mardi 17 mars 2026

« France, Belgique, Allemagne : l'occident autoritaire ? »

Mathieu Bock-côté évoque plusieurs incidents récents.

21News
est un média en ligne belge francophone, plutôt positionné à droite ou centre-droit libéral, qui se présente comme un site d'information indépendant et critique vis-à-vis de certaines politiques européennes (notamment sur l'immigration, la liberté d'expression et les institutions). Ce média a été sanctionné le 18 février 2026 (décision rendue publique début mars 2026). Elle a été prononcée par le Conseil de déontologie journalistique (CDJ), l'instance d'autorégulation de la presse belge (un peu l'équivalent déontologique d'un ARCOM, mais sans pouvoir de sanction financière lourde ni administrative directe). 
 
Raison de cette sanction ? La publication des propos  le vice-président américain JD Vance sans critique. Rappelons que le 14 février 2025, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le vice-président américain JD Vance (sous l'administration Trump 2.0) prononce un discours très remarqué et très clivant.

Il y critique sévèrement la gestion de l'immigration en Europe, parle de perte de souveraineté, accuse certaines démocraties européennes de craindre leur propre peuple, évoque des chiffres sur l'immigration massive, et défend une vision transatlantique plus dure.

Ce discours est publié en intégralité par plusieurs médias français (Le Figaro, Les Échos, etc.) sans problème.

21News fait de même : il publie la retranscription complète, avec une courte introduction indiquant que le discours est historique et difficile à trouver en version intégrale.

Un an plus tard, deux plaignants anonymes portent plainte au CDJ en invoquant :Le non-respect du « cordon sanitaire médiatique » belge (règle informelle née dans les années 1990 contre le Vlaams Blok, visant à ne pas donner de tribune directe aux idées ou personnalités considérées d'extrême droite sans lourd appareil critique).

Manquement à la déontologie : absence de contextualisation suffisante, de vérification des affirmations, de mise en perspective ou de rectification des « éléments de langage ».

Risque supposé d'inciter à l'hostilité envers les démocraties européennes ou à la haine / discrimination / violence envers les migrants.

Le CDJ a donné raison aux plaignants sur le fond : il estime que 21News a offert une tribune sans distance critique à des propos jugés problématiques, et a manqué à sa « responsabilité sociale ».

Salon du Livre de Bruxelles, début mars 2026 : l’ASBL organisatrice annonce que le Centre Jean Gol (un laboratoire d'idée du centre-droite présent depuis plus de 25 ans) n’aurait pas de stand à l’édition du 26-29 mars, invoquant exclusivement des raisons de sécurité, logistique et viabilité globale de l’événement (risque de perturbations par l'extrême gauche, mobilisation policière massive pour un seul stand, antécédents de tensions autour du MR/Bouchez en 2025-2026).

Le MR (Georges-Louis Bouchez en tête) crie immédiatement à la censure politique d’une gravité sans précédent, lance une offensive médiatique massive, une pétition, contacte tous les présidents de partis, et dépose deux recours judiciaires (référé pour suspension + action au fond pour discrimination et atteinte à la liberté d’expression).

Mathieu Bock-Côté évoque aussi une mise en demeure de l’ARCOM (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) contre CNews dans le cadre de l’affaire Crépol, notamment dans son édito récent sur CNews (autour du 14-15 mars 2026), où il l’intègre à sa critique plus large d’une dérive autoritaire en Occident. En novembre 2023 eu lieu le meurtre de Thomas, 16 ans, poignardé lors d’un bal de village à Crépol (Drôme). CNews consacre de nombreuses émissions (au moins 15 identifiées par l’ARCOM) à ce meurtre et à un livre sur cette affaire, avec des intervenants (chroniqueurs, politiques, experts) qui défendent majoritairement/péremptoirement la thèse du « meurtre raciste anti-blanc », sans pour l'ARCOM suffisamment de contradiction ni pluralisme interne.

MBC y voit une illustration parfaite de la dérive de l'ARCOM comme « soviet de rédaction généralisé » : un régulateur qui ne se contente plus de veiller au pluralisme, mais dicte comment traiter les sujets sensibles (identité, immigration, racisme anti-blanc), en sanctionnant uniquement les écarts jugés « politiquement incorrects ». Bock-Côté s'insurge de l'absence de  mise en demeure ou de sanction contre France Télévisions, TF1, BFMTV, France Info ou LCI pour leur traitement véritablement univoque du même drame. Pendant des mois (novembre 2023 et après), la ligne dominante sur ces antennes était claire : « simple règlement de comptes entre jeunes », « pas de dimension raciale », « récupération politique de l’extrême droite », « bal tragique sans mobile ethnique ».  [Pour ce carnet, si le réseau public doit être pluraliste, ce qu'il n'est pas, les chaînes privées peuvent prendre parti pour peu qu'elles ne diffament pas, c'est la multiplicité de ces chaînes privées même partisanes qui créent le pluralisme.]
 
Pour le sociologue québécois, cette mise en demeure n’est pas une simple régulation déontologique, mais un outil de contrôle idéologique qui renforce le « régime diversitaire » en limitant la diffusion de thèses dissidentes sur des sujets sensibles comme Crépol. C’est un des piliers de son argument sur l’autoritarisme rampant en Occident démocratique.

En Allemagne, Angela Merkel (ancienne chancelière CDU, retraitée depuis 2021 mais toujours influente dans les débats) en appelle à un « cordon sanitaire » contre l’AfD (Alternative für Deutschland), qui est devenu le principal parti d’opposition au niveau national (sondages autour de 20-25 % en 2026, en tête dans plusieurs Länder de l’Est).

MBC cite directement Merkel (via un entretien relayé par Apollo News) : elle défend l’idée d’un refus absolu de toute coopération avec l’AfD, même au niveau local ou régional, au nom de la lutte contre le racisme et l’extrémisme. Pour elle, l’AfD représente une menace existentielle pour la démocratie allemande post-1945, et tout « feu vert » (même indirect) à ce parti risquerait de normaliser des idées xénophobes ou anti-démocratiques.

Bock-Côté ironise sur cette position : Merkel, qui a elle-même ouvert les frontières en 2015 (« Wir schaffen das ») et contribué à la montée de l’AfD (comme elle l’a admis dans d’autres interviews), appelle maintenant à l’exclure totalement du jeu démocratique. Il y voit une logique de cordon sanitaire élargi : non plus seulement contre l’extrême droite « radicale », mais contre tout parti qui critique massivement l’immigration, l’identité européenne ou le multiculturalisme imposé.

Pour MBC, cela illustre le même mécanisme qu’en Belgique (21News, cordon sanitaire médiatique) ou en France (ARCOM sur CNews/Crépol) : sous prétexte de protéger la démocratie contre l’« extrême droite », on marginalise les voix dissidentes en les plaçant hors du champ légitime, créant un consensus forcé autour du « régime diversitaire ».

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