Christian Rioux se pose la question de la distribution, de la dilution, des élèves immigrants dans les salles de classe suite à une annonce du gouvernement italien. Article paru dans le journal de Montréal ce vendredi, 2 octobre 2026,
Parlez-en à n’importe quel enseignant du primaire ou du secondaire. Il vous expliquera la difficulté qu’il y a à enseigner dans des classes où le nombre de nouveaux immigrants est trop élevé. Au-delà d’un certain niveau, il devient impossible de respecter les programmes.
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| Entrée d'une école multiethnique à Cagliari en Italie |
Si la maîtrise de la langue est le premier obstacle, ce n’est pas le seul. Les mœurs et les comportements le sont aussi. On ne se comporte pas de la même façon dans une classe à Montréal, à Paris ou à Alger. Une enseignante québécoise m’avait déjà confié avoir toutes les misères du monde à discipliner les petits Français [quels « Français » ?] qui ne cessaient de faire du raffut dans le fond de la classe. Autres pays, autres mœurs.
🔴🇫🇷 𝗙𝗟𝗔𝗦𝗛 𝗜𝗡𝗙𝗢 — Des dizaines de lycéens, pour la plupart cagoulés, ont PILLÉ un magasin JD Sports à Orléans. pic.twitter.com/dZPeuyy9JZ
— Bastion (@BastionMediaFR) October 2, 2026
Or, la loi est universelle et implacable : partout, c’est toujours la majorité qui assimile la minorité. Dans une classe composée à majorité d’immigrants, devinez qui intègre qui. [Les bambins québécois « pure laine » sont peut-être déjà minoritaires : car parmi ces 78 200 nouveau-nés au Québec en 2025, 45 153 ont deux parents nés au Canada, soit environ 58 %. ces chiffres portent sur le lieu de naissance au Canada, pas seulement au Québec. Un parent né en Ontario ou en Colombie-Britannique est donc compté avec les parents nés au Canada. Ces mêmes parents dans la trentaine peuvent être nés de parents immigrés.]
Le choix de Meloni
En Italie, la présidente du Conseil (Première ministre) Giorgia Meloni vient de décider de plafonner à 30 % par classe le nombre d’élèves de nationalité étrangère n’ayant pas un niveau suffisant d’italien. Certaines exceptions sont évidemment prévues, notamment pour les élèves ayant fait deux ans de maternelle. L’application devra tenir compte de la proximité du lieu de résidence et les écoles qui ne parviendront pas à respecter ces quotas se verront offrir des budgets supplémentaires afin d’assurer un meilleur apprentissage de l’italien.
L’opposition a aussitôt accusé le gouvernement de racisme. Avouons qu’on a changé d’époque. Dans les années 1960, quand les Démocrates américains avaient imposé le « busing » pour en finir avec les ghettos scolaires noirs, personne ne les avait accusés de racisme. Au contraire !
Or, les ghettos scolaires existent bel et bien au Québec, comme l’a illustré le cas de l’école Bedford. Comment pourrait-il en être autrement ? Notre confrère Jean-François Lisée vient de ressortir des statistiques accablantes. On y apprend que, depuis dix ans, le nombre d’élèves non issus de l’immigration a augmenté de 6 702 alors que celui des immigrants de première génération a progressé de 75 923. Une augmentation de 73 % ! Dans la région de Montréal, 68 % des élèves sont issus de l’immigration, une catégorie qui comprend les élèves de première et de deuxième générations, et le quart ne sont pas nés au Canada.
Un cercle vicieux
On le dit rarement, mais les parents étrangers sont les premiers à souhaiter pour leurs enfants une école où ils pourront s’intégrer. Au contraire, les écoles-ghettos provoquent généralement l’exode des familles québécoises qui craignent la baisse de niveau scolaire et l’écart culturel. D’où l’augmentation de la fréquentation des écoles privées. Cela devient rapidement un cercle vicieux.
La mesure italienne n’est peut-être pas une panacée, mais elle a à tout le moins le mérite de soulever la question.


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