jeudi 28 novembre 2024

Histoire du premier réseau d'écoles publiques aux É.-U.

Samuel Blumenfeld dans son livre Is Public Education Necessary? — ouvrage sur lequel nous reviendrons — nous rappelle comment le premier réseau d'écoles publiques vit le jour aux État-Unis.

Couverture de Is Public Education Necessary?,
enlèvement par la police d'un enfant éduqué
à la maison sous les yeux effarés de sa mère.
Vers 1817, un mouvement apparut à Boston dont le but était d’étendre le système d’écoles financées par les contribuables aux écoles primaires. Pour déterminer si un tel réseau se justifiait le Comité scolaire de Boston commanda une enquête.

« [L']enquête eut lieu en novembre 1817, elle révéla que Boston, alors peuplée d’environ 40 000 habitants, avait 8 écoles publiques [qui n’accueillaient que les enfants sachant déjà lire, leur fréquentation était libre, en partie payante et était en partie contrôlée par les parents], y compris l’École latine, une école africaine pour les enfants des Afro-Américains et une école dans l’Hospice pour les enfants des pauvres. L’effectif total de ces 8 écoles était de 2 365 élèves. Il s’agissait là d’approximativement 33 pour cent de la population d’âge scolaire. L’enquête révéla également que 154 écoles privées pour garçons et filles avec un effectif total de 3 757 étaient réparties à travers toute la ville. Il existait également 8 « écoles gratuites de la charité » avec un effectif de 365 élèves. Tout compris, plus de 4 000 étudiants âgés de 4 à 14 ans fréquentaient des écoles privées d’un type quelconque au prix total de près de 50 000 $ payés par les parents. L’enquête signalait que seuls 283 enfants âgés de 7 ans et moins ne fréquentaient aucune école. Ainsi, un pourcentage étonnant des enfants de la ville fréquentait bien l’école et les quatre pour cent qui n’en fréquentaient pas, pouvaient aller aux écoles de la charité si leurs parents le voulaient » (p. 43 de Is Public Education Necessary?)



Le grand architecte Bulfinch déclara en conclusion de ce rapport que l’imposition d’un système d’écoles primaires publiques complet pour y inclure les premières années d'apprentissage était inutile. En effet, non seulement 96 % des enfants fréquentaient déjà une école à l’époque, mais, au besoin, il vaudrait mieux aider financièrement les parents des 4 % restants, la plupart pauvres, à fréquenter une école de leur choix grâce à des bourses plutôt que de mettre en place un nouveau système d’écoles publiques financé par les contribuables, système dispendieux qui dédoublerait le réseau des écoles déjà en place. Bulfinch expliquait que « la plupart des parents qui envoient leurs enfants à l’école privée payante ne considèrent pas cette dépense comme une charge : il paie volontiers les frais, mus par l’amour de leur progéniture et par un sens du devoir. Ceci en fait de meilleurs parents. Ils sont, en effet, plus enclins à se préoccuper des affaires liées à l’éducation quand ils doivent verser une petite contribution que lorsque cette dépense est complètement prise en charge par le trésor public. » Bulfinch laissait, en outre entendre, que l’utilisation d’argent public pour usurper une compétence manifestement du domaine privé ne pouvait mener qu’à la dégénérescence morale. La solidarité familiale serait affaiblie par l’action d’un gouvernement qui prendrait en charge ce qui revenait de droit aux familles. Il ne faut pas oublier – devait-il ajouter – que la charge d’éducateur revient aux parents et que ceux-ci ne délèguent au maître d’école qu’une partie du rôle de parent et des droits afférents.

Malgré ce rapport et cette analyse de Bulfinch, la ville de Boston, principalement à l'instigation des unitariens, se décida à étendre le réseau des écoles publiques subventionnées par les contribuables pour y inclure désormais des écoles élémentaires.

L’instauration du premier système d’école publique aux États-Unis, celui de Boston, ne trouve donc pas sa cause dans un échec des nombreuses écoles publiques et privées qui couvraient Boston pas plus que dans une défaillance du libre marché. Il s’agit plutôt du résultat de l’action conjointe – et en apparence contradictoire – de plusieurs groupes de pression qui cherchaient tous à utiliser l’éducation publique pour accroître leur influence politique ou pour renforcer la puissance de l’État, qu’ils espéraient maîtriser. Les conservateurs religieux, les unitariens (des hérétiques ariens pour les calvinistes et les congrégationalistes) et les socialistes considéraient tous que l’éducation publique était une prise idéale dont il fallait à tout prix se rendre maître. Chacun de ces groupes avait plus à cœur de modifier les sentiments et les idées des enfants de leurs concitoyens selon des normes gouvernementales (qu’ils édicteraient) que de prodiguer un enseignement de base de qualité à ces enfants.

Université — Votre maîtrise est-elle inutile ?

Dans les mois à venir, des millions d’étudiants dans l’hémisphère nord vont s’inscrire à des études de deuxième et troisième cycles. La plupart d’entre eux complèteront leur diplôme de premier cycle par une maîtrise d’un ou deux ans, dans l’espoir de se démarquer sur un marché de l’emploi encombré de licenciés (diplômés d’un baccalauréat au Québec).

« La première raison pour laquelle les gens obtiennent ces diplômes est l’insécurité », estime Bob Shireman de la Century Foundation, un groupe de réflexion de gauche sis à New York. « Ils ont le sentiment que s’ils veulent obtenir un emploi — ou le conserver —, ils ont besoin d’une maîtrise. » Pourtant, en moyenne, ces diplômes entraînent une augmentation salariale nettement moins importante qu’un diplôme de premier cycle. De plus, un nouveau corpus de données et d’analyses suggère qu’une proportion scandaleusement élevée de cours de maîtrise entraîne une détérioration de la situation des diplômés.

