samedi 4 juin 2022

France — Le français menacé par le franglais dans les écoles de commerce

Des étudiants de HEC (ici un cours), ont décidé de traduire tous les mots en français

Le franglais est le quotidien des étudiants en école de commerce qui découvrent avec stupéfaction cette nouvelle « langue ». Certains étudiants ne l’acceptent pas.

« L’accélérateur emlyon business school propose une gamme de programmes […] destinés à différentes catégories d’entrepreneurs early stage et late stage avec des objectifs précis : élaboration du business model, connexions à des users et clients […] ». Voici le charabia qu’on peut lire en ce moment sur le site de l’EM Lyon à propos d’une session de cours d’entreprenariat.

Après toute une scolarité en français, les étudiants qui arrivent en école de commerce se heurtent à un mélange d’anglais et de français, qui s’impose aussi bien en cours que dans les associations étudiantes. Une pratique largement encouragée.

« Cette invasion de l’anglais est grave : on se saborde culturellement »

Jean-Marie Rouart

Déjà, les étudiantes d’HECJF (École de haut enseignement commercial pour les jeunes filles) fondée en 1916, qui sera intégrée à HEC en 1975, mettaient déjà le holà dans un rapport, « L’invasion des mots anglais dans le français moderne », en 1964. Aujourd’hui, Jean-Marie Rouart, ancien directeur du Figaro littéraire, académicien et auteur engagé pour la défense de « l’âme française », s’indigne depuis longtemps de cette dérive : « Cette invasion de l’anglais est grave : on se saborde culturellement et on doit donner un signal d’arrêt sinon le français ne sera plus qu’un pidgin. Notre langue est en train de mourir ».

Le vocabulaire utilisé en école de commerce est le même que celui en entreprise

Pour beaucoup pourtant, ce n’est pas si choquant, car [pour eux] c’est la langue des affaires. « Le monde du business est international, ce serait archaïque de franciser des termes techniques venus du monde anglo-saxon », soutient Benoit, 48 ans, associé dans un fonds d’investissement. Le vocabulaire utilisé en école de commerce est le même que celui en entreprise, où on staffe un event (s’occuper d’un évènement), on « brainstorm » (on réfléchit), on se retrouve pour un « after-work » (soirée [, après-turbin]) sur le « rooftop » (terrasse de toit), après le cours de « corporate finance » (finance d’entreprise). Julien, co-fondateur d’une start-up dans la foodtech, avoue en utiliser quelques-uns comme « after work, team building, lunch, food et click and collect ».

Des mots porteurs de nouveaux sens

Dans une émission de France culture, intitulée Pourquoi s’inquiéter du franglais ?, Julie Neveux, linguiste et auteur de Je parle comme je suis (Grasset) explique que ces nouveaux termes sont porteurs de nouvelles pratiques : parler de la fin de semaine au lieu du week-end occulte une nuance de sens. [Notons qu’il y a une différence entre fin de la semaine et fin de semaine.] La professeur à Sorbonne-Université, conclut en disant : « Il y a certes beaucoup de mots anglais, mais ce sont les pratiques et la réalité de cette domination économique qui est le problème de l’Académie française, et non pas la langue qui ne fait que refléter cette réalité ».

Des réunions en anglais alors que les professeurs comprennent le français

Bernard Laurent, professeur d’économie à l’EM Lyon, explique que ce phénomène est aussi lié à l’internationalisation des écoles de commerce, où les étudiants étrangers sont nombreux. Désormais, environ 25 % des cours ont en anglais selon Bernard Laurent. [Aargh !] Mais si le professeur considère qu’il est normal que les étudiants aient des cours en anglais, celui-ci déclare toutefois ne pas comprendre « l’invasion de la langue française par les mots anglais ». Il déplore aussi le ridicule des réunions en anglais alors que la plupart comprennent le français. [pas tous !?]

Une langue qui fait « chic »

Car utiliser des mots anglais, c’est aussi un effet de mode, « ça fait chic, c’est une forme de snobisme », ajoute Jean-Marie Rouart. L’anglais sonne moderne avec ses mots [souvent] plus courts et donc plus « marketing » dans un monde de la publicité où le slogan prédomine. [Pourtant « challenge » et « opportunité » remplacent les plus courts « défi » et « chance » ou « occasion »].  L’adopter permet de s’afficher en tant que « jeune cadre dynamique ». Benoit, habitué à travailler à l’international pour son fonds d’investissement, voit dans cet usage des termes anglais une forme d’appartenance à une communauté.

Des étudiants d’HEC ont banni le franglais

Malgré tout, certains étudiants n’acceptent pas ce qui leur apparaît comme une fatalité. Et si préserver le français devenait un jeu ? Des étudiants d’HEC Paris, notamment les membres de l’association de rugby, ont décidé de bannir les mots anglais dans leur quotidien. « Tu m’envoies le Puissance Point par courriel s’il te plaît ? ». 

Alexis, président de l’association de rugby HEC, en relate les origines : « Au début, c’était simplement pour marquer à l’oral notre rivalité avec l’Angleterre. C’est notre ennemi historique ; pour les partisans de rugby, ça fait sens. Et puis ça me fait marrer », explique-t-il avec un sourire en coin. 

Une particularité vite adoptée par l’ensemble des élèves : tous se rendent en soirée parés de leurs plus belles écotasses, un terme qui semble un brin suranné pour désigner les ecocups (littéralement, des gobelets réutilisables, terme qu’auraient pu emprunter nos étudiants). « Je pense que c’est un peu un moyen de repousser ce qui nous attend plus tard dans notre vie pro, où on ne pourra pas se passer d’anglais », nous explique Alexis. Seul le rugby ne risque pas d’être traduit. En effet, il tient son nom du Rugby College, où furent définies les règles de ce qui deviendra le rugby. [Ah, la soule…, les Italiens ont relevé le mot de calcio (une forme de soule médiévale) dès le début du XXe siècle et ce terme a remplacé le terme anglais jusqu’à aujourd’hui. Plus de détails sur l’italianisation du langage des sports.]

Source : Figaro étudiant

Près de 69 % des francophones croient que la loi 101 doit être appliquée aux cégeps

La survie du français ne serait pas assurée avec la réforme actuelle de la Charte de la langue proposée par François Legault, selon un sondage.

À la faveur d’un sondage qu’il a commandé à Léger pour connaître l’opinion des Québécois sur des enjeux d’actualité, le Parti Québécois souhaite donner un nouveau souffle aux mesures qu’il propose pour la survie du français.

Seulement 22 % des Québécois estiment que la loi 96 que le gouvernement Legault a fait adopter est suffisante pour renverser le déclin du français au Québec, selon un récent sondage Léger. Mais le tiers des sondés n’avaient pas d’opinion sur la question.

Le sondage effectué pour le compte du Parti Québécois révèle qu’un très faible pourcentage de la population croit que la réforme de la Charte de la langue est assez solide pour freiner la dégringolade du français sur le territoire Québécois.

« Là, on a un sondage Léger qui démontre clairement que les Québécois pensent également que la CAQ ne va pas assez loin et manque de courage en matière de protection du français », affirme le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon.

