mercredi 11 août 2021

Arguments contre l'imposition des masques aux enfants

Lettre ouverte des docteurs Marty Makary et H. Cody Meissner parue le 8 août 2021 dans le Wall Street Journal. Le Dr Makary est professeur à la Johns Hopkins School of Medicine, rédacteur en chef de Medpage Today et auteur de « The Price We Pay ». Le Dr Meissner est chef des maladies infectieuses pédiatriques au Tufts Children’s Hospital et a siégé au comité consultatif externe de la Food and Drug Administration pour les vaccins Covid-19.

Les masques réduisent-ils la transmission du Covid chez les enfants ? Croyez-le ou non, nous n’avons pu trouver qu’une seule étude rétrospective sur la question, et ses résultats n’ont pas été concluants. Pourtant, il y a deux semaines, les Centres pour le Contrôle et la Prévention des maladies (CDC) ont décrété de manière draconienne que 56 millions d’enfants et d’adolescents américains, vaccinés ou non, devraient se couvrir le visage, quelle que soit la prévalence de l’infection dans leur communauté. Les autorités de nombreux endroits ont pris le parti d’imposer de telles obligations dans les écoles et ailleurs, sur la base de la théorie selon laquelle les masques ne peuvent faire aucun mal.

Ce n’est pas vrai. Certains enfants supportent bien un masque, mais ce n’est pas vrai pour d’autres. Ceux qui souffrent de myopie peuvent avoir des difficultés à voir, car le masque embue leurs lunettes. (Cela a longtemps été un problème pour les étudiants en médecine dans la salle d’opération.) Les masques peuvent causer de l’acné grave et d’autres problèmes de peau. L’inconfort d’un masque distrait certains enfants de l’apprentissage. En augmentant la résistance des voies respiratoires pendant l’expiration, les masques peuvent entraîner une augmentation des niveaux de dioxyde de carbone dans le sang. Et les masques peuvent être des vecteurs d’agents pathogènes s’ils deviennent humides ou s’ils sont utilisés trop longtemps.

En mars, le ministère irlandais de la Santé a annoncé qu’il n’exigerait pas de masques dans les écoles, car ils « pourraient exacerber l’anxiété ou les difficultés respiratoires de certains élèves ». Certains enfants compensent ces difficultés en respirant par la bouche. La respiration buccale chronique et prolongée peut altérer le développement du visage. Il est bien documenté que les enfants qui respirent par la bouche -- en raison de végétations adénoïdes qui bloquent leurs voies respiratoires nasales -- peuvent développer une déformation de la bouche et un visage allongé.

Les dommages psychologiques possibles du port du masque généralisé sont encore plus préoccupants. Les expressions faciales font partie intégrante de la communication humaine, en particulier pour les jeunes enfants, qui commencent à signaler la peur, la confusion et le bonheur. Couvrir le visage d’un enfant met en sourdine ces formes de communication non verbales et peut entraîner des interactions robotiques et sans émotion, de l’anxiété et de la dépression. Voir les gens parler est un élément constitutif du développement phonétique. Il est particulièrement important pour les enfants atteints de handicaps tels que les troubles auditifs.

Les effets néfastes sur le développement de l’obligation de porter des masques pendant quelques semaines sont probablement mineurs. Mais nous ne pouvons pas affirmer la même chose lorsque cette pratique s’étend sur des mois ou des années.

Qu’en est-il des risques liés à la Covid que cette obligation de port de masque est censée atténuer ? Le CDC rapporte que pour la semaine du 31 juillet, le taux d’hospitalisation avec Covid pour les enfants de 5 à 17 ans était de 0,5 pour 100 000, ce qui représenterait environ 250 patients. Le CDC reconnaît que tous ces enfants n’étaient pas à l’hôpital à cause de la Covid : les tests viraux à l’admission sont systématiques, même pour les patients qui ne présentent aucun symptôme de la Covid. Les enfants qui développent des symptômes de Covid courent un risque minime de « long Covid », selon une étude du Lancet publiée le 3 août : « Presque tous les enfants ont eu une résolution des symptômes en 8 semaines, ce qui rassure sur les résultats à long terme. »

On sait que les enfants transmettent la Covid, mais beaucoup moins souvent que les adultes. Une étude menée en Caroline du Nord avant que les vaccins ne soient disponibles n’a trouvé aucun cas de transmission d’élève à enseignant lorsque 90 000 élèves étaient à l’école. La variante Delta à propagation plus rapide est apparue depuis, mais de nombreux enseignants, parents et enfants de 12 ans et plus ont également été vaccinés [ou immunisés parce qu’ils ont attrapé le virus entretemps].

