lundi 1 avril 2013

Du Grand Rattrapage au Déclin Tranquille (vidéo)



Nous avons quelques réserves sur cette présentation. Mais elle est cependant intéressante à plus d'un titre.

Parmi nos réserves : dire que l'Église au début du XXe siècle aurait privé de main-d'œuvre les industries locales en insistant sur la colonisation de terres ingrates éloignées. Ceci alors que des centaines de milliers de Canadiens français émigrèrent dans les villes de Nouvelle-Angleterre pour y travailler dans les « manufactures » plutôt que dans des usines québécoises... Migration qui frappait aussi les autres provinces canadiennes (le trait gris en haut dans le graphique ci-dessous, le Québec est en bas). Cette émigration canadienne-française est non seulement due à une frilosité envers la ville et l'industrie contrôlées par des étrangers protestants, elle est aussi due à un manque de dynamisme de l'industrie canadienne et à un manque de volonté de laisser les Canadiens français coloniser l'Ouest : on paiera ainsi le voyage et l'établissement d'Allemands et de Russes pour coloniser le Manitoba, mais on évitera d'en faire de même pour les Canadiens français, le but des orangistes étant de s'assurer que le Manitoba ne devienne pas un nouveau Québec à l'ouest de l'Ontario. La suppression des droits linguistiques et des écoles catholiques des francophones de l'Ouest ne les encouragera évidemment pas à émigrer vers ces régions.



De même dire (à la 16e minute) que les « familles deviennent de plus en plus petites » lors du Grand Rattrapage (1946-1960) est quelque peu trompeur : le taux de natalité et de fécondité a augmenté partout en Occident pendant cette période par rapport aux années 20 et 30... Ce pic de natalité se nomme le Baby Boom ! Voir les graphiques pour le Québec ci-dessous. Le taux de natalité annuel, tout au long des années d'après-guerre, tournera autour de 30 ‰, c'est-à-dire 30 naissances par 1000 habitants chaque année. Il en va de même du taux de fécondité : s'il tombe à 3,11 enfants par femme en 1934, il se situera au-dessus de 3,5 pendant toute l'après-guerre jusqu'en 1962.

Natalité du Québec de 1926 à 2011
 (entre les deux traits verticaux les années 1946 à 1960)


Ce qui est vrai, en revanche, c'est que l'urbanisation (les maisons sont chères en ville), le salariat (l'enfant ne peut plus aider dans l'entreprise familiale) et l'État-providence (chacun pense que les enfants des autres vont payer sa retraite) dépriment fortement la natalité.


Fécondité du Québec de 1926 à 2011
 (entre les deux traits verticaux les années 1946 à 1960)




Source ISQ, Université de Sherbrooke.





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Idées reçues sur les blancs américains, écart moral et culturel croissant des classes sociales

Charles Murray, chercheur à l’American Enterprise Institute, vient de publier Coming Apart: The State of White America, 1960-2010. À ses yeux, la division de plus en plus marquée entre les valeurs et comportements de la classe supérieure blanche et de la classe moyenne-inférieure blanche menace les fondements mêmes de l’Amérique. Dans cet article publié en février 2012 pour The Washington Post, il corrige cinq idées reçues sur la population blanche américaine.



Charles Murray parle de la bifurcation sociale, culturelle et morale entre les classes supérieure et inférieure américaines, le sujet de son dernier livre Coming Apart. Pour Murray, si l'État providence explique en grande partie ces changements, aujourd'hui la culture de la classe inférieure blanche a changé : les comportements autrefois stigmatisés dans cette classe ne le sont plus. Il rejoint ici les constats du britannique Theodore Dalrymple (ici en anglais et là en français).


Par Charles Murray — Pendant des décennies, les tendances de la société américaine ont généralement été analysées à travers le prisme de la race, et les Américains blancs ont servis de point de référence – en comparant le chômage des Noirs à celui des Blancs, par exemple, ou le pourcentage de lycéens Latinos qui accédaient aux études supérieures à celui des élèves blancs. Ces comparaisons sont éclairantes, mais elles négligent le fait que ce point de référence est lui-même en train de changer. Notre compréhension de l’Amérique blanche est soumise à des hypothèses dépassées qui devraient être repensées.

Idée reçue n° 1 — Les Blancs de la classe ouvrière sont plus croyants que les blancs des classes supérieures

C’est une idée fausse répandue, encouragée par les progressistes ["liberals" dans le texte] qui mettent la droite religieuse et la classe ouvrière dans le même panier, et par les conservateurs évangéliques qui invectivent la classe dirigeante impie.

Bien sûr, les élites intellectuelles blanches sont devenues peu croyantes. Cependant, dans son ensemble, la classe moyenne-supérieure blanche a depuis longtemps fait preuve d’une plus grande fréquentation des services de culte et d’une plus forte allégeance à leur foi religieuse que la classe ouvrière, si l’on s’en remet aux statistiques recueillies dans les années 1920 et qui perdurent aujourd’hui.

Depuis le début des années 1970, l’Amérique blanche est globalement devenue plus « laïque », mais cette baisse a été bien plus importante dans la classe ouvrière. Or, le sondage social général a indiqué dans les années 2000 que près de 32 % des Blancs de la classe moyenne-supérieure, entre l’âge de 30 et 49 ans, allaient régulièrement à l’église, contre seulement 17 % de la classe ouvrière blanche de la même tranche d’âge.