Il estime qu’avec cette loi, le Premier ministre est « complice d’une éventuelle Louisianiation du Québec ».

Toutefois, près du tiers des personnes sondées, soit 34 %, ne savait pas quoi répondre à cette question. La proportion est élevée.

Pourtant, le débat sur la langue fait rage depuis des mois au Québec.

Chef émotif

Il s’agit néanmoins d’un baume pour le chef de la formation souverainiste, à la suite d’une semaine émotive et des sondages nationaux difficiles.

Lors du dévoilement du monument de Jacques Parizeau, mercredi à l’Assemblée nationale, l’ex-Premier ministre du Québec Lucien Bouchard a parlé du PQ au passé.

Mercredi matin, Saint-Pierre Plamondon a d’ailleurs répondu aux questions des journalistes, la gorge nouée par l’émotion.

« Je suis devenu émotif. À la question : est-ce qu’un jour il sera trop tard [pour la suivie de la nation et l’indépendance] ? Et j’ai été obligé de répondre oui », a-t-il affirmé.

« Je m’explique très mal l’absence du manque de responsabilité vis-à-vis notre destin. »

Appui des francophones

Avec ce coup de sonde, le PQ souhaitait donner un nouveau souffle aux mesures qu’il propose pour la survie du français et qui sont absentes de la loi 96.

« Spécifiquement chez les francophones, il y a un appui très marqué aux cinq mesures structurantes », indique Saint-Pierre Plamondon.

Par exemple, avant même la répartition des indécis, près de 69 % des francophones croient que la Charte de la langue française (loi 101) doit être appliquée aux cégeps.

La loi 96 impose de suivre trois cours de français ou trois cours de français langue seconde. Elle plafonne également le nombre de places dans les cégeps anglophones.

Le PQ a voté contre la loi, réclamant carrément l’application de la loi 101 au niveau collégial.

Près de 75 % des francophones sont en faveur avec la mise en place de cibles et d’indicateurs précis sur la situation du français et 66 % pour que la maîtrise du français soit une condition obligatoire pour tous les immigrants économiques avant leur arrivée.

« Pour nous, c’est un signal qui est important. Il ne faut pas lâcher », a dit Saint-Pierre Plamondon.

« Il faut continuer de réclamer des mesures qui garantissent notre pérennité linguistique et culturelle. »

La culture importante

D’ailleurs, en culture, 66 % des répondants sont en faveur de la mise en place d’un Bureau de promotion du contenu québécois comme le propose la formation de PSPP.

Ce dernier aurait comme mandat de faire la promotion des productions québécoises auprès des grandes plateformes télévisuelles numériques mondiales, comme Netflix et Amazon Prime.

Le but serait d’augmenter le nombre de téléséries et de films québécois qui s’y retrouvent. Chez les francophones, cet appui grimpe à 71 %.

LOI 96

À votre avis, est-ce que la loi 96 adoptée récemment par l’Assemblée nationale du Québec pour protéger la langue française est suffisante pour renverser la tendance du déclin du français au Québec ?

  • Oui : 22 %
  • Non : 44 %
  • Ne sait pas : 34 %

MESURES POUR PROTÉGER LE FRANÇAIS

Êtes-vous en faveur, ou opposé, aux mesures suivantes pour protéger et promouvoir le français au Québec ?

Que soit mis en place un Bureau de promotion du contenu québécois, qui aurait comme mandat de faire la promotion des productions québécoises auprès des grandes plateformes télévisuelles numériques mondiales (Netflix, HBO, Apple TV, Amazon Prime Video, etc.) ?

  • Pour : 62 %
  • Contre : 22 %
  • Ne sait pas : 16 %

Que soit mesurée l’évolution de la situation du français au Québec par la mise en place de cibles et d’indicateurs précis ?

  • Pour : 62 %
  • Contre : 21 %
  • Ne sait pas : 17 %

Que la maîtrise du français soit une condition obligatoire pour tous les immigrants économiques avant leur arrivée ? 

  • Pour : 55 %
  • Contre : 31 %
  • Ne sait pas : 15 %

Que la Charte de la langue française (loi 101) soit appliquée aux cégeps ?

  • Pour : 55 %
  • Contre : 30 %
  • Ne sait pas : 15 %

Que le statut de ville bilingue soit retiré aux villes comptant moins de 30 % d’anglophones dans leur population ?

  • Pour : 43 %
  • Contre : 35 %
  • Ne sait pas : 23 %

Source : Journal de Québec


jeudi 2 juin 2022

Montréal — écoles privées ajoutent 12e année pour éviter aux élèves d'apprendre le français et aller ensuite à l'université anglophone

D’autres écoles privées vont permettre à des élèves du Québec de ne pas suivre des cours de français avant qu’ils ne s’inscrivent le plus souvent dans une université anglophone financée par les contribuables québécois. C’est ce que nous apprend maintenant le Journal de Québec.

Des collèges privés s’attendent à une hausse de la demande pour leur programme de 6e secondaire, qui permet d’éviter les obligations de la nouvelle loi sur la langue officielle dans les cégeps anglophones.

North Star Academy de Laval
 
« On a beaucoup de demandes pour l’an prochain. Surtout avec la loi 96… C’est un enjeu », indique la directrice générale de l’Académie Étoile du Nord de Laval, Josée Pépin.

Au Québec, le cursus scolaire ne compte que cinq années d’études secondaires. Dans le reste du Canada et aux États-Unis, il y en a une sixième étant donné qu’il n’y a pas de cégep entre le secondaire et l’université.

Plusieurs écoles privées offrent donc la 6e année, dite grade 12 en anglais, qui mène en général à l’obtention d’un diplôme d’études secondaires ontarien.

Les élèves peuvent ensuite entrer directement dans les universités du monde entier, mais aussi au Québec, comme à McGill et Concordia, à Montréal, sans passer par le cégep.

La nouvelle Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français (projet de loi 96) oblige les étudiants des cégeps anglophones à suivre plus de cours de français.

Selon un reportage de Global News, l’anxiété générée par cette nouvelle disposition aurait poussé l’Académie Kuper, à Kirkland, sur l’île de Montréal, à devancer l’annonce de son nouveau programme de 6e secondaire.

La direction de l’Académie Kuper n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue.

La moitié

Le Journal a parlé aux responsables de quatre autres collèges privés qui offrent déjà la 6e année.

À l’école Alexander von Humboldt, à Baie-d’Urfé, les cours se donnent en allemand de la maternelle à la fin du secondaire. Chaque année, environ la moitié des élèves de 5e secondaire choisissent de continuer en 6e, tandis que les autres décident d’aller au cégep, indique le directeur adjoint Tobias Grygier.

« Mais si la loi est maintenue telle quelle, on peut penser que ça [incitera] d’autres à rester en 6e », suppose-t-il.

Capacité limitée [pour l’instant]

La plupart des responsables interrogés croient toutefois que c’est leur approche personnalisée qui attire les élèves, plus que la langue.

« De toute façon, on a une capacité limitée », dit Philippe Bertrand, directeur général du Collège Bourget, un établissement bilingue situé tout près de la frontière ontarienne à Rigaud.

