dimanche 27 janvier 2019

« Nous irons dans les écoles pour entamer un dialogue » sur le racisme systémique au Québec

La Presse nous apprend qu’afin de lutter contre l’« exclusion » et la « discrimination », des militants viendront dans les écoles « dialoguer » (culpabiliser).

Un collectif d’auteurs — parmi lesquels on trouve Will Prosper, Webster, Fabrice Vil, Stella Adjokê et Widia Larivière — discute des différentes facettes de ce qu’il considère comme du racisme, afin « d’amorcer une discussion publique ». Présidente de la fondation Paroles de femmes et membre de l’incubateur Hoodstock à Montréal-Nord, Amel Zaazaa a codirigé l’ouvrage avec le philosophe Christian Nadeau. La Presse lui donne une tribune et l’interviewe. Amel Zaazaa est relationniste de presse à la Fédération des femmes du Québec, elle fut attachée politique de Mme Anne Lagacé Dowson (NDP) en 2015. Tunisienne d’origine, son dernier emploi en Tunisie fut Chargée des relations médias aux ministères des affaires étrangères français (jusqu’à la fin 2013).

Amel Zaazaa a participé à un reportage de la BBC sur les difficultés d'intégration au Québec en 2015, elle s'y plaignait du fait que Québec n'offre pas de classes d'anglais gratuites aux immigrants,

Pourquoi ce livre ?

L’idée est née il y a plus de deux ans. Quand il a été question de la commission sur le racisme systémique, il y a eu beaucoup de controverse dans les médias. Les gens ont réagi fortement, ils ont cru que tous les Québécois étaient accusés d’être racistes. Pourtant ce n’était pas la première fois qu’on en parlait. Déjà en 1969, lors des émeutes à l’Université Concordia, les gens réclamaient une telle commission. [Note du carnet : Les causes du conflit remontent à 1968, lorsque six étudiants antillais anglophones ont accusé Perry Anderson, professeur de biologie, de discrimination parce qu’ils avaient eu de mauvaises notes à un examen. Les émeutes se conclurent par 2 millions $ de dégâts (13 millions $ en tenant compte de l’inflation) par les étudiants « racisés » et « afrodescendants ». Le professeur accusé de racisme par six étudiants noirs anglophones fut déclaré innocent. La commission d’audience chargée de l’affaire a estimé qu’« il n’y avait aucune preuve pour étayer les accusations générales de racisme ».]

Il faut faire une différence entre le racisme individuel et le racisme systémique. On a voulu nuancer tout ça, d’autant plus que le débat se faisait sans que les personnes concernées soient impliquées. Avec Christian Nadeau, de l’Université de Montréal, qui est également président de la Ligue des droits et libertés, on a voulu faire un livre qui s’adresserait au plus grand nombre, un livre accessible qui serait aussi un outil d’éducation populaire.

Comment définissez-vous le racisme systémique ?

Quand on parle de racisme systémique, on ne parle pas d’une société qui a érigé le racisme en système, mais bien d’un ensemble d’oppressions subies par les personnes racisées dans différents domaines (la justice, la santé, l’éducation, etc.). Quand, par exemple, un seul nom peut être un obstacle majeur à l’obtention d’un logement ou d’un emploi, c’est du racisme systémique. Si mon voisin ne m’aime pas, c’est du racisme individuel et ce n’est pas très important. Mais si ce même voisin a le pouvoir de me priver de quelque chose d’important, d’un droit, alors là, on parle de racisme systémique. [Cette distinction nous paraît floue et sujette à discussion. On peut parler de racisme « systémique » ou « institutionnel » quand des lois et des règlements discriminent en fonction de la race comme en Afrique du Sud actuellement contre la minorité blanche, mais le racisme d’un propriétaire qui prive quelqu’un de quelque chose de vague d’important reste du racisme individuel.]

Avec le livre, nous allons entreprendre une tournée d’éducation populaire. Nous irons dans les écoles pour entamer un dialogue. Il ne s’agit pas de montrer du doigt des individus ou des groupes, mais bien de prendre acte, d’identifier les problèmes et de trouver des solutions. SLĀV nous a montré que c’est possible [NdC : que l’hystérie et la culpabilisation fonctionnent], qu’à l’abri des caméras on peut se rencontrer, dialoguer, aller au-delà des susceptibilités de chacun et avancer. On peut faire la même chose avec le racisme.

