vendredi 13 novembre 2020

Novlangue — « paix linguistique » et « nationalisme pur et dur »

Mathieu Bock-Côté nous permet d’ajouter deux nouvelles entrées à notre lexique novlangue

Paix linguistique
Situation dans laquelle les Québécois se font une fierté de leur capitulation linguistique et consentent à leur marginalisation, leur humiliation collective, et leur dépossession identitaire et politique avec le sourire en plus d’en redemander.
 
Nationalisme linguistique

Formule utilisée sous plusieurs formes (nationalisme pur et dur, revanchard, belliqueux, intolérant, etc.) dans les milieux mondains pour décrire celui qui commence à remettre en question les vertus de la « paix linguistique ».


 
La situation du français à Montréal est catastrophique : tel est le portrait, appuyé par des chiffres précis et de multiples aux études, que brosse le chercheur indépendant Frédéric Lacroix dans son récent ouvrage Pourquoi la loi 101 est un échec (Boréal).

En réalité, l’État du Québec n’a été officiellement francophone que pendant deux ans, de 1977 à 1979, c’est-à-dire de l’adoption de la Charte de la langue française (loi 101) à l’arrêt Blaikie de la Cour suprême du Canada, lequel a invalidé les dispositions de la Charte faisant du français la seule langue officielle de la législation et de la justice. En 1982, le coup de force constitutionnel perpétré par le Premier ministre Pierre Trudeau a atténué la portée des clauses scolaires de la Charte. Sans compter que l’arrêt Ford, en 1988, a rétabli le bilinguisme dans l’affichage.

Bien sûr, l’adoption de la loi 101 a amené de nombreux progrès, notamment celui d’avoir accru les transferts linguistiques des nouveaux arrivants vers le français de 10 % à 50 %. Mais il faudrait, selon Lacroix, qu’ils augmentent à 90 % pour assurer ici un avenir à notre langue. Les locuteurs de langue maternelle française sont minoritaires à Montréal depuis 2006 ; le français comme langue d’usage y sera déclassé par l’anglais en 2036.

Source

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Novlangue — OQLF prescrit « action positive » plutôt que « discrimination positive »

La troisième censure est celle de la paix linguistique. Le Québec ne vit pas une situation de paix linguistique en ce moment. Loin de là. 

Davantage de cours en anglais à l’université Laval (comment davantage d’anglais et la réduction du nombre d’heures de français dès l’école sont-ils un symbole de paix linguistique) ?

La Hongrie propose un amendement constitutionnel pour s'opposer à la théorie du genre

Viktor Orban, Premier ministre de Hongrie
Le gouvernement hongrois a proposé mardi un amendement constitutionnel qui défend l’intégrité sexuelle des enfants tout en limitant l’adoption aux couples mariés.

Dans le projet d’amendement soumis au parlement par la ministre de la Justice Judit Varga, la constitution nationale déclarerait que « la mère est une femme, le père est un homme », rapportent les médias hongrois, tout en interdisant le changement de sexe pour les mineurs.

En opposition directe à la théorie du genre, le texte amendé déclare que « la Hongrie protège le droit des enfants à une identité conforme à leur sexe de naissance et garantit une éducation conforme aux valeurs fondées sur l’identité constitutionnelle et la culture chrétienne de la Hongrie. »

La « dignité humaine », déclare un exposé des motifs, « comprend également le droit de chaque enfant à avoir une identité appropriée à son sexe, y compris la protection contre les interférences mentales ou biologiques avec son intégrité physique et mentale. »

La loi hongroise reconnaît déjà le mariage comme une union stable entre un homme et une femme, et l’amendement de mardi stipulerait que seules les personnes vivant dans une telle union seraient autorisées à adopter des enfants. Les célibataires ne peuvent adopter des enfants qu’avec une autorisation spéciale du ministre chargé des affaires familiales.

« La base des relations familiales est le mariage », dit-il. « La mère est une femme, le père est un homme. »

Les responsables gouvernementaux affirment que le nouveau projet de loi renforcera « l’accent mis sur les droits des enfants lors de l’adoption ».

En août, le gouvernement hongrois avait déjà mis fin aux programmes d’études de genre dans les universités publiques après avoir déterminé que les programmes ne servaient aucun but identifiable et étaient basés sur « l’idéologie plutôt que la science ».