Il compte cette année 28 élèves dans son programme de 6e secondaire non subventionné.

« Certains sont un peu dépassés par le système collégial », explique Suzanne Bailey, de l’Académie Kells, une école privée de Montréal.

Parmi la quarantaine d’élèves inscrits cette année, on compte des élèves qui ont fait toute leur scolarité à Kells, mais aussi des jeunes qui n’ont pas été acceptés dans leur premier choix au cégep, illustre Mme Bailey.

Au Collège Bourget, ce sont surtout des sportifs de haut niveau qui y sont inscrits en raison de leur horaire complexe, explique Philippe Bertrand.

Grâce à un partenariat avec une école virtuelle ontarienne, l’enseignement peut se faire à distance, ce qui permet aux jeunes hockeyeurs qui sont constamment sur la route de continuer à étudier, par exemple.

Plus cher que le cégep

La 6e secondaire offre une panoplie d’avantages, dit Josée Pépin de L’Académie Étoile du Nord. Plus de flexibilité dans le cursus pour obtenir les prérequis, pas de cote R, une bonne reconnaissance de la part des universités, la création d’un réseau de contacts dans le domaine rêvé, relate-t-elle.

Avec des frais de scolarité allant de 13 000 $ à 15 000 $, une année à Étoile du Nord est toutefois bien plus dispendieuse que le cégep.

Plusieurs programmes de 6e ont vu le jour dans les dernières années : en 2015, 2017 ou 2019.

Mais le Collège Stanstead, situé sur la frontière américaine, offrait déjà une 6e secondaire bien avant l’invention des cégeps et n’a tout simplement jamais cessé de l’offrir, explique la directrice Joanne Carruthers.

« Il y en a qui pensent que la 6e année, c’est une façon de sauter une année, mais ce n’est pas le cas puisque la plupart font ensuite [l’équivalent d’un baccalauréat] de 4 ans à l’université. C’est juste un système différent », résume-t-elle.

Le ministère de l’Éducation n’avait pas répondu à nos questions, hier.


Billet originel du 31 mai 2022

Une école privée de Montréal ajoute une 12e année pour éviter d’apprendre le français, circonvenir aux trois cours de français devenus obligatoires au cégep, pour s’inscrire directement à une université anglophone québécoise (il y en a trois !).


Répartie dans trois bâtiments à Kirkland (Ouest de l’île de Montréal), la Kuper Academy propose actuellement des classes préscolaires, élémentaires et secondaires.

Bientôt, l’école ajoutera un nouveau programme — la 12e année sera disponible à l’école à partir de 2023.

« J’ai entamé le processus il y a plusieurs années et j’allais l’annoncer en août de cette année, mais après l’annonce du projet de loi 96, j’ai décidé de le devancer », a déclaré la directrice de l’école, Joan Salette.

Le projet de loi 96 récemment adopté obligera les étudiants à suivre des cours de français supplémentaires au cégep pour obtenir leur diplôme.

Salette dit que, comme beaucoup d’autres, certains élèves et parents de Kuper étaient inquiets à propos du projet de loi et de la façon dont cela les affecterait. Mais elle dit qu’avec cette nouvelle, beaucoup poussent un soupir de soulagement.

« J’ai commencé à recevoir des messages disant : “Merci, je peux dormir ce soir, je ne cherche plus à déménager en Ontario” », a déclaré Salette. « Tant de messages de soutien. »

Le programme de 12e année durera un an et aboutira à un diplôme d’études secondaires de l’Ontario, qui permet aux élèves de postuler directement à une université.

Trois concentrations seront disponibles — sciences, commerce et sciences sociales — avec des cours principalement donnés en personne.

Les élèves de 10e année qui étudient actuellement à Kuper seront éligibles au programme, et beaucoup d’entre eux disent qu’ils seront les premiers à postuler.

« Tout le monde est ravi de ce nouveau programme », a déclaré Evan Cecere, élève de 10e année. « Ils sont vraiment préoccupés par les restrictions imposées par le projet de loi 96. »

L’école prévoit d’accepter les candidatures pour la 12e année en août.

À peu près au même moment, il organisera une séance d’information pour les parents et les élèves afin d’en savoir plus sur le programme.

Source : CTV


dimanche 29 mai 2022

L'économiste Pierre Fortin critique la politique d'immigration actuelle

Transcription

— Est-ce que l’immigration est l’une des grandes solutions à la pénurie de main-d’œuvre dont on parle ? Bon et puis, est-ce que l’immigration est l’une des grandes solutions à la pénurie de main-d’œuvre dont on parle ? La politique d’immigration au Canada est en tout cas dommageable pour l’ensemble du pays et pour le Québec notamment, selon l’économiste Pierre Fortin. Dans le cadre d’une étude préparée pour le ministère de l’Immigration du Québec, Pierre Fortin affirme que le Québec devrait avoir le contrôle total, entier de son immigration. On le rejoint ce soir. Pierre Fortin est professeur émérite au département des sciences économiques de l’ESG UQAM. Pierre Fortin, bonsoir.

— Bonsoir.

— Vous posez un regard quand même sévère dans l’étude sur l’approche, sur la gestion de l’immigration du gouvernement fédéral. Est-ce qu’Ottawa se trompe, selon vous, sur toute la ligne présentement en misant sur l’immigration pour assurer la croissance, et la prospérité du pays ?

— Oui, on pense qu’avec 450 000 et éventuellement 500 000 immigrants nouveaux par année, on va réussir à faire un Canada qui, premièrement, va être de beaucoup plus grande taille, qui va être plus riche, qui va être plus puissant dans le monde. Et cette espèce de grande fierté d’être Canadien qui pourrait être améliorée avec le temps et l’objectif final, c’est sur le plan démographique, on veut être 100 millions de Canadiens à l’année 2100 alors qu’on est présentement 38 millions.

— Et donc, on présente ça comme étant une solution quand même, une solution économique, une solution à la pénurie de main-d’œuvre. Est-ce que ça en est une ?

— Oui, il y a trois choses qui sont recherchées. 

  • Premièrement, que beaucoup plus d’immigration aiderait à résoudre des problèmes de pénurie de main-d’œuvre. 
  • Deuxièmement, que ça réduirait le vieillissement de la population parce que les immigrants, en moyenne, sont d’âge un peu plus jeune que la moyenne de la population. 
  • Et puis, troisièmement, que le niveau de vie progresserait plus rapidement. La croissance du PIB par habitant serait plus élevée. 

Alors quand on passe en revue la littérature scientifique sur ces trois points-là, on se rend compte qu’aucun de ces… aucune de ces trois affirmations-là ne trouve un appui de la part des recherches existantes. 

Premièrement, le PIB par habitant, le revenu par habitant et relativement insensible à l’immigration. Prenez juste, par exemple, la croissance économique dans la région de Québec, la région métropolitaine de Québec, c’est la plus élevée au Canada depuis 20 ans. Or, à Québec, il n’y a à Québec presque aucun immigrant qui arrive. Seulement 7 % de la population immigrante. Alors que, à Vancouver, par exemple, à l’inverse, on a 45 % de la population qui est d’origine immigrante, la croissance économique par habitant, la croissance, le niveau de vie est plus faible qu’à Québec. Donc ça ne veut pas dire que l’immigration est négative pour la croissance économique, mais ça veut dire qu’elle ne pousse pas dans la direction d’une croissance économique par habitant, du niveau de vie qui soit plus rapide. 

