédiat aux services publics et prise en charge collective des coûts — ou leur volonté d’établir un contrat plus explicite entre ceux qui s’installent temporairement dans la province et la collectivité qui les accueille.
mardi 8 septembre 2026
Classement PISA 2025 (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) en science et en mathématique:
Classement PISA 2025 (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) en science et en mathématique:
1- Chine 🇨🇳 : Sciences 597 | Maths 612
2- Singapour 🇸🇬 : Sciences 560 | Maths 563
3- Macao (Chine) 🇲🇴 : Sciences 541 | Maths 549
4- Taipei chinois 🇹🇼 : Sciences 540 | Maths 546
5- Japon 🇯🇵 : Sciences 538 | Maths 525
6- Estonie 🇪🇪 : Sciences 527 | Maths 508
7- Corée 🇰🇷 : Sciences 526 | Maths 522
8- Royaume-Uni 🇬🇧 : Sciences 511 | Maths 488
9- Canada 🇨🇦 : Sciences 510 | Maths 485
10- Nouvelle-Zélande 🇳🇿 : Sciences 509 | Maths 480
11- Australie 🇦🇺 : Sciences 509 | Maths 478
12- Finlande 🇫🇮 : Sciences 504 | Maths 469
13- États-Unis 🇺🇸 : Sciences 502 | Maths 463
14- Suisse 🇨🇭 : Sciences 501 | Maths 499
15- Irlande 🇮🇪 : Sciences 500 | Maths 480
16- Autriche 🇦🇹 : Sciences 497 | Maths 478
17- Hong Kong (Chine) 🇭🇰 : Sciences 496 | Maths 522
18- Pologne 🇵🇱 : Sciences 495 | Maths 474
19- Turquie 🇹🇷 : Sciences 494 | Maths 462
20- Tchéquie 🇨🇿 : Sciences 490 | Maths 487
21- Belgique 🇧🇪 : Sciences 490 | Maths 470
22- Lituanie 🇱🇹 : Sciences 488 | Maths 470
23- Allemagne 🇩🇪 : Sciences 486 | Maths 474
24- Pays-Bas 🇳🇱 : Sciences 485 | Maths 483
25- Suède 🇸🇪 : Sciences 485 | Maths 464
26- Slovénie 🇸🇮 : Sciences 484 | Maths 460
27- France 🇫🇷 : Sciences 483 | Maths 458
28- Italie 🇮🇹 : Sciences 483 | Maths 468
29- Portugal 🇵🇹 : Sciences 482 | Maths 460
30- Hongrie 🇭🇺 : Sciences 480 | Maths 459
31- Danemark 🇩🇰 : Sciences 478 | Maths 471
32- Espagne 🇪🇸 : Sciences 477 | Maths 459
33- Croatie 🇭🇷 : Sciences 476 | Maths 455
34- Slovaquie 🇸🇰 : Sciences 475 | Maths 469
35- Luxembourg 🇱🇺 : Sciences 474 | Maths 458
36- Norvège 🇳🇴 : Sciences 470 | Maths 452
37- Lettonie 🇱🇻 : Sciences 468 | Maths 450
38- Émirats arabes unis 🇦🇪 : Sciences 458 | Maths 453
39- Vietnam 🇻🇳 : Sciences 457 | Maths 443
40- Malte 🇲🇹 : Sciences 453 | Maths 443
41- Régions ukrainiennes 🇺🇦 : Sciences 448 | Maths 431
42- Uruguay 🇺🇾 : Sciences 445 | Maths 405
43- Chili 🇨🇱 : Sciences 442 | Maths 403
44- Israël 🇮🇱 : Sciences 442 | Maths 433
45- Islande 🇮🇸 : Sciences 441 | Maths 430
46- Brunei 🇧🇳 : Sciences 439 | Maths 435
47- Maurice 🇲🇺 : Sciences 438 | Maths 407
48- Ouzbékistan 🇺🇿 : Sciences 438 | Maths —
49- Monténégro 🇲🇪 : Sciences 435 | Maths 411
50- Albanie 🇦🇱 : Sciences 435 | Maths 433
51- Qatar 🇶🇦 : Sciences 434 | Maths 416
52- Grèce 🇬🇷 : Sciences 434 | Maths 424
53- Thaïlande 🇹🇭 : Sciences 432 | Maths 407
54- Serbie 🇷🇸 : Sciences 429 | Maths 417
55- Roumanie 🇷🇴 : Sciences 425 | Maths 419
56- Mongolie 🇲🇳 : Sciences 424 | Maths 419
57- Costa Rica 🇨🇷 : Sciences 424 | Maths 387
58- Géorgie 🇬🇪 : Sciences 422 | Maths 416
59- Moldavie 🇲🇩 : Sciences 422 | Maths 410
60- Bulgarie 🇧🇬 : Sciences 421 | Maths 405
61- Kazakhstan 🇰🇿 : Sciences 420 | Maths 414
62- Malaisie 🇲🇾 : Sciences 419 | Maths 397
63- Colombie 🇨🇴 : Sciences 414 | Maths 381
64- Mexique 🇲🇽 : Sciences 414 | Maths 388
65- Arabie saoudite 🇸🇦 : Sciences 413 | Maths 390
66- Chypre 🇨🇾 : Sciences 411 | Maths 412
67- Azerbaïdjan 🇦🇿 : Sciences 409 | Maths 422
68- Brésil 🇧🇷 : Sciences 409 | Maths 377
69- Jordanie 🇯🇴 : Sciences 407 | Maths 388
70- Pérou 🇵🇪 : Sciences 406 | Maths 382
71- Argentine 🇦🇷 : Sciences 393 | Maths 367
72- Indonésie 🇮🇩 : Sciences 389 | Maths 364
73- El Salvador 🇸🇻 : Sciences 385 | Maths 346
74- Cambodge 🇰🇭 : Sciences 382 | Maths 366
75- Macédoine du Nord 🇲🇰 : Sciences 378 | Maths 380
76- Philippines 🇵🇭 : Sciences 373 | Maths 371
77- Liban 🇱🇧 : Sciences 372 | Maths 377
78- Tunisie 🇹🇳 : Sciences 369 | Maths 376
79- Kirghizistan 🇰🇬 : Sciences 363 | Maths 364
80- République dominicaine 🇩🇴 : Sciences 361 | Maths 339
81- Autorité palestinienne 🇵🇸 : Sciences 359 | Maths 354
82- Maroc 🇲🇦 : Sciences 358 | Maths 355
83- Kosovo 🇽🇰 : Sciences 357 | Maths 350
84- Paraguay 🇵🇾 : Sciences 355 | Maths 334
85- Région du Kurdistan (Irak) 🇮🇶 : Sciences 352 | Maths 339
86- Guatemala 🇬🇹 : Sciences 351 | Maths 334
87- Zambie 🇿🇲 : Sciences 337 | Maths 314
88- Kenya 🇰🇪 : Sciences 335 | Maths 326
89- Douchanbé (Tadjikistan) 🇹🇯 : Sciences 334 | Maths 382
90- Rwanda 🇷🇼 : Sciences 317 | Maths 312
Source: OCDE, Plus de 760 000 élèves de 91 pays et économies du monde entier, représentant en tout environ 33 millions de jeunes de 15 ans, ont participé, en 2025, à l’évaluation PISA en sciences, en mathématiques
Sont arrivées en tête de classement dans ces trois domaines les collectivités chinoises de Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang, ainsi que Singapour. L’Estonie, la Corée, le Japon, Macao (Chine), Formose (Taipei chinois) et le Royaume-Uni figuraient également sur la liste des 10 meilleurs systèmes éducatifs.