Aux États-Unis, près de 40 % des travailleurs titulaires d’une licence ont également obtenu un diplôme de deuxième ou troisième cycles. Au cours de la décennie jusqu’à 2021, le nombre d’étudiants de deuxième et troisième cycles a augmenté de 9 %, alors que le nombre d’étudiants de premier cycle a baissé de 15 %. Les doctorats exigés par les universitaires et les diplômes professionnels de longue durée, comme ceux dont ont besoin les médecins et les avocats, sont de plus en plus populaires. Mais ce sont les cours de maîtrise qui continuent de représenter la majeure partie de la croissance.

Ils représentent une activité encore plus importante pour les universités britanniques, qui délivrent quatre diplômes de deuxième et troisième cycles pour cinq diplômes de premier cycle. Cela s’explique en grande partie par l’explosion du nombre d’étudiants en maîtrise originaires de pays tels que l’Inde et le Nigeria. Les Britanniques ne sont pas en reste. Le nombre d’étudiants inscrits à des cours de maîtrise a augmenté d’environ 60 % en 15 ans.

Cette évolution s’explique en partie par le fait que les employeurs exigent des qualifications plus poussées à mesure que les emplois dans les domaines de la science et de la technologie, en particulier, deviennent plus complexes. Mais les universités ne sont pas en reste. En Grande-Bretagne, les frais d’inscription aux études de premier cycle sont plafonnés par le gouvernement et n’ont pratiquement pas augmenté depuis dix ans. L’inscription d’un plus grand nombre d’étudiants de deuxième et troisième cycles — qui peuvent être facturés en fonction du marché — est un moyen de faire face à la situation. Aux États-Unis, la population en âge d’aller à l’université commencera bientôt à diminuer. Les présidents des établissements d’enseignement supérieur américains espèrent que les diplômés qui poursuivent leurs études pourront maintenir leurs établissements à flot.

Depuis 2000, le coût des études supérieures aux États-Unis a plus que triplé en termes réels, selon le Centre on Éducation and the Workforce de l’université de Georgetown. L’emprunteur médian s’endette aujourd’hui d’environ 50 000 dollars pour obtenir son deuxième diplôme, contre 34 000 dollars 20 ans plus tôt (en dollars de 2022). Près de la moitié de l’argent que le gouvernement américain prête aux étudiants va aux étudiants de deuxième et troisième cycles, alors qu’ils ne représentent que 17 % des étudiants. En Grande-Bretagne, les étudiants nationaux en maîtrise paieront environ 9 500 livres sterling (13 000 dollars) par an en 2021, soit 70 % de plus qu’en 2011 après prise en compte de l’inflation.

Si les étudiants supportent ces frais, c’est en partie parce qu’ils partent du principe que des diplômes prestigieux augmenteront généralement leurs revenus. « L’obtention d’un rendement financier n’est pas la seule raison de poursuivre des études », reconnaît Beth Akers, de l’American Enterprise Institute, un groupe de réflexion de droite. Mais « pour la grande majorité des étudiants, c’est l’ambition ». À première vue, ils font un pari raisonnable. Aux États-Unis, les travailleurs à temps plein titulaires d’une licence gagnent environ 70 % de plus que les diplômés de l’enseignement secondaire. Et ceux qui ajoutent une maîtrise peuvent espérer gagner 18 % de plus.

Cependant, les revenus varient énormément en fonction de la matière et de l’établissement. En outre, les diplômés de second et troisième cycles sont généralement issus de familles plus aisées et ont obtenu de meilleures notes que leurs camarades au cours de leurs études de premier cycle. Ils ont donc tendance à bien réussir dans la vie, indépendamment de leurs diplômes supplémentaires. Pour déterminer le rendement réel, il faut comparer les résultats de cette cohorte de doués avec ceux de personnes tout aussi impressionnantes qui ont décidé de ne pas poursuivre leurs études.

De ce point de vue, l’étudiant moyen en maîtrise ne gagnera pas plus de 50 000 dollars de plus au cours de sa vie grâce à son diplôme, estime Preston Cooper, analyste du FREOPP, un groupe de réflexion d’Austin, au Texas, qui a également pris en compte les frais de scolarité et les revenus potentiels perdus pendant les études. Pire encore, les étudiants inscrits à environ 40 % des cours de maîtrise américains ne gagneront pas d’argent supplémentaire ou subiront une perte financière. Il s’agit d’un risque plus élevé que pour les cours de premier cycle, qui, selon M. Cooper, offrent un rendement positif dans environ 75 % des cas.

Les données américaines étant encore assez fragmentaires, il faut encore beaucoup de suppositions pour parvenir à de telles conclusions. Les choses sont un peu plus claires en Grande-Bretagne, où les chercheurs qui le demandent gentiment peuvent exploiter une base de données croisant les déclarations d’impôts et les résultats scolaires de millions de jeunes adultes. En 2019, les analystes de l’Institute for Fiscal Studies, un groupe de réflexion londonien, ont conclu qu’un cinquième des étudiants de premier cycle (licence donc) s’en sortiraient mieux s’ils ne fréquentaient pas l’université.

Plus récemment, l’institut a étudié le rendement des cours de maîtrise, avec des résultats encore plus frappants. Il a constaté qu’à l’âge de 35 ans, les titulaires d’une maîtrise ne gagnent pas plus que les titulaires d’une simple licence (compte tenu de leur milieu plus aisé et de leur niveau d’études plus élevé). Ce résultat est « réellement surprenant », déclare Jack Britton, l’un des auteurs de l’étude. Elle diffère aussi nettement des recherches utilisant des données moins précises.

Des deux côtés de l’Atlantique, le choix de la matière est le facteur le plus important pour déterminer si une formation de maîtrise augmente les revenus. En Amérique, les gains sont particulièrement importants dans les domaines de l’informatique et de l’ingénierie. Ils sont légèrement inférieurs dans d’autres disciplines scientifiques, en partie parce qu’un diplôme de premier cycle dans ces domaines fait déjà grimper les salaires de manière significative. Les enseignants titulaires d’un diplôme d’études supérieures en éducation ont tendance à gagner davantage, même si les salaires de l’ensemble de la profession sont assez bas, parce que de nombreux districts scolaires américains augmentent automatiquement le salaire de ceux qui sont titulaires d’un tel diplôme.