Bence Rétvári, secrétaire d’État au ministère des Ressources humaines, a déclaré que les diplômes universitaires doivent être ancrés sur une base scientifique, alors que les études de genre, « comme le marxiste-léninisme », sont plus justement appelées idéologie que science, et sont foncièrement inappropriées pour l’enseignement universitaire.

Le nombre d’étudiants touchés par l’interdiction est minime : seuls 11 candidats ont été admis en étude de genres cette année à l’université Eötvös Loránd de Budapest et deux à l’Université d’Europe centrale, les deux seules universités qui offrent des études de genre en Hongrie.

États-Unis — Le vote républicain caché : les diplômés opposés au politiquement correct

De tous les ratés de la part des sondeurs lors de l’élection de 2020, le plus grand décalage entre le scrutin et la réalité est venu des élections des représentants à la Chambre. Les 435 représentants sont élus pour deux ans, au suffrage universel direct. Le consensus parmi les principaux pronostiqueurs était que les républicains perdraient 10 à 15 sièges à la Chambre. Un haut responsable républicain de la Chambre déclarait même que perdre cinq sièges républicains serait un bon résultat.

Au lieu de cela, les républicains devraient gagner au moins sept sièges à la Chambre et pourraient finir par remporter jusqu’à 13 sièges détenus par les démocrates lorsque le dépouillement aura été complété. Il est probable qu’aucun républicain de la Chambre ne perdra sa réélection. C’est une énorme erreur qui ne peut être écartée à la légère.

Selon un article convaincant du professeur de science politique Eric Kaufmann, « le correctivisme politique ambiant fait qu’un certain nombre de diplômés blancs craignent de révéler leurs intentions de vote ». Dans son article, il avance la preuve qu’il existerait un vote caché en faveur de Trump qui ne provient pas de ses partisans blancs de la classe ouvrière, mais plutôt des électeurs de tendance conservatrice des banlieues aisées qui ont peur de partager en public leurs points de vue sur la politique et les questions culturelles sensibles.

« Le correctivisme politique (rectitude politique) se réfère au contrôle du discours public afin qu’il  obéisse à des tabous culturels, en particulier ceux concernant la race, le sexe et la sexualité. Ceux qui brandissent des tabous acquièrent un pouvoir rhétorique qui les encourage à élargir le sens de concepts tels que le racisme pour englober des actions non racistes comme voter pour Donald Trump », écrit Kaufmann.

Kaufmann se base sur de nombreuses données sociologiques pour faire valoir que les conservateurs les plus instruits sont les plus réticents à partager leurs points de vue sur ces questions brûlantes avec les sondeurs. (Voir le graphique ci-dessous publié plus tôt sur ce carnet.)  Kaufmann souligne que les sondages à la sortie des urnes montrent une surperformance notable de Trump auprès des électeurs blancs diplômés de l’université : Trump et Biden sont à égalité dans cet électorat, avec 49 % chacun. L’écart entre les prévisions des résultats à la Chambre et les résultats serait la preuve la plus importante de cet électorat caché pro-Trump concentré dans de nombreuses banlieues de la classe moyenne et les banlieues éloignées.

 


Une autre preuve d’un ressac de la classe professionnelle contre les démocrates provient d’une étude sur six mois récemment publiée portant sur les électeurs de banlieue et menée par les principaux stratèges républicains Robert Blizzard (de Public Opinion Strategies) et Liesl Hickey (d’Ascent Media). Curieux de comprendre les électeurs de banlieue, le duo a interrogé sur leurs opinions politiques quarante hommes et femmes de banlieue, diplômés de l’université, dans les États clés au cours des six derniers mois. Les deux chercheurs se sont entretenus avec eux à plusieurs reprises depuis le début du projet en mai 2020.

L’une de leurs conclusions les plus importantes est que de nombreux participants ont exprimé spontanément leur frustration face aux excès de la « culture d’annulation », soulignant un environnement étouffant où les employés craignent d’être licenciés ou punis pour des opinions politiques hétérodoxes qu’ils exprimeraient sur le lieu de travail.

Le cas de l’analyste de données progressiste David Shor est instructif. Il a été licencié ce printemps pour avoir partagé une simple analyse politique sur les réseaux sociaux. Ses mises en garde sur les risques électoraux liés à des politiques progressistes allant trop loin, risques et exagérations que de nombreux démocrates étaient réticents à exprimer publiquement, sont soudainement devenues sagesse conventionnelle à la suite des résultats décevants des démocrates au Congrès.