La performance globale des pays de l’OCDE se détériore : les résultats moyens en sciences, en lecture et en mathématiques sont, en effet, les plus faibles jamais observés. Quelques progrès n’en doivent pas moins être relevés ; ainsi, parmi les pays de l’OCDE, le Costa Rica, la République slovaque, la Türkiye et le Royaume-Uni ont amélioré leurs résultats en sciences par rapport à 2022.
Les résultats en lecture ont connu une baisse particulièrement marquée sur trois ans, notamment en ce qui concerne les compétences les plus utiles à l’ère de l’IA, comme savoir évaluer l’information, faire des liens entre différentes sources et poser un regard critique sur ses lectures. Les cas de « lecture hâtive » – où les élèves lisent rapidement, mais de manière imprécise – ont pratiquement doublé en proportion par rapport à 2018, pour atteindre 9 %.
Il semblerait notamment que les élèves qui ont passé les tests aient un meilleur niveau que la moyenne nationale, entraînant une légère surévaluation de leurs performances.
Par conséquent, les résultats présentés pourraient comporter de « grandes incertitudes, voire être biaisés », ajoute le rapport.
Les limites des tests PISA
Quels élèves sont soumis au test ? Dans quelles écoles ? Impossible de le savoir.
L’OCDE exige une confidentialité absolue et la Commission d’accès à l’information refuse de rendre accessible la liste des écoles participantes.
L’OCDE assure que sa méthode d’échantillonnage est béton, que les élèves sont choisis au hasard, que les écoles publiques et privées, par exemple, sont adéquatement représentées.
Encore faut-il pouvoir le vérifier.
« Et c’est pour ça qu’un chercheur sérieux se garde une grande réserve quant à l’interprétation des résultats. Sur le plan méthodologique, ça semble sérieux, mais il y a des zones d’ombre », estime Roch Chouinard, professeur émérite à l’Université de Montréal, interrogé par La Presse.
« Dans une logique de chercheurs et quand il s’agit de publications scientifiques, croit aussi Line Laplante, professeure au département de didactique des langues à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), il faut avoir accès aux données brutes, donc aux écoles, aux élèves qui passent le test. »
Mais au surplus, l’OCDE elle-même invite à interpréter les résultats PISA 2025 avec prudence pour plusieurs pays. Car aussi bien pour le Canada que pour les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, les États-Unis et l’Albanie, « une ou plusieurs normes d’échantillonnage PISA n’ont pas été respectées ».
Pour vulgariser la chose : trop d’écoles ou d’élèves sélectionnés n’ont pas participé, ou trop d’élèves ont été exclus. Au Canada, le taux de participation pondéré des écoles n’a atteint qu’environ 82 % après remplacement (la cible est de 85 %) et celui des élèves environ 77 % (la cible est de 80 %), tandis que le taux d’exclusion dépasse légèrement le plafond de 5 %. Une analyse du biais de non-réponse a été jugée suffisamment rigoureuse pour que les données canadiennes soient tout de même publiées. L’organisme canadien responsable de l’enquête précise toutefois que les résultats du Québec — comme ceux de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse, de l’Ontario, du Manitoba, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique — doivent être lus avec prudence, en raison d’un possible biais de non-réponse. Le risque habituel demeure : que des écoles ou des élèves plus faibles s’auto-excluent et fassent ainsi augmenter artificiellement les moyennes.
Un test avantageux pour les Québécois ?
Au-delà des considérations statistiques, Roch Chouinard fait observer que les élèves québécois sont probablement avantagés par les tests PISA du fait que les notions évaluées « correspondent exactement à ce sur quoi nos programmes éducatifs et nos écoles mettent l’accent », notamment la résolution de problèmes de tous les jours en mathématiques (la France insiste davantage sur les maths formelles, par exemple).
Line Laplante pense de même pour ce qui est de la langue maternelle. Pour tous les pays, ce qui est évalué par le PISA, c’est la compréhension de texte, et non l’écriture ou l’orthographe. « Or, dans l’épreuve d’écriture de la fin du secondaire du ministère de l’Éducation du Québec, l’orthographe d’usage et l’orthographe grammaticale sont les deux critères sur lesquels les élèves québécois en arrachent le plus », fait observer Line Laplante.
La faiblesse des élèves en orthographe et en grammaire ne les pénalise donc pas quand ils passent leurs tests PISA. Elle ne les empêche pas non plus d’obtenir à tout le moins la note de passage aux examens du Ministère.
« Les élèves de 5e secondaire peuvent réussir en français tout en ayant échoué aux critères d’orthographe de l’examen du Ministère », l’examen du Ministère ne constitue qu’un pourcentage de la note finale du cours de français. Notons que les tests PISA n'évalue en rien la culture générale (souvent très lacunaire chez les jeunes québécois), la capacité de composition d'une dissertation, d'une critique structurée d'un texte littéraire ou scientifique.
Sinon révélateurs de la valeur exacte de notre système d’éducation, ces résultats PISA donnent donc certaines tendances.
