vendredi 14 juillet 2023

L'armée américaine a un problème de recrutement de poids

L’armée américaine et l’armée de l’air, qui cherchent désespérément à combler leurs déficits de recrutement, font un effort considérable pour recruter des immigrés, en leur offrant la possibilité d’obtenir la citoyenneté en quelques semaines. (11 juin 2023)

Quelle est l’ampleur de la crise du recrutement ? 

Au cours du dernier exercice budgétaire, l’armée de terre a manqué son objectif de recrutement de 15 000 soldats en service actif, soit 25 % de son objectif. Ce déficit a contraint l’armée à réduire ses effectifs prévus en service actif de 476 000 à 466 000. Et l’exercice comptable en cours risque d’être encore pire. Les responsables de l’armée prévoient que les effectifs du service actif pourraient diminuer de 20 000 soldats d’ici septembre, pour atteindre 445 000 soldats. Cela signifie que la principale force terrestre du pays pourrait diminuer de 7 % en seulement deux ans, à un moment où ses missions augmentent en Europe et même dans le Pacifique, où l’armée de terre fournit un grand nombre de moyens essentiels en temps de guerre, sans lesquels les autres services ne peuvent pas fonctionner.

Pour ne rien arranger, en 2022, quelque 40 000 soldats de la Garde nationale et 22 000 réservistes qui ont refusé d’être vaccinés contre le COVID-19 ne sont plus autorisés à participer à leurs tâches militaires, ce qui les prive également de certains avantages militaires. 

Crises du logement et de la santé sapent consensus pro-immigration au Canada, les gouvernants sourds

Article du National Post mais ce n'est pas le seul journal qui se pose des questions sur l'immigration de masse que subit le Canada actuellement.

Le Global et Mail (de tendance politique pourtant opposée) s'inquiète aussi à ce sujet, mais de manière variable selon le chroniqueur au clavier. Voir par exemple : Éditorial du Globe & Mail : « La pénurie de main-d’œuvre au Canada dont on nous rebat les oreilles relève surtout du mirage », Cette époque [années 50 et 60] où la population et la prospérité du Canada étaient en plein essor, contrairement à ce qui se passe aujourd'hui et Pourquoi le PIB par habitant devient l'indicateur à surveiller (voir les graphiques ci-dessous issus de cet article qui comparu des indicateurs économiques des États-Unis et du Canada alors que le Canada connaît une immigration plus importante que celle des États-Unis). 


On apprend le 14 juin que «  Le loyer moyen atteint un niveau record de 2042 $ par mois en juin ». Le coût moyen d’un logement d’une chambre était de 1780 $ en juin, en hausse de 10,2 % par rapport au même mois en 2022.

Ce sont les principaux pôles d'immigration qui sont en tête de ce triste palmarès. Vancouver s’est emparé du titre de ville la plus chère du Canada pour les locataires, avec le prix moyen d’un logement d’une chambre à 2945 $ et celui d’un logement à deux chambres à 3863 $. Elle était suivie de Burnaby, en Colombie-Britannique. Toronto s’est classée troisième avec un prix moyen de 2572 $ pour un appartement d’une chambre et 3301 $ pour un appartement de deux chambres. 



Depuis aussi longtemps que la plupart des politiciens et des électeurs en vie aujourd'hui s'en souviennent, le Canada anglais a été un pays résolument favorable à l'immigration. Jusqu'à présent, l'opinion publique était pratiquement unanime, du moins en dehors du Québec, sur le fait qu'un plus grand nombre de nouveaux arrivants représentait un bienfait absolu. 

[Note du carnet: ce n'est pas tout à fait exact : Sondage : Une majorité de Canadiens veulent moins de « réfugiés » et Un Canadien sur deux pense que les cibles en immigration sont trop hautes, 75 % qu'elle entraîne une demande excessive des services (sondage Léger mi-2022), mais il est vrai que la population du Québec s'oppose davantage à cette politique, sans être entendu par les gouvernants:  Les ⅔ des Québécois contre une hausse du nombre d’immigrants]

Cela nous a permis de nous payer le luxe d'être plutôt superficiels en matière de politique d'immigration. En fait, il s'agit d'un sujet tellement tabou que les sondeurs prennent rarement la peine de l'inclure lorsqu'ils interrogent les Canadiens sur les questions qui leur tiennent à cœur.

Toute discussion à ce sujet se résumait généralement à une question : comment attirer plus d'immigrants, plus rapidement ? Les différences entre les approches des partis étaient à peine visibles à l'œil nu.

Mais l'opinion publique peut évoluer rapidement lorsque les expériences vécues par les électeurs, ou même les perceptions qu'ils en ont, changent. En effet, un nouveau sondage réalisé par David Coletto, d'Abacus Data, suggère que nous sommes peut-être déjà engagés sur cette voie.

C'est la raison pour laquelle, compte tenu notamment des pénuries de logements et de soins de santé qui sévissent d'un bout à l'autre du pays, il n'a jamais été judicieux de considérer le consensus pro-immigration du Canada comme acquis.


Alors que les problèmes de logement et de santé se sont transformés en véritables crises, les libéraux fédéraux ont continué à faire exactement la même chose. Peu enclin à la nuance mais sujet à la démesure morale, le gouvernement du Premier ministre Justin Trudeau a poussé à son paroxysme le principe selon lequel "plus c'est mieux" en matière d'immigration.

