mercredi 3 novembre 2021

Fausse autochtone — La directrice scientifique de l'Institut de la santé des Autochtones

« Je suis Bear Clan. Je suis Métisse Anichinabée Métisse du territoire du Traité no 4 », explique-t-elle en tenue traditionnelle lors d’un discours télévisé pour TEDx en 2019.

Carrie Bourassa est professeure au département de santé communautaire et d’épidémiologie à l’Université de la Saskatchewan. Elle y dirige le Morning Star Lodge, un laboratoire de recherche en santé autochtone.

Carrie Bourassa est également directrice de l’Institut de santé des peuples autochtones à l’Institut de recherche en santé du Canada (CIHR), une agence fédérale qui sert de principal outil de subvention pour les questions de santé autochtone au pays.

Cependant, la professeure d’études autochtones de l’Université de la Saskatchewan Winona Wheeler affirme que l’origine autochtone de Mme Bourassa est mensongère. Elle avance que des recherches généalogiques indiquent que les origines de sa collègue sont entièrement européennes.

« Elle n’a aucun droit de mentir ainsi afin d’établir de la crédibilité dans le milieu et ainsi récolter des offres d’emploi et des subventions. C’est de l’abus », explique Winona Wheeler.

Ces enquêtes menées par des universitaires autochtones ont été corroborées par la CBC. Quand elle a été interrogée à ce sujet, Mme Bourassa a déclaré ne pas être en mesure de produire des preuves généalogiques de son ascendance autochtone, mais dit avoir embauché un généalogiste il y a deux ans pour l’assister dans ses recherches, et que ce travail se poursuit.

À la suite de ces révélations, la directrice scientifique de l’Institut de la santé des Autochtones (ISA), Carrie Bourassa, a été mise en congé immédiat sans solde pour une durée indéterminée dès maintenant, affirme le président des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), Michael Strong, dans une note envoyée à CBC lundi.

Michael Strong précise que cette décision a été prise d’un commun accord avec la Dre Bourassa, qui se retire donc « de ses fonctions de directrice scientifique de l’ISA ».

Plus de détails ici (en anglais) et ici sur la généalogie avec photos de ses aïeux.

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Allemagne — part des moins de 6 ans issus de l'immigration

Pourcentage de la population issue de l’immigration chez les moins de 6 ans. Pour le Brandebourg (marquée d’un astérisque), les données ne sont pas disponibles. Le 50,7 % correspond à Berlin, ville-État enclavée dans le Brandebourg. La Saxe, le bastion du parti nationaliste Allianz für Deutschland (AfD), a le pourcentage le plus faible avec 15,2 %.
Source : Mikrozensus 2020

On peut très bien vivre en anglais à Montréal

Le P.D.G. d’Air Canada n’a pas l’intention d’apprendre le français. « J’ai toujours pu vivre à Montréal sans parler français », explique calmement en anglais Michael Rousseau. M. Rousseau, malgré son nom français, est anglophone.

 

Affaires : le français a encore perdu du terrain

Le point de vue de Michel Girard dans le Journal de Montréal:

Ici même au Québec, au royaume du français en Amérique du Nord, des assemblées annuelles de sociétés québécoises se tiennent strictement en anglais, des entreprises bafouent les règles d’affichage, d’autres enfreignent les règles sur les services en français, la connaissance de l’anglais s’impose de plus en plus...

Et « The cherry on the Sundae » ? Le nouveau PDG d’Air Canada, Michael Rousseau, prononcera demain une allocution uniquement en anglais devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM). Ce qui n’empêchera pas le gratin du milieu des affaires montréalais d’y assister en grand nombre.

Heureusement, le ministre responsable de la langue française, Simon Jolin-Barrette, a cru nécessaire hier de lancer un avertissement au milieu des affaires. Il estime que l’allocution du grand patron d’Air Canada devrait être livrée en français.

« Air Canada et sa direction doivent faire mieux, dit-il. C’est une marque de respect de s’adresser à la communauté d’affaires de Montréal, métropole francophone du Québec, dans la langue officielle et commune, le français. »

Le ministre Jolin-Barrette affirme que la CCMM doit elle aussi jouer son rôle dans ce genre d’invitation des personnalités d’affaires.

« Protéger la langue française va demander des efforts de tous les acteurs de la société. »

À la suite de six plaintes dirigées contre la « future » allocution en anglais du PDG d’Air Canada, le Commissariat aux langues officielles a contacté Air Canada pour rappeler à la haute direction de l’entreprise montréalaise que « Le bilinguisme est une compétence cruciale pour tout leader, particulièrement pour ceux des institutions assujetties à la Loi sur les langues officielles », comme c’est le cas pour Air Canada.

Notez qu’au cours des cinq dernières années, Air Canada a fait l’objet, d’environ 80 plaintes par année pour non-respect de la Loi sur les langues officielles.

Force est de constater que le français comme langue de travail et langue des affaires au Québec a perdu du terrain.

Le je-m’en-foutisme

Dans le milieu des affaires, il y a un je-m’en-foutisme qui semble avoir pris de l’ampleur au fil des années face à la protection du français au Québec.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Voilà pourquoi le gouvernement Legault a décidé de freiner l’érosion du français.

Le 13 mai dernier, le ministre Jolin-Barrette a déposé le projet de loi 96, Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français.

Le projet de loi propose des modifications importantes qui visent à moderniser la Charte de la langue française. On y retrouve des nouvelles dispositions qui encadrent l’usage du français comme langue de travail, de commerce et d’affaires, ainsi que d’enseignement. [Mais rien sur l'application de la loi 101 aux établissements post-secondaires.]

Les consultations que mène le ministre Jolin-Barrette sur son projet de loi 96 vont bon train.