Ce qui est encore plus frappant, c’est l’importance des rendements négatifs dans certaines matières. Les Britanniques qui obtiennent une maîtrise en politique gagnent 10 % de moins au milieu de la trentaine que leurs homologues qui étudient la même matière au niveau de la licence uniquement. Pour l’histoire, l’impact sur les revenus est d’environ 20 % ; pour l’anglais, il est proche de 30 % (voir graphique ci-dessous). Beaucoup de ceux qui suivent ces cours se destinent à des carrières dont ils savent qu’elles seront peu rémunératrices, mais qu’ils pensent apprécier, explique le Dr Britton. Mais d’autres s’orientent vers des études supérieures parce qu’ils n’ont pas encore décidé de la profession qu’ils allaient exercer. Il n’est sans doute pas surprenant que ces personnes aient tendance à gagner moins à moyen terme que leurs homologues qui sont passés directement de la licence à l’emploi.

mercredi 27 novembre 2024

Kebab, « barber shop », « fast-food », déclin de la vigne, augmentation des fautes d'orthographe... : voyage dans la France hors sol

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En agronomie, on appelle culture hydroponique le fait de faire pousser des fruits ou des légumes en dehors des champs, dans des serres, sur un substrat inerte (terreau, billes d’argile, laine de roche, fibres de coco…) parcouru par des solutions liquides enrichies en nutriments.

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On peut avoir régulièrement l’impression que la France contemporaine fonctionne sur ce modèle. La roche mère a été arasée, de nouvelles couches se sont déposées, et ce qui pousse maintenant dans de nombreux endroits est hors-sol, sans les racines qui ont longtemps nourri notre culture. C’est une France générique où tout semble interchangeable, uniformisé, sans ancrage profond. Dans de nombreux territoires, cette réalité hydroponique est devenue la norme et marque les paysages comme les modes de vie.

Dans la nuit du 31 octobre dernier, deux fusillades ont eu lieu, l’une à Poitiers et l’autre à Saint-Péray, dans l’agglomération de Valence, événements au cours desquels deux jeunes ont trouvé la mort et plusieurs autres ont été blessés.

[...]  Certes, la roche mère subsiste encore à la façon d’un vieux relief érodé. Les fusillades se sont déroulées dans le quartier des Couronneries à Poitiers et dans la commune ardéchoise de Saint-péray, toponymes se rattachant au référentiel de la France traditionnelle. Mais si le substrat historique affleure encore, on note également les indices du dépôt d’une couche culturelle yankee, résultat de l’américanisation désormais assez ancienne du pays. À Poitiers, le plus haut et le plus emblématique bâtiment du quartier d’habitat collectif des Couronneries, sorti de terre à la fin des années 1960, porte le nom de tour Kennedy. La discothèque de Saint-Péray devant laquelle la fusillade s’est produite s’appelle The Seven.

[...] À Poitiers, dans le cadre d’un vaste programme de rénovation urbaine, la vieille tour Kennedy est en voie de démantèlement et le foyer de jeunes travailleurs qui s’y trouvait sera relogé dans une nouvelle résidence s’intitulant Barankaï K2, le terme « barankaï » signifiant « communauté » en philippin (nous sommes loin du vieux patois poitevin), «K2» faisant référence au nom de l’ancien immeuble, comme un «Kennedy 2». À Saint-Péray également, la couche culturelle d’inspiration technocratique est présente dans la toponymie, puisque la discothèque est implantée au cœur d’une vaste zone commerciale portant le nom de « zone Pôle 2000 », la référence moderniste à l’an 2000 ayant été très en vogue parmi les aménageurs dans les années 1980 et 1990. Cette zone commerciale regroupant de multiples enseignes et desservie par plusieurs ronds-points est par ailleurs typique des paysages de la France hydroponique.

Parallèlement à la multiplication des zones commerciales, la topographie de la France hydroponique se caractérise également par l’émergence de commerces communautaires ou en lien avec la présence d’une population issue des immigrations. À Poitiers, l’auteur de la fusillade a fait feu sur la terrasse d’un kebab. Ce type d’établissement, comme les bars à chicha, est régulièrement le théâtre de règlements de comptes entre bandes rivales. En juin 2020, de violents affrontements avaient opposé des Tchétchènes et des Maghrébins dans le quartier des Grésilles à Dijon, à la suite d’une altercation dans un bar à chicha, le Black Pearl, le nom de l’établissement étant puisé soit dans la pop culture hollywoodienne en référence au nom du navire de Jack Sparrow (alias Johnny Depp) dans le film Pirates des Caraïbes, soit dans l’une des plus célèbres séries télévisées turques, intitulée Black Pearl. En juin 2024 à Saumur, le jeune Bilal était tué dans le cadre d’un règlement de comptes à la terrasse d’un kebab. Quelques mois plus tard, en septembre dernier, c’est à Cagnes-sur-Mer qu’un autre kebab essuyait des tirs faisant deux blessés graves. On notera qu’historiquement, les règlements de comptes entre malfrats se déroulaient dans les bars et les bistrots (par exemple, la fusillade du Bar du Téléphone dans le nord de Marseille en 1979). Dans les quartiers marqués par un référentiel hydroponisé, délinquants et trafiquants s’affrontent désormais préférentiellement dans des kebabs ou des bars à chicha.