Les médias sont souvent montrés du doigt dans le livre. Quel rôle peuvent-ils jouer ?

Prenons le terme d’« appropriation culturelle ». Les gens ne comprenaient pas ce que cela signifiait. Mais grâce au débat et aux nombreuses discussions, ils ont finalement compris. [Ils ont plié.] C’est un exemple positif du rôle que peuvent jouer les médias lorsqu’ils expliquent des concepts [adopte notre vocabulaire, notre lexique et notre vision du monde]. Ils peuvent également donner des tribunes à des gens qui n’en ont pas, sinon le débat se fait sans nous. Mais il faut une volonté politique et sociale. Et il faut refuser que les politiciens instrumentalisent les peurs, comme c’est le cas dans le débat sur l’immigration, par exemple. Je suis arrivée au Québec il y a cinq ans, je parle parfaitement français. Or on parle de moi comme si je n’étais pas voulue au Québec. Les immigrants ont l’impression de ne pas être des citoyens à part entière [description monolithique des immigrants, ils sont divers et tous n'ont pas cette impression !]. On parle de nous comme si nous étions un bloc monolithique [oups, Amel tu viens de le faire en parlant au nom de tous les immigrants]. Or nous avons droit à notre individualité.


Éducation à la sexualité : « les craintes des parents sont légitimes »

Texte de Nadia El-Mabrouk, professeure à l’Université de Montréal. Ce texte aurait mené à l’exclusion de la professeure Nadia El-Mabrouk d’un colloque syndical à cause de ses positions sur la laïcité et l’éducation à la sexualité.


« In Queer We Trust » est le message que je peux lire tous les jours sur un autocollant à la porte de ma station de métro. Et si c’était une religion ?

Cela expliquerait la déferlante de messages virulents que j’ai reçus après ma chronique sur l’identité de genre, afin de parfaire mon « éducation » sur le sujet.



Le sexe serait « un continuum d’états sur le spectre de l’arc-en-ciel », il ne serait pas constaté, mais « assigné » à la naissance, des personnes seraient « nées dans le mauvais corps », il y aurait des « femmes avec un pénis » et des « hommes qui accouchent ». Toute objection est déclarée transphobe.

En clair, l’idéologie queer est une orientation politique dont l’objectif est de nier la binarité des sexes.

La notion de femme et d’homme serait une question d’« identité de genre », autrement dit de ressenti, et non de sexe biologique.

À qui profite cette déconstruction des concepts ? Certainement pas aux femmes victimes d’inégalités sociales liées à la maternité ni à celles aux prises avec des traditions patriarcales qui les aliènent sur la base de leur sexe.

C’est pourtant ce nouveau paradigme qui, sans qu’aucun débat public n’ait eu lieu, imprègne les discours politiques et les orientations gouvernementales. Il est à l’origine du remplacement de la notion de sexe par celle de « genre » dans les documents officiels.

Dernièrement, c’est Statistique Canada qui annonçait le remplacement de la variable « sexe » par la variable « genre que ressent intimement une personne (selon où elle se positionne sur le continuum de l’identité de genre) » 1. On croit rêver !

Comment une institution aussi essentielle pour la démocratie pourra-t-elle baser ses enquêtes sur une dimension des plus floues et des moins scientifiques, plutôt que sur une donnée objective ?

Comment le gouvernement compte-t-il remplir ses engagements de mesurer les écarts de salaire, d’employabilité ou de conditions de vie entre les hommes et les femmes, des données essentielles pour atteindre l’égalité ?

Pour ce qui est du « continuum des genres », les formulaires de Statistique Canada offriront-ils la panoplie des identités que promeuvent les militants de la cause trans, soit « transsexuelle, transgenre, homme et femme trans, genre fluide, genre variable, travestie, sans genre, gender fuck, bispirituelle, etc. » ? Cette idéologie, qui a déjà largement pénétré la sphère politique, se retrouvera-t-elle à l’école ?

Cours d’éducation à la sexualité

L’instauration au Québec d’un cours qui permette [note du carnet : permettrait uniquement] aux enfants d’intégrer une vision saine de la sexualité, et de les prémunir contre les agressions sexuelles, est une excellente nouvelle. Mais les parents doivent être informés du contenu du cours, du matériel pédagogique et des intervenants. Leurs craintes sont légitimes.


