mercredi 26 octobre 2022

Angleterre — La clinique de transition de genre Tavistock « serait poursuivie par 1 000 familles »

Fabrique d’enfants trans dès l’âge de 3 ans

Selon un ancien psychiatre de la clinique pour enfants Tavistock, des parents d’enfants âgés de trois ans seulement inventaient des histoires selon lesquelles leurs enfants étaient transgenres.

Le Dr Az Hakeem a travaillé à la clinique controversée du NHS pendant 12 ans jusqu’en 2012. Il avait alors déclaré qu’il craignait que les procédures suivies par le personnel « soient folles ». Il décrit Tavistock comme une « fabrique à trans ».

« Vous aviez des enfants de trois ans qui arrivaient… J’ai vu ces parents qui avaient un fils, mais qui voulaient une fille ou l’inverse… Les parents disaient : “Johnny n’a jamais ressemblé à un garçon, alors nous avons changé son nom et mis une perruque” », a-t-il déclaré, selon The Telegraph.

« Je me souviens leur avoir dit, c’est de la folie. Ce que nous faisons, c’est de la folie. Ce sont des enfants. Ce sont des enfants de trois ans. »

Le Dr Az Hakeem a travaillé dans cette clinique controversée du NHS pendant 12 ans, jusqu’en 2012, et a déclaré avoir exprimé des inquiétudes quant aux procédures suivies par le personnel les qualifiant de « folles ». Il décrit Tavistock comme une « usine à trans ».

« Vous aviez des enfants de trois ans qui arrivaient… Je voyais ces parents qui avaient un fils, mais voulaient une fille ou l’inverse… les parents disaient : “Johnny n’a jamais ressemblé à un garçon, alors nous avons changé son nom et lui avons mis une perruque” », a-t-il déclaré, selon le Telegraph.

Le Dr Hakeem a déclaré qu’il y avait une surreprésentation de parents en deuil qui avaient perdu un enfant et dont la mère retombait ensuite enceinte.

Il a comparé le comportement des parents au syndrome de Münchhausen par procuration, dans laquelle un adulte qui s’occupe d’un enfant lui invente des symptômes afin de créer l’illusion que l’enfant est malade. Il qualifie le comportement des parents de Tavistock de « Syndrome de Transhausen par procuration ».

Ses commentaires interviennent après qu’on a appris qu’au moins 15 enfants de moins de quatre ans ont été dirigés vers la clinique controversée au cours des deux dernières années.

Un nombre similaire d’enfants de cinq ans y ont été recommandés entre 2021 et 2022.

Le service de développement de l’identité de genre (GIDS) de la clinique Tavistock était le seul service d’identité de genre pour enfants du pays.

Les documents du NHS indiquent qu’au total, plus de 5 000 enfants ont été envoyés à Tavistock au cours des deux dernières années, parce qu’ils craignaient que leur identité de genre ne corresponde pas à leur sexe biologique.

La moitié seulement des demandes concernaient des enfants âgés de plus de 15 ans.


Billet du 10 août 2022

La clinique anglaise de transition de genre Tavistock fait face à un recours collectif en justice de la part de jeunes qui prétendent qu’on les a poussés à prendre des bloqueurs de puberté qui changent leur vie.


Selon le Times de Londres, les avocats s’attendent à ce qu’environ 1 000 familles se joignent à une action en justice pour négligence médicale alléguant que des enfants vulnérables ont été mal diagnostiqués et qu’on leur a fait suivre un traitement médical préjudiciable.

Ils accusent le service de développement de l’identité de genre [GIDS] du Tavistock and Portman NHS Trust de multiples manquements à son devoir de diligence.

Cela comprend des allégations selon lesquelles il aurait prescrit imprudemment des bloqueurs de la puberté avec des effets secondaires nocifs et adopté une « approche affirmative et inconditionnelle » envers les enfants s’identifiant comme transgenres. « Affirmative et inconditionnelle » signifie ici qu’ils ont cru sur simple déclaration des enfants que ceux-ci étaient vraiment transgenres sans poser de questions, sans vérifier si d’autres troubles pouvaient expliquer leur mal-être.

Le mois dernier, la Santé publique d’Angleterre (NHS England) a annoncé qu’elle fermait la clinique de Tavistock pour des raisons de sécurité à la suite d’un rapport externe accablant. Les soins seront confiés aux hôpitaux régionaux pour enfants qui adopteront une méthode « plus holistique » et examineront si d’autres problèmes de santé mentale pourraient expliquer leur dysphorie de genre.

Le cabinet d’avocats Pogust Goodhead a depuis annoncé qu’il poursuivait une ordonnance de litige collectif contre Tavistock, qui a traité 19 000 enfants atteints de dysphorie de genre (le sentiment que l’identité émotionnelle et psychologique d’une personne diffère de son sexe de naissance) depuis 1989.

D’anciens patients ayant reçu des bloqueurs de la puberté se joignent au procès en « recours collectif » et les documents doivent être déposés devant la Haute Cour dans les six mois.

Tom Goodhead, directeur général de Pogust Goodhead, a déclaré au Times : « On a précipité les enfants et les jeunes adolescents dans un traitement sans la thérapie appropriée et la participation des bons cliniciens, ce qui signifie qu’ils ont été mal diagnostiqués et ont commencé un traitement qui ne leur convenait pas. »

« Ces enfants ont subi des effets traumatiques et, dans certains cas, irréversibles du traitement qu’ils ont reçu. Nous prévoyons qu’au moins 1 000 clients se joindront à cette action en justice ».

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Santé publique anglaise critiquée pour avoir donné des bloqueurs de puberté alors que la plus célèbre clinique trans ferme

Grand remplacement — Les immigrants représentent près du quart de la population canadienne

D’ici une vingtaine d’années, le tiers de la population canadienne pourrait être d’origine immigrante, selon Statistique Canada.