Selon les lieux, le dépôt, sur la couche yankee, d’une couche culturelle qu’on qualifiera d’« orientale » est plus ou moins épais et visible. Dans de nombreux territoires, les kebabs, bars à chicha, barber shops [anathème de dire barbiers] ou établissements halals s’intègrent dans le tissu commercial traditionnel ou américanisé. Dans certains quartiers, ils sont omniprésents et constituent la quasi-totalité de l’offre commerciale, comme l’écrivait en octobre 2024 le député LFI de Vénissieux, Idir Boumertit, à propos de la reprise par l’enseigne halal Triangle du supermarché Casino de sa ville, qui, si «elle permet de conserver une offre commerciale de moyenne surface sur le plateau des Minguettes et de maintenir les postes des salariés », impliquerait également « des ajustements dans l’offre de produits, et notamment la suppression des boissons alcoolisées et du porc. (…) Ce changement soulève des questions légitimes sur la capacité de l’offre commerciale à répondre aux besoins variés de l’ensemble des habitants », poursuivait-il, estimant qu’« il est important que la population multiculturelle de Vénissieux puisse accéder à une diversité de produits ». D’après le député, l’arrivée de Triangle pourrait également menacer l’équilibre économique des « petits commerces indépendants du plateau des Minguettes qui proposent une offre similaire ».

Dans le quartier des Couronneries à Poitiers, la place de Coimbra où se situe le kebab (halal) qui fut le lieu du drame, présente, elle, une diversité de commerces et de services (boulangerie, boucherie, restaurant Pac Miam, bureau de poste…). Ce restaurant s’appelle L’Otentik. Une rapide recherche sur internet montre que ce nom - ou sa variante L’Otantik - est également celui d’autres restaurants kebabs ou snacks à Niort, Brest, Saint-Martin de Crau, Saint-Priest, Bondy, Clermont-Ferrand ou bien encore à Uckange. Le choix de ce nom pour un restaurant de kebab renvoie sans doute au terme «otantik», traduction turque du terme français « authentique ». Mais cette variante orthographique n’est pas sans rappeler l’essor dans toute une partie de la population, via la pratique des textos et les réseaux sociaux, d’une nouvelle syntaxe basée sur une phonétique des plus rudimentaires. Ce sabir, très éloigné de l’orthographe officielle, constitue sur le plan linguistique une des manifestations de cette culture hydroponique en cours de métabolisation.

Si la consommation régulière de vin se maintient quelque peu dans les tranches d’âge les plus âgées, les jeunes générations sont nettement moins consommatrices. Dans la jeunesse populaire, on est passé en deux générations du pinard au pétard.

Plusieurs études statistiques ont objectivé la baisse significative de la maîtrise du français parmi les élèves. D’après les données du ministère de l’Éducation nationale, la proportion d’élèves de CM2 faisant 15 fautes ou plus à la même dictée de 67 mots a littéralement explosé depuis la fin des années 1980. Alors qu’en 1987 seul un tiers des élèves effectuaient 15 fautes ou plus, ce très faible niveau de maîtrise de l’orthographe est devenu quasiment généralisé en 2021 (90% des élèves se trouvant dans cette situation).

Ce constat est partagé par de nombreux enseignants, comme cette professeur dans un collège privé de Pau ayant commencé à enseigner en 1992 : « Ce que je faisais il y a vingt ans pour un niveau de sixième ou de cinquième serait compliqué à faire aujourd’hui dans les mêmes classes. » Ces lacunes, observées initialement chez les enfants et les adolescents, se retrouvent dorénavant mécaniquement, au gré de l’avancée en âge des cohortes générationnelles, progressivement dans l’ensemble de la société. Le vocabulaire employé est moins fourni et la langue, relâchée. Des études l’ont mesuré, mais on le constate empiriquement quand on compare par exemple des micros-trottoirs réalisés auprès de Français ordinaires dans les années 1960 et ceux tournés aujourd’hui.

Norbert Elias insistait sur l’importance de l’écrit dans les processus de civilisation. On peut dès lors se demander si l’écriture numérique a les mêmes vertus civilisatrices que l’écriture manuscrite sur papier. L’écriture cursive participe en effet de la structuration de la pensée et l’apprentissage de l’écriture passe par l’inculcation de règles formelles qui sont beaucoup moins respectées avec l’écriture numérique, sans même parler des textos ou des commentaires sur les réseaux sociaux.

mardi 26 novembre 2024

« Une nation ne peut en assimiler une autre qu’à condition de l’emporter en nombre et en densité de population »

Les occidentaux (et plus particulièrement les Québécois à la natalité anémique) devraient considérer cette petite conversation dont Léon Tolstoï agrémente son roman Anna Karénine.

    Pestzoff soutenait qu’un peuple ne peut en assimiler un autre que s’il est plus nombreux, que si sa population est plus dense.

    Kosnichef, avec certaines restrictions, acceptait les deux avis ; et au moment où l’on sortit du salon, pour mettre un terme à la discussion, il dit en souriant :

    — Aussi, pour russifier les populations étrangères, n’y a-t-il qu’un seul moyen, faire le plus d’enfants possible. Voilà mon opinion. Sous ce rapport, mon frère et moi nous agissons fort mal. Quant à vous, messieurs, vous surtout, Stépane Arcadiévitch, vous vous conduisez en vrais patriotes. Combien en avez-vous ? demanda-t-il au maître de la maison.

Anna Karénine, Quatrième partie, IX

L'indice synthétique de fécondité (prévision sur la base des 7 premiers mois pour 2024)

État 2015 2020 2022 2023 2024p
Australie 1,80 1,59 1,63 1,50 1,47
Belgique 1,69 1,55 1,53 1,47 1,43
Canada 1,60 1,41 1,33 1,26 1,25
États-Unis 1,84 1,64 1,66 1,62 1,62
France 1,96 1,79 1,79 1,68 1,63
Israël 3,09 2,90 2,89 2,81 2,75
Québec 1,67 1,51 1,48 1,38 1,34
Royaume-Uni 1,77 1,51 1,47 1,43 1,45
Suisse 1,54 1,46 1,38 1,33 1,29

La famille impériale russe donnait l'exemple : 5 enfants

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Les Françaises non immigrées ont d'autant moins d'enfants qu'elles ont peu de revenu disponible

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En 1839, on se félicitait, on se vantait même du réchauffement des climats froids (Custine en Russie) 

Walmart abandonne ses politiques de diversité, d’équité et d’inclusion

 
Walmart, le plus grand détaillant au monde, abandonne ses politiques de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI), rejoignant ainsi une liste de grandes entreprises qui ont été attaquées par des militants conservateurs.