Idée reçue n° 2 —  Les universités d’élite sont injustement les bastions des privilégiés blancs de classe moyenne-supérieure

Il est fréquent de supposer que les étudiants blancs de classe moyenne-supérieure récoltent plus de places au sein des meilleures universités que les étudiants de la classe moyenne ou de la classe ouvrière, non pas parce qu’ils sont plus intelligents mais parce que leurs parents ont les moyens de les envoyer dans les universités et lycées de meilleure qualité, de payer pour des cours préparatoires au SAT [test de classement d’admission des cégépiens/lycéens à l’université] ou de faire de généreux dons aux universités.

Il y a deux problèmes avec cette logique. Tout d’abord, depuis le fameux Rapport Coleman sur l’égalité dans l’éducation en 1966, les universitaires ont eu des difficultés à démontrer que la fréquentation des établissements primaires et secondaires chics augmente la performance scolaire des élèves. Et, en moyenne, les cours préparatoires hautement racoleurs n’améliorent les scores des élèves au SAT que de quelques douzaines de points (résultat confirmé par de rigoureuses études comparatives des préparations existantes).

D’autre part, le niveau d’éducation est corrélé avec l’intelligence (le QI moyen des Américains blancs avec seulement un diplôme d’éducation secondaire se situe autour de 99 ; le QI moyen des Américains blancs avec un diplôme professionnalisant avoisine les 125). Et le quotient intellectuel des enfants est lié à celui de leurs parents. La question de comment les gènes et l’environnement se conjuguent pour produire ces relations n’est pas pertinente ; cette relation est restée stable pendant des décennies. Par conséquent, les parents blancs ayant fait des études avancées — et qui sont également riches en général — sont inévitablement la raison d’un nombre disproportionné d’élèves blancs avec les plus hauts scores au SAT, les meilleures notes et autres preuves d’excellence académique.

Si l’admission à l’université était purement méritocratique — éliminant le favoritisme pour les enfants des anciens élèves, célébrités et gros donateurs — la classe moyenne-supérieure serait toujours sur-représentée  C’est parce que l’écrasante majorité des candidats qui seraient acceptés à la place viendrait également de cette classe moyenne-supérieure.


Idée reçue n° 3 — Le mariage s’effondre au sein de toute l’Amérique blanche 

Dans l’ensemble, les taux de mariage déclinent effectivement aux États-Unis : les adultes Américains sont mariés à tout juste plus de 50 %, contre 72 % en 1960. Toutefois, il y a parmi les blancs américains un profond fossé de classe sur le mariage.

La part des blancs mariés de classe moyenne-supérieure, âgés de 30 à 49 ans, est constante depuis 1984, oscillant autour de 84 %. Sur la même période, le mariage de la classe ouvrière blanche du même groupe d’âge a chuté de 70 à 48 %. Ce n’est pas un artéfact statistique qui s’expliquerait par la différence entre les classes de l’âge de mariage ou la fréquence des remariages, ni par une conjoncture économique difficile pour la classe ouvrière. Le mariage constitue désormais une ligne de faille culturelle, divisant les classes socio-économiques parmi les Américains blancs.


Idée reçue n° 4 — Les hommes de la classe ouvrière blanche sont plus industrieux

Ce fut le cas, mais ne l’est plus tellement aujourd’hui. En 1968, 97 % des hommes blancs âgés de 30 à 49 ans qui détenaient tout au plus un diplôme d’études secondaires étaient dans la population active – ce qui signifie qu’ils occupaient un emploi ou cherchaient activement un travail. En mars 2008 (avant la Grande Récession), ce chiffre était tombé à 88 %, ce qui veut dire que près d’un homme blanc de la classe ouvrière sur huit dans la force de l’âge n’était même pas à la recherche d’un emploi. Ce n’est pas seulement une question de « travailleurs découragés » ; ce taux de décrochage de la population active avait augmenté lors du boom des années 1980, 1990 et 2000 aussi rapidement que pendant les années de récession.

Parmi les hommes blancs âgés de 30 à 49 ans, avec un travail ouvrier ou de services peu qualifiés, un plus petit nombre travaille à temps plein. Le pourcentage de ceux qui travaillaient moins de 40 heures par semaine est passé de 10 % dans les années 1960 à 20 % en 2008, augmentant dans les bonnes comme les mauvaises périodes économiques.

Des enquêtes sur l’utilisation du temps ont précisé ces changements de comportement parmi les hommes au chômage. Au début des années 2000, comparées à l’année 1985, ces hommes consacraient moins de temps à la recherche de travail, à l’éducation et à la formation, aux tâches ménagères ou aux activités civiques et religieuses, et passaient plus de temps à regarder la télévision et à dormir.


Idée reçue n° 5 —  L'ère des Américains blancs, désormais peu féconds, est révolue

Vous n’avez pas besoin de voir une jeune famille noire à la Maison Blanche pour comprendre que la démographie américaine se transforme. Lors du recensement de 2010, les Blancs non-Latinos formaient 64 % de la population, contre 69 % en 2000, 76 % en 1990 et 80 % en 1980. En 2011, les Blancs non-Latinos constituaient pour la première fois une minorité des enfants âgés de moins de deux ans — signe avant-coureur d’une nation au sein de laquelle les Blancs deviendront minorité. Ce n’est pas un mythe.

Pourtant, 45 des 50 gouverneurs et 96 des 100 sénateurs américains étaient toujours des Blancs non-Latinos en 2010. Les Blancs représentaient aussi 92 % des dirigeants nommés aux Academy Awards entre 2000 et 2011. Ils formaient 96 % des p.d.-g. de Fortune 500 en 2011. Les chiffres sont similaires pour d’autres postes influents de la société américaine. Pour l’instant du moins, la rhétorique sur le rôle déclinant des Blancs au sein de la société américaine excède la réalité.


