jeudi 4 janvier 2024

Statue de Mahé de La Bourdonnais déboulonnée à la Réunion sous faux prétexte

L’historien Dimitri Casali, auteur de « Ces statues que l’on abat ! » (Plon), dénonce le déboulonnage d’une statue de Mahé de la Bourdonnais à Saint-Denis de la Réunion.

Officiellement c’est un simple déplacement, en vérité c’est un déboulonnage en bonne et due forme d’un grand héros de l’histoire de France. Marin, explorateur, gouverneur de l’archipel en 1733, ayant servi la France sur tous les océans, il a même perdu un bras dans un combat naval contre les Anglais.

Après la statue de la Vierge Marie déboulonnée à la Flotte-en-ré avec le soutien de notre Conseil d'État le 18 octobre dernier, le lundi 4 décembre, sous prétexte de restaurer la statue, Eva Bareigh, maire socialiste de Saint-Denis a procédé à l’enlèvement de la statue, classée monument historique, d’une des principales places de Saint-Denis, où elle trônait depuis 1856.

Statue de Mahé de la Bourdonnais sur la place d'Armes à Port-Louis sur l'île Maurice

Sans Mahé de La Bourdonnais, la Réunion ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui. 

L’équipe de la mairie indique : « Avec cette statue, il y a un conflit de mémoire sur ce lieu où se trouve un personnage qui est un négrier, ce qui justifie son déplacement vers la Caserne militaire Lambert ». Officieusement, on devine que c’est un véritable déboulonnage car on fait disparaître de la vue de tous, ce grand personnage pour le déplacer dans un endroit clos, un fort militaire, de surcroît pratiquement jamais ouvert au public…

Sans Mahé de la Bourdonnais, la Réunion ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui. Ce n’est pas un « esclavagiste » comme le décrit la mairie mais, le gouverneur général des îles Mascareignes en 1733 et un administrateur de génie.

En structurant et modernisant les territoires inhabités qu’étaient La Réunion et l’île Maurice. Mahé en fait des comptoirs commerciaux prospères. Il eut aussi une petite fille avec une ravissante métisse qu’il reconnut et qui fut baptisée Marie-Madeleine Mahé. Il l’emmena même avec lui en France en 1740 où il lui fit donner la meilleure éducation possible dans les meilleures écoles parisiennes. À cette époque, c’était rarissime. C’était déjà ça la France ! Et à la différence de l’Espagne, du Portugal, de l’Angleterre ou des Pays-Bas.
 
Vue de Mahé, la plus grande île des Seychelles.  Le capitaine Lazare Picault revient sur l'île en 1744 sur ordre de Mahé de La Bourdonnais et la rebaptise Mahé en hommage à son gouverneur.

 
On ne réécrit pas l’Histoire !

Cet épisode de la vie de Mahé ne dépeint pas véritablement un profil de raciste impénitent mais, celui d’un homme complexe s’adaptant aux réalités sociologiques de son temps.

On lui reproche d’avoir entrepris les gros travaux des infrastructures de la Réunion : routes, ports, aqueducs et hôpital, en utilisant le travail d’esclaves qu’il fit venir. Car, en histoire il faut toujours replacer les hommes et les événements de l’époque. Je le rappelle, le monde entier pratiquait l’esclavage. On ne réécrit pas l’Histoire ! Déboulonner les statues de nos grands personnages et débaptiser nos rues ou nos écoles sous prétexte qu’elles portent le nom de personnalités qui auraient encouragé la pratique de l’esclavage, c’est ouvrir la boîte de Pandore du révisionnisme historique.

L’histoire, une fois écrite, ne s’efface pas. L’histoire, c’est l’histoire, il faut l’assumer ! Elle est aussi glorieuse que honteuse et tragique par définition. Effacer ce passé, comme l’exigent ces nouveaux épurateurs, ce serait renié, ce qui fait l’essence même de l’âme française : une république mettant en avant l’égalité, l’universalité et la laïcité, sans distinction de race ou de religion. À chaque fois que l’on abat nos statues, c’est l’âme de la France qui s’en va…
 
Ces statues que l'on abat ! de Dimitri Casali

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mercredi 3 janvier 2024

France : le Conseil d’Etat maintient la « circulaire Blanquer » sur le genre

Dans une décision du 29 décembre, le Conseil d’Etat (de Paris) a rejeté le recours des associations Juristes pour l’enfance et SOS Éducation contre la circulaire de l’Éducation nationale du 29 septembre 2021. Cette circulaire, dite « circulaire Blanquer », « donne la consigne aux établissements scolaires de mettre en œuvre la transition sociale demandée par les élèves s’identifiant « transgenres », autrement dit d’utiliser les prénoms choisis par les élèves et de les identifier dans le sexe qu’ils revendiquent ».

Pour Juristes pour l’enfance, « la haute juridiction a raté une opportunité unique, celle de demander au Ministère de l’Éducation nationale de reprendre sa copie pour tenir compte des données observées durant les deux dernières années : absence de neutralité de la transition sociale, enfants ou adolescents demandeurs présentant pour la plupart des troubles psy ou neurodéveloppementaux, force des réseaux sociaux, conséquences pour tous de la transition sociale (équité sportive, sécurité des espaces intimes, injonction de nier le réel au profit du ressenti de certains), etc. » 

L’expérience britannique ignorée

Pourtant, le Conseil d’Etat s’était vu communiquer en délibéré « les très récentes recommandations du Ministère de l’Education britannique qui appelle écoles et collèges d’Angleterre à la plus grande prudence lorsqu’un élève demande une “transition sociale” ». Avant ces directives, le Gender Development Service (GIDS), géré par le Tavistock and Portman NHS Foundation Trust, a pris en charge 382 enfants âgés de 6 ans ou moins entre 2010 et 2022. Parmi eux, 61 avaient quatre ans. Le service, qui n’avait pas d’âge minimum pour la prise en charge, a depuis été fermé .