Les changements, confirmés par Walmart lundi, sont radicaux et vont du non-renouvellement d’un engagement de cinq ans pour un centre d’équité créé en 2020 après le meurtre de George Floyd par la police, au retrait d’un important index des droits des homosexuels. Et lorsqu’il s’agit d’ethnicité ou de genre, Walmart n’accordera pas de traitement prioritaire aux fournisseurs selon leur ethnie ou leur genre.

Les mesures prises par Walmart soulignent la pression croissante à laquelle sont confrontées les entreprises américaines alors qu’elles continuent de faire face aux retombées de la décision de la Cour suprême des États-Unis en juin 2023 mettant fin à la discrimination positive dans les admissions à l’université.

Enhardis par cette décision, des groupes conservateurs ont intenté des poursuites en utilisant des arguments similaires contre les entreprises, ciblant des initiatives sur le lieu de travail, telles que des programmes de diversité et des pratiques d’embauche qui donnent la priorité aux groupes historiquement marginalisés.

Par ailleurs, le commentateur politique américain et activiste conservateur Robby Starbuck s’en est pris aux politiques DEI des entreprises, en appelant des entreprises individuelles sur la plateforme de médias sociaux X. Plusieurs de ces entreprises ont par la suite annoncé qu’elles retiraient leurs initiatives, notamment Ford, Harley-Davidson, Lowe’s et Tractor Supply.

Mais Walmart, qui emploie 1,6 million de travailleurs aux États-Unis, est la plus importante à le faire.

« C’est la plus grande victoire à ce jour pour notre mouvement visant à mettre fin au wokisme dans l’Amérique des entreprises », a écrit Robby Starbuck sur X, ajoutant qu’il avait eu des discussions avec Walmart.

Walmart a confirmé à l’Associated Press qu’elle surveillerait mieux les articles de ses marchés tiers pour s’assurer qu’ils ne contiennent pas de produits sexuels et transgenres destinés aux mineurs. Cela inclurait les bandages de poitrine destinés aux jeunes qui traversent un changement de sexe, a précisé l’entreprise. Produits qui avaient créé la polémique aux États-Unis.

Le détaillant basé à Bentonville, dans l’Arkansas, examinera également les subventions accordées aux évènements dit « de la Fierté » (homosexuelle, trans) pour s’assurer qu’il ne soutient pas financièrement des contenus sexualisés qui pourraient ne pas convenir aux enfants. C'est ainsi que l’entreprise veut s’assurer qu’un pavillon familial de la marque ne se trouve pas à côté d’un spectacle de travelos lors d’un évènement de la Fierté, a déclaré l’entreprise.

En outre, Walmart ne considérera plus l’ethnicité et le sexe comme un test décisif pour améliorer la diversité lorsqu’il proposera des contrats avec des fournisseurs. L’entreprise a déclaré qu’elle n’avait pas de quotas et qu’elle n’en ferait plus à l’avenir. Elle ne collectera pas de données démographiques pour déterminer l’éligibilité au financement de ces subventions.

Walmart a également annoncé qu’elle ne renouvellerait pas un centre d’équité qui a été créé grâce à un engagement philanthropique de 100 millions US sur cinq ans de la part de l’entreprise avec pour mandat, selon son site Web, « de s’attaquer aux causes profondes des écarts de résultats rencontrés par les Noirs et les Afro-Américains dans les systèmes d’éducation, de santé, de finances et de justice pénale ».

Et elle cesserait de participer à l’indice de référence annuel de la Human Rights Campaign, qui mesure l’inclusion sur le lieu de travail des employés LGBTQ+.

Ces changements surviennent peu de temps après la victoire électorale de l’ancien président Donald Trump, qui a critiqué les initiatives DEI et s’est entouré de conservateurs qui partagent des opinions similaires, y compris son ancien conseiller Stephen Miller, qui dirige un groupe appelé America First Legal, qui a contesté les politiques DEI des entreprises. M. Trump a nommé M. Miller au poste de chef adjoint de la politique dans sa nouvelle administration.

Un porte-parole de Walmart a déclaré que certains changements de politique étaient en cours depuis un certain temps. Par exemple, l’entreprise a abandonné l’utilisation du terme « DEI » dans les titres de poste et les communications et a commencé à utiliser le mot « appartenance ». L’entreprise a également commencé à modifier son programme de fournisseurs à la suite de la décision de la Cour suprême sur la discrimination positive.

Certains ont exhorté les entreprises à s’en tenir à leurs politiques DEI. Le mois dernier, un groupe de démocrates au Congrès a lancé un appel aux dirigeants des entreprises du Fortune 1000, affirmant que les efforts de DEI donnent à chacun une chance équitable de réaliser le rêve américain.

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lundi 25 novembre 2024

Les tensions raciales s'exacerbent en Nouvelle-Zélande


Des guerriers maoris au torse nu ont conduit 42 000 manifestants devant le parlement néo-zélandais le 19 novembre. Certains manifestants, brandissant des drapeaux maoris rouges, noirs et blancs, avaient parcouru des centaines de kilomètres pour s'opposer à un projet de loi qui réduirait leurs droits. Cette manifestation était l'une des plus importantes en faveur des Maoris. Le projet de loi, a déclaré Jenny Shipley, ancienne Première ministre conservatrice, « invite à la guerre civile ».

C'est une caricature. Mais cela fait des décennies que les relations raciales n'ont pas été aussi houleuses en Nouvelle-Zélande, un pays connu pour sa relative harmonie. La Nouvelle-Zélande s'est efforcée d'honorer un traité conclu en 1840 entre les chefs maoris et les colons britanniques. Elle a adopté sa langue et sa culture indigènes. Mais le ton a changé depuis que les Néo-Zélandais ont élu l'année dernière un gouvernement de coalition conservateur, dirigé par Chris Luxon. Ce gouvernement a abrogé les politiques mises en place par les précédents gouvernements travaillistes. Il a réduit l'utilisation de la langue maorie et supprimé une agence de santé maorie.