— Mais quand on a 1 million de postes vacants. C’est ce dont on parle ce soir, il y a 1 million de postes vacants. C’est un nombre record. Ça prend des bras pour les combler [pourvoir], ces postes vacants. Les immigrants ne représentent pas la première solution ?

— Non. Le taux de postes vacants au Québec est inférieur au taux de postes vacants aux États-Unis et est inférieur au taux de postes vacants à Colombie-Britannique, par exemple. Oui, on a un taux de postes vacants qui est relativement élevé au Québec. C’est la première génération de gens d’affaires qui font face à ce problème-là. Parce qu’autrefois, le taux de chômage au Québec était toujours dans les deux chiffres. On avait des 10, des 12 % de chômage. Alors il n’y avait jamais de manque de main — d’œuvre. Il y en avait toujours de disponibles, qui était en chômage et qui était prête à entrer au travail. Mais maintenant, il faut changer notre point de vue. L’économie du Québec, ce n’est pas une économie qui traîne en arrière. C’est une économie qui est très dynamique et en fait, quand on regarde les villes au Canada, c’est les villes du Québec et les villes de la Colombie-Britannique qui sont les plus dynamiques sur le plan économique. Et donc, quand le chômage est bas, le taux de postes vacants est forcément plus élevé. Nous, c’est la première génération qu’on a ça. Nos gens d’affaires sont en état de choc à cause de ça et ils doivent évidemment utiliser bien d’autres moyens que seulement l’immigration. Ça prendrait à mon avis un pacte économique entre les gens d’affaires et le gouvernement du Québec pour déterminer, bon, oui, on fait venir des immigrants, on s’assure que la composition de l’immigration est bien adaptée aux besoins réels. On cherche tous les moyens de réduire le temps d’attente, d’améliorer l’adéquation entre les gens qui viennent et les besoins de nos entreprises, on fait tout ça, mais on ne peut pas penser réussir ça si on fait passer le taux d’immigration, par exemple, de 50 000 par année à 100 000 par année. 

— OK. 

— Ça va être le chaos social, je veux dire… Puis là, l’opinion de la majorité des Québécois de leurs entreprises va devenir très négative. Aussi, on est plus sensibles au risque social qu’il y ait de monter l’attitude de la population interne contre l’immigration.  Au Québec, à l’heure actuelle, nos gens sont plus favorables à l’immigration que dans le reste du Canada. On est plus favorable à l’immigration au Québec…

— Et il ne faut pas que ça change.

— … que dans le reste du Canada. Mais si on pousse trop fort, il y a danger, avec trop d’immigrants, et ça, c’est le grave danger qui menace le reste du Canada.

— OK. 

— Le danger que ça attise la xénophobie et éventuellement le racisme et qu’on recule finalement à 20 000 ou 10 000 immigrants par année plutôt que de rester plus haut.

— Absolument. Merci beaucoup pour cette analyse avec nous ce soir.


Les économies avancées d'Asie ont désormais des indices de fécondité inférieurs à ceux du Japon

La liste des choses pour lesquelles le Japon jouit d’une réputation mondiale comprend une cuisine délicieuse, une technologie de pointe, une offre excédentaire de bars karaoké et un nombre insuffisant de bébés. En 1990, le Japon a atteint un indice de fécondité record pour l’année précédente — le fameux « choc de 1,57 ». Soit 1,57 enfant par femme. Pendant des années, l’archipel nippon a été considéré comme un précurseur du vieillissement et de la contraction des sociétés riches.


Une grande partie de l’Asie l’a maintenant rattrapé ou dépassé. Le taux de fécondité du Japon était de 1,3 enfant par femme en 2020, la dernière année pour laquelle des chiffres comparables sont disponibles, cela le place à égalité avec la Chine continentale, selon le Population Research Bureau, une agence américaine. Le taux de natalité de la Chine est probablement déjà tombé sous celui du Japon : il y a eu 10,6 millions de naissances chinoises l’année dernière, contre 12 millions en 2020, soit une baisse de 11 % alors que le nombre de naissances n’a baissé que de 3 % au Japon.

La fécondité japonaise est très basse par rapport à presque toutes les sociétés de l’histoire humaine. Pourtant, il est maintenant plus élevé que celui de n’importe quelle économie prospère de l’Extrême-Orient (l’Asie de l’Est et l’Asie du Sud-Est). L’indice de fécondité de natalité à Hong Kong, Macao, Singapour, la Corée du Sud et Taïwan se situait entre 0,8 et 1,1 en 2020 (voir graphique ci-dessus). Il ne s’agit pas non plus d’un accident temporaire causé par la pandémie : la natalité du Japon était également supérieure à tous ces pays en 2019.

Ces pays asiatiques riches et qui boudent les naissances ont trois choses en commun. Premièrement, leur peuple a peu d’enfants hors mariage. Seuls 2 % environ des naissances au Japon et en Corée du Sud sont le fait de mères célibataires, les niveaux les plus bas de l’OCDE, un club de pays riches. Dans les pays occidentaux riches, ce chiffre se situe généralement entre 30 % et 60 %.  Ce taux de naissances hors mariage est de 62,4 % au Québec en 2019 avec un indice de fécondité d’environ 1,5 enfant/femme. En Chine, les rares femmes qui tombent enceintes hors mariage se voient souvent refuser des prestations. La baisse des naissances dans la région a suivi de près une baisse des mariages.

Un deuxième facteur commun est la scolarité coûteuse. Les cours particuliers onéreux et d’autres formes « d’éducation parallèle » qui vident le porte-monnaie, comme on appelle ces extras, sont courants en Asie de l’Est. La raison la plus fréquemment citée par les couples japonais pour avoir moins d’enfants est le coût de leur instruction et leur coût de la vie pour les élever. Lucy Crehan, chercheuse en éducation, affirme que ces problèmes pourraient être encore pires dans d’autres parties de l’Asie. Les élèves japonais ne sont confrontés à leurs premiers examens cruciaux qu’à l’âge de 15 ans. En revanche, les enfants de Chang-haï et de Singapour doivent passer ces tests dès l’école primaire, ce qui accroît la pression parentale et alourdit les frais de scolarité de la famille.

Pourtant, c’est le troisième facteur qui pourrait expliquer pourquoi le Japon surpasse ses riches homologues asiatiques. Une vague de recherches ces dernières années suggère que les prix élevés de l’immobilier poussent les jeunes couples à retarder la venue d’enfants. Un article a révélé qu’une augmentation de 10 000 $ des prix des maisons aux États-Unis entraînait une augmentation de 5 % de l’indice de fécondité chez les propriétaires, mais une diminution de 2,4 % chez les locataires. Dans une grande partie de l’Asie de l’Est et en particulier dans la Chine urbaine, l’achat d’une maison est une tâche ardue pour les jeunes. La Corée du Sud, dont le taux de fécondité de 0,8 est le plus bas de la région, a en conséquence un ratio prix de l’immobilier/revenu (le nombre d’années de revenu nécessaire pour acheter une maison) de 16,6, le plus élevé de l’OCDE après la Nouvelle-Zélande. Le ratio japonais de 7,5 est parmi les plus bas. 