Alors que les commentateurs, dont je fais partie, et les économistes ont mis en garde contre le fait que cette approche rapide pourrait ne pas être tenable et risquerait de rendre les Canadiens hostiles à l'immigration, rien n'indique que les dirigeants soient à l'écoute.

Aucun signe d'écoute de la part du pouvoir

Les objectifs du Canada en matière d'immigration ont grimpé à 500 000 par an, sans compter le programme des travailleurs étrangers temporaires, qui a totalisé plus de 200 000 nouvelles approbations en 2022, ou les visas d'étudiants internationaux, qui sont illimités et qui ont compté un peu plus de 550 000 nouveaux étudiants l'année dernière. Cela représente bien plus d'un million de nouvelles personnes entrant au Canada chaque année. Voir Canada — 800.000 étudiants étrangers à la fin 2022, une augmentation de 31 %. Et un passeport canadien avec ça ?.

Pour mieux visualiser l'ampleur du phénomène, cela correspond à l'ajout d'une ville entière, Calgary (population : 1 019 942 habitants), chaque année. Ou environ deux Hamiltons (population : 519 949), ou trois Halifax (population : 359 111).

Entre-temps, l'hôpital pour enfants (SickKids) de Toronto a une liste d'attente de 6 509 enfants pour une intervention chirurgicale, dont 67 % ont dépassé le délai recommandé pour les soins. Les listes d'attente pour les médecins de famille atteignent 10 ans dans certaines localités. La Colombie-Britannique transfère au moins 5 000 patients atteints de cancer aux États-Unis, car les temps d'attente intenables pourraient entraîner des décès évitables. 

Quasiment aucun gain de productivité, rémunération réelle (après inflation) qui chute

La Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) a déclaré l'an dernier qu'il faudrait au moins 5,8 millions de logements d'ici 2030 pour que le logement redevienne abordable.
Un an plus tard, de nombreuses municipalités du pays sont loin d'être en mesure de construire leur quote-part dans ce domaine.

De plus en plus souvent, ce sont les nouveaux arrivants eux-mêmes, en particulier les travailleurs temporaires et les étudiants, qui souffrent le plus de la pénurie de logements à leur arrivée. Cette situation a donné lieu à une exploitation croissante, allant de la confiscation des passeports par les employeurs à l'acceptation par les propriétaires d'un loyer sous forme de rapports sexuels.

Ce n'est certainement pas le Canada que de nombreux nouveaux arrivants imaginaient, et nous ne devrions pas être fiers d'exposer à un nombre croissant d'entre eux une telle vision de nos pensées égoïstes de gains économiques.

Tout réaliste comprendra qu'il faut faire des concessions. Le Canada ne peut pas tout avoir en matière d'immigration alors que les pénuries de biens et de services de base persistent. Si les pénuries ne sont pas le fait des immigrants et qu'il ne faut pas les en blâmer, cela ne nous empêche pas de reconnaître que nos politiques d'immigration doivent être réexaminées avec lucidité.

Les ménages canadiens sont nettement plus endettés que les américains et cela empire

Le sondage national d'Abacus Data réalisée par Coletto en juin dernier révèle que 11 % des Canadiens considèrent désormais l'immigration comme l'un des trois principaux problèmes. Plus révélateur encore, 61 % des personnes interrogées considèrent que l'objectif de 500 000 immigrants par an est trop élevé. Trente-sept pour cent des Canadiens considèrent que l'objectif de 500 000 est "beaucoup trop élevé".

Je ne peux m'empêcher de me demander quelle aurait été la réponse si la question d'Abacus avait cité le chiffre réel d'un million de nouveaux arrivants par an. En l'état, 63 % des personnes interrogées pensent que le nombre d'immigrants entrant au Canada a un impact négatif sur le logement, et 49 % sont du même avis en ce qui concerne l'impact sur les soins de santé. Seuls 43 % pensent que l'immigration a un impact positif sur notre croissance économique.

 

Malgré (ou est-ce à cause de ?) une immigration plus relativement importante au Canada qu'aux États-Unis, le PIB/habitant du Canada fait du sur place récemment alors que l'écart se creuse avec les États-Unis

De nombreux politiciens fédéraux semblent craindre de toucher au dossier complexe de l'immigration, de peur d'être taxés de xénophobie ou de racisme par leurs adversaires politiques. Pourtant, Coletto constate que même une majorité d'immigrés estime que les objectifs actuels sont trop élevés.

À moins d'un miracle sur le front du logement ou des soins de santé, et si l'opinion publique persiste dans cette voie, les législateurs ne pourront plus éviter le dossier de l'immigration très longtemps. La question devrait être la suivante : comment pouvons-nous adapter nos politiques d'immigration de manière responsable aujourd'hui, afin de pouvoir continuer à faire croître le pays de manière robuste à l'avenir ?

Le Canada a eu la chance de pouvoir profiter de nombreuses décennies sans avoir à se poser trop de questions sur l'immigration, mais plus nous attendons pour le faire, plus la conversation risque d'être difficile.

 

Voir aussi

Australie : il existe un lien manifeste entre l'accessibilité au logement et le taux de fécondité

 
 
 
 
Immigration — Forte crise du logement en Australie, comme au Canada (2023)

À Montréal, le nombre d’élèves allophones est si élevé que les cours de français virent aux cours de français langue étrangère

Coïncidence — Immigration : Le Québec fracasse un record, loyers records à Montréal, pénurie et surcharge de travail à l’école

Il se bâtit au Canada entre 200 000-300 000 unités de logement par an, en 2022 1 million de personnes s’est ajouté à la population

 

jeudi 13 juillet 2023

Québec — Nouveaux articles au Code civil portant sur les mères porteuses (GPA)

D’aucuns prétendent que la Coalition Avenir Québec (Québec), au pouvoir, serait de droite. Pourtant sur les dossiers sociétaux, la CAQ ne se distingue pas de la gauche.