Les décrets sur les masques du CDC sont de façon perverse permissifs et inutilement stricts. Les masques en tissu ne sont pas aussi efficaces que les respirateurs N95, mais les directives du CDC ignorent la distinction. « Beaucoup de masques en tissu que les gens portent ne réduisent pas de manière très efficace l’inhalation ou l’exhalation du virus », a déclaré à CNN l’épidémiologiste Michael Osterholm, qui a fait partie du groupe de travail Covid de l’équipe de transition de Biden, la semaine dernière. En juillet, après avoir été attaqué pour des commentaires similaires, M. Osterholm a écrit une clarification de 5 000 mots cherchant à dissiper « l’idée selon laquelle je suis “anti-masque” ».

Nous encourageons les Américains à porter des masques depuis le début de la pandémie. Mais une attention particulière doit être accordée aux nombreux enfants qui ont des difficultés à porter un masque. Les responsables de la santé publique prétendent fonder leurs décisions et leurs conseils sur la science, mais il n’y a pas de science derrière les décrets imposant le port de masques pour les enfants. Une nouvelle étude de recherche menée par l’un d’entre nous (le Dr Makary) et ses collègues de Johns Hopkins a révélé que sur les 42 milliards de dollars que les National Institutes of Health ont dépensés pour la recherche l’année dernière, moins de 2 % sont allés à la recherche clinique de la Covid et pas une seule subvention n’a été consacrée à l’étude des masques chez les enfants.

En l’absence de données, l’obligation du port de masques a déclenché une guerre culturelle. Pourtant, si les masques réduisent la transmission asymptomatique chez les enfants, il ne s’agit probablement pas d’une des quatre premières stratégies d’atténuation de la transmission que les écoles peuvent adopter, après la ventilation, la distanciation et la division des élèves en petits groupes appelés cellules. La vaccination obligatoire de tous les enseignants et autres adultes dépourvus d’immunité naturelle — à laquelle les syndicats d’enseignants se sont vigoureusement opposés — serait également utile.

Tout enfant qui souhaite porter un masque doit être libre de le faire. Mais les forcer à faire des sacrifices personnels, de santé et de développement pour le bien des adultes qui refusent de se faire vacciner est abusif. Avant d’ordonner le port obligatoire du masque à 56 millions d’Américains qui sont trop jeunes pour voter et n’ont pas de lobby, voyons les données qui démontrent les avantages de cette mesure et pesons-les contre les dommages à long terme.

Voir aussi 

Alliance des professeurs de Montréal a fait pression pour l’imposition du port du masque à l’école

Covid-19 — La Suède est-elle un contre-exemple ? (les enfants n’ont jamais été obligé de porter un masque)

Sondage — La personne typique qui hésite à se faire vacciner : une Ontarienne de 42 ans qui vote libéral

Sur la base d’une population adulte de 29,5 millions au Canada, les derniers résultats d’un sondage d’Abacus montrent que 7 % ou 2,1 millions d’adultes hésitent à se faire vaccinés et le même nombre refuse carrément d’être vacciné contre la COVID-19.

Les hésitants ne sont pas des complotistes. Ils ne sont pas en colère contre la société actuelle. Ils ne pensent pas que COVID-19 est un canular. Ce ne sont pas des radicaux de gauche ou de droite — 61 % d’entre eux disent qu’ils se situent au centre du spectre politique. Les deux tiers ont fait des études postsecondaires. « Ils sont peut-être timides, mais ils ne sont pas stupides », selon Macleans.

Près de la moitié d’entre eux (46 %) vivent en Ontario et plus de la moitié d’entre eux (59 %) sont des femmes. Un quart sont nés à l’extérieur du Canada. Leur moyenne d’âge est de 42 ans et la pluralité se situe entre 30 et 44 ans. S’ils votaient aux élections fédérales aujourd’hui, 35 % voteraient Libéral, 25 % Conservateur, 17 % NPD, 9 % Vert — assez similaire aux intentions de vote de l’ensemble de la population.

Cependant, comparés aux vaccinés, ils ne font guère confiance dans le gouvernement. Ils essaient également d’éviter les ordonnances médicales, n’aiment pas absorber des produits non naturels et 83 % disent qu’ils sont réticents à prendre des vaccins. La plupart craignent que les vaccins COVID-19 n’aient pas vraiment été testés assez longtemps.