L’internationalisation

Dans le dessein de ne pas se retrouver avec des nouvelles dispositions en matière de langue française trop restrictives pour le milieu des affaires québécois, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain a soulevé quatre préoccupations :

1. La nécessité de faciliter l’internationalisation de nos entreprises et la croissance des activités de siège social à partir de la métropole ;

2. L’importance de limiter les charges administratives additionnelles imposées aux PME ;

3. Le risque de créer une multiplication de procédures judiciaires contre des entreprises bien intentionnées ;

4. Le rôle crucial de l’accompagnement sur le terrain pour la francisation des PME et de leur personnel [le personnel devrait être nettement plus francophone avant d'être employé et formé dans des établissements francophones et non des cégeps et universités québécoises anglophones].

Cela dit, il est évident que l’usage de l’anglais a son importance au Québec au sein des multinationales et des entreprises exportatrices. Tout le monde sait que la langue internationale des affaires, c’est l’anglais.

Mais l’un n’empêche pas l’autre. Une entreprise implantée au Québec a tout intérêt à protéger le français comme langue de travail, tout en desservant ses clients étrangers dans la langue anglaise [s'ils ne sont pas francophones...].

Les différences hommes-femmes apparaissent très tôt dans le développement embryonnaire

Les disparités de santé entre les hommes et les femmes sont connues depuis longtemps, bien que les mécanismes qui les sous-tendent dans la santé et les maladies cardiaques soient restés inconnus. Les hommes et les femmes diffèrent dans la prévalence, les réponses au traitement et les taux de survie de toute une série de maladies. Pour les maladies cardiaques, les femmes s’en sortent presque uniformément beaucoup moins bien que les hommes.

Publiées dans la revue Development Cell [1], des scientifiques de l’université de Caroline du Nord à Chapel Hill et de l’université de Princeton suggèrent que les différences d’expression des protéines hommes-femmes se produisent immédiatement après la transformation des cellules embryonnaires en cellules cardiaques appelées cardiomyocytes. Il s’agit du stade le plus précoce du développement cardiaque, bien avant que l’embryon ne soit exposé aux hormones sexuelles. 
 
Frank Conlon, professeur de génétique et de biologie à l’Université de Caroline du Nord, coauteur principal de l’étude explique que « l’expression des protéines diffère entre les cœurs mâles et femelles à la période embryonnaire, avant la détermination primaire du sexe et avant que l’embryon ne soit exposé aux hormones sexuelles ».

La compréhension de la biologie de base du développement du cœur à ce stade très précoce fournit des informations cruciales aux biologistes des cellules souches, qui souhaitent utiliser les cellules progénitrices cardiaques pour la régénération du tissu cardiaque et d’autres thérapies de remplacement du cœur.

Source : Cell Science (26/X/2021)

[1] Shi W, Sheng X, Dorr KM, et al. Cardiac proteomics reveals sex chromosome-dependent differences between males and females that arise prior to gonad formation. Dev Cell. 2021:S1534580721007668. doi: 10.1016/j.devcel.2021.09.022


Virginie — Victoire surprise d'un républicain en faveur du droit de regard des parents dans l'éducation de leurs enfants

Après le décompte de plus de 95 % des votes, l’homme d’affaires de 54 ans, sans expérience politique, devance de 2,7 points de pourcentage Terry McAuliffe, 64 ans et ancien gouverneur de cet État de 2014 à 2018. Glenn Youngkin, qui a emporté le vote rural traditionnellement conservateur, a réussi de bons scores dans les fiefs démocrates du nord de l’État.

Youngkin a mené une campagne disciplinée, axée sur les impôts, opposée à la vaccination obligatoire, la criminalité et des écoles publiques responsables devant les parents, assurant que les parents devaient avoir une influence sur les programmes scolaires de leurs enfants. Alors que son adversaire démocrate, Terry McAuliffe, a tenté à plusieurs reprises de lier Youngkin à l’ancien président Trump. 

McAuliffe, un proche de l'ancien président Bill Clinton, s’est aligné sur le syndicat des enseignants. Terry McAuliffe avait à ses côtés la présidente de la Fédération américaine des enseignants, Randi Weingarten, le dernier jour de campagne alors que les controverses scolaires dans l’État mobilisaient de nombreux électeurs. Parmi ces controverses : l’enseignement de la théorie critique de la race, l’omerta autour de filles agressées par un élève mâle qui se disait fille dans les toilettes des filles ainsi que la longue fermeture des écoles publiques pendant la pandémie. Voir États-Unis — Viol d’une élève dans les toilettes pour filles, sodomisée par un élève trans, couvert par des autorités scolaires (m à j).

McAuliffe a également fait appel au président Biden, à la vice-présidente Harris et à l’ancien président Obama pour dynamiser sa campagne. Ces poids lourds démocrates se sont déplacés en Virginie pour militer pour McAuliffe.

Glenn Youngkin et sa famille : il est le plus grand (il mesure 6 pieds 7, soit un peu plus de 2 mètres)

Youngkin a promis qu’« ensemble, nous changerons la trajectoire de cet État ».

Il y a deux mois, McAuliffe détenait une avance d’environ 5 points dans un État que Biden avait remporté par 10 points sur le président Trump il y a tout juste un an, mais Youngkin a effacé l’avantage de son adversaire démocrate dans la dernière ligne droite de la campagne.

La course au poste de gouverneur de Virginie étant considérée comme un indicateur clé avant les élections de mi-mandat de l’année prochaine, la victoire de Youngkin dans un État où les républicains n’avaient pas gagné au niveau de l’État depuis une douzaine d’années accroîtra les inquiétudes des démocrates alors qu’ils tenteront de défendre leurs très minces majorités à la Chambre et au Sénat en 2022.

Échange entre Youngkin et McAuliffe lors du débat qui les opposait à la fin septembre 2021.