Nouvel exemple, ces nouveaux articles au Code civil portant sur les mères porteuses (GPA) entrés en vigueur le 6 juin 2023.

§2. — Du projet parental impliquant une grossesse pour autrui

I — Dispositions générales

Art. 541,1 Formation du projet Le projet parental impliquant une grossesse pour autrui est formé dès lors qu’une personne seule ou des conjoints domiciliés au Québec ont décidé, afin d’avoir un enfant, de recourir à une femme ou à une personne qui n’est pas partie au projet parental pour donner naissance à cet enfant.

Enfants visés

Le projet parental vise tous les enfants qui en sont issus et ne peut permettre de les dissocier.

Art. 541,2 Convention de grossesse pour autrui La personne seule ou les conjoints ayant formé le projet parental doivent, avant la grossesse projetée, conclure une convention de grossesse pour autrui avec la femme ou la personne qui a accepté de donner naissance à l’enfant. Aucune autre personne ne peut y être partie.

Âge minimal Cette femme ou cette personne qui a accepté de donner naissance à l’enfant doit, au moment de la conclusion de la convention, être âgée de 21 ans ou plus. Si elle est une sœur, une ascendante ou une descendante de la personne seule ou de l’un des conjoints ayant formé le projet parental, il ne doit y avoir aucune combinaison de son matériel reproductif avec celui de sa fratrie, de son ascendant ou de son descendant.

Art. 541.3 Contribution à titre gratuit La contribution au projet parental de la femme ou de la personne qui a accepté de donner naissance à un enfant doit être à titre gratuit ; elle a néanmoins droit, conformément aux normes prévues par règlement du gouvernement, au remboursement ou au paiement de certains frais et à une indemnisation, le cas échéant, pour la perte de revenus de travail occasionnée par cette contribution. Lorsqu’elle est domiciliée hors du Québec, elle a aussi droit, selon ce qui est prévu par la loi de l’État de son domicile, au remboursement ou au paiement de certains frais et à l’indemnisation pour la perte de revenus de travail.

Remboursement des montants La personne seule ou les conjoints ayant formé le projet parental ne peuvent réclamer le remboursement des montants qu’ils ont versés en vertu du premier alinéa du seul fait que le projet n’a pas été mené à terme.

Art. 541.4 Filiation de l’enfant Pour que soit mené à terme le projet parental impliquant une grossesse pour autrui, la femme ou la personne qui a donné naissance à l’enfant doit, après la naissance de celui-ci, consentir à ce que la filiation de l’enfant soit établie exclusivement à l’égard de la personne seule ou des deux conjoints ayant formé le projet parental.

Art. 541,5 Renonciation sans effet Est sans effet la renonciation de la femme ou de la personne qui a accepté de donner naissance à l’enfant à son droit d’exprimer, après la naissance de l’enfant, sa volonté quant à l’établissement de la filiation de celui-ci.

Clause sans effet Est aussi sans effet la clause tendant à empêcher la femme ou la personne qui a accepté de donner naissance à un enfant d’exprimer de façon libre et éclairée son consentement après la naissance de l’enfant. L’est également la clause pénale visant le même but.

Art. 541,6 Réclamation de filiation interdite L’enfant ne peut réclamer une filiation à l’égard de la femme ou de la personne qui lui a donné naissance dans le cadre d’un projet parental impliquant une grossesse pour autrui auquel elle a contribué. Pareillement, celle-ci ne peut, une fois que son consentement à ce que la filiation de l’enfant soit établie exclusivement à l’égard de la personne seule ou des deux conjoints ayant formé le projet parental a été donné ou est réputé avoir été donné, réclamer un lien de filiation à l’égard de l’enfant.

II — Des enfants issus d’un projet parental dans le cadre duquel les parties à la convention sont domiciliées au Québec

1. — Dispositions générales

Art. 541.7 Domicile La personne seule ou les conjoints ayant formé le projet parental ainsi que la femme ou la personne qui a accepté de donner naissance à l’enfant doivent être domiciliés au Québec depuis au moins un an lors de la conclusion de la convention de grossesse pour autrui pour que les règles permettant l’établissement légal ou judiciaire de la filiation de l’enfant puissent s’appliquer au projet parental impliquant une grossesse pour autrui.

Art. 541.8 Fin de la grossesse Seule la femme ou la personne qui a accepté de donner naissance à un enfant dans le cadre d’un projet parental impliquant une grossesse pour autrui peut, en tout temps avant la naissance de l’enfant, mettre fin unilatéralement à la convention de grossesse pour autrui ; elle doit alors le faire par écrit et en notifier copie à la personne seule ou aux conjoints ayant formé le projet parental. Dans ce dernier cas, la notification à l’un des conjoints est réputée faite à l’égard de l’autre.

Fin de la convention En cas d’interruption de la grossesse, il est mis fin à la convention de grossesse pour autrui sans autre formalité.

