vendredi 13 mai 2022

Netflix prévient ses employés wokes : si vous n'aimez pas notre contenu vous pouvez partir

Le service de diffusion sur internet Netflix a fait circuler une nouvelle « note de service sur la culture » indiquant à ses employés qu’ils étaient libres de quitter l’entreprise s’ils se sentaient offensés par le contenu diffusé par l’entreprise.

Les patrons ont averti qu’ils ne « censureront pas d’artistes ou des voix particulières », même si des employés considèrent le contenu comme « nocif ».

Le document a également appelé les travailleurs à se serrer la ceinture et à maîtriser les dépenses de l’entreprise alors que les finances de l’entreprise faiblissent.

La plate-forme en difficulté a perdu des millions de téléspectateurs au cours de la dernière année alors que ses rivaux Amazon, Disney et Apple prennent de l’ampleur et que la guerre en Ukraine l’a privé de près d’un million d’abonnés.

Les actions de Netflix ont plongé au cours des six derniers mois, passant de près de 700 dollars à 166 dollars hier 12 mai 2020, malgré une légère remontée à la fin de la journée.

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Cégep francophone : certains étudiants écrivent leurs travaux en anglais, pour ensuite les traduire grâce à Google Traduction

Réaction de David Anctil, professeur de cégep, à un article de Frédéric Lacroix : le problème c’est le français.

Excellent texte de Frédéric Lacroix comme d’habitude. La pensée mythique et les discours idéologiques ne peuvent pas servir de fondement pour nos politiques linguistiques et éducationnelles ; il faut observer calmement les faits connus et les dynamiques que nous ne voulons pas mieux connaître pour des raisons… étranges. 

 


Moi aussi mes étudiants me posent des questions en classe en anglais parce que" c’est plus clair ». Ils me demandent s’ils peuvent utiliser des traductions en anglais des œuvres à l’étude, car ils n’ont plus le niveau de français adéquat, même en 4e session du collégial francophone. Anecdote supplémentaire : mes étudiants écrivent de plus en plus leurs travaux de session en anglais, pour ensuite utiliser Google Traduction pour traduire leur propre texte… Ils m’expliquent que c’est trop difficile de construire leur pensée en français, parce qu’ils « pensent en anglais ». En fait ils « pensent en anglais » parce qu’ils vivent, s’alimentent culturellement et communiquent essentiellement en anglais, à l’exception de ce qu’on leur « impose » en français à l’école. Ce n’est pas de leur faute ; c’est un cercle vicieux dont nous sommes collectivement responsables. On leur dit depuis le primaire que l’anglais est supérieur et que sa maîtrise est la voie du succès et de l’émancipation. Pour eux, être bilingue, c’est donc vivre en anglais ; les humanités et les sciences en français deviennent des archaïsmes de plus en plus intolérables. Et comme pédagogue, je constate que c’est devenu le principal obstacle à leur succès scolaire.

De deux choses l’une : on prend la question du français au sérieux ou bien on passe graduellement vers l’anglais pour l’enseignement supérieur dans la grande région de Montréal. La re-francisation ou l’anglicisation assumée : que les partis politiques affirment clairement leur position sur l’avenir linguistique de Montréal à la prochaine élection.


jeudi 12 mai 2022

Maths — « L’excellence pour tous proclamée, l’excellence pour personne dans les faits »

Une adolescente ukrainienne scolarisée en France s’est étonnée du faible niveau en mathématiques de sa nouvelle classe.

Le rapport remis à Jean-Michel Blanquer le 21 mars sur « la place des mathématiques dans la voie générale du lycée » le reconnaît sans ambages : « Le niveau moyen de compétences en mathématiques en France est en baisse depuis près de quarante ans », et ce « quel que soit l’outil d’évaluation mobilisé (Timss, Cedre, LEC ou Pisa) ».

Olivier Rey
Le Figaro. — Comment expliquez-vous cette baisse de niveau ?

Olivier Rey. — Dans son discours aux « acteurs du numérique », en septembre 2020, Emmanuel Macron s’enchantait : « L’éducation, on a un des meilleurs systèmes éducatifs au monde. (…) Quelle autre économie au monde permet à des talents de former leurs enfants à l’école publique avec une école de qualité exceptionnelle tout au long de leur vie ? La France. » Il y a soixante ans, pareilles affirmations auraient été fondées. Aujourd’hui, on se demande ce qui permet à la présidence de la République de tenir des propos que tout dément, de la simple observation à l’ensemble des enquêtes, nationales ou internationales. Peut-être un rapport Mckinsey serait-il nécessaire pour que l’information remonte jusqu’à l’Élysée ? Quelques décennies de réformes ininterrompues, plus désastreuses les unes que les autres, ont accompli cette performance de ravaler « un des meilleurs systèmes éducatifs au monde » au rang de système déglingué, que seul un certain nombre d’enseignants encore pénétrés de l’ancienne dignité de leur tâche empêchent de s’effondrer tout à fait.

