jeudi 16 février 2012

« La formation du personnel du personnel éducatif aux nouveaux savoirs du programme éthique et culture religieuse : Mission impossible »

C'est le titre tranché d'un article paru dans une revue très sérieuse (« personnel éducatif » pas enseignant, « aux nouveaux savoirs » pour désigner les compétences qu'on veut inculquer en ECR).



L'article écrit par Jacques Cherblanc et Pierre Lebuis est paru dans Télescope, vol. 17, n° 3, pp. 79-99 de l'ENAP.  Pierre Lebuis est un partisan bien connu du programme d'éthique et de culture religieuse.

Voici quelques extraits de cet article.

«

Aux exigences extraordinaires que représente en soi le programme ECR en termes de nouveauté, de savoirs et de posture, s’ajoute donc un échéancier inouï, puisque c’est la première fois que le ministère de l’Éducation du Québec tente d’implanter un nouveau programme en même temps pour chaque année de chaque cycle du primaire et du secondaire.

[...]

Bref, le programme ECR n’apparaissait pas des plus nécessaires aux yeux de nombreux enseignants, notamment ceux des régions plus rurales et moins touchées par l’immigration.[Le programme sert-il donc à gérer l'impact de l'immigration chez les jeunes Québécois ?]

De multiples changements donc, peu de temps pour les intégrer et les mettre en place, de nombreuses craintes et réticences, un contexte de changements épuisant d’autant que ceux-ci semblent aléatoires et répondre à un certain opportunisme politique dans les milieux.

[Manque de formation]

[...]

Donc, de 2007 à 2009, les experts régionaux ont en moyenne participé à dix-sept ou dix-huit journées de formation et chaque enseignant de chaque école a pu recevoir une formation de ces experts régionaux pendant trois à cinq journées. L’écart entre la formation reçue par les experts régionaux et celle de la majorité des enseignants de chaque région est considérable. Vu la complexité et la nouveauté du programme ECR, il est clair que deux ou trois journées de formation étaient insuffisantes.

[...]

Alors que le programme entre en vigueur dans toutes les écoles du Québec à la rentrée 2008, six mois plus tard, le très important budget consenti par le MELS pour implanter le programme ECR est épuisé et aucune nouvelle somme n’est investie. Or, pour reprendre la morale de la célèbre fable de Lafontaine, rien ne sert de courir, il faut partir à point, et c’est un peu la leçon que l’on peut tirer de cette expérience de formation par communautés de pratique régionales.

[...]

Cette fin de financement a eu de sérieuses conséquences pour l’implantation efficace du programme dans les écoles. En effet, la grande majorité des enseignants n’a eu que quelques journées de formation pour se familiariser avec le programme ECR et parmi ces journées, seulement quelques-unes ont été efficientes puisque les premières formations concernaient uniquement une ébauche de programme et étaient offertes par des « experts » en devenir, qui ne connaissaient encore que très peu les savoirs à transmettre.

[Aucune évaluation de la réalité en classe]

Enfin – et il s’agit là d’un problème structurel au système scolaire québécois –, alors que c’est le MELS qui élabore le programme ECR et qui investit plusieurs millions de dollars dans son implantation, il n’a aucun pouvoir pour évaluer la réalité de sa mise en œuvre dans les classes. La charge de s’assurer que l’enseignant enseigne bien le nombre d’heures et les contenus prescrits revient à chaque direction d’école. Il est donc impossible pour le MELS de savoir si son modèle de formation a été efficace, si le programme est enseigné et s’il l’est conformément aux attentes.

Il faut donc se fier au bon vouloir de chaque école et même de chaque enseignant, car si l’on peut parfois avoir accès à certaines de ces données, cela ne change pas le fait que comme le disent les enseignants : « Quand je ferme la porte de ma classe, je fais bien ce que je veux. »

[épuisement organisationnel]

[malgré manque formel d'évaluation, retour notamment via des associations de professeurs d'ECR et des conseillers pédagogiques]

Et c’est bien de cela dont il est question avec le programme ECR : alors que le système souffrait déjà de trop de changements (trop importants, trop fréquents, trop gros, trop dispersés, etc.), ce programme s’est imposé aux enseignants comme une immense transformation dépassant leur capacité d’adaptation et leurs compétences. En outre, ce changement était lui-même en évolution, puisque le programme n’était pas terminé, que des contestations populaires, politiques et même judiciaires laissaient planer l’incertitude sur la réalité de son implantation et qu’il est encore changeant aujourd’hui (les critères d’évaluation ont été modifiés deux fois au cours de l’hiver 2011). Et ce « trop de beaucoup de choses » s’accompagnait
d’un « trop peu » de matériel pédagogique disponible, d’expérimentations adéquates, d’encadrement (du fait de la cessation du financement des communautés de pratique régionales en 2009) et finalement de «  trop peu » d’explications sur la pertinence de ce changement et sur les pratiques pédagogiques à corriger.