Les immigrants reçus et les résidents permanents représentaient 23,0 % de la population en 2021, soit la plus forte proportion observée dans l’histoire du pays, dit Statistique Canada.

Dans ces nouvelles données tirées du plus récent recensement, l’agence fédérale précise que le Canada est également le pays ayant la proportion la plus importante d’immigrants au sein du G7. 


En 2021, le Canada a aussi dépassé son précédent pic de population immigrante, qui remontait à exactement un siècle, en 1921, avec 22,3 % d’immigrants.

Et toujours selon Statistique Canada, de 2016 à 2021, les immigrants ont représenté 80 % de la croissance de la population active, avec 1,3 million de nouveaux arrivants qui se sont établis ici de façon permanente. 

Moins de la moitié des immigrants récents au Québec sont admis en vertu de la catégorie économique

Au Québec, qui dispose de ses propres critères en matière d’immigration, 46,4 % des immigrants reçus l’an dernier avaient été admis en vertu d’un programme de travailleurs qualifiés.

Et toujours depuis 2016, un peu plus du tiers (36 %) des immigrants récents établis au pays sont arrivés en vertu d’un permis de travail, d’études ou en tant que demandeurs d’asile. 

Origine des immigrants : d’abord l’Asie

Quant à l’origine de ces nouveaux Canadiens, elle a changé avec les années. Si l’on compte de moins en moins d’immigrants européens, ceux qui proviennent du Moyen-Orient ou d’ailleurs en Asie sont toujours plus nombreux. En fait, 62 % des immigrants récents, de 2016 à 2021, étaient originaires de cette région du monde. 


De façon encore plus spécifique, près d’un immigrant récent sur cinq (18,6 %) est né en Inde.

Quant aux immigrants européens, s’ils représentaient 61,6 % des nouveaux arrivants en 1971, cette proportion est tombée à 10,1 % en 2021.

Un quart de million rentrés comme « réfugiés » sont devenus citoyens 

Le recensement tenu l’an dernier, près d’un quart de million (218 430) de nouveaux réfugiés ont été admis comme résidents permanents, entre 2016 et 2021, et se trouvaient toujours au pays au moment où Statistique Canada a pris son instantané de la population canadienne. 

 
De ce nombre, on compte 61 000 réfugiés originaires de Syrie, qui ont fui la guerre civile qui déchire toujours ce pays du Moyen-Orient. [Les États-Unis y contrôlent d'ailleurs toujours une partie du pays qui produit la majorité du pétrole du pays, privant ainsi Damas de revenus.]

De 1980 à 1990, la plupart des réfugiés provenaient du Vietnam, de la Pologne et du Salvador ; lors de la décennie suivante, le Sri Lanka, la Bosnie-Herzégovine et l’Iran représentaient la plus grande part des réfugiés admis au Canada, indique l’agence fédérale.

De 2001 à 2010, les principaux pays d’origine des réfugiés étaient la Colombie, l’Afghanistan et l’Irak, ces deux derniers pays ayant été ravagés par des guerres. 

En ce qui concerne les réfugiés syriens, le gouvernement fédéral s’était engagé, en 2015, à en recevoir plusieurs dizaines de milliers ; 27 000 d’entre eux étaient déjà arrivés au pays au cours des cinq années précédentes, lors du recensement de 2016.

De 2016 à 2021, 60 795 réfugiés syriens supplémentaires ont été admis au pays et y vivent, ce qui représente un peu plus du quart (27,8 %) des nouveaux réfugiés au pays.

Parmi les autres pays d’origine des réfugiés, on compte l’Irak, l’Érythrée, l’Afghanistan et le Pakistan.

Enfin, près de 85 000 immigrants ayant présenté une demande d’asile ont obtenu leur résidence permanente, entre les années 2016 et 2021.

Des immigrants largement urbains

Les nouvelles données tirées du recensement indiquent par ailleurs que la quasi-totalité des immigrants récents vivait dans l’une ou l’autre des 41 plus grandes villes du pays, soit des municipalités comptant plus de 100 000 habitants.

Et ce sont, sans surprise, les trois métropoles qui attirent le plus de nouveaux arrivants ; Toronto (29,5 %), Montréal (12,2 %) et Vancouver (11,7 %) ont, à elles seules, accueilli plus de la moitié des immigrants (53,4 %).

Cette proportion est toutefois en baisse d’environ trois points de pourcentage depuis 2016, avec une diminution particulièrement marquée à Montréal. 

 
Malgré ce recul, un peu plus de 92 % des immigrants vivaient dans de grandes villes, l’an dernier, comparativement à seulement les deux tiers des personnes nées au Canada.

Cette préférence pour les grands centres fait en sorte que les immigrants représentent une grande proportion de la population de ces villes ; le taux flirte avec les 50 % dans la grande région de Toronto, tandis qu’il oscille autour du tiers à Calgary, et frôle le quart à Montréal et Winnipeg.

Qu’est-ce qui explique cette envie de s’installer en ville ? Selon l’Enquête sociale canadienne de 2022, la plupart des nouveaux immigrants valorisent encore le fait d’avoir de la famille dans la région. Parallèlement, les perspectives d’emploi, d’affaires et d’éducation ainsi que le logement figuraient aussi parmi les principales raisons prises en considération par les immigrants pour choisir leur ville de résidence, indique Statistique Canada dans sa note d’information. 


Près du tiers de tous les enfants au Canada ont au moins un parent né à l’étranger

Les enfants d’immigrants dont au moins un parent est né à l’étranger et qui sont nés au Canada sont aussi appelés « Canadiens de deuxième génération ». 