En effet, au lendemain de l’élection, de nombreux démocrates de la Chambre ont reproché à leurs collègues les plus à gauche les résultats décevants à la Chambre, les accusant de mettre en avant des idées de gauche impopulaires comme mettre fin au financement de la police et soutenir un régime d’assurance médicale publique universelle. Dans l’État de New York, où les républicains ont connu un succès inattendu lors des élections au Congrès et à la législature de l’État, les républicains ont attaqué leurs opposants démocrates sur les questions d’ordre public, y compris une récente loi qui réformait les conditions de mise en liberté sous caution pour faciliter la libération des criminels avant leur procès.

Au lendemain de l’élection de Trump en 2016, l’une des analyses les plus pénétrantes fut celle publiée en 2017 et commandée par le Center for Politics de l’Université de Virginie. Elle tentait de comprendre ce qui avait motivé le soutien des partisans de Trump à cet homme d’affaires grossier. La grande majorité des électeurs de Trump a déclaré que c’était son opposition à la rectitude politique — bien plus que ses politiques, ses antécédents d’homme d’affaires ou ses appels au changement. Les répondants étaient profondément méfiants à l’égard des médias. Près de neuf répondants sur 10 (88 %) déclaraient que les critiques des médias à l’égard de Trump renforçaient leur opinion que le président est sur la bonne voie. Le même pourcentage était d’accord avec l’affirmation de Trump selon laquelle la presse est « l’ennemie du peuple américain ».

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jeudi 12 novembre 2020

Inquisition — Norvège condamne à la prison ceux qui tiennent des propos « transphobes »... en privé

Le 21 décembre 1967, Pierre-Elliott Trudeau, alors ministre de la Justice du Canada, affirmait que « l’État n’a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation ».

La « Fierté » homosexuelle à Oslo
 
En Norvège, comme on le verra ci-dessous, l’État s’immisce non seulement dans les chambres à coucher, mais dans toutes les pièces de la maison. On est en droit de se demander si dans les années soixante cette éviction de « l’État » n’a pas été qu’une ruse, un paravent temporaire : il s’agissait en réalité d’évincer une morale conservatrice pour, dans un premier temps, tant que les progressistes-libertins étaient très minoritaires, prétendre être libertaires et ne rien imposer puis, maintenant que ces mêmes progressistes-libertins sont aux manettes, imposer une inquisition plus puissante que celle abattue dans les années soixante (la prison !), plus perfectionnée techniquement et avec une mémoire bien plus infaillible que les anciennes églises chrétiennes. Cette nouvelle inquisition semble même exclure la possibilité de rédemption.

On remarquera que la loi s’appuie sur une augmentation des « crimes homophobes » en Norvège. Très pudique, la source de l’article (le site LGBT Out) n’identifie pas les coupables de ces « crimes ». Se pourrait-il que ce soit lié à l’immigration massive de populations extraeuropéennes qui voient d’un mauvais œil les mœurs décadentes pour elles des LGBTQ2SAI+ ?

Le Parlement norvégien a donc interdit mardi 10 novembre les discours de haine contre les personnes transgenres et bisexuelles, élargissant son code pénal qui protège les homosexuels et les lesbiennes depuis 1981. Les contrevenants s’exposent notamment à une amende.

La Norvège ne badine pas avec les propos « transphobes ». Comme s’en félicite le site LGBT Out, les personnes reconnues coupables, en privé, de discours de haine contre les personnes transgenres et bisexuelles encourent une amende ou jusqu’à un an de prison. Cette peine peut même aller jusqu’à trois ans de prison pour des propos publics, selon le Code pénal. « Je suis vraiment soulagée. Le manque de protection juridique a été une source de pollution pour les personnes trans pendant de très nombreuses années », a déclaré Birna Rorslett, vice-présidente de l’Association des personnes transgenres de Norvège.

Des crimes homophobes en augmentation

Pour rappel, la Norvège est l’un des pays les plus libéraux d’Europe pour les personnes LGBTQ2SAI+, permettant depuis 2016 aux personnes transgenres de changer légalement de sexe sans diagnostic médical. Mais, dans le même temps, les crimes homophobes signalés ont augmenté, selon le groupe de défense ILGA-Europe. Le projet de loi a été approuvé en deuxième lecture sans vote, a déclaré une porte-parole du Parlement, après avoir été soutenu par les législateurs en première lecture la semaine dernière. Les personnes trans sont « un groupe exposé en matière de discrimination, de harcèlement et de violence », a déclaré la ministre de la Justice et de la Sécurité publique Monica Maeland.