En Colombie-Britannique, par exemple, le ministère de l’Éducation a instauré le programme « Orientation sexuelle et identité de genre » (SOGI) qui, sous couvert de lutte contre la discrimination, intègre le vocabulaire transgenre.

D’ailleurs, le jumelage qui est toujours fait entre l’orientation sexuelle et le discours trans ne risque-t-il pas de créer un ressac contre la nécessaire lutte contre l’homophobie ?

C’est pour manifester leur opposition à de tels programmes que des parents aux États-Unis, en Australie et au Canada, ont retiré leurs enfants de l’école le 23 avril dernier. Au-delà des raisons religieuses de certains parents, une grande partie de la contestation concerne un matériel pédagogique développé par des militants de la cause trans. C’est le cas du site SOGI financé, entre autres, par des organisations LGBTQ+2.

Dans une capsule vidéo publiée sur ce site, on nous présente une « fille trans » de 14 ans, autrement dit un garçon, qui explique être une fille, notamment par le fait qu’il aime dessiner des sirènes.

Cette semaine, Radio-Canada nous présente Alexis, un ex-culturiste, qui explique son sentiment d’être une femme par le fait d’avoir toujours été attiré par les jouets, le maquillage et les vêtements féminins. Alexie, devenu « femme », donne des conférences devant des jeunes du secondaire.

A-t-on fait tout ce chemin de lutte contre les stéréotypes pour en arriver là ?

Plutôt que de brouiller la distinction entre les sexes, le rôle de l’école n’est-il pas de faire en sorte que les garçons se sentent à l’aise de pratiquer des activités traditionnellement assignées aux filles, et inversement ? [Note du carnet : non, ce n’est pas plus le rôle de l’école gouvernementale. Qu’on laisse les garçons être garçons, qu’on les aide à moins décrocher et qu’on ramène le goût de l’effort à l’école, qu’on remette l’accent sur l’instruction des savoirs, moins de volonté de changer les enfants des autres pour en faire des « progressistes », des métrosexuels. Ensuite chaque école, selon sa tradition pourra offrir le contenu moral recherché par les parents. On pourrait ainsi avoir des écoles catholiques, d’autres très progressistes, LGBT, si l’on veut du moment que cette philosophie est clairement affichée et que les parents choisissent l’école en connaissance de cause.]

Comment les enseignants devront-ils surfer sur ce paradoxe qui consiste, d’une part à lutter contre les stéréotypes, comme le prévoit la stratégie gouvernementale « Pour l’égalité entre les femmes et les hommes », et d’autre part à aller dans le sens de la reconnaissance de l’« identité de genre » qui s’appuie, en grande partie, sur l’acceptation des stéréotypes ?

Nous sommes de nombreux parents à contester le cours d’Éthique et culture religieuse qui cantonne les enfants dans des appartenances religieuses. Allons-nous faire face, avec le cours d’éducation à la sexualité, à une nouvelle idéologie, encore plus intrusive, qui nie les sexes ? J’appelle le ministre de l’Éducation à s’assurer que le cours soit à l’abri de telles dérives.

jeudi 24 janvier 2019

Vidéo de la conférence Ayas - Gendreau sur le programme imposé d'éducation à la sexualité

France, premier bilan des classes dédoublées en zone prioritaire

Les élèves sont « beaucoup plus attentifs, concentrés, efficaces » et les enseignants, plus satisfaits : pour le ministère de l’Éducation, les premiers résultats du dédoublement des petites classes dans les quartiers défavorisés (très majoritairement des banlieues immigrées) sont « positifs ». Cette politique, surnommée « 12 élèves par classe », au cœur du programme présidentiel d’Emmanuel Macron et brandie comme la grande mesure sociale du gouvernement, a été mise en place dès septembre 2017, pour 60 000 élèves de CP issus des milieux les plus en difficulté de l’éducation prioritaire (en « REP + »). Elle profitera à 300 000 élèves en 2020, soit 20 % d’une classe d’âge. Le ministère de l’Éducation a publié mercredi une première évaluation de cette politique. L’étude a comparé les résultats des 60 000 élèves avec d’autres, ayant le même profil socioéconomique mais qui ne bénéficiaient pas du dédoublement.