Selon les données du Recensement de 2021, près de 1,9 million d’enfants âgés de moins de 15 ans avaient au moins un parent né à l’étranger, ce qui représente près du tiers (31,5 %) de tous les enfants au Canada. Cette proportion était en hausse par rapport à 26,7 % en 2011 et à 29,2 % en 2016.

Combinée aux enfants d’immigrants qui sont maintenant des adultes, la proportion de Canadiens de deuxième génération est demeurée relativement stable au cours de la dernière décennie. Un peu moins de 6,4 millions de personnes nées au Canada avaient au moins un parent né à l’étranger en 2021, ce qui représente 17,6 % de la population totale, comparativement à un peu plus de 5,7 millions en 2011 (17,4 % de la population totale).

Voir aussi
  

L'initiative du Siècle (dont un des cofondateurs est Dominic Barton, actuellement ambassadeur du Canada en Chine populaire). En anglais uniquement.

Le patronat québécois reprend de plus belle sa campagne en faveur de l’immigration massive : 64 000 par année au Québec ! (1er avril 2021, ce n’est hélas pas un poisson d’avril)

Implosion de la natalité en Corée du Sud : moins 0,84 enfant/femme, il en faut 2,1 pour remplacer les parents

Implosion démographique : y remédier en renouant avec des valeurs qui privilégient descendance et transmission 

Les Canadiens français deviendraient minoritaires au Québec en 2042 (long billet, graphiques)

Montréal : en 2031 les minorités visibles représenteront 31 % de la population 

Démographie — En 15 ans, les minorités visibles sont passées au Québec de 7 % à 13 % de la population

Laval s’anglicise

Natalité baisse au Québec depuis 7 ans, mais CS de Montréal devrait accueillir 5000 élèves de plus d’ici cinq ans [impact de l’immigration]

Chute importante prévue du français dans les foyers québécois

Québec — Trois nouveau-nés sur dix ont au moins un parent né à l’étranger 

Canada — un pays non blanc vers le milieu de ce siècle ?

Les francophones bientôt minoritaires à Montréal, légère baisse des francophones dans l’ensemble du Québec  

Inde — Pour la première fois une formation complète des médecins en hindi et non plus en anglais

Depuis son arrivée au pouvoir, le BJP s’est attaqué par intermittence contre l’anglais, le qualifiant de « relique coloniale » nimbée d’une « mentalité servile ».

 

Le gouvernement du Premier ministre indien Narendra Modi propose pour la première fois des diplômes de médecine en hindi.

Le gouvernement de Narendra Modi intensifie ses efforts pour reléguer l’anglais aux marges de la vie indienne comme « relique coloniale » en offrant pour la première fois des diplômes de médecine en hindi.

Depuis qu’il est arrivé au pouvoir il y a huit ans, Modi, le ministre de l’Intérieur Amit Shah et d’autres dirigeants du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata, se sont attaqué de façon intermittente à la langue anglaise tout en valorisant l’hindi, la langue du nord de l’Inde.

Modi a souvent parlé de libérer les Indiens de la « mentalité coloniale » léguée par l’Empire britannique et de supprimer les reliques de cette domination. Cette semaine encore, Modi a parlé de la « mentalité servile » qui entoure l’anglais.

En octobre, les responsables gouvernementaux du Maharashtra dirigé par le BJP se sont vu interdire de dire « hello » lorsqu’ils saluaient des membres du public. Au lieu de cela, ils doivent dire « vande Mataram » ou « Je m’incline devant toi, ô patrie ». Abide with Me [Reste avec moi] a été expulsé des célébrations annuelles de la fête de la République indienne et remplacé par une chanson patriotique hindie, tandis que les noms anglais de certains régiments de l’armée seront changés.

En 2020, le gouvernement a déclaré que les praticiens de l’ayurveda, le système de médecine traditionnelle, devraient être autorisés à pratiquer la chirurgie, à la grande horreur de l’établissement médical occidental.

Selon The Guardian de Londres, une fois de plus de nombreux médecins sont consternés après la décision du gouvernement de l’État du Madhya Pradesh d’offrir un diplôme de médecine en hindi. Jusqu’à présent, la médecine était enseignée en anglais dans toute l’Inde.

Au cours des neuf derniers mois, une armée de 97 traducteurs a fouillé les lexiques hindis pour trouver des mots pour des termes tels que biopsie, neuroblastome et hémorroïdes.

Maintenant que les manuels d’anatomie, de physiologie et de biochimie en hindi sont prêts, les étudiants de première année de 13 facultés de médecine publiques du Madhya Pradesh recevront un enseignement en hindi à partir de novembre, bien qu’ils puissent encore suivre leur formation en anglais.

L’objectif du nouveau diplôme de médecine hindi, a déclaré Modi, était de permettre aux Indiens issus de familles pauvres qui ne parlent pas couramment l’anglais de poursuivre leur rêve de devenir médecins.

« Nous visons à faire en sorte que les enfants de parents pauvres deviennent médecins et ingénieurs même s’ils ne sont pas éduqués en anglais… », a déclaré Modi mercredi au Gujarat en parlant de la nouvelle politique indienne en matière d’éducation, annoncée en 2020.

Cette mesure en faveur de l’hindi s’inscrit dans une politique plus large qui promeut l’enseignement de cours techniques et médicaux en langues indiennes. L’idée est que les élèves peuvent mieux développer leurs compétences cognitives et analytiques et être plus enracinés dans leur culture s’ils reçoivent un enseignement dans leur langue maternelle.

Modi a déclaré que l’anglais doit être traité comme un moyen de communication et non comme un « critère de capacité intellectuelle ».

