mardi 15 octobre 2019

« PMA pour toutes » (bébé éprouvette pour lesbiennes), « fausses familles », la lutte contre la nature et l'argent



Pour Éric Zemmour, les opposants à la légalisation des bébés-éprouvettes pour couples de lesbiennes (appelé PMA pour toutes par le gouvernement Macron) qui ont manifesté en masse il y a deux semaines en France sont bien trop élevés pour faire reculer (seuls) le gouvernement Macron.


Ils étaient nombreux. Plus nombreux que ne le disent les chiffres minorés de la Préfecture. Plus nombreux qu’on s’y attendait. Plus nombreux qu’ils s’y attendaient. La manifestation de dimanche dernier contre la PMA pour toutes est un succès par cela même que tout le monde attendait un échec, y compris certains de ses soutiens eux-mêmes.

Des manifestants dont la sociologie n’avait pas changé depuis les Manifs pour tous depuis 2013. Toujours ces familles catholiques, plutôt bourgeoises, avec leurs nombreux enfants, justement. Bienveillantes, réfléchies, légitimement inquiètes. La manif de 2019 est la fille de celle de 2013, comme la PMA pour toutes est la fille du Mariage pour tous. Qui sera la grand-mère de la GPA pour tous, quoi qu’en disent les menteurs professionnels.

Des manifestants qui ne vont pas brûler le Fouquet’s ou piller l’Arc de Triomphe. Des manifestants qui laissent plus propres après leur passage les rues qu’ils traversent. Des manifestants modèles qui rendent les CRS inutiles. Des représentants d’une France bien élevée et courtoise, qui met le débat démocratique avant la violence. Des manifestants qui n’ont pas « la haine ». C’est leur force. Et leur faiblesse.


Leur force, car leurs arguments sont intelligents, fondés : les drames des enfants sans père sont devant nous ; la phrase terrible d’Agnès Buzyn, « Une femme peut être un père », dit tout de la confusion des esprits ; celle de la députée Aurore Bergé « nous n’interdirons pas par la loi la reproduction charnelle des couples hétérosexuels » montre par sa bêtise même, les fantasmes eugénistes des partisans de la PMA.

Mais leur faiblesse aussi, car nos institutions sont si solides que le pouvoir n’a peur que de la violence, et ne cède que devant la violence. C’est le paradoxe de la Ve que de Gaulle n’avait pas prévu, lui qui faisait parler le peuple par des référendums où il mettait son destin en jeu. Quand il n’y a plus cette soupape, ne reste que la violence. Mais elle n’est pas dans les gènes de ces manifestants-là. L’éducation l’explique avant tout. Mais la sociologie aussi : comme on l’avait remarqué en 2013, ces manifestants ne sont pas dans le camp des vaincus de la mondialisation, mais dans celui des vainqueurs. Ils sont issus des classes sociales favorisées, sans être dans celle des riches. Ils ne sont pas hostiles à la mondialisation, encore moins à l’économie de marché. Ils ne sont pas des victimes du « système ».

Ils sont simplement victimes d’un rapport des forces au sein de ce système où la balance penche toujours en faveur des libéraux-libertaires qui veulent imposer l’individualisme et la loi du marché à tous les domaines, y compris la famille, le sexe, la culture, l’identité même. Ce rapport de force est inscrit dans le marbre des métropoles mondialisées où ils habitent souvent. Les « conservateurs » sont condamnés à perdre tous leurs combats face aux « progressistes » dans le cadre d’un combat entre seuls vainqueurs de la mondialisation. Leur seule chance de renverser la table est de s’allier aux vaincus de la mondialisation, aux « gilets jaunes », aux populistes, bref aux classes populaires. Sans cette alliance, sans ce « compromis historique », toutes les manifestations du monde ne serviront à rien.

Quels sont les véritables objectifs du cours ECR ? Entretien avec Joëlle Quérin

Depuis plusieurs années, au Québec, on parle du cours Éthique et culture religieuse, plus communément appelé ECR. Il est au cœur de nombreuses controverses. Les uns le voient comme un instrument privilégié pour favoriser « l’ouverture à la diversité », les autres s’inquiètent d’un cours qui fait la promotion active ou implicite de l’idéologie multiculturaliste. Mais qu’en est-il véritablement de ce cours ? Comment s’est-il installé dans le curriculum ? Quels sont ses objectifs ? Et comment s’insère-t-il plus largement dans la philosophie qui commande l’école québécoise ? Pour en parler, je reçois Joëlle Quérin, professeure de sociologie au Cégep de Saint-Jérôme, qui a publié au fil du temps de nombreux écrits sur ECR en plus d’avoir consacré sa thèse de doctorat à l’idéologie pédagogique dominante au Québec.



Voir aussi

Québec — La construction d'une nouvelle citoyenneté par l'école (extrait de la thèse de Joëlle Quérin)

La thèse de doctorat de Joëlle Quérin : Le Nouveau Discours pédagogique québécois et les transformations de la communauté politique

Joëlle Quérin répond à ses détracteurs chez Denise Bombardier (vidéo)

Joëlle Quérin et « La face cachée du cours Éthique et culture religieuse »

Joëlle Quérin explique son étude sur le cours ECR à RDI (vidéo)

Joëlle Quérin sur VTélé (Mario Dumont) au sujet du cours ECR (vidéo)

Livre sur le cours ECR : Au-delà des apparences
(Guy Durand)

Livre Regards sur le cours ECR : La Religion sans confession


Le Devoir (Louis Cornellier) : « L'école n'est pas au service des parents. »



lundi 14 octobre 2019

É-U. — Forte augmentation des maladies sexuellement transmissibles (malgré les cours d'éducation sexuelle...)

Les cas de syphilis, de gonorrhée et de chlamydia ont atteint un niveau record en Amérique en 2018, selon un rapport publié la semaine dernière par les Centres de contrôle et de prévention des maladies des États-Unis (le CDC).