Entrevue (en anglais) sur son dernier livre et ses ouvrages précédents



Reportage critique de PBS sur la thèse de Charles Murray, ce manque de mobilisation de la classe ouvrière blanche serait plutôt surtout lié à la désindustrialisation des États-Unis.



Charles Murray invité de Uncommon Knowledge (en anglais). Charles Murray y revient sur la chute du « capital social » (l'entraide, la participation à la vie communautaire) dans la société américaine. Comme Robert Putman l'avait identifié dans Bowling Alone: plus on est croyant, plus on participe à la vie communautaire (religieuse et laïque). Les mêmes chiffres ont également été vérifié au Canada. Pour Charles Murray, la classe moyenne-supérieure doit prêcher ce qu'elle fait :  il est bon de rester marié, d'être plus industrieux, d'être plus religieux que la classe inférieure ne l'est devenue. C'est ce que fit la classe moyen-supérieure victorienne en son temps : en pleine industrialisation et urbanisation elle réussit à faire baisser le taux de criminalité en Angleterre.


 Traduit de l’Anglais par Estelle Devisme pour Le Bulletin d’Amérique.

À lire




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France — le prénom comme prédicteur de résultat et de filière au bac

Les prénoms vieille France ont de bons résultats au bac (D.E.C.)

En 2012 , plus de 25 % des Madeleine, Irène  Côme et Ariane qui ont passé le bac ont reçu mention « très bien ». Plus d’une Marie-Anne, d’une Anne-Claire et d’un Gaspard sur cinq ont reçu cette mention. Même mention pour 15 % et plus des Violette, Apolline, Iris, Béatrice, Judith, Domitille, Hortense, Fleur, Daphné  Noé, Lara, Henri, Adèle, Rose, Augustin, Astrid et Éléonore.

À ces prénoms sont associés relativement peu d’échecs au bac, repérés ici par l’indication « Passe second groupe » (ce qui signifie probablement rattrapage à l’oral). Seules 3% des Madeleine sont dans ce cas.

Les prénoms musulmans et anglo-saxons à la traîne

À l’opposé de cette dimension de l’espace social : aucun des quelques 125 Youssef et 105 Nabil n’ont obtenu de mention TB. Mais plus de 30% d’entre eux sont dans la situation de passer l’oral de rattrapage. Seules une ou deux Sandy, Alison ou Sofiane décrochent la mention TB. 4 Christopher (sur 300) et 5 Mohamed (sur 400). 8 Cassandra et 8 Sabrina sur 470. Plus d’un tiers des 140 Yacine et Linda devront passer les épreuves de rattrapage.

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Uniformité des résultats par prénom

La différence entre la proportion de personnes ayant reçu la mention TB et la proportion de personnes devant passer en second groupe nous renseigne indirectement sur l’uniformité de la population. Certains prénoms semblent beaucoup plus concentrés sur l’une ou l’autre option. Pour Côme  Ariane et Madeleine, la différence est de 20 points ou plus. Pour d’autres prénoms, le contraire se remarque: les Aude et les Hippolyte sont 15 % à recevoir la mention TB, ils sont aussi 15 % à passer au rattrapage, signalant que ces “Aude” et ces “Hippolyte” ont des origines sociales variées.

Les prénoms chics dans les filières générales, prénoms musulmans et anglo-saxons pour le professionnel


Il y a des prénoms sur-représentés dans plusieurs terminales (dernière année de cégep au Québec), prénoms « chics » en section générale qui ouvre aux études universitaires, d’origine étrangère ou séries télévisées populaire en professionnelle qui marque souvent la fin de la scolarisation.

À chaque filière est associée un groupe de prénoms sur-représentés. Ainsi, les “Aliénor” représentent au total 2 candidates au baccalauréat (D.E.C au QUébec) sur 10 000, mais elles sont 6 sur 10 000 candidates au bac “L” (littéraire) : elles sont 3 fois plus nombreuses à passer le bac “L” (littéraire) que ce qui est attendu à partir de leur nombre total. Et les prénoms diffèrent. Dans certaines séries (“S” sciences et “STG” gestion par exemple), ce sont des prénoms masculins qui sont sur-représentés  mais ce ne sont pas les mêmes : Augustin est plus fréquent en prestigieuse série S, Ahmed en série de gestion STG moins prisée.

Aliénor en bac L (littéraire) ;
Augustin en bac S (scientifique) ;
Ahmed en bac STG (gestion) ;
Teddy en ST2 (industrie) ;
Priscilla ou Allison en ST2S (sanitaire et social).


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Source





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samedi 30 mars 2013

Joseph Facal et la dérive de l'éducation au Québec



Sujets abordés

01:30 — Sommet sur l'enseignement supérieur

04:17 — Université comme instrument de promotion sociale ou lieu d'excellence ?

05:27 — Faut-il regretter qu'on n'ait parlé que des frais de scolarité ?

09:37 — La réforme scolaire (le renouveau pédagogique) à l'école primaire et secondaire

13:31 — Les jeunes en difficulté victimes de la réforme scolaire

14:45 — L'utopie de la transformation sociale par l'école, un échec

15:25 — Connaissances contre compétences ? Transmission culturelle c. présentisme.

21:00 — L'égalitarisme creuse le fossé entre l'élite qui a accès à la culture et une masse mal outillée

24:10 — Chaque ministre devient l'attaché de presse de la technocratie éducative au Québec

26:45 — Le cours d'éthique et de culture religieuse (ECR), le « nouveau catéchisme »

31:00 — Taux de réussite universitaire en hausse grâce au nivellement par le bas ?