Et d’ajouter : « Il est impératif que la protection contre la discrimination offerte par la législation pénale soit adaptée aux situations pratiques qui se présentent ». Les amendements ont interdit la discrimination fondée sur « le sexe, l’identité ou l’expression de genre » et ont remplacé « l’orientation homosexuelle » par « l’orientation sexuelle », ce qui signifie que les personnes bisexuelles ainsi que les lesbiennes et les homosexuels seront protégés de la discrimination.

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Le wokisme : des protestants puritains athées

 

mercredi 11 novembre 2020

« Quand les Biden auront dégagé, il restera l’Amérique de Trump contre l’Amérique de Kamala Harris »

Zemmour : « Quand les Biden auront dégagé, il restera l’Amérique de Trump contre l’Amérique de Kamala Harris »

Chronique d’Éric Zemmour dans le Figaro Magazine (13/X) sur Kamala Harris

Quand on demandait au général de Gaulle pourquoi il n’avait pas prévu dans les institutions de la Ve République un poste de vice-président sur le modèle américain, il répondait : « Je n’ai pas envie de voir ma veuve tous les matins. » On songeait à cette phrase en observant le couple composé de Joe Biden et de Kamala Harris. Un vieil homme avec des pertes de mémoire troublantes et une jeune femme énergique et ambitieuse. Un politicien roué à l’ancienne et une activiste moderne. Un démocrate centriste à la Clinton et une militante de la gauche du parti. Et surtout un homme blanc et une femme noire (en fait, métisse, mais comme Obama). Cette mise en scène sexuelle et raciale a été particulièrement soignée par les élites démocrates. Les médias n’ont pas exposé les idées de Kamala Harris, mais nous ont répété qu’elle était d’abord une femme (on ne l’avait pas remarqué), que son père était jamaïcain et sa mère indienne (en passant rapidement sur l’appartenance de ses parents aux classes aisées). Kamala Harris a été présentée comme un hologramme de l’Amérique nouvelle obsédée par le genre et la race, et de l’idéologie dominante qui règne sur les campus et dans les salles de rédaction. Kamala Harris a joué complaisamment le rôle qu’on attendait d’elle, multipliant les déclarations sur « le plafond de verre » que rencontreraient toutes les femmes dans leur carrière, donnant son parcours en exemple à toutes les petites filles d’Amérique et du monde.

La mayonnaise a bien pris. Même si Trump, à la surprise générale, a amélioré ses scores au sein des électorats noir et latino, les grandes lignes de l’affrontement sont restées les mêmes qu’en 2016 : si les hommes blancs avaient été les seuls à voter, Donald Trump aurait été réélu haut la main.

Certains, pour s’en effrayer ou pour s’en réjouir, échafaudent déjà des plans sur la comète : un Biden vieillissant, révélant faiblesses, voire maladies mentales, qui ne finirait pas son mandat et laisserait la place à sa fringante vice-présidente qui se présenterait en 2024 pour un mandat tout à elle. Pendant la campagne, Donald Trump avait déjà agité cet épouvantail. Non sans raison. C’est que Kamala Harris incarne cette aile gauche du Parti démocrate qui veut faire de l’Amérique multiraciale une arme de guerre contre l’homme blanc hétérosexuel des classes populaires, les fameux « déplorables » dont parlait Hillary Clinton. L’alliance des minorités sexuelles et des « Black lives matter » est bien décidée à faire la peau de l’ancien monde qu’incarnait jusqu’à la caricature Donald Trump. Déjà, la nouvelle équipe démocrate a annoncé qu’elle lèverait toutes les restrictions à l’immigration, en particulier des pays musulmans, qu’avait érigées le président sortant. L’arme majeure entre les mains de cette mouvance s’appelle la démographie. S’il y a un principe américain qu’ils ont bien retenu, c’est celui-là : « La démographie, c’est le destin. »


Histoire — Il y a 102 ans, l’armistice…

Quelques documents :






L’armistice de 1918, signé le 11 novembre 1918 à 5h15, marque la fin des combats de la Première Guerre mondiale (1914-1918), la victoire des Alliés et la défaite totale de l'Allemagne, mais il ne s'agit pas d'une capitulation au sens propre.