Les partisans de la nouvelle politique conviennent qu’il sera difficile au départ de trouver des équivalents faciles en hindi. C’est ainsi que le mot hindi pour « anatomie » serait, selon The Guardian, le laborieux « charîr ratchna vigyân » (चरित्र रात्चना विज्ञानं). [Notons que Wikipédia en hindi donne aussi शारीरिकी « chârîrikî » qui signifie également physiologie.] Mais les traducteurs du Madhya Pradesh ont déjà déclaré que de nombreux termes anglais seront conservés si aucune solution facile en hindi n’existe.

Le Dr Arun Shah, pédiatre, ne voit aucune difficulté intrinsèque à enseigner la médecine en hindi. « Je pense que cela peut fonctionner avec du temps, de la bonne volonté et de la patience », a-t-il déclaré. « Si le reste du monde peut apprendre la médecine dans sa langue maternelle, alors pourquoi pas en hindi ? Il y aura des ratés, mais cela vaut la peine d’essayer et de persévérer. »

Inspirés par le Madhya Pradesh, deux autres États, l’Uttar Pradesh et l’Uttarakhand ont déclaré qu’ils offriraient également un cours de médecine en hindi, bien que l’option en anglais demeurera.

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Déboulonner Gandhi 

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L’essor de l’école privée pour les pauvres en Inde

 

 

mardi 25 octobre 2022

« Sans l'islam, l'Empire franc n'aurait sans doute jamais existé »

« Sans l’islam, l’Empire franc n’aurait sans doute jamais existé, et Charlemagne sans Mahomet serait inconcevable ». Telle est la thèse surprenante et stimulante du grand historien belge Henri Pirenne.

En effet, dans son ouvrage magistral « Mahomet et Charlemagne », H. Pirenne remet en question la périodisation scolaire et traditionnelle de l’histoire, associant la chute de l’Empire romain d’Occident, en 476, à la fin du monde antique, et voit plutôt dans la naissance de l’islam, la véritable rupture civilisationnelle, faisant passer le monde européen de l’Antiquité au Moyen-Âge. 

Dans cette vidéo, plus historique que philosophique, nous nous concentrons sur les origines du Moyen-Âge européen et, partant, de notre civilisation moderne.


Le livre en question a été réédité récemment (en 2021).

Description de l’éditeur.

Sans Mahomet, Charlemagne n’aurait jamais été empereur. De quand date vraiment la chute de Rome ? Pourquoi passe-t-on de l’Antiquité au Moyen Âge ? À ce vieux débat, Henri Pirenne apporte une réponse révolutionnaire. Au VIIe siècle, la disparition du monde romain n’est pas le fait des invasions germaniques, mais de l’incursion de l’islam en Méditerranée, un nouveau pouvoir qui interrompt les échanges pluriséculaires entre Orient et Occident. Isolés, la papauté et le monde franc ont été contraints de se recomposer en chrétienté autonome. Adulée ou contestée, cette étude fondatrice, devenue un classique, alimente aujourd’hui plus que jamais le débat.

Mahomet et Charlemagne 
de Henri Pirenne
publié le 4 février 2021
aux Éditions Tallandier
362 pp.
ISBN-13 : 979-1021047013


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 La chute de Rome a bien eu lieu 

 

Université Bishop’s en promo en France : « Le Québec permet aussi d’apprendre l’anglais »... à prix subventionné

Les universités québécoises viennent en octobre en France pour conseiller les étudiants qui veulent partir. Le Québec fait rêver les lycéens français. Ils sont chaque année plus de 10 000 à quitter la France pour venir étudier dans la belle province canadienne. Nombreux sont ceux qui choisissent de s’inscrire à l’Université de Montréal ou à la célèbre université McGill, mais d’autres préfèrent l’université de Laval à Québec, ou bien rejoignent de plus petites villes comme Sherbrooke, où se situe l’université de Bishop’s.

Le campus de l’université Bishop’s [2800 étudiants] à Lennoxville près de Sherbrooke
 

Du 17 au 24 octobre, les universités québécoises font leur traditionnelle tournée en France. Ils viennent à la rencontre des jeunes Français à Montpellier, puis Lyon et Paris lors de salons, où seront organisés des conférences et ateliers pour aider les étudiants à choisir leur établissement et les guider dans les démarches administratives. Toutes les informations sont à retrouver sur le site de Destination universités Québec. Guillaume Houde, responsable d’admissions à l’université Bishop’s donne quelques éclairages sur l’intérêt de partir étudier au Québec.

Quel est l’avantage pour un étudiant de partir au Québec ?

GUILLAUME HOUDE. — Au Québec, les jeunes étudiants évoluent dans un environnement francophone. Ce qui peut être rassurant pour eux quand ils n’ont que 17 ou 18 ans, mais aussi pour leurs familles. Et puis, le Québec permet aussi d’apprendre l’anglais. Trois universités sur 19 au Québec sont anglophones, dont Bishop’s. Il est plus confortable d’apprendre l’anglais dans un contexte francophone. Puis, il y a un réel avantage financier grâce à l’entente France-Québec. Ainsi, en « bachelor » [en anglais] (niveau licence), les Français déboursent environ 8500 $ canadiens de frais de scolarité au lieu des 26 000 $ que paient les autres étudiants internationaux.

[…]

Savoir-vivre au Québec : les règles qu’un étudiant étranger doit connaître avant de partir selon le Figaro Étudiant

Ensuite, il y a le bilinguisme. « Dans les commerces, dans les cafés, partout, on se dit bonjour en français et en anglais. » Si les cours suivis par Julie sont dispensés dans la langue de Shakespeare, l’étudiante peut choisir de rendre ses devoirs en français ou bien en anglais. Une expérience qu’elle n’est pas près d’oublier. Juliette Charrier, étudiante dans une école de commerce française, la Paris School of Business [Ah, l’anglomanie !], a opté cette année pour un échange avec la prestigieuse [bof] Université McGill de Montréal.