Le Conseil d’État s’est refusé à dire un mot de ces recommandations. Il n’a pas non plus répondu aux arguments des associations, affirmant que « la circulaire ne méconnaît pas le principe de neutralité des services publics ».

Des recommandations, pas une obligation


Dans sa décision, le Conseil d’État indique toutefois clairement que « la circulaire ne fait que recommander (ou préconiser) aux personnels de l’Éducation nationale l’utilisation des prénoms choisis par les élèves » et, s’agissant des espaces d’intimité, qu’elle « se borne à identifier différentes options ».

Ainsi, contre « la pression des militants » qui « avait fini par faire passer cette circulaire pour “obligatoire” », la décision du Conseil « rend une certaine marge de manœuvre aux personnels de l’Éducation nationale, analyse Juristes pour l’enfance, même s’il leur sera encore difficile de faire face à la pression sociale et médiatique et d’agir en conscience pour le bien de leurs élèves ».

 

Sources : Juristes pour l’enfance, CP (30/12/2023) ; The Telegraph, Max Stephens (26/12/2023) ; Daily mail, Martin Beckford (26/12/2023) via Genéthique

Statistique Canada a admis avoir exclu l’euthanasie comme catégorie dans les totaux de décès

Statistique Canada a admis avoir exclu l’euthanasie comme catégorie des totaux de décès, bien qu’elle soit la sixième cause de mortalité dans le pays.

Le 28 novembre, Statistique Canada a révélé que son programme d’euthanasie AMM (Aide médicale à mourir) n’est pas enregistré comme cause de décès dans les rapports officiels. Au lieu de cela, le gouvernement enregistre, comme cause de décès de la personne, la maladie dont elle souffrait et qui l’a amenée à choisir de mettre fin à ses jours.

« Dans la base de données, la cause sous-jacente du décès est définie comme la maladie ou la blessure qui a déclenché le train d’événements morbides menant directement au décès », a indiqué Statistique Canada sur X (ex-Twitter). « Ainsi, les décès dus à l’AMM sont codés en fonction de la condition sous-jacente pour laquelle l’AMM a été demandée ».

L’euthanasie pourrait être l’une des principales raisons de la baisse de l’espérance de vie au Canada

Le taux d’espérance de vie au Canada a chuté trois années de suite, le Canadien moyen mourait à l’âge de 82,3 ans en 2019 pour mourir à 81,3 ans en 2022.

Une grande partie de la couverture médiatique attribue la réduction de la durée de vie aux décès causés par le covid-19, et la Presse canadienne rapporte que :

L’augmentation du nombre de décès chez les jeunes l’an dernier est attribuable en partie aux décès faisant l’objet d’une enquête par un coroner ou un médecin légiste, ce qui comprend généralement les suicides, les homicides et les décès dus à la toxicité des médicaments.

En outre, la Presse Canadienne rapporte ce qui suit :

Le Nouveau-Brunswick a connu la plus forte baisse de l’espérance de vie parmi les provinces, avec un recul de plus d’un an, passant de 80,9 ans en 2021 à 79,8 ans, selon le rapport. L’espérance de vie de la Saskatchewan est celle qui a le plus baissé au cours des trois dernières années combinées, perdant deux années complètes, passant de 80,5 en 2019 à 78,5 en 2022. L’Île-du-Prince-Édouard n’a pas été incluse dans les données annuelles des provinces.

 Un facteur qui n'est mentionné dans aucune des analyses est l'effet de l'euthanasie ( AMM) sur l'espérance de vie des Canadiens. Selon le quatrième rapport annuel sur l'assistance médicale à la mort, 13 241 décès par euthanasie ont été signalés au Canada en 2022. D'après le rapport :

L'âge moyen des personnes au moment où l'aide médicale à mourir a été fournie en 2022 était de 77,0 ans. Cet âge moyen est légèrement supérieur aux moyennes de 2019 (75,2), 2020 (75,3) et 2021 (76,3). L'âge moyen des femmes en 2022 était de 77,9 ans, contre 76,1 ans pour les hommes.

L'euthanasie ( AMM) représente 4,1 % de tous les décès au Canada. Il y a eu 334 623 décès au Canada en 2022.

Étant donné que la personne moyenne meurt par euthanasie à l'âge de 77 ans et que le Canadien moyen meurt à l'âge de 81,3 ans, il est probable que la mort par euthanasie fasse baisser le taux d'espérance de vie.

On pourrait répondre que la plupart des personnes qui meurent par euthanasie sont en phase terminale et mourront bientôt, mais depuis mars 2021, la loi fédérale n'exige plus que la mort naturelle d'une personne soit raisonnablement prévisible pour qu'elle puisse mourir par euthanasie. Le quatrième rapport annuel indique que dans 3,5 % des décès par euthanasie, la personne n'était pas en phase terminale. Néanmoins, la maladie terminale n'est pas définie comme étant à quelques semaines ou à quelques jours de la mort, mais une personne considérée comme étant en phase terminale n'a besoin que d'être en phase terminale.