Art. 541,9 Consentement Pour donner son consentement, la femme ou la personne qui a donné naissance à l’enfant doit consentir expressément à ce que son lien de filiation à l’égard de l’enfant soit réputé n’avoir jamais existé et à ce qu’un lien de filiation soit établi à l’égard de la personne seule ou des deux conjoints ayant formé le projet parental.

Forme du consentement Le consentement doit être donné par acte notarié en minute ou par acte sous seing privé en présence de deux témoins qui n’ont pas d’intérêt au projet de grossesse pour autrui. Dans ce cas, son auteur et les témoins le signent et y indiquent la date et le lieu où il est donné. Le consentement peut aussi être donné par une déclaration judiciaire dans le cadre d’une instance ayant trait à la filiation de l’enfant. Le refus de consentir n’est, pour sa part, soumis à aucune forme particulière.

Autre langue Si le consentement est donné dans une autre langue que le français, il doit être accompagné d’une traduction vidimée au Québec.

Réglementation Un règlement du gouvernement peut déterminer d’autres éléments sur lesquels le consentement doit porter ainsi que le contenu du document qui en fait état.

Art. 541.10 Insaisissabilité Les montants versés en remboursement de certains frais et, le cas échéant, l’indemnité versée pour la perte de revenus de travail à la femme ou à la personne qui a accepté de donner naissance à l’enfant en raison de sa contribution à un projet parental impliquant une grossesse pour autrui sont insaisissables. Toutefois, l’indemnité versée pour indemniser la perte de revenus de travail est saisissable à l’égard d’une dette alimentaire conformément aux articles 694 et suivants du Code de procédure civile (RLRQ, chapitre C-25.01), compte tenu des adaptations nécessaires.

Voir aussi

Québec — Cours d’éducation à la sexualité ou comment endommager une génération en une seule prise…

La CAQ (censément de droite), ce gouvernement dur avec les conservateurs qui défend les travelos et les nus anti-blancs dans un musée

Unanimisme — L’Assemblée nationale se porte à la défense des travelos lecteurs de contes pour enfants

Ministre de la condition féminine défend hommes trans et annonce dépenses de 0,8 million $. Et « vos yeules ! » 

La « personne » enceinte — Loi sur les normes du travail du Québec, article 81.4 (oui, oui, sous la CAQ)

François Legault : « Notre société doit peut-être donner un petit peu moins de pouvoir au parent biologique »

DPJ — acharnement et impunité de la DPJ. Qui protège les parents contre la DPJ ?

Projet de loi 15 du Québec — les parents de plus en plus évincés par l’État comme protecteur de l’intérêt de l’enfant  

DPJ utilisée pour harceler les parents-éducateurs à la maison

Québec — contrairement aux promesses électorales, un record d’immigrants (plus de 100 000/an) [m à j]

 

mercredi 12 juillet 2023

Wall Street Journal: « Les journées les plus chaudes jamais enregistrées ? N’en croyez rien »

Les médias sont pleins des mêmes titres sensationnalistes au sujet des records historiques de chaleur que nous vivrions, c’est sans doute la rançon de l’oligopole des agences de presse dont les dépêches sont reprises un peu partout. Un texte paru dans le Wall Street Journal.


L’industrie du réchauffement climatique a déclaré que les 3 et 4 juillet étaient les deux journées les plus chaudes jamais enregistrées sur Terre. La température moyenne mondiale signalée ces jours-là était de 17,18 °C, soit la plus chaude depuis 125 000 ans. La température déclarée a été dérivée du réanalyseur climatique de l’université du Maine, qui s’appuie sur un mélange de données de température satellites et d’estimations de modèles informatiques pour calculer ses estimations de température.

L’un des problèmes évidents de cette nouvelle version est l’absence de données satellitaires datant d’il y a 125 000 ans. Les estimations calculées des températures actuelles ne peuvent pas être comparées de manière légitime avec les estimations de la température mondiale d’il y a des milliers d’années.

Une variante plus probable de l’estimation de 17,18 °C se situe aux alentours de 14,16 °C. Il s’agit d’une moyenne des mesures de la température de surface prises dans le monde entier et traitées minute par minute par un site web appelé temperature. global. Les chiffres sont restés stables cette année, sans pic en juillet.

En outre, la notion de « température moyenne mondiale » est dénuée de sens. La température moyenne globale est un concept inventé par et pour l’hypothèse du réchauffement climatique. Il s’agit d’un concept plus politique que scientifique. La Terre et son atmosphère sont vastes et diversifiées, et aucun endroit n’est vraiment moyen.

La température moyenne de la planète varie également en fonction des saisons : les températures sont plus élevées durant l’été de l’hémisphère nord en raison de la présence d’une plus grande quantité de terres qui retiennent la lumière du soleil. Dans ce cas, les températures estimées par le Climate Reanalyzer au début du mois de juillet ont été faussées par une vague de chaleur dans l’Antarctique, où des zones ont pu réchauffer certaines températures de l’Antarctique de 6,1 °C. C’est probablement ce qui explique la différence entre les estimations de 17,18 degrés et de 14,16 degrés.

Un autre problème est que nos données de température sont imprécises. On estime que 96 % des stations météo américaines produisent des données corrompues. Environ 92 % d’entre elles auraient une marge d’erreur d’un degré Celsius. Le manque de précision des températures rapportées, qu’elles soient estimées ou mesurées, n’est pas rassurant.

