mercredi 10 janvier 2024

Toronto remplace le nom d'un abolitionniste par le terme emblématique d'une tribu africaine esclavagiste... (m à j).

Selon un nouveau sondage, la plupart des Torontois en ont assez des efforts déployés au niveau local pour rebaptiser la place Yonge-Dundas.

Au début du mois, l'institut de sondage Liaison Strategies a demandé à 831 résidents s'ils approuvaient l'idée de renommer la place Yonge-Dundas en Sankofa Square. Plus de sept personnes sur dix (72 %) s'y sont opposées et seulement 16 % y étaient favorables, rapporte le National Post.

"Notre sondage précédent, réalisé en octobre, avait révélé que les résidents étaient favorables au changement de nom de la rue Dundas (54 %), mais ce chiffre a chuté à 42 % lorsque les répondants ont été informés du coût de la mesure", a déclaré David Valentin, directeur de Liaison Strategies.
 


Billet originel du 17 décembre 2023
 
Pour démontrer son horreur de la traite des esclaves africains, le conseil municipal de Toronto efface le nom d’Henry Dundas, un abolitionniste (gradualiste) de l’esclavage, et le remplace par un terme emblématique d’une tribu africaine qui a joué un rôle prépondérant dans… la traite des esclaves africains.

La place Yonge-Dundas à Toronto

Le conseil municipal de Toronto a voté à l’unanimité jeudi pour changer le nom de la célèbre place Yonge-Dundas de Toronto et l’appeler désormais « Sankofa Square » afin de la dissocier du lien supposé d’Henry Dundas avec la traite transatlantique des esclaves.

Non seulement Dundas était en fait un abolitionniste, mais le peuple Akan du Ghana, d’où est issu le mot « sankofa », participait activement à la traite des esclaves et importait des esclaves pour développer sa propre économie.

Comme l’a écrit l’universitaire A. Norman Klein, en reprenant les travaux du célèbre historien ghanéen Ivor Wilks, les Akan « ont échangé leur or contre ces esclaves, qui ont récompensé leurs maîtres akan en créant une “révolution agricole” au cours des quinzième et seizième siècles ».

[En général, la révolution agricole en Afrique de l’Ouest au XVIe siècle est surtout due à l’« échange colombien », c’est-à-dire l’apport par les Portugais des plantes venues d’Amérique. C’est ainsi que le maïs et le manioc, introduits par les Portugais d’Amérique du Sud au XVIe siècle, ont progressivement remplacé le sorgho et le mil en tant que cultures vivrières les plus importantes d’Afrique. Les Portugais introduisirent de nombreuses autres plantes comme la patate [douce], l’arachide, la papaye, la noix de cajou, etc.]


Les Akan importaient des esclaves pour les aider à défricher leurs forêts, où ils cherchaient de l’or, et vendaient également des esclaves aux Européens, alimentant ainsi la traite transatlantique des esclaves.

En 2006, le Ghana a présenté ses excuses aux descendants des esclaves pour son rôle dans la traite négrière.

La maire de Toronto, Olivia Chow, a déclaré que le changement de nom s’inscrivait dans le cadre de l’engagement de la ville à « lutter contre le racisme anti-Noirs, à faire progresser la vérité, la réconciliation et la justice, et à construire une ville plus inclusive et plus équitable ».

« La ville de Toronto s’est engagée à reconnaître l’impact de la traite négrière transatlantique et de l’esclavage, tout en se concentrant sur l’atténuation des coûts et des impacts sur les résidents et les entreprises », a déclaré Mme Chow. « En adoptant le nom de Sankofa Square, nous reconnaissons la nécessité de réfléchir aux enseignements du passé et de nous les réapproprier, ce qui nous permet d’aller de l’avant ensemble ». Le Centre culturel afro-américain de l’université d’État de Caroline du Nord explique que le concept de « sankofa » provient du « roi Adinkera du peuple Akan d’Afrique de l’Ouest » et se traduit par « il n’est pas tabou de revenir en arrière et d’aller chercher ce que l’on a oublié ». 


[En réalité sankofa veut simplement dire « récupérer », littéralement san — revenir ; ko — aller ; fa — chercher. C’est le concept de « racines ».

Dans un reportage ci-dessus qui pourrait être parodique, le « journaliste » de CTV prétend que « sankofa » signifierait « Le fait de réfléchir et de se réapproprier les enseignements du passé qui nous permettent d’avancer ensemble ». Les amis de Molière se souviendront de la scène du Bourgeois gentilhomme :

CLÉONTE [qui prétend parler turc]. —  Bel-men.