Rappelons que le Canada se classe parmi les pays où le prix des logements par rapport aux revenus est le plus haut.

Le problème des prix élevés de l’immobilier qui empêchent les jeunes familles de s’installer n’est pas propre à l’Asie. Mais le marché immobilier japonais est différent. Contrairement à la plupart des pays riches, il a des règles d’urbanisme qui facilitent relativement la construction de plus de maisons. Le parc de logements à Tokyo a constamment augmenté plus rapidement que la population de la ville (qui continue également d’augmenter). De plus, les maisons japonaises ne sont pas construites pour durer, elles sont donc démolies et remplacées régulièrement. Le fisc japonais considère que les maisons japonaises en bois se déprécient pour atteindre une valeur de zéro après 22 ans. Cela signifie que le marché secondaire de l’immobilier résidentiel est plus limité et incite les propriétaires fonciers à démolir les vieux bâtiments et à en construire de plus grands.

Les économistes se demandent dans quelle mesure le logement relativement abordable du Japon est dû à ces politiques d’offre et de construction ou dans quelle mesure ces logements abordables sont dus à la lenteur de la croissance économique du pays. Mais la facilité de construction est susceptible de juguler l’augmentation des prix.

Source : The Economist

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samedi 28 mai 2022

Modèles informatiques et prise de décision, il ne s'agit pas uniquement de science mais de valeurs

Fermer les églises, mais laisser les casinos ouverts au Nevada pendant la pandémie : il ne s’agissait pas de science même si des modèles informatiques ont informé la décision. Étrangement, les décisions fondées sur les modèles informatiques lors de la pandémie n’avaient guère d’impacts négatifs sur les gens qui ressemblaient aux modélisateurs (la classe des « ordinateurs portables »). Subjectivité et incomplétude dans le choix des paramètres de ces modèles.

La prise de décisions ne relève pas de la science, mais des gens. Ce principe s’applique même lors de l’élaboration de modèles informatiques. Dans ce court métrage, le professeur Eric Winsberg, reconnu pour avoir intégré l’étude de la simulation informatique dans la philosophie des sciences, résume son point de vue sur les modèles de la COVID-19, y compris leur importance et leur influence sur la société.

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Le confinement généralisé serait-il une erreur ? (avril 2020)

 

Contesté, sourd aux critiques... «Fin de règne» solitaire pour le pape François

Gouverner l’Église catholique n’est pas une sinécure, mais diriger le Vatican est encore plus périlleux. Fin politique et fort caractère, François, 85 ans, se heurte comme jamais, en cette dixième année de pontificat, à une série d’adversités. Enquête du Figaro magazine.

Jamais le pape François n’a encore affronté une telle adversité. En cette année 2022, dixième de son pontificat, tout semble se liguer contre lui. Rome, toujours prompte à brûler ce qu’elle adore, est en émoi. Certains discernent une phase de maturité du pontificat. D’autres une « fin de règne », selon une expression courante dans la Ville éternelle. Beaucoup pensent déjà à la suite. Mais François, 85 ans, très combatif, est loin d’avoir dit son dernier mot. Un grand jubilé chrétien mondial est en vue pour 2025. Surtout il prépare sa réforme capitale : celle de la « synodalité » pour 2024.

Il espère convertir l’Église, pyramidale, centralisée et cléricalisée, en une communauté plus démocratique, décentralisée où le pouvoir sera davantage partagé avec des laïcs. Y parviendra-t-il ? Cette ambition suscite soutien et admiration chez les uns et un épais scepticisme chez ceux qui connaissent bien les arcanes d’une institution bimillénaire édifiée sur la centralisation.

Tous les pontificats connaissent cette même courbe ascendante puis descendante. Ce qui compte pour l’Église est la portée d’un pontificat. De ce point de vue, ceux de Jean-Paul II et de Benoît XVI, avec leurs qualités et leurs défauts, sont encore très vivants.


 

Haute tension au Vatican

N’ont-ils pas marqué, et pour longtemps, des générations de fidèles et de clercs ? Il en est et en sera de même pour François. Dans le milieu ecclésiastique, personne ne se risque donc à juger prématurément le cours des choses. « Les phases de crise ne sont pas forcément les pires, observe un jeune cardinal, homme de Dieu, en poste au Vatican ; elles ouvrent à des réalités de l’Église que nous ne pouvons pas voir à présent. Le Seigneur n’abandonne pas son Église. »

L’Espérance est là, surtout chez les chrétiens, mais le mot « crise » est tout de même concédé. Elle est ouverte depuis l’élection de François pour certains. Elle est plus récente pour d’autres, y compris parmi les soutiens du pape. Tous s’accordent sur le climat de haute tension qui règne au Saint-Siège et dont l’intensité ne faiblit pas, en contraste avec l’image de bonhomie véhiculée dans le monde et qui a changé l’image de l’Église. Il y a évidemment, avec François, des antagonismes puissants, liés à sa forte personnalité réputée « clivante ». Son caractère « tranchant », son style « autoritaire » sont le lot quotidien d’un Vatican où l’on entend ces qualificatifs. Il y a aussi des « colères » papales et beaucoup se disent « terrorisés ». Il y a aussi, plus objectivement, une série de dossiers difficiles qui jettent une lumière parfois crue sur le pontificat. Un observateur italien de longue date, qui a beaucoup vu et entendu dans la cité du Vatican, les synthétise d’un mot : « confusion ». Une confusion « à la latino-américaine », précise-t-il, que des « mentalités européennes » ont de plus en plus de mal à saisir.

Dans ces tourbillons domine une première question, celle de la santé du pape. Un genou l’immobilise. « Cela ne devrait pas durer », assurent ses médecins sans en être toutefois certains. L’idée d’une intervention chirurgicale a été envisagée, mais elle apparaîtrait jusque-là trop risquée. N’en pouvant plus de souffrance — le pape a fait ses premières confidences à ce sujet à la fin du mois de janvier —, François a fini par accepter des infiltrations le 3 mai. Il souffre d’une gonalgie, inflammation aiguë des ligaments au genou droit, conséquence directe de son problème structurel de sciatique à la hanche qu’il corrige à chaque pas. Il s’est dit « humilié » par cette immobilisation. Il a même longtemps refusé d’apparaître en public avec une béquille et pire, en fauteuil roulant. Mais un pas devenait un supplice. Lors de l’audience générale du 4 mai, il s’est fait encore aider en donnant le bras à ses assistants pouvant à peine mouvoir sa jambe droite. Le 5 mai, il a fini par céder et se laisser conduire en fauteuil roulant devant les caméras, ce qu’il faisait avant, mais hors champ des objectifs.