 Un autre facteur concernant la loi canadienne sur l'euthanasie est que les personnes ne sont pas tenues d'essayer un traitement approprié avant d'être admises à l'euthanasie. Nous ne disposons pas de beaucoup de données de recherche sur cette question, mais il y a des personnes qui ont été diagnostiquées avec une maladie probablement traitable, mais qui décident de renoncer au traitement et d'opter pour l'euthanasie.

Une étude publiée en septembre 2021 par le Dr Sara Moore, oncologue à l'Université d'Ottawa, a examiné 45 décès par euthanasie (AMM) de personnes atteintes d'un cancer du poumon dans la région d'Ottawa. Elle a conclu que les personnes atteintes d'un cancer du poumon et décédées par euthanasie étaient moins susceptibles de consulter un radio-oncologue ou un oncologue médical et moins susceptibles de suivre des traitements efficaces. La recherche de Moore a révélé que 20 % des personnes décédées par euthanasie n'ont pas consulté de radio-oncologue et 22 % n'ont pas consulté d'oncologue.

Des études doivent être menées pour comparer les résultats obtenus par les personnes décédées par euthanasie (espérance de vie, temps écoulé entre la maladie et le décès) à ceux obtenus par des personnes ayant des problèmes de santé similaires qui ont choisi de recevoir un traitement et/ou de mourir d'une mort naturelle.

mardi 2 janvier 2024

M à j : elle démissionne et crie au racisme (Solidarité — Controversée présidente de Harvard maintenue grâce à Obama ?)

La présidente de l'université américaine Harvard, Claudine Gay, a annoncé mardi démissionner, après des accusations de plagiat et une audition tendue au Congrès sur la lutte contre l’antisémitisme dans les campus.

« C’est le cœur lourd, mais avec un profond amour pour Harvard que je vous écris pour vous annoncer que je vais quitter mon poste de présidente », a déclaré Claudine Gay, 53 ans, dans une lettre de démission publiée mardi.

Cette professeure de sciences politiques – devenue en juillet la première présidente noire de l’université Harvard, située près de Boston – était ces dernières semaines sous le feu des critiques. Elle détient ainsi le mandat de présidente le plus court de l'histoire de Harvard.

Elle était visée par des accusations de plagiat liées à ses travaux universitaires et par des critiques liées à ses réponses, lors d’une audition parlementaire sur la lutte contre l’antisémitisme sur les campus. Notons que dans le monde de Harvard (voir ci-dessous), le plagiat de la part d'une présidente d'origine haïtienne devient du « langage dupliqué » pour finit encore plus euphémisé en « faux pas ». Nouveaux exemples de plagiats découverts ces derniers jours.

Depuis l’attaque sanglante du Hamas en Israël le 7 octobre, suivie de représailles meurtrières de l’armée israélienne dans la bande de Gaza, le conflit déchaîne les passions dans les universités américaines les plus renommées.

Mardi 5 décembre, dans une ambiance tendue, Claudine Gay et ses homologues de l’université de Pennsylvanie et du Massachusetts Institute of Technology, Elizabeth Magill et Sally Kornbluth, avaient répondu cinq heures durant aux questions d’élus de la Chambre des représentants.

Lorsque Mme Stefanik avait demandé si « appeler au génocide des juifs violait le règlement sur le harcèlement à Harvard, oui ou non ? », Mme Gay avait répondu : « Cela peut, en fonction du contexte », avant d’ajouter : « Si c’est dirigé contre une personne. »

Leurs réponses, devenues virales, ont provoqué un tollé jusqu’à la Maison-Blanche, dont un porte-parole, Andrew Bates, a jugé « incroyable que cela doive être dit : les appels au génocide sont monstrueux ».

«Il a été compliqué de voir le doute planer quant à mes engagements à faire face à la haine et à respecter la rigueur académique... et effrayant de faire l'objet d'attaques personnelles et de menaces alimentées par du racisme», a expliqué Claudine Gay dans sa lettre de démission. Vieille technique pour détourner l'attention, inverser les rôles et jouer la victime. Mais le "racisme" explique-t-il pourquoi la présidente de l'Université de Pennsylvanie, Liz Magill, blanche elle, a également démissionné après le même genre de déclarations devant Mme Stefanik ? À moins que ce soit alors du sexisme ?

Claudine Gay est une descendante d'immigrants haïtiens aux États-Unis ; ses parents se sont rencontrés à New York alors qu'ils étaient étudiants.


 

Billet du 28 décembre sur la solidarité ethnique et le soutien actif de Barack Obama

Selon le New York Post, l’ancien président Barack Obama a secrètement fait pression sur les responsables de l’université de Harvard pour qu’ils soutiennent la présidente Claudine Gay, alors qu’elle est poussée à démissionner pour avoir cautionné l’antisémitisme sur le campus de son université et pour avoir commis des plagiats dans la rédaction de sa thèse.

Barack Obama (à gauche), Mme Gay (à droite)

M. Obama, 62 ans, diplômé de la faculté de droit de Harvard en 1991, a demandé en privé à l’université de laisser Mme Gay en poste après son témoignage du 5 décembre devant la commission de l’éducation et du travail de la Chambre des représentants, lors duquel elle a déclaré que les appels au génocide des juifs pouvaient être autorisés par le code de conduite de l’université, selon le « contexte ».