COVIELLE. — Il dit que vous alliez vite avec lui vous préparer pour la cérémonie, afin de voir ensuite votre fille, et de conclure le mariage.

MONSIEUR JOURDAIN. —  Tant de choses en deux mots ?

COVIELLE
. — Oui, la langue turque est comme cela, elle dit beaucoup en peu de paroles.

On notera aussi la première personne interrogée dans la rue qui, sans rire, ose prétendre que c’est une bonne décision parce que maintenant « nous sommes mieux éduqués et qu’on comprend plus l’histoire mieux (we’re more understanding history better) »…
]

Les historiens, même ceux de gauche, s’accordent à dire que Dundas était un partisan de l’abolition de l’esclavage. La controverse à son sujet provient d’un amendement qu’il a proposé à une motion d’abolition de William Wilberforce. Dundas voulait une abolition plus « graduelle » parce qu’il pensait que c’était le moyen le plus efficace de mettre fin à l’esclavage. Comme il aura fallu plus de 50 ans pour mettre fin à la traite transatlantique des esclaves, il avait sans doute raison.

Dundas a également appelé les dirigeants africains à cesser de se rendre complices de la traite des esclaves, ce qu’ils ne firent pas à l’époque.

Malgré ce révisionnisme historique de la part de Toronto au sujet d’Henry Dundas et de son héritage, la ville a déclaré dans un communiqué que le mot « Sankofa » était inspiré par le respect de l’histoire.

L’année prochaine, Toronto retirera également le nom de Dundas de deux stations de métro et d’une bibliothèque. 

mardi 9 janvier 2024

Éric Kaufman : Les allégations de plagiat de la présidente de Harvard révèlent la « corruption de l'Université »

Nico Perrino, vice-président de la Fondation pour les droits individuels et l’expression, et Eric Kaufman, professeur de politique, réagissent à la démission de la présidente de Harvard, Claudine Gay, à la suite d’allégations de plagiat. Extrait vidéo de l’entretien en anglais, puis transcription complète traduite en français. 

Transcription complète

— Si vous regardez son travail, encore une fois, si vous comparez avec les précédents présidents de Harvard, elle a très peu de publications. Certains présidents de Harvard ont publié plus en un an qu’elle pendant toute sa carrière.

Mais plus sérieusement, elle a plus de 40 cas de plagiat, c’est-à-dire qu’elle a pris des paragraphes entiers et les a insérés dans son texte sans en donner l’origine. Ce sont des choses pour lesquelles les étudiants seraient recalés.

Elle le fait en tant que présidente d’une institution, mais je pense que cela soulève un problème plus profond, celui de la corruption dans l’enseignement supérieur, non seulement aux États-Unis, mais dans tout l’Occident.

L’accent est mis non plus sur ce que j’appellerais le libéralisme culturel, à savoir l’égalité de traitement, la liberté d’expression, la vérité objective et la méthode scientifique, mais sur le socialisme culturel, c’est-à-dire l’égalité des résultats pour les groupes minoritaires par rapport aux groupes majoritaires, ainsi que la protection contre les préjudices, la protection contre les préjudices émotionnels, contre les discours que vous n’appréciez pas.

L’inclusion signifie que vous allez abroger la liberté d’expression et la recherche de la vérité afin d’atteindre ces objectifs d’égalité, et c’est un peu ce que fait Claudine Gay.

Son embauche et sa promotion en tant que présidente sur la base de la couleur de sa peau, de son sexe et d’un faible nombre de publications illustrent ce problème.

—  La devise d’Harvard est, je crois, Veritas, la vérité. Vous pensez donc qu’elle s’est éloignée de la vérité ?

—  Je veux dire que si vous affirmez, comme Carole Hooven qui vient d’être mentionnée, que l’on croit que le sexe biologique et le genre sont liés et qu’une femme est biologiquement comme ceci et pas comme cela, alors vous êtes forcé de quitter l’université et de vous retirer de la vie publique.

Vous avez donc énoncé une vérité, et les gens peuvent maintenant la contester. C’est la liberté d’expression, c’est la liberté intellectuelle de l’enseignant. Mais sous le nouveau régime où, vous le savez, l’égalité des résultats et la protection contre les préjudices émotionnels passent avant tout, la vérité et la liberté des universitaires viennent en second. La première l’emporte sur l’autre et elle disparaît donc.

Ce que je veux dire, c’est que toute la mission de recherche de la vérité, la Veritas, a été corrompue en faveur de ce que j’appelle le socialisme culturel, que d’autres appellent la justice sociale, ou la diversité, l’équité et l’inclusion.