Les trois maladies sexuellement transmissibles (MST) les plus courantes ont atteint plus de 115 000 cas pour la syphilis, plus de 580 000 cas pour la gonorrhée et plus de 1,7 million de cas pour la chlamydia, a indiqué le CDC dans un communiqué de presse. Bien que toutes trois puissent être traitées avec des antibiotiques, en l’absence de traitement elles peuvent être transmises à d’autres personnes et entraîner un risque accru de VIH, de stérilité et de grossesse extra-utérine.

Parmi les informations les plus alarmantes dans ce nouveau rapport, l’on note une augmentation de 40 % du nombre (1300) de nourrissons nés avec la syphilis.

« Il existe des outils pour prévenir tous les cas de syphilis congénitale », a déclaré Gail Bolan de la Division de la prévention des MST du CDC. « Le test est simple et peut aider les femmes à protéger leur bébé de la syphilis — une maladie évitable aux conséquences potentielles irréversibles. »


Le rapport du CDC attribue ces augmentations en partie à l’usage de drogues et à la diminution de l’utilisation de préservatifs, ainsi qu’à « la pauvreté, la stigmatisation et les logements instables » réduisant « l’accès à la prévention et aux soins des MST » tant au niveau des États de la fédération qu’au niveau local.

Pour certains commentateurs, ces explications du CDC occultent des aspects fondamentaux. Le président du Family Research Council (FRC), Tony Perkins, a interviewé jeudi passé la Dr Michelle Cretella, de l’American College of Pediatricians sur le sujet.

Mme Cretella a reproché au communiqué du CDC de mettre l’accent sur le traitement secondaire, après coup, et de taire toute action de prévention primaire, c’est-à-dire de commencer par décourager les comportements à risque. Elle a noté que le gouvernement et la société n’hésitaient pas à dire de façon très catégorique et très franche aux jeunes de s’abstenir de fumer (en employant souvent un langage sans fioriture et des images effrayantes), mais tend à traiter différemment la promiscuité sexuelle à la base de la recrudescence de ces maladies vénériennes.


C’est ainsi que les cours d’éducation sexuelle à l’école ne mettent nullement en avant l’abstinence, mais valorisent souvent l’expérience et le plaisir sexuel pour peu que l’adolescent se protège. Il n’est pas évident que ces cours d’éducation sexuelle, en banalisant la sexualité, ne contribuent pas à une certaine promiscuité qui se révèle bien peu prudente. Un rapport en 2016 (sous Obama) du Bureau de la santé des adolescents avait ainsi constaté que les 3500 élèves de 87 écoles affiliées à Planned Parenthood (un organisme de « planification familiale » à gauche du spectre politique) qui avaient suivi un programme d’éducation sexuelle soutenu par Planned Parenthood étaient « beaucoup plus susceptibles d’avoir déjà été enceintes ou d’avoir provoqué une grossesse que les élèves témoins » n’ayant pas suivi ces cours d’éducation sexuelle.


samedi 12 octobre 2019

Législatives en Pologne : les « ultra-conservateurs » natalistes conservent la majorité absolue

Avec plus de 7 millions de voix, le PiS, Droit et Justice, totalise le meilleur résultat de son histoire. « Je pense que c’est le plus grand succès populaire depuis la fin du communisme. Notre résultat est même encore meilleur qu’il y a quatre ans. Cela veut dire que notre politique sociale et nos résultats économiques sont très bons. Et que nous avons une croissance qui bénéficie à tout le monde », se félicite Jerzy Kwiecynski, le ministre du développement économique.

Le chômage est au plus bas, à 5 %. La croissance est très élevée et le PiS se targue d’avoir redistribué les richesses, avec son programme d’allocations familiales pour tous. Avec une forte participation de 61 %, dix points de plus que lors des dernières élections, en 2015, le PiS interprète cette élection comme un plébiscite et un encouragement à poursuivre les réformes menées depuis 4 ans.

« Pour moi, nous avons deux mesures très importantes. L’exonération d’impôts pour les moins de 26 ans, et les allocations familiales. Moi, je veux fonder une famille et tout cela va m’aider », explique Mateusz Lewicki, un jeune militant du parti.

L’opposition loin derrière

Avec la poursuite des programmes sociaux, et du « bon changement », le slogan des précédentes élections, le chef du PiS, Jaroslaw Kaczynski, trace la ligne pour les quatre années à venir. « La Pologne doit encore changer, pour le meilleur. Notre principale force, c’est la crédibilité, et nous devons la conserver. Ce que nous faisons est bon, réaliste, et responsable », affirme-t-il.

Allusion à l’opposition, qui n’aurait jamais tenu ses promesses de campagne selon de nombreux Polonais. Le principal parti d’opposition, la Plate-forme civique, est relégué loin derrière avec 27,4 % des voix. La gauche, avec 12,4 % des voix, refait son entrée au Parlement après avoir disparu depuis 2015. L’opposition peut déjà se tourner déjà vers la présidentielle au printemps pour tenter de contrebalancer la victoire écrasante du PiS au Parlement.

Billet originel du 12 octobre

Une famille heureuse, trois enfants et leur mère dans un parc de Varsovie. À trois jours des élections législatives en Pologne, le parti conservateur au pouvoir Droit et Justice (PiS) compte récolter les fruits de sa politique nataliste.

Chaque mois elle perçoit de l’état une allocation, 115 euros par enfant soir 345 euros au total.




« Je peux ajouter cet argent pour les vacances, je peux acheter quelque chose aux enfants, je peux l’utiliser pour la maison... Il y’a beaucoup de possibilités », témoigne, Ewelina Wolska Knapp, jeune maman.

En Pologne le salaire moyen se situe sous les mille euros. Dans les zones rurales, plus pauvres, le programme baptisé 500 plus, est devenu essentiel pour certaines familles. Dans ces conditions, difficile de donner sa voix à un autre parti que le PiS

_ » Il s’agit bien évidemment d’une sorte d’appât, un moyen d’attirer les votants potentiels, car la majorité des habitants ici, y compris ma famille et moi, sommes reconnaissants », reconnaît Karolina Burczyk. « Nous allons voter pour le parti du droit et de la justice ».