« Il semble que l’on ait demandé aux gens de resserrer les rangs pour préserver la stabilité de l’administration dans son ensemble, y compris sa composition », a déclaré une source au Jewish Insider à propos des efforts dissimulés de l’ancien président.

Le rapport ne précise pas si cet effort s’est poursuivi après que les compétences de Mme Gay ont été remises en question en raison de son témoignage sur des dizaines de cas de plagiat présumés.

Une porte-parole d’Obama n’a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire. Harvard a refusé de commenter l’affaire auprès de Jewish Insider.

Le sort de Mme Gay est en partie entre les mains de Penny Pritzker, ancienne secrétaire d’État au commerce de Barack Obama, membre d’une grande famille de Chicago — son frère est le gouverneur de l’Illinois J. B. Pritzker — qui est membre de la Harvard Corporation, la plus haute instance dirigeante de l’université, qui a récemment examiné les publications universitaires de la présidente Gay pour y déceler des preuves de plagiat.

Mme Gay a déclaré au Boston Globe : « Je suis convaincue de l’intégrité de mon travail universitaire. Tout au long de ma carrière, j’ai veillé à ce que mes travaux universitaires respectent les normes académiques les plus strictes ».

Harvard a annoncé que des « exemples de duplication de langage sans attribution appropriée » avaient été trouvés dans la thèse de doctorat de M. Gay en 1997, à la suite d’un examen effectué par un sous-comité de quatre personnes de la Corporation.

Le même jour, la commission de l’éducation de la Chambre des représentants a envoyé une lettre à Mme Pritzker pour demander à l’université de lui remettre des documents internes sur sa gestion du scandale, après avoir lancé une enquête antérieure sur l’antisémitisme à Harvard.

« Si une université est prête à fermer les yeux et à ne pas demander des comptes à ses professeurs pour des comportements scientifiques malhonnêtes, elle dévalorise sa mission et la valeur de son enseignement », a écrit la présidente de la commission, la députée Virginia Foxx (R-NC).

« Les étudiants doivent être évalués équitablement, selon des normes connues, et ont le droit de voir que les professeurs le soient aussi. »

Au cours de l’audition, la députée Elise Stefanik (R-NY) a reproché à Mme Gay, à la présidente du Massachusetts Institute of Technology, Sally Kornbluth, et à la présidente de l’Université de Pennsylvanie, Liz Magill, d’avoir refusé de dénoncer les manifestations antisémites qui se déroulaient sur leurs campus.

Chacun a souligné que les discours antisémites — y compris les appels au génocide des Juifs — n’enfreignaient pas nécessairement les politiques universitaires et dépendaient du contexte.

Magill a démissionné une semaine après l’audition, tandis que Gay et Kornbluth sont restés à leur poste.

Mme Pritzker, diplômée de Harvard en 1981, a été nommée senior fellow de la Corporation en 2022 après avoir fait don de 100 millions de dollars à l’université — et elle a dirigé le comité de recherche qui a nommé Mme Gay comme nouvelle présidente de l’école l’année dernière.

Lors de l’annonce de ce choix en décembre 2022, elle a fait l’éloge de Mme Gay en la qualifiant de « dirigeante remarquable profondément dévouée au maintien et à l’amélioration de l’excellence académique de Harvard ».

À la suite de nouvelles allégations de plagiat à l’encontre de la présidente, de nombreux universitaires ont demandé la démission de Claudine Gay, en plus de ceux qui l’ont demandée après son audition au Congrès, notamment un professeur dont la présidente de Harvard aurait copié les travaux.

« Virez Claudine Gay sans délai », a déclaré Carol Swain, professeur de sciences politiques à l’université Vanderbilt, sur X. « Elle peut être relevée de ses fonctions jusqu’à ce que les conditions [de son renvoi] soient négociées. Engagez le meilleur homme ou la meilleure femme qui puisse ramener l’université à la raison ».

Mme Swain a déclaré que Mme Gay avait repris des parties d’un livre qu’elle avait publié en 1993 et d’un article qu’elle avait écrit en 1997 sans les citer.

John McWhorter, chroniqueur au New York Times et professeur de linguistique à l’université de Columbia, a également demandé à Mme Gay de démissionner. Il estime que les plus de 40 cas d’attribution incorrecte dans ses travaux scientifiques « rendent insoutenable son maintien en fonction ».

Mme Pritzker n’a pas encore réagi publiquement à la controverse, mais les membres du conseil d’administration de la Harvard Corporation ont déclaré, le 12 décembre, qu’ils « réaffirmaient » leur soutien à la direction de Mme Gay.

Toutefois, le gestionnaire de fonds spéculatifs et milliardaire Ken Griffin a déclaré au New York Times que Mme Pritzker, qui est juive, avait convenu en privé que la réaction de Harvard à l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre avait été tiède et qu’une déclaration de solidarité avec Israël s’imposait.

Entre-temps, les fidèles partisans de l’école ont suspendu des centaines de millions de dollars de dons en raison de la décision de Mme Gay de soutenir les groupes d’étudiants qui accusent l’État juif des atrocités commises par le Hamas.