Glenn Youngkin, républicain : « Je pense que les parents devraient être responsables de l’éducation de leurs enfants. »
Terry McAuliffe, démocrate, répond : « Je ne pense pas que les parents devraient dire aux écoles ce qu’elles doivent enseigner. »

L’éducation

L’éducation est depuis longtemps un point fort des démocrates (les syndicats de l’école publique sont des alliés indéfectibles de ce parti). Youngkin a réussi à en faire un point fort pour le camp républicain en renversant la table. Il a réussi à rallier les parents révoltés par les enseignants et les administrateurs « wokes » qui imposent des sujets tout simplement inappropriés à les enfants — des problèmes transgenres à la théorie critique de la race. Parmi les 25 % d’électeurs de Virginie pour qui l’éducation était le problème le plus important, Youngkin a emporté les suffrages par 11 points. Youngkin, candidat pour la première fois à un poste politique et ancien PDG d’une énorme firme d’investissement, a gagné grâce à une vague d’enthousiasme des électeurs républicains et en puisant dans la colère des parents face aux décisions de leurs conseils scolaires locaux.

Ce rejet du politiquement correct était au centre de l’appel de Trump aux électeurs et semble s’être poursuivi même après avoir quitté ses fonctions.

« Nous allons soutenir nos parents, pas les ignorer », a-t-il souligné dans son discours de victoire.

Plus de deux douzaines d'écoles publiques et de districts scolaires à travers les États-Unis recommandent un livre intitulé "Not My Idea" d'Anastasia Higginbotham qui suggère qu'être blanc est un pacte avec le diable (contrat présenté par un personnage caché aux pieds fourchus et à la queue rouge en flèche). 

Les banlieues (cossues)

Youngkin a fait des gains majeurs parmi les électeurs des banlieues qui avaient alimenté la vague démocrate de 2018 leur permettant de reconquérir la Chambre et, par la suite, en offrant la victoire aux présidentielles à Biden il y a un an. McAuliffe a sous-performé par rapport à Biden dans la banlieue de Virginie. Le plus flagrant était le comté de Loudoun en Virginie du Nord, que Biden avait remporté 25 points il y a un an, mais McAuliffe a gagné par un peu plus de 10 points. Loudoun a été le centre du scandale scolaire récent.

Une majorité significative des votants — 61 % — en Virginie vivaient en banlieue et Youngkin a remporté ce groupe avec 53 % des voix comparées à 47 % pour le démocrate McAulliffe, un renversement étonnant par rapport à la marge de 8 points que Biden avait sur Trump dans la banlieue de Virginie en 2020. 

Les Hispaniques, l’avortement  

Les sondages de sortie des urnes montrent que Youngkin a remporté le vote des Hispaniques par un écart de 9 %. Et parmi les électeurs qui ont déclaré que l’avortement était leur problème n° 1, Youngkin a remporté environ 60 % des voix, malgré les millions dépensés par McAuliffe en publicités sur l’avortement et les prédictions des médias selon lesquelles la récente et très restrictive loi passée par les républicains du Texas en matière d’avortements  le coulerait.

Un grand élan

« Je viens de ressentir ce grand élan au cours des six à huit dernières semaines », a souligné le candidat républicain Glenn Youngkin dans un bureau de vote à Chantilly, en Virginie, tôt le jour des élections.

Voir aussi 

Pourquoi la culture, et non l’économie, détermine la politique américaine

La théorie de la « fragilité blanche » (une nouvelle ordalie de l’eau utilisée pour découvrir les sorcières)

Les Québécois les plus anti-Trump… Informés par des médias partiaux et un moindre accès aux médias de droite américains ?

Christopher Ruffo : « La vérité sur la Théorie critique de la race. Trump a raison. Les sessions de formation pour les employés du gouvernement équivalaient à un endoctrinement politique. » (en anglais)

Les jeunes attirés par la droite, parce qu’ils rejettent le wokisme, le correctivisme politique et le pharisianisme 

Comment les grands médias ont favorisé le grand réveil racial

« "Connais-toi toi-même", ce proverbe africain », selon le plus grand syndicat d'enseignants américain 

États-Unis — Princeton supprime l’obligation de faire du latin ou du grec pour les études classiques  

Le retour du racialisme, la vengeance de Gobineau ?  

« La blanchité multiraciale » : comment les wokes expliquent que des non blancs votent pour Trump

La Virginie considère aussi imposer un tronc commun plus long (plus de classes avancées les premières années du secondaire, les classes avancées ne seraient plus qu’en 11 et 12 années).

Oregon préconise à ses enseignants un cours pour lutter contre le racisme dans l’enseignement des maths (m à j)  

États-Unis — Suicide du professeur Mike Adams, harcelé et menacé sur les réseaux sociaux par des progressistes

Insister sur Pythagore et π perpétuerait le « privilège immérité » des Blancs

Pendant le Grand Réveil woke, l'écart des résultats en maths et en lecture entre les élèves noirs et blancs a cru de 20 %

La vaccination ethno-raciale existe en Ontario... et au Québec comme aux États-Unis  

Les personnes racisées homosexuelles contre le métissage ?  

Ne pas parler de race (mais considérer l'origine sociale) serait-il raciste ? 