Sur ces 60 000 élèves, 40 % étaient en très grande difficulté en mathématiques et en français, soit 24 000 élèves. Le dédoublement a permis « une baisse de cette proportion d’élèves en très grande difficulté de 7,8 % pour le français et de 12,5 % en mathématiques ». Soit, au total, 2 000 élèves de moins en très grande difficulté en français et 3 000 élèves de moins en très grande difficulté en mathématiques. « C’est un beau résultat, très positif, mais qui reste un petit résultat, commente Laurent Cros, délégué général de l’association Agir pour l’école et proche du ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer. En un an, on est donc passé de 40 à 37 % d’élèves en très grande difficulté en français, et de 40 à 34 % en mathématiques. »

« Les résultats sont très décevants », estime de son côté Roland Goigoux, professeur à l’université de Clermont-Auvergne, et très critique à l’égard de la politique de Jean-Michel Blanquer. « Les enseignants qui ont des CP dédoublés sont naturellement contents, mais cela ne veut pas dire que le dédoublement est efficace », juge-t-il.

Fabienne Rosenwald, à la tête de la Direction de la prospective du ministère, qui a piloté l’évaluation, admet d’ailleurs que les résultats sont « plutôt dans la fourchette basse » par rapport aux attentes. « La question qui se pose est celle du coût du dispositif — très fort — rapporté à l’efficacité – modeste », reprend Roland Goigoux, qui déplore que le ministère n’ait pas publié les résultats de l’évaluation du dispositif du « plus de maîtres que de classes », lancé sous le quinquennat précédent. Ce dispositif consistait à mettre en place un maître en plus dans certaines écoles.

« Des transformations pédagogiques plus importantes devront accompagner le déploiement et l’approfondissement du dispositif dans les années à venir pour donner sa pleine efficacité à la mesure de dédoublement », affirme-t-on au ministère. Autrement dit, pour avoir des résultats plus significatifs, il faudra que les enseignants changent leurs pratiques pédagogiques. Le ministère cite en exemple les expérimentations menées par Alain Bentolila, professeur à l’université Paris-Descartes, et celles d’Agir pour l’école. « Ce changement pédagogique n’a pour l’instant pas eu lieu, déplore Laurent Cros. C’est vraiment le point majeur. » Pour accélérer, le gouvernement entend aussi étendre le dédoublement, en commençant par les grandes sections de maternelle, conformément aux souhaits du chef de l’État de « généraliser » la mesure à toutes les petites classes.

L’ombre au tableau ? Le « coût » de la mesure, qui a fait augmenter les effectifs d’autres classes, dénonce le Snuipp, principal syndicat du primaire.

Sources : Les Échos et 20 minutes

Novlangue : afrodescendant


Afrodescendant  (nom et adj.): un Noir, noir.

« Le terme afrodescendant fait référence à toutes les personnes dont les ancêtres sont issus des populations africaines. » Quartier Libre. Robert Lepage invite les militants afrodescendants aux prochaines répétitions de SLĀV (Radio-Canada).



Éric Zemmour interrogé sur la réception de son livre, l'immigration, la censure, les Gilets Jaunes

Éric Zemmour accorde un long entretien au sénateur belge Alain Destexhe (semaine du 13 au 20 janvier 2019) au sujet de
  • l'accueil de son livre « Destin français » (0’13),
  • les « Gilets jaunes » (5’56)
  • Macron (8’05),
  • la liberté d'expression et la démocratie (10’57),
  • un peuple qui ne veut pas mourir (le « populisme », l'immigration, Trudeau) (15'10),
  • le gouvernement des juges (17'10),
  • enfin, brièvement, sur l'Europe (20’54).


mardi 22 janvier 2019

Obligés d'occulter des informations aux parents par « loyauté »

Des professeurs disent se faire de plus en plus surveiller sur les réseaux sociaux ou subir des pressions par leur direction pour dissimuler des informations aux parents.

« On m’a déjà ordonné de rester muette pendant une rencontre de parents », raconte Josianne (nom fictif), une enseignante de l’île de Montréal qui préfère taire son vrai nom pour éviter les représailles de sa commission scolaire.

Cet exemple vient illustrer une tendance qui préoccupe plusieurs syndicats à travers la province : des directeurs d’école qui rappellent aux profs qu’ils ont un « devoir de loyauté » leur interdisant de critiquer leur commission scolaire.