La diversité et l’équité signifient l’égalité des résultats, l’inclusion signifie que nous allons vous protéger des discours que vous n’aimez pas et c’est vraiment l’éthique de la nouvelle université.

Claudine Gay a donc promu, poussé ces idées.

Elle voulait décoloniser les programmes, renommer les choses, surveiller les programmes, embaucher et promouvoir des personnes sur la base de la couleur de la peau et du sexe.
C’est ce qu’elle a mis en avant. Et c’est en fin de compte ce qui a conduit à certaines de ces violations des codes de la parole.

Par exemple, licencier des personnes parce qu’elles disent des choses qui vont à l’encontre de l’orthodoxie de la DEI.

— Et que dire de la catastrophe de l’audition au Congrès ? Je me suis remémoré l’argument selon lequel il s’agirait d’une question de contexte pour savoir si le fait d’appeler au génocide des Juifs serait contraire au code de Harvard. Je suppose que ce ne serait pas une question de contexte si vous appeliez au génocide des Asiatiques, des Blancs, des Noirs ou de presque tous les autres peuples auxquels on peut penser. Avez-vous un avis sur la question ?

— Je pense que l’appel au génocide de Blancs n’aurait aucune répercussion. Mais vous savez, si vous appelez au génocide des Noirs, vous êtes exclu.

Si Harvard avait été comme l’Université de Chicago et avait été politiquement neutre, avait défendu la liberté d’expression, la lettre de la loi, alors les gens pourraient dire qu’ils sont cohérents, mais quand Harvard est au bas des 254 institutions en matière de liberté intellectuelles des enseignants et qu’elle essaie de se défendre en disant « oh non, nous croyons en la liberté d’expression et c’est pourquoi nous ne pensons pas qu’appeler au génocide des juifs soit une offense. »

C’est l’hypocrisie qui pose problème, pas le principe, car beaucoup de gens pourraient dire « bon, vous appliquez le premier amendement, c’est conforme à la loi, d’accord ».

Mais bien sûr, cette norme n’a pas été appliquée à tout un tas d’autres personnes lorsqu’il s’agissait des totems sacrés préférés de la gauche progressiste en matière de race, de genre et de sexualité.

— Des centaines d’universitaires se sont prononcés en faveur de Claudine Gay. Cela signifie-t-il que changer de président ne changera rien ?

— Je pense que changer de président ne changera rien. Je suis désolé de le dire, mais cette culture est trop profondément enracinée : l’administration est trop profondément saturée par cette nouvelle idéologie DEI/socialiste culturelle.

— Préciser ce qu’est la DEI, tout le monde ne sait pas ce qu’est al DEI.

— Diversité, équité et inclusion. Il s’agit de l’égalité des résultats entre les groupes minoritaires et les groupes majoritaires et l’inclusion signifie qu’on vous protégera contre tout préjudice lié à l’expression qui pourrait vous offenser parce que vous pourriez vous sentir « en danger » (entre guillemets). Cela signifie simplement que nous allons mettre fin à la liberté d’expression des gens, comme Carole Hooven qui dit « Je crois au sexe biologique » et c’est le genre de situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement, et je crains que malgré le départ de Claudine Gay, je ne pense pas que nous irons vers une situation bien meilleure.

lundi 8 janvier 2024

Le conflit qui couve sur l'enseignement de l'espagnol dans les écoles catalanes

Lorsque les évaluations PISA ont été publiées à la fin de l’année 2023, la plupart des pays se sont interrogés sur la manière de faire mieux. En Catalogne, les résultats ont été perçus sous l’angle du nationalisme et de la langue — comme tout le reste. L’Espagne a perdu du terrain depuis la dernière fois que les tests avaient été réalisés, en 2018. Mais les élèves de Catalogne étaient encore plus perdants, et les hispanophones de souche obtenaient de moins bons résultats que les catalanophones — un échec que les critiques se sont empressés de mettre sur le compte de la politique linguistique.

Dans les années 1980, la Catalogne a entamé une transition vers l’enseignement de toutes les matières en catalan, à l’exception de l’espagnol. Il y a plusieurs années, le tribunal suprême de la région a décidé qu’au moins 25 % des cours devaient être donnés en espagnol. Le gouvernement régional, dirigé par les séparatistes, a alors adopté une loi permettant aux directeurs d’école d’augmenter ou de diminuer le niveau d’enseignement en espagnol, selon les besoins.