Source : Le Figaro Étudiant

lundi 24 octobre 2022

Université de Minneapolis : ne plus prêter le serment d’Hippocrate mais contre la suprématie blanche, la binarité

Jean-François Braunstein a analysé le mouvement woke et ses dérives, mentionnant l’exemple d’étudiants en médecine aux États-Unis, qui ne prêtent plus le serment d’Hippocrate, préférant un serment pour lutter contre la suprématie blanche.

 

Émission au complet

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« Le mouvement woke ne fait pas mystère de sa volonté d’endoctriner les enfants »

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Progressistes et très progressistes pensent de plus en plus que la violence est justifiée en matière politique

Derrière le paravent de l’égalité et de l’« inclusivité », les antiracistes propagent la haine de l’Occident, selon l’essayiste Douglas Murray  

La protestation radicale dans les universités, un acte religieux ?

Rééducation : les Américains blancs de gauche considèrent désormais les noirs moins paresseux, moins violents et plus intelligents que les blancs

Comment les grands médias ont favorisé le grand réveil racial

Radio-Canada nous « éduque » : « plus de 800 mille-z esclaves en sol canadien » en 1834  

Humour — désolé d’être là  (les Québecois de souche sont-ils de trop ?)

 

Éducation aux médias : le cas Macron et la ligne blanche

Cette vidéo est un détournement réalisé grâce au montage et au trucage.

Vérifiez toujours vos sources quand vous avez un doute !


L'espérance de vie moyenne des Américains chute et revient au niveau de 1996 (m à j)

Quelques détails supplémentaires

Comment expliquer une telle surmortalité ? Tout d’abord, l’état de santé général de la population, dont un tiers souffre d’obésité et 10 % de diabète – des comorbidités rendant particulièrement vulnérable face au Covid-19. Ensuite, l’absence de système de protection sociale, qui entraîne des retards dans les soins primaires et la difficulté à négocier des conditions de travail (comme le télétravail pendant la pandémie). Mais la tendance existait déjà avant la pandémie. Décès liés aux drogues et à l’alcool, suicides et maladies cardiométaboliques (diabète, obésité, cardiopathie hypertensive, par exemple) participent depuis des années à la hausse de la mortalité chez les adultes en âge de travailler (25-64 ans). […] Par ailleurs, « l’augmentation de la mortalité est liée au ralentissement des progrès de la lutte contre les maladies cardio-vasculaires, première cause de mortalité aux États-Unis », explique Magali Barbieri. « Cette tendance s’observe dans d’autres pays, mais elle est très marquée aux États-Unis, y compris chez les jeunes, en lien avec l’obésité, mais aussi le Covid-19 », ajoute la démographe, qui dirige, à l’Université de Californie, une base de données internationale sur la mortalité, la Human Mortality Database.

 Source : Le Monde


Billet du  8 septembre 2022

L’espérance de vie moyenne des Américains a chuté précipitamment en 2020 et 2021, la plus forte baisse sur deux ans en près de 100 ans et un rappel brutal du bilan imposé à la nation par la poursuite de la pandémie de coronavirus.

En 2021, l’Américain moyen pourrait s’attendre à vivre jusqu’à l’âge de 76 ans, ont rapporté mercredi des chercheurs fédéraux en santé. Le chiffre représente une perte de près de trois ans depuis 2019, alors que les Américains pouvaient s’attendre à vivre, en moyenne, près de 79 ans.

La réduction a été particulièrement forte chez les Amérindiens et les Autochtones de l’Alaska, a rapporté le National Center for Health Statistics. L’espérance de vie moyenne dans ces groupes a été raccourcie de quatre ans rien qu’en 2020.

Le déclin cumulé depuis le début de la pandémie, plus de six ans et demi en moyenne, a porté l’espérance de vie à 65 ans chez les Amérindiens et les autochtones de l’Alaska — à égalité avec le chiffre pour tous les Américains en 1944.

  

En 2021, le raccourcissement de la durée de vie était plus prononcé chez les Américains blancs que chez les Noirs américains, qui ont connu des réductions plus importantes au cours de la première année de la pandémie.

Le Dr Steven Woolf, directeur émérite du Center on Society and Health de la Virginia Commonwealth University, a qualifié la diminution de l’espérance de vie aux États-Unis d’« historique ».

Alors que la pandémie a entraîné la majeure partie de la baisse de l’espérance de vie, une augmentation des décès accidentels et des surdoses de drogue a également contribué, tout comme les décès dus aux maladies cardiaques, aux maladies chroniques du foie et à la cirrhose, selon le nouveau rapport.

La chute continue dans les populations amérindiennes et de l’Alaska était d’autant plus bouleversante qu’elle s’est produite après une campagne de vaccination réussie, a déclaré Noreen Goldman, professeur de démographie et d’affaires publiques à la Princeton School of Public and International Affairs. Elle a ajouté : « La population amérindienne s’est plutôt bien comportée dans les efforts de vaccination, et cela nous a fait sentir que 2021 ne serait pas aussi dévastatrice que 2020. »

« C’était faux, et c’est assez difficile à avaler », a-t-elle ajouté.

Les Américains blancs ont connu la deuxième plus forte baisse de l’espérance de vie moyenne en 2021, une baisse d’un an, à 76,4 en 2021 contre 77,4 en 2020. La baisse a été plus prononcée que celle des Noirs américains, à sept dixièmes d’année. Cela a été suivi par les Américains d’origine hispanique, dont l’espérance de vie n’a baissé que de deux dixièmes d’année en 2021.

Mais les Américains noirs et hispaniques ont été durement touchés en 2020, la première année de la pandémie. L’espérance de vie moyenne des Hispano-Américains a chuté de quatre ans, passant de 81,9 à 77,9 ans en 2019. Le chiffre des Noirs américains a diminué presque autant, de plus de trois ans à 71,5 ans en 2020.