Les esprits se sont échauffés lorsque l'ACT, un petit parti libertarien au sein de la coalition au pouvoir, a présenté un projet de loi visant à éroder des droits accordés aux Maoris en vertu du traité. Depuis les années 1970, un tribunal enquête sur les violations passées du traité et indemnise les tribus. Le traité a été intégré dans des lois visant à réparer les torts causés par la colonisation. Ces mesures ont contribué à améliorer la vie des Maoris. Ils vivent plus longtemps et sont plus riches que les Aborigènes australiens.


David Seymour, le chef de l'ACT (dont la mère est maorie), se plaint que « des juges activistes ont détourné le sens de notre document fondateur » pour accorder des privilèges de plus en plus importants aux Maoris, qui représentent 20 % de la population. Selon lui, les quotas ethniques et les initiatives de gouvernance partagée leur confèrent des avantages injustes. Son projet de loi vise à limiter les applications modernes du traité. En essayant de « réécrire le traité », il porterait atteinte à la démocratie, ont écrit plus de 40 avocats dans une lettre ouverte. Seymour a travaillé au Canada en tant qu'analyste politique pendant cinq ans pour le Frontier Centre for Public Policy et le Manning Centre. Le projet de loi a peu de chances d'être adopté. M. Luxon promet que son parti national le rejettera après une consultation publique. 


Chaque réfugié coûterait en moyenne 82.000 $ par an au Canada, selon le député conservateur Arpan Khanna

Arpan Khanna est un avocat, entrepreneur et homme politique canadien. Il a été élu député à la Chambre des communes du Canada lors d'une élection partielle le 19 juin 2023. Il représente la circonscription d'Oxford sous la bannière du Parti conservateur du Canada. Il siège au Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration.

Selon lui, chaque réfugié coûterait en moyenne 82.000 $ par an au Canada.


Vidéo en anglais


Traduction:

Arpan Khanna — Est-ce la première fois que vous voyez cela dans notre pays ?
Rouala Eatrides [Vice-présidente de la Section de la protection des réfugiés] —  Le volume le plus élevé jamais enregistré par la CISR [Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada].

Arpan Khanna —Avec 200 000 nouveaux réfugiés référés au Ministère, le temps d’attente pour traiter un dossier est passé de 14 mois à 44 mois.

C'est le niveau le plus élevé jamais enregistré. Et pourquoi est-ce important ? C'est important parce que cela permet désormais au demandeur, dont nous voyons beaucoup de fausses demandes d'asile, de rester dans le pays pendant 44 mois supplémentaires avec un statut.

Ils ont le droit de trouver un emploi, d’avoir accès aux soins de santé, ils ont le droit de rester dans notre pays.

Sur les 200 000 nouvelles références, 70 % sont arrivées au cours de cette année seulement.

Ainsi, tous les changements apportés par Marc Miller ont en réalité conduit à cette crise. Et nous en avons également parlé dans notre vidéo précédente.


Un réfugié moyen coûte aux contribuables 82 000 $ par an. Ceci est juste un autre exemple du chaos que ce gouvernement a causé dans le programme.

Dans la dernière vidéo que nous avons réalisée, je vous ai montré comment Marc Miller n'a aucune idée de ce qui se passe dans son propre département.

Marc Miller — Ce volume est déconcertant.
C’est vraiment un système qui est devenu incontrôlable, et c’est une conversation que nous devons avoir.

Arpan Khanna —J'ai posé les mêmes questions aux représentants de son service, des questions de base pour lesquelles on pouvait obtenir des réponses sur Google, mais ils n'en avaient aucune idée.
Regardez ce clip.

Arpan Khanna — Savons-nous quel a été le nombre d’approbations l’année dernière pour les visas étudiants ?
Bronwyn May [directrice générale, Service des étudiants internationaux] — Nous pouvons également déposer ces chiffres auprès du comité.

Arpan Khanna — Savons-nous combien sont venus par Volet direct pour les études [VDE, abrogé le 8 novembre] plûtot que la voie habituelle [plus lente] ? [De nombreux candidats reçus en vertu de ces programmes d'études demandaient l'asile une fois au Canada!]
Bronwyn May — Heureuse de fournir cette information au comité.

Arpan Khanna — Savons-nous quel était délai moyen de traitement pour les candidats VDE ?
Bronwyn May — Je pourrais fournir cette information séparément au comité.

Arpan Khanna — Savez-vous combien de temps il a fallu pour traiter le volet sécurité de ces candidats  VDE ?
Bronwyn May —  Je n'ai pas cette information avec moi, mais nous pouvons la fournir au comité.

Arpan Khanna — Ils n'en avaient aucune idée. Justin Trudeau et ses ministres libéraux Marc Miller et Sean Fraser ont détruit notre système d’immigration.

Voir aussi

Canada — Demandeurs d'asile logés à l'hôtel par le gouvernement qui reçoivent 224 $ par jour pour se nourrir et se loger

L’accueil d’un demandeur d’asile coûterait 16 500 $ sur trois ans au Canada (2024, coût du fédéral, à l'époque temps moyen d'attente était de 36 mois désormais 44 mois)

Budget 2023-2034 pour la Sélection et intégration des réfugiés et immigrants (5,1 milliards, double de 2021) :

Le gouvernement fédéral canadien réclame 411 millions de dollars supplémentaires pour couvrir les soins de santé des réfugiés, alors que le nombre de nouveaux arrivants augmente de façon vertigineuse.

Le coût des soins de santé pour les réfugiés a été multiplié par sept au cours des huit dernières années (CBC, 22 novembre 2024)
Le Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI) est conçu pour couvrir les migrants qui n'ont pas encore droit à l'assurance maladie provinciale ou territoriale. En supprimant certains obstacles aux soins de santé, le programme permet aux demandeurs d'asile d'obtenir plus facilement les soins dont ils déclarent avoir besoin à leur arrivée.

dimanche 24 novembre 2024

Le président Trump prévoit d'expulser les troupes transgenres de l'armée dès le premier jour de son accession au pouvoir

Major Rachel Jones, chef de la division cybernétique du U.S. Army Sustainment Command, qui a déclaré que le fait de pouvoir vivre et servir de manière « authentique » lui avait sauvé la vie

Le président Trump prévoit d'expulser les troupes transgenres de l'armée, 15 000 militaires seraient  ainsi « libérés pour raisons médicales » dès le premier jour de son mandat, selon un rapport.