Rappel, le déclenchement de la guerre

Yves-Marie Adeline nous plonge dans l'incroyable succession d'événements de l'année 1914 : le début de la première guerre mondiale et le commencement des bouleversements qui changeront pour toujours la France, l'Europe et le monde. Une fresque passionnante !


«Jeunesse j'écoute» instrumentalise détresse des adolescents blancs pour les culpabiliser

« Jeunesse j’écoute » est un organisme sans but lucratif. Il a reçu 7,8 millions de $ de subventions gouvernementales en 2019. Vos impôts à l’œuvre dans la rééducation de vos enfants.

Selon Mathieu Bock-Coté il « instrumentalise la détresse des adolescents pour imposer les concepts de la gauche radicale américaine et racialiser sur le mode culpabilisateur la jeune génération. »

Ah, les joies de l’immigration de masse diverse et du multiculturalisme.


Note  : la  page en question https://jeunessejecoute.ca/information/etant-blanc-que-dois-je-savoir-du-privilege-blanc/ a été retirée par JeunesseJécoute sans explication. En voici son contenu pour mémoire.

Capsule de Télé Québec accuserait de racisme ceux qui rejettent que racisme systémique existerait au Québec

La chaîne publique Télé-Québec diffuse une capsule censément pédagogique sur le « racisme systémique » destinée aux élèves du secondaire, alors que cette notion est contestée par des intellectuels comme Mathieu Bock-Côté, le Premier ministre François Legault et son gouvernement.

La vidéo d’un peu plus de cinq minutes présentée dans la section « En classe » du site web de Télé-Québec prétend d’entrée de jeu que le concept fait l’objet d’une incompréhension. « On confondrait le mot systémique avec systématique. On en déduirait que ça veut dire que tous les blancs sont systématiquement racistes, partout, tout le temps », dit Maïtée Labrecque-Saganash, une des trois animateurs de la capsule.

Pourtant les critiques comme le Premier ministre François Legault et son gouvernement rejettent le terme en l’associant justement à un concept qui ferait référence à un système de discrimination. « Je répète ce que j’ai dit depuis longtemps : on a, malheureusement, au Québec, des gens qui sont racistes dans toutes les parties de notre société, puis il faut lutter contre le racisme, mais la grande majorité des Québécois ne sont pas racistes. C’est dans ce sens-là que je dis : il n’y a pas un système en place qui fait qu’on s’organise pour discriminer », avait-il notamment déclaré le 2 juin dernier, dans la foulée des manifestations aux États-Unis après le décès de George Floyd aux mains de policiers.

L’ex-chef péquiste Jean-François Lisée, qui a relayé la vidéo sur Twitter mardi, a interpellé le gouvernement caquiste, mardi, pour dénoncer le fait que Télé-Québec « offre une vidéo faisant la promotion du concept de #racismesystémique destinée aux étudiants du secondaire ».

« Pas dans le cursus »

Du côté du diffuseur public, toutefois, on explique que la série de capsules a d’abord été créée pour accompagner le documentaire Briser le code, de Fabrice Vil, militant communautariste noir, diffusé le 29 janvier dernier. Mathieu Bock-Côté a qualifié de Fabrice Vil de « commissaire de la diversité ». Il s’agirait selon le diffuseur public (vos impôts) d’une sorte de « lexique » pour expliquer certains termes polémiques liés au débat sur le racisme, comme celui du « privilège blanc » ou de « l’appropriation culturelle ». La question est bien sûr de savoir si ces termes sont définis de manière militante ou non.

Ainsi, le contenu n’a pas été créé dans le cadre du cursus scolaire, même s’il est présenté dans la section « En classe » du site web, insiste Catherine Leboeuf, chef du service des relations publiques et de presse de Télé-Québec. « Télé-Québec en classe offre de nos contenus, des contenus qu’on a déjà, pour permettre à des enseignants, à des parents, des étudiants, de comprendre certaines notions. Donc, ils ont repris ces capsules-là », dit-elle.

L’environnement dans lequel la vidéo est présentée explique pourtant clairement que le contenu est destiné aux élèves de niveau secondaire et que la matière peut être utilisée dans les cours « Éthique et culture religieuse, Histoire et éducation à la citoyenneté, Monde contemporain ». Ce sont bien sûr les cours à la plus grande charge idéologique où l’enseignement peut choisir d’orienter le débat sur les terrains favoris de la gauche « anticoloniale », woke et multiculturaliste.