35:20 — Culture de revendications, remise en question du maître

39:19 — Différence entre étudiant contestataire et casseur, les syndicats étudiants

41:00 — Quel peut-être l'avenir d'une société qui refuse la transmission d'une culture générale ?

42:30 — Un retour en politique de Joseph Facal ?

Voir aussi

Joseph Facal : « L’essentiel est invisible »

Joseph Facal et « nos valeurs » québécoises

Facal et les résultats PISA : et si on évaluait les connaissances et la culture générale ?

L'école québécoise selon Joseph Facal

Joseph Facal, La famille et l’école

Joseph Facal : « Vous avez tort de regarder de haut Drummondville »












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vendredi 29 mars 2013

La loi 101 s'appliquera aussi à la prématernelle

Après avoir laissé entendre le contraire, la ministre Marie Malavoy a finalement affirmé que la loi 101 s'appliquera à la maternelle à quatre ans. À la fin février, Mme Malavoy avait laissé entendre que ces nouvelles classes pourraient ne pas être soumises à la loi 101, puisque la Charte de la langue française ne s'applique pas à la maternelle. Or, après vérification, la ministre Malavoy a rectifié le tir jeudi: les classes de maternelle à cinq ans sont bel et bien soumises à la loi 101 et les petits de quatre ans devront aussi s'y conformer, a-t-elle déclaré. Les enfants d'immigrants devront donc fréquenter l'école en français, dès l'âge de quatre ans.




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Belgique — Suppression des congés de la Toussaint, de Pâques et de Noël... Enfin les noms. (M. à j.)

Mise à jour du 29 mars 2013

L'archevêque de Malines-Bruxelles ne cache pas son agacement face à la volonté de rebaptiser les vacances scolaires en supprimant les références chrétiennes. Il souhaite "bonne chance aux nouveau iconoclastes". Il préconise aussi l'abstinence pour les homosexuels.

La réforme des noms des congés scolaires
 n'a pas les faveurs de Monseigneur Léonard invité du Grand Oral de La Première - Le Soir : « Je pense que ces changements de vocabulaire auront le même avenir que le calendrier républicain qui a voulu faire commencer l'an 1 avec la Révolution française, ça a duré quelques années. Les gens vont continuer à parler comme ils parlent, ils vont dire les vacances de Noël, les vacances de Pâques ».

Instauré en 1792, sous la Révolution française, ce calendrier avait changé les noms des mois (brumaire, ventôse, pluviôse, etc.) et commençait à compter les années à partir de l'an I, année de la révolution. Il fut abrogé en 1806.

« Je suis rarement agacé mais ça me paraît plutôt curieux et surtout irréaliste, s'il y a derrière cela de l'idéologie, supprimer les références à nos racines chrétiennes, alors je souhaite bonne chance à tous les musées du royaume, à toutes les discothèques du royaume, je veux dire par discothèque, là on conserve des disques parce que la plus grande partie de l'art que nous cultivons en Occident, mais est d'origine chrétienne, si on veut supprimer tout cela, eh bien, je souhaite bonne chance aux nouveaux iconoclastes ».


Billet du 26 mars 2013

Un nouveau décret édicte une règle pour fixer les congés scolaires et le nom de ceux-ci dans les écoles francophones de Belgique.  Les nouveaux noms évacuent toute connotation religieuse. Les appellations des différents congés scolaires dans le décret sont « congé d’automne » pour le congé de la Toussaint, « vacances d’hiver » pour vacances de Noël, « congé de détente » pour le congé de Carnaval et « vacances d’été » pour les grandes vacances.


Le groupe MR (droite libérale économique) se dit « assez surpris de l’énergie dépensée par le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour déposer un projet de décret 'cosmétique' alors que les attentes de fond de l’école, comme des parents, ne sont toujours pas rencontrées. » Françoise Bertieaux, Chef de Groupe MR au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (la partie francophone de la Belgique), ajoute : « Débaptiser le calendrier des vacances scolaires n’avait aucun caractère urgent et n’apporte d’ailleurs aucun élément nouveau ou fondamental dans la gestion du rythme scolaire, mais le faire le jour même où le Parlement reçoit les parents pétitionnaires contre le décret Inscriptions — qui attendent depuis des années que le Gouvernement trouve une solution décente – manque quelque peu d’élégance, pour ne pas dire de respect ! » Le décret d'Inscriptions est une mesure obligatoire de mixité ethnique et sociale imposée par l'État qui limite ainsi fortement le libre choix des parents, le tout s'accompagnant de démarches administratives supplémentaires. Voir notre billet.


Françoise Bertieaux poursuit : « Si la Ministre cdH ["humaniste", ancien parti social-chrétien !] de l’Éducation, Marie-Dominique Simonet, semble ainsi vouloir faire sortir le religieux par la porte, elle laisse en réalité la possibilité de le réintroduire par la fenêtre. Car, sous couvert de se détacher de la religion et des traditions, ce texte ouvre la voie à de nouveaux jours de congés liés à d’autres religions. Et cette formule, le MR la regrette fermement. »

Une pétition dénommée « Rendez-nous nos congés de Noël, Pâques, Toussaint... » a été mise en ligne. Elle s'insurge contre « des raisons obscures de clientélisme ethnique, nos bien-pensantes "élites politiques", suppriment tous ce qui nous rattachent à notre enfance, culture, coutumes. » Une autre, Contre le décret adopté par la Fédération Wallonie-Bruxelles visant à rebaptiser les congés scolaires !, l'initiateur déclare « C'est totalement ahurissant ! Nous abandonnons notre histoire, notre civilisation et ce dans le but de ne point choquer une communauté ! » Une troisième pétition en ligne est Pour le maintien des appellations historiques des congés scolaires dans l’enseignement libre confessionnel, c'est-à-dire principalement les écoles catholiques de Belgique francophone.