Quant aux suites de l’opération aux intestins subie le 16 juillet 2021, elles ne sont pas vraiment connues. Le Vatican bruisse des rumeurs les plus alarmantes à ce sujet, car ce fut une très lourde chirurgie, bien plus difficile que prévu. Impossible d’y voir clair, faute d’informations fiables. Le pape a objectivement assumé tous ses engagements depuis la fin de sa convalescence de l’été 2021. Dont trois voyages internationaux, Hongrie et Slovaquie, puis Chypre et Grèce, l’île de Malte, enfin, début avril. Mais les grands déplacements internationaux prévus, Soudan du Sud notamment en juillet, Canada en septembre, sont à confirmer. Quant au Liban, il vient d’être officiellement « annulé », mais jamais le Vatican ne l’avait confirmé en raison de l’instabilité politique. On ne peut donc rien déduire pour l’heure. Dans un livre de dialogue, Des pauvres au pape, du pape au monde publié au Seuil le 1er avril, François a confié : « Jusqu’à il y a trois ans, je mangeais de tout. Maintenant, malheureusement, j’ai une sérieuse complication intestinale, une diverticulite aiguë, et je dois me nourrir de riz bouilli, de pommes de terre bouillies, de poisson grillé ou de poulet. Du simple, simple, simple… »

États-Unis — Biden élimine aide fédérale aux écoles qui ne permettront pas aux transgenres d’utiliser les espaces féminins

Les écoles américaines de la maternelle à la 12e année doivent autoriser les garçons à entrer dans les zones privées des filles pour obtenir des fonds fédéraux pour les déjeuners, les petits déjeuners et les collations, a annoncé l’administration Biden ce mois-ci. Un porte-parole du ministère américain de l’Éducation a déclaré à The Federalist que les communiqués de presse de plusieurs agences de l’administration Biden qui annonçaient cette politique seront suivis d’une réglementation officielle en juin.


 

« Il semble que l’on fasse de la politique avec l’alimentation des enfants pauvres, ce qui est vraiment malheureux », a déclaré par téléphone John Elcesser, directeur général de l’Association d’éducation privée de l’Indiana, après avoir tenté pendant des semaines de démêler ces nouvelles exigences avec les responsables gouvernementaux au nom des écoles privées de son État. « Parce que si une école a le sentiment qu’elle ne peut pas se soumettre à cette exigence parce que c’est en conflit avec sa mission ou ses valeurs — et si aucune exemption religieuse n’est accordée — l’administration supprimera un programme qui nourrit des enfants de familles à faible revenu. »

Avant que de nombreuses écoles ne ferment leurs portes en réponse à Covid-19, le National School Lunch Program nourrissait près de 30 millions d’élèves chaque jour de l’année scolaire répartis dans environ 100 000 écoles publiques et privées et dans des établissements de soins résidentiels.

En vertu de cette nouvelle exigence, les établissements qui acceptent tout financement alimentaire fédéral, y compris les bons d’alimentation, doivent également permettre aux hommes qui prétendent être des femmes d’accéder aux espaces privés féminins, tels que les douches, les salles de bain et les zones de repos. Ces établissements doivent également suivre des protocoles tels que demander au personnel d’utiliser des pronoms inexacts pour décrire les personnes transgenres et permettre au personnel masculin de s’habiller en femme pendant les heures de travail.

Les institutions religieuses peuvent toutefois bénéficier d’une dérogation les exemptant de ces exigences, a déclaré Greg Baylor, conseiller principal de l’Alliance Defending Freedom, dans une interview lundi. Selon la loi de 1972 sur le titre IX, a-t-il ajouté, les institutions religieuses n’ont pas à remplir de documents pour être exemptées, mais elles peuvent le faire si elles le souhaitent.

Baylor a toutefois fait remarquer que le fait d’affirmer publiquement un engagement envers la réalité sexuelle en demandant une reconnaissance d’exemption aux agences fédérales pourrait attirer des campagnes de pression d’associations extrémistes. Le plan d’action du groupe militant Human Rights Campaign destiné à l’administration Biden préconise de réduire les exemptions religieuses pour de nombreuses réglementations fédérales et d’exclure les personnes et les institutions qui demandent de telles exemptions.

L’administration Biden semble suivre ce plan de près. Selon Elcesser, les responsables de ministère de l’Agriculture des États-Unis (USDA) disent aux écoles de remplir des formulaires pour être exemptées, bien que la loi sur le titre IX stipule qu’il s’agit là d’une option et non d’une obligation. L’USDA l’a confirmé au « Federalist » mardi avec cette déclaration envoyée par courriel : « Les établissements peuvent demander une exemption religieuse en soumettant une déclaration écrite au secrétaire de l’agriculture et en identifiant les dispositions qui sont s’opposent à un principe particulier de l’établissement religieux. »

Les écoles publiques ne peuvent bénéficier d’aucune exemption. Au mieux, les parents et les contribuables peuvent exhorter les districts scolaires à ne pas se conformer à la loi pendant que les années que dureront les inévitables procès sur l’interprétation des décrets de l’administration Biden.

« L’administration Biden étend grossièrement les conclusions de l’arrêt Bostock au-delà de leur application raisonnable. Comme beaucoup de coups de force de l’administration Biden, cette imposition empiète sur les compétences des autorités locales et de l’État fédéré. En tant que principaux gardiens du fédéralisme, les procureurs généraux des États peuvent combattre de tels excès lorsqu’ils portent atteinte aux fonctions de l’État », a déclaré le procureur général de l’Indiana, Todd Rokita, un républicain, dans une déclaration au Federalist.

Même si ce règlement est finalement annulé par un moyen ou un autre, des millions d’enfants américains seront forcés de manger leurs repas scolaires avec un fond de politique sexuelle.

« C’est un grand tort que d’infliger cette interprétation du titre IX aux écoles publiques et aux écoles privées qui ne peuvent bénéficier d’exemptions », a déclaré Baylor. Dans le comté de Loudoun, en Virginie, en 2021, une jeune femme a été agressée sexuellement dans les toilettes d’une école par un jeune homme à qui les politiques transgenres du district avaient donné accès.

Des parents ont confié au Federalist que leurs filles n’utilisent plus les toilettes ou les vestiaires de leurs écoles publiques parce qu’elles ne s’y sentent pas en sécurité. De nombreux parents découvrent après coup que les districts scolaires aident leurs enfants à vivre comme le sexe opposé et le cachent à leurs parents. « Un certain pourcentage de districts scolaires veulent se faire dire par le gouvernement fédéral qu’ils doivent mettre en œuvre l’idéologie du genre », a observé M. Baylor. « Si quelqu’un se plaint, ils pourront alors dire : “Nous faisons simplement ce qu’ils nous ont dit de faire”. Accusez Joe Biden, plutôt que de vous en prendre à moi. »

Comme Biden l’avait promis pendant sa campagne, son administration impose la confusion sexuelle à autant d’institutions qu’elle le peut. Cet objectif a reçu un énorme coup de pouce après la décision de la Cour suprême de 2020 dans son arrêt Bostock c. Clayton County, une décision anticonstitutionnelle [pour le Federalist] qui fournit à cet agenda sexuel extrémiste une feuille de vigne juridique. Cette décision, rendue à 5 contre 4 par le juge Neil Gorsuch, nommé par le président Donald Trump, concernait toutefois les différences entre les sexes non pas dans l’éducation, mais dans l’emploi.