Ce contexte d’épuisement organisationnel permet de comprendre à quel point la rapidité avec laquelle ce changement majeur a dû être implanté a fortement hypothéqué la réussite de son implantation. Aujourd’hui, le portrait d’ECR dans les écoles est caractérisé par une certaine déficience et surtout une grande diversité.

Une déficience

La déficience de l’enseignement de l’ECR est tout d’abord perceptible quantitativement avec le faible nombre d’heures accordées à cette discipline (notamment au primaire), le petit nombre d’éléments d’évaluation servant à porter des notes aux bulletins ainsi qu’avec l’importance des « queues de tâches » au secondaire (soit les enseignants non spécialistes – enseignant d’histoire, de géographie, d’éducation physique, directeur d’école, etc. – qui offrent le cours ECR pour compléter leur tâche de travail). Il apparaît également qu’ECR est la première période sacrifiée en cas de besoin. Les enseignants justifient ce fait par leur grande méconnaissance de la matière, leurs craintes face aux comportements des élèves et aux réactions des parents et enfin par le contexte de surcharge de travail qui les empêche de s’approprier le programme autrement que par quelques activités sélectionnées dans les manuels scolaires. Les directions d’école sont certes responsables de l’adéquation entre l’enseignement de leur équipe et le Régime pédagogique, mais elles semblent considérer qu’il faut laisser le temps aux enseignants de s’approprier ECR, qu’il s’agit d’une matière secondaire (au même titre que les arts ou les sciences au primaire et que l’histoire au secondaire). Ces directions ne s’alarment pas, tant qu’une note est portée au bulletin et que les parents ne récriminent pas.

[...]

Ainsi, de façon générale au Québec aujourd’hui, peu d’heures sont consacrées au programme ECR, et ce, par des non-spécialistes, dans des milieux qui considèrent cette discipline comme une matière qui demande beaucoup trop de travail comparativement à son importance dans le curriculum.

Des disparités

En plus de cette déficience, une autre caractéristique de l’implantation de ce programme est la grande diversité des pratiques entre les milieux et l’accroissement continu de ces disparités. Cette diversité est tout d’abord visible entre les différentes régions du Québec.

[...]

Par contre, dans certaines régions, comme le Saguenay–Lac-Saint-Jean, l’enseignement moral et religieux catholique convenait tout à fait à la très grande majorité des parents et certaines écoles offraient même toujours, dans le cadre de ce cours, la préparation aux sacrements (eucharistie et confirmation) auxquels participaient 98 % des élèves en 2002. Ceci explique en grande partie la disparité de l’enseignement entre des régions où ECR apparaît d’une pertinence évidente et d’autres où il faut utiliser les médias et les technologies de l’information pour montrer une diversité religieuse autrement invisible.

[...]

De l’enseignant spécialiste d’ECR travaillant à la Commission scolaire MargueriteBourgeoys à l’enseignant animé par la fibre pastorale intervenant à la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean en passant par la diversité des intérêts des enseignants du primaire pour l’objet religieux, toute une gamme d’enseignement d’ECR est aujourd’hui visible, sans que l’on sache précisément ce qu’il en est dans chaque école ni de façon globale.

Voir aussi

Table ronde sur le matériel pédagogique ECR

Congrès de l'ACFAS — Formateur de formateurs en ECR : beaucoup de résistances, faible réceptivité, obstacles au début de l'implantation




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Media advisory - Important ruling from the Supreme Court of Canada

MONTREAL, Feb. 16, 2012 - The Supreme Court of Canada's ruling in the case "S.L. v. Commission scolaire des Chênes (no 33678)" will be rendered this Friday, February 17 at 9:45 a.m.