États-Unis — Suppression de classes « avancées » au nom de l’« équité » (trop de blancs et d’Asiatiques y sont inscrits)

États-Unis — district scolaire exclut élèves asiatiques des personnes de couleur et les classe avec les Blancs 

Patriarcat blanc : plus grande proportion de femmes racisées fréquentent désormais l'université que les jeunes hommes blancs

 États-Unis — Pas de réduction de l’écart scolaire en maths et lecture entre les groupes ethniques 

Ministère de la Justice accuse Yale de discrimination raciale contre blancs et asiatiques (14 août 2020) [Depuis l’Administration Biden a abandonné les poursuites au nom de l’« équité »]  

La Révolution racialiste, et autres virus idéologiques (recension) 

États-Unis : deux écoles (fréquentées par une majorité de noirs) ne veulent plus du nom de l’explorateur français Jean Ribault (blanc) 

Théorie du genre, décolonialisme, racialisme… Ces nouveaux dogmes qui veulent s’impose 

Comment les grands médias ont favorisé le grand réveil racial (analyse statistique et lexical de quatre journaux américains) 

Analyse du désarroi des classes moyennes blanches aux États-Unis

L'Université Evergreen (États-Unis) et les dérives du progressisme militant  (vidéo)

Le wokisme : des protestants puritains athées 

Le wokisme, hérésie du progressisme et produit du nihilisme fait moralisme

 

L'opinion sur l'utilisation des bloqueurs de puberté aux États-Unis est en train de changer

Même les membres de l’Association mondiale des professionnels pour la santé des transgenres ont des inquiétudes.

Les inquiétudes concernant l’utilisation de bloqueurs de la puberté, qui sont prescrits à certains enfants pour empêcher le développement de caractéristiques sexuelles secondaires (comme les seins et les poils du visage) se sont multipliées dans une grande partie du monde riche. Certains pays ont réduit leur utilisation. Pas les États-Unis. Les médecins qui travaillent dans les cliniques pour transgenres affirment régulièrement que la prescription de tels médicaments est prudente, car leurs effets sont largement réversibles. Les prescrire serait aussi compatissant, car ils épargneraient une énorme souffrance aux enfants atteints de dysphorie de genre (le sentiment d’être dans le mauvais corps).

Cela commence peut-être à changer. La semaine dernière, Abigail Shrier, journaliste et essayiste, a publié des entretiens dans « Common Sense With Bari Weiss », un bulletin d’information, avec deux professionnels de la santé transgenres qui ont suggéré que certains médecins étaient irresponsables quant à la façon dont ils traitaient les enfants. Ces deux soignants, tous deux trans, siègent au conseil d’administration de la World Professional Association for Transgender Health (WPATH), qui approuve l’utilisation de bloqueurs au début de la puberté dans certains cas. Bien que les bloqueurs soient souvent décrits comme un bouton de pause, la plupart des enfants à qui ils ont été prescrits passent aux hormones du sexe opposé. Cette combinaison peut avoir des conséquences irréversibles, notamment la stérilité et l’incapacité d’atteindre l’orgasme.

C’est la principale inquiétude exprimée par Marci Bowers, chirurgienne en vaginoplastie qui doit devenir présidente du WPATH en 2022. Le Dr Bowers a construit sa carrière en opérant sur des adultes, mais elle a également opéré des adolescents : en 2018, elle a réalisé une « inversion pénienne » sur Jazz Jennings, un jeune de 17 ans qui avait été mis sur des bloqueurs à l’âge de 11 ans. Mais le Dr Bowers a déclaré à Mme Shrier qu’elle n’était « pas une fan » de mettre les enfants sur des bloqueurs au début de la puberté. Elle s’est inquiétée, a-t-elle dit, « de leurs droits reproductifs plus tard. Je m’inquiète pour leur santé sexuelle plus tard et leur capacité à trouver de l’intimité ».

En 2018, Lisa Littman, une chercheuse, a été harcelée et a perdu son emploi de consultante après avoir inventé le terme « dysphorie de genre à apparition rapide » (DGAR) pour décrire la contagion sociale d’adolescents qui se disent trans, principalement des filles. Le Dr Bowers a semblé reconnaître l’existence de « ce truc DGAR » comme elle l’appelait. « Je pense qu’il y a probablement des gens qui sont influencés. Il y a un peu de “Ouais, c’est trop cool. Ouais, je veux en quelque sorte le faire aussi. » » Dans certains cas, a-t-elle dit, les filles souffrant de troubles de l’alimentation recevaient un diagnostic de dysphorie de genre, « puis elles viennent pour une visite, et on leur prescrit de la testostérone. »

Erica Anderson, psychologue clinicienne au Child and Adolescent Gender Center de l’Université de Californie à San Francisco, a déclaré à Mme Shrier qu’en raison d’un « travail du service de santé bâclé » — « précipiter les gens à prendre des médicaments » — et un « échec lamentable » à évaluer correctement la santé mentale des patients, elle s’attendait à ce que plus de jeunes regrettent leur transition. Sa clinique a vu deux fois plus de femmes que d’hommes pendant deux années consécutives, a-t-elle déclaré.

Il est extrêmement rare que les professionnels de la santé en Amérique critiquent — ou même remettent en question — les pratiques qui sont devenues courantes dans le traitement médical des jeunes dysphoriques de genre. Des organismes professionnels, dont l’American Association of Paediatrics, ont approuvé les actes médicaux « en faveur du genre », un modèle qui accepte que les jeunes se diagnostiquent eux-mêmes comme des trans et qu’on utilise des bloqueurs de puberté. Quiconque conteste publiquement cet état de choses est fustigé.

La publication de ces points de vue critiques changera-t-elle la façon dont les enfants qui se disent trans seront traités ? Laura Edwards-Leeper, une psychologue qui a aidé à fonder la première clinique américaine pour enfants transgenres à Boston en 2007, a affirmé (y compris dans l’Economist) que trop peu d’adolescents subissent des évaluations de santé mentale cruciales avant de commencer le traitement de transition. Elle ajoute que les commentaires du Dr Bowers, en particulier sur les effets des bloqueurs de puberté sur la fonction sexuelle, ont « secoué » beaucoup de gens dans le domaine. Pourtant, elle note que certains médecins réagissent en parlant de la façon dont ils pourraient contrôler ou ralentir le traitement, sans mentionner le rôle que les professionnels de la santé mentale devraient jouer dans tout cela. Le fait qu’ils discutent des risques constitue néanmoins un progrès.