Source : New York Post

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J’ai essayé la formation sur les « préjugés inconscients ». Une arnaque.

lundi 1 janvier 2024

Michel Onfray, mythiste et complotiste sur Jésus

Le philosophe Michel Onfray  vient de publier une Théorie de Jésus (Bouquins) où il réaffirme que Jésus n'a pas existé. Historien, auteur d'une monumentale biographie du Christ, dont Fayard vient de publier une version illustrée, Jean-Christian Petitfils lui répond.

Il y a deux Michel Onfray. D’un côté, l’analyste politique assez fin qui dénonce les abandons de souveraineté de la France au profit de l’envahissante bureaucratie bruxelloise et défend la civilisation judéo-chrétienne, de l’autre, le pourfendeur de l’existence historique de Jésus, qui ne serait qu’un être fictif, symbolique, mythologique (mais violent et antisémite !), de sorte que le christianisme, religion de l’incarnation d’un Dieu fait homme, mort sur la croix pour le salut de l’humanité, s’écroulerait comme un château de cartes. Le premier fait mouche, le second fait un flop et déconsidère le premier !

Reprenant une thèse déjà exposée dans son Traité d’athéologie (Grasset), puis dans Décadence, vie et mort du judéo-christianisme (Flammarion) et dans Anima (Albin Michel), son nouveau livre, Théorie de Jésus, biographie d’une idée, se veut une démolition en règle du Jésus de l’histoire. Cette thèse radicale, ultraminoritaire, qu’on appelle mythiste, n’est pas nouvelle. Elle a été illustrée à la fin du XVIIIe siècle par Volney, au XIXe par David Strauss et Bruno Bauer, puis au début du XXe par Arthur Drews et Paul-Louis Couchoud. Aucun des authentiques chercheurs – universitaires, historiens, biblistes, exégètes ou archéologues -, qu’ils soient chrétiens, juifs, agnostiques ou libres-penseurs, n’y a jamais adhéré. À la vérité, ce qui était déjà une opinion insoutenable au temps des premiers mythistes devient absurde et loufoque au XXIe siècle, alors que des progrès considérables ont été accomplis dans la quête du Jésus de l’histoire.

Des clichés éculés

Ce qui frappe dans les textes d’Onfray, ce sont les clichés éculés, les raccourcis simplificateurs, les accusations caricaturales, c’est la méconnaissance profonde de l’exégèse moderne, qui a montré, par exemple, l’importance du pesher dans la critique néotestamentaire, pratique consistant à actualiser les textes de la Bible ancienne afin d’y lire les paroles et les actes du Christ, c’est aussi l’ignorance totale des dernières découvertes archéologiques en Terre sainte.

Les sources externes, Tacite, Pline le Jeune, Suétone, Flavius Josèphe, auraient-elles été trafiquées par des copistes chrétiens, comme le prétend Onfray, qu’il serait impossible d’y inclure le traité Sanhédrin du Talmud de Babylone, qui nous dit : « La veille de la Pâque, on pendit [à la croix] Yeshû hanotsri [Jésus le Nazaréen] parce qu’il a pratiqué la sorcellerie, a séduit et égaré Israël. » Il aurait été tellement plus facile à ses rédacteurs juifs de réfuter l’existence de ce personnage encombrant ! Même le philosophe platonicien Celse (IIe siècle), impétueux polémiste qui exécrait le Christ, ne contestait nullement son existence historique.

Plus de 500 témoins de la Résurrection

Plus de 500 frères, dit saint Paul, ont été témoins de la résurrection de Jésus. Comment imaginer que de pauvres pêcheurs du lac de Génésareth, troupeau de fuyards apeurés par la mort de leur maître, aient soudainement lâché leurs filets, abandonné femmes et enfants pour parcourir le monde pour un simple mythe, préparé par un “atelier d’écriture” dans l’arrière-salle d’une taverne de Judée ? Saisis par l’éblouissement pascal, brûlant de conviction en témoins rayonnants d’une vérité libératrice, ils ont tout supporté, les quolibets, les insultes, la prison, la torture, la mort même, sans jamais se renier. Meurt-on en martyr pour un hologramme ?


“Jésus”, de Jean-Christian Petitfils, présenté en récit graphique par Vincent Ravalec, Fayard, 320 pages, 28 €.

“Théorie de Jésus. Biographie d’une idée”, de Michel Onfray, Bouquins, 272 pages, 21 €.

 

 

Débat Petitfils c. Onfray à partir de la 56e minute

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Sans prendre de gants, l'argentin François efface systématiquement l'héritage du Pape Benoit XVI

François (à gauche) et le pape émérite Benoît XVI lors d’une rencontre, en juin 2017, dans la basilique Saint-Pierre au Vatican.


Le 13 mars 2013, jour de l’élection de François, la succession de Benoît XVI était actée. Le 31 décembre 2022, jour de la mort du pape émérite, sa succession était totalement accomplie. Non que l’épanouissement du pontificat de François ait été empêché par la cohabitation entre les « deux papes » mais une série de décisions drastiques prises par François depuis l’enterrement de son prédécesseur, donnent l’impression que le pontife argentin, aujourd’hui âgé de 87 ans, presse le pas pour imprimer encore plus profondément sa marque. Comme si la mort de Benoît XVI avait libéré son successeur d’un poids qui l’empêchait d’aller jusqu’au bout de ses réformes dont la plus durable serait une nouvelle approche de la doctrine catholique.