Le président élu Donald Trump aurait l'intention de prendre un décret dès son « premier jour de mandat » afin d'interdire les membres transgenres de l'armée.

Selon le Sunday Times, ce décret controversé entraînerait le « renvoi pour raisons médicales » de 15 000 membres actifs de l'armée, qui seraient jugés inaptes à servir.

Selon le Times, M. Trump cherche à publier cette mesure exécutive le 20 janvier 2025, soit le premier jour de son mandat, ce qui empêcherait toute personne transgenre de s'enrôler dans l'armée, alors que toutes les branches de l'armée continuent à avoir du mal à recruter.

L'ancien président, âgé de 78 ans, a nommé l'ancien animateur de Fox News Pete Hegseth à la tête du ministère de la défense et s'est engagé à purger toutes les agences gouvernementales des politiques « woke ».

Ce n'est pas la première fois que Trump tente de se débarrasser des personnes transgenres dans le service. En 2017, le président Trump a annoncé dans une série de tweets qu'il interdirait aux personnes transgenres de servir dans l'armée.

Le transgenre Dr Richard Levine (qui se fait appelé Rachel), secrétaire adjoint à la santé de Joe Biden, et Sam Brinton, employé du ministère de l'environnement, ont célébré le 14 Juillet à la résidence de l'ambassadeur de France à Washington en 2022. Sam Brinton, « de genre fluide », a été renvoyé à la suite de vols de robes de femme à répétition dans 3 aéroports différents.

La Maison-Blanche avait alors déclaré que le fait de conserver des soldats ayant des antécédents ou un diagnostic de « dysphorie de genre » - ceux qui peuvent avoir besoin d'un traitement médical important - « présente un risque considérable pour l'efficacité et la létalité de l'armée ».

À l'époque, M. Trump avait déclaré sur Twitter que l'armée « ne peut pas être accablée par les coûts médicaux considérables et les perturbations qu'entraîneraient les transgenres dans l'armée ».

Ce décret entraînerait la « décharge médicale » de 15 000 militaires actifs, qui seraient jugés inaptes à servir.

L'administration Obama avait modifié la politique des forces armées en déclarant que les soldats pouvaient servir ouvertement en tant qu'individus transgenres.

Le nombre de militaires transgenres dans l'armée américaine a doublé depuis 2020 et les contribuables ont dépensé 26 millions de dollars pour leur faire subir des opérations et des traitements de changement de sexe.

M. Biden a annulé cette politique le cinquième jour de son mandat, en janvier 2021.

Le nombre de membres du personnel de l'armée américaine souffrant de dysphorie de genre a doublé au cours de cette période, passant d'environ 1 800 à 3 700, selon les données du ministère de la Défense.




Source : The Times of India, Daily Mail

Rapport — Le gouvernement du Québec doit réduire la part de l’enseignement en anglais dans les cégeps et les universités

Le gouvernement du Québec doit réduire la part de l’enseignement en anglais dans les cégeps et les universités pour qu’au moins 85 % des cours soient donnés en français, selon le commissaire à la langue française, Benoît Dubreuil. Sans quoi « les tendances défavorables » au maintien de la langue risquent de s’accentuer, a-t-il dit mercredi.

Le commissaire a rendu public en matinée son plus récent rapport sur l’avenir de la langue française. Le document, intitulé Comprendre le recul, inverser les tendances, se veut une réponse aux données rendues publiques par l’Office québécois de la langue française l’an dernier. Il contient huit recommandations, portant sur l’enseignement, la culture et l’économie.

Le document suggère au premier chef que « le gouvernement du Québec se fixe une cible de 85 % d’enseignement en français dans l’enseignement supérieur dans le but d’y accroître progressivement la place de cette langue ». Son atteinte permettrait « d’assurer la prédominance du français dans l’enseignement supérieur, y compris à Montréal, tout en reconnaissant l’importance d’accorder à l’anglais un espace raisonnable ».

Selon M. Dubreuil, la proportion d’étudiants suivant des cours en anglais au cégep ou à l’université (22,4 %) à l’heure actuelle est « trop élevée ». Pour tendre vers l’objectif de « 85 % », Québec devrait notamment augmenter le nombre de cours donnés en français dans les établissements anglophones, réduire le nombre d’étudiants étrangers dans les établissements de langue anglaise, comme s’est engagé à le faire le gouvernement Legault, et poursuivre le plafonnement des places disponibles dans les cégeps anglophones — une mesure en vigueur depuis l’adoption de la Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français (loi 96).

« Nous pensons qu’un cumul de mesures […] permettrait de tenir compte des contraintes organisationnelles des universités et des collèges », a signifié le commissaire, selon qui il n’est pas nécessaire d’étendre la loi 101 aux cégeps, comme le demande par exemple le Parti québécois.

« L’application de la loi 101 aux cégeps, pour nous, c’est une proposition qui est légitime, et, globalement, on pense que sa mise en œuvre contribuerait à renforcer le français. Cependant, nous pensons que la contribution que nous avançons est plus pertinente », a affirmé M. Dubreuil, lors d’une conférence de presse tenue mercredi à l’Assemblée nationale.

« D’abord, elle concerne l’ensemble de l’enseignement supérieur. C’est important, parce que nos études montrent que l’enjeu n’est pas propre aux collèges, mais concerne tout autant les universités. Ensuite, c’est une approche qui offre une grande flexibilité », a-t-il dit. La recommandation du commissaire éviterait par ailleurs de « compromettre la viabilité financière des établissements anglophones » [Il faut au contraire en réduire massivement la taille et ne pas se laisser intimider par les cris d'orfraies systématiques des anglicisés et anglophones du Québec dès qu'on touche à leur TROIS universités subventionnées. Pourquoi  trois ?]