Un nouveau rapport de l’Association des écoles bilingues de Catalogne (AEB), qui fait campagne pour plus d’espagnol, indique que pratiquement aucune école n’a modifié les politiques publiées. L’association a donc demandé au Parlement européen d’enquêter sur ce qu’elle considère comme une violation des droits fondamentaux des élèves. La semaine précédant Noël, une délégation a effectué une mission d’enquête. La secrétaire catalane à l’éducation affirme qu’ils sont venus en ayant déjà décidé que la politique linguistique de la région nuisait aux résultats des élèves. Elle attribue cette situation à la pauvreté des enfants, qui est plus élevée que la moyenne européenne.

À l’Escola San Jaume, une école primaire située à El Prat de Llobregat, une ville fortement hispanophone près de Barcelone, tous les panneaux sont en catalan. Seuls 10 % environ des élèves sont de langue maternelle catalane, explique le directeur, Arturo Ramírez. Un élève qui pose une question en espagnol est gentiment encouragé à essayer en catalan, mais les enfants peuvent se parler en espagnol en classe, comme ils le font en grande majorité pendant les pauses. Tout le monde finit par apprendre les deux langues, affirme M. Ramírez.

C’est d’ailleurs l’objectif déclaré de son école et de l’AEB : la maîtrise de l’espagnol et du catalan. Malgré les conflits incessants en Espagne, cet objectif est largement atteint en Catalogne, où plus de 80 % de la population parle et lit le catalan et où tout le monde, à l’exception de quelques immigrés, parle également l’espagnol. M. Ramírez affirme qu’« il n’y a pas de problème ici, que le problème est à l’extérieur du bâtiment. »

Source : The Economist



dimanche 7 janvier 2024

L'université Rice offre des cours d'afrochimie (qui met en œuvre des sensibilités afro-américaines pour analyser la chimie)

L'université Rice (en anglais : Rice University) est une université de recherche américaine privée, située à Houston (Texas). Elle fut fondée en 1891, son campus occupe plus de 120 hectares. Rice est membre de l'Association des universités américaines depuis 1985 et est classée parmi les "R1 : Doctoral Universities - Very high research activity" (universités doctorales - activité de recherche très élevée). Y enseignent  680 personnes à temps plein, le personnel administratif y est de 2.152 alors que le nombre d'étudiants en 2021 y étaient de 8 212.

Laboratoire de mécanique et centrale électrique de l'université de Rice

Parmi les cours offerts :

CHEM 125 - AFROCHIMIE
Titre long : AFROCHIMIE : L’ÉTUDE DE LA MATIÈRE NOIRE
Département : Chimie
Mode de notation : Lettre standard
Langue d'enseignement : Enseigné en anglais
Type de cours : Cours magistral
Heures de crédit : 3
Restrictions :
Doit être inscrit à l'un des niveaux suivants :
Premier cycle professionnel
Visiteur Premier cycle
Premier cycle
Description : Les étudiants utiliseront des outils et des analyses chimiques pour comprendre la vie des Noirs aux États-Unis et mettront en œuvre des sensibilités afro-américaines pour analyser la chimie. Divers scientifiques, intellectuels et découvertes chimiques historiques et contemporains alimenteront les réflexions personnelles et les propositions visant à remédier aux inégalités en chimie et dans l'enseignement de la chimie. Ce cours sera accessible aux étudiants issus de différents milieux, y compris les disciplines STIM et non STIM. Aucune connaissance préalable de la chimie ou des études afro-américaines n'est requise pour participer à ce cours.

Canada — Plaque commémorative enlevée par la ville sans qu'elle puisse expliquer pourquoi

Au Canada, la ville de Victoria (Colombie-Britannique) a retiré une plaque commémorative alors que personne ne semble savoir pourquoi il faudrait le faire.

La ville de Victoria semble avoir retiré d’abord la plaque signalétique près du sommet du parc de Beacon Hill (colline des Balises) avant de se demander pourquoi.

La plaque a été enlevée récemment par le personnel de la ville après qu’un résident s’en soit plaint, bien qu’un porte-parole de la ville n’ait pas pu préciser ce qui préoccupait exactement le plaignant.

Dans un communiqué, la ville a indiqué que la plaque avait été temporairement retirée pendant qu’elle évaluait le texte qui y figurait.

« Aucune décision n’a été prise quant à l’avenir de la plaque. »

Un porte-parole de la ville a déclaré que « le personnel a pris la décision de retirer la plaque et nous cherchons à savoir comment et pourquoi cette décision a été prise ».

La ville tente également de déterminer ce qui, sur la plaque, a déclenché la plainte.

Le texte de la plaque est le suivant : « Lorsque Victoria a été colonisée en 1843, cette zone était un parc naturel. En 1858, Sir James Douglas, gouverneur de la colonie de l’île de Vancouver, l’a réservé comme parc et la province de Colombie-Britannique l’a donné en fiducie à Victoria. En 1882, il a été nommé ainsi en raison de deux balises placées sur la colline en 1846 pour marquer la position de Brotchie Ledge [ici un récif submergé]. La superficie est de 154 acres ».