Dieu sait que le pontificat de Benoît XVI (2005-2013) fut précisément caractérisé par la clarté de la doctrine. Dans le quotidien Il Giornale de ce vendredi, un important cardinal italien, ancien numéro trois du pape allemand, souhaite à ce titre que ce théologien devienne un « docteur de l’église ». Ils sont seulement trente-sept depuis deux mille ans à siéger dans ce cénacle où ils sont reconnus pour leur apport décisif pour le christianisme. Le cardinal Fernando Filoni, actuellement grand maître de l’ordre du Saint-sépulcre, justifie sa requête pour Benoît XVI : « Sa doctrine, sa science, sa vie ont été vraiment à la lumière d’un enseignement qu’il disait être un “don de Dieu”. Il nous a transmis tout cela et cela a fait un grand bien à l’église. » Il conclut :

« Tous les docteurs de l’église ont été préalablement proclamés saints, mais je crois que la sainteté de vie de cet homme fut claire pour tous. »

Comment François va-t-il recevoir cette idée ? Ce dimanche 31 décembre à 8 heures, il célébrera une messe dans la basilique Saint-pierre en hommage à son prédécesseur qu’il qualifia en 2016 « d’homme droit ». Tout est possible avec ce pape mais les signaux qu’il émet depuis la mort de Benoît XVI ne vont pas dans le sens d’une glorification de ce dernier.

Dès le 28 février 2023, le pape François a commencé par éloigner les personnalités qu’il jugeait trop proches du pontificat précédent. À commencer par Mgr Georg Gänswein, 67 ans, ancien secrétaire personnel de Benoît XVI. Sa fonction officielle de préfet de la Maison pontificale, une sorte de plaque tournante de l’organisation de la vie du pape, a été suspendue. Ce limogeage sans merci du plus proche collaborateur du pape émérite pendant vingt ans est passé par un communiqué de trois lignes, publié par le service de presse du Vatican, une méthode inhabituelle : « Le 28 février 2023, S. Exc. Mgr Georg Gänswein a terminé sa mission de préfet de la Maison pontificale. Le Saint-père a ordonné que Mgr Gänswein revienne à partir du 1er juillet, pour le moment, dans son diocèse d’origine de Fribourg » en Allemagne.

Mgr Gänswein, déjà en disgrâce, avait commis un crime de lèse-majesté. Il avait publié en janvier 2023 un livre de mémoire en plusieurs langues - en français chez Artège, sous le titre Rien d’autre que la vérité - où il révélait les difficultés de la cohabitation entre les deux papes. En particulier sur le dossier de la liturgie, une question capitale pour Benoît XVI. François, selon Gänswein, n’aurait pas pris la peine d’avertir son prédécesseur quand il annula, en juillet 2021, sa réforme liturgique majeure. À savoir la possibilité ouverte en 2007 pour les prêtres qui le désiraient, de dire la messe à titre « extraordinaire » selon l’ancien rituel catholique latin. Mgr Gänswein, qui accompagnait au jour le jour Benoît XVI dans sa retraite, affirme que ce dernier aurait appris la décision de François en lisant L’Osservatore Romano, le quotidien du Saint-Siège. Donc après coup. Le pape émérite, écrivait alors Gänswein, considéra le coup de frein liturgique donné par François comme une « erreur » parce que cette libéralité avait contribué à « pacifier » l’église. François n’a pas du tout apprécié.

Même type de règlement de comptes mené avec détermination en 2023 par le pape François : le fait de couper, arbitrairement et contre toutes règles établies, vivres et logement au cardinal américain Raymond Leo Burke, 75 ans. Ce spécialiste du droit canonique qui a occupé de hautes fonctions au Vatican, était déjà sur la touche parce qu’il est l’un des rares cardinaux à oser émettre publiquement des avis critiques sur le pontificat. Ce qui aurait poussé François à déclarer devant plusieurs cardinaux lors d’une réunion officielle, le 21 novembre dernier : « Le cardinal Burke est mon ennemi, c’est pourquoi je lui retire l’appartement et son salaire. » Une citation reprise par la presse italienne qui ne fut pas démentie sur le fond, d’autant que la mesure se confirme : elle sera effective en février 2024. Par une voie détournée et non officielle, le pape François aurait simplement démenti, non pas la sanction, mais le fait qu’il aurait qualifié Burke « d’ennemi ». Il l’a d’ailleurs reçu ce vendredi 29 décembre. En sortant, le cardinal américain qui aime l’humour, a simplement déclaré : « Vous voyez, je suis toujours vivant ! »

Ennemi ou pas, une autre tête est également tombée sur décret papal, le 11 novembre 2023. Mgr Joseph Strickland, 65 ans, évêque de Tyler au Texas se trouvait être un « ami » proche de Benoît XVI. C’est Peter Seewald, un laïc allemand, biographe du pape émérite qui l’a révélé dans une interview accordée le 27 décembre au site italien La Nuova Bussola Quotidiana disponible en français sur le site Benoît et moi. Seewald va jusqu’à parler de « purge » qui toucherait le « lignage de Benoît XVI ». Le biographe qui a rédigé quatre livres interviews avec Benoît XVI, relate en le citant l’inquiétude du pape en retraite confiée à plusieurs visiteurs sur « le danger d’un glissement de terrain doctrinal ». l’écrivain de conclure : « Immédiatement après la mort de Benoît XVI, les considérations qui étaient encore valables de son vivant ont été abandonnées. Il est devenu normal qu’un homme comme Victor Manuel Fernandez, à qui l’on a rapidement donné un chapeau de cardinal, soit nommé au poste de préfet pour la doctrine de la foi. L’argentin n’est pas qualifié pour cette tâche importante, sauf pour une chose : il est le protégé du pape argentin. Jusqu’à présent, l’aptitude était le principal critère pour ces nominations, mais sous Bergoglio, il semble que ce soit la loyauté à la ligne qui compte. »