This is the case in which parents in Drummondville with children in the public school system sought an exemption from the Ethics and Religious Culture program (ERC).

Media are invited to attend a press conference or to schedule an interview:

When: Friday, February 17, 2012 at 2:00 p.m.
Where: Holiday Inn Hotel
Diplomat Room
420 Sherbrooke Street West
Montréal (Québec) H3A 1B4

The mother of the children involved, along with Mark Phillips, Regional Leader of the Public Law Group at BLG's Montreal office and counsel for the parents will address the media.

Also in attendance will be representatives from the various organisations supporting the couple, notably the Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ), the Regroupement chrétien pour le droit parental en éducation (RCDPE), the Association des parents catholiques du Québec (APCQ), as well as the Association de la Communauté Copte Orthodoxe du Grand Montréal (ACCOM).

For further information or to schedule an interview, please contact:

Elaine Mayrand / Karen Lafleur
Massy Forget Langlois relations publiques
emayrand@mflrp.ca / klafleur@mflrp.ca
514 842-2455 extension 24 or 21

Tricia Weagant
Ketchum Public Relations
tricia.weagant@ketchum.com
416.355.7431




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

La famille, la grande oubliée de la présidentielle française ?


Mise à jour le 16 février 


Réaction de Zemmour sur l'alliance des lâches et des ignares (Sarkozy, Coppé de l'UMP, Aliot du FN) qui attaquent Vanneste :


Ouvrir dans une autre fenêtre Éric Zemmour : « Vanneste, les homos, la déportation : scandales et vérités historiques »







Dans cette vidéo qui crée un certain ramdam en France, Christian Vanneste, professeur de philosophie et député du Nord, président de l'association Famille et liberté, revient sur les raisons du succès des lobbies homosexuels et explique pourquoi la famille (plutôt que « les » familles) est un enjeu essentiel pour l'avenir du pays.

Un partie de cette vidéo a causé une controverse en France, bien que du point de vue historique, il semble bien que M. Vanneste ait raison (voir ici Serge Klarsfeld, Gilles-William Goldnagel et ici Rioufol).







Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Au Moyen-Âge tout chevalier était lettré, selon Martin Aurell (1 de 2)

L’auteur, primé par l’Académie des inscriptions et belles-lettres, est l’invité de Christophe Dickès.

La renaissance n’a pas eu lieu au XVIe siècle mais bien aux XIIe et XIIIe siècle si l’on en croit Martin Aurell (Prix Bordin 2008 de l’Académie des inscriptions et des belles-lettres). Avec son étude sur le savoir et la conduite de l’aristocratie à l’époque médiévale, il décrit l’imprégnation littéraire des milieux chevaleresques. Son livre Le Chevalier lettré constitue une monographie admirablement bien documentée sur la culture en un temps que l’on a trop souvent considéré comme un âge obscur.

Écoutez (48 minutes) :




« La Renaissance a eu lieu au XIIe siècle. Elle a atteint sa plénitude au siècle suivant, et s’est prolongée jusqu’à la fin du Moyen-Âge et au-delà. Pourtant nous l’avons placée à tort au XVIe siècle (…) C’était faire fi du vaste mouvement de renouveau culturel qui depuis au moins les années 1100, animait l’Occident. » Pour ceux qui en doutaient, Martin Aurell vient de publier un livre d’une grande érudition sur le développement des savoirs aux XIIe et XIIIe siècles. L’auteur réalise un véritable tour de l’Europe occidental afin d’illustrer et d’asseoir son propos grâce à de nombreux exemples en Italie, en Angleterre, en France ou sur la Péninsule ibérique...

Marie de France
La première « française » à prendre
la plume en français 
Dans cette première émission consacrée à ces chevaliers lettrés, il décrit tout d’abord l’instruction et l’éducation du futur chevalier, son alphabétisation et sa scolarisation. Dans cette transmission, les parents — et notamment surtout la mère — jouent un rôle déterminant. Naturellement ces milieux se distinguent du clergé par l’utilisation non pas du latin mais de la langue vernaculaire comme une langue de savoir. Néanmoins, dans cette société religieuse, les enfants sont aussi confiés aux cloîtres afin de développer leurs connaissances. Non pas tant pour rentrer dans les ordres, mais surtout afin de se préparer à la reprise des affaires d’un père ou simplement répondre aux exigences d’un père qui ne saura voir son fils rester un rustre.