On se rappellera qu'au Québec le gouvernement libéral avait eu des velléités similaires, mais qu'il avait dû reculer devant l'indignation de certains secteurs. (Voir iciici, ici, ici, ici et .)

Billets connexes

Évolution dans la répartition des cours de religion en Belgique

Changement démographique en Belgique — Bruxelles musulmane dès 2030 ?

Belgique — l’écart entre élèves autochtones et allochtones reste criant

En Belgique, les élèves musulmans aiment l'école catholique

Belgique — un décret de mixité sociale obligatoire soulève l'ire des parents et des enseignants

Belgique — Près de la moitié des enfants à l'école primaire communale sont musulmans

Belgique — les nombreux décrets pour promouvoir la mixité sociale à l'école sont un échec

Belgique — La moitié des élèves bruxellois ont un retard scolaire d'un an à l'entrée du secondaire

Belgique — le niveau des élèves issus de l'immigration est nettement moins bon que celui des autochtones

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Guillaume Rousseau : Lien juridique entre cours ECR et multiculturalisme

Guillaume Rousseau, professeur de droit à l’Université de Sherbrooke, expose le lien entre le programme d'Éthique et culture religieuse (ECR) et le multiculturalisme canadian lors d’un événement organisé par Génération Nationale à Sherbrooke le 13 mars 2013 :



Il apporte de l’eau au moulin de Joëlle Quérin, professeure de sociologie au Cégep de Saint-Jérôme, dont l’étude Le cours Éthique et culture religieuse — Transmission de connaissances ou endoctrinement ? publiée par l’Institut de recherche sur le Québec en décembre 2009 abondait dans le même sens. Mme Quérin avait alors présentée ses conclusions sur l’émission Dumont 360° :





(Fichier alternatif)

Analyse de la réception du rapport Quérin, une semaine plus tard :




Et à l’émission de Denise Bombardier :



Outre le cours ECR, le programme d’histoire est aussi instrumentalisé pour imposer le multiculturalisme "canadian" aux jeunes Québécois. Deux enquêtes sur les cours d’histoire au Québec (tels que mis en œuvre par les Libéraux) :



Analyses du matériel didactique d’histoire médiévale approuvé par le Ministère de l’Éducation, des Loisirs et du Sport (MELS) du Québec :


Source http://monarchomaque.org/




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Plaintes d'abus sexuels auraient été ignorées car les parents adoptifs étaient homosexuels

Andy Cannon, 23 ans, abusé sexuellement dès l'âge de neuf ans par son père adoptif et son partenaire homosexuel a déclaré que les travailleurs sociaux n'auraient pas ignoré ses multiples appels à l'aide si ses agresseurs avaient été hétérosexuels.

Les services sociaux de Wakefield (Angleterre) renvoyaient systématiquement Andy Cannon vivre avec les deux homosexuels qui l'avaient adopté. Andy Cannon s'est plaint à six reprises de violence physique et sexuelle alors qu'il était confié à ses parents adoptifs. Le jeune homme était alors qualifié d'« enfant terrible » atteint de troubles mentaux par les travailleurs sociaux qui ont ignoré ses plaintes, les services sociaux estimaient, par contre, que son père adoptif était « très attentionné ».

Durant son calvaire M. Cannon a été gavé maintes fois avec de l'ecstasy et du cannabis avant d'être agressé sexuellement par David Cannon et John Scarfe.

Le père d'Andy, David Cannon, condamné à 30 mois de prison
Un rapport accablant pour les services sociaux vient de sortir en Grande-Bretagne. Il révèle que l'enfant aurait été écouté plus tôt si son père adoptif n'avait pas de tendances homosexuelles ! L'affaire s'est terminée l'année dernière, après une demi-décennie de procès, quand un tribunal a ordonné de verser 25.000 £ d'indemnités à à la victime.

Andy Cannon a déclaré « J'ai eu tant de surdoses dans le passé et j'ai essayé de me tuer au moins à six reprises après ce qui s'est passé. J'ai fait une dépression il y a à peu près quatre ans et il y a encore des jours où je pense que ma copine serait mieux sans moi. » « J'étais le jouet sexuel de mon père et j'ai souvent cru qu'il allait me tuer. La plupart des gens quand ils grandissent veulent une belle maison, un super boulot, des vacances à l'étranger chaque année. Mais mon seul but dans la vie ce sont mes [deux] enfants et ma petite amie. »

Le partenaire homosexuel de David Cannon,
 John Scarfe, condamné pour sévices sexuels

Cannon a été autorisé à adopter Andy en Décembre 1997, lorsque le jeune garçon était âgé de huit ans. Cela est arrivé en dépit du fait qu'il avait déjà été condamné et mis en probation pendant 12 mois pour avoir agressé la mère du garçon, Elaine Moss, avoir été en possession de cannabis et avoir manipulé un ordinateur volé. Elaine Moss avait également affirmé que Cannon avait agressé sexuellement son fils. Une travailleuse sociale n'avait pas jugé opportun de signaler ces allégations et condamnation à l'attention du tribunal de la famille lors de l'adoption, mais elle avait qualifié Cannon de «parent très attentionné soucieux des besoins de ses enfants ».