Source : Macleans.


mardi 10 août 2021

Le triste sort du français aux J.O. de Tokyo

« Last but not least », le français langue olympique déjà malmenée à Londres et à Rio, subit à Tokyo son coup de grâce.

Guère utilisée lors des discours officiels, absente des remises de médailles, la langue de Pierre de Coubertin ne figure sur aucun document donné aux participants, contrairement au vietnamien ou à l’indonésien.

De quoi donner le tournis à Thierry Marx, grand témoin de la francophonie lors de ces Jeux.

Même les athlètes français semblent délaisser la langue de Molière. Comme Vincent Mathéron, le planchiste [le rouliplanchiste, le « skateur » dans Paris Match] marseillais, sixième de la finale de « street » : « Si je suis dans le mal et que je dois rester focus sur le contest, alors je vais dire “pass”. »


lundi 9 août 2021

Nike — Alexandre le Grand c'est le patriarcat, l'équipe de basket féminine, métissée, etc. des États-Unis, c'est mieux...

Du message Twitter de Nike :

Élever la barre au plus haut niveau, c’est ce qu’elles font. Elles le font régulièrement depuis plus de 25 ans. Félicitations à l’équipe nationale féminine de basket-ball des États-Unis, pour avoir remporté leur 7e médaille d’or consécutive et continuer à représenter les meilleurs d’entre nous.

 

On notera que la vidéo flatte les partisans BLM (noirs, métissés, lesbiennes, féministes radicales). Alexandre le Grand est rabaissé, c’est le patriarcat, il est barré d’un X rouge ; après tout c’est un blanc, mort et mâle. En dessous de tout, quoi.

Selon une étude de marché de l’entreprise Nike, 18 % des acheteurs de produits Nike sont noirs (alors qu’ils représentent environ 12 % de la population), les Hispaniques représentent 16 % de la population, mais représentent 19 % des acheteurs de Nike. Et, les Asiatiques, quant à eux, représentent 3 % de la population, mais 5 % des clients Nike.

Les Caucasiens sont sous-représentés dans le monde Nike bien que majoritaires pour l’instant. La population blanche aux États-Unis est de 75 %, mais ils ne représentent que 67 % des clients de Nike. 

Alexandre le Grand hérite de la Macédoine et d’une partie de la Grèce de son père, il conquerra l’Asie Mineure, l’Égypte, la Perse pour atteindre l’Indus. On s’en souvient 2500 ans plus tard. Qui se souviendra d’une équipe d’un sport particulièrement américain dans 50 ans ?

 

dimanche 8 août 2021

Université du Wisconsin enlève rocher qui serait un symbole du racisme...

Quoi de plus normal en 2021 aux États-Unis ? Visiblement le nom employé pour désigner cette roche il y a un siècle est une priorité.

L’université du Wisconsin a retiré vendredi un rocher controversé de son campus de Madison après que l’Union des étudiants noirs et d’autres activistes se soient opposés à sa description, il y a près de 100 ans, par une terme qui incommode certains aujourd'hui.

Le rocher Chamberlin, qui se trouve au sommet de l’Observatory Hill, porte le nom d’un géologue du XIXe siècle et ancien président de l’université, Thomas Crowder Chamberlin, dont les travaux portaient sur les dépôts glaciaires, selon une biographie figurant sur le site Web de l’université.

Mais c’est la référence d’un journaliste au rocher dans un article du Wisconsin State Journal, vieux de près d’un siècle, qui est à l’origine de la demande de suppression.

Selon le Wisconsin State Journal, le terme « Tête de Nègre » était couramment utilisé à cette époque pour décrire toute grande roche sombre.

Les chercheurs de l’université n’ont pas trouvé d’autres exemples dans la presse où la roche a été désignée par ce mot, mais ils ont déclaré que le Ku Klux Klan était actif sur le campus au moment de l’inauguration de la roche, selon un article du même journal publié plus tôt cette semaine.

La chancelière de l’université, Rebecca Blank, a approuvé l’enlèvement du rocher, mais celui-ci devait être approuvé par la Wisconsin Historical Society car il se trouvait à moins de 5 mètres d’un cimetière amérindien.

Québec — Renouer le fil de l’histoire après la Révolution tranquille (m à j)

Pour complèter la recension par Christian Rioux de l'opuscule de Carl Bergeron, ajoutons une critique vidéo et un entretien avec l'auteur Carl Bergeron.