Bien que l’opinion majoritaire ait déclaré que Bostock ne s’appliquait qu’au titre VII, c’est-à-dire au droit du travail, elle a fourni le raisonnement et l’excuse pour étendre cette décision dans un autre domaine. Les communiqués de presse de l’administration Biden ignorent les limites explicites de l’arrêt [Bostock] pour l’appliquer à d’autres domaines du code fédéral, en particulier le Titre IX de l’éducation, comme beaucoup l’avaient prédit.

Non seulement l’utilisation par l’administration Biden des subventions alimentaires fédérales pour imposer une politique sexuelle est juridiquement suspecte sur le fond, mais elle l’est également sur le plan de la procédure, a déclaré M. Baylor. En effet, les communiqués de presse n’ont pas force de loi. Seuls les règlements fédéraux qui ont respecté les procédures légales appropriées le sont.

Ce n’est pas encore le cas avec cette demande de l’administration Biden, bien que le porte-parole du ministère fédéral de l’Éducation ait déclaré que la réglementation proposée sera publiée en juin. Pourtant, même après la publication de la réglementation, les agences fédérales sont tenues d’accepter les commentaires du public pendant plusieurs mois, puis elles doivent passer plusieurs autres mois à examiner tous les commentaires et à y répondre, avant de rédiger et de publier une réglementation finale, qui peut alors être — et sera — selon Baylor — contestée devant les tribunaux.

« Lorsqu’ils font les choses d’une autre manière, par le biais d’une orientation réglementaire, d’un communiqué de presse ou d’une note de service, cela peut constituer en soi une violation de la loi sur la procédure administrative et c’est précisément ce que nous avons fait valoir dans certaines des affaires que nous avons déposées sur cette question », a déclaré M. Baylor. "...Nous pensons qu’ils prennent des raccourcis et nous le contestons devant les tribunaux. »

Il apparaît donc qu’avec cette demande, tout comme avec la prétendue obligation de vaccination de l’administration Biden, l’administration ralentit le processus juridique requis. Cela retarde les inévitables poursuites judiciaires, qui elles-mêmes prennent des années à être résolues. Ce processus imposera dans les faits des politiques sexuelles impopulaires et extrémistes de manière extra-légale, par décret et par l’intimidation. Pendant ce temps, de nombreux élus pourront se croiser les bras et prétendre que c’est aux tribunaux de résoudre ce à quoi ils peuvent mettre fin immédiatement par une action législative.

Étant donné que Biden détient la présidence pour plus de deux années supplémentaires, cela signifie que les enfants américains qui ne fréquentent pas une école chrétienne seront soumis au chaos social à l’école pendant longtemps qui s’ajoutera aux conséquences du confinement qui a déjà profondément affecté le parcours scolaire de nombreux élèves. Pour se prémunir de ce chaos social, les parents pourraient retirer leurs enfants des écoles publiques, les conseils scolaires pourraient refuser de suivre des règlements qui ne sont pas juridiquement contraignants jusqu’à ce que toutes les contestations judiciaires soient résolues, les écoles refuser le financement fédéral dont le coût social est si élevé, les législatures des États et le Congrès pourraient adopter de nouvelles lois afin de limiter ou d’annuler les désastreuses conclusions de l’arrêt Bostock.

« L’incertitude est vraiment malheureuse, et ce dont nous avons besoin, c’est de parents courageux qui font connaître leur opinion avec les administrateurs scolaires et les commissions scolaires. Nous avons besoin de parents courageux qui partagent leur point de vue avec les administrateurs scolaires et les conseils d’administration des écoles. Nous avons besoin d’administrateurs scolaires et de conseils d’administration des écoles courageux pour faire ce qui s’impose et repousser cette interprétation du titre IX, car les enfants subissent, par conséquent, de réels préjudices », a déclaré Mme Baylor.

Source : The Federalist


vendredi 27 mai 2022

La montée de l’ethno-nationalisme dans la politique suédoise

Les élections législatives du 11 septembre 2022 marqueront l’agenda politique de l’année en Suède. La consultation va clôturer une législature placée sous le signe de l’instabilité. Il y a quatre ans, le score record (17,53 % des suffrages) obtenu par la formation populiste des « Démocrates de Suède » (DS) avait abouti à l’éclatement du champ politique. Pour faire barrage aux DS, les partis d’inspiration socialiste et libérale-conservatrice se sont vus obligés de bricoler des accords à géométrie variable, qui ont exaspéré les tensions internes.

Le retrait du soutien du « Parti de gauche » (ex-communistes) a entraîné en juin 2021 la chute du gouvernement de Stefan Löfvén, suivie du retrait de la vie politique de cet ancien dirigeant syndical, qui se trouvait à la tête du SAP (le Parti ouvrier social-démocrate de Suède) depuis douze ans. Ce n’est qu’au terme de la rupture avec ses précédents alliés — les Verts et le Parti centriste — que le SAP a réussi, en novembre 2021, à mettre en place un gouvernement de minorité, sous la direction (pour la première fois dans l’histoire) d’une femme, Magdalena Andersson.

Le contexte pré-électoral est donc marqué par la fragmentation du paysage politique, traversé par des enjeux clivants : de la crise énergétique à la politique de défense (où l’adhésion à l’OTAN est désormais agitée comme une option concrète, du fait de l’intervention russe en Ukraine), jusqu’à la lutte contre les bandes organisées qui ensanglantent la chronique.

À l'origine de la motion de censure de l’été 2021, les DS ont trouvé dans les négociations pour la formation d’une nouvelle coalition l’occasion de briser l’ostracisme des autres partis à leur égard. Les libéraux-conservateurs du parti des « Modérés » les ont associés à l’élaboration d’un projet de budget de l’État, que le Parlement a entériné contre la proposition du gouvernement : possible prélude d’une coalition à venir qui, pour la première fois, inclurait l’extrême droite.

Une percée tardive

jeudi 26 mai 2022

La pente inéluctable de « l'aide médicale à mourir », l'extension du domaine de l'euthanasie ?


Le gouvernement canadien, en consultation avec des « experts », est en train de déterminer « comment l’AMA peut être fournie en toute sécurité aux personnes dont la seule condition médicale est une maladie mentale ». Dans moins d’un an, le 17 mars 2023, ces personnes deviendront admissibles à l’euthanasie, faussement appelée « aide médicale à mourir », même si le bon sens et la définition de « mourir » sont déjà morts.

Cette mesure constituerait un pas vers une position plus cohérente, car supposer que les personnes atteintes physiquement souffrent davantage et méritent davantage l’euthanasie que les personnes mentalement malades, mais valides, est un préjugé indéfendable et capacitiste.

Il n’y a jamais eu de pente glissante. Dès l’instant où nous avons décidé de nous lancer dans l’entreprise ou le jeu consistant à déterminer en quelles circonstances il est acceptable que les citoyens s’entretuent, nous avons plongé directement du haut d’une falaise.

À l’origine, le Canada exigeait que la mort d’une personne soit raisonnablement prévisible, mais si nous tuons pour soulager la souffrance, les personnes que nous tuons en priorité ne devraient-elles pas être précisément celles qui ne meurent pas et dont la souffrance est prolongée ? Quoi qu’il en soit, cette exigence a été abandonnée.