C’est d’ailleurs en raison de cette clause que les enseignants qui ont parlé au Journal ont tous tu leur nom.

Ce phénomène a fait beaucoup réagir au début décembre après qu’une enseignante qui avait raconté son histoire à La Presse eut été menacée de congédiement.

Depuis la fin octobre, Le Journal a recueilli des témoignages de six profs ou représentants d’enseignants, ainsi que de deux mères d’élèves, concernant le contrôle de l’information.

Certains disent faire l’objet d’une surveillance sur les réseaux sociaux de la part de leur commission scolaire, qui les décourage d’« aimer » certaines publications sur Facebook (voir ci-dessous).

Des directions vont même empêcher la bonne communication avec les parents lorsqu’ils souhaitent cacher à quel point les services pour les élèves en difficulté sont insuffisants dans l’école.

[...]

« On ne sait jamais si on peut être 100 % honnête avec les parents, parce qu’on sait que ça peut nous retomber dans la face », dit Marie (nom fictif), qui enseigne sur la Rive-Sud de Montréal.

Elle donne l’exemple de parents qui veulent faire évaluer leur enfant par le psychologue de l’école.

« J’ai juste envie de leur dire : “dans huit mois, il sera encore sur la liste d’attente”. Mais [chez nous], on ne peut pas le dire. »

Cette situation n’existe pas dans toutes les écoles. Toutefois dans certaines régions, le phénomène prend de l’ampleur, remarque Éric Gingras, du Syndicat de Champlain.

Ce rappel du « devoir de loyauté » est selon lui régulièrement utilisé de façon « abusive ». Des directions vont même le brandir pour mater les désaccords en réunion d’équipe, illustre-t-il.

Liberté d’expression

En fait, le « devoir de loyauté » pour ne pas nuire à la réputation de son employeur est inscrit dans le Code civil et s’applique à tous les employés.

Or, une commission scolaire ou un hôpital ne devraient pas l’utiliser de la même façon qu’une entreprise privée puisqu’ils n’ont pas les mêmes intérêts économiques, explique Finn Makela, professeur en droit à l’Université de Sherbrooke.

EXEMPLES DE PROFS MUSELÉS

Surveillance après une tempête

Lors de la tempête de neige du 24 janvier 2017, des centaines de personnes avaient critiqué la décision de la Commission scolaire Marie-Victorin (CSMV), sur la Rive-Sud de Montréal, de garder les écoles ouvertes.

« Une secrétaire a été affectée le jour même pour scruter les commentaires et trouver ceux qui venaient d’employés », raconte Éric Gingras, du Syndicat de Champlain.

La CSMV n’a pas répondu aux questions à ce sujet. Par courriel, elle assure respecter le « droit à la liberté d’expression », mais rappelle que les employés doivent « faire preuve de réserve » étant donné la confidentialité de certaines informations.

Service d’interprète coupé

M. Gingras se souvient du cas d’un élève sourd et muet qui avait droit à un interprète en classe. Cette aide allait être réduite d’une journée par semaine. Le prof s’est fait avertir par la direction parce qu’il avait révélé cette information cruciale aux parents, raconte M. Gingras.

Mais parce que l’enseignant a refusé de garder le silence, les parents se sont plaints et l’élève a pu garder son interprète toute la semaine, conclut-il.

S’abstenir de « liker »

Plusieurs commissions scolaires n’hésiteraient pas à invoquer le « devoir de loyauté » pour empêcher les profs de s’exprimer, même quand leurs commentaires n’identifient pas leur école.

« Le fait d’aimer ou de partager certaines publications sur les médias sociaux peut donner l’impression que vous endossez le message », peut-on lire dans une lettre envoyée en septembre à tout le personnel de la CSMV.

« Dans le doute, nous vous recommandons de vous abstenir de tout commentaire », conclut la lettre qu’a obtenue Le Journal.

Muette pendant 25 minutes

Au printemps dernier, Josianne (nom fictif) devait discuter avec des parents à propos de leur enfant, qui avait de graves difficultés d’apprentissage et qui n’avait pas reçu tous les services professionnels nécessaires pour pouvoir l’aider.

« Je crois que la direction avait honte », suppose Josianne.

Alors plutôt que de dire la vérité, elle croit que la direction a choisi de ne pas tout révéler aux parents et de lui interdire de parler.