Recension, parue dans Le Devoir, par Christian Rioux du plus récent ouvrage paru de Carl Bergeron : La Grande Marie ou le luxe de sainteté.

Que serait la France sans Jeanne d’Arc ? Ce mythe absolu d’une simple bergère qui, plusieurs siècles avant le féminisme, prit la tête des armées du royaume et fit couronner Charles VII à Reims. On a beau relire les pages des meilleurs historiens, de Michelet à Jacques Le Goff en passant par Régine Pernoud, pour vérifier si tout cela est bien advenu, force est de constater que certains personnages sont plus grands que nature et que la réalité dépasse parfois la fiction.

C’est avec ce même ravissement jubilatoire que l’écrivain Carl Bergeron s’est attelé à déterrer l’une des grandes figures de notre histoire. Celle qu’il appelle « la Grande Marie » (La Grande Marie. Ou le luxe de sainteté, éditions Médiaspaul) et qui n’est autre que Marie de l’Incarnation.

Disons-le d’entrée de jeu, il faut tout un culot pour écrire un tel livre à une époque où le dénigrement de notre histoire est devenu un sport national. Comme cela arrive souvent, l’actualité s’est chargée de lui donner une résonance encore plus grande. Alors que l’on brûle des églises dans l’ouest du pays et que certains décrivent nos missionnaires comme les auteurs de « tueries de masse », Bergeron n’a pas craint de se laisser porter par la prose envoûtante de Marie Guyart.

Il ne le fait ni en juge chargé de départager les bons des méchants ni pour se réfugier dans un passé mythique. Il le fait en écrivain soucieux de pénétrer la manière même dont cette femme de tête qui affronta tous les périls pouvait se percevoir. Or, sa découverte est fascinante.

Non seulement la Correspondance de Marie de l’Incarnation est-elle une œuvre littéraire de la trempe des Confessions de saint Augustin et du Château intérieur de Thérèse d’Ávila, dit-il, il n’en tient qu’à nous de redécouvrir dans cette œuvre de véritables pépites dignes d’une contemporaine.

Les pays colonisés sont ainsi faits qu’ils ignorent leur histoire et ce qu’elle cache de grandeur. Marie de l’Incarnation aura eu le défaut d’être rattachée à ce qu’elle décrit déjà comme un « païs flotant et incertain », oscillant « depuis le commencement entre l’apparition et la disparition », ajoute Bergeron.

Personne n’a donc lu une seule syllabe de ces Correspondances à l’école. À l’exception d’obscurs universitaires, dit l’auteur, qui se sont empressés de l’apprêter à leurs sauces : les littéraires en faisant un précurseur de l’écriture de l’intime ; les psychologues auscultant ses frustrations sexuelles, certains n’hésitant pas à la décrire comme une folle.

Bergeron, lui, prend le parti de redécouvrir dans cette œuvre ce que Jean Le Moyne appelait le « luxe de sainteté », fruit d’une époque où tout n’était pas jugé à l’aune du matérialisme ambiant. Ce faisant, il ne fait pas seulement œuvre d’exégète, il veut nous forcer à redécouvrir une époque que la Révolution tranquille a effacée de nos mémoires tant elle avait été mythifiée depuis un siècle pour servir de refuge à l’impuissance des Canadiens français.

Mais, nous dit Bergeron, ces « examens critiques courageux » ont aussi provoqué « des excès qui flirtaient avec la haine de soi ». Une haine qui atteint aujourd’hui des sommets dans les mouvements antiracistes et décoloniaux pour lesquels toute l’histoire de l’Occident doit être passée par pertes et profits.

En écrivain souverain, Bergeron s’octroie donc ce luxe de redécouvrir avec un œil nouveau une œuvre dont « des peuples moins légers » auraient pu faire, dit-il, « la pierre d’angle » de leur patrimoine. À commencer par cette belle langue du XVIIe siècle qui ravissait La Rochefoucauld et qui nous offre des descriptions fines et truculentes.

Après avoir été des grenouilles de bénitier, les Québécois trouvent le moyen d’être aujourd’hui férocement anticléricaux tout en couvant un messianisme débridé. Heureusement, Carl Bergeron arrive à point pour nous forcer à sortir de cette posture qui ne fait que tirer sur des ambulances. Il nous oblige à regarder l’épistolière telle qu’en elle-même comme un sujet plus grand que nature. Un personnage qui, par sa traversée épique où elle frôle les icebergs, sa remontée du fleuve escortée par des Innus, sa connaissance de plusieurs langues autochtones et son combat contre les éléments, vaut bien des héros d’Alexandre Dumas.