Dans ce sombre tableau, les mathématiques occupent une place à part. Un moment, en tant que seule discipline sélective qui demeurât, les mathématiques ont résisté au naufrage. Mais bientôt, cette résistance elle-même a paru insupportable : les horaires ont été rabotés, les filières ont perdu de leur substance, les exigences ont baissé dramatiquement. Comme le relevaient d’éminents scientifiques : « Que dans l’état actuel des programmes, des professeurs parviennent néanmoins à initier leurs élèves aux mathématiques et que certains élèves continuent à travailler et à s’intéresser aux mathématiques et aux sciences est un miracle qui tient à l’existence d’esprits particulièrement robustes et pugnaces, et aussi à l’aide des familles ou de remédiations extérieures, mais un “miracle” qui s’accompagne d’une chute très importante du nombre des vocations, et dont nous ne savons pas combien de temps encore il perdurera si les conditions actuelles ne s’améliorent pas. » Selon les dernières enquêtes, la France, naguère bastion de l’enseignement mathématique, occupe une place désastreuse, très inférieure à la moyenne de l’Union européenne ou de L’OCDE. Au collège, par exemple, 2 % des élèves sont crédités du niveau « avancé » en mathématiques, contre 11 % dans l’Union européenne et 50 % à Singapour. Le Vietnam, dont le système scolaire est demeuré profondément marqué par ce que la France avait mis en place du temps de la colonisation, obtient aujourd’hui, précisément parce qu’il est demeuré fidèle à cette empreinte, de bien meilleurs scores que notre pays qui, par ses mirobolantes réformes prétendant assurer l’excellence pour tous, ne cesse d’étendre le domaine de la médiocrité.

— Des initiatives n’ont-elles pas été prises pour remédier à cet état de fait ?

— En 2005, le président de la République Jacques Chirac a créé un Haut Conseil de l’éducation, dont les préconisations devaient aider à redresser une situation déjà jugée alarmante. Parmi les membres de ce conseil, le mathématicien Laurent Lafforgue, qui s’était vu décerner quelques années auparavant la médaille Fields. Le conseil ayant décidé, pour mener ses travaux, de faire appel aux experts du ministère de l’Éducation nationale, Lafforgue a fait part, dans un courrier privé adressé au président du conseil, Bruno Racine, de son désespoir : comment attendre le salut de ceux-là mêmes qui avaient conduit à une situation si dégradée ? Racine diffusa ce courrier et demanda à Lafforgue de démissionner. Moyennant quoi les experts en pédagogie ont continué leur œuvre : pour eux, la réponse aux échecs patents de leurs réformes consiste à poursuivre et radicaliser celles-ci. Les forces à l’œuvre avaient été parfaitement identifiées et décrites dès les années 1980 par le philosophe Jean-Cclaude Milner, dans son livre De l’école. Depuis, le mouvement n’a fait que se prolonger et s’intensifier. Fiant paedagogiae progressistae principia et pereat Gallica schola [1].

— Avec la réforme du baccalauréat en 2019, les mathématiques ont été purement et simplement supprimées des enseignements dits communs, rendant caduc leur apprentissage obligatoire en première (hors spécialité mathématique). Jean-Michel Blanquer a annoncé un retour aux modalités antérieures. Était-ce une erreur stratégique de supprimer cet enseignement ?

— Simone Weil remarquait que, « bien qu’aujourd’hui on semble l’ignorer, la formation de la vertu d’attention est le but véritable et presque l’unique intérêt des études. La plupart des exercices scolaires ont aussi un intérêt intrinsèque ; mais cet intérêt est secondaire. Tous les exercices qui font vraiment appel au pouvoir d’attention sont intéressants au même titre et presque également ». Le premier objet d’attention à proposer aux enfants à l’école est la langue avec laquelle nous nous exprimons. Être attentif aux mots que l’on emploie et à la syntaxe est au fondement de tout — y compris en mathématiques, où nombre de difficultés rencontrées par les élèves, à l’heure actuelle, tiennent tout simplement à une maîtrise insuffisante de la langue. Au début du XIXe siècle, le père du jeune Augustin Louis Cauchy, constatant les dispositions de son fils pour les mathématiques, alla demander conseil au grand géomètre Lagrange sur l’éducation qu’il convenait de donner à l’enfant. Lagrange répondit : « Ne lui laissez pas ouvrir un livre de mathématiques ni écrire un chiffre, avant qu’il ait achevé ses études littéraires. » Le jeune Cauchy collectionna les prix en latin et en grec, avant de devenir un des plus brillants mathématiciens de son temps. Aujourd’hui que l’enseignement des langues anciennes a presque disparu, et n’a plus rien du niveau d’antan, le conseil de Lagrange est « obsolète ». Au sein du marasme général, seules les mathématiques avaient réussi à conserver un minimum de prestige et d’exigence. De ce fait, leur éviction des enseignements communs au lycée est un renoncement supplémentaire.

— Vous avez vous-même fait Polytechnique, puis êtes devenu chercheur en mathématiques au CNRS avant de vous tourner vers la philosophie. En quoi l’enseignement des mathématiques est-il fondamental ?