À l’origine l’allocation était destinée aux couples avec deux enfants, mais il y a trois mois, elle a finalement était ouverte à tous. Un message politique fort dans une société très marquée par la religion catholique.


« L’allocation équivaut à une augmentation de 10 % si l’on compare au revenu moyen polonais. Depuis le début du programme, la pauvreté extrême a chuté d’un cinquième¨ », analyse l’envoyé spécial d’Euronews, Oliver Whitfield-Miocic.

Avec une croissance à 5,1 % et un taux de chômage au plus bas depuis 30 ans, le PiS surfe sur la bonne santé économique du pays. Mais pour l’opposition, le gouvernement en place depuis 2015 n’a pas de vision à long terme.

« Comme nous le savons tous, tôt ou tard la crise économique frappera l’Europe et la Pologne. Ce gouvernement n’a pas du tout préparé le pays à une crise », prophétise Marin Bosacki, candidat au Sénat de la Plateforme Civique, mouvement d’opposition.

Pas de quoi refroidir les supporters du PiS, donné utra-favori du scrutin de dimanche. Il pourrait rassembler près de 45 % des votants. Seule inconnue : parviendra-t-il a obtenir la majorité absolue ?

vendredi 11 octobre 2019

La politique nataliste hongroise

Placardé dans toutes les rues de la capitale hongroise Budapest, le modèle familial traditionnel prôné par le gouvernement. Une maman, un papa, deux enfants et bientôt un troisième. Des publicités géantes pour la natalité avec la promotion du moment : 30 000 euros pour les jeunes parents. Dora et Laszlo Devenyi attendent leur premier enfant dans les prochains mois. Ils viennent de recevoir l’argent du gouvernement. Pour ce couple de cadres, ces 30 000 euros [50 000 $ canadiens] représentent une année de salaire à deux. « On peut dépenser cet argent comme on veut. Nous, on a décidé d’utiliser cet argent pour acheter une maison ou un appartement », explique Laszlo Devenyi.


Hongrie pour favoriser la natalité, le gouvernement donne de from PM21 on Vimeo.


L’indice de fécondité est remonté de 1,23 enfant/femme en 2011 à 1,49 enfant/femme en 2018 (le même niveau que celui des francophones du Québec) alors même que le pays a subi l’hémorragie de nombreux jeunes partis travailler en Europe occidentale. À cela s’ajoute une démographie déficiente depuis des décennies. La Hongrie fut, en effet, le premier pays d’Europe à enregistrer pour la première fois une chute de la natalité sous le seuil des 2,1 enfants par femme, nécessaire à l’époque pour assurer le simple remplacement des générations. Cela se produisit en 1959-1960, après un décrochage qui durait depuis 1956. En Allemagne, second pays d’Europe à casser vers le bas le seuil de reproduction simple de la population, cela n’eut lieu qu’en 1970-1971.


La déjà longue ancienneté de la dénatalité en Hongrie a fait en sorte que la population est fort vieillie, et que le nombre des décès dépasse actuellement de beaucoup le nombre des naissances. Depuis 1982-1983, le solde naissances/décès ne cesse d’être négatif et le pays a déjà perdu plus de 600 000 habitants.

Conditions d’attribution qui favorisent la classe moyenne et supérieure et des familles stables

Plus les Hongrois ont d’enfants, plus les conditions du crédit sont favorables. Si le premier bébé naît dans les cinq ans, le couple n’aura plus à payer les intérêts sur les 30 000 euros. Lors du deuxième enfant, l’État offre 30 % du capital. Au troisième enfant, il n’y a plus besoin de rembourser la somme. Pour prendre ce crédit, il faut s’engager : s’il y a divorce ou si l’enfant n’arrive pas sous cinq ans, il faut rembourser le crédit sous 120 jours. Des conditions draconiennes régissent aussi l’obtention du prêt : il faut être marié, habiter en Hongrie depuis longtemps, avoir un travail fixe depuis trois ans, etc. Le but semblant être de favoriser la classe moyenne et supérieure hongroise plutôt que les familles monoparentales ou immigrées.

jeudi 10 octobre 2019

Bellamy : « La crise de l’éducation nationale n’est pas un problème technique qu’on pourrait régler par une énième loi. »

Tribune de François-Xavier Bellamy est professeur de philosophie et député européen. Il est l’auteur des Déshérités : L’urgence de transmettre (Plon, 2014) et de Demeure (Grasset, 2018). Le suicide d’une directrice d’école à Pantin révèle une crise de l’Éducation nationale qui n’est que le signe d’une crise de la société dans son ensemble, estime le philosophe François-Xavier Bellamy. Il appelle à agir pour soutenir et protéger les enseignants, premières victimes de cet échec collectif.

Présent samedi matin à Pantin, parmi des centaines de personnes venues à la marche blanche en hommage à Christine Renon. Cette directrice d’école, qui se donnait sans compter, s’est donné la mort un samedi matin, il y a quinze jours. Elle laissait derrière elle une lettre bouleversante, qui dit à la fois son engagement total, son épuisement et sa détresse.

Comme elle, tant d’enseignants et de chefs d’établissement se retrouvent seuls, en première ligne pour absorber les échecs et les incohérences d’une école en crise depuis si longtemps, mais aussi les tensions et les violences qui touchent désormais le quotidien des salles de classe. Christine Renon décrit la « goutte d’eau qui l’a anéantie », un soupçon d’agression sexuelle entre deux élèves de maternelle… et signe : « directrice épuisée. »

Ces drames sont le symptôme de la crise profonde d’une école qui ne peut plus assurer correctement sa mission. C’est notre éducation nationale dans son ensemble qui est épuisée. Pour ne m’arrêter qu’à des faits parus dans la presse cette semaine… :

Ce lundi, une enseignante du Cap d’Agde est insultée, menacée de mort et frappée à plusieurs reprises, dans son établissement, par les parents d’un élève qu’elle avait empêché de se battre avec d’autres.