Voir aussi
Baisse du niveau scolaire : la Suède délaisse le numérique et revient aux manuels scolaires
Une école davantage faite pour assurer la paix sociale que pour instruire
L'immigration, ce tabou dans l'effondrement scolaire de la France
Enquête PISA : des résultats qu’il faut savoir nuancer
« Les traits du système finlandais que copie [en 2010] l’étranger n’expliquent pas le succès finlandais, ils sont au contraire source de problèmes »
lundi 7 septembre 2026
L'école privée catholique Loyola de Montréal, victime collatérale de la nouvelle laïcité québécoise
Loyola, L’Eau-Vive, les écoles chrétiennes dans le collimateur de l'État québécois
On se souviendra que le collège privé catholique Loyola de Montréal avait contesté dès 2008 l’imposition gouvernementale d’une posture « neutre » dans les classes d’Éthique et culture religieuse, rendues obligatoires par le gouvernement québécois. Le collège soutenait qu’on ne pouvait exiger d’une institution catholique qu’elle enseigne le catholicisme en adoptant précisément le point de vue extérieur et neutre que le programme imposait. En 2015, la Cour suprême du Canada lui donna raison sur ce point : elle jugea déraisonnable le refus du gouvernement de tenir compte de la liberté religieuse de l’établissement, tout en confirmant la validité générale du programme Éthique et culture religieuse. Lequel programme a été aboli en 2020 et remplacé en 2024 par un nouveau programme de Culture et citoyenneté québécoise.Seize ans plus tard, Loyola se retrouve de nouveau confrontée à l’État québécois. Cette fois, le gouvernement ne lui demande plus seulement de modifier la manière dont elle enseigne la religion : la Loi 9, adoptée et sanctionnée le 2 avril 2026, conditionne désormais le maintien de certaines subventions publiques des écoles privées à des exigences renforcées de laïcité. Pour les établissements confessionnels comme Loyola, les conséquences seront importantes à compter du 2 avril 2029 : l’enseignement religieux obligatoire ne pourra plus avoir pour objectif de transmettre les croyances catholiques et les messes, prières et retraites devront être facultatives et se dérouler à l’extérieur des heures consacrées aux services éducatifs.
Loyola vient donc d’annoncer qu’elle fera le choix de son identité plutôt que celui de la subvention. Fondée en 1896, l’école entend renoncer au financement provincial et devenir entièrement indépendante. Elle estime que la disparition de la subvention représente environ 7 500 $ par élève et par an et que ses frais de scolarité pourraient passer d’environ 12 530 $ à 20 000 ou 21 000 $. Elle promet, en contrepartie, de développer considérablement son aide financière afin que l’indépendance de l’école ne la transforme pas en établissement réservé aux familles aisées.
Loyola insiste sur un point essentiel : elle n'est pas une institution en déclin. Les demandes d’admission sont à un niveau historique, la vie scolaire est florissante et ses finances sont solides. Elle fait donc un choix délibéré : elle préfère perdre l’argent public plutôt que de laisser l’État déterminer jusqu’où elle peut être catholique et jésuite. Le célèbre établissement dit prendre cette décision « en position de force, et non de faiblesse »
Mais Loyola n’est pas la seule école chrétienne placée dans cette situation.
À Québec, l’École L’Eau-Vive, une école privée protestante évangélique fondée en 2001 et qui accueille aujourd’hui plus de 580 élèves, a elle aussi été directement menacée par la réforme. Lors des consultations parlementaires, sa direction expliquait que la contribution de l’État représente environ 47 % des frais de scolarité et que la perte de cette subvention ferait passer la facture actuelle d’environ 3 800 $ à près du triple. Selon ses estimations, moins de 10 % des familles pourraient alors se le permettre.
Le cas de L’Eau-Vive est particulièrement révélateur. L’école affirme respecter le régime pédagogique québécois, ne pas sélectionner ses élèves ou ses enseignants selon leur religion et ne consacrer qu’une petite partie de son horaire — moins de 3 % selon sa direction — à un enseignement chrétien facultatif. Elle affirme en outre qu’aucune dérive ni aucune plainte n’ont été signalées contre elle. Son problème n’est donc pas d’avoir été prise en flagrant délit d’une pratique coercitive ou d’une violation du programme scolaire : c’est précisément son caractère chrétien revendiqué qui la met en difficulté.
Le contraste avec le contexte politique qui a vu la naissance de la Loi 9 est frappant.
La loi n'est pas nullement née de problèmes posés par les écoles privées Loyola ou L’Eau-Vive. Elle naît de scandales apparus dans le réseau public.
Victoire historique de l'« extrême droite » en Allemagne , le retour du nazisme, après le retour du fascisme avec Melloni ?
«AFD : un choc historique ?» : l'édito de Mathieu Bock-Côté dans #Facealinfo pic.twitter.com/LpRI0CPAai
— CNEWS (@CNEWS) September 7, 2026
![]() |
| Radio-Canada (1,4 milliard de $ en subventions par an) veut nous faire « comprendre » en invoquant le nazisme... et l'image de « loups aux dents très, très longues ». L'impartialité en action. |
C’est par un message posté sur le réseau social X qu’Éric Zemmour, président de Reconquête, a salué la « victoire» du parti nationaliste allemand, anti-immigration, pro-Donald Trump et russophile. « L’AfD vient de réaliser 45 % des voix en Saxe-Anhalt. Son record historique. On accusera les électeurs», clame-t-il avant d’enchaîner : « Les vrais responsables sont ceux qui, un demi-siècle durant, ont traité comme un délit ce que les peuples éprouvaient comme une évidence : le désir de demeurer soi-même. Le cordon sanitaire n’a jamais protégé personne. Il n’a fait que retarder l’heure de vérité. »
« En Allemagne, la victoire de l’AfD est le résultat de la politique néolibérale des gouvernements allemands de grande coalition droite-ps » Jean-luc Mélenchon candidat LFI à l’élection présidentielle
Pour Sarah Knafo, députée européenne de Reconquête , l'AfD est « qualifiée à tort de néonazie ».
Même discours du côté de Sarah Knafo, députée européenne de Reconquête, invitée de TF1 lundi matin. «Je vais vous dire la même chose que ce que j’ai dit lors de la victoire de Donald Trump, lors de la victoire de Giorgia Meloni (…) je sais reconnaître une vague occidentale quand j’en vois une », affirme-t-elle. Et l’ancienne candidate à la mairie de Paris, compagne d’Éric Zemmour dans la vie, d’ajouter : « Vous dites le parti d’extrême droite. Je vous rappelle quand même que (…) la moitié des électeurs (allemand, NDLR) de centre droit ont voté pour l’AfD ». Pour Sarah Knafo, l’AfD est « qualifiée à tort de néonazie ».
La réaction des deux figures de Reconquête n’est pas très surprenante. Le parti nationaliste français et l’AfD sont alliés au Parlement européen depuis juillet 2024, et siègent dans le même groupe : l’Europe des nations souveraines (ENS). Si Sarah Knafo est vice-présidente du groupe, elle est bien la seule élue française de cette formation.