— Comme je l’ai dit, je ne tiens pas l’enseignement des mathématiques comme le plus fondamental — la langue et la littérature viennent avant. Il y a des esprits bien formés et d’une intelligence supérieure tout à fait fermés aux mathématiques. Encore faut-il que l’enseignement des humanités ressemble à quelque chose. Par ailleurs, nous vivons dans un monde technologique. Je distingue les techniques, fruits directs de l’ingéniosité humaine, des technologies, inimaginables sans les sciences mathématiques de la nature qui ont pris leur essor au XVIIe siècle, et ont changé la face du monde à partir du XIXe. Lors des journées portes ouvertes à l’école polytechnique, des visiteurs du Centre de mathématiques posaient régulièrement la question : à quoi peuvent bien servir aujourd’hui les mathématiques ? La vérité, c’est qu’elles servent à peu près à tout, impliquées qu’elles sont dans les théories physiques, la modélisation, et « encapsulées » qu’elles se trouvent dans l’immense majorité des dispositifs et appareils que nous utilisons. Dans la mesure où les mathématiques sont au fondement du monde dans lequel nous évoluons, elles sont bel et bien devenues un savoir fondamental.

— Selon l’organisation professionnelle de l’ingénierie, il manquerait près de 20 000 ingénieurs diplômés en France par an. Peut-on faire un lien avec la baisse de niveau en mathématiques ? Que cela vous inspire-t-il ?

L’ingénierie a à faire avec la technologie, liée aux sciences mathématiques de la nature, et donc aux mathématiques. De ce fait, une baisse générale de niveau en mathématiques ne peut qu’avoir des effets négatifs dans le domaine de l’ingénierie. Depuis des décennies, le souci unique des réformes de l’enseignement est d’inclure tout le monde, hier jusqu’au lycée, aujourd’hui jusqu’au bac, demain peut-être jusqu’au doctorat. L’alignement sur les élèves en difficulté se justifie par le fait que les autres, « ils s’en sortiront toujours ». Ils s’en sortent sans doute, mais à un niveau inférieur à celui qui aurait été le leur si leurs capacités avaient été correctement cultivées. L’excellence pour tous proclamée, cela ne donne dans les faits l’excellence pour personne.

Le manque en ingénieurs de bon niveau a une autre cause, qui tient au virage massif et revendiqué de l’économie française vers les services, au détriment de la production. Les écoles d’ingénieurs en tirent les conséquences : de moins en moins écoles d’ingénieurs, de plus en plus d’écoles de commerce, dont beaucoup des meilleurs élèves s’orientent vers la finance et le « conseil ».

— In fine, cela se traduit-il par une perte de savoir-faire et de souveraineté ? 

— Oui. Lorsque la situation générale se tend, la dialectique du maître et de l’esclave de Hegel revient sur le devant de la scène : que les « chaînes de valeur » se grippent, que la logistique s’enraye, et ceux qui savent faire se retrouvent en bien meilleure position que ceux qui ne savent plus que faire faire.

— Vous avez séjourné dans des universités chinoises. Avez-vous pu observer l’investissement de la Chine dans l’enseignement des mathématiques ?

— À la fin du XIXe siècle, un lettré chinois écrivait ceci : « Les superbes inventions des pays occidentaux nous sont, pour la plupart, inconnues et nous semblent incroyables… Mais, mon grand frère, peut-être allez-vous demander si toutes ces choses presque miraculeuses rendent les hommes plus heureux ? C’est une question très difficile à résoudre. Je ne sais pas ! Tout ce que je sais, c’est que ces machines travaillent cent fois plus vite que le manœuvre. Vous allez me demander si la vitesse est un bonheur… Je ne sais pas. Je suis seulement persuadé que sans ces inventions techniques et cette vitesse, on ne peut acquérir aucune puissance. Si on ne l’atteint pas, on reste plongé dans l’humiliation. Si l’on veut pouvoir se défendre, il faut absolument être en possession de cette science matérielle. » En Chine, la période qui s’étend de la première guerre de l’opium, en 1839, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale est nommée « siècle de l’humiliation ». Et c’est cette expérience qui nourrit la frénésie avec laquelle la Chine s’est lancée depuis lors dans la course technologique.

Les Chinois procèdent avec méthode, et ont parfaitement compris qu’un développement technologique pérenne suppose une base mathématique de premier ordre. Pendant un temps, ils ont encouragé l’expatriation de nombreux étudiants dans les meilleures universités américaines. Certains de ces étudiants ont préféré rester en Amérique, beaucoup sont revenus au pays, et aujourd’hui, l’université chinoise tourne à plein régime. La politique menée a répondu à des motifs « intéressés » : il s’agissait d’acquérir les moyens de la puissance. Mais si cette politique a réussi, c’est qu’elle a pu faire fond sur des dispositions qui se sont prodigieusement amenuisées en Occident, alors qu’elles sont demeurées très vivaces en Extrême-Orient : à savoir le respect des choses de l’esprit, l’exigence intellectuelle, l’ardeur à l’étude. Il est très stimulant de travailler dans un tel contexte. La question à laquelle je n’ai pas de réponse est la suivante : est-ce que la Chine est prémunie contre l’évolution que nous connaissons, ou bien ne fait-elle que bénéficier d’un retard de quelques décennies dans cette même évolution ? Quoi qu’il en soit, son avantage présent est considérable.