Les Américains blancs ont connu la plus faible baisse au cours de la première année de la pandémie, une baisse de 1,4 an à 77,4 contre 78,8. Pour les Américains blancs et noirs, l’espérance de vie est désormais la plus basse depuis 1995, ont déclaré des chercheurs fédéraux.

Les Américains d’origine asiatique avaient l’espérance de vie la plus élevée parmi les groupes raciaux et ethniques inclus dans la nouvelle analyse : 83,5 ans, en moyenne. Le chiffre n’a que légèrement diminué l’année dernière, passant de 83,6 en 2020.

Cette chute de l’espérance de vie est la plus forte réduction aux États-Unis au cours d’une période de deux ans depuis le début des années 1920, lorsque l’espérance de vie est tombée à 57,2 ans en 1923. Cette baisse peut avoir été liée à des taux de chômage et de suicide élevés pendant une récession plus précoce, ainsi qu’une forte augmentation de la mortalité chez les hommes et les femmes non blancs.

Bien que le système de santé américain soit parmi les meilleurs au monde, les Américains souffrent de ce que les experts ont appelé « le désavantage américain en matière de santé », un amalgame d’influences qui érodent le bien-être, a déclaré le Dr Woolf.

Ceux-ci comprennent un système de soins de santé fragmenté et axé sur le profit ; une mauvaise alimentation et un manque d’activité physique ; et des facteurs de risque généralisés tels que le tabagisme, les morts dus aux armes à feu, la pauvreté et la pollution.

Le résultat est une charge de morbidité élevée chez les Américains et une espérance de vie plus courte par rapport à celle de pays comparables à revenu élevé au cours des deux dernières décennies, a déclaré le Dr Woolf.

Sources : New York Times, AFP, CDC

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Cannabis — la consommation depuis la légalisation est passée de 14 % à 20 % de 2018 à 2021

La SQDC diffuserait des im

dimanche 23 octobre 2022

Pourquoi la Suède est-elle devenue de droite ?

Le virage à droite de la politique suédoise a remis en question l’image du pays en tant que foyer spirituel de la gauche libérale. En effet, le succès de la coalition de droite suédoise a été tel que le New York Times a proclamé le jour des plus récentes élections législatives en Suède que « la Suède devient insupportable ». Voir image ci-dessous.


Cette nervosité qui étreint la gauche bien-pensante peut être attribuée à l’influence croissante des démocrates suédois anti-immigration. Bien qu’il ne soit pas directement au pouvoir, le soutien politique du parti à la coalition de droite signifie qu’il peut faire pression sur ses homologues plus modérés pour qu’ils modifient la politique migratoire de masse.

Freddie Sayers d’UnHerd s’est entretenu avec le journaliste indépendant Ivar Arpi pour discuter exactement de ce que signifie le mouvement de la Suède vers la droite. On parle aussi de politique dextrogyre. Commentateur bien connu en Suède, Arpi a utilisé son blogue, Rak höger ou « Tout droit à droite », pour plaider en faveur de politiques d’immigration beaucoup plus strictes dans le pays. Il soutient que la vague de réfugiés et de demandeurs d’asile qui sont entrés dans le pays en 2015 — principalement afghans ou syriens — a eu un effet déstabilisateur sur la société suédoise. Cette année, il y a eu 47 fusillades mortelles — égal au record de l’année dernière — et quelques semaines seulement avant cette élection, une fillette de 5 ans et sa mère ont été abattues dans une aire de jeux.

La population historiquement homogène de la Suède est aujourd’hui très différente de ce qu’elle était il y a 20 ou même 10 ans. Selon les statistiques de l’État, 20 % de la population et plus de 40 % des personnes de moins de 50 ans sont nés à l’étranger ou ont des parents nés à l’étranger.

Arpi est clair que les efforts d’assimilation passés en Suède ont, dans la plupart des cas, été un succès : « 50 % des médecins sont nés à l’étranger ou ont fait leurs études dans un autre pays. […] Leurs enfants vont dans des écoles suédoises, ils ont une éducation suédoise. Et ils sont entièrement intégrés. » Mais après 2015, l’intégration a échoué parce que la Suède a laissé entrer trop de réfugiés. « Nous devenons de plus en plus comme le Liban [division confessionnelle/religieuse] et le Brésil [division selon la classe sociale/raciale] », dit-il.

Certains quartiers, ou « zones vulnérables » comme les appellent les autorités suédoises, ont vu des immigrants se couper de la société suédoise au sens large, lutter pour trouver un emploi ou apprendre la langue. Selon les mots d’Arpi, « les gens sont coincés dans ces quartiers […]. Il n’y a pas de suédophones natifs dans les écoles. Ils n’ont aucun contact avec la société suédoise. Et dans ces régions, des gangs criminels ont pris le contrôle de grandes parties de la société et les gens sont captifs dans ces régions.

Pour l’électeur suédois qui a vu le taux de violence armée monter en flèche ces dernières années, la lutte contre la criminalité était un enjeu central de cette élection. Interrogé sur la violence en Suède, Arpi reconnaît “Ce n’est pas le Brésil. Ce n’est pas, tu vas dans une favela, ou tu vas à Baltimore, ce n’est pas la même chose. Mais la violence à la grenade et les bombes sont au même niveau que le Mexique. Des bombes explosent au milieu d’Uppsala. On mitraille des appartements bourgeois dans des quartiers aisés […] Nous avons des enfants qui se font tuer sur le terrain de jeu parce que les criminels en Suède sont si imprudents dans leur violence et ils ont des fusils automatiques. Et c’est nouveau.” Il rappelle qu’il ne s’agit pas simple de règlements de compte entre bandes de malfrats car des policiers se font attaquer chez eux.    