Qui est ce cardinal Fernandez qui défraye la chronique depuis son arrivée à Rome le 11 septembre 2023 ? Il est d’abord une fonction. Le préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi est en réalité le vrai numéro deux du pape sous l’angle d’une Église qui revendique être l’église évangélisatrice voulue par le Christ à travers ses apôtres, dont le premier, saint Pierre. Autrement dit le cardinal Fernandez est le gardien de l’enseignement de l’église, du dogme. C’est lui qui, derrière le pape, dit ce qui est « catholique » et ce qui ne l’est pas. Si le cardinal Parolin est le secrétaire d’état du Saint-siège, le premier ministre en charge de faire tourner cette imposante machine administrative à portée mondiale, le cardinal Fernandez, en est le premier ministre de la théologie catholique.

Rien d’étonnant à ce que Jean-Paul II, en 1981, supplia l’archevêque de Munich, un certain Joseph Ratzinger, de venir à Rome pour occuper ce même poste stratégique de préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi (devenu « dicastère » en 2022) qu’il occupa jusqu’à la mort du pape polonais en 2005. C’est un poste clé. Le plus important après la fonction papale.

En plaçant là son ami Victor Manuel Fernandez, François a accompli un acte décisif qui était impossible à réaliser avant la mort de Benoît XVI, puisque à la place de Ratzinger, qui a marqué la théologie catholique dans cette fonction - notamment avec l’encyclique « La splendeur de la vérité » - il place un proche considéré comme « anti-raztinger » sur le plan théologique. Le 1er juillet dernier, François a d’ailleurs assigné à Fernandez une mission explicite par lettre « non de poursuivre d’éventuelles erreurs doctrinales » par une « théologie de bureau » qui travaille selon une « logique froide et dure qui cherche à tout dominer » mais de « montrer un Dieu qui aime, qui pardonne », sans imposer « une seule manière » d’exprimer la théologie et de créer une harmonie « avec les différentes lignes de pensée ».

Depuis son arrivée, le nouveau préfet a pris quasiment seul - ou avec François des décisions spectaculaires, sans s’embarrasser des consultations pourtant prévues par le règlement avec des théologiens. Ces derniers jugeaient collectivement les nouvelles normes avant de les publier. Fernandez a dit non à l’appartenance maçonnique pour un catholique. Il a confirmé l’admission des personnes divorcées-remariées à la communion mais en suivant les règles établies par la conférence épiscopale argentine. Il a dit oui à la possibilité pour un transgenre ou une personne homosexuelle d’être baptisé et d’être parrain ou témoin de mariage. Il a autorisé l’accès à la communion pour les mères célibataires. Il a lancé, avec l’aval du pape, la possibilité de bénir des « couples » homosexuels. Benoît XVI est définitivement enterré.

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samedi 30 décembre 2023

Économiste Banque Scotia : « L’immigration est excessive, point à la ligne », mais pour Justin Trudeau il s'agit de « petits défis »

Un texte de Konrad Yakabuski

Le coût de la vie et la crise du logement sont tout au sommet des préoccupations des électeurs, lesquels sont majoritaires à penser que certaines politiques du gouvernement fédéral aggravent carrément la situation.

« L’immigration est excessive. Point à la ligne », a écrit cette semaine, dans une analyse, l’économiste de la Banque Scotia Derek Holt, après que Statistique Canada eut dévoilé que la population canadienne avait augmenté de 431 000 personnes durant le troisième trimestre de 2023. « Le problème demeure qu’il y a peu ou pas de logements disponibles pour eux et la situation ne fera qu’empirer. »

Le commentaire de M. Holt démontre à quel point le vent a tourné au Canada anglais depuis la pandémie, plus spécialement depuis que le gouvernement Trudeau a choisi de hausser les seuils d’immigration permanente et de laisser ses portes grandes ouvertes aux travailleurs étrangers temporaires et aux étudiants internationaux. Longtemps perçue comme une source de croissance économique, la politique libérale en matière d’immigration est maintenant perçue comme une menace au niveau de vie des Canadiens. Même ceux qui se disent très favorables à l’immigration accusent le gouvernement Trudeau d’avoir perdu le contrôle de la situation.

Depuis un an, la population canadienne a augmenté de 1,25 million de personnes, ou de 3,2 %. Nous sommes maintenant plus de 40,6 millions à habiter ce pays et nous serons plus de 41 millions d’ici la fin du premier trimestre de 2024, sinon avant. Au rythme actuel, la population canadienne augmente plus rapidement que celle de n’importe quel pays à l’extérieur de l’Afrique. Or, si un plus fort taux de natalité explique la hausse rapide de la population africaine, l’immigration internationale compte pour la presque totalité de la croissance démographique ici.