Seule la direction pouvait s’adresser à la mère. Pendant les quelque 25 minutes qu’a duré l’entretien, elle n’a pas placé un mot.

Et la mère en question, avec qui Le Journal a aussi pu s’entretenir, s’en est rendu compte.

« J’avais envie de brailler [...] C’est tellement choquant », s’exclame celle qui ne comprenait pas la raison du silence de l’enseignante.


[...]


Dans le rapport de classement, elle a été surprise de retrouver de nombreux faits dont le personnel de l’école ne lui avait jamais parlé : Joey était la cible de moqueries de ses pairs et il mangeait parfois des roches, par exemple.

« Avoir su, je serais allée voir un psychoéducateur au privé il y a longtemps », explique celle qui dit avoir multiplié les efforts pour savoir ce qui se passait en classe.

« J’ai l’impression qu’ils voulaient juste se débarrasser de mon fils parce que c’était une cible facile », dit Mme Chedid.

De son côté, la Commission scolaire Marie-Victorin dit ne pas pouvoir commenter le cas précis d’un élève.

Source

Voir aussi

La sexologue de l’école québécoise accompagne les enfants « trans » dans leur transition hormonale (parfois contre l’avis des parents) (Le Devoir, commentaires d’abonnés peu enthousiastes)

Québec — Congédier l’enseignante qui dénonce des dysfonctionnements pour manque de loyauté

lundi 21 janvier 2019

Aphorisme : « “Social” est l'adjectif qui sert de prétexte à toutes les escroqueries. » — Nicolás Gómez Dávila,


Les élèves ontariens méritent d'être instruits plutôt qu'endoctrinés en « justice sociale »

Extrait d’un article de Sue-Ann Levy du Toronto Sun sur ce qui passe dans les écoles ontariennes. On se console en se disant que cela ne se produit qu’en Ontario. Enfin, peut-être. Voir Enseignante congédiée pour avoir parlé à des journalistes des dysfonctionnements de l’école québécoise.

Quiconque aura cliqué sur le site Web de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’école élémentaire de l’Ontario (FEEO) la semaine dernière se sera vu inviter à rejoindre la Marche des femmes de cette année.

Pour émouvoir ses 83 000 membres, la FEEO mentionnait le président américain Donald Trump, le Premier ministre Doug Ford, la haine et la justice sociale dans le même paragraphe.

« Alors que… le gouvernement de l’Ontario veut faire reculer l’égalité, on organise dans tout l’Ontario des marches de femmes », indique le site Web.

Cette page d’accueil contient une autre sottise, dont un communiqué de presse au sujet de la contestation judiciaire de la FEEO pour s’opposer au prétendu « mauvais traitement » de la part du gouvernement Ford dans le dossier du programme d’éducation sexuelle, affirmant que le gouvernement a « refroidi les enseignants » et « mis les élèves en danger ». [Radio-Canada n’a pas hésité à rapporter le même genre d’accusations (en français) : Éducation sexuelle : l’Ontario met les jeunes en danger, dit le père de Rehtaeh Parsons.]

Je vais vous dire ce qui a mis les élèves en danger.

C’est l’obsession de ce syndicat en matière de « justice sociale », chose qui n’a absolument rien à voir avec la capacité d’un élève à lire, écrire, additionner, soustraire, multiplier et diviser correctement, afin que ses parents n’aient pas besoin de passer d’innombrables heures à revoir ces notions après l’école et que nous nous puissions éviter le constant et triste spectacle de ces jeunes caissiers incapables de rendre la monnaie juste ou de ces jeunes qui ne savent comment écrire une note sans utiliser leur Smartphone.

Si la FEEO se souciait vraiment des élèves à risque, elle préconiserait un programme qui inculque et impose le respect des enseignants, des administrateurs et du personnel dans les écoles élémentaires où, comme je l’ai souligné dans une série d’articles précédents, les fous dirigent l’asile.

Les agressions contre les enseignants, la violence physique et verbale sont monnaie courante dans de nombreuses écoles élémentaires (pas toutes) et, comme on me l’a signalé, les auteurs de ces actes sont souvent choyés au lieu d’être soumis à de strictes sanctions.

Bien sûr, les guerrières folles de justice sociale du conseil scolaire du district de Toronto (TDSB) — conduites par le directeur de « l’éducation à l’équité », John Malloy — sont réputées pour avoir tenté de simplifier le programme et injecter encore plus de médiocrité dans les écoles de Toronto.