Judith Lussier et financement public

Cette vidéo est financée par le Fonds des Médias du Canada (vos impôts) et grâce à la collaboration de Télé-Québec (vos impôts)… Elle a été écrite par Judith Lussier qui est coutumière des vidéos militantes woke (diversitaires, féminisme radicale, LGBTQ, multiculturalisme). Correctivisme politique garanti. 

Selon Jean-François Lisée Cette vidéo d’État affirme que ceux, comme lui et les membres du gouvernement, « qui s’opposaient à un débat biaisé du PLQ sur le #racismesystémique font preuve de (roulement de tambour)… “racisme” ».  

Québec se dissocie mollement

Au cabinet de la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, on se dissocie du contenu de la vidéo. « Soyons clairs : nous ne partageons pas la vision de cette capsule. Il y a du racisme au Québec, mais celui-ci n’est pas érigé en système », affirme l’attaché de presse de Mme Roy.

« Le gouvernement du Québec n’a pas l’intention de s’immiscer dans les contenus produits par des médias ou chaînes publiques », ajoute-t-il toutefois.

Cette réponse n’a pas satisfait Jean-François Lisée qui accuserait de racisme ceux qui s’opposent à une consultation sur le racisme systémique au Québec.

Le racisme systémique ne devrait pas être enseigné aux élèves du secondaire, estime le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon.

Il appelle donc Télé-Québec à retirer de la section « En classe » une capsule qui aborde ce concept dont le gouvernement Legault refuse toujours de reconnaître l’existence, du moins dans la province./p>

« Moi, aux dernières nouvelles, je n’ai jamais entendu qu’au sein du ministère de l’Éducation, on ait pris une nouvelle orientation dans le cadre de laquelle on enseigne ces notions-là à l’école secondaire. [Mais] je pense qu’il faut que la capsule existe, puis on peut en débattre. C’est ça, une démocratie », a indiqué Paul St-Pierre Plamondon, en point de presse, mercredi./p>

La porte-parole de Québec solidaire en matière d’éducation, Christine Labrie, croit plutôt qu’il ne revient pas aux politiciens de décider de ce qui doit être enseigné ou non à l’école. Ah, chiche ! Plus de cours d’éthique de culture religieuse ?

Description de la vidéo par Télé Québec :

Nos trois animateurs analysent les mythes reçus sur le racisme systémique et vulgarisent ce concept mécompris. 

Niveaux visés :
Secondaire 1, Secondaire 2, Secondaire 3, Secondaire 4, Secondaire 5
 

Matières visées :
Éthique et culture religieuse, Histoire et éducation à la citoyenneté, Monde contemporain
 

Types d’utilisateurs :
Élève secondaire

Voir aussi

Vos impôts à l’œuvre : Télé-Québec et le féminisme extrémiste (Judith Lussier)

Cours d’éducation à la sexualité, l’imposition de la théorie du genre est cruciale… (Lili Boisvert, activiste progressiste qui fait des capsules militantes sur Télé-Québec avec Judth Lussier)

mardi 10 novembre 2020

France — Chute inquiétante du niveau des élèves dans les quartiers immigrés

Le ministère de l'Éducation nationale français a communiqué les résultats d'évaluations sur le niveau des élèves réalisées à la rentrée. Les élèves dans les quartiers immigrés (dits à éducation prioritaire) sont les plus touchés par le confinement.

La crise du coronavirus a frappé tous les milieux, notamment les établissements scolaires. Alors que le premier semestre 2020 a été marqué par la fermeture des établissements scolaires dès le mois de mars, l’impact du confinement sur le niveau des élèves s’avère particulièrement lourd. Comme le rapporte Europe 1, l'Education nationale a en effet dévoilé lundi 10 novembre les résultats des évaluations nationales menées à la rentrée dans les établissements scolaires. Si le ministère parle ainsi d'une situation préoccupante, imputable aux mesures prises pour lutter contre l'épidémie de coronavirus, elle met surtout en lumière des baisses de niveau particulièrement fortes dans les niveaux charnières du CP (6/7 ans) et CE1 (7/8 ans).