Les stations de mesure de la température ont également tendance à se limiter aux zones peuplées. Une grande partie de la surface de la Terre n’est pas mesurée du tout. Bien que la National Oceanic and Atmospheric Administration aime présenter les températures mondiales à partir de 1880, la collecte régulière de températures dans des endroits tels que les pôles Nord et Sud a commencé bien plus tard.

Il n’est pas plausible de caractériser le réchauffement de la Terre en un seul chiffre moyen, surtout si l’on ne connaît pas vraiment ce chiffre aujourd’hui, et encore moins celui d’il y a 125 000 ans.


Un homme promène ses chiens pendant une tempête de neige, à Johannesbourg, Afrique du Sud, lundi 10 juillet 2023. Les températures sont tombées au-dessous de zéro alors qu’un front froid rare s’est abattu sur la métropole sud-africaine.


Lettre de la conférence des évêques catholiques du Canada : extraits concernant les écoles

La conférences des évêques catholiques du Canada souligne la régression de la diversité scolaire au Canada :

19. Plusieurs provinces canadiennes ne possèdent plus ou presque plus d’institutions proprement catholiques (écoles, hôpitaux, foyers de soins, etc.). Sous prétexte de ne privilégier aucune religion, les gouvernements prônent parfois une laïcité « fermée » qui ne permet la présence d’aucune activité ou de signes religieux ostentatoires dans les institutions civiles. Il arrive aussi qu’on impose, dans les institutions qui s’identifient encore comme catholiques, des programmes ou des pratiques qui vont carrément à l’encontre de l’enseignement de l’Église catholique et de la vie de foi des fidèles catholiques. De telles mesures briment la liberté de religion et privent une grande partie de citoyennes et de citoyens de confession catholique de services qui pourraient répondre à leurs besoins spirituels et religieux. Cela va aussi à l’encontre d’une véritable laïcité qui rend possible l’expression et la manifestation de la foi des croyants dans la sphère publique. 

 

Source

lundi 10 juillet 2023

France — Le sort de Pap Ndiaye comme ministre de l'Éducation est-il scellé ? (m à j)

Réaction de CNews mis en cause par le ministre radical de gauche Ndiaye au très mauvais bilan :



Billet du dimanche 9 juillet

Le controversé ministre de l’Éducation Pap Ndiaye s’est dit dimanche 9 juillet fermement opposé à une suppression des allocations familiales, une mesure proposée à droite pour répondre aux violences commises par des mineurs lors des émeutes, tout en se montrant ouvert aux sanctions qui font « partie de la pédagogie ». Le ministre a en outre jugé « anormal, injuste et mensonger » de « tracer des liens entre immigration et émeutes », lors d’un entretien sur Radio J. « Ça c’est le vocabulaire de l’extrême droite et hélas d’une partie de la droite », a-t-il commenté.

Lire à ce sujet : Émeutes : la mise en place d’un contre-récit diversitaire (ce n’est pas l’immigration !)

Régulièrement annoncé sur le départ sur fond de rumeurs de remaniement du gouvernement, Pap Ndiaye, ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, s’était peu exprimé sur les émeutes qui ont enflammé le pays soulevant autant de questions sécuritaires, politiques, sociales et éducatives. « L’école peut beaucoup et nous faisons notre part du travail, mais les parents doivent aussi nous accompagner », a-t-il déclaré. « Il faut en appeler à la responsabilité des parents », mais aussi « aider » ceux qui ont « des difficultés spécifiques ».

L’immigration continuera donc de coûter à la France (« aides » supplémentaires, dépenses en éducation supplémentaires pour les quartiers immigrés). 


Ajoutons que, pour le très nuancé Pap Ndiaye, l'entrepreneur Vincent Bolloré propriétaire de CNews et de Canal+, est proche de « l'extrême droite la plus radicale »... Rien que cela.


 
Liens connexes
 
 
 
 

 

Billet du samedi 8 juillet

Après les émeutes, Macron veut durcir l’éducation nationale pour remettre de l’autorité à l’école.

Le président entend profiter du remaniement pour apporter une réponse de fermeté aux nombreux jeunes qui ont participé aux violences.

Pap Ndiaye
C’est la pierre angulaire du remaniement à venir. Encore plus depuis les émeutes qui ont ravagé le pays la semaine dernière. Lorsqu’il a pris connaissance des premières remontées sur les profils des personnes interpellées lors des violences urbaines, Emmanuel Macron en a été abasourdi. Beaucoup de mineurs, parfois pas même âgés d’une dizaine d’années. « Des jeunes déboussolés, très perturbés, en perte complète de repères », résume un ministre. Des jeunes à l’évidence hors de portée de l’éducation nationale, ministère appelé à jouer les premiers rôles dans la réponse à la crise des banlieues. « L’école doit désormais contribuer puissamment à la formation républicaine », indique un conseiller du chef de l’état.

Le président de la République avait pourtant déjà fait du sujet une priorité, dans son premier comme dans son second quinquennat. Avant les émeutes encore il avait égrené une série de propositions COÛTEUSES sur le temps scolaire lors d’un long déplacement à Marseille : ouverture progressive des écoles de 8 heures à 18 heures, école maternelle accessible dès l’âge de 2 ans dans les quartiers d’éducation prioritaire, réduction de la durée des vacances scolaires en été… Mais Emmanuel Macron veut encore accélérer. Mercredi lors d’un déplacement à Pau, il a relevé un « problème d’autorité dans notre société ». Lui veut faire en sorte « que chacune et chacun n’ait pas la conviction, dans la cité, d’être un individu comme un autre, mais dépositaire d’une citoyenneté plus grande que lui (…). C’est ça qui dans ces nuits a manqué. » Cela passe par l’éducation nationale, donc, qu’Emmanuel Macron veut intégrer à la liste des sujets régaliens, au même titre que la sécurité, la justice ou la défense.