Source : The Economist

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mardi 2 novembre 2021

Feuilleton « L’École de la vie »  : « On a un fantasme total de l’extrême droite »

Pour Valeurs actuelles, Didier Lemaire, ex-professeur de philosophie à Trappes, a bien voulu se pencher sur la série « L’École de la vie », diffusée sur France 2 depuis le mois d’avril. La saison 5, vivement critiquée sur Twitter pour son très idéologique scénario, confronte notamment le héros, le professeur d’histoire Vincent Picard, à un élève très critique à l’égard de la repentance coloniale, parce que secrètement radicalisé par les thèses de l’extrême droite. L’élève finira d’ailleurs par rejoindre un groupe néonazi et tenter de poignarder un élève d’origine maghrébine. Alors, fantasme ou réalité ?

Médiocre, mais révélateur

Contacté par téléphone, Didier Lemaire confie d’emblée « la souffrance » qu’il a eue à visionner cette série à la fois « d’une incroyable médiocrité » et « intéressante à analyser ». Le professeur de philosophie, actuellement en disponibilité après la polémique autour de Trappes, tient d’abord à se pencher sur le titre de la série, « L’École de la vie », « qui exprime déjà une première confusion, puisqu’il laisse entendre que l’école serait le lieu d’apprentissage de la vie par l’expérience et la pratique, alors que l’école est justement l’inverse, un lieu de transmission du savoir par les livres et l’écrit ». Et d’ajouter : « Philosophiquement, on apprend à vivre… par la vie », tout simplement.

Plus de scènes ici 

Autre confusion entretenue par la série : l’absence de frontière entre le monde des adultes — « eux-mêmes totalement immatures » — et le monde des élèves. « Cet effacement des âges, cette absence de frontière entre ces deux mondes, rend l’acte de transmission — par nature vertical — impossible. On nage en plein pédagogisme », explique-t-il, avant de pointer le contenu des cours d’histoire du professeur Vincent Picard. « Il n’y a pas d’enseignement dans ses cours, mais seulement des débats — dont le but est de convaincre son adversaire et non pas d’acquérir une connaissance — ou des ateliers vidéo, comme si la dimension scientifique de la matière était totalement évacuée. »

Le bien de gauche remplace le vrai

 

Bobard : Les tirailleurs sénégalais n'ont pas été de la chair à canon

Plus exactement, relate Didier Lemaire, en référence à l’enseignement sur la colonisation, « dans les cours de Vincent Picard, le bien remplace le vrai, puisque tout est jugement de valeur, dénaturant ainsi la dimension scientifique de sa discipline ». Ce qui n’est, là encore, absolument pas la vocation de l’histoire, « qui consiste à comprendre le passé, avec les normes des hommes du passé, et non pas à condamner le passé avec les normes du présent ». Et d’ajouter, non sans humour : « C’est comme si je faisais de l’astrologie pendant mes cours de philosophie. » Au fond, précise-t-il, « Vincent Picard ne se comporte pas comme un professeur, mais comme un prêtre ou un idéologue. Il dit ce qui est bien et ce qui est mal ».

 

Dans sa longue carrière de professeur, Didier Lemaire raconte avoir croisé ce style d’enseignants, « qui prennent leurs représentations idéologiques pour le bien moral » ; une confusion « classique de la gauche française », qui confond par exemple « l’antiracisme universaliste, nécessaire pour protéger l’humanité de chaque personne » et « l’antiracisme racialiste, qui est la sacralisation d’une communauté ou d’une identité fantasmée ».

Même critique sévère sur le choix de représenter la radicalisation d’un élève, non pas vers l’islamisme, comme ce fut le cas dans les classes de Didier Lemaire et dans de nombreuses villes de France, mais vers l’extrême droite. « On a un fantasme total de l’extrême droite », analyse l’ex-professeur de Trappes, pour qui le néo-nazisme est un danger mineur en France. Lui-même d’ailleurs, durant ses 30 années d’enseignement, n’a pas connu d’élèves tombant dans cette idéologie, mais reconnait avoir émis plusieurs signalements pour radicalisation islamiste.

L’école rêvée des gauchistes

Ce qui lui fait dire, entre autres : « Si je devais noter le scénario sur l’échelle du réel, ce serait proche du 0. Ce n’est que la réalité vue à travers un prisme idéologique. Cette série est une dystopie sur l’école rêvée des gauchistes, proche de ce qui se faisait dans les écoles de l’Union soviétique », où Didier Lemaire s’était rendu au cours de sa scolarité pour apprendre le russe, en pleine Guerre froide. « Il y avait la même absence de distance entre les élèves et leurs professeurs. Tout le monde semblait appartenir à la même famille. »

Ce qui nous amène à la dernière remarque, centrale dans la critique de Didier Lemaire : l’amour. « Lorsque l’on regarde cette série, on a l’impression que le lycée est un lieu de relations affectives et amicales, tant dans la vie scolaire, qu’entre les professeurs et leurs élèves ». Il précise : « Les personnages, complètement infantiles, ne cherchent dans l’amour qu’à combler leurs propres failles. C’est le cas par exemple du héros, qui vient de perdre son épouse, et la femme du parc, qui s’est fait plaquer après avoir accouché. » D’ailleurs, s’étonne-t-il encore, « tout le monde est victime : la fille Zoé est victime de sa mère précaire, qui est victime de son mari, qui ne verse pas la pension, etc. ». Même Alex, qui incarne le mal en se radicalisant, est lui aussi victime du manque d’attention de ses parents, qui oublient son anniversaire. Au fond, « Alex est peut-être le seul personnage sympathique de ce film même s’il s’égare complètement, parce que c’est le seul à remettre les choses en question ».

