Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
31 écoles indépendantes supplémentaires ont ouvert leurs portes en septembre, soit une progression de 6 % par rapport à l’an dernier. C’est vraiment considérable, si l’on pense que l’État et l’Enseignement catholique ferment des écoles partout en France.
De plus, des maires demandent à la Fondation d’ouvrir des écoles indépendantes sur leur commune !
En Ardèche et dans les Hautes-Alpes, deux maires ruraux ont créé, en septembre dernier, des écoles hors contrat qu’ils financent à 100 %.
Par leur initiative audacieuse, ils ont pu ainsi maintenir une école au cœur de leur village alors que le rectorat faisait fermer l’école existante.
Enfin - et c’est capital ! - le gouvernement vient de confirmer, dans un document ayant force de loi, que les écoles indépendantes à but non lucratif ont droit de recevoir des dons déductibles.
Le ministère des finances a publié un rescrit fiscal à ce sujet le 6 décembre dernier : les bienfaiteurs de la Fondation et des écoles indépendantes jouissent donc d’une sécurité juridique totale.
La Fondation conduit aussi d’importants chantiers d’avenir afin d’introduire les changements nécessaires pour assurer à tous un enseignement de qualité.
Premier grand chantier : obtenir un financement du système éducatif par élève, au service de l’excellence et de la solidarité.
Nous avons confié la rédaction d’une étude économique à des universitaires évaluant les économies qui découleraient de la mise en place d’un financement par élève du système éducatif à la place d’un financement global par établissement. Cette formule inspirée du chèque éducation est la meilleure manière de conjuguer les objectifs d’excellence de l’enseignement avec ceux d’égalité d’accès à l’école de son choix, de solidarité nationale et de limitation des dépenses éducatives publiques. Les résultats de cette étude seront présentés en mars prochain, au moment où la campagne présidentielle abordera le thème de l’éducation.
Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)
Le prix du carbone dans l'Union européenne est tombé à son plus bas niveau historique mercredi. Le prix des contrats à l'ICE ECX (Intercontinental exchange) a chuté de 73 centimes d'euro pour atteindre un creux historique de 6,30 euros, soit une baisse de 10,4 % par rapport au prix de mardi (7,03 euros).
En fin de journée, le prix du contrat s'était légèrement rétabli à 6,41 euros avec un fort volume de 15 millions d'unités. La seule bourse du carbone véritablement encore active est l'ECX.
Bourse concurrente BlueNext : fraude et effondrement
Le concurrent le plus féroce d'ECX était la filiale d’Euronext et de la caisse des Dépôts et Consignation, BlueNext. En 2008, BlueNext les cours s’établirent d’abord à un niveau de 23 à 26 euros, et les volumes échangés se chiffraient à plusieurs millions de tonnes/jour. En fin 2008, avec l’arrivée de la crise économique, les cours chutèrent pour s’établir depuis dans une fourchette de 12 à 15 euros. Le 5 juin 2009, le marché s’effondrait à 1,1 millions de tonnes. BlueNext suspendait les cotations les 6 et 7 juin. Que s’était-il passé ?
On venait de découvrir une gigantesque fraude, un « carrousel de TVA » (taxe sur la valeur ajoutée). Des acteurs créaient des chaînes de sociétés fictives qui achetaient des certificats hors taxe dans certains pays, pour les vendre, en fin de chaîne de blanchiment, en facturant la TVA aux acheteurs, et puis toutes ces sociétés disparaissaient, sans reverser la TVA encaissée au fisc. Le système profitait de l’immatérialité des titres et de l’instantanéité des transactions et des virements de fonds par internet pour mener à bien l’escroquerie en quelques heures, sans disposer ni de bureaux, ni de personnel. Après quelques mois d’enquête, Europol estimait que 90 % des transactions conduites jusqu’en juin 2009 étaient frauduleuses, et que le montant de TVA détourné s’élevait à 5 milliards d’euros.
Pour faire cesser la fraude, les pays européens décidèrent vers le 10 juin 2009 d’accorder la franchise de TVA au marché du carbone. Le volume des transactions s’établit alors à un niveau moyen de 1,7 millions de tonnes jusqu’en fin 2009. La moyenne est tombée à 550.000 tonnes/jours de juillet à octobre 2010. Le système de plafonnement et d'échange des émissions carbone dépérit, dès lors que les occasions de spéculation ou de fraude s’amenuisent...
Bourse du carbone de Chicago fermée
Il y a un an, on apprenait que le Chicago Climate Exchange (CCX), c’est-à-dire la bourse du Carbone aux États-Unis, atteignait son plus bas niveau depuis sa création, soit 0,05 $ / tonne (après avoir culminé à plus de 7 $ en 2008). L'Intercontinental Exchange Inc. (ICE), qui venait d’acquérir le CCX, avait alors annoncé des coupures d’environ 50 % de son personnel…
Puis, en octobre 2010, on apprenait la fin des opérations d'échange de carbone du CCX (pourtant la raison d’être de celui-ci), lequel allait désormais se concentrer sur la vente directe de crédits, une nouvelle embarrassante passée sous silence par les médias conformistes.