Dans un deuxième temps, Marin Aurell nous invite à découvrir les lieux de la culture ainsi que les vecteurs de cette culture : grande salle du château, chambres des dames où se côtoient jongleurs et compteurs. Certains seigneurs possèdent même une bibliothèque et écrivent. Romans de chevalerie, quête du Graal, histoire d’amour mais aussi vie de saints. La prose et l’expression orale devient une sorte de spectacle qui adoucit les mœurs.

La deuxième partie de cette émission sera d’ailleurs consacrée à l’influence des lettres sur les moeurs chevaleresques (Développement de l’amour courtois, codification de la guerre, etc.)

L’auteur

Martin Aurell, Professeur d’Histoire du Moyen Âge à l’Université de Poitiers

Professeur d’histoire du Moyen Âge à l’Université de Poitiers, membre de l’Institut universitaire de France, Martin Aurell dirige la revue Les Cahiers de civilisation médiévale. Il est un des meilleurs spécialistes de la noblesse aux temps médiévaux. Parmi ses livres figurent La vielle et l’épée : Troubadours et politique en Provence au XIIIe siècle, Aubier ; L’Empire des Plantagenêt (1154-1224), Perrin, 2003; La Légende du roi Arthur (550-1250), Perrin, 2007 qui a été primé par l’Académie des Inscriptions et des Belles Lettres. Il vient de publier chez Fayard : Le Chevalier lettré, Savoir et conduite aux XIIe et XIIIe siècles. Martin Aurell est notamment intervenu au cours d’un colloque consacré à l’académicien Emmanuel Leroy-Ladurie organisé à la Fondation Singer-Polignac en janvier 2010. Il a aussi été l’invité de Canal Académie à propos de son livre sur le roi Arthur.





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Belgique — École indépendante Schola Nova : liberté de programme, excellente réputation scolaire


Créée par des parents en 1995, Schola Nova est une école indépendante belge, qui fonde son programme sur les humanités gréco-latines. En 2012, l’idée peut paraître passéiste. Pas du tout, explique sa directrice, Mme Caroline Thuysbaert. Rien de tel que la fréquentation des grands auteurs de notre tradition occidentale pour former les enfants aux défis de notre société technologique ! Il s’agit donc de redonner toute leur place aux langues anciennes et à la culture humaniste délaissées par l’enseignement officiel. Otium sine litteris mors est et vivi hominis sepultura, « Le loisir sans les lettres est la mort et le tombeau de l’homme vivant. » Cette belle devise de Sénèque orne le fronton de Schola Nova. Mme Caroline Thuysbaert nous présente ici la philosophie de l’établissement.

Comment est née Schola Nova ?

En 1995, Stéphane Feye décide de fonder sa propre école d’humanités gréco-latines. Pourtant, il est chef d’orchestre, pianiste et professeur d’Écriture musicale au Conservatoire Royal de Liège. Dans le privé, il est surtout passionné par ses traductions de traités latins, grecs et hébreux, qu’il publie régulièrement.

Sa fille aînée avait fréquenté l’enseignement catholique dit « rénové » ; les deux suivantes, la dernière école offrant encore un enseignement catholique dit « traditionnel », avec l’ancien programme gréco-latin (9 heures de latin en première secondaire). Les études des deux plus jeunes lui avaient donné satisfaction. Or cette école bruxelloise n’accueillait que des filles. Il fallait donc trouver une autre solution pour ses deux fils cadets, afin d’éviter des trajets et des embouteillages encore plus éreintants.

Il décida donc de fonder plutôt sa propre école, ce qui semblait non seulement très difficile, mais aussi totalement contraire à l’air du temps. Néanmoins, il put dès le début compter sur l’aide de deux amis, Hans van Kasteel (philologue classique et grand érudit) et Caroline Thuysbaert (étudiante en droit à l’époque).

L’article 24 de la Constitution belge garantit la liberté d’enseignement. Il est donc légalement permis d’ouvrir une école indépendante, appelée « école privée » (ne pas confondre cette appellation avec celle d’« école privée » en France ou au Québec, qui correspond à « école libre subventionnée » en Belgique). Le statut légal d’une école privée, selon les termes d’un décret de la Communauté française de Belgique, est celui de l’enseignement à domicile, qui implique soit de garder l’enfant physiquement au domicile parental, soit de le confier à une institution privée.