L’écrivain renoue ainsi à sa façon avec la vision d’un historien comme Maurice Séguin, qui voyait dans la Nouvelle-France le seul moment de notre histoire où l’habitant de ce pays a pu agir non pas en dominé, mais « par soi ». Le seul où les Canadiens « n’étaient pas égarés dans leur siècle », écrira son collègue Guy Frégault.

On ne fonde pas de pays sans puiser dans l’histoire. Avec ce livre, Carl Bergeron nous force à renouer le fil d’un passé honni. Non plus comme une mythologie compensatoire, mais comme une inspiration pour ce pays « qui déjoue tous les calculs », disait déjà la Grande Marie.

Être Français, c’est vibrer au sacre de Reims et à la fête de la Fédération, selon Marc Bloch. De Marie de l’Incarnation à Gaston Miron, Bergeron veut nous réconcilier avec nous-mêmes. Et avec une histoire qui, dit-il, malgré les trahisons et les défaites, n’a jamais été aussi excitante.

 


La Grande Marie ou le luxe de sainteté,
par Carl Bergeron,
paru en mai 2021,
aux éditions Médiaspaul,
à Montréal
80 pp,
ISBN : 9 782 897 603 182 (2 897 603 186)

samedi 7 août 2021

Publicité Covid-19 — le gouvernement québécois a dépensé trois fois plus que le fédéral dans le Canada entier

Les dépenses en publicités liées à la COVID par le gouvernement Legault sont très importantes.

Les contrats de publicité comprennent-ils une clause où les médias (mis à mal par la concurrence des GAFAM) s’engagent à promouvoir ou à ne pas critiquer les mesures sanitaires du gouvernement Legault ?

Comment se fait-il que le gouvernement du Québec dépense, à lui seul, trois fois plus que le Canada en entier ?

Le gouvernement Legault paie-t-il actuellement beaucoup plus cher que n’importe quel autre annonceur ? S’agit-il de s’acheter l’absence de critique dans les médias ?


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France — Mettre fin à un enseignement de l’histoire instrumentalisée à des fins idéologiques

L’étude par thèmes participe de la vaste déconstruction en cours de la nation française.

Pour passionner les jeunes Français au passé de leur pays, rien de tel que de revenir à l’enseignement chronologique de l’histoire de France. C’est à cette condition qu’ils redécouvriront le génie de leur nation. Une tribune libre de Jean-Michel Castaing paru dans Causeur. J-M. Castaing a intégré l'administration des Finances après des études universitaires et des études de théologie Il est l’auteur de « Pour sortir du nihilisme » (Salvator, 2012).

L’histoire instrumentalisée à des fins idéologiques

Depuis des décennies, les gourous de l’Éducation nationale ont décidé d’enseigner l’histoire à nos enfants d’après des « matières thématiques » au détriment de la chronologie des événements. C’est ainsi que les élèves ont été confrontés à des sujets d’étude universitaires avant même de savoir maîtriser le français…

Courbes, statistiques, tableaux, documents administratifs : qui peut se passionner longtemps pour des objets d’enseignement aussi desséchants ? Ou bien le professeur comparera la royauté capétienne avec une dynastie africaine en survolant allégrement les siècles et les continents… Dans ce cas, l’arrière-pensée idéologique se lit comme un palimpseste dans le projet pédagogique cousu de fil blanc. L’histoire de France devient dès lors un simple prétexte pour formater subliminalement les cerveaux juvéniles dans le « sens de l’histoire »…

Les objections à l’enseignement chronologique sont toujours les mêmes : il s’agirait désormais de façonner des citoyens du monde, d’ouvrir les esprits, d’éviter le repli sur soi, de « sensibiliser » les jeunes aux autres cultures, de leur faire comprendre que la France s’est construite avec des apports extérieurs, ainsi que le débite religieusement le professeur au Collège de France Patrick Boucheron, grand pourfendeur de l’histoire identitaire avec son Histoire mondiale de la France (2017). Mais qui est dupe d’une telle entreprise et ne perçoit pas dans cette rhétorique la marque d’une idéologie multiculturaliste ?