Cela se traduit concrètement par une reprise en main du sujet, nouveau domaine réservé du chef de l’état, au même titre que les relations internationales ou l’armée. « Il y a une volonté du président de renationaliser son plan pour l’éducation », assure un ministre. Avec des mesures fortes que lui glissent les uns ou les autres, comme l’idée d’en finir avec le concept du recrutement par concours pour un emploi à vie. Ou de permettre aux enseignants de n’exercer leur fonction que pour une durée limitée en leur garantissant des formations pour changer de carrière s’ils le souhaitent. « Le corps enseignant est malade. Il faut lui redonner de la vigueur et du prestige, résume-t-on au sein de l’exécutif. Cela suppose des décisions orthogonales avec ce sur quoi vivent les syndicats d’enseignants. »

« Un naufrage »

Au sein du gouvernement, tout le monde partage l’impératif. « L’éducation nationale est un naufrage, tranche un ministre de poids. Il va falloir se montrer très radical. Il faut tout désétatiser. Le drame de l’éducation nationale, c’est que lorsque le président de la République ou la Première ministre dit quelque chose, les syndicats n’en ont rien à faire. Ils empilent les circulaires en attendant la suite. Il y a un vrai sujet d’exécution en France. Or, sans exécution, la parole publique est discréditée. » Voilà qui ne plaide pas pour un maintien de Pap Ndiaye Rue de Grenelle.

Transparent depuis sa nomination, le ministre de l’Éducation nationale ne s’est guère montré plus visible après les émeutes alors que de nombreux établissements scolaires ont été incendiés ou attaqués. Sa présence, tout sourire, aux côtés d’Emmanuel Macron, vendredi, lors de l’hommage national au résistant Léon Gautier n’y a d’ailleurs rien changé : son sort semble déjà scellé. Pour rebâtir l’éducation, monument français menacé d’effondrement, et dont personne n’imagine qu’il puisse être reconstruit en quatre ans, le chef de l’État cherche un profil à la Jean-louis Georgelin, ancien général et maître d’œuvre de la reconstruction de Notre-Dame de Paris. Contre toute attente, la cathédrale rouvrira partiellement en fin d’année prochaine, comme promis par Emmanuel Macron après l’incendie. Pour l’éducation nationale, il veut agir de la même façon, avec méthode, autorité et détermination. Alors, qui ?

Un très proche d’Emmanuel Macron glisse le nom d’Édouard Philippe. L’ancien premier ministre publiera justement un livre à la rentrée sur l’éducation. « S’il n’y avait qu’une option pour faire revenir Édouard Philippe au gouvernement, ce serait celle-là, observe un ministre. Et puis ça aurait de la gueule. » Sans compter que cela permettrait aussi de neutraliser un candidat en puissance pour la prochaine élection présidentielle en le cantonnant à un seul sujet.

Parmi les noms évoqués figure aussi celui d’un autre ancien premier ministre, Jean Castex, profil plus rond pour négocier avec des syndicats qui ne manqueront pas de se braquer. Et puis il y a, enfin, tous ceux qui grattent à la porte, comme le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, le ministre délégué aux Comptes publics, Gabriel Attal, ou la patronne des députés Renaissance, Aurore Bergé. Profils de moindre envergure pour laisser Emmanuel Macron en première ligne sur le sujet.


Source : Le Figaro

Voir aussi

France — Pap Ndiaye, « le ministre de la déconstruction nationale »

Le Macron nouveau : Ndiaye militant communauriste noir à l’Éducation nationale française

Zemmour : je suis tombé dans le panneau de J-M Blanquer 

France — Rééducation à la sexualité ? 

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Doux avec l’islamisme, dur contre les chrétiens

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France : descentes de nombreux inspecteurs dans les écoles privées hors contrat

France — « Ils ont accusé les enfants d’être transphobes » à l’École alsacienne, où le ministre de l’Éducation a placé ses enfants…

Bock-Côté sur Pap Ndiaye, le controversé nouveau ministre de l’Éducation en France    

Éric Zemmour sur BFMTV : Pap Ndiaye tombe enfin le masque

France — Demain, la classe moyenne n’aura-t-elle plus aucun moyen de protéger ses enfants de l’effondrement de l’école publique ?

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France — « Toute une génération est prise entre wokisme et islamisme »

Une semaine à Orania, cette petite ville qui refuse le multiculturalisme sud-africain

Trente-deux ans après l’abolition de l’apartheid, une communauté blanche a élu domicile dans la région du Karoo. Se défendant d’être raciste, la ville d’Orania affirme vouloir défendre la culture des Afrikaners et créer un havre de stabilité dans un pays où les promesses de multiculturalisme ont été bafouées par la corruption des élites au pouvoir. Reportage paru dans le Figaro Magazine.

Au mur de son salon, le pasteur Ronald Bain a accroché une peinture. On y voit des falaises et des plages. Celles sublimes de la région du Cap ; celles que son peuple a choisi d’abandonner il y a bientôt deux cents ans pour l’aridité et la chaleur du désert du Karoo. Son peuple, pour ce pasteur de la ville d’Orania, ce sont les descendants des Voortrekkers : ceux qui ont participé au Grand Trek dans les années 1830.