Agonisant depuis plusieurs mois, ICE a officiellement annoncé en août 2011 la fermeture prochaine du CCX (début d’année 2012).
Le CCX a été mis sur pied par Richard Sandor en 2000, grâce à une subvention de 1,1 million de la Joyce Fundation, dont Barack Obama (alors avocat) était membre du conseil. On prévoyait une croissance oscillant entre 500 millions et 10 milliards par an. Parmi les investisseurs qui ont participé au CCX, notons Goldman Sachs et Generation Investment Managment (GIM) dont Al Gore est cofondateur et président.
L’espoir de rentabilité du CCX reposait sur la réglementation du CO2 (comme le modèle d’affaire d’Enron). Tous les espoirs étaient permis avec l’élection d’Obama, mais le destin en a décidé autrement…
Le Conseil du patronat québécois inquiet
De son côté, le Conseil du patronat « estime louable la volonté du gouvernement de faire du Québec un modèle en matière de lutte contre les changements climatiques », mais « reste préoccupé quant à l'impact que le projet de règlement pourrait avoir sur les entreprises au Québec à court terme, considérant que la province fait pratiquement cavalier seul sur ce dossier pour le moment ».
« Les employeurs du Québec sont favorables au principe d'un marché virtuel du carbone [...] à condition de tenir compte des efforts passés des entreprises au Québec. Il semble toutefois précipité et risqué de la part du gouvernement d'imposer un modèle similaire aux entreprises opérant au Québec alors qu'aucune autre juridiction en Amérique du Nord, sauf la Californie, n'a confirmé son intention d'adhérer à un tel système, surtout dans une période où la province doit maintenir un environnement d'affaires concurrentiel pour attirer davantage d'investissements », a indiqué le président du Conseil du patronat du Québec, M. Yves-Thomas Dorval.
Détournement et effets pervers du marché du carbone
Indulgences modernes ?
Le « marché » du carbone n’a aucun sens, on l’a créé artificiellement à partir du néant, on y manipule des choses qui n’ont aucune valeur intrinsèque, et les sommes engagées sont pharaoniques, à la hauteur de cet « enjeu » qui manifeste un orgueil grotesque tellement il est démesuré : « sauver la planète ».
Une ONG nommée, CDM Watch, vient de mettre au jour un nouveau scandale impliquant à la fois, d’une manière particulièrement perverse, le mécanisme du CDM (Clean Development Mechanism) - mis en place par l’Union européenne pour satisfaire les engagements pris à Kyoto - et celui du MLF (Multi Lateral Fund), mis en place par l’ONU pour protéger la couche d’ozone (protocole de Montréal).
CDM Watch avait, dès le 2 juillet dernier, soulevé un coin du voile dans un communiqué de presse : « CDM Panel Calls for Investigation over Carbon Market Scandal » (« Le groupement CDM demande une enquête sur un scandale du marché carbone »).
CDM Watch a, le 14 juillet dernier, publié une note de synthèse « HFC-23 Offsets in the context of the EU Emissions Trading Scheme » (« Les compensations HFC-23 dans le contexte du marché européen des droits d’émission »). Des carnets qui se sont saisis de l’affaire, WattsUpWithThat bien sûr, le plus percutant semble être celui de Joanne Nova dont une partie est traduite ci-dessous.
Dans le monde entier, des milliers d’économistes verts recommandent une « solution de libre marché » pour ce que nous appelons un problème de pollution. Mais, je ne cesse de le dire, ce « marché libre » n’est pas gratuit. C’est une pâle et lamentable imitation d’un « marché organisé ».
En Europe, si une entreprise produit du CO2 — et quelle entreprise ne le fait pas ? — elle peut payer des gens, en Chine et en Inde, pour ne pas produire une quantité équivalente de CO2. Cela paraît bien à première vue, sauf que payer quelqu’un pour ne pas faire quelque chose qu’il allait faire nécessite de connaître l'avenir (en plus de nous rappeller un procédé nommé l'extorsion). C'est la première faille. Officiellement, cela s’appelle « l’additionalité », ce qui est une façon sophistiquée de dire que des gens n’auraient pas fait quelque chose de particulier pour réduire leurs émissions, à moins qu'on ne les paie en crédits carbone.
Les Chinois et Indiens, qui ne sont pas idiots, ont immédiatement détourné le système. Pourquoi ne l’auraient-ils d'ailleurs pas fait ?
Les effets pervers du système :
Le trifluorométhane (HFC-23) est le « grand-père » des gaz à effet de serre. Il est 11 000 fois plus réchauffant que le CO2.
Les industriels de la chimie sont payés, en crédits carbone, 100 000 dollars pour chaque tonne de HFC-23 détruite.
Tout à coup, fabriquer du HFC-23 pour le détruire devient une activité très lucrative, les gens se précipitent donc pour satisfaire cette « demande ».