C’est ainsi que Stéphane Feye ouvrit sa première classe en septembre 1995, pour son fils Raphaël qui, pendant quelques semaines, fut le seul élève de toute l’école ! Peu à peu, cependant, quelques amis le rejoignirent…

Le but initial de cette école était donc de maintenir le programme classique gréco-latin, avec la grille horaire en vigueur quelques décennies plus tôt (9 heures de latin en première année secondaire, 7 heures de latin et 5 heures de grec en deuxième). Dans la suite, la grille horaire de Schola Nova a été adaptée quelque peu ; par exemple, davantage de mathématiques, des cours en langues étrangères (système d’immersion).

Comment se situe votre établissement dans le paysage scolaire belge ?

Très peu d’écoles sont privées en Belgique, ce qui signifie que nous sommes plutôt « originaux » et donc pas toujours bien compris. Au début, l’école a été souvent victime de nombreuses calomnies qui se sont peu à peu estompées ; aujourd’hui, elle est respectée voire admirée et jouit d’une excellente réputation.

Il faut savoir qu’en Belgique wallonne, il n’existe pas de système comparable au baccalauréat français qui mette tous les réseaux d’enseignement sur pied d’égalité. En Belgique, ce sont les écoles qui « fournissent » le diplôme à leurs élèves. Seuls les élèves qui ont le statut d’Enseignement à domicile (école privée par exemple) doivent se soumettre à un examen organisé par le ministère de la Communauté française (jury d’État) pour obtenir un diplôme ; ils ont aussi la possibilité de présenter des examens d’accès à l’Université. Le niveau de ces différents examens est assez élevé (bien plus élevé que celui d’une terminale dans une école officielle). Cette épreuve finale d’obtention du diplôme ou du certificat d’examen d’entrée explique que les parents, en Belgique, craignent souvent de quitter le système officiel. Les résultats des élèves de Schola Nova à ces examens (affichés sur notre site internet) sont excellents, ces épreuves n’étant pas insurmontables pour un élève bien formé.

mercredi 15 février 2012

Une chanson d'Édith Piaf censurée dans une école québécoise pour lèse-laïcité





Version « école laïque québécoise » de l'Hymne à l'amour


Une chanson d'Édith Piaf a été censurée dans une école primaire de Sorel-Tracy. Un professeur de musique de l'école Saint-Gabriel-Lalemant a pris cette décision parce que le mot « Dieu » figure dans les paroles de la chanson L'Hymne à l'amour. L'enseignant, qui préparait un spectacle de fin d'année, a ainsi supprimé la dernière phrase de la chanson, celle où les élèves auraient dû chanter « Dieu réunit ceux qui s'aiment ».

Plusieurs parents ont critiqué cette modification à l'une des chansons les plus connues de la francophonie. Un porte-parole de la Commission scolaire de Sorel-Tracy, Éric Choinière, a défendu la décision de l'enseignant. « Il ne voulait pas aborder de thème religieux dans ce cours-là, d'où sa modification à la finale de la chanson », a-t-il dit au réseau radiophonique Cogeco Nouvelles. « Je ne suis pas mal à l'aise qu'on ait enlevé un petit bout pour ne pas aborder cette question dans un contexte laïque », a ajouté M. Choinière.

Mathieu Bock-Coté a également réagi à cette histoire :

« Entrevue absolument surréaliste à Paul Arcand ce matin. On le sait, un professeur de musique de Sorel a présenté à ses étudiants l’Hymne à l’amour d’Édith Piaf… en censurant le dernier passage, qui fait référence à Dieu réunissant les amoureux. Jusqu’ici, il s’agit d’une histoire banale, hélas, dans une société réapprenant peu à peu l’exercice de la censure au nom de la rectitude politique. Ne cherche-t-on pas à censurer aujourd’hui Dire Straits, Voltaire, Hergé, Mark Twain, et tant d’autres auteurs, morts ou vivants ? 