Actuellement, la loi précise que pour être admissible, une personne doit être atteinte d’une « affection grave et irrémédiable », qui doit être « sérieuse et incurable », et qui fait qu’elle se trouve « dans un état avancé de déclin irréversible de ses capacités » et « endure des souffrances physiques ou psychologiques qui lui sont intolérables et qui ne peuvent être soulagées dans des conditions qu’elle juge acceptables ».

Pourquoi exiger que l’on ait une condition médicale ? Pourquoi ne pas simplement tuer tous ceux qui disent vouloir être tués ?

Et qui peut dire ce qui est incurable ? Presque tout était incurable autrefois, jusqu’à ce que ça ne le soit plus.

Pourquoi faut-il être en déclin de capacité ? N’est-ce pas là aussi une attitude capacitiste et utilitaire ? Si le gouvernement se soucie de savoir qui est capable ou non, il pourrait aussi bien me supprimer maintenant.

Remarquez surtout la nature subjective de la description de la souffrance. Deux personnes peuvent souffrir exactement de la même maladie, et l’une peut être éligible à l’euthanasie et l’autre non si cette dernière est moins sensible à la douleur, même si son déclin est plus avancé.

Il n’existe aucun moyen objectif de mesurer la souffrance. Le gouvernement a deux options : tuer tous ceux qui prétendent souffrir (ce qu’il ne fait pas encore), ou tuer ceux dont il juge les affirmations de souffrance crédibles, car il ne considérerait pas que ces vies valent la peine d’être vécues.

Je n’ai pas encore rencontré de partisans de l’euthanasie qui admettent qu’ils portent ces jugements de valeur biaisés sur la vie des gens. Ils se contentent de prétendre qu’ils fournissent avec bienveillance un service indispensable à ceux qui font le choix personnel de ne pas aller plus loin (comme si ces choix étaient faits dans le vide), et évitent de réfléchir aux discriminations qu’ils opèrent.

Mettons donc cette réalité de côté, et continuons à prétendre qu’ils font ce beau métier d’exaucement des souhaits, juste pour pousser leur raisonnement jusqu’à sa conclusion naturelle et révéler le gouffre au bas de cette falaise qui défile sous nos yeux pendant que nous plongeons.

Logiquement, il n’y a aucune raison de ne pas tuer aussi les « mineurs matures » que le gouvernement juge capables de consentir à d’autres procédures de « soins de santé », y compris les traitements « d’affirmation du genre » et les opérations qui les rendent infertiles.

De plus, si nous avons soi-disant le « droit de mourir » (en réalité le droit d’être tués), et de stipuler quand et comment nous mourrons (serons tués), alors pourquoi limiter le meurtre aux professionnels de la santé ?

Nous voulons aseptiser toute l’affaire et lui conférer un air de légitimité, mais à part cela, pourquoi ne pas laisser n’importe qui vous administrer la dose mortelle ? Parce qu’il peut être maladroit, et que vous pourriez souffrir ou, Dieu nous en préserve, vivre ? Si vous pouvez consentir à être tué, ne pourriez-vous pas également consentir à ces risques ?

Peut-être pourrions-nous simplement vous autoriser à recevoir une balle dans la tête. Pourquoi pas ? Pourquoi ne pas autoriser les gens à se battre en duel jusqu’à ce que mort s’ensuive ? Et s’ils ne veulent pas vraiment mourir, mais qu’ils prenaient ce risque pour avoir la possibilité de tuer quelqu’un sans avoir à passer d’abord par l’école de médecine ? Cela peut être désordonné, bien sûr. Est-ce là la seule objection ? Nous pourrions désigner certains centres de duels, afin qu’il n’y ait pas de risque de ricochet ou de traumatisme pour les voisins.

Et si vous pouvez consentir à mettre fin à votre vie — le choix qui met fin à tous les choix — alors pourquoi ne pourriez-vous pas consentir à mettre fin à votre liberté par un contrat d’esclavage ? À quoi ne pourriez-vous pas consentir, vraiment ? Commencez la coupe du ruban de notre nouvelle utopie libertaire.

Bien sûr, n’importe quel non-libertaire dirait que certaines choses ne peuvent pas être consenties, ou ne devraient pas l’être, et que la liberté personnelle doit être mise en balance avec le bien commun.

Mais… attendez, attendez, attendez, depuis quand le bien commun fait-il partie de cette discussion ? Nous l’avons laissé derrière nous, en haut de la falaise, dès que nous avons commencé à chanter le mantra pro-choix, sans nous soucier de ce qui était choisi, et si c’était bien de choisir.

Si nous nous préoccupions un tant soit peu du bien commun, nous ne serions pas ici en train de réfléchir aux paramètres à mettre en place pour garantir que nous tuons les malades mentaux « en toute sécurité », parce que nous n’avons trouvé aucune bonne raison de ne pas les tuer aussi.

Alors que je n’ai cessé de mentionner le consentement, je dois préciser que la loi n’y accorde pas autant d’importance que je le fais. Une personne mourante n’a plus à donner son consentement final avant d’être tuée si elle perd la capacité de le faire et si les mots, les sons ou les gestes qu’elle fait en refusant sont interprétés comme « involontaires ».

Remarque : il est intéressant de noter que, dans le contexte du sexe, le consentement doit être « clair, enthousiaste et continu », mais pas lorsqu’il s’agit de demander à quelqu’un de vous tuer. Peut-être parce que les morts ne peuvent pas déposer de rapport de police. Ce conflit s’amplifiera si le Canada autorise les demandes anticipées d’euthanasie, ce qu’il envisage également.

J’ai dit « utopie », mais vous vous dites probablement que tout cela semble nettement dystopique et tiré par les cheveux. Alors, voici une image : Les salons funéraires sont entrés dans le racket proposent désormais l’euthanasie. Vous pouvez être à l’enterrement d’un être cher, pleurer à chaudes larmes, et le croque-mort peut s’approcher de vous, vous tendre sa carte et vous demander : « Voulez-vous être le suivant ? » Réveillez-vous. Vous êtes déjà dans la dystopie.

Une autre chose que je veux souligner : Ces problèmes ne sont pas ceux de quelqu’un d’autre. Vous n’êtes pas invulnérable. Peut-être n’avez-vous jamais voulu mourir, mais si cela vous arrive un jour, c’est précisément à ce moment-là que votre volonté sera la plus faible. C’est à ce moment-là que vous aurez besoin que votre communauté vous prête sa force, et non un tueur à gages en blouse de laboratoire (bien qu’en réalité il puisse s’agir d’un cow-boy armé, en fin de compte ─ le travail sera toujours fait).

À quoi sert une société si elle ne peut pas remplir sa fonction la plus élémentaire, à savoir empêcher les gens de s’entretuer ? Qu’est-ce que cela révèle de l’état de notre société qu’elle y participe au contraire activement ? Peut-on même appeler cela une société ? Vivons-nous dans un monde où l’ordre est une illusion ?

Source : The Interim, traduction CQV

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