Le trifluorométhane (HFC-23) est un sous-produit de la production du chlorodifluorométhane (HCFC-22), un gaz réfrigérant également connu sous le nom de fréon 22 qui est fabriqué, comme par hasard, pour satisfaire le traité ONU de réduction de l’ozone. Puisque le HC-23 est maintenant beaucoup plus rémunérateur, c’est le HCFC-22 qui devient le sous-produit, et qui est maintenant en surproduction.
Et maintenant le comble : le HCFC-22 est lui-même un gaz à effet de serre… L’effet réchauffant global de la production de HCFC-22… est cinq fois plus élevé que celui du HFC-23 du fait des grands volumes de HCFC-22.
[Ce que JoNova ne dit pas explicitement, mais qui est parfaitement clair dans l’article de WattsUpWithThat, c’est que ceux qui sont ainsi payés par l’Union européenne (mécanisme CDM) pour détruire le HHC-23 – pour sauver la planète du réchauffement - sont également payés par l’ONU pour produire le HCFC-22 – afin de sauver la planète de la destruction de sa couche d’ozone...!
lls mangent donc aux deux râteliers avec une seule machine à faire des dollars particulièrement efficace, machine qui, au mieux, ne fait rien. Elle n'est pas belle ma subvention ?]
Pour mettre les choses en perspective : en 2009, les industriels européens ont acheté 46 millions de crédits HFC-23, pour une valeur évaluée à 550 millions d’euros [« évaluée », car les « certificats » sont cotés en bourse, leur prix varie]. Ces crédits (HFC-23) représentent la majorité des crédits carbones achetés par les industries européennes (59 % en 2009).
Sur la base des prix actuels du marché européen (autour de 12 €), les quantités de HFC-23 qui seront produites en 2012 vaudront approximativement 6 milliards d’euros.
Donc, lorsque les classes dirigeantes « inventent » un marché à partir de rien, il est possible que les honnêtes travailleurs européens payent plus pour l’avantage d’aider une industrie de banquiers-avocats-auditeurs-comptables qui empirent le problème qu’ils étaient supposés régler.
Le directeur de Sciences Po Paris, Richard Descoings, caricature du politiquement correct, vient d’annoncer la suppression de l’épreuve de culture générale au concours d’entrée, sous les encouragements de ceux qui dénoncent une « discrimination sociale » dans cette sélection qui pénaliserait la « diversité culturelle », euphémisme qui cache une volonté d'intégration des fils d'immigrés de plus en plus nombreux en France.
L'ancienne ministre française de l'Éducation supérieure, Valérie Pécresse, avait elle-même, en 2010, invité les grandes écoles à revoir à la baisse les exigences de leurs concours afin de les ouvrir aux enfants de l’immigration extra-européenne de signaler Le Figaro. Sciences Po Paris privilégiera désormais l’entretien individuel subjectif et le jugement sur la personnalité du candidat, en fonction de son « engagement dans la vie associative, sportive, culturelle, politique ou syndicale », comme l’explique la direction de l’établissement.
Le souci du directeur très militant de Sciences Po, Richard Descoings, d’éviter l’entre-soi d’une classe sociale privilégiée est compréhensible. Il est anormal que les plus grands établissements se ferment aux enfants des cités dont on parle beaucoup ou à ceux des campagnes françaises dont on parle si peu. Mais c’est mépriser la jeunesse, son intelligence et son goût d’apprendre que de la tenir à l’écart de la culture et des humanités, c’est-à-dire de lui fermer l’accès aux richesses émancipatrices de la pensée européenne, au profit d’un pragmatisme passe-partout, égotiste et tchatcheur.
Le dégoût que porte Sciences Po Paris à l’élitisme ressemble beaucoup à une haine d’elle-même. « Plutôt que d’encourager les adeptes de la table rase à araser la culture, et donc au bout du compte à faire disparaître l’esprit français et ses impertinences, l’intelligentsia ferait mieux de se mobiliser contre l’idéologie égalitariste qui, du collège au lycée en passant aujourd’hui par Sciences Po, considère comme illégitime de faire accéder tous les élèves, y compris bien sûr ceux issus de la diversité, à la culture générale occidentale et à l’héritage historique auxquels ils ont droit » d'écrire le chroniqueur Ivan Rioufol.
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Depuis le décès de l’adolescente Marjorie Raymond, Dieu ait son âme, l’espace médiatique foisonne de références à l’intimidation à l’école. On en vient même à croire, les médias ayant le don d’exagérer certains faits, que ce problème, car il ne s’agit pas d’une problématique, comme le prétendent de nombreux experts qui ne maîtrisent pas la langue de Molière, que ce problème, disais-je, est en progression dans les écoles du Québec.
Plusieurs indices montrent cette nouvelle tendance depuis quelques semaines. Tout d’abord, les politiciens, le PQ en tête, se sont accaparés du sujet, l’ont transformé en une cause qui dans le fond avantage tous les politiciens, car ils ne peuvent qu’être en accord avec toutes les mesures visant à enrayer ce « fléau ».