Pour conclure, « la morale de l’histoire serait que le but de l’enseignement c’est d’être aimé de ses élèves, et même de pouvoir leur exposer ses propres failles. Or, qu’il soit aimé ou non, le seul objectif d’un enseignant doit être de faire grandir ses élèves par la connaissance et l’usage de la raison. Il m’est arrivé dans ma carrière de garder des liens amicaux avec des élèves, une fois qu’ils ont grandi, mais ce n’est pas un objectif pédagogique ! »

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Marginalisation des enfants croyants par le ministre de l’Éducation du Québec

Nous reproduisons ci-dessous une lettre d’opinion avec 7 cosignataires, envoyée hier aux médias francophones principaux et catholiques du Québec ainsi qu’à l’AECQ et au ministre Jean-François Roberge.

Le ministre Jean-François Roberge a annoncé un nouveau programme québécois qui remplacera l’ancien programme d’Éthique et culture religieuse (ECR). Il se nomme Culture et citoyenneté québécoise. Il reposera sur trois axes : la culture, la citoyenneté québécoise, le dialogue et la pensée critique. Aujourd’hui, le ministère de l’Éducation va loin, en évacuant tout contenu religieux du nouveau programme. Le ministère maintient aussi l’obligation aux enfants de tout âge de fréquenter ce cours, que ce soit à l’école publique ou privée.

Plus qu’avant, une nouvelle génération de parents aura à gérer la transmission directe à l’école de valeurs qui risquent d’être en contradiction avec leurs propres valeurs familiales et/ou religieuses. Plus qu’avant, les enfants qui ont une appartenance religieuse se sentiront mis à l’écart. Des milliers de parents s’étaient opposé au programme ECR pour plusieurs raisons. Ils ont contesté la perte du choix entre des cours de religion ou de morale. Mais ils étaient particulièrement indignés et choqués par l’obligation de fréquenter un cours qui ne respecte toujours pas leurs convictions. La cause des parents contre ECR a été portée jusqu’en Cour suprême du Canada, appuyée par la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) et par l’Association des parents catholiques du Québec (APCQ) ainsi que par l’Association des communautés chrétiennes orthodoxes du Grand Montréal (ACCOM) et par la Ligue catholique des droits humains (LCDH). 

Depuis ce temps, les parents se sont vus privés de leurs droits de regard et de décision en tant que premiers éducateurs de leurs enfants, autant par la Cour que par le gouvernement. Avec ce nouveau programme, cet abus de pouvoir va perdurer. Dans le programme ECR, la présentation de croyances religieuses et morales contraires à leurs valeurs familiales et la remise en question systématique de leurs enseignements ont profondément bouleversé les parents. Ces derniers se sont retrouvés dans la position fâcheuse et non méritée d’avoir à gérer des contenus qu’ils considéraient comme nuisibles à leurs enfants. Ils appréhendaient l’impact de l’école sur le système de valeurs de leurs enfants et sur leur adhérence religieuse. Cet impact s’est fait sentir et se fera sentir de nouveau, dans la classe, à travers les échanges en groupe, les exercices à faire, les lectures, les visites et les rencontres non autorisées par les parents, les films et les vidéos. 

Ce nouveau cours, tel qu’il est annoncé, axé sur les valeurs à la mode et qui évacue les bases chrétiennes de la pensée critique, morale et religieuse posera un défi encore plus grand aux parents. Pourtant, les parents restent, il faut le rappeler, responsables légalement de leurs enfants ! Que l’État s’accapare le choix des valeurs que les enfants absorberont, demeure une injustice flagrante ! Les familles auront de nouveau à en vivre les conséquences sur une base quotidienne !

L’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ), dans son communiqué du 25 octobre 2021, se dit inquiète et dénonce ce nouveau programme à cause de l’évacuation des contenus religieux, de la marginalisation des croyants de toutes confessions et du risque d’augmentation des préjudices à leur égard.

Comme annoncé, ce nouveau cours n’inclut pas l’impact déterminant du catholicisme sur l’histoire du Québec. De plus, il ignore l’importance de la religion dans la vie des élèves, sabotant ainsi les efforts parentaux de donner à leurs enfants un sens à la vie et une appartenance à une communauté de foi.

Aussi, un des objectifs du nouveau programme est de se positionner « face à des enjeux socioculturels ». L’Église catholique a une longue histoire de réflexion continue sur ce sujet. Mais la référence à l’Église ne fait pas partie des contenus envisagés par le ministre. Alors, quelles seront les bases de cette nouvelle identité québécoise que le ministère veut former auprès des enfants ?

De plus, l’AECQ regrette que le nouveau cours ne reconnaisse pas « la complémentarité de l’éthique et de la culture religieuse pour le Québec ». Au contraire, le ministre a souligné que cela va à l’encontre des valeurs québécoises de définir son identité à partir de son appartenance religieuse. (Voir le Journal de Montréal, le 25 octobre 2021, p.3). Pourtant, la majorité de la population québécoise inclut la religion dans sa définition et sa pratique. Le ministre semble croire qu’il est le dépositaire des valeurs québécoises. Mais celles-ci sont multiples et complexes et comprennent une dimension religieuse. Les valeurs morales ancrées dans les traditions religieuses sont souvent en opposition aux valeurs promues par les politiques et la société civile.

Plus qu’avant, le ministère se sert de sa position de force pour façonner le profil socioculturel du Québec selon SES valeurs. Plus qu’avant il évacue la liberté de religion dans la « Belle province ». À quand la reconnaissance du devoir des parents et le respect de leur responsabilité dans l’éducation de leurs enfants ? À quand une liberté de choix dans les programmes scolaires ? À quand les parents chrétiens auront-ils le droit de recevoir un cours selon leur culture religieuse, leurs croyances et leurs convictions ?