Le parc a été créé en 1882 grâce à une subvention de la Couronne de 75 hectares accordée à la ville de Victoria en vertu d’un contrat de fiducie prévoyant qu’il serait utilisé par le public pour ses loisirs et sa jouissance.

Source

Voir aussi

Toronto remplace le nom d’un abolitionniste par le terme emblématique d’une tribu africaine esclavagiste…

Parcs Canada réécrira des centaines de plaques historiques sur ses sites 

Biden : « La culture musulmane est présente au sein de la culture américaine depuis le tout début »

Réécriture de l’histoire au Manitoba : Louis Riel le multiculturaliste

Statue de Mahé de La Bourdonnais déboulonnée à la Réunion sous faux prétexte

samedi 6 janvier 2024

Étudiant marocain reconnu coupable de 5 agressions sexuelles en une nuit risque le pénitencier et l'expulsion

El Mehdi Badi, 21 ans, a plaidé coupable il y a quelques semaines au palais de justice de Montréal à une dizaine de chefs d’accusation d’agression sexuelle. Étonnamment, cette affaire n’a jamais été médiatisée par les forces policières malgré le nombre important de victimes et le modus operandi de l’accusé.

Avril 2023. Il est passé 4 h du matin. El Mehdi Badi rôde dans la rue Saint-Urbain, dans le Quartier des spectacles. Le jeune homme veut se « défouler » cette nuit-là parce que plusieurs femmes ont refusé d’avoir une relation sexuelle avec lui. Il a d’ailleurs été expulsé d’un bar en fin de soirée.

Le prédateur cible ses premières proies : deux employées du bar d’où il a été expulsé. Il offre maladroitement une poutine à l’une d’entre elles, mais essuie un refus. Il tente ensuite d’embrasser la femme sur la bouche. Quand elle refuse, il la projette au sol et l’agresse en lui retenant les poignets. Son amie intervient en insérant ses doigts dans les yeux du prédateur, qui prend la fuite.

C’est le début d’une longue nuit pour El Mehdi Badi. Quelques minutes plus tard, il s’en prend à une femme dans la rue Prince-Arthur. Quand la femme repousse l’insistant inconnu, ce dernier réplique en lui assénant plusieurs coups de poing au visage. Il fait ensuite une clé au cou (prise d'étranglement) à sa victime et la tire vers une ruelle. La femme réussit toutefois à s’échapper.

Appels au 911

Vingt minutes plus tard, une nouvelle victime. El Mehdi Badi cible une femme qui se rend au travail. Il la suit sur quelques rues, puis lui fait une jambette pour la faire tomber. Il se met alors à la frapper au visage et à l’agresser sexuellement. La femme crie, mais il n’y a personne dans les parages. Après deux minutes, la femme parvient à s’enfuir sur Saint-Urbain. Elle croise un homme devant le quartier général du Service de police de la Ville de Montréal qui appelle le 911.

El Mehdi Badi n’a pas terminé. Vers 5 h 10 le matin, il surprend une femme par-derrière et l’agresse sexuellement sur le boulevard De Maisonneuve, un peu plus à l’est. La femme réussit à se réfugier chez elle. Elle aperçoit alors l’agresseur se caresser les parties intimes devant l’immeuble. Il continue de rôder dehors quand elle appelle le 911.

Même modus operandi pour sa cinquième victime, agressée en pleine rue. « Tu aimes cela, tu cherches cela », lui lance El Mehdi Badi quand elle tente de le repousser. Après 15 secondes, la femme prend la fuite, mais le prédateur l’attaque à nouveau. Sa tête cogne si fort au sol qu’elle subit une commotion cérébrale. Elle craint de mourir.

Les policiers finissent par le pincer le jour même, tout près des lieux de la dernière agression. Pendant son interrogatoire, El Mehdi Badi raconte aux policiers n’avoir aucun souvenir des évènements et demande pardon aux victimes.

Le Marocain de 21 ans était au pays en vertu d’un visa étudiant. L’école qu’il fréquentait au Québec n’a pas été précisée pendant l’audience. En raison de son statut, il risque d’être expulsé et d’être interdit d’accès au pays à vie après avoir purgé sa peine d’emprisonnement, a expliqué en cour la procureure de la Couronne Me Annabelle Sheppard.

Les observations sur la peine sont prévues en février prochain. La Couronne entend demander une peine de pénitencier, donc d’au moins deux ans de détention. 