— Peut-on être une puissance dans notre monde globalisé sans une grande maîtrise des mathématiques ?

— Non. Les sciences mathématiques de la nature ne sont pas des sciences de la nature, mais des sciences de nos rapports opératoires avec la nature — de là, à la fois, leurs courtes limites philosophiques et leur prodigieuse puissance pratique. Et, comme le disait le lettré chinois, à partir du moment où certains disposent de cette puissance, il faut en disposer également, sans quoi « on reste plongé dans l’humiliation ».

Pour les pythagoriciens et les platoniciens, la réflexion géométrique était un exercice spirituel, par lequel l’âme apprenait à se détacher des réalités sensibles pour se tourner vers l’intelligible. Il est toujours possible de pratiquer les mathématiques dans cet esprit aujourd’hui. Mais depuis Platon, on a aussi découvert la puissance extraordinaire qu’elles confèrent sur le monde sensible.

[1] « Que s’accomplissent les principes de la pédagogie avancée et que périsse l’école française. »

*Olivier Rey est l’auteur de nombreux essais salués par la critique, comme « Quand le monde s’est fait nombre » (Stock, « Les Essais », 2016), « Leurre et malheur du transhumanisme » (Desclée de Brouwer, 2018) et « Réparer l’eau » (Stock, 2021). Il a également publié, sur le Covid, « L’idolâtrie de la vie » (Gallimard, « Tracts », 2020).

Le cas du Vietnam, conservateur de l’ancien système français

Le Vietnam, dont le système scolaire « est profondément marqué par ce que la France avait mis en place du temps de la colonisation, obtient aujourd’hui, précisément parce qu’il est demeuré fidèle à cette empreinte, de bien meilleurs scores que notre pays dans les classements internationaux »

Le souci unique des réformes « de l’enseignement est d’inclure tout le monde, aujourd’hui jusqu’au bac, demain peut-être jusqu’au doctorat. l’alignement sur les élèves en difficulté se justifie par le fait que les autres, “ils s’en sortiront toujours”. Sans doute, mais à un niveau inférieur à celui qui aurait été le leur si leurs capacités avaient été correctement cultivées »

« Wokisme », « covidé », « genre fluide »... Quels sont les nouveaux mots du dictionnaire Petit Robert ?

L’édition 2023 du Petit Robert contient de nouvelles définitions, dont les termes ont été largement employés dans l’actualité récente, notamment sanitaire.

Les questions sanitaires, sociétales et environnementales font partie intégrante du choix des nouveaux mots qui font leur entrée dans le dictionnaire du Petit Robert 2023.

Les mots du/de la Covid-19

Parmi les nouvelles définitions établies, les termes employés lors de la pandémie de Covid-19 ne manquent pas à l’appel. Ainsi, figurent, par exemple :

  • Covid long : Dont les symptômes persistent.
  • Covidé : Qui est atteint du Covid.
  • Écouvillonner : Prélever un échantillon (dans une cavité naturelle) à l’aide d’un écouvillon.
  • Portage : Capacité que possède une personne, un animal de transmettre un germe (➙ porteur). Vaccin qui empêche le portage et la circulation d’un virus. Le vocabulaire des nouvelles technologies et du cyber

Outre le domaine médical, le vocabulaire de l’informatique, régulièrement employé ces dernières années, fait aussi son apparition.

  • Brouteur : Escroc qui piège ses victimes sur Internet.
  • Cyberespionnage : Espionnage pratiqué en infiltrant les systèmes informatiques pour s’emparer de données stratégiques.
  • Harponnage : Hameçonnage ciblé
  • NFT : ANGLICISME. Certificat cryptographique associé à un objet numérique (image, vidéo, musique…) dont l’authenticité et la traçabilité sont garanties par la blockchain. Les œuvres d’art numériques s’échangent sous forme de NFT. Le NFT est un titre de propriété, dont la valeur dépend du cours des cryptomonnaies. — Cet actif numérique. Le marché des NFT.

Sexualité, genre, et discriminations

Parmi les questions sociétales, les mots employés dans les thématiques qui concernent le genre, la sexualité ou encore les discriminations sont aussi définis. On y retrouve notamment :