Arpi défend la possibilité de rapatrier les immigrants qui se comportent mal dans le pays d’accueil. “Tous ne sont pas des réfugiés”, rappelle-t-il. Un des projets envisagés actuellement par le nouveau gouvernement serait que “si vous commettez un crime en Suède, que vous êtes né à l’étranger et que vous n’avez pas la citoyenneté, la règle devrait être que vous  êtes expulsé du pays. […] Nous avons des politiques de rapatriement en place depuis toujours. […] Si un immigrant désire retourner dans son pays d’origine, il peut demander une aide à cet effet de la part des agences suédoises. Ce système est en place depuis longtemps. […] La somme accordée lors du rapatriement devrait fortement augmenter selon les propositions du nouveau gouvernement.  » Ari admet toutefois que ces mesures qui visent les criminels et les gens qui décident de partir n’auront pas un impact majeur et que la majorité des immigrants resteront en Suède. Ces mesures ne règleront pas la situation, la Suède devra vivre avec les conséquences de politique migratoire passée pendant des générations.

Arpi dit que l’improbabilité d’un changement radical a conduit à une sorte d’ennui national : “Il y a une profonde tristesse dans l’ensemble de la société suédoise. Les gens sont très pessimistes. Mais il espère tout de même que le nouveau gouvernement pourra proposer des solutions, malgré les tordeurs des médias : ‘Si vous demandez à la gauche, c’est en 1933, en Allemagne, et si vous demandez à la droite, nous sommes en 2022, commence enfin à relever le défi.

Les détracteurs d’Ivar Arpi lui reproche une vision trop pessimiste, trop sombre, qu’il devrait promouvoir le rapprochement, d’aller à la rencontre des habitants de ces quartiers ‘vulnérables’ pour intégrer ces personnes et retrouver une même vision commune. Pour le journaliste suédois, il s’agit là d’un point de vue naïf, d’une vision simpliste, qui assume que le contact engendre la proximité, la compréhension. ‘Parfois, plus vous rencontrez certaines personnes, moins vous les aimez’. Il ajoute ‘prenons l’exemple des nationalistes hindous et les Pakistanais [qui se sont récemment affrontés dans les rues de Leicester en Angleterre il y a un mois (vidéo)], je ne pense pas que ce soit une bonne idée qu’ils vivent côte à côte.’

Voir aussi 

‘La politique d’immigration irresponsable en Suède a contribué au succès inédit des droites’

La montée de l’ethno-nationalisme dans la politique suédoise

Émeutes en Suède : l’intégration des immigrés est un échec, selon la Première ministre

Pourquoi le Danemark s’oppose désormais à l’immigration 

 
 
 
 

 

samedi 22 octobre 2022

Vers l'interdiction du russe en Ukraine ?

Le secrétaire du Conseil de la sécurité nationale et de la défense de l’Ukraine a déclaré que le pays allait interdire complètement la langue russe. « La langue russe devrait disparaître complètement de notre territoire en tant qu’élément de propagande hostile », c’est ce qu’a déclaré Alexei Danilov le 20 octobre 2022 à l’émission télévisée « Ici, le Grand Lvov ». Lvov est une ville ukrainienne proche de la Pologne, également connue sous les noms de Lviv, Léopol (en français), Lemberg (allemand) et Lwow (polonais).

Il a ajouté : « L’anglais est obligatoire, notre langue maternelle est obligatoire. Il est très dangereux d’implanter ces récits russes chez nous. C’est une erreur de penser que nous devons les comprendre, pour comprendre quelque chose. Écoutez, nous n’avons besoin de rien d’eux, qu’ils se détachent de nous […] laissez-les aller dans leurs marais et croasser dans leur langue russe […] La décision a été prise qu’il fallait commencer par la langue de communication internationale — l’anglais. Et le reste des langues (français, allemand, arabe) seront ajoutées. »

Plus de 30 % de l’Ukraine parle le russe comme langue maternelle, principalement dans les régions annexées par la Russie, à Nikolaev, Odessa, Boudjak, Kharkov et la région frontalière de Soumy et Tchernigov. Une bonne partie du reste de l’Ukraine parle un mélange d’ukrainien et de russe étant donné que ces deux idiomes forment un continuum linguistique allant de l’Ouest très ukrainien à l’Est très russe sans solution de continuité géographique nette avant les campagnes d’ukrainisation récentes qui diffuse et impose une norme occidentale de l’idiome ukrainien.

Ironiquement, Alexei (Oleksiy à l’ukrainienne) Danilov est né dans la région de Lougansk, massivement russophone, récemment rattachée à la Russie. Il fut maire de la ville de Lougansk de 1994 à 1997, puis président de l’administration de la région de Lougansk en 2005. Vétérinaire de profession, il est diplômé de l’école technique de la ferme d’État de Starobelsk, toujours dans la même région, dont l’enseignant était prodigué en russe.

Dérussification à marche forcée

Adoptée en 1996, la nouvelle Constitution de l’Ukraine a confirmé le statut d’État officiel de la langue ukrainienne et a garanti le libre développement, l’utilisation et la protection du russe et d’autres langues des minorités nationales d’Ukraine.

Malgré la Constitution, la loi sur l’éducation (qui accorde en principe aux familles ukrainiennes le droit de choisir leur langue maternelle pour l’école et les études) ainsi que la loi sur les langues (qui garantit en théorie la protection de toutes les langues en Ukraine), le gouvernement ukrainien a progressivement transformé le système scolaire qui n’était que partiellement ukrainien en un système qui l’est en très grande majorité. En 2000, la proportion d’élèves recevant un enseignement en russe était inférieure à la proportion de citoyens qui considèrent le russe comme leur langue maternelle. Lors de l’année universitaire 2002/2003 dans la région de Lougansk — où pourtant la population qui parle le russe en famille constitue une vaste majorité absolue — l’enseignement prodigué par l’Institut pédagogique régional de Lougansk fut donné en ukrainien alors que l’État décida de commencer à enseigner le russe comme langue étrangère.