Le Canada a longtemps été un modèle en matière d’immigration. L’instauration dans les années 1960 d’un système de pointage basé sur des critères tels que l’éducation, l’expérience de travail, les compétences professionnelles et la langue a permis au Canada de s’assurer d’accueillir les nouveaux venus les plus susceptibles de contribuer au développement économique du pays. Les volets de la réunification familiale et des réfugiés se sont ajoutés pour compléter une politique d’immigration qui faisait une grande place aux considérations humanitaires, en conformité avec nos engagements internationaux et notre désir collectif de nous montrer généreux envers les moins chanceux de la planète — mais rarement aux dépens de notre capacité d’accueil.

Ce n’est plus le cas. Sous M. Trudeau, les libéraux ont non seulement haussé sans cesse les seuils de l’immigration permanente, pour les porter à des niveaux records — avec pour objectif d’accueillir 500 000 nouveaux immigrants permanents en 2025 —,  ils ont aussi surtout facilité la venue de travailleurs étrangers temporaires et d’étudiants internationaux. Le nombre d’immigrants temporaires au pays a atteint un sommet de plus de 2,5 millions de personnes à la fin du troisième trimestre. Ce nombre a plus que doublé depuis 2021.

Le Québec ne fait pas exception à cette tendance. Plus de 500 000 résidents non permanents vivaient au Québec à la fin du troisième trimestre, une hausse de 46 % en un an. La pénurie de main-d’oeuvre y est pour quelque chose. Beaucoup de restaurants Tim Hortons et McDo­nald’s risqueraient de devoir fermer leurs portes s’ils n’avaient pas recours aux travailleurs étrangers temporaires. Les étudiants internationaux sont aussi devenus une source de main-d’oeuvre à bas salaire pour les employeurs de toutes sortes au pays.

Contrairement à ce que prétendent les libéraux, leur politique d’immigration ne contribue pas au développement économique du Canada. Elle a plutôt tendance à lui nuire. Le produit intérieur brut par habitant — une jauge du niveau de vie des Canadiens — est en baisse depuis cinq trimestres consécutifs. Notre richesse collective augmente moins rapidement que la population, notamment en raison du flux migratoire dans les emplois à bas salaire.

Dans son entrevue de fin d’année à Radio-Canada, M. Trudeau a tout au plus concédé que son gouvernement faisait face à de « petits défis » en matière d’immigration temporaire. Il s’agit très probablement, de sa part, de l’euphémisme de l’année. Le ministre de l’Immigration, Marc Miller, n’a parlé jusqu’ici que de pistes de solution, sans manifester de volonté véritable de prendre enfin les décisions difficiles qui s’imposent.

Source : Le Devoir par Konrad Yakabuski, chroniqueur au Globe and Mail, où il a occupé plusieurs fonctions depuis 1996, dont celle de correspondant politique à Washington durant le premier mandat du président Barack Obama.

vendredi 29 décembre 2023

États-Unis — En 2022, seuls 3,4 % des journalistes se disaient républicains

En 2022, seuls 3,4 % des journalistes se disaient républicains contre 36,4 % de démocrates. Ce chiffre était de 18 % en 2002 et de 25,7% en 1971.



 

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(Source : Institut de recherche sur l’enseignement supérieur [HERI]. Les données proviennent d’enquêtes représentatives au niveau national auprès de professeurs aux États-Unis. Graphique de Sam Abrams.)

 

Europe — Plus on est religieux, plus on a d'enfants

Le fait qu’un couple ait ou non des enfants et le nombre d’enfants qu’il a dépendent jusqu’à aujourd’hui de son degré de religiosité. C’est ce que montrent des chercheurs de l’Académie autrichienne des sciences et de l’Université de Vienne dans la revue spécialisée Population, Space and Place. Pour ce faire, elles ont analysé les données d’environ 34 000 personnes âgées de 18 à 45 ans dans huit pays (Autriche, France, Pays-Bas, Suède, Pologne, Russie, Bulgarie et Géorgie). Celles-ci avaient été interrogées en 2002 et 2016 sur leur religiosité, leur désir d’enfant et le nombre effectif d’enfants.

(cliquez sur l’image pour l’agrandir)


Des valeurs traditionnelles

Résultat : les chrétiennes autrichiennes âgées de 20 à 29 ans qui assistaient régulièrement à un service religieux souhaitaient en moyenne 2,4 enfants. Le nombre réel d’enfants parmi elles (âgées de 35 à 44 ans) était de 1,8. En comparaison, le nombre d’enfants souhaité par les femmes non pratiquantes était déjà nettement inférieur, avec une moyenne de 1,9. Et dans les faits, elles n’ont eu que 0,9 enfant. Les chrétiennes non pratiquantes se situaient entre ces deux pôles : elles souhaitaient en moyenne 2,1 enfants et en ont eu 1,5. Cette tendance a été observée dans les huit pays étudiés.

Une explication pourrait résider dans les doctrines religieuses pronatalistes : la famille et les enfants ont une grande importance dans les familles religieuses, les rôles des sexes sont plutôt traditionnels, explique la sociologue Caroline Berghammer (Université de Vienne). Dans les pays d’Europe de l’Est, le désir d’enfant est cependant moins souvent réalisé qu’en Occident. Cela pourrait s’expliquer par « des conditions sociales générales telles que l’insécurité économique », selon Isabella Buber-Ennser de l’Institut de démographie de l’ÖAW. 

Source : APA

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