Évidemment, des mesures sont nécessaires afin de diminuer l’intimidation à l’école (j’utilise volontairement le verbe « diminuer » pour demeurer réaliste), comme en améliorant la vigilance des professeurs et en sensibilisant (même si je trouve cette expression galvaudée) les élèves, mais il ne faut pas tomber dans le piège tendu par les politiciens et les forces de l’immobilisme, qui a pour effet d’occulter les autres problèmes majeurs inhérents au système d’éducation, comme le taux de décrochage élevé, la drogue et la piètre qualité de l’enseignement. En mettant l’accent sur l’intimidation, les politiciens évitent de poser les vraies questions qui s’imposent afin de réformer le système.
Le tourbillon médiatique a tellement emporté la raison que la référence est maintenant évoquée à toutes les sauces. Quand c’est rendu qu’un syndicat brandit le spectre de l’intimidation lorsque le gouvernement songe à diminuer l’effectif d’un ministère, généralement par attrition en plus, ça veut dire que c’est la saveur du mois!
Cette histoire me fait penser à un candidat à la mairie d’une petite ville du Québec, lors des dernières élections municipales, qui a mentionné avoir puisé son inspiration dans la victoire du président nouvellement élu de l’époque Barack Obama… quand il était populaire. Il ne faut pas avoir peur des comparaisons !
Pour en revenir au tourbillon médiatique, il s’est accentué depuis l’arrivée des chaînes d’information continue. Loin de moi l’idée de critiquer leur venue, mais je trouve quand même que certains sujets sont trop souvent repris dans tous les angles imaginables et inimaginables. Il manque parfois de diversité dans les médias québécois. Peut-être est-ce en raison du petit marché, je ne saurais dire. Chose certaine, il manque de rigueur.
Si les mères dites monoparentales disposent de nombreuses ressources subventionnées pour les aider, en revanche, les pères dans le besoin sont généralement laissés à eux-mêmes.
Sébastien (nom fictif) représente, selon plusieurs intervenants en milieu social consultés, un cas parmi tant d’autres de jeunes pères de famille en grande situation de pauvreté qui peine à trouver un centre d’aide pour l’accueillir avec son enfant.
La semaine dernière, il a même dû se résoudre à passer la nuit dans sa voiture avec sa fille.
À la suite d’un divorce — il faudra revenir dans un prochain billet sur les dégâts sociaux causés par les lois sur le divorce actuelles — s’étant soldé par des frais importants, le jeune travailleur s’est retrouvé à la rue, avec son sac à dos, il y a un mois, avec sa jeune fille dont il a la garde partagée.
Il s’est alors déniché un logement, qu’il n’était plus en mesure de payer quelques semaines plus tard, lorsque son employeur l’a congédié après plusieurs absences dont certaines occasionnées par le divorce.
Incapable d’acquitter les frais de garderie et n’ayant pas de famille dans la région de Québec, il devait s’occuper de sa fille et ne pouvait plus se présenter au travail.
Dans la rue
Se retrouvant dans la rue, il a ensuite cherché désespérément des centres d’aide de Québec prêts à l’accueillir pour quelques jours, avec sa fille, le temps qu’il se replace.
« J’ai fait le tour des ressources. Pour les mères, il y a environ huit organismes, mais pour les pères, il n’y a rien. Ils m’ont dit qu’ils s’occupaient juste des femmes. Je suis allé à des places comme à Lauberivière, mais ils m’ont dit qu’il n’accueillait pas d’enfants », raconte-t-il.
L’organisme l’Archipel d’entraide a pu le dépanner quelques jours plus tard, en lui offrant une chambre dans une maison hébergeant des individus avec des problèmes de santé mentale.
L’organisme lui a ensuite trouvé un logement qui sera payé pour le premier mois, le temps qu’il s’inscrive aux programmes sociaux et qu’il tente de retourner sur le marché du travail.
Directrice générale au centre de Service 211, Mme Claude Vanasse scande, depuis 2008, que l’hébergement temporaire aux pères de famille en difficulté est un véritable trou de service qui doit être signalé aux bâilleurs de fonds.
Chapeauté par Centraide, le 211 est un service permettant de rediriger toutes demandes de ressources vers les organismes adéquats dans la région.
« On a reçu plusieurs appels d’hommes qui avaient leurs enfants avec eux et avaient besoin d’un endroit temporaire de crise, ça n’existe pas ! », explique celle qui déplore qu’un homme en situation de détresse parvienne aussi difficilement à rester dans l’univers familial.
« Ce n’est pas parce que les hommes ne demandent pas d’aide que le besoin n’existe pas. »
C’est l’avis de Manuel Prats, coordonnateur de la Maison Oxygène de Montréal. Ce centre d’aide fondé en 1989 offre un logement et une garderie pour venir en renfort à une vingtaine d’hommes en situation de pauvreté qui souhaitent se sortir de la misère, chaque année.