La comparaison avec la réaction des responsables du Rassemblement national (RN), favori des sondages en vue de la prochaine élection présidentielle, est flagrante. Ces derniers ont accueilli les résultats du scrutin allemand par un grand silence. Le jour même du vote, Jean-Philippe Tanguy, bras droit de Marine Le Pen, avait donné le ton. « On ne se prononce pas sur les élections étrangères de partis avec lesquels nous n’avons pas d’alliance », a-t-il lâché, invité de France 2 et de France Inter. Le député RN avait tout de même ajouté : « Je ne pense pas que l’Allemagne laisse un parti dangereux prospérer (…) On diabolise à l’excès l’AfD. Sinon, (ce parti) serait interdit. »
Jordan Bardella, président du parti à la flamme, avait été interrogé samedi lors du forum de Cernobbio en Italie, sur la possibilité que le RN renoue avec l’AfD. Le jeune loup nationaliste a simplement répondu que ce n’était « pas prévu ». « Un certain nombre de désaccords nous ont amenés à prendre nos distances avec l’AfD», a rappelé celui qui est aussi président du groupe Patriotes pour l’Europe (PE), avant d’ajouter : « Je note néanmoins que la pression électorale exercée par l’AfD en Allemagne a contribué à faire bouger les lignes au sein du gouvernement de Friedrich Merz, puisque l’Allemagne a rétabli il y a quelques mois des contrôles à ses frontières. »
Source : Le Figaro
dimanche 6 septembre 2026
35 idées reçues sur l’intelligence chez l'homme passées au crible
L’ambition de Warne est moins de proposer une nouvelle théorie de l’intelligence que de présenter au lecteur non spécialiste les acquis scientifiques les mieux établis selon lui. Sa thèse générale est que les différences individuelles de capacité cognitive sont réelles, qu’elles peuvent être mesurées avec une précision notable et qu’elles ont des conséquences importantes dans l’éducation, le travail et diverses dimensions de la vie. Il soutient également que certaines conclusions politiquement ou moralement délicates ne peuvent être écartées simplement parce qu’elles sont désagréables ou historiquement compromises.
L’auteur
Russell T. Warne est psychologue et spécialiste de la psychométrie et de la mesure en psychologie. Il a obtenu un diplôme de psychologie à Brigham Young University en 2007, puis un doctorat en psychologie de l’éducation à Texas A&M University en 2011, avec une spécialisation en recherche, mesure et statistiques. Il enseigne à Utah Valley University depuis 2011, où il est professeur associé. Ses travaux portent notamment sur l’intelligence, les tests psychologiques, la psychologie des personnes à haut potentiel et les méthodes statistiques. Il a publié de nombreux articles dans des revues spécialisées et a également écrit un manuel de statistiques destiné aux étudiants en sciences sociales.
I. La nature de l’intelligence
Mythe 1 : « L’intelligence n’est que l’ensemble des tâches qu’un psychologue place dans un test »
Pour Warne, cette conception ne résiste pas à l’analyse factorielle. Les performances à des tâches cognitives très différentes — compréhension du vocabulaire, résolution de problèmes, capacité à retenir et manipuler temporairement des informations, raisonnement, rapidité de traitement, etc. — sont positivement corrélées. Cette corrélation positive généralisée fait apparaître un facteur général d’intelligence, dit g. Ce facteur représente les écarts entre personnes qui se retrouve d’une tâche à l’autre, plutôt que ce qui est propre à chaque exercice.
Le QI ne serait donc pas une simple addition arbitraire d’aptitudes particulières : les éléments propres à chaque tâche sont statistiquement séparés de ce qu’elles ont en commun. Le contenu précis d’un test importe ainsi beaucoup moins qu’on ne pourrait le penser, pourvu que les tâches soient de nature cognitive, suffisamment nombreuses et suffisamment discriminantes. Les tâches plus complexes tendent d’ailleurs à être plus fortement corrélées au facteur g.
vendredi 4 septembre 2026
« L’idée que la démocratie se diffuse en même temps que le capitalisme est historiquement fausse »
LE FIGARO. — Votre livre s’intitule Le Monde à l’ère capitaliste. Vous qui avez grandi en Yougoslavie communiste, comment expliquez-vous que le capitalisme se soit imposé partout ? Et qu’il s’accommode de régimes politiques si divers ?
BRANKO MILANOVIC. — La raison principale du triomphe du capitalisme est l’échec du communisme - ou du socialisme réel, comme on l’appelait à l’époque. Cet échec s’explique surtout par l’inefficacité économique de ce modèle. Après la crise de 1980, des pays comme la Roumanie, la Pologne, la Hongrie et la Yougoslavie étaient en banqueroute : ils ne pouvaient plus rembourser leurs dettes. L’URSS n’était pas encore en banqueroute, mais le régime était totalement épuisé par les dépenses militaires. Le système capitaliste s’est donc étendu partout car il était plus efficace économiquement et bénéficiait d’un très grand soutien des classes intellectuelles et du reste de la population. Par une forme d’hégémonie gramscienne, les principes de marché sur lesquels repose le capitalisme ont été acceptés par la plupart des pays du monde, de manière consciente ou non.
— La conséquence est l’émergence de régimes hybrides, avec par exemple le « socialisme de marché » chinois. Vous parlez de « communisme hayekien » pour qualifier la Chine. Que recouvre cette expression paradoxale ?
— À Pékin, j’ai assisté à une conférence où se trouvaient plusieurs entrepreneurs. Tous étaient devenus très riches et, à les écouter raconter leurs parcours, on avait la sensation qu’ils appliquaient à la lettre les leçons de Ludwig von Mises et de Friedrich Hayek. Ils étaient peu éduqués, nés dans des régions peu développées, ils ont commencé avec presque rien et, à partir d’une bonne idée, ils ont développé leur activité. C’était un véritable manuel capitaliste dans un pays nominalement communiste. Et ces histoires hayekiennes étaient racontées dans une conférence présidée par des membres du Parti communiste ! Le régime célèbre la réussite et la richesse privée tout en maintenant un contrôle politique centralisé. De fait, aujourd’hui, le secteur privé représente 70 % du PIB chinois.
— Vous dites que ce « communisme hayekien » est « la plus grande réussite économique de l’histoire récente ». Ce capitalisme politique à visage technocratique pourrait-il inspirer d’autres pays ?
— Le système chinois n’est pas facilement réplicable, car il comporte de nombreuses contingences propres à la Chine. Il est très difficile de dresser une liste de choses que les autres pays devraient faire pour l’imiter. Contrairement au «consensus de Washington », qui avait dix préceptes clairs et facilement exportables, les Chinois n’ont pas de règles claires, ce qui limite aussi leur soft power.
— Contrairement à ce que pensaient les théoriciens de la « fin de l’histoire », le capitalisme s’est imposé partout, mais pas la démocratie libérale. Pourquoi ?
Mon scepticisme à l’égard de ce discours sur la diffusion de la démocratie dans le monde a aussi été nourri par deux événements que j’ai vus de très près : d’un côté, la dissolution de l’union soviétique et de la Yougoslavie, et de l’autre l’unification de l’Europe. D’un côté la construction européenne célébrait le fait que des gens très différents ethniquement et religieusement pouvaient exister ensemble, et de l’autre, cette même Europe soutenait la décomposition et la dissolution d’un pays où des peuples différents vivaient ensemble. Il n’y avait presque aucune logique à tout cela ! Ensuite, j’ai travaillé sur la Russie en 1982-1983. Le pays vivait une dépression économique extraordinaire mais aussi une destruction de l’éducation, de la santé, une destruction sociale : les liens sociaux ont été totalement détruits. Et on parlait de démocratie ! J’ai assisté à cette expérience depuis la Banque mondiale, qui est un propagateur de cette idéologie économique. Il y avait un vrai manque d’historicité dans ces années et une absence de regard sur la réalité telle qu’elle était.