De faibles et ruineux progrès réduits à néant

En CE1 particulièrement, les baisses de niveau concernent notamment la lecture et l'écriture. Dans les quartiers difficiles où les classes de CP-CE1 avaient été dédoublées à grands frais pour favoriser l'apprentissage, le confinement a ainsi balayé tous les progrès. « Moi ce qui m'inquiète, c'est que le ministère est sourd à nos demandes qui remontent quand même au premier confinement, d'allègement des programmes. Ce serait pourtant une façon de pouvoir sereinement aborder l'enseignement dans l'année. Pour nous et pour les élèves, aussi », explique à Europe 1 Jean-François Clair, prof de maths en sixième dans un collège d'éducation prioritaire. Pour le moment, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a indiqué qu’il n’était pas question d'alléger les programmes.

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Très faible impact du dédoublement très coûteux des classes en « banlieues difficiles »

France — dédoublement des classes en banlieues, fermeture de 200 à 300 classes en milieu rural

France — Classes dédoublées en banlieues immigrées, l'intendance ne suit pas

lundi 9 novembre 2020

Les Québécois les plus anti-Trump... Informés par des médias partiaux ?

Selon des chiffres d’un sondage fourni par Jean-François Lisée, les Québécois sont les chauds partisans de Joe Biden. M. Lisée s’en réjouit.


C’est possible. Mais que prouveraient ces chiffres ? Que les gens au Québec utilisent un filtre (TVA, SRC, La Presse, Le Journal de Montréal) pour avoir de l’« information » sur la politique américaine et que ce filtre (en français) est très biaisé unanimement en faveur de Biden ? Ou plutôt, unanimement contre Trump, car personne ne sait vraiment ce que Biden représente ?  Unanimité nettement moins perceptible dans le Canada anglais où les gens obtiennent souvent leurs informations à la source : ils regardent, écoutent et lisent les médias américains en nettement plus grand nombre.

Cette unanimité des médias québécois nous laisse d’ailleurs songeurs : quel avantage un groupe comme TVA/Journal de Montréal a-t-il à n’être qu’une pâle copie moins subventionnée de Radio-Canada ? Ce consensus qui parcourt les médias est vrai pour toute une série de sujets : la politique américaine, la défense des valeurs progressistes, mais aussi la gestion de la pandémie (peu critiquée dans tous les médias subventionnés).

C’est très différent de ce que l’on observe dans d’autres pays. Ce consensus est-il dû à l’étroitesse du marché québécois ? Tous les journalistes québécois se connaissent, beaucoup savent que leur poste est précaire et que leur prochain employeur pourrait leur reprocher de ne pas suivre le mouvement.  Nous attendons qu’un seul média québécois produise une tribune comme celle-ci (tirée du Figaro). Nous n’avons rien lu de positif sur Trump dans les médias québécois.

Christopher Caldwell: “Le Bilan de Trump a été, à bien des égards, impressionnant”.

Christopher Caldwell est éditeur à la Claremont Review of Books (Los Angeles), contributeur d’opinion au « New York Times » et auteur d’« Une révolution sous nos yeux » (L’Artilleur) et « The Age of Entitlement: America Since the Sixties ». Il est membre du comité de rédaction de la revue « Commentaire ». L’essayiste et journaliste américain affirme que sans la crise du coronavirus Donald Trump aurait probablement été réélu. Il attribue les bons scores du président sortant à ses résultats économiques.

LE FIGARO. — Alors que beaucoup prédisaient une victoire facile pour Joe Biden, l’élection a été très serrée. Qu’est-ce que ce décalage révèle ?

Christopher CALDWELL. — Évidemment un échec des journalistes et des sondeurs. Considéré, à juste titre, comme une faute professionnelle. Mais cela reflète aussi un problème plus profond. Avec la mondialisation, les citoyens occidentaux ont cédé une grande partie de leur pouvoir de décision démocratique à des experts : banquiers centraux, concepteurs d’algorithmes de moteurs de recherche, épidémiologistes… mais aussi sondeurs et journalistes. Donald Trump, comme d’autres populistes, ne fait pas confiance aux motivations de ces experts. Il se méfie de leur expertise même. Il dit qu’ils ne servent pas le pays, mais l’exploitent. Un échec comme celui des sondeurs de mardi semble confirmer le point de vue de Trump.

— Quelles sont les sources de la popularité de Donald Trump dans une partie de l’Amérique ?