Étant un des seuls centres d’aide spécialisés en hébergement temporaire pour les pères en difficulté, la Maison Oxygène souhaite implanter un réseau à travers la province.
Un centre a déjà été implanté à Drummondville et à Baie-Comeau. Un autre ouvrira durant l’année à Sherbrooke et celui de Montréal devrait doubler sa capacité d’accueil. Un centre pourrait même ouvrir à Québec.
Des refuges pour femmes inoccupés à près de 500 000 $ la pièce
«
Cette année, le rapport du vérificateur général du Québec a projeté une lumière accusatrice sur le gaspillage et le manque de contrôles financiers qui prévalent dans l'industrie de la violence contre les femmes. Les subventions accordées à des projets associés à la violence faite aux femmes est passé de 30 millions de $ en 2002-2003 à 60 millions en 2007-08. Les subsides pour un refuge de six lits pendant cette période ont bondi de 58 832 $ à 406 817 $, bien que ce centre d'hébergement n'ait abrité que neuf femmes tout au long de 2006-07, son taux d’occupation ayant été de 12 % alors qu'il était de 29 % en 2005-2006 (v. § 3.69 du rapport). Presque un demi-million de dollars pour loger neuf femmes ? Pourtant un public que l'on mène en bateau croit que des milliers et des milliers de femmes battues cherchent un refuge.
La réalité ne correspond tout simplement pas avec cette image d'Épinal. En 2004, la Yellow Brick House, un refuge à Aurora en Ontario a été fermé à la suite d'une grève. On s'aperçut alors que des huit femmes et trois enfants qui y résidaient, seule une femme fuyait la violence. Les autres étaient des sans-abri.
Des exceptions, rétorqueront les croyants. Tout le monde « sait » que la violence contre les femmes est une épidémie.
Vraiment ? Les services de police d'Edmonton de 1999 à 2000 indiquent que la police est intervenue à 3 000 reprises dans des incidents domestiques. Elle n'a conseillé un refuge qu'à exactement 24 femmes — soit moins de 1 %.
»
Statistiques erronées sur la violence conjugale (1re partie)
Statistiques erronées sur la violence conjugale (2nde partie)
Pas de ressources consacrées aux pères
À Rimouski, Jean-Marc Bessette est directeur général de Pères pour toujours, venant en aide aux pères de famille lors de ruptures conjugales. Il a lui-même créé l’organisme après avoir vécu un « horrible » épisode, explique-t-il, à la suite d’une séparation l’ayant conduit à la misère, où il a dû se démener pour conserver la garde de son enfant.
M. Bessette martèle que les services sociaux concentrent leurs ressources pour les femmes. « Ce n’est pas compliqué, pour 1 $ dépensé pour les hommes sur le plan des services sociaux, on en dépense environ 11 $ pour les femmes, et le dollar qu’on dépense, c’est presque uniquement pour les hommes violents. Donc, pour un père qui cherche de l’aide et qui n’est pas violent, il ne reste plus grand-chose », a-t-il lancé.
La présidente fondatrice de l’Action des nouvelles conjointes et nouveaux conjoints du Québec, Lise Bilodeau, dit observer ce phénomène grandissant au Québec. « Cette année, ça a particulièrement retenu mon attention. Le téléphone ne dérougit pas [...] Le père divorce, il se retrouve avec le bébé dans les bras et on lui ordonne de ne plus entrer en contact avec la mère. Souvent, il doit aussi payer les frais d’avocat de la mère pour le divorce, et là ça dérape. Il cherche de l’aide, il n’a plus assez d’argent, il n’avait pas vu le train passer et il ne sait plus où aller », explique Mme Bilodeau, qui dit même que la situation afflige régulièrement des hommes de classes aisées qui n’avaient rien vu venir.
Elle déplore surtout que l’aide aux pères représente le dernier maillon du soutien aux familles. « Il n’y en pas d’aide ! J’ai déjà eu le cas d’un homme qui devait coucher dans sa voiture avec son chien et son laptop. J’ai tout fait, j’ai appelé tout le monde, même les presbytères, mais personne ne peut l’aider [...] Des cas dramatiques, il y en a plein. »
Quart des demandes
Des discussions ont été entreprises avec le centre AutonHommie, qui voudrait lancer le projet si des ressources sont disponibles, explique M. Prats, rappelant qu’il effectue une cinquantaine de sorties médiatiques par année pour sensibiliser les bâilleurs de fonds.
Constatant la hausse du nombre de pères en difficulté, M. Prats dit répondre au quart des demandes de pères qui tentent de trouver refuge avec leur enfant, à Montréal. Selon lui, 80 % des cas découlent d’une rupture conjugale (de plus en plus facilités par la Loi et les mœurs...)
Ignorés des politiques
Le réseau public n’a tout simplement pas encore pris le virage paternité.
C’est le constat de Raymond Villeneuve, directeur du Regroupement de la valorisation de la paternité.
Loin d’être surpris de la situation de Sébastien, M. Villeneuve estime que le phénomène des pères en difficulté est en hausse constante.