Suède — 79 % des réfugiés sont déjà retournés en vacances dans le pays qu'ils ont fui

Une nouvelle enquête de la firme Novus, publiée par le journal en ligne suédois Bulletin, montre que plus de 85 % des personnes nées à l’étranger sont retournées à un moment ou à un autre dans leur pays d’origine pour y passer des vacances. Parmi ceux qui sont arrivés en Suède en tant que réfugiés, la proportion de ceux qui ont passé des vacances dans leur ancien pays d’origine est de 79 %.

Partir en vacances dans le pays que l’on a fui est devenu un sujet de discussion dans les pays européens ces dernières années. Bulletin a demandé à Novus d’enquêter sur la façon dont les personnes nées à l’étranger perçoivent la migration de retour, l’éducation de leurs enfants et les vacances dans leur pays de naissance. L’échantillon est composé de 1050 personnes nées à l’étranger et l’enquête a été menée entre le 18 et le 24 août.

L’enquête montre que seuls deux pour cent des personnes nées à l’étranger prévoient de retourner dans leur pays de naissance à l’avenir, tandis que 16 % répondent peut-être. 76 % déclarent avoir l’intention de rester, parmi ceux qui sont venus en Suède d’un pays étranger, la proportion est de 81 %. 53 % des personnes nées à l’étranger pensent que la Suède est un meilleur pays pour leurs enfants par rapport à leur pays d’origine, tandis que 9 % pensent que la Suède est pire que leur pays d’origine. 33 % ne répondent ni l’un ni l’autre.


Passer ses vacances dans son pays d’origine

Selon l’enquête Bulletin/Novus, 85 % des personnes nées à l’étranger ont déjà visité leur pays d’origine pour y passer des vacances. Parmi les immigrants familiaux, 92 % sont retournés au moins une fois dans leur pays d’origine pour y passer des vacances, contre 79 % pour les réfugiés. Le groupe de personnes nées à l’étranger qui compte la plus forte proportion de personnes n’ayant jamais passé de vacances dans leur pays de naissance est celui des adoptés, dont 41 % n’ont pas visité leur pays de naissance depuis leur arrivée en Suède.

Novus souligne qu’il est dans la nature des choses que les personnes qui participent à ses enquêtes soient raisonnablement bien intégrées en Suède, puisqu’elles répondent aux questions en suédois. Les conditions politiques dans leur pays d’origine peuvent donc avoir changé avec le temps.

Toutefois, 79 % restent un chiffre très élevé, étant donné qu’il s’agit de personnes qui sont venues en Suède et ont déclaré être des réfugiés.

En Norvège, le quotidien Aftenposten a rapporté en 2018 que 24 % des immigrants de Somalie, 40 % des immigrants d’Afghanistan, 55 % des immigrants d’Iran et 71 % des immigrants d’Irak se rendaient régulièrement dans leur pays d’origine. Selon Aftenposten, les données ont été compilées par les Statistiques de Norvège (SSB). Une différence par rapport à l’enquête Bulletin/Novus réside dans le fait que les chiffres norvégiens représentent le pourcentage d’immigrants qui passent régulièrement des vacances dans leur pays d’origine, tandis que les chiffres suédois indiquent ceux qui ont voyagé au moins une fois.

La plupart des pays autorisent les personnes devenues citoyennes à retourner dans leur pays d’origine pour les vacances. Dans le même temps, le fait que tant de personnes arrivées à l’origine en tant que réfugiés retournent dans leur pays d’origine suggère que le besoin de protection n’est plus d’actualité, ou qu’il n’a peut-être jamais été très fort.

Les règles applicables aux demandeurs d’asile qui n’ont pas obtenu la citoyenneté varient selon les pays. En Suède, aucune restriction n’est imposée aux réfugiés qui ont obtenu la résidence permanente pour retourner dans leur pays d’origine. Toutefois, le statut de réfugié peut être révoqué s’il s’avère que la personne n’a plus besoin de la protection internationale de son pays d’origine, et dans les cas où il est établi que les demandeurs d’asile ont fourni de fausses informations sur leur besoin de protection. D’autres pays ont des règles plus strictes. La Suisse, par exemple, n’autorise pas les demandeurs d’asile à retourner dans leur pays d’origine pour voir des membres de leur famille ou partir en vacances, sauf dans des circonstances exceptionnelles. Dans ce cas, le ressortissant étranger perd le droit de continuer à détenir un permis de séjour en Suisse, selon le HCR.

En Allemagne, les voyages de vacances des demandeurs d’asile dans leur pays d’origine sont également devenus une question politique, les voyages de vacances étant considérés comme incompatibles avec l’affirmation selon laquelle ils ont fui pour sauver leur vie et cherché une protection en Allemagne en raison du danger qui les guette dans leur pays d’origine. Dans une déclaration faite en 2019, Horst Seehofer, alors ministre de l’Intérieur de l’Allemagne, a averti les réfugiés qu’ils feraient l’objet d’une enquête et se verraient retirer leur permis de séjour s’ils se rendaient dans leur pays d’origine.

« Si quelqu’un, un réfugié syrien, passe régulièrement des vacances en Syrie, il ne peut pas honnêtement prétendre être persécuté en Syrie », a-t-il déclaré, ajoutant « nous devrions le priver de son statut de réfugié ».

Par exemple, selon DW (Deutsche Welle), en 2016, des enquêtes ont permis à 66 réfugiés d’Irak et de Syrie de se voir retirer leur permis de séjour et d’être considérés comme n’ayant plus besoin de protection parce qu’ils avaient voyagé dans leur pays d’origine.

Angela Merkel a également critiqué les voyages de vacances des réfugiés dans leur pays d’origine, affirmant que cela pourrait être interprété comme une réévaluation de leurs besoins de protection.

Source : Bulletin (Suède)