Écoutez l'entrevue en question :


Là où cela devient intéressant, c’est lorsque le secrétaire général de la commission scolaire de Tracy, Éric Choinière, se porte à la défense du professeur. En expliquant, comme un bureaucrate prisonnier d’un langage technocratique, que le professeur devait faire face à la « situation » — la présence qui manifestement, le troublait, du mot Dieu. Et en justifiant la censure. Une censure qu’il applique aussi aux cantiques du temps des fêtes, apparemment. Oui : la commission scolaire endosse la censure. Ce délire qui contribue à la javellisation totalitaire de la culture nous propose une transgression en direct des principes les plus fondamentaux de notre société. Et cette censure est d’autant plus terrifiante que le bureaucrate l’explique sans passion, comme une simple évidence administrative. On l’entend enfermé dans ses certitudes, incapable de comprendre les enjeux moraux, philosophiques, et même politiques, d’une telle pratique de la censure dans une école québécoise. 
Et je me demande : il y en a combien d’histoires semblables dans les écoles québécoises ? Il y en a combien de petits censeurs qui balafrent les oeuvres qu’ils présentent par fanatisme idéologique ? Tout cela, c’est du gros délire. Et pire que tout, c’est un délire dont nous avons pris l’habitude. »
Piaf

La Commission scolaire a émis un communiqué où elle affirme :
« Bien que certains puissent juger qu’il s’agissait là d’un excès de prudence, l’enseignant a justifié son choix de ne pas avoir discuté du contenu de cette dernière phrase en classe parce qu’elle référait à une thématique tout autre que la thématique de l’amour qui était visée par la situation d’apprentissage. Il a plutôt jugé que la thématique de cette phrase devait être traitée dans le cadre d’un autre cours, le cours Éthique et culture religieuse et à la maison avec les parents. »

C'est assez comique. Au primaire (et cet incident a eu lieu dans une école primaire) et avec le règne des compétences transversales, on peut, on devrait même, aborder plusieurs matières à la fois dans un seul cours : la musique, le français (expliquer le sens des mots!), l'histoire (quand Edith Piaf a-t-elle vécu?) et la culture religieuse (si jamais ici un enfant venait à poser une question, ce qui est peu probable) par exemple. Bref, au mieux un mauvais prétexte.






Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Canada’s Supreme Court to rule Friday on who has final say in education: parents or the state?

De LifesiteNews (nous ferons une recension de la presse sur ce jugement aussi exhaustive que possible) :


OTTAWA, Ontario, February 15, 2012 (LifeSiteNews.com) - Who has the final say over our children’s education – parents or the state?

That’s what Canada’s Supreme Court will decide this week as they release a historic ruling that is sure to have far-reaching, and potentially frightening, consequences for parental freedom in this country.


On Friday at 9:45, the high court will render its judgment in the case of S.L. et al. v. Commission scolare des Chênes et al., which involves a Catholic family who took the Quebec government to court after it refused to grant their child an exemption from the province’s controversial ethics and religious culture course (ERC).

A ruling for the family of Suzanne Lavallée and Daniel Jutras could be a victory for families across the country who object to the growing dominance of militant secularism and sexual propaganda in the public school system. But a victory for the government could embolden provincial governments bent on imposing their own brand of “diversity” education.

The Supreme Court heard the case in May 2011 after the parents’ effort was rejected by the Quebec Superior Court in August 2009, and then again by the Quebec Court of Appeals in February 2010.

The course, which seeks to present the spectrum of world religions and lifestyle choices from a “neutral” stance, has been widely criticized in Quebec by the religious and a-religious alike. Moral conservatives and people of faith have criticized its relativistic approach to moral issues, teaching even at the earliest grades, for instance, that homosexuality is a normal choice for family life.

The Lavallée–Jutras family, who hail from Drummondville, argue that the ERC course’s mandatory nature violates their freedom of religion and their right to direct the education of their children.

Despite provincial legislation allowing for exemptions from school curriculum, the Ministry of Education has turned down all of the thousands of requests, and even moved to impose the course on private schools.

They faced a setback on that front in June 2010 when the Quebec Superior Court said their attempts to impose it on Loyola High School in Montreal assumed “a totalitarian character.”

Jean-Yves Côté, the family’s lawyer, told LifeSiteNews that he hopes the Supreme Court has understood that the case is about the right to exemption, not the legality of the course itself.

“It’s not a case about the constitutionality of the course itself, it’s a case about depriving the parents of any possibility of exemption,” he explained. “Because if the mechanism of exemption is recognized by the Supreme Court then it could be used for other courses that may contain some offensive material.”

On the other hand, he acknowledged that denying the exemption would set a frightening precedent.