Surtout, cette histoire thématique est trop abstraite pour intéresser les jeunes. Quant à l’enseignement de l’histoire de France au travers du prime des problématiques actuelles (sexisme, racisme, colonialisme, esclavage), ses visées sont trop grossières pour pouvoir passer en contrebande bien longtemps. Visées malhonnêtes aussi parce que cet enseignement orienté fait peser tout le poids de la charge sur l’Occident, alors que toutes les civilisations ont été colonisatrices, esclavagistes, sexistes, patriarcales. À l’escroquerie intellectuelle se joint une partialité née du ressentiment et d’une volonté d’en découdre avec le passé qui sont tout sauf scientifiques.

Se situer dans le temps

Les raisons d’en revenir à une histoire chronologique sont nombreuses. La première réside dans la facilité qu’elle offre aux jeunes de se situer dans le temps. Le présentisme actuel (le fait de ne plus vivre que dans l’instant présent et d’avoir perdu la notion de l’épaisseur historique des êtres et des choses) n’est pas propice à développer en eux la conscience de leur appartenance à un devenir qui court sur des siècles. Résultat : les jeunes Français ignorent d’où ils viennent et par conséquence qui ils sont. Pire, le magistère du « politiquement correct » leur fait un crime de cultiver leur identité, comme si le nec plus ultra du progrès résidait dans une existence d’ectoplasme sans racine ni attachement charnel à une patrie et à ses mœurs et dans l’élan de se faire hara-kiri afin de laisser toute place à l’Autre…

Face à ce rouleau compresseur débilitant et annihilateur, le retour en grâce de l’histoire chronologique permettrait aux élèves de se situer dans une continuité historique de destinée, de renouer avec le sens de la profondeur temporelle de leur pays, de leur apprendre qu’ils sont les enfants d’une généalogie et non les fruits d’une génération spontanée. Les jeunes Français, en situant saint Louis et Louis XVI dans le temps, n’auraient aucune chance de les confondre. La confusion dans les esprits commence en effet par celle des représentations du passé. De plus, un récit chronologique favorise l’intelligibilité de l’histoire. À l’inverse, son étude par « thèmes » brouille les cartes, atomise le devenir et finalement ne donne plus les moyens de faire la différence entre Charlemagne, Napoléon et Hitler…

Mieux comprendre la genèse et la spécificité de la France

L’histoire chronologique, en inscrivant notre époque dans une succession temporelle d’événements et de grands hommes, aide l’élève à se réapproprier le récit national. Il comprend mieux de la sorte le génie français. Car la France n’a pas été créée par les principes abstraits de 1789 et ne se réduit pas aux « valeurs de la République ».

Elle vient de plus loin : de la colonisation romaine, de la conversion de Clovis, du génie unificateur de Charlemagne, de la patience capétienne à « agrandir le pré carré » du domaine royal. Le récit chronologique dresse ainsi le panorama d’un pays qui s’est construit par la volonté de monarques successifs. La France est une œuvre politique avant d’être une « ethnie » ou une « race ».

Or, cette spécificité, seul le déroulé des événements permet de l’appréhender.

Cultiver la mémoire et la curiosité

De plus, l’histoire chronologique suscite davantage la curiosité qu’une histoire thématique abstraite. Il est plus ludique d’apprendre les batailles, les hauts faits d’un règne, les intrigues de cour que les tableaux de statistiques ! Les tableaux, les chiffres, les courbes, les termes abstraits, ça ne se retient pas. La mémoire se construit, se cultive avec des hommes, des récits, des passions, des amours, des renversements de situation, des volontés, des grands hommes. Comment comprendre la détestation dont Marie-Antoinette fut l’objet si on n’a pas appris que la lutte contre la maison d’Autriche a été l’invariant de la politique étrangère de la France depuis Richelieu avant d’être remise en cause sous Louis XV ?

De plus, l’élève est assez grand pour se rendre compte que la guerre au Moyen-Âge ou à la Renaissance, du temps de François 1er, est différente de celle des Temps Modernes, celle de 14-18 ou de 39-45. Au rebours de ce que pensent les pédagogistes, la chronologie n’abolit pas l’intelligence… Elle donne au contraire la possibilité de mieux appréhender l’évolution des mœurs, des pratiques politiques, de la guerre et de la paix. Par contraste, l’étude par thèmes brouille les repères et fait tout mélanger en n’orientant plus ni dans le temps ni dans l’espace.