Le même jour, à Sarcelles, un professeur de sport demande à un élève de retirer sa casquette : le lycéen le frappe de plusieurs coups de poing. Les élèves présents autour filment la scène ; aucun ne tente de protéger leur enseignant. La violence des coups lui vaut cinq semaines d’interruption de temps de travail.

Jeudi, à Osny, un professeur d’histoire veut confisquer un portable ; le lycéen concerné lui répond par un croche-pied brutal, qui le jette au sol. Il est hospitalisé et souffre d’un traumatisme crânien.

Vendredi, aux Lilas, pendant un cours de sport, un élève de quinze ans meurt poignardé, alors qu’il tentait de s’interposer pendant une rixe. Tous les jeunes impliqués dans ce meurtre ont entre quatorze et quinze ans.

J’ai écrit les Déshérités pour Samy, tué devant la porte du lycée où j’avais, quelques mois plus tôt, commencé à enseigner. Lui aussi avait quinze ans. Qu’est-ce qui a changé depuis ?

Il ne s’agit pas d’utiliser ces drames pour faire de la mauvaise politique. Ils sont le symptôme d’une crise profonde, celui d’une école qui ne peut plus assurer correctement sa mission depuis trop longtemps déjà. La mort de Christine Renon est le résultat d’un immense échec collectif, qui remonte à plusieurs décennies. Distribuer les mauvais points serait stérile. Mais ne pas réagir enfin serait coupable.

Pendant trop longtemps, on a voulu nier cette crise, taire cette violence, étouffer la souffrance. Il y a quelques mois, alors qu’une enseignante avait été menacée en plein cours par un élève, braquant sur elle une arme factice, et filmée là encore par des élèves riant de la voir humiliée, des centaines d’enseignants se sont mis à témoigner.

Racontant sur les réseaux sociaux, sous le slogan « pas de vague », ces agressions qu’on leur avait demandé de ne pas ébruiter : il valait mieux préserver le calme apparent… Peut-être certains, en lisant ce simple résumé de la semaine, me reprocheront-ils aussi de susciter l’inquiétude. Mais la tragédie que traverse notre école devrait tous nous empêcher de dormir.

Le drame, c’est que cet échec collectif pèse d’abord sur les milieux les plus défavorisés : notre école est la plus inégalitaire des pays de l’OCDE. Et ainsi, même si la crise éducative se fait sentir partout, son ampleur reste largement sous-évaluée par l’essentiel de la classe dirigeante en France, dont les enfants sont scolarisés bien souvent à l’abri de ce climat de violence, dans des îlots de plus en plus restreints — et de plus en plus inaccessibles pour une majorité de Français.

Ainsi peut-on se bercer encore d’illusions, si l’on a les moyens de ne pas ouvrir les yeux. Mais nous n’avons pas le choix maintenant. Comment ne pas voir ce qui se joue quand une directrice d’école courageuse, généreuse, engagée, finit par mettre fin à ses jours ?

Comment ne pas voir qu’une société n’a pas d’avenir, quand se donnent la mort ceux qui préparent la vie, ceux qui nourrissent la vie, ceux qui protègent la vie — enseignants, agriculteurs, policiers et gendarmes ? Ils meurent, parce que leur travail n’est plus respecté ; et ils ont ceci en commun que, si leur travail n’est pas respecté, il n’est tout simplement plus possible. Comment ne pas voir qu’il s’agit de la même tragédie – celui de l’abandon, de la défiance, de la violence que vivent, isolés, ceux qui pourtant devraient recevoir le plus notre reconnaissance collective ?

La crise de l’éducation nationale n’est pas un problème technique qu’on pourrait régler par une énième loi. Ce n’est pas une crise de l’école ; c’est une crise de la société. Péguy écrit, dans L’Argent : « Les crises de l’enseignement ne sont pas des crises de l’enseignement ; elles sont des crises de vie. (…) Quand une société ne peut pas enseigner, ce n’est pas qu’elle manque accidentellement d’un appareil ou d’une industrie ; quand une société ne peut pas enseigner, c’est qu’une société ne peut pas s’enseigner ; c’est qu’elle a honte, c’est qu’elle a peur de s’enseigner elle-même ; pour toute humanité, enseigner, au fond, c’est s’enseigner. »

Quand notre humanité ne sait plus s’enseigner, c’est l’inhumain qui resurgit. De ce climat de tension, de violence, de cet échec éducatif, tant de jeunes sont aujourd’hui victimes, tant d’enseignants, tant de familles. Il serait coupable de ne pas réagir enfin.

Il faut permettre à l’école d’assumer sa mission, soutenir enfin les enseignants, mieux les former, mieux accompagner leurs parcours, mieux les rémunérer aussi — ce n’est pas un détail, et sur ce point-là aussi le déni de réalité auquel nous avons assisté récemment n’est pas une réponse valable. Il faut ensuite leur faire confiance, les laisser faire leur travail, au lieu de leur faire tomber sur la tête, avec la régularité du supplice chinois, la réforme suivante qui réorganisera tout sans les consulter, et qu’il faudra comme toujours appliquer en urgence, avant que celle d’après n’arrive. Et surtout, il faut enfin leur garantir le respect qui leur est dû, et la sérénité nécessaire pour exercer leur métier, en ne négociant plus jamais avec les paroles et les actes qui méprisent leur mission — que ce mépris vienne d’élèves, de parents ou de supérieurs…

Je sais que les « il faut » peuvent paraître trop faciles ; mais au fond notre école a besoin de réponses simples. Et avec tous ceux qui le voudront, travaillons pour faire des propositions concrètes, dans l’esprit d’ouverture et d’exigence à la fois qu’exige une telle urgence nationale. La France est capable de relever ce défi, j’en suis sûr. Et elle peut compter pour cela sur ses enseignants de terrain, si elle sait leur tendre la main.