Source : La Presse

Belgique : 83 % des Bruxellois et 37,4 % des résidents belges sont issus de l'immigration

Selon le sociologue et ancien chercheur à la KU Leuven (Louvain, section flamande), Jan Hertogen (76 ans) 37,4 % des résidents belges sont issus de l’immigration.

En outre, 83 % des Bruxellois, 62 % des Anversois, 60 % des Liégeois et 41 % des Gantois sont issus de l’immigration.


Il ressort également qu’en Flandre, 29,2 % de la population est issue de l’immigration. En Wallonie, ce pourcentage est de 38,3 %.


Ces pourcentages sont plus élevés que ceux de l’agence gouvernementale Statbel. Selon l’office belge de statistique, 33,1 % de la population belge est « d’origine étrangère ». « Cela s’explique par le fait que Statbel ne comptabilise que les enfants d’étrangers devenus belges, alors que j’englobe également les petits-enfants », a déclaré M. Hertogen.

 

Le creux de 1970 à 2000 s’explique par le déménagement des Bruxellois vers les banlieues flamandes ou wallonnes avoisinantes et plus vertes. L’agglomération, officiellement bilingue, est petite (161,38 km²) pour des raisons politiques : les Flamands ont refusé qu’elle s’étende et accorde ainsi des droits linguistiques aux francophones dans des communes flamandes. À titre de comparaison l’île de Montréal couvre une superficie 482,8 km², soit trois fois plus pour une population (1,9 million) moins de deux fois plus nombreuses.

Nombre de musulmans

Belgique, province, région

2010

2011

2012

2013

2014

2015

2016

2017

2018

2019

2020

2021

2022

Belgique

6,6%

6,8%

7,1%

7,3%

7,5%

7,7%

7,9%

8,2%

8,5%

8,7%

9,0%

9,2%

9,6%

 Région flamande

4,7%

4,8%

5,0%

5,3%

5,4%

5,6%

5,8%

6,1%

6,4%

6,7%

6,9%

7,1%

7,6%

 Région bruxelloise

20,7%

21,3%

21,6%

21,9%

22,1%

22,3%

22,7%

22,9%

23,1%

23,4%

23,5%

23,6%

24,1%

 Région wallonne

5,4%

5,5%

5,8%

6,0%

6,2%

6,3%

6,6%

6,9%

7,1%

7,3%

7,5%

7,7%

8,0%

    Anvers

6,7%

7,0%

7,1%

7,5%

7,6%

7,9%

8,2%

8,6%

8,9%

9,2%

9,4%

9,7%

10,2%

    Brabant flamand

3,5%

3,7%

3,9%

4,2%

4,4%

4,6%

4,8%

5,3%

5,6%

6,0%

6,4%

6,7%

7,2%

    Flandre occidentale

2,0%

2,0%

2,2%

2,3%

2,4%

2,6%

2,8%

3,0%

3,2%

3,5%

3,7%

3,8%

4,2%

    Flandre orientale

5,1%

5,3%

5,3%

5,5%

5,6%

5,8%

5,9%

6,2%

6,4%

6,6%

6,8%

7,0%

7,4%

    Limbourg

5,0%

5,1%

5,3%

5,5%

5,6%

5,8%

6,0%

6,1%

6,4%

6,6%

6,8%

7,0%

7,4%

    Région bruxelloise

20,7%

21,3%

21,6%

21,9%

22,1%

22,3%

22,7%

22,9%

23,1%

23,4%

23,5%

23,6%

24,1%

    Brabant wallon

3,5%

3,4%

3,6%

3,7%

3,9%

4,0%

4,1%

4,3%

4,5%

4,6%

4,9%

5,0%

5,3%

    Hainaut

6,1%

6,2%

6,4%

6,7%

6,9%

7,1%

7,3%

7,5%

7,8%

8,0%

8,2%

8,5%

8,8%

    Liège

6,9%

7,2%

7,6%

7,9%

8,1%

8,3%

8,7%

9,1%

9,5%

9,8%

10,1%

10,3%

10,7%

    Luxembourg

2,3%

2,0%

2,3%

2,4%

2,5%

2,6%

2,8%

2,9%

3,0%

3,1%

3,2%

3,2%

3,2%

    Namur

2,8%

2,7%

3,0%

3,1%

3,2%

3,3%

3,4%

3,6%

3,7%

3,8%

3,9%

4,0%

4,4%

 

Source 

Voir aussi

Part de la population belge née belge, différences entre 2000 et 2021

Composition de la population belge 2000 à 2021 

À Bruxelles, 22,5 % de la population est belge d’origine belge

Intégration et unité par le sport (2022)

Changement démographique en Belgique — Bruxelles musulmane dès 2030 ?  (2010) [au rythme actuel ce sera dans plus de 50 ans.]