Le 1er novembre 2021

Jean Morse-Chevrier, Présidente de l’APCQ (de 2004 à 2013)
Jocelyne St-Cyr, Présidente de l’APCQ (de 1989 à 2004)
Diane Joyal, Présidente de l’APCQ (de 2013 à 2016)
Jean-Léon Laffitte, Président de l’APCQ
Antoine Malek, Ancien président de l’ACCOM
Raouf Ayas pour le Rassemblement des chrétiens du Moyen-Orient
Sylvain Lamontagne, dernier président de la CLÉ
Nicholas Newman, MD, grand-parent

-30 —

Source : Jean Morse-Chevrier, 819-661-7140, chevrier<arrobe>sympatico.ca


L'ambassadeur de France en Suède : « La France est un pays musulman »

Invité sur la chaîne nationale suédoise SVT, l’ambassadeur de France en Suède avait déclaré en 2020 : « La France est un pays musulman, l’islam est la seconde religion en France, nous avons entre 4 et 8 millions de musulmans ».

 

Le 25 septembre en 2020, Étienne de Gonneville, l’ambassadeur de France en Suède, était interviewé sur la chaîne nationale suédoise SVT, au sujet des événements qui ont suivi l’assassinat de Samuel Paty. « Y’a-t-il un risque que la situation tourne au conflit entre la France et le monde musulman ? », l’a ainsi interrogé le présentateur. L’homme politique a alors répondu à la négative, expliquant : « La France est un pays musulman, l’islam est la seconde religion en France, nous avons entre 4 et 8 millions de musulmans ».

Étienne de Gonneville a ensuite appelé à ne pas mélanger le terrorisme et l’islam. « C’est le piège que les islamistes ont tendu pour que nous tombions dedans. (…) Al-Qaïda et sa propagande utilisent les caricatures de Charlie Hebdo pour détourner la conversation de ce qui est en fait le terrorisme vers autre chose », a-t-il déclaré.

Source : La Dépêche


lundi 1 novembre 2021

Bjorn Lomborg : « Le changement climatique n’est pas la fin du monde »

Comme Michael Shellenberger, Bjorn Lomborg, statisticien danois, considère qu’il existe des problèmes plus prioritaires que le réchauffement climatique. Bjorn Lomborg, fondateur du réseau pensant le Copenhagen Consensus Center, s’interroge sur un discours alarmiste et contre-productif. Chroniqueur au Wall Sreet Journal, il est résolument confiant dans les capacités d’innovation de l’humanité. Il a accordé un entretien à l’hebdomadaire français Le Point

 


Le Point — Vous estimez que la peur du changement climatique est exagérée. Pourquoi ?

Bjorn Lomborg. — Le changement climatique ne représente qu’une infime partie des centres d’intérêt du Copenhagen Consensus Center. En son sein, nous cherchons à savoir comment utiliser les ressources collectives au mieux, pour le plus grand bénéfice de l’humanité. Or il s’avère qu’il existe de nombreux autres domaines dans lesquels on peut faire beaucoup de bien par dollar dépensé. Les maladies infectieuses, la nutrition des jeunes enfants, la santé maternelle et néonatale… Par exemple, chaque année, 1,5 million de personnes meurent de la tuberculose. Pourquoi n’en parlons-nous pas davantage ? Nous ne devrions pas nous concentrer uniquement sur le réchauffement de la planète.

Je suis spécialiste en sciences sociales : je prends pour argent comptant ce que les spécialistes des sciences naturelles nous disent, à savoir que le réchauffement climatique est réel, qu’il est dû à l’homme et aux gaz à effet de serre, et qu’il aura un certain nombre d’effets négatifs significatifs. Mais, face à ces faits, je pose la question suivante : quel sera son véritable impact ? Par exemple, on prévoit que le niveau des mers augmentera de 0,5 à 1 mètre d’ici la fin du siècle. Dans le monde, 187 millions de personnes vivent sur des terres situées à moins d’un mètre du niveau moyen ou élevé de la mer. On entend régulièrement dire que 187 millions de personnes vont devoir déménager d’ici la fin du siècle, ou même que 187 millions de personnes vont se noyer. C’est faux. Tout d’abord, elles ne se noieront pas, car elles auront quatre-vingts ans pour se préparer. Surtout, en disant cela, nous faisons comme si aucune nation n’allait construire davantage de défenses maritimes. Or, à mesure que le niveau de la mer va augmenter, la plupart des sociétés vont évidemment mieux s’en protéger. En tenant compte de l’enrichissement à venir de nos sociétés, peut-être qu’environ 300 000 personnes, selon mes calculs, devront se déplacer, sur une population d’environ 9 milliards d’individus. C’est un résultat très différent : l’un est une catastrophe, l’autre est un problème. C’est pourquoi j’estime que le changement climatique n’est pas la fin du monde.

– Le problème migratoire sera aggravé par d’autres problèmes : plus le monde se réchauffe, moins il y a de lieux adaptés à la vie humaine…

– Il y a certainement un ensemble de défis à affronter. Mais rappelez-vous qu’en 1900, par exemple, les gens avaient une vision pessimiste de l’avenir. Entre-temps, l’humanité a développé énormément de solutions, que personne ne prévoyait, comme les antibiotiques ou Internet. De même, nous faisons l’erreur de ne pas prendre en compte le fait qu’à la fin du siècle, selon la plupart des scénarios, nous vivrons plus longtemps, nous serons mieux éduqués, et nous aurons des revenus plus élevés. Les gens devront se déplacer, mais seront mieux lotis à presque tous les égards.

Bjorn Lomborg
— Selon les projections économiques, le changement climatique aura également un impact sur le PIB…

– Le seul économiste spécialiste du climat à avoir reçu le prix Nobel d’économie, William Nordhaus, estime que d’ici la fin du siècle, si nous ne faisons rien, le coût du changement climatique se situera entre 3 et 4 % du PIB. N’oubliez pas que d’ici là, notre PIB par personne sera bien plus important qu’il ne l’est aujourd’hui. Cela signifie que nous serons mieux lotis, mais seulement un peu moins que si le réchauffement climatique n’existait pas. Une histoire très différente de celle selon laquelle « nous allons tous mourir ».