La mort de Christine Renon est un drame. Mais sa vie a été un miracle. Comme enseignant, j’ai eu la chance de rencontrer des collègues et des chefs d’établissement exceptionnels, qui malgré l’ampleur des difficultés ont, comme elle, tout donné pour faire grandir leurs élèves. Notre pays tient par le courage de ceux qui tiennent encore, envers et contre tout. Nous n’avons plus le droit de laisser seuls ceux qui se sentent à bout. Nous leur devons notre soutien. Et le travail qui nous attend pour leur apporter ce soutien, nous le devons à Christine Renon.

Source : Figaro

vendredi 4 octobre 2019

Belgique — Connaissances scientifiques des élèves sur le climat en recul

Si la jeunesse est mobilisée en masse pour « sauver la Planète » et le climat, les savoirs scientifiques des élèves pour appréhender le réchauffement climatique (un peu plus d’un degré en un siècle) laissent à désirer. Une enquête effectuée auprès de plus de 3 250 jeunes de 5e et 6e secondaire, tant en Flandre qu’en Fédération Wallonie-Bruxelles, montre que leurs connaissances sont en recul par rapport à 2015.

« Le plus grand fossé observé est, comme toujours, celui qui sépare les élèves selon le type d’enseignement qu’ils fréquentent », regrette l’ASBL Appel pour une école démocratique (APED), à l’origine de l’étude. Cette ONG n’est en rien climatosceptique, mais plutôt à gauche, elle veut lutter contre les « inégalités scolaires » et cherche à ce que l’école transmette une « compréhension du monde » particulière, dans ce cas-ci il s’agit de « sensibiliser » encore davantage sur les enjeux climatiques et les migrants « climatiques » qu’il faudrait accueillir.... 

L’enquête, effectuée par questionnaire entre les mois d’avril et de mai 2019, a sondé 3 259 élèves de 5e et 6e secondaire fréquentant l’enseignement général, technique, professionnel ou technique de qualification.

Aujourd’hui, seuls 13 % des élèves comprennent ce qu’est l’effet de serre, le mécanisme par lequel les émissions de CO2 contribuent au réchauffement climatique. Ils étaient 19 % en 2015... Dans l’enseignement professionnel, on tombe à 4,6 % de bonnes réponses, soit deux fois moins qu’en 2015,62 % des élèves croient erronément que les centrales nucléaires sont émettrices de CO2. Ils n’étaient « que » 47 % en 2015. Par contre, seul un élève sur deux identifie correctement les centrales électriques au gaz et l’élevage animal comme émetteurs de gaz à effet de serre.

En 2015, 31 % des élèves croyaient que l’hydrogène était une énergie renouvelable (alors qu’il ne s’agit pas du tout d’une source d’énergie, mais seulement d’un moyen de la stocker). Ce pourcentage grimpe désormais à 48 %.

40 % des élèves croient tout à fait erronément qu’un déplacement en train émettrait autant, voire davantage, de CO2 par voyageur qu’un déplacement en voiture.

Face à un graphique indiquant l’augmentation de température globale depuis un siècle, un élève sur deux s’avère incapable d’en faire une interprétation correcte.

Comme lors de l’enquête de 2015, une grande majorité des élèves (78 %) estime erronément que la fonte des glaces du pôle Nord contribuerait à l’élévation du niveau des mers.

Greta et les filles mènent le combat à Bruxelles


Lorsqu’on traduit ces connaissances en notes chiffrées sur une échelle de moyenne 500 et d’écart-type 100 (comme pour les points des enquêtes PISA), on observe qu’il n’y a pratiquement aucune différence entre francophones et néerlandophones, mais une avance de 24 points pour les garçons par rapport aux filles [alors que les filles sont systématiquement mises à l’avant du combat contre le réchauffement climatique] et un énorme écart de 105 points entre les élèves de l’enseignement général et ceux de l’enseignement professionnel.


Greta et les filles à Washington

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Les « changements climatiques », une des causes de la guerre en Syrie... Vraiment ?

Climat et élèves en grève : « On ne veut pas mourir dans 10 ans » (m-à-j)

Entretien avec un professeur du secondaire qui encourageait ses élèves à manifester pour le climat : il n’en connaissait pas plus que les étudiants sur les bases physiques du « réchauffement climatique ». Édifiant...




L’école privée n’est pas à blâmer

Lettre ouverte de Jim Gordon, Enseignant dans une école privée.

En lisant récemment dans Le Devoir que notre système scolaire se classe bon dernier sur l’échelle de la justice sociale, et au moment où Québec s’apprête à démanteler les commissions scolaires, je présente humblement mon témoignage en guise de piste de réflexion.

J’enseigne dans l’un des plus prestigieux collèges privés de Montréal depuis bientôt quatre ans. Et pourtant, j’ai fréquenté une très modeste école publique de Trois-Rivières. Milieu peu scolarisé, famille disloquée, adolescence plus que difficile : l’éducation publique m’a certainement sauvé du naufrage. Elle m’a permis de me faufiler du cégep au collège militaire, de la littérature à la philosophie, pour aboutir à l’enseignement au secondaire. Parcours ironique d’un jeune homme qui détestait l’école. Et qui aujourd’hui enseigne dans une école privée. Honte à moi !

Vraiment ?


Après des études de deuxième cycle en littérature et en philosophie, je fus pris par l’envie de transmettre aux jeunes le savoir qui m’avait sauvé. Mais n’enseigne pas qui veut dans ce « système »… Dépourvu du brevet d’enseignement, j’ai dû subir, pendant trois ans et demi, la maîtrise « qualifiante » offerte à temps partiel depuis quelques années. L’horreur ! Que de temps perdu ! Que de sectarisme !