« Le phénomène a toujours été sous-estimé. Quand on parle d’une famille monoparentale, on pense toujours à une femme seule avec son enfant. Il y a peu d’études sur les pères au Québec et c’est normal, on n’adresse jamais les questions aux pères dans les statistiques. La monoparentalité féminine est considérée, mais pas la monoparentalité masculine », indique-t-il, précisant que les pères deviennent de véritables fantômes au plan statistique.
Le mot « mère » 56 fois, mot « père » 0 fois
Dans le programme national de santé publique, on retrouve le mot « mère » 56 fois, et le mot « père » n’apparaît pas une seule fois. Quand on examine la santé de l’enfant, les conditions de la mère sont des facteurs déterminants pour les politiciens et bureaucrates, mais pas celles du père.
Ainsi, le père n’existe tout simplement pas lorsque le gouver nement lance des programmes de soutien aux familles, peste-t-il.
« On est creux ! Il n’y a pas de politique véritable pour soutenir les pères en difficulté, ce sont des initiatives de petits groupes qui font des miracles en travaillant à remonte-courant. Il faut reconnaître que le gouvernement est de plus en plus sensible à la question, mais il reste beaucoup de travail à faire », conclut le directeur, qui souligne que 13 % des actions visant à aider les pères en difficulté proviennent du réseau public.
Shockingly, violence against men is almost as common as that against women. Men assaulted by their spouse are often the ones arrested...
Dans les établissements scolaires, « l’autonomie et la responsabilisation vont de pair : un plus grand degré d’autonomie dans les décisions portant sur les programmes, les évaluations et l’affectation des ressources est en général associé à une meilleure performance des élèves, en particulier lorsque la culture de la responsabilisation est favorisée dans le système d’éducation. » Tel est le constat formulé par une étude de l’OCDE parue en octobre 2011 et qui s’appuie sur les résultats de l’enquête PISA.
Cette enquête distingue trois éléments, qui se conjuguent de manière différente selon les pays :
le degré d’autonomie des établissements dans l’affectation des ressources humaines ou financières,
le degré d’autonomie des établissements dans le choix des programmes et des évaluations,
le degré de responsabilisation des établissements, c’est-à-dire le pourcentage d’élèves fréquentant un établissement qui publie ses résultats.
(Apparaissent ci-dessous en gras les pays placés dans les 10 premiers du programme PISA 2009, que ce soit en mathématiques, en sciences ou en lecture.)
L’étude démontre l’absence de lien systématique entre le degré d’autonomie de gestion des ressources humaines et financières et la performance scolaire.
L’OCDE a intégré dans un seul critère l’autonomie des moyens financiers et l’autonomie des ressources humaines : le choix des enseignants à engager ; la possibilité de les congédier ; la détermination du salaire de départ et des augmentations des enseignants ; le budget de l’établissement ; la ventilation de ce budget.
En matière de gestion de ces ressources, l’autonomie des établissements est plus grande en République tchèque, aux Pays-Bas, en Bulgarie et à Macao, en Chine. Dans ces pays et territoires, « plus de 90 % des élèves se rendent dans des établissements qui peuvent recruter et renvoyer les enseignants, et plus de 90 % des élèves se rendent dans des établissements qui, en accord avec les autorités régionales et nationales, sont responsables de l’allocation de leur budget ». En revanche, en Grèce, en Italie, en Turquie, en Roumanie et en Tunisie, « plus de 80 % des élèves se rendent dans des établissements qui ne disposent pas de cette compétence, seules les autorités régionales et nationales l’ont ». On note que ces derniers établissements ne sont pas bien classés dans PISA.
L’organisation internationale remarque cependant qu’aucune relation n’est « clairement établie entre l’autonomie en matière de gestion des ressources [note du carnet : humaines et financières] et la performance [ndc : scolaire] d’un pays. Cela peut-être parce que l’allocation des ressources touche les établissements en particulier, mais n’affecte pas nécessairement la performance du système dans son ensemble. » Ainsi, cette relation peut s’avérer « positive » ou « négative », selon les pays : elle est positive notamment au Chili, en Grèce, en Corée du Sud, dans les pays partenaires tels que le Pérou ; elle est négative en Suisse et dans les pays partenaires de l’OCDE tels que la Colombie, la Croatie, le Kirghizistan et la Thaïlande.
L’autonomie dans le choix des programmes, associée ou non à l’autonomie de gestion, est au cœur de la performance scolaire.
L’autonomie pédagogique peut se manifester dans la libre définition des politiques d’évaluation des élèves, le choix des manuels, le choix du contenu des cours et le choix des cours eux-mêmes. On évalue ensuite qui, de l’établissement ou des autorités locales, régionales ou nationales assume ces choix et ces responsabilités.
L’étude considère diverses situations, selon le degré de corrélation de ce facteur avec le précédent. Cela donne donc quatre possibilités :
Autonomie de gestion et autonomie pédagogique. Il en est ainsi en République tchèque, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et à Macao.