— Comment expliquer que, dans un monde acquis à l’économie de marché, le libre-échange et la mondialisation refluent désormais ?
Au niveau des revenus individuels, les classes populaires et même parfois moyennes occidentales sont maintenant dépassées par la montée en puissance des classes moyennes supérieures en Chine, en Inde, en Indonésie et ailleurs. Par le passé, la population occidentale était dans les 20 ou 30 premiers percentiles du monde, c’est-à-dire que même les gens relativement pauvres en France étaient probablement dans le 70e percentile du monde. Maintenant, ils sont dépassés par la population asiatique. Et quand vous êtes dépassé par la population asiatique, vous êtes dépassé d’un seul coup par des millions de gens. Les classes moyennes occidentales vont s’en rendre compte très rapidement, parce qu’il y a des biens internationaux qu’ils ne sont plus en mesure d’acheter ou des voyages qui ne sont plus abordables pour eux.
Et pendant que les populations occidentales moins aisées chutaient dans leur position globale, les plus riches, dans ces mêmes pays, sont restés au sommet du monde. Cela génère un grand mécontentement et des turbulences politiques. La mondialisation a créé un conflit au niveau des États-nations, entre la Chine et les États-unis, mais aussi à l’intérieur des pays. Demeure donc ce paradoxe : tandis que les politiques économiques libérales sont renforcées sur le plan intérieur, elles sont totalement remplacées dans la politique extérieure, avec le retour des droits de douane, de la coercition économique, et la saisie des avoirs des autres pays. C’est le retour du mercantilisme au niveau international. On peut parler de national-libéralisme ou de libéralisme national de marché pour souligner cette ambivalence.
— Signe de ces trajectoires croisées, vous expliquez que « la désarticulation remonte vers le nord ». Pourriez-vous expliquer ce qu’est la « désarticulation » ? Et par quel processus les pays du Nord ont commencé à ressembler à ceux du Sud ?
Or depuis dix ans nous avons commencé à observer un processus similaire en Occident, et en particulier aux États-unis. Il y a une couche de la population qui est riche, éduquée et très intégrée dans les échanges, intellectuels et économiques. Et tout le reste de la population, qu’on appelle en anglais « hinterland », à l’intérieur des terres, était coupé de cela. C’est pour cette raison que l’on parle d’élites « bi-costales » en Amérique. Ce sont des gens qui, par intérêt et par conviction, sont très promondialisation. Ils s’entendent très bien avec les élites des autres pays et n’ont pas beaucoup d’intérêt pour leurs concitoyens ; ils préfèrent employer un Chinois ou un Vietnamien en les payant beaucoup moins qu’un Américain équivalent. Cette divergence était typique des pays du tiers-monde. Il y a vingt ans, les élites occidentales voyaient tous les avantages, idéologiques et financiers, de la mondialisation. Sans comprendre que le reste de la population ne les voyait pas. Beaucoup ne se sont pas rendu compte que la fronde domestique allait monter en puissance. C’était avant le Brexit, avant la première élection de Donald Trump, mais ces forces souterraines existaient déjà.
— Les classes populaires et moyennes dans les pays riches ne voient pas leurs revenus progresser, car ils « dépendent pour la plupart de leurs revenus du travail et n’ont aucun revenu de capital significatif », écrivez-vous. Cela va-t-il s’aggraver avec L’IA ?
— Dans les pays d’Amérique latine, 90% à 95% des gens n’ont aucun revenu du capital. En France, environ la moitié de la population n’a aucun revenu du capital. Aux États-unis, c’est 60 %, et dans d’autres pays développés, parfois plus. Il est encore difficile d’évaluer les conséquences de la révolution technologique que représente L’IA. Si elle remplace un grand nombre de professions, bien sûr, à PIB égal, il y aura une augmentation de revenus du capital, car cet argent ira dans les poches des propriétaires des entreprises technologiques. Et les revenus du travail s’éroderont encore un peu plus. Tout dépendra ensuite de la façon dont ce capital sera redistribué. Va-t-on prendre de l’argent à ceux qui se sont enrichis avec L’IA pour le distribuer à tout le monde comme un revenu garanti mensuel ? C’est une possibilité.
— Mais, selon vous, les outils du XXe siècle ne peuvent pas servir à combattre les inégalités de revenus au XXIe siècle. Pourquoi ?
— Au XXe siècle, les trois grands outils de réduction des inégalités en Occident ont été les syndicats, l’éducation et l’interventionnisme de l’État. Or le taux de syndicalisation a chuté partout dans le monde. Le type de travail a totalement changé. Il y a moins de grandes entreprises qui emploient des milliers de gens et dont les intérêts sont semblables. Très souvent, les salariés ne travaillent plus dans le même espace physique, ce qui rend toute organisation, syndicale ou autre, plus difficile. Deuxièmement, le niveau d’éducation. Il a explosé au XXe siècle. La trajectoire se poursuit, les gens sont toujours plus diplômés, mais c’est différent. Le gain que vous faites en passant d’une population qui a en moyenne 7 ans d’éducation à 13 ans est extraordinaire. Mais il y a un maximum naturel. Après 13 ans, on ne peut pas passer à 23 ans d’éducation, ça n’aurait aucun sens !
Enfin, le rôle de l’état. Les impôts sont devenus très élevés au XXe siècle parce qu’on acceptait que l’état joue un rôle très important, en France en particulier. Maintenant on l’accepte moins, on pense que les impôts sont exagérés. Les gens ont une vision beaucoup plus cynique du rôle de l’état. Si on prend ces trois aspects - le syndicalisme, l’éducation et l’opinion sur l’état - les outils du XXe siècle sont caducs pour réduire les inégalités.
jeudi 3 septembre 2026
Cambridge — Quand la tolérance et la diversité mènent au sabordage
Dans The Spectator, Andrew Gilligan consacre une série d’articles à Farah Ahmed, professeure assistante de recherche à la faculté d’éducation de Cambridge. Son parcours a de quoi serrer la gorge.
Dans un texte publié en 2002 pour Hizb ut-Tahrir — mouvement islamiste désormais interdit au Royaume-Uni et classé comme organisation terroriste depuis 2024 — Ahmed qualifiait l’éducation occidentale de « menace » pour les musulmans, le programme scolaire britannique d’« endoctrinement systématique » et la démocratie de « tradition corrompue ». Elle reprochait aussi à l’école de mettre l’islam au même niveau que les autres religions, de présenter la polygamie et le mariage avant 16 ans comme archaïques, et d’enseigner la théorie de l’évolution.