D'autres allégations d'inconvenance sexuelle avaient été formulées contre David Cannon par Andy et sa mère après que David Cannon décide de sortir avec un homosexuel en 2002 et à nouveau quand il a commencé  sa relation homosexuelle avec Scarfe.

Source Daily Telegraph

Voir aussi

Garçon gardé par un couple de lesbiennes subit un traitement hormonal pour bloquer sa puberté

Après les drogues et le SIDA, le tabou des violences dans les couples homosexuels

Étude suggère des risques pour les enfants élevés par des couples homosexuels

Étude révèle que les enfants vivant avec des homosexuels accusent un retard scolaire

Mark Regnerus — l'université du Texas le blanchit et défend son étude alors que Social Science en publie une autre





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Le programme Histoire et éducation à la citoyenneté, un échec ?

D'après Gilles Laporte, historien et président du Mouvement national des Québécoises et Québécois, le « cours Histoire et éducation à la citoyenneté se retrouve plutôt surchargé de lubies didactiques » et quant au taux de décrochage, que ce programme renouvelé devait combattre, « il n'a pas bougé d'un poil. Un constat gênant que les administrations camouflent à l'heure actuelle en baissant les seuils de réussite et en proposant une épreuve synthèse si insignifiante qu'on pourrait bientôt diplômer un citron. »

Quelques extraits de sa lettre ouverte :

« Voici donc dix trucs par lesquels le programme actuel d'histoire parvient efficacement à dégoûter les jeunes québécois de l'histoire nationale.

Truc 1 — Revoir la même matière cinq fois

On le sait déjà, tous les élèves du Québec voient la même histoire deux fois: en 3e secondaire dans l'ordre chronologique et, en 4e secondaire sous forme de thèmes. Or ces thématiques, au nombre de quatre (population, société, politique et culture), consistent à chaque fois à revisiter les mêmes notions sous quatre angles différents. Au total, la même fichue matière simplifiée et aseptisée est donc revue cinq fois. Les profs se trouvent ridicules, les étudiants crient au scandale et les parents n'y comprennent rien. Quant aux rédacteurs du programme, ils croient, j'imagine, que le plaisir croit avec la répétition.

L'utopie est dans le tipi
Les autochtones à répétition, en histoire, en ECR, en français


Truc 2 Des Iroquoiens et des fourrures encore et encore

Cinq fois les mêmes notions dis-je, en reprenant bien sûr à chaque fois du tout début et donc depuis les «premiers occupants». L'élève de 3e secondaire aura d'abord étudié les Iroquoiens et les Algonquiens durant deux mois. Mal lui en pris, il les réétudiera l'année suivante à quatre reprises, sous l'angle de la population, de la société, de la politique et de la culture. Or comme il faut chaque fois reprendre l'histoire depuis le début, on n'a jamais le temps de la raconter au complet. L'élève québécois verra donc intensivement l'histoire autochtone, passablement de Nouvelle-France, déjà moins de régime britannique, mais le XXe siècle seulement en coup de vent, pourtant le siècle de loin le plus déterminant pour comprendre le Québec actuel.

Truc 3 Évacuer l'histoire du Québec contemporain

L'histoire du Québec depuis 1960 est particulièrement escamotée. Depuis 23 ans que j'enseigne au cégep, j'ai clairement vu s'accroître les lacunes des nouveaux étudiants en ce qui a trait au dernier demi-siècle. Incollables sur les Autochtones, les grandes découvertes et le commerce triangulaire [l'esclavage culpabilisant...], ils sont en revanche absolument nuls sur les deux guerres mondiales au Canada, les réalisations de la révolution tranquille [sous un angle partial] ou sur les référendums. [...]

Truc 4 La méthode historique ? Laissez-moi rire !

L'histoire du Québec on ne l'apprend plus, on la fait ! Derrière cette formule accrocheuse, se cache l'une des pires supercheries du nouveau programme: l'apprentissage par l'analyse des documents. Aucun problème à ce que l'élève soit à l'occasion confronté à des textes historiques. Il est utile qu'ils puissent exercer son sens critique et voir comment le discours historien se construit à partir des sources. Sauf que désormais, du primaire au collégial, l'analyse de documents est devenue l'alpha et l'oméga de l'apprentissage de la matière elle-même. Désormais c'est par l'analyse d'extraits de petits textes et de banques d'images que le jeune construit son rapport au passé et «exerce sa citoyenneté». Exit la connaissance des dates charnières et des grands enjeux d'une époque. L'analyse d'extraits d'une lettre de Marie de l'Incarnation ou d'une pièce au procès de Marie-Angélique suffit pour résumer la « société en Nouvelle-France ». C'est là singulièrement confondre l'arbre avec la forêt. Nul besoin en outre de maitriser un corps de faits. Google est là pour ça !

L'apprentissage des connaissances est pourfendu au profit de l'exercice du sens critique au contact direct avec le document et sans un minimum de préparation. Personnellement, j'ai entrepris l'analyse heuristique des documents à la première année de maitrise. Je ne m'en porte pas plus mal. Le ministère a jugé, lui, qu'il était urgent que les jeunes s'y initient dès la seconde année du primaire. Le résultat est que les élèves n'y comprennent rien. L'opération « critique » se résume à un simple repérage puisque l'élève n'a ni la connaissance intime du contexte de production du discours ni l'érudition nécessaire pour situer un document dans son époque. Le résultat de que ce qu'on appelle pompeusement «la méthode historique» est donc au mieux nul et constitue généralement une perte de temps.