La question de l’immigration, devenue centrale en Belgique, a fait tomber le gouvernement (2018)

vendredi 5 janvier 2024

Nouvelle étude révèle que les 13 à 24 ans sont rebutés par le sexe à l'écran et préfèrent les relations platoniques aux relations amoureuses.

La nouvelle étude de l’UCLA « Teens and Screens », menée par le Center for Scholars & Storytellers, a révélé que sur 1 500 garçons et filles de la génération Z, âgés de 10 à 24 ans, les jeunes souhaitaient voir des relations platoniques entre les personnages à l’écran, et beaucoup estimaient que le sexe n’était pas nécessaire à l’intrigue de l’histoire. (Seules les personnes âgées de 13 à 24 ans ont été interrogées sur le contenu sexuel).
 

« S’il est vrai que les adolescents veulent moins de sexe à la télévision et dans les films, l’enquête révèle en réalité qu’ils souhaitent que les médias qu’ils regardent reflètent des relations plus nombreuses et plus variées », a déclaré Yalda T. Uhls, fondatrice et directrice de CSS, coauteure de l’étude et professeure adjointe au département de psychologie de l’UCLA.

L’enquête a révélé que les adolescents veulent voir à l’écran des « vies comme (la leur) » et recherchent l’« authenticité ». Les adolescents, ainsi que la tranche d’âge de 18 à 24 ans que les publicitaires ciblent en priorité, pensent que le sexe et la vie sentimentale occupent une place trop importante dans les émissions de télévision et les films.

Parmi les 13-24 ans, 44,3 % estiment que la relation amoureuse est surutilisée dans les médias, et 47,5 % sont d’accord pour dire que le sexe n’est pas nécessaire à l’intrigue de la plupart des émissions de télévision et des films. Plus de la moitié des membres de la génération Z souhaitent voir davantage de contenus axés sur les amitiés et les relations platoniques, 39 % d’entre eux se déclarant particulièrement intéressés par les personnages aromantiques et/ou asexués représentés dans les films et à la télévision.

Sur la liste des stéréotypes qui irritent la génération Z, les poncifs romantiques arrivent en quatrième position. Ils n’aiment pas que les relations soient nécessaires au bonheur, que les protagonistes masculins et féminins finissent toujours ensemble et qu’il y ait des triangles amoureux.

« Nous savons que les jeunes souffrent d’une épidémie de solitude et qu’ils cherchent un modèle dans l’art qu’ils consomment. Alors que certains narrateurs utilisent le sexe et la relation amoureuse comme raccourci pour lier les personnages, il est important qu’Hollywood reconnaisse que les adolescents veulent des histoires qui reflètent toute la gamme des relations », a déclaré M. Uhls, ajoutant que des études récentes montrent que les jeunes ont moins de relations sexuelles que leurs parents au même âge et qu’ils sont plus nombreux à choisir le célibat. (En France, États-Unis)

Les résultats de l’enquête indiquent que les valeurs et les désirs de la génération Z « vont bien au-delà de ce que la société a généralement exploré ».

CE QU’ILS VEULENT REGARDER : SUJETS
Sur une liste de 21 choix de ce qu’ils préfèrent voir dans les émissions de télévision et les films, les adolescents préfèrent les contenus porteurs d’espoir et édifiants, avec des personnes qui surmontent les obstacles et des histoires sur des personnes qui ont une vie semblable à la leur.

Classement pour tous les adolescents (10-24), en ordre décroissant de préférence
1. Contenu porteur d’espoir, édifiant, avec des gens qui surmontent l’adversité.
2. Personnes ayant une vie semblable à la mienne
3. Scènes d’action et/ou de combat (pouvant inclure des armes à feu et de la violence)
4. Super-héros
5. Amitiés et groupes sociaux (populaires, impopulaires, etc.)
6. Vie familiale et relations avec les parents
7. Contenu n’incluant pas de sexe ou de relations amoureuses
8. Personnes ayant une vie différente de la mienne
9. Dystopie et/ou apocalypse
9. Santé mentale/maladie
11. Modes de vie de la classe ouvrière et/ou de la classe socio-économique défavorisée
12. Minorités raciales
13. Modes de vie des personnes très riches ou célèbres
14. Romance et/ou sexe
15. Injustice systémique
15. le sport
17. Actualité (par exemple, questions politiques et sociales, etc.)
18. Le changement climatique
19. Faire la fête et/ou consommer des drogues et de l’alcool
20. L’immigration
21. Identités non binaires et LGBTQIA

Les préférences des adolescents LGBTQIA+

1. Identités non binaires et LGBTQIA+
2. Santé mentale/maladie
3. Personnes ayant une vie semblable à la mienne
4. Dystopie et/ou apocalyptique
5. Scènes d’action et/ou de combat (peuvent inclure des armes à feu et de la violence)

Comme l’année dernière, les adolescents LGBTQIA+ ont classés les catégories suivantes

 Identités non binaires et LGBTQIA+
et
Santé mentale/maladie

comme leurs deux thèmes préférés.