En 2004, le gouvernement ukrainien a imposé des restrictions sur les programmes de télévision et de radio en langue russe. Les programmes en langue russe doivent inclure une traduction ou des sous-titres en ukrainien. Les stations de radio et de télévision locales n’ont le droit de diffuser en russe que si elles peuvent prouver qu’elles ont un public russe. Les films non russes et non ukrainiens qui étaient doublés en russe ne peuvent désormais être doublés, postsynchronisés ou sous-titrés qu’en ukrainien.

Le 20 mai 2008, le conseil municipal de Donetsk a adopté une résolution limitant l’expansion de l’enseignement en ukrainien dans la ville. Le lendemain, le procureur de la ville a déclaré la décision illégale.

Le 1er novembre 2008, le Conseil national de la radiodiffusion d’Ukraine a décidé d’interdire la diffusion des chaînes de télévision russes qui n’étaient pas adaptées à la diffusion ukrainienne. L’opérateur de télévision par câble en Ukraine, Volya, a cessé de diffuser une demi-douzaine de chaînes russes dont Первый канал (la « Première chaîne ») regardée par 5,2 millions de Russes par jour en 2020. Un certain nombre de câblo-opérateurs à Zaporojié, Odessa, Lougansk, Kharkov, les villes de Crimée et d’autres villes dans la partie sud-est de l’Ukraine ont refusé de se conformer à l’ordre du Ministère, et la société Volya a continué à diffuser la Première chaîne à Kiev.

Après le coup d’État de Maïdan, en 2014, l’Ukraine a bloqué 14 autres chaînes de télévision russes. Le 23 mai 2017, le parlement ukrainien a approuvé la loi proposée en novembre 2016 qui exige que les réseaux de télévision et de radio nationaux, régionaux, par satellite et multicanaux diffusent au moins 75 % de leur contenu (résumé chaque semaine séparément à des intervalles de temps de 7 h – 18 h et 18 h – 22 h) en ukrainien à partir du 13 octobre 2017. 50 % sont requis pour les réseaux locaux et 75 % des programmes d’information sont requis en ukrainien pour tous les réseaux. Les films et les émissions qui ne sont pas des produits de ces réseaux et qui ont été produits après 1991 doivent être diffusés exclusivement en ukrainien. Depuis le 8 novembre 2018, les radios ukrainiennes doivent diffuser au moins 35 % de chansons en ukrainien ou seulement 25 % si elles diffusent 60 % de leurs chansons dans « les langues officielles de l’Union européenne » (comprendre l’anglais, par exemple, mais pas le russe).

Le 25 septembre 2017, une nouvelle loi sur l’éducation a été signée par le président (projet approuvé par Rada le 5 septembre 2017) qui stipulait que la langue ukrainienne est la langue d’enseignement à tous les niveaux, à l’exception des matières autorisées à être enseignées en deux langues ou plus, à savoir l’anglais ou l’une des autres langues officielles de l’Union européenne (le hongrois ou le roumain, mais pas le russe donc). La loi prévoit une période transitoire de 3 ans pour entrer pleinement en vigueur. En février 2018, cette période a été prolongée jusqu’en 2023.

L’interdiction des livres russes en Ukraine est entrée en vigueur le 30 décembre 2016, lorsque le président Petro Porochenko a signé une loi qui restreignait l’importation de livres en Ukraine depuis la Russie. Selon la loi, une personne peut importer au maximum 10 livres russes sans permis. La distribution non autorisée de livres en provenance de Russie est également interdite. Les livres russes représentaient alors quelque 60 % du marché.

Le 19 juin 2022, le Parlement ukrainien a adopté une loi qui renforce ces interdictions. Il interdit toute importation de toute production de livres et d’édition en provenance de la Fédération de Russie et de la Biélorussie, ainsi que des territoires rattachés à la Russie. En outre, toutes les publications en langue russe importées de pays tiers (c’est-à-dire principalement d’autres États postsoviétiques) doivent d’abord être examinées avant d’être autorisées à la distribution et à la vente en Ukraine. Une autre stipulation est qu’à partir du 1er janvier 2023, il ne sera permis en Ukraine de publier que des livres en ukrainien, les langues des groupes ethniques « autochtones » d’Ukraine (c’est-à-dire le tatar de Crimée [installé depuis la fin du Moyen-âge en Crimée…], le karaïm [langue turcique, 80 locuteurs juifs] et le krymtchak [langue turcique, 200 locuteurs juifs]), parallèlement aux « langues officielles de l’Union européenne ». En outre, au cours de la même séance, le Parlement a adopté une loi qui interdit l’importation, la mise en scène et la diffusion de musique russe et de langue russe en Ukraine.

Voir aussi

Pologne — Des classes pour élèves ukrainiens en russe  

L’Algérie mène la chasse à la langue française (pour le remplacer par l’anglais)

Marioupol, les élèves retournent en classe [en mai] (vidéos), heureux de pouvoir étudier en russe

Moldavie — 88 % des réfugiés ukrainiens choisissent le russe comme langue d’enseignement, 6 % l’ukrainien

Lettonie — Vers l’élimination de l’enseignement en russe en 2025 

Ukraine — Sites internet, réseaux sociaux, interfaces de logiciel devront être traduits en ukrainien et cette version doit être présentée en premier

Budapest bloque adhésion de l’Ukraine à l’OTAN en raison des lois linguistiques de l’Ukraine (2017)  

Des élèves réfugiés ukrainiens étudieraient en anglais au Québec malgré la loi 101 (et la loi 96)