Réplique du bateau d'Iberville
Il n'y eut aucune célébration 
pour le 350e anniversaire de d'Iberville en 2011
Truc 5 Évacuer les épisodes et les personnages marquants

On l'a assez dit, l'accent est désormais mis sur l'histoire sociale, celle des structures profondes, des continuités, mais surtout pas sur les épisodes de rupture. L'histoire enseignée apparaît dès lors insipide, comme un long fleuve tranquille, où les seuls faits saillants consistent à marquer la naissance des grandes tendances annonçant le présent. Les bonzes du nouveau programme croient ainsi susciter l'intérêt du jeune pour le passé en le faisant partir de son présent. Le résultat n'est qu'une revue blafarde des best of de l'histoire sociale: autochtones, histoire des femmes, des ouvriers, des immigrants, des enfants et autres victimes de l'histoire. Où sont les Champlain, d'Iberville, Frobisher, Fraser, Papineau, Mercier, Gérin-Lajoie, Michel Chartrand ? Liquidées au profit des anonymes. 

[...]

[C'est identique en France : surtout plus de héros, de grands personnages]


Truc 6 — Dénationaliser l'histoire du Québec

Depuis le XVIe siècle, la composante canadienne-française est fondamentale dans le peuplement du territoire québécois. Très tôt ce groupe développe les traits d'une communauté nationale partageant des traits communs qui se répercutent sur toute la société. Il y a donc une « histoire nationale », marquée par des moments charnières et des prises de conscience collectives. Ce sont 1608, 1760, 1837, 1867, 1918, 1960, etc. L'intérêt de la perspective nationale en histoire est qu'elle permet de tracer une trajectoire collective, partielle et qu'il faut nuancer il est vrai, mais permet au jeune de s'inscrire dans l'histoire d'un peuple. Ce point de vue « national » était au cœur des précédents programmes d'histoire qui y gagnaient en cohérence et en vitalité. Depuis 2006, cette perspective a été atomisée. La population québécoise n'est plus qu'une masse intangible d'individus de diverses origines, où le groupe francophone n'est que majoritaire.

On mise au contraire sur les différences, les histoires particulières, qui permettent de faire ressortir les destins atypiques mais qui annihilent complètement l'impression que le jeune est l'héritier d'un parcours historique cohérent dans lequel il peut s'inscrire. [Et on voudrait que les immigrants s'intègrent, mais à quoi ? Un peu sans histoire...?]

[...]

Truc 7 — Formez des pédagogues et non des enseignants d'histoire

Suivre deux ou trois cours d'histoire du Canada et être réputé prêt à ensuite l'enseigner toute sa vie. Cela vous paraît absurde, c'est pourtant la réalité au Québec depuis 1994. Le baccalauréat enseignement d'univers social n'offre à son programme que deux cours de 45 heures, l'un sur le Canada jusqu'en 1867 et l'autre depuis 1867. [Rien sur les amérindiens !?] En revanche, une pléthore de cours de didactique et de pédagogie propres à former des enseignants polyvalents, mais nullement de véritables enseignants d'histoire qui maitrisent leur matière et capables d'en montrer toute la richesse et la profondeur à des ados. [...]

Truc 8 — Truffer l'histoire de « citoyenneté », de « retour au présent » et autre « ailleurs »

Programmes et manuels regorgent de gadgets didactiques auxquels l'enseignant doit se conformer : angle d'entrée, référence à des « ailleurs » (autre réalité dans un autre pays, à d'autres époques) et « retour sur le présent » faisant en sorte que chaque nouveau module part du présent de l'élève en vue de l'amener, à rebours, vers la réalité sociale étudiée. De tous ces gadgets, le plus contraignant consiste à « exercer sa citoyenneté », un principe qu'on retrouve parmi les compétences générales et jusque dans le titre du cours. Nul ne s'entend sur ce en quoi consiste au juste cette compétence. Pour certains, il s'agit d'exercer son empathie et à « se mettre à la place de... ». Pour d'autres, la citoyenneté doit strictement s'exprimer dans le présent. Le programme est irrémédiablement confus là-dessus. Chose certaine, il ne faudra pas compter sur les élèves pour mieux le comprendre que nous. En attendant, le résultat est une sinistre blague.

Truc 9 — Combattre la recherche de l'excellence

[...] . Au nom d'un nivèlement démocratique étrange, même l'élève qui s'échinera à travailler sa copie et à étudier en vue de se dépasser ne se verra plus désormais attribuer que la mention « compétence atteinte », comme le deux tiers de sa cohorte qui aura peut-être compris, mieux que lui, qu'il s'agit désormais dans les cours d'histoire d'en faire le moins possible, de laisser le prof s'échiner à nous répéter la même chose cinq fois, en attendant de passer l'épreuve synthèse qui n'aura, de toute façon, presque rien à voir avec ce qu'on aura passé un an à étudier.

Truc 10 — Une épreuve synthèse qui ne récapitule rien
[...]

Le bouquet arrive en juin. L'épreuve uniforme en histoire ne valide nullement l'acquisition de connaissance, ne vérifie absolument pas le labeur accompli durant l'année. Elle consiste tout simplement, je vous laisse deviner, à analyser un document, conformément à la fameuse méthode historique. Le jeune est donc convié à travailler sur un problème historique qu'il n'a peut-être même jamais vu en classe avec son prof durant l'année et où il doit exercer sa citoyenneté, son sens critique et sa créativité à faire du repérage dans deux ou trois documents portant sur un problème historique spécifique. Souhaitons que ce sera sur les Iroquoïens, les filles du Roy ou le procès de Marie-Angélique. Tous les profs vous le diront, pour passer un test pareil, n'importe quel étudiant le moindrement futé n'aurait même pas eu à se présenter au cours pour parvenir à passer l'épreuve synthèse qui sanctionne en principe toute l'année. Heureusement que les écoles et les commissions scolaires sont complices afin de s'assurer que cette épreuve ubuesque ne compte pas pour tout et que soit au moins aussi tenu en compte le travail accompli au cours de l'année. Mais imaginez seulement que les prescriptions du ministère de l'Éducation soient appliquées à la lettre, et imaginez seulement que les jeunes le sachent ?