Démographie : la natalité est au plus bas en France

Une baisse des naissances de 6,8 % a été enregistrée en France entre janvier et novembre 2023 par rapport à la même période en 2022.

En France, les nourrissons sont de moins en moins nombreux tous les ans, avec 45 000 naissances de moins entre janvier et novembre 2023, par rapport à la même période en 2022. Cela représente une baisse de 6,8 % du nombre de naissances en France durant cette période en 2023 par rapport à l'année précédente. Cette évolution pourrait être un simple effet de décalage des naissances dans le temps. 




Méta-analyse : le quotient intellectuel des étudiants de premier cycle est tombé à 102 en moyenne.

Une nouvelle méta-analyse révèle que le quotient intellectuel des étudiants de premier cycle est tombé à 102 en moyenne.

Selon une croyance largement répandue, le QI moyen des étudiants universitaires est de 115 à 130 points de QI, c’est-à-dire nettement plus élevé que le QI moyen de la population générale (moyenne = 100, écart-type = 15). Selon les auteurs de l’étude, cette croyance remonte à des données périmées sur l’intelligence recueillies dans les années 1940 et 1950, lorsque l’enseignement universitaire était le privilège d’un petit nombre. L’examen de données de QI plus récentes indique que le QI des étudiants et des diplômés universitaires a chuté pour atteindre la moyenne de la population générale.

Comme le notent les auteurs de l’étude, cette baisse importante est une conséquence nécessaire de l’augmentation du nombre d’étudiants qui s’inscrivent à l’université au cours des 80 dernières années. Aujourd’hui, il est plus courant d’obtenir un diplôme universitaire que de terminer ses études secondaires dans les années 1940.

Poussons l’analyse à l’extrême : si tout le monde va à l’université, le QI moyen des étudiants doit nécessairement se situer dans la moyenne de la population, soit 100 (par définition). Imaginons que 50 % de la population aille à l’université : le QI moyen peut au maximum être celui des 50 % supérieurs (112). Dans la pratique, le QI moyen sera nettement inférieur, car le tri à l’université n’est pas parfait (certains individus au QI élevé ne vont pas à l’université, et d’autres au QI plus faible y vont).

Ce résultat est cohérent avec une étude norvégienne récente qui a constaté une diminution de la corrélation entre les capacités cognitives et le niveau d’éducation au fil des cohortes. Pour les auteurs de l’étude norvégienne, « [c] es résultats remettent en question l’évolution supposée vers la méritocratie dans les systèmes éducatifs et mettent en évidence une relation plus complexe entre les capacités cognitives et le niveau d’éducation. »

Une autre étude utilisant des données danoises a montré que le QI moyen des titulaires d’un doctorat avait diminué avec l’augmentation du nombre de doctorants. Voir ci-dessous ce graphique (traduit) tiré de l’étude.

Le QI au 83e centile est d’environ 115, au 75e centile il est d’environ 110.

Selon les auteurs de la méta-analyse, il faut tirer un certain nombre de leçons de ces chiffres :

  • Les universités et les professeurs doivent se rendre compte que les étudiants ne sont plus extraordinaires, mais simplement moyens, et doivent adapter les programmes et les normes académiques. 
  • Les employeurs ne peuvent plus compter sur le fait que les candidats titulaires d’un diplôme universitaire sont plus compétents ou plus intelligents que ceux qui n’en ont pas. 
  • Les étudiants doivent comprendre que l’admission à l’université n’est plus une invitation à rejoindre un groupe d’élite.
  • Il faut dissiper le mythe des brillants étudiants de premier cycle dans la littérature scientifique et populaire. 
  • L’estimation du QI prémorbide (avant une maladie) sur la base du niveau d’études est largement inexacte, désuète, non fondée sur des preuves et n’est que pure spéculation. 
  • Les données ou les tests de QI obsolètes ne devraient pas être utilisés pour prendre des décisions importantes concernant les individus, par exemple par les psychologues cliniciens pour se prononcer sur l’intelligence et les capacités cognitives de leurs clients.

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