Un signe du nihilisme contemporain

Enfin, le rejet de l’histoire chronologique est un signe – parmi d’autres – de la prégnance du nihilisme dans les esprits. Les grands hommes, les grands événements, les grandes découvertes, les grands desseins poursuivis par-delà les générations, tout cela est passé par-dessus bord. Seules subsistent dans le récit les vilenies, les atrocités et la domination de l’Occident honni. D’après les nouveaux maîtres de l’histoire, la nôtre est soit criminelle, soit aussi triviale qu’un livre de comptes. Dans tous les cas, ne surnage plus que le rien, le sordide ou le mal. Il est temps d’en finir avec cette histoire-repentance et de renouer avec la trame des événements et des grands hommes dont nous n’avons pas à rougir, sans faire l’impasse toutefois sur les ombres ni la condition précaire des classes populaires.

L’intelligence collective aura tout à gagner à ces retrouvailles avec notre génie. Nous devons bien cela à nos enfants, hypnotisés par leurs Iphones et qui se demandent ce qu’ils ont en commun les uns avec les autres, hormis leur addiction numérique… La France ne s’est pas faite en un jour. Le récit chronologique de notre roman national, loin d’être un bourrage de crâne ou une entreprise de franchouillardise étroite et obtuse, constitue au contraire la meilleure initiation au génie français. Car le génie, que ce soit celui des individus ou des nations, se développe toujours avec le temps, dans la durée. Et comment les jeunes en prendraient-ils conscience si l’enseignement de l’histoire leur occulte la dimension temporelle de celui de notre nation ?

Source : Causeur


vendredi 6 août 2021

Artiste imposteur : il se prétend amérindien et « survivant des pensionnats »

Il se dit membre des Premières Nations et survivant de la rafle [sic !] des années 1960. Pourtant, Morris Blanchard (ci-dessous), célèbre artiste originaire de Kingston, en Ontario, ne serait rien de tout cela, si l’on en croit sa propre famille et certaines de ses connaissances. Plusieurs dénoncent une usurpation d’identité autochtone.

 
Il reste que Morris Blanchard a passé sa carrière artistique à peindre des tableaux en s’inspirant des traditions autochtones. À Kingston [en Ontario, Frontenac ou Cataracoui sous le régime français], ses œuvres sont présentes partout. Elles ont d’ailleurs fait l’objet d’un livre à colorier pour enfants, que l’on peut trouver sur les étagères des librairies du pays.

Celui qui prétend être anichinabé est allé jusqu’à se faire appeler « Onagottay », un patronyme ojibwé. Il affirme également depuis des décennies avoir survécu à la rafle des années 60. Au fil des années, M. Blanchard a cumulé de nombreux prix et obtenu des subventions d’institutions publiques, dont celles de la Municipalité de Kingston et de l’Université Queen’s.

En tant qu’« ancien », M. Blanchard continue d’enseigner la langue ojibwée dans le cadre d’un programme local de préservation des langues autochtones. Mais celles et ceux qui le connaissent, y compris son ex-femme et son frère, ont déclaré qu’il n’est pas un Autochtone.

« Notre famille est blanche », assure Allen Blanchard, l’un des frères de Morris Blanchard. Il décrit les racines de sa famille comme étant principalement norvégiennes, anglaises et, dans une moindre mesure, françaises.

D’après ce que j’ai compris, ma mère m’a dit que nous avions un tout petit peu d’Autochtone en nous, mais je n’ai jamais compris ce qu’elle voulait dire par là.

Allen Blanchard, frère de Morris Blanchard

Morris Blanchard n’a pas souhaité s’expliquer.

Selon son frère, il est toutefois le seul membre de sa famille à s’identifier comme un Autochtone.

Les interrogations concernant l’origine autochtone de Morris Blanchard font suite à l’examen des affirmations d’une poignée d’autres personnalités de la région de Kingston, liées à l’Université Queen’s.

CBC News a commencé à enquêter sur cet artiste après la publication en juin dernier d’une lettre ouverte, signée par une centaine d’universitaires, demandant à l’établissement d’examiner les dommages potentiels d’une fausse représentation identitaire parmi le corps enseignant, le personnel et les associés.

Durant la dernière année, M. Blanchard a fait référence plusieurs fois à son prétendu héritage autochtone et au fait qu’il aurait survécu à la rafle [re-sic] des années 60, au cours de laquelle des Autochtones ont été arrachés à leurs parents et placés dans des familles d’accueil non autochtones.