– Des boucles de rétroaction non linéaires — quand des conséquences environnementales néfastes rétroagissent sur leurs causes, ce qui accroît le phénomène — pourraient avoir des effets fort néfastes. Il est donc rationnel de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter une situation très improbable, mais à haut risque : que la Terre devienne inhabitable.

– Tout à fait. L’économiste et lauréat du prix Nobel Thomas Schelling a été l’un des premiers à faire cette remarque en 1992. Mais vous ne pouvez pas vous contenter de souligner l’existence d’une probabilité non nulle que quelque chose de terrible se produise pour justifier qu’on la traite en priorité sur les autres. Pourquoi alors ne pas en faire davantage pour prévenir une guerre nucléaire, le bioterrorisme, la gelée grise ou les risques liés à l’intelligence artificielle ? Il existe un nombre presque infini de risques qui pourraient potentiellement éradiquer l’humanité et contre lesquels nous pourrions dépenser une quantité infinie d’argent. Or nous ne le faisons pas. Un exemple : à la fin des années 1990, des scientifiques ont commencé à repérer dans l’espace des objets géocroiseurs — des astéroïdes qui pouvaient frapper la Terre et éradiquer l’humanité. La Nasa avait la possibilité de cartographier la plupart d’entre eux, mais le Congrès américain a refusé de dépenser les sommes nécessaires. Au lieu de vouloir sauver l’humanité en nous concentrant sur un seul sujet, il vaut donc mieux nous assurer qu’à l’avenir nos enfants et petits-enfants soient plus prospères et savants et se tirent seuls d’affaire.

– Vous soulignez aussi certains impacts positifs du changement climatique. Quels sont-ils ?

– Dans l’ensemble, le réchauffement climatique a bien plus d’impacts négatifs que positifs [Il n’est pas évident que ce bilan soit négatif dans des pays très froids comme le Québec.] Pour autant, ceux-ci existent : ainsi le monde est devenu beaucoup plus vert au cours des trente dernières années grâce aux émissions de CO2. On n’en parle jamais ! Ou encore, aujourd’hui, il y a environ neuf fois plus de décès dus au froid qu’à la chaleur. Mais, avec l’augmentation des températures, il y a plus de morts causées par le froid évitées que de morts supplémentaires provoquées par la chaleur, même si cette tendance risque à terme de s’inverser.

– Si l’on vous suit, il faut s’attaquer au changement climatique avec prudence. Que recommandez-vous ?

–  À la fin des années 2010, les Nations unies ont constaté que ces années avaient été une « décennie perdue » à cause d’opportunités manquées. Il était impossible de savoir, concluaient-elles dans un rapport, si les actions entreprises depuis 2005 avaient eu un effet. Malgré quinze ans de discussions dans diverses conférences, la situation semblait figée. Il est évident que certains pays, durant cette période, se sont décarbonés, mais, dans le même temps, la Chine s’est enrichie et a émis bien plus de carbone. Cela suggère que la méthode actuelle, de surcroît fort coûteuse, n’est pas la bonne. Que faire alors ? Pour commencer, examiner le coût des effets du changement climatique et le comparer à celui de la politique environnementale à mettre en œuvre : c’est ce que fait l’économie du climat. On devrait imposer une taxe carbone faible, mais croissante sur toutes les émissions de gaz à effet de serre, de préférence au niveau mondial, afin de réduire les pires effets du réchauffement. Mais cela ne sera pas suffisant. C’est pourquoi nous avons aussi besoin d’innovation. Nous essayons de résoudre un problème significatif avec une méthode qui n’a jamais fonctionné auparavant : demander à nos congénères de vivre avec moins. En regard, nous avons toujours, historiquement, répondu aux défis qui se posaient à nous par l’innovation. Dans les années 1960, lorsque nous nous sommes inquiétés de la pénurie de nourriture en Afrique et en Asie du Sud, on a lancé la « révolution verte ». Nous devrions faire de même pour l’énergie.

– Certaines solutions innovantes peuvent créer des problèmes pires que les avantages qu’elles apportent. Prenez, par exemple, la géo-ingénierie [l’ensemble des techniques et pratiques mises en œuvre ou projetées dans une visée corrective à grande échelle d’effets de la pression anthropique sur l’environnement, NDLR].

– Tout ce que nous pourrons faire pour réduire les émissions aura forcément un impact négatif. Cependant, je n’ai jamais prôné la géo-ingénierie, car elle est potentiellement dangereuse. J’estime, en revanche, que nous devrions mener des recherches pour savoir si elle est ou non une option envisageable. Plus largement, il est réaliste de penser que les grandes découvertes prendront du temps : elles se produiront plutôt au cours du prochain demi-siècle.

– Vous avez été souvent pris pour cible par des experts qui vous reprochent de faire un mauvais usage des modèles scientifiques. Quelle est votre réponse ?

–  Je prends ces critiques au sérieux. Pour autant, je suis rarement critiqué pour utiliser de bons ou de mauvais modèles, mais parce qu’on n’apprécie pas mes conclusions politiques. On m’accuse de sous-estimer le coût du changement climatique, mais je cite en réalité la seule personne à avoir obtenu le prix Nobel d’économie pour ce travail. Certes, il est peu probable qu’une seule personne ait cerné l’ensemble du domaine de manière absolument correcte, mais il est légitime, lorsque tant de militants veulent dépenser des milliers de milliards d’euros pour lutter contre le changement climatique, d’évaluer avec soin son ampleur et ses conséquences.

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