C’est pour cette raison que j’ai non seulement toujours soutenu les tests standardisés, mais aussi le classement annuel des écoles établi par l’institut Fraser, qui sont basés sur les tests standardisés de l’Office de la qualité et de la responsabilité en éducation (OQRE).

Malheureusement, même les tests de l’OQRE ont été simplifiés au fil des ans. Cependant, ils forment un point de départ. Il en va de même pour les classements d’établissements scolaires que les syndicats détestent, car ils révèlent que toutes les écoles ou toutes les méthodes d’enseignement ne se valent pas.

Mais je crois que le concept qui pousserait réellement les enseignants, les syndicats et les conseils scolaires à améliorer leurs prestations est la liberté de choix de l’école.

Cela n’a que trop tardé.

Je parle des écoles à charte qui existent dans aux moins 42 États et à Washington, DC. En Alberta, les écoles à charte existent depuis 2000. On en compte actuellement 13 aux niveaux primaire et secondaire.

Financées par la province ou l’État, elles sont régies par une « charte » ou un contrat de performance qui commande des résultats précis, elles sont gérées par un conseil d’administration indépendant.

Elles permettent de concurrencer les écoles publiques ordinaires, leurs élèves obtiennent généralement que ceux des écoles publiques ordinaires, leur personnel n’est pas syndiqué, elles sont moins dépensières, leurs coûts de fonctionnement soient donc moindres. Les syndicats d’enseignants sont fermement opposés à celles-ci.

Voir aussi

États-Unis ­– Inflation du taux de passage en fin de secondaire ?

Les écoles à charte monopolisent les meilleures places aux États-Unis

L’avenir des élèves québécois hypothéqué par des enseignants incompétents indéboulonnables

Québec — enseignante dénonce niveau « épouvantablement faible » de ses élèves en français — preuves à l’appui —, la commission scolaire y a vu une tromperie à l’égard du public, une preuve de déloyauté

États-Unis — fraude systématique depuis dix ans dans les écoles publiques d'Atlanta

http://www.pouruneécolelibre.com/2015/06/quebec-enseignants-incites-gonfler-les.html

Inflation des notes dans les universités nord-américaines ?

Universités québécoises : « diplômes au rabais, notes gonflées, cours inutiles »


dimanche 20 janvier 2019

Endocrinologues mettent en garde contre le traitement hormonal de la dysphorie sexuelle chez l'enfant

Barbara Kay (National Post) revient sur les dangers des traitements hormonaux que les transgenres sont astreints à suivre à vie.

J’ai un ami transgenre. Il [est né mâle et] a maintenant la cinquantaine. Il prend les hormones nécessaires pour conserver une apparence féminine depuis plus de 30 ans. Ce que j’aime chez Monica (ce n’est pas son vrai nom), c’est qu’il désapprouve le militantisme transgenre qui minimise les risques liés à l’utilisation d’hormones pendant toute la vie.

Monica a pris sa décision en tant qu’adulte, les yeux ouverts. Il s’est dit qu’il devait vivre sa vie en tant que femme et il était disposé à assumer les risques connus et inconnus pour ce faire.

Il souffre maintenant d’un cancer de la prostate (l’ironie de cette maladie typiquement masculine ne lui a pas échappé), d’un type agressif, et pourrait bien ne pas survivre très longtemps. Ses médecins n’excluent pas la possibilité que l’utilisation quotidienne d’hormones pendant des décennies soit la cause de l’apparition de ce cancer.

Le lobby trans voudrait qu’on souscrive à l’idée que la dysphorie de genre est un phénomène parfaitement naturel, qu’il suffit de croire en en la théorie de la fluidité de genre pour que cela tombe sous le sens et que la prise à vie de doses d’hormones quotidiennes ou d’importantes opérations chirurgicales ne sont que des détails anodins en regard de la fin louable qui consiste à « devenir » le sexe opposé.

Si vous acceptez l’idée que le sexe biologique est complètement distinct de l’identité de genre, vous n’aurez aucune difficulté à affirmer sans esprit critique que le processus de « transition » doit rapidement commencer dès les premiers signes d’expérimentation transgenre d’un enfant. Vous goberez aussi les autres mantras des activistes trans : tout thérapeute ou professionnel de la santé qui recommande la prudence, une attitude attentiste ou de prendre en considération les conséquences hormonales liées au processus de transition est un transphobe.