Le même pamphlet contient un second chapitre, plus radical, coécrit avec Nazreen Nawaz, alors responsable de la section féminine de Hizb ut-Tahrir. Il décrit le système éducatif d’une dictature islamique, le Khilafah : « rien ne sera contenu dans le programme qui contredise l’islam, comme l’enseignement des idées de liberté, de nationalisme, de démocratie ou d’évolution sous un jour positif ». Les non-musulmans eux-mêmes devraient être « éduqués selon le programme de l’islam […] en les poussant à penser à la croyance correcte dans la vie ». Au niveau supérieur, les philosophies étrangères, le capitalisme, le communisme, la sociologie, la psychologie, l’histoire, les langues et les littératures étrangères ne devraient être enseignés que « dans le but de réfuter leurs idées et d’exposer leur fausseté ».
Le but déclaré des études universitaires, selon les deux auteures, est d’équiper les musulmans pour la conquête : « La motivation à étudier l’ingénierie serait d’aider au développement de machines pour le Jihad […]. La motivation à étudier la technologie informatique serait d’élever la société islamique au-dessus de toutes les autres […] et de produire des armements avancés pour le Jihad afin que [l’islam] domine tous les autres, comme l’a ordonné le Créateur. » Le chapitre contient aussi une section consacrée à « la formation des enseignants » — précisément le domaine dans lequel Cambridge emploie aujourd’hui Ahmed pour mener ses travaux.
Depuis, Ahmed a affirmé avoir quitté Hizb ut-Tahrir et ne plus partager « toutes » ses positions. En 2010, elle déclarait ne plus être membre du mouvement. Interrogée fin août 2026, Cambridge a répondu que les phrases sur les « armements pour le Jihad » « ne sont pas ses mots » et « ne reflètent pas ses vues », qu’elle y avait contribué « comme chercheuse historique » il y a plus de vingt ans et qu’elle avait rompu avec le mouvement plus de quinze ans avant son interdiction. Gilligan objecte qu’elle est bien coauteure du chapitre et que, interrogée quatre jours plus tôt sur un éventuel désaveu de ces propos, elle n’a pas répondu.
Gilligan relève également des travaux plus récents contestant une conception de l’éducation centrée sur la lecture, le calcul et les savoirs disciplinaires, une conférence qu’elle coordonnait en 2023 présentant la science comme un projet « colonial », ainsi qu’un projet hébergé par Cambridge présentant un « programme islamique » où, selon lui, le Hamas devient une « excuse qu’Israël utilise pour justifier ses attaques », les otages civils du 7 octobre des « prisonniers de guerre » et Israël disparaît de la carte.
Pour autant, se demander comment une islamiste plus ou moins repentie a pu entrer à Cambridge serait la question la moins intéressante. Une université est un endroit où l’on doit pouvoir rencontrer, lire et entendre des gens dont les idées nous semblent fausses, idiotes, choquantes ou abominables.
Le véritable angle mort est ailleurs. Le problème, bien plus fécond, est celui que pose le raisonnement qui semble avoir permis à Cambridge de considérer ces conceptions comme compatibles avec sa mission institutionnelle. Et c’est là que se révèle la plus grosse tache aveugle de ces quelque quatre-vingts dernières années : nous ne savons plus très bien ce qu’est le libéralisme.
Comme si nous avions fini par faire du libéralisme un simple résultat mécanique : prenez des élections, ajoutez une pincée de liberté d’expression, deux cuillerées de tolérance religieuse, un gros paquet de discrimination pro-minorités et de culpabilité occidentale, touillez avec une Déclaration des droits de l’homme et, hop, vous obtenez une démocratie libérale.
Comme si, à force de réduire la civilisation libérale à son règlement intérieur, nous avions oublié qu’elle repose sur une conception extrêmement particulière du monde et, pour ainsi dire, sur une anthropologie.
Mais une civilisation ne peut rester neutre entre elle-même et sa négation sans transformer la tolérance en art du sabordage.
Une civilisation qui n’ose plus dire ce qui mérite d’être transmis s’interdit de distinguer ce qui la prolonge de ce qui veut la détruire. Une civilisation qui assimile la « neutralité » à l’incapacité de formuler ses propres conditions d’existence ne poursuit plus la voie du libéralisme.
Elle ne fait que payer la corde avec laquelle on la pendra.
Point de vigilance factuel : Hizb ut-Tahrir est bien interdit au Royaume-Uni depuis 2024. Les citations du pamphlet de 2002 sont celles que Gilligan documente, notamment à partir de reproductions du texte. Cambridge et Ahmed contestent aujourd’hui que les passages sur le djihad et les armements soient « ses mots » ou reflètent ses opinions ; Gilligan maintient qu’Ahmed est coauteure du chapitre et souligne qu’elle n’a pas explicitement désavoué ces propos lorsqu’il l’a interrogée. Les éléments plus récents concernant le programme scolaire, la science qualifiée de « coloniale » et les documents relatifs à Gaza relèvent de l’enquête de The Spectator et doivent être présentés comme tels, non comme des faits judiciairement établis.
mercredi 2 septembre 2026
Le système universitaire britannique face à une restructuration sans précédent
Fusions et mutualisations : une nouvelle réponse aux difficultés financières
Deux opérations récentes illustrent cette évolution:
- L’Université de Greenwich et l’Université du Kent ont fusionné le 1er août 2026 pour former le London and South East University Group (LASE). Il s’agit d’un montage inhabituel : les deux universités constituent désormais une seule entité juridique, dotée d’un seul conseil d’administration, d’une seule équipe dirigeante et d’un vice-chancelier commun, mais Greenwich et Kent conservent leurs noms, leurs marques, leurs campus et leur identité universitaire. Les étudiants continuent de s’inscrire dans l’une ou l’autre université et d’obtenir un diplôme portant son nom. Le nouvel ensemble devient ainsi l’un des plus importants établissements d’enseignement supérieur du Royaume-Uni, avec environ 50 000 étudiants. Les deux universités continueront de fonctionner comme deux divisions universitaires distinctes au sein du groupe.[1]L’opération est présentée par les deux établissements comme un moyen de renforcer leur situation financière et de mutualiser leurs ressources. Elle est d’autant plus significative qu’elle constitue un modèle de « super-université » sans disparition immédiate des marques universitaires existantes.[2]
- Le King’s College London et la Cranfield University ont, de leur côté, annoncé le 14 mai 2026 avoir signé un accord constituant la première étape vers une fusion, qui pourrait prendre effet en août 2027, sous réserve des approbations nécessaires. Le rapprochement est particulièrement intéressant : King’s est une grande université généraliste londonienne, tandis que Cranfield est une institution spécialisée dans les technologies, l’ingénierie, la gestion et la recherche appliquée.[3]
La valeur très variable des diplômes : une étude révélatrice de l'Institute for Fiscal Studies
À 28 ans, toutes les formations universitaires ne se valent pas
L'étude montre que le rendement d'un diplôme varie énormément selon la discipline.