  • Culture de l’annulation : DIDACTIQUE (anglais cancel culture). Culture de l’annulation, visant à ostraciser quiconque serait considéré comme offensant par ses propos ou ses actes.
  • Culture de l’effacement : Culture de l’effacement, visant à bannir de l’espace public ou de la mémoire collective des personnalités, des œuvres, au nom de certaines valeurs (recomm. offic. pour remplacer l’anglicisme cancel culture).
  • Thérapie de conversion : Thérapie de conversion, prétendant modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne (pratique interdite dans plusieurs pays).
  • Dégenrer : Supprimer toute distinction en fonction du genre pour favoriser la mixité et l’égalité.
  • Genre fluide : (anglais gender fluid) Genre fluide, caractérisé par des fluctuations de l’identité de genre.
  • Identité de genre : Le genre auquel la personne s’identifie. « L’identité de genre est le sexe dans lequel se reconnaît le sujet » (J.-D. Vincent). Iel : Pronom personnel sujet de la troisième personne du singulier (iel) et du pluriel (iels), employé pour évoquer une personne quel que soit son genre. Iel se définit comme non binaire. Les stagiaires ont reçu les documents qu’iels doivent signer. « Au pluriel iels peut être pratique, iels plutôt que ils pour dire : les gens, désigner une foule, un groupe mixte. » (C. Delaume).
  • Woke: 2017 ◊ argot afro-américain « éveillé », de to wake « se réveiller ». ANGLICISME. Qui est conscient et offensé des injustices et des discriminations subies par les minorités et se mobilise pour les combattre, parfois de manière intransigeante (surtout péjoratif, par dénigrement) ➙ conscientisé, engagé, vigilant. — N. Les wokes. ♦ N. m Ce mouvement, cette pensée. ➙ wokisme. « Les dérives du woke, bien réelles et navrantes » (P. Ndiaye) (cf. Culture de l’effacement).
  • Wokisme : 2020 ◊ de woke ANGLICISME (souvent péjoratif). Courant de pensée d’origine américaine qui dénonce les injustices et discriminations ; mouvement, pensée woke.

Les mots de l’environnement

  • L’écologie et les thématiques de l’environnement sont bien sûr aussi présentes.
  • Dôme de chaleur : MÉTÉOROLOGIE. Système fermé de haute pression (anticyclone) sous lequel se crée une zone stationnaire de forte chaleur.
  • Écoanxiété : Anxiété provoquée par les menaces environnementales qui pèsent sur notre planète.
  • Écogarde : Garde chargé(e) de la gestion et de la surveillance des espaces naturels, de la protection du patrimoine naturel et de la préservation de la biodiversité.
  • Îlot de chaleur urbain : MÉTÉOROLOGIE. Zone localisée caractérisée par des températures très élevées.
  • Verdissement d’image : attribution abusive de qualités écologiques à un produit, une marque. ➙ blanchiment (écologique), écoblanchiment. Recomm. offic. pour greenwashing.

Gastronomie, culture et mots « familiers » (souvent issus de l’immigration)

Pour cette édition 2023, le dictionnaire Petit Robert a également intégré des définitions de plats gastronomiques, tels que le 

  • « café blanc » (boisson chaude, eau aromatisée à l’eau de fleur d’oranger), ou encore 
  • « le labné/labneh » (Fromage frais égoutté préparé traditionnellement avec du lait de chèvre ou de brebis — spécialité moyen-orientale).

Concernant les mots employés dans le domaine culturel, on retrouve la définition du nom

  • « instagrammeur, euse : Personne (influenceur, créateur de contenu) qui exerce son activité en publiant des photos et des vidéos sur son compte Instagram », ou encore du 
  • « visionnage : Visionnage boulimique : fait de regarder à la suite de nombreux épisodes d’une série. Recomm. offic. pour binge watching ».

Enfin, quelques mots employés dans le langage familier (en France) sont aussi présentés :

  • Bail : Chose que l’on ne peut nommer. ➙ machin, truc. J’ai un bail à te raconter. — Affaire, projet mal défini. « Et c’est quoi les bails maintenant ? » (E. Bayamack-Tam). T’as un bail pour ce soir ?
  • Chiller: Prendre du bon temps à ne rien faire.
  • Gênance : Sentiment de gêne, de malaise éprouvé dans une situation embarrassante. Quel moment de gênance !
  • Go : 1997 ◊ d’une langue d’Afrique de l’Ouest (bambara) FAMILIER. Jeune fille, jeune femme, petite amie.
  • Toubab : On rencontre la forme babtou (verlan). PÉJORATIF Babtou fragile : personne faible, qui se pose en victime. [Ajoutons qu'en Afrique, et probablement dans certaines banlieues françaises, ce terme désigne les Européens, les blancs voir Wikipédia...]

Source


mercredi 11 mai 2022

Covid-19 — Indicateurs ne confirment pas l'épidémie catastrophique annoncée, mais la gestion le fut

Laurent Toubiana : « Tous les indicateurs ne démontrent pas une épidémie catastrophique comme elle l’avait été annoncée. En revanche, les mesures qui ont été mises en place ont généré une crise catastrophique. »

Extrait :



Segment au complet :


Laurent Toubiana rappelle aussi que la crise en Ukraine a occulté totalement une vague de Covid-19 plus récente, vague qui adopta le même comportement que les précédentes alors que toutes les mesures étaient levées. Cela indiquerait pour le chercheur à l’INSERM que les mesures antérieures étaient virtuellement sans effet sur la pandémie et que celle-ci a évolué de manière habituelle.