Enfin, j’ai tenu bon. Puis, deux stages non rémunérés dans des écoles publiques m’ont permis de mesurer la terrifiante réalité des enseignants du « système » public. Aucune valorisation. Très peu de soutien. Une énorme machine administrative qui déshumanise le rapport à l’école. Et, je dois le dire, des enseignants pas toujours motivés, souvent blasés, presque toujours étouffés par l’anxiété et souffrant très souvent d’une formation disciplinaire très lacunaire. Mais il va sans dire que les écoles publiques comptent aussi parmi leurs rangs des enseignants chevronnés qui changent le monde un élève à la fois.

Enfin, c’est à ce moment qu’une alerte d’emploi a surgi dans ma boîte de réception. Une entrevue, et je fus engagé. Du jour au lendemain, j’étais devenu un enseignant. Et j’étais parmi d’autres enseignants au parcours atypique, des gens avec plusieurs diplômes, qui valorisent la culture et le savoir ; des gens qui me considéraient déjà comme leur égal. Ainsi l’école privée me donna accès à un bureau personnel, à du soutien administratif, à une source de valorisation constante et à des moyens concrets pour atteindre mes objectifs pédagogiques. Allais-je refuser cette chance inouïe pour éviter d’encourager un système à deux vitesses ? Allais-je plutôt m’entêter à passer par l’enfer de la suppléance, de la bureaucratie et des tâches d’enseignement ridicules que l’on offre aux nouveaux enseignants ? Non, merci.

À vous qui avez du pouvoir : si vous voulez que l’école publique rivalise avec l’école privée, donnez-lui les moyens de le faire. Cela commence par des enseignants passionnés qui se sentent soutenus et valorisés. Que ces professionnels de l’éducation deviennent réellement une élite culturelle ! Et qu’ils soient fiers, comme je le suis, d’enseigner dans leur école. Pour cela, il faut décentraliser le « système ». Suivez le modèle norvégien et donnez davantage de pouvoir aux écoles. Et valoriser les études ne ferait pas de mal : comment est-ce possible qu’un enseignant qui a 20 ans de scolarité ne puisse accéder in fine à un meilleur salaire qu’un simple bachelier ? Je n’y comprends rien.

Non, selon moi, le problème du « système » ne réside pas dans les écoles privées, mais dans le sectarisme pédagogique des facultés d’éducation, dans la mauvaise formation des maîtres, dans le sous-financement du réseau public et dans la déshumanisation de l’appareil administratif des commissions scolaires.

Mais qui suis-je pour juger ? Je ne suis après tout qu’un enseignant…

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jeudi 3 octobre 2019

Canada connaît plus forte croissance de son histoire causée à 82 % par l'immigration

Bandeau du site de la Commission scolaire de Montréal

La population canadienne était estimée à 37 589 262 personnes au 1er juillet 2019, en hausse de 531 497 par rapport au 1er juillet 2018. Une telle hausse annuelle du nombre de personnes vivant au pays est la plus élevée jamais observée. Cette hausse correspond également à une augmentation d’un peu plus d’une personne par minute.

Le vieillissement démographique se poursuit au pays, de sorte que le nombre de centenaires a franchi le cap des 10 000 personnes pour la première fois. De plus, les baby-boomers forment maintenant la majorité des aînés.



La croissance de la population du Canada est la plus forte parmi celles des pays du G7

Le taux annuel d’accroissement démographique du pays pour l’année 2018-2019 s’est établi à 1,4 %, soit le taux d’accroissement démographique en pourcentage le plus élevé depuis celui observé en 1989-1990 (+1,5 %).

Le taux d’accroissement démographique du Canada est le plus élevé parmi ceux des pays du G7. Il est plus de deux fois plus élevé que celui des États-Unis et du Royaume-Uni (+0,6 % chacun) et surpasse ceux de l’Allemagne (+0,3 %) et de la France (+0,2 %). Dans la dernière année, l’Italie et le Japon ont enregistré une baisse de leur population (-0,2 % chacun).


L’immigration permanente et temporaire explique 82,2 % de la croissance

La croissance démographique soutenue au Canada s’explique en grande partie (82,2 %) par l’accueil d’un nombre élevé d’immigrants et de résidents non permanents. Le nombre d’enfants nés au Canada dont les parents sont des immigrants étant supérieur à celui des parents nés au Canada, l’impact de l’immigration sur la croissance démographique est encore plus grand.

Plus de 30 % des bébés québécois ont au moins un parent né à l’étranger

La proportion de naissances comptant au moins un parent né à l’extérieur du Canada était de 31,9 % en 2017, comparativement à 21,3 % en 2000 et à 12,6 % en 1980. La hausse s’explique surtout par des naissances issues de deux parents nés à l’étranger, dont la part est passée de 7 % (en 1980) à 13 % (en 2000) à 21 % (en 2017) au cours de la même période. La proportion de nouveau-nés dont l’un des parents est né à l’étranger et l’autre au Canada a aussi augmenté, passant de 5 % en 1980 à près de 11 % en 2017. Selon les données provisoires, chez les mères comme chez les pères, les principaux pays de naissance des parents nés à l’étranger sont l’Algérie, le Maroc, Haïti et la France.

La différence entre le nombre de naissances et de décès n’expliquait qu’une faible proportion (17,8 %) de la croissance, et cette part diminue année après année. Le Canada a admis 313 580 immigrants en 2018-2019, soit un des niveaux les plus élevés de son histoire.

En 2015-2016, le Canada avait reçu 323 192 immigrants permanents, dont près de 30 000 réfugiés syriens. Le nombre de résidents non permanents a augmenté de 171 536 personnes au cours de l’année 2018-2019, ce qui constitue la plus forte hausse dans l’histoire du pays. Bien qu’aussi alimentée par une croissance rapide des demandeurs d’asile, cette augmentation s’explique surtout par une hausse du nombre de détenteurs de permis de travail et d’études.

La croissance démographique s’est intensifiée dans plusieurs provinces

L’augmentation de la migration internationale a été ressentie partout au pays, et plusieurs provinces ont enregistré une forte croissance démographique, laquelle a rarement été observée auparavant.