Sur l'ensemble de la vie, le bilan moyen reste positif en moyenne — mais les écarts sont considérables
À plus long terme, le tableau est beaucoup plus favorable à l'enseignement supérieur.
Pour une minorité importante, les études universitaires constituent même une mauvaise affaire financière. C'est particulièrement vrai chez les hommes : environ 30 % d'entre eux devraient, selon l'IFS, être moins bien lotis financièrement après leurs études qu'ils ne l'auraient été sans aller à l'université. Le risque est particulièrement élevé dans certaines disciplines : chez les hommes, le rendement moyen est négatif notamment pour la psychologie, la sociologie, l'anglais, la philosophie, les médias, l'éducation, les biosciences, le travail social et les arts créatifs. On notera que certaines formations scientifiques (biosciences et sciences générales) ont elles aussi un rendement financier faible ou négatif, malgré leur appartenance au champ des STEM. Pour certains jeunes hommes, notamment ceux qui ont les résultats scolaires les plus faibles et choisissent certaines disciplines, l'université peut rapporter moins — et même coûter financièrement plus — que le fait de ne pas y aller.
La « décolonisation » des cursus : une autre transformation du monde universitaire
Cette question devient particulièrement sensible lorsque certaines universités entreprennent de « décoloniser » leurs cursus. Le terme peut recouvrir des démarches parfaitement légitimes — élargir le corpus étudié, faire connaître des auteurs ou des traditions intellectuelles jusque-là négligés. Mais lorsqu'une telle démarche conduit à substituer à l'étude d'une discipline une grille de lecture politique — coloniale, raciale, intersectionnelle ou autre — elle peut avoir une conséquence moins souvent discutée : éroder la confiance des employeurs dans ce que garantit le diplôme.
Si les entreprises en viennent à considérer certaines formations comme moins rigoureuses, moins impartiales ou moins directement porteuses de compétences, leur valeur peut diminuer — même si leur niveau académique officiel reste inchangé.
Le phénomène ne concerne pas seulement les sciences humaines.
« Décoloniser les mathématiques »
En avril 2025, la School of Mathematics de l'Université d'Édimbourg a publié sur son propre site une page intitulée Decolonisation in Mathematics. L'école y affirme explicitement être engagée dans la « décolonisation du programme », qu'elle définit notamment comme une démarche visant à remettre en question les effets d'une conception des mathématiques qu'elle juge excessivement centrée sur l'Europe.[7]
La page explique que les mathématiques sont souvent considérées comme une discipline universelle, indépendante de l'histoire et de la culture, mais soutient que leur développement est néanmoins lié aux sociétés et aux cultures dans lesquelles les mathématiciens ont travaillé. (L'Occident!) Elle invite notamment à reconnaître des contributions qui auraient été négligées ou effacées de l'histoire traditionnelle de la discipline.[7]
L'université d'Édimbourg met à disposition des enseignants diverses ressources consacrées à cette démarche. Elle cite notamment les contributions de l'école de Kerala au développement du calcul, les mathématiques africaines et les liens entre fractales et architecture africaine dans l'esprit des travaux de Ron Eglash. Elle recommande également des ressources destinées à aider les enseignants à « décoloniser » leurs cours de mathématiques.[7]
Un paysage universitaire en mutation
Le système universitaire britannique se trouve ainsi confronté à plusieurs forces contradictoires.
Enfin, les travaux de l'IFS donnent aux étudiants, aux parents et aux pouvoirs publics un nouvel instrument pour évaluer les formations : non plus seulement leur prestige ou leur contenu intellectuel, mais aussi le rendement économique très variables que les formations universitaires procurent effectivement à leurs diplômés.
Les fusions de Greenwich et Kent et, potentiellement, de King’s et Cranfield pourraient annoncer une nouvelle phase de consolidation. Les données de Universities UK montrent que les établissements eux-mêmes envisagent désormais ouvertement ce type de transformation.[4]
Et les résultats de l'IFS apportent une conclusion particulièrement nuancée : l'université reste en moyenne un investissement rentable, mais pas toutes les universités, pas toutes les disciplines et pas pour tous les étudiants.C'est précisément cette hétérogénéité qui pourrait devenir l'un des principaux critères guidant les restructurations à venir.
Notes
[1] "LASE University Group updates to terms and conditions for students | Articles | University of Greenwich"
[2] "LASE University Group latest information | London and South East University Group | University of Greenwich"
[3] "King's and Cranfield University propose merger to support UK national capability and resilience | King's College London"
[4] "Two in five universities consider joining forces through 'multi academy trust' style models or mergers, new survey shows"
[5] "New estimates of the impact of undergraduate degrees on lifetime earnings | Institute for Fiscal Studies"
[6] "New estimates of the impact of undergraduate degrees on lifetime earnings | Institute for Fiscal Studies"
[7] "Decolonisation in Mathematics | School of Mathematics | School of Mathematics"
« La discrimination contre les universitaires masculins blancs coûte des millions au Canada »
Le cas de Jason Arday montre que, lorsqu’un système d’établissements prestigieux abaisse ses critères sur la base de caractéristiques identitaires, les conséquences peuvent être tragiques. L’université de Cambridge affirme que M. Arday est une exception, mais le nouveau rapport de l’Institut Macdonald-Laurier, intitulé The Equity-Excellence Tradeoff: A Study of EDI in the Canada Research Chairs Program (« Le compromis entre équité et excellence : une étude sur l’EDI dans le programme des Chaires de recherche du Canada »), suggère qu’il constitue plutôt la règle : le recrutement fondé sur l’équité, la diversité et l’inclusion (EDI) nuit à l’excellence académique à grande échelle. Nulle part cela n’est plus manifeste que dans le prestigieux programme des Chaires de recherche du Canada.
Alors que des chercheurs universitaires ont réfuté les affirmations peu rigoureuses du type « la diversité est notre force » avancées par les défenseurs de l’EDI, comme le cabinet de conseil McKinsey & Company, notre étude est la première à montrer quantitativement que l’EDI n’est pas simplement neutre, mais qu’elle peut activement réduire la performance organisationnelle. Cela se produit par le recrutement, au nom de la diversité, de personnes moins compétentes, ainsi que par le financement de l’activisme universitaire.
Les travaux existants et les statistiques internes de Harvard établissent qu’en moyenne, les étudiants noirs et hispaniques sont admis dans les universités d’élite avec des résultats aux tests inférieurs. Ils obtiennent également, en général, de moins bons résultats aux examens Advanced Placement (AP) au lycée, tout comme les femmes. Parmi les enseignants-chercheurs, les femmes publient dans l’ensemble nettement moins d’articles universitaires que les hommes.