Toubiana signale la faible surmortalité en France (nulle pour les moins de 65 ans, elle ne touche que légèrement les plus de 65 ans) et que la Suède qui a été nettement moins stricte, moins draconienne que la plupart des pays s’en sort mieux sorti que beaucoup de pays nettement plus stricts dans leurs mesures anti-Covid-19.

(On remarque que la chute de l’espérance de vie est plus grande chez les non-blancs aux États-Unis.  Noter que l’espérance de vie a augmenté en Suède pendant la pandémie. Cliquer pour agrandir.)



Un rapport soutenu par l’OMS conclut que 9 décès sur 10 sont survenus dans des pays où les niveaux d’obésité sont élevés

(Source : John Hopkins, via FT)

Taux d’obésité au Canada et au Québec

Les provinces avec le moins d’adultes obèses au Canada en 2018 étaient le Québec et la Colombie-Britannique. En effet, la moyenne du taux d’obésité au Canada était de 26,8 % alors qu’il n’était que de 25 % au Québec (25,0 %) et 23,1 % en Colombie-Britannique.


Taux de surpoids dans le monde

Source

 

 

Obésité, genre et infection à la covid (en français, même si toutes les diapos sont en anglais, c'est la Frônce de Macron)


Voir aussi

Québec — Augmentation de la consommation de drogues, des dépressions et de l’obésité  

Covid-19 — A-t-on donné le mauvais type de vaccins ? (étude danoise vaccins ARNm par rapport à vaccins à vecteur adénovirus)


 

mardi 10 mai 2022

« J’ai vu des crimes abominables » commis par les soldats ukrainiens

Un témoignage d’Adrien Bocquet, ancien militaire, de retour de trois semaines de mission humanitaire en Ukraine à Boucha et Lviv/Lvov/Lemberg/Léopol. Il a été témoin d'exactions contre des soldats russes : il dit avoir des vidéos de soldats ukrainiens qui tirent dans les genoux de soldats russes qui s'étaient rendus et de balles tirées dans la tête d'officiers russes qui s'étaient eux aussi rendus. Il parle également de l'attribution de dégâts causés par des mortiers ukrainiens aux Russes et d'une certaine mise en scène à Boucha.


dimanche 8 mai 2022

Adaptation fulgurante des élèves russophones en France, ils y apprennent vite le français

Le Nègre du Narcisse de Joseph Conrad change de nom...

Les éditions Autrement — qui ont par ailleurs fait un remarquable travail de réédition de l’œuvre immense du polonais anglophone Joseph Conrad — ont décidé de transformer le titre du célèbre Nègre du narcisse en un insipide Les enfants de la mer. C’est certes le titre de la version américaine du livre, mais qui pourrait aussi être celui de 98 % des romans se passant sur un bateau, de Hornblower à O’Brian.

Dans le texte aussi, la main du correcteur a frappé : quand il n’est pas dans les dialogues, le mot « nigger » a été remplacé dans la traduction française par « noir ». À l’heure où le discours dominant sur l’art de la traduction met en avant la nécessité de coller au plus près au texte original, on a dans ce cas choisi l’inverse. À moins de supposer que Conrad — dont le roman, faut-il le préciser, n’a absolument rien de raciste — choisissait ses mots au petit bonheur la chance ?

Alexandre Civico, éditeur chez Autrement et lui-même écrivain, défend son choix. « En relisant le livre, j’ai pensé que le mot “nègre” pouvait être offensant. Je l’ai remplacé par le mot “noir” partout où il était présent dans le texte narratif, et ne l’ai laissé que quand il était prononcé par un personnage, et aidait alors à caractériser ce personnage. Considérer uniquement le respect du patrimoine me semblait contre-productif pour ce texte, que je voulais faire partager au plus grand nombre. Ce remplacement ne fait rien perdre au livre d’un point de vue politique ou littéraire. C’est une décision que nous avons beaucoup discutée, et dont je ne suis pas certain qu’elle était forcément la meilleure. Disons que j’ai essayé d’avoir une position au milieu du gué. »

On peut entendre ces arguments (même si cette peur permanente d’offenser devient consternante…), mais pourquoi miser sur la bêtise du lecteur plutôt que sur son intelligence ? Quelques mots de contextualisation, expliquant l’évolution du mot « nègre » de 1897, date de la première édition du livre, à notre époque, ne pouvaient-ils suffire ? Ne pouvait-on faire jouer la pédagogie plutôt que la censure ? Jusqu’où faudra-t-il réécrire le passé pour en expurger tout ce qui pourrait choquer en 2022 ?

Et faudra-t-il demain corriger les corrections quand elles seront passées de mode, ou à l’inverse jugées trop timides ? Va-t-il falloir faire passer sous le couperet des censeurs les Contes nègres pour les enfants des blancs de Blaise Cendrars, Faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer de Dany Laferrière, Le Nègre du Surinam de Voltaire, Rue cases-nègres, le film d’Euzhan Palcy, les écrits d’Aimé Césaire… ? Si vous voulez lire Conrad comme il a été écrit, n’achetez pas cette édition. Ça ne vous empêchera pas de réfléchir à l’usage des mots à travers les âges. Mais vous le ferez par vous-mêmes ; comme des adultes.