Encore et toujours, la seule parade invoquée par ses défenseurs du cours « Histoire et éducation à la citoyenneté » consiste à le présenter comme un rempart à l'endoctrinement nationaliste. Ils tentent ainsi de convaincre les parents et l'opinion publique que le problème est idéologique et non pédagogique. À les croire, seuls ceux et celles qui ont le Québec à cœur trouveraient à redire du magnifique programme d'histoire de 2006. Tout compte fait ça me va. Après tout, cela fait quand même pas mal de monde et prouve que nous ne sommes pas du camp des imbéciles.

Voir aussi

Études sur la réforme pédagogique : « plus de mal que de bien », portrait sombre

Pour l'histoire du Québec (Bock-Côté)

L’histoire du Québec n’a pas assez de place dans l’enseignement et la recherche universitaires

Cours d'histoire au Québec — Une enquête plaide pour un retour de la dimension politique et nationale

Histoire — De Gaulle et son « Vivre le Québec libre ! »

Québec — Le peu de place consacrée à l'Europe dans les programmes d'histoire

L'historien Ch.-Ph. Courtois critique sévèrement le nouveau programme d’histoire au secondaire

Manuel d'histoire (1) — chrétiens intolérants, Saint-Louis précurseur des nazis, pas de critique de l'islam tolérant pour sa part

Manuel d'histoire (2) — Chrétiens tuent les hérétiques, musulmans apportent culture raffinée, pacifique et prospère en Espagne

Histoire — Pas de célébration pour le 350e anniversaire de d'Iberville

Bock-Côté : L’histoire aux oubliettes

La Grande Noirceur, revue et corrigée

Le « mythe » de la Révolution tranquille

Héritage de la Révolution tranquille : lent déclin démographique du Québec ?

La Grande Nouérrceurrr : portrait de famille monochrome, rictus, pénurie francocentrique et ânonnements (5 pages dans un cahier ECR utilisé en classe)

Révolution tranquille : Entre imaginaire et réalité économique et sociale







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jeudi 28 mars 2013

Plus de 1000 enfants d'illégaux n'ont pas accès à l'école à Montréal

Après Mathieu Bock-Côté qui se plaignait d'un article partial et mièvre de la Presse qui se voulait un article d'information, Denise Bombardier revient sur les mille enfants d'immigrants illégaux qui n'auraient pas accès à l'école à Montréal. Extraits :

Dura lex sed lex

Quiconque veut immigrer au Canada doit se soumettre à un processus strict et précis. Un immigrant doit faire les démarches de l’extérieur du Canada.

Tout immigrant qui entre au pays muni d’un statut de touriste, mais ayant l’intention d’y demeurer, enfreint nos lois et donne à penser que tous les immigrants qui respectent les règles sont des imbéciles.

Une fois qu’il est sur le sol canadien, la situation se complexifie pour lui. Sans papiers, travaillant au noir dans des emplois précaires, les illégaux n’ont, en principe, pas accès aux soins médicaux, à l’aide sociale, au permis de conduire, à tous ces attributs de citoyens ou de résidents permanents.

Ce sont des non-citoyens, ombres fuyantes hors du système social.

Droits c. humanitarisme

En Europe, les pays vacillent sous le poids économique des illégaux. Et que dire des États-Unis? Chez nous, le problème est moins aigu du fait du resserrement des contrôles, mais il faut mettre cartes sur table. La plupart des nouveaux immigrants le sont pour des raisons économiques. Même chez les réfugiés demandeurs d’asile. [...]

Dans le contexte économique plus qu’inquiétant qu’est le nôtre, avons-nous les moyens d’ouvrir nos frontières à tous les discriminés de la terre?

Où Denise Bombardier ressort les clichés

Les immigrants sont essentiels à notre survie collective et, sans eux, notre progrès économique est en péril. [C'est en grande partie faux ! Ils ne font qu'augmenter la population, mais ne résolvent pas le problème démographique, ni même le problème économique : le chômage est plus haut chez les immigrants africains et arabes... Ce qui ne veut pas dire qu'à dose moindre, l'immigration de personnes hautement qualifiées ne puisse pas être une bonne chose.]

Puis revient au bon sens

Mais nous avons le droit de les choisir. Car il ne faut jamais oublier que l’immigration est un privilège qu’accordent les États. Les frontières sont des réalités, certes contraignantes, mais elles sont légitimes et sacrées.

On en a même étendu le concept aux mers et à l’espace aérien.

Le désir de quitter la misère pour des pays rêvés comme le nôtre ne justifie guère une entrée par effraction, obligeant ensuite les autorités à poser des gestes inhumains, comme celui de refuser de scolariser des enfants, de soigner les malades et de soutenir financièrement les démunis.

Une société juste récuse l’illégalité. Qu’elle soit le fait des puissants ou des plus humbles. Et l’application de la loi n’exclut pas la compassion, mais gratifie ceux qui l’ont respectée.
À savoir, la majorité des nouveaux immigrants.





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