Reportage en anglais (visite à Orania), sous-titrage en français disponible via roue dentée

Souhaitant échapper à l’emprise de la couronne britannique toute-puissante en Afrique du Sud, des familles de colons néerlandais et de huguenots français partent alors vers le nord. Des petits groupes entament un voyage de tous les dangers espérant trouver des terres pour y fonder une nouvelle république représentant leur mode de vie, leur culture et leur langue : l’afrikaans.

dimanche 9 juillet 2023

Groupes antifas de Montréal et Québec se mobilisent contre une manifestation d'extrême droite imaginaire

On appréciera l’ironie de ce manifestant d’extrême gauche masqué qui se félicite de démasquer l’« extrême droite », de les traquer, de diffuser le nom de leur employeur, l’adresse de leur domicile. Bonjour l’intimidation hypocrite !

Le Soleil, journal subventionné, s’est félicité de cette « victoire » en prétendant que « Un rassemblement anti-LGBTQ+ [avait été] écrasé par sa contre-manifestation » pro-trans sans pouvoir trouver d’horribles manifestants de ladite extrême droite.

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Un homme qui se dit femme élu Miss Pays-Bas 2023

Rikkie Kollé, un jeune homme de 22 ans résidant à Amsterdam, a été élu Miss Pays-Bas 2023, devenant ainsi le premier transgenre à décrocher ce titre, rapporte la radio-publique néerlandaise NOS.


Le lauréat est loin d’être un inconnu aux Pays-Bas. En 2018, il avait pris part aux émissions de télévision « Holland Next Top Model » (le titre est bien en anglais...) où Rikkie était allé jusqu’en finale. Il était alors le deuxième transgenre à participer à ce programme télé populaire. Rikkie Kollé se définit comme d'ascendance moluquoise (indonésienne) et néerlandaise.

Très sérieux, le jury de Miss Pays-Bas justifie sa décision en affirme que Kollé « a rayonné pendant tout le spectacle et a fait le plus de progrès parmi toutes les candidates ». Les candidates à Miss Pays-Bas ont suivi un programme de formation au préalable au cours duquel elles se sont notamment rendues à Curaçao dans les Antilles néerlandaises.

« Elle [Il, Rikkie] a un récit fort avec une mission claire », a déclaré le jury lors de la finale. « Le jury est convaincu que l’organisation [de Miss Pays-Bas] aura plaisir à travailler avec cette jeune femme [homme]. »

Dans le règlement Miss France, il est écrit noir sur blanc que les candidates ne doivent pas « avoir eu recours à la chirurgie plastique (exception faite d’une chirurgie uniquement réparatrice) ». En revanche, celle-ci est totalement autorisée lors des concours Miss Monde et Miss Univers. Rikkie Kollé a bénéficié de nombreuses chirurgies. Il représentera les Pays-Bas au prochain concours de Miss Univers.

Cette élection n’est-elle que le fruit de l’excentricité batave ou s’inscrit-elle dans une stratégie plus large étant donné que les concours de Miss Univers, de Miss USA et de Miss Teen USA sont désormais détenus par un richissime Thaïlandais transsexuel ? 
 
Dégoûtant

Sur les réseaux sociaux, les critiques pleuvent. « Un homme est devenu Miss Pays-Bas 2023. C’est dégoûtant. Le message est que les hommes sont meilleurs pour être des femmes que les femmes elles-mêmes, que les hommes sont plus beaux que les femmes. Sous couvert de progressisme, les femmes sont effacées. Mais nous ne nous laisserons pas faire », déclare Raisa Blommestijn, philosophe du droit.

La commentatrice Eva Vlaardingerbroek (ci-contre) ne s’attendait pas à autre chose. « C’est tellement prévisible et peu original maintenant », dit-elle.
 
Eva Vlaardingerbroek
« S’agit-il de la plus belle femme des Pays-Bas en 2023 ? Ou cette personne a-t-elle été choisie en raison de son ADN masculin ? C’est une insulte à toutes les femmes », estime le médecin généraliste Frank Peeters.
Où est la limite ?


« Les hommes biologiques remportent des compétitions sportives dans la catégorie des femmes. Effacement du mot “femme”. Permettre aux hommes qui se sentent femmes d’entrer dans les vestiaires des femmes. Où est la limite ? » s’interroge l’avocate Kim Boon.

« En ce qui me concerne, d’ailleurs, nous avons atteint cette limite depuis longtemps, ce qui entraîne une concurrence déloyale, de l’insécurité et de la précarité pour les femmes », ajoute-t-elle.

Aveuglement idéologique

Le scientifique Ferdinand Meeuws n’en revient pas : « Que les transgenres gagnent toutes les compétitions sportives féminines, je peux le comprendre. Mais maintenant, qu’il remporte aussi une Miss Pays-Bas, cela dépasse mon entendement ».

« Quiconque ne voit pas que l’idéologie “woke” efface les femmes est idéologiquement aveugle », note le député Harm Beertema (PVV).

Émeutes : la mise en place d’un contre-récit diversitaire (ce n'est pas l'immigration !)

Drapeau algérien lors du sac
d’un centre des finances publiques
à Paris (extrait d’une vidéo)

Un texte de Mathieu Bock-Coté paru dans le Figaro de ce samedi 8 juillet.