Il ne s’agit pas juste d’une partie de l’Amérique ! Trump a remporté 85 % des comtés des États-Unis en 2016 et fera probablement un score aussi bon cette année. Pourquoi ? L’explication est analogue à celle que fait en France votre Christophe Guilluy, qui voit une fracture entre ces lieux qui participent à l’économie mondiale et ces quartiers périphériques qui n’y participent pas. Les démocrates représentent les élites financières et technologiques des villes mondialisées, et ceux qui en dépendent, surtout les minorités raciales et sexuelles qui bénéficient de leur hégémonie sur l’appareil judiciaire des droits de l’homme. Trump représente le reste. Cela aboutit à une division du pays à 50-50.

— Que retiendra-t-on du mandat de Donald Trump ? Quel est son bilan en termes de politique intérieure et extérieure ?

Une loi de réduction d’impôt mise à part, Trump n’a adopté aucune loi digne d’être mentionnée — aucune. Ce n’est pas une faute qui lui est propre. C’est le résultat d’un effondrement des institutions américaines. Le plan baroque de réforme des soins de santé de Barack Obama et la réforme de l’éducation de George W. Bush, bâclés l’un et l’autre, sont les seules lois importantes de ce siècle. Mais la législation n’est pas le seul moyen de changer un pays, et le bilan de Trump a été, à bien des égards, impressionnant. Il a été élu pour mettre fin aux interventions dites « humanitaires » et il l’a fait. Il a annulé l’« accord » de Barack Obama qui aurait donné à l’Iran une voie vers les armes nucléaires. Trump a, de surcroît, renforcé la position d’Israël au Moyen-Orient. Son insistance pour que les pays européens participent davantage aux coûts de leur propre défense a été grossière et peut-être impopulaire parmi les alliés. Mais comme la plupart des citoyens européens le savent, il a raison. De nombreux Américains admirent l’économie d’exportation allemande, mais ils ne souhaitent pas la subventionner. Et il a complètement changé la façon dont les Américains des deux parties pensent leur dépendance aux produits chinois bon marché. C’est en réalité une victoire pour la nuance : le commerce est bon, mais pas en tout temps et en tout lieu. Lorsqu’un pays industriel supposé avancé est incapable de fabriquer des masques chirurgicaux, des lingettes pour les mains et de l’ibuprofène pendant une pandémie, c’est qu’il a poussé la mondialisation trop loin. Mais la plus grande réussite de Trump concerne l’économie. D’autres présidents ont permis une croissance économique régulière. Mais pendant les trois premières années de la présidence Trump, une part disproportionnée des gains est allée aux travailleurs à faible revenu. Il a apporté une croissance salariale de près de 5 % pour les travailleurs du quart le plus bas des revenus. Il s’agissait du premier nivellement soutenu des revenus et des richesses depuis le siècle dernier. C’est pourquoi les électeurs des régions oubliées du pays ont voté pour Trump en 2016. C’est pourquoi un nombre surprenant de jeunes Latinos et de Noirs s’est tourné vers sa candidature cette année. Pourquoi les politiques économiques de Trump ont-elles eu des effets aussi égalitaires ? Ce n’est toujours pas très clair. Peut-être ses restrictions à l’immigration ont-elles réduit la concurrence salariale pour les pauvres américains. Quelle qu’en soit la raison, les futurs présidents souhaiteront l’étudier. Le coronavirus a tout inversé, mais les électeurs s’en sont souvenus et une majorité d’entre eux approuvent sa politique économique, même maintenant.

— S’il n’y avait pas eu la crise du coronavirus, aurions-nous assisté à une vague trumpiste ?

Trump aurait probablement été réélu facilement, car le point central de la campagne aurait été l’économie, pas les manifestations raciales et les émeutes urbaines du début de l’été. Malheureusement pour lui, le Wisconsin, un État crucial qu’il a remporté en 2016 et perdu en 2020, a été dévasté à la fois par le virus et les émeutes des jours précédant les élections. Une véritable « vague » Trump aurait été peu probable. Mais il faut néanmoins souligner que les républicains ont réussi une bien meilleure performance qu’attendue aux élections législatives de cette semaine.

— L’Amérique sort de cette élection plus divisée que jamais. Comment réconcilier les deux Amériques ?

Ce qui est le plus inquiétant, ce n’est pas que les deux Amériques soient divisées sur ce que le pays devrait faire, c’est l’état normal des affaires dans une démocratie. C’est que les deux parties ne puissent plus s’entendre sur ce que le pays devrait être.

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