Les éditions Autrement ne font qu’imiter les susceptibilités des éditeurs politiquement corrects américains, avec un certain retard. Elles ont peut-être une guerre de retard quand on considère qu’en 2009, les éditions WordBridge ont publié une nouvelle édition du Nègre du Narcisse avec le titre censuré The N-Word of the Narcissus (Le Mot-en-N du Narcisse) et qui a totalement expurgé le mot « nègre » du texte. Selon l’éditeur, le mot « nègre » aurait conduit les lecteurs à éviter le livre. Les mêmes arguments que les éditions Autrement. Combien de temps avant qu’un éditeur français ne suive la grande avancée des éditions WordBridge ?

Le texte non modifié se trouve encore dans les collections « L’imaginaire » et « Bibliothèque de la Pléiade » chez Gallimard. 
 
 

Voir aussi

Fin des Dix Petits Nègres

 
 
 
 

Cégep anglophone : hostilité peu subtile au français

« La loi 96, c’est la fin d’un Québec bilingue » brandit un opposant à la loi 96. Si seulement cela pouvait être le cas…

Article intéressant de Radio-Canada (une fois n’est pas coutume) sur le rejet des cours de français dans les cégeps (fin du lycée pour les Français) anglophones désormais majoritairement fréquentés par des allophones et des francophones.

Après des tergiversations, le ministre Simon Jolin-Barrette a finalement convenu que les « ayants droit », c’est-à-dire les élèves issus des réseaux primaires et secondaires anglophones, devront suivre trois cours de français durant leurs études collégiales. Mais les autres jeunes des cégeps anglophones, c’est-à-dire les francophones et les allophones, devront, eux, suivre trois cours de leurs matières dans la langue officielle du Québec.

Si l’ajout de trois cours de français dans un cégep anglophone comme John Abbott pose tant problème, c’est que :

  • ces élèves ont été mal formés au secondaire, 
  • ne sont pas ces bilingues dont on nous rabat les oreilles depuis des années,
  • considèrent le français comme inutile,
  • qu’ils n’ont nulle intention de travailler en français et
  • pour eux, imposer l’anglais au Québec est quelque chose de naturel, un droit.

Où est le problème ? Simple : le bilinguisme c'est bon pour les petits, les sans-dents, les francophones, pas pour le peuple oint, l'élite anglo-saxonne, les gens assimilés à l'anglais.


 

 Les arguments présentés par les anglo-allophones sont peu convaincants :

Je ne connais pas le français bien que né au Québec, mais tout le monde ne peut être un champion de hockey (le prof d’anglais)
Mais dans une société normale, tout le monde parle la langue locale, pas uniquement les champions. Toute personne née au parle l’anglais, nul besoin d’être doué ou un linguiste hors pair.

Loi raciste (le prof d’anglais et affichette)
Ridicule, les anglophones de souche sont de la même race caucasienne que les francophones de souche…

Défendre les droits des anglophones du Québec (Noah Kaufman)
Ignorer le français serait un droit ?

Avec cette nouvelle loi, ça va faire beaucoup plus difficile pour passer le cégep (Noah Kaufman, direction)
Tout va dépendre du niveau des cours de français qui seront imposés. Seront-ils plus difficiles que les cours de français de l’école secondaire anglophone au Québec qui ne permettent pas aux anglophones de parler couramment le français ?

Ça va faire baisser notre cote R (Ivana Riveros-Arteaga)
Ce n’est en rien garanti et puis pourquoi favoriser, comme aujourd’hui, ceux qui ne connaissent pas le français et leur faire croire qu’ils sont bons avec une forte cote R ?

Autochtone du Québec ne connaît pas le français
Il faut qu’ils l’apprennent pour leur intégration dans la société du Québec. Notons que les Amérindiens anglophones menacent le gouvernement du Québec s’il mettait en œuvre sa loi 96.

Le niveau en français des diplômés du secondaire même francophones est lamentable
Raison de plus pour imposer davantage de français, il faut également améliorer le niveau en français au primaire et au secondaire et cesser de ne penser qu’à ajouter de l’anglais intensif.

Le français est inutile, je vais déménager en Ontario pour ne pas parler français
Pourquoi subventionner des études en anglais dans des cégeps publics québécois à ces gens qui ne contribueront en rien à l’économie du Québec ?

On entend aussi parfois que la loi 96 est discriminatoire, car elle distingue les ayants droit (les privilégiés anglophones) et les autres (assujettis à la loi 101). 
 
Nous sommes d’accord, il faudrait éliminer les privilèges accordés aux anglophones et allophones assimilés à l’anglais. Il faut mettre un terme à ce privilège qui rehausse le prestige associé à l’appartenance à ce groupe d’ayants droit. Il faut que tous connaissent nettement mieux le français. Pour le reste nous sommes pour une liberté quant à la pédagogie et au contenu des formations. Rappelons qu’en Flandre belge, les écoles, lycées, athénées et universités francophones, relativement nombreuses à une époque, ont tout simplement été fermées et néerlandisées. Mais voilà la démographie en Flandre et en Belgique favorisait les Flamands. L'immigration, quand cette néerlandisation a été effectuée, était bien inférieure à celle que connaît le Québec depuis des décennies.