Comme dans le cas d’Arday, le niveau d’exigence à l’embauche est considérablement abaissé pour les minorités dites subordonnées et les femmes. Une étude récente des sociologues Jukka Savolainen et Kevin McCaffree, portant sur l’ensemble des candidats recrutés entre 2019 et 2024 par les 50 meilleurs départements de sociologie américains, révèle que les hommes blancs comptaient en moyenne huit publications, contre seulement deux pour les femmes noires. Quarante pour cent des hommes blancs avaient publié dans les deux meilleures revues, contre 4 % des femmes noires.
En outre, ma réanalyse des données sur les promotions universitaires américaines, tirées d’un article de référence publié dans Nature Human Behaviour, montre que les universitaires noirs, hispaniques et femmes obtiennent des scores nettement inférieurs selon l’indice h, la référence habituelle dans le milieu (nombre d’articles multiplié par le nombre de citations), à ceux de leurs collègues blancs, asiatiques et masculins.
Le recrutement systématique de minorités et de femmes moins performantes affecte les résultats des organisations et des programmes. Pour évaluer ce phénomène, nous avons examiné le prestigieux programme fédéral des Chaires de recherche du Canada (CRC). Il constitue le sommet du système de recherche canadien et consacre chaque année 300 millions de dollars à des chaires renouvelables de sept ans, dotées de 100 000 à 200 000 dollars par an.
À partir de 2003, puis de manière accélérée après 2017, le programme des CRC a instauré un régime contraignant d’objectifs de diversité : les établissements qui ne respectaient pas leurs quotas de chaires attribuées à des femmes, à des minorités et à des Autochtones risquaient de perdre leurs allocations de chaires. La Constitution canadienne autorisant la discrimination fondée sur la race et le sexe, les offres de chaires des CRC précisent désormais régulièrement que les hommes blancs, hétérosexuels et valides n’ont pas besoin de postuler.
Les effets ont été spectaculaires. En 2000, 80 % des titulaires de chaires de recherche du Canada étaient des hommes blancs. En 2025, ils n’étaient plus que 20 %. Entre 2017, année où l’EDI sans fard a été mise en œuvre, et 2025, la proportion de femmes a doublé, passant de 30 % à 60 %, tandis que la proportion de Noirs et d’Autochtones est passée de 2 % à 10–15 %.
Nous avons mesuré la productivité scientifique des chercheurs noirs, des membres des Premières Nations et des femmes entre 2016 et 2025. Nous avons constaté que les chercheurs blancs et asiatiques avaient un indice h moyen de 34, contre 23 pour les chercheurs noirs et 15 pour les chercheurs autochtones. L’indice moyen était de 38 pour les hommes, contre 28 pour les femmes. Les chercheurs noirs, les membres des Premières Nations et les femmes sont nettement moins productifs, même après prise en compte de la durée de leur carrière, du niveau de la chaire, de la discipline et de l’année d’attribution. Cela fait écho aux résultats américains. Passer d’un titulaire de chaire blanc ou asiatique à un titulaire noir ou autochtone, ou d’un homme à une femme, entraîne une diminution de 12 à 15 % de l’impact de la recherche.
L’effet sur le programme des CRC est considérable. Le gouvernement canadien rémunère les titulaires de chaires pour qu’ils produisent de la recherche et, compte tenu des différences dans les pratiques de citation selon les disciplines, l’indice h constitue le meilleur indicateur impartial de cet impact. En attribuant une valeur monétaire à chaque point d’indice h, nous estimons que le recrutement fondé sur l’EDI coûte au programme des CRC 18 millions de dollars par an, soit 6 % de son budget.
Arday était noir, mais aussi un universitaire militant. Cela le rendait doublement attrayant pour la Faculté d’éducation progressiste de Cambridge. Cela met en évidence un autre problème lié à l’EDI : les sommes considérables consacrées à la « recherche » militante. Dans les sciences sociales et humaines, la description moyenne d’une chaire des CRC contient désormais deux termes liés à l’EDI.
Nous estimons que les fonds détournés vers l’activisme universitaire dans les sciences sociales et humaines représentent un coût supplémentaire de 6 % du budget des CRC — sans compter les dépenses liées à l’administration de l’EDI. Cela signifie qu’environ 12 % du budget, soit 36 millions de dollars sur les 300 millions du budget annuel du programme, sont consacrés à l’équité et à la diversité. La « taxe » EDI, rapportée à l’ensemble du budget des trois conseils de recherche (4,5 milliards de dollars), sans parler du secteur de l’enseignement supérieur, est colossale.
- CRSH — Conseil de recherches en sciences humaines pour les sciences humaines et sociales ;
- CRSNG — Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie pour les sciences naturelles, mathématiques, génie ;
- IRSC — Instituts de recherche en santé du Canada pour la santé et recherche biomédicale.
Aux États-Unis, le problème commence à être pris en compte, mais il est hors de contrôle au Canada. Aux États-Unis, la proportion de mots-clés liés à l’EDI dans les recherches financées par le gouvernement a explosé jusqu’en 2020-2021, avant de commencer à diminuer en 2024 puis de s’effondrer en 2025, lorsque l’administration Trump a sévi contre les recherches axées sur l’EDI.
[Elle est peut-être devenue plus hypocrite. Une enquête de Defending Education, portant sur 262 établissements, recensait en avril 2025 29 bureaux DEI intacts simplement « renommés », contre seulement 18 établissements ayant supprimé leurs bureaux ou leurs pages DEI. L'organisation estimait que 245 des 262 établissements étudiés conservaient des activités DEI sous une forme ou une autre. La source est toutefois anti-DEI.
Cette baisse du vocabulaire de l’EDI ne signifie toutefois pas nécessairement une disparition équivalente des pratiques concernées : plusieurs universités ont supprimé les termes « DEI » de leurs sites et procédures, tout en maintenant certaines activités ou pratiques sous d’autres appellations. C'est ainsi que l'Université de Californie a supprimé l'obligation de fournir des diversity statements dans les recrutements, tout en déclarant explicitement que son engagement envers les valeurs de diversité, équité et inclusion demeure intact, conformément à politique APM 210-1d.]
Au Canada, en l’absence de pression politique, cette tendance continue de s’accélérer : entre 2021 et 2025, la proportion de descriptions de chaires des CRC contenant un terme lié à l’EDI est passée de 38 % à 53 %. La même chose se produit en Grande-Bretagne. Arday n’est qu’un symptôme de ce complexe industriel de la victimisation, laissé sans contrôle.
L’administration Trump a de nombreux défauts, mais son approche de l’EDI dans l’enseignement supérieur constitue une réussite politique que le Canada et les autres pays occidentaux feraient bien d’imiter.
Voir aussi