“I think if such a thing happened, we would be right in stating that regarding education, the parent is not the boss anymore. The state is,” he said.

Côté pointed out that Quebec’s civil code explicitly states that “the source of the duty and the right of education is parental authority.” While he was taught in law school that the teacher’s authority “emanates from the parents,” he noted that there is a shift among some teachers and others to believe that their authority comes instead from the state.

Patrick Andries of the Coalition pour la Liberté en Éducation, who have supported the family’s legal battle, noted that the Supreme Court could opt to base its judgment on merely technical grounds, for example if they believe proper procedures were not followed in handling the exemption.

But if the ruling favours the parents on “philosophical grounds,” he said, “It will show that they can oppose a particular vision of religion and ethics being taught to their children by the state, even when the government claims it to be innocuous and necessary for the common good.”

A decision against the parents, he said, would “undermine their role as educators, while further strengthening the role of government who will have a free hand in deciding such major issues … as the proper way to view religion, religious diversity and what is the sole way to approach ethics and morality in public schools.”

Faye Sonier, legal counsel for the Evangelical Fellowship of Canada, which intervened in the case, said it’s essential for the Supreme Court to land on the side of parental rights as Canadian society faces increasing challenges to parental authority and religious freedom.

“All parents are asking for is the right to teach morality and religion from their perspective or decide who will do so,” she said. “Parents are asking that their children be exempted from classes where material inconsistent with their beliefs is taught. This is accommodating practice that is done across the country. And it’s not asking too much from the state. They have a constitutional right to religious freedom in Canada.”




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Anglais intensif : la CAQ dénoncent le « mur à mur »

Le gouvernement Charest fait fausse route en voulant imposer un programme «mur à mur» d'enseignement intensif de l'anglais en 6e année, accuse la Coalition avenir Québec (CAQ).

Son porte-parole en matière d'éducation, le député Éric Caire, estime que chaque école devrait pouvoir définir son propre programme.

Selon le plan du gouvernement, tous les élèves de 6e année apprendraient l'anglais durant la seconde moitié de l'année scolaire. Toutes les autres matières seraient enseignées dans la première. Ainsi, quelque 400 heures de la 6e année seraient consacrées à l'anglais.

Québec veut mettre en place le programme de façon graduelle dès cet automne. L'apprentissage intensif de l'anglais serait appliqué partout au Québec en 2015-2016.

Éric Caire dit appuyer l'idée d'augmenter l'enseignement de l'anglais au primaire. Il en a fait malheureusement la promotion quand il était à l'Action démocratique du Québec, puis comme député indépendant.

Mais « imposer un modèle mur à mur » comme le fait le gouvernement risque de causer des problèmes dans certaines écoles, croit-il. Des élèves en difficulté d'apprentissage pourraient être condamnés à l'échec, notamment.

À Shannon, où résident plusieurs militaires de la base de Valcartier, « la moitié des élèves sont déjà bilingues. On fait quoi dans ce cas ? », s'est également demandé le député de La Peltrie, dans la région de Québec.

À Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, l'école offre déjà un programme d'enseignement de l'anglais intensif différent de celui du gouvernement. Elle devra mettre de côté son modèle, qui aurait pourtant fait ses preuves, a déploré Éric Caire.

Chaque école devrait définir un programme « respectueux de son milieu et de la réalité de ses enfants ». « Dans les régions où c'est possible, on pourrait permettre à un élève qui va dans une école francophone de faire une année de son enseignement en anglais. C'est un autre modèle qu'on peut proposer », a-t-il dit à titre d'exemple.

Selon lui, le ministère de l'Éducation doit se contenter de fixer des objectifs, puis s'assurer que les écoles les atteignent. Il devrait créer un examen national en 6e année pour mesurer les progrès en anglais, a-t-il dit.

Pour notre part, nous ne sommes même pas convaincus que l'anglais est une priorité à imposer à tous les parents et à toutes les écoles du Québec, pas plus qu'un examen national (également imposé aux écoles prétendument « privées » ?) en anglais.

Rappel : le niveau de lecture des élèves québécois (en français donc pour près 90 % d'entre eux) a sévèrement chuté dans les derniers tests interprovinciaux. Comment éliminer des centaines d'heures de cours en français (pas uniquement de français) va-t-il améliorer ces résultats ?