Jusqu’à présent, les activistes trans ont extrêmement bien réussi à intimider les endocrinologues qui s’inquiètent du manque de prudence qui entoure l’utilisation d’inhibiteurs de puberté et des hormones de transition.

Ces endocrinologues s’étonnent de la rapidité avec laquelle leur liberté d’expression sur cette question a été brimée. Un de mes amis endocrinologues m’a dit qu’il risquerait de perdre son poste à l’hôpital s’il conseillait aux parents d’un enfant qui se dit trans de demander une période d’évaluation thérapeutique avant de passer aux bloqueurs de puberté.

La Revue d’endocrinologie et de métabolisme cliniques (JCEM) est l’organe de la Société d’endocrinologie. Et c’est cette Société d’endocrinologie qui a publié des lignes directrices pour la pratique clinique relative au traitement de la dysphorie de genre chez les adultes et les enfants, d’abord en 2009, puis sous une forme révisée en 2017. Ces lignes directrices — très favorables aux transsexuels — ont été écrites conjointement avec l’Organisation mondiale professionnelle pour la santé des transgenres (WPATH) qui est considérée par les endocrinologues objectifs comme fondamentalement un groupe politique radical qui s’est infiltré dans une organisation médicale par ailleurs responsable et respectueuse de la méthode scientifique.

Dr Laidlaw

Un groupe d’endocrinologues inquiets s’est formé sous la direction du Dr Michael Laidlaw, un endocrinologue spécialisé dans l’étude des hormones et les glandes. Le Dr Laidlaw traite les patients atteints de maladies causées par des déséquilibres hormonaux. Ce groupe d’endocrinologues a écrit une lettre de dissidence au rédacteur en chef de la JCEM. Elle a été acceptée et sera publiée, plus tard ce mois.

Dans un communiqué de presse qui vient de paraître, le groupe du Dr Laidlaw met en garde contre les graves dangers des médicaments bloquant la puberté et des hormones sexuelles de transition utilisées dans le traitement de la dysphorie de genre chez les enfants et les adolescents : « Les enfants et les adolescents qui ont des questions au sujet de leur sexe se voient prescrire de plus en plus souvent des opérations chirurgicales et des hormones qui altéreront leur vie de façon irréversible. Celles-ci peuvent accroître le risque de décès par maladie cardiovasculaire, de caillots sanguins potentiellement mortels, une stérilité permanente et une dysfonction sexuelle, parmi d’autres problèmes », déclarent-ils.

Ils s’inquiètent également de la dysphorie sexuelle à apparition rapide, pour laquelle il n’existe pas de test fiable, une maladie qui affecte principalement des adolescentes, dont beaucoup souffrent également d’autisme ou d’autres problèmes neurodéveloppementaux.

La lettre insiste sur le fait que « les médecins doivent commencer à évaluer [cette thérapie] en usant du regard objectif des cliniciens scientifiques plutôt que par le prisme idéologique du militant social. On aidera en fin de compte bien plus d’enfants souffrant de dysphorie de genre en utilisant cette méthode » [scientifique].

La lettre reprend ce qui a déjà été répété maintes fois dans les éditoriaux et les billets de carnets, dans les conférences privées organisées par les parents inquiets et dans les vidéos postées par des dissidents. Ce qui rend cette lettre si précieuse, c’est sa parution dans un journal médical dont la crédibilité ne peut être ni niée ni ignorée.

Les endocrinologues restés passifs pendant que le rouleau compresseur du lobby trans écrasait toute opposition dans les institutions juridiques, éducatives et politiques de notre société devront désormais reconnaître qu’il faut officiellement prêter une oreille respectueuse à des points de vue divergents et qu’il faut débattre ouvertement de ces sujets.


Il s’agit d’un pas en avant encourageant pour rétablir le détachement scientifique et le sens commun nécessaires dans ce domaine. Le traitement hormonal des enfants atteints de dysphorie comme première mesure plutôt qu’en dernier recours devient de plus en plus préoccupant.

En fait, il s’agit d’une question de sécurité publique qui nécessite d’urgence un débat rationnel et fondé sur des preuves. Félicitations à la JCEM pour ce qui doit être considéré comme un acte de courage en cette période enflammée par les questions de « genre ».

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