 
Un des profs fataliste conclut : « ça fait 400 ans qu’ils veulent qu’on disparaisse, alors on est habitués, que voulez-vous… » L’ennui c’est que les Québécois ne font désormais plus d’enfant (environ 1,5 par femme ce qui amène à une contraction rapide à terme du bassin de Québécois de souche) et que l’immigration est très importante et très attirée par l’anglais. Jamais ces deux forces n'ont joué ensemble aussi fortement.


Une centaine d’étudiants et de professeurs ont manifesté contre le projet de loi 96 sur le campus du Cégep John Abbott dans l’ouest de l’île de Montréal.

Will McClelland, 43 ans, est professeur d’anglais au Cégep John Abbott. Il est fier de dire que sa famille est établie au Québec depuis 1834. Il regrette, par ailleurs, que son français ne soit pas assez bon pour répondre à nos questions dans cette langue qu’il trouve trop difficile à maîtriser.

Je n’ai pas très très bilin [gue], dit-il. Pourquoi ? je demande. You could also ask: why don’t I play hockey better? Well, not everyone can be Guy Lafleur! (Vous pourriez aussi me demander pourquoi je ne suis pas meilleur au hockey, mais tout le monde ne peut pas être Guy Lafleur), ironise-t-il, derrière ses lunettes fumées.

Monsieur McClelland, comme beaucoup de professeurs du cégep, est venu manifester contre le projet de loi 96 en compagnie d’une centaine d’étudiants qui scandent des slogans sur le campus avec beaucoup de conviction. NO 96! Fuck that shit! (Non à 96 ! À bas cette merde !)

Mis à part cet événement lié à l’actualité, l’endroit semble figé dans le temps. Un magnifique campus à l’allure britannique, des pelouses déjà vertes devant un lac Saint-Louis scintillant.

Le Cégep John Abbott, dans le West Island, est entouré de vieilles demeures élégantes rappelant que ce coin de l’île de Montréal constituait, au début du 20e siècle, un refuge champêtre pour les familles les plus riches du Québec. Les Angus, les Morgan, les Abbott, etc.

Le professeur d’anglais tient fièrement une pancarte sur laquelle on peut lire : Bill 96, une autre loi raciste. Pourquoi raciste ? La réponse du professeur évite la question. En fait, dit-il, il en a contre l’ampleur de la loi : Ce n’est pas une loi, c’est une loi omnibus de 290 pages. C’est beaucoup trop gros.

Il pose avec sa pancarte contre le projet de loi 96.

Will McClelland, 43 ans, est professeur d’anglais au Cégep John Abbott.

Malgré le fait qu’il ne parle pas vraiment la langue, le professeur McClelland célèbre le fait français au Québec. Il évoque de jolies filles québécoises qui l’ont gentiment aidé à pratiquer un peu. Will McClelland affirme que le Canada tire sa richesse de sa dualité linguistique. Nous ne voulons pas que le Québec devienne La Nouvelle-Orléans, assure-t-il. Mais la loi 96 ? Ça, c’est non. Il y a des moyens plus amusants et plus sexy que cette loi pour protéger le français, pense-t-il.

Depuis 2001, les anglophones sont minoritaires dans les cégeps de langue anglaise comme John Abbott. En 2018, selon le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, près de 40 % de leurs étudiants étaient allophones, 21 % étaient francophones. Pour freiner la tendance qui voit de plus en plus d’étudiants francophones et allophones se diriger vers les cégeps anglophones, le projet de loi 96 propose un gel des places dans le réseau anglophone.

En outre, à la suggestion du Parti libéral du Québec, la loi prévoit l’ajout de trois cours additionnels de français dans le réseau collégial anglophone pour les ayants droit, c’est-à-dire les anglophones [le plus souvent des immigrés de longue date assimilés à l’anglais, comme les juifs achkénazes de Montréal, comme probablement Noah Kaufman ci-dessous] du Québec. Pour les étudiants allophones et francophones dans le réseau anglophone, le ministère prévoit plutôt que des cours y soient donnés en français. Le projet de loi prévoit aussi que les étudiants francophones et allophones passent dorénavant l’épreuve uniforme de français pour obtenir leurs diplômes. Les ayants droit en seront dispensés.

Pourtant, Noah Kaufman, 19 ans, est complètement paniqué. Noah fait partie des ayants droit. Issu de la communauté anglophone du Québec, il a fait ses études secondaires en anglais à Pointe-Claire. Le jeune homme scande sa colère contre la loi 96 bien en avant dans le cortège d’étudiants. La manifestation est filmée par les réseaux de télévision anglophones CBC et CTV.

Avec cette nouveau loi, ça va faire beaucoup plus difficile pour passer le cégep. On doit opposer cette loi beaucoup, dit-il dans un français laborieux, mais compréhensible. Noah insiste : il aime et respecte les francophones, mais il veut défendre les droits des anglophones du Québec.