Ni autonomie de gestion, ni autonomie pédagogique : en Grèce, en Turquie, et dans les pays partenaires tels que la Jordanie et la Tunisie.
Absence d’autonomie de gestion mais grande autonomie pédagogique. Au Japon, en Corée, en Nouvelle-Zélande et à Hong-Kong.
Grande autonomie de gestion et peu ou pas d’autonomie pédagogique : en Bulgarie et à Chang-haï.
L’autonomie pédagogique prévaut. « Au niveau national, plus les établissements d’enseignement sont nombreux à détenir la responsabilité de la définition et de l’élaboration de leurs programmes et évaluations, plus la performance du système d’éducation dans son ensemble est élevée, même après contrôle du PIB », note l’OCDE. Cette liberté bénéficie donc à tous les élèves, y compris aux moins favorisés ou aux moins doués, qui trouveront des établissements à la pédagogie et aux programmes adaptés à leur profil.
« Les systèmes d’éducation qui accordent aux établissements une plus grande marge de manœuvre dans les décisions portant sur les systèmes d’évaluation des élèves, les cours proposés, le contenu de ces cours et les manuels utilisés, sont aussi ceux qui font état des meilleurs résultats en compréhension de l’écrit », précise cette étude.
La responsabilisation des établissements, comprise comme publication des résultats, est cause de performance, à condition que les établissements jouissent aussi d’une forte autonomie de gestion.
Pour l’OCDE, cette responsabilisation se traduit par la publication des résultats des établissements. Parmi les États membres de l’OCDE, « en moyenne, 37 % des élèves sont scolarisés dans des établissements dont les personnels de direction attestent rendre publics les résultats de l’établissement ».
Aux États-Unis et au Royaume-Uni notamment, plus de 80 % des élèves sont scolarisés dans des établissements qui publient leurs résultats. Ils ne sont que 10 % en Autriche, en Belgique, en Espagne, en Finlande, au Japon et en Suisse, par exemple.
Le seul fait de publier des résultats n’a pas guère d’impact sur la performance moyenne des élèves. Pour que celle-ci soit légèrement supérieure à la moyenne, il faut que les établissements bénéficient aussi d’une large autonomie de gestion.
Il ressort de cette étude que l’autonomie financière ne suffit pas, à elle seule, à générer de la performance. Le tiercé gagnant associe large autonomie dans la gestion des personnels, autonomie pédagogique et liberté dans les systèmes d’évaluation : « savamment dosées, l’autonomie et la responsabilisation sont généralement associées à une meilleure performance des élèves » conclut l’OCDE.
« Quand il y a une grande diversité ethnique dans les écoles c’est mauvais pour les élèves d’origine immigrée et en plus cela n’apporte rien aux élèves européens. »
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Dans le nouvel ouvrage qu’il consacre à l’apprentissage de la lecture, Stanislas Dehaene propose un plaidoyer synthétique mais argumenté en faveur des méthodes traditionnelles (analyse syllabique, progression rationnelle dans la présentation des phonèmes et graphèmes, association du geste d’écriture à la lecture).
La question essentielle à laquelle ce livre entend apporter une réponse apparaît dès la première ligne : « Comment faisons-nous pour lire ? ». Et ses enjeux sont aussi posés : la recherche scientifique a clarifié « la manière dont le cerveau se modifie au fil de cet apprentissage ». Voilà qui doit arrêter le lecteur : l’apprentissage n’est plus une simple acquisition technique, mais il a un retentissement sur le fonctionnement même du cerveau de chaque individu. Cela redonne toute sa noblesse – et sa vigueur – au débat sur la pédagogie !
L’ouvrage de S. Dehaene est très clair dans sa progression : une première section « dissèque le fonctionnement du cerveau quand il lit et quand il apprend à lire ». Pour le grand public, c’est certainement la partie la plus nouvelle et la plus intéressante. Les deuxième et troisième sections sont immédiatement utilisables par les maîtres et les parents ; elles ne font toutefois que conforter ce que clament depuis trente ans les nombreux contempteurs des méthodes pédagogiques de la deuxième moitié du XXe siècle. Nous n’osons dire les « méthodes modernes », car le livre de Stanislas Dehaene prouve bien que la modernité, qui ne peut s’opposer aux preuves scientifiques, ira dans le sens des méthodes traditionnelles, lesquelles redeviendront, pour le coup, les méthodes d’avant-garde !
Que nous dit-il dans le détail ?