La croissance démographique dans les provinces de l’Atlantique en 2018-2019 a été parmi les plus élevées à être observée depuis les années 1970. L’Île-du-Prince-Édouard (+2,2 %) a d’ailleurs été la province avec le taux d’accroissement démographique le plus élevé au pays. Terre-Neuve-et-Labrador demeure l’exception et a affiché une diminution de sa population (-0,8 %) pour une troisième année consécutive.

En 2018-2019, le Québec (+1,2 %) a affiché le plus fort taux d’accroissement démographique en 30 ans, et l’Ontario (+1,7 %) a enregistré l’un des plus importants taux au cours de cette même période.

La croissance démographique en Alberta (+1,6 %) s’est accélérée pour une deuxième année consécutive, en partie en raison des échanges migratoires interprovinciaux positifs suivant trois années consécutives de pertes.

La croissance démographique élevée dans la plupart des provinces provient essentiellement d’un accroissement migratoire international important. Des niveaux inégalés depuis le début du programme d’estimations démographiques actuel (juillet 1971) ont été observés dans toutes les provinces sauf à Terre-Neuve-et-Labrador, au Manitoba et en Alberta. Dans ces trois provinces, l’accroissement migratoire international est néanmoins demeuré soutenu.

La population vieillit vite

Au 1er juillet 2019, la population canadienne comptait 6 592 611 aînés. De ce nombre, qui augmente rapidement, plus d’une personne sur deux (51,1 %) était née lors du baby-boom (1946 à 1965). Les personnes âgées représentaient 17,5 % de la population canadienne au 1er juillet 2019. Quant aux enfants âgés de 0 à 14 ans, ils formaient 16,0 % de la population. Bien que la proportion d’aînés augmente au Canada au fil du temps, elle demeure inférieure à celle observée dans les autres pays du G7, à l’exception des États-Unis (16 %). Avec près de 3 personnes sur 10 (28 %) âgées de 65 ans ou plus, le Japon est un pays qui présente l’une des populations les plus âgées.


La proportion de personnes âgées pourrait continuer d’augmenter rapidement au cours des prochaines années. Ainsi, selon le scénario de croissance moyenne des plus récentes projections démographiques de Statistique Canada, cette proportion pourrait s’élever à 22,7 % en 2031, année où les derniers baby-boomers atteindront l’âge de 65 ans.

La population autochtone rajeunit les provinces des Prairies et les territoires

La structure par âge de la population varie considérablement d’une province ou d’un territoire à l’autre. Ces variations s’expliquent le plus souvent par des écarts entre les niveaux de fécondité, mais aussi en partie par les migrations internes. De façon générale, les populations les plus jeunes se trouvent dans les provinces des Prairies et dans les territoires, alors que les plus vieilles sont situées dans les provinces de l’Atlantique. Au 1er juillet 2019, Terre-Neuve-et-Labrador était la province avec la plus forte proportion de personnes de 65 ans et plus (21,5 %). C’est la première fois que cette province arrive en tête de liste de ce classement. Au cours de la dernière décennie, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick ont successivement figuré en première place. Ces trois provinces ont cumulé des pertes migratoires interprovinciales au fil des dernières décennies, un nombre élevé d’individus des générations plus jeunes, en âge de procréer, ayant migré vers d’autres provinces ou territoires. Cela a ainsi contribué à accélérer le vieillissement démographique.


Le Nunavut présentait la population la plus jeune au pays, près du tiers de ses individus étant âgés de 0 à 14 ans (31,8 %). Cela était principalement attribuable à un niveau de fécondité élevé combiné à une espérance de vie plus faible qu’ailleurs au Canada.


Crise du logement

Alors qu'un nombre record d'immigrants affluent vers les métropoles du Canada, le coût des logements à Montréal et au Canada est une préoccupation pour beaucoup de citoyens. Et pour cause : quatre personnes sur dix dépensent plus de 30 % de leur revenu pour se loger. Les plus touchés d'entre eux sont les familles qui gagnent moins de 20 000 $ par année et qui consacrent plus de la moitié de leur revenu à payer leur loyer.

À Montréal, sept ménages sur dix sont locataires. Près de 100 000 personnes ont des besoins criants en matière de logement, selon les plus récentes données de la Communauté métropolitaine de Montréal.

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Trois solutions (et demie) pour le climat

Lettre ouverte de Samuel Furfari, Professeur à l’Université Libre de Bruxelles Président de la Société Européenne des Ingénieurs et Industriels.

Après avoir travaillé pendant plus de 40 ans dans le domaine, mon expérience me pousse à plaider pour une analyse factuelle et objective de la situation, même si elle peut paraître iconoclaste dans le climat actuel...

Greta et la Terre Mère autochtone à Montréal

Les feux des projecteurs de l’Assemblée générale de l’ONU s’étant éteints, il est temps de voir plus sereinement la situation en matière de politique climatique — et donc énergétique — qui menace dangereusement notre démocratie. Après avoir travaillé pendant plus de 40 ans dans le domaine, mon expérience me pousse à plaider pour une analyse factuelle et objective de la situation, même si elle peut paraître iconoclaste dans le climat actuel.

« Tout est connu, il n’y a plus qu’à agir »

Malgré l’opinion générale, et de certains scientifiques, la science du climat est très jeune. Affirmer que « tout est connu et qu’il n’y a plus qu’à agir » est donc prématuré. Le rapport du GIEC est rempli de conditionnels. Pas de certitudes, mais des hypothèses loin d’être irrécusables, puisque le système climatique possède « une signature chaotique ».

Lorsque durant la vague de chaleur de cet été, le climatologue français Jean Jouzel annonce que la température augmentera de « trois ou quatre » degrés, il omet d’ajouter que le GIEC assortit cette hypothèse d’une probabilité de 1 % et que c’est pour un maximum de 3 °C et non de 4 °C ou de 7 °C comme on l’entend parfois.