« J’ai grandi dans un mode de vie traditionnel, anichinabé, et j’ai été élevé dans la nature », a déclaré l’artiste dans un balado.

« Je suis un survivant et je ne lis ni n’écris l’anglais, et j’évolue dans un mode de vie traditionnel », a-t-il maintes fois répété, mais ces affirmations sont contredites par son frère Allen. Dans de nombreux articles et notes biographiques, M. Blanchard a été présenté comme étant un Ojibwé, Métis, Pied-Noir, Navajo, Français et Norvégien.

« Onagottay est originaire du Lac des Bois, en Ontario [près du Manitoba], et a grandi en apprenant la langue et la culture de son peuple », peut-on lire dans un texte en ligne du Département de psychologie de l’Université Queen’s.

Dans ce même article, Blanchard est décrit comme « un membre du clan de l’aigle… un homme-médecin » et « un membre de la loge Midewiwin, où les anciens lui enseignent les méthodes de guérison sacrées, y compris les médicaments traditionnels et leurs usages ».

Morris Blanchard est présent lors d’un événement au Kingston Indigenous Languages Nest, une organisation qui fait la promotion de l’enseignement et de l’apprentissage des langues et de la culture autochtones.

Une publication sur Facebook consacrée à Blanchard pour faire la promotion d’un événement à Kingston indique qu’il a été arraché de sa maison à l’âge de quatre ans « pour aller vivre dans une ferme dont les propriétaires étaient des catholiques ».

D’après un autre article d’un magazine consultable sur le web, l’artiste « a échappé au pensionnat. Il a ensuite été caché chez son grand-père qui s’est occupé de son éducation pendant 17 ans ».

Les vidéos mettant en scène M. Blanchard le montrent souvent vêtu d’un manteau en daim à franges, parlant ojibwé et partageant des connaissances autochtones.

Son frère Allen Blanchard a déclaré que la famille est en fait originaire d’Atikokan, une petite localité rurale au nord-ouest de l’Ontario. Les enfants ont passé un an auprès d’une famille d’accueil, mais, toujours selon son frère, l’artiste est retourné vivre avec ses parents au moins jusqu’à la fin de son adolescence.

Une grande partie de ce que Morris sait de la vie et de la culture autochtones provient de son temps passé avec les membres de la Première Nation [des Sauteaux] de Rivière La Seine [en Ontario près du Manitoba], ajoute son ex-femme Alice Cupp. Celle-ci précise avoir été mariée à l’artiste pendant près de 10 ans dans les années 1980.

« Les médicaments et les valeurs traditionnelles qu’il utilise, il les a appris des gens d’ici à Fort Frances, en particulier de mon grand-père et de mon oncle », soutient Mme Cupp, qui est membre de la Première Nation de Rivière La Seine.

CBC News a contacté les représentants des Premières Nations de la région du lac des Bois et des environs, d’où Blanchard prétend être originaire. Chacun d’entre eux a confirmé que l’homme n’était pas un membre inscrit de leur communauté.

L’Université Queen’s dans le viseur

Au début de l’année, le nom de Morris Blanchard a fait l’objet d’une dénonciation anonyme, qui affirmait que lui et six autres personnes blanches liées à l’Université Queen’s se présentaient comme membres des Premières Nations.

Deux universitaires amérindiens ont depuis écrit une lettre de suivi — distincte de la lettre ouverte — pour exprimer leurs inquiétudes à propos de M. Blanchard en raison de son travail sur l’enseignement des langues et de la culture amérindiennes.

La lettre demande à l’établissement de suspendre immédiatement sa relation avec l’artiste et d’enquêter sur toutes les personnes dont les noms sont inscrits dans la dénonciation.

Geraldine King, une universitaire anichinabée qui a coécrit la lettre, a décrit les comportements de M. Blanchard comme « une forme perverse de colonialisme de peuplement ».

« On nous a déjà tout pris, et puis il y a ce traumatisme qui est lié à la terre et au déplacement. Tout ce qui nous reste, c’est ce traumatisme et ces histoires d’horreur », a-t-elle déclaré.

L’Université Queen’s assure dans une déclaration qu’elle prend « très au sérieux » les inquiétudes exprimées au sujet de M. Blanchard et qu’elle a « entamé à l’interne un important processus de révision en ce qui concerne l’identité autochtone ».

Elle note qu’elle n’a présentement aucun lien avec l’artiste et qu’il « n’est pas et n’a jamais été un employé de l’université ».

Source : SRC 

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