Les particularités du français rendent son apprentissage plus délicat que celui de l’italien ou de l’allemand, car les règles générales côtoient de nombreuses exceptions et irrégularités (exemple : chorale/chocolat ; patient/retient). Car « le français ne note pas seulement la sonorité des mots, mais fournit également des indices sur leur racine, leur sens et leur forme grammaticale » (p. 20). L’imagerie médicale nous montre où va se passer cette « activité artificielle et difficile » (Darwin, cité p. 22) : dans l’hémisphère gauche de notre cerveau. S. Dehaene raconte d’abord l’acquisition du langage oral, dans un rapide panorama des quatre premières années de l’enfance. Vers 3-4 ans, un enfant enrichit encore quotidiennement son vocabulaire oral d’une dizaine de mots nouveaux ! Dans le même temps, « son système visuel » « se connecte aux aires cérébrales du langage ». L’écriture nécessite un traitement particulier, et c’est alors qu’intervient une région précise du cortex visuel, toujours dans l’hémisphère gauche. Dans la lecture interviennent les sons, traités par le planum temporale, situé derrière l’aire auditive primaire. Enfin l’attention dirigée permet d’accélérer l’apprentissage : « les jeux de langage, qui font manipuler les syllabes, les rimes et les phonèmes, préparent efficacement l’enfant à la lecture » (p. 40).
Les pages 44 à 47, rappelant au lecteur les travaux du Dr Wettstein-Badour, montrent que « la pratique du geste d’écriture accélère l’apprentissage de la lecture » (p. 47). Enfin un chapitre est consacré à la dyslexie, présentée comme « une maladie réelle » (p. 54), que l’on doit distinguer des errances éducatives, puis un autre à la lecture en milieu défavorisé. [Voir le livre de Colette Ouzilou sur le sujet.]
Lorsqu’il aborde les grands principes d’enseignement, Stanislas Dehaene reste très prudent, et se défend de pouvoir « déduire de la science de la lecture » « une méthode optimale d’enseignement ». Selon lui, « diverses stratégies éducatives » sont possibles. L’auteur entend toutefois « dresser une liste des principes éducatifs qui facilitent la découverte de la lecture » (p. 66), en insistant encore une fois sur « l’association des activités de lecture et d’écriture ». Méthodes syllabiques et analytiques, évaluations fréquentes et travail en petit effectif sont préconisés.
L’exposé pédagogique de cette deuxième partie et les preuves expérimentales de la troisième partie n’apportent guère d’éléments nouveaux à ceux qui sont déjà convaincus de l’efficacité des méthodes syllabiques traditionnelles. Peut-être ouvriront-ils les yeux de ceux qui s’entêtent dans des pratiques aujourd’hui largement décriées ? Selon l’auteur, en effet, « la véritable clé […] semble être la formation des maîtres. On sait combien ce point essentiel est aujourd’hui négligé dans notre pays ».
L’annexe deviendra le livre de chevet des maîtres de CP et des parents : en dix pages, l’auteur établit une « progression pédagogique à travers les difficultés de lecture du français ». De quoi remettre l’école sur de bons rails !
Stanislas Dehaene (sous la dir.),
Apprendre à lire, des sciences cognitives à la salle de classe,
Odile Jacob,
2011,
Paris,
155 p.
Stanislas Dehaene est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire de psychologie cognitive expérimentale, et membre de l’Académie des sciences.
La décision du gouvernement d'imposer des cours d'anglais intensifs en sixième année continue de semer la controverse. Le plus important regroupement d'enseignants au Québec, la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), craint pour la réussite des élèves dans les autres matières.
Notons d'une part qu'aucune étude n'a montré qu'il existait un besoin réel qui doivent pousser à tenter de bilinguiser tous les enfants du Québec à cet âge, ni que ces cours intensifs seront vraiment plus efficaces plutôt que de meilleurs cours à un âge plus avancé (voir ce qu'en pense un linguiste), ni bien sûr quel serait l'impact de ces cours sur les mauvais résultats des élèves québécois en lecture dans leur langue maternelle et en sciences, matières qui seront sacrifiées puisque le temps consacré aux études n'est pas extensible.
Selon la Fédération des syndicats de l'enseignement, l'obligation de consacrer la moitié de l'année scolaire des élèves de sixième année à l'anglais risque de compromettre la réussite de ceux qui sont déjà en difficulté. L'enseignement intensif de l'anglais devrait retrancher 400 heures par année aux autres matières.
La présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement, Manon Bernard, croit que le projet du gouvernement Charest est un pari risqué. « Ce n'est pas parce que j'enseigne en sixième année que mes élèves sont au niveau de sixième année. On a des élèves qui ont des retards importants de deux ou trois ans parfois. » Manon Bernard ajoute que les services de soutien aux élèves de sixième année sont souvent déficients dans les écoles.
La Fédération des syndicats de l'enseignement, qui représente 60 000 membres, a mené une consultation auprès des professeurs d'anglais et de sixième année au cours des derniers mois pour connaître leurs préoccupations. Les enseignants déplorent ne pas avoir été consultés en marge des changements proposés par le gouvernement. Ils craignent aussi une pénurie de professeurs d'anglais et une surcharge de travail.
La Fédération des syndicats de l'enseignement entend faire valoir sa position officielle lundi par voie de communiqué.
Rappelons que le gouvernement Charest prévoit que l'anglais intensif sera obligatoire pour tous les élèves de sixième année d'ici l'année scolaire 2015-2016.