Il est d’abord apparu évident aux yeux de tous que les émeutes de la semaine dernière étaient indissociables de l’immigration massive, qui a transformé en profondeur la population française depuis cinquante ans. Plusieurs voulurent croire qu’elles s’accompagneraient d’une prise de conscience, entraînant plus tôt que tard un véritable changement de cap politique. Il fallait être bien naïf pour s’imaginer cela.

C’est François Hollande qui a amorcé la contre-offensive en affirmant que ces émeutes n’avaient rien à voir avec l’immigration. Il était permis de parler de la crise de l’autorité, de l’effondrement de la famille, des dysfonctionnements de la République, du manque de respect pour la police… de tout, sauf de l’immigration. [Macron a aussi parlé de la violence des jeux vidéos -- pourtant présents dans nombre de pays pacifiques ! -- et de la crise de l’école où il veut investir encore plus d’argent, voir France — Le sort de Pap Ndiaye comme ministre de l’Éducation est-il scellé ?, Coûts de l’immigration : collèges seront ouverts de 8 h à 18 h dans les banlieues immigrées et Les banlieues sont gorgées d’allocations sociales et de privilèges]

Les commentateurs furent trop heureux de se rallier à cette interprétation lorsqu’ils apprirent que 90 % des émeutiers interpellés étaient administrativement de nationalité française. Ils n’y virent pas le signe d’une dissociation de plus en plus marquée entre la nationalité juridique et la nationalité existentielle, mais la preuve que la question de l’immigration ne se posait plus. [Voir Driss Ghali : « Ils se sentent des Français de contrefaçon. […] Ils disent : “À bas la France !” »]

Il y avait comme un soupir de soulagement dans l’air. D’émeutes communautaristes, il n’y avait pas eu. Gérald Darmanin a même voulu refaire le coup du Stade de France. On s’en souvient, il avait alors affirmé que les exactions commises lors de ces razzias étaient le fait de supporteurs britanniques. Une fois établi que ce n’était pas le cas, et que les pillards provenaient des banlieues, le ministre de l’Intérieur déclara que s’interroger sur l’origine des émeutiers était nauséabond, sans qu’il ne lui vienne à l’esprit que « britannique » était bien une nationalité. Cette fois, Gérald Darmanin a voulu dissocier les émeutiers de l’immigration en expliquant qu’on y trouvait aussi des Kevin et des Mattéo. Faut-il en comprendre que les prénoms ont une signification sociopolitique ? [Alors que Zemmour avait été éreinté par la bien-pensance quand il rappelait leur importance dans ce domaine]

En moins d’une semaine, le constat initial a donc été intégralement retourné. Le régime diversitaire a engendré un contre-récit, vite devenu la norme. Il ne serait donc plus permis d’analyser l’acculturation ratée des populations issues de l’immigration, naturalisées sans être assimilées. Il ne serait plus permis de chercher à comprendre pourquoi la jeunesse des quartiers préfère un drapeau étranger au drapeau français lors des compétitions sportives, pourquoi elle rejette souvent l’identité française pour se replier vers un islam qui se présente comme une identité alternative et revendicative, pourquoi elle voit dans le refus d’obtempérer face aux policiers un rituel initiatique dans les banlieues. Le réel n’a pas eu lieu. L’institutionnalisation du mensonge se confirme.

Le régime diversitaire venait donc de reprendre le contrôle du récit politico-médiatique. Il se radicalise au rythme où il se sent fragilisé, en cherchant à contrôler plus que jamais la mise en récit de la décomposition du « vivre-ensemble », par exemple en voulant censurer ou encadrer les réseaux sociaux et les images qui y circulent. Officiellement, il s’agit de limiter leur utilisation par les émeutiers, qui en avaient fait un outil. Dans les faits, il s’agit d’empêcher que puissent s’y raconter un autre récit et une autre description de l’émeute que celle validée par le régime diversitaire et relayée par le système médiatique.

Mais, surtout, le régime diversitaire entend sanctionner ceux qui ne se soumettent pas à l’analyse officielle des événements. Ils doivent servir d’exemple aux autres, qui devront savoir à l’avance le prix à payer pour contester le régime. Bruno Retailleau en a fait les frais. Retailleau s’est pourtant contenté de rappeler que les jeunes des banlieues se détournent souvent de la référence française pour embrasser plutôt leur identité d’origine, ou celle de leurs parents, ou même de leurs grands-parents — une identité qu’ils se réapproprient de manière victimaire, en l’investissant d’un grand ressentiment, pour ensuite marquer leur rejet de la France. Ce phénomène, Bruno Retailleau l’a assimilé à une forme de régression ethnique, aux explications nombreuses.


Twitter s’est emballé en laissant croire qu’il avait soutenu que les comportements des émeutiers s’expliquaient par leurs origines ethniques, et voudrait trier les Français selon leur couleur de peau. On se demande comment ses contempteurs ont pu en venir à cette conclusion. S’agit-il de carence en lecture ? 

D’une diversion malhonnête pour faire oublier les émeutes ? Chose certaine, le message était clair : le régime apposera la marque indélébile du racisme à ceux qui s’entêteront à poser la question de l’immigration et de l’existence au cœur de la société de communautés inassimilées se voulant étrangères et même quelquefois hostiles à la France. Le réel ne passera pas. « No pasaran ». Et quant à ceux qui s’obstinent, on les fascisera.

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Le Totalitarisme sans le goulag Le prochain livre de Mathieu Bock-Côté