Voir aussi

Résultats en lecture du français très médiocres, on impose l'anglais intensif de manière « brutale »

Radio-Canada et sa sélectivité dans les sondages sur l'éducation

France — les ados sont devenus nuls en dictée (les élèves français passent en effet 800 heures de moins (de 12 à 16 ans) à étudier le français qu'en 1976).






Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

L’enseignement d'une parmi quatre religions ou de la morale devient obligatoire à l’école russe

Le premier ministre Vladimir Poutine entre le patriarche Cyrille de Moscou et le grand moufti de Russie Talgat Tadjouddine, lors d’une rencontre avec les responsables religieux russes, mercredi 8 février au monastère Saint-Daniel, la résidence du patriarche.

Le premier ministre russe Vladimir Poutine a signé le décret introduisant l’enseignement obligatoire de la religion dans toutes les écoles de la Fédération de Russie. À partir de septembre, les élèves pourront choisir d’étudier soit l’une des quatre religions « traditionnelles » (orthodoxie, islam, judaïsme ou bouddhisme) soit de suivre des cours plus généraux sur les « fondements de la culture religieuse » ou sur les « fondements de l’éthique publique ».

Jusqu’à présent, ces enseignements étaient concentrés sur un trimestre de l’année scolaire, mais l’Église orthodoxe russe avait demandé qu’ils soient donnés sur l’ensemble de l’année, à partir de 2012.

Banni de l’école durant la période communiste, l’enseignement religieux y est retourné en avril 2010, mais dans 19 régions seulement. Cette initiative avait été fortement appuyée par le patriarche de Moscou et par le Kremlin qui souhaitait voir l’identité nationale se cimenter autour de valeurs communes.


Sujet devenu très populaire

Cette idée d’introduire des cours de religion dans toutes les écoles a, dès le début, soulevé de vives critiques en Russie, pays qui a connu 70 ans d’athéisme d’État, et où vivent différentes ethnies et religions.

Les représentants du monde religieux ne partagent pas le scepticisme du monde séculier à l’égard de cet enseignement. Le patriarche de Moscou n’est pas le seul à le soutenir, mais la communauté musulmane le considère aussi comme très utile. Le moufti Krganov Albir a déclaré que « le nouveau sujet d’étude est devenu très populaire auprès des élèves et des parents dans la République russe autonome de Tchouvachie (ouest). Les parents ont affirmé avoir beaucoup appris sur la religion quand leurs enfants ont suivi ces cours ».

Catholicisme écarté, mais hiérarchie comprend que l'orthodoxie prime

En février, sur l’ordre de Poutine, le ministère de l’éducation a mis sur pied des cours de formation pour les enseignants. Les parents devront se déterminer jusqu’en mars pour savoir quel cours leurs enfants suivront.

Bien qu’écartée du nouveau projet d’enseignement religieux, l’Église catholique de Russie avait, en 2009, soutenu l’introduction de l’enseignement religieux facultatif dans les écoles. Selon Mgr Paolo Pezzi, archevêque catholique à Moscou, il apparaissait ainsi clairement que la dimension religieuse fait partie de l’éducation.

Pour l’archevêque catholique à Moscou, il était compréhensible que, dans un pays où l’Église orthodoxe est majoritaire, l’orthodoxie ait la priorité. Il demandait toutefois que, dans les ouvrages scolaires, les passages relatifs à l’Église catholique soient imprégnés de respect.

Voir aussi

Russie — Succès mitigés des cours de religion chrétienne, fort succès des cours de religion musulmane

Russie — Retour de l’enseignement religieux dans les écoles




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

mardi 14 février 2012

La Cour suprême rendra sa décision sur l’imposition du cours ÉCR ce vendredi

Montréal, 14 février 2012 — À la suite de l’annonce par la Cour suprême du Canada que jugement sera rendu dans la cause « S.L. et autres c. Commission scolaire des Chênes et autres (Qc) (n° 33678) » ce vendredi à 9 h 45, la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) et madame Suzanne Lavallée, demanderesse, convoquent les médias pour une conférence de presse :

Quand : Vendredi le 17 février 2012 à 14 h 00
Où : Hôtel Holiday Inn
Salle Diplomate
420, rue Sherbrooke Ouest
Montréal (Québec) H3A 1B4

Renseignements : Sylvain Lamontagne, tél. : 450-532-5606




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)