Face à l’agitation, il convient d’analyser les résultats de 27 ans de politique climatique. Le processus onusien a formellement débuté au Sommet de la Terre à Rio en juin 1992 avec l’adoption de la Convention sur le changement climatique, visant à la réduction des émissions de CO2.

Les émissions de CO2 n’ont cessé de croître depuis, et sont aujourd’hui 56 % plus élevées qu’en 1992 ! Si un responsable du monde économique s’aventurait à avancer des résultats aussi farfelus, il serait démis de ses fonctions. Ce qui n’est pas le cas pour le monde politique.

Ce chiffre donne-t-il raison aux jeunes qui ne cessent de crier que l’on n’a rien fait ? Ces manifestants insultent le monde politique, car il s’est fortement démené à mettre en œuvre force politiques et mesures. Hélas, il n’a pas le courage d’admettre que ces énormes efforts, y compris financiers, ont été vains.

Commençons par le Protocole de Kyoto qui aurait dû déboucher sur la réduction des émissions. Avant de proposer de nouvelles mesures, il aurait fallu procéder à une analyse objective de son échec ; hélas, on a tout fait pour le cacher.

L’Accord de Paris où chacun fait ce qu’il veut…

Dans une course folle, on est passé à la COP15 de Copenhague, qui fut un revers, car les grands du monde avaient compris que les demandes des ONG étaient tout simplement irréalisables. La parade a enfin été trouvée à travers l’Accord de Paris, une coquille vide qui ne prévoit que des objectifs laissés aux choix des signataires par rapport à des années de références individuellement choisies.

L’accord comporte 141 obligations bureaucratiques et 41 conditionnelles pour ce qui est du fond. Par exemple, le Japon opte pour la réduction de ses émissions de 26 %, mais par rapport à 2013, c’est-à-dire l’année où il a émis le maximum de CO₂ du fait de la fermeture temporaire de centrales nucléaires. Cela lui donnera un avantage de 25 points par rapport à l’UE qui avait promis une réduction de 40 % à Paris par rapport à 1990 (la nouvelle présidente de la Commission européenne vient de surenchérir à 55 %).

La Chine, de loin premier émetteur mondial de CO2, s’est engagée à ne plus augmenter ses émissions à partir de… 2030. L’Inde, qui compte 350 millions de personnes sans accès à l’électricité, n’a pas d’objectif de réduction, mais vise à améliorer son efficacité carbone. Bref, chacun fait ce qu’il veut.

Les jeunes manifestants ignorent que l’UE a adopté une kyrielle de directives contraignantes et punitives à cet effet. Elle est la championne du monde en législations en faveur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique de bâtiments ou d’équipements.

L’échec est total, mais ce n’est pas faute de législation et de financement. Les jeunes manifestants ignorent que l’UE a adopté une kyrielle de directives contraignantes et punitives à cet effet. Elle est la championne du monde en législations en faveur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique de bâtiments ou d’équipements.

Excavateur à godets géant dans la mine de lignite à Garzweiler (Allemagne occidentale, proche de la Belgique)
Depuis 1990, l’Allemagne a multiplié par 8 sa production d’énergies renouvelables, alors que ses émissions, dont une grosse partie est due à la restructuration [la disparition de l’industrie lourde] de l’économie de l’ex-RDA, ont peu diminué. Ce pays est acclamé pour ses 100 milliards budgétés d’ici 2030 pour lutter contre le changement climatique, alors qu’il dépense 25 milliards par an depuis des années en faveur des énergies renouvelables tout en préservant ses centrales au lignite !

Dans son emballement, où il doit entraîner les autres pays européens par souci d’être le seul pénalisé, il promet d’abandonner le nucléaire et le charbon, de produire de l’hydrogène avec l’excès d’énergies renouvelables intermittentes. Mais dans le marché unique de l’électricité européen, il n’y aura excès d’électricité renouvelable que lorsque tous les pays produiront plus de 100 % de renouvelable ! Sans oublier le rêve allemand d’utiliser l’équation de Sabatier et autres artifices chimiques qui se heurtent à la thermodynamique du processus.

Et la capture du carbone en sous-sol ? En 2009, l’UE a promis un financement de 1,05 milliard pour 13 grands projets dont aucun n’a réellement démarré. Le coût de cette technologie, au demeurant banale, est exorbitant. Ne parlons même pas des idées de réutilisation du CO2 qui ressemblent à la mise en pratique du mouvement perpétuel.

Trois solutions et demie

Mais alors, n’y a-t-il rien à faire ? Si, il y a trois solutions et demie. La première est prévue par la Convention de Rio : s’adapter aux conséquences du changement climatique [et profiter au mieux des avantages liés à un réchauffement dans un Québec gelé six mois par an]. La deuxième : recourir à la seule énergie qui réduit les émissions, preuves historiques à l’appui : le nucléaire, tabou en Europe, mais en plein essor pour le conventionnel comme pour l’innovant en Russie, en Chine et aux États-Unis. La demi-solution est d’utiliser plus de gaz naturel aux dépens du charbon et du pétrole. C’est tout à fait faisable, y compris pour le transport, mais cela produira encore du CO₂ ; moins, néanmoins ce n’est pas une décarbonisation.

La dernière solution, c’est la révolution prônée par Greta Thunberg et les écologistes profonds : stopper la croissance, c’est-à-dire mettre fin à la société de consommation. Cette solution a comme seul mérite d’être cohérente. Mais elle va mettre en place une société de contrôle total de l’homme dans toutes ses dimensions, c’est-à-dire un enfer carcéral et totalitaire, qui va vider les États et les citoyens de leurs ressources et conduira à l’abolition de la sécurité sociale et à la fin du progrès technique, avec la survie des plus forts.

Tout le reste n’est que parole dans le vent et la croissance des émissions de CO₂ continuera donc au rythme de 2 % par an voire plus. N’en déplaise aux politiques et aux jeunes qui manifestent.

Source : L’Écho

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